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  • Attaque fasciste à Lyon : le néant en action.

    Attaque fasciste à Lyon : le néant en action.

    Dans la nuit du 19 au 20 décembre 2019, un groupe de fascistes ont attaqué un bar des pentes de Croix-Rousse. Casqués et armés, ils s’en sont pris à la façade, aux clients et clientes, pour ensuite, une fois leur raid accompli, s’enfuir. Le bar, la Pinte Douce, donnant sur la place Colbert, a été saccagé.

    Ce raid n’est pas un acte isolé, mais s’inscrit dans une stratégie d’attaques menées par les fascistes dans le quartier. Ces attaques ont pour but d’instiller un climat de peur sur la colline qui était, auparavant, vu comme un sanctuaire. Par le passé, plusieurs attaques ont eu lieu, avec des configurations différentes. La Plume Noire, local de la CNT à Lyon, mais aussi le local du PCF du 4e arrondissement de Lyon. Le plus souvent, cependant, ces opérations coup de poing avaient lieu tard dans la soirée, lorsque les fascistes, éméchés et cocaïnés, cherchaient quelques traînards ou quelques traînardes à agresser. Les pages de gloire de ces apprentis croisés s’écrivent ces soirs-là.

    Dans leur communiqué, publié sur Ouest-Casual, les fascistes s’exclament : « Encore une fois, la jeunesse lyonnaise prouve que l’antifascisme n’est qu’un ramassis de mouilles, à peine bon à impressionner l’étudiante en socio pendant leur manif ou à parader en pleine nuit tel des blattes. Jamais rien de concert (sic.) dans la rue. »

    Il est amusant de voir que, alors que la très large majorité des actions et des événements politiques de la part des progressistes et des révolutionnaires sont publics, ouverts à toutes et tous, et annoncés librement, les fascistes n’agissent qu’en catimini. Leurs diffusions de tract sont des exploits, et lorsqu’ils écrivent que Croix-Rousse est « ce quartier bourgeois où l’extrême-gauche a ses habitudes. », ils avouent quelque chose. Eux-mêmes se permettent de se balader dans le 5e ou à Croix-Rousse justement parce que ce sont ces « quartiers bourgeois ». Les quartiers populaires, où nous pouvons aller sans problème, sont pour eux des terres inconnues.

    Ces attaques, d’ailleurs, échouent à atteindre cependant leur objectif. Certes, profitant de l’attitude conciliante de la mairie, de la police ou de la justice, il leur est possible de mener leurs actions, mais ils ne sont nulle part en mesure de s’imposer comme des forces hégémoniques. Dans le 5e comme ailleurs, ils sont vus comme des agresseurs ou comme une force occupante. Nulle part la population ne se rallie à eux. Ils sont des corps étrangers dans une ville qui les rejette.

    L’attaque organisé par les fascistes à Croix-Rousse est révélatrice du vide complet et de l’inutilité de ses auteurs. Tandis que tout le monde lutte et se bat contre la destruction de l’environnement, contre la casse des droits sociaux, contre les politiques réactionnaires, une poignée de « croisés » trouve sa lutte ici.

    Désespérés d’exister autrement que pour attirer l’attention, leur pinacle de l’efficacité est résumée là : casser des vitrines de bars.

    Lors des dernières dégradations commises contre le local du PCF, les auteurs ont été appréhendés. Devant les juges, ces fils de bonne famille ont tombé le masque du soldat de la légion de damnés. Ils ont revêtu alors celui de la pleurnicherie, demandant la clémence du tribunal, priant pour qu’une condamnation d’entâche pas leur avenir.

    Dans le même ordre d’idée, les courageux guerriers qui, un soir de la Saint-Valentin de 2014, ont poignardé plusieurs jeunes dans les rues de Saint-Jean, n’ont eu de cesse de se balancer les uns des autres. Courageux dans l’écrasement, larmoyant devant la justice. Il serait tout aussi aisé de parler de Fiorina Lignier éborgnée par un tir de flash-ball, qui, auparavant, priait devant des croix-gammée et qui n’assume pas aujourd’hui son nazisme en public.

    Ou un « Damien Rieux », « prolétaire » de la banque, qui s’en prend à ceux qui fuient la guerre depuis un hélicoptère loué à grands frais. Un Alain Bonnet de Soral, nobliaud protégé par le parquet de Paris, n’est qu’un mercanti, un boutiquier, un petit commerçant.

    Ces portraits, pour reprendre la formule d’Eugen Kogon, rescapé de Buchenwald, « se ressemblent comme un fruit pourri en ressemble à un autre ». Bourgeois ou nobliauds, petits seigneurs, petits princes, vomissant leur xénophobie et leur racisme.

    Leur origine de classe les trahit bien souvent et trahit leur rapport à la politique marquée par le manque de sincérité. Tout comme les anciens du GUD ou d’Occident, ils ont une jeunesse de pseudo-rebellion, avant de trouver leur place dans la bonne bourgeoisie ou dans les organisations « modérées » comme LR. De ce point de vue là, nous retrouvons également des éléments de ce type dans la frange la plus radicale du gauchisme. Un Cohn-Bendit n’est que la version « de gauche » d’un Devedjan ou d’un Longuet.

    Quant à leurs actions en tant que groupe, elles révèlent leur vraie nature de classe.

    A Strasbourg, l’Action Française est venue débloquer les lycées et attaquer les blocages. Dans le mouvement des Gilets Jaunes, les fascistes ont systématiquement entravé et saboté toutes les tentatives d’organisation autonome de ceux qui luttaient. Ils ont continuellement œuvré pour détourner la colère populaire dans des impasses : contre le « pacte de Marrakech », mentant pour en aggraver le contenu. L’UPR ou d’autres organisations réactionnaires ont nié la responsabilité du capitalisme et de la bourgeoisie de France pour ne pointer qu’une hypothétique responsabilité de l’Union Européenne.

    Au Mans, un groupe équipé avec “des casques, des masques, des gants coqués, des matraques télescopiques et des foulards royalistes” s’en est pris à tous les bars gay-friendly du centre ville. Revendiquée par leur page Ouest-Casual, cette page de gloire montre les priorités de leur mouvement : s’en prendre aux minorités, qu’elles soient culturelles, sexuelles ou ethniques. Les questions sociales ne les intéresse pas. Et pour cause, ils sont socialement du côté de la bourgeoisie. L’élue LREM Agnès Cerighelli, qui partage le même fond que ces gens, ou le RN Messiha l’illustrent pleinement quant à leur position vis-à-vis de la grève. Devant le refus de la part des syndicats et des mobilisé·e·s de céder aux injonctions hypocrites sur Noël, ces sinistres agents de la calomnie proposent une explication complètement aberrante. Leur explication de la lutte sociale, d’une lutte menée pour défendre pied-à-pied les droits sociaux, frise la conspiration : Ce serait l’islamisation de la CGT qui, du coup, ourdirait un complot pour saboter le Noël des Français.

    Aujourd’hui, le Rassemblement National a montré qu’il n’était pas capable de prendre position d’une manière simple. Quand la question lui est posée directement sur savoir si l’organisation soutient la grève, les seules réponses furent des bafouillements honteux. Coincé entre la base anti-communiste, anti-sociale du RN et la volonté de se placer comme le « premier parti ouvrier », celui-ci fait dans la demi-mesure. Ce moyen terme les a toujours suivis, comme vis-à-vis de la question du SMIC ou par rapport aux violences policières. Ce moyen terme bloque d’ailleurs la possibilité d’évolution du RN et les condamne a n’être qu’une organisation de boutiquier, de parasites, dominés par une dynastie qui vit de rentes et de la traite des vaches à lait que sont les adhérents et adhérentes.

    Anecdotique, mais significatif, l’attitude ambivalente de la part des fascistes avec leurs homologues islamistes de Daesh. Idéologiquement, ils sont les deux faces d’une seule et même pièce. Ce n’est pas un hasard si ce sont des fascistes comme Hermant qui vendirent des armes aux terroristes de Charlie Hebdo, tout comme qui ont négocié pour le compte de Lafarge avec Daesh. Entre obscurantistes et réactionnaires, il est possible de s’entendre sans problème.

    Dans le fond, derrière les étiquettes différentes et variées, on retrouve un même contenu. En dépit de leurs prétentions d’être du côté du peuple, ils agissent toujours, systématiquement, contre ses intérêts. En instillant la défiance entre les origines, entre les croyances, entre les syndiqués et non-syndiqués.

    Les fascistes n’ont aucune place dans les luttes. Ce n’est pas qu’une déclaration de principe, c’est un fait. Ce ne sont que des agents de la division, des alliés objectifs de Macron. Leur discours patriotique, nationaliste, sonne creux.

    En fait de patriotisme, de nationalisme, ce sont des traîtres dont la seule et unique visée est de livrer pied et point liés les travailleurs et les travailleuses à leurs premiers bourreaux : la grande bourgeoisie française, les Dassaut, les Arnault, les Pinault. En réalité, ces groupes jouent un double jeu. Ils rêvent d’un peuple enrégimenté. D’un peuple asservi, dévoué, fanatique dans la défense d’un hypocrite intérêt national, qui n’est en réalité que l’intérêt des mêmes parasites sociaux.

    Nous exprimons notre solidarité envers tous ceux et toutes celles qui ont subit la violence fasciste. Nous exprimons à nouveau notre solidarité envers ceux qui ont pu subir la violence des fascistes, organisés ou non.

    Nous pensons que les conceptions différentes de l’antifascisme qui peuvent exister, dans le monde, en France comme à Lyon, ne sont pas antagoniques, mais sont complémentaires. Nous appelons à l’unité la plus large, sur la base d’une autonomie de classe, sur la question de l’antifascisme. Nous n’acceptons pas que ceux et celles qui ont joué sur leur terrain confisquent l’expression de l’antifascisme populaire.

    Ensemble, unissons nos forces et ripostons aux fascistes sur tous les plans. Intellectuel comme organisationnel. Chassons-les de nos luttes, chassons-les de nos quartiers, chassons-les de nos vies !

  • La contre-offensive fasciste vers les Gilets Jaunes.

    La contre-offensive fasciste vers les Gilets Jaunes.

    La contre-offensive fasciste vers les Gilets Jaunes.

    L’extrême-droite est toujours dans l’embarras quand il s’agit des mouvements sociaux. Elle n’est pas à l’aise dans ce type de cadre, qui ne correspond pas à ses méthodes de communication habituelles.

    L’an dernier, l’extrême droite a tenté de s’infiltrer dans le mouvement des Gilets Jaunes et d’en prendre la direction. Ses slogans et ses banderoles ont été omniprésentes au début de la mobilisation, notamment du fait du retard au démarrage de la plupart des groupes de gauche (à l’exception peut-être de LFI). Cependant, dès le départ, l’extrême-droite s’est montré en décalage par rapport aux positionnements spontanés du mouvement social. Ainsi, s’ils ont bien voulu évoquer la question des taxes, en bons libéraux qu’ils sont fondamentalement, ils n’ont pas voulu creuser la question de l’exploitation. Lorsque des questions ont commencé à émerger sur le capitalisme, ils ont freiné des quatre fers et ont tenté de réorienter le mouvement. Ainsi, ils ont eu leurs lubies, sur le « pacte de Marrakech », supposé ouvrir les vannes d’une immigration totale, sur l’UE et le Frexit, sur les élites mondialisées… etc.

    Sur Lyon, ils ont provoqué des incidents qui les ont peu à peu marginalisés, tandis qu’ils ont toujours redouté de prendre publiquement la parole lors des Assemblées Générales. Peut à peu, ils ont disparu, et ce pour un grand nombre de raisons.

    La confrontation entre les Gilets Jaunes et la Police. Les mouvements d’extrême-droite sont bien implantés dans les forces de l’ordre, en particulier dans les branches les plus agressives de celles-ci, qui s’occupent principalement du maintien de l’ordre (BAC, CRS…). S’en prendre directement à la Police est une activité qui n’est pas dans leurs habitudes, et qui, de plus, les met en porte-à-faux avec leur base sociale. Idéologiquement, même, ces fanatiques de l’Ordre sont gênés par le caractère tumultueux propre aux mouvements sociaux explosifs.

    Mettant en avant un hypothétique intérêt national transcendantal, qui, en dernière instance, est constitué par la soumission la plus crasse à la bourgeoisie la plus chauvine, ils ne peuvent réellement se couper de leurs maîtres. Historiquement l’extrême-droite s’est toujours trouvée prise au piège. Soutenir les grèves, cela revient à se fracasser contre le veto de leurs financeurs. Pour détourner les exploités et les exploitées de la lutte contre leurs bourreaux, il leur faut donc inventer un ennemi. Impérialisme étranger, mondialisme, diktat de l’UE… qui seraient autant de carcans qui empêchent le « bon patronat français patriote » de réaliser sa mission sociale et d’apporter la richesse et la prospérité.

    L’ennui avec les accusations mensongères, c’est qu’elles ne tiennent qu’un temps. L’exemple typique étant sur le fait d’accuser les migrants et migrantes ainsi que les Français et Françaises issues de l’émigration. La dynamique propre aux mouvements sociaux populaires, qui brassent des individus partageant les mêmes intérêts de classe, sans distinction d’origine ou de religion, a été un autre écueil.

    La rhétorique fasciste ou d’extrême-droite s’adresse à l’individu atomisé, isolé, derrière son écran d’ordinateur ou de téléphone. Elle joue sur la fragmentation des classes sociales en fonction de critères définis arbitrairement selon le goût du jour. Face à la réalité de la mobilisation, elle a pu faire illusion encore un temps. Cependant, avec l’impulsion des Assemblées Générales, avec la fréquentation mutuelle sur les ronds-points, avec la lutte commune contre la répression, les barrières artificielles ont sauté. Même des individus possédant une sympathie pour l’extrême-droite ont travaillé conjointement avec des forces et des groupes sociaux qu’ils conspuaient. Cela a illustré la faiblesse criante de l’embrigadement fasciste.

    Pour allumer un contre-feu, des réactionnaires d’un autre type, avec Finkielkraut en tête, ont peint les Gilets Jaunes en fascistes. Ils ont tenté de semer la fragmentation en jouant sur le sentiment antifasciste sincère, tout en jetant les plus vulnérables dans les bras des racistes. Cette manœuvre n’a pas fonctionné comme prévu.

    Voir article en dessous :

    https://unitecommuniste.com/france/halte-a-linstrumentalisation-de-la-lutte-contre-lantisemitisme/

    Le courant progressiste et révolutionnaire a marqué des victoires l’année passée. Des victoires sur la question de la nature de l’État, comme moyen répressif contre la lutte des classes, du gouvernement comme conseil d’administration des couches dominantes de la bourgeoisie, de la prétendue démocratie comme expression de la dictature du patronat. Ces victoires sont essentielles, fondamentales !

    Mais il serait une erreur terrible de considérer qu’elles sont gravées dans le marbre et qu’elles forment des bastions. Elles sont des avancées, mais des avancées au milieu d’un océan. Elles ne deviennent des victoires que si elles contribuent à renforcer les organisations politiques, syndicales, ou même sous d’autres formes.

    Le gouvernement, la bourgeoisie et ses auxiliaires, dont les fascistes, se sont empressés de lancer une contre-offensive idéologique. Cette contre-offensive prend plusieurs formes, mais essaie de s’emparer de l’énergie colossale libérée par le mouvement social pour le retourner contre ses intérêts. Soit en le tournant dans des voies stériles, telle qu’une lutte donquichotesque contre un prétendu mondialisme menaçant, soit en le tournant dans des attitudes pogromiste, comme tente de le faire Damien Lefèvre, alias Damien Rieu.

    D. Rieu, en allusion à l’écrivain fasciste Drieu la Rochelle, et ses sbires essaient ainsi de détourner un mouvement qui cible le capitalisme pour en faire un mouvement anti-migration, sans jamais poser la question de la raison du départ des migrants. Et pour cause, les fascistes soutiennent l’impérialisme français, dont ils ont toujours été les laquais serviles. Ils l’ont démontré, d’ailleurs, en négociant pour le groupe Lafarge, des contrats avec l’État islamique. Ils le montrent également en acceptant l’argent des cartels, tel le site F.Desouche, par ailleurs enregistré en Inde. Enfin ils l’ont aussi démontré en vendant des armes aux terroristes qui ont attaqué le journal Charlie Hebdo, vente réalisée, d’ailleurs, par un indicateur de police.

    Aujourd’hui, alors que le mouvement est dans une phase de reconstruction et de réorganisation, pourquoi les fascistes sont à l’offensive :

    La majorité des Assemblées Générales ont décru fortement. En leur sein, cependant, les positions fascistes ont été constamment et systématiquement balayées. L’autre grand pan qui demeure est la constitution de groupes d’échange sur Facebook. Or, ces groupes sont le cheval de Troie des conceptions fascistes. L’extrême-droite possède indéniablement une bien meilleure utilisation d’Internet que l’extrême-gauche. Elle possède un avantage immense sur celle-ci : elle ne fonctionne pas par l’explication scientifique et par la démonstration, mais par l’instillation. Les fascistes n’ont jamais rechigné à mentir (Hitler faisait d’ailleurs la promotion du mensonge en politique dans Mein Kampf), à inventer des rumeurs, à répandre des Fake news… Ils n’ont pas besoin même de désigner une cible précise ou d’expliquer un mécanisme économique, il suffit d’un « on sait très bien ce que ça veut dire », ou d’un « tu sais très bien de qui je veux parler ». Ils utilisent d’ailleurs des procédés associatifs, permettant de relier deux événements séparés (L’écologie masquant l’offensive migratoire, un scandale masquant la signature d’un « pacte »…).

    Battus sur le terrain et dans la réalité concrète, les fascistes font donc leur rentrée par la diffusion massive, constante, de nouvelles plus ou moins réelles, de faits plus ou moins vraisemblables. Ils accompagnent cela d’un travail immense d’utilisation des faux-comptes, des prêtes-noms, permettant de créer des biais de confirmation et de donner du poids aux stupidités proférées. Ils surfent donc sur la vague d’un mouvement dans lequel ils ont agi en parasites, profitant de la recherche de réponses — que la gauche institutionnelle ne peut donner, et de l’atomisation des mobilisés et mobilisées. Or, les fascistes et leur propagande constante marque des points, intoxique et impacte durablement les esprits, car allant dans le sens de la plus faible résistance : celui de l’amalgame et de l’instillation.

    Il est de notre devoir de prendre gare à ce risque : celui d’un retournement de situation complet, fruit de notre faiblesse (en tant que courant comme en tant qu’organisations). Rien ne prémunit contre le fait que les fascistes puissent parvenir, eux, à se renforcer.

    Certes des mouvements sociaux vont naître, à l’automne, en réponse aux offensives débridées sur les retraites. Mais ces mouvements reprennent des bases traditionnelles (syndicats, organisations politiques…) qui sont des formules dans lesquelles ceux et celles qui se sont engagées dans les Gilets Jaunes ne se retrouvaient pas avant. Rien ne permet d’indiquer qu’ils s’y retrouveront désormais. Les hésitations de la CGT n’ont pas permis aux forces syndicales d’apparaître comme un point de repère dans la lutte de l’an passé. Malgré l’exceptionnelle volonté d’une grande partie de la base syndicale, les syndicats ne sont pas sortis grandis de l’épreuve, voir peut-être l’inverse. Il en est par ailleurs de même pour les organisations politiques.

    C’est là où la vigilance s’impose. Mobilisés et mobilisées sont ciblés par la propagande réactionnaire. Savoir qui l’emportera — et la forme de ce que signifie l’emporter — est une énigme. Pour la première fois, en dépit de leur échec, les fascistes ont pu intervenir dans un mouvement de masse. Faut-il s’habituer à les voir opérer ainsi ? Dans le cas d’un renouveau du mouvement des Gilets Jaunes, ou d’une nouvelle édition, il est tout à fait envisageable qu’ils puissent reprendre une offensive sur le terrain et adapter leur attitude. Nous ignorons à quelle conclusion ils sont parvenus, mais il est certain qu’ils en ont tiré. Reste à déterminer lesquelles.

    Pour le moment, nous incitons à répondre le plus possible aux manœuvres des fascistes au travers des réseaux sociaux, à dénoncer leur attitude, à rappeler leur véritable nature. Il est important que cette question ne soit pas sous-estimée. L’année 2019-2020 sera une année d’offensive. Se battre avec d’un côté l’appareil d’État, sa propagande et sa force immense et de l’autre le coup de poignard des fascistes est un risque trop important pour être négligé.

  • Christchurch : coup de projecteur dans le marécage de la pensée raciste.

    Christchurch : coup de projecteur dans le marécage de la pensée raciste.


    Au sein de l’Unité Communiste de Lyon, nous considérons que nous nous devions d’écrire ce communiqué. Les attentats terroristes sont une réalité quotidienne terrible pour toute une partie de la planète. Il s’agit d’une chose malheureusement illustrée par les longues listes de cas répertoriés dans la veille terroriste des sites et magazines spécialisés. Leur traitement, le poids médiatique qui leur est accordé, est étroitement corrélés au lieu où il s’est déroulé, à la « qualité » des victimes, à la « qualité » des exécutants.
    Nous-mêmes sommes influencés par ce mode de pensée que conduit à juger qu’une voiture piégée est un fait anodin en Syrie et exceptionnel en France, ce qui nous conduit à, également, déconsidérer la vie d’autres personnes, qui n’apparaissent que comme des statistiques à nos yeux.
    Cela fait que chaque attentat dont nous parlons nous donne le sentiment de plonger dans l’oubli les victimes des autres, de les occulter, de les reléguer au rang d’un « bruit de fond ».



    L’attentat qui s’est produit vendredi à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, est un attentat qui s’est déroulé, malgré les kilomètres, dans un environnement « occidental », « proche » de nous. Pourtant, malgré cela, son traitement médiatique et politique est atypique. Atypique, car il est jugé comme étant hors norme par les politiciens et les médias d’occident.



    49 morts et 90 blessés dans les attaques de deux mosquées en plein heure de la prière. Terrible bilan provoqué par l’action d’un terroriste d’extrême-droite Australien Brenton Tarran. Le terroriste a filmé et diffusé l’intégralité de son carnage sur Facebook live, et a laissé un manifeste de 73 page détaillant les raisons de son action.


    L’Unité Communiste de Lyon déclare sa solidarité envers l’ensemble de ceux qui ont été meurtris, blessés, mutilés par ces actes. Elle déclare également sa solidarité avec les proches de ceux qui ont perdu la vie. Elle considère que le terroriste Australien venu semer la mort n’est ni un déséquilibré, ni une anomalie statistique : il a été l’agent froid et conscient de forces politiques qui se complaisent à utiliser la haine raciale comme doctrine. Nous considérons que ces forces politiques partagent une responsabilité morale identique en culpabilité à celui qui a appuyé sur la détente de son arme. 


    Le parcours du tueur est, à ce titre, illustratif. Revenant d’Europe, il a été modelé, « radicalisé » dans les milieux d’extrême-droite, notamment français et serbes. Au sein de ces groupes fascistes ou néo-nazis, il lui a été présenté un discours décrivant le monde « blanc » comme menacé d’anéantissement. Ce discours était déjà celui proféré par les nazis1, qui clamaient que leur « race » était encerclée par des ennemis « raciaux », voulant l’éliminer, tandis que des « agents de l’étranger » opéraient pour l’affaiblir.
    Utilisant des statistique truquées, des biais cognitifs, des techniques jouant sur la paranoïa et sur la terreur, ces propagandistes d’extrême-droite modèlent des assassins et des criminels. Ces groupes sont complices des meurtres qui ont été commis.


    Mais ces discours resteraient l’apanage de petites sectes pleurnichant sur un passé imaginaire s’il n’était pas, en dernière instance, corroboré, avalisé et amplifié par d’autres forces politiques, considérées comme « convenables » et centrales dans l’échiquier politique. Les discours islamophobes, paravent frêle des discours racistes assumés, sont portés bien au-delà de la droite radicale.
    Les propos de Valls, de Ciotti, de Wauquiez, les diatribes des Zemmour et des Ménard sont tout autant de faisceaux qui contribuent à nourrir la formation d’assassins et de terroristes d’extrême-droite. Les tentatives des apprentis sorciers et des apprenties sorcières d’instrumentaliser l’antisémitisme, de forger, du sang des martyrs, une épée pour frapper d’autres victimes, doit être dénoncé pour ce qu’il est : jeter de l’huile sur le feu dévorant de la haine entre classes populaires.

     Après l’attentat, ces agitateurs méphistophéliques n’ont pas réussi à se contenir. Impossible pour eux de reconnaître le statut de victimes aux musulmans de Nouvelle-Zélande. Il fallait soutenir en catimini le tueur !
    La Nouvelle-Zélande est un pays d’apartheid, tout comme l’Australie. Les Maoris sont traités en citoyens de seconde zone par de nombreuses forces politiques. Le sénateur Fraser Anning a ainsi publiquement clamé que l’immigration était la raison première de l’attentat. Une manière d’avaliser le fond politique de l’attaque, là encore. L’œuf qu’un jeune homme a écrasé sur son crâne n’est qu’un faible, mais juste, retour des choses.
    En France, Valeurs Actuelles, le torchon fasciste, a également fustigé les « pro-migration » qui seraient responsables de l’attentat. Une manière d’inverser les rôles et de faire des victimes des coupables. 
    Guillaume Tabard, éditorialiste au Figaro, a ainsi déclaré en direct

    « On a vécu en France un terrorisme islamiste assez meurtrier, si on veut jouer à de la comptabilité, on n’est pas encore dans l’équilibre.Il ne faut pas s’aventurer sur le terrain du match retour.»2 

    Quant au tueur, immédiatement, les professionnels de la circonstance atténuante se sont empressés de dire qu’il était instable, fragile, excédé… Chose réfutée par les premiers éléments de l’enquête et les perquisitions, indiquant que ce projet avait mûri pendant deux ans.


    Tout comme dans un nombre ahurissant de cas, la clémence semble être de mise. Le terrorisme d’extrême-droite occidental est pourtant une réalité concrète qui tue nettement plus aux USA que celui de n’importe quelle autre force politique. Nous n’oublions pas Charlottesville, nous n’oublions pas non plus, en Europe, Anders Breivik. 
    En France, en pleine dénonciation de la montée de l’antisémitisme, un coupable de dégradation est condamné symboliquement, des profanateurs courent toujours, car n’étant pas dans « l’idéal-type » de la population ciblée par ces mesures. 


    De fait, tous ces discours qui servent à alimenter la haine et la division au sein des classes populaires, à briser l’unité contre l’exploitation, à atomiser ceux et celles, qui pourtant, partagent les mêmes intérêts objectifs. Ces discours ont fait renaître des chimères absurdes et immondes, telle que « l’islamo-gauchsime », qui n’est, il faut le clamer, qu’une actualisation du « judéo-bolchevisme » des nazis, présentée d’une manière neuve.

    Le monde dans lequel nous vivons, celui du capitalisme pourrissant et putréfié, est un monde sur la bascule. Un monde d’incertitudes, de doutes, de peurs. Nous, révolutionnaires, voulons briser le cadavre ambulant du capitalisme et de l’impérialisme. 


    Mais d’autres, ceux qui veulent le maintenir en vie, jouent sur les peurs, les angoisses, la précarité, la vulnérabilité, la souffrance. Ces agents réactionnaires font tout pour instiller un climat d’encerclement et de terreur. Pour que ces peurs puissent être dirigées contre d’autres, contre d’autres nations, contre d’autres peuples, contre des fractions au sein du peuple.

    Les appels à la haine, qui sont en France, portés de la gauche bourgeoise à la droite la plus radicale, créent le climat qui permet l’apparition de ces crimes de masse. Ceux qui les ont proférés portent une responsabilité morale écrasante.

    Nous dénonçons le terrorisme, arme de l’extrême-droite pour semer la peur dans les rangs des masses !3


    Nous dénonçons ces propagandistes comme des complices directs de cet attentat ! Ne laissons jamais les discours haineux diviser notre unité populaire, contre l’exploitation et l’oppression.


    Halte au terrorisme fasciste !


    Halte à la haine chauvine et raciste !


    Mettons fin au système d’exploitation capitaliste-impérialiste !

    1Nous conseillons de lire l’ouvrage Croire et détruire de Christian Ingrao, qui est une référence incontournable sur l’univers mental des akademikern nazis.

    2https://www.lci.fr/politique/aujourd-hui-dans-24h-pujadas-retour-sur-l-attaque-en-nouvelle-zelande-2115607.html

    3https://unitecommuniste.com/international/le-terrorisme-comme-arme-de-lextreme-droite/

  • Toutes et tous unis contre les exploiteurs

    Toutes et tous unis contre les exploiteurs

    Toutes et tous unis contre les exploiteurs


    Nous sommes pour l’unité la plus large contre les attaques du gouvernement, contre sa répression et sa violence, contre ce régime despotique au service des exploiteurs capitalistes.

    Notre unité s’est faite dans la lutte, dans le fait de marcher ensemble, de subir ensemble les tirs de Flash-balls, les bombardements de lacrymogènes, les lancers de grenades. C’est une unité qui a été scellée dans le sang. Nous étions des étrangers les uns pour les autres, des inconnus. Désormais tous ceux qui portent le gilets jaunes sont devenus des frères et sœurs de combat.

    Halte aux diviseurs et aux provocateurs racistes

    Seulement certains veulent briser cette unité. Ils décrètent que des camarades gilets jaunes, parce qu’ils sont nés avec une autre couleur de peau, parce qu’ils aiment d’autres personnes, parce qu’ils pratiquent d’autres religions, sont indignes de vivre et doivent être liquidés. Voilà ce que pensent ces agresseurs lâches. Ils instillent la haine et fracturent nos cortèges pour imposer leurs mots d’ordres.

    Le samedi 26 janvier, à Lyon, une bande de 80 militants fascistes ont formé une colonne pour attaquer des gilets jaunes jugés «gauche» ou des d’origine immigrée. Ce n’était pas le premier incident de ce type. Des groupes fascistes organisés, essentiellement du «Bastion social», identitaires ou Action Française, ont entrepris à plusieurs reprises d’infiltrer les cortèges de gilets jaunes pour commettre ce type de forfaits. Et les choses s’aggravent semaine après semaine.

    Le racisme, le sexisme, l’homophobie, l’antisémitisme… C’est cela qui créé la division ! Les dénoncer et les chasser nous rend plus fort, plus unis, plus sincèrement liés dans un combat commun. D’autant que ce combat commun, ils s’en moquent !

    Ne laissons pas les gilets jaunes être les otages de traîtres !

    Nous savons qu’il existe des positions différentes dans le mouvement, que chacun porte son opinion. C’est très bien ainsi. Mais nous dénonçons les manœuvres de ces traîtres à la cause ! Ils ont commis un acte d’une gravité extrême en prenant en otage les cortèges de gilets jaunes pour imposer leurs mots d’ordres de diversion, pour éloigner le combat de ses revendications !

    Ils diffusent de fausses informations, des rumeurs, des mensonges conspiratifs car ils ne veulent pas de revendications sociales ! Ils sont contre ce pour quoi les gilets jaunes se battent. Ils ne sont ni pour l’augmentation du SMIC, ni pour la justice fiscale. Ils ne combattent pas le capital financier et ne son pas pour une démocratie du peuple. Eux ne sont que pour un Etat policier dont ils seraient les maîtres absolus !

    Jamais ils n’ont été dans la rue pour défendre le code du travail, pour défendre l’école, pour défendre les hôpitaux, pour défendre les opprimés et les exploités. Au contraire ! ils ont toujours voté pour les lois qui écrasent le peuple, tout ce qui alourdit son fardeau. Ces mercenaires au service des capitalistes attaquaient les manifestations. Ils servaient d’auxiliaires zélés de police, toujours prêts à servir d’indicateurs, de mouchards.

    Les fascistes poignardent dans le dos les Gilets Jaunes

    Hier, le rassemblement national s’est prononcé contre la hausse du SMIC. Demain il votera la loi anti-gilets jaunes, traîtreusement nommée loi « anti-casseurs », car elle correspond à son programme anti-populaire et anti-social.

    Jamais le « bastion social » ne parle des revendications populaires. Jamais il ne parle du RIC. Il ne fait que diffuser ses mensonges haineux. Et quand ils disent « nos SDF d’abord » c’est uniquement pour diviser entre français et immigrés. Mais chaque fois que des mairies deviennent d’extrême-droite, voire des pays, les premières lois passées ont été contre ceux qui n’ont rien, pour aggraver leur misère, voir les mettre en esclavage. C’est ce que fait l’Italie, c’est ce que fait la Hongrie.

    En France, le RN/FN est le 1er parti en termes d’élus mis en examen. Les fascistes sont les élus les plus corrompus de France. Ils sont dans tous les coups tordus, dès qu’il y a des profits à en tirer.

    Dehors les agents des exploiteurs !

    Ils se disent « patriotes » mais ce sont eux qui négociaient des contrats avec Daech pour la société Lafarge. Ce sont eux qui ont vendu les armes qui ont servi à faire les attentats en France. En fait de « patriotes », leur seul travail est d’anesthésier ceux qui souffrent, ceux qui se révoltent, et de les vendre pieds et poings liés à leurs premiers bourreaux : les banquiers et les grands patrons français. Leurs discours pleurnichant ont le même fond : qu’ils disent défendre la race, la patrie, la nation, dans le fond ils ne défendent que les intérêts d’impitoyables exploiteurs.

    Nous ne voulons pas d’un Führer, d’un Roi, d’un dictateur aux ordres des cartels de la bourgeoisie. Nous voulons remettre le pouvoir entre les mains du peuple, créer la démocratie populaire, unir tous les exploités et les opprimés dans leur combat contre nos bourreaux.

    Eux, leur seul rêve est d’être appelés au pouvoir pour réprimer de toutes leurs forces ceux qui ne veulent plus être écrasés sous les chaînes de l’exploitation, ceux qui veulent mettre fin à l’oppression et à la misère.

    Ce sont des traîtres à la lutte, des ennemis du peuple, les sbires des exploiteurs !

    Ils n’ont pas leur place dans les manifestations, dans les cortèges ! Chassons-les !