Étiquette : Kurdistan

  • Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Un océan d’incertitudes. Voilà ce qui ressort du discours du président Puigdemont.

    Aujourd’hui, 10 octobre 2017, le dirigeant de la Generalitat de la Catalogne s’est exprimé devant le parlement. Prévu à 18h00, il fut retardé d’une heure, à la suite d’un entretient avec Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne.

    Le discours était attendu. Historique. Nul ne savait réellement à quoi s’attendre, après 9 jours d’incertitudes, de flou total.

    Puygdemont s’est donc adressé à la population catalane, à celle de l’Etat espagnol, à l’Europe, au monde.

    Il a rappelé le cheminement qui entraîna la Catalogne sur la voie de l’indépendance. Il a rappelé avec justesse que le centralisme madrilène s’est montré un maître aigre, tyrannique, vampirique, brisant les désirs d’autonomie.

    Le discours est revenu sur le référendum. Les violences policières, les pressions, les amendes, les arrestations ont été citées. Elles ont été condamnées. Elles ont été l’illustration de la position de la monarchie sur le processus d’indépendance. Une position aussi ossifiée et aussi dure que celle du grand-père du régime : Francisco Franco.

    Puigdemont s’est ensuite attaqué à la question de l’indépendance. Le dirigeant catalan a indiqué que la solution retenue n’est pas la sienne, mais qu’elle serait celle qui serait appliquée. Une manière de dire que les décisions du référendum seraient appliquées.

    Malgré les périphrases, malgré les détours, le couperet tombe : la Catalogne sera proclamée République indépendante. Mais sous condition. Sous condition d’un dialogue avec l’Etat espagnol, avec l’Union Européenne. Sous des conditions qui entachent de « mais » lourds et sombres l’indépendance.

    Une manière amère d’indiquer que la promesse reste, mais que l’application est suspendue.

    Pour beaucoup de catalans et d’observateurs étrangers, ce sont des mots qui sonnent comme une défaite. Mais comment en serait-il autrement pour le moment ?

    « Espérons que rien ne sera déclaré demain, parce que la personne ayant fait cette déclaration pourrait finir comme celle ayant fait une déclaration identique, il y a 83 ans » déclarait Pablo Casado, faisant ainsi référence à Lluis Companys, fusillé par les franquistes. Casado n’est pas un petit fasciste à croix gammée, un petit rat noir, il est le très haut placé vice-président chargé de la communication du Parti Populaire. Ce même parti dont est issu le chef du gouvernement actuel, Mariano Rajoy, ce même parti dont nous disions qu’il était fils du franquisme.

    Ce genre de déclaration ne peut que donner une teinte particulière à la manière dont les choses peuvent évoluer.

    Dimanche, entre 300 000 et 950 000 « unionistes » ont défilé contre le référendum. Parmi eux, certes, des gens pétris de bonnes intentions. Mais également un grand nombre de fascistes, de phalangistes, de monarchistes, de franquistes. Une force importante qui pèse toujours d’un lourd poids dans la vie politique du pays.

    L’Europe et ses dirigeants ont vilipendé le résultat du référendum. Nul doute que la « conversation » avec Jean-Claude Juncker n’a pas forcément été une causette au coin du feu entre deux amis. Nul doute que des pressions sont exercées pour que Barcelone renonce, abandonne l’expression démocratique du référendum et la sacrifie sur l’autel des intérêts des diverses bourgeoisies. Macron a soutenu le régime de Madrid, a traité les catalans d’égoïstes. Belle manière de donner un point de vue.

    Les bourgeois, les entreprises, les banques, ont plié bagage dans d’autres régions, terrifiées de la perte de leurs liens avec l’Europe. La classe moyenne catalane, tout en étant pour l’indépendance, n’est pas forcément prête à assumer la réalité de ce qu’elle signifie. La petite bourgeoisie radicale de la Catalogne, elle-même, partage les traits de toutes les petites bourgeoisies : elle s’enthousiasme, s’extasie devant le projet, devant les perspectives, mais prend peur devant le risque de perte de pouvoir d’achat, de perte de rentes, de perte de perspectives. Cruels revirements d’une classe vacillante.

    Comment cette indépendance aurait pu être unilatérale et concrète ?

    Bien que les situations soient politiquement différentes, un problème très direct se pose, celui de la capacité à exercer la réalité du pouvoir et de pouvoir tenir son territoire. La Catalogne n’est pas le Kurdistan, n’est pas le Kosovo, pour citer deux indépendances récentes, sans pour autant que ces deux cas de figure soient eux-même, entre eux, comparables. Il n’y a pas de Peshmergas, pas de soutient des YPG pour défendre le territoire, pour le sanctuariser contre les armées irakiennes et turques. Il n’y a pas de A-10 de l’OTAN, prêt à fondre sur le moindre blindé traversant la frontière entre la Serbie et son ancienne dépendance. Il n’y a pas de force armée au service du gouvernement catalan, capable de pouvoir déterminer et tenir des frontières.

    Il n’y a, en Catalogne, qu’une poignée de mossos, une poignée de policiers catalans. L’armée Espagnole n’est pas la pointe du progressisme, loin de là.

    Du point de vue de Puigdemont, les options sont restreintes : si l’Etat espagnol choisit la voie de la violence et de l’écrasement, il n’y aura que peu de forces pour le sauver. Son option est donc un départ négocié, pour éviter une guerre civile espagnole bis, dans laquelle les Catalans n’auraient ni force armée, ni soutien extérieur, et dans laquelle -de nouveau- les grandioses démocraties regarderaient avec détachement se faire massacrer les masses et les forces progressistes.

    Pourtant, l’histoire à montré que des voies existent pour l’indépendance, pour la liberté, même du faible contre le fort. Ces voies sont celles des armées populaires, des armées révolutionnaires. Mais elles restent bouchées pour les forces catalanes, qui ne sont pas en rupture avec l’exploitation capitaliste. Ce sont ces forces, avec la solidarité internationale, qui peuvent garantir une indépendance à la Catalogne tout comme garantir la paix et la prospérité à ses habitants.

    C’est là la faille du processus d’indépendance. Difficile de savoir quelle voie choisira le gouvernement de la Catalogne, entre la soumission et la réalisation du vœu exprimé dans le référendum.

    Nous accordons, malgré ces failles, malgré le fait que seule la voie révolutionnaire est à même de triompher des obstacles, un soutien aux catalans et à l’indépendance.  Ce soutien est au nom du droit des peuples à disposer d’eux mêmes et aux droit à s’ériger en nation.

    Nous soutenons la lutte du peuple catalan. Celui-ci a droit à l’indépendance dans la mesure où elle est souhaitée par la majorité du peuple. Les menaces de Rajoy, les pressions de l’UE et des pays européens, les atermoiements et les capitulations de la bourgeoisie catalane ne pourront pas stopper le processus engagé. Cette indépendance est une onde de choc qui traverse et secoue de nombreux Etats, dont l’Etat français, qui sera lui aussi confronté à cette question. En 2018, la Nouvelle-Calédonie, la Kanaky, votera elle-aussi sur la question de son autodétermination.

    Nous lui souhaitons de réussir ce vote. Tant pour son avenir en tant que nation indépendante que par l’affaiblissement que cela provoque au sein de la métropole impérialiste.

    Nous n’avons aucune honte à souhaiter la défaite de celle-ci.

    Nous n’avons nullement à rougir, malgré les faiblesses, malgré les insuffisance, en soutenant l’indépendance de la Catalogne. 

    A bas la monarchie putréfiée d’Espagne! A bas la répression et les menaces ! Vive la Catalogne indépendante et libre ! Visca Catalunya !

  • Biji Kurdistan !

    Biji Kurdistan !

    Victoire du référendum pour d’indépendance du Kurdistan Irakien

    Le 27 septembre dernier ont été annoncés les résultats définitifs du référendum qui s’est tenu dans la région autonome du Kurdistan d’Irak, et questionnant les kurdes sur leur volonté d’indépendance. Le résultat parle de lui même, sur 3 305 952 votants (72% de participants), 92,73% ont voté en faveur du oui contre 7,27% de non. Un véritable cri de victoire a retenti au sein du peuple kurde, une victoire sur le papier, pour le moment, mais non encore transcrite dans les faits.

    Si le résultat de ce référendum est une véritable onde de choc dans le Moyen-Orient et dans le monde, le combat pour l’indépandance et l’unification n’est pas terminé pour autant. Le Kurdistan Irakien n’est pas au bout de ses peines, et sa direction politique ne lui facilite pas la tâche. Cette part du Kurdistan est jusqu’ici province de l’État irakien,, bien que bénéficiant d’une certaine autonomie. Elle est dirigée par une clique ambiguë, mi-bourgeoisie compradore, mi-appels à l’indépendance.Le le chef de file de celle-ci est l’héritier d’une lignée de seigneurs féodaux, Massoud Barzani. Barzani, au cours des dernières années, ne s’est guère montré un allié fiable pour ses frères et sœurs. Ainsi, ses forces combattantes, les Peshmergas, on eu un rôle plus que douteux dans la guerre. Ils ont cédé sans combattre le terrain à Daesh, mais, en revanchen s’en sont déjà pris aux YPG dans le Rojava, jouant un rôle d’allié objectif des Turcs dans le secteur.

    Par ailleurs, le président du Kurdistan irakien a déclaré, suite à la victoire du oui, que celle-ci n’impliquerait pas une déclaration d’indépendance immédiate, laquelle ne serait effective qu’après négociation avec Bagdad. Une rétractation qui ne surprend guère, pour un représentant d’un parti qui s’est montré, à de nombreuses reprises, empêtré dans un jeu de double-face. N’oublions, pas en effet, que la lutte concrète contre l’impérialisme, contre le fasciste Erdogan et ses alliés et contre les obscurantistes de Daesh, s’est passée de l’appui de Barzani. Elle est menée depuis le début par les troupes du PKK, par les forces révolutionnaires kurdes et les troupes du TKP/ML – TIKKO. Plus qu’une volonté d’indépendance, c’est un projet de société, d’égalité et de justice qui est porté par ces organisations. Il s’agit du projet que nous soutenons.

    La volonté de Barzani d’obtenir l’indépendance par la négociation, en plus de trahir volonté populaire des Kurdes, est le reflet d’un réalité dramatique. Aucune des forces présentes dans la région ne souhaite entendre parler d’un Kurdistan indépendant. En Irak, Bagdad a d’ores et déjà réclamé le contrôle sur les aéroports. Dans la théocratie voisine, près d’une centaine de militants et militantes kurdes ont été arrêtées depuis lundi pour avoir osé exprimer leur soutien à la victoire du oui. Jeudi dernier, Binali Yildirim, le bras droit de Erdogan, a demandé la tenue d’un sommet Ankara-Téhéran-Bagdad, pour coordonner les actions contre la partition irakienne et contre la guérilla. Trois pays dont les antagonismes restent vivaces -gardons en mémoire le conflit meurtrier Iran/Irak entre 1980 et 1988- tombent soudain d’accord sur cette pierre d’achoppement qui réunit les ennemis d’hier : pas d’Etat pour les kurdes.

    Le risque d’une croisade antikurde est fort. Le camouflet que représente le référendum passe pour une véritable provocation, une véritable défiance face aux frontières héritées du démantellement de l’Empire Ottoma.

    Face à la menace, la réponse des Kurdes est invariablement la même, la résistance populaire. Ainsi, les forces présentes dans le Rojava ont déjà annoncé qu’elles interviendraient en Irak en cas de conflit ouvert. Face à ses bourreaux, le peuple kurde continuera de mener son combat exemplaire, jusqu’à la victoire finale.

    Nous, communistes, soutenons inconditionnellement la lutte héroïque du peuple kurde. Nous soutenons les organisations révolutionnaires qui, chaque jour, œuvre non seulement pour la liberté et la justice, mais aussi, contre la réaction, le fascisme, l’obscurantisme et l’impérialisme.

    Cette victoire du référendum, et l’opposition qu’elle sucite, ne peut que faire écho à la situation qui se profile en Catalogne. Les volontés populaires sont systématiquement broyées, bannies, et écrasées quant elle vont à l’encontre des interêts des bourgeoisie.

    Vive la lutte de libération nationale et vive le Kurdistan libre, indépendant et unifié ! Halte aux menées des réactionnaires et aux trahisons !

  • Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Le 14 août, les communistes du monde entier se sont vu arracher un camarade, un frère d’armes. Un combattant du front militaire comme du front théorique.

    La camarade Nubar Ozanyan, plus connu sous son pseudonyme de commandant Orhan, est en effet tombé au Rojava, sous les balles de l’organisation fasciste-obscurantiste Daesh. Nul doute que cet assassinat doit remplir d’aise les fascistes turcs comme les fascistes-obscurantistes de Daesh. Pour eux, un implacable ennemi est tombé.

    Membre depuis 40 ans du Parti Communiste de Turquie/ Marxiste-Léniniste, commandant aguerri de la branche armée du parti, la Tikko (Armée ouvrière et paysanne de libération de la Turquie), le camarade Ozanyan laisse un grand vide, après une vie vouée à la lutte révolutionnaire, à l’éducation politique, et à la formation militaire des jeunes recrues qui combattent notamment dans le Rojava aujourd’hui.

    Mais, comme le chante le « chant de la Libération », aussi nommé « chant des partisans », « Ami, si tu tombe, un ami sort de l’ombre à ta place. » Nul doute que les jeunes cadres, les jeunes combattants et combattantes poursuivront sa lutte, poursuivront son combat.

    Nubar Ozanyan  est d’origine arménienne, né dans la Turquie kemaliste, laquelle s’est vouée à détruire tout ce qui ne rentrait pas dans le cadre de la « révolution » du « père des turcs ». Il lutta, avec bravoure et humilité, partout où le système capitaliste pourrissant, et où l’impérialisme semaient la mort. En Turquie, en Palestine, au Karabakh, en Arménie ou encore au Kurdistan, le commandant Orhan se battait du côté des opprimés, prouvant aux bourgeoisies impérialistes et compradores que désormais, elles ne connaîtraient plus que des revers, jusqu’à la victoire totale du camp du peuple.

    L’Unité communiste de Lyon se joint à la tristesse des camarades du TKP/ML, et des révolutionnaires du Rojava. Mais si l’homme est mortel, les idées de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao, et Ibrahim Kaypakkaya , pour lesquelles Nubar Ozanyan a donné sa vie, ne le sont pas ! L’idéologie qui permet la libération des masses populaires est une hydre qui sans-cesse renaît, car, chaque jours, les capitalistes et les impérialistes dressent les masses populaires contre eux. Chaque jour, ils creusent leur propres tombes.

     Contrairement à ce que prétend la bourgeoisie, via son monopole médiatique, et via les relais de propagande de leurs éducations nationales, la flamme du communisme n’est pas éteinte ! Elle ne le sera jamais.

    Dans l’Etat turc et dans le Rojava, le TKP/ML mène la lutte aux côtés des kurdes du PKK, du PYD, du YPG et des YPJ , contre le fasciste Erdogan, et ses pions obscurantistes ; en Inde, la rébellions naxalite contrôle des régions entières où sont tenus en échec les capitalistes et leurs milices sanguinaires ; aux Philippines, la lutte de la Nouvelle armée populaire avance, malgré les oscillations et les trahisons des bourgeois, lesquels soutiennent le boucher Duterte ; au Pérou, la pensée du président Gonzalo guide encore ceux qui sont épris de liberté, et de justice.

    Partout où l’oppression sévit, les masses s’organisent et ripostent !

    Dans l’État français, le mouvement communiste, toujours divisé doit tourner ses yeux vers ces exemples. Nous devons nous inspirer de l’exemple du commandant Orhan, de son combat, de sa rigueur, de son humilité.

    Rassemblons nous, organisons nous, formons nous, ressuscitons le Parti communiste de la classe ouvrière, reformons le camps du peuple ! Le meilleur hommage à ceux qui sont tombés est de poursuivre leur combat, et de le mener à son terme !

    En Turquie, dans le Rojava, comme partout à travers le monde, les martyrs de la révolution nous regardent !

    Honorons les !

  • Appel de la Maison de la Mésopotamie à la création d’un front antifasciste unifié.

    Appel de la Maison de la Mésopotamie à la création d’un front antifasciste unifié.

    Appel de la Maison de la Mésopotamie à la création d’un front antifasciste unifié.

    Au Kurdistan, en Turquie, dans l’Etat français, le fascisme est un ennemi commun !

    Les fascistes avancent à Lyon.

    Ils avancent dans l’Etat français.

    Ils avancent partout dans le monde, sous divers visages, sous divers drapeaux.

     Mais ils avancent.

    Ce ne sont pas des situations séparées, ce ne sont pas des simples points isolés. Daesh ou Erdogan qui avancent, le GUD qui ouvre son « bastion », ce sont des victoires pour le fascisme international. Ce sont des défaites pour les progressistes et les révolutionnaires du monde entier.

    Nous devons riposter en étant unis. Nous devons repousser chaque tentacule du fascisme.

    Au Kurdistan et en Turquie, nous connaissons bien le visage du fascisme, ses crimes, la misère qu’il sème, pour le profit des exploiteurs. Nous connaissons sa guerre constante contre les classes populaires, contre les masses, contre les travailleurs et les travailleuses.

    Nous savons reconnaître cet Etat d’urgence qui n’en finit pas, qui donne toute possibilité aux exploiteurs de réprimer.

    Nous ne voulons pas que cette situation devienne également celle de l’Etat français. Nous ne voulons pas que cette situation devienne celle de Lyon. C’est pour cela que nous appelons à cette réunion commune, ayant pour base de briser l’isolement et la fragmentation, de rassembler ceux et celles qui veulent lutter contre le fascisme, le capitalisme et l’impérialisme.

    Nous avons besoin d’une autodéfense populaire et unitaire. Tout comme le font nos camarades, nos frères et nos sœurs de combat, qui affrontent les fascistes turcs et les obscurantistes de Daesh, sous un seul drapeau : celui de la liberté et de l’autodéfense. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.

    Car la police, qui enferme nos camarades, qui saisit leur propagande, qui brise leurs mégaphones, n’est pas de notre côté. Ni la justice, laquelle acquitte les fascistes et se montre impitoyable envers  les nôtres. Ni l’Etat, dont la tâche de répression, d’asservissement, se marie parfaitement avec les désirs de l’extrême-droite.

    Ni des vautours de l’électoralisme, qui n’attendent de celles et ceux qui luttent qu’une chose : leur bulletin de vote.

    Il existe des désaccords, des hostilités, des jalousies, un nombre inconcevable de raisons pour que dure la division de ceux qui combattent le fascisme.

    Ces divisions ont -plus ou moins- de raisons d’exister.

    Mais elles doivent céder le pas devant la nécessité d’opposer un front uni, d’opposer une ligne de défense commune, contre l’avancée du fascisme et de ses agents.

    Nous devons ne former qu’un rang dans la lutte contre le fascisme ! Un rang à Lyon. Un rang dans l’Etat français. Un rang au Kurdistan, en Turquie, dans le monde.

    Soyons solidaires, unitaires, antifascistes !

    Vendredi 09 juin à 18h00, rendez-vous à la place de Jacobins pour dénoncer le « bastion social » qui instrumentalise la misère.

    Dimanche 11 juin à 18h00, à la maison de la Mésopotamie (rue Mazagran), retrouvons nous pour nous organiser et riposter !

  • L’Unité Communiste de Lyon rejoint la campagne de soutien au Bataillon International de Libération au Rojava.

    L’Unité Communiste de Lyon rejoint la campagne de soutien au Bataillon International de Libération au Rojava.

    Texte d’appel de la campagne

    Au coeur du Moyen-Orient, les populations du Rojava se sont soulevées contre les forces réactionnaires qui oppressent la région depuis des décennies. Après avoir libéré le Rojava de Daesh, les habitants du Rojava et les nombreux révolutionnaires étrangers qui sont venus les soutenir inquiètent à présent les impérialistes américains et l’OTAN, ainsi que les régimes réactionnaires et fascistes du Moyen-Orient : la Turquie, l’Arabie Saoudite et l’Iran. Tous à présent interviennent par bombardements ou ingérence, reproduisant les stratégies qui ont abouti à la création de nombreux groupes islamistes comme Daesh, Al Qaïda ou Al Nosra, des golems qui ont échappé au contrôle des pays capitalistes qui les ont façonnés.

    Que ce soit par les attentats meurtriers, par les bombardements de civils, par les arrestations massives de militants révolutionnaires, par les attaques permanentes contre les guérillas populaires ou par les marchandages capitalistes, les ennemis du peuple ont bien du mal à arrêter la lutte de libération qu’ont entreprises les populations du Rojava, du Kurdistan et de tout le Moyen-Orient, et particulièrement les femmes armées du Rojava qui sont le pire cauchemar des islamistes.

    Après s’être entourée de ses alliés habituels et historiques : USA, OTAN, Union Européenne, ONU, social-démocrates et régimes réactionnaires, la Turquie a entrepris une large campagne de répression à travers les territoires kurdes en Turquie, en Irak et en Syrie, avec pour objectif prioritaire de saboter les ambitions révolutionnaires des peuples opprimés du Rojava.

    Aidons le Bataillon International de Libération qui regroupe des combattants communistes, anarchistes et antifascistes venus défendre le Rojava dans l’esprit des Brigades Internationales de l’Espagne de 1936. Apportons leur un soutien politique et matériel en finançant des pansements hémostatiques. 60% des blessés par balle meurent d’hémorragie en attendant d’être pris en charge : ces pansements stoppent l’hémorragie rapidement et coûtent 40$ l’unité.

    Soutien à la lutte pour la révolution des peuples du Rojava et d’ailleurs, contre les islamistes, les USA, l’OTAN et les états réactionnaires !

    Participez à cette récolte en envoyant vos dons :
    IBAN : BE09 0016 1210 6957 – BIC : GEBA BE BB – Communication : « Rojava ».

    Qu’est ce que le CELOX ?

    Le CELOX est un nouveau produit hémostatique d’urgence. Le CELOX peut stopper même les hémorragies potentiellement létales rapidement. Facile à utiliser, très sûr et extrêmement efficace, le CELOX sauve des vies. Mélangé au sang, le Celox forme un gel résistant comme un caillot en moins de 30 secondes. Il agit indépendamment des processus normaux de coagulation de l’organisme. Lors des essais cliniques menés par la Marine US, le Celox a été le seul produit à apporter 100% de survie.

    La sécurité du Celox a été testée selon les standards exigeants de classe III du marquage CE. Le Celox est composé de chitosan, catabolisé par le lysozyme, une enzyme humaine, en glucosamine, sucre normalement retrouvé dans l’organisme.
    CELOX est indiqué pour toute hémorragie modérée à sévère, les hémorragies artérielles ou veineuses, les plaies superficielles et profondes, les plaies du crâne, de la face et du cou.

    L’introduction du Celox dans la plaie stoppe les pertes sanguines grâce à la formation d’un caillot sous forme de gel, par la liaison de Celox sur la surface des érythrocytes.
    Les nouvelles versions CELOX Gauze et CELOX Gauze « Z » FOLD combinent l’action des granulés hémostatiques et de la bande pour contrôler la perte de sang qui met directement la vie du patient en danger.

    Qu’est ce que le Bataillon International de Libération du Rojava ? 

    Le Bataillon International de Libération (International Freedom Batallion, IFB) est un bataillon indépendant composé de révolutionnaires venus de Turquie, d’Europe et d’ailleurs pour défendre la révolution du Rojava en se positionnant comme une force indépendante aux côtés des YPG/YPJ/QSD.

    Fondée le 10 juin 2015 à l’initiative du MLKP (Parti Communiste Marxiste-Léniniste en Turquie et au Kurdistan) sur le modèle des Brigades Internationales qui défendaient la révolution espagnole en 1936, elle a été rejointe par plusieurs autres groupes révolutionnaires (Entre autres TKPML/Tikko, MLSPB-DC, RC, TKEP/L, ΕΣΔΑ) communistes et anarchistes, ainsi que par des révolutionnaires non-encartés qui se sont regroupés dans les BÖG (Forces Unies de Libération). Ces groupes et individus sont issus de divers courants politiques de la gauche révolutionnaire : marxisme-léninisme, hoxhaisme, maoïsme, anarchisme, trotskysme,…

    Depuis sa fondation, l’IFB a combattu sur tous les fronts du Rojava (à l’exception d’Afrin), aidant les forces kurdes à mettre en échec Daesh et d’autres groupes islamistes actifs dans la région.

    REJOINDRE LES SIGNATAIRES

    Secours Rouge (BE)
    OCML Voie Prolétarienne
    Alternative Libertaire Bruxelles
    Sosyalist Kadınlar Birliği
    Belçika Göçmenler Kolektifi
    Emek ve Özgürlük Cephesi
    Coordination Action Antifasciste (FR) (AFA Marseille, AFA Paris-Banlieue, AFA Tolosa, AFA NP2C, AFA La Roche sur Yon, Ipeh Antifaxista)
    Plateforme Voix des Prisonniers
    Bretagne en luttes / Breizh o stourm
    Arbeitskreis Solidarität
    Zusammen Kämpfen Stuttgart
    Revolutionären Aufbau
    Rote Hilfe (CH)
    Revolutionäre Jugend Gruppe Bern
    Anarchistische Gruppe Bern
    Revolutionäre Jugend Zürich
    RAGE – Réseau d’Agitation Genève – Réseau Antifasciste
    Unité Communiste – Lyon
    Groupe Antifasciste de Lyon et Environs

  • Kurdistan: Choisir son camp ; celui du peuple ! Lettre ouverte à nos camarades.

    Lettre ouverte aux organisations progressistes, révolutionnaires, ainsi qu'aux médias alternatifs et militants.

    Il n'est pas possible de soutenir à la fois les opprimés et leurs oppresseurs.

    Dernièrement, le siège et la chute de la ville d'Alep a causé de violents remous dans l'opinion publique au sein de l’État Français. Les images de morts, de blessés, de destruction, de bombardements ont marqué les esprits. Il est logique, il est sain d'être horrifié par ce genre de scènes.

    Pourtant, l'empathie légitime qu'il est possible de ressentir pour les victimes de ces opérations militaires, des exactions qui ont suivi la reprise de la ville, ne doit pas oblitérer tout jugement politique. Cela ne doit pas occulter la véritable nature politique de l'opposition armée connue sous le nom de « Armée Syrienne Libre » et les intérêts qu'elle sert, entre les mains de ses maîtres.

    Que des individus soient mortifiés et réagissent avec leur cœur, comment le-leur reprocherions-nous ? Si ils sont dans l'ignorance des ramifications et des implications politiques, nous ne saurions les blâmer, c'est à nous, militants, de les en informer.

    Mais qu'une organisation politique ou un média militant prenne position pour soutenir l'appel de la "mairie d'Alep-est", c'est une toute autre chose.

    L'erreur existe, et l'ignorance également. C'est pour cela que nous rédigeons cette lettre. Nous les invitons à repenser leur position, à comprendre qu'on ne peut pas être équidistant entre les progressistes et les réactionnaires sans prendre fait et cause pour eux.

    Beaucoup d'organisations politiques et de médias militants progressistes affirment soutenir la lutte du peuple kurde contre ses oppresseurs en Turquie et en Syrie. Ces organisations et médias retransmettent les informations transmises par la coalition formée autour du PKK, du TKP M/L, de leurs organisations militaires YPG – YPJ – TIKKO, et affirment également soutenir la politique du HDP en Turquie, qui combat contre l'ogre Erdogan et son régime.

    La coalition que forment les organisations de combat kurdes est la seule à œuvrer à une lutte résolue pour le progrès, l'égalité, et pour chasser les impérialistes. Et ce, que ce soit au Rojava (Kurdistan Syrien) au Bakur (Kurdistan de Turquie), sur leur terre, tout comme pour l'émancipation générale des peuples de Syrie et de Turquie.

    Le Parti HDP, dans l’État Turc, mène une lutte exemplaire pour le maintien des droits démocratiques dans un État qui sombre dans le fascisme.

    Que veulent ces forces ?

    Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l'indépendance. Elles veulent la constitution non pas d'un état bourgeois de plus, mais bien d'un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l'impérialisme, le capitalisme, l'obscurantisme, le sexisme et la destruction de l'environnement.

    Les forces Kurdes mènent la lutte depuis 1978 dans l’État Turc, date à laquelle a été fondé le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sous l'impulsion de Abdullah Öcalan. Depuis le commencement de la guérilla, les forces Kurdes n'ont jamais renoncé à obtenir un état indépendant.

    La coalition des Forces Démocratiques Syriennes est un front dans lequel luttent les Kurdes, contre le régime dictatorial et clientéliste de Bachar Al-Assad, laquais des Russes, et contre les pions de Erdogan et des réactionnaires, la clique de l'Armée Libre Syrienne. Ces forces combattent également les réactionnaires fascistes de Daesh. Pourtant cette alliance n'est pas toujours fiable et connaît des fractures. De nombreuses forces combattent aux côtés des Kurdes contre Daesh, l'ASL ou le régime, mais il est arrivé que les alliés de la veille se retournent contre les combattants kurdes dès que l'ennemi commun prend la fuite. Très peu de forces syriennes acceptent l'idée d'un Rojava indépendant. C'est pour cela que nous devons soutenir nos camarades au front. L'anti-impérialisme et l'internationalisme sont les meilleurs alliés des Kurdes.

    Début 2016, les forces combattantes révolutionnaires Turques et Kurdes se sont unifiées autour d'un front commun nommé “Halkların Birleşik Devrim Hareketi” (Mouvement Révolutionnaire Unis des Peuples) rassemblant une dizaine d'organisations révolutionnaires Kurdes et Turques.
    Voici quelles sont ces organisations:

    • Devrimci Karargâh (QG Révolutionnaire)
    • DKP (Parti de communards révolutionnaires)
    • MKP (Parti communiste maoiste)
    • MLKP (Parti communiste marxiste léniniste) pour combattre le fascisme turc au Kurdistan.)
    • THKP-C/MLSPB ( Parti/Front communiste de Turquie/marxiste-léniniste, brigades armées de propagande)
    • PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan)
    • TİKB (L’union des communistes Révolutionnaires de Turquie)
    • TKEP-L (Parti communiste de Travail, léniniste)

    D'autres combattent également de manière indépendante ou côte-à-côte avec les forces progressistes Kurdes et Turques. Nous mentionnons leurs noms en annexe
    .
    Leur communiqué résume leurs objectifs:

    • "Notre mouvement a pour objectif d’obtenir un avenir libre, démocratique pour nos peuples, contre l’impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le fascisme et le racisme. Il considère incontournable la destruction de l’AKP fasciste, avec tous ses soutiens sociaux et par la force révolutionnaire du peuple.
    • Le gouvernement AKP, est en train de détruire la nature, en même temps que la société. Il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleur/ses, et impose les conditions d’esclavage. Sur toutes les masses de population, il est répressif et meurtrier.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, adopte le principe de réunir et d’organiser toutes ces forces sous les attaques de l’Etat bourgeois de la République Turque et du gouvernement AKP, et de les mobiliser pour la lutte.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, lutte pour l’écologie, pour la libération de la femme, pour la classe ouvrière, les droits et les libertés des travailleurs, ainsi que pour installer le pouvoir du peuple pour la Turquie, et l’autonomie au Kurdistan afin de permettre un avenir libre pour nos peuples.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, appelle toutes les masses populaires meurtries par le fascisme et l’intégrisme, en commençant par les femmes, les jeunes, les ouvriers et les travailleurs, à s’organiser, s’unir et lutter pour la liberté, la démocratie et la fraternité des peuples."

    Certes la guerre force à des compromis. Le mouvement de libération kurde a dû en faire et en fera certainement d'autres. Mais ces compromis n'ont jamais détourné ces forces combattantes de leur but ; contrairement à une ALS qui est directement une marionnette entre les mains de ses maîtres. Ériger ces compromis en obstacles insurmontables est le paravent de la lâcheté et du sectarisme. Pendant que, bien au chaud, des militants s'échinent à trouver des groupes qui soient l'incarnation de la perfection, mais dont l'impact réel est nul, ceux qui combattent réellement meurent au front sans soutien. Dans notre calme État impérialiste, s'offusquer qu'il soit possible de chercher des alliés tactiques lorsque les bombes pleuvent est un luxe que ne peuvent connaître ceux qui subissent la guerre.

    Il est possible, et il est d'ailleurs sain d'être critique. Mais il est nécessaire de savoir choisir également son camp.

    Il est impossible de jouer sur deux tableaux.                

    L'occident, et au premier rang la France, condamne le régime de Bachar Al-Assad pour des motifs hypocrites, camouflant une opposition géopolitique avec la Russie. Lorsque la famille Assad était une bonne cliente de la France, celle-ci ne tarissait pas d'éloge au sujet du régime.
    Certains groupes militants pensent qu'il faut appliquer alors, mécaniquement, le fait que l'ennemi de notre ennemi est notre allié. Ils soutiennent alors Bachar Al-Assad comme un rempart contre l’obscurantisme, comme un chef de file de l'anti-impérialisme. En somme, ils nient que Bachar Al-Assad est un simple agent de la Russie au Moyen-Orient, une marionnette des ambitions Irano-Russes dans l'orient de la Méditerranée.

    Ces organisations peignent en rouge le régime, et peignent en rouge Poutine, ce qui est faux. Elles mettent en avant -tout aussi hypocritement- le fait que le régime serait l'allié des Kurdes, et qu'il est possible de concilier les deux. C'est escamoter le fait que, si des trêves existent lorsque Daech et l'ALS sont présentes, le régime n'a de cesse de tenter d'exterminer les Kurdes dès qu'ils sont seuls à seuls.

    Soutenir le régime de Bachar Al-Assad, c'est célébrer l'impérialisme Russe, c'est célébrer faussement les BRICS [Les états émergents, Brazil, Russia, India, China, South Africa] comme étant la révolution mondiale, c'est se mettre à la solde d'une réaction contre une autre. Pire encore, certains souhaitent l'union de la France et de la Russie dans cette affaire, niant par là même le caractère criminel de l'impérialisme français, et souhaitant simplement qu'ils s'alignent sur un autre camp.

    Qu'est ce que l'Armée Syrienne Libre et que veut cette coalition ?

    L'Armée Syrienne Libre n'est pas unie idéologiquement, elle est une ligue de diverses organisations allant de démocrates sincères jusqu'à des obscurantistes virulents.

    Ces forces sont principalement divisées en deux groupes, ou chambres d'opérations qui sont des alliances temporaires et non-exclusives autour d'objectifs ponctuels ou autour du soutien d'une puissance étrangère. La première Fatah Halab -conquête d'Alep- rassemble les agents d'Erdogan et des occidentaux. Elle est la force qui a été utilisée par la Turquie pour faire barrage à l'unification des zones contrôlées par les Kurdes au Rojava. Elle rassemble grossièrement 50% des forces armées de la nébuleuse de l'Armée Libre Syrienne. Ce sont les fameux "modérés" soutenus par l'occident. Issus des frères musulmans et des organisations réactionnaires locales, ils ne sont considérés comme modérés uniquement parce qu'ils ne menacent pas les intérêts occidentaux.

    Jaish Al Fatah, -l'armée de la conquête- est construite autour des différentes cellules d'Al-Qaïda ayant survécus à la concurrence de Daesh. Cette chambre d'opération se démarque de la première par le fait qu'elle considère celle-ci comme "trop modérée." Egalement, Jaish Al Fatah est principalement le pion de l'Arabie Saoudite et du Qatar, avant d'être celui d'Erdogan.
    Hors de ces chambres d'opération, des poussières qui s'agglutinent parfois dans des configurations différentes, mais toujours à la remorque, dans l'ombre, des deux chambres d'opération principales. C'est dans cette poussière que certaines organisations de l'Etat Français pensent trouver des joyaux d'une pureté révolutionnaire parfaite.

    Le fait est qu'il existe des lignes progressistes au sein de l'Armée Syrienne Libre, c'est indéniable. Mais elles ont fait le choix de se mettre à la remorque des agents les plus réactionnaires de la coalition. Elles ont jeté par dessus bord leur indépendance politique pour se mettre eu ligne aux cotés d'Al-Qaïda et des obscurantistes. Elles ont abandonné toute stratégie en devenant des mercenaires de la Turquie, des USA et de la France. Ces forces, pendant la bataille d'Alep, n'ont servi qu'à assouvir les ambitions expansionnistes de la Turquie, et à être une des branches de la tenaille pour écraser les forces combattantes Kurdes, au lieu de combattre le régime de Bachar Al-Assad. Cette clique est plus une armée de mercenaires au service d'un maître qu'une force politique cohérente.

    Plusieurs organisations politiques au sein de l’État français, mais également en occident en général, trouvent conciliable de marcher et de défiler à l'appel du "maire d'Alep-est" et de soutenir la cause du peuple Kurde. Nous affirmons que cela n'est pas possible. Il n'est pas possible de soutenir ceux qui s'allient avec la France et la Turquie, qui en sont les mercenaires, sans devenir soi-même un renégat.

    Nous affirmons qu'il est impossible de pouvoir jouer sur les deux tableaux et de pouvoir défiler sous le pavillon d'une clique de bandits au service des intérêts de la Turquie. Qu'il est impossible de pouvoir saluer la lutte des YPG – YPJ – TIKKO et de marcher avec leurs bourreaux. Qu'il est impossible de prétendre combattre l'impérialisme et ses ramifications tout en soutenant ses agents.

    Quelques soient les raisons invoquées, quelque soit la faction obscure soutenue par les groupes soi-disant révolutionnaires, soutenir toute branche de l'ASL, marcher avec Free Syria, c'est marcher avec l'AKP et ses sbires. C'est marcher avec les bourreaux du peuple kurde.

    C'est également marcher main dans la main avec les laquais des impérialistes occidentaux dans la région. C'est marcher avec l'impérialisme français et embrasser son drapeau. Il n'est pas possible de tenir ce discours et d'ensuite "compenser" en agitant le drapeau du Kurdistan libre, le salissant par la même occasion.

    Cela n'est pas conciliable.

    Que le régime de Bachar Al-Assad soit un régime d'oppression à la solde des intérêts de la Russie est une vérité. Il est juste de le pointer du doigt et cela doit être fait, il n'est pas conciliable de se dire révolutionnaire tout en le saluant. Mais il est aisé de dénoncer les ennemis de son propre impérialisme.

    Ceux qui, dans l’État français, se réjouissent des victoires de l'ASL, pleurent ses défaites, chantent leurs louanges ne sont pas seulement en contradiction avec le fait de soutenir les kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes, ils se déclarent même ennemis de leur cause de libération nationale et de libération de la Syrie de la présence des impérialistes.

    Une ligne de démarcation se trace, elle doit être franchie, que cela soit d'un coté ou de l'autre, par toutes les organisations ayant une position sur la question de la guerre en Syrie.

    Certains prônent l'éclectisme et soutiennent tout ce qui lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Il n'est pas possible de l'être dans une lutte à mort.

    Certains prennent ceci par dessus la jambe, le traitent avec légèreté. Ils se démasquent comme étant des opportunistes qui ne voient le fait de soutenir les kurdes que comme étant "de bon ton". Nous devons dénoncer cet opportunisme.

    Lorsque, rien qu'à Lyon, la mairie Front de Gauche du premier arrondissement de Lyon accepte de relayer l'appel réactionnaire du maire d'Alep-Est, nous devons les dénoncer et dénoncer leur attitude de renégat.

    Lorsque Europe Ecologie / Les Verts signe également cet appel, nous devons dénoncer l'attitude de laquais de l'impérialisme de cette organisation.

    Lorsque "Ensemble" signe ceci aux côtés des agents fascistes d'AKP, c'est qu'ils prennent position en faveur de la répression du peuple Kurde.

    Ceux qui parlent de "soutien critique" lorsqu'ils se rassemblent sous le drapeau de l'ASL de la France et de la Turquie se démasquent donc comme des soutiens de fait à ces forces.

    Nous appelons toutes les organisations progressistes et révolutionnaires de l’État Français ou francophones à relayer cet appel, à prendre position sur le fond de celui-ci et à démasquer les mercenaires de l'impérialisme.

    Nous devons dénoncer les appels hypocrites de la France et des organisations qui sont ses valets. Sous couvert d'humanitaire, ces cris servent à implanter les avant-postes de son impérialisme.

    Nous appelons ces organisations et ces médias à rejeter les positions et la propagande des agents de l'impérialisme, au premier chef duquel l'impérialisme français, notre ennemi premier. Nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, que ses griffes soient arrachées et ses armes brisées !

    Nous appelons à la constitutions d'initiatives, militantes, politiques, financières pour soutenir depuis l'Etat Français la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour sa libération du Kurdistan et de la Syrie.

    Vive la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour la liberté ! A bas le régime fasciste d'Erdogan et les laquais des impérialistes !

     Vivent les volontaires internationaux qui combattent aux côtés des Kurdes !

     

    Premiers signataires : Maison de la Mésopotamie ; Unité Communiste – Lyon; OCML Voie Prolétarienne ; Organisation Communiste – Futur Rouge ; Jeunes Communistes Lyon ; Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (Paris) ​; YDG – Nouvelle Jeunesse Démocratique

    Pour être cosignataire: Solidarite.kurdistan@gmail.com

    Annexe:
    Les forces des Kurdes et leurs alliés:

     

    HPG : Force de Défense du Peuple.
    YJA-Star : Unités des Femmes Libres.
    PAJK : Parti des Femmes Libres du Kurdistan.
    YPS : Unités de Protection Civile.
    YDG-H : Mouvement de la Jeunesse Révolutionnaire Patriotique.
    HDP : Parti Démocratique des Peuples.
    DBP : Parti Démocratique des Régions.
    HDK : Congrès Démocratique des Peuples.
    PKK: Parti des Travailleurs du Kurdistan.
    YPG: Unités de Défense du Peuple.
    YPJ: Unités de Défense Féminines.
    PYD: Parti de l'Union Démocratique Kurde (en Syrie).

    Organisations turques combattant aux côtés des forces combattantes Kurdes.

    MLKP : Parti Communiste Marxiste-léniniste.
    DHKP-C : Parti-Front Révolutionnaire pour la Libération du Peuple.
    TKP-ML : Parti Communiste Turc – Marxiste-léniniste. Sa branche armée est le Tikko.
    MKP : Parti Communiste Maoïste.
    MLSPB : Union Marxiste-léniniste pour la Propagande Armée.
    DAF : Action Révolutionnaire Anarchiste.

    Organisations de volontaires étrangers:
    Bataillon International de la Libération au Rojava.
    A.I.T.
    Antifascist Internationalist Tabur

  • La chute de Alep-Est vue par un membre fondateur des YPG.

    La chute de Alep-Est vue par un membre fondateur des YPG.

    Traduit de l’anglais par l’Unité Communiste – Lyon.
    Texte original de Polat Can, membre fondateur des YPG

    — Unités de protection  du peuple —

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    (Source de l'image: Figaro)

    Nous reproduisons ce texte afin de participer à alimenter le débat qui traverse l'ensemble de forces militantes progressistes ou se revendiquant révolutionnaires dans l'Etat Français. Nous avons communiqué à plusieurs reprises pour dénoncer cette attitude incohérente de certaines organisations ou de certains relais médiatiques alternatifs, lesquels tentent de faire cohabiter deux positions antagoniques: soutenir les Kurdes et leurs alliés -unis dans les Forces Démocratiques Syriennes- et soutenir la coalition majoritairement dirigée par des pro-Erdogan connue sous le nom d'Armée Syrienne Libre.
    Cette position est inacceptable pour nous, et constitue une ligne de démarcation importante et indiscutable. 

    —————————————————————————-

    La partie est de Alep est tombée aujourd’hui — 13 Décembre 2016 — mais, en regardant les causes profondes qui ont tracé le chemin jusqu’à sa chute, on ne peut que réaliser qu’elle était inévitable. Non pas car les Baasistes et leurs alliés étaient plus fort, ou les factions islamistes plus faibles, mais à cause de la dizaine de facteurs qui ont accompagné Alep de sa première chute, en 2012, et qui ont mené à la seconde aujourd’hui.

    La première chute fut brève, non préparée et vint avec célérité tandis que la seconde arriva lentement, fut douloureuse et dévastatrice. En d’autres mots, la première chute fut la préface de la seconde.

    1- Nous devons nous rappeler que les révolutionnaires se sont moqués des habitants d’Alep pour n’avoir pas pris part à la révolution contre le régime du parti Baas; ils ont échoué a comprendre que Alep est une cité de commerce et d’industrie qui a besoin de sécurité, de stabilité et de routes ouvertes.

    2- Alep est divisée en deux districts; oriental et occidental, ce qui n’est pas qu’une division géographique, mais également sociale et culturelle.  Alep-Est est la maison des pauvres, dévots et pieux sunnites, kurdes des villages, kobanis, afrins et également  turcs. Tous sont pauvres et sont le prolétariat du bâtiment et de l’industrie textile. De l’autre côté, Alep-Ouest est la demeure de la classe moyenne des fonctionnaires du gouvernement, des riches et des propriétaires terriens qui se moquent des slogans politiques et ne recherchent que la stabilité pour prospérer. 

    3- Il existe des districts avec une majorité chrétienne (Arméniens, Assyriens, etc.) qui n’adhérent pas aux slogans islamistes qui ont pris le contrôle de la révolution depuis mi-2011 et se sont toujours méfiés des révolutionnaires venant des villages.

    4-Les districts avec une majorité kurde, particulièrement Al Ashrafia et Boustan Al Pasha, ont été les premiers à se battre et à rejeter les forces du régime et leurs brutes « Shabeeha » au printemps 2012. Ils se sont montrés méfiants vis-à-vis des slogans extrêmement chauvins et nationalistes de l’opposition et de ses alliés armés, soutenus par l’ennemi historique du peuple kurde… la Turquie.

    5- La chute de Alep-Est en 2012 n’a pas eu lieu à cause de ses dynamiques internes ou de son développement propre. Elle fut le fait de l’occupation armée par les villageois du Nord d’Alep (Andan, Hritan, Azaz et Hian).

    6- Les factions islamiques ont combattu et détruit les familles et les tribus influentes, ce qui a poussé bon nombre d'habitants à s’allier avec le régime.

    7- Une fois que les factions islamiques ont pris le contrôle de Alep-Est, elles ont tout volé et pillé et l’ont exporté vers la Turquie à des prix extrêmement bas, ce qui a mené à la destruction de l’économie et des possibilités d’emploi desquelles dépendaient l’existence de la population. *

    8- L’opposition armée était divisée en tellement de faction se combattant l’une l’autre pour se partager le butin du pillage et des vols dans les usines. Ces factions étaient éclatées en fonction de leur idéologie, ligne politique ou de leur origine géographique et religieuse, elles l’étaient aussi en fonction de leur loyauté à des états, des partis politiques ou des personnes spécifiques.

    9- La pénétration des factions islamistes extrémistes dans Alep et au sein de l’opposition armée a mené à l’imposition d’un nouveau style de vie pour les habitants comme pour les autres factions.  Le contrôle d’Ahrar Al Sham et d’Al Nusra ont donné au régime d’Assad et aux russes une raison et une légitimité à détruire la cité et à tuer ses habitants.

    Comme indiqué au début; la seconde chute d’Alep partage beaucoup d’aspects avec la première. — Mais pourquoi Alep est-elle tombée, malgré tout le soutien que les dizaines ou, peut-être, les centaines de factions, ont pu recevoir en terme de tonnes d’armes par la Turquie et de finance par les Saoudiens et les Qataris ? Malgré la propagande médiatique sur l’établissement d’une chambre d’opération commune pour toutes les factions, accompagnée de menaces et de promesses ? Encore une fois, pourquoi Alep est elle tombée ?

    1- Les divisions entre les différentes factions, basées sur quel état les sponsorisent et quels sont les intérêts de ces états dans ce combat.

    2- Le contrôle des factions extrémistes islamistes, plus particulièrement de Al-Qaïda, ont terni l’image de la résistance armée, spécialement aux yeux des occidentaux.

    3- Les vendeurs des rues, les marchands de moutons ou d’orge sont devenus des stratèges militaires. Ils décidaient des plans, dirigeaient des expéditions tactiques et stratégiques. Ils sont devenus par la suite des seigneurs de la guerre et des potentats locaux qui rançonnaient/inféodaient leurs sujets [il existe une ambigüité sur la phrase d’origine: became warlords and local authorities who embezzle their subjects. NdT.]

    4- Ces factions islamistes extrémistes ne combattaient pas le régime. À la place, elles furent à l’initiative d’une guerre de quatre années contre le peuple kurde à Sheik Maqsoud [secteur de la banlieue d’Alep, peuplée majoritairement de kurdes. NdT.], assiégeant des centaines de milliers de Kurdes et d’Arabes, les bombardant avec des bombes chimiques et au gaz. Elles empêchèrent l’approvisionnement  en nourriture et en médicaments. C’est, à mon sens, l’aspect le plus important de la chute de l’opposition armée ainsi que de celle de l’est d’Alep.

    5- La résistance armée devint de facto un agent des services secrets turcs et celle-ci suivit les ordres de ses maîtres. La guerre à Sheikh Maqsoud est une indication claire de la nature de ces ordres.

    6- Les factions de l’opposition ont commencé à se combattre mutuellement et à commettre des atrocités, envers les civils, entre elles et envers les chrétiens et les kurdes. Ces atrocités étaient similaires à celles de l’État Islamique. Elles ont massacré et exécuté les civils dans les rues, commis des kidnappings, détruit des églises et ont ciblé les Kurdes.

    7- À cause de la guerre fratricide entre les factions armées, le régime fut capable de prendre Al Nobel et Zahraa, déconnectant ainsi Alep d’Azzaz, des villages du nord et ainsi, au final, de la Turquie.

    8- Plusieurs factions de la résistance ont quitté leur positionnement dans cette guerre et ont rejoint le régime, après qu’un mémorandum d’entente [convention bilatérale] ait été signé entre la Turquie et la Russie, signifiant que le régime aurait la possibilité d’assiéger Alep-Est  et de combattre pour la ville.

    9- La Turquie et l’opposition syrienne en Turquie ont sciemment joué la carte du bluff avec la résistance.  Elles ont émis des mensonges tels que le soutien inconditionnel de la Turquie dans la lutte contre le régime ou la conduite de négociation avec le régime qui se clôtureraient par un succès.  Malheureusement, la résistance armée a cru en ces mensonges et les combattants sont restés sous le bombardement hystérique des Russes et du régime, sans le moindre gain territorial au sol.

    10- Les services secrets turcs ont utilisé la résistance armée pour leurs propres objectifs et les ont soutenus dans leur prise de l’académie militaire Ramosa et de la prise de la route de Damas. Cela avant qu'Erdoğan ne programme sa visite en Russie, pour être dans une position favorable pour négocier avec Poutine. Mais, dès la fin de la rencontre, Erdoğan a ordonné la fin des opérations militaires dans Alep.

    11- A l'époque où l’opposition armée gagnait du terrain dans Alep-Ouest, coupant la route de Damas, Erdoğan leur a ordonné de quitter Alep et de se diriger vers Jerablus. Ce mouvement a été la dernière pierre qui a brisé le « dos de chameau » [lié à la forme particulière du front à cet endroit NdT.] et a mené a leur défaite et à la victoire du régime.

    12- Au lieu de marcher vers Damas pour achever le régime d’Assad, des milliers de combattants de la résistance se sont dirigés vers Sheikh Maksoud, Afrin, Jerablus et Al Bas pour combattre, aux cotés de l’Armée Syrienne Libre contre les Kurdes, suivant les ordres de leur maître Turc.

    13- Quelques années auparavant, un meeting s’était tenu entre les dizaines de factions, avec comme résultat le départ de leurs zones de combat pour se diriger vers les cités Kurdes à occuper, mais le résultat fut leurs défaites à Sera Kaniye, Rimelon, Qamishlo, Gire Spi et Afrin.

    Non seulement Alep-Est est tombée, mais elle est totalement ravagée. L’économie du plus grand centre du Moyen-Orient et un des plus vieux du Monde est détruite. La chute de l’Est d’Alep est aussi la chute du projet de la résistance armée et de leurs soutiens en Turquie. Elle est la chute de l’Islam politique et des Frères Musulmans, tout comme des agents de la Turquie et de leurs mercenaires. Cette chute est celle de chaque force qui combat le peuple Kurde. Je l’ai dit avant, je le redis « personne ne parviendra à défier et à vaincre le peuple Kurde ».

    Au final, le seul projet viable est le projet séculier et véritablement patriotique du peuple Kurde. Le projet des Forces Démocratiques Syriennes et des YPG. C’est le projet démocratique et fédéral qui peut tenir contre l’État Islamique, contre le régime et contre tous les dictateurs. C’est celui qui garantit un Kurdistan libre et une Syrie libre.

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     Texte original: http://www.kurdishquestion.com/article/3706-the-fall-of-eastern-aleppo 

  • Rassemblements et contradictions: Il n’est pas possible de jouer sur les deux tableaux dans les guerres.

    Aujourd'hui samedi 17 decembre 2016, se tenait un rassemblement de soutien aux forces kurdes et à leurs alliés, qui se battent dans un terrible étau, entre Erdogan et ses agents -dont Daesh. Que ce soit au sein de l'état Turc ou en Syrie, les forces kurdes, leurs alliés, et la coalition autour d'elles, représentent la seule force anti-impérialiste et progressiste.

    Au même moment, place Bellecour, se tenait un rassemblement "pour Alep", où fleurissaient drapeaux turcs, français et de l'ASL.

    Un appel hétéroclite de diverses organisations, associations, institutions a été émis.

    Il rassemble pêle-mêle la mairie du premier arrondissement de Lyon -Front de gauche-; EELV; Ensemble; mais également d'autres comme Free Syria Lyon, connue pour son engagement auprès de l'ASL. Le Centre International Millî Görüş revendique également le fait d'être signataire de cet appel. Autant Free Syria montre d'importantes ambiguïtés sur ses liens avec l'Etat Turc, autant le CIMG est ouvertement fasciste. Les charmants "amis d'Alep-Est", quant à eux, font preuve de leur position, pro-française et pro-erdogan.

    Nous citons un de leurs communiqués:
    "le Collectif des Amis d'Alep est en lien avec le Conseil de la Ville d'Alep depuis plus d'un an et depuis plus de deux ans avec le Conseil du Gouvernorat d'Alep dénommé aussi parfois Conseil provincial d'Alep, qui coordonne tous les Conseils locaux de la partie libérée de la province d'Alep.

    Plusieurs rencontres ont eu lieu avec ses représentants en France et à Gazientep en Turquie où ils se rendent régulièrement pour des séances de travail et diverses formations .

    Les membres élus des Conseils disposent d'autorisations de passage de la frontière syro-turque de la part des autorités turques ce qui explique qu'ils peuvent voyager sans trop de difficultés en en Europe et ailleurs." La collusion est totale.

     D'autres organisations mineures étaient également présentes, bien que non officiellement signataires. Parmi elles, des "insoumis" de Mélenchon, rompant avec la position pro-Bachar de leur leader, mais également certains opportunistes qui sont passés d'un rassemblement à l'autre sans le moindre remord.

    Le rassemblement organisé par les Kurdes a donc appellé à boycotter et a dénoncer celui appelé par des organisations pro-Erdogan. Il leur est impossible de marcher aux côtés de leurs bourreaux. Nous ne pouvons que leur donner raison et soutenir cette prise de position. Ce rassemblement demandant également l'intervention accrue de l'occident dans cette guerre, nous ne saurions cautionner ce positionnement qui brosse notre impérialisme dans le sens du poil.

    Que des individus, touchés par les souffrances de la ville martyre, soient présents, ceci est une chose.

    Que des organisations, en revanche, soient signataires, ceci en est une autre. Ils est nécessaire que celles-ci assument leur positionnement dans cette guerre.

    Il n'est pas possible d'être avec les bourreaux et les victimes, d'être avec les réactionnaires et les progressistes. Cette guerre à le mérite de faire décanter les organisations politiques et de révéler le véritable visage des opportunistes et des sociaux-chauvins.

  • Alep brûle.

    La bataille d'Alep, grand billard à quatre bandes, vient de se terminer.

    L'armée syrienne “loyaliste” reprend le contrôle d'une ville ravagée, dont la population a subi un siège terrible. Le Monde découvre des images de villes éventrées dignes des combats de la seconde guerre mondiale. Les estimations des victimes ne sont pas encore connues, et, étant donné le chaos, ne seront peut-être jamais identifiées. Pour l'humanité entière, Alep est un terrible avertissement, l'avertissement que le monstre de la guerre totale n'a nullement disparu, il n'est qu'assoupi. Les combats, sporadiques, se poursuivent toujours. Dernièrement, la croix rouge a essuyé des tirs sur ses véhicules, sans pouvoir en déterminer l’origine.

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    (source de l'image: Le Figaro)

     

    L'Unité Communiste de Lyon n'a pas voulu communiquer immédiatement après l'annonce par les médias de la prise de la ville.

     

    Plusieurs raisons à cela:

    Nous n'aimons pas le pathos et le sensationnalisme. Nous ne sommes pas des journalistes couvrant un événement, nous sommes des communistes essayant d'en fournir une analyse politique. Cela demande du recul, cela demande une réflexion. Cela demande aussi ne pas être guidé par ses sentiments, mais par sa raison.

    Cela ne signifie en aucun cas que, en tant qu'individus, nous ne soyons pas touchés par les malheurs atroces des peuples de Syrie, mais nous nous devons de lutter contre le subjectivisme dans nos analyses.

    Nous n'aimons pas ceux qui empilent les cadavres pour s'en faire des piédestaux et qui s'en servent pour vociférer leurs immondices. Nous voulons être prudents dans ce que nous avançons, ne pas nous jeter, comme des charognards, sur souffrance d'autrui. Certains ne s'en privent pas, nous signalons que ces opportunistes nous répugnent au plus haut point.

    Il est difficile de traiter un sujet aussi complexe que la Syrie. Beaucoup s'y sont essayés, beaucoup ont commis de lourdes erreurs en le faisant. Nombre d'organisations politiques se sont engluées dans des positions sottes ou dangereuses, mais qui sont souvent le reflet d'une conception binaire et manichéenne de la société. Après tout, c'est ce que l'Education Nationale, ce creuset que nous partageons tous, nous a enseigné. Nous devons briser ces jugements faux pour être capable d'avoir une approche plus approfondies des questions.

    Nous devons être capable de faire le tri dans le brouillard de guerre.

    Les agences de presse russophiles comme occidentales tirent la couverture vers eux. Nous ne sommes pas dans un échange, nous sommes dans une guerre qui présente les prémices de ce que pourrait donner un embrasement mondial.
    Comme cent ans auparavant, les enjeux justifient le mensonge éhonté.

    Que RT, Sputnik, les plates-formes de la Maskirovka russe trichent, c’est un fait avéré et démontré. Que les agences de presse occidentales mentent également, cela ne serait pas une nouveauté. Nous avons le devoir d’être capable de trier nos sources et nos informations.
     

    (Les menteurs traitent les autres de menteur. Raisonnement circulaire parfait)

     

    Que les pro-russes aient écrasé Alep sous les bombes est un fait indéniable. Elle correspond à la doctrine militaire des forces russes. Qu’il y aie des exactions après 5 ans de guerre est un fait indéniable.

    L’artillerie des opposants n’a pas fait dans le détail non plus, et il est vraisemblable qu’ils aient entravé l’évacuation de la ville. Les images d’une Alep dévastée sont porteuses médiatiquement.
     

    Qu’il y aie une Alep qui respire et qui eclate de joie est un fait tout aussi indéniable qu’il en existe une qui pleure et qui souffre. Cette guerre à plusieurs camps, et chacun de ces camps ont réussi à mobiliser leurs soutiens. Cette guerre n’est pas greffée sur une population “gentille” et passive. Elle tire ses racines de contradictions qui préexistaient en Syrie.

    Seulement, le problème est lorsqu’on essaie vainement et artificiellement de coller des ailes d’ange ou des cornes de démon à l’un ou l’autre des camps qui s’affrontent.

    C'est cette vision qui se heurte à la dure réalité quand on essaie de l'appliquer mécaniquement à la guerre en Syrie. Pourquoi n'est ce pas possible ? Pour la simple et bonne raison que ce n'est pas une révolution qui se déroule, c'est une guerre entre factions hostiles géopolitiquement . A l'exception des Kurdes et de leurs alliés, aucune faction n'est dirigée par des révolutionnaires et des progressistes authentiques.

    Ce n'est pas une guerre du peuple contre son oppresseur, c'est une guerre de clans d'oppresseurs qui essaient d'entraîner derrière eux des fractions du peuples. C'est un champ de bataille de la guerre impérialiste -à l'exception notable, encore une fois, des combattants et combattantes kurdes et de leurs alliés des Forces Démocratiques Syriennes.

     

    Choisir un camp contre un autre reviendrait à soutenir la France colonialiste contre l'Allemagne impériale du Kaiser Guillaume II.

    Ceux, ce sont les plus nombreux en France, qui soutiennent mordicus les opposants à Bachar Al-Assad pensent soutenir des démocrates, des révolutionnaires, des copies conformes de ce qu'ils penseraient voir dans les luttes menées par les masses populaires chez eux. Or, ces démocrates, ces progressistes, existent, mais ils ne sont nullement à la direction des affaires, ils sont minoritaires et dépendants d'une coalition dominée par certains des réactionnaires les plus virulents.

    En vérité, ils soutiennent une cohorte de réactionnaires en cheville avec les impérialistes occidentaux, au premier rang desquels trône la France. Ils soutiennent les prétentions de la Turquie d'Erdogan sur le Rojava.

    Ils soutiennent les futurs oppresseurs des populations de Syrie, les futurs clients de la France et des USA dans la région. Ils soutiennent les gardes-chiourmes d'Erdogan, les bourreaux des Kurdes.

    Pires encore sont ceux qui exigent l'intervention des USA et de la France, de manière accrue, dans ce conflit. Ils déversent de l'huile sur un feu ardent, tout en faisant mine de vouloir qu'il s'éteigne. Ces gens sont effrayés par la réalité de ce qu’ils découvrent, devant l’horreur. De fait, ils admettent que leur rébellion n’est qu’un jeu, en se ruant dans les bras de leurs propres bourreaux, les implorant à l’aide. Dès qu’une difficulté se montre, ils sont prêt à remballer leur drapeau pour aller quémander de l’aide auprès des institutions de l’Etat bourgeois, des impérialistes français.

     

    Ceux qui, au contraire, se mettent en opposition totale avec cette position ne font pas mieux.

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    Les idolâtres de Al-Assad, les admirateurs de Poutine sont légion, à l'extrême-droite et à l'extrême-gauche, pour des motifs, par ailleurs, complètement distincts les uns de autres.

    Al-Assad, il est vrai, s'inscrit dans une histoire dans laquelle les militants communistes peuvent se retrouver. Il représente l'héritage d'un nationalisme panarabe, socialisant, marxisant, laïc, issu des décolonisations. Hafez Al-Assad, le père de Bachar, avait représenté un symbole du monde Arabe moderne. Certains se retrouvent dans cette grille de lecture et voient toujours la République de Syrie comme un ersatz de démocratie populaire.

    Souvent, ces militants tombent dans le mirage des reliquats de cette période -accès à l'éducation, aux soins, à la culture- et croient y voir une mini-union soviétique. C'est aller vite en besogne. Dans les faits, la Syrie, après avoir été une cliente assidue de la France, à commis le crime de lèse-majesté de se tourner vers deux puissances montantes: la Chine et la Russie, comme l'a fait la Côte d'Ivoire de Laurent Bagbo. Même crime, même châtiment: la France est venue lui donner un leçon.

    Les fascistes français ont, pour une grande partie d'entre eux, beaucoup d'admiration pour Poutine. D'abord parce que dans leur analyse inconséquente du Monde -qu'ils partagent avec des social-chauvins de gauche- il n'existe qu'un seul vrai impérialisme: les USA. Donc chaque puissance montante est une force positive qu'il faut soutenir, une force de la renaissance du nationalisme. Poutine est leur idole pour plusieurs raisons: son ordre conservateur, moraliste, homophobe, arc-bouté à une Eglise Orthodoxe réactionnaire. Dans son sillage, ils retrouvent une ligne qu'à un moment des années 80, certains ont pu tenir: l'URSS Brejnévienne contre la décadence occidentale.

     

    Par un parcours complètement différent, mais amenant à des conclusions similaires, la trajectoire campiste.

    Ses suiveurs espèrent déceler, au fond des yeux de Poutine, la flamme rouge de la révolution. Beaucoup de ceux qui ont été humiliés par la chute de l'URSS, répugnés par l'anticommunisme d'hier et les positions antirusses d'aujourd'hui peuvent être pris d'une faiblesse bien humaine, qui est de souhaiter la revanche de la Russie contre l'occident. l'Antiaméricanisme, la répugnance vis-à-vis de l'UE, l'hostilité à l'OTAN nourrit également cette position. Comment, quelque part, ne pas la comprendre ? L'occidentalisme, son miroir, à tant fait pour humilier et combattre l'URSS, tant fait pour imposer une propagande fausse et mensongère.
    Mais Poutine n'est pas l'URSS. L'URSS elle même n'est pas la même en 1980, sociale-impérialiste, que lorsqu'elle fut celle de 1950, fer de lance de la lutte révolutionnaire.

    Pour les benêts comme Mélenchon, c'est l'affirmation des BRICS qui se joue. Factuellement cette analyse n'est pas intégralement fausse, mais elle débouche, comme tout le programme du drôle, sur une impasse.

    Les bourgeoisies n'ont que deux destins: Devenir impérialistes ou devenir compradores.

    Celle des BRICS se lancent dans l'aventure, pour trouver leur place au soleil. Faut-il les soutenir ? Entre un impérialisme naissant et un pourrissant, sommes-nous en face d’un choix valable ?

    De plus, ces individus restent dans une vision sotte, niant un facteur essentiel: la France n'est pas un pays inféodé à une alliance, elle est une puissance impérialiste elle-même. Ils crachent sur l'OTAN et sur l'UE, mais nient le fait que la France soit une puissance. Ils assument, d'une manière autre, le même discours éploré sur la faiblesse de leur pays.

     

    L'un et l'autre des soutien d'Assad / Poutine fantasment sur le tonnerre de feu et de flammes déversés sur les villes. Ils se voient dans quelque chose de grand, de fort, dans lequel ils sont les nouveaux champions de la liberté. Que les fascistes soient en admiration béate devant ceux qui se présentent comme les massacreurs de Daesh, c'est un fait.
    Pourtant, en vérité, aucun des deux camps soutenu par les impérialistes ne se bat avec sincérité contre l'hydre de l'E.I. . Daesh est une créature monstrueuse, assoiffée de sang et de carnage, que les partisans d'Assad comme ses opposants nourrissent. L'un et l'autre tentent de lancer cette bête malade à l'assaut de l'autre, de s'en servir. Les impérialistes n'avaient pas fait autrement avec le régime nazi dans les années 30, l'animant et l'excitant pour le lancer à l'attaque de l'URSS.

     

    Mais notre côté de la barricade serait-il devenu fou et naïf ?

    Qu'en est-il de l'impérialisme ? Qu'en est il de la volonté de paix entre les peuples et de guerre entre les classes ?

    Tout ce qui bouge n'est pas rouge ! Contrairement à ce que clament ceux qui justifient toute opposition à un gouvernement comme étant, par essence, progressiste. Ceux qui saluent tout mouvement de masse sans considération pour son contenu idéologique ne sont que des zélateurs des fascistes. Il sont de la même veine que ceux qui saluaient les pogromistes tout comme les "révolutionnaires anti-bureaucratiques" de la Brigade SS Kaminski -ukrainiens antisoviétiques-. En bref, ce sont les paillassons de la réaction.

     

    Certains se défaussent en affirmant soutenir des groupes secondaires, obscurs, mais nullement capables d’être dirigeants dans la situation actuelle. En somme, leur soutien se porte vers des cautions “démocratiques” des cautions “révolutionnaires”, mais qui sont, de fait, des suiveurs derrière les groupes les plus influents: les nouvelles moutures d’Al Qaïda et les agents de la Turquie.

    D'autres critiquent jusqu'aux Kurdes, qui obtiennent quelques armes de l'occident, qui nouent des trêves avec les forces "loyalistes". Bel hommage que de critiquer la tactique de ceux qui meurent. Bel hommage que de chercher la pureté absolue si chère à ceux qui la trahissent pourtant sans peine dans une démocratie bourgeoise.

    Derrière un odieux chantage à la radicalité, à l’opposition à tous les gouvernements et tous les Etats, pas grand chose ne tient debout.

     

    Quand bien même, les cris de soutien à Alep ne sont que de tristes cris dans le désert.

    Que pouvons nous faire, nous communistes, mais également progressistes et anti-impérialistes en général, dans cette guerre qui se déroule sous nos yeux ?

    Ceux qui poussent des cris stridents et “sensibilisent” à coup de like sur Facebook expriment une détresse de vouloir aider. De vouloir stopper ce qu’il se passe. Leur amour de la paix, leur volonté de faire ce que cela cesse est sincère. Qu’ils accablent de reproche ceux qui ne sont pas de leur côté, à coup de longues tirades, se comprend. Mais hélas, ce n’est pas cela que la lutte internationaliste fonctionne.

     

    Dans sa réponse aux trotskistes chinois, le poète Lou Sin écrivait, le 9 juin 1936:

    Les faits remportent sur l’emphase ;(…). Votre « théorie » est certainement plus sublime que celle de M. Mao Tsé-toung et d’autres : la vôtre plane haut dans le ciel, la leur est terre à terre.

    Mais tout admirable que soit cette sublimité, elle est malheureusement la chose même à laquelle les agresseurs japonais feront bon accueil.

    Partant, je crains que lorsqu’elle tombera du haut du ciel, elle n'atterrisse à l’endroit le plus répugnant du globe.

     

    C’est, hélas, trois fois hélas, ce qui se produit.

     

    Que signifie le mot d’ordre de demander à l’ONU d’intervenir: Il signifie demander aux impérialistes occidentaux d’entrer en guerre contre les impérialistes orientaux.

    Que signifie “soutenir Alep”: Il signifie demander à la France d’intervenir d’avantage, alors qu’elle n’a fait que jeter de l’huile sur le feu.

    Que signifie soutenir des groupes obscurs et secondaires: Cela signifie soutenir la politique de la Turquie et la politique d’agression de l’occident.

    Les soutiens à Bachar Al-Assad n’ont en tout et pour tout qu’un seul avantage sur ceux qui soutiennent les opposants, ils ne flattent pas -directement-le plan de l’impérialisme français. Mais que signifie le mot d’ordre de Mélenchon, mais aussi d’un grand nombre d’ouralistes, d’ouvrir des discussions avec la Russie ? Il signifie lier l’impérialisme français d’un pacte avec la Russie, contre le “grand Satan” US. A aucun moment il ne signifie lutter contre l’impérialisme français.

     

    Est-ce là la seule tâche que s’attribuent ces militants, crier avec l’impérialisme ? Non. Si le mot d’ordre des internationales -s’attaquer en priorité à notre propre impérialisme- est un mot d’ordre valable et nécessaire, ce n’est pas pour une question de principe. C’est parce que c’est ce que nous pouvons faire de plus efficace pour combattre l’impérialisme mondial. Car c’est sur notre propre impérialisme que nos coups portent.
    Ceux qui mettent au premier plan l’impérialisme américain nient la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Ceux qui mettent au premier plan l’impérialisme russe nient aussi la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Ceux qui ciblent l’Allemagne, l’UE, la Chine, les rivaux -réels ou fantasmés- de la France nient la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Soutenir la lutte légitime des peuples de Syrie pour la liberté passe par briser les ailes de notre propre impérialisme, non d’adouber son action. Notre impérialisme s’est comporté comme la pire vermine, en Syrie. Elle a soufflé sur les braises, soufflé pour que les balles sifflent, soufflé jusqu’à ce que la tornade de feu soit ouverte.

    Aucun impérialiste n’a le moindre sentiment humain, la moindre compassion. La Syrie est un enjeu géostratégique, et chaque acteur se repaît des dégâts causés. Notre impérialisme n’a jamais apporté la moindre once d’humanité, et aucun Etat entre leurs main ne s’est jamais mué en démocratie -même bourgeoise.

     

    Les seules forces du progrès sont coalisées autour des Kurdes. Ce sont les seuls qui se battent contre les impérialistes et pour l’avènement d’un Kurdistan Indépendant, mais également pour que la Syrie soit Indépendante des impérialistes. Au sein de cette coalition se trouvent les seules forces qui luttent pour le socialisme.

    Ces forces du progrès, qui luttent contre les appétits des rapaces, sont nos véritables amis sur place. C’est vers eux que nos actions doivent se porter, vers eux que notre soutien positif doit s’articuler.

    Nous, communistes, nous battons pour que notre impérialisme, au premier chef, meure. Nous souhaitons sa défaite la plus large et la plus totale. C’est la pierre, la seule, que nous pouvons à l’heure actuelle apporter à la lutte du peuple Syrien pour sa survie.

    Ce n’est pas un jeu qui se déroule, c’est une guerre. Les belligérants ne se soutiennent pas comme on soutient une équipe de football ou un personnage de téléréalité.

    Notre impérialisme est toujours notre premier ennemi.
    Mort à l’impérialisme français, mort à l’impérialisme mondial !

    Vive la lutte des révolutionnaires des Forces Démocratiques Syriennes!

  • LA TURQUIE FAIT LES YEUX DOUX A L’ORGANISATION DE SHANGAI

    La Turquie, comme nous l'avions mentionné dans notre article Trump élu, la fin du Monde n'est pour autant pas pour demain, mis en ligne suite à l’élection américaine, est devenue vacillante. Après une passe d'arme avec la Russie, dans laquelle la Turquie devenait le fer de lance de l'opposition est-ouest, le ton a molli.

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    Pour cause, la Turquie est tiraillée entre les deux, elle est un enjeu géopolitique majeur pour les deux forces opposées: la coalition des impérialismes occidentaux contre l'impérialisme Russe. Verrou de la mer Noire, verrou de l'exportation du pétrole Russe, la Turquie est courtisée.

    Cherchant sa place dans un échiquier géopolitique au sein duquel elle voudrait exister en tant que puissance régionale, pas seulement en tant que zone d'opération, logiquement, elle monnaie.

    Elle a monnayé sa politique sur les migrants auprès de l'UE, acceptant subsides et investissements, mais n'obtenant pas ce qu'elle souhaite, une reprise des discussion sur son adhésion. Critiqué -mais pas condamné- par l'Union Européenne et l'ONU à la suite de la vague de répression qui s'est abattue sur le pays depuis Juillet, ciblant principalement les progressistes de HDP et les kurdes, le président de l'Etat Turc a donc répondu par une pique.

    Erdogan a donc déclaré: "Certains pourraient me critiquer mais je fais part de mes opinions. Par exemple, je me demande pourquoi la Turquie ne rejoindrait-elle pas l'Organisation de Shanghai?" De même, il menace d'un référendum sur le processus d'adhésion à l'UE avant la fin de l'année si celle-ci ne reprend pas les négociations.

    Bonne marchande, elle monnaie son allégeance à l'autre coté, pour flairer si l'Organisation de Shanghai lui offre mieux. Quant à savoir si il s'agit d'un virage complet ou d'un bluff pour faire monter les enchères, difficile à dire.

    Pour autant cela est révélateur de la situation particulière dans laquelle se trouve l'équilibre militaire: La Turquie, depuis son apparition, à la partition de l'Empire Ottoman, a été l'objet de toutes les attentions, pour bloquer l'URSS naissante, pour verrouiller ses détroits, à l'inverse, de pressions de l'URSS pendant la Seconde Guerre Mondiale, pour qu'elle intervienne; mais également bastion de l'Otan et de la réaction pendant la guerre froide.

    Aujourd'hui, le fait qu'elle hésite montre donc que la Russie, et le "bloc continental" auquel elle appartient, ont des offres à faire qui pourraient rivaliser avec celles de l'occident. Cela concoure à laisser penser qu'effectivement la parité militaire et géopolitique s'atteint progressivement au niveau international.

    Reste à voir comment les discrets zélateurs de Poutine, le présentant comme un champion de la liberté face au fasciste Erdogan, pourront politiquement digérer ce revirement s'il a lieu. Reste à voir la réaction de l'Union Européenne.

    Cela reste une affaire à suivre de près.