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  • L’Etat Kenyan refuse d’accorder au Parti Communiste du Kenya (C.P.K.) son nom !

    L’Etat Kenyan refuse d’accorder au Parti Communiste du Kenya (C.P.K.) son nom !

    Pendant qu’Emmanuel Macron se pavane au Kenya, au sein de cet Etat, nos camarades de l’ICOR du CPK sont étranglés par des fonctionnaires corrompus. L’Unité Communiste de Lyon apporte sa solidarité à nos camarades membres de l’ICOR qui subissent une répression administrative, bureaucratique, policière et politique !

    Le Parti Communiste du Kenya (CPK) a vu le jour après la création du Parti social-démocrate du Kenya. Le SDP a changé de nom lors du Congrès national du Parti, lequel s’est tenu le 5 janvier 2019. Alors que le SDP a toujours été un parti communiste par rapport à son idéologie, la constitution, l’adhésion et les méthodes d’organisation, le changement de nom (et le symbole du parti) a été un grand pas en avant, tant pour le Parti que pour le Kenya en tant que démocratie multipartite.

    La loi exige que la registraire des partis politiques publie le changement de nom d’un parti dans le Journal Officiel dans les 14 jours suivant la réception des modifications. Le Parti a notifié au Greffier, Mme Ann Nderitu, les informations nécessaire le 7 janvier 2019, et jusqu’à présent, elle n’a pas encore rempli cette obligation légale.

    En raison de cette omission de publier le nom du Parti dans le Journal Officiel, et après de multiples relances, elle a convenu d’une réunion avec la direction du Parti. Celle-ci s’est tenuele 4 février 2019 à son bureau. Lors de la réunion, la registraire a dit à la direction du Parti qu’elle ne publierait pas le nom dans le Journal Officiel. Elle a motivé son refus sous le prétexte qu’il ne peut y avoir de Parti communiste du Kenya parce que le Kenya est un  » État capitaliste néolibéral  » et que l’Assemblée ainsi que le gouvernement est capitaliste. Lorsqu’on lui a demandé de produire le fondement juridique de sa déclaration, elle a clamé que la Constitution du Kenya l’affirmait, sans mentionner aucun article à ce sujet.

    Elle a également déclaré qu’elle avait déjà approuvé le symbole du Parti (marteau et faucille). Cependant, elle a par la suite mentionné qu’elle se “souvenait” que le J.O. avait donné comme instruction de rejeter de symbole. La faucille est un symbole communiste et elle ne voulait pas publier dans le J.O. le nom de “communiste”. le Parti, donc, ne peut pas avoir de symbole communiste (admettant incidament ainsi qu’elle a reçu des instruction. Ou alors n’avait-elle pas conscience du fait que son bureau soit supposé être un organisme indépendant ?)

    Lorsque la direction du Parti a demandé une explication écrite de son refus d’approbation, elle a dit avec arrogance qu’elle nous avait invité pour nous informer préalablement et nous donner des explications face à face car sa lettre ne mentionnera pas les raisons du refus, comme il est de tradition dans son office. La direction du Parti a répondu en lui rappelant que l’article 47 de la Constitution exige qu’elle donne à son refus une motivation écrite. (plus tard dans la journée, le Parti lui a écrit une lettre pour lui demander d’écrire une communication concernant l’état d’avancement du classement du nom du Parti.)

    Malgré sa position anticommuniste, la direction du Parti est allée de l’avant et lui a expliqué pourquoi sa position était erronée. Le Parti a cité les dispositions constitutionnelles et statutaires relatives à ce sujet qui devraient la guider dans sa décision quant au nom du Parti. La direction a également énuméré le nombre de partis communistes au pouvoir dans les pays avec lesquels le Kenya a d’excellentes relations, l’a informé que nous avons de nombreux partis communistes dans le monde, notamment dans les pays qui sont vraiment capitalistes. La direction lui a donné un  » cours accéléré  » sur ce que signifie le communisme et sur ce qu’est et a été le Parti.

    Le Parti lui a également rappelé que le Parti du Jubilé, qui est le Parti au pouvoir, s’est rendu à plusieurs reprises dans les partis communistes de Chine, de Cuba et d’autres pays à des fins de comparaison et d’apprentissage. Même le lancement du Parti du Jubilé à Kasarani en 2016 a été dirigé par un membre éminent du Parti communiste de Chine !

    Si la compréhension d’Ann Nderitu du droit et de la politique internationale est pathétique, sa compréhension de l’histoire politique du Kenya est encore pire. Selon elle, les socialistes kenyans ont toujours été contre la démocratie au Kenya ! Les mêmes socialistes qui, avec d’autres progressistes, ont été emprisonnés, torturés et assassinés alors qu’ils luttaient pour une démocratie multipartite et une vie meilleure pour le peuple kenyan !

    Il n’échappe pas au Parti qu’Ann Nderitu a été nommée registraire des partis politiques par intérim à un moment où la Commission indépendante des élections et de la délimitation des circonscriptions électorales (IEBC) l’avait interrogée et suspendue, ainsi que certains de ses collègues, pour avoir prétendument volé 4,6 milliards ksh lors des deux élections de 2017. Selon une déclaration publique de la présidente de l’IEBC, Wafula Chebukati, la Commission avait déjà envoyé son nom « à l’EACC et à la Direction du ministère public en vue de poursuivre les enquêtes, d’arrêter, d’inculper et de punir tous les coupables« .

    Il est absurde qu’à l’ère actuelle, où le gouvernement kenyan semble sérieusement s’attaquer à la corruption, et où l’exécutif blâme le pouvoir judiciaire pour son laxisme dans la guerre contre la corruption, la Commission de la fonction publique (CFP), sous la direction de M. Stephen Kirogo, puisse nommer quelqu’un qui est dans le collimateur de la justice pour grande corruption comme registraire intérimaire des partis politiques.

    Il faut corriger cela si nous sommes sérieux dans cette guerre contre le vol de fonds publics. La Commission d’éthique et de lutte contre la corruption (EACC) et la Direction des poursuites pénales (DPP) devraient également agir rapidement et soutenir les efforts de l’IEBC pour éliminer les criminels de la Commission et de la fonction publique. Il serait très préjudiciable à notre pays que nous poursuivions le nouveau cycle électoral avec des personnes dont l’intégrité est douteuse, alors que les commissaires de l’IEBC ont déjà levé le drapeau rouge.

    Cela soulève également des questions politiques sur la question de savoir si la nomination d’Ann Nderitu au poste de registraire intérimaire des partis politiques a été une sorte de récompense pour son rôle dans l’échec des élections de 2017, ou pour avoir détourné les fonds de l’IEBC vers les poches d’une autre personne.

    Le Parti apprécie la solidarité qu’il a reçue d’innombrables Kenyans qui, même s’ils ne souscrivent pas à notre idéologie, défendent néanmoins le constitutionnalisme, l’État de droit et la démocratie. Mentionnons en particulier la solidarité que nous avons reçue des vétérans de la  » deuxième libération « , dont la plupart n’arrivaient pas à croire qu’à notre époque, un registraire puisse refuser de publier au Journal Officiel le nom d’un parti politique qui avait rempli toutes les conditions légales, simplement parce qu’elle imagine que le Kenya est un Etat capitaliste et que la pluralité des idées devrait être confinée dans une telle idéologie.

    Le Parti reconnaît également le soutien qu’il a reçu de la part d’autres partis politiques au Kenya qui épousent des idéologies différentes mais sont terriblement consternés par cette décision illégale d’Ann Nderitu.

    Le Parti prendra des mesures juridiques et politiques pour s’assurer que les sacrifices des Kenyans qui nous ont précédés ne soient pas noyés par un seul individu réactionnaire.

    Vive le CPK !

    Vive la démocratie multipartite au Kenya !

    A bas la corruption !

    Benedict Wachira

    Secrétaire général

    05 février 2019

  • Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Ne touchez pas au Venezuela ! Pas d’intervention impérialiste
    dans les affaires intérieures du Venezuela !
    Le peuple doit décider lui-même de son sort !

     

    Conformément à l‘appel de notre organisation ICOR, Plataforma Socialista « Golpe de Timon », l’ICOR condamne le plus sévèrement le coup d’État actuel qui se développe au Venezuela, entrepris le 23 janvier par l’auto-proclamation du président, Juan Guaidó, comme président par « intérim » de la République et ceci de la part de l’assemblée nationale tout en méprisant la Cour suprême. Il essaie d’usurper le pouvoir que le peuple, en plein exercice de sa souveraineté, a donné au président légitime réélu, Nicolas Maduro, dans les élections démocratiques du 20 mai 2018.

    Cette tentative forcée d’un changement de régime est perpétrée par l’impérialisme US-américain qui, de façon éhontée, a pris l’avant-garde de la direction politique de l’opposition de laquais, soutenu par les gouvernements droitistes fantoches dans la région.

    L‘origine de la crise politique actuelle est le blocus économique rigoureux dont souffre le peuple du Venezuela et qui est pratiqué par les centres impérialistes des États-Unis et de l’UE. Avec une stratégie d’étranglement ils tâchent de fermer les voies par lesquelles le pays reçoit des vivres, médicaments, équipements, pièces de rechange etc.  Ce faisant, ils tirent profit du caractère dépendant et basé sur des exportations en nombre réduit pour promouvoir une crise économique et politique nationale et de cette manière retirer le soutien du peuple à la révolution bolivarienne.

    L’OTAN poursuit la même politique. Cela a plongé le Venezuela dans une situation extrêmement dangereuse et critique. Les activités criminelles et contraires au Droit international de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la France et d’autres membres de l’Union Européenne (UE) font partie d’une stratégie généralisée de pillage des réserves en pétrole du Venezuela et d’endiguement de l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans toute l’Amérique latine. De cette manière les contradictions inter-impérialistes s’aggravent massivement sur le dos du peuple vénézuélien avec le danger d’un conflit armé.

    Cependant, la crise que subit le Venezuela ne peut pas seulement être ramenée aux menaces et activités de l‘extérieur. Il est important de noter que la direction du gouvernement a aussi commis des erreurs ; les concessions faites à des parties de la bourgeoisie, des vices tels que la corruption, le bureaucratisme et le manque d’efficacité se sont manifestés qui ont aussi détérioré les conditions de vie du peuple vénézuélien. La gauche du Venezuela n’a pas pu consolider sa force d’organisation ni faire une proposition pour avoir une plus grande influence sur la réalité politique nationale dans le but de régler la dispute concernant l’orientation et le positionnement de la voie stratégique vers le socialisme ; et la possibilité s’est affaiblie d’avancer dans la maîtrise des défis révolutionnaires. **

    D’une part les conditions mentionnées ci-dessus poussent les masses populaires à prendre des positions qui rejettent le caractère social-démocrate qui semble gagner de plus en plus d’influence dans les rapports de force au sein du gouvernement. Et d’autre part elles mènent à ce que des parties de l’opposition de droite concentrent le mécontentement et gagnent des secteurs de la population où, avant, elles n’avaient pas la possibilité de gagner en influence. Pour cette raison, des actions violentes sous couvert de protestations ont été déclenchées dans certaines de ces communes et ont été réalisées par des groupes de l‘extrême droite, y compris par des groupes paramilitaires.

    Aujourd’hui la situation ne présente plus seulement une menace. Il s’agit de la tentative d’un coup d’État, initié sans aucun doute à Washington, et où les États-Unis pointent un revolver sur la tempe du peuple vénézuélien et le prennent en otage pour obtenir que le gouvernement national se rende ou accepte des « négociations » ; la proposition va de la simple extradition jusqu’à l’appel démagogique à des élections « libres ». Le succès de cette tentative de coup d’État aurait comme conséquence l’effondrement de l’État national avec des retombées pour tout le continent.

    La révolution bolivarienne a produit des améliorations innovatrices pour la situation des femmes dans les domaines de l’éducation, de la santé, des soins aux personnes âgées et aux parents isolés et de l’administration communale ; des formes de l’auto-organisation de la base se sont développées, un signal pour toute l’Amérique latine.

    En ce moment de clarification il est important d’adresser des messages de solidarité de la part de pays alliés, d’organisations multilatérales, de partis et de mouvements sociaux dans le monde, pour rassembler ce grand mouvement anti-impérialiste qui fait valoir la vérité du Venezuela, s’oppose résolument à l’éventualité d’une guerre, demande des solutions sans paternalisme ni intervention, et qui accompagne la défense du pays et encourage la solidarité avec le peuple vénézuélien et le gouvernement légitimement élu face au siège.

    Seuls l’unité et le courage du peuple vénézuélien avec ses profondes racines historiques anti-impérialistes, en unité et solidarité internationales, sont en mesure d’infliger une nouvelle défaite à l’impérialisme US-américain. C’est au mouvement révolutionnaire de gauche de reconstruire le moral collectif avec un programme qui permet d’unifier les luttes populaires, les oriente vers la perspective du socialisme et l’ensemble du peuple travailleur à le construire et le défendre. Nous ne doutons pas une seconde que la victoire du peuple vénézuélien revient à faire échouer la stratégie impérialiste qui est de reprendre le contrôle de l’Amérique latine, car dans cette tentative d’une guerre au Venezuela ils compromettent leur crédibilité en tant que maîtres du monde.

    L‘issue de la crise est révolutionnaire !

    ** Ce paragraphe n’est pas soutenu par le NDMLP Sri Lanka, mais ils acceptent la résolution dans sons ensemble.

    Signataires (en date du 28/02/19 – liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. PCPCI   Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire, Côte d’Ivoire
    2. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    4. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    6. PCT   Parti Communiste du Togo Togo
    7. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    8. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    12. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    13. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    15. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    16. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    19. VZDOR   VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    20. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    21. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    22. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    23. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
    24. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    25. PC/ML   Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)
    26. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    27. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    28. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    29. PPP   Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    30. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
  • Un important week-end révolutionnaire à Berlin. – Communiqué commun UCL & UPML –

    Un important week-end révolutionnaire à Berlin. – Communiqué commun UCL & UPML –

     

    Un important week-end révolutionnaire à Berlin.

    – Communiqué commun UCL & UPML –

     

    L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste ont participé conjointement à deux événements d’importance, le week end du 11-13 janvier, à Berlin.

    D’une part, nous avons défilé pour commémorer le centième anniversaire de l’assassinat de Karl Liebknecht et de Rosa Luxembourg. D’autre part, nous avons participé au 50ème anniversaire de la construction du MLPD.

    La mairie de Berlin a fait interdire le meeting à l’endroit prévu, en prétextant des questions techniques. Ces manœuvres de la part des bourgeois et des réactionnaires se sont multipliés ces derniers temps. Elles ne sont, finalement, qu’une couronne de fleurs adressée aux militants et militantes du MLPD. L’Etat Allemand reconnaît que cette organisation est une nuisance suffisante pour l’entraver.

    Mais en seulement 2 jours, une autre salle a pu être réservée où des centaines de personnes ont pu suivre le programme enthousiasmant avec l’intervention de la présidente Gabi Fechtner, le spectacle autour de la révolution de Novembre, monté par l’organisation de jeunesses REBELL et les contributions des nombreux représentants d’organisations révolutionnaires internationales.

    L’anniversaire de 50 ans de construction du Parti en Allemagne a été l’occasion pour celui-ci de présenter sa liste « Alliance internationaliste » pour les élections européennes. Pour le MLPD, les élections européennes sont une manière de pouvoir s’exprimer sur la question de l’alliance impérialiste qu’est l’Europe, mais également de dénoncer la prétendue démocratie bourgeoise.

    On a appris les menaces fascistes proférées à l’encontre de plusieurs membres du MLPD,  Les fascistes reconnaissent que le MLPD est un ennemi implacable de leurs thèses et de leurs tentatives pour reconstituer leur « paradis perdu ».

    Ces intimidations n’ont jamais fait fléchir les communistes, qui bénéficient du soutien populaire. Elles ne feront pas plier nos camarades Allemands, ni leur organisation de jeunesse REBELL.

    Le lendemain, la manifestation Luxembourg, Liebknecht, Lénine, s’est tenue avec 15 000 participants. Nous avons défilé, drapeaux au vent, , aux côtés des membres de l’ICOR, vêtus du Gilet Jaune, en solidarité avec la lutte sociale en France. Sous la pluie battante, nous sommes allés rendre hommage sur la tombe construite pour honorer la mémoire des dirigeants du mouvement Spartakiste.

    En 1918, le peuple Allemand, soulevé contre la guerre, à chassé l’Empereur Guillaume II et a proclamé la République. Seulement, cette République demeurait entre les mains des grands industriels, des grands propriétaires fonciers. C’était une République d’exploiteurs et d’oppresseurs, construite pour perpétuer cette exploitation, cette oppression. Tous n’ont pas accepté que cela en reste là. Mobilisés, en armes, les ouvriers, les paysans, les soldats se sont dressés, suivant l’exemple d’octobre 1917 en Russie, pour construire une République démocratique et populaire, pour que non seulement l’Empire, mais également le capitalisme s’effondre.

    L’ensemble des partis bourgeois se sont dressés, soutenus pas les Alliés, pour écraser cette révolution socialiste naissance dans le feu et dans le sang. En assassinant Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, les meurtriers pensaient détruire la révolution prolétarienne et socialiste. Ils n’ont contribué qu’à rendre immortels les Spartakistes, à les faire rentrer dans l’histoire. À faire qu’ils rejoignent un passé commun, une expérience commune, dont nous saurons tirer le meilleur. Surtout, ils se sont tous disqualifiés aux yeux de l’humanité entière comme des ennemis du peuple, comme des bourreaux et des assassins n’apportant que la misère, la famine, la guerre et la mort.

    La Révolution Allemande nous apporte des enseignements tragiques. L’extermination des révolutionnaires par la Sociale-Démocratie Allemande a montré quelle confiance il était possible d’accorder dans la « gauche » traître et tourne-casaque que sont les réformistes.

    La volonté révolutionnaire des masses populaires, surtout de la classe ouvrière ne manquait pas contrairement au besoin terrible, immense, de l’organisation politique d’avant-garde, du Parti. Face à un ennemi impitoyable et organisé, nous n’avons pas d’autres choix que d’être organisés pour être efficace, pour parvenir à remplir nos objectifs.

    Nous ne fantasmons pas sur le Parti par fétichisme malsain. C’est parce qu’il est nécessaire que nous devons consacrer nos forces à le fonder. Il est l’outil incontournable qui peut permettre de mobiliser et d’organiser les masses contre la dictature orchestrée par la grande bourgeoisie, au travers de son État. Or, cet outil ne peut s’improviser. Il ne peut sortir soudain par magie. Il demande un travail conséquent, important.

    Nous ne sommes pas des romantiques qui rêvons au grand soir. Nous ne voulons pas rêve à la société parfaite, nous voulons la construire. Notre état d’impuissance, à l’heure actuelle, notre faiblesse, notre désorganisation nous est insupportable. Nous voulons quitter ce temps des sectes en guerre les unes contre les autres, nous voulons avancer !

    Pour commencer, nous voulons construire une alliance des révolutionnaires !

    Nous pensons qu’en tant qu’organisations communistes présentes dans l’Etat français, nous avons un rôle à jouer. Dans la lutte actuelle, dominée par le combat des Gilets Jaunes, les organisations communistes ont joué un rôle nettement insuffisant. Le mouvement des Gilets Jaunes, par sa nature spécifique, pose des questions politiques : Dans quel régime vivons-nous ? Quelle démocratie voulons-nous ? Le peuple peut-il prendre le pouvoir sous la capitalisme?

    Ces questions, seuls les communistes peuvent y répondre de manière conséquente, sans tomber dans l’économisme ou le réformisme. Mais, à l’heure actuelle, notre capacité à défendre des positionnements politiques n’est pas à la hauteur de la tâche qui nous incombe. C’est un fait que, d’une manière générale, nous pouvons tous déplorer. Cependant, la situation demeure.

    Nous avons une responsabilité immense entre les mains. Nous devons nous montrer à la hauteur de celle-ci. Nos organisations ont la taille qu’elles ont, mais cela ne remet pas en cause la légitimité de notre démarche. Nous voulons tendre la main à ceux et celles qui se revendiquent, comme nous, du communisme, de la révolution prolétarienne, de la volonté de construire le socialisme.

    Nous voulons nous rencontrer, nous connaître les uns les autres, nous parler. Mais surtout pouvoir nous exprimer d’une seule et même voix. Que la position des communistes puisse être connue et reconnue dans les luttes, dans les combats. Nous proposons que naisse une alliance des révolutionnaires, qui puisse porter les mêmes positions, le même message.

    Ce n’est qu’une étape. Mais elle est une étape essentielle.

     

    Nous voulons faire vivre l’ICOR en France !

    Nos deux organisations sont membres de l’ICOR en France. Nous ne sommes pas seuls en France. Les amis de l’ICOR, les militants et militantes d’organisations étrangères membres de l’ICOR, mais également ceux et celles qui veulent s’investir dans la coordination internationale existent. Dans le but de nous rassembler, de relayer les campagnes internationales, de créer les liens et la solidarité, nous initierons prochainement un Comité ICOR-France.

    Nous invitons ceux et celles qui veulent participer à la création de ce comité à prendre contact avec nous. Nous invitons les organisations qui luttent contre l’impérialisme français, contre le colonialisme et le néo-colonialisme à se mettre en lien avec nous, que nous puissions avancer ensemble, contre le même oppresseur : la grande bourgeoisie de France, l’impérialisme français et ses alliés européens et internationaux.

    Nous savons qu’un long travail nous attend, semé d’embûches. Cependant, l’exemple du MLPD, l’exemple de l’ICOR et des partis communistes combatifs qui la compose, l’exemple de l’histoire des luttes ouvrières, nous donne confiance. Nous savons qu’il est possible d’avancer, de grandir, de triompher.

    Avançons ensemble pour la construction du Parti Communiste !

     Avançons ensemble pour que naisse l’alliance révolutionnaire !

    Avançons ensemble pour que naisse l’ICOR en France !

    Vive la lutte ! Vive le communisme !

     

  • Le mouvement des Gilets Jaunes : Construire les outils de la victoire – Partie 6

    Le mouvement des Gilets Jaunes : Construire les outils de la victoire – Partie 6

    Construire les outils de la victoire.

    Partie 6

    Il faut être réaliste. A moins qu’il se produise un phénomène inattendu et imprévisible, le mouvement des Gilets Jaunes conduira immanquablement à un reflux, tôt ou tard. En tant que tel, il ne peut déboucher sur une révolution prolétarienne, sans que des préalables soient franchis en amont.

    L’usure, la fatigue, la répression de l’Etat bourgeois auront raison de la mobilisation. La bourgeoisie est gênée par ce mouvement, elle a été un peu écornée en surface. Mais elle n’a pas été menacée dans les fondements de son pouvoir, dans les racines de son ordre. Les affrontements ont pu déborder tactiquement les forces de l’ordre, la police, mais n’ont pas été une menace d’ordre stratégique, laquelle ne peut émerger que si elle a volonté à substituer un nouveau pouvoir à l’ancien dans les zones où les affrontements ont mis en péril la possibilité pour ce dernier de fonctionner correctement.

    Les assemblées qui émergent aujourd’hui posent les embryons de l’amorce de ces questions. Elles sont une première phase d’un questionnement qui présente une étape supérieure. Ces réunions de coordination et d’élaboration d’un calendrier posent la question du pouvoir au sens premier du terme, c’est-à-dire, au stricto sensu, le fait de « pouvoir ». Pouvoir prendre des décisions et pouvoir les faire appliquer. Mais cela ne suffit pas et demande, de plus, une certaine conception stratégique et une certaine conception organisationnelle. Or, cela fait partie de la tâche des organisations politiques communistes de les porter. Sans organisation communiste, pas de mouvement communiste.

    Le reflux se manifestera tôt ou tard. Nous devons l’anticiper pour que tout ne soit pas perdu. La mobilisation a jeté dans la rue toute une population qui n’avait jamais été mobilisée auparavant, qui n’avait pas été engagée, pas militante, peu idéologisée. Elle forme une expérience commune à un grand nombre d’individus tandis que toute une partie de la jeunesse, en particulier lycéenne, sera irrémédiablement marquée par les images terribles de la répression.

    Cela laissera forcément des traces, des séquelles, des souvenirs. Mais cela ne veut pas dire mécaniquement qu’une nouvelle génération d’engagés et d’engagées militants et militantes est née et qu’elle perdurera. Le fait de ne pas parvenir à une victoire stratégique, le fait de porter peut-être un soutien à des candidats aux élections qui trahiront leurs engagements, tout ceci peut, en dernière instance, renforcer le sentiment d’impuissance et la désespérance que la combativité. Plus qu’un statu quo ante bellum, l’expérience vécue peut être un frein à un nouvel engagement.

    Il n’est pas possible de contrer le reflux des mouvements de masse. Même en URSS ou en Chine, les mobilisations de masses, malgré la puissance des partis communistes, avaient leurs flux et leurs reflux. Mais il est possible de ressortir renforcé et en position de force par rapport à avant le mouvement.

    Cela ne peut être fait que par le fait d’organiser ceux et celles qui se sont mobilisés, dans nos organisations politiques ou dans les organisations de masse. Nous le savons mais nos ennemis le savent également.

    Les fascistes tout comme les électoralistes tentent une guerre de mouvement pour savoir qui ressortira gagnant politiquement de cette épreuve de force. Chacun avance ses positions. Nous devons avancer les nôtres également, sans toutefois nous livrer aux opérations cyniques des uns et des autres. Il faut mener une politique qui permette aux masses de pouvoir participer au processus de création du Parti Communiste révolutionnaire, que cette question ne soit pas l’apanage unique de militants dans un entre-soi.

    Nous devons le faire en faisant la démonstration de la nécessité de l’organisation politique comme outil de la victoire. Car, contrairement aux organisations fascistes qui existent pour servir la bourgeoisie, contrairement aux organisations électoralistes qui sont simplement des perspectives de carrière, nos organisations sont génétiquement différentes. Ou du moins doivent l’être.

    Pourquoi avons-nous besoin d’une organisation ?

    Avant tout pour gagner définitivement contre la bourgeoisie et son ordre d’exploitation.

    C’est pour cela que nous avons besoin de nous organiser. C’est pour cela que nous avons besoin d’une forme d’organisation qui puisse permettre de remporter cette victoire, c’est pour cela, encore, que nous avons besoin d’une politique d’unification qui permette de forger cet outil. Nous faisons le choix de fonctionner au centralisme démocratique, même si cela demande une rigueur à accroître, non pas parce qu’il s’agit d’un fétichisme malsain autour de l’ordre, mais parce que nous avons le devoir d’être efficace dans nos prises de décision et dans leur application par la suite.

    Replacer cela à sa juste place répond à un certain nombre de questions fondamentales sur les formes que doivent prendre notre organisation et sur le programme de développement que nous devons suivre pour parvenir à remplir nos objectifs.

    Pour revenir à ce que nous mentionnions plus en amont de cette brochure, il existe une ligne de démarcation entre notre conception et celle qui est défendue par d’autres courants idéologiques s’apparentant au communisme. Parce que nous n’attendons pas « le Grand Soir », parce que nous ne vivons pas dans l’espoir que la révolution n’« arrive » mais que nous voulons la mener, nous avons des exigences. Notre faiblesse, notre statut de groupe ne nous suffit pas. Nous ne saurions nous en contenter. Il nous est insupportable. Contrairement au « Collectif Athéné Nyctalope », contrairement à « A gauche » ou à un grand nombre d’autres organisations politiques, même d’importance nationale, nous ne pouvons rester ainsi.

    La bourgeoisie est organisée et structurée dans le but de pouvoir assurer sa domination sur les exploités et les exploitées. Si nous voulons non seulement nous soustraire à cela, y mettre fin, mais également empêcher que d’autres systèmes de domination ne soient mis en place, il nous est essentiel de pouvoir être à la hauteur de la tâche.

    Or pour se hisser à cette hauteur, les mouvements seuls, les comités, les collectifs, ne suffisent pas. Si Lénine a défini le Parti de type nouveau, ce n’est pas par fétichisme de l’autorité, mais bel et bien car il répond aux nécessités du combat révolutionnaire. Sa structure, sa discipline est faite pour remplir ces tâches, non pour faire plaisir et pour créer des espaces de contre-culture.

    Tout ramène, en bout de piste, à la question du Parti Communiste révolutionnaire. Nous avons besoin d’un parti pour être plus efficaces. Nous ne sommes pas les seuls à penser cela, heureusement. Mais nous ne sommes pas forcément en accord sur la définition des termes du sujet tout comme sur le diagnostic à poser. La question du PCF rejoint celle-là. Cela ne signifie pas qu’il faille considérer que tout ce qu’il contient est fait de poison. Certains, notamment les « opposants de gauche » au sein du PCF, s’adressent à nous pour que nous renforcions leur lutte interne. Si nous regardons une grande partie d’entre eux comme des militants sincères, nous ne pouvons être d’accord avec eux et elles, pour au minimum deux raisons fondamentales.

    La première est que cela ne marche pas. Depuis des décennies, ces oppositionnels n’ont pas gagné de terrain. Et pour cause le PCF est une structure qui a rompu avec le centralisme démocratique, avec le débat idéologique. Chaque congrès apporte son lot de réflexions amères sur le fonctionnement antidémocratique de l’organisation ex-communiste, mais sans que les décisions qui s’imposent ne soient appliqués.

    Ce qui amène directement à la seconde. Ceux et celles qui pensent cela sont satellisé autour du PCF, même s’ils ou elles n’en font pas partie. Ces militants et militantes sont en orbite autour d’une organisation anémique, sans parvenir à obtenir une « vitesse de libération » suffisante pour envisager autre chose.

    L’argument principal est celui de la masse de militants et de militantes qui restent au PCF, ainsi que de la structure. C’est là une faute idéologique. La masse de militants reste au PCF parce que les militants et militantes les plus avancées ne s’en détachent pas non plus pour proposer quelque chose qui puisse leur permettre de le quitter. De l’autre, la structure n’est pas primordiale. Elle est une déclinaison de la stratégie, elle est l’outil de celle-ci. Récupérer une structure de parti réformiste en croyant que cela en fera un parti révolutionnaire, cela revient à se tromper lourdement sur les raisons qui poussent à s’organiser.

    A un certain nombre de reprises dans l’histoire récente, des militants et des militantes ont proclamé la fondation du Parti révolutionnaire. Certains l’ont décrété, d’autres ont agi, en interne, comme si c’était le cas. Nous pensons qu’ils et qu’elles se trompent en faisant cela. Nous pensons que cette proclamation est prématurée. Il reste des étapes à franchir.

    Nous pensons que ce qui détermine un Parti est différent de ce qui détermine une organisation politique. Dans un texte de septembre 2018, inédit jusqu’à présent, nous nous exprimions ainsi :

    Comprendre la question du Parti demande tout d’abord de la replacer dans un certain cadre et de ne pas la traiter comme un fétiche. Le Parti n’est pas une fin en soi, il est un moyen. Il est le moyen par lequel les masses s’organisent, sont dirigés par leurs éléments les plus avancés, et peuvent faire la révolution puis procéder à la construction du socialisme dans sa phase inférieure puis supérieure. Le Parti est donc un moyen, un moyen essentiel, mais construit autour d’un certain pragmatisme. Son but est de fonctionner convenablement. Avoir stratégiquement raison ne suffit pas. Il faut également être capable d’être tactiquement dans le vrai, mais même de l’être aussi d’un point de vue de l’opératique, c’est-à-dire agir d’une manière qui permet de triompher des obstacles. Il est vrai que, idéalement, l’opératique, la tactique, devraient être étroitement subordonnés à la stratégie, mais dans les faits, dans la construction du parti, cela exige parfois d’accepter de temporiser sur sa volonté de démonstration et sur sa volonté de polémique pour pouvoir, d’une manière large, construire l’espace qui permettra après de traiter ces questions d’une manière réelle, influente, efficace et, surtout, décisive.

    Qu’est ce qui détermine le Parti par rapport à l’organisation ?

    Ce n’est pas forcément une barrière si aisée à définir. Il est possible de faire une analogie avec la vie. Qu’est ce qui détermine ce qui est vivant de ce qui ne l’est pas ? Deux aspects.

    Un métabolisme et un matériel génétique. Le matériel génétique est la théorie, l’idéologie. Le métabolisme est la possibilité d’avoir une action positive, affirmative, vis-à-vis de l’environnement, d’avoir un ordre du jour qui ait un impact, qui puisse être autre chose que simplement répondre à la bourgeoisie, mais bien pouvoir avoir un propre programme.

    Avoir un métabolisme sans théorie revient à faire régner l’opportunisme, mais disposer d’un matériel théorique sans métabolisme et se contenter de cela, c’est rester au stade viral de la vie, une vie parasitaire. C’est dépendre de la bourgeoisie ou d’autres organisations pour exister et cela revient également au fait de n’avoir qu’une action incantatoire dans la lutte des classes.

    Or, un parti pour exister, doit disposer des ramifications, de liens avec les masses, mais également de la possibilité d’agir de manière opérationnelle et indépendante de la bourgeoisie, de disposer de ses forces propres, de disposer de ses moyens propres, et d’avoir la capacité de pour mettre en œuvre un certain nombre de dispositifs. Un Parti se définit donc par son contenu idéologique, mais également par les dispositifs opérationnels qu’il peut mettre en place. »

    Ce qui nous ramène à ceux et celles qui ont proclamé la fin du processus de construction, la fin du travail de rassemblement et d’unification. Nous avons du respect pour leur travail, mais cela ne nous empêche pas de penser qu’il est prématuré. Nos expériences personnelles, bien avant la fondation de l’UCL, nous ont amené à rencontrer un grand nombre de cas de figure de ce type, dans lesquels, finalement, il est possible de retrouver un certain nombre de constantes.

    « Au sein de ces organisations qui fonctionnement comme des partis en miniature avec leurs bureaux, leurs secrétariats, la théorie et l’idéologie sont proclamées comme étant des vérités. C’est la foi qui règne, car elles n’ont pas la masse critique pour faire le travail de démonstration scientifique. L’adhésion est sur la base d’un corpus de textes et d’auteurs et de vérités indémontrables scientifiquement parlant. Leur relation aux masses n’est que par l’incantation.

    La compréhension de l’étape du parti est, au mieux, comptable, mais n’est pas le fruit d’un bond qualitatif. On ne saurait améliorer ce qui est parfait. Le bureau de ces organisations se vit en permanence comme étant dans un état de siège idéologique, comme voyant toute autre ligne comme une déviation révisionniste incorrigible.

    La progression dans la maîtrise idéologique, dans ces organisations, se fait selon la recette de la scolastique. Militants et militants acquièrent et répètent à l’infini les préceptes érigés par leur direction comme une vérité absolue et immuable. Cette connaissance universitaire ravale, de plus, le marxisme au rang de fétiche et non de guide pour l’action.

    Trois conséquences directes : d’une part, les autres organisations sont ignorées ou considérées comme hérétiques. L’unification ne peut se faire, de fait, car la foi parfaite ne peut trouver de terrain d’entente, ne peut évoluer, ne peut être débattue. Le un se divise en deux est ainsi employé comme excuse pour rejeter toute évolution de manière préemptive.

    Deuxième conséquence, elles ne peuvent organiser la classe ouvrière, du fait d’une exigence de connaissance universitaire de la théorie. Exigeant la perfection, elles se retranchent derrière sas après sas pour filtrer les entrées.

    La troisième conséquence est que les mots d’ordres ne correspondent par à la réalité sociale, à la situation politique ou au niveau de conscience des masses. Ces organisations s’adressent à la petite bourgeoisie radicale, mais ne peuvent parler aux prolétaires »

    Nous ne pensons pas que le processus soit terminé, nous pensons que ces organisations se trompent dans la « recette » du Parti, tout comme dans le fait de savoir ce qui sera le centre de celui-ci.

    Nous ne croyons pas que nous soyons le centre de gravité. Nous ne pensons par que c’est par accrétion autour de nous, par absorption-intégration, que nous grandirons. Nous pensons que c’est au contraire par le fait que cela ne peut se faire qu’autour d’une fusion qui liquidera les anciens cadres organisationnels pour en créer de nouveaux, communs et uniques.

    Notre participation récente à l’ICOR, tout comme le travail que nous faisons au niveau national découle de ces constats. Nous ne connaissons pas toutes les organisations participant à cette coordination internationale. Nous n’avons pas tout lu ni statué sur l’intégralité des prises de position qu’elles ont pu avoir au présent comme par le passé.

    Nous pouvons certainement trouver des désaccords à formuler. Cela ne représente aucune difficulté. Nous sommes certains que si nous voulons trouver des alibis au fait de rester en dehors de cette coordination, nous pourrions sans peine en trouver. Nous pourrions rester, ainsi, à couver notre vérité pure et parfaite sans jamais la confronter à d’autres, sans jamais tenter de la prouver, de la démontrer et de la défendre. Nous pourrions être satisfaits de notre grandeur et regarder avec condescendance toutes les forces politiques qui nous entourent, nationalement et internationalement.

    Ou nous pouvons partir du principe que nous ne faisons pas de procès d’intention aux organisations membres de cette coordination. Nous pouvons partir du principe de cesser cette politique de défiance et de méfiance et partir du principe que nous nous adressons avant tout à des camarades communistes qui cherchent à travailler à la même chose que nous. Nous pouvons partir du principe que les critiques que nous pouvons formuler ne sont pas là pour justifier un isolement et un désengagement, mais qu’elles sont des pierres à apporter à l’expérience commune d’organisations politiques qui cherchent à bâtir une unité internationale. Nous pouvons partir du principe que nous serons écrasés par un moule normatif ou que nous participons ensemble à construire un outil qui peut nous permettre de remporter des victoires et de disposer d’un espace de recherche et de débat prolétarien permettant d’affûter notre idéologie et ses applications concrètes.

    « Paradoxalement, la grande connaissance de l’histoire des partis communistes leur fait perdre de vue la véritable manière dont ils ont fonctionné. De cette histoire, on ne retient que les scissions, que les conflits internes, que les purges, mais pas les principes de fonctionnement du Parti. Surtout le fait que l’adhésion idéologique n’était pas la base, mais bien l’adhésion politique. Il existe, par ailleurs, une tendance à pratiquer un raisonnement téléologique chez les militants et militantes. Il s’agit de ce que nous avons analysé de notre propre pratique et de nos erreurs. Cette tendance pousse à surestimer constamment les difficultés et à fonctionner sur le mode de l’imputation et du procès d’intention.

    A nos yeux, la ligne la plus importante est celle qui constitue la dictature du prolétariat. Pourquoi ? Car elle contient en germe toutes les autres questions. La forme de l’organisation, pour l’instaurer, sa discipline, pour réussir, mais également la forme souhaitée du pouvoir une fois la victoire obtenue. Les adhérents, pour être admissibles, n’ont pas besoin même de formuler ce concept selon l’expression consacrée, mais simplement d’en comprendre les tenants et les aboutissants, pour ne pas rester sur un rejet sémantique.

    Exposer cette problématique n’est pas suffisant en soi, car cette tendance est omniprésente. Nous l’avons vécu dans les processus d’unification, qui ont tous été voués à l’échec. Il faut prendre des risques, oser avancer, oser s’unifier. Quitte à perdre ce que nous avons construit, car, sans cela, cette construction est vaine et sans objet.

    D’un point de vue pratique nous défendons le fait de proposer une rencontre de l’ensemble des organisations qui se revendiquent de la dictature du prolétariat pour qu’existe une reconnaissance mutuelle des organisations les unes vers les autres. D’autre part nous souhaitons développer des cadres de débat pour permettre d’avoir un travail de discussion politique qui soit transorganisationel. »

    Notre organisation proposera bientôt ces cadres. Elle proposera largement aux communistes de s’y associer dans le but d’avancer en commun dans la construction d’une organisation qui permette de répondre aux besoins de la classe ouvrière, des exploités, des opprimés.

    Nous savons que ce genre de processus est effrayant pour ceux qui s’arc boutent sur leur minuscule royaume. La peur d’être inaudible, la peur d’être entraîné dans quelque chose de médiocre. Peut-être notre « immense sagesse » ne sera t-elle pas reconnue au premier jour, peut-être nous faudra t-il faire la preuve de celle-ci. Devons-nous le redouter ? Tant que le cadre de débat reste ouvert et qu’il permet que les positions évoluent, s’affinent, se décantent, non. Peut-être découvrirons-nous que nous avons tort. Dans tout les cas, soit nos forces et nos organisations doivent être risquées dans un processus qui permette d’avancer idéologiquement et organisationnellement, soit elles n’ont strictement aucun intérêt. Autant les démanteler et renoncer. Nous ne finirions que comme ces « navigateurs en solitaire du léninisme », inorganisables, ingérables, inutiles à toute lutte et toute cause.

    En dernière instance, mieux vaut être dans un parti qui puisse courir le risque d’être, à un moment, tactiquement dans le faux que de rester seuls à végéter, contemplatif de la lutte des classes qui se déroule sans nous. Si nous ne franchissons pas ce pas, nous continuerons d’être des spectateurs. Même si nous échouons, nous en apprendrons plus pour mieux avancer que si nous ne faisons rien.

    Les Gilets Jaunes nous donnent une leçon de vie et une leçon de politique. Leur mouvement est une démonstration salutaire qui nous renvoie à nos manques. D’une part, vers les travers du milieu militant : le fait qu’il ait capitulé pour rester un entre-soi, le sectarisme et le mépris de classe…

    D’autre part vers les schémas préconçus et préétablis d’organisations routinières, incapables de saisir la réalité de la lutte des classes actuelle. Vers les croyances en un incontournable cursus honorum de la lutte, au travers des syndicats, des organisations politiques, des collectifs et des partis. Pourtant, c’est le réformisme, le clientélisme, la perte de combativité tactique et stratégique qui explique ce débordement.

    En dernière instance, cette mobilisation nous ramène à notre propre incapacité à avancer de manière sérieuse, rigoureuse, déterminée, vers le fait de construire l’outil l’arme du combat, l’outil de la révolution, le Parti Communiste Révolutionnaire.

    L’image que reflète le miroir de la lutte des Gilets Jaunes n’est pas particulièrement agréable à regarder. Mais il n’est d’aucune utilité de s’en prendre au reflet ou à le croire déformant. Il n’y en a qu’à grandir pour se hisser à la hauteur de la tâche qui nous incombe.

  • L’UPML et l’UCL rejoignent l’ICOR.

    L’UPML et l’UCL rejoignent l’ICOR.

    L’UPML et l’UCL rejoignent l’ICOR.

    Depuis le 9 décembre 2018, l’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste sont donc officiellement passées du stade de « Amis de l’ICOR » à celui de membre de l’ICOR à part entière.

    Nos deux organisations forment les 23ème et 24ème organisations membre de la section Europe de l’ICOR. Nous sommes également les premières organisations françaises à faire le choix de rejoindre la coordination internationale, dans le but de travailler conjointement à une meilleure interaction entre nos forces.

    A nos yeux, le franchissement de cette étape est crucial. Il vise à rompre un isolement des organisations communistes de France vis-à-vis des autres organisations politiques communistes présentes en Europe et dans le monde.

    Nous pensons que la solidarité entre nos organisations, l’assistance commune, le soutien commun -politique comme organisationnel- est un appui pour se renforcer les uns les autres, mais également se renforcer tous ensemble.

    Nous pensons également qu’il s’agit d’un lieu de débat et d’échange qui permet d’affiner nos analyses respectives, de mieux comprendre la situation économique, politique et géopolitique. L’ICOR est un creuset qui fond les expériences des différentes organisations afin de pouvoir avancer vers la conception d’une ligne plus juste et plus efficace.

    Nous considérons également que la coopération internationale est un vaccin nécessaire pour lutter contre les déviations bien trop fréquentes du mouvement communiste -notamment en France- le sectarisme, le chauvinisme, le social-impérialisme.

    Nous comptons impulser prochainement la création d’un Comité ICOR-France. Ce comité aura pour fonction de synchroniser les actions de nos organisations respectives, de relayer les mots d’ordres de la coordination, mais également de pouvoir travailler avec les Amis de l’ICOR. Nous appelons à les communistes et leurs organisations à coopérer avec ce comité, dans le but de pouvoir travailler conjointement. Nous appelons en particulier les organisations qui luttent pour l’indépendance, dans les colonies et néo-colonies de l’impérialisme français à travailler avec nous.

    L’ICOR est peu connu en France, et nombre d’organisations et d’individus se questionnent à son sujet. Nous les invitons à prendre contact avec nous. Nous les invitions à travailler avec nous. L’ICOR est un outil qui prend la forme des mains qui le manient. Travaillons ensemble à le forger pour qu’il soit celui de la révolution internationale !

    Le 13 janvier, nous défilerons ensemble, dans les rues de Berlin, pour commémorer le 100 ème anniversaire de la révolution allemande, écrasée par les Corps Francs, aux ordres du SPD Social-Démocrate. Nous participerons à la manifestation pour Liebeknecht, Luxembourg et Lénine.

    Nous marcherons d’un même pas, sous un même drapeau, celui de l’ICOR !

    Rejoignez l’ICOR et les Amis de l’ICOR.

    Renforcez l’unité internationale des organisations communistes !

    Vive l’internationalisme prolétarien , vive le communisme !

    Renforcez l’ICOR!

  • Déclaration de l’ICOR en solidarité avec le secrétaire général du PML(RC)

    Déclaration de l’ICOR en solidarité avec le secrétaire général du PML(RC)

    Au

    Camarade Roberto

    Secrétaire général du PML(RC) / Espagne

    Cher camarade Roberto,

    Avec beaucoup d’indignation et de colère nous avons appris que la justice espagnole vient de te condamner à deux ans et trois mois de prison pour avoir participé à la lutte de libération kurde. Le fait qu’un tel jugement injuste fut prononcé par la deuxième cour suprême, la « audiencia nacional » manifeste le grand intérêt que porte l’État espagnol à criminaliser votre Parti, à criminaliser l’internationalisme prolétarien et la lutte de libération communiste!

    Ce processus de très grande portée de ta condamnation comme révolutionnaire et internationaliste est l’expression du développement vers la droite des gouvernements dans le système impérialiste mondial. Nous avons un grand respect pour la manière courageuse dont tu t’es présenté devant le tribunal, pour ton irréductibilité et pour la défense intrépide du communisme et de l’internationalisme prolétarien par votre Parti et le large travail de sensibilisation publique qu’il organise.

    Cher Roberto,

    sois assuré, que nous n’acceptons pas ni ta condamnation, ni ta détention et nous allons recourir à toutes nos possibilités pour défendre ton acquittement. Ni la réaction en Espagne, ni les impérialistes à l’échelle mondiale ne doivent avoir du succès avec leur développement vers la droite, leur politique réactionnaire et la tendance à la préparation de guerre impérialiste!

    Nous te souhaitons, à toi, tes camarades et ta famille beaucoup de force dans cette situation compliquée.

    Nous exigeons que tu sois acquitté et que toutes les procédures contre d’autres camarades soient annulées.  

    Vive la lutte de libération communiste! Vive la solidarité internationale!

    Jeroen T. ; Joachim G.

  • Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature  -ICOR

    Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature -ICOR

    Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature

     Pour la sauvegarde de l’environnement naturel face à l’économie de profit !

    Du 3 au 14 décembre, la Conférence de l’ONU sur le changement climatique se réunira à Katowice, en Pologne. Malgré les 23 conférences mondiales sur le climat qui ont eu lieu jusqu’à ce jour, le mode de production impérialiste entraîne l’humanité vers une catastrophe environnementale planétaire. La destruction de la nature remet en question d’un façon centrale les bases même qui permettent l’existence de l’humanité. En 2018, il y a eu de nouveau des périodes de chaleur et de sécheresse, parfois mortelles, une augmentation d’incendies de forêt, de chutes de pluie très fortes, d’inondations et de tempêtes record à l’échelle mondiale…

    L’intensification des contradictions inter-impérialistes et de la préparation générale des impérialiste à la guerre font que les mesures de protection de l’environnement sont réduites. Elles sont réduites par la pression sur les sphères du pouvoir et à l’augmentation de l’influence du capital financier international, qui agit ainsi pour ses profits. Cela fait que les attaques contre l’homme et la nature sont intensifiées. Les forces dirigeantes répandent l’impression trompeuse que les masses n’auraient de choix qu’entre le fauteur de troubles Trump et des « impérialistes » en apparence « plus modérés ». Si, dans les questions de la paix, de l’environnement ou des emplois, on se fie à l’un ou l’autre des impérialistes, à l’une ou l’autre entreprise ou qu’on se laisse manipuler, on tombe dans le piège du social-chauvinisme.

    L’ICOR (la Coordination internationale de partis et organisations révolutionnaires) appelle, encourage et soutient la réalisation d’une journée de lutte commune pour l’environnement le 8 décembre avec des manifestations, des rassemblements et des activités combatives dans le monde entier.

    Le mouvement écologique a besoin de d’une union combative mondiale et de l’unité des ouvriers, des paysans, des femmes, des jeunes et des peuples indigènes. Il a également besoin que se coordonne et s’unisse la résistance active pour sauver l’environnement, en menant la lutte contre les guerres impérialistes, l’exploitation et l’oppression. La construction d’un front uni international contre l’impérialisme et la guerre, contre la destruction de l’environnement est à l’ordre du jour.

    Nous avons besoin de transformations immédiates, radicales et cohérentes ! Un changement de paradigme en ce qui concerne les modes de production, de consommation et de vie sous la ligne directrice de l’unité de l’homme et de la nature exige que l’impérialisme et le capitalisme soit surmontés de manière révolutionnaire pour ouvrir la voie à une société socialiste libérée.

    Organisez et participez à la journée mondiale de lutte pour l’environnement, le 8 décembre, pour sauver l’environnement de l’économie de profit !

    Renforcez l’ICOR et ses organisations membres !

    Devenez amis de l’ICOR !

  • Communiqué commun UPML – UCL  Un pas en avant pour nos organisations

    Communiqué commun UPML – UCL Un pas en avant pour nos organisations

    Un pas en avant pour nos organisations

    Communiqué commun UPML – UCL

    Depuis maintenant près de deux années, l’UMPL –Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste– et l’UCL –Unité Communiste de Lyon– travaillent ensemble dans le but d’avancer dans le rassemblement des communistes révolutionnaires vers la constitution des bases du Parti Communiste et révolutionnaire qui fait cruellement défaut dans notre État.

    Ce travail nous a amené à nous investir dans l’ICOR (International coordination of Revolutionnary parties and Organisations) tout d’abord en tant qu’Amis de l’ICOR, en soutien, mais bientôt, en tant que membres à part entière de cette coordination internationale réunissant les révolutionnaires de quatre continents.

    Début novembre 2018, nous nous sommes ainsi réunis pour avancer sur nos tâches, mais également pour participer à un premier événement commun.

    L’Unité Communiste de Lyon a organisé une projection-débat sur la base du film réalisé par le MLPD Dem Antikommunismus keine Chance – Aucune chance pour l’anticommunisme. Le fait de pouvoir projeter des œuvres réalisées par les organisations-sœurs fait partie des preuves concrètes de ce que peuvent gagner les organisations communistes à travailler ensemble et à mettre en commun leurs ressources et leurs efforts.

    L’Unité Communiste de Lyon et l’UPML ont présidé cette projection côte-à-côte, présenté l’ICOR et le MLPD. Nous remercions par ailleurs nos camarades du centre culturel Mésopotamie pour leur accueil, en ce jour de commémoration de la bataille de Kobané.

    Cette projection était la première expérience en la matière pour la jeune UCL. Elle n’en est pas moins un succès. Elle a attiré des personnes n’étant pas forcément dans les cercles militants habituels, s’intéressant au marxisme, interpellés par les affiches, par la liste des organisateurs, par la découverte de logos d’organisations qui leur étaient inconnues.

    S’en est suivi un débat large sur de nombreux sujets relatif non seulement au marxisme en tant que tel, mais également autour de la question de « comment s’organiser, être plus forts et vaincre le capitalisme ? » A nos yeux, ces questionnements sont significatifs d’une préoccupation qui n’est pas que simple curiosité intellectuelle, mais bien autour de la question de la lutte concrète et pratique.

    Ce travail réalisé conjointement est pour nous un premier jalon de coopération pratique dépassant la seule publication de communiqués ou d’analyses communes. Cette initiative en appelle d’autres. Ensemble, nous marcherons, aux côtés de nos camarades de l’ICOR, lors de la manifestation des 3 L – Lénine, Luxembourg, Liebknecht à Berlin, en janvier, commémorant le centenaire de la révolution Spartakiste en Allemagne.

    Nos deux organisations se sont réunies dans l’optique d’approfondir les bases de la collaboration commune. L’UPML et l’UCL peuvent d’ailleurs déclarer qu‘elles partagent une vue commune sur la situation actuelle et sur la conduite à tenir pour avancer vers un rapprochement plus important, mais également vers une politique d’ouverture et de débat vis-à-vis des autres organisations se revendiquant du communisme, avec la volonté de proposer une alliance révolutionnaire.

    Nous partageons le constat que le sectarisme d’organisation, qui pousse à l’ignorance mutuelle, à la polémique pour la polémique, au conflit permanent, a assez duré. Il n’est pas possible de continuer cette politique de l’autruche visant à nier l’existence des autres forces politiques voulant avancer vers la révolution socialiste. Pour reprendre les mots d’un camarade du Rode Morgen (Pays-Bas), membre de l’ICOR «Si nous sommes d’accord à 80%, renforçons ces 80% et discutons des 20% de désaccord »

    Nous voulons proposer à toutes les organisations communistes révolutionnaires de coopérer au sein d’une alliance révolutionnaire, capable de dépasser la fragmentation actuelle et d’avancer pour pouvoir répondre aux tâches que se fixent les communistes.

    Nous voulons œuvrer, ensemble, à la construction d’un Parti Communiste Révolutionnaire, capable de faire la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire et capable de pouvoir battre la bourgeoisie.

    Nous avons pu également évoquer notre future intégration au sein de l’ICOR, auprès de laquelle nous avons déposé une demande d’adhésion en tant que membres à part entière. A ce titre, nous voulons dépasser l’isolement international et combattre les tendances chauvines qui peuvent exister au sein du mouvement communiste en France. Nous considérons comme nécessaire la création d’un comité ICOR en France qui puisse permettre de rassembler ceux et celles qui veulent s’investir dans la coordination et la solidarité internationale, tout comme vouloir organiser localement les événements impulsés par l’ICOR (journée contre la guerre, journée de lutte pour les droits des femmes, 1er mai, préservation de la nature…etc.).

    Nos organisations feront campagne commune, lors des élections européennes, pour dénoncer la nature de l’UE comme alliance réunissant les impérialismes d’Europe – et notamment l’impérialisme français – et comme étant un bastion réactionnaire, anti-ouvrier et militairement agressif. Cette première campagne réalisée en commun, sous l’impulsion de l’ICOR, sera, là aussi, un nouveau jalon franchi vers une plus forte coopération et une unité plus grande entre nos deux forces, permettant de mutualiser les expériences, les travaux, les énergies, et de franchir les étapes qui nous séparent de la construction du Parti qui nous fait défaut.

    Avançons ensemble sur la voie de la construction du Parti ! Avançons vers la constitution d’une alliance révolutionnaire ! Renforçons l’ICOR !

    Vive le communisme ! Vive la révolution !

  • Déclaration du Comité Central du MLPD. L’anticommunisme frappe.

    Déclaration du Comité Central du MLPD. L’anticommunisme frappe.

    Nous republions ce communiqué du MLPD – ICOR d’Allemagne car, d’une part il est particulièrement informatif sur la droitisation de la politique outre-Rhin, de l’autre il est tout aussi illustratif de la manière dont se forme un « cordon sanitaire » anticommuniste contre le MLPD, tant de la part des institutions que de la gauche modérée ou radicale. Dans notre expérience militante, cette politique du cordon sanitaire s’est exprimée à de nombreuses reprises, dans l’engagement syndicaliste, dans les fronts antifascistes, dans la censure au niveau des médias, même « alternatifs » tout comme dans l’activité politique. Il est même arrivé que ces campagnes de dénigrements soient en réponse à des incitations provenant de l’extrême-droite.

    A titre d’exemple, les fascistes lyonnais, en 2010, s’étaient époumonés contre la présence de léninistes au sein de collectifs antifascistes.  Ces articles avaient pour visée de semer la confusion dans les rangs de l’alliance antifasciste à Lyon. Elle a donné naissance à des pamphlets anticommunistes publiés sur certains sites d’informations libertaires, qui par ailleurs ont une pratique fort limitée du droit de réponse. Heureusement, dans ce cadre précis, l’opération fit long feu. 

    Nous savons pertinemment que cette tendance existe de manière constante dans la gauche anticommuniste. Dans le cas du MLPD, l’influence grandissante de cette organisation, notamment dans les luttes ouvrières et écologistes, a entraîné, en réaction, des tentatives de sabotage, de liquidation ou de scissions au sein des mouvements pour le contrer, en accord avec les services secrets allemands. Il ne faut pas oublier que, en Allemagne, ceux-ci sont tous nés des cendres du IIIème Reich. L’organisation Gehlen, qui est à l’origine du BND (les services secrets ouest-allemands), s’est bâtie dans l’objectif premier de traquer les communistes en RFA et d’aider les mouvements anti-communistes dans les pays de l’est (notamment en aidant des guérillas dans les pays Baltes et en Ukraine jusqu’en 1956). Si Gehlen lui-même n’était pas un nazi, la plus grande partie de l’encadrement de ses services le furent, tout comme la police et la justice. Cela donne une tradition particulière qui se perpétue toujours et qui s’est exprimée à divers reprises, notamment dans le scandale du NSU (un groupe nazi opérant pour l’Etat Allemand et pour les Turcs).

    Voilà ce que le MLPD dit sur les tentatives faites contre leur mouvement:

    Cher-e-s ami-e-s, chèr-e-s camarades,

    Nous publions ici un tract avec une déclaration du CC du MLPD « Renforçons la lutte contre le développement du gouvernement vers la droite! – Attention : Des scissionnistes à l’œuvre. » Dans un tirage de 300 000 il est largement distribué, ceci aussi lors de la manifestation ce week-end à Berlin avec plus de 240 000 participants. L’alliance internationaliste ainsi que le MLPD y avaient participé avec un bloc et une présence importants (voir les photos https://www.rf-news.de/bildreports/unteilbar-herbstdemonstration-2018-in-berlin ). Nous nous réjouissons de connaître votre opinion et de vos expériences dans la lutte contre le développement vers la droite des gouvernements et de savoir aussi quels débats il y a dans la construction du front uni anti-impérialiste et antifasciste !

     Section de l’internationalisme du CC du MLPD

    Déclaration du Comité central du MLP

    Un mouvement fort contre la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois se forme de manière visible. Plus d’un million de personnes ont déjà participé à des protestations et à des actions combatives cette année : contre de nouvelles lois sur la police, contre le défrichage et les opérations de police dans la forêt de Hambach, contre la campagne de dénigrement de Seehofer et Co, pour le sauvetage en mer et une politique progressiste relative aux réfugiés, contre l’AfD et les menées fascistes, pour de meilleurs soins, des logements abordables, des garderies et pour l’avenir de la jeunesse. On s’indigne de plus en plus contre la politique monopoliste concernant la fraude criminelle des constructeurs automobiles dans l’affaire des gaz d’échappement, la pauvreté croissante des personnes âgées, l’exploitation accrue, la réduction des salaires et la division managériale dans les entreprises. Le point de départ de ce revirement progressiste de l’état d’esprit ont été les luttes ouvrières syndicales. Début 2018, plus de 1,5 million de personnes y ont participé ; ces luttes étaient imprégnées du combat pour chaque emploi et chaque emploi-formation dans diverses entreprises et pour l’égalisation et l’amélioration des conditions de travail à l’Est et à l’Ouest.

    En l’espace d’un an, il y a déjà eu trois crises gouvernementales ouvertes. La crise de confiance dans le gouvernement et dans ses partis CDU, CSU et SPD s’approfondit. Selon un sondage Forsa, 57 pour cent de tous les électeurs interrogés ne croient aucun parti capable de résoudre les problèmes en Allemagne. D’ailleurs : Bien que l’AfD gagne du terrain dans certains sondages, seulement trois pour cent des électeurs interrogés le jugent être capable de vraiment pouvoir résoudre les problèmes ! Dans presque tous les sondages, la grande coalition a perdu sa majorité et la critique de sa politique réactionnaire est répandue largement. Plus de 8 000 travailleurs du secteur de la culture ont signé une déclaration demandant la démission du ministre de l’Intérieur Horst Seehofer. Les revendications du MLPD, émises durant l’été,  exigeant la démission de M. Seehofer et réclamant de nouvelles élections, actant de fait la « destitution » de l’ensemble du gouvernement, deviennent de plus en plus des revendications de masse. Selon des sondages actuels, 49 %1 se prononcent en faveur de la réélection du gouvernement. Avec certaines concessions sociales et une démagogie inouïe, le gouvernement tente de dissimuler sa droitisation. D’autre part, Dieter Kempf, président de la Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI) [fédération des industries allemandes], a exigé le 25 septembre que « la politique doive oser plus d’économies » ; «simplement plus de politique sociale ne résout aucun des problèmes »2. En clair : imposer les intérêts des monopoles de manière plus rapide et plus cohérente. Les activités militantes opposées à la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois augmentent dans les entreprises. Cela commence par des discussions animées, se poursuit par des prises positions claires dans les assemblées du personnel et lors des récoltes de signatures, et va jusqu’à des propositions de grèves politiques contre le développement vers la droite. Pour ces dernières, un travail intensif de persuasion est encore nécessaire. Mais ce ne serait pas la première fois en Allemagne que des luttes et des grèves ouvrières font tomber des lois ou un gouvernement. Tout comme la grande grève des mineurs en 1997 avec la participation de 130 000 mineurs. Elle a faite tomber les plans du gouvernement Kohl, qui étaient de licencier 68 000 mineurs. Cette grève, avec entre autres le mot d’ordre « Le gros doit partir ! », a déclenché la fin du gouvernement ultra-réactionnaire de Kohl. Le mouvement ouvrier doit s’appuyer sur ces expériences. Pour que la résistance active obtienne la force percutante d’arrêter la droitisation, la classe ouvrière doit en être la force motrice.

    Où va le mouvement contre la droitisation ?

    Voilà ce qui s’est révélé comme force et comme attractivité particulières, ces derniers mois, dans le mouvement contre la droitisation : Différentes personnes, de la « révolution à la religion », des marxistes-léninistes aux sociaux-démocrates, des ouvriers aux artistes, des fans de football aux féministes, y travaillent ensemble sans affiliation à un parti et sur un pied d’égalité.

    En plein milieu, en tant qu’atout reconnu et épine dorsale du mouvement : Le MLPD avec son organisation de jeunes Rebell. Il est pionnier de la lutte contre la droitisation et participe, depuis déjà 2016, de façon déterminante, à la fondation de l’Alliance Internationaliste. Celle-ci compte aujourd’hui 31 organisations de soutien et 24 000 partisans. Dans son travail quotidien, elle gagne des partisans par son activité de lutte, organise une coopération sur un pied d’égalité et assume la responsabilité dans l’organisation des protestations. Le MLPD s’engage de façon cohérente pour que le mouvement contre la droitisation du gouvernement s’élargisse progressivement et reste indépendant à la fois. Le MLPD répond à la recherche croissante d’alternatives sociétales avec l’alternative révolutionnaire au capitalisme, le véritable socialisme.

    Cela signifie la libération de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, une large démocratie pour les masses et la lutte contre toute tentative réactionnaire de restaurer l’ancien ordre des exploiteurs. Et cela signifie d’apprendre des acquis de la construction socialiste, mais aussi des erreurs qui ont conduit à la trahison du socialisme dans tous les pays anciennement socialistes. Dans ce but, renforçons le MLPD et son organisation de jeunes Rebell !

    Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants voient cette évolution avec inquiétude. Déjà au début du mouvement, la CSU en Bavière, le FDP et le Bund Deutscher Kriminalbeamter [Association des enquêteurs criminels allemands] en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont demandé ouvertement l’exclusion du MLPD des manifestations. Le mouvement ne s’est pas laisser cependant diviser par cela. Dans le porte-voix des monopoles, le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 25 septembre, Reiner Burger s’inquiète actuellement : Le «consensus anti-extrémiste» se dissout dans des mouvements de protestation, tels qu’au sujet de la forêt de Hambach. Mais ce consensus est «essentiel pour l’ordre constitutionnel libéral-démocratique» – c’est-à-dire pour l’ordre capitaliste au pouvoir. Et cela inclut «l’obligation de se démarquer …. non seulement du côté droit du spectre politique, mais aussi du côté gauche». Un tel amalgame de la gauche avec la droite, du socialisme avec le fascisme, c’est de l’anticommunisme pur et une banalisation dangereuse du fascisme.

    Dans ce sens, les alliances contre les lois policières furent fracturées en Bavière, à Brême, à Göttingen, en Basse-Saxe et en Saxe, en y excluant presque simultanément le MLPD et l’Alliance internationaliste, en septembre. Dans la forêt de Hambach, lors de la grande manifestation de Hambourg « We’ll Come United » – ou lors de manifestations kurdes, des représentants du SPD, des Verts, d’Attac, des Antideutschs ou de l’appareil syndical ont agi simultanément contre la présence, les drapeaux… du MLPD avec des «arguments» fallacieux. C’est une attaque liquidatrice3 contre l’ensemble du mouvement ! Dans le cas du MLPD, les droits et libertés démocratiques les plus élémentaires ne devraient pas s’appliquer et son droit de coalition devrait être refusé ou restreint. Objectivement, en Allemagne, certains réclament la mise en place de lois telles que celles qui sont en vigueur, par exemple, dans les pays d’Europe de l’Est, avec des gouvernements fascisants : Victor Orban en Hongrie, par exemple, a fait interdire les drapeaux et les symboles de partis marxistes-léninistes.

    Qui coordonne ces attaques en arrière-plan ?

    Les forces motrices de cette scission sont les fonctionnaires du SPD/Jusos (Jeunes Socialistes) et de Bündnis 90/Die Grünen/Grüne Jugend [Les Verts et la Jeunesse Verte], ainsi que d’Attac et des groupes Antideutschs Oui, précisément, ce SPD qui est en train de perdre massivement son soutien et son prestige et qui, depuis longtemps déjà, ne peut plus s’appeler parti des ouvriers. Dans son désespoir, il a recours aux méthodes de fond de tiroir, tels que de l’anticommunisme du style d’Adenauer, avec sa persécution des communistes. Les représentants des Verts veulent apparemment faire oublier que leur parti a soutenu ou soutient avec diligence la politique monopoliste dans tous les gouvernements aux niveaux national et au sein des Länder. De l’Agenda 2010 aux opérations à l’étranger de la Bundeswehr jusqu’aux nouvelles lois sur la police ou le défrichement de la forêt de Hambach.

    En Basse-Saxe, le gouvernement du Land dirigé par le SPD prévoit de renforcer les lois sur la police réactionnaires. Au Bade-Wurtemberg, les Verts avec la CDU ont posé les premiers des points essentiels de la nouvelle loi sur la police. De tels points clés ont également été convenus en juin 2018 dans le Land de Hesse, par un gouvernement noir et vert. C’est exactement ceux qui font parti des « responsables » de ce développement vers la droite au sein des gouvernements fédéral et des Länder qui essaient maintenant d’avoir, en tant qu’« agents », un impact sur le mouvement.

    L’alliance en Basse-Saxe a été divisée par le président régional des Jeunes socialistes de là-bas, Jakob Blankenburg, – en complicité avec Paula Rahaus et Timon Dzenius, porte-paroles de la Jeunesse des Verts en Basse-Saxe. Et ceci avec des méthodes extrêmement antidémocratiques. On a fait passer un vote comme un raid, sans informer les personnes concernées et les 120 organismes d’appui – dans une assemblée de composition arbitraire et un nombre supérieur à la moyenne de partisans de la Jeunesse des Verts.

    En Bavière et à Brême, le SPD et les forces vertes étaient également les principaux acteurs de la scission du mouvement. En Basse-Saxe, on a exclus sur le champ tous ceux qui font parti de l’Alliance internationaliste ou n’ont pas de pris position contre les membres du MLPD. Ainsi par exemple l’association des femmes non affiliée à des partis « Courage » ou le Comité VW. Ceci suit la publication de la liste des prétendues « organisations proches » du MLPD, qui provient directement des services secrets « Verfassungsschutz ». Un choix sémantique, par ailleurs, contre lequel l’association des femmes « Courage » vient de gagner clairement dans le procès contre les services secrets. Stefan Laurin, ultra-réactionnaire, se vante sur son Blog « Les Ruhrbarone » [Les barons de la Ruhr], d’avoir orchestré la scission en Bavière par la mise à disposition du matériel.4 Déjà en 2010 Laurin lui-même a informé de « visites de recherche », motivées par l’anticommunisme, chez les services secrets de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Des méthodes telles que l’espionnage, des intrigues anticommunistes ou la diffamation vont-elles maintenant jusque dans le mouvement ? N’est-ce pas exactement contre cela qu’il a démarré ? Quiconque participe à ces attaques, qu’il se dise anarchiste, anti-allemand ou autre, est impliqué dans cette affaire. Les méthodes sont pour la plupart complètement arbitraires et extrêmement anticommunistes. On prétend avoir entendu dire que là où le MLPD collabore, il y aurait du « stress ». Ce qu’on entend par là est une chose qui reste toujours dans le noir, pas une seule « preuve » présumée a pu être maintenue jusqu’à présent. Le « stress » est causé uniquement par les diviseurs et les anticommunistes qui veulent à tout prix « liquider » les alliances du MLPD. Qui d’autre se sentirait dérangé par la participation sans stress et sur un pied d’égalité du MLPD, par un drapeau du MLPD lors d’une manifestation ou par des représentants du MLPD aux réunions des alliances,  parmi jusqu’à 120 organisations ?

    Quel est l’objectif des liquidateurs ?

    Il s’agit d’orienter les protestations de masse dans des voies assouplies, conformes au capitalisme, parlementaires et donc sans danger pour les forces dirigeantes. Ce qui détruirait leur caractère indépendant et leur orientation claire contre le gouvernement et tous les partis au pouvoir. Le MLPD et d’autres forces révolutionnaires et conséquentes avec leur critique fondamentale du capitalisme entravent cet objectif. Pourtant, si les révolutionnaires et les marxistes-léninistes « sont évincés » de ce mouvement, alors il est mort !

    Cela nous mène au comportement d’Attac en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (RNW). Un membre du Conseil de coordination à l’échelle nationale d’Attac (Sabine Lassauer) a ébruité lors de la réunion de l’Alliance RNW le 25/8/18, que la tentative de scission anticommuniste échouée de l’alliance RNW avait été convenue au sein du Conseil allemand d’Attac en juillet. Déjà en 2003 et 2004, l’organisation Attac s’est distinguée par des manœuvres de scission contre le mouvement indépendant et de masse des manifestations du lundi contre les lois Hartz et l’agenda 2010. La tentative d’exclusion du MLPD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie s’est accompagnée de la tentative de transformer la lutte contre la nouvelle loi sur la police en « accompagnement critique » du processus législatif et d’accepter ainsi l’essence de la nouvelle loi sur la police. Ceci a été formulé dans un e-mail d’un groupe autour de Sabine Lassauer dans la nuit du 24 au 25/8/18 de la façon suivante : « Nous considérons toujours qu’il est extrêmement important d’accompagner le processus législatif de manière critique et avec des forces regroupées. … En outre, nous ne considérons pas qu’une autre grande manifestation au niveau des Länder soit une forme de protestation tactiquement sensée pour de nombreuses raisons et nous ne participerons pas à son organisation ». Cette capitulation ouverte devant la lutte contre le gouvernement des CDU/FDP du Land a été rejetée par la grande majorité de l’alliance du NoPG [non à la loi sur la police].

    La page d’accueil « Belltower » se présente comme un fournisseur de mots-clés en matière de dénigrement et de diffamations contre le MLPD. C’est un organe des soi-disant « Antideutschs ». Ce « mouvement » réactionnaire est sans aucune importance parmi la masse de la population. Valet des forces impérialistes ultra-réactionnaires d’Israël ou des États-Unis et des cercles des services secrets en Allemagne il a été utilisé comme roquet contre le MLPD pendant les mois passés. Ses adversaires l’inondent de reproches abstrus d’«antisémitisme», selon la devise, « un peu de saleté va toujours éclabousser ». En fait, ce sont eux qui soutiennent le développement extrême vers la droite du gouvernement impérialiste d’Israël. Celui-ci ne respecte même pas les résolutions de l’ONU, qui exigent les droits de l’homme les plus élémentaires. La page d’accueil, nommée ci-dessus, a écrit après des attaques anticommunistes sur une manifestation antifasciste à Solingen : « Au plus tard après ce nouveau scandale (qu’ils ont eux-mêmes organisé de manière provocante – l’auteur), un consensus de gauche est nécessaire pour que l’apparition de cette secte stalinienne antidémocratique MLPD ne soit plus tolérée, à l’avenir, lors des manifestations de gauche ».5 Ce site appartient à la Fondation Amadeo Antonio, qui est financée à 52 % par des fonds du gouvernement fédéral (870 000 euros par an). Stephan Kramer, président de l’Office des services secrets de Thuringe siège au Conseil de fondation !

    Les services secrets de Thuringe sont du même acabit que la NSU, la bande des meurtriers fascistes, et sont notoires pour le camouflage de leurs liens avec l’Etat. Jusqu’à nos jours sous Kramer, cela n’a pas été analysé et assumé, et les anciennes structures n’ont toujours pas été détruites. De telles forces se cachent souvent derrière un masque pseudo-antifasciste. Mais : se réduire à la lutte contre l’antisémitisme, nier le rôle des communistes dans la résistance antifasciste – c’est de l’« antifascisme » bourgeois sur la base de l’anticommunisme. Celui-ci divise la résistance antifasciste contrairement au consensus largement établi d’un large mouvement antifasciste et non affilié à des partis, au plus tard depuis « Dresde libre de nazis » !

    Il faut reconnaître ces différentes mises en scène d’un théâtre de diffamation comme ce qu’elles sont : la tentative organisée de partis bourgeois et de forces réactionnaires qui vise à détruire le mouvement politique indépendant. De telles forces ne font pas partie du mouvement, mais ce sont des agences de la droitisation en Allemagne. Elles n’ont rien à faire dans le mouvement !

    Les machinations des liquidateurs rencontrent de plus en plus de problèmes, de questions et de résistance. Partout les forces augmentent, qui s’engagent pour la coopération sur un pied d’égalité, non affiliée à des partis, qui ont de l’estime pour le MLPD et sont outrées par les méthodes antidémocratiques. C’est ce que les manifestations de masse ont montré le week-end du 28 et 29 septembre à Berlin, à Cologne, à Hambourg et dans la forêt de Hambach. Les tentatives d’exclusion constatées n’y ont rencontré aucune sympathie et le MLPD était un composant actif et marquant. Le 28 septembre 2018, le comité directeur du Linkspartei [parti de gauche] de Basse-Saxe a adopté la résolution suivante : « 1. Lors de la dernière plénière de l’alliance à l’échelle du Land, les représentant-e-s de notre parti ont été complètement surpris de cette demande d’exclusion ad hoc (contre le MLPD et d’autres – l’auteur). Ils ont réclamé qu’une question d’alliance d’une si grande ampleur aurait dû être annoncée dans l’ordre du jour, et qu’une telle décision ne peut pas être soumise à la simple majorité des personnes présentes, notamment pas dans de telles circonstances. …

    2. L’exécutif du Linkspartei du confirme expressément ce comportement de nos représentant-e-s …. dans cette affaire d’alliance (le refus de l’exclusion – l’auteur) et recommande à nos membres qui travaillent dans des alliances locales, d’agir dans le même esprit. … 4. En même temps, il s’agit de tout faire pour que l’effet de l’alliance NoNPROG [non à la loi sur la police en Basse-Saxe], après un bon début, augmente encore considérablement son impact politique, au lieu de s’occuper de sensibilités internes ! »Le militant d’un conseil de réfugiés a formulé à l’occasion d’une réunion de l’alliance nationale contre les lois sur la police : « Je trouve étrange qu’on se prononce ici surtout contre le MLPD, si quelqu’un n’a rien à faire ici, ce sont le SPD et les Verts. »

    Ce qui compte maintenant – une résistance active au lieu de capituler devant le développement vers la droite du gouvernement !

    Il est urgent d’unir les forces. Il faut qu’un mouvement fort et organisé s’accroisse qui peut arrêter le développement alarmant. Qui ne s’inquiète pas de la préparation à la guerre par les impérialistes, du démantèlement des droits et libertés démocratiques, de l’augmentation croissante de l’inégalité sociale ? Afin de devenir puissant et fort, le mouvement a besoin de principes clairs : un véritable caractère de non-affiliation à des partis, une ouverture idéologique, une large démocratie dans la prise de décisions, une indépendance financière, une coopération égale sur la base de la lutte commune et sur un pied d’égalité, une culture de débat démocratique et une concertation étroite avec le mouvement ouvrier.

    Le MLPD ne se laissera pas décourager de renforcer et développer la lutte contre le développement vers la droite du gouvernement et des partis bourgeois en commun avec beaucoup d’alliés dans des alliances démocratiques – aussi avec les membres honnêtes des Verts et du SPD. Il œuvre pour que la grande manifestation du 13/10/18 à Berlin devienne un signal de la lutte commune et cohérente contre le développement vers la droite. Cela aussi doit s’imposer contre la ligne de faire du mouvement de masse le jouet des partis bourgeois et de leur campagne électorale et de falsifier les revendications dans le sens d’illusions d’un « capitalisme pacifique et social ».

    Pour la résistance active contre la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois – au lieu de la division et de la capitulation !

    1Kurier.at 21-9-18

    2Süddeutsche Zeitung 244-9-18

    3Courant liquidateur : activité scindée et destructrice dans le mouvement syndical.

    4 https://www.ruhrbarone.de/bds-anhaenger-unter-druck/158833 (01.10.2018)

    5 www.belltower.news/artikel/eine-erinnerung-den-25-Jahre-zurückliegenden-mörderischen-brandanschlag-solingen-13737, 28/05/2018

  • Déclaration en solidarité avec le PML(RC) !

    Déclaration en solidarité avec le PML(RC) !

    Solidarité avec le PML(RC) !

    Le Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction Communiste), membre de l’ICOR (Coordination Internationale des Organisations et Partis Révolutionnaires) , subit les foudres de la répression en Espagne. 13 de leurs membres, ainsi qu’un ressortissant Kurde, passent devant les tribunaux de l’Etat Espagnol, cette semaine. Le crime invoqué ? Le fait, pour deux d’entre eux, d’être partis combattre, en 2013, les fascistes de l’Etat Islamique au côté d’autres volontaires internationaux, au sein du Bataillon des Volontaires Internationaux au Rojava (Nord de la Syrie).

    Dans l’esprit des Brigades Internationales, de nombreux volontaires sont allé rejoindre les combattants et les combattantes de la liberté. Beaucoup sont tombés, également, sous les balles de Daesh ou celles de l’Etat turc. C’est également l’occasion de leur rendre hommage.

    Depuis leur retour, l’Etat espagnol n’a eu de cesse de chercher à les mettre en accusation. La justice et la police se sont échinés à trouver les moyens de les conduire devant les tribunaux. La participation à cette brigade internationale et à la campagne de solidarité internationale vers le BIL ont ainsi été retenus comme charges. Depuis le 26 janvier 2016, une instruction est ouverte envers eux. Cela peut leur valoir entre 9 et 20 ans de prison pour le fait d’avoir pratiqué une solidarité révolutionnaire et antifasciste concrète. Ainsi, l’Etat espagnol veut les condamner comme soutenant le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Cette accusation sert plusieurs objectifs. Le PML(RC), est une organisation qui déplaît profondément aux réactionnaires espagnols. Il s’agit d’un Parti Communiste combatif, structuré, organisé, qui gagne en influence et en force au fur et à mesure des années. En ciblant leur solidarité internationale, l’Etat espagnol cherche à détruire ce parti. Déjà en 2016, le parti a été interdit plus d’un an, ses locaux fermés, ses comptes gelés. Aujourd’hui, l’Etat espagnol espère donner le coup de grâce !

    Mais le démarrage du procès n’a pas anéanti le PML(RC), ses militants et militantes sont restés mobilisés, devant le tribunal. La justice s’est ridiculisée, en basant son accusation sur des conversations par messages, sur des mails, mais sur aucune action illégale en soi.

    Ses camarades internationaux, dans l’ICOR ou en dehors, se sont également mobilisés pour exprimer leur solidarité. Chaque coup de maillet de la justice trempe un peu plus l’acier des organisations communistes !

    Comme eux-mêmes nous l’ont écrit : « Qu’importe ce qui arrivera lors de ce procès, nous porterons toujours le drapeau de la classe ouvrière d’Espagne. Nous continuerons a nous battre jusqu’à ce que nous puissions chasser la bourgeoisie de notre pays ! »

    Aujourd’hui en Espagne, demain ici ?

    La situation du PML(RC) n’est pas une situation unique. Elle n’est pas une situation isolée. Elle est le terrible reflet du durcissement de l’attitude des bourgeoisies envers les forces progressistes, les forces antifascistes, les forces révolutionnaires.

    Certes, l’Espagne est spécifique, dans le sens où les dispositifs juridiques hérités du franquisme sont toujours en vigueur. Il y est facile de réprimer avec la plus grande violence, comme cela s’est vu au Pays Basque ou en Catalogne. Mais il ne faut pas croire que la monarchie absolue maquillée en démocratie soit seule à frapper, même en occident.

    En Allemagne, en Italie, en Hongrie, en Ukraine, en Russie tout comme en France également, le climat se tend, les politiques se durcissent. Et ceux qui les mènent ne reculent devant aucune bassesse.

    Ainsi, en France, les mouvements sociaux, les organisations politiques antifascistes et révolutionnaires sont en première ligne de la répression.

    Dans le cas du PML(RC), l’accusation s’est portée sur le fait que les militants et militantes de cette organisation seraient des soutiens du Parti des Travailleurs du Kurdistan. C’est là une manœuvre vicieuse. Officiellement, le PKK est sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne. Mais il existe une certaine forme de tolérance, tolérance variable, toujours motivée par des idées sous-jacentes. Il arrive même parfois que, pour des raisons tactiques, les Etats d’occident soutiennent politiquement ou viennent en aide logistiquement ou matériellement à la resistance Kurde contre l’opression fasciste ou dictatoriale.

    Même des réactionnaires comme BHL, parfois, par opportunisme, déclarent de grandes phrases de soutien aux combattantes et combattants de la liberté. Ce sont des menteurs habiles, toujours prompts à utiliser les causes qui tiennent à cœur aux masses.

    Mais les gouvernements se réservent le droit d’appliquer la loi quand bon leur semble, et de faire condamner qui bon leur semble dès lors que cela les arrange. Si demain la France se décide à faire appliquer la loi, elle pourrait rafler tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont pu fournir une aide, même minime, à des individus liés, même de très loin, au Parti des Travailleurs du Kurdistan.

    Pas besoin de nouvelle loi, pas besoin de s’embarrasser de la non-rétroactivité de celle-ci. Ce qui était toléré hier peut devenir une charge dans un procès demain.

    Ce qui se passe là-bas peut se passer ici aussi dès demain, si la haute bourgeoisie juge qu’il est temps de faire tomber son couperet.

    Si les luttes s’intensifient, si les organisations populaires et révolutionnaires se renforcent, si le dégoût de son ordre injuste et criminel croît, elle ripostera.

    Nous avons besoin, progressistes, antifascistes, révolutionnaires, d’être soudés et solidaires dans et hors de nos frontières. Nous ne formons qu’un seul front, qu’une seule ligne contre les réactionnaires, contre les impérialistes, contre les capitalistes. Cette ligne doit être solide, ou elle sera écrasée.

    Nous réclamons la fin des poursuites contre le PML(RC), contre les internationalistes et les antifascistes menacés !

    Nous réclamons que le PKK soit retiré de la liste des organisations terroristes et que cesse la politique hypocrite de la part de l’UE à son égard !

    L’Unité Communiste de Lyon, membre des amis de l’ICOR, salue le PML(RC) et son combat !

    Vive l’ICOR, vive le PML(RC), vive le communisme !