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  • Solidarité avec le PML (RC)

    Solidarité avec le PML (RC)

    Solidarité avec le PML (RC) – Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction Communiste)

    Le Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction communiste) est une organisation membre de l’ICOR. Le parti a été à plusieurs reprises dans le viseur de l’Etat espagnol, de ses services secrets et de ses appareils de repression. Il a ainsi été interdit en 2016 durant plus d’un an, sous prétexte de soutenir le PKK et le YPG. Deux de ses locaux ont été ainsi fermés.

    Le 27 janvier, 13 militants et un ressortissant Kurde avaient été arrêtés. La semaine du 15 octobre,ils passent devant le tribunal. Nous invitons à les soutenir, notamment sur les réseaux sociaux, sous le #LibertadPMLRC et sur facebook en popularisant leur page

    Ici, vous pouvez également lire un dossier sur leur situation

    Contre la criminalisation des combattants communistes contre Daesh.

    Durant toute la semaine débutant le15 octobre, l’ensemble des militants du PML (RC) [Parti Marxiste Léniniste (Reconstruction Communiste), parti communiste présent dans l’Etat espagnol] passeront en jugement, et la solidarité internationale de certains de nos camarades peuvent leur valoir jusqu’à 9 ans de prison.

    L’opération Vallée menée contre le PML (RC) est en grande partie responsable de cette situation. Toute nos locaux ont été fermés et notre parti rendu illégal pendant plus d’un an.

    Les fondements de ce mouvement de répression sont basés sur le départ de deux de nos camarades pour le Rojava, ainsi que le fait qu’ils aient participé à un bataillon international, en continuité de la tradition brigadiste internationale, née de la solidarité internationale envers la lutte des travailleurs espagnols durant la guerre révolutionnaire nationale. Cependant, il a été démontré que les enquêtes de police qui ont déclenché ce procès aient commencées bien en amont de ce départ, en 2013. L’attaque de la justice ne vise pas tant, au final, la question de la Bridage Espagnole, mais sert à attaquer la direction du PML (RC), sans laquelle jamais ce départ n’aurait été possible.

    Le 27 janvier [2016] la participation à la solidarité internationale et antifasciste a été retenue comme charge contre les brigadistes. En revanche, des ultra-catholiques présents dans la même zone ont pu entrer et sortir de Syrie dans la moindre conséquence. Ce procès est, d’un autre côté, une attaque contre le mouvement révolutionnaire, car les accusations ne portent pas uniquementnt sur des faits (déjà falsifiés et construits de toutes pièces par la police) mais sur les principes révolutionnaires.

    Ce procès sera un procès politique dont le but est la destruction du jeune Parti Communiste qui fait ses premiers -mais fermes- pas. Aujourd’hui, le parti n’est pas interdit. Il n’est pas directement accusé en tant que tel, mais ses dirigeants sont attaqués pour obtenir sa dissolution. Ils ne le rendront que plus fort.

    Tous les individus qui se battent aux côtés des villageois et villageoises kurdes contre Daesh sont un exemple de solidarité. Ceux et celles qui sont partis sur un autre continent combattre le fascisme ne sont pas des terroristes, mais mènent la lutte pour la liberté. C’est pour cela que leur emprisonnement ne signifie rien d’autre qu’une injustice, tandis que la bourgeoisie corrompue et leur politique transforment le pays en ruines et sont absous. Nous appelons tous ceux et celles qui le peuvent, de loin, à soutenir par internet, par le soutien économique, par la publicité autour de cette affaire, ou, de près, à être présents au meeting qui aura lieu en prévision et à l’issue du procès, le 15 octobre.

    Daesh a pu être chassé par les habitants et habitantes kurdes, main dans la main avec les révolutionnaires du monde entier. Mais le combat contre l’impérialisme qui opprime les nations, contre le capital financier et contre le capitalisme doit continuer !

    Aministie pour les communistes contre Daesh !

    Siempre internationalistas !

     

    Notre adresse à nos camarades.

    Camarades,

    Au nom de l’Unité Communiste de Lyon – membre des Amis de l’ICOR en France- nous vous saluons et nous vous assurons de notre soutien, à vos camarades ainsi qu’à votre organisation. Nous saluons votre engagement internationaliste et antifasciste concret, pour venir en aide à la juste lutte du peuple Kurde contre les fascistes de Daesh tout comme contre la répression organisée par l’Etat turc.

    Il n’y a pas lieu d’être surpris du déferlement de haine, vomi par l’Etat espagnol contre vos camarades et contre votre direction. La bourgeoisie et ses laquais harcèlent et traquent sans relâche les organisations et les militants et militantes qui participent de manière concrète à la construction des outils révolutionnaires et de la solidarité internationale.

    C’est là ce qui les démarque de ceux qui ont accepté le révisionnisme, le réformisme, le compromis avec la bourgeoisie. Ceux-là, la bourgeoisie les accepte comme les siens, comme ses frères et ses sœurs.

    Mais ceux et celles qui brandissent le drapeau rouge de la révolution sont destinés à être ciblés, menacés, réprimés, interdits, car leur existence est une menace pour son ordre d’exploitation, d’aliénation, d’écrasement des masses populaires et des nations opprimées.

    En s’en prenant de la sorte à vos camarades, les bourgeois et la réaction vous tressent une couronne de laurier. Elle honore votre combat. A ses armes, nous opposerons la solidarité, la camaraderie, le soutien mutuel international chaque fois grandissant. En s’attaquant à vous, la bourgeoisie souligne la justesse de vos actions.

    En France également, les internationalistes qui ont participé à aider le Rojava ont été la cible des services secrets. Par chance, la bourgeoisie de notre Etat n’ose pas encore aller au dela des tracas, des vexations, des pressions inamicales. Elle franchira certainement ce cap un jour. Au dessus de la tête de chaque révolutionnaire, le couperet de la loi bourgeoise est une épée de Damoclès.

    Dans tous les Etats, les réactionnaires gagnent du terrain, gagnent des ministères, des gouvernements, des élections. Non parce qu’ils ont idéologiquement raison, mais bien parce qu’ils sont les larbins serviles des fractions les plus chauvines, les plus putréfiées, les plus monopolistes de la bourgeoisie.

    Le durcissement de l’attitude de la bourgeoisie appelle à une solidarité toujours plus forte entre révolutionnaires, entre internationalistes, entre antifascistes.

    En usant de la répression, la bourgeoisie pensent obtenir la victoire, tordre à l’envers la roue de l’histoire. Mais elle se bat dos à un mur qui s’effrite peu à peu, qui s’effondre. Ses attaques, sa propagande, ses bourreaux vont et viennent, mais la lutte du prolétariat et des peuples opprimés, la lutte menée par les organisations révolutionnaire, elle, demeurera et continuera jusqu’à la victoire finale !

    Toujours debout, toujours antifascistes, toujours communistes !

     

  • Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Clément Méric a été tué il y a 5 ans, le 5 juin 2013, à Paris.

    Tué par une clique de fascistes de Troisième Voie, l’organisation dirigée par Serge Ayoub.

    Aujourd’hui, le procès des meurtrier débute. Esteban Morillo et Samuel Dufour passent aujourd’hui devant la barre.

    Nous saluons les proches de Clément Méric, ses amis ses camarades et nous les assurons de notre solidarité la plus sincère. Nous actons les distinctions idéologiques entre nous, les désaccords sur nombre de sujets. Mais au dessus de tout réside le fait d’être du même côté de la barricade, du même côté de la lutte des classes. D’être dans le même camp et d’être solidaires contre l’agression toujours plus grande de la vermine fasciste. En revanche nous n’exprimons que du dédain pour ceux et celles qui, vautours à l’affût, se sont empressés de se saisir de ce meurtre comme d’une réclame pour leur mouvement.

    Ce meurtre, hélas, n’est pas un événement isolé. Il fait suite à un accroissement progressif de l’agressivité de l’extrême-droite. La crise lui donne des ailes, elle est enivrée d’un sentiment d’impunité et de l’impression d’être à la veille d’une nouvelle croisade. Elle a déjà tué Hervé Rybarczyk à Lille, elle a blessé gravement à Lyon, elle monte des commandos à Montpellier, infiltre la police partout… Elle agresse, torture, assassine dans le secret ceux et celles dont on entend pas la voix. Nous réclamons justice.

    Aujourd’hui, le procès des meurtriers de Clémente Méric s’ouvre.

    5 ans et trois mois pour en arriver là. Un long chemin arrive à son terme.

    Le temps dilue les peines pénales, mais accroît la colère et le sentiment d’injustice dans le traitement de ce meurtre. Le temps qui est passé a permis à Esteban Morillo de cacher ses tatouages fascistes, de se grimer en jeune homme bien sous tout rapport, de dire qu’il a « changé », qu’il n’est plus le même. Il n’y aura probablement pas de surprises dans ce procès, hélas. La défense fera de lui un portrait pleurnichant. Il reniera son fascisme devant les juges, tout en en étant toujours le serviteur. Et les juges condamneront-il cette pauvre hère, 5 ans après les faits ?

    La justice bourgeoise -au sens large- n’est pas neutre face aux affaires. Elle n’est pas un arbitre dans lequel il est possible d’espérer trouver le réconfort d’une réparation. Du fait de ses liens avec l’appareil d’état, du fait de ses liens avec l’ordre du jour politique, du fait de la classe sociale dont font partie ses membres, elle n’est pas cette instance pure et saine que les républicains présentent. Elle est une subdivision tactique de l’ordre bourgeois, chargée de transcrire l’ordre du jour du pouvoir. Ses procureurs, représentant le ministère de la justice, répercutent la ligne dans les tribunaux, ses enquêteurs précipitent ou font traîner sous la poussière les dossiers… Et dans ce cadre, l’expérience démontre sans peine que la manière dont sont traités les réactionnaires et celles dont sont traités les progressistes, celle dont sont traités les bourgeois et celle dont les sont traités les exploités et les opprimés forment deux poids et deux mesures.

    Les fascistes, les réactionnaires, les obscurantistes… tout ces gardiens d’un monde qui se meurt, celui du capitalisme et de l’impérialisme, ont les coudées franches pour obtenir ce qu’ils veulent. La dissolution prononcée après le meurtre de Clément Méric ne les a laissé que peu de temps knocked-out. Leurs activités ont repris, pour certains plus discrets, attendant leur heure, pour d’autres, avec pignon sur rue, profitant de l’espace laissé par les « traineurs de casseroles ». Mais toujours, toujours, avec plus d’emprise, plus d’aisance, plus d’appui…et plus d’influence sur l’ordre du jour des autres organisations politiques. Aujourd’hui, le centre de gravité sur bon nombre de questions se situent entre la droite et l’extrême-droite. En Allemagne, l’influence grandissante des fascistes de AfD est même parvenu à fracturer Die Linke en une branche progressiste et une anti-réfugiés et anti-migrants. Pourtant leur rhétorique se limite à un discours victimaire, même au sein d’une des plus grande puissance impérialiste.

    Après leur meurtre, les fascistes ont joué justement cette carte de la pleurnicherie. Ils ont hurlé au fait que Clément Méric soit étudiant de Science Po, fils d’enseignants d’université, tandis que leur compère Esteban Morillo était, immigré, ouvrier. Ils ont tenté d’utiliser cette différence sociale sans vergogne, croyant trouver une faille morale imparable.

    Mais, en fait de faille, leur logique fallacieuse n’a servi qu’a rendre hommage a Clément Méric. Car les deux, l’un pour le meilleur, l’autre pour le pire, sont des individus qui ont trahi leur classe sociale. L’un en se battant pour les progrès social, pour les intérêts des exploités, pour la défense des opprimés. L’autre en trahissant ces mêmes exploités, en les livrant pieds et poings liés à leur premier bourreau : la bourgeoisie française « bien de chez nous ». En fait de couronne d’épine, c’est une couronne de laurier qu’ils lui ont tressé.

    Nous ne l’oublions pas. Nous n’oublions pas le courage de Clément Méric, nous n’oublions pas le choix qu’il a fait de se battre pour le camp du peuple. Nous saluons sa mémoire aujourd’hui. Nous saluons ses proches, ses amis, ses camarades.

    Clément est toujours présent !

  • Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’attitude de l’Etat face aux méfaits de ses collaborateurs, agents provocateurs, agresseurs, nervis fascisants !

    Les époques changent, et avec elles les mœurs. Auparavant, comme avec Giscard d’Estaing, les collaborateurs du Président de la République partaient avec lui faire des safaris en Afrique. Aujourd’hui, ce genre d’activité est mal vue du public. Elle est désormais réservée à l’armée française, qui continue sa « mission civilisationnelle » par les crimes de guerre.

    Aujourd’hui, avec l’affaire Benalla, il est possible de savoir que l’activité favorite de certains collaborateurs de l’Élysée s’est redirigée vers celle de l’agression brutale et gratuite de manifestants. Benalla se passionne ainsi pour le fait de se déguiser en policier. Dans cet accoutrement, il s’est illustré, le premier mai, pour avoir roué de coups un manifestant, agressé une manifestante, pendant que son ami Vincent Crase faisait de même. Une vidéo publiée ce matin par le Huffington post  le montre en train de traîner sa victime, la jeune femme, à l’écart, pour l’agresser loin des regards. Enivré par l’impunité que lui confère l’uniforme, il s’est déchaîné pour satisfaire ses pulsions personnelles. Événement anecdotique ? Non.

    David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police Nationale, au micro de France Info, déclarait ainsi le juillet : « Alexandre Benalla est très connu dans le milieu policier », il est « régulièrement sur des dispositifs opérationnels, il pilote différentes choses, sans qu’on sache qui l’a mandaté pour ça. » En l’occurence, il a bénéficié d’une autorisation écrire du directeur de cabinet du chef de l’État, Patrick Strzoda.

    En somme, monsieur Benella, accompagné de son ami réserviste Vincent Crase, profite de sa position influente et de son autorité, conférée par sa proximité avec les cercles du pouvoir, pour se livrer à des agressions.

    Informés des faits, le ministère de l’intérieur -dirigé par l’hémiplégique ministre de l’intérieur Gérard Collomb, qui semble oublier tout ce qui se trouve à son extrême-droite- et le cabinet du chef d’État se retrouvent dans l’embarras. Plutôt que d’agir par les voies légales, la décision est prise d’étouffer l’affaire. 15 jours de mise à pied sans salaire, une tape sur les doigts, et les affaires reprennent leur court. Problème réglé dans l’entre-soi de la bourgeoisie au pouvoir et de ses larbins les plus zélés. Du moins le pensaient-ils.

    L’ennui, c’est que celles-ci ont été filmées et que le drôle a été reconnu par les journalistes de « Le Monde ». Dès lors, il n’est plus possible de taire l’affaire.

    Et c’est la pelote de laine : les révélations s’enchaînent. Les mémoires se rafraîchissent. Journalistes agressés, militants et militantes menacées… Alexandre Benalla semble avoir eu maille à partir avec plus d’un individu. Même Jean-Luc Mélenchon reconnaît en lui l’homme qui l’a évincé de la marche blanche en mémoire de Mireille Knoll, assassinée le 23 mars.

    Des informations se recoupent également. Dès le lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, le site d’information Wikileaks publiait une série de documents concernant ne nombreux aspects de la campagne. Parmi ces révélations, le fait que des commandes de pistolets « gomme-cogne », de « flashballs » de matériel anti-émeute ait été fait par LREM. La commande, bloquée au dernier moment, était signée de la main de Vincent Crase, collaborateur et ami de Alexandre Benalla. Cependant, il est estimé que c’est ce dernier, fanatique des armes, qui aurait tenté, par ce biais, de constituer un noyau de milice en catimini. Une milice équipée d’armes « à létalité modérée », certes, terriblement révélatrice d’un désir de certains de ressusciter des espèces de « corps francs » ou de se voir petits « seigneurs de la guerre ».

    Il serait tentant de voir dans Alexandre Benalla un milicien d’extrême-droite, un de ces barbouzes revenu des charniers de la Françafrique. Mais pourtant, l’homme a fait ses armes auprès du Parti Socialiste, dans son service d’ordre. Entré à 19 ans dans les rangs de sa sécurité, il passait pour une personne sympathique. Discret et efficace, il gravit les échelons d’une manière foudroyante. A 21 ans, il intègre le Service de Protection des Hautes Personnalités de Arnaud Montebourg. Arrivé haut, il se montre abusif. « Chez Montebourg, il est devenu incontrôlable, il a abusé de sa position. Et je pense que c’est la même chose qui s’est passée là, il s’est senti poussé des ailes… »  affirme Christian Werner, ancien responsable du SO du PS. Pourtant, il n’y reste qu’une semaine, après avoir provoqué un accident de la route et avoir voulu s’enfuir.

    Durant cette traversée du désert, il travaille dans le privé avec plus ou moins de succès, et passe un M2 en droit. Il créé également, avec Vincent Crase, son compère, une fédération de la sécurité privée.

    Le 5 décembre 2016 il intègre l’équipe d’Emmanuel Macron, toujours avec M. Crase. Durant la campagne, il suit constamment le candidat, assure sa sécurité, et se permet quelques petits à côtés, comme l’exfiltration brutale d’un militant du PCF, ou des violences sur un journaliste, pourtant accrédité. Depuis l’arrivée au pouvoir du paillasson le plus servile de la haute bourgeoisie, il s’est hissé, lui aussi, à ses côtés, dans de hautes sphères, conservant son rôle de responsable à la sécurité du président, poste qu’il occupe toujours. Il était, par exemple, présent dans le bus des joueurs de football de l’équipe de France.

    Ce n’est que sous la pression du scandale que l’Elysée a entamé, en catastrophe, une procédure de licenciement. Aujourd’ hui, Alexandre Benalla a été placé en garde-à-vue pour les faits de « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions », « usurpation de signes réservés à l’autorité publique » et « complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection ». Ce matin, trois policiers, dont deux commissaires, ont été suspendus car ils « sont soupçonnés d’avoir extrait des images des caméras de vidéo surveillance du plan de protection de la Ville de Paris, qui montrent la scène de violence place de la Contrescarpe sous un autre angle » et d’avoir « copié puis transmis la vidéo » à Alexandre Benalla.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que cette affaire est une fenêtre de premier ordre sur la manière dont le pouvoir de la haute bourgeoisie, appuyé sur des exécutants serviles et dévoués, fonctionne. Les responsables, à l’Elysée, ne pouvaient ignorer les frasques de leur lansquenet, de leur mercenaire. Mais ils ont préféré les taire. Macron, en déplacement à Périgueux, s’est retranché avec sa morgue constante et son arrogance, derrière le fait que la République serait « inaltérable », même devant les scandales. Le gouvernement est complice de ces actes de violence, et au premier chef, le Président de la République et le Ministre de l’Intérieur.

    La Police est complice par sa solidarité de fait avec l’agent provocateur et la brute qu’est Alexandre Benalla. Rien n’a été fait pour empêcher les actes de violence commis à l’encontre de manifestants. Rien n’a pu être fait par les manifestants eux-mêmes, trop conscients de l’impunité de la Police en France, conscient du fait que protéger contre la police -même en respect du droit bourgeois- revient à s’exposer immédiatement à la violence, à la garde-à-vue, aux sanctions pénales, et à payer de sa poche les policiers pour les « outrages » causés. De plus, les trois policiers ayant détournés les images vidéos sont trois exemples de porosité entre les institutions et les pouvoirs.

    Les Républicains, y compris les ultra-réactionnaires Wauquiez et Cioti, sont montés au créneau. La France Insoumise a déposé une motion de censure à l’encontre du gouvernement pour le sommer de s’expliquer.

    Pourtant, ce n’est pas tant le gouvernement que l’intégralité de la structure qui est pourrie jusqu’à l’os. Cette affaire n’est qu’un épiphénomène qui révèle un fond nettement plus abyssal. Il s’agit de l’inégalité de fait, devant la loi bourgeoise elle-même, de ceux qui habitent en France.

    L’Unité Communiste de Lyon réclame les sanctions les plus lourdes pour les auteurs et les complices de ces faits. A nos yeux, le ministre de l’intérieur doit démissionner. Mais nous ne saurions considérer que cela puisse suffire.

    Cela révèle, une nouvelle fois, que la bourgeoisie édicte des règles, des codes, des procédures, mais qu’elle n’entend les faire appliquer que pour les masses populaires, que pour maintenir avec rigueur et dureté la domination et l’exploitation. Elle édicte des règles qu’elle transgresse constamment, pour le profit, pour le pouvoir, pour le plaisir. Elle ne juge ses propres transgressions que dans ses instances propres, dans son entre-soi. Elle ne les condamne que lorsqu’elle y est contrainte et forcée par la tournure des événements.

    Ces délits, ces crimes, sont le propre du pouvoir de la bourgeoisie, de sa dictature. Débarrassons-nous en ! Chassons-les du pouvoir !

  • Mort de Serge Dassault – Mort d’un super-capitaliste ? Partie 2

    Mort de Serge Dassault – Mort d’un super-capitaliste ? Partie 2

    Mort de Serge Dassault – Mort d’un super-capitaliste ?

    Partie 2

    Ce paradoxe incite à parler d’autres. La bourgeoisie possède une conception très dialectique de la loi. La loi, basiquement, c’est un bouclier et une chaîne. Un bouclier contre les masses : elle permet de les réprimer et d’obtenir une exploitation la plus pacifiée possible. Elle est en revanche une entrave à l’accomplissement du but de la bourgeoisie : exploiter de manière maximale ses travailleurs. En créant des règles, elle assure la domination de la classe des exploiteurs, mais elle les brime, les entrave. C’est cette relation paradoxale qui se retrouve vis-à-vis de l’Etat, dont les libéraux prétendent haïr l’intervention, mais qu’ils appellent constamment quand les choses vont mal. Fondamentalement, le souhait de la bourgeoisie est que les autres bourgeois respectent la Loi et restent loi de l’Etat, tandis que son clan, sa clique, quant à elle, s’en affranchisse.

    C’est ce qui fait que la bourgeoisie tend à tricher systématiquement. Et plus les enjeux sont important, plus les bourgeois et les bourgeoises tendent à être réactionnaire contre les masses et à être permissifs vis-à-vis d’eux mêmes et d’elles mêmes. Comme certains bourgeois trichent, cela pousse,oblige même, les autres à tricher aussi pour maintenir la parité. Il s’en suit un système de tricherie sans limite excepté les moyens disponibles et la diplomatie entre membres de la bourgeoisie. Ce système de tricherie généralisé, Dassault en était un tel participant que, fait rare, il fut même condamné. Pas à de la prison, tout de même, mais à une sanction symbolique, pour que l’Etat ne perde pas la face.

    A la tête d’un réseau de corruption, Dassault a ainsi acheté ses places à grand frais. Sa méthode était simple et pragmatique : distribuer directement des enveloppes contenant du liquide à ses potentiels électeurs. Double bénéfice : ceux-ci le voyaient ainsi plus favorablement et, en plus, étaient prêts, pour certains, à agir comme une milice contre les autres forces politiques ou contre des “ennemis”. Ainsi, ses mercenaires Younès Bounouara et Mamadou Kébé on été écroués pour diverses tentatives de meurtre, dont une visant la personne de René Andrieu, père des rappeurs du groupe PNL (!).

    En revanche Dassault avait mésestimé le fait que, dans la corruption, il existe un lien dialectique -et non unilatéral- entre le corrupteur et le corrompu. En l’occurrence, à plusieurs reprises, ce sont ses administrés qui ont exigé de lui des sommes plus grandes, qui ont procédé à un racket face auquel Serge Dassault pouvait difficilement faire face par la voie légale. Ses largesses auprès de la droite lui ont aussi permis de se hisser à des postes de responsabilité. En somme Dassault a agit de manière rationnelle : il a investit. Ces pratiques sont inscrites dans les gênes de sa classe, dans le patrimoine génétique du capitalisme.

    Les retours sur investissement ont été du domaine de l’immunité parlementaire, de la création de réseaux, de la possibilité de pouvoir obtenir de leviers de pression. Le tout pour accroître ses richesses personnelles et pour satisfaire ses actionnaires d’entreprise. Dès 1991, Dassault est condamné -il est en poste depuis sept ans- pour entraver au fonctionnement du Comité d’Entreprise de Dassault Industrie. La CGT obtient 3000 F (450€) tandis que lui-même écope d’une amende de 10 000 F (1500€).

    En 1998, il est condamné par la justice belge pour corruption. L’objectif de celle-ci était de rafler des contrats de modernisation pour les hélicoptères et les chasseurs F-16 de l’aviation de Belgique. Il est condamné à deux ans de prison – avec sursis.

    Sur les affaires d’achats de vote, la justice est d’autant plus longue à se mettre en route que les procureurs, aux ordres de l’Etat, ne tirent pas sur les amis des gouvernements successifs. Pourtant, son élection de 2008 est invalidée du fait des “dons d’argents” qui lui ont permis d’acheter des voix. Il est déclaré inéligible pour un an. En somme, on lui tape sur les doigts. Son laquais, Jean-Pierre Bechter, voit son élection elle aussi invalidée.

    Épinglé par le site Médiapart, lequel a produit un enregistrement de Dassault lui-même indiquant qu’il avait payé 1.7 millions d’euros pour faire élire son poulain, il s’est défendu en indiquant qu’il s’agissait d’un “don philanthropique.”

    De plus, le président du Sénat fait obstacle à la levée de l’immunité parlementaire de Serge Dassault. Les chefs d’inculpation sont pourtant titanesques : Blanchiment d’argent ; achat de votes ; complicité illicite de financement de campagne électorale. En somme, ne pas le condamner reviendrait à avaliser publiquement le fait qu’il est autorisé d’acheter les places d’élus, à la mode de l’achat de charges et d’offices sous l’ancien régime, par une bourgeoisie voulant devenir noblesse.

    Finalement, ce n’est qu’en août 2017 qu’une mise en examen est prononcée.

     

    Parallèlement, les accusations de blanchiment d’argent aboutissent en février de cette même année. L’agence Reuters, dans un article du 2 février 2017, indiquait: Tout en considérant que « l’ampleur de la fraude et sa durée » justifierait « une peine d’emprisonnement ferme », le tribunal a estimé que cela n’aurait « aucun sens » du fait « du grand âge » de Serge Dassault, PDG du groupe éponyme, l’un des fleurons de l’industrie aéronautique française (Rafale, Falcon…).

    Le parquet national financier avait requis cinq ans d’inéligibilité, deux ans de prison avec sursis et neuf millions d’euros d’amende contre le sénateur de droite, un élu qui « a piétiné toutes les lois qu’il a votées sur le thème de la fiscalité » et « trahi son mandat ».

    En somme, il échappe à la prison une fois de plus. De plus, l’industriel-criminel fit appel du jugement. Sa mort a éteint les poursuites.

    A la suite de ce décès, la mairie de Corbeil-Essonnes a annoncé sa volonté de débaptiser l’avenue “Jean Jaurès” pour la renommer “Serge Dassault”. Ironie de l’histoire, un des rares socialistes de la II Internationale à être resté fidèle à la question du pacifisme est remplacé par un marchand d’armes, de canons, de mort.

    Est-ce, finalement, un super capitaliste qui est mort ? Est-ce un être anormal, amoral, un criminel sans foi ni loi qui est décédé ?

    Non.

    Fondamentalement, Dassault est le miroir parfait de sa classe sociale. Il a agit exactement comme un capitaliste soucieux de ses intérêts de classe est voué à agir. Serge Dassault était un réactionnaire, un homophobe, probablement quelqu’un qui aurait été tenté par des solutions fascisantes en cas de tension. Par du fait de sa “personnalité”, mais bien du fait que ces prises de position étaient celles qui correspondaient le mieux à la poursuite de ses objectifs.

    Son ton de dureté à l’égard des “assistés” et sa tricherie constante sont les traits de caractère de sa classe, une classe qui ne conçoit la loi que comme un moyen de pouvoir obtenir plus tout en écrasant les adversaires et les ennemis.

    C’est ce fait qui rend le réformisme impossible. La bourgeoisie n’est pas fair play, même vis-à-vis du vote des urnes. Elle est une classe en guerre, une classe en lutte, en lutte contre elle-même, mais capable de faire front contre les exploités et les opprimés. Ce n’est pas l’apanage des “grands méchants loups” du capitalisme, mais de toutes les formes de production capitalistes et même artisanale de prendre ce chemin. La fin des “grands Dassaults” fait que les petits prendront sa place. C’est pour cela que brider, moraliser le capitalisme est impossible.

    Il se niche dans la petite production, il se niche dans les rapports marchands. Il cherche à renaître de ses cendres, même si il n’en reste que des brins.

     

    Dassault illustre la nature du capitalisme et le fait qu’il est rigoureusement impossible de l’amender, de le pacifier, de le rendre “éthique”. Il ne peut qu’être liquidé comme système, et ses partisans liquidés en tant que classe par la révolution, par la mise en place d’une économie planifiée, dirigée, contrôlée politiquement par les masses. En somme, une économie socialiste.

  • Le couperet acéré de l’Etat.

    Le couperet acéré de l’Etat.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon : le couperet acéré de l’Etat.

    L’attitude des procureurs, dans les procès, est le reflet de la volonté du pouvoir politique. Les réquisitions sont celles décidées en haut-lieu, au sein du ministère. Or, la ligne du ministère de la Justice, la ligne du gouvernement, dans le cas des procès à la suite des arrestations du premier mai, est celle de la brutalité maximale.

    Le gouvernement choisit de faire un exemple, en demandant que les procureurs requièrent des peines hors normes. A Lyon, les inculpés se sont retrouvés face à une situation kafkaïenne.

    Arrêtés pour de menus graffitis, ils ont été placés en garde à vue pendant 48h00. L’un d’entre eux, ressortissant de l’UE, s’est vu gratifié d’un Ordre de Quitter le Territoire Français par la préfecture, avant même de passer devant le juge. Belle manière de mettre la charrue avant les bœufs.           L’autre a été accusé de jets de projectiles contre les forces de l’ordre.

    Dans un cas comme dans l’autre, l’attitude prévisible de la justice, qui n’aurait probablement pas hésité à recourir à la détention préventive, a poussé les avocats à conseiller la comparution immédiate. Or, il s’agit d’une chose habituellement dangereuse, puisque, souvent, cela se résume à la parole inégale d’un policier contre celle de l’accusé. Sans enquête, sans preuves matérielles.

                    Le réquisitoire du procureur a confirmé les craintes : 10 mois de prison dont 2 ferme avec mandat de dépôt pour les graffitis ; 10 dont trois fermes pour les projectiles.  

    Un rassemblement de solidarité s’est tenu devant le commissariat, puis devant le tribunal. La police, au mépris de la publicité du fonctionnement de la justice, en a filtré l’entrée, en excluant toute personne susceptible d’être un ou une militante. L’Unité Communiste de Lyon condamne cette violation de l’article 6-1 de la Convention européenne des droits de l’homme et de la procédure pénale.

    Dans la soirée, le juge a rendu son verdict : 3 mois de prison avec sursis et 500 € d’amende pour l’un ; 6 mois de sursis et 140 h de travaux d’Intérêt généraux pour l’autre. Des peines lourdes en regard des faits reprochés. Des peines handicapantes pour ces jeunes étudiants. Des peines dures et illustratives.

    Il ne fait nul doute, dans la situation actuelle, que l’Etat vise à user de tous les moyens à se disposition pour réprimer et briser les mouvements sociaux. Il ne fait nul doute que la répression policière, judiciaire et même extra-judiciaire -par les milices fascistes- va s’accentuer davantage.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à la solidarité la plus large avec les inculpés et inculpées des mouvements sociaux. Elle appelle à soutenir financièrement et politiquement ceux et celles-ci.

    L’Unité Communiste de Lyon condamne, d’une part, l’attitude du ministère de la Justice, qui agit comme un couperet tranchant contre les faibles et les exploités, mais qui se montre d’une magnanimité invraisemblable avec les bourgeois et bourgeoises. Quelle prétendue égalité républicaine existe entre le traitement d’un Sarkozy et celui d’un inculpé du mouvement social ? Hypocrisie.

    Nous condamnons également l’attitude de la police, qui entretient un jeu de provocation constante, exacerbée, qui viole constamment son code de déontologie pour pousser à la confrontation les masses populaires, dans le seul but de les écraser par la suite. Nous mentionnons également le fait que des militants du Bastion Social aient été libérés au bout de quelques heures de garde à vue, sans poursuite judiciaire aucune, illustrant un traitement sous la forme de deux poids, deux mesures.

    Enfin, nous ne saurions que condamner l’attitude de celles et ceux qui appellent à plus de répression. A plus d’intervention policières. Celles et ceux qui ont condamné les « débordements », qui ont abandonné des camarades face à la justice et face à la police. A celles et ceux qui, au final, trahissent une plus grande proximité avec l’Etat bourgeois qu’avec des camarades avec lesquels il est possible d’avoir des désaccords tactiques.

                    Soyons solidaires ! Soyons unitaires ! Halte à la violence d’Etat ! Halte à la répression !

     

  • Pandémie d’Affluenza

    Pandémie d’Affluenza.

                    Affluenza est un mot-valise anglais, issu de la contraction de Affluence (richesse) et Influenza. (grippe) Ce terme a été forgé à la suite d’une affaire judiciaire américaine qui a défrayé la chronique. Pourtant, cette affaire est plus qu’éloquente sur le rapport entre la bourgeoisie et la justice, ainsi sur les discriminations sociales.

                    Ethan Couch, âgé alors de 16 ans en 2013, est déclaré coupable de meurtre. Fils d’une famille richissime, cet adolescent a été condamné pour, en état d’ébriété, avoir fauché plusieurs piétons, dont 4 sont morts. Seulement, il n’a été condamné qu’a 10 ans de mise à l’épreuve. 10 ans de mise à l’épreuve pour 4 morts, le terme de légèreté est quasiment un euphémisme.

                    La raison de cette candeur ? Les avocats de l’adolescent ont doctement expliqué qu’il n’était pas responsable de ses actes, du fait qu’il n’avait jamais connu de limites imposées dans sa vie. Il souffrirait donc d’affluenza, soit une rupture avec les réalités, avec la valeur de la vie humaine, qu’il serait dans l’incapacité d’appréhender. CNN a rapporté que les avocats d’Ethan Couch l’ont décrit comme un «gamin riche qui n’était pas coupable tout simplement parce que ses parents ne lui ont jamais donné de limite.»

                    Ethan a pourtant connu la prison. Alors qu’il était interdit de consommer de l’alcool, deux ans après, il est filmé en train de faire la fête et de consommer de l’alcool. Risquant la prison, il s’est enfui -avec sa mère- au Mexique. Ayant transgressé les limites imposées par sa période probatoire, il a été incarcéré pendant deux ans. Ce lundi, il est donc ressorti libre, sous la condition de ne plus boire d’alcool.

                    L’affaire a provoqué un tollé aux USA, qui traversent une crise en confiance envers les institutions. Deux ans de prison pour un quadruple meurtre du côté d’un gosse de riche, tandis que de l’autre côté, Stephon Clark, 22 ans, afro-américain, est abattu de 20 balles dans le jardin de sa grand-mère alors qu’il avait simplement un téléphone portable à la main.

                    L’inimaginable magnanimité avec laquelle la justice US a traité Ethan Couch est illustrative. L’affluezna, dans un système judiciaire où la jurisprudence est essentielle, créé un dangereux précédent. Elle signifie, en pratique, l’inaccessibilité de certaines catégories de la population à certaines peines, tout simplement parce qu’elles ne vivent pas dans un système de valeurs communes avec le reste de l’humanité.

                    Désormais, tout riche psychopathe US peut se retrancher derrière cet argument pour justifier ses méfaits, son mépris de la vie humaine, son cynisme et ses crimes. Pourtant comment ne pas avoir de gratitude envers ces avocats américains, qui viennent de donner un nom à cette pandémie qui concerne l’ensemble de la bourgeoise, cette pandémie d’affluenza.

                    La bourgeoisie, en particulier la haute-bourgeoisie, vit dans un monde qui est intégralement différent de celui des masses. Intégralement différent quant au niveau de vie ; quant à la culture ; quant aux pratiques ; quant à la langue même. Il s’agit d’une séparation si forte, si fondamentale, qu’elle brise toute idée d’une nation transcendante, telle que les réactionnaires et les fascistes la présentent. A cette culture distincte se rajoute un système de valeurs et de comportements tout aussi distinct.

                    Emmanuel Macron est une tragique victime de cet affluenza, ce qui transparait au travers de ses manières de s’exprimer : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre Tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. » à quelqu’un qui travaille depuis ses 16 ans ; « Pour qui cette réforme est-elle bonne ? Elle est bonne pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer dans les transports en commun parce que le train est trop cher. Donc quand on me dit, ‘les pauvres voyageront en autocar’, j’ai tendance à penser que c’est une caricature, mais les pauvres qui ne peuvent pas voyager voyageront plus facilement […] parce que l’autocar c’est 8 à 10 fois moins cher. » ; « Il y a dans cette société (Gad), une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées, pour beaucoup on leur explique : ‘Vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres !’ Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ? » … En voilà des exemples parlants.

    « Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. «  demeure la phrase la plus révélatrice. Elle est sincère. Emmanuel Macron, comme la bourgeoisie, le pensent réellement. Ils et elles sont intimement persuadés que sans leur action, il n’y aurait rien que la misère.

                    La bourgeoisie et une grande partie des politiciens vivent dans une apartheid social. Pour preuve, le ridicule dont ces derniers -et ces dernières- se couvrent lorsqu’est évoqué le quotidien des masses populaires.  Jacques Séguéla déclarant qu’un SDF peut mettre 1500€ de côté, Gérard Collomb au bord de la pauvreté avec 9 000€ par mois , pain au chocolat à 15 centime d’Euros ou ticket de métro à 4€… les exemples sont légion. L’incapacité de comprendre le vécu de la très large majorité de la population se double d’un souverain mépris pour celle-ci. Les chômeurs, les chômeuses ou ceux qui touchent le RSA rouleraient en BMW ; les SMICards et SMICardes saignent les patrons et les patronnes, les cheminots et cheminotes, tout comme la fonction publique, ne travaillent jamais… Ce mépris de la vie humaine se retrouve dans de nombreuses rapports : rapport consuméristes, rapports aux femmes, rapports aux autres. Les grandes écoles de la bourgeoisie sont des lieux où le bizutage, où les discriminations, ou les viols -érigés en traditions pour certains cas !- L’affaire Nicolas David, où cet étudiant en médecine à drogué et violé une autre étudiante, a connu une défense, faite par Maître Gilbert Collard, sous l’angle de « la tradition de l’apéritif carabin » mélangeant -à l’insu de la victime- drogues et alcool. Dans le même ordre d’idée, les affaires impliquant des individus exerçant une subordination sur leurs victimes, Weinstein, Allen, Polanski…etc, illustrent le fait que, pour ces individus, il n’existe que des proies. Hélas, cette manière de penser s’étend sur une très large partie de la société, au delà, bien au delà, des limites de la bourgeosie !

                    A ce mépris s’ajoute un détachement de la part des questions qui touchent la vie des masses.

                    La bourgeoisie est une classe sociale en concurrence avec elle-même, et en lutte constante avec elle même. C’est une classe en guerre constante, guerre contre les masses, guerre contre les autres fractions de la bourgeoisie, guerre contre les bourgeoisies étrangères. Dans cette situation, la bourgeoisie agit toujours comme si elle était aux abois, étranglée, menacée. Elle agit donc avec un mélange de brutalité et de cynisme constant.

                    Les désirs légitimes des masses ne suscitent qu’irritation et colère chez la bourgeoisie, qui ne voit en eux que des poux, des parasites, qui veulent rogner les marges, qui veulent gagner plus d’argent, qui ne sont pas capable de comprendre la terrible lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit, la terrible lutte contre le concurrent, le danger qu’il y a à voir les investisseurs et investisseuses aller ailleurs, à les voir déserter. A leurs yeux, il faut être ferme, il est essentiel d’être dur, car sinon, la ruine guette.                Même la présence de l’Etat, l’immixtion dans le secret des affaires, l’immixtion dans les revenus des capitalistes est vécue comme une intrusion intolérable. L’impôt sur le revenu est encore présenté comme confiscatoire par la bourgeoisie, car il serait le fruit d’une injustice, d’une privation de richesse, que lui, le patron, le preneur de risque, génère.

                    D’imposer face à la concurrence, s’imposer sur des marchés, imposer la terreur dans l’entreprise, cela demande un état d’esprit particulier.  Une étude faite sur 261 patrons dans le secteur de la gestion de la chaîne logistique, par la psychologue Nathan Brookes et les chercheurs et chercheuses Katarina Fritzon (Université de Bond) et Simon Croom (Université de San Diego) ont démontré que 21% d’entre eux souffraient de psychopathie, tandis que la prévalence générale est de l’ordre de 1/4% dans le reste de la société. Incapable d’empathie, de remords et de comportements humains, ces patrons et patronnes, dont l’adulé -mais cynique- Steeve Jobs, sont de véritables chefs de guerre, capable d’aller installer des usines dans les pires endroits de la Terre, d’écraser les luttes sociales des ouvriers et ouvrières, et de se pavaner cependant, tout sourire, devant les caméras.

                    Alors, lorsque le prolétariat tente de mettre fin à l’exploitation, à la surexploitation, à la prédation, le serpent frappe. Les morsures de la bourgeoisie sont empoisonnées et implacables. Un taux de profit en baisse peut jeter à la rue les travailleurs et les travailleuses. Une grève, les conduire au black-listing. Trop de colère, à la prison. Une révolution, à l’échafaud. Ne l’oublions jamais.

                    Oui, une pandémie d’affluenza frappe le monde, semant les pires méfaits. La misère, le fascisme, la guerre, les génocides, sont les fils et les filles de la domination de la bourgeoisie sur le monde. D’une domination impitoyable, méprisante, cynique. Fondamentalement, le dialogue, la synthèse, entre les deux conceptions du monde : celle de l’exploiteur, celle de l’exploité, sont impossible. Cette épidémie d’affluenza peut pourtant connaître une fin.

                    Tout comme le disent les paroles de la chanson en l’honneur de Norman Béthune, médecin canadien communiste ayant lutté aux côtés de la Révolution Chinoise :

    « Norman Bethune, médecin du peuple

    Cherchait la cause de la maladie

    Il l’a trouvée, c’est le capitalisme !

    Bethune est devenu communiste ! »

    Il existe un remède à cette pandémie : la Révolution Prolétarienne. Il existe un sens à la phrase de Macron : « Une gare, c’est un lieu où vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien.  » La réponse est dans l’Internationale : « Nous ne sommes rien. Soyons tout ! »

  • Sur la dictature du prolétariat – III – L’impasse du réformisme.

    Sur la dictature du prolétariat – III – L’impasse du réformisme.

    L’impasse du réformisme.

    Campagne contre plus fort que soi.

    Est-il possible de blâmer les réformistes ou les utopistes ? Oui et non.

    Oui, le sens où l’histoire à illustré à maintes reprises que la révolution ne pouvait être qu’un acte de « violence, par lequel une classe en remplace une autre. » Oui, dans le sens où le rejet de « l’autoritarisme » fait le lit de l’inaction. Oui dans le sens où la collaboration de classe n’amène qu’au compromis. Le compromis à la compromission. La compromission à la trahison.

    Non, dans le sens où l’idéologie communiste est tellement affaiblie, a été tellement diminuée et mutilée qu’elle a pratiquement perdu l’intégralité de son influence sur la population. Adhérer à l’idée révolutionnaire se fait comme une question de principe, plus comme le fait de comprendre celle-ci comme une nécessité vitale. Les communistes, aujourd’hui, de nouveau, doivent faire la démonstration de la nécessité de cette révolution.

    Or, qu’arriverait-il si les réformistes étaient en mesure d’être à l’orée du pouvoir ?

    Admettons, dans cette brochure, un cadre imaginaire, dans un pays qui peut évoquer l’Etat français. Au sein de ce pays, un grand mouvement naît, soutenu par une fraction importante des masses populaires. Ce mouvement n’a pas même besoin de menacer directement les intérêts de la bourgeoisie. Il peut même, sur certains plans, accompagner les projets des impérialistes français, à l’image de la France Insoumise.

    Or, il lui suffit de les écorner un tantinet, de leur déplaire, de vouloir les contraindre et les contrarier.

    En l’occurrence, le cas de figure s’est observé, dans la campagne de pour les présidentielles, dans l’hostilité grandissante de la part d’une partie de la bourgeoisie à la candidature du social-chauvin Mélenchon. Celui-ci, pourtant, n’est pas une menace stratégique majeure. Il n’a rien en commun avec l’irruption d’une cohorte de bolcheviks. Fondamentalement, il est un pur produit des organisations nationales-trotskistes -les lambertistes. Il a longuement été un membre de l’appareil du Parti Socialiste, sous l’étiquette duquel il fut ministre de l’enseignement professionnel. Aujourd’hui son programme prône une réorganisation de l’impérialisme français, un nouveau jeu d’alliance, mais pas une rupture. En revanche, ce qui gène la bourgeoisie est le fait qu’il demande des miettes plus importantes pour l’aristocratie ouvrière et la petite bourgeoisie, lesquelles forment la base sociale de son électorat.

    Malgré cela, les unes des journaux de la bourgeoisie se firent agressives : le Figaro, ainsi, titrait que Jean-Luc Mélenchon ruinera la France, qu’il la mènera au bord de la rupture, de l’explosion.

    Déjà, la machine de propagande se raidit, se dresse, durcit le ton et la voix.

    Les débats publics entre candidats ont été globalement dominés par les candidats présents sur les ailes. Les cas de Nathalie Arthaud et de Philippe Poutou ont été ainsi illustratifs.

    Malgré leur score faible, ces deux candidats ont été dérangeants. Ils ont été dérangeants car ils mettaient en péril l’ordre normal des choses. Pourtant, à aucun moment ils ne brisèrent la scène du théâtre électoral, en en dénonçant sa vraie nature.

    Malgré cela, leur discours formait, déjà, un casus belli pour la bourgeoisie. Elle a donc mobilisé son appareil médiatique pour les combattre. Accusations et insinuation ont plu contre eux.

    Pourtant, imaginons, dans notre exemple fictif, un candidat crédible, sérieux, sur un programme qui soit offensif et résolument anticapitaliste et anti-impérialiste. Que pourrait-il faire au sein de cette scène ? Il se heurterait à un grand nombre d’obstacles, dont certains forment de véritables fortifications anti-vote populaires.

    La bourgeoisie à beau se targuer d’être démocratique, il n’en est rien. Elle dresse à chaque pas des obstacles immenses pour empêcher les masses de participer à la vie politique, pour la réserver à des bourgeois et des bourgeoises, à des professionnels. La politique dans la démocratie représentative bourgeoise, est une affaire de spécialiste, non l’affaire des masses.

    D’une part, pour lancer une campagne, il est nécessaire de disposer d’un sésame absolu: les 500 signatures.

    Ces 500 signatures, à quémander auprès d’élus, sont une barrière qui permet de faire un premier tri. D’une part cela signifie qu’un parti sans élus, sans soutiens de l’institution, ne peut se présenter. Même une organisation massive et influente peut être bloquée par ce barrage. Disposer d’une base électorale forte, mais sans élus pour appuyer les candidatures signifie être éjecté du système électoral.

    Les candidatures appuyées sur une base locales sont également rejetées. Un candidat comme Oscar Temaru, sur lequel l’Unité Communiste de Lyon s’est exprimé, ne peut, malgré la base dont il dispose en Polynésie, malgré le soutien des indépendantistes Corses, Basques, Bretons, se présenter. Car les 500 signatures se doublent de l’impératif d’être réparties sur l’ensemble du territoire de l’Etat Français. En somme elle réservent le pouvoir et son exercice aux organisations ayant une assise partout dans l’Etat français.

    La question de l’argent se pose : une campagne coûter cher. Une campagne demande souvent des finances importantes. Même si certains coûts peuvent être compensés par une mobilisation importante, ceux-ci existent. Quels mécènes offriraient à leur ennemi les moyens financiers de parler contre eux ? Quelles banques accepteraient de financer ceux qui veulent les supprimer ? De nouveau, l’obstacle technique se double d’une composante politique : La bourgeoisie n’est pas stupide. Elle ne prête pas pour respecter la démocratie, mais comme un investissement ; et bien fou serait celui qui investirait dans quelqu’un voué à éliminer le pouvoir bourgeois.

    Un parti fasciste comme le FN, lui-même, a connu des difficultés à trouver des finances. Le FN s’est ainsi tourné vers les créanciers russes, lesquels se sont fait une joie de fournir à l’extrême-droite française l’argent qui lui manquait. Non par sympathie, mais bien dans l’idée que ce groupe politique deviendrait son agent docile et dévoué, le représentant de ses intérêts en Europe occidentale. L’argent est le nerf de la guerre.

    D’autant que la bourgeoisie est mobilisée, sur le pied de guerre. Le prolétariat, quant à lui, n’est pas en ordre de bataille, subit l’influence de l’idéologie bourgeoise..etc. De plus, tous les prolétaires n’ont pas le droit de vote.

    L’une des bases sociales du prolétariat de l’Etat français est formée d’individus n’ayant pas la citoyenneté requise pour s’exprimer politiquement. Ils et elles sont privés du droit de vote, alors qu’ils et elles travaillent, vivent, paient des taxes et des impôts -plus que la bourgeoisie- au sein de l’Etat français. Mais le droit de vote Niet! Les expatriés, eux, elles, souvent droitiers, en disposent. Cela accroît tout autant le déséquilibre des forces.

    D’une manière générale, la bourgeoisie emploie tous les mécanismes possibles pour creuser l’écart.

    Supposons ces obstacles franchis, comment croire que la bourgeoisie laisserait s’exprimer aisément les candidats du peuple ? Comment croire qu’elle ne lui mettrait pas des bâtons dans les roues ? Comment croire que cette organisation pourrait tenir des meetings, pourrait avoir pignon sur rue ?

    La pluralité de points de vue, dans la presse des états de démocratie bourgeoise, est une chose très relative. Si un certain panel de vue peut exister, dans les faits, celui-ci est étroitement borné par les limites de la légalité bourgeoise.

    De plus, la presse indépendante est un mythe. La très grande majorité des journaux dispose d’un maître qui impose sa ligne éditoriale. Humainement, de nombreux journalistes sont du côté du progrès et de la justice. Ici, leurs qualités personnelles ne sont pas mises en question. Cependant, leur travail n’est pas libre, il est dirigé par une ligne éditoriale, laquelle est résolument hostile à la révolution et au socialisme.

    Les magazines d’histoire, les journaux, y compris irrévérencieux, font le coup de feu avec la réaction et la bourgeoisie. Dans chaque mensuel, dans chaque édition de revues d’histoire, l’anticommunisme trouve sa place. En temps normal, un « bruit de fond » anticommuniste demeure. En temps d’élection, en temps de menace -même minime- ce « bruit de fond » se muera en déchainement de harpies.

    Elle se heurterait à l’hostilité de la bourgeoisie. Celle-ci le taxerait d’illuminé, de fou, d’apprenti-sorcier, se moquerait de lui. Si le moquerie ne suffisait pas, elle passerait aux menaces, aux pressions, aux coups bas. Si les coups bas ne suffisent pas, la violence deviendrait un recours possible.

    Les « accidents » arrivent également.

    Voilà quel serait le destin d’un candidat marxiste-léniniste par exemple. L’intégralité du « système » se liguerait contre lui, contre sa voix, contre sa candidature.

    Or que peut la voix du peuple, sans les moyens de la presse bourgeoise, sans les moyens de ses médias, sans les moyens de ses relais, sans les finances considérables que peut aligner le grand capital pour sa défense ? Peu de choses. D’autant que la bourgeoisie, elle, dispose de moyens de propagande hors de proportion.

    Ainsi, lors des élections Italiennes de 1946 et de 1948, les USA ont dépensé une fortune pour convaincre la diaspora italienne d’influencer le vote au pays. Les slogans anticommunistes se sont affichés sur tous les murs, sur tous les panneaux publicitaires, en somme partout où il était possible d’influencer le jeu pour stopper la progression du front populaire organisé par le PCI. Un appel à la terreur systématique s’est imposé, dans le but d’effrayer la population, de la dissocier des candidats qui défendaient pourtant ses intérêts. En fin de compte, le front subit une cuisante défaite électorale, ne ramenant que 20 puis 30% des voix.

    Dans ces conditions, croire qu’il est possible de rallier à la cause du communisme -ou de l’anarchisme- une majorité, est illusoire. La bourgeoisie n’est pas neutre, n’est pas passive, elle est résolument hostile à une expression démocratique du peuple qui ne corresponde pas à ses désirs.

    Pourtant, le socialisme est à portée de main. La socialisation du travail, l’industrialisation poussée massive, la possibilité d’automatisation poussée des métiers pénibles, tout pousse vers le socialisme. Tout, sauf les mentalités, maintenues en arrière par le poids de l’idéologie bourgeoise. Le monde tarde à accoucher du socialisme.

    Les anarchistes pensent que le travail des révolutionnaires est d’accoucher les esprits, de faire naitre l’étincelle révolutionnaire dans les esprits de l’ensemble du prolétariat, ce qui, magiquement, donnera naissance au communisme. Plaçant cela comme préalable à toute offensive, ils se murent dans une attente tragique et stérile.

    La vérité est que la dialectique matérialiste joue contre les révolutionnaire. L’inertie des mentalités par rapport à la situation réelle fait qu’il est plus aisé de jouer une carte conservatrice que révolutionnaire. La force de l’habitude, le poids des idées réactionnaires, du réformisme, est fort, écrasant.

    Attendre que la majorité soit convaincue des idées révolutionnaire revient à attendre le retour du messie.

    En 1920, l’Internationale Communiste, alors naissante, mentionnait « Tant que le pouvoir gouvernemental n’est pas conquis par le prolétariat et tant que ce dernier n’a pas affermi, une fois pour toutes, sa domination et prévenu toute tentative de restauration bourgeoise, le Parti Communiste n’englobera dans ses rangs organisés qu’une minorité ouvrière. Jusqu’à la prise du pouvoir et dans l’époque de transition, le Parti Communiste peut, grâce à des circonstances favorables, exercer une influence idéologique et politique incontestable sur toutes les couches prolétariennes et à demi-prolétariennes de la population, mais il ne peut les réunir organisées, dans ses rangs. Ce n’est que lorsque la dictature prolétarienne aura privé la bourgeoisie de moyens d’action aussi puissants que la presse, l’école, le Parlement, l’Église, l’administration, etc., ce n’est que lorsque la défaite définitive du régime bourgeois sera devenue évidente aux yeux de tous, que tous les ouvriers, ou du moins la plupart, commenceront à entrer dans les rangs du Parti Communiste. » 

    Notre Etat est un état impérialiste. Cela lui permet, moyennent une pression plus importantes sur ses colonies et néocolonies, de disposer d’une certaine marge de manœuvre. La bourgeoisie impérialiste peut accorder quelques concessions, dans le but de corrompre une grande partie de la nébuleuse des classes moyennes.  Accorder des miettes plus importantes à ces classe vacillantes permet de les rallier. Dans une certaine mesure, les lois sociales, faites vers les classes populaires, sont également issues de la même idée : concéder temporairement pour anesthésier. Cela marche.

    Ces concessions ont été accordées du temps de l’URSS, du temps du Parti Communiste influent, dans le but d’entrainer une désescalade dans la lutte des classes. Ces concessions n’ayant plus de raison d’être, elles sont retirées. Si besoin est, elle peut revenir en arrière, donner de nouvelles miettes aux classes populaires de l’Etat français. Cela ne constitue pas la solution idéale pour elle, mais forme néanmoins un fusible.

    Le programme de Mélenchon aux présidentielles était par ailleurs d’exiger ces miettes de l’impérialisme, en échange d’un soutien aux politique d’agression et d’expansion. Ce n’est pas le programme des communistes, lesquelles ne veulent pas une modification de la redistribution d’une partie de la plus-value extorquée par les capitalistes, mais veulent abolir l’exploitation et détruire l’impérialisme.

    Toujours est-il que ces concessions serviront à détourner les voix des hypothétiques candidats léninistes, pour les ramener vers les magiciens de le redistribution : les sociaux démocrates et les sociaux chauvins.

    Si la bourgeoisie était sur le point de perdre les élections, dans notre hypothèse, elle les annulerait purement et simplement.

    Des situations de ce type ont eu lieu dans le passé, mais demeurent spécifiques à des cas précis. Elles ont eu lieu dans des situations où une bourgeoisie nationale s’opposait à une bourgeoisie compradore, cliente d’un impérialisme ou d’un colonisateur. Deux exemples : le Viêt-Nam, où les élections du sud furent remises aux calendes grecques ; la Corée, où les USA ont provoqué des élections séparées entre Nord et Sud pour acter la division, et permette aux partis issus de la colonisation de se présenter et d’avoir la majorité. Dans les deux cas, l’expression populaire s’est retrouvée bafouée de a à z.

    Pour se prémunir contre l’irruption de forces populaires, revendicatives, au niveau des assemblées bourgeoises, pour les museler, la bourgeoisie garde la haute main sur le découpage électoral, sur la forme que prennent les circonscriptions, pour permettre de se garantir une majorité stable, un pouvoir stable.

    Même le système bicaméral, avec son Sénat, avec son conseil constitutionnel, avec ses verrous et des chausse-trappes, est conçu comme un château-fort pour éviter tout basculement des institutions. Les institutions sont conçues avec leurs fusibles, leurs sécurités, leurs redondances.

    L’Etat est une excroissance de la bourgeoisie et de ses intérêts. Il n’est pas une institution neutre, quelque chose de flottant, volant au dessus de la société. L’Etat est architecturé pour correspondre à une mission : permettre l’exploitation la plus pacifique et la plus efficace possible des prolétaires et des semi-prolétaires par la bourgeoisie.

    L’Etat est là pour encadrer la société, pour réprimer les tentatives de renversement de la bourgeoisie par le prolétariat. Il est là également pour défendre et étendre les intérêts de la bourgeoisie, trompeusement nommés « intérêts nationaux », contre les menées des concurrents internationaux.

    Si on regarde l’Etat sous ce prisme là, sous celui de sa nature profonde, il devient nettement plus évident que celui-ci ne peut être conquis, puisque sa mission est intégralement contradictoire avec les intérêts du prolétariat.

    Cependant, cette brochure à l’esprit large et peut accepter quelques concessions avec la réalité, à des fins de démonstration.

    Admettons que celui-ci ; ou celle-ci, gagne. Pourrait-elle clamer victoire immédiatement, déclarer que le capitalisme est fini, que la bourgeoisie, dans le respect des institutions, pourrait donner le pouvoir et les moyens de production aux masses populaires ? Non. Même un accès au pouvoir formel ne signifie nullement une victoire.

  • Cahuzac et Lagarde, la justice bourgeoise en action.

    Par le passé, de la part d'individus bien intentionnés qui tentaient de défendre le Parti Socialiste, venait régulièrement un argument: Son arrivée au pouvoir offrirait plus de latéralité à la justice pour condamner les individus haut placés corrompus.
    Chose rare, coup sur coup, deux individus de ce type ont été condamnés par la justice.

    Le premier Jérôme Cahuzac, vient d'être condamné pour fraude fiscale. Après avoir eu longtemps, comme le parquet l'a mentionné "une vie familiale enracinée dans la fraude", il est -enfin- sous le coup d'une peine de prison.
    3 ans de prison pour 3.5 millions d'euro de patrimoine dissimulé. C'est peu, mais suffisant pour que le condamné soit "assommé par le verdict." Qu'il se rassure, sans mandat de dépôt, il dort toujours chez lui. Insulte crachée au visage de ceux qui sont mis en préventive ou sous les verrous sur un soupçon. Insulte en particulier vis-à-vis de ceux qui luttent pour que les crimes policiers soient reconnus et jugés, et qui se retrouvent eux-mêmes condamnés.
    Et l'avocat de l'ex-ministre ajoute, cerise sur le gâteau, que la détention de Jérôme Cahuzac serait une nouvelle charge pour un contribuable déjà lésé. Quel signal plus fort pourrait être donné que celui-ci ? Et pourtant !

    Christine Lagarde, quant à elle, présidente du F.M.I. à l'heure actuelle, est accusée d'avoir offert une ristourne magnifique de 404 millions d'Euros à Bernard Tapie.
    En 2007, en effet, alors ministre des finances de Nicolas Sarkozy, lequel la traita par ailleurs comme un paillasson, elle ordonne l'arbitrage d'une vieille affaire. La vente d'Adidas par le crédit Lyonnais, vente contestée par son propriétaire, Bernard Tapie. L'arbitrage privé trancha en faveur de l'homme d'affaire, lui accordant ainsi 404 millions d'euros indus. La justice, il y a maintenant un an, cassa l'arbitrage et ordonna que l'ancien soutien de François Mitterrand rembourse cette somme. De son coté, Christine Lagarde est condamnée pour négligence par la cour de justice de la République.
    Elle est condamnée, mais dispensée de peine. Quant au F.M.I., il lui réaffirme sa pleine confiance.

    Dispensée de peine.
    N'est pas là une formulation magnifique ?
    404 millions d'euros deviennent une négligence, tandis que des vols de pain, de fromage, fait par des gens qui n'ont rien, deviennent des crimes passibles de prison.Ces 404 millions d'euro sont volés à la communauté, ils permettent de faire fonctionner les écoles et les hôpitaux. Ce ne sont pas des données abstraites, mais bien des implications concrète.

    Le parti socialiste ne nous offre que des cadeaux sans valeurs pour se racheter une virginité. Il considère les électeurs avec si peu de respect qu'il tente ces manœuvres minables pour le disculper d'avoir été un servant de la bourgeoisie tout au long de son existence.

    Devrions-nous encore nous en étonner ? Devrions nous être encore surpris de la collusion entre la justice bourgeoise et la classe qu'elle sert ?

    Cette surprise doit cesser. Nous devons la transformer en farouche résolution. Résolution de liquider ce système, résolution de juger, par la justice du peuple, les profiteurs, les exploiteurs, les criminels épargnés par la justice de classe. La véritable justice sera celle du peuple, sera celle des travailleurs contre leurs bourreaux !