Étiquette : La France Insoumise

  • Lettre ouverte aux militants et militantes de la France Insoumise.

    Lettre ouverte aux militants et militantes de la France Insoumise.

    Lettre ouverte aux militants et militantes de la France Insoumise.

    Camarades,
    Nous vous appelons ainsi, car nous pensons que c’est ce que nous sommes, malgré les fossés qui nous séparent. Nous pensons que, chacun dans notre voie, nous voulons œuvrer à un monde plus juste, égalitaire, où l’exploitation et les oppressions feront partie du passé.

    Nous ne doutons pas, pour la très large majorité d’entre vous -n’y a t’il pas toujours des opportunistes ?- de la sincérité de votre engagement, de votre volonté, de votre dévouement aux causes et aux luttes. C’est pour cette raison que nous nous adressons à vous.

    Parce que nous connaissons certains et certaines d’entre vous, parce que nous savons ce qu’ils et elles pensent. Parce que nous voulons faire ceci avant qu’il ne soit trop tard.

    Vous sentez-vous en accord avec la position que prend la France Insoumise quant au refus de signer l’appel à accueillir les réfugiés et réfugiées ? Vous sentez vous en accord avec les déclarations de Djorje Kuzmanovic à l’Obs ? Avec celles de Raquel Garrido ? Avec celles d’Adrien Quattenens ? Avec celles de Jean-Luc Mélenchon ?

    Vous retrouvez-vous dans le fait de ne pas signer l’appel des 150 personnes ? Vous souvenez-vous du moment où vous avez été consultés sur le fait d’être contre la liberté d’installation ? Nous disons bien contre, pas de ne pas avoir de position, mais bien d’être contre.

    Quand cela a-t-il eu lieu ? 

    Nous, extérieurement, avons le sentiment que vous avez été trahis par les dirigeants de ce mouvement, qui n’ont pas de considération pour vos opinions et vos avis. Que l’absence de congrès, l’absence de centralisme démocratique, que même l’absence de démocratie tout court, règne. Nous avons le sentiment que vous êtes prisonniers des éléments.

    Certes, il existe un syndrome de Stockholm dans ce cas de figure. On se persuade que les positions qui sont déclarées ne sont pas « bien dites », qu’il y a des « ambiguïtés », que les choses sont extrapolées et sorties de leur contexte.

    Nous comprenons cela. Mais nous vous demandons d’ouvrir les yeux.

    Et si vous êtes d’accord avec cette position, nous vous disons ceci :
    nous sommes dans une période ou effectivement les tensions internationales sont à leur comble et où le risque d’un conflit majeur se profile. Or, dans cette multitude de foyers qui brûlent déjà, la France possède une part de responsabilité directe. Son impérialisme, que certains s’échinent à nier, sur lesquels il n’existe pas une ligne dans l’Ere du peuple, est un incendiaire forcené, un criminel en puissance, un génocidaire assoupi d’un court sommeil.

    Parler de tarir les sources des départs sans pointer du doigt la responsabilité des monopoles, de Total, d’Areva, de Dassault, de Thalès, d’Alstom ou d’autres, cela revient à lancer des prière, des incantations. Oui, il faut les tarir. Mais quand ? Comment ?

    Pour le moment, il n’est pas possible de le faire. Or, les corps flottants dans la mer sont là, maintenant. Ils ne sont pas des hypothèses de demain, ils sont des morts d’aujourd’hui. Dire : « Nous refusons les accueillir pour ne pas encourager les départs » revient à dire « nous passons ceux qui traversent la mer en pertes et profits politiques ».

    Peut-être, si jamais un jour les dirigeants de votre mouvement sont élus, peut-être, par des incantations magiques, ils pourront mettre fin aux départs. Peut-être. Mais ils n’ont pas le pouvoir. Et la question de l’immédiateté se pose. L’Aquarius n’a pas besoin d’aide dans 4 ans. Il en a besoin maintenant.
    Il est dit que les migrants pourraient faire baisser les salaires en France en créant un dumping. Comment arrivez-vous à croire à ces sornettes ? Avec 3 454 000 chômeurs déclarés en France aujourd’hui, croire que les quelques milliers de réfugiés et de migrants vont bouleverser la situation, c’est se moquer du monde. Le travail au noir ne porte pas ce nom à cause de la couleur de la peau de ceux qui y ont recours.
    Ce sont les lois antisociales qui baissent les salaires, ce sont les plans de la grande bourgeoisie française. Ce sont ces coups de poignard qui brisent le niveau de vie des ménages, qui font réduire l’espérance de vie, qui dessinent un bien sombre avenir pour les masses. Les réfugiés, les migrants et les migrantes n’ont aucun impact là-dessus. Même au contraire !

    Dans cette version de l’histoire de France que nous, communistes, aimons, l’histoire de ses luttes et de sa classe ouvrière, les migrants, les réfugiés, les étrangers ont toujours lutté côtes-à-côtes avec les autres travailleurs. Les briseurs de grève, les syndicats jaunes, les chiens du capital, ce n’étaient pas eux, ce n’était pas elles. Même dans les heures les plus graves, derrière les fusils de la résistance, ce fut bien souvent des Espagnols, des arméniens, des italiens ou d’autres encore. .

    Nous serions des libéraux, nous, communistes, que de vouloir ouvrir les frontières aux hommes et aux femmes qui souffrent et meurent ? Mais les frontières sont déjà ouvertes pour les capitaux, les marchandises, pour les tentacules de l’impérialisme. Pour les expatriés qui quittent la France, et qui, eux, ne sont jamais vus comme des voleurs de travail. Seuls les laissés-pour-compte restent au pied de la forteresse Europe.

    Et voilà que l’UE, que ses directives, sont invoquées. Essayez, camarades, de lire le Hareng de Bismarck sans rire, sans pleurer. La France rabougrie, la France brisée et dominée par l’Allemagne… que de faussetés.

    Par une ironie des choses, nous qui haïssons le chauvinisme, traçons un portrait beaucoup plus glorieux de l’état de notre économie et de la force de notre pays que les nationalistes les plus virulents. Non, les discours pleurnicheurs n’ont pas leur place. La France, sa bourgeoisie monopolistique, son impérialisme, est forte. Elle n’est ni brisée, ni dominée par l’Allemagne, ni par l’UE, ni par les USA ou l’OTAN. Elle est une puissance militaire, économique et diplomatique. Si jamais, un jour, les traités européens brimeraient les interêts de ses classes dominantes, elles les écarteraient d’un revers de la main.

    Non, la France n’est pas menacée. Elle écrase. Elle domine. Elle dicte sa loi par le Franc CFA, par son armée qui occupe et pille l’Afrique.

    Non, il n’existe pas de raisons pour justifier de laisser les réfugiés mourir dehors. Pour ne pas les accueillir, pour ne pas qu’ils s’installent pleinement, jusqu’à ce qu’ils aient envie, s’ils le désirent, de rentrer chez eux, une fois la tempête passée.

    Il n’existe pas de raisons objectives, juste des excuses. Juste l’idée que le rejet de l’accueil des migrants est un vox populi qu’il faut écouter, qu’il faut intégrer dans le programme, pour refléter les désirs de celui-ci.

    Or, c’est le moment où cette intégration des idées fausses se met à primer sur le contenu idéologique, sur la solidarité entre les opprimés et les exploités, c’est ce moment où l’opportunisme devient le maître absolu que la ligne rouge est franchie.

    Et, en voulant coller aux désirs réactionnaires qui peuvent exister dans les masses, parce qu’elles sont intoxiquées par la propagande bourgeoise, en ne portant plus la lance de lutte idéologique, vous perdrez tout.

    Vous perdrez tout, car, en chassant sur les terres de l’extrême-droite, vous ne serez jamais qu’une version light. Qu’un ersatz. Vous ne gagnerez pas de suffrages. Pire, en légitimant les pensées réactionnaires, en ouvrant les vannes du barrage aux idées nauséabondes, vous les avalisez, vous les adoubez. Vous adoubez la divison dans le camp du peuple. Vous ouvrez la voie aux thèses pogromistes.

    Vous perdrez tout, parce que ceux qui sont sincères vous fuiront. Ils vous isoleront, vous jetteront aux poubelles de l’histoire. Vous serez seuls, méprisés et haïs.

    Il n’est pas encore trop tard. Il est possible de dénoncer cette ligne, de dénoncer le coup d’état que la direction de LFI a opéré sur des militants et des militantes honnêtes et sincères. Il n’est pas trop tard pour serrer les rangs contre l’extrême-droite et soutenir nos frères et nos sœurs, qui meurent en fuyant les guerres que notre bourgeoisie allume.

  • Wagenknecht / Kuzmanovic : la mutation réactionnaire.

    Wagenknecht / Kuzmanovic : la mutation réactionnaire.

    Wagenknecht / Kuzmanovic : la mutation réactionnaire.

    Assistons-nous à la mutation de la « gauche » ?

    Dans notre brochure intitulée Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » nous nous étions intéresses un moment à la question des flux migratoires et des politiques mises en place par rapport à eux. Surtout, nous évoquions les événements qui avaient eu cours lors du congrès de Die Linke.

    « Outre Rhin, justement, un exemple de fracture populiste se forme. Die Linke, qui est une clique fourre-tout, s’est montrée incapable de réaction vis-à-vis des dernières élections Allemandes. Surtout, elle est à la croisée des chemins. Son aile droite, dirigée par des ex-membre du SPD, semble vouloir scissionner sur la question de l’immigration. Oskar Lafontaine et Sarah Wagenknecht se sont ainsi illustrés par leur tentative de renverser la ligne favorable à l’acceuil des réfugiés au profit d’une ligne visant à copier les positions de l’extrême-droite. Leur idée est d’aller sur le terrain d’Alternativ für Deutschland, et se montrer plus inflexibles qu’eux -si c’est possible- sur la question de l’immigration, en reprenant des thématiques sur le coût de l’accueil et sur l’impact sur le niveau de vie des travailleurs Allemands. Mis en minorité lors du congrès, les deux brillants orateurs -reconnaissons-le- semblent vouloir opérer une scission pour créer leur propre organisation populiste. En ce faisant, ils légitiment les prises de position politiques de l’AfD et renforcent son influence.

    Voilà où mène le fait de caresser les idées réactionnaires dans le sens du poil et de ne jamais vouloir aller contre les idées influentes au sein des masses, même si celles-ci sont réactionnaires voir pogromistes. »

    Nous évoquions également le risque de contamination qui pouvait exister de la part de cette position vers l’équivalent français de Die Linke, la France Insoumise. Nous écrivions alors « nous ne sauterons pas à pied joints dans l’appellation « populiste » que certains accolent à Jean-Luc Mélenchon, mais il n’est pas possible de taire le fait que certains membres de son organisation ont un discours plus que marqué par cette tendance. L’exemple même étant le barbouze Djordje Kuzmanovic, dont les déclarations réactionnaires récurrentes illustrent bel et bien le fait que cette ligne existe au sein de la FI. »

    Depuis le temps s’est écoulé et ces faits malheureux se sont produits. Pour draguer un électorat nouveau, marqué par l’influence de l’extrême-droite, certains sont prêts à tout. Sarah Wagenknecht a lancé son mouvement Aufstehen ! (debout!). Malgré le fait qu’elle ait été attaquée par plusieurs médias et organisations politiques quant à ses positions sur l’immigration, elle se défend de toute conception réactionnaire. Elle clame donc qu’elle n’a fait que mettre fin à une hypocrisie quant aux migrants. Elle est rejointe et applaudie par le triste sire qu’est Djordje Kuzmanovic, lequel déclarait à l’Obs, le 8 septembre qu’il fallait s’aligner sur les positions défendues par Aufstehen ! en Allemagne, et que fermer les frontières serait un acte salutaire à la fois pour les travailleurs du pays comme pour les pays de départ.

    Le discours sonne, au premier abord, presque juste et convainquant. Presque. Il attaque le sous-développement causé par les inégalités économiques internationale comme première cause de départ, cible le fait qu’il faut s’attaquer aux causes plus qu’aux conséquences…etc. Pour un peu, le barbouze passerait pour anti-impérialiste en citant Sankara et pour un humaniste conséquent.

    Quelque chose cloche derrière cette rhétorique bien huilée, trop bien huilée même. Quelque chose de gênant, de dérangeant devant ce discours qui sonne trop juste pour être honnête. Quelque chose de nauséabond, quelque chose de putréfié. Ce quelque chose, c’est le temps. Le temps au sens de l’étape.

    La question de la temporalité ne doit pas être sous estimée. Les positions ne sont pas des absolus, mais bien toujours relative à un contexte précis, à un contexte socio-historique précis, à une situation donnée.

    Ce qui disent Wagenknecht et Kuzmanovic, en somme, c’est qu’il faut être contre l’accueil des migrants car la solution n’est pas là. Et c’est un fait, oui, elle n’est pas là. Ils disent donc : il faut que notre position change car nous sommes pour une solution différente. Mettons fin aux flots de réfugiés et de va-nu-pieds car nous développerons les pays en voie de développement et les émergents. Donc, puisque nous ferons cela, nous pouvons l’intégrer dans notre rhétorique, dans notre programme.

    Dans un futur idéal, hypothétique, fantasmé, peut-être que le « socialisme douanier », que le « nouveau paradigme » ce « protectionnisme solidaire » [« C’est pourquoi nous proposons un tout autre paradigme : le protectionnisme solidaire. » , si tant est que cela ait un sens autre que le slogan. ] pourrait peut-être s’incarner. Si l’impérialisme français était brisé, battu, écrasé, si il n’était pas la raison première de la misère dans les régions d’Afrique d’où partent les migrants, peut-être. Si ce n’était pas les impérialismes conjoints qui semaient la misère dans les zones de départ, peut-être, oui, verrait on ces fantasmes quitter le rayonnage des délires fiévreux pour arriver dans celui des possibles. LFI -ni aucune force réformiste- n’a pas les moyens de pouvoir moraliser les patrons, de pouvoir agir de manière concrète sur l’économie ou sur l’impérialisme. Dire, à l’extrême limite que « lorsque nous serons au pouvoir et que nous aurons fait tout cela, il sera temps de changer d’approche sur la question des migrations » serait une chose.

    Mais pour le moment, non. Pour le moment, nier l’état actuel des choses pour superposer une réalité imaginaire, cela revient à mentir ou pratiquer des tours de passe-passe devant les masses populaires.

    Et nous redoutons que le passe-passe ne soit particulièrement amer. Car il avalise le fait qu’il est légitime de rejeter de chez soi les les flux que nous causons nous même.

    La solution des flux forcés de personnes qui partent de l’enfer, de la misère, de la famine, de la geurre, c’est au préalable l’anéantissement des puissances qui en sont responsables, qui instillent la misère, la famine, la guerre. Ce préalable est incontournable.

    Ce n’est pas, comme le dit le barbouze Kuzmanovic, se méprendre sur l’esprit des Lumières. C’est un choix qui consiste à mettre au dessus de cette pseudo-transcendance nationale la solidarité internationale, de mettre au dessus le slogan oublié de « prolétaires de tous les pays, unissez-vous ». Dans les faits, Kuzmanovic, mis au pied du mur, assène : « On ne peut pas laisser mourir les gens en Méditerranée, mais si une personne n’est pas éligible au droit d’asile, il faut la renvoyer dans son pays. Et rapidement. »  Quelle différence entre cette position et celle de Macron ?

    Désormais, plus on creuse, plus la terre sent le cadavre enterré à la va-vite.

    « Sur la question migratoire, en particulier, la bonne conscience de gauche empêche de réfléchir concrètement à la façon de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires, qui risquent de s’accentuer encore du fait des catastrophes climatiques. Plutôt que de répéter, naïvement, qu’il faut « accueillir tout le monde », il s’agit d’aller à l’encontre des politiques ultralibérales – ce que la social-démocratie a renoncé à faire. » Le faux nez tombe. Kuzmanovic, en bon adepte d’une capitalisme protectionniste, cible l’ultra-libéralisme, père de tous les maux. Or, si nous sommes conséquent, nous savons que n’est pas le libéralisme qu’il faut combattre, surtout pour lui substituer une tactique différente de la bourgeoisie, mais le capitalisme et l’impérialisme comme système d’exploitation qui écrase les peuples et les précipitent dans la misère. A l’époque du protectionnisme, les flux de migrants économiques étaient encore plus intenses qu’aujourd’hui. De plus, même d’un point de vue capitaliste, l’immigration n’est pas un frein au développement économique. La Suède, pays d’accueil important, à ainsi connu un rebond énorme dans sa croissance, passant d’une récession terrible en 2009-2010 (-5%!) à une croissance de l’ordre de 3,2% aujourd’hui. Les économistes imputent cela au fait que l’économie a été stimulée par les entrées de migrants et par leur besoins en terme de logement, de biens de consommation et de services. Mais Wagenknecht et notre triste sire ne voient dans les migrants que des bouches à nourrir, que des assistés ou des concurrents, et omettent d’écrire que ce qui bloque le développement économique, ce qui entrave les forces productive, c’est le parasitisme de la part de la bourgeoisie et l’accaparement des ressources et des richesses par cette classe.

    Par ailleurs, ce qu’oublie de mentionner l’apprenti-sorcier du fascisme qu’est Kuzmanovic, c’est la goutte d’eau que représente les migrations à l’heure actuelle. Les flux migratoires sont minuscules par rapport à ceux des années 10-30 ou 50. Surtout, même en supposant que ces flux aillent directement grossir les rangs des chômeurs, ils ne sont qu’une martingale par rapport à l’immense masse de chômeurs qui forment déjà cette armée de réserve. « C’est une analyse purement marxiste : le capital se constitue une armée de réserve. Lorsqu’il est possible de mal payer des travailleurs sans papiers, il y a une pression à la baisse sur les salaires. Cette analyse serait d’extrême droite ? Vous plaisantez. » 

    Il s’agit, par ailleurs, mot pour mot, la ligne défendue par le Bastion Social, lequel instrumentalise sans vergogne cette question. Pour Kuzmanovic, la solution est de rejeter les travailleurs entrés illégalement sur le territoire français, non les légaliser, les syndiquer, les organiser politiquement, qu’ils sortent de l’ombre et puissent combattre l’exploitation aux côtés de leurs camarades de nationalité française.

    Au final, ce qui ressort de ce positionnement, c’est que le Rubicon a été franchi pour ce qui est du positionnement dans l’échiquier politique pour cet individu, et, peut-être, pour son organisation tout entière si elle ne réagit pas.

    Il ne fait pas de doute que certains sont ravis de cette mutation, surtout à la droite de la droite, mais également au sein de LFI, ou la décomplexion pourra régner. Cependant, nous nous refusons à croire que cette position puisse être hégémonique sans discussion et devenir une thèse de LFI. Nous appelons les adhérents de ce mouvement à rejeter la ligne de Kuzmanovic, à obtenir son départ, ce qui sera un test pour la démocratie interne, par ailleurs, et à condamner tant la position de Wagenknecht que celle vers laquelle semble s’orienter un Mélenchon qui s’est déjà fendu de réflexions douteuses sur l’immigration. A moins qu’il ne les ait déjà oublié, au vu des pertes de mémoires subites dont il semble souffrir sous la pression…

    Défendons le droit d’asile ! Défendons l’accueil de ceux qui fuient les guerres dont tirent profit Total, Dassault, Thalès, Areva ! Défendons l’accès aux papiers pour tous ceux qui en sont privés ! Quelque soient les papiers, quelque soient les origines, nous ne formons qu’une seule ligne de front contre l’exploitation, contre l’oppression !

  • Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 4

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 4

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche »

    partie 4

    L’amour de la bourgeoisie pour le populisme.

    La bourgeoisie apprécie-t-elle le populisme ou non ? Il s’agit d’un d’une question qui mérite d’être creusée. Dans un sens, les revendications populistes sont contradictoires avec le libéralisme officiellement défendu par la bourgeoisie monopoliste. Le chauvinisme, l’antilibéralisme, la « partriotisme économique » s’opposent au libre-échangisme, au libéralisme, à la dérégulation. Dans les faits, la réalité est plus complexe. Au libéralisme triomphant du XIXe siècle a succédé rapidement la saturation et le monopole. Quelques soient les discours officiels, quelques soient les conférences internationales, les GATT, les OMC, le libéralisme « réel » est moribond. En fait de concurrence, ce sont les négociations entre trusts, en fait de libéralisme et d’indépendance entre les entreprises et l’Etat, voir même conflit entre les deux, il y a une véritable fusion entre Etat en grands trusts. Le capitalisme monopolistique est un capitalisme monopolistique d’Etat. Il en vit, il en use, il en dépend même ! Les commandes d’Etat et la politique d’Etat sont faits pour servir au mieux les intérêts des grands trusts. Les difficultés de ceux-ci sont une affaire d’Etat et leur survie peut faire appel aux deniers publics, dont à des prélèvements sur salaires pour maintenir ou augmenter les bénéfices des capitalistes. La géopolitique du pays est décidée par les intérêts de ces immenses conglomérats Malgré l’image d’une France de PME, la quasi intégralité du tissus industriel est relié d’une manière ou d’une autre à ces grandes entreprises dominantes. Combien de sous-traitants, combien d’exécutants ? Les branches les moins rentables sont externalisées, formant ainsi des petits groupes qui vivotent, des petits bourgeois qui vivent dans l’endettement et peinent à garder la tête hors de l’eau, mercenaires de grands groupes.

    Comprendre cela permet de se poser la question différemment. La grande bourgeoisie peut user sans le moindre problème de tactiques différentes, y compris en appliquant une partie du programme des populistes. Dans le fond, les réclamations de la part des certaines organisations, de droite ou de « gauche », peuvent très bien faire les affaires de la grande bourgeoisie. L’hostilité envers un autre impérialisme, jugé opposés aux intérêts du « peuple » français, est quelque chose qui est potentiellement exploitable. Le « produire français » porte ce relent douteux. Car il ne signifie par « produire « éthique » » contre la mondialisation, il signifie simplement « produire dans le cadre de l’espace économique dominé par l’impérialisme ». Admettons que le programme économique du FN ou de la FI soit appliqué, sans qu’il soit question de mettre l’un et l’autre sur un pied d’égalité, cela signifie-t-il une remise en cause du capitalisme ou de l’impérialisme français ? Non.

    Dans l’exemple actuel, et si on s’intéresse aux États qui ont opté pour un pouvoir populiste, on observe que la grande bourgeoisie s’est montrée plus que conciliante vis-à-vis d’organisations et de programmes censés aller contre ses intérêts. Ils ont une particularité, qui est d’être dans l’orbite Allemande, et d’avoir été les réceptacles d’investissements de la part de l’Allemagne. Investissements et prêts qui ont été particulièrement risqués, et qui se paient aujourd’hui. A l’heure actuelle, un risque de faillite de la Deutsch Bank n’est pas inenvisageable. Cette faillite aurait des répercutions terribles sur l’ensemble de l’Europe, jetant dans la misère un nombre considérable de prolétaires. Cette faillite est pour le moment contrée par une forte activité de la BCE, dans le but de tresser un coussin de plumes pour amortir le choc. De fait, la planche à billets tourne à grande vitesse, pour éponger les dettes. Cette planche à billet est d’ailleurs un phénomène fascinant sur la nature de l’euro, qui est une « fausse monnaie unique. » Les États peuvent produire des euros avec un contrôle relativement faible de la BCE, ce qui explique l’existence de casa de papel dans de les États membres de l’UE. Les grands capitalistes d’Allemagne sont d’ailleurs parmi les plus méfiants vis-à-vis de l’euro, du fait de la situation économique. Savoir, en revanche, quand cela tombera est du domaine de la prestidigitation tant les paramètres sont nombreux.

    Dans ce marasme économique, les partis populistes préparent les masses populaires à la misère et à la caporalisation de la société, parfois même contre leur volonté à l’origine. Du fait de leur base sociale, ils sont condamnés à jouer ce rôle. De fait, cette base est petite-bourgeoise. Dans les États dominés par l’impérialisme, par exemple le populisme sud-américain, cette petite-bourgeoisie, cette bourgeoisie nationale, s’est appuyée sur les masses pour, parfois, réaliser un pas en avant vers le progrès -chasser l’occupation étrangère, repousser les tentacules de l’impérialisme- sans pour autant pouvoir mener les choses à un autre terme qu’a la poursuite d’un système d’exploitation. Dans les pays impérialiste, le postulat de départ est d’ores et déjà réactionnaire. Au final, ils mobilisent les masses populaires dans l’intérêt de la bourgeoisie, et gouvernent pour celle-ci. Ils ne servent qu’à une chose, c’est d’interface pour la dictature bourgeoise, se parant des oriflammes du discours populaire, du discours sur la nation, du discours sur le peuple. Même si ce gouvernement peut donner l’impression de combattre la bourgeoisie, ce combat n’est rien d’autre que cosmétique. Les seuls reproches que font les populistes aux grands capitalistes sont sur leur gestion, sur leur morale, sur le fait qu’ils « ne servent pas bien les intérêts de la nation », mais jamais sur leur existence sociale, ou uniquement de manière invocatoire et idéaliste, de l’ordre de la moralisation de la bourgeoisie.

    Les partis populistes ne sont donc pas en mesure de mettre en place leur programme, ne sont que des charlatans. Ils ne sont absolument pas en mesure de pouvoir stopper la crise. En revanche, ils l’accompagnent et accompagnent le plongement dans la misère, en le détournant de sa voie de résolution finale, la révolution, pour l’entraîner sur une voie de garage : la soumission absolue aux franges les plus réactionnaires de la société. Les populistes, in fine, livrent à la bourgeoisie les masses, pieds et poings liés. Ils proposent comme sortie de crise, le parant de vertus, le fait de se sacrifier, de se serrer la ceinture, le fait, également, de se préparer et d’accepter un repartage du marché mondial, par le conflit, par la guerre.