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  • Hommage à Ernesto Che Guevara – partie II & Le socialisme et l’Homme à Cuba (1965)

    Hommage à Ernesto Che Guevara – partie II & Le socialisme et l’Homme à Cuba (1965)

    Hommage à Ernesto Che Guevara – partie II & Le socialisme et l’Homme à Cuba (1965)

    Nous joignons à cette partie II un texte important de Che Guevara, que nous citons, par ailleurs, dans cet hommage. Il s’agit de la brochure : Le socialisme et l’Homme à Cuba écrite en 1965 et faisant écho à de nombreuses questions relatives au développement du socialisme sur l’île et à des questionnements interessants sur de nombreux aspects.

    La campagne de Cuba et la construction du socialisme.

    Au sein de la lutte pour la révolution à Cuba, le Che s’est illustré comme un dirigeant de terrain hors pair, comme un guérilléro lui-même, comme quelqu’un étant capable de transformer des petits détachements armés en une organisation fonctionnelle, efficace et redoutable.

    Cela exigeait une connaissance des principes de commandement, des principes de la guérilla, mais également de comment elle s’inscrit dans une lutte politique. Certains, certaines, tentent de cibler sa dureté dans cette lutte comme une illustration d’un autoritarisme sans bornes. Il convient de rappeler que les discussions de salon et le démocratisme doivent, dans l’action, céder le pas à l’unité de volonté, à l’unité de corps, à une discipline de fer qui se marie mal avec les désirs personnels.

    La guérilla, et l’appui d’une partie de la bourgeoisie nationale cubaine, triompha du régime pourri de Batista. Le premier janvier 1959, la révolution cubaine triomphe.

    Fondamentalement, les USA n’étaient pas hostiles à une expulsion de Batista. Ils l’ont soutenu avec une mollesse rare, et se sont contentés de rester dans l’expectative. Dans leur conception, le nouveau gouvernement, forcément plus populaire que la dictature, serait bien obligé de trouver un compromis avec la superpuissance, située à 200 km de ses côtes. Les USA disposaient de certains relais et d’agents au sein du M-22-7, notamment les éléments droitiers, timorés…

    Dans Le socialisme et l’Homme à Cuba, Ernesto Guevara revient sur ce passage : « En janvier 1959, le gouvernement révolutionnaire s’est constitué avec la participation de divers membres de la bourgeoisie traître. Facteur de force fondamental, la présence de l’Armée rebelle était la garantie du pouvoir. De sérieuses contradictions se sont aussitôt développées. Elles ont été en partie surmontées lorsqu’en février 1959, Fidel Castro a assumé la direction du gouvernement en tant que premier ministre. »

    L’ennui, pour les américains, étant que la ligne qui triompha au sein du M-22-7 était sur une base d’indépendance et de développement économique de l’île, contradictoire avec les intérêts économiques et géopolitiques des USA. La ligne du Che, mais aussi de Fidel Castro, était une ligne qui ne tolérait pas la tutelle d’une autre puissance, ni le maintient de liens d’ordre coloniaux. Le moyen terme trouvé fut autour du maintien de la concession de Guantanamo à l’US Navy. Les USA se sont empressés alors, dans un plan mal conçu, décousu, raté, de faire débarquer un commando de contre-révolutionnaires. Ce débarquement, dit de la Baie des Cochons, fut un fiasco monumental. Un fiasco qui créa un fossé immense entre La Havane et Washington. Une hostilité qui s’est maintenue durant l’intégralité de la guerre froide, avec des sommets de tension, comme lors de la crise des missiles.

    Crise des missiles au sein de laquelle le Che eût une position qui fit écho à celle de la Chine, et qui reflète sa compréhension de l’espace : Cuba est un des fronts de la lutte mondiale contre l’impérialisme et contre l’impérialisme américain, qui formait à l’époque le plus vindicatif. Cuba, pour le Che, doit assumer donc sa position dans cette lutte mondiale et accepter de courir des risques. C’est le prix à payer pour tenir un pistolet sur le cœur des USA.

    D’autant que Kennedy, fondamentalement, jouait à un jeu de poker, jeu bien compris par la Chine, mais nullement par l’URSS, qui voyait sa stratégie de développement comme un jeu d’échec.

    Au sein de Cuba, Che fut missionné pour s’occuper du développement de l’industrie. Bien que l’île soit sous perfusion de la part de l’URSS, aspect qui fut par la suite cher payé, le Che tente de mettre en place une politique de développement planifiée, avec une réforme agraire et un début de mise en place d’industrie. Dans un sens, le modèle de développement économique pourrait s’apparenter à celui du Grand Bond en Avant. Une tentative de franchir les étapes par le volontarisme, par l’effort collectif. Cette campagne s’est faite en employant les stimulants politiques, en faisant appel aux masses, en tentant, par leur mobilisation, de triompher de tous les obstacles.

    Probable que l’ambition fut trop grande. Probable également que l’URSS, qui souhaite inclure Cuba dans la « Division Internationale Socialiste du Travail » n’ait pas été particulièrement empressée de doter l’île de moyens pour développer une industrie industrialisante. Nul doute que ces aspects là, le Che en a une certaine conscience.

    Il le note en 1965 : « Cependant, l’État se trompe quelquefois. Quand une de ces erreurs se produit, le manque d’enthousiasme collectif se traduit par la diminution quantitative de chacun des éléments qui composent les masses. Le travail se paralyse jusqu’à en être réduit à des dimensions insignifiantes. C’est le moment de rectifier. C’est ce qui est arrivé en mars 1962, face à la politique sectaire imposée au parti par Aníbal Escalante. »

    Si la lutte contre cette tendance à une intégration à l’espace économique soviétique s’est illustrée par la purge de Aníbal Escalante (1962), agent des intérêts de l’URSS au sein de la direction du PSP, l’URSS triompha pourtant. Dans la situation de Cuba, en 1962, l’URSS avait plus à offrir en termes d’armes, d’équipement, de ressources et de crédits que la Chine Populaire, indépendamment de la ligne.

    Le pragmatisme de cette prise de position se justifie, dans un sens tactique, mais stratégiquement, il fut funeste à Cuba. Il illustre pleinement les problématiques auxquelles nous serons, nous aussi, confrontés dans une situation similaire, et où des concessions justifiables à un instant T nous enferrent dans une impasse à un instant T ‘.

    Il est possible de critiquer la pensée politique du Che, il est possible d’y voir des erreurs, mais en revanche, il n’est pas possible de parler, ici, de trahison. Il y avait une volonté sincère de construire le socialisme et d’apporter l’éducation, la santé, la culture aux masses de Cuba. Dans une certaine mesure, et sur ces secteurs, Cuba tint ses promesse. Mais sur le noyau dur de l’économie, en revanche, l’affaire capota. La critique de la loi de la valeur et des méthodes de Khrouchtchev dans l’économie politique fait écho au débat qui eut cours entre les années 30 et 50 en URSS.

    On retrouve là une vue similaire entre la conception de l’économie politique défendue par Staline et les membres de son équipe, contre une vision prétendument apolitique, en fait libérale, défendue par les économistes soviétiques des années 50. C’est cette vision qui devint hégémonique après 1956, entrainant l’URSS, et Cuba, dans son sillage funeste.

    Si le Che à joué un rôle important au sein de Cuba, il s’est montré, également, un incontournable acteur de la scène internationale, en travaillant à monter un projet d’union anti-impérialiste, à l’échelle mondiale : la tricontinentale.

  • Hommage à Ernesto Che Guevara, partie 1

    Hommage à Ernesto Che Guevara, partie 1

    Hommage à Che Guevara.

    Partie 1

    Il y a 50 ans, Ernesto Che Guevara mourait, assassiné.

    Après de nombreuses années consacrées à la lutte pour la lutte contre l’emprise de l’impérialisme US, pour la révolution et le socialisme, il était assassiné par les forces paramilitaires de l’État bolivien, pilotées par la CIA. Klaus Barbie, alors en « cavale », se serait vanté de l’avoir torturé lui-même, pour le compte du régime de La Paz.

    Che, son image, ses portraits, ses citations, forment autant d’icônes pour le mouvement révolutionnaire international. Sa jeunesse, son charisme, l’allant, l’entrain révolutionnaire qui l’accompagne en font un symbole. Le Che, quoiqu’il en soit, demeure pour beaucoup, en particulier dans la jeunesse, une porte d’entrée vers la lutte, une porte d’entrée vers la combativité. Il incarne un romantisme révolutionnaire qui, s’il ne se suffit à lui seul, s’il n’est pas ce qui apportera la victoire, permet à de nombreux et nombreuses camarades d’entrer dans le combat contre l’impérialisme et la bourgeoisie.

    A être omniprésente, cette image en ressort, hélas, bien souvent délavée, édulcorée, vidée de son sens et de son contenu.

    Les capitalistes, en quête de profits, ne se sont pas privés, après l’avoir tué, de vendre sa peau et son image. Des millions de produits à son effigie sont ainsi mis dans le commerce chaque année, générant des revenus considérables. Ironie que le Che puisse créer du PIB chez les impérialistes, sur des T-shirts produits par le tiers-monde.

    Les trotskistes, les anarchistes, les révisionnistes ont tenté de l’accaparer. Le NPA de Besancenot se revendique ainsi de lui et de Léon Trotski -lequel passe nettement moins auprès des jeunes, malgré les louanges qu’en chante l’Education Nationale. Les anarchistes le rêvent en libertaires camouflés, qui s’ignore. L’un et l’autre le rêvent en anti-stalinien, en anti-soviétique, en –in fine– anticommuniste.

    Dans un sens, ils n’ont pas tort sur un point, et le Che, en cela, fait la nique aux révisionnistes. Tout communiste qu’il était, le révolutionnaire ne s’est pas comporté en laquais de Moscou et s’est élevé contre le tournant Khrouchtchevien. Cela lui permit de déclarer « C’est dans ce que l’on a appelé les erreurs de Staline que réside la différence entre un comportement révolutionnaire et un comportement révisionniste. Il (Staline) comprend le danger des rapports (de marché) mercantilistes et essaie d’en sortir progressivement en brisant l’opposition. La nouvelle direction (Khrouchtchev) par contre cède aux impulsions de la superstructure et place l’accent sur l’activité mercantile. »

    Sa critique du manuel révisionniste d’économie politique resta, ainsi, jusqu’en 2006 dans un classeur fermé.

    A trop en faire une icône consensuelle, on finit par tuer une nouvelle fois l’homme et sa pensée. Parfois, et l’ironie est grande, ce sont chez ces ennemis que sonnent les plus sincères hommages. La bourgeoisie et les fascistes, à vouloir attaquer le contenu politique de ce que défendait le Che sont parfois les seuls à en parler, à ne pas remiser ces faits « gênants » au placard, à savoir que le Che n’était pas un plat démocrate, pas un gentil réformiste, pas une icône, mais un soldat de la révolution prolétarienne mondiale, sous l’étendard du bolchevisme.

    C’est à cela que nous voulons rendre hommage.

    Né en 1928 Argentine, Ernesto Guevara n’est pas d’une famille prolétaire, bien qu’elle fut progressiste. Issu de l’union de membres de la haute bourgeoisie et de la noblesse -il descend du vice-roi espagnol du Pérou- il fait partie de ceux qui devinrent des traitres à leur classe, à l’image de Marx, d’Engels, de Lénine pour ne citer qu’eux, et qui choisirent les rangs du peuple.

    Brillant étudiant, athlète de qualité, il poursuit des études de médecine. Avec son ami Alberto Granado, ils décident d’interrompre celles-ci pour prendre une année sabbatique et voyager. Ce voyage fut, pour lui, l’occasion de découvrir deux choses essentielles.

    La première, la réalité du capitalisme, de la misère, de l’exploitation, de l’inégalité, d’une incroyable brutalité au sein des républiques bananières d’Amérique latine, dont les dirigeants répondaient tous aux compagnies américaines et, par effet de rebond, à Washington.

    La seconde était cruciale dans sa  conception politique et stratégique : celle de concevoir l’Amérique Latine non comme un ensemble d’Etats à l’Européenne, mais comme un espace de manœuvre unifié, comme un espace de lutte où les frontières ne sont pas étanches. Le fait d’appréhender l’espace de cette manière fut un des fondements de sa manière de penser le combat contre l’impérialisme.

    Le premier voyage du Che : 1952 – 1953

    Car l’impérialisme pèse lourd, en Amérique Latine. Les USA sont une chape de plomb terrible. A son retour, après avoir obtenu ses examens en juin 1953 -ce que certains anticommunistes comme Pierre Rigoulot, co-auteur du Livre noir le contestent, par pure acharnement- il participe au Mouvement Nationaliste Révolutionnaire, avant de rompre avec eux du fait de leurs positions racistes.

    Déçu, il repart et arrive au Guatemala. Où qu’il aille, il retrouve cette misère noire et une répression impitoyable. Dans ces Etats asservis économiquement aux entreprises américaines, les revendications des sociaux-démocrates les plus modérés étaient alors vus comme un casus belli. Le fait de s’opposer à l’ordre colonial relevant de la peine de mort. Les mots « réforme agraire », « instruction gratuite », ou « politique d’emploi » étaient synonyme de danger révolutionnaire, et justifiaient les menaces, les pressions, les sabotages, les meurtres ou les coup d’Etat.

    Mais, en Amérique du Sud comme dans sur la plus grande partie de la planète, le vent d’est soufflait plus fort que le vent d’ouest. La révolte grondait, et Ernesto Guevara entendait ne pas reste à l’écart de celle-ci. Au Guatemala, alors qu’il aide la population, en s’appuyant sur sa formation médicale, il retombe sur de vieilles connaissances, les représentants du Mouvement du 26 juillet [ M-26-7], dirigé par quelqu’un qui devint inséparable de Guevara, Fidel Castro.

    Le deuxième voyage du Che : 1954 – 1956

    Il fait une rencontre nouvelle, également, dans ces cruciales années 1953-1954 : la Guerre Froide. Alors que l’URSS, par le truchement de la Tchécoslovaquie, soutient le gouvernement progressiste de Arbenz, nouvellement élu, en lui transmettant des armes, la CIA organise un coup d’Etat pour juguler les aspirations démocratiques de la population, tout en liquidant la menace de contagion communiste. Cette rencontre indique à Ernesto, affublé du sobriquet de « Che », une chose essentielle : le pouvoir ne se gagne pas, il se conquiert. Il ne tombe pas avec aisance dans la main des masses, il exige un combat.

    Après le coup d’Etat, sa route croise celle de deux frères : Fidel et Raoul Castro. Leur mouvement n’est pas un inconnu pour Ernesto Guevara, mais il n’en avait pas rencontré les dirigeants. Au Mexique, où ils sont réfugiés, les trois hommes se rencontrent. Ils devisent sur un grand nombre de choses. Le Che est séduit, semble t-il, par la volonté de combat des frères et décide de rejoindre me M-26-7.

    Originellement, le Che est un médecin de terrain. Il est embarqué à ce titre dans l’expédition du Granma, un petit navire chargé de troupes, destiné à faire débarquer un Etat-major dans l’île de Cuba. Cuba, à cette époque, est le bordel de l’Amérique. L’île est dévouée à la prostitution, au jeu, au activités mafieuses. Son dirigeant, Fulgencia Batista, est une marionnette entre les mains des USA et des mafieux. Malgré cela, les USA n’apprécient guère ses services et se méfient de lui. Il n’a pas la poigne de ses compères du continent, et, sous sa direction, Cuba est en roue libre.

    Le débarquement échoue lamentablement. Mal préparé, avec une logistique désastreuse, doublée d’une probable trahison, le groupe subit de lourdes pertes. La vingtaine de survivants rejoint les collines de la Sierra. Dans une région montagneuse, rurale, agricole, difficile de compter sur les forces de la classe ouvrière. Coupés des régions industrialisées, les forces révolutionnaires se nouent avec les masses rurales, se mettent à leur école… en somme passent par la même transformation que celle qu’a pu connaître le PCC, en Chine, après son éviction des côtes par la campagne d’extermination menée par les nationalistes.

    Cela marche. La révolution, par les foyers ou focos, fonctionne et chasse le régime pourri de Batista. Cette victoire, malheureusement, se traduit par une compréhension erronée de la question du Parti, considérant que les focos s’y suppléent parfaitement et le rendent non nécessaire. La systématisation de ce concept, base du guévarisme, représente un malheureux travers gauchiste.

    Le 1er janvier 1959 incarne la dernière révolution réussie, victorieuse, par les armes. Les autres ont malheureusement fait long feu depuis, ou, dans le cas du Népal, se sont enlisée dans une inextricable situation.

  • Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1956

    Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1956

    Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique

    1956

    La question du XXème congrès du PC(b)US est une question plus que centrale. Elle représente, en quelque sorte, un point de bascule, le point à partir duquel le camp socialiste se fissura, se fragmenta, et, pour finir, se scinda.

    Aujourd’hui, nous produisons deux textes, l’un de Neil Goold militant communiste irlandais; l’autre de Moni Guha, militant indien. Les deux sont intéressant à plus d’un titre, notamment du fait de leur précocité, puisqu’ils furent l’un et l’autre publiés en 1956.

    Nous reproduisons ici la préface qui présente les deux documents.

    Les thèses du Vingtième Congrès du PCUS en 1956 ont gagné l’appui non seulement d’un certain nombre de partis, qui plus tard s’en sont distancés eux-mêmes en partie. Le Parti Communiste de Chine, le Parti Communiste du Vietnam et le Parti des Travailleurs de Corée mais aussi le Parti du Travail d’Albanie, lequel a mené le combat contre les positions du PCUS de l’intérieur du Kremlin lui-même à la réunion des 81 Partis Communistes et Ouvriers en 1960. Par la suite, il a étendu cette lutte pour embrasser la gamme entière du révisionnisme moderne.

    Dans ce contexte les articles de Neil Goold et Moni Guha représentent un accomplissement substantiel. Encore plus car les deux critiques ont été publiées à la suite du Vingtième Congrès et furent mis sous presse avant la publication du ‘Rapport Secret’ de Khrouchtchev dans le ‘New York Times’ en juin 1956.

    L’article de Neil Goold est tirée du livret comprenant trois articles de sa main intitulés ‘Le vingtième Congrès et Après’, lequel fut réimprimé par la maintenant défunte organisation Communiste Britannique et Irlandaise en 1973. Neil Goold était un Irlandais qui a vécu et travaillé en Union soviétique de 1929 aux années 30 et qui a épousé une russe. Il devint un communiste et a soumis sa demande pour devenir membre du PCUS. On lui a suggéré qu’il devait retourner en Irlande et rejoindre le Parti communiste d’Irlande. Il était actif dans le PCI de 1937 à 1939, lorsqu’il fut interné dans le camp de concentration Curragh au début de la guerre. À sa sortie de prison il s’est opposé au CCPP, pour s’être audissous lui-même, sa direction n’étant pas préparée à mettre en œuvre une politique internationaliste d’appui pour le front uni contre le fascisme, après l’invasion par les nazis de l’URSS en 1941. Une telle politique serait allée à l’encontre de la politique de neutralité de Valera, qui était compatissante à l’idée d’une alliance avec l’Allemagne Nazie contre la Grande-Bretagne. Au début des années 1950 Neil Goold était actif dans la Connolly Association à Londres où il est entré en conflit avec l’opportunisme de C. D. Greaves. En avril, 1956 il a publié l’article publié ci-dessous. L’année suivante, ayant rétabli contact avec sa femme et son fils, il est retourné en Union soviétique.

    En 1956 le Parti communiste de l’Inde au Bengale Ouest a été divisé en deux sections, les Dangeites qui étaient les avocats de la Démocratie Nationale et un deuxième groupe qui a soutenu la conservation du programme de la Démocratie Populaire. Le rapport de Khrouchtchev a été accueilli par les partisans de Dange et fut opposé par les Anti-Dangeites. Face à une vague de ressentiment parmi les rangs, le CCPP a à la hâte organisé une réunion du Corps Général

    La direction des deux groupements a réduit la question du Vingtième Congrès à un simple question de soutien ou d’opposition à Staline. C’était Moni Guha, avec quelques camarades, qui ont protesté contre cette méthode de présentation de la question et trouve en ceci la signification politique et idéologique: ils ont argumenté que le point centrale de la charge était les principes et l’idéologie du Marxisme-Léninisme. Dangeite et anti-Dangeite ont fait front commun contre cette interprétation. ‘Un Comité pour la Défense du Marxisme-Léninisme et de Staline’ a été formé sur l’initiative de Moni Guha et un prospectus a été distribué parmi les communistes dans lequel il a été explicitement soutenu que ‘le 20ème Congrès est le Congrès du Révisionnisme et il doit être battu comme Lénine s’est battu contre la Seconde Internationale et la Sociale Démocratie’ (Cette ligne a été incorporée dans la Préface du livre ‘Vingtième Congrès et Staline‘). L’agitation avait un impact tel que la direction du CCPP a été contrainte d’organiser un forum ouvert. Mais ce forum fut publié dans ‘Parichaya’, un magazine littéraire qui était pratiquement contrôlé par le groupe Dangeite. Le premier article du forum ouvert a été écrit par Saroj Acharva, un intellectuel Marxiste renommé, défendant le Vingtième Congrès et diffamant ‘la méthode mécanique sans vie de Staline’. Le deuxième article, celui de Moni Guha dénonçait le 20ème Congrès comme le Congrès du Révisionnisme et soulignait le besoin primordial de le combattre. Le troisième article était de Abdul Momin, victime de la période Ranadive, ex-secrétaire-général du B.P. T U. C., ex-membre du Comité Provincial du CCPP et la figure légendaire de la Grève Carter Calcutta. Il doit être noté que les Camarades Moni Guha, Momin et Satya Gupta (un fonctionnaire de ‘Parichaya’) ont conjointement projeté le contenu de leurs articles. Après la publication de l’article de Abdul Momin, les dirigeants de ‘Parichaya’ ont brusquement fermé le forum ouvert sans accompagner cela d’une raison. Celle-ci étant probablement liée a l’influence de l’article Chinois, ‘Sur l’Expérience Historique de la Dictature du prolétariat’ qui a soutenu et développé les thèses de Khrouchtchev. Cependant, Camarade Satya Gupta fut capable de publier son histoire ‘la Conversation des Morts – Marx, Engels, Lénine et Staline’ sur le Vingtième Congrès. L’article de Moni Guha publié ci-dessous fait partie d’un plus long morceau publié en juillet 1956 au Bengali; il est réimprimé à partir de la traduction anglaise publiée dans le Proletarian Path, Vol. 1, No 4, juin 1994, pp. 40-46.

  • Sur l’objet de l’Économie Politique

    Sur l’objet de l’Économie Politique

    Sur l’objet de l’Économie Politique

    Comment s’effondre quelque chose d’aussi grandiose que l’Union Soviétique, le premier Etat prolétarien au monde ? Par un cataclysme, un matin de 1991 ? Ou par un long travail de sape, par l’infiltration, dans des fissures, d’agents rongeant peu à peu la structure, la pourrisant de l’intérieur.

    Certains, parfois d’une naïveté désarmante, ou d’un aveuglement sans faille, préfèrent la première solution. Elle est plus simple, elle permet de rejeter la faute sur Ielstine et Gorbatchev, sans jamais chercher plus loin. Elle permet de ne pas trop se poser de questions sur la politique soviétique, de coller à sa ligne comme à celle des partis qui lui étaient inféodés, y compris jusque dans les choix les plus douteux.

    Cette ligne là est empreinte du campisme, de la nostaligie, du folklore. Elle doit être barré aux communistes sincères, car elle est celle de la reproduction conforme, au mieux.

    L’interêt, aujourd’hui, de pouvoir étudier les documents et les analyses sur l’URSS est immense. Même si certaines questions, comme celles posées dans cette brochure, ne sont pas l’actualité même, elles ne doivent pas être écartées et négligées.

    Sur l’objet de l’économie politique est un texte particulièrement dense, particulièrement interessant, et qui fut difficile à rendre publiable, car la traduction d’origine était constéellée d’erreurs et de manques. Nous rendons cependant hommage au Dr. Adélard Paquin, décédé en 2013, qui a patiemment, dans la mesure de ses possibilité, traduit ces textes inédits en français.

    Notre projet de bibliothèque numérique avance à grand pas, et comportera l’ensemble des traductions disponibles faites par ce militant canadien, mais également, prochainement, certaines archives du mouvement communiste de l’Etat français.

  • Le Caractère Capitaliste des Rapports de Production en Union soviétique

    Le Caractère Capitaliste des Rapports de Production en Union soviétique

    Le Caractère Capitaliste des Rapports de Production en Union soviétique

    La question de la restauration du capitalisme en URSS demeure une question cruciale pour comprendre les manques et les erreurs qu’a pu connaître le mouvement communiste et ses animateurs on pu commettre.
    Les documents que nous produisons aujourd’hui n’ont pas le même panache, dans leur critique, que les attaques romanesques et romancées de Trotski sur l’URSS. Elles ne sont pas de vibrantes batailles d’égo. Elles recherchent la vérité en scientifique, dans l’étude et dans l’analyse.
    La question de l’économie politique et des rapports de productions en URSS n’est pas une question attrayante de prime abord. Pourtant, elle apporte un éclairage plus qu’essentiel.

    Il s’agit d’une question idéologique cruciale, qu’il ne faut nullement négliger. Car, dans la dictature du prolétariat, il faut « balayer sous chaque meuble », car c’est là où la poussière se niche que se nichent également les germes de la restauration.

  • Le PC(b)US, le Gosplan et la Question de la Transition à la Société Communiste en Union Soviétique 1939-1953 -Vijay Singh- 1996

    Le PC(b)US, le Gosplan et la Question de la Transition à la Société Communiste en Union Soviétique 1939-1953 -Vijay Singh- 1996

    Le PC(b)US, le Gosplan et la Question de la Transition à la Société Communiste en Union Soviétique 1939-1953

    -Vijay Singh-

    1996

    La question de la réalisation du socialisme et de la transition en sa phase supérieure, le communisme, a animé toute l’existence de l’URSS socialiste. Dans le but de parvenir à construire cette oeuvre titanesque, bien des méthodes ont été mises en œuvres, toutes expérimentant un chemin vers une société sans classes ni Etat. Ainsi, le XVIIIe congrès du PC(b)US fait la part belle à ce questionnement.

    Sans la guerre, sans l’invasion nazie, l’application du plan de 15 ans, décidé pour le 22 février 1941, aurait-elle pu permettre d’entamer la phase finale de la liquidation des classes en URSS et de franchir un palier vers le communisme ? Cette brochure tente d’y répondre en partie, tout en soulignant le travail dans l’économie politique de la direction soviétique.

    Un ouvrage dont la lecture ne peut être superflue.

  • La Signification Historique du Vingtième Congrès -1995- Victor Anpilov

    La Signification Historique du Vingtième Congrès -1995- Victor Anpilov

    La Signification Historique du Vingtième Congrès

    -1995-

    Victor Anpilov

    Dans l’optique de poursuivre notre publications de travaux difficilement disponible en français, nous publions aujourd’hui un article de V. Anpilov, rédigé en 1995, revenant sur l’oeuvre de destruction opérée par Khrouchtchev et Brejnev contre le socialisme. Ci-dessous, nous reproduisons la courte introduction de l’article, illustrative de son contenu. Bien que marqué par un point de vue enveriste, avec une relative gratuité, il n’en demeure pas moins un document à lire. 

    « Sur le 40ème anniversaire du Vingtième Congrès nous publions une analyse qui soutient que c’était un événement historique qui a été appelé à Établir la correspondance entre les nouvelles relations de production découlant de la destruction du mode socialiste de production entre 1953 et 1956 et la superstructure toujours ‘non reformée’. Dans cette perspective le congrès apparaît comme une partie intégrante d’un processus objectif ne dépendant pas de la volonté des acteurs sur la scène historique, ni du rôle subjectif joué par les Membres du Politburo ou du ‘Rapport Secret’ de Nikita Khrouchtchev. Le Vingtième Congrès a préparé le terrain pour le déplacement de Molotov, de Kaganovitch et de Shepilov de la direction du PCUS en 1957, éliminant ainsi la dernière résistance politique à la conversion des moyens de production dans l’industrie Soviétique en commodités et l’introduction du principe de rentabilité dans les entreprises en 1957-58. Dans les années après le Vingtième Congrès, le PCUS et le CPC ont voilé la signification réelle de l’événement. En faisant ainsi avec grand soin ils ont conjointement obscurci la nécessité de principe de la transition au communisme en URSS comme cela avait été décrit par Staline, la transition à la Dictature du prolétariat et la construction du socialisme dans la République populaire de Chine; pour la conservation de la dictature du prolétariat jusqu’à la victoire du communisme à l’échelle mondiale et la nécessité de l’abolition des classes sous le socialisme. L’analyse suivante a été présentée de la part du Comité International pour la Restauration de l’Union soviétique à une réunion tenue à Rome en juillet, 1995 par le groupe ‘Iniziativa Comunista’ à l’occasion de la publication de l’édition italienne du livre ‘Conversations en Prison’ par le Leader du Parti des Ouvriers Communistes russes, Victor Anpilov. »

  • Nouvelle brochure numérisée : juin 1957, extrait des Notes Souvenirs de Lazare Kaganovitch.

    Nouvelle brochure numérisée : juin 1957, extrait des Notes Souvenirs de Lazare Kaganovitch.

    Nouvelle brochure numérisée :

     

    Il est relativement rare de trouver des documents de première main, rédigée par des observateurs de premier rang de la « déstalinisation. » Lazare Kaganovitch en fut un des plus éminents. Avec, entre autres, Voroshilov, Molotov (n’apparaissant pas sur la photo) et Staline, ils formaient l’aile gauche au sein du Parti Communiste d’Union Soviétique.
    Ici, Lazare Kaganovitch livre un portrait de la réalité de la déstalinisation, un portrait au vitriol de la personne de Nikita Khrouchtchev,  le dirigeant encensé par l’occident. La manière dont il fait une critique de la période précédente, de certaines failles, est justifiée à plus d’un titre. En revanche, il bénéficie de la lucidité suffisante pour comprendre ce que tente de faire Nikita Khrouchtchev, de ses tendances antiléninistes et antibolcheviques.

    Une lecture chaudement recommandée.

  • Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nous profitons du calme relatif de l’été, avant que ne se déchaîne un mouvement terrible contre les ordonnances du gouvernement Macron, pour poursuivre notre travail de numérisation de brochures et de documents. En l’occurrence, nous produisons aujourd’hui celui-ci : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées, rédigé en 1963.

    Ce texte apparaît comme un des écrits fondamentaux concernant la période de la rupture sino-soviétique. Il est une dénonciation, par la Chine, de la déviation et de la falsification du marxisme opérée par Nikita Khrouchtchev ainsi que par la nouvelle direction du PCUS. Ceux-ci, sous prétexte de coexistence pacifique, ont érigé en dogme le fait de ne plus soutenir les mouvements révolutionnaires, le fait de marcher main dans la main avec les USA dans la reconnaissance de sphères d’influence, de dominions.

    Ce texte est d’autant plus important que cette politique funeste s’est payée cher. Elle s’est payée, notamment dans l’histoire de notre état, par le fait que le PCF n’a soutenu que mollement, avec mille louvoiement, les volontés d’indépendance algériennes.

    Cela demeure, avec le tout aussi nécessaire « d’où proviennent les divergences ?« , une lecture rapide mais essentielle.