Étiquette : Impérialisme français

  • Stop Barkhane, stop impérialisme !

    Stop Barkhane, stop impérialisme !

    Nous avons participé au rassemblement contre l’opération Barkhane, initié par la JC de Lyon. Nous saluons cette initiative. Il est regrettable que la question de l’impérialisme français soit si souvent sous-estimée ou remisée à des déclarations de principe. Le fait d’oublier la place de la France dans le système impérialiste mondial est une faute idéologique importante. En présentant la France comme dominée par l’UE, l’OTAN, l’Allemagne, les USA ou d’autres, on oublie cette vérité : La France est impérialiste. Bien qu’alignée sur l’occident, elle possède une autonomie dans ses choix et dans ses actes. Elle ne subit d’autres diktats que celui de sa bourgeoisie et de sa rapacité. Toute diminution de l’importance de la bourgeoisie française dans l’impérialisme mondiale équivaut à un renoncement au fait de l’affronter.

    Nous oublions trop facilement, dans notre confort de pays dominant, de métropole, d’où provient la richesse. Nous oublions trop facilement d’où provient notre électricité abordable, notre alimentation variée, nos minerais, notre luxe et notre gaspillage. Pourtant nous en connaissons les sources. Pourtant nous en connaissons le prix. Mais nous le remisons dans un recoin sombre de notre esprit, parmi toutes les pensées inavouables, gênantes, perturbantes.

    Derrière notre richesse, il y a la sueur et le sang.

    La France fait tout pour faire oublier la véritable nature de ses opérations en Afrique. Elle les présente comme des missions humanitaires, qu’elle s’assignerait au nom de sa grandeur d’âme, de son caractère charitable et humaniste.

    La réalité est autre : la Françafrique est tout aussi organiquement liée à la sphère économique française que ne l’est l’industrie automobile dans le nord, ou la viniculture des côtes du Rhône. Il s’agit d’un ensemble cohérent, structuré, au profit de la métropole. Cet aspect est tellement essentiel, fondamental, vital, qu’il est hors de porté de la démocratie actuelle. On ne vote pas sur l’impérialisme. On ne vote pas sur les fonctions qui maintiennent la « place de la France dans le monde ». Même dans le wagon de Rethondes, lorsque les nazis ont imposé l’armistice à une France vaincue et humiliée, la sauvegarde de l’Empire était la condition sine qua non.

    L’armée française n’est pas un angélique sauveteur. Elle est constamment sous le feu des accusations : accusation de pillage, de crimes, de viols, de mise en place de mafias, de trafics -drogue, armes, humains.- Elle est rejetée par la population, conspuée. L’armée français est une armée d’occupation.

    L’Afrique n’est pas le « fardeau de l’homme blanc », pour reprendre les propos de Rudyard Kipling. C’est l’homme blanc, le colonisateur, le néo-colonisateur, qui maintient le sous-développement, la misère, la fragilité économique et sociale, la corruption et la misère. C’est sa libération réelle qui est la condition de son développement, de son affirmation, du règlement définitif des maux qui l’accablent.

    Comme nous l’avons dit plus haut l’opération Barkhane, comme l’ensemble des opérations militaires menées par la France, doit cesser. Elle ne fait que perpétuer la misère, la souffrance. Elle oppose des pauvres d’ici aux surexploités d’ailleurs, perpétuant la gigantesque farce tragi-comique du capitalisme : la mort des sans-le-sou au profit des nantis.

    Nous pensons que nous faisons face à un seul ennemi : l’impérialisme. Certes il en existe d’autre, tout aussi pervers, tout aussi sadiques, tout aussi avares. Celui de notre pays n’est ni plus doux, ni plus humaniste, et son vernis de Lumières n’empêche

    Mais c’est contre le notre que nos coups peuvent porter. C’est en unissant nos forces, exploités d’ici, surexploités d’ailleurs, contre ce système unique, ce monolithe criminel, que nous le ferons vaciller, que nous le ferons chuter. Ce n’est qu’à travers la fin de l’exploitation et de la corruption que, tous, nous connaîtrons la liberté réelle.

    Camarades d’ici et d’ailleurs, tendons-nous la main. ! A bas l’impérialisme français ! A bas l’exploitation ! A bas le Franc CFA et la Françafrique ! Vive la révolution et le socialisme !

  • Déclaration du Parti Communiste du Liban : un appel à l’aide.

    Déclaration du Parti Communiste du Liban : un appel à l’aide.

    Nous reproduisons ici la déclaration du Parti Communiste du Liban suite à l’explosion de Beyrouth. Nous nous joignons à cet appel. Depuis l’explosion, la solidarité joue un rôle extrêmement important pour les Libanais et Libanaises. Le pays est en crise, le gouvernement réprime férocement (avec l’appui inconditionnel de la France) et l’explosion vient parachever cette situation de détresse. Nous considérons que les offres d’aides faites par la France ont un goût de cadeau empoisonné. Nous nous méfions de ces ingérences, qui, sous couvert d’humanitaire, peuvent parfois servir de sinistres desseins, telles les réformes exigées par Macron. Réformes qui ne peuvent qu’aller dans le sens des intérêts de la bourgeoisie de France. Il existe des relents nostalgiques de l’ère du mandat français sur le Levant. Nous saluons le courage de ceux et celles qui, là bas, tentent de faire face à la situation. Nous ne pouvons non plus pas ne pas songer à Georges Abdallah, dont la libération – entravée par la France – sera perçue comme un symbole fort pour les Libanais et les Libanaises.

    L’explosion qui s’est produite hier mardi 4 dans le principal port de Beyrouth a eu des effets catastrophiques, non seulement dans la capitale, mais sur tout le territoire libanais. Selon certains experts, la force explosive de cet incident était similaire à celle d’une petite bombe nucléaire, soit l’équivalent de 1000 tonnes de matériaux hautement explosifs. La force de l’explosion a atteint une distance de plusieurs dizaines de kilomètres, et le bruit de l’explosion a été entendu dans toutes les régions du Liban, et dans certaines parties de la Syrie et de Chypre.

    Le bilan des victimes est encore préliminaire, avec des dizaines de martyrs jusqu’à la rédaction de cette déclaration. Ainsi que des milliers de blessés. Les maisons d’environ un million de citoyens ont été endommagées, car leurs portes ont été enlevées, leurs fenêtres brisées et leurs meubles soufflés, tandis que des milliers de maisons dans la zone proche du port ont été complètement démolies et rendues inhabitables.

    Beyrouth vit aujourd’hui une catastrophe nationale. Le port de Beyrouth est complètement rasé et toute importation dans le pays est complètement stoppée. Cette tragédie nationale est complétée par un effondrement économique et une profonde crise financière, les Libanais ayant perdu leur pouvoir d’achat, leur monnaie s’étant effondrée et leur argent public et privé ayant été pillé. Le processus de redressement sera difficile et exigera du temps et des efforts de la part des personnes et des entités, qu’elles résident au Liban ou à l’étranger.

    C’est pourquoi nous adressons notre appel aux institutions, organisations et organismes amis du monde entier, ainsi qu’aux expatriés libanais et à tous ceux qui sont désireux et aimants, et nous leur demandons de recueillir d’urgence et exceptionnellement des dons financiers et en nature, et de nous contacter pour coordonner autour d’eux, car c’est la tâche de solidarité sociale et humaine qui s’impose aujourd’hui.

    Des contributions de toute sorte et de toute nature sont nécessaires aujourd’hui afin de fournir une aide pour la restauration des maisons, des centres, des institutions, et pour fournir de la nourriture et des médicaments. En outre, les fournitures médicales sont très nécessaires étant donné le nombre élevé de blessés.

    C’est un appel au devoir humanitaire. Pour le bien de Beyrouth, pour le bien des personnes qui sont mortes ou blessées. Pour le bien des personnes qui sont maintenant sans abri, pour le bien du Liban, nous avons besoin de votre aide et de votre soutien.

    Pour les transferts financiers vers le Liban, vous pouvez utiliser le lien suivant associé à un compte bancaire de l’association libanaise d’aide populaire, par le biais de transactions par carte de crédit en ligne.

    Nous vous demandons cordialement votre contribution en ces temps difficiles et urgents.

    https://www.gofundme.com/f/SUPPORT-FOR-LEBANON-AFTER-THE-EXPLOSION-ISASTER
  • 100 millions sinon rien. – Seconde partie.

    100 millions sinon rien. – Seconde partie.

    Remettons les pendules à l’heure.

     M. Lecaussin n’est guère courageux. C’est son droit de vomir le bilan des Etats socialistes, nous le lui concédons pleinement. Seulement, nous ne pensons pas qu’il soit possible de le faire depuis une position en surplomb, tel un sage de la montagne, vivant en ermite reclus.


    M. Lecaussin choisit de s’en prendre à la transformation du monde opérée par les révolutionnaires. Il la juge néfaste et mortifère. Soit. Mais que défend-il alors comme système alternatif, comme réponse ? À ce sujet, il n’en pipe mot. Il est vrai qu’il est aisé de se draper dans la pureté lorsque qu’on a aucun bilan à défendre. 
    Il s’agit d’un reproche que nous faisons régulièrement à nos détracteurs. Nous avons une histoire, un passé, donc un bilan.

     Ce bilan, charge à nous de le défendre. Seulement, ceux qui nous attaquent doivent également savoir qu’ils portent la même responsabilité. Soit ceux qui ne veulent rien faire portent la responsabilité des maux de la société actuelle, soit ceux qui en restent à une critique utopiste doivent porter la charge de n’avoir rien réussit à réaliser. 

    Nous jugeons le communisme, comme idéologie, supérieure aux autres – sans quoi nous n’y adhérerions pas. Nous jugeons que la construction du socialisme était un projet dur à mettre en œuvre, mais néanmoins infiniment supérieur aux résultats du capitalisme et de l’impérialisme. Nous ne mettons donc pas l’un sur le même plan que l’autre. Cependant, nous allons démontrer que, pendant que l’auteur de ces lignes reste fixé sur le bilan de l’URSS, il omet sciemment que son propre pays a causé nettement plus de morts, pour des raisons uniquement crapuleuses. Dans ce cours article, nous parlerons uniquement de l’Union soviétique, car nous disposons d’une partie de ses archives. Nous pourrions parler de la Chine, mais le manque de documents fait que nous ne désirons-nous appuyer également sur les sources universitaires employées à l’heure actuelle, et non pas spéculer face aux spéculations des autres.
    Cela pose aussi une question de méthode. Qu’est-ce que la France réellement, durant la période de 1917 à 1991 (ou plutôt celle de 1917 à 1956, pour parler de la Russie révolutionnaire et de l’URSS socialiste.) ? 
    Ce n’est pas la métropole, cela serait se focaliser sur la partie la plus riche, la plus spoliatrice, de l’iceberg. Ce n’est même pas la métropole et l’Empire colonial. La France, que M. Lecaussin compare favorablement à l’URSS, est à la fois la métropole, l’Empire, mais aussi les tentacules économiques qu’elle noue, son réseau de clientèle, son réseau d’obligés, de laquais, de bas exécutants. 

    La France, même dans la période sur laquelle nous allons nous focaliser, est déjà le fruit de l’exploitation coloniale et impérialiste. Le relatif confort de certaines parties de la métropole était nourri par la spoliation et le crime. Il est indéniable que l’esclavage, la Guerre de l’opium, la conquête de l’Algérie et de l’Indochine, la ruée vers l’Afrique ont joué un rôle considérable dans la capacité pour la France à réaliser son accumulation primitive du capital. 

    Il n’est pas possible, non plus, ne faire l’impasse sur ce fait particulièrement significatif : il est régulièrement mentionné que les colonies étaient un mauvais deal. Elles étaient déficitaires en termes d’investissement public. En effet, il fallait, pour les exploiter, développer des infrastructures immenses, payées par les deniers publics, réalisés par le travail forcé. Mais l’accaparation des richesses issues de ces travaux n’allait pas dans les caisses de l’Etat. Il allait chez les grands bourgeois, les grands spéculateurs. Rarement dans le développement économique et industriel d’une métropole in fine singulièrement arriérée, même par rapport à l’Allemagne. En dernière analyse, le prolétariat français payait pour que la bourgeoisie puisse s’enrichir sur le sang des travailleurs et des travailleuses des colonies. Mais laissons cette période de côté.

    Contentons-nous du score, puisque de tout ce que le communisme et les communistes ont apporté, M. Lecuassin ne retient que ceci. Regardons, au moment où chaque événement jugé criminel se déroule en URSS, que se passe t’il en France ?

    La Révolution bolchevique est née de la Grande Guerre. Tandis que les révolutionnaires, dans l’esprit de la conférence de Zimmerwald, mettent tout en œuvre pour tenter de liquider ce conflit et d’en sortir, la France et les autres belligérants prennent une position diamétralement opposée.
    La Première Guerre mondiale est particulièrement éloignée de l’idée de la « guerre juste ». Les impérialistes dominants (France, Royaume-Uni…) se heurtent à une coalition de puissances décaties (Autriche-Hongrie, Empire Ottoman) ou a des nouveaux concurrents comme, l’Empire Allemand. 
    Le repartage des cartes du monde, nées de la conférence de Berlin, en 1885, est la raison fondamentale du conflit. La seconde est la question du fer et du charbon de la région frontalière entre la France et l’Allemagne. La France possède le fer, l’Allemagne, le charbon. L’un comme l’autre veut les deux.
    Pour réaliser ce repartage, 39 millions de morts. Plus du double de blessés et de mutilés. À la suite de celle-ci, le déclenchement de la pandémie de grippe espagnole, facilitée par la misère et la désorganisation sociale, rajoute 50 à 100 millions de morts selon les estimations (5% de la population mondiale).

    La Russie révolutionnaire est sortie de la guerre, au nom des revendications populaires (le pain, la paix, la terre), mais également au nom de l’internationalisme prolétarien. Au prix d’une humiliante paix de compromis, le traité de Brest-Litovsk, la direction du gouvernement bolchevique obtient ce miracle.

    Quelle est la réaction, alors, des grandes démocraties ? Elle refuse de reconnaître le gouvernement et lui fait également la guerre. 
    La Révolution a fait peu de victimes. Tout au plus quelques gardes blancs. Mais la guerre civile, nourrie et alimentée par les ex-Alliés, elle, en produit plusieurs millions, par la guerre elle-même, par la désorganisation des transports et du ravitaillement, enfin, par la famine terrible. Ces millions de morts, que M. Lecaussin veut faire endosser au régime soviétique, sont le fruit des siens, de son camp, de ceux qu’il défend.
    Monsieur Lecaussin parle de la dictature. Il indique sa férocité, en se basant sur les « travaux » à charge de pseudo-historiens. Nous y répondrons. Mais tient-il compte, là aussi, de ce qui se passait dans son propre pays, républicain et démocratique ?

    Dans la France au sens étroit du terme, les grèves sont réprimées par la force militaire durant toute la Troizième République et la Quatrième. Les morts au cours de manifestations sont une chose courante. Jusqu’en 1961, l’ouverture du feu sur les manifestations fait partie de la procédure normale. 

    M. Lecaussin peut parler de la misère en Union soviétique. La vie y était dure, car tout était à construire, sous la pression constante d’un cercle d’acier formé par les pays capitalistes et impérialistes. Et cette construction, contrairement à l’industrialisation de la France, ne pouvait se faire sur la base de la surexploitation coloniale, de l’esclavage, du pillage. Elle devait se faire par le sacrifice, par l’abnégation, par la mobilisation politique. Elle ne pouvait se faire que dans un grand mouvement d’ensemble. 

    La France n’en était pas moins, même pour sa métropole, un pays à la Zola. Une population majoritairement agricole, miséreuse. Une population urbaine s’entassant dans des taudis crasseux, pauvre, n’ayant que de quoi survivre jusqu’au lendemain. Une population sans loisirs, sans vacances, à la merci d’un patronat tout-puissant. Les droits sociaux, arrachés, le sont au prix du sang.
    Les opposants politiques connaissent la prison, le bataillon d’Afrique ou le bagne de Cayenne.

    Peut-on oublier que, après la guerre de pillage et de brigandage qu’était la Première Guerre mondiale, la France a voulu vampiriser l’Allemagne ? D’une part en faisant payer à la population les réparations immenses d’une guerre dont elle n’était pas plus responsable que les autres, de l’autre, en l’envahissant purement et simplement. En 1923, les troupes françaises occupent militairement la Ruhr, sous les cris de la SDN. Cette occupation-pillage, oubliée, tue, n’en est pas moins réelle. Elle a d’ailleurs servi d’argumentaire aux nazis, par la suite, pour justifier leur politique de réarmement. 

    Même en Europe, la France n’est pas cette exceptionnelle championne des droits de l’Homme. 

    Mais cela apparaît encore comme un paradis comparativement aux colonies.

    Il est aisé de porter un regard dissocié sur l’histoire comparée. Nous jugeons très souvent avec les yeux d’aujourd’hui l’Union soviétique et son bilan, en nous référant à notre situation très avantageuse d’habitant d’un pays impérialiste dominant. 

    En revanche, dès que les yeux se posent sur l’histoire coloniale, la distance temporelle et géographique paraît immense. Sans parler de la conquête coloniale, laquelle, en cinquante ans, aurait fait entre 50 et 60 millions de morts, qu’en est-il de l’exploitation ? Pendant qu’on accuse les bolcheviques de commettre des crimes, que fait la France ? 


    Tout d’abord, elle vit au rythme de l’Apartheid. Les colonisés n’ont pas les mêmes droits, pas les mêmes lois, par le même statut que les colonisateurs, juridiquement parlant. Les deux mondes se croisent sans se voir, dans des villes géographiquement clivées. 

    En deuxième lieu, la colonisation se base sur le travail forcé, la marche à la mort pour la construction des infrastructures d’exportation et l’extraction des matières premières. Le développement économique, promu hypocritement par certains, ne résiste pas à une analyse. Ces négationnistes du crime colonial osent déclarer que le colonisateur à industrialisé le pays, qu’il lui a doté d’équipement, d’écoles…

    Les infrastructures sont construites par la main d’œuvre forcée, pour une utilisation à l’usage exclusif du colonisateur. André Gide, que les anticommunistes aiment citer pour Retour d’URSS, a écrit également Voyage au Congo. Son récit est à glacer d’effroi sur la répression qui tombe sur les populations colonisées. Que les ouvriers renâclent, et ils sont châtiés, allant du sadisme de caserne jusqu’au massacre. La construction du chemin de fer Congo-Océan, par exemple, se paie d’un mort par travée de bois posée. 

    Le travail harassant, est là uniquement pour nourrir la colonie en matières premières, qui, en retour, vend au prix fort les produits manufacturés. Les banques investissent, prêtent, avec des rendements immenses, tant la main d’œuvre, moyen d’extraire la plus-value, est employée à vil prix. 
    L’Empire est sacré. Il est hors d’atteinte des votes, il est au-delà des droits démocratiques. Il est le cœur battant de l’économie de la grande bourgeoisie. Lorsque l’Allemagne met à genoux la France, en 1940, il s’agit du seul point non-négociable dans le wagon de Rethondes. Celui-ci et la flotte de guerre qui lui permet d’en assurer la sécurité. Le reste, les droits démocratiques, les libertés, sont accessoires.

    Ceux qui s’opposent alors à l’Empire, Parti Communiste en tête, ainsi que les mouvements anti-impérialistes, font face à des dangers extrêmes. La France possède ses bagnes pour les siens. Elle en possède aussi pour les colonisés. Poulo Condor, par exemple, pour les Vietnamiens. Malgré les conditions de détention abominables, ces bagnes sont réservés au VIP. Ceux qu’on ne peut faire disparaître.

    La France coloniale, c’est la guerre. Dans les années 30, alors que M. Lecaussin regarde l’Ukraine et les purges, il oublie la guerre du Rif. Il oublie les bombardements de l’Annam, où les travailleurs et travailleuses, à demi-morts de faim, sont écrasés sous les bombes. Il oublie ceci, car cela ne sert pas sa chapelle.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, les massacres coloniaux ne s’arrêtent pas pour autant. Peut-être pourrait-il se défausser en s’exclamant « Vichy n’est pas la France ! » Non seulement cela est faux, d’une part, mais de l’autre, ces massacres sont commis par la France Libre. En 1943, le 25 juillet, l’armée massacre à Philippeville, en Algérie. « Les officiers français, mécontents de l’accueil qu’ils avaient trouvé en Tunisie, humiliés devant les officiers américains et anglais, retournèrent leur hargne contre les Algériens et poussèrent les soldats noirs à l’émeute. » déclarait ainsi Ferrat Abbas. 

    Dans l’avant-guerre et dans la guerre, la France commet des crimes terribles. M. Lecaussin pourrait se défausser une nouvelle fois. Il pourrait dire que ces faits sont prescrits. Seulement, la Seconde Guerre mondiale ne les stoppe pas

  • La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945 – partie 4 : « Oradour Malgache ».

    La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945 – partie 4 : « Oradour Malgache ».

    « Oradour Malgache ».

                La colonie de Madagascar -laquelle demeure toujours une de ces abominables néo-colonies- a été intégrée de force dans l’Empire Français à la suite d’une « expédition de pacification » dirigée par le général Gallieni entre 1896 et 1905. Auparavant, l’île commençait une industrialisation basique, disposait d’une politique de scolarisation et d’écoles de médecine.

                Le colonialisme a ravagé tout cela. La mission de Gallieni cause la mort de 100 000 personnes environ. A l’issue de celle-ci, un système proche du code de l’indigénat est mis en place, ainsi qu’une politique de division juridique des habitants en fonction de leur « race ». Les écoles perdent leur public, et l’industrialisation se mue en « mise en valeur », à savoir une exploitation sauvage, forcenée, de l’Île. Ainsi, les malgaches doivent 30 jours de travail gratuit par an, sous la forme de corvée, pour développer les infrastructures utilisées par les colons. De plus, soumis au code de l’indigénat depuis 1904, les colonisés peuvent être mis à l’amende et emprisonnés sans jugement.

                Dès 1913, des mouvements de résistance apparaissent, dont Vy Vato Sakelika (fer, pierre, ramification) fondée par des étudiants en médecine. Mais la répression frappe avec une intensité terrible. Malgré le soutien de l’Internationale Communiste, le mouvement est écrasé au cours d’affrontements dans les années 30.

                Pendant la guerre, les colonisateurs sont des fidèles de Vichy. Les anglais prennent le contrôle de l’Ile en 1942, après une bataille de 7 mois, au cours de laquelle -fait assez exceptionnel- la Japon vient au secours de Vichy. Cette bataille est néanmoins d’une intensité faible, avec 107 tués côté alliés et 150 côté français.

    Si la « France Libre » prend le contrôle des affaires en 1943, la situation des colonisés ne s’améliore guère. Le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache, parti indépendantiste communisant sans être communiste, gagne les élections dans le Territoire d’Outre-Mer en 1946. Bien que légaliste et souhaitant simplement une indépendance dans le cadre de l’Union Française, le MDRM est néanmoins combattu par l’administration coloniale. Marcel de Coppet, membre de la SFIO, fut nommé Haut-Commissaire de la République à Madagascar. Il appliqua une politique du diviser pour mieux régner en jouant sur la division entre les côtiers et l’intérieur des terres, soutenant ainsi le parti collaborationniste PADESM, ou Parti des Déshérités de Madagascar.

    Repoussant les référendums sur l’indépendance, souhaités par le MDRM, Coppet prit des mesures visant à « limiter les menées anti-françaises », autrement dit, une forme d’état d’urgence. Il prend des dispositions pour contrer les succès électoraux du MDMR. Les manœuvres successives de l’administration coloniale mettent le feu aux poudres.

    Bien que le bureau du MDMR ait appelé au calme, la base militante prend la décision d’une insurrection le 29 mars 1947. Les français le savent également et sont sur le qui-vive. L’insurrection commence par l’attaque d’une caserne à Moramanga, attaque repoussée par les troupes présentes. L’île s’embrase.

    Dès le début du mois d’avril, 18 000 militaires français débarquent. Ils sont plus de 30 000 par la suite. La méthode de répression est classique : torture, meurtres, razzias, viols… Elle se double d’une terreur psychologique dans les méthodes d’exécution : captifs jetés vivants depuis des avions. Malgré une longue guérilla organisée par les colonisés, qui connaissent le terrain, l’écrasement est rapide. En effet, les insurgés n’ont que des sagaies et des couteaux, face à des bombardiers A-26, des chars, des lance-flammes.

    89 000 morts côtés insurgés. 1 900 côté forces coloniales, ainsi que 850 européens dont 350 militaires. Voilà le bilan de l’opération de « pacification à la française ». Des procès sommaires et des exécutions de suspects eurent lieu tout au long de l’année 1948 contre les militaires malgaches accusés de nationalisme.

                Pour la France seule, pour la « patrie des droits de l’hommes », le bilan est illustratif. Pourtant il ne prend pas en compte les crimes en Afrique sub-saharienne, ni les petits « à côtés » du système colonial. Anglais et Américains firent de même, en Corée comme en Malaisie, égorgeant ceux qui brandissaient le drapeau de la liberté, de l’espoir, de l’indépendance.

                Voilà pourtant ceux et celles qui jouent la carte de l’amnésie sur leurs crimes, mais rappellent à l’envi la moindre faute, la moindre faille, le moindre conflit au sein du camp socialiste. Pourtant, les meurtriers de Sétif, de Madagascar, d’Indochine, tout comme ceux de Treblinka ou d’Auschwitz, n’ont pas d’océan qui les séparent. Les uns comme les autres étaient les machines à tuer de l’exploitation et de l’aliénation des masses, les chiens de garde de l’ordre ancien.

    Décidément, non, la guerre ne s’est pas arrêtée en 1945, lors de la signature de la capitulation à Reims. L’antagonisme entre l’Axe et les Alliés a simplement pris une dimension différente. D’autres contradictions sont devenues principales, celles entre le socialisme et le capitalisme, celle entre la libération nationale et l’oppression coloniale. Les ex-fascistes ont trouvé à être employés sous un autre uniforme, tout en poursuivant leur croisade contre le bolchevisme et contre la Liberté.

                Tant que l’impérialisme existera, les guerres seront inévitables. Tant que la lutte des classes sera le moteur de l’Histoire, tant qu’elle ne sera pas éteinte par la résolution des contradictions entre exploiteurs et exploités, les conflits perdureront. Tant que la bourgeoisie existera en tant que classe sociale, tant qu’elle ne sera pas liquidée, les massacres, les crimes, les génocides ponctueront l’Histoire, formant tout autant de jalons abominables.

                La bourgeoisie dresse cyniquement les masses populaires d’un Etat contre celle des autres, elle dresse des opprimés contre d’autres, et mène campagne, au travers de sa propagande tout comme l’enseignement scolaire, pour justifier la pratique des guerres d’agression. Les communistes ont la tâche de lutter pied-à-pied contre chaque manœuvre de la bourgeoisie de leur Etat ou de l’impérialisme qui étrangle leur nation. Il n’existe aucun espoir de paix et de prospérité tant que le capitalisme existe, tant qu’il est le régime dominant sur Terre. Ni dans un équilibre multipolaire avec le prétendu espoir des « BRICS », ni dans la domination et l’exploitation « pacifique » d’un hypothétique « super-impérialisme » à la Kautsky ou à la Trotski.

                Seule la révolution socialiste, seules les révolutions devrions-nous dire, peuvent mettre à bas le système d’oppression et d’exploitation organisé par les bourgeoisies et les impérialismes. Seule la construction du socialisme peut mettre fin à l’existence des classes sociales, aux contradictions de développement à l’échelle de la planète tout comme dans les Etats eux-mêmes. La réalisation du communisme à l’échelle mondiale -chemin parcouru d’étapes, d’embûches- mettre fin, de manière définitive, aux guerres sur notre planète.

     

  • FISC et lutte des classes – Partie Finale – Macron le royaliste.

    FISC et lutte des classes – Partie Finale – Macron le royaliste.

    Macron le royaliste

    Partie finale. 

    Macron, au final, se montre particulièrement radical dans son rapport à l’impôt.  Son but est de faire une réforme particulièrement profonde du système d’imposition, pour le ramener à celui préconisé par le bâtisseur de forteresse qu’était Vauban.

    D’une part, il liquide déjà l’impôt sur la fortune, en ne l’appliquant plus que sur les possessions immobilières, mais sans que le patrimoine ou le capital ne soient touchés.

    De l’autre, il initie un vaste mouvement de réforme par rapport à l’impôt sur le revenu, en faisant réduisant les cinq tranches d’imposition  -qui déterminent le pourcentage des revenus taxés- pour les faire passer à trois. Au lieu d’avoir un lissage de la courbe de progression de l’impôt, ce sont de véritables cataractes qui se forment. Des marches de géants. Cela signifie que sur le seuil de la marche, la taxation est terriblement vécue, tandis qu’au sommet, elle est ridicule. Pour peu que les revenus soient tout juste au dessus du début de la marche, le taux est astronomique. A l’heure actuelle, déjà, passer de l’exemption à la première tranche se ressent vivement. Cette marche est, pour les ménages modestes, une véritable marche, dans laquelle les impôts représentent une charge lourdement vécue. Moins de tranches, c’est moins de progressivité. C’est une inégalité nettement creusée.

    Moins de taxe pour les riches, tout pour les pauvres ! Tel est le slogan de la fiscalité Macron.

    Un aspect très important se profile également, la question de la Cotisation Sociale Généralisée.

    Un grand nombre de cotisations vont être transférées sur la CSG. Or, cet impôt est prélevé sur les comptes épargnants par les banques. D’une part, c’est une hausse injuste, la bourgeoisie ne fait pas dormir son argent sur ses comptes, mais investit, donc cela se répercute sur les petits épargnants et les Plans Epargne-Logement, d’autre part, cela accroît le contrôle des banques sur leurs clients. Les banques sont en cooptation avec l’Etat pour devenir un organisme de perception, ce qui lui donne un regard sur les entrées et les sorties de revenus de ses clients. Donc sur leur santé financière d’ensemble.

    La CGS remplacera, notamment, la taxe d’habitation. Tout d’abord en augmentant la CSG, puis en baissant cette dernière.

    La taxe d’habitation, nous l’avions mentionné plus en amont, est une taxe qui est généralement haïe par les locataires. Elle est épouvantablement lourde, et représente un vrai budget pour les ménages, surtout les plus modestes. Pourtant, cette taxe est une garantie de la possibilité de disposer d’une autonomie financière pour les mairies. Le fait de tout faire fusionner dans un grand pool fiscal, entre les mains de l’Etat, lui permet de pouvoir ventiler comme bon lui semble son budget.

    Cela signifie, fondamentalement, que l’Etat peut mettre fin aux autonomies locales, lesquelles représentaient une démocratisation. Il lui est possible de réduire les salaires, de réduire le nombre de postes, de pouvoir brider certaines fonctions. Au lieu d’un impôt maitrisé, l’Etat peut étrangler les mairies qui déplaisent ou qui n’ont pas un poids politique suffisant. Cela se sent déjà avec la réduction de 320 millions de la dotation pour les collectivités locales. Cela s’accentuera par la suite.

    Gérard Collomb, ex-maire de Lyon, ministre de l’Intérieur, s’est ainsi fait épingler pour le fait d’avoir capté la quasi intégralité du budget des métropoles de Rhône-Alpes Auvergne, privant de subsides Saint-Etienne et Clermont-Ferrand.

    Plus grave encore, la Sécurité Sociale :

    La suppression de la Sécurité Sociale est un doux rêve de marchand de mutuelles. Une nouvelle fois, Macron fait preuve d’un immense sens de la démagogie. Il promet une suppression d’une très large partie des charges sociales, salariales ou patronales –in fine, elles sont les mêmes, car toujours issues du salaire- en échange d’un petit peut plus de salaire net. Au final, parce qu’une incompréhension de ce qu’est le salaire brut existe chez une large partie des masses, il existe une adhésion à ce projet.

    Il est vécu comme une augmentation de salaire, mais il est, en vérité, une baisse de celui-ci.

    Mieux encore, cette hausse de salaire provoquera une inflation, et sera donc absorbée au sein de celle-ci. Mais, et c’est là la joie des patrons et des patronnes, cet argent ne sera plus immobilisé par des cotisation, mais circulera, créant du PIB, de la croissance, de la richesse en plus pour leur classe sociale de parasites. Le pouvoir d’achat promis est bel et bien fourni, mais auprès des patrons et des patronnes.

    Mais l’objectif est atteint, l’autonomie financière de la sécurité sociale sera tuée, et elle sera rattachée au budget général de l’Etat, lequel pourra ventiler, là aussi, comme bon lui semble l’argent des travailleurs et des travailleuses.

    Le ministère de la santé a indiqué, pour rassures les inquiets et les inquiètes, que aucune médicalement ou soin important ne serait déremboursé. Nous soulignons ce terme, car, en raisonnant par opposition, il offre une très grande possibilité d’action pour détruire le remboursement d’un très vaste panel de soins.

    Cette logique se retrouvera très certainement dans la réforme des retraites qui se préparent.

    Retraites : secret défense.

    Ce point souffre d’une très grande vacuité, pour une raison éloquente : très peu de choses ont filtré sur la réforme des retraites.

    Autant, sur les réformes du code du travail, des éléments ont été portés à la connaissance du public, autant, dans la démocratie bourgeoise de Macron, les masses sont interdites de connaître leur sort.

    Cependant, il est évident que l’intention de Macron, lorsqu’on jette un regard sur sa ligne politique, ne peut être que liquidatrice.

    Une finalité bien sombre.

    Fondamentalement, Macron semble avoir l’intention d’intégrer et d’associer les mutuelles ainsi que les assurances au fonctionnement du système de soin et de protection. Cela pousse à penser que nous serons bientôt confrontés à un mode de gestion à l’Américaine, avec, par ailleurs un regard inquisitorial de ces organismes privés.

    A savoir que les assurances, les mutuelles, les banques achètent des données aux réseaux sociaux, au « big data », dans le but de proposer des contrats individualisés. l’idée est que plus vous risquez d’avoir besoin de soin, plus la facture sera lourde. Belle mentalité.

    Dans l’ensemble, après une mise en perspective au regard de l’histoire du fonctionnement du système d’imposition, quelque chose saute aux yeux. Les impôts et le système d’imposition sont le reflet de la lutte des classes. La forme d’imposition, qui paie et pour quoi sont indexé sur la lutte que se mènent la bourgeoisie et le prolétariat. Après une montée en puissance et des avancées, sous l’angle des luttes, sous l’angle de l’organisation syndicale et politique, une lente descente aux enfers se produit. L’affaiblissement des organisations de lutte et de masse suit parfaitement l’accroissement de la charge que font peser les bourgeois et les bourgeoises sur les épaules de celles et ceux qu’elles exploitent.

    Tout cela amène de l’Ancien Régime à une forme rénovée de celui-ci.

    Macron ne s’attaque pas de manière directe aux systèmes de protection sociales, mais, comme un disciple de sir Basil Lidell-Hart, il privilégie l’approche indirecte. En attaquant par le financement, il fait d’abord pourrir l’arbre entier, avant de scier la branche. En détruisant leur financement, il le met à mort à plus ou moins brève échéance . Bien que camouflée, c’est une attaque d’une ampleur jamais vue. Même de Gaulle, avec les pleins pouvoirs d’avait pas réussi à mettre en place un tel dispositif de retour en arrière, un tel transfert de la plus grande majorité des coûts auprès des classes populaires et d’une partie de la petite bourgeoisie.

    Tout ceci se paie cher. Il ne fait aucun doute que le niveau de vie de la population, d’une manière générale, en particulier pour les classes populaires, va plonger d’une manière inédite. De fait, cela se traduira immanquablement par des troubles, par des tensions. Macron, qui est mandaté par la bourgeoisie pour briser les protections sociales, fait son travail avec une grande efficacité. Il est l’agent du chaos et de la destruction sociale.

    Toujours est-il que, en détruisant le centre de l’échiquier politique, en créant une situation inédite et à forte entropie, il ouvre une voie à l’arrivée, dans quatre ans, d’une vague réactionnaire d’une intensité particulièrement forte, invitée au pouvoir par la bourgeoisie pour écraser les masses, pour  imposer par la force l’ordre dans une France où la colère populaire sera explosive.

  • Vox populi, vox Dei ? Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Vox populi, vox Dei ? Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Vox populi, vox Dei ?

    Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Notre position sur la question du PCF ne souffre guère d’ambiguïté. Elle est intégralement expliquée au sein de la publication que nous avions effectuée, un an auparavant, dans Pour en finir avec le Mythe du PCF. Aujourd’hui, cet ouvrage est en rupture de stock, nous prévoyons ainsi d’en éditer une deuxième version, corrigée, enrichie, améliorée.

    Au sein de ce livre, nous avons voulu retracer les raisons de la dégénérescence idéologique du PCF, laquelle s’est manifestée, avec une gravité croissante, tant dans le choix de rendre les armes en 1945, d’accepter le programme social-chauvin des « nationalisations démocratiques », les positions sur l’Algérie, sur mai 1968… les exemples sont loin de manquer.

    D’une manière générale, le PCF s’est parfaitement glissé dans le lit de la ligne du PCUS après la déstalinisation. C’est au nom de la coexistence pacifique de Nikita Khrouchtchev que le PCF a combattu l’idée d’indépendance de l’Algérie, sous prétexte que celle-ci pourrait déclencher une guerre ouverte.

    Aujourd’hui, le Parti Communiste Français n’est plus que l’ombre de lui-même, tant idéologiquement qu’organisationellement. Cela s’illustre par les visées annexionistes du mouvement de la France Insoumise, lequel se verrait bien prendre la place du PCF et du PS dans de nombreux endroits.

    Cela ne signifie pas que nous logeons ses membres à la même enseigne. Nous comprenons, dans une certaine mesure, l’ardeur avec laquelle certains essaient de se battre en son sein. Comment les en blâmer ? Nous ne nions pas qu’il existe une sincère opposition à la ligne décidée par la direction du PCF, que celle-ci est constituée de militantes et de militants qui sont des camarades, dévoué à la lutte contre la bourgeoisie. Mais cette oppositions est enferrée dans un piège sans fin. Dans les rangs de celle-ci se retrouvent autant des personnes avec lesquelles nous sommes dans un relatif accord idéologique -considérant comme déterminant le XXème congrès du PCUS dans l’effondrement du camp socialiste. D’autres, en revanche, s’approchent plutôt d’une ligne  typiquement campiste ou révisionniste. Ils sont dans la négation de la restauration capitaliste qui suit la déstalinisation, dans une adhésion intégrale à la ligne brejnevienne, et ne comprennent les facteurs intérieurs qui expliquent l’échec de l’URSS.

    Avec les uns comme les autres, il nous paraît important de mener le débat, de poser scientifiquement les questions idéologiques, pour qu’elles soient tranchées et pour que chacun, chacune, avance.

    Mais quel que soit leur position idéologique, celle-ci est enchaînée par la maîtrise de l’appareil dont dispose la direction du PCF. Lors du dernier congrès, que nous avons abondamment commenté dans notre ouvrage, l’opposition s’est ainsi plainte que la direction avait avancé la date de dépôt des textes, dans le but de brusquer leur rédaction et de rendre impossible une discussion autour de leur contenu.

    A la fête de l’Humanité de 2016, le stand des oppositionnels de Saint-Quentin est ainsi attaqué par une escouade de gros-bras de la sécurité, de peur que les militants et militantes ne gênent une discussion prévue le lendemain. L’affaire bénéficie d’un écho remarquablement faible, de la part de victimes souffrant d’un syndrome de Stockholm, mais préférant demander, par voie de plainte, l’arbitrage de la justice bourgeoise. Hallucinant.

    Le prochain congrès se déroule d’ores et déjà sous les mêmes auspices, avec une volonté de ne pas avoir de débat idéologique au sein du PCF, uniquement une adhésion à des formules déjà déterminées, basées sur le réformisme le plus plat et le plus servile.

    Aujourd’hui, c’est une autre torpille que lance le PCF contre tout débat idéologique en son sein. Celle-ci est pourtant sous une forme, à priori, relativement innocente. Il s’agit d’un simple questionnaire adressé à 500 000 personnes.

    Pourtant, ce questionnaire porte en lui des germes ravageurs.

    Nous, qui nous retrouvons notamment dans l’héritage issu de l’expérience chinoise, n’avons pas de problème avec les enquêtes. Elles sont même nécessaires et incontournables pour comprendre la réalité sociale. Sans enquête, il ne peut y avoir qu’une compréhension livresque, morte, fétichisée de la réalité sociale, des aspirations des masses, de leur état d’esprit. Lorsque Mao explique la nécessité de l’enquête, celle-ci se fait dans le but de comprendre toute la dialectique interne de la société qu’il étudie.

    Le fait de mener l’enquête fait partie du travail militant, est un aspect essentiel, car il permet de se saisir des aspirations légitimes des masses, de les analyser, de les reformuler, d’en systématiser les aspects justes et de combattre les aspects erronés. Le tout permettant, non comme une chose séparée, mais bien dans le cadre de l’activité politique, de disposer de mots d’ordres justes et correspondants à l’état d’esprit des masses, mais également de permettre une progression politique de celles-ci.

    Dans le cas du présent questionnaire, la démarche n’est pas la même.

    « Vous voulez être entendus

    Comme nous, vous en avez assez de voir la parole populaire méprisée, ignorée, trahie.

    Le Parti communiste lance une grande consultation citoyenne dans le pays pour débloquer la situation. Pour avoir un grand débat public, faire émerger les exigences populaires, ouvrir des solutions face à la crise. Un grand débat pour donner votre avis sur la France, l’Europe, le monde.

    Nous avons tous un bout de la solution

    Vos exigences, exprimées et rassemblées doivent former un mandat populaire à rendre incontournable. Donc, à vous d’écrire la politique, à vous la parole !

    Prenez la parole !

    Le questionnaire, proposé 500 000 personnes dans le pays est un point de départ. Vos réponses seront synthétisées au niveau national et rendues publiques. »

    Si l’idée peut apparaître louable, elle est, pourtant, fondamentalement dangereuse.

    D’une part car la forme même du questionnaire rend toute analyse faussée. Elle n’apprend rien sur les désirs des masses. Que signifie le fait de cocher telle ou telle case ? La bourgeoisie et le prolétariat n’aspirent-ils pas à la prospérité et à la sécurité, ainsi qu’a la possibilité d’avoir moins de travail et plus de loisir ? Pourtant, derrière ces questions, le contenu de classe imprime une réalité différente.

    Quels sont les contenus des items suivants ?

    « Renforcer et transformer l’Education Nationale pour faire réussir tous les jeunes ? », qui peut se dire contre ? Mais cependant, cela signifie t-il une éducation privatisée, à l’exemple des friskols, ou une éducation de masse, ouverte à tous, laïque, critique et populaire ?

    « Je veux un meilleur salaire ? », « je veux des meilleurs conditions de travail », « je veux un emploi stable », « je veux un meilleur vivre-ensemble »… chacune de ces propositions peuvent être lues d’un point de vu bourgeois, libéral, droitier, ou peuvent être lues d’un point de vue populaire. Encore qu’il aurait pu être de bon ton, pour au moins sauvegarder les apparences, de parler de l’abolition du salariat.

    Chacun aspire le meilleur pour soi et ses proches, seulement cette aspiration se réalise, pour la bourgeoisie par l’écrasement, l’asservissement, l’aliénation des masses. Pour le prolétariat, cela passe, au contraire, par la lutte révolutionnaire et l’anéantissement de la bourgeoisie et de son ordre.

    Pourquoi ne pas demander, tant qu’a tomber dans la platitude, si la lutte contre la mort paraît une bonne ou une mauvaise chose ?

    Ce questionnaire ne cherche pas à stimuler la combativité des masses, ni à connaître les aspirations de celles-ci, il ne cherche qu’a superposer des conceptions déjà hégémoniques au sein du PCF sur les conceptions de celles-ci.

    Vox populi, vox Dei ? L’argument du désir des masses, du désir d’une population vidée de son contenu de classe, est un argument creux, démagogue. En faisant cela, le PCF se met à la remorque de conceptions qui peuvent être réactionnaires, sous prétexte qu’elles puissent être hégémoniques. Le rôle d’un Parti est de  stimuler, de diriger la lutte, de la faire progresser politiquement, non de devenir un porte-parole neutre de la population -comme si cela avait un sens- y compris des thèses fausses et erronées.

    Si 95% des sondés disent que le communisme est mauvais, le Parti Communiste – si tant est que ce terme ait encore un sens pour lui – doit-il se mettre à le clamer ? Ou, au contraire, devrait-il lutter contre ces idées fausses, en faisant, au sein des masses, d’une part la démonstration de la supériorité du système socialiste sur le capitalisme, et le fait, en pratique, que l’idéologie marxiste-léniniste est celle qui permet la libération des masses ? C’est ce que ferait un parti communiste. Un Parti Communiste est capable de déterminer la part juste des idées des masses, et les aspects faux. Il soutient les unes et lutte contre les autres.

    Admettons que le communisme soit majoritairement rejeté par le prolétariat. Les militants communistes peuvent, pour autant, s’appuyer sur la minorité la plus avancée, la moins touchée par les verbiages anticommunistes. Mais les militants et militantes doivent aussi, en s’appuyant sur le vécu des masses, sur leurs conditions de vie, sur l’exploitation et la domination qu’elles subissent, démontrer que la lutte contre la bourgeoisie et pour la révolution est la seule voie qui apporte une résolution. Même si cela demande de lutter, parfois de manière aigue, contre des conceptions fausses. Au faux vox populi, nous préférons le vox proletari.

    Un parti opportuniste, amorphe, démagogique comme le PCF, lui, ne cherche qu’a canaliser vers la réforme la colère des masse, où de s’appuyer sur elle pour avancer sont propre programme. Programme qui correspond aux intérêts de la classe qu’il sert réellement : la petite-bourgeoise et l’aristocratie ouvrière corrompue par l’impérialisme.

    Le « mandat populaire » est vide de contenu de classe.

    Comment serait-il crédible que ce questionnaire puisse être démocratique et valable ? Quel contrôle peut être effectué sur l’utilisation du contenu ? En supposant que les 500 000 personnes qui rempliraient ce questionnaires seraient, pour un part, constitués de mauvais esprits qui tenteraient d’envoyer le PCF dans une voie plus ridicule encore que celle qu’il prend actuellement, que ferait la direction des résultats ? Les adouberait-elle, ou les enterrerait-elles ?

    La citation attribuée à Staline -une parmi tant, non-sourcée- indique qu’il aurait déclaré, avec justesse, que l’important n’est pas tant le vote que celui qui le compte.

    Combien d’organisation, de mouvements, font le coup de la plate-forme internet pour permettre l’expression publique et populaire, prétendument, mais pour ensuite n’en tenir aucunement compte ? N’est-ce pas déjà le cas de la France Insoumise, voir même celui de La République En Marche, une façade de démocratie, mais un contrôle interne opaque et obscur.

    Le nouveau paradigme du mouvement, prenant le pas sur les partis, le permet pleinement. Un mouvement, pour reprendre la citation de Mélenchon n’est  «ni vertical, ni horizontal, il est gazeux, c’est-à-dire que les points se connectent de façon transversale: on peut avoir un bout de sommet, un bout de base, un bout de base qui devient un sommet…». Un parti, en revanche, fonctionne autour de statuts, de règles, de congrès, de conférences, d’assemblées générales, d’instances démocratiques et décisionnelles. Ces mêmes instances, déjà torpillées par le PCF, sont maintenant en passe d’être liquidées complètement.

    In fine ce questionnaire se prétend « exploratoire », mais il est manipulatoire. Il sert a faire adouber un programme déjà dessiné sur le fond, au sein du PCF. Ce programme électoral -à défaut de programme politique réel- tente d’utiliser la vox populi, la voix populaire, pour justifier un programme intégralement réformiste.

    A défaut de choix, ce questionnaire sert à préparer le terrain à un programme social démocrate de bas étage, dans le seul but de court-circuiter les adhérents qui s’accrochent à une idée révolutionnaire. Le prochain congrès du PCF sera dominé par cette voix du peuple que prétend incarner ce questionnaire. Il est déjà le texte de congrès. Il incarne déjà la ligne opportuniste, apolitique, économiste qui sera mise en oeuvre.

    Car là réside le drame. Combien de militants et de militantes sincères s’accrochent pour garder une « vieille maison » auquel ils et elles ont vouées -nous utilisons désormais l’accord de proximité- leurs vies ? Suffisamment pour que cela soit triste. Nous les comprenons, nous comprenons qu’ils et elles puissent vouloir renflouer le Titanic, puissent vouloir sauver ce qui fut, à une autre époque, le poing d’acier du prolétariat en lutte.

    Le PCF est irrécupérable. Sa structure n’est pas celle qui convient à un parti de type léniniste. Il n’est plus qu’un outil rouillé de conquête ou -plutôt- de conservation de quelques mairies, de quelques bastions. Il n’est pas un outil qui correspond à la tâche révolutionnaire, il n’est pas un parti révolutionnaire.

    Nous ne voulons pas, pour autant, construire nous-mêmes un mur de Berlin entre les militants et militantes PCF sincères et nous. Celles et ceux qui partagent le même fond idéologique sont dans la même bataille, livrent le même combat. Nous pensons qu’ils et elles ont tort sur cette question cruciale, et nous regrettons qu’ils soient les otages d’une direction, de cliques, qui se servent d’eux, les essorent, les mettent à leur service comme recruteurs « de gauche », pour maintenir en vie un zombie.

    Aujourd’hui, symbole de la déliquescence de ce zombie, Pierre Laurent compte supprimer la référence au communisme. Même au seuil de la mort, ce recul demeure grave. Même si le PCF ne l’a guère portée dignement, la destruction de cette référence idéologique demeure dans la droite ligne d’une tentative d’éliminer le communisme de la scène publique, de l’exterminer.

    A celles et ceux qui souhaitent répondre au questionnaire, nous ne pouvons que les inciter à le subvertir au maximum et à diffuser cette subversion. Celle-ci ne peut, à nos yeux, que passer par la mise sur la table, de la manière la plus massive et la plus large, d’un élément central, essentiel, incontournable de la définition politique du communisme : la dictature du prolétariat.

    Quelque soient les symboles, les noms, les termes employés dans les textes de congrès, ils n’ont pas de sens si ils ne forment pas le socle, la base, autour de laquelle tout s’agrège -cadres, structure, organisation, principes de direction.

    Nous ne pouvons qu’appeler les militants et militantes du PCF à acter que leur parti ne correspond plus à cela. Nous ne pouvons que les appeler à en faire le deuil et à avancer. Avancer vers la construction de l’outil qui manque aux masses, à l’heure actuelle : un parti léniniste, un parti pour battre la bourgeoisie, un parti pour construire le socialisme, capable de diriger l’action des masses vers la victoire.

  • Grève a Mayotte !

    Grève a Mayotte !

    Grève à Mayotte !

    Mayotte revient sur le devant de la scène, en grande pompe. Une nouvelle fois, le prolétariat de l’île se mobilise dans une grève massive contre les exploiteurs de la métropole. Aujourd’hui, l’île est paralysée, faute de carburant.

    Pour mémoire, en 2016, un mouvement de grande ampleur, pour « l’égalité réelle » s’était lancé, poussant à un bras de fer important entre les populations locales et les représentant de l’Etat impérialiste. Au final, ce mouvement se termina par la signature d’accords par l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Solidaires, FSU et FAEN, très probablement sous la pression de la métropole. Les accords signés n’ont pas débouché sur une amélioration substantielle de la situation pour l’île, toujours marquée par la pauvreté, la misère, et la domination coloniale. Pourtant, les habitants n’étaient pas particulièrement exigeants. Ils réclamaient principalement l’application du Code du Travail.  Or, dans les « joyaux d’outre-mer », pour reprendre la phraséologie d’un certain tribun social-chauvin, l’application de la loi est déjà une lutte. Ironie des ironies, la mise en œuvre de l’accord est prévue pour le premier janvier 2018, à une date où le Code du Travail sera d’ores et déjà pulvérisé par les ordonnances Macron.

    Aujourd’hui, la grève part de la lutte des travailleurs de Total. L’intersyndicale FO – CGTMA réclame une augmentation de 15% du salaire pour tous les employés. Pour appuyer leur demande, les travailleurs bloquent le dépôt pétrolier. Cependant, la réaction de la direction n’est pas particulièrement porteuse d’une impression de volonté de dialogue :  « Nous avons rencontré un employeur qui affiche beaucoup de mépris [Il est parti en vacances le 13 aout, en indiquant que les ouvriers choisissaient mal leur jour de grève.]. Nous avons proposé une augmentation générale de 15% des salaires et comme la direction nous avait promis hier mercredi qu’elle allait nous faire une proposition en ce sens, on a écouté ses propositions. L’ennui est qu’il n’y a pas de proposition » rapporte ainsi le porte-parole de l’intersyndicale, El Anziz Hamidou.

    La direction prétend l’inverse. En revanche, elle appuie, quant à elle, ses arguments sur un raisonnement simple : bloquer le dépôt est un casus belli. Le 13 aout, le directeur, avant de partir en congé, a ainsi menacé le délégué syndical de représailles si la grève ne cessait pas. Du fait de la pénurie de carburant, la préfecture a indiqué, sous l’injonction du MEDEF, qu’elle ne respecterait pas le droit de grève des travailleurs, en débloquant certaines stations. Ainsi, le 19 aout, par exemple, les forces de l’ordre sont intervenues pour chasser les grévistes et permettre le passage de camion citernes.

    BFM business indique : » Le président du Medef Mayotte, Thierry Galarme, a demandé au préfet d’étendre l’arrêté de réquisition pour l’ approvisionnement en carburant de tous les véhicules assurant la livraison de denrées alimentaires, des véhicules du BTP, des véhicules de transports scolaires – à quelques jours de la rentrée qui a lieu mercredi -, des véhicules des entreprises de sécurité privée concourant à la sécurité des personnes et des biens aux côtés des forces de l’ordre et de tous les véhicules commerciaux (sur présentation d’un Kbis) ». En somme, cela signifie que le droit de grève n’est qu’un mot creux, tout comme l’ensemble des droits formels accordés par la bourgeoisie.

    Mais le directeur de Total ne s’arrête pas à cela. Le Journal de Mayotte du 20 aout explique :  » « Après avoir fait interpeller le délégué syndicat FO dans l’après-midi, le DG accompagne les forces de l’ordre dans l’intervention du dépôt de Longoni où les grévistes ont été séquestrés illégalement pendant plus de 3 heures et empêchant, entre autres, les mères de famille de rentrer chez elles », écrit le syndicat. « Le directeur de Total Mayotte se trompe de statut et de responsabilité car il a accompagné les gendarmes mobiles déguisé en militaire », affirme également FO. »

    Voilà la réponse des impérialistes à Mayotte : répression et force militaire. Voilà le visage de Total à Mayotte, où le directeur se prend pour un barbouze. Il s’agit là d’une illustration parfaite de la méthode de traitement des conflits sociaux dans les colonies et néo-colonies de l’Etat français. Aveu, également, de la proximité entre les grands complexes industriels et l’armée.

    Areva, Total, Bouygues, Lafarge…etc. Tous se nourrissent de ces liens.

    L’Unité Communiste de Lyon ne voit, dans la possession de ces territoires, nulle chance pour ces habitants. Nulle chance pour ses travailleurs. Nulle chance pour ses intellectuels. La présence de l’Etat français, et il s’agit d’un point fondamental qui nous sépare des sociaux-chauvins, est une plaie purulente pour les habitants.

    Total, comme la très large majorité des entreprises françaises à Mayotte, profite du caractère insulaire de l’île pour imposer un monopole complet et dégager des surprofits supplémentaires. Elle profite du caractère colonial des rapports pour extorquer davantage de plus-value des masses de ces îles ou de ces territoires.

    Elle traite les habitants avec un mépris issu en droite ligne de la période coloniale, de la période impériale, laquelle ne s’est jamais réellement achevée.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme sa solidarité avec les travailleurs en lutte de l’usine Total. Elle affirme sa solidarité avec cette lutte pour un niveau de vie meilleur. Elle affirme également sa solidarité avec celles et ceux qui ne veulent plus du joug d’une métropole qui brime et opprime.

    Certains esprits chagrins peuvent clamer que ‘sans la France, Mayotte serait les Comores.’ A cela nous ne pouvons répondre qu’une chose : « sans la France, les Comores seraient bien autre chose que ce qu’elles sont aujourd’hui.  » Il s’agit de l’occasion de rappeler que ce sont les mercenaires français et sud-africains, qui ont saboté l’expérience révolutionnaire des Comores de 1975 à 1978. Celle-ci, s’inspirant en partie de l’expérience de la Chine populaire et de la Révolution Culturelle, était la plus à même d’apporter espoir et émancipation à la jeune nation. A la place, ils ont installé des agents, des valets, qui enferment dans la misère et le désespoir les masses.

    A nos yeux, les arguments qui légitiment le maintient de la France sur ses positions territoriales sont des arguments faux et creux. Ils ne servent qu’a instiller l’idée que notre impérialisme serait « mieux » que celui des autres.

    Il n’en est rien.

    Chaque lutte contre l’hydre impérial est une lutte que doivent soutenir tous les militants et militantes révolutionnaires.

    Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Mayotte !

    A bas l’impérialisme français ! A bas le capitalisme !