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  • Kurdistan: Choisir son camp ; celui du peuple ! Lettre ouverte à nos camarades.

    Lettre ouverte aux organisations progressistes, révolutionnaires, ainsi qu'aux médias alternatifs et militants.

    Il n'est pas possible de soutenir à la fois les opprimés et leurs oppresseurs.

    Dernièrement, le siège et la chute de la ville d'Alep a causé de violents remous dans l'opinion publique au sein de l’État Français. Les images de morts, de blessés, de destruction, de bombardements ont marqué les esprits. Il est logique, il est sain d'être horrifié par ce genre de scènes.

    Pourtant, l'empathie légitime qu'il est possible de ressentir pour les victimes de ces opérations militaires, des exactions qui ont suivi la reprise de la ville, ne doit pas oblitérer tout jugement politique. Cela ne doit pas occulter la véritable nature politique de l'opposition armée connue sous le nom de « Armée Syrienne Libre » et les intérêts qu'elle sert, entre les mains de ses maîtres.

    Que des individus soient mortifiés et réagissent avec leur cœur, comment le-leur reprocherions-nous ? Si ils sont dans l'ignorance des ramifications et des implications politiques, nous ne saurions les blâmer, c'est à nous, militants, de les en informer.

    Mais qu'une organisation politique ou un média militant prenne position pour soutenir l'appel de la "mairie d'Alep-est", c'est une toute autre chose.

    L'erreur existe, et l'ignorance également. C'est pour cela que nous rédigeons cette lettre. Nous les invitons à repenser leur position, à comprendre qu'on ne peut pas être équidistant entre les progressistes et les réactionnaires sans prendre fait et cause pour eux.

    Beaucoup d'organisations politiques et de médias militants progressistes affirment soutenir la lutte du peuple kurde contre ses oppresseurs en Turquie et en Syrie. Ces organisations et médias retransmettent les informations transmises par la coalition formée autour du PKK, du TKP M/L, de leurs organisations militaires YPG – YPJ – TIKKO, et affirment également soutenir la politique du HDP en Turquie, qui combat contre l'ogre Erdogan et son régime.

    La coalition que forment les organisations de combat kurdes est la seule à œuvrer à une lutte résolue pour le progrès, l'égalité, et pour chasser les impérialistes. Et ce, que ce soit au Rojava (Kurdistan Syrien) au Bakur (Kurdistan de Turquie), sur leur terre, tout comme pour l'émancipation générale des peuples de Syrie et de Turquie.

    Le Parti HDP, dans l’État Turc, mène une lutte exemplaire pour le maintien des droits démocratiques dans un État qui sombre dans le fascisme.

    Que veulent ces forces ?

    Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l'indépendance. Elles veulent la constitution non pas d'un état bourgeois de plus, mais bien d'un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l'impérialisme, le capitalisme, l'obscurantisme, le sexisme et la destruction de l'environnement.

    Les forces Kurdes mènent la lutte depuis 1978 dans l’État Turc, date à laquelle a été fondé le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sous l'impulsion de Abdullah Öcalan. Depuis le commencement de la guérilla, les forces Kurdes n'ont jamais renoncé à obtenir un état indépendant.

    La coalition des Forces Démocratiques Syriennes est un front dans lequel luttent les Kurdes, contre le régime dictatorial et clientéliste de Bachar Al-Assad, laquais des Russes, et contre les pions de Erdogan et des réactionnaires, la clique de l'Armée Libre Syrienne. Ces forces combattent également les réactionnaires fascistes de Daesh. Pourtant cette alliance n'est pas toujours fiable et connaît des fractures. De nombreuses forces combattent aux côtés des Kurdes contre Daesh, l'ASL ou le régime, mais il est arrivé que les alliés de la veille se retournent contre les combattants kurdes dès que l'ennemi commun prend la fuite. Très peu de forces syriennes acceptent l'idée d'un Rojava indépendant. C'est pour cela que nous devons soutenir nos camarades au front. L'anti-impérialisme et l'internationalisme sont les meilleurs alliés des Kurdes.

    Début 2016, les forces combattantes révolutionnaires Turques et Kurdes se sont unifiées autour d'un front commun nommé “Halkların Birleşik Devrim Hareketi” (Mouvement Révolutionnaire Unis des Peuples) rassemblant une dizaine d'organisations révolutionnaires Kurdes et Turques.
    Voici quelles sont ces organisations:

    • Devrimci Karargâh (QG Révolutionnaire)
    • DKP (Parti de communards révolutionnaires)
    • MKP (Parti communiste maoiste)
    • MLKP (Parti communiste marxiste léniniste) pour combattre le fascisme turc au Kurdistan.)
    • THKP-C/MLSPB ( Parti/Front communiste de Turquie/marxiste-léniniste, brigades armées de propagande)
    • PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan)
    • TİKB (L’union des communistes Révolutionnaires de Turquie)
    • TKEP-L (Parti communiste de Travail, léniniste)

    D'autres combattent également de manière indépendante ou côte-à-côte avec les forces progressistes Kurdes et Turques. Nous mentionnons leurs noms en annexe
    .
    Leur communiqué résume leurs objectifs:

    • "Notre mouvement a pour objectif d’obtenir un avenir libre, démocratique pour nos peuples, contre l’impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le fascisme et le racisme. Il considère incontournable la destruction de l’AKP fasciste, avec tous ses soutiens sociaux et par la force révolutionnaire du peuple.
    • Le gouvernement AKP, est en train de détruire la nature, en même temps que la société. Il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleur/ses, et impose les conditions d’esclavage. Sur toutes les masses de population, il est répressif et meurtrier.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, adopte le principe de réunir et d’organiser toutes ces forces sous les attaques de l’Etat bourgeois de la République Turque et du gouvernement AKP, et de les mobiliser pour la lutte.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, lutte pour l’écologie, pour la libération de la femme, pour la classe ouvrière, les droits et les libertés des travailleurs, ainsi que pour installer le pouvoir du peuple pour la Turquie, et l’autonomie au Kurdistan afin de permettre un avenir libre pour nos peuples.
    • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, appelle toutes les masses populaires meurtries par le fascisme et l’intégrisme, en commençant par les femmes, les jeunes, les ouvriers et les travailleurs, à s’organiser, s’unir et lutter pour la liberté, la démocratie et la fraternité des peuples."

    Certes la guerre force à des compromis. Le mouvement de libération kurde a dû en faire et en fera certainement d'autres. Mais ces compromis n'ont jamais détourné ces forces combattantes de leur but ; contrairement à une ALS qui est directement une marionnette entre les mains de ses maîtres. Ériger ces compromis en obstacles insurmontables est le paravent de la lâcheté et du sectarisme. Pendant que, bien au chaud, des militants s'échinent à trouver des groupes qui soient l'incarnation de la perfection, mais dont l'impact réel est nul, ceux qui combattent réellement meurent au front sans soutien. Dans notre calme État impérialiste, s'offusquer qu'il soit possible de chercher des alliés tactiques lorsque les bombes pleuvent est un luxe que ne peuvent connaître ceux qui subissent la guerre.

    Il est possible, et il est d'ailleurs sain d'être critique. Mais il est nécessaire de savoir choisir également son camp.

    Il est impossible de jouer sur deux tableaux.                

    L'occident, et au premier rang la France, condamne le régime de Bachar Al-Assad pour des motifs hypocrites, camouflant une opposition géopolitique avec la Russie. Lorsque la famille Assad était une bonne cliente de la France, celle-ci ne tarissait pas d'éloge au sujet du régime.
    Certains groupes militants pensent qu'il faut appliquer alors, mécaniquement, le fait que l'ennemi de notre ennemi est notre allié. Ils soutiennent alors Bachar Al-Assad comme un rempart contre l’obscurantisme, comme un chef de file de l'anti-impérialisme. En somme, ils nient que Bachar Al-Assad est un simple agent de la Russie au Moyen-Orient, une marionnette des ambitions Irano-Russes dans l'orient de la Méditerranée.

    Ces organisations peignent en rouge le régime, et peignent en rouge Poutine, ce qui est faux. Elles mettent en avant -tout aussi hypocritement- le fait que le régime serait l'allié des Kurdes, et qu'il est possible de concilier les deux. C'est escamoter le fait que, si des trêves existent lorsque Daech et l'ALS sont présentes, le régime n'a de cesse de tenter d'exterminer les Kurdes dès qu'ils sont seuls à seuls.

    Soutenir le régime de Bachar Al-Assad, c'est célébrer l'impérialisme Russe, c'est célébrer faussement les BRICS [Les états émergents, Brazil, Russia, India, China, South Africa] comme étant la révolution mondiale, c'est se mettre à la solde d'une réaction contre une autre. Pire encore, certains souhaitent l'union de la France et de la Russie dans cette affaire, niant par là même le caractère criminel de l'impérialisme français, et souhaitant simplement qu'ils s'alignent sur un autre camp.

    Qu'est ce que l'Armée Syrienne Libre et que veut cette coalition ?

    L'Armée Syrienne Libre n'est pas unie idéologiquement, elle est une ligue de diverses organisations allant de démocrates sincères jusqu'à des obscurantistes virulents.

    Ces forces sont principalement divisées en deux groupes, ou chambres d'opérations qui sont des alliances temporaires et non-exclusives autour d'objectifs ponctuels ou autour du soutien d'une puissance étrangère. La première Fatah Halab -conquête d'Alep- rassemble les agents d'Erdogan et des occidentaux. Elle est la force qui a été utilisée par la Turquie pour faire barrage à l'unification des zones contrôlées par les Kurdes au Rojava. Elle rassemble grossièrement 50% des forces armées de la nébuleuse de l'Armée Libre Syrienne. Ce sont les fameux "modérés" soutenus par l'occident. Issus des frères musulmans et des organisations réactionnaires locales, ils ne sont considérés comme modérés uniquement parce qu'ils ne menacent pas les intérêts occidentaux.

    Jaish Al Fatah, -l'armée de la conquête- est construite autour des différentes cellules d'Al-Qaïda ayant survécus à la concurrence de Daesh. Cette chambre d'opération se démarque de la première par le fait qu'elle considère celle-ci comme "trop modérée." Egalement, Jaish Al Fatah est principalement le pion de l'Arabie Saoudite et du Qatar, avant d'être celui d'Erdogan.
    Hors de ces chambres d'opération, des poussières qui s'agglutinent parfois dans des configurations différentes, mais toujours à la remorque, dans l'ombre, des deux chambres d'opération principales. C'est dans cette poussière que certaines organisations de l'Etat Français pensent trouver des joyaux d'une pureté révolutionnaire parfaite.

    Le fait est qu'il existe des lignes progressistes au sein de l'Armée Syrienne Libre, c'est indéniable. Mais elles ont fait le choix de se mettre à la remorque des agents les plus réactionnaires de la coalition. Elles ont jeté par dessus bord leur indépendance politique pour se mettre eu ligne aux cotés d'Al-Qaïda et des obscurantistes. Elles ont abandonné toute stratégie en devenant des mercenaires de la Turquie, des USA et de la France. Ces forces, pendant la bataille d'Alep, n'ont servi qu'à assouvir les ambitions expansionnistes de la Turquie, et à être une des branches de la tenaille pour écraser les forces combattantes Kurdes, au lieu de combattre le régime de Bachar Al-Assad. Cette clique est plus une armée de mercenaires au service d'un maître qu'une force politique cohérente.

    Plusieurs organisations politiques au sein de l’État français, mais également en occident en général, trouvent conciliable de marcher et de défiler à l'appel du "maire d'Alep-est" et de soutenir la cause du peuple Kurde. Nous affirmons que cela n'est pas possible. Il n'est pas possible de soutenir ceux qui s'allient avec la France et la Turquie, qui en sont les mercenaires, sans devenir soi-même un renégat.

    Nous affirmons qu'il est impossible de pouvoir jouer sur les deux tableaux et de pouvoir défiler sous le pavillon d'une clique de bandits au service des intérêts de la Turquie. Qu'il est impossible de pouvoir saluer la lutte des YPG – YPJ – TIKKO et de marcher avec leurs bourreaux. Qu'il est impossible de prétendre combattre l'impérialisme et ses ramifications tout en soutenant ses agents.

    Quelques soient les raisons invoquées, quelque soit la faction obscure soutenue par les groupes soi-disant révolutionnaires, soutenir toute branche de l'ASL, marcher avec Free Syria, c'est marcher avec l'AKP et ses sbires. C'est marcher avec les bourreaux du peuple kurde.

    C'est également marcher main dans la main avec les laquais des impérialistes occidentaux dans la région. C'est marcher avec l'impérialisme français et embrasser son drapeau. Il n'est pas possible de tenir ce discours et d'ensuite "compenser" en agitant le drapeau du Kurdistan libre, le salissant par la même occasion.

    Cela n'est pas conciliable.

    Que le régime de Bachar Al-Assad soit un régime d'oppression à la solde des intérêts de la Russie est une vérité. Il est juste de le pointer du doigt et cela doit être fait, il n'est pas conciliable de se dire révolutionnaire tout en le saluant. Mais il est aisé de dénoncer les ennemis de son propre impérialisme.

    Ceux qui, dans l’État français, se réjouissent des victoires de l'ASL, pleurent ses défaites, chantent leurs louanges ne sont pas seulement en contradiction avec le fait de soutenir les kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes, ils se déclarent même ennemis de leur cause de libération nationale et de libération de la Syrie de la présence des impérialistes.

    Une ligne de démarcation se trace, elle doit être franchie, que cela soit d'un coté ou de l'autre, par toutes les organisations ayant une position sur la question de la guerre en Syrie.

    Certains prônent l'éclectisme et soutiennent tout ce qui lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Il n'est pas possible de l'être dans une lutte à mort.

    Certains prennent ceci par dessus la jambe, le traitent avec légèreté. Ils se démasquent comme étant des opportunistes qui ne voient le fait de soutenir les kurdes que comme étant "de bon ton". Nous devons dénoncer cet opportunisme.

    Lorsque, rien qu'à Lyon, la mairie Front de Gauche du premier arrondissement de Lyon accepte de relayer l'appel réactionnaire du maire d'Alep-Est, nous devons les dénoncer et dénoncer leur attitude de renégat.

    Lorsque Europe Ecologie / Les Verts signe également cet appel, nous devons dénoncer l'attitude de laquais de l'impérialisme de cette organisation.

    Lorsque "Ensemble" signe ceci aux côtés des agents fascistes d'AKP, c'est qu'ils prennent position en faveur de la répression du peuple Kurde.

    Ceux qui parlent de "soutien critique" lorsqu'ils se rassemblent sous le drapeau de l'ASL de la France et de la Turquie se démasquent donc comme des soutiens de fait à ces forces.

    Nous appelons toutes les organisations progressistes et révolutionnaires de l’État Français ou francophones à relayer cet appel, à prendre position sur le fond de celui-ci et à démasquer les mercenaires de l'impérialisme.

    Nous devons dénoncer les appels hypocrites de la France et des organisations qui sont ses valets. Sous couvert d'humanitaire, ces cris servent à implanter les avant-postes de son impérialisme.

    Nous appelons ces organisations et ces médias à rejeter les positions et la propagande des agents de l'impérialisme, au premier chef duquel l'impérialisme français, notre ennemi premier. Nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, que ses griffes soient arrachées et ses armes brisées !

    Nous appelons à la constitutions d'initiatives, militantes, politiques, financières pour soutenir depuis l'Etat Français la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour sa libération du Kurdistan et de la Syrie.

    Vive la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour la liberté ! A bas le régime fasciste d'Erdogan et les laquais des impérialistes !

     Vivent les volontaires internationaux qui combattent aux côtés des Kurdes !

     

    Premiers signataires : Maison de la Mésopotamie ; Unité Communiste – Lyon; OCML Voie Prolétarienne ; Organisation Communiste – Futur Rouge ; Jeunes Communistes Lyon ; Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (Paris) ​; YDG – Nouvelle Jeunesse Démocratique

    Pour être cosignataire: Solidarite.kurdistan@gmail.com

    Annexe:
    Les forces des Kurdes et leurs alliés:

     

    HPG : Force de Défense du Peuple.
    YJA-Star : Unités des Femmes Libres.
    PAJK : Parti des Femmes Libres du Kurdistan.
    YPS : Unités de Protection Civile.
    YDG-H : Mouvement de la Jeunesse Révolutionnaire Patriotique.
    HDP : Parti Démocratique des Peuples.
    DBP : Parti Démocratique des Régions.
    HDK : Congrès Démocratique des Peuples.
    PKK: Parti des Travailleurs du Kurdistan.
    YPG: Unités de Défense du Peuple.
    YPJ: Unités de Défense Féminines.
    PYD: Parti de l'Union Démocratique Kurde (en Syrie).

    Organisations turques combattant aux côtés des forces combattantes Kurdes.

    MLKP : Parti Communiste Marxiste-léniniste.
    DHKP-C : Parti-Front Révolutionnaire pour la Libération du Peuple.
    TKP-ML : Parti Communiste Turc – Marxiste-léniniste. Sa branche armée est le Tikko.
    MKP : Parti Communiste Maoïste.
    MLSPB : Union Marxiste-léniniste pour la Propagande Armée.
    DAF : Action Révolutionnaire Anarchiste.

    Organisations de volontaires étrangers:
    Bataillon International de la Libération au Rojava.
    A.I.T.
    Antifascist Internationalist Tabur

  • La chute de Alep-Est vue par un membre fondateur des YPG.

    La chute de Alep-Est vue par un membre fondateur des YPG.

    Traduit de l’anglais par l’Unité Communiste – Lyon.
    Texte original de Polat Can, membre fondateur des YPG

    — Unités de protection  du peuple —

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    (Source de l'image: Figaro)

    Nous reproduisons ce texte afin de participer à alimenter le débat qui traverse l'ensemble de forces militantes progressistes ou se revendiquant révolutionnaires dans l'Etat Français. Nous avons communiqué à plusieurs reprises pour dénoncer cette attitude incohérente de certaines organisations ou de certains relais médiatiques alternatifs, lesquels tentent de faire cohabiter deux positions antagoniques: soutenir les Kurdes et leurs alliés -unis dans les Forces Démocratiques Syriennes- et soutenir la coalition majoritairement dirigée par des pro-Erdogan connue sous le nom d'Armée Syrienne Libre.
    Cette position est inacceptable pour nous, et constitue une ligne de démarcation importante et indiscutable. 

    —————————————————————————-

    La partie est de Alep est tombée aujourd’hui — 13 Décembre 2016 — mais, en regardant les causes profondes qui ont tracé le chemin jusqu’à sa chute, on ne peut que réaliser qu’elle était inévitable. Non pas car les Baasistes et leurs alliés étaient plus fort, ou les factions islamistes plus faibles, mais à cause de la dizaine de facteurs qui ont accompagné Alep de sa première chute, en 2012, et qui ont mené à la seconde aujourd’hui.

    La première chute fut brève, non préparée et vint avec célérité tandis que la seconde arriva lentement, fut douloureuse et dévastatrice. En d’autres mots, la première chute fut la préface de la seconde.

    1- Nous devons nous rappeler que les révolutionnaires se sont moqués des habitants d’Alep pour n’avoir pas pris part à la révolution contre le régime du parti Baas; ils ont échoué a comprendre que Alep est une cité de commerce et d’industrie qui a besoin de sécurité, de stabilité et de routes ouvertes.

    2- Alep est divisée en deux districts; oriental et occidental, ce qui n’est pas qu’une division géographique, mais également sociale et culturelle.  Alep-Est est la maison des pauvres, dévots et pieux sunnites, kurdes des villages, kobanis, afrins et également  turcs. Tous sont pauvres et sont le prolétariat du bâtiment et de l’industrie textile. De l’autre côté, Alep-Ouest est la demeure de la classe moyenne des fonctionnaires du gouvernement, des riches et des propriétaires terriens qui se moquent des slogans politiques et ne recherchent que la stabilité pour prospérer. 

    3- Il existe des districts avec une majorité chrétienne (Arméniens, Assyriens, etc.) qui n’adhérent pas aux slogans islamistes qui ont pris le contrôle de la révolution depuis mi-2011 et se sont toujours méfiés des révolutionnaires venant des villages.

    4-Les districts avec une majorité kurde, particulièrement Al Ashrafia et Boustan Al Pasha, ont été les premiers à se battre et à rejeter les forces du régime et leurs brutes « Shabeeha » au printemps 2012. Ils se sont montrés méfiants vis-à-vis des slogans extrêmement chauvins et nationalistes de l’opposition et de ses alliés armés, soutenus par l’ennemi historique du peuple kurde… la Turquie.

    5- La chute de Alep-Est en 2012 n’a pas eu lieu à cause de ses dynamiques internes ou de son développement propre. Elle fut le fait de l’occupation armée par les villageois du Nord d’Alep (Andan, Hritan, Azaz et Hian).

    6- Les factions islamiques ont combattu et détruit les familles et les tribus influentes, ce qui a poussé bon nombre d'habitants à s’allier avec le régime.

    7- Une fois que les factions islamiques ont pris le contrôle de Alep-Est, elles ont tout volé et pillé et l’ont exporté vers la Turquie à des prix extrêmement bas, ce qui a mené à la destruction de l’économie et des possibilités d’emploi desquelles dépendaient l’existence de la population. *

    8- L’opposition armée était divisée en tellement de faction se combattant l’une l’autre pour se partager le butin du pillage et des vols dans les usines. Ces factions étaient éclatées en fonction de leur idéologie, ligne politique ou de leur origine géographique et religieuse, elles l’étaient aussi en fonction de leur loyauté à des états, des partis politiques ou des personnes spécifiques.

    9- La pénétration des factions islamistes extrémistes dans Alep et au sein de l’opposition armée a mené à l’imposition d’un nouveau style de vie pour les habitants comme pour les autres factions.  Le contrôle d’Ahrar Al Sham et d’Al Nusra ont donné au régime d’Assad et aux russes une raison et une légitimité à détruire la cité et à tuer ses habitants.

    Comme indiqué au début; la seconde chute d’Alep partage beaucoup d’aspects avec la première. — Mais pourquoi Alep est-elle tombée, malgré tout le soutien que les dizaines ou, peut-être, les centaines de factions, ont pu recevoir en terme de tonnes d’armes par la Turquie et de finance par les Saoudiens et les Qataris ? Malgré la propagande médiatique sur l’établissement d’une chambre d’opération commune pour toutes les factions, accompagnée de menaces et de promesses ? Encore une fois, pourquoi Alep est elle tombée ?

    1- Les divisions entre les différentes factions, basées sur quel état les sponsorisent et quels sont les intérêts de ces états dans ce combat.

    2- Le contrôle des factions extrémistes islamistes, plus particulièrement de Al-Qaïda, ont terni l’image de la résistance armée, spécialement aux yeux des occidentaux.

    3- Les vendeurs des rues, les marchands de moutons ou d’orge sont devenus des stratèges militaires. Ils décidaient des plans, dirigeaient des expéditions tactiques et stratégiques. Ils sont devenus par la suite des seigneurs de la guerre et des potentats locaux qui rançonnaient/inféodaient leurs sujets [il existe une ambigüité sur la phrase d’origine: became warlords and local authorities who embezzle their subjects. NdT.]

    4- Ces factions islamistes extrémistes ne combattaient pas le régime. À la place, elles furent à l’initiative d’une guerre de quatre années contre le peuple kurde à Sheik Maqsoud [secteur de la banlieue d’Alep, peuplée majoritairement de kurdes. NdT.], assiégeant des centaines de milliers de Kurdes et d’Arabes, les bombardant avec des bombes chimiques et au gaz. Elles empêchèrent l’approvisionnement  en nourriture et en médicaments. C’est, à mon sens, l’aspect le plus important de la chute de l’opposition armée ainsi que de celle de l’est d’Alep.

    5- La résistance armée devint de facto un agent des services secrets turcs et celle-ci suivit les ordres de ses maîtres. La guerre à Sheikh Maqsoud est une indication claire de la nature de ces ordres.

    6- Les factions de l’opposition ont commencé à se combattre mutuellement et à commettre des atrocités, envers les civils, entre elles et envers les chrétiens et les kurdes. Ces atrocités étaient similaires à celles de l’État Islamique. Elles ont massacré et exécuté les civils dans les rues, commis des kidnappings, détruit des églises et ont ciblé les Kurdes.

    7- À cause de la guerre fratricide entre les factions armées, le régime fut capable de prendre Al Nobel et Zahraa, déconnectant ainsi Alep d’Azzaz, des villages du nord et ainsi, au final, de la Turquie.

    8- Plusieurs factions de la résistance ont quitté leur positionnement dans cette guerre et ont rejoint le régime, après qu’un mémorandum d’entente [convention bilatérale] ait été signé entre la Turquie et la Russie, signifiant que le régime aurait la possibilité d’assiéger Alep-Est  et de combattre pour la ville.

    9- La Turquie et l’opposition syrienne en Turquie ont sciemment joué la carte du bluff avec la résistance.  Elles ont émis des mensonges tels que le soutien inconditionnel de la Turquie dans la lutte contre le régime ou la conduite de négociation avec le régime qui se clôtureraient par un succès.  Malheureusement, la résistance armée a cru en ces mensonges et les combattants sont restés sous le bombardement hystérique des Russes et du régime, sans le moindre gain territorial au sol.

    10- Les services secrets turcs ont utilisé la résistance armée pour leurs propres objectifs et les ont soutenus dans leur prise de l’académie militaire Ramosa et de la prise de la route de Damas. Cela avant qu'Erdoğan ne programme sa visite en Russie, pour être dans une position favorable pour négocier avec Poutine. Mais, dès la fin de la rencontre, Erdoğan a ordonné la fin des opérations militaires dans Alep.

    11- A l'époque où l’opposition armée gagnait du terrain dans Alep-Ouest, coupant la route de Damas, Erdoğan leur a ordonné de quitter Alep et de se diriger vers Jerablus. Ce mouvement a été la dernière pierre qui a brisé le « dos de chameau » [lié à la forme particulière du front à cet endroit NdT.] et a mené a leur défaite et à la victoire du régime.

    12- Au lieu de marcher vers Damas pour achever le régime d’Assad, des milliers de combattants de la résistance se sont dirigés vers Sheikh Maksoud, Afrin, Jerablus et Al Bas pour combattre, aux cotés de l’Armée Syrienne Libre contre les Kurdes, suivant les ordres de leur maître Turc.

    13- Quelques années auparavant, un meeting s’était tenu entre les dizaines de factions, avec comme résultat le départ de leurs zones de combat pour se diriger vers les cités Kurdes à occuper, mais le résultat fut leurs défaites à Sera Kaniye, Rimelon, Qamishlo, Gire Spi et Afrin.

    Non seulement Alep-Est est tombée, mais elle est totalement ravagée. L’économie du plus grand centre du Moyen-Orient et un des plus vieux du Monde est détruite. La chute de l’Est d’Alep est aussi la chute du projet de la résistance armée et de leurs soutiens en Turquie. Elle est la chute de l’Islam politique et des Frères Musulmans, tout comme des agents de la Turquie et de leurs mercenaires. Cette chute est celle de chaque force qui combat le peuple Kurde. Je l’ai dit avant, je le redis « personne ne parviendra à défier et à vaincre le peuple Kurde ».

    Au final, le seul projet viable est le projet séculier et véritablement patriotique du peuple Kurde. Le projet des Forces Démocratiques Syriennes et des YPG. C’est le projet démocratique et fédéral qui peut tenir contre l’État Islamique, contre le régime et contre tous les dictateurs. C’est celui qui garantit un Kurdistan libre et une Syrie libre.

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     Texte original: http://www.kurdishquestion.com/article/3706-the-fall-of-eastern-aleppo 

  • Alep brûle.

    La bataille d'Alep, grand billard à quatre bandes, vient de se terminer.

    L'armée syrienne “loyaliste” reprend le contrôle d'une ville ravagée, dont la population a subi un siège terrible. Le Monde découvre des images de villes éventrées dignes des combats de la seconde guerre mondiale. Les estimations des victimes ne sont pas encore connues, et, étant donné le chaos, ne seront peut-être jamais identifiées. Pour l'humanité entière, Alep est un terrible avertissement, l'avertissement que le monstre de la guerre totale n'a nullement disparu, il n'est qu'assoupi. Les combats, sporadiques, se poursuivent toujours. Dernièrement, la croix rouge a essuyé des tirs sur ses véhicules, sans pouvoir en déterminer l’origine.

    Résultats de recherche d'images pour « Alep »

    (source de l'image: Le Figaro)

     

    L'Unité Communiste de Lyon n'a pas voulu communiquer immédiatement après l'annonce par les médias de la prise de la ville.

     

    Plusieurs raisons à cela:

    Nous n'aimons pas le pathos et le sensationnalisme. Nous ne sommes pas des journalistes couvrant un événement, nous sommes des communistes essayant d'en fournir une analyse politique. Cela demande du recul, cela demande une réflexion. Cela demande aussi ne pas être guidé par ses sentiments, mais par sa raison.

    Cela ne signifie en aucun cas que, en tant qu'individus, nous ne soyons pas touchés par les malheurs atroces des peuples de Syrie, mais nous nous devons de lutter contre le subjectivisme dans nos analyses.

    Nous n'aimons pas ceux qui empilent les cadavres pour s'en faire des piédestaux et qui s'en servent pour vociférer leurs immondices. Nous voulons être prudents dans ce que nous avançons, ne pas nous jeter, comme des charognards, sur souffrance d'autrui. Certains ne s'en privent pas, nous signalons que ces opportunistes nous répugnent au plus haut point.

    Il est difficile de traiter un sujet aussi complexe que la Syrie. Beaucoup s'y sont essayés, beaucoup ont commis de lourdes erreurs en le faisant. Nombre d'organisations politiques se sont engluées dans des positions sottes ou dangereuses, mais qui sont souvent le reflet d'une conception binaire et manichéenne de la société. Après tout, c'est ce que l'Education Nationale, ce creuset que nous partageons tous, nous a enseigné. Nous devons briser ces jugements faux pour être capable d'avoir une approche plus approfondies des questions.

    Nous devons être capable de faire le tri dans le brouillard de guerre.

    Les agences de presse russophiles comme occidentales tirent la couverture vers eux. Nous ne sommes pas dans un échange, nous sommes dans une guerre qui présente les prémices de ce que pourrait donner un embrasement mondial.
    Comme cent ans auparavant, les enjeux justifient le mensonge éhonté.

    Que RT, Sputnik, les plates-formes de la Maskirovka russe trichent, c’est un fait avéré et démontré. Que les agences de presse occidentales mentent également, cela ne serait pas une nouveauté. Nous avons le devoir d’être capable de trier nos sources et nos informations.
     

    (Les menteurs traitent les autres de menteur. Raisonnement circulaire parfait)

     

    Que les pro-russes aient écrasé Alep sous les bombes est un fait indéniable. Elle correspond à la doctrine militaire des forces russes. Qu’il y aie des exactions après 5 ans de guerre est un fait indéniable.

    L’artillerie des opposants n’a pas fait dans le détail non plus, et il est vraisemblable qu’ils aient entravé l’évacuation de la ville. Les images d’une Alep dévastée sont porteuses médiatiquement.
     

    Qu’il y aie une Alep qui respire et qui eclate de joie est un fait tout aussi indéniable qu’il en existe une qui pleure et qui souffre. Cette guerre à plusieurs camps, et chacun de ces camps ont réussi à mobiliser leurs soutiens. Cette guerre n’est pas greffée sur une population “gentille” et passive. Elle tire ses racines de contradictions qui préexistaient en Syrie.

    Seulement, le problème est lorsqu’on essaie vainement et artificiellement de coller des ailes d’ange ou des cornes de démon à l’un ou l’autre des camps qui s’affrontent.

    C'est cette vision qui se heurte à la dure réalité quand on essaie de l'appliquer mécaniquement à la guerre en Syrie. Pourquoi n'est ce pas possible ? Pour la simple et bonne raison que ce n'est pas une révolution qui se déroule, c'est une guerre entre factions hostiles géopolitiquement . A l'exception des Kurdes et de leurs alliés, aucune faction n'est dirigée par des révolutionnaires et des progressistes authentiques.

    Ce n'est pas une guerre du peuple contre son oppresseur, c'est une guerre de clans d'oppresseurs qui essaient d'entraîner derrière eux des fractions du peuples. C'est un champ de bataille de la guerre impérialiste -à l'exception notable, encore une fois, des combattants et combattantes kurdes et de leurs alliés des Forces Démocratiques Syriennes.

     

    Choisir un camp contre un autre reviendrait à soutenir la France colonialiste contre l'Allemagne impériale du Kaiser Guillaume II.

    Ceux, ce sont les plus nombreux en France, qui soutiennent mordicus les opposants à Bachar Al-Assad pensent soutenir des démocrates, des révolutionnaires, des copies conformes de ce qu'ils penseraient voir dans les luttes menées par les masses populaires chez eux. Or, ces démocrates, ces progressistes, existent, mais ils ne sont nullement à la direction des affaires, ils sont minoritaires et dépendants d'une coalition dominée par certains des réactionnaires les plus virulents.

    En vérité, ils soutiennent une cohorte de réactionnaires en cheville avec les impérialistes occidentaux, au premier rang desquels trône la France. Ils soutiennent les prétentions de la Turquie d'Erdogan sur le Rojava.

    Ils soutiennent les futurs oppresseurs des populations de Syrie, les futurs clients de la France et des USA dans la région. Ils soutiennent les gardes-chiourmes d'Erdogan, les bourreaux des Kurdes.

    Pires encore sont ceux qui exigent l'intervention des USA et de la France, de manière accrue, dans ce conflit. Ils déversent de l'huile sur un feu ardent, tout en faisant mine de vouloir qu'il s'éteigne. Ces gens sont effrayés par la réalité de ce qu’ils découvrent, devant l’horreur. De fait, ils admettent que leur rébellion n’est qu’un jeu, en se ruant dans les bras de leurs propres bourreaux, les implorant à l’aide. Dès qu’une difficulté se montre, ils sont prêt à remballer leur drapeau pour aller quémander de l’aide auprès des institutions de l’Etat bourgeois, des impérialistes français.

     

    Ceux qui, au contraire, se mettent en opposition totale avec cette position ne font pas mieux.

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    Les idolâtres de Al-Assad, les admirateurs de Poutine sont légion, à l'extrême-droite et à l'extrême-gauche, pour des motifs, par ailleurs, complètement distincts les uns de autres.

    Al-Assad, il est vrai, s'inscrit dans une histoire dans laquelle les militants communistes peuvent se retrouver. Il représente l'héritage d'un nationalisme panarabe, socialisant, marxisant, laïc, issu des décolonisations. Hafez Al-Assad, le père de Bachar, avait représenté un symbole du monde Arabe moderne. Certains se retrouvent dans cette grille de lecture et voient toujours la République de Syrie comme un ersatz de démocratie populaire.

    Souvent, ces militants tombent dans le mirage des reliquats de cette période -accès à l'éducation, aux soins, à la culture- et croient y voir une mini-union soviétique. C'est aller vite en besogne. Dans les faits, la Syrie, après avoir été une cliente assidue de la France, à commis le crime de lèse-majesté de se tourner vers deux puissances montantes: la Chine et la Russie, comme l'a fait la Côte d'Ivoire de Laurent Bagbo. Même crime, même châtiment: la France est venue lui donner un leçon.

    Les fascistes français ont, pour une grande partie d'entre eux, beaucoup d'admiration pour Poutine. D'abord parce que dans leur analyse inconséquente du Monde -qu'ils partagent avec des social-chauvins de gauche- il n'existe qu'un seul vrai impérialisme: les USA. Donc chaque puissance montante est une force positive qu'il faut soutenir, une force de la renaissance du nationalisme. Poutine est leur idole pour plusieurs raisons: son ordre conservateur, moraliste, homophobe, arc-bouté à une Eglise Orthodoxe réactionnaire. Dans son sillage, ils retrouvent une ligne qu'à un moment des années 80, certains ont pu tenir: l'URSS Brejnévienne contre la décadence occidentale.

     

    Par un parcours complètement différent, mais amenant à des conclusions similaires, la trajectoire campiste.

    Ses suiveurs espèrent déceler, au fond des yeux de Poutine, la flamme rouge de la révolution. Beaucoup de ceux qui ont été humiliés par la chute de l'URSS, répugnés par l'anticommunisme d'hier et les positions antirusses d'aujourd'hui peuvent être pris d'une faiblesse bien humaine, qui est de souhaiter la revanche de la Russie contre l'occident. l'Antiaméricanisme, la répugnance vis-à-vis de l'UE, l'hostilité à l'OTAN nourrit également cette position. Comment, quelque part, ne pas la comprendre ? L'occidentalisme, son miroir, à tant fait pour humilier et combattre l'URSS, tant fait pour imposer une propagande fausse et mensongère.
    Mais Poutine n'est pas l'URSS. L'URSS elle même n'est pas la même en 1980, sociale-impérialiste, que lorsqu'elle fut celle de 1950, fer de lance de la lutte révolutionnaire.

    Pour les benêts comme Mélenchon, c'est l'affirmation des BRICS qui se joue. Factuellement cette analyse n'est pas intégralement fausse, mais elle débouche, comme tout le programme du drôle, sur une impasse.

    Les bourgeoisies n'ont que deux destins: Devenir impérialistes ou devenir compradores.

    Celle des BRICS se lancent dans l'aventure, pour trouver leur place au soleil. Faut-il les soutenir ? Entre un impérialisme naissant et un pourrissant, sommes-nous en face d’un choix valable ?

    De plus, ces individus restent dans une vision sotte, niant un facteur essentiel: la France n'est pas un pays inféodé à une alliance, elle est une puissance impérialiste elle-même. Ils crachent sur l'OTAN et sur l'UE, mais nient le fait que la France soit une puissance. Ils assument, d'une manière autre, le même discours éploré sur la faiblesse de leur pays.

     

    L'un et l'autre des soutien d'Assad / Poutine fantasment sur le tonnerre de feu et de flammes déversés sur les villes. Ils se voient dans quelque chose de grand, de fort, dans lequel ils sont les nouveaux champions de la liberté. Que les fascistes soient en admiration béate devant ceux qui se présentent comme les massacreurs de Daesh, c'est un fait.
    Pourtant, en vérité, aucun des deux camps soutenu par les impérialistes ne se bat avec sincérité contre l'hydre de l'E.I. . Daesh est une créature monstrueuse, assoiffée de sang et de carnage, que les partisans d'Assad comme ses opposants nourrissent. L'un et l'autre tentent de lancer cette bête malade à l'assaut de l'autre, de s'en servir. Les impérialistes n'avaient pas fait autrement avec le régime nazi dans les années 30, l'animant et l'excitant pour le lancer à l'attaque de l'URSS.

     

    Mais notre côté de la barricade serait-il devenu fou et naïf ?

    Qu'en est-il de l'impérialisme ? Qu'en est il de la volonté de paix entre les peuples et de guerre entre les classes ?

    Tout ce qui bouge n'est pas rouge ! Contrairement à ce que clament ceux qui justifient toute opposition à un gouvernement comme étant, par essence, progressiste. Ceux qui saluent tout mouvement de masse sans considération pour son contenu idéologique ne sont que des zélateurs des fascistes. Il sont de la même veine que ceux qui saluaient les pogromistes tout comme les "révolutionnaires anti-bureaucratiques" de la Brigade SS Kaminski -ukrainiens antisoviétiques-. En bref, ce sont les paillassons de la réaction.

     

    Certains se défaussent en affirmant soutenir des groupes secondaires, obscurs, mais nullement capables d’être dirigeants dans la situation actuelle. En somme, leur soutien se porte vers des cautions “démocratiques” des cautions “révolutionnaires”, mais qui sont, de fait, des suiveurs derrière les groupes les plus influents: les nouvelles moutures d’Al Qaïda et les agents de la Turquie.

    D'autres critiquent jusqu'aux Kurdes, qui obtiennent quelques armes de l'occident, qui nouent des trêves avec les forces "loyalistes". Bel hommage que de critiquer la tactique de ceux qui meurent. Bel hommage que de chercher la pureté absolue si chère à ceux qui la trahissent pourtant sans peine dans une démocratie bourgeoise.

    Derrière un odieux chantage à la radicalité, à l’opposition à tous les gouvernements et tous les Etats, pas grand chose ne tient debout.

     

    Quand bien même, les cris de soutien à Alep ne sont que de tristes cris dans le désert.

    Que pouvons nous faire, nous communistes, mais également progressistes et anti-impérialistes en général, dans cette guerre qui se déroule sous nos yeux ?

    Ceux qui poussent des cris stridents et “sensibilisent” à coup de like sur Facebook expriment une détresse de vouloir aider. De vouloir stopper ce qu’il se passe. Leur amour de la paix, leur volonté de faire ce que cela cesse est sincère. Qu’ils accablent de reproche ceux qui ne sont pas de leur côté, à coup de longues tirades, se comprend. Mais hélas, ce n’est pas cela que la lutte internationaliste fonctionne.

     

    Dans sa réponse aux trotskistes chinois, le poète Lou Sin écrivait, le 9 juin 1936:

    Les faits remportent sur l’emphase ;(…). Votre « théorie » est certainement plus sublime que celle de M. Mao Tsé-toung et d’autres : la vôtre plane haut dans le ciel, la leur est terre à terre.

    Mais tout admirable que soit cette sublimité, elle est malheureusement la chose même à laquelle les agresseurs japonais feront bon accueil.

    Partant, je crains que lorsqu’elle tombera du haut du ciel, elle n'atterrisse à l’endroit le plus répugnant du globe.

     

    C’est, hélas, trois fois hélas, ce qui se produit.

     

    Que signifie le mot d’ordre de demander à l’ONU d’intervenir: Il signifie demander aux impérialistes occidentaux d’entrer en guerre contre les impérialistes orientaux.

    Que signifie “soutenir Alep”: Il signifie demander à la France d’intervenir d’avantage, alors qu’elle n’a fait que jeter de l’huile sur le feu.

    Que signifie soutenir des groupes obscurs et secondaires: Cela signifie soutenir la politique de la Turquie et la politique d’agression de l’occident.

    Les soutiens à Bachar Al-Assad n’ont en tout et pour tout qu’un seul avantage sur ceux qui soutiennent les opposants, ils ne flattent pas -directement-le plan de l’impérialisme français. Mais que signifie le mot d’ordre de Mélenchon, mais aussi d’un grand nombre d’ouralistes, d’ouvrir des discussions avec la Russie ? Il signifie lier l’impérialisme français d’un pacte avec la Russie, contre le “grand Satan” US. A aucun moment il ne signifie lutter contre l’impérialisme français.

     

    Est-ce là la seule tâche que s’attribuent ces militants, crier avec l’impérialisme ? Non. Si le mot d’ordre des internationales -s’attaquer en priorité à notre propre impérialisme- est un mot d’ordre valable et nécessaire, ce n’est pas pour une question de principe. C’est parce que c’est ce que nous pouvons faire de plus efficace pour combattre l’impérialisme mondial. Car c’est sur notre propre impérialisme que nos coups portent.
    Ceux qui mettent au premier plan l’impérialisme américain nient la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Ceux qui mettent au premier plan l’impérialisme russe nient aussi la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Ceux qui ciblent l’Allemagne, l’UE, la Chine, les rivaux -réels ou fantasmés- de la France nient la tâche primordiale de lutter contre notre propre impérialisme.

    Soutenir la lutte légitime des peuples de Syrie pour la liberté passe par briser les ailes de notre propre impérialisme, non d’adouber son action. Notre impérialisme s’est comporté comme la pire vermine, en Syrie. Elle a soufflé sur les braises, soufflé pour que les balles sifflent, soufflé jusqu’à ce que la tornade de feu soit ouverte.

    Aucun impérialiste n’a le moindre sentiment humain, la moindre compassion. La Syrie est un enjeu géostratégique, et chaque acteur se repaît des dégâts causés. Notre impérialisme n’a jamais apporté la moindre once d’humanité, et aucun Etat entre leurs main ne s’est jamais mué en démocratie -même bourgeoise.

     

    Les seules forces du progrès sont coalisées autour des Kurdes. Ce sont les seuls qui se battent contre les impérialistes et pour l’avènement d’un Kurdistan Indépendant, mais également pour que la Syrie soit Indépendante des impérialistes. Au sein de cette coalition se trouvent les seules forces qui luttent pour le socialisme.

    Ces forces du progrès, qui luttent contre les appétits des rapaces, sont nos véritables amis sur place. C’est vers eux que nos actions doivent se porter, vers eux que notre soutien positif doit s’articuler.

    Nous, communistes, nous battons pour que notre impérialisme, au premier chef, meure. Nous souhaitons sa défaite la plus large et la plus totale. C’est la pierre, la seule, que nous pouvons à l’heure actuelle apporter à la lutte du peuple Syrien pour sa survie.

    Ce n’est pas un jeu qui se déroule, c’est une guerre. Les belligérants ne se soutiennent pas comme on soutient une équipe de football ou un personnage de téléréalité.

    Notre impérialisme est toujours notre premier ennemi.
    Mort à l’impérialisme français, mort à l’impérialisme mondial !

    Vive la lutte des révolutionnaires des Forces Démocratiques Syriennes!

  • Fidel Castro nous a quitté.

    Aujourd'hui, Fidel Castro nous a quitté.

    Le dernier dirigeant révolutionnaire de la deuxième vague (1945-1959) s'est éteint à l'âge de 90 ans. Pendant toutes ces années, il a incarné l'image vivante de la lutte du tiers-monde contre l'oppression impérialiste américaine, contre la main mise des USA sur l'Amérique Latine. Il a incarné la solidarité des peuples, l'amitié qui naît dans le creuset de la lutte de libération contre l'oppresseur colonialiste ou néo-colonialiste, quelque fusse son drapeau.

    Héros à la peau d'acier, ayant survécu à tellement de tentatives d'assassinats que celles-ci en sont presque devenues une routine, Fidel Castro nous laisse, ainsi que les peuples en lutte, tous un peu orphelins.

    Il a incarné un Etat indépendant, une réussite au sein d'une Amérique Latine marquée par les narcotrafics, la prostitution, les gangs, mais également la pauvreté endémique, l'absence d'accès au logement, aux soins, à l'éducation et la corruption liée à la patte de l'exploitation impérialiste.

    Cuba n'a cessé d'attirer l'amour des peuples, n'a cessé d'attire l'admiration pour ces réussites: l'indicateur de développement humain le plus élevé de sa région, un nombre de médecin par habitants le plus élevé du Monde, un taux d'alphabétisation quasi-total.

    Même ceux qui reviennent de Cuba des critiques plein la bouche ne peuvent que reconnaître qu'on y croise pas les va-nu-pieds et les mendiants, les enfants loqueteux et les favelas de l'Amérique du Sud. Même si il n'y règne pas l'abondance la plus totale, les besoins primordiaux du peuple n'y sont pas oubliés.

    Fidel Castro n'est pas exempt de défauts, mais nier les qualités dont il a fait preuve serait d'une effronterie sans nom. La "voie  Cubaine" également, avec ses avancées et ses erreurs. 

    Cuba fait partie de l'histoire du mouvement révolutionnaire mondial, et à ce titre, doit être analysée pour en tirer les éléments bénéfiques et les éléments négatif. Cet événement, tragique, doit être l'occasion d'un retour sur le passé de la révolution cubaine, sur le positionnement de Cuba dans les débats qui ont traversé le mouvement communiste, et sur la construction du socialisme. C'est également l'occasion de voir les terribles dégâts que la politique de division internationale du travail de Nikita Khrouchtchev a pu créer. Dégâts terribles et irréparables.

    Aujourd'hui, nous saluons un homme dont la place est au sein du Panthéon des révolutionnaires.

    VIVA FIDEL ! 

  • Présidentielles en Bulgarie et en Moldavie: L’orbite russe s’agrandit-elle ?

    Présidentielles en Bulgarie et en Moldavie: L’orbite russe s’agrandit-elle ?

    Le 13 novembre dernier se sont tenues simultanément les élections présidentielles moldaves et bulgares. Ces élections ont vu dans les deux pays la victoire de deux candidats pro-russe, Igor Dodon en Moldavie, et Roumen Radev en Bulgarie.

    Le premier, Igor Dodon, anciennement membre du parti communiste de la république de Moldavie, et ministre de l'économie de 2006 à 2009, aujourd'hui membre du parti socialiste, a été élu sur la base d'un programme comprenant l'adhésion de la Moldavie à l'accord de libre échange Russie-Biélorussie-Kazakhstan, la dénonciation et la renégociation de l'accord d'association entre la Moldavie et l'Union Européenne et une transformation de la république en fédération. Ceci ayant de quoi séduire le Kremlin, puisque cela reviendrait à reconnaître le statut autonome de la Transnistrie, micro-état niché dans une vallée majoritairement peuplée de russes, en conflit avec Chisinau depuis la chute de l'URSS. Une Moldavie pro-Russe complique également la tâche d'une Ukraine toujours en guerre larvée avec les séparatistes.
     

    Le second a un profil plus obscur. Général de l'armée de l'air bulgare, indépendant soutenu par le parti socialiste bulgare, il souhaite un rapprochement similaire avec Moscou, sans remettre pour l'instant en question l'appartenance de la Bulgarie à l'UE et l'OTAN.

    A l'heure actuelle, il est difficile de prévoir comment cette élection se traduira concrètement pour ces deux pays. Cependant, cette oscillation entre Ouest et Est forme une tendance grandissante dans les pays d'Europe de l'est.

    En Hongrie, le régime fascisant de Viktor Orban, tout en maintenant le pays dans l'UE, assume clairement sa sympathie pour Moscou.

    En Serbie, où l'autorité du premier ministre Aleksandar Vucic ne cesse de croître, le discours balance entre le rapprochement avec l'UE, et l'amitié russo-serbe.

    Ces oscillations se sont également étendus au Monténégro et auxquelles nous avons déjà consacré une brève.

    Déception vis à vis d'une adhésion à l'UE et l'OTAN, vue comme une entrée dans un Eldorado, mais finalement marché de dupe ? Nostalgie issues du pacte de Varsovie et du COMECON ? Realpolitik liée à l'affaiblissement Européen et Américain ? Le diagnostic est loin d'être terminé.

    Ce qui est certain en revanche, c'est qu'entre une Amérique de Trump qui révèle un sentiment isolationniste dans l'opinion publique US et une Russie de Poutine montrant de plus en plus qu'elle semble avoir les moyens de sa politique d'affirmation, l'Europe, et notamment l'Europe de l'est, risque de redevenir un champs de bataille pour les impérialismes. Les tensions s'accumulent, et il est inéluctable que l'état actuel des choses, que les cartes que possèdent les impérialistes seront repartagées par la guerre.

    Ces pays, vulnérabilisés par le politique de "division internationale socialiste du travail" de Khrouchtchev, cheval de Troie du social-impérialisme soviétique, transformés en satellites économiques, pillés  par la thérapie de choc vers le capitalisme, sont les réserves de mains d’œuvre peu coûteuse pour les entreprises occidentales et sont des cibles pour qui veut étendre son aire d'influence. Elles sont des test de la capacité de réaction d'une Europe toujours sonnée par le Brexit.

    Dirigés par des cliques d'oligarques voraces, ces Etats sont mis devant un choix: une UE qui n'est qu'une alliance temporaire et fortuite de puissances capitalistes -France et Allemagne en tête- ou  une Russie se drapant dans une robe rouge qui cache bien mal sa nature toute aussi rapace et sournoise.

    Dans les deux cas, les peuples d'Europe de l'Est feront les frais de l'impérialisme de l'un ou de l'autre. Il n'est ni salut dans l'UE, ni dans le pacte de Shanghaï.

    L'impérialisme, c'est la réaction sur toute la ligne ! Il n'existe nullement une chose appelée "bon impérialisme."

    Notre camp, c'est celui du peuple, celui des travailleurs, et des exploités. Nous rejetons la logique Atlantiste voyant Satan dans la Russie, tout comme celle -inverse- des discrets amoureux de Poutine, qui se voient déjà dans une alliance eurasienne contre le Démon américain.

     

    Seul le front uni des masses laborieuses et la lutte contre l'impérialisme est gage d'indépendance. En Bulgarie, en Moldavie, dans les Balkans, en France et dans le Monde, un camp, celui du peuple !

  • LA TURQUIE FAIT LES YEUX DOUX A L’ORGANISATION DE SHANGAI

    La Turquie, comme nous l'avions mentionné dans notre article Trump élu, la fin du Monde n'est pour autant pas pour demain, mis en ligne suite à l’élection américaine, est devenue vacillante. Après une passe d'arme avec la Russie, dans laquelle la Turquie devenait le fer de lance de l'opposition est-ouest, le ton a molli.

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    Pour cause, la Turquie est tiraillée entre les deux, elle est un enjeu géopolitique majeur pour les deux forces opposées: la coalition des impérialismes occidentaux contre l'impérialisme Russe. Verrou de la mer Noire, verrou de l'exportation du pétrole Russe, la Turquie est courtisée.

    Cherchant sa place dans un échiquier géopolitique au sein duquel elle voudrait exister en tant que puissance régionale, pas seulement en tant que zone d'opération, logiquement, elle monnaie.

    Elle a monnayé sa politique sur les migrants auprès de l'UE, acceptant subsides et investissements, mais n'obtenant pas ce qu'elle souhaite, une reprise des discussion sur son adhésion. Critiqué -mais pas condamné- par l'Union Européenne et l'ONU à la suite de la vague de répression qui s'est abattue sur le pays depuis Juillet, ciblant principalement les progressistes de HDP et les kurdes, le président de l'Etat Turc a donc répondu par une pique.

    Erdogan a donc déclaré: "Certains pourraient me critiquer mais je fais part de mes opinions. Par exemple, je me demande pourquoi la Turquie ne rejoindrait-elle pas l'Organisation de Shanghai?" De même, il menace d'un référendum sur le processus d'adhésion à l'UE avant la fin de l'année si celle-ci ne reprend pas les négociations.

    Bonne marchande, elle monnaie son allégeance à l'autre coté, pour flairer si l'Organisation de Shanghai lui offre mieux. Quant à savoir si il s'agit d'un virage complet ou d'un bluff pour faire monter les enchères, difficile à dire.

    Pour autant cela est révélateur de la situation particulière dans laquelle se trouve l'équilibre militaire: La Turquie, depuis son apparition, à la partition de l'Empire Ottoman, a été l'objet de toutes les attentions, pour bloquer l'URSS naissante, pour verrouiller ses détroits, à l'inverse, de pressions de l'URSS pendant la Seconde Guerre Mondiale, pour qu'elle intervienne; mais également bastion de l'Otan et de la réaction pendant la guerre froide.

    Aujourd'hui, le fait qu'elle hésite montre donc que la Russie, et le "bloc continental" auquel elle appartient, ont des offres à faire qui pourraient rivaliser avec celles de l'occident. Cela concoure à laisser penser qu'effectivement la parité militaire et géopolitique s'atteint progressivement au niveau international.

    Reste à voir comment les discrets zélateurs de Poutine, le présentant comme un champion de la liberté face au fasciste Erdogan, pourront politiquement digérer ce revirement s'il a lieu. Reste à voir la réaction de l'Union Européenne.

    Cela reste une affaire à suivre de près.

  • Corée du sud : l’affaire du « Choi gate » ou le Raspoutine sud-coréen

    Samedi 12 novembre, le peuple de Séoul est descendu dans la rue par centaines de milliers, selon la police, par millions selon les manifestants, pour exiger la démission de l'actuelle présidente de la Corée du sud, Park Geun-hye, dont la relation obscure avec une secte « chamanique » a été percée à jour.

    La fille de l'ancien dictateur anti-communiste Park Chung-hee -qui a dirigé la Corée du sud d'une main de fer du putsch de 1961 à sa mort en 1979- était en effet sous l'influence d'une mystérieuse éminence grise, Choi Soon-sil. Ce dernier aurait utilisé son influence sur la présidente pour obliger de grosses firmes nationales -notamment Samsung)- à verser d'importantes sommes à des organisations servant uniquement de façade légale, avant de servir à des usages personnels ou de financement de la secte.

     Un scénario digne des plus abracadabrantesques théories du complot.

     Les liens entre le gouvernement de Séoul et les mouvements sectaires ne date pas d'hier. Avant Choi Soon-sil, Park Geun-hye nouait une relation particulière avec le père de celle-ci. Choi Tae-min, gourou de la secte « l'église de la vie éternelle », et surnommé le Raspoutine coréen, avait obtenu les faveurs de l'actuelle présidente en 1975, après lui avoir affirmé être en contact avec sa défunte mère.

    Très tôt, la Corée du sud ayant a été le terrain privilégié de sectes telle que la secte Moon, fondée par Sun Myung Moon. Ces sectes ont une chose en commun : l'anticommunisme viscéral et agressif comme base d'idée et comme fond de commerce. D'où un soutien financier énorme de la part des États-Unis, dans leur politique de sabotage de la réunification de la péninsule et d'où des liens toujours étroit avec le pouvoir autoritaire de la présidente Park, tout comme avec celui de son père avant elle.

    Illustration: mariage dans la secte Moon. (Source Rue 89)

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     Alors que la Corée du sud est voisine avec l'un des derniers pays se revendiquant du socialisme -sous le nom de leur propre courant le Juche, dont la perception particulière du marxisme soulève des questions d'analyses qui sont loin d'être tranchées- ces sectes demeurent puissantes et ont pignon sur rue. Les conceptions métaphysiques, le dogmatisme religieux, l'esprit de secte, sont en effet parmi les armes les plus efficaces de la bourgeoisie pour détourner le peuple des idéologies progressistes et révolutionnaires. Elles s'opposent frontalement à leur base scientifique est remplacent le matérialisme-dialectique par la foi aveugle.

    Mais derrière les superstitions et les promesses de vie éternelle se cache la réalité : les intrigues politiques, la corruption, l'accaparement des richesses. Une histoire qui en apparence prête à rire, mais qui masque en effet une réalité, les dirigeants de cette secte, père et fille, ont favorisé l'ascension politique de Park Geun-hye, et ont fait fortune grâce à elle. Une réalité qui s'avère être la goûte d'eau de trop pour les coréens du sud, déjà écrasés par un société inégalitaire et élitiste. C'est également la goûte d'eau de trop au sein de cette société caporalisée et militarisée, dans laquelle toute forme de contestation sociale peut être considérée comme une trahison, toute opposition est vu comme une allégeance en douce à Pyongyang.

     Malgré certaines mesures prises en catastrophe, comme le limogeage du 1er ministre, ou la promesse d'une restriction de son pouvoir par la présidence, rien n'y fait, le peuple ne veut plus se laisser duper.

    L'Unité communiste de Lyon affirme son soutien au peuple coréen dans sa lutte contre ses oppresseurs, contre l'impérialisme, contre l'injustice. L'obscurantisme est le voile de la corruption et de la réaction !

    Pour la paix et la fin de la guerre froide entretenue pour des interêts géopolitiques en Corée !

    Korea is One! 
     

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  • Trump élu: la fin du Monde n’est pour autant pas pour demain.

     

    Défiant la grande majorité des analystes politiques et électoraux, le résultat de l'élection américaine tombe, pour notre fuseau horaire, un peu comme un réveil le lendemain d'une soirée trop arrosée: Un sentiment de confusion, d'incompréhension, nous prend.

    Les sondages et les analystes donnaient avec certitude une confortable victoire pour Hilary Clinton. Cette victoire était celle de la logique, celle du centre, sur la position extrémiste de l'homme d'affaire.

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    Victoire de la logique car les va-t-en-guerre du Pentagone, le complexe militaro-industriel, une grande partie de l'industrie tournée vers l'exportation et l'etablishment étaient des supporters de l'ancienne première dame. Lâché par une partie de son électorat, lâché par une partie des Républicains -même Georges W. Bush aurait voté pour Hilary Clinton- cette victoire semblait impossible.

    Pourtant elle le fût.

    C'est la victoire d'une Amérique sur une autre.

    C'est la victoire des Rush Limbaugh, des Alex Jones, de cette Amérique d'outsiders réactionnaires, ces relents d'Amérique du "Sud profond", contre l'Amérique de Mickael Moore, du New York progressiste et cosmopolite.  C'est le conflit d'une bourgeoisie américaine contre une autre.

    C'est la victoire de la métapolitique, une campagne menée tant dans la rue que sur internet, où l'imageboard 4chan a réussi même à défrayer la chronique, faisant de l'image d'une grenouille mal dessinée un signe de haine et de ralliement à Trump. Image result for pepe trump

    Cela signifie-t'il que Clinton aurait été l'ange de paix et de justice: Non.

    Les révélations de Wikileaks sur les e-mails de Mme. Clinton ont montré une implication de chaque instant de la part de la candidate démocrate, et de la part de l'équipe présidentielle dirigée par Barack Obama, dans des sabotages, des pressions, des opérations de déstabilisation contre les gouvernements d'autres Etats. Cela n'est cependant pas une surprise. Mais le camp de Trump a particulièrement exploité ces histoires, ainsi que la confusion de la candidate entre son mail personnel et professionnel, pour lancer la rumeur de l'avènement d'un règne personnel et absolutiste de la part de la Démocrate. Il semble par ailleurs que des hackers russes auraient donné du grain à moudre, en participant aux piratages.

    Ceci, ainsi que la méfiance traditionnelle des états-uniens pour leurs élites, à contribué à donner un avantage à Trump.

    La Dialectique Trumpienne.

    La victoire de Trump est-elle donc cette fin du Monde tant annoncée ?

    Progressistes des USA, accrochez-vous !

    "L’heure est venue de nous rassembler et de ne faire qu’une nation. Je promets à chaque citoyen de ce pays que je serai le président de tous les américains. Pour ceux qui avaient décidé de ne pas me soutenir, je me tourne vers vous, nous devons travailler ensemble."

    Nous ne nous faisons pas d'illusions. Bien que le discours de Donald Trump soit, en terme de politique intérieure, d'une modération ahurissante, quant revient à la mémoire la campagne, son élection va sonner comme le clairon pour tout ce que les USA comptent en terme de racistes et de réactionnaires. Afro-américains, latinos, asiatiques, natifs américains, mais aussi nos camarades communistes américains vont passer de tristes moments sous une présidence qui a tant jeté de l'huile sur le feu. De même, nous redoutons de voir les mouvements progressistes, pour l'égalité entre les genres, pour l'avortement, pour que la Bible ne soit pas la loi, dans une bible belt majoritairement républicaine.

    Pour autant, la présidence de Barack Obama ne fut pas non plus un long fleuve tranquille. Les meurtres d'afro-américains par la police, la construction du pipe-line à travers la réserve native, les inégalités sociales, l'effondrement de la ville de Détroit, ont eu lieu sous ses mandats.

    Mais le grand revirement se situe dans la politique extérieure .

    Make america isolationist again.

    La victoire de Trump ne peut être regardé que comme la victoire de la position du déclin américain. Que de la position isolationniste et de repli de la part des USA. Hilary Clinton disposait d'un soutien réel de la part des huiles du Pentagone, mais aussi de l'industrie, car elle était d'une tradition interventionniste, d'une position sur la nécessité pour les USA de rester un gendarme du Monde.

    Si l'élection d'Obama était apparue comme un vent frais après 8 ans de bushisme et d'aventures militaires, les USA ont pour autant poursuivi une politique similaire à l'extérieur. Toutefois, le discours était passé d'une Amérique seule face au monde, à celle d'une Amérique cherchant un hegemôn, cherchant un nouveau réseau d'alliances.

    Trump, lui, prononce là aussi un discours d'une incroyable modération: "Je tiens à dire à la communauté internationale que si nous allons mettre en avant l’intérêt national, nous n’oublierons personne et nous traiterons avec tous les autres pays. Nous essaierons de trouver un terrain d’entente. Nous essaierons de trouver un terrain d’entente. Nous conclurons des partenariats et pas des conflits. Et je tiens à remercier toute mon équipe, tous ceux qui ont contribué à faire de cette nuit une victoire historique."

    La désescalade continue. Cette Amérique qui se cache derrière ses murs est une Amérique épuisée et en déclin.

    Son réseau d'alliance s'est affaibli, s'est amoindrie. Alors qu'elle reste le pays le plus dépensier en terme Image result for F-35 échec d'armement, sa capacité à pouvoir maintenir la parité technologique semble devenir un cauchemar, tant les programmes de renouvellement marquent le pas. Le chasseur nouvelle génération F-35 est un échec complet, et est une humiliation pour les USA et leur complexe scientifique et militaire. Face à l'augmentation en qualité et en volume des forces concurrente: Chine, Russie; face à l'augmentation de l'influence de ces derniers à travers le Monde; Turquie vacillante, Philippines de Duterte carrément pro-russe; les USA sont dans une passe difficile.

    Or, Trump n'est pas un America is back bis. Il ne mise pas tout sur la dérégulation et le néo-libéralisme de son prédécesseur des années 80. Trump, l'homme du mur, n'est pas Reagan, l'homme du tear down this wall. Il est une Amérique qui, si elle se prive de l'immigration mexicaine, légale ou non, va voir son PIB stagner d'autant plus. Liquider la manne des maquiladoras n'apportera rien. Il est d'une Amérique coincé entre un libre échangisme traditionnel, et une tentation du protectionnisme et du repli sur soi.

    Nous assistons donc à un affrontement entre deux stratégie de la bourgeoisie américaine, laquelle n'a plus l'unité de volonté qui la caractérisait auparavant.

    En 1939, le président Mao écrivait: " Etre attaqué par l'ennemi est une bonne chose et non une mauvaise chose; en ce qui nous concerne, qu'il s'agisse d'un individu, d'une armée, d'un parti ou d'une école, j'estime que l'absence d'attaque de l'ennemi contre nous est une mauvaise chose, car elle signifie nécessairement que nous faisons cause commune avec l'ennemi.

    Si nous sommes attaqués par l'ennemi, c'est une bonne chose car cela prouve que nous avons établi une ligne de démarcation bien nette entre lui et nous."

     

    Or, qui a salué l'arrivée au pouvoir de Trump ? Des alliés de l'Amérique ? Non.

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    Vladimir Poutine a appelé de ses vœux l'arrivée de Trump.

    Selon l'agence Reuters, le leader de la RPDC, Kim Jong-Un, également.

    Même si cette information est à prendre au conditionnel, comme tout ce qui sort des agences de presse chinoises et sud-coréennes, le fait que cette information ne soit pas choquante en soi est révélateur.

    Les deux ne sont pas des amis des américains, et sont des rivaux, ou des ennemis de son impérialisme. Pour autant, ils ont été séduits par le programme international de Trump, qui passe par la levée des sanctions, par le repli des bases, en bref par un recul sensible de la présence américaine.

    Si les ennemis de l'Amérique saluent l'arrivée de ce candidat, c'est bien qu'ils soupçonnent que celui-ci servira, même indirectement, leur cause.

    Marine le Pen, bien que pro-russe, a soutenu Trump. Ceux qui sont dans ce cas de figure l'ont fait, en grande partie, par ignorance, sans la moindre compréhension des enjeux géopolitiques.

     La France est particulièrement en retard dans sa compréhension des enjeux mondiaux, c'est en partie pour cette raison que son impérialisme est si agressif. Il ne fait que tomber de Charybde en Scylla, incapable de se projeter dans une pensée cohérente. Une partie de la bourgeoisie française est sur une position ouvertement atlantiste, tandis qu'une autre adhère à la conviction que ses intérêts se trouvent plus du côté de la Chine et de l'Oural.

     

    Cette Amérique du repli est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour le reste du Monde.

    Elle marque un déclin de l'impérialisme pourrissant des USA, et en cela, elle est une bonne nouvelle. Dialectiquement, cependant, la fonte de la calotte glaciaire que représentait les USA sur la concurrence inter-impérialiste, son affaiblissement, peut entrainer une série de guerres de repartages, peut permettre aux impérialismes brimés de prendre de l'ascendant et de tenter de faire leur place au soleil.
    La victoire de Trump, en tout état de cause, semble tirer le rideau sur la Pax Americana, déjà endommagée depuis 15 ans, depuis le 11 septembre 2001.

    Rien d'intégralement positif n'était, de toute manière, à attendre de cette élection. Entre les deux clans de la bourgeoisie américaine, nous n'avions pas à laisser notre cœur balancer. Cependant, nous restons vigilant: Bien que n'était pas au stricto sensu un émule de Hitler, Trump va certainement mener la vie dure à tous les progressistes américains. C'est vers eux, vers ceux qui combattent l'impérialisme de leur propre Etat, que nos pensées vont en priorité. C'est vers ceux qui, au cœur du monstre, luttent pour les droits des minorités, contre l'obscurantisme et la réaction, contre les menées guerrières, que va nos salutations.

    Nous sommes pour des Etats-Unis d'Amérique démocratiques et socialistes. Nous espérons que le déclin de son impérialisme est un préalable à ce que naisse un puissant mouvement populaire et révolutionnaire au sein de cet Etat.

    Vive la lutte héroïque des progressistes et des révolutionnaires américains !

    Contre l'impérialisme et la réaction !

     

     

  • Soutien aux révolutionnaires et aux progressistes de l’État Turc !

     

    4 novembre 2016 : La police aux ordres de l’État turc a pris possession des habitations des coprésidents du HDP, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ, qui ont été arrêtés, incarcérés et entendus par un juge dans la journée même. Au même moment, les neuf députés Sırrı Süreyya Önder, Leyla Birlik, Ferhat Encü, Ziya Pir, Nursel Aydoğan, İdris Baluken, Gülser Yıldırım, Abdullah Zeydan et Selma Irmak, ont été arrêtés et incarcérés pour des liens présumés avec la Parti des Travailleurs du Kurdistan, le PKK. Plus tard dans la même journée, les députés Idris Baluken, Leyla Birlik et Nursel Aydoğan ont été incarcérés pour avoir manifester en soutien à leur camarades. En tout, 15 députés ont été arrêtés.

    Cette attaque n’est nullement le fruit du hasard, elle est une menée réactionnaire et fasciste contre l’organisation politique HDP, qui porte la voix des progressistes et des nations opprimées dans cette prison des peuples qu’est la Turquie.

    Le gouvernement turc, dominé par le parti AKP, poursuit une politique de chasse aux organisations progressistes et révolutionnaires au sein de l’État Turc. Tirant parti de la tentative de coup d’État, en juillet, orchestrée par une clique de réactionnaires au sein de l’armée, la Turquie a instauré un état d’urgence qui délie les mains de la police et de la justice. Dès lors, tout est permis, et les arrestations se sont succedées.

    Déjà en Août une purge à frappé le corps des fonctionnaires, avec 5000 limogeages. 146 mandats d’arrestation ont été édictés contre des universitaires accusés d’être défavorables au président.

    Dernièrement, le président Erdoğan a déclaré vouloir remettre en place la peine de mort, abolie en 2004. Geste significatif: Erdoğan ne veut pas seulement museler ses opposants, il veut les exterminer, et les communistes Turcs et Kurdes sont dans le viseur de l’apprenti-fasciste.

    Il ne faut pas oublier que l’État turc mène en parallèle une sale guerre au Kurdistan Nord Bakur, par ailleurs fief du HDP. Les opérations militaires, les bombardements, le siège des villes se poursuit et s’intensifie. Soutenant des réactionnaires en Syrie, et trouvant des visées communes avec Daech, AKP veut écraser la résistance Kurde entre le marteau et l’enclume.

    Erdoğan veut réaliser ses ambitions fascisantes et écraser les résistants et les révolutionnaires.

    Il échouera.

    Malgré la complicité de nombreux impérialistes, malgré celle de la France notamment, grande souteneuse de criminels, malgré tout l’appui de ses alliés, Erdoğan échouera !

    Il échouera comme tout ceux qui veulent écraser les peuples sous leur domination, sous l’oppression.

    Le 1er novembre, nous avons fêté le second anniversaire de la victoire de Kobanê, victoire contre Daech par les forces de la résistance Kurde, leurs alliés Turcs progressites et internationaux. Cette victoire est plus que militaire, elle est le symbole vivant que les armées populaires, que la résistance populaire est invincible !

     

    L’Unité Communiste – Lyon apporte tout son soutien à la lutte pour l’indépendance du Kurdistan et pour le maintient des libertés démocratiques en Turquie.

    LIBERATION IMMEDIATE DES PRISONNIERS  

    Les Erdoğan vont et viennent, mais la force du peuple est éternelle !