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  • Exposé des positions d’Unité communiste sur la guerre russo-ukrainienne

    [Version révisée d’octobre 2024.]

    Cet article a été rédigé pour le journal Özgür Gelecek que nous remercions de nous laisser nous exprimer dans leurs colonnes.

    Quelle doit être selon nous une position communiste sur l’actuelle guerre russo-ukrainienne ? Répondre à cette question, c’est en poser nécessairement une autre : quelle est selon nous la nature de l’actuelle guerre russo-ukrainienne ?

    Notre organisation n’a jusqu’à ce jour pas explicitement présenté ses réponses. Nous sommes conscients de notre retard sur ces problèmes pourtant brûlants. Nous profitons de l’imminence du 2e anniversaire de l’offensive russe pour rattraper ce manquement.

    Pour déterminer la nature de la guerre russo-ukrainienne, il faut d’abord déterminer la nature de la Russie et de l’Ukraine. D’apparence simple, ce problème révèle en réalité la complexité de l’impérialisme contemporain.

    Le premier impératif est d’éviter l’adhésion à une définition métaphysique de ce qu’est un pays dominé ou un pays dominant, c’est-à-dire de ce qu’est l’impérialisme et sa domination économique. Il n’existe pas de domination dans l’abstrait (comme qualité isolée), il n’y a toujours que la domination d’un marché et d’un État sur un autre marché et un autre État. Un pays n’exerce ou ne subit toujours une domination que dans sa relation avec un autre pays. À l’échelle mondiale, les relations se superposent et se conjuguent, de telle manière que le rôle d’un pays dans le réseau de relations mondiales ne peut être déterminé qu’en observant la place de ce pays dans ses relations prises dans leur ensemble. Idem, il n’existe pas de domination impérialiste sans certaines classes pour dominer et pour être dominé. Un pays n’exerce ou ne subit toujours une domination que selon ses classes. La domination impérialiste n’est toujours que la domination d’une bourgeoisie impérialiste d’un pays sur certaines classes d’un autre pays (bourgeoisie compradore, bourgeoisie nationale, petite bourgeoisie, prolétariat, paysannerie). En économie, il ne faut jamais oublier le matérialisme dialectique.

    Les contradictions entre les pays impérialistes et les pays dominés ne sont plus aussi polarisées qu’elles ne l’étaient aux premiers temps de l’impérialisme, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, où l’on pouvait facilement distinguer les pays impérialistes, les colonies et les semi-colonies. Aujourd’hui, il existe toujours des impérialismes hégémoniques, qui sont dans une position de domination sur l’ensemble de l’économie mondiale : les impérialismes occidentaux (États-Unis d’Amérique, Canada, France, Allemagne, etc.) et l’impérialisme japonais. Cependant, dans le système impérialiste contemporain, un pays dominé dans une relation peut être dominant dans une autre relation. Certains pays sont ainsi dominés et dominants en même temps, c’est par exemple le cas des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), entre autres.

    La complexification du système impérialiste n’a cependant pas fait disparaître les deux pôles opposés : les pays dominants — impérialistes — et les pays dominés. En revanche, ces deux catégories et leurs relations politiques et économiques se sont complexifiées. Pour comprendre si un pays est dominant ou dominé, il est donc devenu primordial d’observer sa place dans le réseau des relations économiques mondiales pris dans sa totalité, pour y étudier son rôle général (non pas relativement à un pays particulier ou un autre, dont la relation pourrait ne pas refléter la nature réelle du pays en question).

    La Russie est un pays dominé par des pays impérialistes plus puissants, mais elle domine elle-même d’autres pays et cherche à étendre sa domination et à s’émanciper de la domination des impérialismes hégémoniques, en faisant croître son propre empire. Au même titre que la Chine, la Russie est un impérialisme challengeur : son rôle dans l’économie mondiale est celui d’une semi-périphérie forte, luttant pour devenir un nouveau centre impérialiste. Le passé socialiste et les caractéristiques géographiques de la Russie et de la Chine les ont de plus dotées de ressources et de forces habituellement monopolisées par les centres impérialistes : l’accès aux ressources naturelles stratégiques, la technologie de pointe, les moyens de communication — dont les médias —, et la puissance militaire — dont l’arme nucléaire. La position de relative faiblesse de la Chine ou de la Russie par rapport aux impérialismes hégémoniques dans le monde n’enlève rien à leur qualité impérialiste. La Chine et la Russie sont des États et des marchés cherchant à perpétuer et à étendre leur domination sur d’autres États et marchés, pour augmenter et sécuriser leurs surprofits impérialistes. Si la Chine et la Russie sont toujours dominées par les impérialismes hégémoniques, ce sont elles-mêmes des impérialismes.

    La bourgeoisie russe et chinoise ne sont pas des bourgeoisies compradores, incapables d’accumuler un surprofit par et pour elles-mêmes. Ce sont des bourgeoisies nationales et impérialistes, qui sont capables d’accumuler un surprofit par et pour elles-mêmes, et qui luttent donc pour étendre et intensifier leur domination sur la bourgeoisie compradore et les masses populaires (la bourgeoisie nationale, petite bourgeoisie, prolétariat et paysannerie) des nations opprimées. Les bourgeoisies russe et chinoise cherchent à assurer et à accroître leurs surprofits par la domination politique des États et la domination économique des marchés. La Russie et la Chine sont des pays relativement dominés, mais ce ne sont pas des pays dominés, leur bourgeoisie impérialiste est relativement faible, mais ce sont des bourgeoisies impérialistes.

    Tous les pays capitalistes, y compris les pays dominés, luttent pour se constituer un empire, mais cela ne signifie pas que tous les pays seraient alors des pays impérialistes : seuls les pays qui réussissent effectivement à se constituer un empire duquel ils extraient des surprofits peuvent être qualifiés d’impérialistes. Un pays peut-être impérialiste et lui-même plus exploité qu’exploiteur, ce qui ne change pas le fait qu’il est lui-même exploiteur, donc impérialiste.

    Là où la Chine et la Russie sont des semi-périphéries fortes représentant des impérialismes challengeurs, l’Ukraine est une semi-périphérie faible, qui n’a pas la capacité économique de se constituer un empire impérialiste. L’Ukraine est un pays sous domination des impérialismes hégémoniques et de l’impérialisme russe. La bourgeoisie ukrainienne est compradore.

    Les impérialismes occidentaux et l’impérialisme russe se disputent l’exploitation du marché ukrainien et le contrôle de l’Ukraine depuis maintenant plus de 20 ans. L’intégration de l’Ukraine dans deux sphères impérialistes distinctes et antagoniques (occidentale et russe) se ressent dans toute la société ukrainienne, et fut notamment à l’origine de la Révolution ukrainienne de 2014 et de l’annexion de la Crimée par la Russie la même année. Aujourd’hui, Zelensky représente la bourgeoisie bureaucratique compradore pro-occidentale, celle-ci est liée aux intérêts impérialistes occidentaux : tout en leur étant soumise, elle cherche à se constituer un empire avec ceux-ci.

    Pourquoi la Russie a-t-elle envahi l’Ukraine le 24 février 2022 ?

    Le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne par la Russie a pour première cause la contradiction inter-impérialiste entre les impérialismes hégémoniques occidentaux et l’impérialisme challengeur russe. Les impérialistes de l’alliance atlantiste (l’OTAN) et la Russie luttent pour le contrôle économique et politique de l’Ukraine, dans le cadre d’une lutte mondiale entre les impérialismes hégémoniques, pour la défense de leur hégémonie, et les impérialismes challengeurs, pour l’affirmation de leurs propres ambitions.

    Pourquoi la guerre a-t-elle éclaté en Ukraine, et non pas sur un autre marché que se disputent les impérialismes pour le partage du monde ?

    Cette guerre est aussi celle pour le contrôle d’un verrou géopolitique. Il est essentiel de comprendre la vision des pays impérialistes impliqués dans cette guerre (pour mieux la démasquer et la combattre).

    Qu’est-ce que la géopolitique, et pourquoi s’y intéresser pour comprendre les contradictions inter-impérialistes ? La géopolitique est une superstructure, c’est la théorie et l’idéologie des bourgeoisies impérialistes. La géopolitique, en tant que science, est l’interprétation bourgeoise impérialiste des contradictions de l’impérialisme. Les analyses géopolitiques recouvrent une partie de la réalité matérialiste dialectique des contradictions inter-impérialistes, mais cette science bourgeoise est limitée par son rôle politique de classe (elle est intégrée à l’appareil d’État bourgeois impérialiste, dominé politiquement et idéologiquement par la bourgeoisie impérialiste et au service de celle-ci) et par sa méthodologie idéaliste (ni matérialiste ni dialectique, qui nie le principal et le secondaire, notamment entre la base matérielle et la superstructure sociale et entre la cause interne et la cause externe).

    Les impérialismes occidentaux, particulièrement les États-Unis d’Amérique, sont toujours influencés par la théorie du Heartland, qui était enseignée dans toutes les grandes écoles américaines jusque dans les années 2000. C’est-à-dire qu’ils sont persuadés que le Heartland (allant de la Volga au Yangtze, et de l’Himalaya à l’Arctique), pour des raisons géographiques, a un avantage stratégique sur le reste du monde, avantage qui le rendrait quasi invincible s’il possédait aussi le Rimland (le reste de l’Europe et de l’Asie, ayant accès à la mer). Dans leur vision géopolitique, il faut donc tout faire pour contrôler et dominer cet espace. C’est pourquoi ils investissent autant de moyens près des frontières russes, notamment en Ukraine.

    « Who rules East Europe commands the Heartland; who rules the Heartland commands the World-Island; who rules the World-Island controls the world. » (Mackinder, 1919)

    Du point de vue de la Russie, la Seconde Guerre mondiale a mis en lumière la nécessité géopolitique de repousser autant que possible ses frontières, ainsi que d’être entouré d’alliés (ou a minima de pays neutres). C’était l’un des enjeux des négociations lors de la chute de l’URSS, qui a alors perdu une grosse partie de son territoire et de son économie. La Russie se perçoit comme assiégée (complexe obsidional hérité de l’Empire russe et de l’URSS socialiste puis révisionniste) et dans une défense légitime face aux agressions de l’Occident expansionniste (chez qui les conceptions du containment issues de la Guerre froide sont toujours influentes). De plus, Poutine n’a qu’une marge de manœuvre intérieure très mince. Le consensus qu’il a construit autour de son pouvoir depuis la fin des années 90, dans la bourgeoisie et le peuple russe, est fondé sur le désir de reconstruire une Russie forte et stable — la constitution d’un nouvel empire, rivalisant avec les puissances occidentales.

    Sur le plan géopolitique, il est clair que l’alliance atlantiste a poussé la Russie dans ses retranchements, et ce en connaissant clairement les conséquences impliquées pour la population ukrainienne. Il est tout aussi clair, que placée dans cette position, c’est la Russie qui a fait le choix unilatéral d’agresser militairement l’Ukraine.

    Il est intéressant de remarquer que les sanctions économiques occidentales n’ont pas été soutenues par les pays dominés. La Russie est très loin d’être devenue infréquentable sur la scène internationale, elle est même l’un des partenaires privilégiés des pays africains encore sous domination française (Mali, Centrafrique, Burkina Faso, etc.). Nous pouvons nous réjouir de voir ces pays se dégager des griffes de l’impérialisme français, mais pas de tomber dans celles d’un autre (perçu comme un allié contre les impérialismes hégémoniques). Quoi qu’il en soit, le monde devient « multi-polaire ». Les contradictions inter-impérialistes ne peuvent que s’accroître, l’Europe se remilitarise, et la lutte pour le repartage du monde nous entraîne progressivement vers une Troisième Guerre mondiale.

    Quelle est donc, selon nous, la nature de la guerre russo-ukrainienne ?

    Elle est la guerre inter-impérialiste par procuration entre les impérialismes hégémoniques occidentaux et l’impérialisme challengeur russe, c’est-à-dire entre l’alliance atlantiste, dont l’État ukrainien n’est que le proxy, et la Russie. La contradiction principale en Ukraine est celle entre deux camps impérialistes concurrents, luttant pour « le repartage du monde ». La guerre de la Russie en Ukraine est donc une guerre injuste.

    Le conflit russo-ukrainien n’est pas la guerre anti-impérialiste de l’Ukraine contre la Russie. L’État ukrainien dépend très lourdement du soutien des impérialismes occidentaux pour son effort de guerre (logistique, approvisionnement en équipement et en munitions, finance, etc.), et les impérialismes occidentaux utilisent l’État ukrainien comme proxy pour faire la guerre à l’impérialisme challengeur russe. Zelensky et la bourgeoisie bureaucratique pro-occidentale qu’il représente, servent leurs intérêts capitalistes compradores nationaux en servant les intérêts des impérialismes occidentaux, et ce tant économiquement que géopolitiquement.

    L’invasion russe autant que l’implication de l’alliance atlantiste en Ukraine n’est que « la continuation de la politique par d’autres moyens », ici, de la concurrence pour l’exploitation d’un marché et le contrôle d’un État, qui a lieu entre deux camps impérialistes depuis les années 2000. Depuis le début de la guerre, le gouvernement de Zelensky a profité de la situation d’exception pour fluidifier le mouvement des capitaux occidentaux et intensifier l’exploitation du prolétariat ukrainien : criminalisation des syndicats, dérégulation du droit du travail, dérégulation des prix et politique d’austérité, dictée entre autres par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Il est cependant important de noter que ces politiques néolibérales ont été largement imposées à la bourgeoisie ukrainienne par ses « alliés » occidentaux : par exemple, sous couvert de mesures « anti-corruption », comme exigence à l’adhésion à l’Union européenne, ou comme condition à l’obtention d’un prêt du FMI (dont l’Ukraine est de plus en plus dépendante depuis 2014). La bourgeoisie compradore bureaucratique pro-occidentale ukrainienne est à la fois une bourgeoisie dominée par les impérialismes occidentaux, et dans une lutte vaine pour devenir impérialiste avec ceux-ci : l’Ukraine y est soumise et est leur prolongement.

    Le conflit russo-ukrainien n’est pas la guerre inter-impérialiste de la Russie et de l’Ukraine. L’Ukraine n’est pas impérialiste elle-même. En effet, l’Ukraine fait partie d’un camp impérialiste en ce qu’elle est alignée sur l’alliance atlantiste contre la Russie, mais c’est un pays dominé par l’impérialisme russe (et les impérialismes occidentaux) qui ne possède pas d’empire impérialiste (sa propre sphère de domination sur des marchés). L’on ne peut donc pas parler de guerre inter-impérialiste « simple » (stricto sensu).

    Le conflit russo-ukrainien n’est pas la guerre anti-impérialiste de la Russie contre les impérialismes occidentaux. La Russie est impérialiste elle-même. Si l’on peut dire que la Russie « résiste » contre les impérialismes hégémoniques, il est incorrect d’en conclure alors que sa guerre serait anti-impérialiste, car ce n’est pas un pays dominé et que sa « résistance » vise précisément à étendre et à consolider l’impérialisme russe (contre un autre camp impérialiste, en renversant la bourgeoisie pro-occidentale en Ukraine).

    Le conflit russo-ukrainien n’est pas la guerre antifasciste de la Russie contre le « nazisme ukrainien ». La Russie n’a aucune velléité antifasciste, en invoquant la « dénazification » de l’Ukraine, Poutine n’a fait que piocher un casus belli dans la mémoire de l’histoire nationale russe : la Grande Guerre patriotique contre le IIIe Reich. Le nazisme et l’anticommunisme sont très implantés dans la société ukrainienne, en raison du rejet de l’héritage soviétique et de la construction d’une identité nationale anti-Russie, conduisant à l’apologie des Waffen SS ukrainiens ou de figures collaborationnistes telles que Stepan Bandera. Le Bataillon Azov, ouvertement nazi, entre autres, est depuis le début de la guerre formellement incorporé dans l’armée régulière ukrainienne. Cependant, le nazisme n’est pas moins décomplexé au sein du Groupe Wagner russe, et la revendication d’une partie de l’héritage soviétique par la Russie n’est en rien l’expression d’une sympathie socialiste, ou même antifasciste, mais seulement de l’adhésion à une Russie forte — impériale.

    Quid de « l’élément national » du conflit russo-ukrainien ?

    Le conflit russo-ukrainien n’est pas la guerre de libération nationale du peuple ukrainien contre la Russie. L’Ukraine possède déjà un État national politiquement indépendant, la nation ukrainienne est déjà aussi libre politiquement qu’elle ne puisse l’être, en tant que nation intégrée dans le système impérialiste. La résistance nationale ukrainienne est aujourd’hui quasi exclusivement celle de l’État bourgeois ukrainien, avec le soutien plein et entier des impérialismes occidentaux, dont il dépend. Il existe en Ukraine un aspect populaire de libération nationale, là où la Russie occupe le territoire ukrainien, mais cet aspect n’est que très secondaire dans le conflit, et il n’existe que comme prolongement de l’État bourgeois ukrainien (dans sa continuité et intégré dans celui-ci).

    Le conflit russo-ukrainien n’est pas la guerre de libération nationale des peuples russophones du Donbass. Cet aspect n’est également que très secondaire, et il n’existe aujourd’hui plus que comme prolongement de l’État bourgeois impérialiste russe. La lutte de libération nationale des russophones du Donbass est juste, mais celle-ci ne rend pas la guerre de la Russie en Ukraine juste : elle s’est complètement dissoute dans la guerre injuste de l’impérialisme russe.

    Il est selon nous très important de comprendre l’importance réelle des luttes de libération nationale dans le conflit russo-ukrainien, c’est-à-dire la place des contradictions nationales dans l’ordre réel des contradictions (qu’est-ce qui détermine et qu’est-ce qui est déterminé ?). À cette fin, nous pouvons nous reposer sur un précédent historique : la guerre d’agression de l’Empire austro-hongrois contre la Serbie, qui causa par voie de conséquence le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

    La lutte de libération nationale serbe était alors un mouvement de masse qui portait les aspirations de longue date d’une nation serbe unie, au sein de l’Empire austro-hongrois. Le royaume de Serbie lui-même n’était pas un pays impérialiste, mais un pays encore dominé par les puissances impérialistes. Pourquoi, donc, les internationalistes (dont les bolcheviques) n’ont-ils pas soutenu la Serbie dominée dans sa guerre défensive nationale contre l’Autriche-Hongrie impérialiste ? Lénine écrivait :

    « L’élément national dans la guerre actuelle est représenté seulement par la guerre de la Serbie contre l’Autriche (comme l’a, du reste, souligné la résolution de la conférence de Berne de notre Parti). C’est seulement en Serbie et parmi les Serbes qu’il existe un mouvement de libération nationale datant de longues années, embrassant des millions d’individus parmi les “masses populaires”, et dont le “prolongement” est la guerre de la Serbie contre l’Autriche. Si cette guerre était isolée, c’est-à-dire si elle n’était pas liée à la guerre européenne générale, aux visées égoïstes et spoliatrices de l’Angleterre, de la Russie, etc., tous les socialistes seraient tenus de souhaiter le succès de la bourgeoisie serbe — c’est là la seule conclusion juste et absolument nécessaire que l’on doive tirer du facteur national dans la guerre actuelle. […]

    Poursuivons. La dialectique de Marx, dernier mot de la méthode évolutionniste scientifique, interdit justement l’examen isolé, c’est-à-dire unilatéral et déformé, de l’objet étudié. Le facteur national dans la guerre serbo-autrichienne n’a et ne peut avoir aucune importance sérieuse dans la guerre européenne générale. […] Pour la Serbie, c’est-à-dire pour environ un centième des participants à la guerre actuelle, celle-ci est le “prolongement de la politique” du mouvement de libération bourgeois. Pour 99 pour cent, la guerre est le prolongement de la politique de la bourgeoisie impérialiste, c’est-à-dire caduque, capable de dépraver des nations, mais non de les affranchir. L’Entente, en “libérant” la Serbie, vend les intérêts de la liberté serbe à l’impérialisme italien en échange de son appui dans le pillage de l’Autriche.

    […] Ni dans la nature ni dans la société, les phénomènes n’existent et ne peuvent exister à l’état “pur” : c’est précisément ce que nous enseigne la dialectique de Marx, selon laquelle la notion même de pureté comporte un caractère unilatéral et étroit, empêche la connaissance humaine d’atteindre l’objet pleinement, dans toute sa complexité. Il n’y a et il ne peut y avoir au monde de capitalisme à l’état “pur”, car celui-ci est toujours additionné d’éléments féodaux, petits-bourgeois, ou d’autre chose encore. C’est pourquoi rappeler que la guerre n’est pas “purement” impérialiste, alors que les impérialistes mystifient scandaleusement les “masses populaires” en camouflant notoirement leurs visées de brigandage pur et simple par une phraséologie “nationale”, c’est être un pédant infiniment obtus, ou un manœuvrier et un tricheur. […] Nul doute que la réalité ne soit infiniment variée, c’est la plus pure vérité ! Mais il n’est pas douteux non plus qu’au sein de cette infinie variété se dessinent deux courants fondamentaux et essentiels : le contenu objectif de la guerre est le “prolongement de la politique” de l’impérialisme, c’est-à-dire du pillage des autres nations par la bourgeoisie déclinante des “grandes puissances” (et par les gouvernements de ces dernières) ; quant à l’idéologie “subjective” dominante, ce sont des phrases “nationales” propagées en vue de duper les masses. » (V. I. Lénine, « partie VI », La faillite de la IIdeInternationale, 1915.)

    Les enseignements de Lénine à ce sujet sont selon nous d’une grande clarté. Tout en reconnaissant que « l’élément national » existe, et qu’il est représenté « en Serbie et parmi les Serbes », il ajoute que celui-ci « n’a et ne peut avoir aucune importance sérieuse dans la guerre européenne générale. » L’actuel conflit russo-ukrainien est selon nous analogue.

    Aujourd’hui en Ukraine, l’élément national existe aussi sous diverses formes, du côté ukrainien ou russe, mais celui-ci ne permet pas de comprendre la nature réelle du conflit. Il est selon nous indéniable que soutenir aujourd’hui la « libération nationale » ukrainienne, c’est soutenir l’État ukrainien et l’effort de guerre d’un camp impérialiste contre un autre. Ce même raisonnement s’applique aux luttes de libération nationale du Donbass dans le cas de l’État et de l’impérialisme russe. Autrement dit, soutenir une guerre de libération nationale, alors même que ce conflit est une guerre inter-impérialiste, c’est prendre le parti d’un impérialisme contre un autre, et in fine soutenir la guerre inter-impérialiste.

    Soutenir la « libération nationale » de l’Ukraine, dans les conditions actuelles, ce n’est que soutenir la « défense de la patrie », c’est-à-dire se compromettre avec la bourgeoisie compradore ukrainienne pro-occidentale et les bourgeoisies impérialistes de l’alliance atlantiste.

    Pour résumer, aujourd’hui en Ukraine, la contradiction principale est la contradiction inter-impérialiste. La contradiction entre l’Ukraine et la Russie, la contradiction entre les russophones dominés du Donbass et l’Ukraine, la contradiction entre la nation ukrainienne et la Russie, et la contradiction entre le Travail et le Capital, sont des contradictions aujourd’hui secondaires en Ukraine. La guerre en Ukraine est principalement une guerre inter-impérialiste.

    Nous n’excluons pas la possibilité qu’à court ou moyen terme, la contradiction entre l’Ukraine et la Russie ou entre la nation ukrainienne et la Russie devienne principale, si la contradiction inter-impérialiste devient secondaire (par exemple, avec l’abandon de l’Ukraine par les impérialismes de l’alliance atlantiste). Cependant, une telle évolution est imprévisible à l’heure actuelle, et une position communiste ne peut pas être élaborée ou adoptée sur la base d’expériences de pensées spéculatives — mais seulement en face d’une situation concrète.

    Quelle est donc notre position sur la guerre russo-ukrainienne ?

    Le premier impératif politique des communistes est de défendre l’autonomie politique de la classe ouvrière. Le camp des communistes en Russie, en Ukraine et dans le reste du monde, n’est jamais celui d’un camp impérialiste ou d’un autre, y compris celui d’un « moindre impérialisme ».

    « En effet, la leçon la plus importante que la politique du prolétariat doit tirer de la guerre actuelle, c’est l’absolue certitude que ni en Allemagne, ni en France, ni en Angleterre, ni en Russie, le prolétariat ne peut faire sien le mot d’ordre : victoire ou défaite, un mot d’ordre qui n’a de sens véritable que pour l’impérialisme et qui, dans chaque grand État, équivaut à la question : renforcement ou perte de sa puissance dans la politique mondiale, de ses annexions, de ses colonies et de sa prédominance militaire. Si on considère la situation actuelle globalement, la victoire ou la défaite de chacun des deux camps est tout aussi funeste pour le prolétariat européen, de son point de vue de classe. C’est la guerre elle-même, et quelle que soit son issue militaire, qui représente pour le prolétariat européen la plus grande défaite concevable, et c’est l’élimination de la guerre et la paix imposée aussi rapidement que possible par la lutte internationale du prolétariat qui peuvent apporter la seule victoire à la cause prolétarienne. » (R. Luxemburg, « La lutte contre l’Impérialisme », La crise de la social-démocratie, 1915.)

    En France, nous considérons que la priorité des communistes est de lutter contre « notre » propre impérialisme : l’impérialisme français, et donc l’alliance d’impérialismes occidentaux dont il fait partie et dans laquelle il concurrence l’impérialisme russe. Inverser l’ordre des priorités, en luttant d’abord contre l’impérialisme russe, serait une faute politique grave : la compromission avec « son » impérialisme et sa bourgeoisie. Nous ne pouvons pas faire voix unique avec notre impérialisme, c’est-à-dire le camp impérialiste dans lequel est la France. La France n’est ni un pays neutre ni un pays dominé par l’impérialisme américain ou allemand : la France est un pays impérialiste autonome et lutte pour son propre impérialisme avec d’autres pays impérialistes, contre l’impérialisme russe. La France doit être dénoncée et combattue en tant que telle, avant tout autre pays impérialiste (allié ou ennemi de la France).

    Certains en France ont comparé Poutine à Hitler, pour justifier leur lâcheté sociale-chauvine à grand renfort de comparaisons absurdes entre le nazisme et le « poutinisme » : ceux qui défendent une telle position ne sont en rien différents des néoconservateurs (la défense de l’impérialisme sous la bannière de la démocratie et de la morale), et ne sont en rien des internationalistes. Cette rhétorique belliqueuse pro-impérialiste, camouflée derrière la dénonciation du « fascisme poutinien », n’est fondée sur aucune analyse sérieuse ni du conflit russo-ukrainien (en particulier) ni du fascisme (en général), et ne fait qu’offrir la phraséologie « rouge » dont le chauvinisme de la petite bourgeoisie de gauche a besoin — pour se prétendre autre chose que ce qu’il n’est vraiment. Ce que nous observons dans la gauche révolutionnaire française, plus d’un siècle après la Première Guerre inter-impérialiste mondiale, c’est la résurrection du Manifeste des Seize de Kropotkine et de la IIde Internationale du « renégat Kautsky ».

    Nous défendons que le peuple ukrainien ne peut connaître aucun salut de la part de « notre » impérialisme. Si aujourd’hui le peuple ukrainien connaît une guerre sur son sol et une exploitation plus féroce, c’est parce qu’il est déchiré par l’impérialisme, dont le « nôtre » ! Il n’y a pas d’impérialisme plus « humain », plus « civilisé », ou plus « démocratique » qu’un autre : l’impérialisme, c’est la barbarie cynique et hypocrite. Aujourd’hui, le peuple ukrainien est un peuple martyr de l’impérialisme : « L’Ukraine meurt pour la grandeur des empires ».

    Pour émanciper le prolétariat russe et ukrainien de l’impérialisme et de la dictature de « leur » bourgeoisie le défaitisme révolutionnaire est la stratégie communiste. L’application concrète de cette stratégie — comme toutes les stratégies — dépend des conditions concrètes dans lesquelles sont placés les communistes (qui sont très différentes aujourd’hui qu’à l’époque de la Première Guerre mondiale). Cependant, le défaitisme révolutionnaire reste aujourd’hui la seule stratégie qui puisse permettre au prolétariat de ne pas liquider son autonomie politique de classe dans la politique impérialiste, et ainsi de basculer dans la contre-révolution sociale-chauvine. L’action consciente et organisée des communistes doit œuvrer à transformer la contradiction entre le Travail et le Capital, d’une contradiction secondaire, en contradiction principale : mettre la révolution communiste à l’ordre du jour.

    « Effectivement, la guerre crée une situation révolutionnaire ; elle engendre un état d’esprit révolutionnaire et une effervescence révolutionnaire dans les masses ; elle suscite partout, dans la meilleure partie du prolétariat, une prise de conscience du danger mortel que représente l’opportunisme et accentue la lutte contre ce dernier. Le désir de paix qui grandit dans les masses laborieuses traduit leur déception, la faillite du mensonge bourgeois sur la défense de la patrie, le début de l’éveil de la conscience révolutionnaire des masses. En utilisant cet état d’esprit pour leur agitation révolutionnaire, sans se laisser arrêter par l’idée de la défaite de “leur” patrie, les socialistes ne tromperont pas le peuple par l’espoir illusoire d’une paix prochaine et de quelque durée, démocratique et excluant l’oppression des nations, par l’espoir du désarmement, etc., sans un renversement révolutionnaire des gouvernements actuels. Seule la révolution sociale du prolétariat ouvre le chemin à la paix et à la liberté des nations. » (V. I. Lénine, Projet de résolution de la gauche de Zimmerwald, 1915.)

    Nous soutenons donc que, dans les guerres inter-impérialistes, la stratégie juste est toujours « de développer la conscience révolutionnaire des ouvriers, de les unir dans la lutte révolutionnaire internationale, de soutenir et de faire progresser toute action révolutionnaire, de chercher à transformer la guerre impérialiste entre les peuples en une guerre civile des classes opprimées contre leurs oppresseurs, en une guerre pour l’expropriation de la classe des capitalistes, pour la conquête du pouvoir politique par le prolétariat, pour la réalisation du socialisme. » (V. I. Lénine, Projet de résolution de la gauche de Zimmerwald, 1915.)

  • Solidarité avec les femmes d’Afghanistan

    Solidarité avec les femmes d’Afghanistan

    Conférence Mondiale des femmes des milieux populaires
    Vous n’êtes pas seules – le jour viendra…

    Les femmes de la planète entière protestent dans les termes les plus forts contre les politiques impérialistes hypocrites menées sous le couvert de la libération des femmes en Afghanistan.

    En quelques jours, l’Afghanistan est sous la coupe des talibans islamo-fascistes. À un rythme effréné, les « guerriers de Dieu » ont pu s’emparer de lieux centraux du pays, de bureaux gouvernementaux d’importance stratégique et de stations de radio et de télévision, sans rencontrer de résistance significative de la part de l’armée afghane.

    Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, annonce lors de la première conférence de presse à Kaboul : « Nous voulons aussi que les femmes travaillent : Dans la police, dans le secteur de la santé et dans d’autres domaines, nous avons besoin des femmes car elles font partie de notre société. Ils pourront reprendre leur travail au nom de la loi islamique. »

    Le fait que les talibans doivent faire semblant d’être favorables aux femmes est une réaction à la conscience éveillée des femmes et au mouvement des femmes coordonné au niveau international qui gagne en force dans le monde entier. Mais les mots ne nous trompent pas ! Les Talibans représentent un fascisme basé sur l’Islam. Leur objectif déclaré est l’établissement d’un « émirat islamique », le seul pouvoir de décision de la charia par les hommes. Il s’agit de l’intensification extrême de l’oppression spéciale des femmes, inhérente au système. Leur absence totale de droits : « … nous sommes une société islamique,… donc les femmes doivent se conformer à la loi islamique. Si elles portent le voile, le droit à l’éducation et au travail leur est également garanti. »

    Les femmes de la Conférence Mondiale font entendre leurs voix avec et pour les femmes d’Afghanistan.

    Combattons le fascisme !

    Nous condamnons toute tentative de présenter les talibans comme favorables aux femmes, comme l’a fait le professeur Niaz Shah : « Je vois ici des talibans complètement nouveaux qui sont devenus plus sages. Et ce qu’ils promettent, je suppose qu’ils le tiennent. Ils sont plus susceptibles de tenir leurs promesses que les gouvernements élus démocratiquement. » L’utilisation de la religion comme arme de l’impérialisme mène à la barbarie.

    Nous dénonçons la politique impérialiste en Afghanistan :

    Les États-Unis ont autrefois érigé les talibans et Al-Qaida au Pakistan en force contre la lutte de libération des peuples de cette région. Ce sont des disciples de la CIA.

    Les États-Unis et leurs alliés, comme l’Allemagne ou la France, ont envahi l’Afghanistan à partir de 2001 et ont mené une guerre pendant 20 ans sous le prétexte de libérer le pays des talibans. La libération des femmes était leur objectif déclaré. Et en 2020, les États-Unis et les talibans ont conclu un accord à Doha sur les moyens de « parvenir à la paix ». C’est la vérité !

    De nombreux soldats ordinaires, hommes et femmes, sont également morts dans cette guerre, gravement traumatisés, tandis que les responsables des gouvernements négociaient avec les talibans fascistes !

    La vérité est que la situation de la population en Afghanistan est catastrophique. Selon le secrétaire général de l’ONG Welthungerhilfe (Aide contre la faim dans le monde), Mathias Mogge, treize millions de personnes en Afghanistan ne mangent pas à leur faim. À eux seuls, trois millions d’enfants souffrent de malnutrition. Plus de 1,1 million de personnes ont contracté le Covid 19, et environ 7000 en sont mortes. Depuis le début de l’année 2021, 270 000 personnes ont fui les talibans.

    Dans cette situation, une nouvelle résistance se forme, dans la vallée isolée de Punjir. La libération des femmes ne peut être réalisée que par le mouvement des femmes en unité avec le mouvement ouvrier, le mouvement populaire et les mouvements internationaux.

    Nous, les femmes de la Conférence mondiale des femmes des milieux populaires, n’abandonnerons pas le peuple afghan, en particulier les femmes d’Afghanistan. Nous augmenterons nos efforts de coordination et de coopération du mouvement mondial des femmes.

    Vive le mouvement combatif international des femmes !

    19 août 2021

    Halinka Augustin/Pays-Bas

    Susanne Bader/Allemagne

    Adjointe : Zaman Masudi/Allemagne

    Coordinatrices européennes

  • Déclaration de la Campagne Internationale pour la libération du prisonnier Georges Ibrahim Abdallah

    Déclaration de la Campagne Internationale pour la libération du prisonnier Georges Ibrahim Abdallah

    Rassemblement du 7 avril 2021 devant l’ambassade de France à Beyrouth

    Le 02 avril 2021, il y a cinq jours, Georges Abdallah a eu soixante-dix ans. Georges Abdallah a passé plus de la moitié de sa vie dans les prisons françaises. Aujourd’hui, l’espoir de la libération de Georges Abdallah est de nouveau ravivé si l’on en juge de la prise en compte sérieuse de l’affaire par l’Etat libanais. Dans le même temps, la question des excuses de Georges Abdallah est à nouveau soulevée par la France.

    Le dernier chapitre de toute cette histoire qui depuis ses origines tente de liquider la pensée de Georges Abdallah, s’écrit avec la visite du président français à Beyrouth, à la suite de l’explosion du port. Et où ce dernier cherche à profiter de ce moment douloureux pour le peuple libanais afin de s’ériger en sauveur du peuple face à la corruption systémique au Liban.

    La corruption en France prend au moins deux formes :

    • d’un côté, elle est généralisée à toutes les strates du pouvoir et elle s’étale au vu et au su de tous.
    • de l’autre, elle s’immisce insidieusement dans les institutions de l’Etat et sert notamment de levier pour tenter de pervertir l’esprit militant de Georges Abdallah et de souiller son image de résistant.

    La première forme de corruption est très simple à illustrer. Citons simplement les affaires suivantes :

    • François Fillon – rival d’Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises et ex Premier ministre – n’a-t-il pas été exclu de la course présidentielle pour des faits assimilés à de la corruption.
    • L’ex-président français, Nicolas Sarkozy, n’a-t-il pas été reconnu coupable récemment dans une affaire de corruption et de trafic d’influence ?
    • Sans parler de l’ancien et du plus célèbre président français Jacques Chirac qui a été condamné pour une affaire de détournement de fonds.

    Ces quelques exemples démontrent à eux seuls et de manière claire que la corruption sévit dans les plus hautes sphères du pouvoir de l’État français.

    Les racines de cette corruption sont si profondes qu’elle va même jusqu’à se saisir et manipuler la conscience du peuple français : par-là est ainsi fomentée de toute pièce une « opinion publique française » à qui il s’agit de faire gober des décisions de justice fallacieuses ; par-là, on réussit à faire endosser au pouvoir judiciaire des décisions purement politiques ; par-là enfin on fait en sorte que le peuple de France serve et soutienne les intérêts étasuniens et sionistes.

    Georges Ibrahim Abdallah est un combattant arabe libanais internationaliste. Il s’inspire d’une idéologie laïque de gauche dont l’un des trois fondements se réfère aux premiers socialistes de France. Ceci, vous le savez bien et pour autant tout l’empire médiatique français – avec à sa tête le célèbre journal Le Monde – vise à dénaturer ces faits et à les falsifier.

    Au moment de son incarcération, vous avez tout fait pour avilir l’image de Georges Abdallah, alors qu’il était à cette époque placé à l’isolement total, enfermé dans une cellule individuelle pendant deux ans. Vous avez alors fait de lui, à l’époque, le fils du clan Abdallah appartenant à une tribu… Tout cela a été bien ficelé pour in-fine lui infliger des peines maximales. Vous êtes même allés jusqu’à prétendre que Georges était un extrémiste musulman, tout simplement parce qu’il respectait le jeûne et partageait avec ses codétenus musulmans le repas de rupture du jeûne. Pour vous, ce clan avait les bras longs : son influence se serait étendue du village d’Al Qobayat à Paris. Parmi toutes ces fabulations et histoires montées de toutes pièces par la presse officielle française (en coordination avec vos cercles de pouvoir corrompus), il a même été affirmé qu’un aéroport aurait été créé dans notre village d’Al-Qobayat : c’est de là que seraient partis le soir les membres du clan Abdallah pour aller déposer leurs bombes à Paris la nuit ; et ils seraient rentrés ensuite au petit matin à Al-Qobayat pour s’afficher devant les médias et faire croire à leur innocence. Il a fallu attendre que des officiels français partent à la retraite et osent s’exprimer pour connaître dans les moindres détails tous les ressorts de cette machination politico-médiatique.

    L’administration française voudrait garder le Liban telle qu’elle l’a fondé avec ce modèle reposant sur une confrontation continuelle entre bandes rivales, confessionnelles et tribales – le tout sous le joug et la direction du capitalisme français et international. Il s’agit juste aujourd’hui de le remodeler selon leurs intérêts actuels.

    Cette machination éhontée menée contre Georges Abdallah n’a été démasquée qu’après une longue période passée sous silence. Les avant-gardes militantes de France, solidaires avec la cause juste de Georges Abdallah, l’ont révélée ! Elles ont alors montré votre totale complicité et ont dénoncé ces pratiques qui ne peuvent que porter atteinte au peuple de France et insulter sa dignité. Ces avant-gardes n’ont eu de cesse, depuis lors, d’exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah !

    Ce groupe d’hommes et de femmes engagés dans la lutte pour la libération de Georges Abdallah représente la fierté de la France. Le groupe de députés qui revendique la libération de Georges Abdallah, est-il à vos yeux, une branche de ce que vous nommez le « clan Abdallah » ? De même, le Parti communiste français est-il une branche du clan Abdallah ? Les acteurs syndicaux et culturels français sont-ils une branche du clan Abdallah ? Enfin, les conseils municipaux qui ont élevé Georges Abdallah au rang de citoyen d’honneur de leur ville l’ont-ils fait pour Georges Abdallah en tant que chef de clan ? Ces derniers et bien d’autres ont demandé et demandent toujours au président de la République française de libérer Georges Ibrahim Abdallah immédiatement et sans condition : ils le font certainement par amour pour lui, indéniablement en soutien à son combat et à sa résistance mais aussi peut-être pour sauvegarder l’image et la dignité du peuple militant de France. Grâce à leur combat, peut-être qu’un jour la justice française sera enfin libérée de l’influence étasunienne et sioniste.

    Quant au Liban… Peut-être n’avez-vous pas vu le portrait du résistant Georges Ibrahim Abdallah, hissé dans toutes les manifestations et soulèvements populaires ? Vous savez certainement que le peuple libanais aspire plus que tout à son émancipation et à la souveraineté nationale du Liban : ce combat, Georges Ibrahim Abdallah l’a toujours revendiqué, il en est le symbole vivant !

    M. Macron, quelle arrogance à vouloir vous ingérer dans les affaires d’autres États ! Mettez fin avant tout à la corruption qui gangrène votre propre pays… Le peuple libanais sait parfaitement comment régler ses comptes avec ses propres dirigeants. Réalisez plutôt dans votre pays des projets de développement qui répondront aux revendications du peuple de France pour contrer la sauvagerie de ce capitalisme moribond, au lieu d’essayer d’humilier les Libanais avec vos cartons de dons livrés par votre porte-avion et 700 de vos soldats sous la direction de votre Ministre des armées. « Vive Napoléon ! Vive les Saucissons ! ».

    Rappelez-vous M. Macron ! Il s’agit du Liban ! Beyrouth a certes été en guerre et en flammes mais elle n’a jamais hissé le drapeau blanc. Elle a subi quatre-vingt jours de bombardements intensifs israéliens durant lesquels ont été utilisées les dernières innovations technologiques militaires occidentales pour tuer des civils et détruire nos villes et villages. Toutes ces armes ont été livrées grâce à un pont aérien créé pour l’occasion entre les Etats-Unis et Tel-Aviv. On a alors dénombré des centaines de milliers de morts, de blessés et de déplacés alors qu’au même moment, vous décoriez, des médailles de la démocratie et de la paix, les chefs sionistes responsables de ces crimes. Et vous osez demander à Georges Ibrahim Abdallah de présenter ses excuses ! C’est à vous de présenter vos excuses d’abord envers votre peuple puis auprès des victimes de vos politiques.

    Au nom des manifestants ici présents ; au nom de ceux qui ont éreinté leur voix durant des décennies en manifestant pour exiger la libération de Georges Abdallah ; au nom de ces jeunes femmes et de ces jeunes hommes venus des quatre coins du pays : de l’extrême nord, du sud, de la Bekaa et de la montagne ; au nom des personnes, nombreuses, qui ne connaissent pas Georges en personne mais qui se revendiquent de ses idéaux et les chérissent, voici ce que nous affirmons tous aujourd’hui : monsieur le président, apprenez que les Hommes meurent mais leurs idéaux, eux, ne meurent jamais !

    Georges Ibrahim Abdallah ne se reniera jamais ! Les âmes héroïques ne se renient pas !

  • 105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques

    105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques

    Communiqué du Conseil populaire des Araméens d’Europe, que soutiennent les Araméens communistes de Mésopotamie (membre de l’ICOR), 15 juin 2020

    Le 15 juin marque le 105ᵉ anniversaire du génocide des Araméens, des Arméniens et des Grecs Pontiques, qui a été commis par l’Empire ottoman en 1915.

    Deux mois plus tôt, les « Jeunes Turcs », partisans d’un parti nationaliste ottoman, avaient expulsé des intellectuels arméniens de Constantinople, aujourd’hui Istanbul.

    Un mois plus tard, la « loi sur la « réinstallation de la population ». Talat Pacha, alors ministre de l’Intérieur par intérim, a ordonné une « réinstallation massive », qui s’appliquait à tous les Araméens, Arméniens et Grecs Pontiques vivant dans l’Empire ottoman.

    Les réinstallations massives se sont transformées en marches de la mort, des centaines de milliers d’Araméens ont erré sans but dans le désert mésopotamien et y sont morts. Les soldats ottomans ont exécuté des Araméens au bord de la route. En désespoir de cause, les femmes araméennes jetèrent leurs bébés dans le Tigre.

    Les femmes enceintes qui se sont défendues ont été tuées vivantes. Les enfants ont été éventrés. Les filles araméennes étaient violées et gardées dans des harems turcs ou kurdes. Les enfants étaient arrachés à leur famille et enlevés. Pour survivre, certains se sont convertis à l’Islam.

    Le génocide a coûté la vie à 500 000 Araméens, 1,5 million d’Arméniens et 300 000 Grecs Pontiques, soit un total de plus de 2,3 millions de personnes.

    Les faits historiques à ce sujet sont toujours niés en Turquie, les livres d’histoire restent falsifiés et quiconque mentionne le génocide en tant que journaliste, par exemple, s’expose à de graves représailles.

    Le 19 janvier 2007, le journaliste arménien Hrant Dink, qui a fait un reportage sur le génocide, a été abattu par un fasciste turc à Istanbul. Les responsables de cette tentative d’assassinat au sein de l’appareil d’État turc n’ont toujours pas été appelés à rendre des comptes.

    Les biens et les terres des Araméens et des autres minorités chrétiennes ont été confisqués par les gouvernements ottoman et turc. Les biens confisqués de la minorité non musulmane constituaient la base économique de la République turque.

    L’appropriation et le pillage des richesses araméennes, arméniennes et grecques, mais aussi juives, ont également servi de base à la création d’une nouvelle bourgeoisie turque.

    De nombreux individus et entreprises turques, dont les grandes familles d’industriels Sabancı et Koç, ont bénéficié directement ou indirectement de l’expulsion et de l’élimination des Araméens et de la confiscation de leurs biens.

    L’exécution de l’oligarque Özdemir Sabanci à Istanbul en 1996 par le « Front populaire révolutionnaire de libération » (DHKP-C) a fait sensation sur la scène internationale.

    Le DHKP-C a justifié cette exécution en disant qu’il s’agissait de représailles pour les peuples opprimés et massacrés en Mésopotamie, ainsi que pour la classe ouvrière exploitée par la famille Sabanci en Turquie.

    Tous les registres fonciers ont reçu l’instruction en 1983 et 2000 : Quiconque s’enquiert d’une propriété de 1915 ne reçoit aucune information et ses données personnelles doivent être communiquées au gouvernement.

    En 2005, le Conseil national de sécurité de Turquie a en outre décidé que toutes les questions concernant la propriété des terres par les chrétiens relèvent de la sécurité nationale. Aujourd’hui, en Turquie, les inscriptions au cadastre sont donc devenues une question de sécurité nationale.

    La Turquie et l’Allemagne étaient alliées pendant la Première Guerre mondiale. Au moment du génocide, de nombreux Allemands se trouvaient en Turquie et sont devenus des témoins oculaires ou des témoignages. Ils sont également devenus des auteurs de crimes. En voici quelques exemples :

    Les plans de déportation des Arméniens et des Araméens ont été élaborés par Colmar Feiherr von der Goltz, qui était actif comme instructeur et organisateur militaire dans l’Empire ottoman depuis 1883, où, en tant que maréchal turc, il ne s’appelait que « Golz-Pascha ».

    En 1913, sous le commandement du général Liman, quelque 800 officiers allemands se sont rendus à Istanbul pour armer militairement le futur allié. Certains de ces officiers ont participé à la planification et à l’exécution des déportations.

    Le général allemand Fritz Bronsart von Schellendorf, le chef d’état-major général de l’armée ottomane à Istanbul, a justifié ses actions criminelles contre les Arméniens même après la guerre et a écrit en 1919

    « L’Arménien, comme le Juif, est un parasite hors de sa patrie, absorbant la santé de l’autre pays où il s’est installé. C’est de là que vient la haine qui, à l’époque médiévale, s’est déchaînée contre eux en tant que peuple indésirable et a conduit à leur assassinat ».

    En revanche, les grands philosophes Karl Marx et Friedrich Engels ont décrit la situation des chrétiens dans l’Empire ottoman dès 1853 dans les termes suivants

    « Seuls les Turcs appartiennent « à la religion et à la nation privilégiées » et auraient « le droit de porter des armes, et le chrétien le plus haut placé doit donner au musulman le plus bas un chemin clair s’il le rencontre ».

    Le député communiste Karl Liebknecht déclare en janvier 1916 au Reichstag :

    « Le gouvernement turc a causé un terrible massacre parmi les Arméniens ; le monde entier est au courant – et le monde entier blâme l’Allemagne parce qu’à Constantinople, les officiers allemands commandent le gouvernement. Il n’y a qu’en Allemagne qu’ils ne savent rien, parce que la presse est bâillonnée ».

    La communiste Rosa Luxemburg parle spécifiquement des intérêts allemands impériaux en Turquie asiatique :

    Il s’agirait de maintenir ensemble ce « tas de décombres pourris et désintégrés » de ce despotisme oriental des Turcs en tant que « petite minorité » d’une « caste de conquérants au pouvoir » avec ses multiples « questions nationales qui ont brisé l’État turc » : arménien, kurde, araméen, arabe, grec ».

    Les persécutions, les crucifixions, les décapitations et la destruction des biens culturels font à nouveau partie de la vie quotidienne des Araméens au Moyen-Orient. Les crimes de l’Empire ottoman contre les chrétiens se répètent aujourd’hui par la persécution et l’oppression persistantes et constantes des Araméens par l’État fasciste turc.

    En turc, les Araméens chrétiens sont appelés “Süryaniler” (de aram. Suryoye). Les Araméens ne sont pas reconnus en Turquie comme un peuple indépendant avec une langue, une histoire et une culture.

    Par exemple, l’acquisition de biens immobiliers, la construction ou l’entretien des édifices religieux sont associés à des difficultés, la formation de la prochaine génération de prêtres et l’enseignement officiel de la langue araméenne sont interdits.

    Les Araméens sont dénigrés dans les manuels scolaires turcs comme étant des traîtres à leur pays. Les champs araméens sont régulièrement incendiés par l’armée turque sous prétexte de combattre le PKK.

    En juin 2017, l’État turc, dans le cadre d’une opération d’expropriation, a confisqué au moins 50 églises, monastères et cimetières chrétiens anciens, de vastes terres ainsi que des monuments, et a transféré les églises en tant que « lieux de culte » à l’autorité religieuse sunnite d’État, la Diyanet.

    L’expropriation des propriétés remonte à 2008, lorsqu’un tribunal a exproprié le monastère de Mor Gabriel, fondé en 397, ainsi que de nombreux autres monastères, églises et maisons privées.

    Avec la récurrence de l’occupation de la Turquie par le droit international dans le nord de la Syrie et le soutien des milices terroristes fascistes djihadistes comme la soi-disant « armée nationale syrienne » ou « l’État islamique », la Turquie commet un nouveau génocide contre le peuple araméen en Syrie et en Irak.

    Les massacres et les génocides sont caractérisés par les cent ans de coopération militaire, économique et politique de l’impérialisme allemand avec le gouvernement de l’État fasciste de Turquie.

    Et parce que le premier génocide a été nié et n’a pas été traité, le deuxième génocide est entré dans l’histoire du monde.

    Ainsi, quelques jours avant l’invasion allemande de la Pologne, le fasciste Adolf Hitler a demandé lors d’une réunion, dans laquelle il a, entre autres, exprimé sa désapprobation de l’action dure des unités SS à tête de mort contre la population civile :

    « Qui parle encore d’exterminer les Arméniens ? »

    C’est une citation remarquable, qui montre que le génocide arménien et araméen était déjà largement connu à l’époque et a servi de modèle à des nationalistes fanatiques comme Hitler.

    C’est également ainsi que les armes chimiques du massacre à Dersim de dizaines de milliers d’Alévis et de Zazas dans le Reich allemand fasciste ont été produites et livrées à la Turquie.

    Lors de la destruction des villages araméens et kurdes dans les années 1990, l’armée turque a principalement utilisé des armes fournies à la Turquie par le gouvernement allemand.

    Et actuellement, ce sont des armes allemandes qui sont utilisées par la Turquie dans l’occupation de la Syrie du Nord et qui terrorisent les chrétiens ainsi que les Yidis.

    Les meurtriers de 1915 ont largement échappé aux procès d’Istanbul immédiatement après la Première Guerre mondiale. Dans ce contexte également, l’Allemagne s’est distinguée en accueillant des meurtriers recherchés. Par exemple, Talaat Pasa, qui vivait à Berlin en 1921 en tant que citoyen respecté.

    Il a ensuite été abattu par l’étudiant patriote arménien Solomon Teilirian, dont la famille a été victime du génocide.

    Aujourd’hui, l’impérialisme allemand poursuit sa politique de défense des intérêts avec et pour le gouvernement fasciste de l’État turc, et il criminalise et traque les révolutionnaires araméens en Allemagne.

    Neuf militants du mouvement populaire araméen Revolutionary Suryoye doivent être jugés en Bavière en raison de leurs activités en faveur du peuple araméen.

    Le principal accusé dans ce procès est Sami Grigo Baydar. Ce jeune homme de 28 ans est théologien de l’Église orthodoxe syrienne d’Antioche. En tant que militant politique de gauche, il défend les droits des Araméens en Turquie.

    Le ministère public fédéral de Karlsruhe a également entamé une procédure d’examen contre Baydar. Il accuse le théologien d’avoir « formé une organisation criminelle et terroriste à l’étranger », selon le paragraphe 129b du Code Pénal Allemand.

    Le « Conseil populaire des Araméens d’Europe » demande des comptes aux peuples d’Anatolie, de Mésopotamie et du Moyen-Orient qui sont devenus les victimes de cette politique impérialiste allemande d’intérêts avec le gouvernement d’État fasciste de Turquie

    Le « Conseil populaire des Araméens d’Europe » demande des comptes aux peuples d’Anatolie, de Mésopotamie et du Proche-Orient qui sont devenus victimes de cette politique impérialiste allemande d’intérêts avec le gouvernement d’État fasciste de Turquie et la fin des poursuites contre les membres du Suryoye révolutionnaire.

    Ce n’est que lorsque le règne de l’impérialisme sera brisé dans le monde entier, lorsque la dictature du capital sera enfin abolie, que les victimes de ce massacre se verront accorder le droit et la justice.

    La solution au problème des minorités populaires est une lutte anti-impérialiste et anti-oligarchique pour une révolution populaire socialiste.

    Conseil populaire des Araméens d’Europe

  • Appel du Rassemblement en soutien à la Colombie et l’Amérique Latine à Lyon

    Appel du Rassemblement en soutien à la Colombie et l’Amérique Latine à Lyon

    Le 21 Novembre à 17h aura lieu un rassemblement en solidarité avec les peuples d’Amérique Latine à la Place Guichard de Lyon. Elle coïncide avec une grève générale en Colombie ce même jour ainsi que la vague de protestations sur le continent Sud-Américain. L’Unité Communiste de Lyon soutient cette initiative de nos camarades et y participera. Voici l’appel rédigé pour cet événement:

    Un continent entier en pleine révolte. Aux quatre coins de l’Amérique latine, les populations se soulèvent, de façon plus ou moins pacifique, contre leurs gouvernements et les mesures néolibérales. Même si les événements qui déclenchent ces protestations sont différents, les causes profondes sont, elles, communes.

    Chili, Bolivie, Equateur, Venezuela, Argentine, Colombie. Dans tous ces pays, la contestation est en cours ou vient de s’achever. Les manifestations sont massives et souvent marquées par des violences et la répression des différents États.
    Suivi a la situation actuelle, les mouvements sociaux,les syndicats, les étudiant.e.s,les travailleurs.es et la société colombienne ont appelé à une grève générale en Colombie le 21 novembre contre les mesures néolibérales annoncées pour le Gouvernement.

    Les étudiant.e.s colombien.nes de Lyon organisent un rassemblement en soutien et pour manifester contre:
    1.Les réformes imposées par des institutions internationales telles que L’OCDE et le FMI, et qui ont pour conséquence de precariser les conditions de vie de la population.
    2.La reforme des retraites qui cherche à éliminer le régime de la prime moyenne et met en danger l’existence de Colpensiones
    3. La flexiblisation du travail et l’intensification des conditions de travail
    4. Le smic different pour les jeunes.
    5. La privatisation et la création d’un holding financier public.
    6. Les bas salaires et l’impossibilité d’arriver à la retraite.
    Contre les assassinats des nos lideurs sociaux, nos enfants et nos indigènes. Pour la vie et la paix.!
    Organisons nous et luttons !

    Depuis le 17 octobre, le peuple chilien se bat sans relâche contre un système économique et politique néolibéral mis en place sous la dictature d’Augusto Pinochet.
    Nous vous invitons à nous rejoindre pour manifester notre soutient indéfectible à leurs revendications pour un pays où puisse régner la justice sociale. Dénonçons ensemble la violence systémique d’une politique inhumaine et un gouvernement assassin qui tue, viole et torture!

    N’hésitez pas à inviter vos amis et à partager l’événement.

    Couvrez-vous, prenez des boissons chaudes et à manger si vous le souhaitez et tout votre enthousiasme ! Nous comptons sur vous, la lutte du peuple chilien est aussi la notre !

    EL PUEBLO UNIDO JAMÁS SERÁ VENCIDO !