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  • ICOR : Message de solidarité

    ICOR : Message de solidarité

    Nous, camarades de plusieurs organisations de l’ICOR en Europe, nous envoyons nos salutations communistes et solidaires à nos camarades du Parti Maoïste de Russie membre de l’ICOR. Vous avez décidé d’organiser des manifestations et de contribuer à organiser la lutte des femmes qui est fragmentée dans tout le pays.

    Nous saluons et soutenons votre initiative et votre courage face à la répression qui s’intensifie. Nous sommes sûrs que vous mener votre lutte avec prudence pour que nos organisations se renforcent dans l’avenir.

    Votre action a lieu dans un contexte où les pays occidentaux sont eux aussi en pleine propagande de guerre, et où l’accès à l’information sur les luttes en Russie est difficile. Soutenir nos camarades c’est soutenir les luttes progressistes, démocratiques et révolutionnaires de Russie. C’est contribuer à la paix et non à la guerre.

    Nous allons faire connaître votre lutte dans nos pays et nous appelons à un soutien large au mouvement des femmes combatives en Russie ! Les droits des femmes sont attaquées de partout et dans beaucoup de pays. Mais les femmes se défendent et luttent ! La 3ème conférence mondiale des femmes de la base qui se prépare pour le mois de septembre en Tunisie renforcera nos liens et notre solidarité ! Le combat contre l’exploitation et l’oppression ne peut se passer de « la moitié du ciel», des femmes et du féminisme !

    Camarades de plusieurs organisations de l’ICOR en Europe, 22 Mai 2022

  • Le Parti Maoïste de Russie appelle à une journée d’action le 22 mai 2022 sous le slogan « Le féminisme n’est pas toxique »

    Le Parti Maoïste de Russie appelle à une journée d’action le 22 mai 2022 sous le slogan « Le féminisme n’est pas toxique »

    Nous publions cet appel du Parti Maoïste de Russie à une journée d’action en faveur du féminisme le 22 mai. En effet, en Russie, le pouvoir promeut une vision traditionnaliste et rétrograde de la société. Considérés comme des idées occidentales « extrémistes », les mouvements féministes et LGBT sont accusés de saper les bases de la société russe. Avec la guerre, une fracture encore plus grande s’est formée entre Russie et Occident. Cela accentue la pression sur celles et ceux qui veulent connaître une évolution des mœurs et des rapports sociaux et familiaux. Il ne faut pas oublier que, en 2016, le gouvernement Russe avait déjà dépénalisé les violences conjugales. Nos camarades du RPM sont en première ligne face à la répression : leur travail est irremplaçable ! Soutenons les et soutenons l’ICOR !

    Contre la censure anti-féministe et la répression en russie!

    Après la chute du capitalisme bureaucratique en 1991, le mouvement des femmes de masse de la Russie a commencé à se développer progressivement. Cette évolution a été facilitée par la disparition de la pression du révisionnisme soviétique et par un fort échange culturel avec les pays occidentaux. Mais la base la plus importante du développement du féminisme russe a été les réformes néolibérales du gouvernement, qui ont gravement affecté la position des femmes dans la société. Le nombre d’emplois féminins a diminué en raison de l’effondrement de secteurs entiers de l’économie. Les revenus des femmes ont été touchés par la baisse générale du niveau de vie. Le nombre de femmes impliquées dans la prostitution a augmenté et les femmes ont été activement exportées à l’étranger. Dans les années 1990, la situation criminelle ne s’est pas améliorée en raison du niveau élevé de banditisme et de la grande consommation d’alcool. Tout cela a conduit à un niveau élevé et constant de violence à l’égard des femmes. Toutefois, le gouvernement Eltsine n’a pas mené une politique antiféministe active.

    Une nouvelle étape dans le développement du mouvement de femmes massif a commencé avec la montée en puissance du Nouvel Impérialisme en Russie et l’accession au pouvoir de Poutine. Comme dans tout pays néo-impérialiste, la Russie a vu à la fois la progression des mouvements de libération et une croissance réciproque du fascisme de régime et des transformations réactionnaires de la société. Depuis la fin des années 2000, le gouvernement russe, de plus en plus clérical et antidémocratique, s’est mis à prôner systématiquement la restriction de l’avortement dans le pays (« semaine de silence », consultations d’un psychologue et d’un prêtre, interdiction soudaine de l’avortement pendant une semaine dans certaines régions du pays, discours sur la nécessité d’adopter l’expérience allemande des articles 218-219 du code pénal allemand). En 2013, une loi homophobe et lesbophobe contre la « propagande de l’homosexualité » a été adoptée, suivie d’une répression contre la communauté LGBT. En 2017, les violences domestiques ont été légalisées en Russie.

    Parallèlement, la rhétorique de la maternité imposée (dans le contexte d’un programme d’incitation à la fécondité assorti de récompenses en espèces pour avoir de nombreux enfants) et de l’anti-féminisme par les représentants du parti au pouvoir Russie Unie (« Единая Россия »), ainsi que par l’opposition de poche de Poutine représentée par le CPRF, le LDPR et Russie Juste (« Справедливая Россия »), s’est renforcée. Dans le même temps, le mouvement des femmes russes se développait activement. Alors qu’au début des années 2010, le féminisme russe empruntait beaucoup aux tendances occidentales du mouvement des femmes et s’appuyait sur le soutien de fondations occidentales pour ses activités, dans la seconde moitié des années 2010, le féminisme russe s’est massivement orienté vers des positions féministes radicales, qui disposaient d’une base de masse plus solide. Le début de l’année 2019-2020 a vu les premières grandes manifestations de rue des féministes, alors que la Douma d’État de la Fédération de Russie examinait une loi contre les violences domestiques (qui n’a finalement pas été adoptée). Le mouvement des femmes russes connaît également une croissance rapide sur les médias sociaux. Mais malheureusement, le mouvement est encore décentralisé. Toutes les tentatives de créer une organisation féministe/un parti féministe pan-russe ont jusqu’à présent échoué. Les féministes sont dispersées dans les villes. Dans certaines villes, il existe 2 ou 3 organisations féministes qui sont en désaccord les unes avec les autres.

    En mai-juin 2021, plusieurs députés de Russie Unie (Inga Yumasheva, députée à la Douma d’État et membre du Comité de la famille, des femmes et des enfants ; Vitaly Milonov, député à la Douma d’État et politicien homophobe bien connu en Russie) et Gennady Zyuganov, chef du Parti communiste de la Fédération de Russie, se sont prononcés en faveur de l’interdiction du féminisme radical en Russie. Milonov a appelé à assimiler les féministes russes aux terroristes et aux néo-nazis. Le 29 septembre 2021, Andrey Tsyganov, président de la commission pour la protection des enfants contre les contenus destructeurs sous l’égide de Roskomnadzor, a suggéré que le mouvement LGBT, les féministes radicales et le mouvement Child Free (c’est-à-dire les personnes qui ne veulent pas avoir d’enfants) soient déclarés extrémistes (c’est-à-dire terroristes et interdits en Russie).

    Enfin, le 29 janvier 2022, Vladimir Poutine a demandé au chef de cabinet adjoint Sergey Kirienko, lors du Conseil russe des droits de l’homme, d’envisager la création d’un registre des « contenus toxiques » d’ici le 1er juin. Par « contenu toxique », l’ordre de Poutine inclut le féminisme radical, les LGBT et la liberté des enfants, mis sur un pied d’égalité avec la violence, la zoophilie et l’anti-vaccination, d’une part. Il est également important de noter que les officiels comprennent le féminisme radical comme n’importe quel type de féminisme, car ils ne sont pas au courant des tendances. Pour eux, tout ce qui nécessite un changement dans la position des femmes en Russie est radical. Cette dernière initiative, si elle est couronnée de succès, aura un impact sérieux sur les droits des femmes et des personnes LGBT en Russie, ce sur quoi compte la bourgeoisie monopolistique, qui la promeut par le biais de ses politiciens réactionnaires.

    Le féminisme russe reste fragmenté pour l’instant. Le mouvement des femmes en Russie a également été durement touché par la vague d’émigration massive de militants démocratiques du pays après le déclenchement de la guerre d’agression contre l’Ukraine. Le mouvement LGBT a été sévèrement étouffé par la répression ces dernières années. La guerre impérialiste avec l’Ukraine est une excuse commode pour imposer le fascisme et les réformes réactionnaires. Le régime de Poutine évolue rapidement vers une dictature fasciste, une censure totale et une répression de masse.

    Le parti maoïste russe prépare activement une protestation contre l’initiative anti-femmes de la bourgeoisie russe. Nous avons programmé les premières manifestations panrusses pour le 22 mai. Nous essayons d’unir le mouvement féministe dans le pays, nous mettons en place un comité de résistance, nous renforçons l’initiative sur le terrain. Nous essayons d’impliquer dans la lutte toutes les forces démocratiques, de femmes et de jeunes qui seront affectées par l’initiative de répression et de censure des autorités russes.

    Nous appelons nos camarades d’ICOR des autres pays à faire preuve de solidarité internationale et à organiser des actions de solidarité avec notre lutte pour la liberté des femmes en Russie, la lutte pour la démocratie et le socialisme réel le 22 mai 2022.

  • ICOR : En mai, les journées internationales de lutte pour les droits des travailleurs, la paix, la liberté et le socialisme !

    ICOR : En mai, les journées internationales de lutte pour les droits des travailleurs, la paix, la liberté et le socialisme !

    Le 1er mai 2022 et le 8/9 Mai 2022 ‒ Journées internationales de lutte pour les droits des travailleurs, la paix, la liberté et le socialisme !

    Résistance active à toute guerre impérialiste

    Le 1ᵉʳ mai 2022, en tant que journée internationale de lutte de la classe ouvrière, est placé sous le signe d’une invasion barbare de l’impérialisme russe en Ukraine et d’une aggravation massive du danger général de guerre inter-impérialiste et de guerre mondiale. Des pays impérialistes ou bien les blocs de Russie et des États-Unis en tant que principal fauteur de guerre dans le monde en association avec l’OTAN s’affrontent de manière différente sur le territoire ukrainien – avec le potentiel d’une troisième guerre mondiale.

    Les 8 et 9 mai symbolisent la victoire des Alliés, en particulier de l’Armée rouge de l’Union soviétique socialiste sur le fascisme hitlérien en 1945. Les masses en Russie et en Europe de l’Est célèbrent ce jour jusqu’à maintenant et l’ICOR l’a élevé au rang de journée de lutte contre la guerre.

    La classe ouvrière internationale, en particulier le prolétariat industriel international sont mis au défi de constituer l’épine dorsale décisive de la lutte des masses, des travailleurs, des femmes, des jeunes, des écologistes, des antifascistes contre l’impérialisme et, aujourd’hui, tout particulièrement, contre le danger imminent d’une III guerre mondiale nucléaire.

    L’interaction entre la crise économique et financière mondiale persistante, la pandémie de Corona, l’intensification dès à présent de l’armement à l’échelle mondiale et la transition accélérée vers une catastrophe écologique mondiale ont affecté la vie des masses populaires dans le monde entier, au point de remettre en question leurs bases d’existence. L’inflation augmente rapidement, rendant la vie toujours plus difficile à financer pour les masses populaires de plus en plus grandes. On estime que 17 millions de personnes sont mortes de Covid-19. Beaucoup seraient encore en vie si elles avaient été vaccinées. Mais les pays impérialistes et les monopoles continuent de protéger avidement leurs brevets générateurs de profits au détriment de la vie de millions de personnes. 160 millions de personnes de plus ont été plongées dans la pauvreté. Dans plus de 100 pays, les prestations sociales et de santé acquises de haute lutte ont été réduites, voire supprimées, pendant la crise. Des millions d’emplois ont été détruits ou sont sur la liste noire.

    Les masses populaires se défendent dans des manifestations, des actions de résistance, des grèves et des mouvements quasi-insurrectionnels. Elles défendent leurs intérêts existentiels lors d’émeutes de la faim et de luttes contre l’inflation et la politique des prix monopolistiques des groupes énergétiques.

    ICOR s’est clairement positionnée. Il s’agit maintenant de passer de la parole aux actes : Le 1ᵉʳ mai est en particulier le jour où nous faisons le bilan du renforcement de l’ICOR et de toutes nos organisations membres afin de faire retentir dans le monde entier le cri : en avant vers le socialisme et le communisme ! Ce n’est qu’alors, avec la conquête du pouvoir par le prolétariat, que la voie sera ouverte pour que les guerres impérialistes, l’exploitation et l’oppression des travailleurs et des larges masses, la destruction de l’environnement et l’absence de perspectives pour la jeunesse appartiennent au passé.

    Résistance active :

    • Non à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine !
    • Non à toute politique impérialiste ‒ renforçons la lutte anti-impérialiste contre le danger d’une guerre mondiale ‒ renforçons le Front uni anti-impérialiste et antifasciste !
    • Contre le transfert des fardeaux de la guerre et de la crise sur le dos des travailleurs et des masses laborieuses !
    • Pour le droit des nations à disposer d’elles-mêmes !
    • Vive l’amitié entre les peuples ukrainiens et russes !
    • Lutte mondiale pour la démocratie, la paix, la liberté, le socialisme !

    Signataires (en date du 27/04/2022, d’autres signataires sont possibles) :

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PCT Parti Comuniste du Togo
    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    11. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    12. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    13. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    14. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    15. UC Unité Communiste, France
    16. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    17. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    18. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    19. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    20. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
    21. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    22. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    23. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    24. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    25. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    26. OAPCM Organización Apoyante del Partido Comunista de México (Organisation de soutien du Parti communiste du Mexique)
    27. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    29. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    30. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    31. ROL Revolutionary Organization of Labor (Organisation révolutionnaire du travail), États Unis
  • ICOR : Solidarité avec les travailleurs et les masses populaires au Kazakhstan

    ICOR : Solidarité avec les travailleurs et les masses populaires au Kazakhstan

    Au début de l’année 2022, des manifestations de masse contre le pouvoir se sont répandues dans plusieurs villes du Kazakhstan. L’élément déclencheur a été le doublement du prix du gaz liquide. Les travailleurs de l’industrie, en particulier ceux du pétrole, du gaz et de l’acier, se sont mis en grève, ont bloqué les routes et organisé des manifestations. Les luttes ont commencé dans l’ouest du pays et se sont propagées de manière explosive dans tout le pays, y compris dans la capitale Nour-Soultan et la métropole économique Almaty.

    Le Kazakhstan a été gouverné pendant des décennies par le potentat Noursoultan Nazarbaïev. Même sous la présidence de Kassym-Jomart Tokaïev, qui lui a succédé en 2019, la famille Nazarbaïev a conservé son influence et ses possibilités d’enrichissement. Les protestations ont un caractère insurrectionnel et sont dirigées contre le gouvernement corrompu et ses abus de pouvoir.

    La police et l’armée répriment les protestations avec une brutalité fasciste intransigeante. La police et l’armée ont reçu l’ordre de tirer et ont abattu au moins 225 manifestant.e.s. Les protestataires ont résolument attaqué les bâtiments détestés du gouvernement, des maires et des services secrets. Toutes les forces impérialistes tentent d’assurer leur influence et certains essaient d’exploiter à leur profit ce soulèvement justifié des masses populaires. Le 5 janvier 22, le président Tokaïev a limogé le gouvernement, annulé l’augmentation du prix du gaz et occupé les postes influents de Nazarbaïev avec ses propres hommes. Cela n’a pas suffi à apaiser les masses. Le 6 janvier, des troupes de l’alliance « Organisation du traité de sécurité collective » (OTSC), menées par des soldats russes, sont arrivées au Kazakhstan « à l’invitation de Tokaïev, avec le soutien de la Chine. L’impérialisme russe a ainsi pris l’avantage sur ses rivaux impérialistes et leur annonce sans équivoque sa prétention impérialiste à la prise de pouvoir sur ce pays important pour lui sur le plan géostratégique, économique et militaire. Cela ne laissera pas les impérialistes occidentaux en paix et aggrave également le risque de guerre à ce point névralgique.

    Après 30 ans, les habitants de plusieurs anciennes républiques soviétiques en ont assez des dirigeants qui se sont imposés après la chute de l’Union soviétique et qui se sont immensément enrichis par l’exploitation la plus brutale des travailleurs et des matières premières. L’arbitraire et la brutalité du pouvoir d’État règnent, les droits et les libertés démocratiques n’existent pas dans les faits. Outre les impérialistes russes et la Chine, les impérialistes de l’OTAN et de l’UE veulent désormais garantir leur accès à ces richesses et leur influence.

    Halte aux méthodes fascistes de répression

    Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue, notamment dans la mégapole d’Almaty. Plus de 3 000 arrestations ont eu lieu, selon la chaîne publique Khabar. Le président Tokaïev ordonne « des opérations antiterroristes » qui doivent durer jusqu’à « l’élimination complète des combattants ». Entre-temps, les protestations de masse justifiées ne sont plus seulement dirigées contre les augmentations drastiques des prix de l’énergie. En 2011 déjà, les forces de sécurité avaient tiré sur des grévistes du pétrole à Janaozen et tué 16 d’entre eux. Le gouvernement fasciste ne cesse de s’en prendre aux syndicats indépendants.

    Les prises de position diffusées dans les médias bourgeois occidentaux, qui appellent à renoncer à la violence, méconnaissent complètement qui sont les oppresseurs et qui sont les opprimés.

    ICOR exprime sa pleine solidarité aux travailleurs, aux femmes et aux jeunes qui protestent. C’est une méthode typique que les personnes qui descendent dans la rue pour leurs revendications légitimes soient traitées de « terroristes », avec le motif de réprimer leur protestation de la manière la plus brutale.

    Liberté pour tous les détenus politiques sur une base antifasciste !
    Pour le droit de faire grève et de manifester en masse !
    Pour la démocratie, la liberté, la paix et le socialisme !

    Signataires (en date du 21/1 2022, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PCT Parti Comuniste du Togo
    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    13. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    14. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    15. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. UC Unité Communiste, France
    17. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    18. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    19. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    20. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    21. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    24. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    25. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    26. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    27. OAPCM Organización Apoyante del Partido Comunista de México (Organisation de soutien du Parti communiste du Mexique)
    28. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    29. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    30. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    31. ROL Revolutionary Organization of Labor (Organisation révolutionnaire du travail), États Unis
  • ICOR: Afghanistan, Contre toute ingérence impérialiste ou expansionniste!

    ICOR: Afghanistan, Contre toute ingérence impérialiste ou expansionniste!

    Les travailleurs et les femmes, le peuple d’Afghanistan ne peuvent se libérer que par eux-mêmes !

    Le retrait des États-Unis et d’autres pays de l’OTAN ainsi que d’Australie et de la Nouvelle Zélande manifeste la défaite désastreuse de l’OTAN. Pour l’impérialisme américain c’est la plus grande défaite depuis la guerre du Vietnam. Jusqu’à aujourd’hui, le peuple afghan n’a pas accepté l’occupation par les impérialistes qui dure depuis 20 ans !

    Les événements et la situation sanglants et tragiques actuels en Afghanistan sont le résultat de la politique et de la pratique coloniales et réactionnaires du social-impérialisme, de l’impérialisme et de la réaction au cours des quarante dernières années. Pendant la guerre de résistance nationale en Afghanistan contre l’armée d’invasion dans les années 1980, le bloc USA-OTAN était activement impliqué en Afghanistan, ce qui a conduit à l’invasion de l’Afghanistan et son occupation par les États-Unis et leurs alliés qui a duré 20 ans.

    Depuis des décennies, l’Afghanistan est la cible de l’exploitation impérialiste – depuis 1979 par l’Union soviétique social-impérialiste, au plus tard depuis 2001 par les États-Unis et leurs alliés. Un prétexte pour l’attaque de l’Afghanistan a été spécialement construit à partir des attaques terroristes inhumaines du 11 septembre 2001. Mais la toile de fond, c’est aussi la richesse du pays en ressources naturelles et sa position géopolitique. Le retrait actuel est l’expression d’un changement d’orientation stratégique de l’OTAN, mais aussi du fait que les États-Unis et leurs alliés ont complètement mal évalué la situation en Afghanistan. Quoique les États-Unis et l’OTAN démantèlent leur occupation ouverte en Afghanistan, ce n’est pas la fin de l’influence impérialiste. Cela peut entraîner un déplacement considérable des forces dans l’ensemble de la région. La Chine, la Russie, le Pakistan, la Turquie, l’Iran – tous poursuivent leurs propres intérêts impérialistes ou bien régionaux expansionnistes et veulent utiliser le peuple afghan à cette fin.

    L’ICOR soutient et lutte pour le rejet de toute ingérence, occupation et exploitation impérialistes et expansionnistes de l’Afghanistan !

    Dans le même temps, le règne des talibans fascistes doit être combattu. Cette force islamiste intégriste qui vise à instaurer la charia selon leur interprétation réactionnaire, a été constituée par les États-Unis dans les années 1990 comme un rempart contre les mouvements de libération dans la région. Son idéologie et sa pratique sont profondément anti-humaines et anti-femmes. C’est de la pure hypocrisie si les États-Unis, l’Allemagne, la France et d’autres puissances impérialistes versent maintenant des larmes de crocodile parce que la démocratie et les droits des femmes en Afghanistan sont en danger. Cela ne les a jamais intéressés et ce n’était que la façade sous le manteau humanitaire de leur intervention impérialiste. L’ICOR soutient résolument la lutte légitime et juste du peuple afghan, y compris les femmes opprimées, les forces progressistes et démocratiques pour leur liberté sociale et nationale. À bas les talibans !

    Le peuple afghan a besoin du soutien international pour reconstruire le pays à partir des ruines, laissées par les États-Unis. L’ICOR soutient les partis et organisations révolutionnaires et démocratiques en Afghanistan qui mènent maintenant la lutte pour la libération dans les conditions les plus difficiles. La libération de l’Afghanistan ne peut être que la cause du peuple afghan. Pendant tout ce temps, les États-Unis ont soutenu les talibans, notamment en libérant des centaines de talibans de Guantánamo. En outre, les gouvernements afghans sous l’occupation étaient tous des gouvernements réactionnaires, islamistes et corrompus, et pas du tout démocratiques. Aujourd’hui, il faut renforcer les forces révolutionnaires et d’autres forces démocratiques et développer la solidarité internationale. C’est avec respect que nous soutenons toutes les forces révolutionnaires, démocratiques et marxistes-léninistes qui restent dans le pays afin de poursuivre la lutte. Mais les démocrates afghans ont aussi le droit de fuir et les États impérialistes doivent les accueillir, au lieu de les faire vivre dans des conditions inhumaines dans des pays qui ont déjà accueilli des réfugiés en grand nombre,

    Le principe de l’ICOR s’applique : aucune lutte de libération dans le monde ne doit être isolée !
    Vive la solidarité internationale !
    Toutes les troupes impérialistes hors des autres pays !
    Renforçons la lutte de libération du peuple afghan ! Soutenons la construction d’organisations et de partis révolutionnaires, anti-impérialistes et démocratiques forts en Afghanistan !
    En avant avec le front uni anti-impérialiste et anti-fasciste !
    En avant avec la construction de l’ICOR !
    Pour la démocratie, la liberté – le socialisme !

    Signataires (en date du 15/9 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    6. PCT Parti Comuniste du Togo
    7. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    8. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    9. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    10. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    11. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    12. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    13. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    14. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    15. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    22. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    23. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    24. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    25. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    28. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    29. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    30. OAPCM Organización Apoyante del Partido Comunista de México (Organisation de soutien du Parti communiste du Mexique)
    31. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    32. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    33. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    34. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  • Afghanistan, la fin.

    Afghanistan, la fin.

    Le 15 Août, les milices Talibans ont pris la ville de Kaboul, capitale de l’Afghanistan. Après 20 ans de guerre entre coalition occidentale et groupes armés islamistes, ces derniers ont remporté une victoire écrasante. Les images qui proviennent du pays sont apocalyptiques. Débandade de l’armée afghane, fuyant devant les combattants, évacuation de l’ambassade US, véritable réédition de la fuite de Saïgon, cohue pour essayer de trouver une place dans un transport militaire… La défaite est consommée pour la coalition occidentale. Un matériel immense est laissé sur place, avec plusieurs milliers de véhicules blindés, de transports de troupes, d’appareils de combat. Les USA vivent leur évacuation de Dunkerque, tandis que les lambeaux de l’État Afghan se délitent.

    Une vague de terreur s’étend sur le pays.

    Parallèle édifiant entre l’évacuation des ambassades de Saigon et l’évacuation des ambassades de Kaboul

    Une victoire prévisible.

    La prise de Kaboul est apparue comme un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages pour une grande partie de l’opinion publique. Cependant, elle était prévisible : l’occident étant acculé à la défensive. Depuis plusieurs années, les contingents se sont progressivement réduits. Les USA et l’OTAN avaient de plus en plus de mal à justifier les coûts d’une guerre impopulaire. Oussama Ben Laden était mort et les Talibans étaient relégués au second plan par rapport à Daesh.

    De plus il s’agissait d’une opération ressemblant à un tonneau percé. Jean-Pierre Steinhofer décrivait ainsi que la stratégie de l’OTAN ne pouvait mener qu’à un échec. Il en parle comme « une addition de forces militaires à la poursuite de succès tactiques plus ou moins durables, sans stratégie claire. » En effet, l’OTAN n’est pas capable de désigner un ennemi : « L’ennemi est le terrorisme. Cette désignation est inepte. Car le terrorisme n’est pas un ennemi: c’est une méthode de combat. » Il n’a pas non plus d’objectif stratégique : « l’OTAN hésite entre l’objectif « colonial » [développement] et l’objectif sécuritaire [faire la guerre en Afghanistan pour ne pas la faire en Europe ou aux États-Unis] ».

    Joe Biden, devant la défaite, l’a déclarée inéluctable : « une année ou cinq années de plus de présence militaire américaine n’aurait fait aucune différence, quand l’armée afghane ne peut ou ne veut pas défendre son propre pays. […] Je suis le quatrième président à mener une présence militaire américaine en Afghanistan, a-t-il conclu. Je ne léguerai pas cette guerre à un cinquième.»

    En préparation de ce retrait, les Américains avaient d’ailleurs signé un traité avec les Talibans le 29 février 2020. Le Agreement for Bringing Peace to Afghanistan between the Islamic Emirate of Afghanistan which is not recognized by the United States as a state and is known as the Taliban and the United States of America.1 Même si ce titre a rallonge indique que les USA ne reconnaissaient pas les Talibans comme une entité légale, la négociation (qui se poursuit encore aujourd’hui) les présentaient néanmoins comme un pouvoir légitime.

    Les USA ont ainsi adoubés les Talibans en échange de promesses : celle de ne plus attaquer les troupes US, mais aussi de ne plus héberger d’organisations hostiles aux États-Unis. Pour les Talibans, ce traité était la garantie de pouvoir exercer leur contrôle à terme.

    Mais, au-delà de ces questions, l’échec des tentatives US réside aussi dans la nature même de l’Afghanistan.

    Qu’est ce que l’Afghanistan ?

    L’existence de l’Afghanistan même explique aussi cette catastrophe annoncée. Historiquement voie de passage entre Occident et Orient, l’Afghanistan géographique a été à plusieurs reprise le noyau d’empires. Il acquiert son indépendance avec l’effondrement de la Perse Afcharide en 1747. C’est donc une vieille entité. Très rapidement, il devient un enjeu de grande géopolitique. Les Anglais y mènent plusieurs guerres entre 1813 et 1919. L’Afghanistan est alors au centre du « Grand Jeu », terme popularisé par Rudyard Kipling dans son roman Kim. L’auteur du Livre de la Jungle, officier colonial, y observe les manœuvres des anglais pour empêcher l’expansion Russe vers le sud et les mers libres. L’Afghanistan devient alors une zone tampon, dont la politique intérieure est d’une importance primordiale. A ce titre, il s’agit d’une construction artificielle, sans unité ethnique ou culturelle. Sa composition en mosaïque permet de maintenir une instabilité constante. Entre 1919 et 2001, le pays passe par près d’une dizaine de régimes différents. Chaque fois, le pouvoir en place s’appuie sur des liens tribaux ou clanique, ce qui lui assure des fidélités, mais ce qui place aussi les autres réseaux dans l’opposition.

    Deux modèles sortent leur épingle du jeu :

    • un modèle d’inspiration socialiste, entre 1978 et 1979, lequel va placer au dessus des divisions ethniques l’idée de classe et d’émancipation. Cependant, il est d’une part tiraillé entre allégeance aux soviétiques (Autour de Nour Mohammad Taraki) ou aux Chinois (Hafizullah Amin). La lutte entre les deux conceptions est brutale et entraîne l’intervention de l’URSS. Elle se heurte aussi aux traditions réactionnaires des fondamentalistes religieux, en particulier quant à l’éducation des femmes et au partage de la terre. Les USA vont très intelligemment les utiliser pour avancer leurs propres pions et pour saigner à blanc l’URSS. La radicalisation de l’intervention soviétique, avec notamment des victimes civiles et des brutalités nombreuses, va sonner le glas de la sympathie pour le régime et pour l’URSS, tant au niveau afghan que mondial. Si l’intervention soviétique, dans son fond et dans sa forme, n’est pas défendable, la période de direction du Parti Démocratique Populaire d’Afghanistan (jusque 1989 environ) est nettement plus progressiste que les régimes suivants.
    • Le modèle islamiste, qui place au dessus des divisions ethniques la primauté du fondamentalisme. Ce miroir inverse du premier modèle est une des raisons clés du succès des Talibans.

    Lorsque les Américains et la coalition ont renversé ce régime, ils ont remis en place un système clientéliste, corrompu, faisant de l’Afghanistan un pays producteur de drogue, livrés aux mafias. Le système Karzai ressemblait ainsi quelque part au modèle du Shah d’Iran entre 1953 et 1979. Un système qui a tenté d’occidentaliser et de moderniser le pays tout en étant client des USA. Et tout comme la révolution islamique d’Iran, les mécontents se sont coalisés autour d’une faction populiste et réactionnaire. Face à la corruption et au chaos de la période de la coalition, les Talibans ont pu obtenir un certain consensus et revenir en force.

    Manchette du LA Times de 1989: « Afghanistan: Les Soviétiques ont quitté l’Afghanistan, qui promet au régime fantoche de Kaboul assiégé une chute inévitable », triste ironie.

    Il ne faut pas non plus oublier que, en dépit de leur allure peu martiale, certains combattent depuis 40. Ce sont des combattants expérimentés, bien équipés, qui ont tous les traits des techno-guérillas, capable de pouvoir mettre en échec des troupes modernes, mais moins combatives. L’impossibilité de vaincre militairement un ennemi insaisissable et l’impossibilité de pouvoir trouver une issue positive aux crises de régime ne pouvait que condamner à la défaite les coalisés. La violence et la brutalité des soldats coalisés (notamment des Australiens2) ont fait le reste. Il ne faut pas oublier les dizaines de milliers de morts, soir directes, soit indirectes.

    Une guerre internationale.

    De plus, les Talibans ont eu l’intelligence de nouer des liens et de trouver des soutiens. Les Talibans une tradition de l’alliance tactique. Durant l’invasion soviétique, à une époque où ils étaient une faction mineure, les Talibans ont ainsi bénéficié de l’appui US. Aujourd’hui, ils ont trouvé d’autres liens.

    L’Afghanistan est toujours au cœur du Grand Jeu. Mais les rapports de force ont changé. Aujourd’hui, la Chine et la Russie sont des acteurs qui peuvent s’adresser à ce gouvernement ultra-réactionnaire, et lui faire miroiter des perspectives. Le pays est sur le tracé de la Nouvelle Route de la Soie, qui est un axe stratégique pour le développement de la stratégie continentale de la Chine. C’est aussi une manière de couper de ses bases arrières le mouvement séparatiste Ouighour. Il est toujours sur le chemin de l’accès aux mers chaudes pour la Russie. En dépit de la rivalité avec l’Iran, un modus vivendi, un moyen terme, est possible.

    L’ambassade de Chine a ainsi déclaré qu’elle « continue de fonctionner normalement » et qu’elle désire des « relations amicales » avec le gouvernement Taliban. D’après la porte parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, « Les talibans ont indiqué à plusieurs reprises leur espoir de développer de bonnes relations avec la Chine ». Moscou a également maintenu en place ses diplomates.

    La « Nouvelle Route de la Soie ».

    Un triste destin.

    En dépit des injonctions américains a maintenir le droit des femmes et les écoles, il est difficile de croire que la victoire des Talibans ouvre une ère positive pour les populations locales et en particulier les femmes. Malgré l’apparence nationale populaire du mouvement Taliban, celui-ci n’a pas d’autre destin que de devenir un laquais d’autres puissances et de faire de l’Afghanistan une prison des peuples.

    Le fait qu’elle incarne une défaite des USA et une victoire du « multilatéralisme » doit être pris pour ce qu’il est : un simple constat. Le temps des troubles est devant nous, tout comme le temps des repartages. Cette victoire de l’entropie sur la domination USA des années 1991-2001 est certes un pas vers de grand changement, mais ce pas se traduit aussi par des souffrances inouïes pour de nombreux peuples, en particulier pour les femmes. Il existe quelques poussières d’extrême-droite ou d’extrême-gauche qui se sont réjouis de cette victoire ou avaient soutenu les islamistes3. Les uns ont montré leur fond commun avec le fondamentalisme islamiste, dont ils ne sont qu’une version occidentale. Les autres ont montré toute leur bêtise et leur incapacité à comprendre la réalité.

    Comme quoi nos fascistes français savent parfois assumer leurs proximités idéologiques avec les fondamentalistes musulmans.

    Notre première solidarité va vers nos camarades qui sont présents et présentes là bas, telle que l’organisation Marxiste Léniniste d’Afghanistan, membre de l’ICOR, ou l’association des femmes révolutionnaires d’Afghanistan (RAWA). C’est entre les mains de ces organisations, capable de libérer de la domination impérialiste, capable de fournir un destin positif et émancipateur, que réside la solution. Ni dans un courant islamiste, ni dans la présence d’une puissance étrangère.

    1 https://www.state.gov/wp-content/uploads/2020/02/Agreement-For-Bringing-Peace-to-Afghanistan-02.29.20.pdf

    2 https://unitecommuniste.com/icor/sur-les-crimes-de-guerre-australiens-en-afghanistan/

    3 https://www.eglise-realiste.org/pdf/Oussama_on_vaincra_ed.pdfhttp://www.pmli.it/articoli/2015/20151011_comunicatoPmliappoggiaIS.htmlhttps://www.icl-fi.org/english/wv/1073/isis-ltr.html

    https://www.icl-fi.org/english/wv/1055/isis.html
  • Salutations du KOL pour les 150 ans de la Commune de Paris

    Salutations du KOL pour les 150 ans de la Commune de Paris

    Nous partageons ici les salutations de l’Organisation communiste du Luxembourg (KOL) à l’occasion de la campagne pour les 150 ans de la Commune de Paris. Nous les remercions et les saluons.

    Salutations de l’Organisation communiste du Luxembourg (KOL)

    Cher(e)s camarades,

    Le 18 mars 1871, les ouvriers prennent le pouvoir à Paris. Le 28 mars, la « Commune de Paris » est solennellement proclamée. Pour la première fois dans l’histoire, le prolétariat a réussi à renverser la bourgeoisie et à établir son propre État, la dictature du prolétariat.

    La Commune de Paris a pris toute une série de mesures dans l’intérêt du peuple. Dans le domaine social, il s’agit notamment de l’interdiction du travail de nuit, de l’introduction d’un salaire minimum, de l’école publique… Toute une série de mesures sont également prises dans le sens de la libération des femmes, ainsi que dans le domaine culturel (ouverture des musées pour le peuple…), et dans le domaine de la démocratie (séparation de l’église et de l’état, brûlage de la guillotine…). En même temps, la Commune était sociale et internationaliste dans le sens de l’intégration des étrangers.

    Cette démocratie populaire répugnait naturellement à la bourgeoisie et à la réaction, qui ont tout fait pour anéantir la Commune. Après seulement 72 jours, la bourgeoisie a réussi à étouffer la Commune dans un bain de sang. Le 28 mai 1871, la Commune est écrasée. Plus de 30 000 communards ont été assassinés, des milliers ont été arrêtés ou déportés. La bourgeoisie, qui avait commencé en 1789 avec le slogan « Liberté, Égalité, Fraternité », a montré pour la première fois sa véritable visage fasciste. La bourgeoisie française était soutenue par l’ensemble de la réaction européenne, y compris les réactionnaires luxembourgeois et surtout la couvée cléricale.

    Quant à la Commune de Paris de 1871, il y a plusieurs références directes vers le Luxembourg. En 1871, quelque 20 000 Luxembourgeois vivaient à Paris, soit plus que dans la ville de Luxembourg elle-même à l’époque. Ils vivaient principalement dans le quartier Saint-Antoine – surtout des artisans (tanneurs, serruriers, teinturiers, relieurs, selliers, boulangers, cordonniers, tailleurs et journaliers) – qui avaient été chassés par le besoin et la pauvreté qui régnaient au Luxembourg. Ils se sont battus au coude à coude avec le prolétariat parisien, dans la Garde nationale, sur les barricades ; certains sont tombés dans les combats ou ont été fusillés sans distinction et sans procès par les mercenaires de Versailles après la répression de la Commune. D’après les registres des tribunaux militaires qui ont commencé à sévir après la défaite du mouvement d’émancipation populaire de Paris, il ressort que sur 43 522 communards arrêtés, environ 200 communards luxembourgeois ont été pris et la moitié d’entre eux ont été condamnés, certains à la déportation en Nouvelle-Calédonie.

    Parmi les communistes déportés en-Nouvelle-Calédonie figurent 30 Luxembourgeois. Une autre référence vers le Luxembourg est celle des communards qui se sont réfugiés au Luxembourg. Deux communards morts au Luxembourg sont enterrés dans un cimetière de la ville de Luxembourg. Ce sont : August MARTIN, décédé le 11 juin 1873 à l’âge de 36 ans et François SORDET, décédé le 19 mai 1873 à l’âge de 52 ans. En leur honneur, une fête communarde annuelle est organisée depuis des décennies au cimetière de Siechenhof au Luxembourg.

    Une troisième référence vers le Luxembourg est Victor Hugo, qui a soutenu les communards en fuite à Bruxelles après l’écrasement de la Commune, ce qui l’a contraint à déplacer son exil de Bruxelles à Vianden au Luxembourg le 30 mai 1871. La défaite de la Commune est essentiellement due à deux causes. Premièrement, la brutalité de la bourgeoisie a été sous estimée et la dictature du prolétariat n’a pas été assurée avec assez de vigueur ; deuxièmement, la classe ouvrière, bien que soutenue par l’Internationale, n’avait pas de parti révolutionnaire de lutte. « Si vous voulez une révolution, vous devez avoir un parti révolutionnaire », a déclaré à juste titre Mao·Tsetung. « Forces révolutionnaires du monde entier, unissez-vous, luttez contre l’agression impérialiste ! » (novembre 1948), Mao Zedong’s Selected Works, Vol. IV.

    La Commune de Paris n’était pas un événement historique isolé qui s’est terminé par sa défaite ; au contraire, c’est de sa défaite qu’ont été tirées les autres leçons pour la lutte de classe mondiale. Car malgré sa courte durée et sa défaite, la Commune a eu le mérite historique d’avoir montré aux travailleurs du monde entier que le socialisme était possible. La Commune de Paris constitue un premier pas sur la voie de la révolution prolétarienne mondiale, suivie de la révolution socialiste d’octobre 1917 sous la direction de Lénine, de la construction du socialisme en 1956 sous la direction de Staline, de la révolution chinoise de 1949 et surtout de la grande révolution culturelle prolétarienne (1966-1976) sous la direction de Mao Tse-Toung.

    Dans le monde entier, il existe actuellement de nombreuses luttes dans de nombreux domaines et à de nombreux niveaux : luttes sociopolitiques et démocratiques, luttes contre le racisme et le sionisme, contre l’impérialisme, la guerre et le fascisme, contre l’exploitation et l’oppression, contre le danger et la destruction de l’environnement, pour la libération nationale et sociale, etc. Enfin, toutes ces luttes ne peuvent être couronnées de succès que si elles se déroulent sous la direction d’un parti révolutionnaire et sont sécurisées au niveau international, au sens de l’ICOR fondée en 2010.

    De la Commune de Paris au communisme mondial, c’est la voie lumineuse de l’émancipation de l’humanité.

    Avec des salutations révolutionnaires.

  • Salutations de nos camarades de l’ICOR pour la Commune de Paris

    Salutations de nos camarades de l’ICOR pour la Commune de Paris

    Après la campagne pour les 150 ans de la Commune de Paris, nous avons reçus les salutations de diverses organisations et partis revolutionnaires membres de l’ICOR. Nous les remercions et republions ces messages chaleureux de salutations et de solidarité. Construisons la solidarité internationale avec l’ICOR !

    Salutations pour Paris

    BKP Bulgarie

    Chers camarades,

    Salutations des communistes bulgares !

    La Commune de Paris, en tant que premier succès de la lutte de la classe ouvrière pour la libération sociale, a toujours été un modèle pour nous. Le héros de notre lutte de libération nationale et brillant poète Christo Botev a télégraphié les salutations suivantes à Pâques 1871 :

    «Paris, comité de la Commune.

    Salutation fraternelle et cordiales de la part de la Commune Bulgare.
    Vive la Commune !

    Révolutionnaires émigrés»

    Botiof, Popov


    À cette époque, notre pays était sous domination étrangère et la lutte pour la libération nationale était au premier plan. C’est pourquoi nous n’avons pas d’informations directes sur la Commune et nous utilisons comme source les œuvres de Karl Marx. L’expérience et les leçons de la Commune de Paris en tant que première dictature du prolétariat sont impérissables et toujours d’actualité. De l’ouvrage de Marx « La guerre civile en France », nous tirons la troisième tâche de la dictature du prolétariat : protéger la société socialiste de ses propres fonctionnaires et les empêcher de devenir ses seigneurs et ses maîtres de serviteurs de la société. Très brièvement, cela implique 3 principes :

    1. tous les fonctionnaires, de la base au sommet, ne doivent pas être employés, mais doivent être élus ; ils sont responsables à tout moment et peuvent être exclus par vote à tout moment.
    2. abolition à jamais de tous les privilèges matériels et spirituels.
    3. des salaires fondés scientifiquement pour le travail. Le salaire le plus élevé dans le Comite du

    Commune n’était pas supérieure à celle d’un ouvrier qualifié.

    L’échec de cette tâche de dictature du prolétariat a été l’une des causes de la dégénérescence du socialisme après 1956 et finalement des contre-révolutions en Europe de l’Est en 1989. C’est pourquoi nous ne devons pas oublier les leçons de la Commune et éviter de telles erreurs la prochaine fois. Marx et Engels ont prouvé que le développement objectif de la société conduit au communisme. Mais elle ne viendra pas seule ; comme le montre l’exemple héroïque de la Commune, elle nécessite une lutte acharnée.

    Et aujourd’hui, comme nos précurseurs il y a 150 ans, nous devons crier haut et fort :

    Vive la Commune !

    Salutations à l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris

    KSRD

    Chers camarades !

    La Commune de Paris a été un important rayon de lumière avant l’aube révolutionnaire de l’Europe et du monde entier. Ce rayon a allumé une nouvelle ère dans laquelle le peuple travailleur luttera activement pour ses droits contre le capitalisme et la bourgeoisie. Ils se battront, acquerront de l’expérience – et auront des victoires.

    Cet anniversaire, ce jour remplit à nouveau nos cœurs de feu, de l’énergie de la lutte des classes pour un avenir meilleur, pour le socialisme. Félicitations au nom du peuple travailleur d’Ukraine ! Nous portons nous-mêmes une partie de ce feu dans notre pays au nom de nos objectifs communs, et de nos victoires communes.

    Salutations révolutionnaires,

    KSRD

    Salutations à l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris

    Rode Morgen

    Chers camarades

    Nous vous souhaitons beaucoup de succès avec le merveilleux programme que vous avez organisé en l’honneur du 150e anniversaire de la Commune de Paris.

    Nous sommes vraiment désolés de ne pas pouvoir participer.

    Aux Pays-Bas, de février à mai, de mois en mois, dans notre journal ‘ Rode Morgen ’, nous avons décrit les développements de la Commune de Paris, surtout à la lumière de la lutte pour une société socialiste à l’heure actuelle. Nous avons accordé une grande attention aux expériences et aux leçons de la Commune de Paris lors de la Journée Internationale des femmes et du 1er Mai. Nous avons célébré les deux jours comme des jours de bataille dans les rues – selon les règles anti-corona.

    La Commune de Paris a été la première révolution ouvrière réussie de l’histoire moderne. Du 18 mars à la répression sanglante du 28 mai 1871, elle a offert à la classe ouvrière de Paris, pour la première fois dans l’histoire, un aperçu d’une société véritablement démocratique. Pendant plus de deux mois, les travailleurs ont décidé eux-mêmes de la manière dont leur ville devait être gouvernée, comment les usines et les ateliers devaient être organisés et quelles lois devaient s’appliquer. La Commune a été une source d’inspiration importante pour la révolution russe. Ils ont pris d’assaut le ciel – ça ne pouvait pas durer à cette époque.

    Aujourd’hui, il y a autant de raisons d’abolir le capitalisme – mais il y a incomparablement plus de possibilités d’organiser une véritable démocratie pour la majorité de personnes. Et d’organiser la production et la distribution de manière à ne pas nuire à l’environnement, mais à l’améliorer, et à réparer les dommages causés par l’économie capitaliste de profit.

    Vive la Commune de Paris !

    En avant vers le socialisme !

    Avec solidarité,

    au nom de Rode Morgen

    Jeroen Toussaint

  • UMLP (Portugal) : Nous regardons l’avenir comme nous regardons le passé

    UMLP (Portugal) : Nous regardons l’avenir comme nous regardons le passé

    Nous republions ici un communiqué des camarades portugais de l’UMLP, membres de l’ICOR, que nous saluons.

    En tant qu’UMLP, nous envoyons un chaleureux salut révolutionnaire à ICOR et à tous les partis frères présents aux célébrations du 150e anniversaire de la Commune de Paris. Le 18 mars 1871, les travailleurs de Paris ont établi pour la première fois dans l’histoire de la lutte des classes, le pouvoir ouvrier, la dictature du prolétariat. C’est la Commune de Paris qui, par son exemple révolutionnaire, a montré pour la première fois au mouvement ouvrier que les travailleurs peuvent tout obtenir s’ils prennent leur cause en main.

    Les situations qui ont conduit au développement de la situation révolutionnaire de 1871 ne sont pas éloignées des problèmes d’aujourd’hui : le chômage, la ruine des petites entreprises, l’indignation face aux politiques de la classe bourgeoise, l’incapacité des dirigeants à trouver des solutions pour les masses, etc. Ceci est particulièrement important au vu des crises sociales mondiales que nous connaissons déjà ici au Portugal également, car les masses s’agitent et les forces qui lient le parlementarisme bourgeois se dissipent clairement, montrant ainsi que les masses cherchent des alternatives.

    En tant qu’UMLP, nous avons propagé les principes de la Commune à plusieurs reprises, mais le 25 avril, jour de la célébration de la « Révolution des œillets », en démontrant par l’exemple de la Commune que le 25 était un coup d’État militaire, nous avons lutté contre la collaboration de classe et avons trouvé l’approbation ! La Commune de Paris nous a montré la nécessité de renverser le capitalisme par la révolution socialiste, car l’État bourgeois ne peut pas simplement être réformé ou subjugué par le peuple. Au Portugal, le 25 avril 1974 a montré qu’il n’existe pas d’État neutre du point de vue des classes et que ce qui s’est passé ici était une situation révolutionnaire avec une brève vacance du pouvoir où, à aucun moment, la classe ouvrière n’a été au pouvoir. La bourgeoisie était au pouvoir, le fascisme a été renversé, mais la bourgeoisie est restée au pouvoir. Marx et Engels ont tiré de la Commune de Paris la leçon que, concernant l’État, « les révolutionnaires doivent l’écraser. » La Commune, qui a créé le premier gouvernement ouvrier, la première dictature du prolétariat – la démocratie des travailleurs et du peuple – est devenue le modèle du parlementarisme prolétarien.

    La Commune de Paris a donc été un séisme qui visait non seulement la liberté bourgeoise, comme dans la soi-disant « Révolution des œillets », mais aussi une nouvelle société socialiste et internationaliste. Bien que de courte durée, elle a constitué une rupture importante que les révolutionnaires ont pu réaliser afin d’établir leur propre ordre. En construisant un nouvel État et en résolvant les problèmes sociaux, la Commune de Paris a inspiré Marx et Engels, qui l’ont soutenue et en ont tiré les leçons. Lénine et Staline l’ont mise en pratique avec la Révolution d’octobre et Mao Tsé-Tung dans la fondation de la République populaire de Chine.

    Avec Karl Marx, nous disons : « Le Paris des travailleurs, avec sa commune, sera célébré à jamais comme le glorieux présage d’une société nouvelle », libérée de la dictature des exploiteurs, des capitalistes, fossoyeurs du progrès humain. Vive la Commune de Paris !

    Comme dans la Commune de Paris, luttons pour nous débarrasser une fois pour toutes des crises capitalistes et de leurs conséquences, luttons pour la révolution socialiste internationale. La rébellion est justifiée !

    La révolution de la Commune de Paris est un exemple brillant, d’une alternative sociale fondamentale au capitalisme en crise et au système impérialiste mondial. Pour le vrai socialisme !

    Gloire éternelle aux martyrs prolétariens tombés pour la défense de la Commune de Paris ! Vive l’internationalisme prolétarien !

    En avant avec ICOR ! En avant avec la révolution socialiste internationale !

  • ICOR: Nous sommes aux côtés des femmes qui défendent la Convention d’Istanbul !

    ICOR: Nous sommes aux côtés des femmes qui défendent la Convention d’Istanbul !

    « Nous n’allons pas nous taire – nous n’allons pas céder »

    Depuis des années, la lutte pour la libération des femmes ainsi que la lutte contre contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression millénaires que subissent les masses féminines ne cessent de croître dans le monde entier. Les moyens de cette lutte sont de plus en plus diversifiés et les masses qui descendent dans la rue contre les violences faites aux femmes et aux LGBTI+, contre les inégalités salariales, les interdictions du droit à l’avortement deviennent de plus en plus nombreuses. La nature globale de l’exploitation et de l’oppression de la femme par l’ordre de l’État et de la famille féodal, fasciste et bourgeois devient de plus en plus visible, ce qui fait augmenter considérablement la conscience des masses sur l’oppression sexiste et ses causes. En conséquence, l’ordre social capitaliste dans son ensemble est de plus en plus remis en question et la recherche d’une alternative de la femme libérée dans une société libérée se développe clairement. Les mouvements de masse des femmes contre la violence à l’égard des femmes, des ouvrières comme par exemple les ouvrières du textile, la lutte contre l’oppression et le viol terroristes et contre-révolutionnaires des combattantes et des femmes révolutionnaires sont parmi les mouvements de masse les plus forts du monde.

    Les dirigeants s’y opposent de toutes leurs forces, ils s’attaquant aux droits combattus par les femmes et répondent par une réaction patriarcale aux revendications légitimes de liberté, d’égalité et de justice. Ainsi, la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe, un accord d’États bourgeois qui établit des normes juridiques pour la protection des femmes contre la violence avec un effet contraignant, est devenue un important enjeu de lutte des femmes. En juillet 2020, il a été annoncé que la Pologne se retirerait de la Convention d’Istanbul. La Turquie, premier signataire de la Convention d’Istanbul, s’est retirée de l’accord international du jour au lendemain, le 20 mars 2021, par décret d’Erdoğan.

    Dans ces deux pays, les femmes se mobilisent depuis des années résolument pour leurs droits, opposant une énorme résistance aux attaques patriarcales, réactionnaires, fascisants et fascistes et à la répression de leurs États. En Pologne, par exemple, les femmes luttent contre les politiques anti-femmes du parti PiS au pouvoir qui, outre le droit à l’avortement, s’attaque aussi aux droits fondamentaux des femmes afin de protéger l’ordre familial bourgeois. Aussi sous Erdoğan, l’actuel représentant de l’État fasciste, les femmes en Turquie sont toujours repoussées dans le rôle traditionnel au sein de la famille. La violence contre les femmes et la maltraitance des enfants sont encouragées par une politique d’impunité. Les LGBTI+ sont particulièrement visés par une nouvelle vague de répressions. Sans aucun doute, la Convention d’Istanbul est aussi un acquis démocratico-bourgeois de la lutte inlassable des femmes pour l’égalité en droits et l’autodétermination. La résistance des femmes en Pologne comme en Turquie est un signal important pour toutes les femmes de ce monde. Car seule une lutte déterminée et unie permettra de repousser les attaques des dirigeants et d’obtenir de nouveaux droits. Leurs actions montrent clairement que la lutte pour la libération de la femme est une partie indispensable et une échelle des luttes révolutionnaires.

    En tant qu’ICOR, nous sommes solidaires de toutes les femmes qui luttent pour que la Convention d’Istanbul reste en vigueur, et soit appliquée dans leurs pays, et nous appelons à exprimer cette solidarité par toutes formes d’action et de protestation sur tous les continents jusqu’au 1er juillet. Nous exigeons également que les États qui n’ont pas encore signé la Convention d’Istanbul la signent ou à la ratifient (par exemple la Russie, la Bielorussie, l’Ukraine). Cet appel est là non pas pour une lutte pour un bout de papier signé, mais comme lutte contre la violence à l’égard des femmes, pour une vie d’autodétermination et de dignité et un avenir sans exploitation ni oppression, et pour renforcer les formes d’organisation des femmes. Nous soutenons les femmes en Turquie qui appellent à arrêter la vie sociale et à se battre pour leurs revendications. Nous saluons les femmes du monde entier qui résistent et nous crions : Les femmes qui luttent sont des femmes qui vivent !

    En tant que femmes, ensemble avec les ouvriers, les jeunes, les écologistes, les défenseurs des droits de l’homme, nous allons bouleverser le système de manière révolutionnaire !

    Femmes signataires initiales – femmes de partis de l’ICOR et d’organisations de masse des femmes liées à elles :

    • Afrique du Sud: Gloria Mgaju et Margaret Tini, Abanqobi Women Together.
    • Australie:Alice M., Vice-chairperson, CPA (M-L) – Parti Communiste d’Australie (marxiste-léniniste), Louisa L., Vice-chairperson, CPA (M-L) – Parti Communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
    • Allemagne : Gabi Fechtner, Présidente du MLPD – Parti Marxiste-Léniniste d’Allemagne
    • Inde : Camarade Pramila, Présidente de AIRWO – All India Revolutionary Women’s Organisation.
    • Maroc : Meriam Chhaibi et Btissam – MMLPL – Marxistes-Léninistes Marocains – Ligne Prolétarienne
    • Népal: Camarade. Durga Paudel et la camarade Mina Pun, présidente de l’ANWA, All Nepal Women’s Association
    • Portugal : Ana Vomhof, femme combative de UMLP – Union Marxiste-Léniniste Portugaise
    • Tunisie : Comité des femmes Latifa Taamalah, PPDS – Parti Patriotique Démocratique Socialiste de Tunisie – Nesrine Gharbi, membre du Bureau Politique et responsable des femmes, Amira Dallech responsable de la coordination au plan mondial et avec la Coordination Européenne des femmes et pour le procès de la prochaine Conférence mondiale des femmes en Tunisie
    • Ukraine : Alina et les femmes de KSRD – Conseil de coordination du mouvement ouvrier
    • Uruguay : Front des femmes du PCR-U – Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay

    Signataires (en date du 29/6 2021, d’autres signataires sont possibles):

    1. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    6. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    7. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    8. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    9. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    11. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    12. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    13. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    14. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    15. UC Unité Communiste, France
    16. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    17. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    18. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    19. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    20. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    21. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    24. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    25. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    26. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    27. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    29. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    30. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)