Étiquette : Islamophobie

  • Une rentrée par la droite.

    Une rentrée par la droite.

    Septembre arrive et l’été se termine. La rentrée commence, que ce soit scolaire ou politique. Une rentrée sous le signe d’une pandémie qui n’en finit pas de ne pas finir et d’une préparation de l’élection présidentielle.

    Et dans ce climat instable, le gouvernement compte bien préparer sa réélection. Les esprits, échaudés par la question de la vaccination et du pass sanitaires ne seront pas insensible à des campagnes démagogiques. De plus, les sondages indiquent un nouveau face-à-face Macron / Le Pen. Prendre des voix à droite est donc une nécessité vitale.

    En cette période de rentrée des classes, rien de tel que d’ouvrir la charge sur deux thématiques porteuses : l’allocation de rentrée et la laïcité.

    L’allocation de rentrée est un versement d’un montant entre 370€ et 404€ versé selon des critères de ressources. Elle permet aux parents aux ressources modestes de pouvoir payer les fournitures scolaires de leurs enfants. Il s’agit donc d’une compensation, assez faible, servant à maintenir un semblant d’équité sociale face à une école supposée gratuite. Elle est versée à 3 millions de familles modestes, sachant que le coût d’une rentrée est en moyenne de 1263€.

    Cependant, dès que de l’argent est attribué aux personnes dans le besoin, la polémique n’est pas loin. L’image du pauvre frivole, dépensier, roublard, à la vie dure. Pourtant en réalité 50 % des personnes ayant droit au RSA n’en font pas la demande, tandis que la fraude aux prestations sociales atteint 350,5 millions d’euros. C’est 70 fois moins que la fraude aux cotisations fiscales. Mais c’est un bon marronnier de rentrée.

    Salauds de pauvres.

    Cela n’empêche pas Jean-Michel Blanquer de déclarer sur France 3, le 29 aout: « On sait bien qu’il y a parfois des achats d’écrans plats plus importants au mois de septembre qu’à d’autres moments… »

    Or, la CAF tient un discours inverse. Ses enquêtes et sondages quant à l’utilisation de l’argent versé indiquent une écrasante majorité de dépense pour des produits liées à la rentrée : Fournitures scolaires (95%), vêtements (89%), cantine, assurance, transport (42%)… Les usages détournés sont rares : 4 % l’ont laissé sans affectation, 1,8 % l’ont épargnée, 1,5 % ont remboursé des dettes, 1,3 % ont payé leurs impôts. Quelle frivolité.

    On est loin de la description qui est faite par Rafik Smati, député LR du Pas-de-Calais. Celui-ci déclarait sur twitter : « L’allocation de rentrée scolaire (500€ par enfant) est une aide sociale légitime.

    Problème : elle est souvent affectée à des achats plaisir (tv, smartphones…).

    Solution : distribuer cette aide en chèques-rentrée valables uniquement sur des produits vestimentaires et éducatifs. »

    Contrôler les pauvres.

    Cette volonté de fonctionner avec des tickets n’est pas uniquement le reflet d’une volonté de bon fonctionnement, elle est aussi idéologique. Denis Colombi, sociologue, écrivait : « Au travers de l’argent, on essaie de contrôler le mode de vie des pauvres. » C’est une manière d’imposer des choix de vie, de culpabiliser et de rabaisser moralement les personnes les plus modestes. Leurs choix sont scrutés : vouloir que leur enfant ait des vêtements de marque plutôt que le modèle d’entrée de gamme ? Quelle hérésie. Louis Maurin, directeur de l’observatoire des inégalités, rétorque que : « si l’argent de l’ARS sert dans certains cas à acheter des produits de marque aux enfants, alors qu’ils pourraient avoir moins cher, c’est une petite compensation par rapport aux difficultés de l’existence« .

    De même, les dépenses sur d’autres secteurs (équipement ménager, informatique, en particulier en temps de pandémie…) servent aussi à bénéficier d’un cadre de vie plus agréable. Or, « Puisqu’on ne peut pas disposer du détail de leur budget et de leurs différents postes de dépenses, cela revient à nier aux pauvres le droit d’avoir des dépenses autres qu’essentielles« .

    Mais il est vrai qu’en ces temps de rentrée, il est plus facile de cracher sur les choix des plus modestes que de mettre en place le protocole sanitaire. Le ministre de l’Éducation préfère donc lancer des polémiques : crop-top, islamogauchisme, ARS…

    C’est toujours plus simple de s’expliquer sur l’échec complet de la mise en place de protocoles sanitaires, l’absence de capteurs de CO2, ou la campagne de dépistage qui s’est vautrée dans le ridicule. Ce choix de la polémique est d’ailleurs une constante pour un ministre qui cherche à exister politiquement. Notamment le choix de toujours présenter sa politique à des journaux avant même de communiquer avec le reste de la techno-structure de l’enseignement.

    Donc, au lieu de régler ces questions, ce cher ministre s’est lancé dans une campagne sur la Laïcité.

    Une laïcité à géométrie complexe.

    Nous sommes pour la laïcité. Mais cela dépend de sa définition. Nous pensons que la neutralité des administrations et des institutions est un acquis essentiel, en particulier dans les lieux d’éducation. Tout comme le fait que l’État n’ait pas à s’immiscer dans les croyances des individus, dans la mesure où celles-ci ne forment pas une transgression de la loi. Nous pensons que, en dehors de cela, c’est à un débat démocratique incluant autant les religions que l’athéisme de trancher la question de la foi et de lutter contre les pratiques réactionnaires qui peuvent exister dans la pratique de celle-ci.

    Aujourd’hui, c’est un lieu commun dans lequel on peut mettre tout et n’importe quoi. Dans un grand mouvement de retournement des valeurs, des concepts tels que la laïcité ou la liberté d’expression ont été pollués par les réactionnaires. Aujourd’hui, la laïcité brandie par toute une partie du spectre politique est devenue une équivalence à « islamophobie », tandis que la liberté d’expression est devenu le droit de tenir des propos racistes, sexistes ou LGBT-phobes. Ce grand retournement est aussi la conséquence du retournement des intellectuels, qui se sont majoritairement convertis aux idées de droite.

    La campagne sur la laïcité menée par l’Education Nationale est dans cette veine là. Elle n’a pas coûté cher, une dizaine d’affiches basiques, mais contribue grandement à une offensive idéologique générale… mais contre quoi ?

    Une analyse de la campagne :

    C'est ça la laïcité" : une campagne du ministère de l'Éducation nationale  fait débat sur les réseaux sociaux

    Mona Cholet1 en a fait une analyse :

    « Commençons :

    1-La laïcité, c’est la séparation des églises et de l’état, c’est aussi la neutralité religieuse de l’état et de ses agents dans l’exercice de leurs fonctions.

    2-Aucune des personnes présentées dans ces affiches n’est agent de l’état, ce sont des élèves.

    Conclusion 1 : ces affiches ne parlent pas de laïcité. Sous couvert de laïcité, elle parlent plutôt d’ « intégration », de « multiculturalisme » et de « vivre ensemble ». Cette confusion des termes a des conséquences.

    1-Ces affiches présentent des enfants dans diverses activités.

    2-Le fait qu’ils soient ensemble dans ces activités est présenté comme un effet de la laïcité

    3-Quelque chose ferait donc obstacle sans la laïcité, mais quoi donc ?

    4-Les seules réponses possibles dans ces affiches sont : des couleurs de peau différentes et des prénoms d’origines diverses.

    Conclusion 2 : ces affiches supposent que les origines des élèves (dont la couleur de peau et les prénoms sont ici des signes) empêchent le vivre ensemble et que la laïcité remédie à ce que l’affiche présente comme un problème.

    Elles reposent donc sur un imaginaire raciste (qui s’ignore probablement lui-même et se croit même sans doute antiraciste, mais ça n’atténue rien).

    Sous un air jovial, ces affiches célèbrent le vivre ensemble, mais en le conditionnant à la laïcité. Sans celle-ci, certaines personnes ne pourraient pas s’intégrer convenablement à la société française. Pourquoi ?

    Sans doute, car ces personnes resteraient trop différentes entre elles, ce qui serait source de conflits. La laïcité permettrait donc d’homogénéiser les populations, de les transformer en bon citoyens (notons la récurrence du mot « même »).

    La laïcité est donc conçue ici comme un instrument normatif, elle est ici présentée dans une conception assimilationniste et paternaliste, dans la lignée des conceptions coloniales sur ces questions.

    Continuons et répétons :

    1-La laïcité concerne les religions.

    2-Aucun signe religieux ou éléments symbolisant une religion n’est présent dans ces images.

    3-Ce sont donc implicitement les prénoms et les couleurs de peau qui signifient l’appartenance religieuse dans ces affiches.

    Conclusion 3 : Ces affiches reposent donc sur des conceptions racistes et essentialisantes qui supposent qu’on peut déduire l’appartenance et les pratiques religieuses à partir des prénoms et de la couleur de peau.

    Elles réduisent les personnes à leur croyances en fonction de leur prénoms et couleurs de peau (l’une des affiches le dit presqu’explicitement en parlant de « croyances » en montrant trois jeunes gens que rien de distingue sinon leur couleur de peau).

    Continuons :

    1-Ces affiches présentent diverses activités

    2-Certaines font implicitement référence à des polémiques récentes, notamment celle sur la piscine (qui évoque implicitement le burkini qui pourtant ne concerne en rien les enfants)…et celle sur le rire (qui évoque implicitement Charlie Hebdo, etc.)

    Conclusion 4 : ces affiches s’appuient sur un narratif médiatique raciste qu’elles réactivent et légitiment tout en apportant comme solution à ce qui est présenté comme un problème une conception normative de la laïcité. (les filles, ça se baigne en maillot, c’est comme ça en France ! On rit des religions, interdit de critiquer cela, c’est comme ça en France ! Dans le premier cas, l’affiche est donc en plus « baignée » d’idéologie patriarcale voulant exercer un contrôle sur le corps des femmes)

    Ces affiches mettent donc surtout en scène une collection de fantasmes agitant les esprits d’une certaine classe politique et médiatique (couple mixtes, burkinis, liberté d’expression menacée, etc.).

    Évidemment, ce qui est visé ici, ce sont les musulmans, ou plutôt l’image distordue et essentialisante que s’en font les responsables de ces affiches, image distordue à laquelle correspond en contrepoint une image tout aussi distordue de la laïcité.

    Le véritable message de ces affiches, même s’il n’est qu’implicite et camouflé, c’est donc : les musulmans ne sont pas laïcs, il faut qu’ils le deviennent. C’est à croire que chez ces gens-là, l’un n’existe qu’avec l’autre, le musulman n’existe que comme repoussoir à la laïcité et la laïcité comme remède au musulman.

    Dans cette dialectique abjecte, on ne célèbre un « nous » que parce qu’il y a un « eux » que l’on condamne du même mouvement. Cette vision des choses conduit à une impasse : il ne sera jamais permis à l’autre de « s’intégrer » véritablement car alors, le « nous » perdrait son fondement.

    Il est donc constamment nécessaire de rappeler qu’il existe un « eux », qu’il est irréductible, récalcitrant. Il faut le répéter encore et encore. Ces affiches remplissent cette fonction.

    Conclusion conclusive : la laïcité, dans ces affiches, c’est l’exact inverse de ce qu’est la laïcité dans la loi de 1905. C’est une laïcité devenue dogme qui est professée ici, un dogme de l’assimilation et de l’invisibilisation, une fausse laïcité qui n’est que racisme. »

    L’Islam est présenté donc comme un rempart au vivre ensemble et à l’harmonie de la société. Cette religion serait d’ailleurs la seule à poser un problème. Pourtant, avec 2 000 000 d’élèves et 8 000 établissement, l’enseignement catholique est un hydre massif. Les écoles privées confessionnelles juives représentent 30 000 élèves et 300 établissements. A titre de comparaison, les établissement du secondaire musulmans ne sont que 7. Conséquence de ce chiffre, les fondamentalistes des autres religions peuvent s’épanouir dans leurs espaces réservés et perpétuer un communautarisme souvent élitiste. L’inverse n’étant pas possible, cela créé artificiellement le sentiment que l’école publique est beaucoup plus confrontée à la question de l’islam fondamental.

    La pseudo-laïcité et le vrai racisme.

    Mais il ne faut pas nier une dimension hypocrite très profonde : la France est elle un pays laïc ?

    Entre la mise en avant constante des « racines chrétiennes », le fait que le président soit Chanoine de Latran, qu’il participe à la messe de Lourdes.. Il existe un grand nombre d’incartades. Surtout, une partie entière de la France est toujours au Concordat de 1801. Les cultes chrétiens et juifs sont subventionnés (ce qui n’est pas le cas de l’Islam).

    Finalement, non seulement cette campagne ne parle pas de laïcité, mais elle contribue à accentuer le climat de défiance dans les classes populaires et le climat de paranoïa raciste. Une paranoïa raciste qui est d’autant plus dangereuse et profonde qu’elle se base sur une série de négations. Concernant cette campagne, Jean-Michel Blanquer avait déclaré : « L’école est un sanctuaire de neutralité sur ces enjeux. Une variété de couleurs de peau sur l’affiche ? Je n’y fais même pas attention ». Un argument assez bas de gamme, qui contribue à nier l’existence et même la possibilité du racisme à l’école, que ce soit entre les élèves comme au sein de la communauté éducative dans son ensemble. Un racisme pourtant bien décrit par les travaux dans les sciences de l’éducation2.

    Il y a fondamentalement là deux conséquences : l’une est le fait que, en piochant dans un inconscient mâtiné de peur d’un « colonialisme à l’envers », cette campagne contribue à une stigmatisation d’une partie de la population et à l’alimentation d’une rhétorique de peur. Elle est très pratique en cette période préélectorale, puisqu’elle permet à la fois de rassurer un public anticlérical tout en montrant qu’elle prend en compte les angoisses de l’électorat d’extrême-droite.

    La deuxième conséquence est la poursuite de la transformation de la notion de Nation au sens de « La constitution du peuple en un corps politique » au profit d’une conception identitaire de celle-ci. Pourtant, il s’agit d’un des grands aspects positifs de la définition de Nation au sens français du terme : comme entité représentant la synthèse du peuple. « L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours. » ; face à des conceptions ethniques-raciales comme celle de l’Allemagne. Cette transformation ouvre des brèches : il peut donc exister une « identité nationale », tout comme des « français de papier » voire une « anti-France ». Il se trouverait donc une opposition au sein de la Nation entre un « pays légal » à un « pays réel » pour reprendre la très réactionnaire formulation de Charles Maurras. A partir de là, on peut croire que la mondialisation, le cosmopolitisme ou la transformation des pratiques culturelles et sociales contribue à « tuer les nations ». Or, pour nous, qui adhérons à une conception nationale-populaire, la Nation est construite par l’unité populaire, par la synthèse de l’ensemble des classes populaires qui composent notre pays, que les individus soient juridiquement français ou non. Elle est donc immortelle et en perpétuelle évolution. Comme dirait Sartre : son existence précède son essence.

    Si nous sommes contre les aspects réactionnaires de la pratique religieuse au même titre que contre toutes les pratiques réactionnaires, nous considérons que cette campagne, non seulement ne répond à aucun problème, mais en plus s’inscrit dans un courant dangereux : une offensive de la peur. Contre ces offensives : construisons l’unité de notre camp. Une unité de classes populaires, une unité contre l’exploitation, une unité contre ceux avec qui nous ne partageons ni valeurs, ni mode de vie, ni histoire : la bourgeoisie.

    1https://twitter.com/monachollet

    2http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/01/11012016Article635880901423302360.aspx

  • La chasse aux sorcières continue.

    La chasse aux sorcières continue.

    Dimanche 9 mai, treize policiers de la BAC, armés de fusils d’assaut ont encerclé et maîtrisé un homme sur le parvis de la Basilique d’Ainay à Lyon. La raison est au mieux pathétique, au pire réellement terrifiante. Dans tous les cas, elle reflète l’état de panique et la droitisation avancée tant de l’État que de la classe qu’il sert : la bourgeoisie.

    Un homme de 44 ans, habitué des promenades et des visites de lieux de cultes chrétiens pour méditer et prier, a eu, selon les paroissiens, « l’audace » d’être musulman, et de chanter en arabe les louanges de Dieu dans un lieu de culte. Il a prononcé le fameux « Allah Akbar » qui fait frémir les réactionnaires, pourtant une expression si anodine de foi pour les musulmans et les musulmanes.

    On en arrive à une situation éminemment Kafkaïenne, la haute bourgeoisie de la paroisse terrorisée par la présence de cet individu dans « leur » église, un encerclement de policiers armés et prêts à tirer, une arrestation médiatisée, et une condamnation mardi à deux mois d’emprisonnement pour « rébellion ». Répétons cela, en une poignée de jours, cet homme est passé d’un simple dimanche comme un autre à deux mois fermes à l’ombre, pour une simple prière dans un lieu de culte.

    Le comparution devant la cour a été aussi le théâtre de pathologisation de l’individu, on a cherché des éléments qui pouvaient expliquer rationnellement qu’un musulman « ose » venir dans une église à l’heure de la messe pour prier. On en oublierait presque que la Chrétienté et l’Islam partagent grandement la même source confessionnelle, le même dieu et les mêmes figures prophétiques. Penser qu’un homme visite des églises pour leur aspect calme et religieux est un bon moyen pour lui de méditer et exercer sa foi ne rentre pas dans une logique évidente quelconque.

    Cette histoire effarante, nous la devons au climat pogromiste dans lequel baigne la société française depuis des décennies. Elle est aussi une pierre de touche.

    D’une part, il est reproché aux musulmans et aux musulmanes de ne « pas s’intégrer » et de ne pas « faire d’efforts ». De l’autre, on les traite comme une diaspora menaçante, et on les marginalise constamment. Il y a là une prophétie auto-réalisatrice en germe.

    Mais la vérité, derrière les discours, est que les réactionnaires ont déjà tranché cette question. C’est ce qu’on retrouve derrière l’émergence de termes tels que « grand-remplacement », « français de papier » ou « islamo-gauchisme ». Tout en maquillant de pleurnicherie et de regrets leurs actes, toute une partie de l’échiquier politique a pris la décision de classer tous ces individus, pour des motivations foncièrement racistes, dans la catégorie des gens dont il faut se débarrasser. L’Islam est un prétexte, la réalité est celle d’une préparation mentale à l’épuration ethnique.

    Nous regardons avec inquiétude l’évolution politique et sociale de notre pays. Un pays qui, pourtant, est l’un des seuls qui ne définit pas la Nation comme une communauté ethnique. Nous savons que 2022 sera une date paroxysmique pour les discours réactionnaires. Nous l’avions dit, il y a 4 ans : « nous (au sens large) avons 5 ans pour être prêts à y faire face. » Nous voilà au seuil de l’échéance.

  • Islamo-gauchisme & universités.

    Islamo-gauchisme & universités.

    L’Unité Communiste dénonce la campagne orchestrée par le gouvernement à l’encontre des universités.

    Depuis plusieurs mois, le gouvernement cible l’université et la communauté universitaire. Plusieurs ministres, comme Frédéric Vidal ou Jean-Michel Blanquer, ont déclaré que celle-ci représentait un vivier pour « l’islamo-gauchisme », et qu’il fallait enquêter en son sein.

    Le 14 février, sur la chaîne de propagande ultra-réactionnaire Cnews, Frédéric Vidal et Jean-Pierre Elkabbach ont échangé sur leur vision de l’université.

    « Ce que l’on observe dans les universités, c’est qu’il y a de gens qui peuvent utiliser leurs titres […] pour porter des idées radicales ou pour porter des idées militantes de l’islamo-gauchisme, vraiment. » Ces idées, les voilà : ce sont celles d’« indigénistes qui disent la race, le genre, la classe sociale ». Quel outrage.

    Cette fusion est résumée ainsi : «Il y a une sorte d’alliance entre Mao Tsé-Toung si je puis dire et l’ayatollah Khomeini, euh… » (J.-P. Elkabbach).1

    Cette vigilance est d’ailleurs largement appuyée par le Figaro, qui titrait « Comment l’islamo-gauchisme gangrène l’université », et par un ministre de l’intérieur plus à droite que le RN. Il en résulte que le gouvernement souhaite pouvoir contrôler les sujets de recherche et d’étude, donc l’attribution des finances sur des critères politiques. Il désire également mettre fin à la « franchise universitaire ». Celle-ci, datant de la bulle papale de 1231 (!) considérait que l’université devait être indépendante du pouvoir temporel, et donc hors du contrôle étatique et policier.

    La menace est elle si grande ? Il semble surtout que la réalité soit plus complexe.

    Le CNRS a très justement rappelé que le concept de l’islamo-gauchisme est un concept bancal. Il tient de la construction artificielle, du fantasme, et n’a pas de rapport avec la réalité scientifique et objective. Sans définition claire et précise, il décrit à la fois tout et à la fois rien. Il tient donc plus du slogan publicitaire que d’autre chose. Cependant, il démontre une certaine vision du monde.

    Dans l’esprit de ces héritiers de McCarthy, l’organisateur de la traque des communistes aux USA, l’université est un ennemi. En étudiant la société actuelle et en analysant les rapports sociaux, politiques, économiques et culturels en son sein, elle remet en cause -même sans que cela d’ailleurs directement son objectif- l’ordre établi.

    L’université fragilise la magnifique société d’harmonie vue par les exploiteurs les plus réactionnaires.

    Leur vision d’une société harmonieuse est une société qui fonctionne sans entraves. Une société organique dans laquelle les travailleurs et travailleuses font ce qu’on leur demande de faire. Une société dans laquelle les femmes peuvent revendiquer quelques droits, mais ne doivent pas bouleverser le « bon vieux patriarcat », dans lesquelles des valeurs traditionnelles doivent rester le référentiel de base : ordre, autorité, famille, patrie…et travail.

    Le fait de mettre en exergue le patriarcat, l’exploitation, le colonialisme et le néo-colonialisme, en sapant l’harmonie de la société, menacent l’ordre établi. Et, selon les réactionnaires, ces interstices permettent aux musulmans les plus radicaux (ceux-là même auxquels les français vendent des armes, soit dit en passant…) de pouvoir avancer leurs pions.

    De plus, ils anticipent largement les mouvement sociaux à venir.

    Nous l’avions mentionné par le passé, nous sommes dans l’œil du cyclone. La situation économique se dégrade progressivement. Macron, et ses prédécesseurs, en broyant les droits sociaux et en réduisant les salaires, fragilisent la société et en particulier les plus précaires. La pandémie, en se surajoutant à cela, accentue encore ce phénomène de paupérisation toujours plus fort.

    Demain, des luttes explosives auront lieu. Pour le pouvoir, ces luttes doivent être contrebattues par tous les moyens. Par la loi sur la sécurité globale, d’une part, mais aussi en luttant contre les idéologies révolutionnaires : en brisant les manières d’analyser la société et de trouver des moyens d’organiser les colères.

    Le gouvernement n’hésite pas non plus à les détourner, en relançant la vieille machine à haine : l’islamophobie est le racisme d’hier, maquillé, repeint, légalisé. Ses ténors sont adoubés et ont pignon sur rue. Ils vomissent leur haine en toute impunité. Ils sont le pansement de fortune d’une société en échec.

    Dans ce continuum entre les différentes lois – lois économiques et lois politiques – la lutte contre le « séparatisme » sert uniquement de prétexte. Le vrai séparatisme est celui des riches, des exploiteurs, au dessus des lois, fraudeurs, menteurs, assassins. Celui qui est ciblé par la loi éponyme est uniquement celui de miséreux cherchant des issues à leurs souffrances. Il est le reflet de la faillite du système.

    Le bout de la piste.

    Aujourd’hui, des lois comme la loi séparatismes peuvent passer avec un assentiment général. Le fond de l’affaire n’est même plus contesté, alors qu’il est éminemment contestable. Plus de la moitié des élus PCF se sont, par exemple, abstenus sur le vote de la loi séparatisme2. Dans leurs interviews, ils ont reconnu une certaine réalité à ce qui est ciblé par celle-ci. Ils se sont montrés incapables de comprendre le continuum entre ces différentes loi et le sens politique profond de celles-ci.

    Il n’est pas possible de ne pas reconnaître que les réactionnaires gagnent du terrain. «Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres» écrivait Gramsci. L’impérialisme et le capitalisme apparaissent épuisés, incapable de répondre aux besoins de la société. En s’insérant dans ses fêlures, des fanatiques de l’ordre ancien tentent de renverser la roue de l’histoire : ramener vers un passé d’ordre absolu.

    Cependant, croire que les réactionnaires hégémoniques vont combattre les réactionnaires concurrents est, au mieux de la naïveté. Croire que la dissolution de Génération Identitaire, réalisé par un des leurs, est un signe d’antifascisme, est là aussi naïf.

    La réalité est que le gouvernement accepte et soutien les réactionnaires, mais préfère les siens, son sérail, sa clique, à des agents incontrôlables. Ces monstres fanatiques ne menacent pas l’ordre des choses, mais ils sont gênants.

    Notre réponse.

    Nous n’avons, contrairement à cette propagande stupide, aucune sympathie ni affinité pour les réactionnaires religieux. Mais nous savons qu’ils ne sont qu’un épiphénomène, et qu’on ne lutte pas contre eux à coup de lois ineptes.

    Nous n’avons rien contre les croyants et les croyantes. Mais nous voulons proposer des perspectives d’unité populaire qui impliquent de lutter contre les aspects réactionnaires de la pratique religieuse. Cette lutte ne passe pas par des caricatures pipi-caca, mais par un travail de terrain, de solidarité, de développement des intérêts communs.

    Notre lutte contre le séparatisme, c’est la solidarité, l’unité, la lutte commune, la réunion des intérêts des exploités et des exploitées, des opprimés et des opprimées. C’est au travers de celle-ci que les réactionnaires seront battus et que l’égalité et la liberté gagneront.

    Le savoir scientifique, universitaire, n’est pas un ennemi dans cette lutte, mais bien un allié précieux : décrire la réalité, c’est la comprendre, la comprendre c’est pouvoir agir dessus. Et c’est pouvoir la transformer pour qu’elle devienne une autre réalité : celle d’une société sans classes ni État !

    1Toute personne connaissant l’histoire de la Ve République sait qu’il y a une savoureuse ironie dans cette phrase. Quant on songe que le premier Etat occidental à avoir reconnu la République Populaire de Chine est la France de de Gaulle, et quand on songe au fait que l’Ayatollah Khomeini était protégé en France avant 1979.

    2Et non des moindres, Fabien Roussel et Marie-Georges Buffet, par exemple. Manuéla Kéclard-Mondésir a même voté pour.

  • Samuel Paty.

    Samuel Paty.

    A la suite de cet attentat particulièrement brutal, nous avons voulu nous accorder un délais de réflexion avant de nous exprimer. L’emportement et la précipitation entraînent (comme on l’a vu avec Mélenchon) des propos inconsidérés, lesquels peuvent s’avérer contre productifs.

    Nous exprimons nos condoléances envers les proches, les amis, la famille et les collègues de Samuel Paty. Cela nous semble être le point fondamental préalable à tout propos.

    Nous condamnons cet acte terroriste sans réserve. Nous le condamnons pour son caractère horrible et sa brutalité. Décapiter de sang-froid un individu, un inconnu, après l’avoir traqué, est un acte propre à frapper d’effroi, un cauchemar éveillé.

    Nous le condamnons également pour les conséquences qu’il aura à plus ou moins court terme. Il est un acte intégralement négatif, dont les répercussions frapperont tant les musulmans – que le terroriste prétendait défendre –, les mouvements démocratiques et sociaux, que les enseignants eux-mêmes.

    Suite à cet assassinat, de nombreux rassemblements ont été appelés. Parfois le fruit de syndicats enseignants, mais également parfois spontanés. La réaction de rejet populaire, général et massif du terrorisme est à saluer. Elle est importante dans le processus de guérison et de résilience. En dépit de la situation sanitaire qui se dégrade de jours en jours, cette mobilisation a été large et très suivie. Il est notable qu’il n’y ait pas eu d’incidents au cours de ceux-ci, aucun acte de haine à l’encontre des musulmans ou des musulmanes venus aussi témoigner de leur horreur.

    Si la mobilisation a été importante et positive, elle a également attiré une cohorte d’opportunistes et d’agents de la haine et de la division. Dans ces grands rassemblements, la question se pose : quelle classe, quel courant politique, aura l’hégémonie ?

    Car, si ici les voix étaient celles de l’apaisement et de l’union, ailleurs, sur les plateaux télévisés, celles de la division et de la haine ont dominés. Des individus, des courants politiques, qui auparavant vouaient seulement du mépris aux enseignants et aux enseignantes, se sont emparés de Samuel Paty. Ils en ont fait leur étendard. Nous pouvons affirmer sans trop prendre de risques que ce professeur incarnait, socialement et idéologiquement, l’inverse total des Morano, des Zemmour et des Valls.

    L’occasion est trop belle : Les réactionnaires sont prêts à assassiner une seconde fois Samuel Paty pour nourrir leurs projets politiques racistes.

    « Expliquer, c’est justifier ». (Valls)

    Nous ne voulons pas minimiser l’existence d’un risque terroriste. Nous ne faisons pas d’angélisme. La société capitaliste, en particulier en période de crise, est violente, cruelle, impitoyable. Elle fragmente les individus, les jetant dans la misère, dans le désespoir et la violence.

    Manuel Valls avait dit, en 2015, que « expliquer c’est justifier ». C’est superficiellement vrai. Essayer de comprendre la trajectoire de radicalisation d’un individu fait qu’on ne peut plus le rejeter dans la catégorie des « monstres » et des anomalies. Le terroriste, le radicalisé, l’assassin, le criminel ne nous apparaît plus comme un « autre », mais comme un reflet de nous même.

    Manuel Valls pense, comme d’autre, qu’il n’y a pas besoin de comprendre pour lutter contre. Mais c’est aussi parce que M. Valls ne se donne pas d’autres objectifs que de gérer le risque terroriste (et de l’utiliser comme argument pour justifier son existence politique). Nous, en revanche, nous voulons y mettre un terme de manière définitive et radical.

    D’autres prétendent le faire. Mais en réalité, ils placent implicitement une élimination physique de certaines catégories de la population comme condition nécessaires à leurs projets. Nous non. Nous pensons qu’il faut connaître les racines profondes de ce mal, de ce ressentiment, de cette colère qui finit par exploser, engloutissant des innocents. Au « Expliquer, c’est justifier », nous répondons « expliquer, c’est comprendre, comprendre c’est pouvoir agir. »

    L’agresseur ayant été abattu par la police, il n’y aura pas de procès qui puisse permettre de comprendre plus en détail, d’analyser, d’étudier, le cheminement d’un jeune tchétchène de 18 ans vers un acte aussi brutal. Nous ne pensons pas, comme Mélenchon l’avait mentionné, que cela soit lié à son ethnie comme nous ne pensons pas non plus que cela soit profondément lié à l’Islam, contrairement à ce que l’on veut faire croire.

    L’islamophobie nourrit l’islamisme le plus réactionnaire.

    Si l’islamisme, contrairement aux fantasmes de la part d’une grande partie du monde politique, est lié à l’extrême-droite, il possède une différence importante dans leur point de départ. Les chemins qui amènent des Anders Brievik ou des Brendon Tarrant à commettre des tueries sont ceux de dominants qui sont terrifiés de perdre leur position dans la société. Ils estiment que leur mode de vie, que leur civilisation, que leur ethnie est encerclée, menacée d’extinction. Chez les musulmans, c’est l’idée d’un combat pour la survie d’une minorité, pour se défendre contre l’anéantissement. Si l’un part d’ « en haut » et l’autre d’ « en bas », les deux se rejoignent, et se répondent.

    Si on se pose la question du « qui de la poule ou de l’œuf », la réponse est relativement aisée : les fascistes, les suprémacistes, les xénophobes possèdent une mainmise sur l’appareil d’État, sur les institutions, sur les forces de répression et sur la justice. Ils « jouent à domicile » et possèdent un avantage écrasant par leur classe sociale.

    Avant, ils parlaient de race, aujourd’hui, ils ont appris à contourner le racisme en parlant de religion. Mais le fond reste le même. Ils considèrent qu’une partie de la population de France est inassimilable, incompatible, et donc à liquider.

    Ces institutions paraissent hostiles ou indifférentes. Personne n’est venu représenter le gouvernement devant les mosquées brûlées de Lyon, tandis que Darmanin s’est déplacé pour une Église à Rillieux-la-Pape. Quand un acte anti-musulman ou raciste est mené, il faut discuter sans fin pour en comprendre les tenants et les aboutissants par une longue enquête. Cela convainc les musulmans (mais aussi d’une manière générale les minorités présentes en France) qu’ils sont des individus de seconde zone, auxquels ont peut s’en prendre impunément, qu’on peut tuer au détour d’une ruelle, lors d’un contrôle qui « tourne mal ».

    Dans le même temps, les prédicateurs islamistes tiennent exactement le même discours. Ils considèrent que ces politiques montrent que l’occident les rejette, qu’ils sont incompatibles avec ses « valeurs », et qu’il faut soit arracher par la force des zones « libérées », soit partir.

    La prophétie auto-réalisatrice se crée.

    L’école.

    De gauchistes fainéants, gavés de vacances, les enseignants sont subitement devenus des remparts contre l’islamisme. Le 27 août, Emmanuel Macron refusait l’embauche de nouveaux professeurs, déclarant que « C’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays ».

    Le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, s’est ainsi adressé aux enseignants en des termes inhabituels. Après avoir nié tout malaise dans les lycées, nié toute contamination COVID19, conspué les « enseignants décrocheurs », il s’est montré en façade bienveillant et conciliant.

    S’ouvre d’ailleurs aujourd’hui, 22 octobre, un expéditif Grenelle de l’Éducation, qui doit permettre de réaliser une rentrée ad hoc le 2 novembre. Encore un bel effet d’annonce. Peut-être se traduira-t-il par quelques effets cosmétiques, qui servent à convaincre que le gouvernement fait quelque chose. Mais que va il en sortir d’utile ? Blanquer a été nommé pour aligner progressivement l’Éducation Nationale sur le modèle managérial de l’entreprise privé. Il a contribué à transformer les enseignants et enseignantes en prestataires de service qui doivent être rentabilisé.

    Le ministre promet un « recadrage pédagogique » à la rentrée. Nul ne sait ce que cela signifie pour le moment, mais il est certain que cela ne répondra en rien au problème de fond : le fait que l’école cristallise les tensions présentes dans la société. Elle est le reflet de la confrontation entre les classes – bien que la bourgeoisie ait ses propres lieux ailleurs –, de la confrontation entre les groupes sociaux, de l’affrontement aussi entre l’État et la population. De ce point de vue là, nulle mesure ne peut changer cela.

    La situation de l’école est paradoxale. Elle est supposée former des citoyens français, acquis aux valeurs de la République et à un certain mythe consacrant la France comme la championne des droits de l’homme. La rencontre avec la réalité brise ce discours. Expliquer que la police protège à des enfants qui ont été témoins de violences policières ; que la justice est équitable face aux affaires Sarkozy, Balkany… ; que la France est la patrie des droits de l’Homme alors qu’elle entretient des relations néo-coloniales avec de nombreux pays… La confrontation entre l’imaginaire et le concret ne peut que déboucher sur une fragmentation de la confiance entre les élèves et l’institution.

    D’autant que les arguments sont hypocrites. La liberté de pensée et d’expression est constamment entravée par l’Etat. Sacralité du président de la République, omerta sur les crimes policiers et sur les génocides commis par la France. En revanche, la liberté des propagandistes racistes, elle, est garantie.

    De même, la lutte contre la radicalisation, construite uniquement comme une charge contre les musulmans (en interprétée par ceux-ci comme tel !) est, dès le départ, incapable de pouvoir remplir son but. Elle ne laisse pas d’espace d’élaboration commune, de construction d’un vécu commun, elle ne permet pas l’apparition d’un sentiment d’appartenance à une même communauté. En ne comprenant pas les contacts qu’il y a entre l’extérieur et l’intérieur des établissements, en oubliant que des Zemmour et des Morano existent, l’Éducation Nationale ne peut pas permettre de créer cette espace commun d’échange pour résoudre réellement les problèmes. La critique et la discussion deviennent alors des vexations et des stigmatisations dans l’esprit de ceux qui les subissent.

    Le pire est que la colère contre l’État, contre les inégalités, contre les institutions, se reportent justement sur ces enseignants, seuls, isolés. Lâchés par une administration qui ne veut pas reconnaître de problèmes, par un ministre qui pense que tout est affaire de rentabilisation. C’est ce qui rend ce crime encore plus terrible, c’est qu’il est un coup porté contre quelqu’un qui, à la mesure de ses moyens, essayait d’enrayer la marche vers la brutalisation de la société.

    Demain.

    Ce meurtre est arrivé comme un déclencheur dans un pays où le climat est à la crise et à la violence. La pandémie n’a pas été gérée convenablement. La crise économique menace. Aujourd’hui est plus incertain qu’hier, demain est une énigme. Dans ce contexte, dans cette tension, il est extrêmement aisé de jouer la carte de la provocation. Il faut regarder avec lucidité la situation. Nous devons nous interroger sur l’état de la société française. Une société dans laquelle la tension est telle, la pression est tellement intense, que des caricatures puissent pousser au crime.

    Les musulmans et les musulmanes n’ont pas plus, ni moins, de sens de l’humour que les autres. Ils n’ont pas plus, ni moins, de tolérance quant à leur religion. Toutes les religions, tous les groupes sociaux, ne sont cependant pas égaux en France. Après avoir été l’ennemi racial, ils sont devenus les inassimilables. Ils sont passés de gens qui ne « veulent pas s’intégrer » à des individus qui sont incompatibles avec la société.

    Les discours se sont lâchés. Il n’existe plus de frein. Un consensus se fait à la droite du PS : celui que les peines de prison, l’État de droit, la bienveillance, sont d’un autre temps. Le temps de la détention de sûreté, le temps de la répression préventive est venue. Elle est déjà initiée par Darmanin, ayant arrêté des individus « sans rapport à l’affaire », mais « pour faire passer le message ». Derrière les discours qui indiquent que la « peur doit changer de camp », il y a une question : n’est-ce pas celle-ci qui pousse à la violence ? La peur qu’ont déjà certains musulmans, certaines musulmanes, pour leur vie, qui les jettent dans les bras des ultras de la réaction ?

    La campagne raciste et islamophobe produit des fruits vénéneux de part et d’autres comme nous l’avons systématiquement dénoncé. Elle nourrit les aspirations à la haine, à la destruction, à l’anéantissement physique de population et d’individus.

    Elle a réduit à néant l’espace de dialogue, de débat, d’échange entre les différentes communautés qui existent en France. Elle crée les conditions d’une montée aux extrêmes des tensions, à un point tel que celle-ci ne trouvent plus d’autres issues que la violence.

    Plus la tension monte dans la société, plus son entropie, sa tendance au chaos, se développe. Elle en devient intenable. La racine de ces crimes ne pourra être extirpée par la force brute, la criminalisation, les vexations et la haine.

    Se prépare la double offensive. L’union sacrée contre l’islamo-gauchisme, éternelle renaissance du judéo-bolchevisme est une union sacrée mêlant racisme et mise au pas des exploités. L’accusation, portée contre LFI, l’UNEF, Solidaires…etc a pour but de ressusciter de vieux fantasmes. Celui de l’ennemi intérieur, irréductible, inassimilable. Celui qui fragmente la belle harmonie de la société capitaliste, venant semer le désordre entre le patron et son employé, la femme et le mari, rompant la belle alliance nationale, construite pour porter au plus haut les couleurs de la France et l’intérêt de sa bourgeoisie.

    Au vu de la crise qui se profile, cela ne mange pas de pain que de frapper préventivement syndicats, partis politiques de gauche, organisations progressistes. Ce balayage préventif, pré-électoral, assure les coudées franches aux réactionnaires. Car le monde de demain, celui d’après la pandémie, celui d’après les élections, risque de ressembler au monde d’hier. Ou d’avant-hier. Un monde de défiance, de tensions, de brutalité et de menaces internationales. Un monde dans lequel la bourgeoisie renoncera à cette interface qu’elle nomme démocratie. Un monde dans lequel elle prendra les commandes directement, brusquement, pour assurer sa propre survie.

    Nous.

    Notre position est la suivante. Nous sommes hostiles aux réactionnaires quel qu’ils soient.

    Nous regardons les fascistes et les islamistes comme la même manifestation d’une idéologie anti-populaire, anti-révolutionnaire. Mais l’un est celui des dominants qui refusent de perdre leur place.

    L’autre est celui des opprimés, du ressentiment détourné de ses bourreaux vers une lutte fratricide et sororicide.

    Nous rejetons l’un comme l’autre. Nous rejetons ces réponses identitaires à des problèmes concrets.

    Nous considérons que le ferment de la misère, celle dont se nourrissent les fascistes de tous types, est l’exploitation capitaliste. Son abolition ne résoudra pas tout d’elle même, mais elle créera le cadre qui permettra de mettre fin aux expressions réactionnaires. Lorsque Marx parle de « l’opium du peuple », il n’en parlait pas comme d’une drogue dangereuse, mais comme d’un baume protecteur, qui permet d’oublier la souffrance de la misère, la souffrance concrète de la lutte des classes. Ce n’est pas en attaquant un « mauvais » remède qu’on supprime la maladie.

    Le fait que certains ou certaines soient croyante, dans un dieu ou un autre, ne nous importe peu. Ce n’est pas la foi qui compte, mais les actes et les pratiques sociales. Ce sont elles, lorsqu’elles sont réactionnaires, qu’il faut combattre. Cela demande aussi de savoir ce qui est du ressort du débat, de l’éducation, et ce qui est du ressort de la répression. Si nous étions au pouvoir, nous n’aurions aucune hésitation à frapper les agents de la haine et de la division. Mais nous ne sommes pas là.

    Aujourd’hui, le camp du peuple, au sens populaire du terme, est faible, éparpillé. Il fait face à un raz de marée réactionnaire, prêt à déferler, à diviser, à créer des diversions et à accroitre les conflits au lieu de les résoudre.

    Nous, membres de l’Unité Communiste, appelons toutes les forces politiques qui partagent le même projet que nous à se connaître, se reconnaître, travailler ensemble. Le temps joue contre nous. Les choix que nous faisons aujourd’hui seront les victoires, ou les défaites de demain.

    Nous appelons, lorsque cela est possible, à participer aux actions de défense des droits démocratiques et politiques. Nous appelons également à dénoncer toute tentative de l’extrême-droite d’avancer ses pions, y compris sous un maquillage « de gauche », ou « républicain ».

    Nous rappelons notre attachement au respect des victimes. Elles ne sont pas nous, nous ne sommes pas elles. Nous ne voulons pas prétendre parler en leur nom, à moins que nous puissions estimer partager la même parole. Nous n’avons que répugnance pour ceux qui s’en emparent, les assassinent à nouveau, et en font des marionnettes de leurs projets.

    Soyons soudés et avançons ensemble. Pour unifier les exploités et exploitées. Pour frapper nos bourreaux.

    En dessous : notre déclaration au lendemain de l’attentat.

    À la suite de l’assassinat particulièrement atroce qui a frappé Samuel Paty, nous voulons formuler la déclaration suivante. Celle-ci sera enrichie progressivement au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête de du déchiffrement du processus qui a conduit à ce meurtre. Nous tenons à rester prudent et prudentes dans notre analyse.

    Nous exprimons notre solidarité et nos condoléances envers sa famille et ses proches, ses amis et ses collègues. Cela nous apparaît comme étant primordial avant toute autre considération. De même nous considérons que ce crime est à condamner sans réserve.

    Nous le considérons, en revanche, comme terriblement révélateur du climat actuel. Comme illustrant une montée en tension extrêmement importante, nourrie par une cohorte de pompiers-pyromanes.

    Imaginer qu’on puisse mourir pour avoir projeté des caricatures, en particulier dans un lieu qui est supposé être celui du débat, de l’échange, de la discussion, est quelque chose qui paraît invraisemblable. Et pourtant cela a eu lieu.

    Un jeune homme de 18 ans, qui n’était nullement connu pour un quelconque fanatisme religieux, a jugé qu’un professeur d’histoire-géographie méritait la mort pour cela.

    C’est dire quel est l’état de la société française, quel est son degré de fragmentation, à quel point elle est proche d’un point de rupture.

    Cette rupture, cette tension, est due à un contexte anxiogène, à des absences de perspectives sociales, politiques, à la misère et à la précarité. Cela en forme le socle. Nombre d’individus se sentent menacés, dans leurs conditions d’existence, dans leur mode de vie, voir dans leur sécurité physique elle-même.

    Dans ce climat de peur, des agents de la discordes, de la haine, déversent leur venin. Ils se sont emparés de la liberté d’expression, valeur fondamentale, et s’en servent comme d’un maillet pour écraser leurs cibles.

    Polémistes racistes et prédicateurs haineux se tendent la main pour que ce conflit éclose.

    Cette tension s’accumule et finit par provoquer ces actes barbares. C’est la même main qui guidait le couteau de l’assassin, comme celle qui guidait les balles de Anders Brievik, ou d’autres assassins.

    Nous voulons que cette haine s’éteigne. Nous savons que nous avons bien plus en commun, notre souffrance, nos peurs, nos espoirs, que ce qui nous sépare. Nous savons que la très grande majorité des gens recherchent la même chose.

    Nous pensons que la climat actuel, les ambitions politiques, et l’angoisse privent l’école d’une de ses fonctions. Celle de créer le cadre apaisé, calme, d’un débat, d’une discussion, d’un lieu qui permette à la jeunesse d’exprimer ses sentiments…Et ses ressentiments. Et de créer les bases qui permettront à la nation, au sens populaire du terme, au sens de la communauté vivante qui constitue le peuple, d’élaborer en commun une société nouvelle. Une société dans laquelle il n’existera nulle exclusion, nulle haine, nulle discrimination.

    Nous sommes persuadés que c’est également le projet que défendait Samuel Paty. Qu’il s’agissait d’un projet émancipateur, unificateur.

    Hélas, que pèse la volonté d’un homme, d’une femme, face à la machine à broyer des déterminismes sociaux, face à la puissante machine de guerre politique qui cherche à contrer ses efforts. Face à un ministère qui a ôté tous les moyens et l’indépendance de l’école, tout en se réclamant son « ami », pour en faire un fer de lance de la reproduction des inégalités.

    Bien peu.

    Et tant que cela ne changera pas, il existera des actes de violence aveugle, de haine, qui frappent non pas les bourreaux, mais ceux qui essaient d’aider, ceux qui essaient de faire apprendre, de faire connaître, mais qu’on sacrifie dans la tourmente d’une société qui s’effondre.

  • Ne laissons pas l’islamophobie devenir de centre des futures élections.

    Ne laissons pas l’islamophobie devenir de centre des futures élections.

    Ne laissons pas l’islamophobie devenir de centre des futures élections.

    Nous considérons que la campagne islamophobe orchestrée par le gouvernement est un jeu cynique, hypocrite et dangereux.

    Les discours racistes sont omniprésents. Le délinquant raciste Zemmour est devenu un faiseur de politiques, tandis que les médias d’extrême-droite, comme C News, sur Radio, mais aussi Marianne, le Point, le Figaro, ou d’autres encore, vomissent leur haine. Ces bandits amalgament consciemment la pratique religieuse, l’immigration, la délinquance, les trafics, pour construire un ennemi.

    Ils sont aidés dans ce sens par des « idiots utiles », qui, sincèrement hostiles au caractère réactionnaire des religions, sincèrement mus par un désir progressiste, ne se rendent pas compte qu’ils hurlent avec la meute.

    La police débarque dans une mosquée du 11ème à Paris et terrorise les  enfants et fidèles - Cinquième Colonne

    Aujourd’hui, pas un jour de passe dans un scandale islamophobe. Descentes de police, vexations, intimidations, actes de violences. Ces politiques font naître un ressentiment, un sentiment d’exclusion, d’encerclement, qui forme le terreau des prêches des radicaux.

    Centre de la bataille, la loi sur les séparatismes cristallise l’attention. Elle a été, sur le fond, saluée par le RN. Celui-ci a d’ailleurs été l’invité du ministère de l’Interieur. Il a été consulté sur son opinion quant à la loi. En fait de barrage, Macron ouvre les portes du pouvoir aux fascistes.

    Le gouvernement français apparaît clivé entre une branche ouvertement favorable à une campagne débridée, autour de Darmanin. Celui-ci a accusé LFI d’être un agent de cet « islamo-gauchisme » explosif. De l’autre côté, les libéraux, y compris Macron, semblent essayer de rétropédaler, passant de séparatisme à séparatismes puis à une classique loi sur la laïcité.

    En dépit d’une apparence d’équité dans le traitement des religions, l’hypocrisie ne tarde pas à poindre. Si le gouvernement avait la moindre once de sincérité dans sa lutte pour une laïcité étendue, il ciblerait l’anomalie du concordat de 1801, toujours utilisé en Alsace-Moselle1. Là, aucune laïcité n’existe (voire infographie).

    Le régime concordataire

    Ce système parallèle n’a jamais été évoqué dans aucun discours quel qu’il soit. Pourtant, il impacte toujours fortement le fonctionnement de cette partie de la France.

    L’islamo-gauchisme, cette résurrection du judéo-bolchévisme, est un axe de bataille central. Il permet d’amalgamer dans une masse informe les luttes sociales, les luttes politiques et démocratiques, la défense du droit des minorités et le terrorisme. Il construit un ennemi intérieur, irréductible, incompatible, et donc à éliminer.

    Il existe un grand nombre d’enjeux qui sont urgents, vitaux. La crise sanitaire n’a pas été conjurée. La crise économique plonge une partie de la population dans la précarité, l’angoisse, la misère. Elle a permis aux grands bourgeois, aux grands capitalistes, d’éliminer des concurrents. Les milliardaires s’enrichissent plus que jamais. La démocratie française, démocratie autoritaire, s’étiole davantage.

    Les partis politiques de la démocratie bourgeoise sont incapable de pouvoir répondre à ces problèmes sans se heurter aux intérêts des plus grands des exploiteurs. Ce n’est pas leur rôle ni leur désir. Il est uniquement de servir au mieux leurs maîtres.

    S’axer sur une campagne raciste, xénophobe, islamophobe, est donc une mesure dérivative. Elle occupe de l’espace, elle occupe du temps, elle détourne des questions les plus brûlants, les plus centrales de l’actualité. Elle instrumentalise les peurs, les colères, les haines, et en font des poignards, avec lesquels les exploités et exploitées s’égorgent mutuellement.

    Ces jeux électoraux, des dérivatifs, ne sont pas sans conséquences. Les architectes de ces discussions sont bien souvent des calculateurs, qui ne réfléchissent qu’en termes de résultats électoraux et d’effets de communication. Ces commerciaux de la haine se moquent bien des effets dévastateurs de leurs discours.

    Ils nourrissent des idéologues qui, eux, bénéficient grandement de cette mobilisation réactionnaire. Et qui, eux, ont l’intention d’aller jusqu’au bout de leur logique. En espérant capter les voix qui vont à ces promoteurs de l’épuration ethnique, les démagogues ne font que légitimer leur discours et leur donner plus de poids.

    Nous sommes en faveur de la laïcité. Nous sommes résolument hostiles, non aux religions en tant que telles, mais en leurs expressions réactionnaires. Or, la lutte contre ces aspects réactionnaires ne peut être faite par la chape de plomb de la répression étatique. Elle ne peut être faite que par un espace de dialogue, plaçant au centre de celui-ci ceux et celles qui pratiquent ces religions. Or, nous ne pouvons que constater que les musulmans et les musulmanes sont les grands absents et absentes des plateaux. Les seuls qui sont invités sont illuminés choisis expressément pour attiser la colère et la haine.

    Nous rappellons que le véritable séparatisme est dans l’attitude des exploiteurs. Ils imposent une loi, un ordre, qui les arrangent. Dans le même temps, ils se privent de respecter leurs propres lois, volant, mentant, trichant dès qu’ils le peuvent.

    L’unité populaire n’est pas un mot qui doit rester creux. La lutte contre les réactionnaires non plus. Nous avons un besoin impérieux, dans le climat actuel, de mettre en commun nos forces, de travailler le plus étroitement possible. De faire bloc, de tenir, car la campagne électorale ne fait que commencer, et que les discours iront croissant jusqu’à son aboutissement.

    1: « Concrètement, la loi de séparation de 1905 n’est pas appliquée en Alsace-Moselle et les quatre cultes catholique, luthérien, réformé et juif y bénéficient d’un statut officiel. Prêtres et laïcs en mission, pasteurs et rabbins y sont rémunérés par l’État. Les évêques de Strasbourg et Metz sont nommés par le chef de l’État. De fait, l’Élysée suit désormais le souhait du Saint-Siège. Le président de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL), dont le nom est proposé par un vote du consistoire supérieur de cette Église, est lui aussi nommé par l’État. Les membres laïcs élus des consistoires israélites des trois départements doivent avoir l’agrément du Premier ministre. » (Source Wikipédia)

  • « 11 septembre » – une provocation raciste !

    « 11 septembre » – une provocation raciste !

    Judith Waintraub, journaliste du Figaro, déjà condamnée auparavant pour des propos diffamatoires, s’est permise une nouvelle sortie le 11 septembre. Elle a ainsi retweeté un extrait d’une émission sur la cuisine étudiante, dont la principale intervenante était voilée. Son commentaire était laconique : « 11 septembre ».

    Immédiatement, le tweet a été liké par un grand nombre de personnalités de la sphère réactionnaire, dont la toujours incisive Nadine Morano. Il a été partagé, commenté, publié et republié. Valeurs Actuelle a qualifié son tweet de « commentaire sur le voile », ce qui est un mensonge éhonté, typique d’une certaine presse. D’autres ont soigneusement évité de qualifier ce tweet pour ce qu’il est réellement, se contentant de la considérer comme étant « polémique » ou « controversé ». En revanche, seul quelques médias ont considéré qu’il était une provocation raciste et dangereuse.

    Fort logiquement, une réaction de colère, avec des propos menaçant, est née en retour. Certains propos ont été du domaine de la menace de mort. Ils ont été largement mis en avant, entraînant deux effets : une solidarité avec Judith Weintraub de la part de la très grande majorité des politiques et des personnalités, et, de l’autre, le fait que le fond de l’affaire a été ainsi complètement noyé.

    Des individus se sont montrés nuancés dans leur soutien contre les menaces de mort, comme Pierre Askolovitch ou Nadia Hai. La principale intéressée les a rejetés et a qualifié ainsi la ministre du logement de « pathétique ». D’un autre côté, les fanatiques se sont réveillés, refusant absolument toute discussion sur le tweet d’origine. On y retrouve des habitués : Manuel Valls, Zineb El-Rhazaoui, Nadine Morano…à nouveau.

    Des apprentis gestapistes, à l’affût d’un scoop, ont scruté le profil de la jeune femme voilée, et y ont trouvé… des commentaires sur le racisme qu’elle pouvait subir. Il n’a pas fallu plus pour la qualifier d’islamiste radicale conspirant contre la France.

    Nous dénonçons ce climat extrêmement dangereux dans lequel nous entrons chaque jour un peu plus. Un climat qui permet à une provocatrice d’extrême-droite de lancer ce type de propos, attisant un climat de pogrom, tout en récoltant le soutien majoritaire.

    Derrière l’idée d’essentialisation, du fait que le voile, la croyance religieuse, conduise inéluctablement au terrorisme, il y a une pente dangereuse. Une pente qui amène d’un rapport méprisant, condescendant, vers les musulmans et les musulmanes de France, à une tentation éliminatoire. D’autant que, et c’est ce qui ne transparaît que trop bien dans l’amalgame : insécurité – immigration – islam – grand remplacement, ce n’est pas l’Islam et sa pratique qui est finalement la cible centrale.

    L’un dans l’autre, les fascistes n’ont pas grand-chose à reprocher aux plus réactionnaires des croyants : leur programme social et économique est le même ! Ce sont en revanche bel et bien la couleur de peau, l’origine ethnique, qui sont ciblés. Ce n’est donc pas tant une assimilation, une intégration, qui est le bout du bout de la politique défendue par les réactionnaires, mais bien la disparition.

    Considérer, car c’est ce qui constitue la conséquence des discours sur l’incompatibilité civilisationnelle entre les musulmans et la France, que ces personnes n’ont, par essence, pas de place ici, revient à poser la question de la déportation. Considérer que, par essence, ces personnes présentent une menace, c’est prendre un sentier dont on ne connaît que trop bien les conséquences funestes.

    Nous portons un regard sur la question de la religion et de ses aspects réactionnaires. Nous soutenons ceux et celles qui luttent contre ceux-ci. Mais nous considérons que notre rôle est de permettre à ces personnes de triompher, non de faire tomber une chape de plomb discriminante, stigmatisante, qui, au contraire, renforce les plus réactionnaires.

    Nous ne nous sentons nullement tenu, par une injonction quelconque, de condamner les réactions de colère face à ce tweet. Nous nous contenterons de prévenir que celui-ci est une provocation, qu’il avait vocation à provoquer cette réaction et à exploiter politiquement la colère contre Mme Weintraub. Il s’inscrit dans une stratégie de montée en tension, savamment orchestrée. Nous appelons à la dénoncer pour ce qu’elle est : une provocatrice de bas étage, minable, et rêvant d’une guerre raciale.

    Nous considérons en revanche que ceux et celles qui, en tout premier lieu, ont parlé de leur soutien à cette « journaliste », ont commis une erreur politique. La condamnation du tweet aurait dû être leur priorité absolue. Nous le condamnons sans la moindre réserve.

    Nous appelons toutes les personnes qui, comme nous, partagent ce constat que le climat devient de plus en plus dangereux et explosif, à coopérer. Nous les appelons à s’organiser et à faire face : politiquement, organisationnellement, à cette menace dangereuse, à ce poison fasciste.

    Ne laissons aucune place aux provocateurs fascistes !

    Ne cédons ni à la division, ni à la provocation.

  • Christchurch : coup de projecteur dans le marécage de la pensée raciste.

    Christchurch : coup de projecteur dans le marécage de la pensée raciste.


    Au sein de l’Unité Communiste de Lyon, nous considérons que nous nous devions d’écrire ce communiqué. Les attentats terroristes sont une réalité quotidienne terrible pour toute une partie de la planète. Il s’agit d’une chose malheureusement illustrée par les longues listes de cas répertoriés dans la veille terroriste des sites et magazines spécialisés. Leur traitement, le poids médiatique qui leur est accordé, est étroitement corrélés au lieu où il s’est déroulé, à la « qualité » des victimes, à la « qualité » des exécutants.
    Nous-mêmes sommes influencés par ce mode de pensée que conduit à juger qu’une voiture piégée est un fait anodin en Syrie et exceptionnel en France, ce qui nous conduit à, également, déconsidérer la vie d’autres personnes, qui n’apparaissent que comme des statistiques à nos yeux.
    Cela fait que chaque attentat dont nous parlons nous donne le sentiment de plonger dans l’oubli les victimes des autres, de les occulter, de les reléguer au rang d’un « bruit de fond ».



    L’attentat qui s’est produit vendredi à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, est un attentat qui s’est déroulé, malgré les kilomètres, dans un environnement « occidental », « proche » de nous. Pourtant, malgré cela, son traitement médiatique et politique est atypique. Atypique, car il est jugé comme étant hors norme par les politiciens et les médias d’occident.



    49 morts et 90 blessés dans les attaques de deux mosquées en plein heure de la prière. Terrible bilan provoqué par l’action d’un terroriste d’extrême-droite Australien Brenton Tarran. Le terroriste a filmé et diffusé l’intégralité de son carnage sur Facebook live, et a laissé un manifeste de 73 page détaillant les raisons de son action.


    L’Unité Communiste de Lyon déclare sa solidarité envers l’ensemble de ceux qui ont été meurtris, blessés, mutilés par ces actes. Elle déclare également sa solidarité avec les proches de ceux qui ont perdu la vie. Elle considère que le terroriste Australien venu semer la mort n’est ni un déséquilibré, ni une anomalie statistique : il a été l’agent froid et conscient de forces politiques qui se complaisent à utiliser la haine raciale comme doctrine. Nous considérons que ces forces politiques partagent une responsabilité morale identique en culpabilité à celui qui a appuyé sur la détente de son arme. 


    Le parcours du tueur est, à ce titre, illustratif. Revenant d’Europe, il a été modelé, « radicalisé » dans les milieux d’extrême-droite, notamment français et serbes. Au sein de ces groupes fascistes ou néo-nazis, il lui a été présenté un discours décrivant le monde « blanc » comme menacé d’anéantissement. Ce discours était déjà celui proféré par les nazis1, qui clamaient que leur « race » était encerclée par des ennemis « raciaux », voulant l’éliminer, tandis que des « agents de l’étranger » opéraient pour l’affaiblir.
    Utilisant des statistique truquées, des biais cognitifs, des techniques jouant sur la paranoïa et sur la terreur, ces propagandistes d’extrême-droite modèlent des assassins et des criminels. Ces groupes sont complices des meurtres qui ont été commis.


    Mais ces discours resteraient l’apanage de petites sectes pleurnichant sur un passé imaginaire s’il n’était pas, en dernière instance, corroboré, avalisé et amplifié par d’autres forces politiques, considérées comme « convenables » et centrales dans l’échiquier politique. Les discours islamophobes, paravent frêle des discours racistes assumés, sont portés bien au-delà de la droite radicale.
    Les propos de Valls, de Ciotti, de Wauquiez, les diatribes des Zemmour et des Ménard sont tout autant de faisceaux qui contribuent à nourrir la formation d’assassins et de terroristes d’extrême-droite. Les tentatives des apprentis sorciers et des apprenties sorcières d’instrumentaliser l’antisémitisme, de forger, du sang des martyrs, une épée pour frapper d’autres victimes, doit être dénoncé pour ce qu’il est : jeter de l’huile sur le feu dévorant de la haine entre classes populaires.

     Après l’attentat, ces agitateurs méphistophéliques n’ont pas réussi à se contenir. Impossible pour eux de reconnaître le statut de victimes aux musulmans de Nouvelle-Zélande. Il fallait soutenir en catimini le tueur !
    La Nouvelle-Zélande est un pays d’apartheid, tout comme l’Australie. Les Maoris sont traités en citoyens de seconde zone par de nombreuses forces politiques. Le sénateur Fraser Anning a ainsi publiquement clamé que l’immigration était la raison première de l’attentat. Une manière d’avaliser le fond politique de l’attaque, là encore. L’œuf qu’un jeune homme a écrasé sur son crâne n’est qu’un faible, mais juste, retour des choses.
    En France, Valeurs Actuelles, le torchon fasciste, a également fustigé les « pro-migration » qui seraient responsables de l’attentat. Une manière d’inverser les rôles et de faire des victimes des coupables. 
    Guillaume Tabard, éditorialiste au Figaro, a ainsi déclaré en direct

    « On a vécu en France un terrorisme islamiste assez meurtrier, si on veut jouer à de la comptabilité, on n’est pas encore dans l’équilibre.Il ne faut pas s’aventurer sur le terrain du match retour.»2 

    Quant au tueur, immédiatement, les professionnels de la circonstance atténuante se sont empressés de dire qu’il était instable, fragile, excédé… Chose réfutée par les premiers éléments de l’enquête et les perquisitions, indiquant que ce projet avait mûri pendant deux ans.


    Tout comme dans un nombre ahurissant de cas, la clémence semble être de mise. Le terrorisme d’extrême-droite occidental est pourtant une réalité concrète qui tue nettement plus aux USA que celui de n’importe quelle autre force politique. Nous n’oublions pas Charlottesville, nous n’oublions pas non plus, en Europe, Anders Breivik. 
    En France, en pleine dénonciation de la montée de l’antisémitisme, un coupable de dégradation est condamné symboliquement, des profanateurs courent toujours, car n’étant pas dans « l’idéal-type » de la population ciblée par ces mesures. 


    De fait, tous ces discours qui servent à alimenter la haine et la division au sein des classes populaires, à briser l’unité contre l’exploitation, à atomiser ceux et celles, qui pourtant, partagent les mêmes intérêts objectifs. Ces discours ont fait renaître des chimères absurdes et immondes, telle que « l’islamo-gauchsime », qui n’est, il faut le clamer, qu’une actualisation du « judéo-bolchevisme » des nazis, présentée d’une manière neuve.

    Le monde dans lequel nous vivons, celui du capitalisme pourrissant et putréfié, est un monde sur la bascule. Un monde d’incertitudes, de doutes, de peurs. Nous, révolutionnaires, voulons briser le cadavre ambulant du capitalisme et de l’impérialisme. 


    Mais d’autres, ceux qui veulent le maintenir en vie, jouent sur les peurs, les angoisses, la précarité, la vulnérabilité, la souffrance. Ces agents réactionnaires font tout pour instiller un climat d’encerclement et de terreur. Pour que ces peurs puissent être dirigées contre d’autres, contre d’autres nations, contre d’autres peuples, contre des fractions au sein du peuple.

    Les appels à la haine, qui sont en France, portés de la gauche bourgeoise à la droite la plus radicale, créent le climat qui permet l’apparition de ces crimes de masse. Ceux qui les ont proférés portent une responsabilité morale écrasante.

    Nous dénonçons le terrorisme, arme de l’extrême-droite pour semer la peur dans les rangs des masses !3


    Nous dénonçons ces propagandistes comme des complices directs de cet attentat ! Ne laissons jamais les discours haineux diviser notre unité populaire, contre l’exploitation et l’oppression.


    Halte au terrorisme fasciste !


    Halte à la haine chauvine et raciste !


    Mettons fin au système d’exploitation capitaliste-impérialiste !

    1Nous conseillons de lire l’ouvrage Croire et détruire de Christian Ingrao, qui est une référence incontournable sur l’univers mental des akademikern nazis.

    2https://www.lci.fr/politique/aujourd-hui-dans-24h-pujadas-retour-sur-l-attaque-en-nouvelle-zelande-2115607.html

    3https://unitecommuniste.com/international/le-terrorisme-comme-arme-de-lextreme-droite/

  • Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :  Une instrumentalisation.

    Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :  Une instrumentalisation.

    Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :

    Une instrumentalisation.

                    Dimanche 22 avril, 300 personnalités, et non des moindres, ont signé, dans les colonnes du journal Le Parisien, une tribune. Celle-ci s’insurge contre le « nouvel antisémitisme » en France.

                    Il serait possible de se réjouir, de voir derrière cela une ferme intention de lutter contre le développement fulgurant d’une extrême-droite radicale, raciste et antisémite. De voir une condamnation de l’existence des Bastions Sociaux, de se dresser contre les opérations menées par les Jeunesses Identitaires.

                    En somme, de voir un texte important fustiger l’attitude de Gérard Collomb, qui considère que condamner le fascisme est une « gesticulation. »

                    Mais nous sommes dans la France en 2018. Et les signataires de cette pétition lui donnent d’ores et déjà un contenu politique dont on ne peut qu’être méfiant.

                    Manuel Valls ; Bernard Cazeneuve ; Laurent Wauquiez ; Nicolas Sarkozy ; Alain Finkielkraut sont de la partie. Voilà qui annonce la couleur. En fait de texte progressiste, en fait de texte dénonçant le racisme, il s’agit d’une instrumentalisation pure et simple de la question de l’antisémitisme. Elle est de plus, orchestrée par Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo, notoirement connu pour son soutien la politique d’Israël tout comme pour ses tendances à l’islamophobie quelque peu débordantes.

                    Les pétitionnaires dénoncent rien moins qu’une « épuration ethnique » et exigent le fait que  « que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par (le concile) Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime ».

                    Oui, l’antisémitisme existe, c’est un fait. Oui, il est présent dans les masses populaires, une forme latente, dans certains milieux anticapitalistes, sous l’équation juif = bourgeois. Oui, il est sain et il est légitime de le combattre. Il existe également du fait de l’instrumentalisation  par des réactionnaires de la question de l’existence d’Israël et de la politique de cet Etat. « au vieil antisémitisme de l’extrême droite s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des juifs en victimes de la société » dit le texte. Une manière de faire exactement ce même tour de passe-passe, et de faire de l’antisionisme un antisémitisme pour le combattre.

                    Mais cette réaction, cet antisémitisme, qui le combat ? Ce ne sont nullement les signataires de cette pétition. Eux ont comme ambition de créer un faux débat, un faux choix. Etre contre eux, selon eux, c’est cautionner et soutenir l’antisémitisme. Un désaccord avec eux serait un geste de sympathie en direction d’une nébuleuse terroriste islamiste. Cela revient à prendre en otage le débat, à prendre en otage la lucidité politique. Il s’agit d’une méthode terroriste au sens premier du terme.

                    Qui lutte contre l’antisémitisme ? Ce sont les communistes et les progressistes. Ce sont eux qui, par l’éducation, par l’explication, font prendre conscience que ce qui forme le grand fossé dans la société n’est pas la question religieuse. Ce ne sont ni les différences de nation, de religion, de genre qui le sont, mais les différences de classe qui priment. Ce sont elles qui répartissent la population en deux camps antagoniques : les masse populaires contre la bourgeoisie. Les prolétaires contre ceux qui les exploitent.

                    Cette tribune est le fruit d’une coalition de réactionnaires qui, à aucun moment, ne cherchent à lutter contre l’antisémitisme. Elle n’est que de l’huile versée sur les flammes déjà rugissantes du racisme et de l’islamophobie qui en est le paravent. Elle sert de catalyseur à toute une mentalité pogromiste présente dans unes partie des masses de France. Les réactionnaires et les fascistes veulent attiser cette xénophobie, cette tendance au conflit, veulent l’instrumentaliser et s’en servir comme appui pour écraser les masses populaires dans leur ensemble.

                    Eux sont du côté de ceux qui, en secret, se réjouissent de l’antisémitisme. Ils sont ceux et celles qui, cyniquement, instillent les luttes entre les ethnies, entre les genres, entre les nations pour le compte de leurs intérêts.

                    Oui, les religions portent un poids réactionnaire. Elles défendent des modes d’organisation de la société basées sur des conceptions rétrogrades, patriarcales, obscurantistes. Il est légitime de combattre les aspects réactionnaires des pratiques. Mais combattre ces aspects ne signifie pas réclamer un recours au couperet du législateur, autrement que par une non-ingérence des affaires religieuses dans les affaires publiques. Kalinine, brillant éducateur, président de l’URSS de 1924 à 1947, résumait ainsi sa politique : « Chez nous, personne n’est persécuté pour sa religion. Nous la voyons comme une erreur idéologique comme les autres, et nous la traitons par l’éducation. »

                    Les signataires de cette tribune ne veulent pas appuyer les éléments progressistes parmi les membres de la communauté des fidèles. Ce n’est pas leur but. Leur but est de frapper fort, violemment, contre les musulmans. Leur but est de déclencher un Pearl Harbor religieux, en s’attaquant au symbole le plus sacré des religions monothéistes, leur livre, le Coran. Exiger la réécriture ou la condamnation de certains passages, cela revient à frapper au cœur ceux et celles qui croient. Cela revient à exiger un acte d’auto-humiliation pour des communautés déjà frappées par la stigmatisation quotidienne. D’autant que les individus pris dans l’abominable spirale de la radicalisation religieuse n’ont jamais été des lecteurs avides du Coran ou des textes religieux. Car, miroir des fascistes, les obscurantistes mentent et déforment sans vergogne les faits pour qu’ils collent à leur désirs et leurs projets.

                    Non, tout ce qui les intéresse, c’est de se positionner dans la course à la réaction la plus virulente. Une compétition dans laquelle Les Républicains et le Front National rivalisent pour tenter d’appuyer les thèses les plus putrides, les plus réactionnaires, les plus fascisantes. Ils rivalisent pour nourrir les masses de messages incitant à la haine raciale. Ils rivalisent pour semer la discorde et le chaos parmi des masses populaires qui ont le plus grand besoin d’union et d’unité.

                    La bourgeoisie sent que les masses se raidissent, même privées d’un parti politique révolutionnaire. Elles se raidissent contre les menaces, contre les assauts, contre les liquidations de leurs droits. Elles se raidissent, se durcissent, radicalisent leur pensée. Semer la discorde, semer les germes de la guerre, voilà une méthode qui permet de les fragmenter.

                    Rejetons l’agitation et la propagande des provocateurs réactionnaires ! Opposons la solidarité de classe à l’agression raciste camouflée. Ne laissons pas la bourgeoisie diviser ceux qu’elle exploite, ceux qu’elle opprime. Ne laissons pas les fascistes imposer leur chape de plomb sur la société et sur le monde ! Défendons les droits démocratiques des minorités religieuses.

                    Défendons la solidarité populaire ! Dénonçons le racisme  !

  • Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    L’Unité Communiste de Lyon condamne le déplacement de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Jérusalem.

    L’Unité communiste de Lyon considère que le déplacement de l’Ambassade des USA à Jérusalem, de même que la reconnaissance accordée à cette ville comme capitale de l’Etat d’Israël sont des actes de provocation dangereux.

    Dans un nuancier allant de la bêtise la plus crasse à la provocation assumée, nous ne pouvons que supposer le pire. Nous ne pouvons que déceler les odeurs rances d’un désir de bain de sang.

    Isolé aux USA, pris dans le tumulte d’affaires plus scandaleuses les unes que les autres, Trump mène une politique aventuriste, tant contre la Corée du Nord que dans ce cas précis, tentant de fédérer les milieux les plus obscurantistes et les plus réactionnaires des USA derrière lui.

    Isolé dans l’Etat Israélien par les scandales de corruption, le fascisant Netanyaou mène lui aussi une politique de provocation, pour déclencher un climat de paranoïa et de terreur dans l’Etat d’Israël, et ainsi fédérer les milieux réactionnaires autour de lui.

    L’un et l’autre provoquent un casus belli en annexant Jérusalem. La ville sainte des religions du Livre passerait ainsi sous l’escarcelle intégrale d’un Etat ségrégationniste, réactionnaire et belliciste.

    Comment les Palestiniens et les Palestiniennes pourraient ne se sentir dans une légitime colère lorsque le siège de leur autorité est ainsi absorbé par l’occupant ? Il s’agit d’une remise en cause de chaque gain, de chaque avancée, aussi faibles, aussi fragile soit-elle, vers l’édification d’un Etat Palestinien.

    Comment les populations musulmanes pourraient-elles réagir autrement que par la colère lorsque la mosquée d’Al-Aqsa, un des cœurs de leur religion est menacée d’être encerclée de barbelés ?

    Ils et elles ne le peuvent pas. Les organisations de la résistance Palestinienne appellent à un nouvel Intifada contre l’opération menée par Israël.

    Cette action vise, justement, à provoquer cette escalade de colère, de violence, cette escalade conflictuelle, laquelle peut porter loin. Car, derrière cette question, des enjeux immenses se trament.

    Les réactionnaires et les colonialistes d’Israël veulent en profiter pour étendre leurs colonies, leurs possessions territoriales, étendre leur contrôle de la Cisjordanie, déjà fragmentée en éclats. Ces agents provocateurs mettent sciemment en danger les civils israéliens et palestiniens pour assouvir leurs ambitions.

    Les impérialistes US renforcent ainsi leur bastion dans le secteur, assurant et  consolidant ce point d’ancrage, en plein milieu d’une zone stratégique de premier ordre, mêlant champs de pétrole et canal de Suez. Il s’agit également de se contrer l’implantation sans cesse croissante des bases russes et des intérêts chinois dans le Moyen-Orient. Au sein de ce pays, des sectes réactionnaires, apocalyptiques, applaudissent Donald Trump comme un nouveau croisé de la religion chrétienne.

    Plus original, l’Arabie Saoudite veut pousser à l’escalade dans le but d’entrainer son rival Iranien, de le contrer. L’hostilité manifeste des deux puissances régionales est à son comble, chacune se livrant en Syrie une proxy war au travers d’intermédiaires. L’Arabie Saoudite voit dans Israël un fer de lance pour contrer un Iran en expansion rapide.

    Nul doute que d’autres puissances s’empresseront de souffler sur les braises, d’un côté ou de l’autre, dans le but qu’éclate un conflit de grande ampleur. Le gouvernement français n’a pour le moment pas émit de position claire à ce sujet, Emmanuel Macron déclarant que la décision de Trump était cependant regrettable.

    Nettement moins nuancé, le CRIF s’est empressé de l’appeler a soutenir sans réserve la position américaine.  Cette déclaration précipitée, hasardeuse et dangereuse illustre le fait que le CRIF ne représente qu’une fraction des juifs et juives de France. Historiquement, ce conseil se montre proche des positions les plus réactionnaires en Israël.

    La paix doit être entendue !

    La provocation doit cesser ! Ces mesures unilatérales, aventuristes, provocatrices, prises par les USA et Israël, doivent être annulées. Ce jeu d’apprenti-sorcier risque de se payer en fleuves de sang, de sang du peuple, des masses, de gens qui n’ont pas de haines les uns envers les autres, pas d’intérêt à ces conflits.

    Cette provocation ne sert que les intérêts d’une bande de vampires opportunistes, qui se régalent des dividendes du conflit : les bourgeois et les bourgeoises, les impérialistes et les colonialistes.

    Cette provocation alimente l’antisémitisme au sein de la France, tout comme elle alimente la croisade pogromistes et racistes contre les musulmans et musulmanes, contre les personnes issues de l’immigration. Ce n’est pas un hasard si Manuel Valls posait à côté d’une ministre israélienne d’extrême-droite.

    L’Unité Communiste de Lyon soutient et soutiendra toutes les initiatives opposées à cette annexion et à ces provocations à la guerre.

    L’Unité Communiste de Lyon déclare accorder son soutien à la résistance palestinienne dans son ensemble, tout en accordant un soutien positif au projet politique des communistes Palestiniens, dans leur lutte pour qu’une paix juste et durable émerge.

    L’annexion faite par Israël est l’imposition d’un Apartheid, d’une ségrégation raciste et coloniale. L’Unité Communiste de Lyon soutient la position du mouvement communiste , en Palestine comme dans le monde, depuis 1947 : un seul Etat, binational, laïc, démocratique et populaire.

    La naissance de cet Etat ne peut se faire hors de la lutte !

    Vive la lutte anticolonialiste, vive la lutte anti-impérialiste !

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

  • Wauquiez – agent provocateur de la réaction !

    Wauquiez – agent provocateur de la réaction !

    Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon concernant la provocation de Laurent Wauquiez sur sa « crèche ».

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette manœuvre opérée par le Président de la Région Rhone-Alpes Auvergne, dans le but d’utiliser les lieux publics pour diffuser des croyances et des superstitions.

    Laurent Wauquiez n’est pas à son coup d’essai, dans sa tentative de faire entrer en douce ses croyances dans les lieux publics. L’an dernier, la volonté d’installer une crèche dans ce même lieu avait du faire l’objet d’une intervention auprès du tribunal administratif. Cette année, il tente de camoufler son acte derrière une promotion du travail des artisans et fabricants de santon. Un camouflage bien piètre, qui ne trompe personne.

    Nous ne pouvons que nous retrouver dans la manière dont le Parti Radical de Gauche s’est exprimé sur le sujet : « Du président de Région, on aurait pu s’attendre à ce qu’il assume pleinement son refus de respecter la loi de 1905, mais non, Laurent Wauquiez, tel un enfant, a préféré jouer avec le travail des petits santons pour contourner la loi.« 

    Seulement, nous ne considérons pas Laurent Wauquiez comme un enfant, mais, au contraire, nous pensons que celui-ci manœuvre habilement, et qu’il mène une campagne de provocation réactionnaire.

    Soit il est autorisé à maintenir son exposition, et pourra se pavaner devant ses soutiens catholiques intégristes, en clamant sa victoire.

    Soit son opération débouche sur une interdiction, et il compte instrumentaliser cela pour illustrer une prétendue campagne anticatholique, orchestrée pour couper la France de ses « racines chrétiennes. »

    Laurent Wauquiez veut jouer un rôle de pompier incendiaire. II n’a pas plus grand désir que de provoquer une esclandre quant à ce sujet, pour lui permettre de rabattre par la suite ses cartes. Dans son collimateur, au final, les musulmans et les musulmanes.

    Le 27 novembre, il déclarait : « L’ennemi de la laïcité, c’est la prière de rue, le communautarisme islamique », révélant alors que sa tentative de provocation vise à démontrer que « c’est que la République donne le sentiment d’une certaine lâcheté et de ne pas avoir suffisamment de fermeté », en d’autres termes, il cherche à se faire battre pour endosser un statu de victime, lui permettant de clamer que la France se « déconstruit ». Sa manière de la sauver ?Faire appel à des provocateurs, à des semeurs de haine, à des zélateurs de crimes passés, comme Aurane Reihanian, se réclamant d’une « génération attentat. »

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’instrumentalisation de la laïcité par des individus qui la voient comme un point d’appui tactique pour frapper et stigmatiser des populations au nom de leur pratique religieuse.

    Elle dénonce l’hypocrisie qui réside dans la logique de M. Wauquiez, lequel se déguise en républicain tout en en trahissant systématiquement l’ensemble des contenus progressistes.

    Elle dénonce une manœuvre visant à répandre des superstitions d’un côté, tout en se tenant prêt à frapper les minorités religieuses de l’autre.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme son attachement à la laïcité comme espace de neutralité religieuse, tout en reconnaissant le droit démocratique qu’ont les croyants et les croyantes de pouvoir pratiquer leur culte.

    Nous n’acceptons pas la laïcité assassine de certains, qui ne la voient que comme une épée pour frapper les opprimés.

    Halte aux provocateurs réactionnaires !