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  • PCI(maoïste) : Célébrons le 21e anniversaire de la fondation du PCI(maoïste) !

    PCI(maoïste) : Célébrons le 21e anniversaire de la fondation du PCI(maoïste) !

    Célébrons le 21anniversaire de la fondation du PCI(maoïste) avec un esprit révolutionnaire dans tout le pays du 21 au 27 septembre !

    Sauvegardons le Parti, l’Armée de guérilla de libération du peuple (PLGA), le Front uni et le mouvement révolutionnaire !

    Mobilisons les larges masses dans la lutte des classes et la guérilla pour vaincre la guerre contre-révolutionnaire « Kagaar » !

    Rendons le Parti invulnérable à l’ennemi !

    Renforçons la capacité du mouvement révolutionnaire à surmonter le retard !

    Appel du Comité central du PCI(maoïste) aux rangs du Parti, aux forces de la PLGA, aux organisations révolutionnaires de masse et aux masses !

    Comité central
    Parti communiste d’Inde (maoïste)

    Chers camarades, cher peuple !

    L’année dernière, nous avons célébré avec enthousiasme le 20anniversaire de notre Parti, en résistant à la guerre contre-révolutionnaire « Kagaar ». À l’occasion de cet anniversaire, notre Parti, la PLGA et les organisations locales ont travaillé avec beaucoup de courage et de détermination pour vaincre la guerre contre-révolutionnaire « Kagaar » au cours de l’année écoulée, afin de remplir les tâches assignées par notre Comité central à l’ensemble du Parti et au mouvement révolutionnaire. Notre Comité central adresse ses félicitations révolutionnaires aux membres du Parti, de la PLGA, des organisations de masse, aux cadres de tous les secteurs, aux masses révolutionnaires et aux partisans de la révolution qui ont participé à cet effort.

    À l’occasion du 21anniversaire de la fondation du Parti, notre Comité central appelle tous les rangs du Parti et les masses révolutionnaires à protéger le Parti, la PLGA, le Front uni et le mouvement révolutionnaire, à unir les larges masses dans la lutte des classes et la guérilla pour vaincre la guerre contre-révolutionnaire « Kagaar », à rendre le Parti invulnérable à l’ennemi et à accroître la force et les capacités du Parti pour surmonter le retard du mouvement révolutionnaire.

    Cette année, le secrétaire général de notre Parti, le camarade Basava Raju (Nambala Kesava Rao), alors qu’il luttait pour la révolution de nouvelle démocratie et résistait à la guerre Kagaar, a été martyrisé avec les camarades membres du Comité central Chalapathy, Vivek et Uday, et membres du Comité d’État Sharma (Jagjit Singh Sohal), Gautam, Madhu (Sajja Venkata Nageswara Rao), Jaya, Rupesh, Neeti, Karthik, Chaythe, Guddu, Satyam, Alok, Papanna, Madhu (Egolapu Malayya), Baskar, Jagan, Aruna et Vijay. Au cours de la même période, 26 camarades du Comité de district du Parti, 86 camarades du Comité régional, 152 camarades du Parti et du PLGA, 38 camarades d’organisations révolutionnaires locales et 43 camarades dont les informations sont inconnus ont été martyrisés. Au total, 366 camarades ont été martyrisés. Le camarade Louis Jalandani, membre du Comité central du Parti communiste des Philippines et dirigeant du Front national démocratique des Philippines, est décédé le 7 juin à l’âge de 90 ans. Au cours de cette année, plusieurs dirigeants et militants révolutionnaires de différents pays ont été martyrisés dans les feux de la révolution mondiale. Le Comité central rend humblement hommage à tous ces martyrs. Nous nous engageons à travailler avec détermination pour réaliser les nobles aspirations des martyrs.

    Chers camarades, cher peuple !

    Pour la première fois en 53 ans, quand le secrétaire général de notre Parti d’alors, le camarade Charu Majundar, a été tué par la police en 1972, un secrétaire général de notre Parti a été martyrisé lors d’une attaque ennemie. C’est la première fois depuis les luttes de Naxalbari et Srikakula que quatre membres du Comité central et 17 membres du Comité d’État, en plus du secrétaire général, ont été martyrisés en l’espace d’un an. Ces pertes pèseront lourdement sur le mouvement révolutionnaire indien pendant un temps relativement long. Il est de notre devoir de travailler pour surmonter cet impact. Dans une situation où le mouvement révolutionnaire subit de lourdes pertes en raison de l’opération Kagaar, il est du devoir du Parti de répondre aux questions qui se posent dans le camp révolutionnaire concernant son avenir, d’insuffler du courage à ceux qui ont peur, d’insuffler de la confiance en soi et de diriger l’ensemble du camp révolutionnaire avec une détermination ferme et un courage sans précédent. Pour remplir ce devoir, il est nécessaire d’identifier les causes des pertes et d’y remédier. Il est nécessaire d’identifier les facteurs favorables à l’avancée du mouvement révolutionnaire dans des conditions objectives et subjectives et d’organiser le Parti, la PLGA et le Front uni sur cette base.

    Dans l’histoire du mouvement révolutionnaire mondial, dans de nombreux pays, en particulier en Russie et en Chine, malgré les revers et les défaites temporaires subis par les mouvements révolutionnaires, ceux-ci ont surmonté ces situations et ont gagné. Ces mouvements révolutionnaires n’ont gagné que grâce à l’analyse correcte par les partis révolutionnaires des raisons de ces revers et défaites, des conditions objectives et subjectives de leurs pays, à l’application du marxisme, à l’adoption de stratégies politiques et militaires correctes et à leur mise en œuvre avec une détermination sans faille.

    Dans l’histoire de notre parti, après la défaite des mouvements révolutionnaires à Naxalbari et Srikakula, nous avons créé un mouvement révolutionnaire dans les États d’Andhra Pradesh et du Bihar, en analysant soigneusement les raisons qui ont conduit à cette défaite, en adoptant les mesures politiques et militaires appropriées et en les mettant en œuvre avec une détermination sans faille. Après les luttes de Naxalbari et Srikakula, au cours des 53 années qui ont suivi 1972, les gouvernements central et des États ont planifié de nombreuses opérations contre-révolutionnaires pour écraser le mouvement révolutionnaire indien et ont poursuivi leurs attaques fascistes contre le mouvement révolutionnaire, causant des pertes au mouvement révolutionnaire dans certains États. Après la formation du PCI(maoïste) en 2005, les attaques et les opérations organisées par les gouvernements central et des États sous les noms de Salva Judum, Green Hunt, Samadhan et Surajkund, entre autres, se sont poursuivies, mais nous avons résisté, les avons arrêtées et les avons toutes vaincues. La raison en est que nous avons poursuivi la lutte des classes, la guerre populaire, avec des tactiques politiques et militaires correctes et du courage. Appliquons cette méthode révolutionnaire pour vaincre également la guerre actuelle Kagaar.

    La raison pour laquelle notre Parti, les forces de la PLGA et les organisations de masse locales ont subi de lourdes pertes depuis le début de l’opération Kagaar est que nos forces n’ont pas correctement appliqué la méthode de travail clandestine, les règles de la guérilla et les tactiques formulées par le Comité central. Selon les tactiques formulées par notre Comité central et le Politburo, nos forces ne doivent pas se concentrer dans de petites zones, elles doivent opérer dans des zones plus vastes ; elles doivent être décentralisées plutôt que centralisées. Nous devons mener la lutte des classes en coordonnant les formes légales, illégales, ouvertes et secrètes de lutte et d’organisation. Nous devons mobiliser les quatre catégories du peuple dans les zones urbaines, les plaines et les zones forestières dans le mouvement révolutionnaire. En outre, notre Comité central a formulé des tactiques politiques et militaires supplémentaires. En raison de l’échec de la mise en œuvre de ces stratégies, nous subissons de lourdes pertes. Examinons ces pertes dans tous les comités d’État et de district et poursuivons la lutte des classes et la guérilla avec les stratégies politiques et militaires correctes formulées par le Comité central. De cette manière, nous réduirons les pertes.

    Mettons en œuvre les stratégies formulées par le Comité central et le Politburo et protégeons le Parti, la PLGA, le Front uni et le mouvement révolutionnaire, déjouant ainsi le sombre plan des gouvernements central et des États visant à anéantir le mouvement révolutionnaire d’ici le 31 mars 2026.

    Alors que les gouvernements central et locaux nous infligent de lourdes pertes avec l’opération Kagaar, les forces armées ennemies subissent également des pertes importantes en raison de notre résistance. L’ennemi ne rend pas publiques ces pertes. Il exagère les pertes subies par notre camp, dissimule celles subies par le sien ou, parfois, ne les divulgue que partiellement. Cela fait partie de la guerre psychologique. Le camp révolutionnaire ne doit pas se laisser influencer par cette guerre psychologique. Au cours de l’opération Karrigutta, nous avons posé des milliers de pièges, empêchant les forces ennemies d’avancer pendant 16 jours. Finalement, un homme nommé Mukkal a déserté, s’est rendu à l’ennemi, a trahi et a servi de guide à la police pour attaquer nos forces, ce qui explique pourquoi nous avons subi des pertes. L’ennemi a rapporté nos pertes, mais pas les siennes. Au cours de cette opération, des pièges ont explosé à 110 endroits, tuant 45 à 50 soldats ennemis et en blessant 70 à 80. De même, le 8 mai, malgré l’encerclement et l’attaque des forces ennemies, nos forces ont courageusement repoussé cette attaque. Au cours de cette résistance, nos forces ont tué cinq commandos Greyhound, en ont blessé quatre et ont saisi un AK, un fusil d’assaut à reflex, 150 cartouches et d’autres équipements. Cachant ce fait, ils ont prétendu que les Greyhounds avaient été tués par des tirs amis de leurs forces. Le 8 juillet, les forces du PLGA ont lancé une embuscade audacieuse à Muggonda, tuant 11 ennemis et en blessant cinq, mais l’ennemi n’a déclaré que trois membres du CRPF blessés. De même, l’ennemi ne divulgue pas les pertes subies lors de notre résistance dans les États du Jharkhand, de l’Odisha et d’autres États.

    Cela prouve la faiblesse du moral de l’ennemi. C’est pourquoi l’ennemi déploie 30 à 100 unités armées pour chaque combattant de guérilla du Parti ou de la milice populaire. Bien que les gouvernements central et des États aient déployé des centaines de milliers de soldats armés dans les zones du mouvement et les aient équipés d’armes et de technologies modernes, la raison pour laquelle ils n’osent pas attaquer nos forces en nombre égal est que leurs forces sont mercenaires. C’est là la faiblesse stratégique des forces armées ennemies. Cette faiblesse conduira finalement à la défaite de l’ennemi.

    Bien que certaines de nos forces aient été perdues à cause de l’opération Kagaar, nous avons le Parti et des organisations de masse dans de nombreux États. Sous leur direction, des milliers de personnes participent au mouvement révolutionnaire dans diverses régions. Dans certains États, nous avons encore des forces de guérilla qui poursuivent la guerre de guérilla au mieux de leurs capacités. L’essence de l’expérience des luttes de classes dans tous les pays du monde est la théorie socialiste scientifique. La théorie révolutionnaire affirme que même lorsque les avantages prédominent dans le mouvement révolutionnaire, il y a des inconvénients, et lorsque les inconvénients prédominent, il y a des avantages. En outre, les forces ennemies exploiteuses doivent être évaluées sur le plan stratégique et tactique, et les forces exploiteuses doivent être évaluées stratégiquement comme des tigres de papier. Notre théorie affirme que nous devons faire cela. C’est pourquoi, en termes de tactique, nous devons analyser la situation immédiate et subjective comme étant tactiquement plus faible. En d’autres termes, nous ne devons pas faire d’évaluations arbitraires et subjectives. C’est pourquoi nous pensons que la situation objective changera en faveur de la révolution, mais que la situation subjective est faible, que le mouvement révolutionnaire est temporairement en recul et que l’ennemi a actuellement l’avantage. Cependant, nous pouvons certainement changer cette situation, et il est de notre devoir de travailler à la changer. Même si le mouvement révolutionnaire est temporairement en recul ou subit une défaite, la lutte des classes se poursuivra tant qu’il y aura des classes. Si cette lutte des classes est menée avec les bonnes tactiques, le parti révolutionnaire retrouvera sa force et le mouvement révolutionnaire progressera.

    C’est pourquoi, dans la situation actuelle, ne vous découragez pas, ne vous laissez pas abattre et ne restez pas passifs simplement parce que vous voyez la supériorité de l’ennemi et les pertes que nous subissons. En gardant à l’esprit la supériorité et les faiblesses de l’ennemi, les aspirations de millions de personnes qui veulent que notre Parti les soutienne dans tous les domaines du mouvement et dans tout le pays, ainsi que la participation et le soutien de ceux qui sont actifs sous diverses formes dans le mouvement révolutionnaire, nous devons travailler avec une confiance, un courage, une activité et une initiative sans faille, et mener la lutte des classes et la guérilla en fonction de l’évolution de la situation.

    Certaines erreurs ont été commises dans l’application de la méthode du travail secret, qui est à la base des avantages du mouvement révolutionnaire. En corrigeant ces erreurs, nous devons rendre notre parti invulnérable à l’ennemi. De même, nous devons éviter la capitulation. Ce n’est qu’en menant la lutte des classes et la guérilla en fonction de l’évolution de la situation sociale et en surmontant les revers temporaires que la force et l’efficacité du Parti augmenteront. C’est pourquoi nous poursuivons la lutte des classes contre l’impérialisme, la classe capitaliste bureaucratique compradore et la classe des propriétaires terriens, guidé par les documents Changements dans les relations de production en Inde — Notre programme politique et Le problème des castes — Notre perspective. Continuons la guérilla par des actions modestes et décentralisées.

    Nous soutenons le mouvement mené par le peuple à travers le pays pour mettre fin à l’opération Kagaar et exiger que les gouvernements central et des États engagent des pourparlers de paix avec les maoïstes. Nous réaffirmons que notre parti est prêt à engager le dialogue à tout moment, dans l’intérêt du peuple. Cependant, pour cette raison, nous exigeons une fois de plus que les gouvernements central et locaux mettent fin à l’opération Kagaar et cessent d’établir des camps militaires dans les zones du mouvement.

    Chers camarades, cher peuple !

    Tous les événements récents sur la scène internationale sont les conséquences de la crise économique impérialiste qui sévit depuis 2008 et reflètent l’instabilité, les turbulences et la confusion du monde multipolaire qui dure depuis 12-13 ans. Les pays sous-développés, qui souffrent des droits de douane et des représailles imposés par le président américain Donald Trump au reste du monde, concluent des accords commerciaux avec la Chine et la Russie. Cela aggrave encore la crise économique aux États-Unis, et la population descend dans la rue pour s’opposer à la politique économique de Trump. La Chine, d’une part, tente d’améliorer sa situation économique en concluant un accord temporaire de réduction des droits de douane avec les États-Unis et, d’autre part, en concluant des accords commerciaux avec les pays sous-développés (le Sud global). La Russie est en mesure de poursuivre la guerre en Ukraine et conclut des accords commerciaux avec les pays sous-développés.

    Aujourd’hui, il existe une concurrence intense entre les pays impérialistes dans les secteurs des semi-conducteurs, des véhicules électriques, des terres rares et de l’espace. Dans le cadre de cette concurrence, l’alliance de l’OTAN dirigée par les États-Unis mène une guerre par procuration contre la Russie en Ukraine, tandis que les États-Unis mènent simultanément une guerre d’agression en Asie occidentale, aidant Israël à anéantir le peuple palestinien et à occuper l’ensemble du territoire palestinien, y compris Gaza. Dans ce contexte, les tensions entre les États-Unis et la Chine persistent. En raison des politiques économiques, militaires et technologiques menées par l’impérialisme pour surmonter la crise économique, les impérialistes mènent des guerres d’agression contre les pays arriérés. Avec la montée du fascisme, la contradiction entre l’impérialisme et les nations et peuples opprimés des pays arriérés s’aggrave. La contradiction entre la classe capitaliste et la classe ouvrière dans les pays capitalistes est de plus en plus aiguë. En conséquence, la situation dans le monde devient de plus en plus favorable à la révolution.

    Le peuple doit comprendre que le slogan « Vikasit Bharat » [« Inde développée »], propagé par les gouvernements central et des États du parti fasciste brahmanique Hindutva RSS-BJP, qui prétend que le pays deviendra un pays développé d’ici 2047, ne signifie rien d’autre qu’un pays hindou corporatiste. Cela signifie que l’exploitation et l’oppression par les entreprises nationales et étrangères (capitalistes impérialistes et compradores) se développent et gagnent en légitimité dans tous les secteurs économiques, politiques, sociaux et culturels du pays. Grâce à la collusion entre ces entreprises et la classe des propriétaires fonciers, cette triple alliance écrase le peuple et les groupes sociaux opprimés, et les castes opprimées souffrent encore plus d’exploitation et d’oppression. C’est pourquoi « l’Inde développée » signifie l’augmentation de la richesse de la classe capitaliste impérialiste, de la bourgeoisie compradore et bureaucratique et des propriétaires terriens, et la diminution de la richesse, des possibilités d’emploi et des droits des masses (secteurs et groupes sociaux opprimés, et castes opprimées). C’est pourquoi « l’Inde développée » signifie détruire la vie des masses dans le pays. C’est pourquoi il est désormais du devoir du peuple de ce pays de comprendre la supercherie que représente « l’Inde développée » et de s’y opposer.

    Récemment, à la suite de l’augmentation des droits de douane sur les marchandises exportées de l’Inde vers les États-Unis, le Premier ministre Modi et les ministres de l’Union ont intensifié leur campagne en faveur de l’autosuffisance et de l’achat de produits locaux. Tant que les accords économiques et commerciaux inégaux signés avec les pays impérialistes ne seront pas abrogés et qu’une économie indépendante et libre de l’impérialisme ne sera pas mise en place, les slogans tels que « Atmanirbhar Bharat » [« Inde autosuffisante »] et « Vocal for Local » [c’est à dire la promotion de produits locaux] ne seront rien d’autre que de fausses politiques et des slogans qui trompent le peuple de notre pays et n’apporteront aucun changement à l’économie du pays. D’une part, le gouvernement indien, qui ne peut imposer de droits de douane de rétorsion en réponse aux droits de douane américains, a annoncé qu’il prolongerait jusqu’en décembre la période de réduction des droits de douane sur le sucre importé des États-Unis. Cette seule mesure révèle que les affirmations de Modi selon lesquelles il « protégera les agriculteurs, les producteurs laitiers et les pêcheurs du pays en empêchant les multinationales d’entrer sur le marché indien » sont un canular. D’autre part, alors que des accords commerciaux sont en cours de négociation avec la Russie et la Chine, la récente déclaration du ministère indien des Affaires étrangères selon laquelle les relations entre l’Inde et les États-Unis sont spéciales et stratégiques et que les intérêts des deux pays ne seront pas compromis, est une démonstration de la capitulation de l’Inde, et non de son indépendance et de son autosuffisance. C’est pourquoi il est aujourd’hui du devoir du peuple indien de déjouer les tromperies de Modi et du BJP et d’intensifier la lutte en cours contre les classes capitalistes impérialistes, compradores, bureaucratiques et propriétaires fonciers.

    Depuis que Modi était ministre en chef du Gujarat, le BJP a remporté les élections parlementaires et locales tout en commettant de nombreuses fraudes électorales, notamment des vols de votes. C’est dans ce contexte que le parti a réussi à s’emparer du pouvoir lors des élections parlementaires et locales d’avril 2024, puis lors des élections parlementaires suivantes dans le Maharashtra et d’autres États. Bien plus tard, le Parti du Congrès a réussi à dénoncer les irrégularités liées au « vol de votes ». Ainsi, le peuple a une fois de plus compris la nature frauduleuse du système électoral parlementaire. C’est pourquoi la véritable démocratie ne peut être réalisée que par la victoire de la révolution démocratique nouvelle.

    C’est pourquoi nous appelons les larges masses du pays à participer activement à la révolution de nouvelle démocratie en cours menée par le Parti maoïste. Nous appelons les larges masses du pays à participer activement à la révolution de nouvelle démocratie en cours afin d’établir un nouveau système démocratique et le socialisme dans le pays, libéré de l’exploitation et de l’oppression, en renversant l’impérialisme, la classe capitaliste compradore et la classe des propriétaires fonciers.

    • Renversons la guerre contre-révolutionnaire « opération Kagaar » que mènent les gouvernements central et des États pour éliminer notre Parti et le mouvement révolutionnaire.
    • Protégeons le parti, la PLGA, les organisations populaires/le Front uni et le mouvement révolutionnaire, en renforçant la base populaire et les forces subjectives.
    • Prévenons les pertes.
    • Opposons-nous à la capitulation et à la trahison de la révolution. Luttons avec détermination pour protéger les intérêts des opprimés.
    • Rendons le parti invulnérable à l’ennemi.
    • Poursuivons la guérilla de toutes nos forces, en nous appuyant sur notre base populaire qui ne cesse de croître.
    • Intensifions la lutte des classes contre l’impérialisme, le capitalisme bureaucratique comprador et les propriétaires fonciers.
    • Combattons le fascisme brahmanique Hindutva.
    • Vive le marxisme-léninisme-maoïsme.
    • Vive la révolution indienne de nouvelle démocratie.
    • Vive l’Armée de guérilla de libération du peuple (PLGA).
    • Vive le Parti communiste d’Inde (maoïste).

    Avec nos salutations révolutionnaires,
    Comité central
    Parti communiste d’Inde (maoïste)

  • Le camarade Basavaraju est immortel !

    C’est avec tristesse que nous avons appris que Namballa Kesava Rao, « camarade Basavaraju », secrétaire général du Parti communiste d’Inde (maoïste) et l’une des forces d’avant-garde du prolétariat international, a perdu la vie avec 27 guérilleros lors d’affrontements avec les forces militaires fascistes indiennes. Au cours du même affrontement, un autre cadre estimé du PCI(maoïste), Saija Naeswara Rao, a également donné sa vie.

    Les médias d’État affirment qu’il a été tué sur le champ de bataille, mais ils trompent souvent le public sur la mort des dirigeants. Auparavant, ils ont tué de sang-froid le camarade Kisenji, puis ont qualifié cet assassinat d’« affrontement », qui s’est avéré être un faux. Il est donc possible que le camarade Basavraj ait également été tué de la même manière. Quelles que soient leurs affirmations, ils ont brutalement assassiné le camarade Basavraj ainsi que 26 autres personnes.

    L’immortalisation du camarade Basavaraju, avant tout, et de nos autres camarades est une grande perte pour la classe ouvrière indienne, la paysannerie et le peuple, ainsi que pour le PCI(maoïste), l’Armée de guérilla de libération du peuple (PLGA) et le mouvement communiste mondial. Mais nous savons que des dizaines de communistes indiens prendront la place du camarade Basavaraju et assumeront la tâche de mener à bien la révolution démocratique populaire.

    Le camarade Basavaraju était un leader communiste !

    Le camarade Basavaraju a commencé sa lutte dès son plus jeune âge en s’organisant au sein du mouvement étudiant, puis il a assumé diverses missions confiées par son parti. Il a notamment joué un rôle déterminant dans la création et le développement de la PLGA. Il a apporté une contribution significative à l’unification des forces maoïstes indiennes et, lorsque le PCI(maoïste) a été formé en 2004, il a rejoint la Commission militaire centrale et le Bureau politique, qu’il a dirigés.

    À l’âge de 65 ans, en 2018, le camarade Basavaraju a assumé le rôle de secrétaire général du PCI(maoïste) et, à l’âge de 72 ans, il est tombé au combat le 22 mai. Malgré son âge avancé, il a dirigé le parti et commandé la guerre populaire contre les assauts de l’État fasciste indien.

    De même, le camarade Basavaraju était un dirigeant qui a œuvré et contribué à la lutte commune du prolétariat international. Malgré tous les encerclements et les attaques d’anéantissement de l’ennemi, les camarades indiens ont maintenu des relations avec de nombreux partis communistes à travers le monde, et il a apporté d’importantes contributions théoriques à l’établissement d’une unité centrale des partis maoïstes.

    Si l’ennemi attaque, tout va bien !

    Le camarade Mao a dit il y a des années : « Si l’ennemi attaque, tout va bien. » Aujourd’hui, l’État fasciste indien sous Modi poursuit son offensive globale contre le mouvement maoïste, qui renforce la guerre populaire, dans le cadre de l’« opération Kagaar ». Dans le cadre de cette opération, les peuples autochtones sont victimes d’attaques généralisées, les villages sont évacués, les résistants sont massacrés et torturés. Cette offensive, menée pour livrer les ressources souterraines et superficielles d’Inde aux impérialistes, sera contrecarrée par la lutte des communistes indiens et la contribution de la solidarité internationale.

    Le prolétariat international n’oubliera pas le camarade Basavaraju !

    Le camarade Basavaraju, qui a lutté pendant cinquante ans depuis sa jeunesse pour l’établissement d’une Inde nouvelle démocratique et qui est tombé au combat contre l’ennemi, vivra à jamais dans le cœur du prolétariat international et des peuples opprimés.

    Ci-dessous, en tant que partis et organisations communistes de nombreux pays à travers le monde, nous adressons nos plus sincères condoléances au PCI(maoïste) et à l’Armée de guérilla de libération du peuple. Une fois de plus, nous affirmons que nous garderons le camarade Basavaraju vivant dans notre lutte.

    Le camarade Basavaraju est immortel !

    Vive la lutte du peuple indien !

    Vive l’internationalisme prolétarien !

    Parti communiste révolutionnaire du Népal

    Parti prolétarien du Purbo Bangla (PBSP/Bangladesh)

    Parti patriotique démocratique socialiste – Tunisie (PPDS Tunisie)

    Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste (TKP-ML)

    Parti Elkadihines – Tunisie

    Union des maoïstes de l’Oural

    Parti communiste en Suisse

    Parti communiste révolutionnaire (Argentine) (PCR)

    Parti communiste (maoïste) d’Afghanistan

    Parti communiste révolutionnaire d’Uruguay

    Comité communiste du Brésil

  • ICSPWI : Rendons hommage sous toutes les formes au camarade Basavaraj et à tous les martyrs maoïstes tombés au combat ! Intensifions la mobilisation et les actions contre l’opération Kagaar ! MAINTENANT !

    Le Comité international de soutien à la guerre populaire en Inde (ICSPWI) salue le camarade Keshava Rao, Basavraj, secrétaire général du CPI (maoïste), assassiné par les forces répressives du régime fasciste de Modi, laquais de l’impérialisme, avec 26 autres cadres maoïstes dans la forêt d’Abuijhmad, dans le district de Narayanpur, au Chhattisgarh, le 21 mai.

    C’est une perte énorme pour le Parti, l’Armée de guérilla de libération du peuple, le prolétariat et les masses d’Inde engagés dans la guerre populaire, pour le Mouvement communiste international, pour les prolétaires, les exploités et les peuples opprimés dans le monde.

    Le camarade Basavraj a fondé l’Armée de guérilla populaire en 2000 et a mené, en tant que commandant, les actions les plus importantes de la guerre populaire de ces dernières années, portant des coups audacieux au régime réactionnaire indien et à l’impérialisme. Son rôle dans la formation des bases de guérilla et la naissance des Organisations de pouvoir populaire a été crucial. Basavraj est devenu secrétaire général du Parti en 2018. Il a été formé par le Parti et les masses, donnant toujours un exemple extraordinaire de bravoure, de sagesse et de détermination. Il était un maître de la guerre populaire et a donné sa vie pour la révolution. Il ne sera jamais oublié !

    Le régime indien de Modi a assassiné les camarades dans le cadre de l’« opération Kagaar », une campagne génocidaire de répression, de massacres, d’arrestations, de bombardements et de dévastation du peuple, en particulier des masses les plus opprimées et exploitées, les Adivasis, etc., dans le cadre d’un plan visant à anéantir la guerre populaire et le Parti qui la mène d’ici mars 2026. Ils crient maintenant victoire, mais les masses indiennes et le Parti savent comment répondre à cette attaque par une stratégie et des tactiques adéquates, en renforçant et en étendant la résistance et la mobilisation des masses.

    Le Comité avait déjà lancé une campagne de solidarité et de soutien internationaliste d’une durée d’un an, en organisant une première semaine d’action réussie du 7 au 12 avril.

    La mort du camarade Basavraj nous appelle, également en son honneur et en son nom, à multiplier nos efforts pour que cette campagne soit encore plus forte et plus large et à contribuer à porter des coups durs au régime indien et à l’impérialisme ; d’autant plus qu’elle est inextricablement liée à la solidarité internationale avec le peuple palestinien, qui affronte héroïquement le plan génocidaire d’Israël et de l’impérialisme — Netanyahu est soutenu sous toutes les formes par le régime réactionnaire de Modi — et fait partie de la lutte du prolétariat et des peuples contre la guerre impérialiste.

    Honorer sous toutes ses formes le camarade Basavraj !

    Intensifier la mobilisation et les actions contre l’opération Kagaar, pour la libération des prisonniers politiques en Inde.

    Étendre le soutien à la guerre populaire en Inde et au Parti communiste d’Inde (maoïste), en tant que point de référence international important pour la lutte de libération des peuples opprimés par l’impérialisme, pour la révolution prolétarienne mondiale, le socialisme et le communisme.

    ICSPWI

    25 mai 2025

    csgpindia@gmail.com

  • Meurtre du camarade Basavaraj, Secrétaire général du CPI(maoist), par les forces réactionnaires du fasciste Modi

    Depuis 2024, une vaste opération d’extermination a été lancée contre les révolutionnaires d’Inde, l’opération Kagaar. Depuis 2019, les opérations militaires de l’État comprador, réactionnaire et pourrissant indien se sont gravement intensifiées pour annihiler ce qui a été désigné comme « le principal ennemi intérieur ».

    Le 21 mai 2025, un escadron de 100 hommes des forces de police de l’État indien, accompagnée du commando COBRA, lance une battue dans les forêts du Chhattisgarh. Cet État indien est un des poumons du corridor rouge, le centre de la guerre populaire indienne, débutée en 1967 par le mouvement Naxal et menée de nos jours par le Parti communiste d’Inde (maoïste), l’unification des forces combattantes révolutionnaires les plus déterminées et disciplinées du pays.

    Les forces de police ont trouvé des cadres centraux du Parti, signalés par leur service de renseignement. Les 50 cadres ont courageusement ouvert le feu, tuant sur le coup un soutien des forces de police. Malheureusement, la débauche de moyens matériels et personnels des forces de police a porté ses fruits, clamant les vies de 27 camarades. Parmi eux, le camarade Basavaraj, secrétaire général du Parti, successeur du camarade et fondateur Ganapathy.

    Basavaraj et ses camarades sont morts comme ils ont vécu : héroïquement dévoués à la révolution. D’abord en tant que Commandant en chef de la Commission militaire centrale, puis en tant que Secrétaire général, Basavaraj s’est démarqué par son audace et ses qualités de stratège militaire, multipliant les attaques à grand risque et grand succès contre les forces de sécurités. Son leadership fut exemplaire dans une phase difficile pour la guerre populaire indienne.

    Les nervis fascistes du BJP se félicitent de cette victoire, mais nous n’oublions pas que même suréquipée et prête à tous les crimes, la horde policière de la bourgeoisie compradore n’est qu’un tigre de papier en face des masses populaires. Sous attaque constante et croissante depuis plusieurs années, le Parti subsiste, ainsi que sa lutte !

    Rendons hommage aux martyrs qui sont tombés, et soutenons par tous les moyens celles et ceux qui se tiendront debout à leur place.

    Vive le CPI(maoist) ! Vive la guerre populaire prolongée et la révolution de nouvelle démocratie en Inde ! Vive la lutte du prolétariat et des peuples opprimés du monde entier !

  • Questions sur les pays impérialistes

    1. Introduction

    La théorie de l’impérialisme contemporain est l’une des principales luttes de ligne dans le mouvement communiste international.

    Les 5 points sur l’impérialisme de Lénine, développés dans L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), font toujours autorité. Ils définissent une époque par rapport à une autre, le capitalisme impérialiste (monopoliste, pourrissant et agonisant) par rapport au capitalisme (concurrentiel, progressiste et ascendant).

    « Il nous faut commencer par donner la définition la plus précise et la plus complète possible de l’impérialisme. L’impérialisme est un stade historique particulier du capitalisme. Cette particularité est de trois ordres, l’impérialisme est :

    1. le capitalisme monopoliste ;
    2. le capitalisme parasitaire ou pourrissant ;
    3. le capitalisme agonisant.

    La substitution du monopole à la libre concurrence est le trait économique capital, l’essence de l’impérialisme. Le monopolisme se manifeste sous cinq formes principales :

    1. les cartels, les syndicats patronaux, et les trusts ; la concentration de la production a atteint un degré tel qu’elle a engendré ces groupements monopolistes de capitalistes ;
    2. la situation de monopole des grosses banques : trois à cinq banques gigantesques régentent toute la vie économique de l’Amérique, de la France, de l’Allemagne ;
    3. l’accaparement des sources de matières premières par les trusts et l’oligarchie financière (le capital financier est le capital industriel monopolisé, fusionné avec le capital bancaire) ;
    4. le partage (économique) du monde par les cartels internationaux a commencé. Ces cartels internationaux, détenteurs du marché mondial tout entier qu’ils se partagent “à l’amiable” — tant que la guerre ne l’a pas repartagé — on en compte déjà plus de cent ! L’exportation des capitaux, phénomène particulièrement caractéristique, à la différence de l’exportation des marchandises à l’époque du capitalisme non monopoliste, est en relation étroite avec le partage économique et politico-territorial du monde ;
    5. le partage territorial du monde (colonies) est terminé. »1

    Ci-dessus, Lénine définit l’impérialisme, mais il ne définit pas un pays impérialiste en général. Au début du XXe siècle, tous les pays impérialistes étaient développés, mais en général, tous les pays développés ne sont pas des pays impérialistes. Les 5 points de l’impérialisme de Lénine décrivent les pays développés à l’époque de l’impérialisme, et au moment où ils ont été formulés, seuls les pays impérialistes étaient développés. Au début du XXe siècle, seule une minorité de pays impérialistes avaient des monopoles financiers exportateurs de capitaux. Or, au début du XXIe siècle, une majorité de pays ont des monopoles financiers exportateurs de capitaux. Doit-on en conclure qu’une majorité de pays sont aujourd’hui des pays impérialistes ?

    La définition léniniste d’un pays impérialiste, déduite de la définition léniniste de l’époque de l’impérialisme, est propre à un moment particulier de l’époque de l’impérialisme, celle sur laquelle Lénine écrivait (la fin de l’ancienne époque capitaliste et le début de la nouvelle époque capitaliste-impérialiste) — elle n’est pas universelle à l’époque de l’impérialisme. Doit-on donc abandonner la définition léniniste de l’impérialisme ?

    Quelle est l’essence de la définition léniniste de l’impérialisme ? Le partage du monde par les monopoles financiers, c’est-à-dire la domination économique mondiale. C’est avec la compréhension de cette essence que nous devons, aujourd’hui, départager les pays dominants (impérialistes) des pays dominés (coloniaux et semi-coloniaux). La définition léniniste de l’impérialisme est propre à un moment donné de l’époque de l’impérialisme (le début du XXe siècle) dans la forme (les 5 points), mais elle est universelle à toute l’époque de l’impérialisme dans le fond. Nous devons aujourd’hui définir la forme contemporaine de l’impérialisme, dont le fond historique a déjà été défini par Lénine en 1916.

    Le problème théorique qui nous anime n’est pas la définition de l’époque de l’impérialisme, mais la définition d’un pays impérialiste contemporain. Définir un pays impérialiste n’est pas un problème théorique scolastique. Si l’Inde ou la Turquie ne sont pas semi-coloniales, mais impérialistes, alors la stratégie des communistes en Inde ou en Turquie doit changer drastiquement. Si la Russie n’est pas impérialiste, mais semi-coloniale, alors là aussi la stratégie des communistes sur la guerre russo-ukrainienne doit changer drastiquement. De plus, comprendre la nature impérialiste ou semi-coloniale de chaque pays est nécessaire pour comprendre le système capitaliste-impérialiste contemporain, et donc, pour prévoir correctement son mouvement.

    2. Dépendance dominée ou dominante ?

    Au XIXsiècle et pendant la 1re moitié du XXsiècle, la domination impérialiste était principalement coloniale : les pays impérialistes se partageaient le monde en empires — littéralement, à Berlin en 1885. Depuis la 2de moitié du XXsiècle, la domination impérialiste est devenue principalement semi-coloniale : les pays impérialistes se partagent le monde en sphères d’influence. Cette transformation a été la transition d’une domination principalement directe et ouverte de pays annexés soumis par la conquête, en domination principalement indirecte et masquée de pays autonomes soumis par la dépendance. La dépendance est devenue la principale arme de la domination impérialiste au XXsiècle (la principale forme de la contradiction impérialisme-peuples opprimés).

    Aucun pays autonome (c’est-à-dire, non colonial) n’est à proprement parler « indépendant » de tous les autres. Les pays du centre ne sont pas « dépendants » des pays de la périphérie, parce qu’ils les dominent, mais ils ne sont pas « indépendants » d’eux non plus : sans la périphérie, le centre ne peut pas être le centre.

    La dépendance est toujours une relation réciproque, mais il y a toujours un aspect dominant et un aspect dominé dans la dépendance. Les deux aspects de la dépendance sont toujours autonomes l’un de l’autre (ils ont leur existence propre), mais ils ne sont jamais indépendants l’un de l’autre (ils n’existent pas l’un sans l’autre).

    Par exemple, les USA, le centre du centre impérialiste, ne sont pas un pays « indépendant », parce qu’il ne peut pas fonctionner tel qu’il fonctionne isolé de tous les autres pays du monde. Cependant, l’on ne peut pas dire des USA qu’ils sont un pays « dépendant », parce que dans sa relation de dépendance avec tous les autres pays du monde, il les domine tous.

    La question est moins « est-ce qu’un pays est dépendant ou indépendant ? », mais « est-ce qu’un pays est dominé ou dominant dans sa dépendance ? »

    Il faut comprendre ce qui fait la domination dans la dépendance pour comprendre pourquoi des pays autonomes sont dominants (impérialistes) ou dominés (semi-coloniaux). Pour comprendre si un pays est dominé ou dominant dans ses relations aux autres pays, on ne peut pas isoler quelques-unes de ses relations ou ses relations avec quelques pays, mais l’on doit considérer l’ensemble de ses relations avec l’ensemble des autres pays.

    Les pays impérialistes sont des puissances économiques et (géo)politiques, mais ce ne sont pas la puissance économique et (géo)politique qui font d’un pays un pays impérialiste. Décrire des pays dépendants et dominés, comme l’Inde, la Corée du Sud, le Brésil, la Turquie ou l’Iran comme des pays impérialistes contemporains, pour leur relative puissance économique et (géo)politique, c’est avoir une compréhension superficielle du système capitaliste-impérialiste, c’est-à-dire de la domination dans la dépendance.

    3. Exploité exploiteur ou exploiteur exploité ?

    Dans un document précédent, nous avons écrit :

    « Tous les pays capitalistes, y compris les pays dominés, luttent pour se constituer un empire, mais cela ne signifie pas que tous les pays seraient alors des pays impérialistes : seuls les pays qui réussissent effectivement à se constituer un empire duquel ils extraient des surprofits peuvent être qualifiés d’impérialistes. Un pays peut-être impérialiste et lui-même plus exploité qu’exploiteur, ce qui ne change pas le fait qu’il est lui-même exploiteur, donc impérialiste. »2

    Il n’est aujourd’hui plus possible de définir un pays impérialiste (« dominant » ou « oppresseur ») comme un pays « exploiteur ». Avec cette définition, la quasi-totalité des pays du monde sont aujourd’hui des pays impérialistes. Les pays qui ne sont plus qu’« exploités » ne sont plus qu’une infime proportion des pays du monde. Dans la chaîne mondiale de la valeur, l’ensemble des pays intermédiaires sont des pays exploités et exploiteurs, et même les pays inférieurs bénéficient à certains degrés de l’exploitation d’autres pays (c’est-à-dire, de l’échange inégal).

    L’économiste Li Minqi exprime le problème ainsi :

    « Compte tenu du développement de la division capitaliste mondialisée du travail et des interactions complexes du commerce international et des flux de capitaux, il est difficile (voire impossible) d’identifier un seul pays dans le monde d’aujourd’hui comme étant soit un exploiteur “à 100 %” dans ses relations économiques avec le reste du système-monde capitaliste, soit un exploité “à 100 %”. Plus vraisemblablement, un pays peut simultanément entretenir des relations exploiteuses avec certains pays et des relations exploitées avec d’autres. Par conséquent, pour identifier la position d’un pays dans le système-monde capitaliste, il est important de ne pas se concentrer sur un seul aspect des relations (par exemple, qualifier la Chine d’impérialiste simplement parce qu’elle a exporté des capitaux). Au contraire, il est nécessaire d’examiner toutes les relations commerciales et d’investissement concernées et de déterminer si, dans l’ensemble, le pays reçoit plus de plus-value du reste du monde qu’il n’en transfère au reste du monde. D’une part, si un pays reçoit nettement plus de plus-value du reste du monde qu’il n’en transfère, alors il est clairement qualifié de pays impérialiste au sens où il est un pays exploiteur dans le système-monde capitaliste. D’autre part, si un pays transfère beaucoup plus de plus-value aux pays impérialistes qu’il n’en reçoit du reste du monde, le pays serait un membre périphérique ou semi-périphérique du système mondial capitaliste (en fonction d’une étude plus approfondie de la position du pays par rapport aux autres pays périphériques et semi-périphériques). »3

    « Selon la théorie du système-monde, le système-monde capitaliste est divisé en trois positions structurelles : le centre, la semi-périphérie et la périphérie. Les pays du centre se spécialisent dans des processus de production quasi monopolistiques et à forte rentabilité, tandis que les pays de la périphérie se spécialisent dans des processus de production hautement compétitifs et à faible rentabilité. La plus-value est transférée des producteurs de la périphérie vers les producteurs du centre, ce qui entraîne un échange inégal et une concentration de la richesse mondiale dans le centre. En comparaison, les pays semi-périphériques ont “un mélange relativement équilibré” de processus de production centraux et périphériques. »4

    Un pays de la semi-périphérie est un pays qui perçoit une proportion de survaleur depuis les pays de la périphérie mais qui exporte une proportion plus importante de survaleur vers les pays du centre. Les pays de la semi-périphérie sont donc des pays intermédiaires dans le circuit international de la valeur, mais qui restent eux-mêmes plus exploités qu’exploiteurs.

    Il n’est plus possible de définir un pays impérialiste comme un pays « exploiteur », il est alors tentant de le définir comme un pays « plus exploiteur qu’exploité ». Cependant, cette définition intuitive pose elle aussi plus de problèmes qu’elle n’en résout. Avec cette définition, seuls les pays du centre seraient des pays impérialistes, et les pays de la semi-périphérie ne pourraient pas être des pays impérialistes — par définition.

    Par exemple, avec cette définition, la Chine ne serait pas un pays impérialiste, parce qu’elle est aujourd’hui un pays plus exploité par l’Occident (dont le Japon) qu’elle n’exploite le reste du monde.

    « […] Dans l’ensemble, la Chine reste une économie exploitée par les pays impérialistes du système-monde capitaliste, même si le degré d’exploitation a rapidement diminué ces dernières années. »5

    D’une part, la Chine est toujours un pays principalement exploité, mais d’autre part, la Chine est aussi devenue l’un des principaux pays exploiteurs du monde :

    « Si l’on additionne la population de l’Asie du Sud, de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie de l’Est à revenu faible ou moyen (à l’exclusion de la Chine), la population totale représente environ 45 % de la population mondiale. La Chine a donc établi des relations d’exploitation avec près de la moitié de la population mondiale. La Chine ne peut plus être traitée comme un simple pays périphérique dans le système-monde capitaliste. »

    La Chine est à la fois un pays exploité et un pays exploiteur :

    « […] Dans l’ensemble, la Chine continue d’occuper une position exploitée dans la division capitaliste mondiale du travail et transfère plus de plus-value au centre (pays impérialistes historiques) qu’elle n’en reçoit de la périphérie. Toutefois, le PIB par habitant de la Chine a atteint des niveaux nettement supérieurs aux niveaux de revenus de la périphérie et, en termes de flux internationaux de transfert de main-d’œuvre, la Chine a établi des relations d’exploitation avec près de la moitié de la population mondiale (y compris l’Afrique, l’Asie du Sud et certaines parties de l’Asie de l’Est). Par conséquent, il est mieux de considérer la Chine comme un pays semi-périphérique dans le système-monde capitaliste. »6

    La Chine est-elle donc un pays exploité exploiteur (un pays dominé fort) ou un pays exploiteur exploité (un pays dominant faible) ? Selon la théorie du système-monde, la Chine est un pays principalement exploité (semi-périphérique), elle ne pourrait donc pas être un pays dominant — par définition.

    La définition structuraliste d’un pays impérialiste proposée par la théorie du système-monde (le modèle centre-périphérie) pose deux principaux problèmes théoriques. Premièrement, elle implique qu’un pays qui lutte pour la domination économique mondiale (par et pour lui-même, pas comme intermédiaire d’un autre pays), et qui réussi ainsi à dominer la majorité du monde, ne serait pas impérialiste du moment que ce pays reste plus exploité qu’exploiteur — par exemple, la Chine contemporaine. Deuxièmement, elle place au même niveau une bourgeoisie qui domine la majorité du monde et une bourgeoisie qui est l’intermédiaire d’une bourgeoisie qui domine la majorité du monde ; elle ne distingue pas une bourgeoisie qui exploite réellement la majorité du monde d’une bourgeoisie qui participe à l’exploitation de la majorité du monde comme complice, auxiliaire, collaboratrice, etc., de la première — par exemple, respectivement la bourgeoisie chinoise et indienne. La théorie du système-monde est inapplicable dans la pratique politique, c’est une déviation structuraliste dans l’analyse de l’impérialisme.

    Les pays dominants (impérialistes) profitent de la dépendance et de l’échange inégal, mais profiter de la dépendance et de l’échange inégal ne fait pas d’un pays un pays dominant. Les pays dominés peuvent exploiter d’autres pays dominés, comme c’est le cas des pays dominés de la semi-périphérie (Inde, Indonésie, Vietnam, Corée du Sud, Taïwan, Mexique, Venezuela, Brésil, Argentine, République démocratique du Congo, Afrique du Sud, Pologne, Ukraine, Roumanie, Égypte, Grèce, Turquie, Arabie saoudite, Iran, etc.), mais la bourgeoisie compradore de ces pays n’est pas alors une bourgeoisie impérialiste.

    De plus, les pays dominants s’exploitent entre eux : comme nous l’avons cité dans notre précédent document, le Canada exploite l’Angleterre. Est-ce que cela signifie qu’il suffirait que l’Angleterre soit plus exploitée par d’autres pays impérialistes qu’elle n’exploite d’autres pays pour cesser d’être un pays impérialiste ?

    Pour définir un pays impérialiste, il faut une définition de classe.

    4. Surprofits intermédiaires ou autonomes ?

    Dans des documents précédents, nous avons écrit :

    « La bourgeoisie russe et chinoise ne sont pas des bourgeoisies compradores, incapables d’accumuler un surprofit par et pour elles-mêmes. Ce sont des bourgeoisies nationales et impérialistes, qui sont capables d’accumuler un surprofit par et pour elles-mêmes, et qui luttent donc pour étendre et intensifier leur domination sur la bourgeoisie compradore et les masses populaires (la bourgeoisie nationale, petite bourgeoisie, prolétariat et paysannerie) des nations opprimées. Les bourgeoisies russe et chinoise cherchent à assurer et à accroître leurs surprofits par la domination politique des États et la domination économique des marchés. La Russie et la Chine sont des pays relativement dominés, mais ce ne sont pas des pays dominés, leur bourgeoisie impérialiste est relativement faible, mais ce sont des bourgeoisies impérialistes.

    Tous les pays capitalistes, y compris les pays dominés, luttent pour se constituer un empire, mais cela ne signifie pas que tous les pays seraient alors des pays impérialistes : seuls les pays qui réussissent effectivement à se constituer un empire duquel ils extraient des surprofits peuvent être qualifiés d’impérialistes. Un pays peut-être impérialiste et lui-même plus exploité qu’exploiteur, ce qui ne change pas le fait qu’il est lui-même exploiteur, donc impérialiste. »7

    « Un pays dirigé par une bourgeoisie compradore ne peut pas être un pays impérialiste, car la bourgeoisie compradore ne peut pas accumuler de surprofits : dans l’exploitation internationale du travail et l’accumulation internationale de la valeur, elle ne joue un rôle que d’intermédiaire pour la bourgeoisie impérialiste, et elle est elle-même dominée. »8

    « Comment des pays de la semi-périphérie peuvent-ils être impérialistes, comme la Chine ou la Russie, et d’autres semi-coloniaux, comme la Turquie, l’Inde ou l’Iran ? La place de ces pays dans le système-monde est identique, pourtant leur nature est différente. Pourquoi ? Parce que dans le cas de la Chine et de la Russie, c’est une bourgeoisie nationale (bureaucratique et impérialiste) qui est au pouvoir et qui possède les moyens de production et d’échange, alors que dans le cas de la Turquie, de l’Inde ou de l’Iran, c’est une bourgeoisie compradore (bureaucratique) qui est au pouvoir et qui possède les moyens de production et d’échange : l’une bénéficie directement de la dépendance et de l’échange inégal, l’autre n’en bénéficie qu’indirectement, l’une peut accumuler des surprofits, l’autre ne le peut pas. »9

    La production mondiale est in fine une production vers le centre, et l’exploitation mondiale est in fine une exploitation par le centre : le circuit mondial de la valeur n’est pas linéaire, mais il va de la périphérie vers le centre — la valeur est extraite à la périphérie et s’accumule au centre. Cependant, la question à laquelle nous devons répondre n’est pas « quelle est la place d’un pays dans le système-monde ? » mais « quelle est la nature de classe d’un pays ? », c’est-à-dire, « quels sont les classes et quelle est la classe dominante d’un pays ? » Confondre les pays du centre avec les pays dominants, et les pays de la périphérie (et semi-périphérie) avec les pays dominés, est faux. Le problème de la définition d’un pays impérialiste n’est pas « quel pays accumule ? », mais « dans chaque pays, quelle classe accumule et comment accumule-t-elle ? » Autrement dit, « quelle est la nature de l’accumulation de chaque bourgeoisie de chaque pays ? »

    Un pays peut avoir une place intermédiaire (semi-périphérique) dans le système-monde, et être impérialiste, si sa bourgeoisie est impérialiste, ou ne pas l’être, si sa bourgeoisie est compradore.

    Pour comprendre pourquoi nous affirmons que « la bourgeoisie compradore ne peut pas accumuler de surprofits », il faut comprendre la différence entre l’accumulation compradore (intermédiaire) et l’accumulation impérialiste (autonome) de surprofits. À proprement parler, notre affirmation est inexacte : la bourgeoisie compradore accumule elle aussi des surprofits. Ceci dit, quelle est la nature de cette accumulation, et donc, quelles sont ses conditions et ses limites déterminées ?

    La bourgeoisie compradore ne peut accumuler que la proportion de surprofits que lui permet la bourgeoisie impérialiste. L’accumulation de surprofits par la bourgeoisie compradore ne peut être qu’une accumulation intermédiaire d’une fraction de l’accumulation de surprofits par la bourgeoisie impérialiste. La proportion de surprofits que la bourgeoisie compradore peut accumuler dépend du développement du capitalisme comprador, mais celui-ci dépend lui-même de la bourgeoisie impérialiste (il est un développement par et pour l’impérialisme). Les surprofits se concentrent donc toujours dans les pays impérialistes, parce que la production dans les pays dominés reste dépendante des pays impérialistes, même lorsqu’ils exploitent d’autres pays dominés, et à destination des pays impérialistes, même lorsqu’ils sont exploités par d’autres pays dominés.

    Les pays où la classe dominante est une bourgeoisie compradore — soumise à l’impérialisme — restent donc des pays dominés sur le marché mondial — soumis à l’impérialisme — même lorsqu’ils exploitent des pays dominés.

    À l’inverse, des pays impérialistes peuvent être relativement exploités sur le marché mondial, comme c’est le cas des pays impérialistes de la semi-périphérie (Chine, Russie, Italie, Espagne, etc.), mais la bourgeoisie impérialiste de ces pays n’est pas alors une bourgeoisie compradore non plus.

    La bourgeoisie impérialiste peut accumuler « librement » des surprofits, même si celle-ci est en concurrence avec d’autres bourgeoisies impérialistes et que sa production peut-être relativement dépendante et à destination d’autres pays impérialistes. Le développement du capitalisme dans ces pays n’est pas comprador, c’est-à-dire qu’il n’est pas par et pour l’impérialisme d’un autre pays. L’accumulation de surprofits, même si elle peut être comparable à une accumulation intermédiaire, n’est-elle même pas intermédiaire, c’est-à-dire qu’elle n’est pas développée par la dépendance à d’autres pays, mais par la dépendance d’autres pays.

    Ce qui nous importe, ce n’est in fine pas le degré de dépendance ou d’exploitation (d’échange inégal) sur le marché mondial, c’est la classe qui est dépendante ou exploitée, c’est-à-dire la nature de cette dépendance et exploitation : est-ce une bourgeoisie qui est l’intermédiaire d’une autre bourgeoisie dans la chaîne mondiale de la valeur, ou qui est à l’extrémité supérieure de celle-ci ? Est-ce que la domination de cette bourgeoisie sur des pays dominés est relative à la domination d’une autre bourgeoisie, ou non ? Dans le premier cas, l’accumulation est compradore (intermédiaire) ; dans le second cas, l’accumulation est impérialiste (autonome).

    La différence entre un pays impérialiste et un pays dominé est analogue à la différence entre la bourgeoisie et le prolétariat : la différence ne se situe pas dans la proportion de valeur accumulée, mais dans les rapports de production. Par exemple, la frange supérieure du prolétariat peut accumuler plus de valeur (par le salaire) que la frange inférieure de la bourgeoisie (par le profit), mais l’aristocratie ouvrière n’est pas alors une frange de la bourgeoisie et la petite bourgeoisie n’est pas alors une frange du prolétariat non plus. Pour aller plus loin, l’aristocratie ouvrière d’un pays du centre peut être plus riche que la moyenne bourgeoisie d’un pays de la périphérie, mais les rapports de production restent respectivement prolétaires et bourgeois. Dans tous les cas, le prolétariat vend sa force de travail alors que la bourgeoisie vend les marchandises produites par la force de travail exploitée du prolétariat ; le prolétariat reproduit sa force de travail (il survit), alors que la bourgeoisie reproduit son capital (elle valorise la valeur). L’accumulation de valeur du prolétariat est salariée, c’est-à-dire intermédiaire de l’accumulation de valeur de la bourgeoisie, qui est capitaliste, c’est-à-dire autonome. Par exemple, la petite bourgeoisie est soumise à la grande bourgeoisie, comme le prolétariat, mais contrairement à lui, elle est à l’extrémité supérieure de l’accumulation de valeur, pas intermédiaire dans celle-ci, et elle est autonome dans celle-ci parce qu’elle n’a pas que sa force de travail à vendre (la « dépendance » de la petite-bourgeoisie à la grande bourgeoisie est capitaliste, pas salariée). Comprendre la nature de la classe dominante d’un pays, c’est comprendre quels sont les rapports de production mondiaux qu’entretient ce pays.

    L’accumulation de surprofits compradore est intermédiaire et relative à la dépendance à d’autres bourgeoisies. L’accumulation de surprofits impérialistes est autonome et relative à la dépendance d’autres bourgeoisies. L’accumulation de surprofits par la bourgeoisie compradore est déterminée (conditionnée et limitée) par l’accumulation des bourgeoisies impérialistes auxquelles elle est dépendante.

    La bourgeoisie compradore est dominée par la bourgeoisie impérialiste, donc leur accumulation de surprofits est qualitativement différente. Comment la bourgeoisie impérialiste domine-t-elle la bourgeoisie compradore ?

    5. Économie extravertie ou autocentrée ?

    Les monopoles compradors existent, et peuvent même être très puissants, par exemple, les chaebols en Corée du Sud ou le Tata group en Inde. L’Inde a aujourd’hui des monopoles plus nombreux et plus importants que de vieux pays impérialistes, comme la France ou l’Allemagne (comme ne manque pas de le noter le MLPD, pour justifier que l’Inde est devenue une superpuissance néo-impérialiste). Comment les monopoles impérialistes dominent-ils toujours les monopoles compradors, même plus nombreux et plus importants ?

    Les monopoles impérialistes peuvent posséder directement les monopoles compradors : les actionnaires des pays impérialistes peuvent acheter des actifs compradors et mettre en minorité les actionnaires locaux. Cependant, ce n’est pas nécessairement le cas. Par exemple, pour Samsung, les actionnaires étrangers (non sud-coréens) représentent entre 30 et 40 % des actionnaires, soit une proportion importante mais non majoritaire. La relation de domination entre les monopoles compradors et les monopoles impérialistes est principalement une relation de dépendance plutôt qu’une relation de propriété.

    Tout comme les pays, les monopoles sont interdépendants à divers degrés, mais la relation de dépendance des monopoles compradors aux monopoles impérialistes est une relation de domination. Dans leur chaîne de production (et de circulation), les monopoles compradors sont soumis aux monopoles impérialistes. Les monopoles impérialistes assurent leur contrôle sur les étapes les plus rentables et les plus stratégiques de la production (et de la distribution), et délèguent les autres étapes, moins stratégiques et moins rentables, aux monopoles compradors. Les monopoles impérialistes s’assurent de leur contrôle sur la technologie et sur la vente des produits à la plus-value la plus élevée (souvent la vente finale, mais pas toujours). Aucun monopole ne contrôle directement — par la propriété — toute sa chaîne de sa production (et de circulation), mais les monopoles impérialistes s’assurent de contrôler indirectement celle-ci — par la dépendance.

    La dépendance est elle-même directe et indirecte. Les monopoles compradors dépendent directement des monopoles impérialistes dans la production et dans la réalisation du profit. Dans la production, la dépendance directe est technologique (la propriété intellectuelle), financière (les investissements) et monétaire (l’accès au marché mondial). Dans la réalisation du profit, la dépendance directe est dans le débouché des marchandises (l’accès aux marchés nationaux des pays impérialistes). Cependant, les monopoles compradors ne dépendent pas des monopoles impérialistes principalement directement, mais principalement indirectement.

    L’Inde, la Corée du Sud, le Brésil, la Turquie ou l’Iran ont tous une production extravertie, c’est-à-dire un marché national construit par et pour l’exportation vers d’autres marchés nationaux, dont ils dépendent, au détriment de leur propre développement.

    Le marché national désigne la production et la consommation marchandes nationales. Le marché national ne désigne pas toute la production et la consommation d’un pays. D’une part, le marché national est relatif aux marchandises, la production et la consommation non marchandes (domestiques et semi-féodales) en sont donc exclues. D’autre part, le marché national est relatif aux capitaux nationaux (selon la propriété privée bourgeoise), la production des capitaux étrangers en est donc exclue aussi. Du point de vue bourgeois, qu’importe que ce soit du travail national qui mette en mouvement le capital étranger, le profit n’est pas national donc la production ne l’est pas non plus. Idem, qu’importe que le travail domestique et semi-féodal produisent et consomment de la valeur d’usage (en nature), celles-ci ne réalisent pas de profit donc elles n’existent pas. La production et la consommation compradore font partie du marché national, même si elles sont liées aux intérêts impérialistes avant les intérêts nationaux.

    Une économie « extravertie » n’est pas synonyme d’« exportatrice », mais antonyme d’« autocentrée ». Tous les pays exportent, mais tous les pays n’ont pas une économie extravertie (construite par et pour l’exportation). Par exemple, les pays impérialistes de la semi-périphérie, comme la Chine, la Russie, l’Italie ou l’Espagne exportent des marchandises à plus-value faible ou modérée vers les pays impérialistes du centre. Cependant, la différence fondamentale entre une économie semi-périphérique impérialiste ou compradore est dans le développement du marché national :

    • les pays impérialistes ont une économie autocentrée parce que la production et la consommation du marché national se développent principalement pour le marché national (produire la consommation du marché national, consommer la production du marché national) ;
    • les pays semi-coloniaux ont une économie extravertie parce que la production et la consommation du marché national se développent principalement pour d’autres marchés (produire la consommation d’autres marchés, consommer la production d’autres marchés).

    Le développement du marché national pour le marché national peut être par d’autres marchés, comme ce fut le cas de la Chine de la période « Réforme et ouverture ». Le développement du marché national pour d’autres marchés peut être par le marché national lui-même, comme nous allons le voir. Ceci dit, le premier développement émancipe le marché national de la dépendance alors que le second entretient et approfondit la dépendance de celui-ci.

    Dans les économies autocentrées, la relation principale du développement économique est la relation entre la production pour l’équipement (la production de forces productives) et la production pour la consommation « de masse » (la consommation pour la reproduction de la force de travail). Dans les économies extraverties, la relation principale du développement économique est la relation entre la production pour l’exportation et la production pour la consommation « de luxe ».

    La consommation « de masse » est la consommation de la reproduction de la force de travail, qui est donc payée par le salaire (la vente de la force de travail). Par exemple, un prolétaire a un salaire, et avec son salaire, il achète une voiture bas de gamme. La consommation « de luxe » est la consommation de l’exploitation du travail, qui est donc payé par la partie consommée du profit (la survaleur extraite de la valeur produite par le travail). Par exemple, un bourgeois a un profit, et avec son profit, il achète une voiture haut de gamme. Le prix de la consommation « de masse » détermine le prix de vente de la force de travail du prolétaire, alors que le prix de la consommation « de luxe » détermine la proportion consommée du profit du bourgeois.10

    La relation objective (nécessaire) de la croissance économique entre les secteurs productifs n’est pas la même dans les pays autocentrés et extravertis : dans les pays autocentrés, c’est la croissance du secteur de la consommation « de masse » et de celui de l’équipement ; dans les seconds, c’est la croissance du secteur de la consommation « de luxe » et de celui de l’exportation.

    Dans les pays dominés, les revenus du capital sont principalement des revenus du capital comprador, donc la demande « de luxe » est principalement une demande compradore, c’est-à-dire que la consommation « de luxe » est principalement la consommation par le profit comprador.

    La demande « de masse » et « de luxe » existent toutes deux dans les économies autocentrées et extraverties. Cependant, leur rôle dans le développement économique n’est pas le même. Les marchés autocentrés sont principalement fondés sur la demande « de masse » des revenus du travail (les salaires). Les marchés extravertis sont principalement fondés sur la demande « de luxe » des revenus du capital (les profits).

    « Le premier [des deux mécanismes qui produisent le sous-développement] détermine le rapport entre le département des moyens de production et celui des moyens de consommation. Pour le comprendre, il faut se souvenir que les périphéries ont été construites par le centre, elles se sont laissées construire par leurs classes dirigeantes, ou alors elles ont été battues dans leur résistance. Elles ont été construites sur l’articulation entre exportation et consommation de luxe. Le premier terme est l’exportation des ressources, qui concerne, pour tout le XIXe siècle et une bonne partie du XXe, les matières premières agricoles et minérales, les produits tropicaux, les arbres de Sibérie, et pour les minéraux le cuivre, le fer, l’or, le charbon, ainsi que le pétrole et le gaz qui sont plus importants aujourd’hui. Ces exportations sont contrôlées par le capital du centre, en alliance avec les classes dirigeantes des anciens systèmes locaux, sauf dans les colonies au sens le plus strict où l’administration coloniale se substituait aux classes dirigeantes locales. De la sorte, ces exportations produisent des revenus pour une minorité. Celle-ci est parfois infime, comme en Guinée équatoriale où il s’agit du Président et de sa famille, et elle a certainement longtemps représenté autour de 5 % de la population pour l’Afrique subsaharienne sortie de la colonisation. Aujourd’hui, dans des pays comme l’Inde, le Brésil, l’Amérique latine, ou une bonne partie de l’Afrique qui rattrape, ce chiffre atteint 20 %. Mais c’est seulement 20 %, et cela signifie que 80 % ne tirent aucun bénéfice de tout cela. »11

    Dans tout marché, il y a une contradiction entre la capacité de production et la capacité de consommation (double condition à la réalisation d’un profit), qui est dépassée en permanence dans la dépendance : les pays impérialistes exportent ce qu’ils ne peuvent pas consommer, les pays semi-coloniaux importent ce qu’ils ne peuvent pas produire. Ce dépassement n’est pas un dépassement de la dépendance, mais une intensification de celle-ci (de la contradiction entre pays dominés et pays dominants) ! Avoir une capacité de production sans capacité de consommation, c’est la crise de surproduction — le profit ne peut pas se réaliser.

    6. Économie hétérogène ou homogène ?

    Le développement comprador (« par le haut ») du capitalisme dans les pays semi-coloniaux crée aussi un développement « par la fin ». Pourquoi ? Parce que dans les économies extraverties, où la demande « de luxe » est la demande principale, la production pour la consommation « de luxe » est une production en substitution d’importation, c’est-à-dire en substitution de production importée des pays impérialistes développés. Le développement « par la fin » est organique dans les marchés nationaux dominés, où la demande « de luxe » est la demande principale, parce que la production en substitution d’importation est la plus rentable.

    Dans les économies extraverties, il y a un marché national avec une demande « de masse », mais ce marché national est « biaisé » en défaveur du secteur productif de la consommation « de masse » (qui est nationale) et en faveur de la consommation « de luxe » (qui est compradore).

    Or, la production pour la consommation « de luxe » est une production à forte consommation de capitaux et de travail, c’est-à-dire qui nécessite des forces productives développées : infrastructures, usines, technologies, main-d’œuvre qualifiée, etc. Lorsque le marché national se développe dans les pays dominés, il se développe « par la fin », donc il développe en même temps sa dépendance. Plus le secteur de la production pour la consommation « de luxe » se développe, plus celui-ci dépend des investissements et des importations depuis les pays impérialistes.

    Dans les économies extraverties, la dépendance augmente avec l’augmentation des salaires et des forces productives. La demande « de masse » et d’équipement est conditionnée et limitée par l’extraversion de l’économie, c’est-à-dire qu’elles sont relatives à la dépendance. Cela reste vrai même lorsque les salaires augmentent la consommation « de masse » du marché national et que les forces productives augmentent la production vers le marché national. Pourquoi ? Parce que la production reste en substitution d’importation (même lorsqu’elle est pour la consommation « de masse »).

    Dans les économies extraverties, la relation objective (nécessaire) de la croissance économique est donc « biaisée », elle commence « par la fin ». Ce « biais » crée une croissance économique hétérogène — par opposition aux économies autocentrées, où ce « biais » n’existe pas et où la croissance économique est donc homogène. Dans les économies extraverties, la croissance du secteur productif de la consommation « de luxe » et de l’exportation est donc une augmentation de l’hétérogénéité économique, et donc, une augmentation de la dépendance. L’hétérogénéité des économies extraverties fait partie de leur dépendance : la production des économies hétérogènes dépend de la production des économies homogènes plus avancées.

    Dans les économies hétérogènes, l’augmentation des forces productives du secteur pour la consommation « de masse », parce qu’elle reste en substitution d’importation depuis des économies homogènes (en imitation du standard « de luxe » fixé par les classes dominantes locales), augmente la dépendance aux économies homogènes qui ont les forces productives (les capitaux et la force de travail complexe) qui correspondent à cette production qualitativement avancée.

    Dans les économies extraverties, la demande est « biaisée » en général, ce qui comprend la consommation mais aussi les investissements.

    Les investissements se concentrent là où ils sont les plus rentables, donc, ils se concentrent dans les pays impérialistes développés et dans le secteur exportateur. La proportion du profit réinvesti dans la reproduction du capital est réduite un minimum pour que la proportion investie dans le capital des pays impérialistes développés soit maximum. Par exemple, un bourgeois va utiliser sa rente pétrolière pour acheter des bons du trésor américain, mais pas pour développer ou diversifier son capital. Les retours sur investissement dans les pays développés sont meilleurs que ceux dans le secteur exportateur national, qui sont eux-mêmes meilleurs que ceux dans les autres secteurs nationaux. En conséquence les économies extraverties observent un double phénomène de fuite des capitaux vers les pays plus développés et de rente du capital du secteur exportateur — « rente », parce que le capital du secteur exportateur stagne. La concurrence est principalement pour la domination de la rente du secteur exportateur, pas pour le développement des forces productives (par exemple, l’augmentation de la productivité ou la diversification des secteurs productifs).

    Dans les pays extravertis, la bourgeoisie est dominée, elle investit donc relativement à sa domination. La haute bourgeoisie est liée aux intérêts des marchés développés, dans lesquels elle investit et dont elle dépend, avant d’être liée aux intérêts du marché national. Dans les pays dominés, la haute bourgeoisie ne peut être que compradore, et la bourgeoisie nationale ne peut être qu’une moyenne bourgeoisie — le grand capital est nécessairement comprador. Les bourgeois compradors investissent au court terme dans leur dépendance, là où les bourgeois impérialistes investissent au long terme dans leur autonomie (financière-monétaire et technologique), pour augmenter leur profit impérialiste et le sauvegarder contre la concurrence interimpérialiste. Pour la haute bourgeoisie compradore, se battre contre la dépendance est vain, elle cherche donc à avoir une meilleure place dans celle-ci plutôt qu’à en sortir — d’où ses investissements de court terme, qui ne sont pas « stupides », mais qui correspondent simplement à la réalité de la dépendance avec laquelle elle compose.

    Dans les économies autocentrées, les investissements ne sont pas « biaisés ». D’une part, la bourgeoisie réinvestit son profit dans son capital national, parce que cet investissement est le plus rentable et que la concurrence fait de même ; d’autre part, la bourgeoisie ne consomme pas une proportion importante de son profit, parce qu’elle n’importe pas sa consommation « de luxe », qui est produite par le marché national (homogène). Pour ces deux raisons, la proportion réinvestie du profit est haute, et la proportion consommée est basse. Dans les économies extraverties, par comparaison aux économies autocentrées, la proportion du profit réinvesti est beaucoup plus faible et la proportion du profit consommé est beaucoup plus élevée.

    Tout capitalisme comprador n’est pas un capitalisme « de rente » ou un capitalisme bureaucratique (et tout capitalisme bureaucratique n’est pas un capitalisme comprador). La « rente » (qui est étatique, c’est-à-dire bureaucratique) ne s’observe généralement que dans les capitalismes compradors les plus arriérés, où le sous-développement est le plus intense. Le développement du marché national dans les semi-colonies est toujours lent et hétérogène, mais il peut exister, voire être relativement important. Par exemple, en Corée du Sud, où l’absence de ressources naturelles abondantes et demandées rend impossible une « rente », les bourgeois bureaucratiques compradors sud-coréens ont investit dans leur capital comprador et ont produit aussi pour la demande « de masse » sud-coréenne. Le semi-colonialisme recouvre des réalités très différentes : la Corée du Sud, exportatrice de capitaux et de marchandises à plus-value élevée, est une semi-colonie, le Bangladesh est aussi une semi-colonie. Entre ces deux pays, le capitalisme comprador est quantitativement différent — relativement développé ou sous-développé — mais il est qualitativement identique — dépendant. La dépendance conditionne et limite le développement des semi-colonies, mais elle ne l’interdit pas, d’où la différence entre les pays semi-coloniaux de la périphérie (par exemple, le Bangladesh) et de la semi-périphérie (par exemple, la Corée du Sud), dont le développement est quantitativement comparable à celui des pays impérialistes de la semi-périphérie. À ce propos, l’Irlande est un pays semi-colonial du centre (le seul), dont le développement est quantitativement comparable à celui des pays impérialistes du centre.

    La dépendance, c’est-à-dire la domination impérialiste, est principalement indirecte et organique. Historiquement, le développement du capitalisme comprador dans les colonies et semi-colonies était principalement par l’autocroissance du capital, et secondairement seulement par l’exportation de capitaux.12 Aujourd’hui, le développement du capitalisme comprador dans les semi-colonies est principalement par l’extraversion et l’hétérogénéité du capital, et secondairement seulement par la propriété étrangère du capital.

    7. Respect ou subversion des monopoles stratégiques ?

    L’accumulation compradore ou impérialiste est relative au statut dominant ou dominé dans la dépendance. Cette domination est principalement indirecte (l’extraversion et l’hétérogénéité), mais elle est aussi directe. Depuis la 2de Guerre mondiale, les pays impérialistes ont monopolisé des moyens de puissance économique et politiques avec lesquels ils dominent les autres pays du monde.

    Ces monopoles sont :

    1. le monopole des ressources naturelles ;
    2. le monopole technologique ;
    3. le monopole médiatique ;
    4. le monopole financier et monétaire ;
    5. le monopole militaire.

    Par exemple, « une vingtaine de banques, qui sont toutes des pays du centre, contrôlent toutes les transactions sur le marché financier monétaire mondialisé. »13

    Dans le cas du monopole financier et monétaire, la comparaison de l’Inde et de la Chine est flagrante :

    « Le quatrième monopole est financier, c’est le marché financier et monétaire mondialisé. C’est la raison pour laquelle la Chine et la Russie sont pour eux des pays insupportables, car elles ne rentrent pas dans cette mondialisation financière. Par contre, l’Inde y rentre. »14

    « [La Chine] participe à la mondialisation commerciale, à la mondialisation des investissements, mais pas à la mondialisation financière. Les banques, en Chine, sont toutes des banques d’État chinoises. Et le yuan n’est pas une devise flexible sur le marché : le taux est décidé par la Chine. Le résultat, c’est que, mesuré en parité de pouvoir d’achat, le PIB chinois fait 18 % du PIB mondial, et mesuré en dollars courants ou en yuans courants, 16 %. La différence est très petite. L’Inde, qui participe à la financiarisation mondialisée, pèse 8 % en parité de pouvoir d’achat, mais seulement 1,2 % en dollars courants. Rentrer dans la mondialisation financière, c’est accepter l’accumulation par dépossession, à travers des dévaluations permanentes et continues qui permettent d’acheter pour une bouchée de pain des actifs locaux. »15

    Chercher à obtenir les monopoles stratégiques, c’est en soi subvertir la domination des pays impérialistes hégémoniques depuis la 2de Guerre mondiale, pour leur résister ou leur faire concurrence ; et ne pas chercher à obtenir les monopoles stratégiques, c’est en soi respecter la domination des pays impérialistes hégémoniques depuis la 2de Guerre mondiale, donc s’y soumettre.

    L’Inde, la Corée du Sud, le Brésil, la Turquie ou l’Iran se soumettent en général aux monopoles stratégiques de l’Occident (dont le Japon), alors que la Russie et la Chine les concurrencent radicalement. Par exemple, la Chine investit dans la recherche technologique et cherche à imposer le yuan dans les échanges commerciaux, la Russie investit dans une puissance militaire capable de rivaliser avec celle des USA, et les banques chinoises et russes répondent à la bourgeoisie chinoise et russe avant de répondre au Fonds monétaire international ou à la Banque mondiale.

    L’Iran ne s’est que partiellement émancipé des monopoles stratégiques de l’Occident, il ne leur fait pas concurrence (il ne cherche pas à les obtenir), et il se soumet à la place à ceux des challengeurs russe et chinois. En revanche, Cuba ou la Corée du Nord continuent de résister aux monopoles stratégiques de l’Occident.

    8. Pays semi-périphériques dominés ou impérialistes ?

    La place dans le système monde — centre, semi-périphérie, périphérie — ne traduit que le degré d’exploitation dans le circuit mondial de la valeur. Un pays du centre exploite plus qu’il n’est exploité. Un pays de la périphérie est exploité plus qu’il n’exploite. Un pays de la semi-périphérie fait partie de la périphérie, mais il exploite le reste de la périphérie, et a donc une place intermédiaire, c’est-à-dire un degré d’exploitation moindre dans le circuit mondial de la valeur.

    Les pays impérialistes de la semi-périphérie sont surexploités comme les pays dominés de la semi-périphérie, mais ils ne sont pas dépendants comme les pays dominés de la semi-périphérie. Les pays de la semi-périphérie sont dans une situation d’oligopsone avec le reste de la périphérie, mais parce que les pays impérialistes de la semi-périphérie possèdent une économie autocentrée et homogène, ainsi que les 5 monopoles stratégiques, la même situation d’oligopsone ne crée pas la même situation de dépendance. Les pays impérialistes de la semi-périphérie « dépendent » de leurs exportations vers le centre, tout comme les pays impérialistes du centre « dépendent » de leurs exportations vers le centre du centre — les USA. Cependant, cette dépendance d’une bourgeoisie impérialiste à une autre bourgeoisie impérialiste est qualitativement différente de la dépendance d’une bourgeoisie compradore à une bourgeoisie impérialiste.

    Lorsqu’une semi-colonie développe son exploitation d’autres pays, elle développe en même temps son exploitation par d’autres pays, et elle ne cesse donc pas d’approfondir sa propre exploitation. Une semi-colonie de la semi-périphérie reste plus exploitée qu’exploiteuse, mais au-delà du rapport entre la survaleur importée et exportée, c’est-à-dire de l’échange inégal, une semi-colonie reste dépendante, donc dominée. C’est le cas des semi-colonies de la semi-périphérie : Inde, Corée du Sud, Brésil, Turquie, Iran, etc. Avec le développement de l’exploitation d’autres pays, la place dans le circuit mondial de la valeur change, le ratio exploiteur/exploité change, mais pas la nature du pays — semi-colonial ou impérialiste.

    L’échange inégal (la surexploitation du travail) est la conséquence de la dépendance. C’est la dépendance qui est déterminante — qui fait qu’un pays est impérialiste ou semi-colonial. Cette dépendance, c’est toujours la dépendance d’une classe à une autre — de la bourgeoisie compradore à la bourgeoisie impérialiste.

    La Chine et la Russie sont surexploitées, mais elles ne sont pas dépendantes, parce que leur bourgeoisie n’est pas compradore. Si la bourgeoisie russe et chinoise sont bureaucratiques mais pas compradores, c’est parce que le développement du capitalisme en Russie et en Chine n’a lui-même pas été comprador.

    Dans les semi-colonies, le développement du capitalisme est comprador : l’accumulation des forces productives « par le haut » et « par la fin » est le développement d’une économie extravertie et hétérogène. En Chine et en Russie, le développement du capitalisme n’a pas été comprador : l’accumulation socialiste des forces productives était le développement d’une économie autocentrée et homogène.

    « L’articulation déterminante dans un système autocentré est celle qui relie le secteur [de] la production de biens de consommation “de masse” au secteur [de] la production de biens d’équipement destiné à permettre la production [de biens de consommation “de masse”]. Cette articulation déterminante a effectivement caractérisé le développement historique du capitalisme au centre du système (en Europe, en Amérique du Nord et au Japon). Elle définit donc abstraitement le mode de production capitaliste “pur” et a été analysée, comme telle, dans le Capital. On pourrait montrer que le procès du développement de l’URSS comme celui de la Chine est également fondé sur cette articulation déterminante, bien que les modalités de ce procès soient, en ce qui concerne la Chine, originales. »16

    Le développement comprador a développé une dépendance pérenne, alors que le développement socialiste a prévenu celle-ci, alors même que l’URSS révisionniste et la Chine populaire étaient des pays dont le développement économique était moins avancé que les pays impérialistes. Par exemple :

    « Au début des années 1990, la Chine faisait clairement partie de la périphérie. Elle avait des termes d’échange de travail défavorable non seulement par rapport aux États-Unis et à d’autres pays à revenu élevé, mais aussi par rapport à tous les groupes de pays à revenu faible et intermédiaire. Depuis lors, la Chine a réussi à améliorer ses termes d’échange de travail par rapport à chaque groupe de pays. En 2015–17, […] la Chine avait clairement établi des positions d’exploitation en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. […] En outre, la Chine a également acquis un avantage significatif par rapport à d’autres pays d’Asie de l’Est à faible revenu ou à revenu intermédiaire. »17

    La réponse à la question « pourquoi la Russie et la Chine n’ont pas été semi-colonisées lors de leur ouverture respective, alors qu’elles étaient en position d’extrême faiblesse contre les pays impérialistes hégémoniques ? » n’est pas évidente, et ne peut pas être réduite à la simple volonté politique des dirigeants russes et chinois (dans le cas russe, la question est même « comment la Russie de Yeltsin a-t-elle pu ne pas être semi-colonisée ? »).

    Dans les années 1990, l’empire semi-colonial soviétique était disloqué (en ruine) et la Chine n’en avait pas du tout. Cependant, l’économie russe et chinoise, même si elles étaient toutes deux très faibles étaient autocentrées et homogènes. Ainsi, la Russie et la Chine ont développé leur économie principalement avec le développement de la dépendance d’autres pays, et non pas avec celui de leur dépendance à d’autres pays.

    Aujourd’hui, la Russie est un pays impérialiste relativement faible, qui a une économie exportatrice de marchandises à plus-value faible (produit de l’industrie extractiviste) et modérée (produit de l’industrie militaire). Idem pour la Chine, qui a une économie extrêmement exportatrice de marchandise à plus-value modérée — « l’usine du monde ». Cependant, le développement de l’économie russe et chinoise :

    1. développe principalement leur demande « de masse » (non pas leur demande « de luxe ») ;
    2. développe principalement les secteurs productifs de la consommation « de masse » et d’équipement (non pas ceux de la consommation « de luxe » et d’exportation) ;
    3. et développe leur homogénéité (non pas leur hétérogénéité).

    En Russie et en Chine, la demande est principalement la consommation « de masse » (par le salaire), et la relation objective de la croissance économique est principalement entre le secteur productif de la consommation « de masse » et de l’équipement. Avec la croissance économique, le marché national russe et chinois devient de moins en moins dominé et de plus en plus dominant.

    Avoir un marché autocentré et homogène, premièrement, ce n’est pas seulement avoir la capacité de produire une certaine quantité de marchandise, c’est aussi avoir la capacité de consommer cette quantité de marchandise. Deuxièmement, ce n’est pas seulement avoir la capacité de produire et consommer une certaine quantité de marchandise, c’est aussi avoir la capacité de produire et consommer toutes les qualités de marchandises nécessaires à une économie.

    Par exemple, avoir une industrie de pièce automobile, ce n’est pas produire des voitures. Pour produire des voitures, il faut aussi une industrie de matière première raffinée et de montage automobile. Pour avoir une industrie de matière première raffinée, il faut une industrie extractiviste, et donc un accès aux matières premières brutes. Pour avoir une industrie de montage automobile, il faut des technologies de pointe et une main-d’œuvre formée. Cela implique donc de respecter ou de subvertir les monopoles stratégiques des pays impérialistes, c’est-à-dire de se soumettre, de leur faire concurrence ou de leur résister. Enfin, pour réaliser du profit dans la production de voiture, il faut une consommation de voiture. Cela implique donc d’avoir une demande « de masse » de voitures sur le marché national, donc un prix de reproduction de la force de travail nationale élevé, et/ou d’avoir accès au marché mondial, donc, là aussi, de respecter ou de subvertir les monopoles stratégiques des pays impérialistes.

    9. Pays semi-féodaux semi-coloniaux ou semi-capitalistes ?

    Dans un document précédent, nous avons écrit :

    « Un pays composé d’une importante proportion de paysans précapitalistes dominés par des élites précapitalistes (semi-féodales) ne peut être qu’un pays dominé à l’époque de l’impérialisme, car le semi-féodalisme freine le développement économique et conserve une production dépendante et à bas coût (en situation d’oligopsone sur le marché mondial). »18

    Un pays semi-féodal, c’est-à-dire dont la paysannerie n’est que partiellement prolétarisée et dont la production agricole est encore partiellement autoconsommée, c’est-à-dire une production d’usage pour la reproduction de la paysannerie elle-même, ne peut être qu’un pays dominé.

    Au début du XXsiècle, plusieurs pays impérialistes étaient aussi des pays où les rapports de production semi-capitalistes semi-féodaux étaient les principaux rapports de production dans les campagnes. La Russie tsariste est le meilleur exemple de pays impérialiste semi-capitaliste semi-féodal au début du XXsiècle, mais l’Italie du Sud, l’Espagne et les USA du Sud (!) en sont aussi.

    Y a-t-il donc une erreur dans notre affirmation ? Non, parce que ces pays n’étaient pas des pays semi-coloniaux mais des pays impérialistes arriérés : leur développement était attardé par rapport aux autres pays impérialistes, mais il était analogue, c’est-à-dire autocentré, « par le bas » (concurrentiel).

    « La Russie au début de ce siècle n’était pas un pays périphérique mais un pays de capitalisme central attardé. Ses structures étaient différentes de celles du sous-développement, c’est-à-dire de celles du capitalisme dépendant : la marginalisation [des masses] par exemple y était inconnue. Aussi la Révolution de 1917 a-t-elle permis simplement d’accélérer le processus d’accumulation sans modifier d’une manière fondamentale le modèle de l’accumulation capitaliste. La suppression de la propriété privée des moyens de production au bénéfice de celle de l’État a été la condition de cette accélération. L’histoire a démontré qu’il était possible, dans les conditions de la Russie, de réaliser la tâche de l’accumulation comme le capitalisme l’eût fait, mais dans des formes de propriété différentes. »19

    Qu’est-ce que la marginalisation des masses ?

    « [La marginalisation des masses est] un ensemble de mécanismes d’appauvrissement des masses dont les formes sont d’ailleurs hétérogènes : prolétarisation des petits producteurs agricoles et artisanaux, semi-prolétarisation rurale et appauvrissement sans prolétarisation des paysans organisés en communautés villageoises, urbanisation et accroissement massif du chômage urbain ouvert et du sous-emploi, etc. Le chômage prendra donc ici des formes très différentes de celles qu’il a revêtues dans le modèle central de développement, le sous-emploi en général aura tendance à croître au lieu d’être relativement limité et stable, aux fluctuations conjoncturelles près. La fonction du chômage et du sous-emploi est donc ici différente de celle qu’elle remplit dans le modèle central : le poids du chômage assure une rémunération du travail minimale relativement rigide et bloquée tant dans le secteur [de l’exportation] que dans le secteur [de la consommation “de luxe”] ; le salaire n’apparaît pas à la fois comme coût et comme revenu créateur d’une demande essentielle au modèle, mais au contraire seulement comme coût, la demande ayant son origine ailleurs : à l’extérieur ou dans le revenu des catégories sociales privilégiées. »20

    Le phénomène du semi-féodalisme semi-colonial, qui est la reproduction d’un mode de production semi-capitaliste semi-féodal dans les campagnes semi-coloniales (et avec celui-ci, d’une paysannerie et de féodaux), fait partie du phénomène plus général de marginalisation des masses dans les semi-colonies. Le semi-féodalisme peut être le phénomène principal de la marginalisation des masses, mais il n’est pas le seul — la fin du semi-féodalisme n’est pas la fin de la marginalisation des masses. Le phénomène du semi-féodalisme semi-capitaliste, lui, est distinct du phénomène de marginalisation des masses.

    « L’autre mécanisme [des deux mécanismes qui produisent le sous-développement], qui repose sur le rapport entre secteurs directement et non directement capitalistes, peut être représenté par un schéma. Le secteur capitaliste au nord est grand, mais il coexiste avec un secteur non capitaliste, qui comprend le travail non payé des femmes, et les paysans avant qu’ils ne soient transformés en agriculteurs capitalistes. Dans le sud, en termes d’emploi, une fraction beaucoup plus petite de la population est capitaliste. L’ensemble de ce schéma représente bien le capitalisme, mais on peut distinguer les secteurs qu’il ne gère pas directement. Les transferts de valeur se font de ces secteurs vers les secteurs directement capitalistes, et du Sud vers le Nord. »21

    « Au Sud, l’agriculture est désormais réellement intégrée, mais pas encore complètement. Il reste une autoconsommation qui n’est pas négligeable. L’agriculteur capitaliste français, qu’il fasse de la vigne, du blé, des fruits et légumes, ou du cochon en Bretagne, pratique une autoconsommation insignifiante. En Afrique subsaharienne, ce n’est pas encore insignifiant, cela représente 30 % à 50 % de la production ; le reste est vendu et acheté sur le marché. »22

    Cette agriculture semi-féodale sous-développée n’est pas qu’un symptôme du sous-développement semi-colonial, c’est un mécanisme du sous-développement semi-colonial. L’agriculture arriérée est une faiblesse structurelle pour l’économie en question, dans la concurrence sur le marché mondial. La production agricole (à faible plus-value) à destination du marché mondial est en situation d’oligopsone aigu (une production très fortement concurrentielle), donc l’échange inégal de l’agriculture semi-coloniale avec le centre est lui aussi aigu (une production très fortement surexploitée). L’agriculture semi-féodale est autant intensément surexploitée qu’elle est sous-développée — ce qui sous-développe d’autant plus intensément l’agriculture semi-féodale.

    Les rapports de production semi-capitalistes semi-féodaux dans l’agriculture arriérée des pays semi-coloniaux sont rentables pour les pays impérialistes : directement, parce que l’échange inégal est le plus intense ; indirectement, parce que les masses de paysans et semi-prolétaires paupérisés sont une armée de réserve qui fait pression sur le prix de vente de la force de travail. Les rapports de production semi-capitalistes semi-féodaux ne sont donc pas dissous mais maintenus, et ne sont donc en général pas « transitoire », parce que leur transformation en rapport de production pleinement capitaliste est contingente. D’une part, l’agriculture semi-féodale est restée non intégrée au marché national et mondial jusqu’à relativement récemment. D’autre part, son intégration au marché national et mondial n’a pas été une intégration pleine et entière, qui dissout les rapports de production semi-féodaux dans les rapports de production entièrement capitalistes, mais une intégration marginalisée, qui maintient les rapports de production semi-féodaux.

    Les pays impérialistes, où le semi-féodalisme était transitoire, n’ont pas souffert de la faiblesse structurelle de l’agriculture semi-féodale comme les pays semi-coloniaux. L’agriculture n’était pas marginalisée, ce qui signifie d’une part qu’elle était intégrée au marché national et mondial, et d’autre part que cette intégration dissolvait le semi-féodalisme. De plus, l’agriculture a été largement externalisée dans d’autres pays, ce qui a permis de prolétariser les masses et de nourrir le prolétariat croissant à bas prix (baisser le prix de reproduction de la force de travail vendue). Ainsi, les investissements se sont concentrés dans l’industrie hautement rentable sans laisser une agriculture arriérée se perpétuer. Le semi-féodalisme a été progressivement éliminé et n’a pas créé une économie dépendante. Au début du XXe siècle, en Russie et dans les autres pays impérialistes semi-féodaux, le développement économique autocentré et homogène (par le bas) était attardé mais analogue à celui de tous les autres pays impérialistes.

    « L’Angleterre ayant été à l’origine du capitalisme industriel, tous les autres pays aujourd’hui développés ont été d’une certaine manière, à quelque moment, “attardés” par rapport à elle. Mais aucun de ces pays n’avait jamais été périphérique au sens où nous l’avons défini. Avec un décalage dans le temps, l’Europe continentale et l’Amérique du Nord ont rattrapé (puis dépassé en ce qui concerne les États-Unis et l’Allemagne) l’Angleterre, dans des formes largement analogues à celles du modèle anglais. Le Japon est parvenu en définitive au même modèle d’un capitalisme achevé de première grandeur, mais déjà les formes de la période de transition présentaient-elles quelques particularités intéressantes, notamment le rôle central de l’État. La Russie constitue la dernière expérience d’un modèle d’accumulation semblable […]. »23

    Dans un cas, le semi-féodalisme était une transition du féodalisme au capitalisme impérialiste : l’agriculture arriérée était à proprement parler un « vestige féodal » qui était intégré et transformé dans l’économie. Dans l’autre cas, le semi-féodalisme est un symptôme du semi-colonialisme : l’agriculture arriérée est marginalisée (non intégré, ou intégré mais non transformé) dans l’économie dépendante, ce qui perpétue la dépendance de l’économie et l’arriération de l’agriculture.

    Dans un cas, le semi-féodalisme était éliminé par le développement économique autocentré et homogène. Dans l’autre cas, le semi-féodalisme est maintenu par le développement économique extraverti et hétérogène (dont la marginalisation de l’agriculture arriérée est une composante !).

    Dans un cas, le semi-féodalisme est un développement économique en retard (« attardé ») par rapport à d’autres développements économiques plus avancés. Dans l’autre cas, le semi-féodalisme est un développement du sous-développement économique.

    Dans un cas, le semi-féodalisme était une contingence de l’impérialisme. Dans l’autre cas, le semi-féodalisme est une nécessité de l’impérialisme.

    Voilà pourquoi, dans le système capitaliste-impérialiste contemporain, un pays qui possède « une importante proportion de paysans précapitalistes dominés par des élites précapitalistes » ne peut être qu’un pays semi-colonial. D’une part, tous les pays capitalistes-impérialistes qui étaient encore semi-féodaux au début du XXe siècle ont d’une manière ou d’une autre terminé leur transition hors de celui-ci. D’autre part, tous les pays encore semi-féodaux aujourd’hui ont une économie extravertie et hétérogène (dépendante) où l’arriération de l’agriculture n’est pas une contingence mais une nécessité : l’agriculture est marginalisée dans le marché national et mondial, cette intégration marginalisée entretient une faiblesse structurelle et une situation d’oligopsone de l’économie, et avec elle, la dépendance et l’échange inégal.

    La marginalisation des masses informe de la nature du capitalisme d’un pays et donc de sa classes dominantes : un pays qui connaît une marginalisation des masses est nécessairement un pays dominé par une bourgeoisie compradore. Aujourd’hui, le mode de production semi-capitaliste semi-féodal ne subsiste plus que dans des pays semi-coloniaux, à la marge du mode de production capitaliste comprador.

    10. Conclusion

    Le capitalisme comprador (semi-colonial) est extraverti. La relation nécessaire du développement extraverti est différente de celle du développement autocentré, c’est celle entre le secteur productif de la consommation « de luxe » et celui de l’exportation. La relation nécessaire du développement extraverti est donc une relation nécessaire du développement dépendant (une croissance dominée) et du sous-développement (une croissance lente et hétérogène).

    Dans le capitalisme comprador, la croissance des forces productives et de la demande « de masse » est lente ou stagnante, et les exportations et la demande « de luxe » sont disproportionnées. La demande « de luxe » est une demande d’importation (qui ne développe pas les forces productives du marché national), ou une demande de substitution d’importation (qui développe les forces productives du marché national « par la fin ») ; et la demande « de masse » est très faible. Les masses sont marginalisées dans le marché national et mondial : la reproduction de leur force de travail n’est qu’un coût sans être un débouché dans la réalisation du profit. En conséquence, tandis que les centres urbains peuvent être relativement avancés, les périphéries urbaines (les banlieues) et rurales (les campagnes) restent relativement arriérées. Dans l’agriculture, les rapports de production semi-capitalistes semi-féodaux peuvent rester les rapports de production dominants.

    Les semi-colonies se développent, mais leur développement est dépendant, et avec celui-ci la marginalisation des masses ne disparaît pas, elle évolue relativement à la dépendance. Lorsque le capitalisme comprador dissout le semi-féodalisme, les masses de paysans paupérisés à la campagne sont remplacées par des masses de chômeurs et de sous-employés en ville, les communes semi-féodales sont remplacées par des bidonvilles : la marginalisation principalement rurale devient principalement urbaine. Le développement dépendant ne « rattrape » pas le sous-développement, il n’émancipe pas les masses semi-coloniales.

    Le capitalisme comprador est « arriéré » (sous-développé), mais il n’est pas « attardé » par rapport au capitalisme impérialiste, parce qu’il est différent de celui-ci (comme le prolétariat n’est pas une bourgeoisie « attardée »). Les rapports de production du capitalisme compradore ne sont pas moins capitalistes que les rapports de production du capitalisme impérialiste, mais ces rapports de production capitalistes sont différents parce qu’ils existent respectivement dans des pays dominés ou dominants dans les rapports de production capitalistes-impérialistes mondiaux. Le capitalisme comprador n’est pas distinct du capitalisme impérialiste par ses rapports de production capitalistes nationaux, mais par ses rapports de production capitalistes-impérialistes mondiaux : le capitalisme comprador est le capitalisme des pays dominés par l’impérialisme et le capitalisme ne peut pas exister autrement dans les pays dominés par l’impérialisme. Le capitalisme comprador est organique aux rapports de production capitalistes dans les pays dominés — il n’est pas unilatéralement imposé de l’extérieur par les pays dominants. Les rapports de production capitalistes nationaux existent tels qu’ils sont dans les pays dominés et les pays dominants parce que les rapports de production capitalistes-impérialistes mondiaux existent tels qu’ils sont entre les pays dominés et dominants.

    Le capitalisme comprador ne peut pas se transformer en capitalisme non comprador par le développement comprador : seul le développement socialiste peut renverser la domination impérialiste. Pour s’émanciper du capitalisme comprador, les pays dominés doivent s’émanciper du capitalisme. La bourgeoisie d’un pays dont le capitalisme est comprador est nécessairement une bourgeoisie compradore, elle ne peut pas échapper aux rapports de production capitalistes dominés qui ont été créés par le développement capitaliste dominé, à moins de s’affranchir des rapports de production capitaliste en général. La domination impérialiste n’est pas causée par certains rapports de production capitalistes dominés qui pourraient être isolés et abolis séparément des rapports de production capitalistes en général.

    Dans le système capitaliste-impérialiste, les rapports de production capitaliste sont soit dominants, soit dominés, soit autarciques ; et les rapports de production capitalistes dominés ne peuvent pas directement devenir dominants ou autarciques, ils doivent d’abord être abolis (en général) avant d’être restaurés (dominants ou autarciques). La Chine est aujourd’hui un pays impérialiste parce que le capitalisme chinois s’est développé depuis le socialisme chinois. Cuba et la Corée du Nord sont aujourd’hui des pays autarciques parce que le capitalisme cubain et nord-coréen se sont développés depuis le socialisme cubain et nord-coréen. Le développement du capitalisme depuis une semi-colonie ou une dictature du prolétariat n’est pas qu’une différence quantitative dans le rythme du développement (lent ou rapide), mais une différence qualitative dans le capitalisme qui est développé (comprador ou non comprador). Le développement du capitalisme dans un pays détermine quelle classe capitaliste naît et domine dans ce pays. Le semi-colonialisme se perpétue dans un pays principalement par la bourgeoisie compradore qui domine le capitalisme comprador, et secondairement par la bourgeoisie impérialiste qui domine ce pays. Pour qu’un pays semi-colonial cesse de l’être, il doit y avoir une rupture radicale avec le semi-colonialisme, c’est-à-dire une rupture socialiste.

    Le capitalisme comprador ne se transforme pas en capitalisme impérialiste dans son développement, il se transforme en capitalisme comprador développé. Les pays semi-coloniaux peuvent devenir des puissances économiques et (géo)politiques, mais cette puissance doit rester fondamentalement compradore en l’absence d’une transformation révolutionnaire (socialiste).

    L’Inde est un exemple type du capitalisme comprador développé.

    L’Inde est une puissance économique et géopolitique. Elle a de grands et nombreux monopoles. Elle domine et exploite d’autres pays (par exemple, le Népal, le Sri Lanka ou le Bangladesh). Elle a une force de projection régionale et possède des armes de destruction massive. L’Inde est-elle donc un pays impérialiste ?

    L’Inde est un pays autonome dominé par la dépendance indirecte et directe à d’autres pays. L’Inde a une économie extravertie et hétérogène, dans laquelle les masses sont encore largement marginalisées — l’agriculture est encore en partie semi-capitaliste semi-féodale. L’Inde est soumise aux monopoles stratégiques d’autres pays, particulièrement technologique et financier-monétaire.

    Des pays dominés par d’autres pays, pas dans quelques de leurs relations (comme tous les pays), mais dans l’ensemble de leurs relations, ne sont pas des pays impérialistes. Des pays dominés peuvent être relativement dominants, de la même manière que des pays dominants peuvent être relativement dominés, ce qui ne change pas que dans l’ensemble de leurs relations les uns sont dominés et les autres sont dominants. L’Inde est une semi-colonie, c’est-à-dire un pays autonome dominé. La puissance économique et (géo)politique de l’Inde est dépendante, c’est-à-dire, compradore.

    Chaque pays impérialiste, semi-colonial ou colonial a sa propre histoire, donc son propre développement. Aucune catégorie abstraite et générale ne peut rendre superflue l’étude concrète et particulière du développement de chaque pays. Par exemple, à l’époque de l’impérialisme, l’existence de pays capitalistes autonomes ni impérialistes ni semi-coloniaux était extrêmement improbable et imprévisible. Pourtant, le développement particulier du capitalisme à Cuba et en Corée du Nord a été le développement d’un capitalisme non impérialiste et non comprador (autocentré et homogène). Observer la puissance économique et (géo)politique de certains pays semi-coloniaux, ou la disparition du semi-féodalisme devant le capitalisme comprador dans certains pays semi-coloniaux, est correct. Nier cette réalité du développement comprador ne rend pas de service à la théorie de l’impérialisme contemporain. En revanche, en conclure que ces pays ne sont plus des semi-colonies, parce que leur réalité s’éloigne de celle des semi-colonies au XXsiècle et des autres semi-colonies contemporaines, n’est pas correct. Pourquoi ? Parce que cela reviendrait à nier une autre réalité, qui est principale et essentielle : la dépendance.

    Des transformations improbables et imprévisibles se sont déjà produites dans la courte mais dense histoire du mode de production capitaliste, et la transformation de pays semi-coloniaux en pays impérialistes sans transformation socialiste est improbable et imprévisible mais pas impossible. Cependant, pour attester qu’une telle transformation s’est déjà réalisée dans certains pays, il faut démontrer que la dépendance — la principale forme de la domination économique de l’impérialisme contemporain — a été dépassée par ces pays. Or, les arguments qui cherchent à démontrer que l’Inde, la Corée du Sud, le Brésil, la Turquie ou l’Iran sont aujourd’hui des pays impérialistes portent généralement sur une forme désuète de l’impérialisme (telle que décrite par Lénine), et non pas sur la forme contemporaine de l’impérialisme (la dépendance). Se tromper sur la forme de l’impérialisme, c’est rater le fond de l’impérialisme. En bref, pour démontrer que l’Inde, la Corée du Sud, le Brésil, la Turquie ou l’Iran sont aujourd’hui des pays impérialistes, il ne faut pas démontrer leur puissance, il faut démontrer que leur puissance n’est plus dépendante.

    Derrière la question de la dépendance, il y a la question de classe : est-ce que la classe dominante est une bourgeoisie impérialiste ou une bourgeoisie compradore, l’accumulation de ses surprofits est-elle autonome (par et pour elle-même) ou intermédiaire (par et pour une autre bourgeoisie) ?

    La dépendance est la forme contemporaine de la domination économique impérialiste dont le fond historique a été décrit par Lénine. Définir l’Inde, la Corée du Sud, le Brésil, la Turquie ou l’Iran comme des pays impérialistes contemporains, c’est se concentrer sur l’apparence de l’impérialisme (par exemple, l’exportation de capitaux, l’exportation à plus-value modérée ou élevée, ou l’expansionnisme), et négliger l’essence de l’impérialisme (la domination économique mondiale). Cette méthode unilatérale n’est pas fidèle à la méthode marxiste de Lénine. Premièrement, parce que c’est l’essence de la théorie léniniste de l’impérialisme qui est principale. Deuxièmement, parce que la théorie léniniste de l’impérialisme s’est fondée sur l’avant-garde des théories bourgeoises de l’impérialisme du début du XXsiècle. Aujourd’hui, notre tâche théorique est donc de retenir l’essence de la théorie léniniste de l’impérialisme et de nous fonder sur l’avant-garde des théories bourgeoises de l’impérialisme de notre époque, pour les dépasser dans une théorie marxiste supérieure de l’impérialisme contemporain.

    11. Post-scriptum, réalité et fiction du PIB

    Pour comprendre l’impérialisme contemporain, il ne faut pas fuir la science bourgeoise, il faut l’utiliser intelligemment. À ce propos, le PIB est l’un des outils des sciences bourgeoises qui se sont le mieux intégrés dans la science marxiste, mais pas toujours pour le meilleur. Le bon ou le mauvais usage du PIB comme outil scientifique bourgeois est relatif à la réalité qu’il décrit réellement, au-delà de l’idéologie bourgeoise (ses biais). Or, considérer que certains outils scientifiques bourgeois peuvent être idéologiquement « neutres » est une déviation idéologique bourgeoise commune dans la science marxiste. Tous les outils scientifiques bourgeois doivent être intégrés dans la science marxiste, mais aucun outil scientifique bourgeois n’est idéologiquement neutre ! La réalité (scientifique) et la fiction (idéologique bourgeoise) du PIB sont un bon exemple. Le PIB per capita, à parité de pouvoir d’achat, et simple, représentent chacun une certaine réalité et une certaine fiction.

    • Le PIB per capita permet de comprendre les relations de domination économique internationales, c’est-à-dire la place de chaque pays dans le système de la dépendance et de l’échange inégal.

    Le PIB per capita représente le degré de domination d’un marché sur le marché mondial :

    « Selon la théorie du système-monde, le système-monde capitaliste est divisé en trois positions structurelles : le centre, la semi-périphérie et la périphérie. Les pays du centre se spécialisent dans des processus de production quasi monopolistiques et à forte rentabilité, tandis que les pays de la périphérie se spécialisent dans des processus de production hautement compétitifs et à faible rentabilité. La plus-value est transférée des producteurs de la périphérie vers les producteurs du centre, ce qui entraîne un échange inégal et une concentration de la richesse mondiale dans le centre. En comparaison, les pays semi-périphériques ont “un mélange relativement équilibré” de processus de production centraux et périphériques.

    Idéalement, pour déterminer la position relative de divers pays dans le système-monde capitaliste, il faudrait mener une étude détaillée des flux de main-d’œuvre entre les pays, en évaluant si et dans quelle mesure un pays bénéficie ou pâtit du transfert de plus-value. Cependant, les données détaillées sur les flux commerciaux et la productivité du travail ne sont pas disponibles pour les périodes historiques antérieures. Néanmoins, la position d’un pays dans la hiérarchie mondiale des échanges inégaux est généralement fortement corrélée à sa position dans la hiérarchie mondiale du PIB per capita. Par conséquent, les informations statistiques sur la hiérarchie mondiale du PIB per capita et la répartition des populations mondiales selon les différents niveaux de revenus peuvent être utilisées pour déterminer les seuils approximatifs de division du système-monde en trois positions structurelles. »24

    • Le PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA) permet de comprendre le niveau de développement des forces productives, c’est-à-dire la force économique brute de chaque pays.

    Le PIB à PPA représente la totalité de la valeur marchande produite par un pays, c’est-à-dire la somme des moyennes de temps de travail socialement nécessaire incorporé dans sa production de marchandises. Cependant, le PIB à PPA invisibilise la domination des marchés en égalisant artificiellement la valeur des monnaies et en masquant en partie les inégalités d’accès à certaines marchandises stratégiques (comme les hautes technologies) et/ou de luxe (comme l’automobile, le transport aérien, ou la chirurgie de pointe), dont les prix sont équivalents dans les pays riches et pauvres.

    Le PIB simple représente une moyenne des rapports de force économique entre pays : il ne tient compte ni de la réalité du temps de travail social ni des différences de prix entre temps de travail social, c’est-à-dire de la domination entre pays.

    Aucune de ces méthodes statistiques n’est satisfaisante pour avoir une compréhension marxiste d’un pays, mais les bouder ou les dénigrer serait une erreur — elles représentent une réalité partielle (bourgeoise), mais une réalité quand même (scientifique).

    • Le PIB per capita permet de ne pas surestimer l’impérialisme chinois (qui a le 1er PIB du monde, mais le 72PIB per capita du monde en 2021, entre le Mexique et la Turquie).
    • Le PIB à PPA permet de ne pas sous-estimer l’impérialisme russe (qui a le PIB de l’Espagne, mais le PIB à PPA de l’Allemagne).
    • Le PIB per capita permet aussi de ne pas sous-estimer les pays impérialistes européens (qui ont des PIB inférieurs à certaines semi-colonies, mais des PIB per capita largement supérieurs).

    Le PIB per capita et à PPA permettent de comprendre que les pays impérialistes challengeurs ne sont pas moins des pays impérialistes que les pays impérialistes hégémoniques, mais restent relativement faibles comparé à ces derniers ; et que les pays impérialistes européens sont toujours puissants et autonomes — à la tête desquels, l’impérialisme français. La France est un petit impérialisme comparé aux USA, mais elle n’est pas un « sous-impérialisme » dépendant de l’impérialisme américain ou allemand, ni un pays dominé par ces derniers.

    1 V. I. Lénine, L’impérialisme et la scission du socialisme, 1916.

    2 « Exposé des positions d’Unité communiste sur la guerre russo-ukrainienne », Unité communiste, 26 janvier 2024 (révisé en octobre 2024).

    3 Li M., « China : Imperialism or Semi-Periphery? », Monthly Review, 1er juillet 2021.

    4 Ibidem.

    5 Ibidem.

    6 Ibidem.

    7 « Exposé des positions d’Unité communiste sur la guerre russo-ukrainienne », Unité communiste, 26 janvier 2024 (révisé en octobre 2024).

    8 « La déviation structuraliste, l’impérialisme et la guerre russo-ukrainienne », Unité communiste, 21 septembre 2024.

    9 Ibidem.

    10 S. Amin, « Le modèle théorique d’accumulation et de développement dans le monde contemporain. La problématique de transition », Revue Tiers Monde, n52, 1972, p. 703-712.

    11 S. Amin in U. Lojkine et P. Guerpillon, « La dernière grande leçon de Samir Amin », Le Grand Continent, 13 août 2018.

    12 A. Emmanuel, « Le colonialisme des “poor-whites” et le mythe de l’impérialisme d’investissement ? », L’Homme et la société, n22, 1971, p. 67-96.

    13 S. Amin in U. Lojkine et P. Guerpillon, « La dernière grande leçon de Samir Amin », Le Grand Continent, 13 août 2018.

    14 Ibidem.

    15 Ibidem.

    16 S. Amin, « Le modèle théorique d’accumulation et de développement dans le monde contemporain. La problématique de transition », Revue Tiers Monde, n52, 1972, p. 704.

    17 Li M., « China : Imperialism or Semi-Periphery? », Monthly Review, 1er juillet 2021.

    18 « La déviation structuraliste, l’impérialisme et la guerre russo-ukrainienne », Unité communiste, 21 septembre 2024.

    19 S. Amin, « Le modèle théorique d’accumulation et de développement dans le monde contemporain. La problématique de transition », Revue Tiers Monde, n52, 1972, p. 714.

    20 Ibidem, p. 710-711.

    21 S. Amin in U. Lojkine et P. Guerpillon, « La dernière grande leçon de Samir Amin », Le Grand Continent, 13 août 2018.

    22 Ibidem.

    23 S. Amin, « Le modèle théorique d’accumulation et de développement dans le monde contemporain. La problématique de transition », Revue Tiers Monde, n52, 1972, p. 714-715.

    24 Li M., « China : Imperialism or Semi-Periphery? », Monthly Review, 1er juillet 2021.

  • Appel international de l’ICSPWI

    Nouvelle semaine d’action internationale et internationaliste du 7 au 12 avril. Vers une campagne d’un an pour soutenir la guerre populaire en Inde et le Parti communiste d’Inde (maoïste).

    La campagne mondiale contre l’opération Kagaar, en cours, a dénoncé et impacté les impérialistes et le gouvernement de Modi qui s’était fixé comme objectif d’anéantir les mouvements démocratiques, populaires et révolutionnaires indiens et la guerre populaire menée par le CPI(maoïste), qui constituent la véritable alternative politique pour les prolétaires et le peuple d’Inde.

    Toutes les campagnes du régime fasciste de Modi développées ces dernières années, depuis « Green Hunt » [2009], ont échouées à atteindre l’objectif que le régime s’était fixé.

    Aujourd’hui, Modi affirme qu’il anéantira la guerre populaire, le mouvement révolutionnaire et le CPI(M) d’ici mars 2026. Le Comité international de soutien à la guerre populaire en Inde (ICSPWI) appelle tous les partis et organisations communistes marxistes-léninistes-maoïstes, les partis révolutionnaires, les forces anti-impérialistes, à relever le défi lancé par le gouvernement de Modi avec une campagne d’un an, d’avril 2025 à mars 2026.

    C’est à une année de mobilisation et de soutien à la révolution indienne que l’ICSPWI appelle. Elle débutera par une semaine d’action internationale et internationaliste du 7 au 12 avril.

    Le CPI(maoïste) et les masses populaires résistent et rejettent la campagne Kagaar avec détermination et héroïsme. Dans tous les secteurs de l’économie, le régime de Modi se décharge sur les masses de la crise provoquée par l’impérialisme, ses laquais et les politiques au service des grands capitalistes, comme Adani, Ambani, etc., et les propriétaires terriens d’Inde.

    Modi a été le premier chef d’État au monde à aller rencontrer et rendre hommage au nouveau chef de l’impérialisme américain, Trump. Ils se sont rencontrés le 12 février pour réaffirmer l’importance de leurs relations dans le cadre des alliances du système impérialiste mondial, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la défense.

    Dans le secteur de l’énergie, Trump demande à l’Inde d’être de plus en plus le principal client du secteur pétrolier américain, qui, dans le passé récent, a également été affaibli par l’invasion russe de l’Ukraine. Modi s’est engagé auprès de Trump à atteindre l’objectif de faire passer les échanges entre les deux pays de 15 à 25 milliards de dollars dans le secteur de l’énergie sur une période de cinq ans.

    Dans le secteur de la défense, l’Inde est le principal importateur mondial d’armes, achetées également à la Russie et à divers pays du monde. Lors de la rencontre citée, Modi s’est ouvert à de nouveaux achats auprès des États-Unis et Trump a proposé de vendre des F35 à l’Inde.

    Enfin, dans le cadre du contrôle stratégique des routes commerciales, la grande nouveauté de la réunion a été la décision de relancer le projet de « corridor Inde-Med-Est-Europe », c’est-à-dire un corridor pour les marchandises, les données et l’énergie d’Inde vers Israël, l’Italie, jusqu’aux États-Unis. Ce projet existait déjà, mais l’attaque de la résistance palestinienne et les contradictions qu’elle provoquait entre l’État d’Israël et les pays arabes l’avaient bloqué. Avec cette rencontre, Trump et Modi relancent ce projet.

    Cette rencontre Trump/Modi devrait faire comprendre à tous le lien indissoluble qui existe entre l’impérialisme américain et ses serviteurs et le régime indien.

    Le régime indien est l’un des principaux soutiens de Netanyahu et de sa campagne génocidaire en Palestine. Pour cette raison, l’ICSPWI appelle, pendant cette semaine d’action, à l’union de la solidarité internationale avec la résistance du peuple palestinien et de la campagne internationale contre le régime de Modi et l’impérialisme.

    L’ICSPWI appelle à intensifier la mobilisation contre l’opération Kagaar, faite de massacres, de déportations forcées, d’assassinats de villageois et de leaders des masses tribales, de militants sociaux et de leaders révolutionnaires, ainsi que de persécution des journalistes et des militants des droits de l’homme qui s’y opposent.

    L’ICSPWI répond fermement à l’appel des camarades indiens à soutenir les habitants de Maad qui s’opposent résolument à la décision d’utiliser leurs terres et leurs forêts pour les manœuvres de l’armée, dans le cadre de la participation croissante de l’armée à la guerre génocidaire contre les peuples sous le nom d’opération Kagaar.

    Soutenir la guerre populaire en Inde et le Parti communiste d’Inde (maoïste) est l’une des tâches fondamentales des mouvements communistes révolutionnaires, antifascistes et anti-impérialistes du monde.

    Le Parti communiste d’Inde (maoïste) mène une guerre populaire pour réaliser la révolution de nouvelle démocratie, pour libérer le pays et les masses travailleuses de l’exploitation et de l’oppression et, uni aux prolétaires et aux masses populaires du monde, marcher vers la révolution prolétarienne et socialiste dans le monde.

    C’est pourquoi il est de notre devoir à tous et toutes d’arrêter l’impérialisme, le régime de Modi et sa main génocidaire, dans le cadre de la lutte mondiale contre l’impérialisme, qui mène aux guerres, au fascisme, à la pauvreté et à l’oppression des peuples.

    L’ICSPWI appelle tous et toutes à se joindre à la semaine internationale d’action, du 7 au 12 avril, en décidant des initiatives et des formes de lutte en fonction des conditions concrètes.

    Pour sa part, l’ICSPWI appelle à :

    • une grande journée de mobilisation en faveur des travailleurs, dans les usines et sur les lieux de travail ;
    • des manifestations publiques de toutes sortes vers les ambassades et les consulats ;
    • des réunions de soutien au CPI(maoïste) et à l’étude de ses documents comme le « Message pour le 20e anniversaire de la fondation du CPI (maoïste) ».

    ARRÊTER L’OPÉRATION KAGAAR !

    CONTRE LA RÉPRESSION DU RÉGIME POUR LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES EN INDE !

    LUTTONS CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE ET EN SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN !

    AVEC LA GUERRE DU PEUPLE ET LE CPI(MAOÏSTE) JUSQU’À LA VICTOIRE !

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

    Comité international de soutien à la guerre populaire en Inde

    https://icspwindia.site/

    csgpindia@gmail.com

  • Appel du CPI(ML) Red Star à la gauche révolutionnaire et aux forces en lutte en Inde

    Appel du CPI(ML) Red Star à la gauche révolutionnaire et aux forces en lutte en Inde

    Organiser le mouvement des agriculteurs dans chaque État avec des revendications communes !

    Lancer la campagne « Vaincre le BJP, vaincre le fascisme » dans les élections de l’UP-Uttarakhand !

    Poursuivant le travail effectué lors du webinaire sur le sujet « Signification de l’organisation des agriculteurs au niveau de l’État » (en soulevant des demandes telles que la formation partout de Comités du marché des produits agricoles, et un prix de soutien minimum pour tous les principaux produits agricoles dans chaque État, etc.) ; en lançant la campagne « Vaincre le Bharatiya Janata Party » (Parti Indien du peuple, parti d’extrême droite du président Modi, NdT.) dans les élections de l’UP-Uttarakhand ; en joignant les mains avec toutes les forces de même esprit, dans lequel, représentant le CPI(ML) Red Star, les camarades KNR et le secrétaire d’État camarade Baburam Sharma ont présenté l’appel du parti, les camarades Shivaji Rao, O. P. Sinha, Sanjeev Mathur et Chathuranan Ojha, représentant différentes oranisations, ont participé et expliqué leurs positions, soutenant la proposition du CPI(ML) Red Star. Un appel est lancé à toutes les forces de même sensibilité pour se joindre à une réunion conjointe à Lucknow pour tracer le programme de la campagne. Le SKM a déjà annoncé une campagne « Pas de vote pour le BJP » dans ces deux États, à laquelle participeront tous les leaders des paysans.

    Démolition de Khori Busti : La résistance à la démolition exige un mouvement pour le droit au logement des habitants des bidonvilles à l’échelle de l’État et du pays !

    À Khori Busti dans la ville de Faridabad, Haryana, alors que la démolition de près de 8000 maisons arrive à terme, trois activistes de IMK, DSU, Bigul et deux résidents du Busti (Munni et Kavita) ont été arrêtés à Khori Gaon vers 9 heures le 15 juillet et emmenés à la station de police de Surajkund. Après que la campagne de démolition de la veille ait été arrêtée en raison de fortes pluies, les habitants ont occupé les voies d’entrée des bulldozers à Khori le 15 juillet au matin pour sauver leur village. Suite à cela, la police est arrivée et a chargé les personnes rassemblées avec des matraques, arrêtant ces camarades.

    Ce qui se passe à Khori Busti est barbare, comme nous l’avons déjà expliqué dans notre précédente déclaration. Le gouvernement Modi dans la capitale et Khatter dans l’Haryana sont très soucieux de satisfaire les élites brahmaniques qui règnent sur la Cour Suprême en démolissant des milliers de maisons, jetant dehors les personnes qui y habitaient depuis 3-4 décennies avant le 19 juillet. Cela se fait au nom de l’élimination des empiétements sur les terres forestières, alors que dans la même municipalité, des centaines de maisons en pisé et un hôtel cinq étoiles ont été construits près de Khori, mais n’ont pas été touchés. La Cour suprême ne s’inquiète que lorsque les pauvres travailleurs migrants de l’Uttar Pradesh, du Bihar et de nombreux autres États ont construit des structures temporaires et y vivent. Elle ne se préoccupe pas de ramener les amis de Modi qui ont escroqué des sommes énormes aux banques et se sont enfuis dans des paradis internationaux. La Cour suprême ordonne la démolition des maisons des pauvres sans proposer d’alternative, au nom de la « protection des forêts contre les empiètements », alors que chaque jour, des dizaines de milliers d’hectares de jungle sont détruits pour des projets miniers ou autres des entreprises. Si l’ordre de la Cour Suprême qui ne mentionne pas la fourniture d’abris alternatifs avant la démolition est une parodie de loi, la façon dont le gouvernement BJP procède est des plus odieuses. Toutes les forces démocratiques devraient le condamner sévèrement.

    Avec d’autres forces en lutte qui s’opposent à la démolition des bidonvilles, le CPI(ML) Red Star a lancé un appel à tous les citoyens et à toutes les forces démocratiques et épris de justice pour qu’ils s’opposent aux actes brutaux du gouvernement de Khattar dans l’Haryana et qu’ils exigent la libération des camarades détenus, qu’ils fournissent d’urgence des abris temporaires à près d’un lakh de résidents du Busti, des rations gratuites et une compensation pour leurs pertes et qu’ils assurent une réhabilitation dans le temps.

    Dès que la nouvelle de la charge au lathi, de l’arrestation des camarades et de la façon dont la démolition est menée brutalement pour remettre les terres aux entreprises, le camarade Tuhin, membre PB du Parti et le camarade Sidhant de l’IFTU (Sarvahara) se sont rendus sur le site pour faire libérer les camarades arrêtés et pour exprimer leur solidarité avec les gens qui ont été jetés dans les rues par le gouvernement de Khattar avec les bénédictions de Modi.

    Ce qui se passe actuellement à Khori Busti souligne une fois de plus l’importance de rassembler tous les habitants des bidonvilles, au moins dans une ville et dans les zones voisines, afin de lutter contre les démolitions. Le juge de la Cour suprême qui a ordonné la démolition au nom de l’expulsion des empiétements de 1700 acres de terres forestières s’est entendu dire qu’il s’agissait d’une énorme zone de carrière développée par de puissantes mafias dans les années 1980 avec la complicité d’agents du fisc de l’Haryana, puis vendue sous forme de petites parcelles à des travailleurs migrants ; sur ces soi-disant terres forestières proches de Khori Busti se trouvent des complexes d’habitation et même un hôtel cinq étoiles ; les autorités municipales veulent expressément transférer ces terres à de nombreux autres hôtels cinq étoiles et complexes d’habitation.

    Dans cette situation, seul un puissant mouvement uni des habitants des bidonvilles pouvait s’opposer à la démolition. Les gens avaient un faible espoir lorsque l’un des leaders du mouvement des agriculteurs, Gurnam Singh Chironi, s’est adressé à une réunion de milliers d’habitants des bidonvilles le 30 juin et leur a assuré son soutien, et plus tard lorsque le porte-parole du Congrès, Udit Raj, a mené des marches répétées d’habitants des bidonvilles jusqu’à Jantar Mantar et leur a assuré son soutien. Mais tous deux les ont abandonnés. Bientôt, les micro-groupes sectaires de gauche qui avaient des contacts sur place ont commencé à rivaliser les uns avec les autres pour leur hégémonie, ce qui a éloigné les masses et affaibli le mouvement anti-démolition. Ainsi, lorsque la démolition a commencé à battre son plein, la résistance était très faible. Le 15 juillet, la police a chargé au lathi et dispersé par la force quelques centaines de manifestants et a poursuivi la démolition avec 9 JCD. Neuf personnes, dont trois militants de ces groupes, ont été arrêtées, emmenées au tribunal du district de Faridabad et envoyées en prison, accusées de nombreux délits.

    Plus d’un million de personnes vivant dans des maisons et des établissements commerciaux dans la zone depuis plus de trente ans se retrouvent sans abri et jetées à la rue, obligées de mettre des bâches sur les restes de leurs maisons et de passer des jours et des nuits avec leurs enfants jusqu’à ce qu’elles trouvent une alternative ou qu’elles soient expulsées de la zone par l’administration. Cela se passe juste à l’extérieur de Delhi, dans la municipalité de Faridabad sous le gouvernement BJP !

    Le camarade Sivaram, même lorsqu’il construisait le puissant Basti Suraksha Manch à Bhubaneswar, soulignait toujours l’importance d’un mouvement pour le droit au logement des habitants des bidonvilles à l’échelle de l’État et du pays, car sous le règne des entreprises néolibérales, des millions de familles sont expulsées ou forcées de migrer vers les villes. Ainsi, comme l’a décidé le CPI(ML) Red Star, il a travaillé dur et a réussi à unir les habitants des bidonvilles d’Odisha, ce qui a conduit à l’acceptation du droit au logement pour ces millions de personnes. Bien qu’un mouvement pour le droit au logement des habitants des bidonvilles ait été lancé dans toute l’Inde, il n’en est encore qu’à sa phase initiale. Des incidents douloureux comme la démolition de Khori Busti se déroulent sous l’égide d’un État criminel, et nous sommes forcés de rester impuissants à faire quoi que ce soit contre cela, la seule issue est de construire le mouvement de toute l’Inde dirigé par des cadres dont le parti affirme toujours que « les intérêts du peuple sont les intérêts du parti ». Nous devons travailler dur pour construire un tel parti et des cadres comme le camarade Sivaram en parlait toujours.

    Cuba n’est pas un pays socialiste, il est réduit à un pays dépendant.

    Comment évaluer le Cuba d’aujourd’hui où des manifestations d’un grand nombre de personnes protestent à la Havane et dans d’autres centres contre la pénurie alimentaire et d’autres problèmes, demandent de nombreux amis. Ils ont lu dans les médias que la hausse des prix et d’autres problèmes aggravés par la poursuite du blocus américain intensifié par Trump, et la pandémie de Covid 19, ont fait couver le mécontentement et la frustration, forçant un grand nombre de jeunes à sortir dans les rues pour protester. Partout, les dirigeants des partis révisionnistes tentent de condamner ces manifestations comme quelque chose d’entièrement instigué et propagé par les impérialistes américains et leurs laquais, à l’instar de ce qu’ils ont dit des troubles de la place Tien Anmen à Pékin il y a deux décennies.

    Nous sommes d’avis que des réponses aussi simplistes et mécaniques ne satisferont personne. Nous devons absolument condamner l’impérialisme américain qui qualifie Cuba d’État en faillite et s’en sert pour déclencher une offensive anticommuniste, en dissimulant sans vergogne son propre rôle important dans l’aggravation de la crise à Cuba par le biais de ses sanctions vieilles de cinq décennies. Bien que ce soit un fait, de telles justifications mécaniques ne feront qu’éloigner davantage de personnes de la voie marxiste. C’est un fait que Cuba, qui a joué et joue encore dans une certaine mesure un grand rôle dans le passage de l’Amérique latine de la condition d’arrière-cour de l’impérialisme américain à une zone importante de lutte contre l’impérialisme américain. Mais nous ne pouvons pas pour autant fermer les yeux sur la restauration capitaliste qui a lieu dans le cadre du capitalisme d’État dominant. Le problème de ces révisionnistes, qui ont eux-mêmes dégénéré en apologistes ou en exécutants des politiques de la classe dominante là où ils arrivent au pouvoir, est qu’ils soutiennent ceux qui sont actuellement au pouvoir dans ces pays, que ce soit en Chine ou à Cuba, comme des communistes, sans analyser la dynamique interne qui s’y déroule !

    C’est un fait que les communistes ont autrefois mené la révolution dans ces pays avec succès et ont initié la transition socialiste. Mais la question pertinente est de savoir si nous pouvons encore les appeler des pays socialistes. Les partis révisionnistes comme le CPI(M) refusent de voir leur propre dégénérescence vers la voie capitaliste, et attaquent les partis comme le TMC qui sont responsables des défaites massives au Bengale occidental où ils ont eu l’occasion pendant 34 ans de proposer une alternative à la voie capitaliste. Ils refusent de voir la dégénérescence de ces pays en capitalisme d’État, et sont devenus par la suite des dictatures bourgeoises bureaucratiques, puisqu’ils ont abandonné la transition socialiste à mi-chemin et ont dégénéré vers la voie capitaliste. En conséquence, la politique du « bol de riz en fer » qui garantissait la nourriture, le logement, les soins de santé, l’éducation et l’emploi pour tous comme en Chine et dans tous les pays où la révolution a eu lieu, a été abandonnée. Les gens sont contraints d’affronter les règles du mouvement capitaliste, son pillage et sa répression, tandis que la bannière communiste et le drapeau rouge servent encore à dissimuler leur dégénérescence. Au moment où la révolution cubaine a eu lieu en 1959, les révisionnistes avaient déjà usurpé le pouvoir par un coup d’État militaire et commencé à faire dévier l’Union soviétique vers la voie capitaliste. Rapidement, le grand débat entre les révisionnistes soviétiques et le PCC dirigé par Mao a éclaté au grand jour. Comme les dirigeants cubains pensaient que seul le soutien soviétique pouvait les sauver du blocus économique et des menaces d’agression de l’impérialisme américain, ils ont pris la décision pragmatique de se compromettre avec les révisionnistes soviétiques qui avaient déjà embrassé la « voie capitaliste au nom de la transition pacifique vers le socialisme ». En conséquence, bien que la direction cubaine ait adopté une position ferme contre l’impérialisme américain et ait soutenu toutes les forces qui luttent contre lui, son approche des politiques néolibérales, de l’acceptation de prêts et d’investissements des sociaux-impérialistes soviétiques et d’autres pays impérialistes était réformiste et compromettante.

    C’est cette politique qui a éloigné Che Guevera de Fidel Castro, le forçant à partir en Bolivie pour trouver une autre voie. En soutenant les révolutionnaires bolivariens du Venezuela et de la Bolivie contre les menaces américaines, les dirigeants cubains ont pu continuer à maintenir une image anti-impérialiste. Mais sous son capitalisme d’État dirigé par des bureaucrates, la crise économique a commencé à s’intensifier. Naturellement, le poids de cette crise a été transféré sur le dos du peuple. Parallèlement, les politiques de répression ont été poursuivies contre toute forme de dissidence sous le couvert de « sauver la révolution du blocus américain ». Il ne s’agit pas de minimiser le danger des subterfuges et des sabotages impérialistes contre Cuba. Nous sommes toujours fermement solidaires du peuple cubain et nous demandons aux impérialistes américains de mettre fin à leur blocus. Mais, tant que l’impérialisme restera une force mondiale, ses interventions et blocus se poursuivront toujours. Tous les anciens pays socialistes ont dégénéré vers la voie capitaliste, non pas en raison d’une agression impérialiste de l’extérieur, mais à cause du sabotage des routiers capitalistes de l’intérieur.

    L’expérience du système capitaliste d’État suivi par les pays socialistes montre qu’ils n’ont pas pu transcender les limites de la démocratie bourgeoise et avancer dans la direction de « tout le pouvoir au peuple », en construisant des structures démocratiques révolutionnaires appropriées et en les reliant à la construction d’une voie alternative de développement contre le système capitaliste. C’est-à-dire que jusqu’à présent, l’expérience montre que les communistes ne pouvaient pas gérer les problèmes de la construction d’une structure démocratique post-révolutionnaire correspondant à la transition socialiste. Cela n’est possible que si les partis communistes persistent dans la voie marxiste et développent sa théorie et sa pratique en fonction des conditions concrètes d’aujourd’hui. Parallèlement, ils doivent renforcer l’internationalisme prolétarien et l’unité des forces marxistes-léninistes au niveau international. Ce n’est qu’en poursuivant cette voie que l’on pourra résister aux attaques idéologiques de l’impérialisme sous toutes ses formes et de ses laquais, et que l’on pourra mobiliser les masses révolutionnaires sur la voie de la révolution. Au lieu de découvrir nos propres erreurs, blâmer les impérialistes et leurs laquais pour cette dégénérescence ne fera qu’éloigner davantage les masses de la voie du marxisme et de la révolution.

    Appel du CPI(ML) Red Star : Démasquer les routiers capitalistes au pouvoir en Chine

    Les « routiers capitalistes au pouvoir » en Chine, dirigés par Xi Jinpiang, ont lancé une vaste campagne pour défendre les vertus de leur régime social-impérialiste sous le nom de « socialisme aux caractéristiques chinoises » à l’occasion du centenaire de la fondation du Parti communiste chinois le 1ᵉʳ juillet 1921. Non seulement le courant révisionniste du CPI, du CPI(M) et de leurs semblables qui ont soutenu la marque de révisionnisme Khrouchtcheviste et dégénéré vers la voie sociale-démocrate, ceux qui ont abandonné la voie du marxisme-léninisme-pensée de Mao dans la pratique ont déclenché une campagne révisionniste ardente justifiant la ligne de Xi. Tous soutiennent la Chine actuelle comme étant socialiste sous une forme ou une autre, comme ils ont soutenu l’Union soviétique sous les routiers capitalistes de 1956, lorsque les révisionnistes sont sortis ouvertement avec leur ligne de collaboration de classe, jusqu’en 1991, lorsque ce SU a été désintégré en morceaux sous les forces capitalistes ouvertes, comme étant socialiste.

    Comme nous l’avons expliqué à plusieurs reprises, la Chine actuelle est une superpuissance social-impérialiste qui lutte pour l’hégémonie mondiale avec l’impérialisme américain et ses alliés. Cela est corroboré par les faits. C’est dans ce contexte qu’un article de camarade KN a été publié dans le numéro de juin de Red Star sur la façon d’évaluer les contributions de Mao au mouvement communiste et la façon dont il a lutté contre les routiers capitalistes en Chine à l’époque. Une déclaration au nom du parti a été publiée pour expliquer la position du parti sur cette question. Com. PJ James a écrit un article intitulé « La célébration par la Chine de sa propre marque d’impérialisme sous le couvert du « socialisme aux caractéristiques chinoises », qui sera publié dans le numéro d’août de Red Star.

    Dans le cadre de cette campagne, nous lançons une offensive en ligne avec un webinaire central en anglais et en hindi le 13 juillet de 18h00 à 20h30 sur le thème « Exposer l’observation par la Chine du centenaire du PCC pour propager son impérialisme social sous le nom de « socialisme aux caractéristiques chinoises » », dans lequel la présentation du sujet sera faite par le camarade KN Ramachandran, et les intervenants seront les camarades Alik et PJ James. Les comités d’état sont appelés à prendre en charge cette campagne en organisant des webinaires dans différentes langues et par toutes les autres méthodes possibles dès que possible.

    CPI(ML) Red Star, août 2021



  • La plus grande grève de l’histoire.

    La plus grande grève de l’histoire.

    Communique ICOR – 22 janvier 2021.

    Vive la lutte des paysans, des travailleurs et des ouvriers de l’Inde.

    Nous soutenons la protestation permanente des agriculteurs et autres travailleurs indiens. Rassemblés par dizaines de milliers dans le froid de l’hiver, campant en plein air, les agriculteurs s’opposent à trois lois qui ont été adoptées de façon anticonstitutionnelle au Parlement sous l’égide du BJP, le parti au pouvoir qui soutient le fascisme hindouiste.

    Le Covid : un catalyseur.

    Le Covid a mis en évidence la fragilité du système capitaliste mondial. Partout, les gens sont désespérés de trouver du travail et des revenus. Partout dans le monde, des gens meurent, non seulement à cause de la pandémie directement, mais aussi à cause du stress économique causé par les politiques capitalistes en arrière-plan de la pandémie. Les seules personnes qui ont tiré des bénéfices massifs de cette pandémie sont les grandes entreprises.

    Apple, Tesla, Amazon, etc. ont vu leurs actions atteindre des sommets sans précédent alors que le niveau de chômage dans le monde entier a également augmenté. Malgré cela, de nombreux gouvernements considèrent que le seul soulagement pour leur économie est de continuer à mettre en œuvre et à intensifier les politiques capitalistes en accordant des allocations et des concessions massives aux employeurs.

    En Inde également, le gouvernement, sous le couvert du covid, a décidé de réduire davantage les droits des travailleurs, des agriculteurs et des autres travailleurs par diverses politiques. Les quatre codes du travail, les trois lois sur les agriculteurs, la loi sur l’électricité et d’autres lois qui vont encore accroître la détresse économique des masses laborieuses tout en enrichissant les grandes entreprises ne sont pas les moindres.

    Le gouvernement Modi à l’attaque.

    Les codes du travail ont d’abord été introduits au nom de la consolidation d’un nombre important de lois sur le travail. Cependant, en réalité, ils autorisent le « travail à durée déterminée » (alors que, auparavant, les travailleurs avaient droit à la permanence et à la protection contre les licenciements arbitraires, les réductions d’effectifs et les fermetures à l’issue de 240 jours de service continu). Ils autorisent également le règlement individuel des conflits par les travailleurs, en contournant les syndicats, et autorisent les licenciements, les réductions d’effectifs et les fermetures dans tous les établissements de moins de 300 travailleurs (contre 100 auparavant).

    Ils ont rendu les grèves légales impossibles et réduit les protections déjà maigres accordées aux travailleurs contractuels en les limitant aux établissements employant plus de 50 travailleurs contractuels (contre 20 auparavant). En outre, de nombreuses grandes entreprises d’État comme Air India, BPCL (Bharat Petroleum Corporation Ltd), les usines d’ordonnances militaires, de nombreuses banques d’État, etc. sont en cours de privatisation. Tous les syndicats et fédérations centrales se sont opposés à ces mesures et sont en train de lutter contre elles.

    Le même jour de septembre où les quatre codes du travail ont été adoptés, le parti au pouvoir a également adopté trois projets de loi sur les agriculteurs. Ces projets de loi ont supprimé la protection accordée aux agriculteurs (comme le fait que le gouvernement a fixé un « prix de soutien minimum » pour les produits, qu’il n’autorise la commercialisation des produits agricoles que dans les comités de commercialisation des produits agricoles (APMC) où la pesée et le prix sont contrôlés, qu’il n’autorise les contrats de vente de terres agricoles que dans certaines conditions, etc.

    L’argument du gouvernement est que toutes ces mesures ne constituaient que des restrictions au droit de chaque agriculteur de conclure des contrats pour lui-même. En réalité, il s’agit de protections contre l’exploitation des agriculteurs et contre l’esclavage contractuel.

    La paysannerie indienne dans le collimateur.

    Dans un pays comme l’Inde, où les personnes possédant ne serait-ce que 10 hectares ou plus sont considérées comme de riches agriculteurs et où la superficie moyenne des terres détenues est à peine d’un hectare, de telles lois sont désastreuses. En bref, ces lois visent à asservir les agriculteurs aux grandes entreprises autant que les codes du travail visent à asservir les travailleurs. De même, la nouvelle loi sur l’électricité démantèle l’ensemble du système d’électrification protecteur en vigueur en Inde et confie le secteur de l’électricité à des acteurs privés.

    Toutes ces lois sont également clairement anticonstitutionnelles. Par exemple, la structure fédérale de l’Inde exige que les lois sur l’agriculture ne soient adoptées que par les gouvernements des États. En utilisant une faille dans d’autres entrées, le Parlement central cherche maintenant à faire ces lois. De même, l’Inde est signataire des résolutions de l’OIT appelant à une consultation tripartite (travailleurs, employeurs et gouvernement) pour apporter des modifications à certains droits du travail. Ces droits ont clairement été violés. On cherche également à restreindre les droits des États et le gouvernement central cherche à s’approprier tout le pouvoir.

    Dans cette situation, les travailleurs et les agriculteurs ont protesté. Après une série de journées de protestation dans l’atmosphère du Covid-19, dans le respect des restrictions en matière de distanciation sociale, de masques et d’assainissement, le 26 novembre a été marqué par une grève massive dans tout le pays. Les syndicats sont toujours en mode de protestation et ont fait le vœu de se joindre aux protestations des agriculteurs.

    La lutte !

    Mais c’est la protestation des agriculteurs qui a coupé le souffle. Des centaines de milliers d’agriculteurs sont descendus à Delhi depuis diverses régions du pays et ont assiégé la capitale nationale. Ils continuent à venir en bus et en tracteurs et à camper aux frontières de Delhi. De nombreux programmes de protestation sont prévus.

    Le 13 janvier sera la journée de l’incinération des nouvelles lois sur l’agriculture et des codes du travail. Le 16 janvier sera le jour des protestations des minorités dans tout le pays, qui comprendront également des protestations contre la nouvelle loi de 2019 sur la citoyenneté, qui est ouvertement discriminatoire à l’égard des musulmans.

    Le 18 janvier sera une journée de solidarité des femmes avec les agriculteurs qui protestent. Le point culminant sera le 26 janvier, qui sera célébré comme le Jour de la République de l’Inde avec un grand défilé à Delhi et dans les capitales des États. Les paysans ont lancé un appel à défiler à Delhi après le défilé du jour de la République afin d’organiser leur propre défilé au cœur de Delhi. De tels défilés auront également lieu dans toutes les capitales des États.

    En préparation de cette manifestation, des manifestations de protestation auront lieu dans toutes les capitales des États à partir du 23 janvier. Tous les syndicats, à l’exception de ceux qui sont directement contrôlés par le parti au pouvoir, ont appelé à soutenir ces manifestations. Une épreuve de force est en vue. La lutte n’est pas seulement pour les droits des travailleurs et des agriculteurs, mais aussi pour l’essence même de la démocratie et pour préserver les droits des masses populaires indiennes contre les entreprises nationales et internationales en maraude.

    Un seul monde : un seul front !

    Nous appelons toutes les forces démocratiques du monde entier à soutenir ce mouvement. C’est la tâche de toutes ces forces démocratiques dans un monde qui est de plus en plus en proie au fascisme encouragé par l’impérialisme. Nous souhaitons le plus grand succès à la lutte des travailleurs et des agriculteurs de l’Inde.


    Pour le travail, la terre, la liberté, la démocratie et le socialisme !



    Signataires (à partir du 22 janvier 2021, autres signataires possibles) :

    1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire (Proletarian Communist Party of Ivory Coast)
    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    4. Parti communiste du Kenya (CPK)
    5. MMLPL Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine
    6. CPSA (ML) Parti communiste d’Afrique du Sud (marxiste-léniniste)
    7. PCT Parti Comuniste du Togo
    8. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    9. MLOA Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan
    10. Parti communiste du Bangladesh (CPB)
    11. CPI (ML) Red Star Parti communiste de l’Inde (marxiste-léniniste) Red Star
    12. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal
    13. NDMLP Parti marxiste-léniniste néo-démocrate, Sri Lanka
    14. CPA/ML Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
    15. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie-Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord-Turquie))
    21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation communiste du Luxembourg)
    22. RM Rode Morgen (Red Dawn), Pays-Bas
    23. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    24. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    25. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti des travailleurs tchécoslovaques), République tchèque
    26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti communiste léniniste marxiste Turquie / Kurdistan)
    27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement de la classe ouvrière), Ukraine
    28. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    29. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste paraguayen (indépendant))
    30. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc Démocratique Populaire), Pérou
    31. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République dominicaine
    32. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti communiste révolutionnaire de l’Uruguay)


  • Résolution sur l’irruption de l’Inde au Népal. 

    Résolution sur l’irruption de l’Inde au Népal. 

    L’Inde a publié une nouvelle carte politique le 2 novembre 2019, qui incorpore une zone du Népal d’environ 372,37 kilomètres carrés, de Limpiadhura à Kalapani, dans son territoire. Kalapani est situé à la frontière occidentale de trois pays, où le Népal, l’Inde et la Chine se rencontrent. La rivière Mahakali prend sa source à Limpiadhura, Kalapani. Selon le traité de Sugauli signé en 1816 entre la Compagnie des Indes orientales de l’époque et le Népal (article 5), le fleuve constitue la frontière entre l’Inde et le Népal. Cependant, l’Inde revendique désormais officiellement le territoire de Kalapani pour elle-même. Ce faisant, elle ignore et méprise le traité existant et le droit international.

    C’est cet acte d’agression de l’Inde qui met le Népal en grand danger de perdre son précieux morceau de terre. Après leur humiliante défaite lors de la guerre sino-indienne de 1962, les troupes indiennes ont envahi le Kalapani du Népal et ont établi des avant-postes militaires. Depuis lors, l’Inde a progressivement accru son occupation, ce nouveau pas ayant provoqué l’indignation de l’opinion publique au Népal. Lors des récentes protestations, les Népalais se sont indignés de l’acte de l’Inde qui a justifié son exigence par une carte révisée. La nouvelle carte de l’Inde publiée après l’occupation du Jammu-et-Cachemire comprend l’ensemble du territoire de Kalapani, qui fait partie de l’État indien d’Uttarakhanda.

    Le résultat en est la colère dans les rues de Katmandou, mais les dirigeants de Singhadurbar hésitent encore à aborder la question avec une réelle détermination envers l’Inde. Bien que le gouvernement actuel et son premier ministre aient déclaré catégoriquement que Kalapani est une région du Népal et qu’ils résoudront le problème avec l’Inde par la voie diplomatique, le gouvernement n’a pas été en mesure d’obtenir un résultat concret, si ce n’est l’envoi d’une note diplomatique à l’Inde. L’Inde a confirmé la réception de la lettre népalaise et n’a pas donné de date fixe pour l’ouverture d’un dialogue avec le Népal sur le conflit de Kalapani.

    Il convient de rappeler que feu le Premier ministre indien A. B. Vajpayee en visite en 1997 et l’actuel Premier ministre Narendra Modi en visite en 2014 ont convenu de trouver une solution au conflit de Kalapani par des entretiens diplomatiques bilatéraux, mais le gouvernement indien prétend maintenant que sa nouvelle carte est correcte. Le Népal doit donc réaffirmer sa détermination à reprendre le pays occupé à l’Inde, notamment pour défendre sa souveraineté.

    Le Népal est menacé par une puissance relativement supérieure, l’Inde, qui semble avoir été encouragée à occuper le territoire népalais après l’invasion du Cachemire par ses propres troupes, malgré le fait que cet État est un territoire contesté entre l’Inde et le Pakistan. L’Inde a fait preuve de peu de respect pour le droit international, et le Népal est victime de l’agression d’une puissance plus forte. En effet, Kalapani est devenu un excellent exemple de la façon dont une grande puissance émergente occupe militairement un territoire stratégique d’un voisin plus petit. L’Inde a occupé le territoire du Népal pendant les six dernières décennies avant que celui-ci ne soit récemment officiellement inclus dans sa carte nationale.

    La valeur stratégique de l’occupation de Kalapani pour l’Inde est avant tout d’obtenir un avantage sur son rival supérieur, la Chine. Dans ce contexte, le Népal pourrait avoir besoin tactiquement de coopérer avec la Chine pendant la dispute sur l’agression indienne afin d’exploiter les contradictions. Depuis la guerre de 1962, la Chine a dépassé l’Inde en termes de force économique et militaire. C’est pourquoi l’Inde a peut-être occupé Kalapani afin d’obtenir un avantage militaro-industrielle sur la Chine.

    Quels que soient les exigences et les objectifs de l’Inde, Limpiadhura, Kalapani, c’est la source du fleuve Mahakali qui, selon le traité de Sugauli, constitue la frontière du Népal. Une autre raison de l’occupation de cette région par l’Inde est son accessibilité par rapport aux autres montagnes environnantes. Cela offre un excellent emplacement pour une base militaire indienne. La revendication du Népal est soutenue par le traité signé entre le Népal et la Chine le 20 mars 1960. Dans ce contexte, la Chine pourrait soutenir positivement la revendication du Népal et en même temps terminer le différend avec l’Inde.

    Des experts en eau du Népal et de la Grande-Bretagne avaient publié en 1916 le fait que le fleuve Kutiyangdi, qui traverse Limpiadhura, est le fleuve Mahakali. Toutes les cartes publiées entre 1818 et 1856 montrent que le même fleuve est à l’origine de la rivière Mahakali. Dans le traité avec la Chine, la même preuve a été donnée pour accepter le fleuve comme une ligne à trois frontières. Toutes ces preuves parlent pour le Népal, mais l’Inde a déformé les faits et les chiffres pour statuer un exemple de son hégémonie sur le Népal. Le Népal s’était défendu contre la Chine et l’Inde lorsqu’elles ont convenu en 2015, sans consultation avec le Népal, de faire de Lipulekh le point d’échange commercial entre les deux pays.

    Le Népal a élevé la voix pour ramener le pays occupé, et des gens de tous horizons soutiennent la position du Népal. Cependant, le gouvernement actuel a été très lent et n’a pas poursuivi l’affaire avec une grande urgence. Nous voulons que le gouvernement agisse avec fermeté et détermination. Si l’Inde ne vient pas à la table des négociations, le Népal devrait internationaliser la question et la porter devant l’ASACR [Association sud-asiatique de coopération régionale], l’ONU et les forums internationaux. Les cartes publiées avant et après le traité de Sugauli de 1860 se trouvent à la Library of Congress, Washington, et à la British Library, Londres, ainsi que dans les bibliothèques de Chine, d’Inde et de Russie. Maintenant, certaines personnes au Népal ont également emporté des copies de ces cartes pour les remettre au gouvernement népalais. Le fait que le fleuve qui prend sa source à Limpiadhura soit le Kalinadi est également étayé par les bases des sciences de l’eau. Le recensement de 1964 prouve également que l’ensemble du Kalapani est une région du Népal. Lors des élections de 1958, les habitants de Kalapani ont voté pour les candidats de différents partis népalais. La liste électorale de cette année-là est toujours une preuve certaine de soutien à la revendication népalaise. Toutes ces preuves et documents sont suffisants pour une contre-réaction à l’Inde, pour récupérer le pays occupé par l’Inde avec suspension de toutes les normes pour les relations internationales.

    Signataires (en date du 25/3 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    2. CPK   Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    3. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    7. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    8. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    9. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    11. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    12. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    13. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    14. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    15. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    16. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    17. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    18. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    19. TKP-ML   Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    20. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    21. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    22. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    23. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    24. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    25. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    26. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    27. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    28. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
  • Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde.

    Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde.

    Résolution de l’ICOR sur l’Inde :

    Soutenez le mouvement de masse contre les attaques fascistes anti-populaires en Inde

    Soutenez le mouvement anti-CAA/NPR/NRC en cours en Inde Shaheen Baghs

    Le parti fasciste Bharatiya Janatha (BJP) dirigé par le président de l’Inde, Modi, le front politique du RSS fasciste (Rashtriya Swayamsevak Sangh ou « Force volontaire nationaliste ») ont accéléré leurs efforts pour saper les droits actuels de citoyenneté. Ces droits ont été fixés dans la loi sur la citoyenneté de 1955, qui garantit la citoyenneté à tous les résidents et résidentes ainsi que le droit du sol à celles et ceux qui sont nés dans le pays. Au nom de l’aide aux réfugiés du Pakistan, de l’Afghanistan et du Bangladesh, lesquels se sont réfugiés en raison de la discrimination religieuse, la “Loi d’amendement de la citoyenneté” (Citizenship amendement act) a été adoptée par le Parlement le 12 décembre 2019. Elle donne la citoyenneté à tous les réfugiés en provenance de ces pays qui sont entrés en Inde jusqu’en 2015, à l’exception des musulmans. Ceci constitue une violation des principes laïques de la Constitution indienne.

    Selon un amendement antérieur à la “loi de 1955 sur la citoyenneté”, adopté lors du précédent gouvernement BJP de 1999 à 2004, le gouvernement Modi a émis l’ordre de préparer un Registre national de la population (National Population Register). Celui-ci doit être mis en place entre le 1er avril au 30 septembre 2020, ainsi qu’un nouveau Registre national de la citoyenneté (National Register of Citizenship) sur la base de la Loi CAA. 

    Dans le cadre de l’enquête du NPR, tous les citoyens sont tenus de donner leurs coordonnées ainsi que celles de leurs parents, y compris les documents relatifs aux terres/maisons dont ils sont propriétaires. Ceux qui ne possèdent pas de tels papiers seront alors appelés « citoyens douteux » (DC – Doubtful Citizens). Non seulement la majorité des musulmans, mais aussi les scheduled castes (Dalits) et les scheduled tribes (Adivasis) ainsi que d’autres groupes défavorisés sont sans terre et sans logement, analphabètes. En outre, ils se déplacent fréquemment vers de nouveaux domaines de travail. Ils disposent généralement de très peu de documents. La plupart d’entre eux ne sont pas acceptés. Les passeports, les cartes d’électeur, etc. ont été jugés insuffisants pour fournir la preuve de citoyenneté. On estime que 200 millions de personnes pourraient devenir des « citoyens douteux » (DC) lorsque le NPR sera réalisé. Ils disposeront de trois mois pour prouver leur citoyenneté devant les tribunaux pour étrangers. En cela, presque tous échoueront, comme cela s’est produit récemment en Assam, où un NRC a été préparé.

    Ensuite, la CAA veillera à ce que les musulmans notés comme « citoyens douteux » (DC) perdent leur citoyenneté. Les autres, les hindous, les sikhs, les jaïns, les bouddhistes, les parsis et les chrétiens, peuvent obtenir la citoyenneté sur la base de la CAA. Mais ils ne peuvent l’obtenir si, et seulement si, ils prouvent qu’ils et elles ont émigré du Pakistan, de l’Afghanistan ou du Bangladesh en raison de persécutions religieuses. 99 % d’entre eux ne peuvent pas le prouver.

    Ainsi, dans cette première phase du nettoyage ethnique communautaire, près de 200 millions de personnes, dont la moitié des musulmans, deviendront apatrides. Ils seront jetés dans des camps de détention en cours de construction partout en Inde. Ceci est en accord avec le rêve du parti fasciste RSS de construire l’Inde comme un « Rashtra (nation) hindou ». Voilà la teneur du programme politique de Modi. 

    Conscients de ce danger, peu après la promulgation de la CAA, les étudiants et étudiantes se sont révoltés dans de nombreuses universités. L’Etat a tout fait pour donner une image religieuse à cette révolte. Ainsi, les étudiants des universités dirigées par des musulmans comme l’Université Jamia Millia islamia de Delhi et l’AMU à Aligarh, dans l’État fédéral d’Uttar Pradesh, ont été brutalement attaqués par les forces de police. Les forces de police sont noyautées par des agents endoctrinées par l’idéologie du RSS. 

    Bientôt, les étudiants et étudiantes de presque toutes les universités et autres institutions du pays entier se sont révoltés. Les Dalits et les Adivasis ont commencé à sortir dans la rue. Toutes les forces démocratiques laïques et de nombreux partis non-BJP les ont rejoint, élargissant le mouvement. 

    Les femmes de Shaheen Bagh, à Delhi, ont lancé un sit-in massif, pacifique et indéfini à partir du 17 décembre. Elles revendiquent, elles aussi, l’abolition du triptyque CAA/NPR/NRC. Ce sit-in est rapidement devenu un symbole de résistance, et des mouvements similaires ont éclos dans toutes l’Inde.

    Le mouvement populaire pacifique avait commencé à s’étendre. Il a fait perdre au BJP les élections aux assemblées des États du Jharkhand et de Delhi, dans lesquels Modi faisait campagne sur la base de la CAA et de majorités Hindutva. Des bandits du RSS, lourdement armés, appuyés sur des lumpen prolétaires, ont organisé un pogrom dans le nord-est de la capitale, Delhi. La police et l’administration sont restées des spectatrices muettes lorsque les musulmans et les musulmanes ont été attaqués. Les agresseurs et agresseuses ont torturé et tué beaucoup, ils ont attaqué les femmes, détruit des milliers de maisons et de magasins, brûlé ou pillé leurs biens, forçant des milliers de personnes à fuir vers des camps de secours.

    Même après une semaine, le gouvernement central, les gouvernements des États fédéraux et le pouvoir judiciaire et la police n’ont pas montré une préoccupation quelconque à les aider. Le gouvernement Modi tente de cibler les musulmans et de créer une atmosphère de terreur d’État et de peur pour réprimer la résistance du peuple et imposer les CAA/NPR/NRC à tout prix. Le CPI(ML) Red Star ainsi que de nombreuses autres forces activement impliquées dans le mouvement mobilisent les masses pour boycotter le NPR. Si le NPR n’est pas entravé, une tragédie humanitaire d’une ampleur colossale peut arriver sous le régime guidé par le RSS fasciste. 

    La diaspora indienne dans le monde entier s’est déjà prononcée contre ce nettoyage ethnique communautaire sous le prétexte des NPR/NRC. De nombreux gouvernements et des forces démocratiques dans le monde ont exprimé leur inquiétude. Le commissaire des Droits de l’homme des Nations unies tente d’intervenir dans l’audience de la Cour suprême sur cette question. Mais le gouvernement Modi tente avec arrogance de détourner l’attention de l’opinion publique internationale en prétendant qu’il s’agit d’une question interne à l’Inde !

    Dans cette grave situation, l’ICOR condamne fermement ce nettoyage ethnique communautaire à grande échelle par le gouvernement Modi. Nettoyage qui a conduit à ce que des dizaines de millions de personnes, des minorités religieuses, (principalement des musulmans et des musulmanes) ainsi que des personnes opprimées soient privées de leur citoyenneté.  Leur destin est d’être concentrés dans des camps de détention. L’ICOR soutient la résistance populaire actuelle contre cette situation et appelle toutes ses organisations membres à apporter leur soutien au peuple indien en ce moment critique.

    Plus que jamais l’appel commun de l’ILPS et de l’ICOR à construire un «Front uni international anti-fasciste et anti-impérialiste» s’avère une nécessité. Les forces communistes, anti-fascistes et démocratiques doivent faire face au développement à droite de nombreux gouvernements en cette période de crise profonde du monde capitaliste. 

    Prolétaires et peuples opprimés, unissons nous!

    Signataires (en date du 18/3/2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    6. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    7. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    8. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    9. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    10. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    11. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    12. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    13. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    14. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    15. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    16. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    19. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    20. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    21. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    22. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    23. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    24. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    25. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    26. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    27. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    28. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))