Étiquette : Jose Maria Sison

  • Message de l’ICOR aux organisations communistes de France.

    Message de l’ICOR aux organisations communistes de France.

    Ce document est un message envoyé par la coordinatrice principale de l’ICOR aux organisations communistes et anti-impérialistes présentes en France. Ce message a été distribué le plus largement possible aux organisations dont l’ICOR possède les adresses. Mais plus largement il s’adresse à tous ceux et toutes celles qui se retrouvent dans la volonté de participer à la lutte pour la construction d’une coordination internationale. Nous saluons cette initiative que nous jugeons pertinente dans la période actuelle, et nous appelons nous même à rejoindre l’ICOR et à rejoindre le Front Uni des organisations impulsé par l’ICOR et l’ILPS.

    Chers camarades,
    Chères camarades,

    En tant que coordinateur principal de l’ICOR, nous vous adressons ce courrier.

    Nous pensons que nous partageons plusieurs constats sur la situation actuelle. Elle est particulièrement grave et emplie d’incertitude. Nous pensons également que nous partageons tous et toutes la volonté de pouvoir poursuivre et intensifier les luttes. Nous vous adressons donc ce courrier, dans le but de proposer de coopérer ensemble.

    Nous voulons serrer les rangs, accroître la coopération entre les différentes forces, et permettre de faire face aux défis de la situation actuelle.

    Il existe des incertitudes immenses sur les issues politiques et sociales de la crise économique et sanitaire. Des incertitudes sur le bilan humain, des incertitudes sur le bilan économique, des incertitudes sur la situation géopolitique.

    Mais il existe également des certitudes. Deux d’entre elles peuvent être tenues pour acquises :

    • Les bourgeoisies vont essayer de tirer profit autant que possible de la situation. Les méthodes ne sont pas forcément tout à fait connues, mais les buts le sont : compenser les pertes et engranger de nouveaux profits. 
    • Les forces progressistes, révolutionnaires, et particulièrement le mouvement communiste auront un rôle de premier plan à conquérir et à jouer. 

    Dans cette situation, la manière dont le mouvement communiste réagira peut être décisif. Nous pouvons sortir renforcés de cette épreuve et en capacité de pouvoir mener de nouvelles batailles. Nous pensons qu’il est essentiel que, partout où cela est possible, la voix communiste, la voix des intérêts du prolétariat, des classes exploitées, de ceux et celles qui subissent le plus la crise, soit la plus forte possible.

    Nous vous invitons, d’ailleurs, à devenir un participant de l’AIAFUF (Front uni international anti-impérialiste et antifasciste). Cette initiative a été lancée par les deux formations internationales les plus importantes et les plus actives à l’heure actuelle, l’ICOR et l’ILPS.  Avec ces deux formations internationales, environ 500 organisations du monde entier forment la fondation. Les participants du front uni peuvent être des formations internationales, des organisations individuelles ou des personnes. La construction résolue de ce front uni nous semble nécessaire de toute urgence dans un monde où la rivalité inter-impérialiste s’accroît, où le danger de guerre augmente et où les possibilités même de la vie sont détruites de plus en plus rapidement. Le front uni est plus large dans sa diversité politique que l’ICOR, c’est une forme d’organisation plutôt large : c’est un mouvement organisé, dans laquelle chaque organisation peut choisir de s’impliquer et chacun décide lui-même comment et sous quelle forme il participe aux activités. 

    Cependant, nous n’en faisons pas une condition pour coopérer. Nous respectons les stratégies et les positionnements des organisations politiques. Cependant, nous désirons pouvoir travailler localement, régionalement, au niveau des États et plus largement avec toutes les forces qui veulent coopérer. Cela dans le but notamment d’organiser une solidarité locale, de répondre politiquement aux projets de la bourgeoisie, mais aussi de préparer les mouvements de masses qui naîtront lors de la décrue. 

    Nous partageons certains constats simples et unitaires : 

    • Le système de production capitaliste est incapable de répondre aux besoins matériels et culturels de la population. Il est également incapable de pouvoir exister sans ravager la planète et sans exposer l’humanité à de nouvelles pandémies. 
    • A terme, il met en péril les possibilités même de survie de l’humanité. 
    • La loi du marché a montré ce qu’elle signifie en pratique : la pénurie pour faire monter les prix, la recherche de la rentabilité maximale, quitte à sacrifier les travailleurs et les travailleuses. Elle génère également des coût astronomiques pour le matériel médical, dont la production est contrôlée par des monopoles immenses.
    • Le système capitaliste n’est pas réformable, il n’est pas conçu dans le but de satisfaire les besoins des masses populaires, dans le respect des capacités de régénération de la planète.

    Nous pensons qu’il existe des tâches immédiates sur lesquelles il est possible de travailler.

    • Impulser & renforcer les réseaux d’entraide et de solidarité. 
    • Faire en sorte de pouvoir mutualiser nos forces pour les faire vivre, les faire grandir et les faire fusionner. Nous voulons rationaliser les efforts, non les disperser. 
    • Construire des réseaux de solidarité d’auto-organisation de la classe ouvrière et des masses populaires pour soutenir les personnes les plus touchées dans leur vie quotidienne. 
    • Lutte pour les revendications sociales et politiques de masse au sens de la résolution ICOR – Corona au niveau local, régional, national et international. 


    Nous pensons que ces éléments forment la base minimale de travail commun et de mise en œuvre de campagnes communes. Ils peuvent être discutés. Nous voudrions proposer un communiqué unitaire le plus largement partagé possible entre toutes les organisations politiques qui veulent lutter pour le socialisme et pour la révolution. Nous voulons, camarades, parler avec vous, vous connaître, coopérer, répondre à l’immense tâche qui s’ouvre devant nous ! 

    A lire :

    https://unitecommuniste.com/international/appel-de-licor-et-de-lilps-pour-la-construction-dun-front-mondial/
  • Déclaration de l’ICOR sur la célébration d’un nouveau 1er mai

    Déclaration de l’ICOR sur la célébration d’un nouveau 1er mai

    A l’initiative de nos camarades de l’Uruguay, cette déclaration a été rédigée par l’ICOR pour le premier mai. Nous publierons nous-même notre propre position nous même pour le 1er mai proprement dit. Nous saluons le travail réalisé par l’ICOR et l’ILPS pour essayer de faire vivre cette date essentielle malgré le contexte extrêmement complexe. Nous appelons tous ceux et toutes celles qui le désirent à se mettre en relation avec le Front Uni animé par les deux coordinations internationales.

    En ce 1er mai, la classe ouvrière internationale et ses alliés doivent mener la lutte pour surmonter la double crise du système impérialiste-capitaliste – la pandémie du coronavirus et la grave crise économique et financière. De nouvelles maladies frappent gravement et de plus en plus souvent la population mondiale. Le système impérialiste a créé un monde dans lequel le climat et l’environnement changent d’une manière qui constitue une réelle menace pour la vie humaine.

    La voracité du système capitaliste, avec le capital financier et les monopoles au sommet, les politiques des gouvernements bourgeois ont conduit, entre autres par le biais des privatisations, à une orientation accrue des systèmes de santé sur le profit, et ont sapé en particulier le système de santé publique. C’est pourquoi ils sont souvent au bord de l’effondrement face à la pandémie actuelle.

    Cette crise économique et financière, qui touche déjà les principales puissances impérialistes, a entraîné une forte baisse de la production en Chine ainsi qu’aux États-Unis, en Europe, au Japon et dans la plupart des pays opprimés. Historiquement, cette crise économique et financière mondiale aura une profondeur, une durée et des conséquences imprévisibles.

    Nous rejetons le fait que les dirigeants tentent d’utiliser la pandémie du coronavirus pour couvrir l’évolution de cette crise économique et se décharger de son poids sur le dos des larges masses !

    Ces gouvernements fournissent des milliards de dollars aux banques et aux entreprises, argent qui n’est pas utilisé comme il se doit pour améliorer immédiatement les systèmes de santé, la protection de l’environnement et la sécurité sociale urgente des grandes masses.

     Dans de nombreux cas, les dirigeants tentent de maintenir la production industrielle à tout prix et dans des conditions d’hygiène totalement inadéquates, voire d’accroître l’exploitation même dans ces circonstances.

    Le l’ICOR salue, encourage et soutient les grèves comme en Italie, en Espagne, aux États-Unis, en Chine et dans d’autres pays, les mobilisations et d’autres formes de protestation des travailleurs et des secteurs populaires !

    Dans les pays opprimés, il y a un pourcentage particulièrement élevé de chômeurs, et des milliers de travailleurs qui vivent d’un travail occasionnel, de la vente dans la rue, du travail indépendant et des petits commerçants, qui restent sans moyens dans cette situation, même pour se nourrir. Dans le cas des aides d’État celles-ci sont généralement totalement insuffisantes.

    C’est pourquoi, dans plusieurs pays, comme en Argentine ou en Uruguay, il y a un grand développement de cuisines populaires dans les quartiers prolétariens, expression de la solidarité, premier grand pas et germe de l’organisation autonome des masses dans la perspective d’affronter les effets de la crise actuelle de manière combative. Il existe également des réseaux de solidarité en Colombie, en Haïti, en Équateur, au Pérou, au Chili, aux Philippines et dans de nombreux autres pays. Dans les pays impérialistes aussi, une immense solidarité et une volonté de s’entraider se sont développées parmi les masses.

    Les classes dirigeantes de nombreux pays profitent de la crise sanitaire et de la nécessité de contraintes sociales pour restreindre les droits et libertés démocratiques en interdisant les manifestations et les protestations, ce qui va souvent jusqu’au couvre-feu, en mobilisant non seulement la police mais aussi les forces armées. Ces mesures sont très dangereuses et sont dirigées contre la lutte des travailleurs et des larges masses ! Ces mesures sont utilisées par les dirigeants pour faire avancer la fascisation à l’intérieur.

    Cette réalité aggrave également la situation des femmes qui, outre les effets de la crise, assument davantage de tâches domestiques et de responsabilités dans les soins aux enfants et aux personnes âgées, et qui sont elles-mêmes victimes d’un plus grand nombre de cas de violence domestique patriarcale.

    Les tensions internationales se sont accrues en raison des menaces de guerre, du chantage et des sanctions des États-Unis contre des pays comme l’Iran, Cuba, la Chine, le Venezuela ou le Nicaragua.

    Cette double crise sanitaire et économique va tôt ou tard ouvrir la voie au développement de crises politiques, déjà très prononcées dans de nombreux pays. Cela peut déboucher sur une fermentation révolutionnaire.

    Mais seulement la lutte du prolétariat international et de ses alliés peut surmonter ce système de manière révolutionnaire ! Pour cela, nous avons besoin de fortes organisations révolutionnaires et une ICOR forte ! Un système qui a pour but le profit maximum des monopoles et non l’humanité, ses besoins et le respect de la nature appelle à relancer la lutte pour le socialisme ! Le principe directeur du socialisme est de surmonter l’exploitation de l’humanité et de la nature et de développer les forces productives dans l’unité de l’économie et de la santé. Seul le pouvoir de la classe ouvrière garantira ces lignes directrices !

    Ce 1er mai, l’ICOR, qui promeut la coordination et la coopération internationales des partis et organisations révolutionnaires dans une perspective révolutionnaire et socialiste, appelle à développer la solidarité, l’organisation et la lutte avec la plus grande énergie et propose la construction d’un Front anti-impérialiste et antifasciste mondial et un programme actualisé pour celui-ci :

    • Une véritable suspension des paiements de la dette nationale imposée aux  pays opprimés !
    • Création de nouveaux emplois à grande échelle dans le secteur de la santé et augmentation des salaires dans ce secteur !
    •   Luttons pour un changement du système de santé qui place les humains au centre.
    • Renforcement immédiat des mesures de protection pour tous les travailleurs du secteur de la santé et des autres secteurs qui continuent à travailler. Luttons contre l’égoïsme national et la concurrence dans la recherche des causes, le diagnostic et le traitement ! Un débat scientifique compréhensible par les masses !
    • Non à la tentative réactionnaire de déplacer le poids de la crise sur les larges masses et la classe ouvrière !
    • Non aux restrictions des libertés et des droits démocratiques !
    • Arrêt immédiat de toute production actuellement non essentielle dans la société ! Dispense des travailleur.se.s et des employé.e.s de ces industries, avec compensation intégrale du salaire !
    • La production, dont l’entretien est actuellement indispensable, doit être réalisée avec les plus grandes garanties sanitaires possibles, avec la désinfection des machines et des outils et en respectant une distance minimale de 1,5 à 2 mètres !
    • Aide d’urgence de l’État et soins d’urgence pour les enfants, les personnes âgées et les personnes ayant besoin d’aide. Aide d’urgence pour les sans-abri, les réfugiés, les sans-papiers et les personnes en situation précaire ! Mesures de grande envergure pour des soins de santé gratuits, avec de la nourriture et des médicaments pour tous au détriment des profits du gros capital !
    • Renforcez votre activité organisée d’entraide et de solidarité, dans la lutte contre le transfert du fardeau de la crise sur les masses populaires !

    PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !

    Pour la fin de toutes les guerres impérialistes d’agression et des blocus contre les peuples opprimés du monde !
    Pour un 1er Mai Internationaliste et la lutte pour une perspective Révolutionnaire et Socialiste!

    Vive le renforcement de l’union mondiale dans l’ICOR !
    Vive le Front anti-impérialiste et antifasciste mondial !
    Vivent la santé, la démocratie, la paix, la liberté, le socialisme !

    Signataires (état actuel 27/4/2020, d’autres signataires sont les bienvenus):

    1. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    2. UPC-Manidem   Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun
    3. CPK   Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    4. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. PCT   Parti Comuniste du Togo
    6. PCPCI   Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire (Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire)
    7. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    8. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    11. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    12. PPRF   Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    13. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    14. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    15. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    17. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    18. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    19. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    20. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    21. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    22. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    24. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    25. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    26. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    27. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    28. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    29. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    30. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    31. PPP   Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    32. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    33. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    34. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  • Message sur le plan de création de l’ILPS-Europe

    Message sur le plan de création de l’ILPS-Europe

    En tant que communistes et plus particulièrement en tant qu’organisation membre du Front Uni International, impulsé par l’International League of People Stuggle (ILPS) et l’International Coordination Of Revolutionnaries Parties and Organisations (ICOR), nous saluons le plan de création de l’ILPS-Europe. Nous leur souhaitons un développement rapide et de grands succès. Leur développement consolide celui de l’ensemble du mouvement communiste international.

    E.V.

    Jose Maria Sison, Président émérite de la Ligue internationale de lutte des peuples

    4 avril 2020

    Chers collègues,

    La Ligue internationale de lutte des peuples est un front uni d’organisations de masse pour la lutte anti-impérialiste et démocratique à différents niveaux. Depuis sa fondation en 2001, elle a une portée internationale. Mais pour atteindre la profondeur, elle doit construire ses forces composites aux niveaux régional, national et local.

    Elle peut gagner du souffle à chaque niveau en ayant davantage d’organisations de masse comme composantes de chaque préoccupation.

    Pr. Jose Maria Sison

    Elle peut également gagner en ampleur en pouvant s’allier à d’autres formations de front unique à tous les niveaux. On peut appeler cela l’élargissement de l’alliance pour rassembler la plus grande force possible afin d’isoler et de submerger l’adversaire.

    Pour construire l’ILPS à n’importe quel niveau, vous devez connaître la situation dans son champ d’application géographique et vous devez rassembler les organisations de masse que vous pouvez à un moment donné. Vous devez réunir les délégations de ces organisations afin d’échanger des points de vue et des expériences, de convenir d’un programme d’action et d’élire l’organe qui dirigera le travail et la lutte qui découlera de l’assemblée.

    Je suis heureux que dans votre projet de création de l’ILPS-Europe vous appréciez sa place dans la structure de l’ensemble de l’ILPS et que vous ayez fait des préparatifs pour la mise en place de cette formation régionale en connaissant la situation en Europe, en réunissant des délégations de différents pays, en formulant un programme d’action et en élisant votre organe directeur régional.

    Sur la formation de l’ILPS-Europe

    En formant l’ILPS-Europe, vous prenez en compte et tirez profit de la charte et du programme de l’ensemble de l’ILPS et vous vous concentrez sur les conditions, les préoccupations et les demandes des peuples de la région et des pays qui la composent afin de poursuivre et de faire progresser la lutte anti-impérialiste et démocratique pour le socialisme et la solidarité dans l’intérêt des peuples d’Europe.

    Vous devez construire l’ILPS-Europe comme un front uni de formations de masse définies en son sein aux niveaux régional et national. Vous pouvez attirer dans le giron de l’ILPS plus d’organisations anti-impérialistes et démocratiques intéressées par l’une des préoccupations de l’ILPS. En même temps, vous pouvez avoir une alliance et une coopération consensuelle, consultative et pratique avec d’autres organisations qui sont indépendantes de l’ILPS mais qui ont un intérêt commun avec l’ILPS.

    En raison de l’aggravation de la crise du système capitaliste dans le monde et en Europe, il existe des formations de masse anciennes et nouvelles qui mènent des luttes anti-impérialistes et démocratiques sur un large éventail de questions de nature économique, sociale, politique, culturelle et environnementale et qui touchent la classe ouvrière en général, les migrants et les réfugiés, les femmes, les jeunes, l’intelligentsia et d’autres secteurs de la société.

    Le capitalisme monopoliste a aggravé l’exploitation du prolétariat et du reste de la population, en particulier sous la politique du néolibéralisme. Il leur a infligé le chômage, la précarité de l’emploi, des salaires réels plus bas, un coût de la vie plus élevé, l’érosion des services sociaux, des mesures d’austérité, la discrimination sexuelle, la diminution des opportunités pour les jeunes, la dégradation de l’environnement et une augmentation de la fiscalité sur les personnes (mais pas sur les sociétés commerciales) sous divers prétextes.

    Dans le même temps, le capitalisme monopoliste a aggravé l’oppression du peuple. Des lois, des politiques et des pratiques anciennes et nouvelles sont utilisées pour restreindre les droits démocratiques et les libertés fondamentales. Les moyens d’information et d’éducation dominants répandent des préjugés chauvins, racistes et fascistes. Pire encore, des mouvements fascistes sont apparus et collaborent avec les forces coercitives de l’État contre le peuple et les forces démocratiques.

    Vous construisez l’ILPS-Europe à un moment où le prolétariat et les peuples de la région s’élèvent, comme dans d’autres régions du monde, contre l’escalade de l’exploitation et de l’oppression en raison de la politique néolibérale de cupidité débridée, du terrorisme d’État, de la montée du fascisme et des guerres d’agression sans fin déclenchées par l’impérialisme américain. Votre lutte en Europe est nécessairement liée aux luttes des peuples à l’échelle mondiale.

    En harmonie avec le Front uni international

    Tout en construisant l’ILPS-Europe, vous devez également être en harmonie avec l’engagement international et la politique de l’ILPS en front uni avec d’autres formations internationales et organisations individuelles. En ce moment, l’ILPS initie conjointement avec la Coordination internationale pour la révolution (ICOR) la formation du Front uni international anti-impérialiste et antifasciste (AIAIUF), qui vise à inclure d’autres formations internationales.

    Dans ce type de front uni international de plus en plus large, l’ILPS espère amplifier les forces communes et individuelles des participants, s’entendre par consensus sur des tâches et des actions communes et maintenir des relations consultatives et consensuelles entre des participants égaux et se respectant mutuellement.

    Les participants ont le droit à l’indépendance et à l’initiative et ne sont pas liés par le centralisme démocratique. Ils s’accordent à conserver et à accroître leurs forces et leurs capacités respectives, à faire des déclarations communes ou similaires, à entreprendre des actions et des campagnes communes sur certaines questions à certaines dates ou périodes convenues.

    Nous pouvons nous attendre à ce que les protestations de masse mondiales qui ont éclaté de façon spectaculaire depuis l’année dernière continuent de s’étendre et de s’intensifier et prennent des formes plus élevées de lutte non seulement pour un changement de régime mais aussi pour un changement de système. Elles signalent la transition vers des luttes anti-impérialistes plus importantes et la résurgence de la révolution prolétarienne-socialiste mondiale.

    La montée des luttes anti-impérialistes et démocratiques est la conséquence de l’aggravation rapide de la crise du système capitaliste mondial. La crise de surproduction a été aggravée et accélérée par l’adoption de technologies plus avancées, la diminution délibérée des revenus réels et nominaux des travailleurs, l’accumulation rapide du capital dans les mains de la bourgeoisie monopoliste et l’émergence de nouvelles puissances impérialistes en plus des puissances traditionnelles.

    Intensification des contradictions inter-impérialistes

    Toutes les puissances impérialistes, traditionnelles et nouvelles, semblaient bien s’entendre sous les auspices de la mondialisation néolibérale tant qu’elles pouvaient exploiter les travailleurs de tous les pays et transférer le fardeau de la crise aux pays sous-développés et moins développés. Mais la crise de surproduction s’est aggravée trop vite pour perturber l’équilibre des forces entre les puissances impérialistes, au point que la concurrence économique et la rivalité politique sont devenues de plus en plus prononcées.

    Le changement le plus spectaculaire a été le déclin stratégique des États-Unis, qui sont passés du statut de superpuissance unique de 1991 à 2008 à celui de simple puissance dans un monde multipolaire. La Chine a développé son économie à un point tel que les États-Unis la considèrent comme son principal concurrent économique et son principal rival politique. L’Union européenne elle-même est ébranlée par la sortie de la Grande-Bretagne et est mise à rude épreuve par la récession prolongée depuis la crise financière de 2008.

    Le prolétariat et les peuples d’Europe de l’Est et de Russie sont scandalisés par la dégradation des conditions de passage d’un régime révisionniste à un capitalisme débridé. Ils s’indignent de la montée du chômage, de la perte drastique des services sociaux et des mesures répressives. Ils ont un fort désir de changement de système du capitalisme au socialisme.

    Les puissances impérialistes d’Europe occidentale sont encore principalement alignées sur les États-Unis et le Japon au sein du FMI, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du G-7, du G-20 et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais certains pays ont des besoins particuliers qui les obligent à avoir des relations amicales avec la Russie et la Chine. L’alliance des États-Unis et des puissances d’Europe occidentale est mise à l’épreuve et mise à rude épreuve par les fréquentes demandes de sanctions et d’actions d’agression des États-Unis contre leurs ennemis.

    A l’exception de l’Asie du Sud-Est où la Chine revendique 90 % de la mer de Chine méridionale et est agressive, les Etats-Unis restent le premier fauteur de troubles du monde capitaliste. Mais ils ont décliné précisément à cause de l’excès de zèle impérial, en dépensant trop dans les bases militaires à l’étranger et les guerres d’agression sans fin, et en ayant fait des concessions économiques, commerciales et technologiques majeures à la Chine jusqu’en 2018.

    Alors que les contradictions inter-impérialistes s’aggravent, nous pouvons nous attendre à ce que les puissances impérialistes fassent davantage d’efforts pour transférer le fardeau de la crise aux États clients ainsi qu’à leur propre classe ouvrière et à la classe moyenne. Nous devons être très attentifs à la manière dont la bourgeoisie monopoliste exploite la classe ouvrière et dont elle génère le chauvinisme, le racisme et le fascisme afin d’obscurcir les racines de la crise et de prévenir la montée des forces révolutionnaires.

    La crise du système capitaliste mondial qui s’est développée depuis le krach financier de 2008 n’a pas été résolue par la bourgeoisie monopoliste et a conduit à une crise plus profonde et plus grave en cette année 2020. La ligne néolibérale de la mondialisation impérialiste s’est effilochée après plus de 40 ans de domination.

    Alors qu’elle fonctionne et alarme la plupart des pays, la pandémie de Covid-19 est utilisée par les gouvernements bourgeois pour renforcer le contrôle social et appliquer des mesures répressives. Mais elle sert également à exposer et à souligner le caractère antisocial du capitalisme monopoliste et les déprédations flagrantes que la politique néolibérale a engendrées. Les larges masses populaires sont donc incitées à se rebeller.

    Elles sont scandalisées par le fait que la bourgeoisie monopoliste utilise depuis longtemps le mode néolibéral d’exploitation effrénée et se sert de la pandémie comme excuse pour prendre des mesures de sauvetage financier et bénéficier de prétendus plans de relance. Ils sont révoltés de voir qu’ils sont soumis à des conditions de vie pires, à savoir des revenus faibles, le chômage, l’absence de domicile fixe, l’érosion des prestations sociales et la privation de soins de santé et d’autres services sociaux.

    Construire le mouvement de masse à travers le Front uni

    Nous pouvons nous attendre à ce que, dans les mois et les années à venir, la lutte de classe entre la bourgeoisie monopoliste et le prolétariat s’intensifie et à ce que la lutte entre les mouvements fascistes et antifascistes s’intensifie en Europe ainsi que dans d’autres régions du monde. Il est urgent de construire le mouvement de masse par le biais du front uni des forces révolutionnaires dans les luttes anti-impérialistes et démocratiques pour la libération nationale, la démocratie et le socialisme.

    En Europe, nous devons être capables d’éveiller, d’organiser et de mobiliser le prolétariat (y compris les travailleurs migrants) et la classe moyenne, qui se réduit et vit dans la précarité. La politique économique néolibérale a fait ressortir le pire caractère antisocial, antiprolétarien et antipopulaire du capitalisme monopoliste.

    Quel que soit le taux de croissance du PIB, il signifie l’augmentation implacable de la dette publique insoutenable au profit de la bourgeoisie monopoliste, la maximisation du profit privé en comprimant les revenus de la classe ouvrière, la montée du chômage, les mesures d’austérité, l’érosion des prestations sociales et la diminution des services sociaux.

    En Europe occidentale, le prolétariat et les populations de tous les pays souffrent de l’aggravation des conditions de la crise économique et financière, celles de certains pays étant plus touchées que celles d’autres pays. En Europe de l’Est et en Russie, le prolétariat et la population sont dégoûtés par la nouvelle détérioration de leurs conditions, de la période de régime révisionniste à la période actuelle de capitalisme débridé.

    Alors que la crise du capitalisme s’aggrave, chaque clique dirigeante de la bourgeoisie monopoliste utilise les appareils coercitifs de l’État pour réprimer la montée du mouvement de masse révolutionnaire et génère les courants de chauvinisme, de racisme et de fascisme. Le prolétariat et le peuple sont ainsi mis au défi de riposter avec le mouvement anti-impérialiste et démocratique pour le socialisme.

    De nombreuses questions se posent et appellent à l’action de la part des larges masses populaires. Mais la tâche principale est de construire le mouvement de masse par le front uni des forces révolutionnaires et de faire avancer la lutte de classe contre la bourgeoisie monopoliste et de viser le socialisme. Les forces révolutionnaires en Europe doivent faire avancer les luttes anti-impérialistes et démocratiques de concert avec les peuples des autres régions et du monde entier.

    Merci.