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  • Arrêtez les préparatifs de guerre au Kurdistan du Sud !

    Arrêtez les préparatifs de guerre au Kurdistan du Sud !

    Le peuple kurde n’est pas seul !

    Résolution ICOR

    Depuis des mois, le parti PDK, le parti de Barzani, au pouvoir au Kurdistan du Sud, prépare une guerre contre le PKK sous des prétextes hypocrites. Il est évident qu’avec ses provocations militaires et sa propagande contre le PKK, le PDK, en étroite coopération avec les services secrets turcs du MIT, veut préparer la voie à une guerre d’invasion de l’État fasciste turc contre le mouvement de liberté kurde. Le stationnement des forces militaires a pour but d’encercler le mouvement de libération kurde de différentes directions et de couper ses liens avec le monde extérieur. À cette fin, le PDK a stationné des unités militaires à la « Porte de Qendîl » dans la région de Zînê Wertê, après quoi l’armée de l’air turque a bombardé des positions de la guérilla dans la région. Des unités spéciales du PDK ont encerclé à l’arme lourde la zone de guérilla de Gare, dans les zones de défense de Medya. D’autres attaques de l’armée turque ont suivi sur la région frontalière stratégique de Heftanîn et sur toute la région de Bradost, Xinêre, Goşine et Helgurt. Les nombreuses attaques de l’armée de l’air turque prouvent que le PDK transmet directement des informations à la Turquie.

    Depuis octobre, le gouvernement irakien et le PDK tentent également, sans grand succès, d’obtenir le contrôle total de la région autonome des Yezidis du Shengal et de dissoudre les forces d’autodéfense.

    Tout cela montre l’ampleur de l’ensemble des préparatifs de guerre, qui sont menés dans le cadre d’une coalition et avec l’accord de diverses puissances contre-révolutionnaires. L’État colonial turc mobilise tout ce qui est en son pouvoir pour détruire le PKK, étouffer la volonté de liberté du peuple kurde et s’attaquer aux acquis du peuple kurde, en particulier des femmes. Mais, les États-Unis impérialistes soutiennent également tout plan visant à affaiblir le mouvement de libération kurde.  

    Déjà le 6 novembre 2018, ils avaient renouvelé leur hostilité contre le PKK en lançant un appel à l’arrestation des principaux cadres du PKK. Les États coloniaux de la région soutiennent également les attaques contre le PKK, car celui-ci est l’une des dynamiques révolutionnaires les plus importantes de la région et représente donc, à juste titre, une menace existentielle pour les dirigeants capitalistes et impérialistes colonialistes.

    Les attaques à venir contre le PKK au Kurdistan du Sud constituent donc un grand danger pour la lutte pour la liberté dans la région.

    Le PDK, qui fait obstacle aux efforts d’unification du peuple kurde et ignore tout appel au calme de la part des dirigeants du PKK, risque une nouvelle guerre civile au sein du peuple kurde qui s’étendra à l’ensemble du Kurdistan par sa coopération perfide avec l’État turc fasciste. Elle trahit les justes revendications de liberté et d’autodétermination du peuple kurde.

    Il est nécessaire de contrecarrer ces plans et d’organiser la solidarité internationale avec le peuple kurde.

    Nous demandons au PDK d’arrêter immédiatement ses préparatifs de guerre et sa coopération avec l’État fasciste turc !

    Nous appelons toutes les personnes dans le monde qui aiment la liberté à descendre dans la rue contre toute attaque contre le peuple kurde et ses combattants de la liberté dans toutes les régions du Kurdistan !

    A bas l’impérialisme et le colonialisme !

    Vive la solidarité internationale et la lutte pour la démocratie et la liberté !

    Signataires (en date du 20/12 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI   Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PCT   Parti Comuniste du Togo
    5. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    7. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. PPRF   Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    11. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    12. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    13. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    14. БРП(к)   Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    15. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    16. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    17. UC   Unité Communiste, France
    18. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    19. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    20. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    21. UMLP   União Marxista-Leninista Portuguesa 
    22. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    23. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    24. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
    25. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    26. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    27. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    29. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    30. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)

  • Halte à l’agression contre l’Iran !

    Halte à l’agression contre l’Iran !

    Cette déclaration assez brève est en cours de débat au sein de l’ICOR, certaines appellations sont donc amenées à être modifiées, ainsi que l’ajout d’une liste de signataires.
    Nous ajoutons à cela qu’il y a eu, régulièrement, la mention d’un « impérialisme iranien ». Nous considérons que cette appellation est fausse et infondée. Elle se base sur la confusion entre l’influence de l’Iran en tant que puissance régionale et son ingérence dans des conflits du Moyen-Orient et l’impérialisme en tant que tel.
    Du fait de la concurrence internationale et de la pression des grandes puissances impérialistes, toute bourgeoisie est confrontée à deux destins : soit être assujettie et devenir compradore, dominée, soit s’épanouir et tendre vers l’impérialisme. L’Iran, Etat relativement autonome (paradoxalement, à cause des sanctions internationales), n’échappe pas à cette tendance. La bourgeoisie iranienne tente de trouver sa place « au soleil » pour reprendre les termes de Bismarck. Mais cette tendance, naturellement présente dans cette classe, ne signifie pas que l’Etat iranien puisse être classé comme Etat impérialiste.

    Cela paraît une nuance, mais considérer les USA et l’Iran sur un même pied d’égalité, sans voir que l’un est un agresseur et l’autre un agressé, revient à botter en touche et à refuser de s’opposer aux agressions entre Etats. Nous sommes hostiles à toute guerre impérialiste, où que ce soit, d’autant que l’objectif premier d’une intervention en Iran serait de figer cet Etat dans une position de dominion compradore, comme cela pouvait être le cas à l’époque du régime du Shah.

    Cependant, il ne faut pas nourrir d’angélisme, à terme, la Chine ou la Russie ne lui réservent pas d’autre sort. La seule issue est dans la révolution prolétarienne et dans la construction d’un Etat socialiste.

    Nous nous opposons fermement à l’escalade guerrière au Moyen-Orient. Les USA se démasquent une nouvelle fois comme les principaux porteurs de guerre dans le monde.

    Le général Soleimani, haut gradé de l’armée iranienne et personnage influent du régime, a été tué par une frappe américaine en Irak le 3 janvier 2020. Il représentait les opérations extérieures de Téhéran et notamment les liens avec les milices chiites. Sa mort a été apprécié de manière très diverse en Iran comme au Moyen-Orient. Certains ont salué en lui un héros, d’autre un bourreau. Nous-mêmes ne l’avons jamais vu comme un porte-flambeau de la liberté, mais bien comme un agent réactionnaire, bien qu’opposé à l’impérialisme dominant des USA.

    Toujours est-il que sa mort est un coup dur porté au gouvernement iranien. Elle est révélatrice de l’agressivité US et de la vulnérabilité iranienne.

    Cela fait des années que les tensions entre les USA et l’Iran ont cru progressivement. Les raisons de cette attitude sont multiples :

    • Une question économique : l’avidité américaine pour les matières premières et le pétrole, dont celui de l’Iran échappe au contrôle des majors américaines.
    • Une question de politique intérieure : par une ironie du sort incroyable, le même Trump dénonçait le fait que les Démocrates voulaient attaquer l’Iran pour assurer leur réélection. Trump cède aussi aux désirs d’une partie des « faucons », dans le but de les rallier.
    • Une question géopolitique : le détroit d’Ormuz est un passage vital pour l’économie occidentale. Son ouverture ou sa fermeture joue sur la santé du capitalisme. De plus, derrière la question de l’Iran se trouve la question de la Russie. Empêcher que celle-ci accède aux mers chaudes est une constante dans la géopolitique US et anglaise depuis le milieu du XIXe siècle. les décisions unilatérales des USA, superpuissance militaire, qui augmentent les tensions comme au Proche Orient, leur permettent d’éliminer ou de réduire l’influence économique et politique des autres puissances impérialistes, comme celles de l’UE. Les conflits locaux (1° et 2° guerres du Golfe etc) ont toujours un aspect de règlement de compte (repartage des zones d’influence) entre impérialistes.

    La nature même du régime ne pose, en revanche, pas de problème. L’Arabie Saoudite, nettement plus réactionnaire, est cependant le parfait allié de la France et des USA, et également un agent de la lutte contre l’influence iranienne et chiite au Moyen-Orient.

    Les puissances européennes ont appelé à la désescalade, mais n’ont pas condamné l’assassinat en lui-même. Dans les communiqués, le fautif a invariablement été l’Iran et son « rôle négatif dans la région ». Cette attitude de neutralité bienveillante vis-à-vis de l’action américaine est révélatrice : l’hypothèse d’une guerre est considérée comme acceptable.

    Donald Trump a affirmé que si jamais l’Iran tentait quoique ce soit, 54 cibles militaires, civiles ou culturelles seraient frappées en représailles. Le nombre faisant référence au nombre d’otages de l’ambassade US de Téhéran durant la crise des otages de 1979-1981. Cette action serait un crime de guerre.

    Trump a d’ores et déjà renforcé le contingent présent dans les bases autour de l’Iran.

    Nous exprimons notre vive inquiétude face à un risque d’envenimement des conflits et d’embrasement de la région. Si ce n’est pas la IIIe Guerre mondiale, cette escalade de la tension n’en est pas moins un signe de la tournure profondément explosive des relations internationales.

    L’UCL n’a aucune sympathie vis-à-vis du régime réactionnaire iranien. Il est hostile à tout progrès social et en particulier à l’émancipation des femmes iraniennes. Cependant, nous savons reconnaître qui, dans la situation, est l’agresseur et qui est l’agressé. Mettre les deux sur le même plan signifierait cautionner les assassinats extra-judiciaires et les actes de guerre.

    Malgré notre antipathie pour le régime iranien, nous sommes résolument hostiles à toute intervention militaire de la part des USA ou de tout autre armée dans la région. Les résultats de ces opérations militaires sont bien connus : dévastation, chaos, misère, morts et, ultimement, installation de pouvoirs ultra-réactionnaires. La solution face aux régimes réactionnaires réside dans le soutien aux masses populaires et à leurs organisations démocratiques et révolutionnaires. Lorsque les masses populaires d’Iran se sont soulevées contre le régime des ayatollahs, nous les avons soutenues.

    Les armées étrangères d’occupation ne sont pas des sources de paix et de prospérité pour les travailleurs et les travailleuses de ces pays. Elles ne sont que des maux pour ceux qui vivent dans les régions dominées, et ne servent qu’à transformer les zones occupées en colonies.

    Nous sommes hostiles à toute escalade militaire dans la région, tout comme nous reconnaissons le droit pour les pays du Moyen-Orient d’expulser les armées d’occupation étrangères. Chasser l’impérialisme est le préalable à la libération du capitalisme !

    Halte à l’agression US !

    Halte aux menaces de guerre !

    Signataires (07/01/2020)

    UCL ; UPML

  • Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

    Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

    Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

                Les USA ont annoncé le 8 mai leur intention de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, mis en place par le président Obama en 2015. Cet « épouvantable accord », ce « pire accord jamais signé » est désormais caduc, comme Donald Trump l’avait évoqué lors de sa campagne. L’argument avancé est celui d’une violation des principes de celui-ci par l’Iran. Or, rien ne démontre, à l’heure actuelle, que ces violations puissent avoir la moindre base de réalité.

                En échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui étaient en place contre le régime réactionnaire de Téhéran, celui-ci s’engageait à limiter son programme nucléaire, à faciliter les inspections et les contrôles et à modifier une partie de ses infrastructures pour qu’elles ne puissent servir à produire de l’équipement nucléaire militaire. Dans les faits, les inspections et les accords n’empêchent nullement la mise en place d’un programme militaire, mais l’accord compte sur le fait que la bourgeoisie iranienne à nettement plus intérêt à pouvoir commercer internationalement que de rester brimée par les sanctions et les embargos.

                Cela a permis au pétrole iranien d’inonder les marchés et à l’Iran de pouvoir récupérer 150 milliards d’avoirs qui étaient gelés par les sanctions. Pour la bourgeoisie iranienne et pour son développement économique, l’accord fait figure de succès important.

                L’ennui est que la situation géopolitique ne se nourrit pas que de paix. Plusieurs acteurs voient d’un œil particulièrement maussade l’idée d’une ouverture de l’Iran. Les USA voient dans cet Etat, tout comme dans l’Afghanistan, des zones qui doivent servir à maintenir la Russie loin des mers libres et des mers chaudes. Or, le rapprochement important entre Russie et Iran est une chose détestable aux yeux des stratèges US. Maintenir l’Iran sous embargo, sous fermeture, c’est s’assurer une sécurité sur la zone de front sud.

                L’Arabie Saoudite est une rivale de l’Iran. Tant du fait de la question du pétrole et de son exportation que d’une rivalité religieuse entre l’une -sunnite- et l’autre -chiite. L’Arabie Saoudite se méfie de la puissance croissante de cet Etat, en particulier d’un point de vue militaire. En 2010, Wikileaks révélait ainsi que l’Arabie Saoudite enjoignait les USA à frapper l’Iran, en demandant que ceux-ci « coup[ent] la tête du serpent

                La Turquie et l’Iran ont fait preuve d’une rivalité forte sur la question du régime Syrien. La Turquie essayant de s’accaparer le Kurdistan ainsi que plusieurs portions de la « Syrie utile » tandis que l’Iran joue le rôle de soutien au régime de Bachar Al-Assad, par ailleurs chiite, tout comme les Iraniens. Alors que la Turquie arme et soutien l’ASL, l’Iran fait de même pour le régime.  L’une et l’autre sont des puissances régionales et devenir, qui veulent s’affirmer sur le Moyen-Orient.

                Israël, sur le dossier Iranien, fait front avec l’Arabie Saoudite et la Turquie. Le soutien de l’Iran à la résistance du Hezbollah, au Liban tout comme la rivalité géopolitique d’une manière générale a poussé Israël à combattre en faisant feu de tout bois contre l’Iran. A l’époque du mandat d’Obama, l’Etat hébreux devait même être tempéré par son allié américain, du fait de sa lourde tendance à vouloir porter la guerre. L’accord sur le nucléaire Iranien fut vécu par beaucoup de soutiens à Israël comme une trahison et un reniement, entraînant un refroidissement brutal des relations israélo-américaines.

                Dès l’annonce du retrait de l’accord, Israël à procédé à des frappes, le 11 mai, sur des cibles iraniennes en Syrie. Ces frappes avaient pour justification officielle le fait que l’Iran voudrait utiliser le plateau du Golan, espace stratégique éminent, comme tête de pont contre l’Etat hébreux. Ces arguments illustrent au mieux la paranoïa, au pire le cynisme d’Israël. Israël qui, lors du 70ème anniversaire de la Nabka [la catastrophe] a tué plus d’une cinquantaine de Palestiniens et blessé plus de 2000. La tension est plus que palpable dans la région, et menace de dégénérer en une guerre ouverte, laquelle ne peut que se surinfecter par les interventions étrangères, tant la région est importante géopolitiquement et géo-économiquement.

                Paris, Berlin et Londres ont dénoncé ce retrait et cette tendance à la guerre, bien qu’eux-même la portent en agissant dans le conflit Syrien et Lybien. Non pas par grandeur d’âme, bien sûr, mais parce que l’Iran pourrait devenir un partenaire commercial important et lucratif pour les puissances impérialistes. Or, qu’est ce qui empêche simplement d’ignorer la décision américaine de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien ? Une chose simple, mais méconnue : l’extra-territorialité du droit américain.

                En 1977, le Foreign Corrupt Practice Act est mis en place. En 1998, cette loi visant à lutter -officiellement- contre la corruption s’étend aux entreprises étrangères. Cette loi se double de lois criminalisant le commerce avec les Etats sous embargo -en l’occurrence Iran, Cuba, Libye, Soudan…), puis, après 2001, de lois antiterroristes accroissant l’autorité des agences de renseignement américaines.

                En 2010, la loi Dodd-Franck permet à la Securities and Exchange Commission de réprimer toute infraction à la législation US, même si les acteurs sont tous étrangers. La même année, le FOreign Account Tax Complicance Act donne la possibilité au Fisc US d’agir de manière extra-territoriale.

                En 2016, enfin le Justice Against Sponsors of Terrorism Act permet aux citoyens US de porter plainte contre les Etats dont sont issus les individus ayant commis des attentats.

                Cet ensemble d’éléments fait que tout ce qui peut relier les USA à un acte qui leur déplaît est passible de poursuites judiciaires. Comme le cite Le Monde Diplomatique « Il suffit, écrit Me Paul-Albert Iweins, bâtonnier et ancien président du Conseil national des barreaux, qu’une opération contestée ait été libellée en dollars ou qu’un échange de courriels ait transité par un serveur américain pour que la juridiction américaine se reconnaisse compétente. » (Jean-Michel Quatrepoint, janvier 2017)

    En somme, dès qu’une entreprise à un orteil en territoire américain, dès qu’elle utilise une monnaie américaine, dès qu’elle est en lien plus ou moins direct avec des intérêts US, elle est soumise, de facto comme de jure au droit américain. Or, dans les faits, le dollar est la monnaie d’échange la plus utilisée et chaque grande entreprise est liée par des accords sous une forme ou une autre, avec des intérêts US. Donc il n’est pas possible de rester à l’écart des décisions intérieures des USA.

                En somme, si, pour le cas de Cuba, de l’Irak avant 2003 ou de l’Iran, une entreprise d’un Etat X veut braver l’embargo, elle subira forcément des rétorsions de la part du département de la Justice Américaine. A titre d’exemple, voici les sanctions prises contre quelques entreprises entre 2008 et 2017 (source : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4082.asp)

                Ces sanctions découragent les Etats de mener des politiques contraires aux USA. Ce système de sanction, de plus, lance des amendes qui envoient des sommes colossales dans les caisses de l’Etat. Elles se dédoublent d’un système de corruption généralisé, car les intermédiaires et les sources sont rémunérées. Une ONG dénonçant une entreprise touche une part de l’amende. De plus, les peines sont également relatives à l’intérêt que porte aux entreprises l’Etat américain et ses entreprises. Déjà cité plus haut, l’article du Monde Diplomatique précise : « Dans une affaire de corruption en Indonésie, Alstom était associé à un groupe japonais, Marubeni. Celui-ci a composé dès 2012 avec le DOJ et n’a été condamné qu’à 88 millions de dollars d’amende. La facture pour Alstom, négociée en 2014, sera neuf fois plus élevée. Marubeni n’intéressait pas les poids lourds américains du secteur, alors qu’Alstom était déjà une cible pour General Electric. »

                Le doit américain, basé sur la common law, laisse, de plus, la possibilité d’interprétation et de jurisprudence la plus large. Comme l’Etat US n’est pas neutre dans l’affaire, c’est une machine infernale qui se met en branle.

    L’impérialisme américain montre, dans cette affaire, ses muscles. Il rappelle sa puissance à la face du monde et impose encore des volontés géopolitiques – pour le moment. Cette manœuvre n’est pas tant une démonstration de force qu’un aveu de la nécessité pour les USA, de durcir le ton. L’attitude de la Chine, dernièrement, en remettant en place des barrières douanières sur les produits US, illustre une certaine guerre économique larvée. L’impérialisme US jette un pavé dans la mare avec l’affaire iranienne, en coupant l’herbe sous le pied de la Russie et même de l’Europe, mais également en fragilisant encore la situation au Moyen-Orient.

    Cependant, nous nous méfions de ceux et celles qui font feu de tous bois contre lui, quitte à ignorer les autres. Quitte, surtout, à passer sous silence l’impérialisme français, qui, lui aussi, mène une politique criminelle, rapace et belliqueuse. Nous n’oublions pas que cibler notre propre impérialisme est une priorité, car il est à la fois notre premier bourreau, mais également il est celui sur lequel nous pouvons avoir une influence, pour soutenir ceux qu’il opprime. Nous ne tombons pas dans le piège de certaines organisations sociales-chauvines.

    Lénine définissait ainsi cette tendance : Le social chauvinisme, c’est la “ défense de la patrie ” dans la guerre actuelle. De cette position découlent, par voie de conséquence, la renonciation à la lutte de classe pendant la guerre, le vote des crédits militaires, etc. Les social-chauvins pratiquent en fait une politique anti prolétarienne, bourgeoise, car ils préconisent en réalité, non pas la “ défense de la patrie ” au sens de la lutte contre l’oppression étrangère, mais le “ droit ” de telles ou telles “ grandes ” puissances à piller les colonies et à opprimer d’autres peuples. Les social-chauvins reprennent à leur compte la mystification du peuple par la bourgeoisie, selon laquelle la guerre serait menée pour la défense de la liberté et de l’existence des nations, et se rangent ainsi aux côtés de la bourgeoisie contre le prolétariat. Sont des social-chauvins aussi bien ceux qui justifient et exaltent les gouvernements et la bourgeoisie d’un des groupes des puissances belligérantes que ceux qui, à l’instar de Kautsky, reconnaissent aux socialistes de toutes les puissances belligérantes un droit identique à la “ défense de la patrie ”. (Les principes du socialisme et la guerre de 1914-1915 , 1915)

    Luttons contre les provocations militaires et la course à la guerre. Luttons contre l’impérialisme américain et ses alliés. Luttons contre l’aventurisme militaire de notre propre impérialisme ! Soyons solidaires contre le spectre de la guerre !

     

  • Biji Kurdistan !

    Biji Kurdistan !

    Victoire du référendum pour d’indépendance du Kurdistan Irakien

    Le 27 septembre dernier ont été annoncés les résultats définitifs du référendum qui s’est tenu dans la région autonome du Kurdistan d’Irak, et questionnant les kurdes sur leur volonté d’indépendance. Le résultat parle de lui même, sur 3 305 952 votants (72% de participants), 92,73% ont voté en faveur du oui contre 7,27% de non. Un véritable cri de victoire a retenti au sein du peuple kurde, une victoire sur le papier, pour le moment, mais non encore transcrite dans les faits.

    Si le résultat de ce référendum est une véritable onde de choc dans le Moyen-Orient et dans le monde, le combat pour l’indépandance et l’unification n’est pas terminé pour autant. Le Kurdistan Irakien n’est pas au bout de ses peines, et sa direction politique ne lui facilite pas la tâche. Cette part du Kurdistan est jusqu’ici province de l’État irakien,, bien que bénéficiant d’une certaine autonomie. Elle est dirigée par une clique ambiguë, mi-bourgeoisie compradore, mi-appels à l’indépendance.Le le chef de file de celle-ci est l’héritier d’une lignée de seigneurs féodaux, Massoud Barzani. Barzani, au cours des dernières années, ne s’est guère montré un allié fiable pour ses frères et sœurs. Ainsi, ses forces combattantes, les Peshmergas, on eu un rôle plus que douteux dans la guerre. Ils ont cédé sans combattre le terrain à Daesh, mais, en revanchen s’en sont déjà pris aux YPG dans le Rojava, jouant un rôle d’allié objectif des Turcs dans le secteur.

    Par ailleurs, le président du Kurdistan irakien a déclaré, suite à la victoire du oui, que celle-ci n’impliquerait pas une déclaration d’indépendance immédiate, laquelle ne serait effective qu’après négociation avec Bagdad. Une rétractation qui ne surprend guère, pour un représentant d’un parti qui s’est montré, à de nombreuses reprises, empêtré dans un jeu de double-face. N’oublions, pas en effet, que la lutte concrète contre l’impérialisme, contre le fasciste Erdogan et ses alliés et contre les obscurantistes de Daesh, s’est passée de l’appui de Barzani. Elle est menée depuis le début par les troupes du PKK, par les forces révolutionnaires kurdes et les troupes du TKP/ML – TIKKO. Plus qu’une volonté d’indépendance, c’est un projet de société, d’égalité et de justice qui est porté par ces organisations. Il s’agit du projet que nous soutenons.

    La volonté de Barzani d’obtenir l’indépendance par la négociation, en plus de trahir volonté populaire des Kurdes, est le reflet d’un réalité dramatique. Aucune des forces présentes dans la région ne souhaite entendre parler d’un Kurdistan indépendant. En Irak, Bagdad a d’ores et déjà réclamé le contrôle sur les aéroports. Dans la théocratie voisine, près d’une centaine de militants et militantes kurdes ont été arrêtées depuis lundi pour avoir osé exprimer leur soutien à la victoire du oui. Jeudi dernier, Binali Yildirim, le bras droit de Erdogan, a demandé la tenue d’un sommet Ankara-Téhéran-Bagdad, pour coordonner les actions contre la partition irakienne et contre la guérilla. Trois pays dont les antagonismes restent vivaces -gardons en mémoire le conflit meurtrier Iran/Irak entre 1980 et 1988- tombent soudain d’accord sur cette pierre d’achoppement qui réunit les ennemis d’hier : pas d’Etat pour les kurdes.

    Le risque d’une croisade antikurde est fort. Le camouflet que représente le référendum passe pour une véritable provocation, une véritable défiance face aux frontières héritées du démantellement de l’Empire Ottoma.

    Face à la menace, la réponse des Kurdes est invariablement la même, la résistance populaire. Ainsi, les forces présentes dans le Rojava ont déjà annoncé qu’elles interviendraient en Irak en cas de conflit ouvert. Face à ses bourreaux, le peuple kurde continuera de mener son combat exemplaire, jusqu’à la victoire finale.

    Nous, communistes, soutenons inconditionnellement la lutte héroïque du peuple kurde. Nous soutenons les organisations révolutionnaires qui, chaque jour, œuvre non seulement pour la liberté et la justice, mais aussi, contre la réaction, le fascisme, l’obscurantisme et l’impérialisme.

    Cette victoire du référendum, et l’opposition qu’elle sucite, ne peut que faire écho à la situation qui se profile en Catalogne. Les volontés populaires sont systématiquement broyées, bannies, et écrasées quant elle vont à l’encontre des interêts des bourgeoisie.

    Vive la lutte de libération nationale et vive le Kurdistan libre, indépendant et unifié ! Halte aux menées des réactionnaires et aux trahisons !