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  • La Biélorussie à l’heure du choix.

    La Biélorussie à l’heure du choix.

    Les élections du 9 août 2020 ont redonné le pouvoir à la direction de Alexandre Loukachenko, en poste depuis 1994. Celles-ci se sont déroulées dans un climat de grande tension, notamment à la suite des élections législatives de novembre 2019, lesquelles ont donné un très large ascendant aux organisations présidentielles. Obtenant 80,08 % des voix, la coalition autour de la présidence a écrasé l’opposition, incarnée par Svetlana Tsikhanovskaïa. L’opposition a dénoncé des scrutins truqués, des pressions, des tricheries.

    Elle a appelé à des manifestations pour contester le résultat des élections. Celles-ci ont été réprimées par la police, laquelle a tiré à balles réelles, entraînant plusieurs blessés graves et des milliers d’arrestation. Le 11 août, la dirigeante de l’opposition a fui le pays, pour se réfugier dans la proche Lituanie. Depuis cet exil, elle a incité à continuer la mobilisation contre le régime.

    De son côté, le gouvernement a, lui aussi, incité à ce que ses soutiens descendent dans la rue. Une manifestation favorable au régime s’est déroulée, dans laquelle le Parti Communiste du Bélarus, formé par les anciens cadres du régime, s’est joint aux soutiens à Loukachenko, tandis que les syndicats ont rejoint principalement l’opposition. Un division du Parti Communiste, le Parti Communiste des Ouvriers de Biélorussie, a lui aussi, rejeté la position du PCB pour rejoindre les oppositionnels.

    Ces mobilisations sont appréciés de manière très variée depuis la France. Les réactions et les attitudes ont été parfois d’un soutien clair au régime, parfois d’un soutien à l’opposition. Ces visions diamétralement opposées sont le reflet de la complexité de la situation biélorusse et de l’imbrication des enjeux.

    Une situation complexe.

    Pourquoi la politique du Bélarus est elle si complexe ? Le Bélarus est un de ces pays-pivots, dont l’importance géopolitique est immense. Il représente l’une des voies qui mènent au cœur de la Russie, les autres étant par les pays Baltes et par l’Ukraine. Le Bélarus, dans la conception soviétique puis russe, fait partie de la sphère de sécurité vitale du pays. Pour la conception occidentale, marquée par les théorie de Mahan, Spykman et Brzezinski, il fait partie de ces espaces à contrôler pour refouler (roll back) la Russie vers l’Asie.

    Depuis la terrible saignée de la Seconde Guerre mondiale, la Russie ne peut tolérer un régime qui lui soit hostile dans son espace de sécurité. Elle considère qu’il s’agit, pour elle, d’une question vitale et non-négociable. Un changement radical d’orientation, de la part du régime Biélorusse, une orientation pro-occidentale, serait peut-être un casus belli. L’occident, quant à lui, avance prudemment ses pions, soutenant politiquement et financièrement les oppositions. D’autres intérêts s’entremêlent, comme les appétits chauvins polonais. Une partie des nationalistes voudraient récupérer la ville de Brest-Litovsk et revenir à la Grande Pologne du traité de Riga (1922).

    De plus le pays est une interface économique essentielle pour le transfert du gaz et du pétrole russe vers l’occident. Le pays raffine le pétrole et le revend, encaissant au passage une plus-value importante. Cependant, ce parasitisme, aux yeux de la Russie, entraîne des tensions régulières, et contribue à nourrir le projet de pipe-lines qui passeraient par le fond des mers.

    En dépit de cela, le régime de Loukachenko répond globalement aux besoins de la Russie. Il forme un flanc garde et un glacis protecteur. Quant à sa nature politique, elle fait débat. En dépit de certaines apparences et références à l’Union Soviétique, le régime est loin d’être socialiste. Une partie de l’économie est entre les mains de monopoles d’États, mais cette propriété juridique ne signifie pas que les rapports de production ne soient pas capitalistes.

    Bélarus: nouvelle manifestation de l'opposition, la pression monte ...
    Le Bélarus est hautement dépendant de la Russie pour ses approvisionnements.

    Depuis 1994, d’ailleurs, Loukachenko a accompagné la réduction de ces droits sociaux et la privatisation progressive de l’économie. Le niveau de vie des habitants de la Biélorussie s’est réduit progressivement. Il a également mis en place des mesures réactionnaires, notamment les « lois anti-parasites », qui frappent les plus démunis, les chômeurs et les chômeuses. Malgré certains fantasmes, liés au fait que les droits sociaux en termes d’accès à l’éducation, au logement, aux soins, soient maintenus, grâce notamment à la rente pétrolière, le régime se montre férocement réactionnaire sur les questions de société, notamment sur les droits des LGBT et sur le droit des femmes.

    Il possède, dans le fond, la majorité des caractéristiques d’un régime social-démocrate poussé jusqu’au bout de sa logique, pourrissant, oscillant entre redistribution des richesses et maintien d’un modus vivendi avec les intérêts de sa bourgeoisie. Il peut se comparer à une espèce de péronisme1 ou à d’autres régimes dans lesquels la bourgeoisie nationale tente de trouver un moyen terme entre indépendance et intégration dans une sphère impérialiste.

    Car les relations de voisinage sont particulièrement délicates.

    Les difficiles relations de voisinage.

    Le Bélarus est l’antichambre de la Russie, comme la Pologne est l’antichambre de l’occident. Durant la période précédant les élections, du fait de l’accroissement des tensions entre Est et Ouest, il s’est retrouvé à plusieurs reprises en situation de terrain d’enjeu.

    En théorie, le pays est dans un processus de fusion et d’intégration dans la Fédération de Russie. Dans les faits, le processus est au point mort. Les cliques qui soutiennent Loukachenko ne voulant pas perdre le contrôle de l’économie et être phagocytées par la bourgeoisie russe. Cependant, le pays maintient des exercices militaires conjoints avec la Russie. En 2017, par exemple, les exercices militaires ZAPAD-2017 se sont déroulés sur son sol, simulant une intervention vers les États Baltes et la Pologne. La situation d’avant-poste du Bélarus est d’ailleurs déplaisante (il en était de même pour la RFA et la RDA d’ailleurs.) Dans le cas d’un affrontement majeur en Europe, le pays, qui a perdu 25 % de sa population durant la dernière guerre, est certain d’être à nouveau un champ de bataille central. Cette situation n’est pas sans être déplaisante.

    Les mercenaires perdus.

    En fin juillet, l’arrestation de plusieurs centaines de mercenaires d’une société militaire privée russe a jeté de l’huile sur le feu. Ces professionnels du combat ont été officiellement soupçonnés de vouloir déclencher un scénario à la syrienne ou à la « euromaïdan », dans lequel des agents provocateurs ont sciemment fait exploser les tensions.

    Cependant, les analyses des images de l’arrestation laissent plutôt supposer qu’il s’agit d’une scénette de plus dans la grande pièce de théâtre des relations diplomatiques russo-biélorusse2. Les documents vus correspondent plus au scénario d’un transit de troupes soit vers le Donbass, soit vers les pays chauds, qu’à un projet de déstabilisation par la Russie du scrutin biélorusse.

    Les relations entre Russes et Biélorusses sont d’ailleurs loin d’être binaires et simples. La Biélorussie, qui devrait être, à terme, intégrée dans la Fédération de Russie, renâcle. Elle est un petit frère turbulent. A plus d’un titre, elle évoque la délicate relation entre la Corée du Nord et la Chine. Les deux sont, de fait, des pays dirigés par une bourgeoisie nationale. Les deux sont néanmoins inclus dans une orbite géopolitique, laquelle leur assure une protection. Mais les deux ne veulent pas d’un destin de soumission totale à une sphère impérialiste ou une autre. Il en résulte une diplomatie parfois erratique.

    En réponse à la hausse des taxes sur les échanges entre les deux pays, à partir de janvier 2020, le Bélarus s’est alors tourné vers de nouveaux partenaires commerciaux, dont les USA. Ceux-ci ont saisi la balle au bond, allant jusqu’à proposer 80 000 tonnes de pétrole début août. Sans être un changement d’allégeance, cette opération a été destinée à rappeler à la Russie que le Bélarus possède une certaine souveraineté. Elle s’est d’ailleurs soldée par une renégociation des accords énergétiques entre les deux pays.

    Il est notable que les opposants mis à l’index par le Bélarus ne sont pas tous des pro-européens. Ainsi le site OPEX 360 note : Autre opposant, Viktor Babaryko a été mis sous les verrous car soupçonné d’être à la tête d’un « groupe organisé » accusé de « fraudes » et de « blanchiment d’argent », via la banque Belgazprombank, filiale du géant gazier russe Gazprom, qu’il a dirigée. Le 14 juillet, sa candidature a été écartée par la commission électorale.

    Quand aux influences occidentales, elles sont assez transparentes. Il est certain que l’occident appuie l’opposition. Le refus de l’UE de reconnaître le résultat des élections en Biélorussie est un fort signal dirigé vers les opposants. Cependant ce soutien à l’opposition ne signifie pas que celle-ci soit une marionnette docile entre les mains d’agents de l’étranger. Comme dans l’écrasante majorité des situations politiques, les causes premières sont les contradictions internes, endogènes, et non pas l’influence externe, exogène. La lutte des classes au sein de la Biélorussie est, comme ailleurs, le principal moteur.

    Le peuple biélorusse otage des impérialismes.

    L’opposition, à l’heure actuelle, s’est soudée autour de l’image de Svetlana Tsikhanovskaïa. Elle porte un programme de plate-forme libérale, rassemblant pèle-mêle les intérêts des directeurs de trust d’Etat – lesquels désireraient devenir des patrons à part entière – mais également les aspirations populaires à plus de démocratie et au maintien des conquêtes sociales de l’ère soviétique. La question du leadership, de la direction du mouvement de contestation, est cruciale pour déterminer son évolution. Elle est aussi ce qui déterminera sa nature de classe profonde. Elle oscille, logiquement, à la recherches d’appuis et d’alliés, y compris internationaux. Pour une analyse plus poussée, nous renvoyons au communiqué du PMR ICOR.

    https://unitecommuniste.com/icor/declaration-du-parti-maoiste-russe-pour-une-bielorussie-sans-loukachenko-et-sans-capitalistes/

    Dans certains argumentaires, nous trouvons que cette lutte de classe « fait le jeu » d’un impérialisme ou d’un autre. Dans le monde plein, saturé, quadrillé par les impérialismes, c’est un fait, oui. Chaque mouvement des uns et des autres impacte les rapports de forces internationaux. Mais cette vérité était déjà celle qui, il y a 103 ans, poussait certains à rejeter toute sortie de la guerre de la Russie soviétique, accusant les bolcheviques de faire le jeu de l’impérialisme allemand, voir Lénine d’être l’agent du Kaiser. Au moment des grands empires, certains et certaines éminentes marxistes rejetaient ainsi les mouvements nationaux, sous prétexte qu’ils avaient « raté leur entrée dans l’histoire » et que tout mouvement national était une dilution de l’avancée vers la révolution prolétarienne.

    C’est oublier que, même si les rapaces impérialistes tentent de planter leurs griffes dans chaque mouvement, ce sont les luttes populaires, les combats aux marges des citadelles de l’impérialisme qui contribuent à l’affaiblir. La lutte des bolcheviques, dans le maillon faible de l’impérialisme qu’était l’Empire russe, n’était pas si éloignée de cela. Il en est de même pour la lutte des Kurdes, accusée de « faire le jeu des américains ».

    Dans les faits, la déstabilisation du régime, si le gouvernement l’emporte, risque effectivement de mettre à mal les marges de manœuvre de Loukachenko. Mais, au lieu de « démocratiser » le pays, le résultat pourrait très bien être de le jeter encore davantage dans l’orbite de Moscou. Loukachenko et Poutine se sont d’ailleurs contactés pour s’assurer mutuellement de leur solidarité en cas d’aggravation de la situation.

    La population du Bélarus est elle en dehors de l’histoire, réduite à jouer le rôle de soutien d’un impérialisme ou d’un autre ? Doit-on leur interdire de lutter sous prétexte que cela pourrait « faire le jeu » d’un impérialisme ou d’un autre ? Elle n’est pas guidée par des bolcheviques, malgré la présence de groupes qui combattent avec sincérité contre l’ingérence et contre le capitalisme. Cependant, ce n’est que dans l’action, dans la lutte, que peut émerger une direction révolutionnaire, liée aux masses populaires, capable de trouver le chemin escarpé vers une société juste.

    Quelle position ?

    Cette question est difficile à trancher, comme toutes les questions réelles et concrètes, une fois qu’on sort des bornes rassurantes du cas d’école. Elle est néanmoins révélatrice des clivages et des perceptions variées au sein du mouvement révolutionnaire et du mouvement communiste. Entre ceux qui feront confiance intégralement aux hommes et aux femmes biélorusses pour choisir un régime conforme à leurs intérêts et ceux qui considèrent que l’impérialisme est trop fort.

    Tant que les impérialismes existent, il ne peut exister de « démocratie » pour les espaces qui sont des enjeux géopolitiques. Cette constatation est valable tout aussi bien pour les régimes polonais, hongrois, turcs, ukrainiens… Ces espaces sont trop précieux pour ne pas être contrôlés d’une main de fer. Lorsqu’on regarde des pays dans lesquels les changements de régime ont abouti, les résultats ne sont pas forcément rassurants. Le cas de la Pologne, de la Hongrie, de l’Ukraine est inquiétant. Ces pays sont employés comme glacis protecteurs pour l’Europe, tout comme fers de lance pour frapper les intérêts russe en plein cœur. Mais croire qu’il faut obtenir des garanties de succès avant d’avancer, c’est surtout renoncer éternellement. Chaque lutte présente les caractéristiques d’un coup de poker plus que d’une partie d’échec, comme l’avait déjà déterminé Clausewitz.

    Le destin du peuple de Biélorussie, de ses masses populaires, est là. Soit parvenir à s’extraire de la lutte entre impérialismes, soit demeurer sous le joug de l’un ou de l’autre et de ses pions. L’apport que nous pouvons faire, ici, depuis la France, ne peut passer que par le soutien aux organisations communiste et populaires de ces pays. Les déclarations et les analyses n’ont de sens que si elles sont accompagnées par des actes. Il faut avoir confiance dans les masses du Bélarus pour assurer la double tâche qui est la leur : à la fois conserver l’indépendance nationale de ce pays enclavé et piégé dans le jeu des puissances, et à la fois permettre une politique de progrès social, d’émulation et d’égalité. Cette double tâche ne peut s’assigner depuis l’extérieur. En revanche, il est possible de soutenir des organisations dans lesquelles il faut avoir un certain degré de confiance.

    Bien sûr, la décantation de la situation au Bélarus est potentiellement explosive. Elle crée une instabilité dans la région, instabilité qui peut profiter à des fauteurs de guerre. C’est dans ce cadre-là que le mouvement anti-guerre des puissances impérialistes doit être capable de montrer sa force et sa solidarité. Or, il demeure dispersé, et dans un refus de travailler conjointement. C’est une regrettable attitude, qui entrave son développement et son renforcement. Pourtant, plus l’entropie, la tendance au chaos, fait son lit, appuyée par la crise, plus nos responsabilités en tant que communistes sont grandes.

    Construire le front international pour pouvoir jouer un véritable rôle.

    Le choix de notre organisation, en dépit de sa taille, est de coopérer dans le cadre du Front Uni Antifasciste, animé par l’ICOR et l’ILPS, mais également de s’inscrire dans la coordination ICOR comme membre à part entière. Nous pensons que c’est cette participation et le soutien que nous pouvons accorder aux organisations qui luttent sur le terrain qui peut donner sens à notre positionnement. Nous avons ainsi republié la position du Parti Maoïste de Russie, que nous considérons comme juste et précise. Nous attendons des nouvelles des positions de nos camarades biélorusses membres de l’ICOR. Nous invitons les individus qui veulent contribuer à faire grandir cette coordination à rejoindre les amis de l’ICOR et les organisations membres.

    Derrière le positionnement des organisations politiques, il se pose une question de fond, question ouverte : qu’est ce qui doit primer ? La lutte des classes ou les considérations géopolitiques ?

    Nous appelons à la solidarité avec les inculpés de la lutte, ici et ailleurs. Nous appelons à soutenir les organisations populaires en Biélorussie. Nous appelons à organiser et animer un mouvement anti-interventionniste et anti-guerre en France et en Occident.

    1En référence au courant politique autour de Juan Perón, en Argentine, lequel se basait sur une certaine justice sociale et une redistribution des richesses, sans jamais n’avoir tendu vers le socialisme. Le péronisme était un régime de bourgeoisie nationale qui essayait de s’ériger de manière autonome. Cependant le destin des bourgeoisies, dans l’ère impérialiste, est simple : tendre vers l’impérialisme elle-même ou tendre vers le faire de devenir cliente (compradore) d’un impérialisme.

    2http://www.opex360.com/2020/07/30/letrange-arrestation-de-mercenaires-de-la-societe-militaire-privee-russe-wagner-en-bielorussie/

  • Message sur le plan de création de l’ILPS-Europe

    Message sur le plan de création de l’ILPS-Europe

    En tant que communistes et plus particulièrement en tant qu’organisation membre du Front Uni International, impulsé par l’International League of People Stuggle (ILPS) et l’International Coordination Of Revolutionnaries Parties and Organisations (ICOR), nous saluons le plan de création de l’ILPS-Europe. Nous leur souhaitons un développement rapide et de grands succès. Leur développement consolide celui de l’ensemble du mouvement communiste international.

    E.V.

    Jose Maria Sison, Président émérite de la Ligue internationale de lutte des peuples

    4 avril 2020

    Chers collègues,

    La Ligue internationale de lutte des peuples est un front uni d’organisations de masse pour la lutte anti-impérialiste et démocratique à différents niveaux. Depuis sa fondation en 2001, elle a une portée internationale. Mais pour atteindre la profondeur, elle doit construire ses forces composites aux niveaux régional, national et local.

    Elle peut gagner du souffle à chaque niveau en ayant davantage d’organisations de masse comme composantes de chaque préoccupation.

    Pr. Jose Maria Sison

    Elle peut également gagner en ampleur en pouvant s’allier à d’autres formations de front unique à tous les niveaux. On peut appeler cela l’élargissement de l’alliance pour rassembler la plus grande force possible afin d’isoler et de submerger l’adversaire.

    Pour construire l’ILPS à n’importe quel niveau, vous devez connaître la situation dans son champ d’application géographique et vous devez rassembler les organisations de masse que vous pouvez à un moment donné. Vous devez réunir les délégations de ces organisations afin d’échanger des points de vue et des expériences, de convenir d’un programme d’action et d’élire l’organe qui dirigera le travail et la lutte qui découlera de l’assemblée.

    Je suis heureux que dans votre projet de création de l’ILPS-Europe vous appréciez sa place dans la structure de l’ensemble de l’ILPS et que vous ayez fait des préparatifs pour la mise en place de cette formation régionale en connaissant la situation en Europe, en réunissant des délégations de différents pays, en formulant un programme d’action et en élisant votre organe directeur régional.

    Sur la formation de l’ILPS-Europe

    En formant l’ILPS-Europe, vous prenez en compte et tirez profit de la charte et du programme de l’ensemble de l’ILPS et vous vous concentrez sur les conditions, les préoccupations et les demandes des peuples de la région et des pays qui la composent afin de poursuivre et de faire progresser la lutte anti-impérialiste et démocratique pour le socialisme et la solidarité dans l’intérêt des peuples d’Europe.

    Vous devez construire l’ILPS-Europe comme un front uni de formations de masse définies en son sein aux niveaux régional et national. Vous pouvez attirer dans le giron de l’ILPS plus d’organisations anti-impérialistes et démocratiques intéressées par l’une des préoccupations de l’ILPS. En même temps, vous pouvez avoir une alliance et une coopération consensuelle, consultative et pratique avec d’autres organisations qui sont indépendantes de l’ILPS mais qui ont un intérêt commun avec l’ILPS.

    En raison de l’aggravation de la crise du système capitaliste dans le monde et en Europe, il existe des formations de masse anciennes et nouvelles qui mènent des luttes anti-impérialistes et démocratiques sur un large éventail de questions de nature économique, sociale, politique, culturelle et environnementale et qui touchent la classe ouvrière en général, les migrants et les réfugiés, les femmes, les jeunes, l’intelligentsia et d’autres secteurs de la société.

    Le capitalisme monopoliste a aggravé l’exploitation du prolétariat et du reste de la population, en particulier sous la politique du néolibéralisme. Il leur a infligé le chômage, la précarité de l’emploi, des salaires réels plus bas, un coût de la vie plus élevé, l’érosion des services sociaux, des mesures d’austérité, la discrimination sexuelle, la diminution des opportunités pour les jeunes, la dégradation de l’environnement et une augmentation de la fiscalité sur les personnes (mais pas sur les sociétés commerciales) sous divers prétextes.

    Dans le même temps, le capitalisme monopoliste a aggravé l’oppression du peuple. Des lois, des politiques et des pratiques anciennes et nouvelles sont utilisées pour restreindre les droits démocratiques et les libertés fondamentales. Les moyens d’information et d’éducation dominants répandent des préjugés chauvins, racistes et fascistes. Pire encore, des mouvements fascistes sont apparus et collaborent avec les forces coercitives de l’État contre le peuple et les forces démocratiques.

    Vous construisez l’ILPS-Europe à un moment où le prolétariat et les peuples de la région s’élèvent, comme dans d’autres régions du monde, contre l’escalade de l’exploitation et de l’oppression en raison de la politique néolibérale de cupidité débridée, du terrorisme d’État, de la montée du fascisme et des guerres d’agression sans fin déclenchées par l’impérialisme américain. Votre lutte en Europe est nécessairement liée aux luttes des peuples à l’échelle mondiale.

    En harmonie avec le Front uni international

    Tout en construisant l’ILPS-Europe, vous devez également être en harmonie avec l’engagement international et la politique de l’ILPS en front uni avec d’autres formations internationales et organisations individuelles. En ce moment, l’ILPS initie conjointement avec la Coordination internationale pour la révolution (ICOR) la formation du Front uni international anti-impérialiste et antifasciste (AIAIUF), qui vise à inclure d’autres formations internationales.

    Dans ce type de front uni international de plus en plus large, l’ILPS espère amplifier les forces communes et individuelles des participants, s’entendre par consensus sur des tâches et des actions communes et maintenir des relations consultatives et consensuelles entre des participants égaux et se respectant mutuellement.

    Les participants ont le droit à l’indépendance et à l’initiative et ne sont pas liés par le centralisme démocratique. Ils s’accordent à conserver et à accroître leurs forces et leurs capacités respectives, à faire des déclarations communes ou similaires, à entreprendre des actions et des campagnes communes sur certaines questions à certaines dates ou périodes convenues.

    Nous pouvons nous attendre à ce que les protestations de masse mondiales qui ont éclaté de façon spectaculaire depuis l’année dernière continuent de s’étendre et de s’intensifier et prennent des formes plus élevées de lutte non seulement pour un changement de régime mais aussi pour un changement de système. Elles signalent la transition vers des luttes anti-impérialistes plus importantes et la résurgence de la révolution prolétarienne-socialiste mondiale.

    La montée des luttes anti-impérialistes et démocratiques est la conséquence de l’aggravation rapide de la crise du système capitaliste mondial. La crise de surproduction a été aggravée et accélérée par l’adoption de technologies plus avancées, la diminution délibérée des revenus réels et nominaux des travailleurs, l’accumulation rapide du capital dans les mains de la bourgeoisie monopoliste et l’émergence de nouvelles puissances impérialistes en plus des puissances traditionnelles.

    Intensification des contradictions inter-impérialistes

    Toutes les puissances impérialistes, traditionnelles et nouvelles, semblaient bien s’entendre sous les auspices de la mondialisation néolibérale tant qu’elles pouvaient exploiter les travailleurs de tous les pays et transférer le fardeau de la crise aux pays sous-développés et moins développés. Mais la crise de surproduction s’est aggravée trop vite pour perturber l’équilibre des forces entre les puissances impérialistes, au point que la concurrence économique et la rivalité politique sont devenues de plus en plus prononcées.

    Le changement le plus spectaculaire a été le déclin stratégique des États-Unis, qui sont passés du statut de superpuissance unique de 1991 à 2008 à celui de simple puissance dans un monde multipolaire. La Chine a développé son économie à un point tel que les États-Unis la considèrent comme son principal concurrent économique et son principal rival politique. L’Union européenne elle-même est ébranlée par la sortie de la Grande-Bretagne et est mise à rude épreuve par la récession prolongée depuis la crise financière de 2008.

    Le prolétariat et les peuples d’Europe de l’Est et de Russie sont scandalisés par la dégradation des conditions de passage d’un régime révisionniste à un capitalisme débridé. Ils s’indignent de la montée du chômage, de la perte drastique des services sociaux et des mesures répressives. Ils ont un fort désir de changement de système du capitalisme au socialisme.

    Les puissances impérialistes d’Europe occidentale sont encore principalement alignées sur les États-Unis et le Japon au sein du FMI, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du G-7, du G-20 et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais certains pays ont des besoins particuliers qui les obligent à avoir des relations amicales avec la Russie et la Chine. L’alliance des États-Unis et des puissances d’Europe occidentale est mise à l’épreuve et mise à rude épreuve par les fréquentes demandes de sanctions et d’actions d’agression des États-Unis contre leurs ennemis.

    A l’exception de l’Asie du Sud-Est où la Chine revendique 90 % de la mer de Chine méridionale et est agressive, les Etats-Unis restent le premier fauteur de troubles du monde capitaliste. Mais ils ont décliné précisément à cause de l’excès de zèle impérial, en dépensant trop dans les bases militaires à l’étranger et les guerres d’agression sans fin, et en ayant fait des concessions économiques, commerciales et technologiques majeures à la Chine jusqu’en 2018.

    Alors que les contradictions inter-impérialistes s’aggravent, nous pouvons nous attendre à ce que les puissances impérialistes fassent davantage d’efforts pour transférer le fardeau de la crise aux États clients ainsi qu’à leur propre classe ouvrière et à la classe moyenne. Nous devons être très attentifs à la manière dont la bourgeoisie monopoliste exploite la classe ouvrière et dont elle génère le chauvinisme, le racisme et le fascisme afin d’obscurcir les racines de la crise et de prévenir la montée des forces révolutionnaires.

    La crise du système capitaliste mondial qui s’est développée depuis le krach financier de 2008 n’a pas été résolue par la bourgeoisie monopoliste et a conduit à une crise plus profonde et plus grave en cette année 2020. La ligne néolibérale de la mondialisation impérialiste s’est effilochée après plus de 40 ans de domination.

    Alors qu’elle fonctionne et alarme la plupart des pays, la pandémie de Covid-19 est utilisée par les gouvernements bourgeois pour renforcer le contrôle social et appliquer des mesures répressives. Mais elle sert également à exposer et à souligner le caractère antisocial du capitalisme monopoliste et les déprédations flagrantes que la politique néolibérale a engendrées. Les larges masses populaires sont donc incitées à se rebeller.

    Elles sont scandalisées par le fait que la bourgeoisie monopoliste utilise depuis longtemps le mode néolibéral d’exploitation effrénée et se sert de la pandémie comme excuse pour prendre des mesures de sauvetage financier et bénéficier de prétendus plans de relance. Ils sont révoltés de voir qu’ils sont soumis à des conditions de vie pires, à savoir des revenus faibles, le chômage, l’absence de domicile fixe, l’érosion des prestations sociales et la privation de soins de santé et d’autres services sociaux.

    Construire le mouvement de masse à travers le Front uni

    Nous pouvons nous attendre à ce que, dans les mois et les années à venir, la lutte de classe entre la bourgeoisie monopoliste et le prolétariat s’intensifie et à ce que la lutte entre les mouvements fascistes et antifascistes s’intensifie en Europe ainsi que dans d’autres régions du monde. Il est urgent de construire le mouvement de masse par le biais du front uni des forces révolutionnaires dans les luttes anti-impérialistes et démocratiques pour la libération nationale, la démocratie et le socialisme.

    En Europe, nous devons être capables d’éveiller, d’organiser et de mobiliser le prolétariat (y compris les travailleurs migrants) et la classe moyenne, qui se réduit et vit dans la précarité. La politique économique néolibérale a fait ressortir le pire caractère antisocial, antiprolétarien et antipopulaire du capitalisme monopoliste.

    Quel que soit le taux de croissance du PIB, il signifie l’augmentation implacable de la dette publique insoutenable au profit de la bourgeoisie monopoliste, la maximisation du profit privé en comprimant les revenus de la classe ouvrière, la montée du chômage, les mesures d’austérité, l’érosion des prestations sociales et la diminution des services sociaux.

    En Europe occidentale, le prolétariat et les populations de tous les pays souffrent de l’aggravation des conditions de la crise économique et financière, celles de certains pays étant plus touchées que celles d’autres pays. En Europe de l’Est et en Russie, le prolétariat et la population sont dégoûtés par la nouvelle détérioration de leurs conditions, de la période de régime révisionniste à la période actuelle de capitalisme débridé.

    Alors que la crise du capitalisme s’aggrave, chaque clique dirigeante de la bourgeoisie monopoliste utilise les appareils coercitifs de l’État pour réprimer la montée du mouvement de masse révolutionnaire et génère les courants de chauvinisme, de racisme et de fascisme. Le prolétariat et le peuple sont ainsi mis au défi de riposter avec le mouvement anti-impérialiste et démocratique pour le socialisme.

    De nombreuses questions se posent et appellent à l’action de la part des larges masses populaires. Mais la tâche principale est de construire le mouvement de masse par le front uni des forces révolutionnaires et de faire avancer la lutte de classe contre la bourgeoisie monopoliste et de viser le socialisme. Les forces révolutionnaires en Europe doivent faire avancer les luttes anti-impérialistes et démocratiques de concert avec les peuples des autres régions et du monde entier.

    Merci.

  • Appel du Rassemblement en soutien à la Colombie et l’Amérique Latine à Lyon

    Appel du Rassemblement en soutien à la Colombie et l’Amérique Latine à Lyon

    Le 21 Novembre à 17h aura lieu un rassemblement en solidarité avec les peuples d’Amérique Latine à la Place Guichard de Lyon. Elle coïncide avec une grève générale en Colombie ce même jour ainsi que la vague de protestations sur le continent Sud-Américain. L’Unité Communiste de Lyon soutient cette initiative de nos camarades et y participera. Voici l’appel rédigé pour cet événement:

    Un continent entier en pleine révolte. Aux quatre coins de l’Amérique latine, les populations se soulèvent, de façon plus ou moins pacifique, contre leurs gouvernements et les mesures néolibérales. Même si les événements qui déclenchent ces protestations sont différents, les causes profondes sont, elles, communes.

    Chili, Bolivie, Equateur, Venezuela, Argentine, Colombie. Dans tous ces pays, la contestation est en cours ou vient de s’achever. Les manifestations sont massives et souvent marquées par des violences et la répression des différents États.
    Suivi a la situation actuelle, les mouvements sociaux,les syndicats, les étudiant.e.s,les travailleurs.es et la société colombienne ont appelé à une grève générale en Colombie le 21 novembre contre les mesures néolibérales annoncées pour le Gouvernement.

    Les étudiant.e.s colombien.nes de Lyon organisent un rassemblement en soutien et pour manifester contre:
    1.Les réformes imposées par des institutions internationales telles que L’OCDE et le FMI, et qui ont pour conséquence de precariser les conditions de vie de la population.
    2.La reforme des retraites qui cherche à éliminer le régime de la prime moyenne et met en danger l’existence de Colpensiones
    3. La flexiblisation du travail et l’intensification des conditions de travail
    4. Le smic different pour les jeunes.
    5. La privatisation et la création d’un holding financier public.
    6. Les bas salaires et l’impossibilité d’arriver à la retraite.
    Contre les assassinats des nos lideurs sociaux, nos enfants et nos indigènes. Pour la vie et la paix.!
    Organisons nous et luttons !

    Depuis le 17 octobre, le peuple chilien se bat sans relâche contre un système économique et politique néolibéral mis en place sous la dictature d’Augusto Pinochet.
    Nous vous invitons à nous rejoindre pour manifester notre soutient indéfectible à leurs revendications pour un pays où puisse régner la justice sociale. Dénonçons ensemble la violence systémique d’une politique inhumaine et un gouvernement assassin qui tue, viole et torture!

    N’hésitez pas à inviter vos amis et à partager l’événement.

    Couvrez-vous, prenez des boissons chaudes et à manger si vous le souhaitez et tout votre enthousiasme ! Nous comptons sur vous, la lutte du peuple chilien est aussi la notre !

    EL PUEBLO UNIDO JAMÁS SERÁ VENCIDO !

  • Communiqué de l’ICOR sur le 8/9 mai 1945.

    Communiqué de l’ICOR sur le 8/9 mai 1945.

    Appel de l’ICOR pour la journée de lutte internationale contre le fascisme et la guerre le 8 et 9 mai, le 6 août et le 1er septembre 2019 (Résolution de l’ICOR)

    Il y a 74 ans, les 8 et 9 mai 1945, la fin du fascisme hitlérien et de la Seconde Guerre mondiale était actée. Cette victoire revient surtout l’Armée rouge, aux dizaines de milliers de partisans, aux civils, mais aussi aux forces que les Alliés avaient mobilisé afin de vaincre, au péril de leur vie, la bête fasciste.

    Peu après, les États-Unis lancèrent les premières bombes atomiques de l’histoire – le 6 août 1945 sur Hiroshima et le 9 août 1945 sur Nagasaki – guidés par la crainte que l’influence socialiste de l’Union soviétique ne s’étende. 100 000 personnes sont mortes immédiatement, au moins 130 000 à la fin de 1945 puis de nombreuses autres dans les années suivantes.

    Il y a 80 ans, le 1er septembre 1939, l’impérialisme allemand au travers de son régime fasciste hitlérien avait provoqué la Seconde Guerre mondiale. Plus de 55 millions de morts de cette guerre impérialiste nous le rappellent ! Le mouvement mondial pour la paix doit se renforcer, se coordonner au niveau mondial !

    En commémoration de ces trois événements, l’ICOR célèbre les 8 et 9 mai, 6 août et 1er septembre de chaque année la Journée contre la Guerre. Les dates varient en fonction des régions du monde, pour correspondre au jour le plus marquant.

    Actuellement, la cause de la guerre consiste en particulier dans les contradictions inter-impérialistes croissantes. Le principal fauteur de guerre est l’unique superpuissance : les États-Unis avec leur président, le fascisant Trump. Cependant la lutte contre la guerre impérialiste doit se retourner contre les préparatifs de guerre et contre les actions guerrières de n’importe quel impérialisme.

    Aujourd’hui il est plus urgent que jamais de construire un front uni anti-impérialiste, anti-fasciste international contre le fascisme et la guerre ! En novembre 2018, l’ICOR a lancé un appel international en ce sens.

    L’hostilité à la mort du fascisme hitlérien était dirigée contre l’Union soviétique socialiste et les forces révolutionnaires du monde. “L’extermination du marxisme et de ses racines”, annoncée par Hitler avec arrogance, se termina en 1945 par une défaite cuisante de la réaction anticommunisme. A l’inverse, même,  le camp socialiste vit le jour. Aujourd’hui, il est nécessaire que la lutte pour le socialisme prenne un nouvel essor. Ce n’est qu’avec la victoire mondiale du socialisme que les causes du danger de guerre seront surmontées, que les peuples vivront ensemble en paix et en accord avec la nature.

    A l’heure actuelle, la tendance générale de la préparation impérialiste à la guerre s’intensifie. La Syrie et l’Ukraine restent les points focaux du danger de guerre. Les États-Unis menacent agressivement la souveraineté du Venezuela. Ils sont déjà en guerre contre le peuple vénézuélien : ils ont organisé une situation d’approvisionnement catastrophique, qui est censée justifier une invasion “humanitaire”. Ils génère la menace et une peur constante. Ces forces jouent un jeu dangereux. Elle jouent avec le feu : le danger d’un conflit militaire et d’une confrontation directe de différentes forces armées. Tout cela dans une lutte pour accroître leur influence et les possibilités de contrôle du pays possédant les plus grandes réserves de pétrole du monde.

    Une nouvelle course aux armements nucléaires est lancée avec la fin du traité FNI [Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty – Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.], qui visait à limiter les missiles nucléaires à moyenne portée entre les États-Unis et la Russie.

    Le régime fasciste d’Erdogan menace ouvertement d’attaquer l’ensemble du Rojava/de la Syrie du Nord. Dès le déclenchement des conflits, l’ICOR a été du côté de la révolution démocratique au Rojava.

    Le président américain Donald Trump continue de soutenir l’Etat d’Israël, sioniste, par ses provocations violant le droit international. Notamment celle reconnaissant le plateau du Golan comme partie intégrante d’Israël. De façon démagogique, toute critique justifiée de l’État d’Israël et de son gouvernement réactionnaire est diffamée comme « antisémite ».

    En vue des élections européennes de ce mois de mai, l’Union européenne (UE) tente de se présenter comme une puissance de paix. En réalité, l’UE est un bloc impérialiste qui se bat de manière de plus en plus indépendante pour le pouvoir mondial. Avec la construction de la structure militaire par la « Coopération structurée permanente » (PESCO), le caractère agressif devient plus clair. L’ICOR Europe participe aux élections européennes sous le slogan : « La rébellion contre l’UE impérialiste est justifiée ! Vive la solidarité internationale – renforcez l’ICOR ! »

    De plus en plus de gouvernements et de partis bourgeois du monde entier se dirigent vers une  droite de plus en plus réactionnaire, ce qui augmente le danger de guerre. Il s’agit non seulement de Donald Trump aux États-Unis, mais aussi de Narendra Modi en Inde, Recep Tahip Erdogan en Turquie ou Jair Bolsonaro au Brésil.

    Mais les travailleurs et les travailleuses, les agriculteurs et agricultrices et les jeunes du monde ne sont pas d’accord ! Des millions de personnes se lèvent pour défendre la paix, dans la lutte antifasciste, dans la résistance contre la menace d’une catastrophe écologique et contre le démantèlement des droits sociaux et politiques. Cela se manifeste dans le monde entier par des luttes croissantes de la classe ouvrière et des masses populaires.

    Dans la rue contre les impérialistes bellicistes !

    Tous les impérialistes hors de Syrie !

    Solidarité avec les luttes de libération kurde et palestinienne !

    Ne touchez pas au Venezuela !

    Pour la construction d’un front uni anti-impérialiste et antifasciste international !

    Pour la paix, la liberté et le socialisme !

    En avant avec la construction de l’ICOR !

    (Image de couverture : extrait de Allemagne, année 0)

  • Sur le mouvement des Gilets Jaunes en France – Le point de vue de l’International League of People Struggle. (ILPS)

    Sur le mouvement des Gilets Jaunes en France – Le point de vue de l’International League of People Struggle. (ILPS)


    Par le professeur Jose Maria Sison
    Président de l’International League of People Struggle.
    Le 19 mars 2019

    Le professeur José Maria Sison, président de la Ligue internationale de la lutte des peuples (ILPS), compare favorablement le mouvement français des Gilets Jaunes  » aux manifestations de masse de mai 1968 en France, notamment en ce qui concerne le militantisme et l’opposition à l’establishment capitaliste « . Il explique que les manifestants en gilet jaune  » bénéficient du soutien des larges masses populaires  » qui condamnent le banquier néolibéral français devenu président, Emmanuel Macron. Alors que le mouvement « souffre du même caractère populiste excessivement horizontaliste » et de l’absence de direction prolétarienne révolutionnaire, Sison souligne que « le mouvement des Gilets Jaunes est le bienvenu et digne d’éloges, pour avoir accepté les revendications justes de la classe ouvrière et de la classe moyenne, et exposé les graves maux du système capitaliste oppresseur et exploiteur au pouvoir« . Le texte intégral de la déclaration du président de l’ILPS suit.

    Le 17 novembre 2018, 300 000 personnes de la classe ouvrière et de la classe moyenne, principalement des banlieues et des zones rurales de France, se sont mobilisées lors de manifestations de masse. Leur but était de protester contre la hausse des taxes sur les carburants et la hausse des prix des carburants. Comme symbole de ralliement, ils portaient la veste jaune pour signaler leur détresse économique et sociale. Ils avaient été inspirés par une pétition en ligne signée par près d’un million de personnes.


    Dix-huit manifestations de masse, centrées à Paris et organisées dans tout le pays, ont éclaté jusqu’à la dernière du 16 mars 2019 surnommée « L’Ultimatum ». Les justes revendications du mouvement des Gilets Jaunes se sont étendues de la baisse des taxes sur les carburants à la réintroduction de l’impôt de solidarité sur la fortune, l’augmentation du salaire minimum, l’expansion des services sociaux, la mise en place de référendums d’initiative citoyenne et la démission du président Macron et [la fin de] son régime.

    Le régime Macron a réagi d’une main de fer en lançant des attaques physiques, réalisées par la police, contre les manifestants. Ces attaques ont été faites à l’aide de canons à eau, de grenades lacrymogènes, de flashball et de charges à la matraque. Il est juste que les manifestants aient riposté en utilisant des bâtons, des pavés, des barrages de voitures, par le contrôle des routes et des ronds-points, par la destruction des caméras de surveillance de la circulation, par l’incendie des voitures chères des grands bourgeois et par des invasions de restaurants et de magasins de la classe supérieure.

    Les manifestants en gilet jaune bénéficient du soutien des larges masses, qui condamnent Macron. Macron, le banquier d’affaires devenu président, promoteur et exécutant de la politique néolibérale qui favorise la grande bourgeoisie et ses cadres les mieux payés au détriment des travailleurs et des populations rurales. Ils sont enragés par le recours à la violence policière lors des actions de masse et par les fausses promesses faites par Macron avant et après chaque action de masse.

    Le mouvement des gilets jaunes a influencé des mouvements de masse similaires en Europe et ailleurs dans le monde, dont les participants portent le gilet jaune et soulèvent des revendications contre les politiques fiscales et d’exploitation du gouvernement grand-bourgeois. La plupart des mouvements influencés par les Gilets Jaunes ont un caractère positif [le terme employé était intraduisible, NdT] et progressiste dirigé contre les politiques d’exploitation des gouvernements bourgeois. Mais quelques-uns se sont dirigés contre les travailleurs migrants et d’autres qui ne sont pas liés à la bourgeoisie monopoliste.

    Le mouvement des Gilets Jaunes peut être favorablement comparé aux manifestations de masse de mai 1968 en France, notamment en ce qui concerne le militantisme et l’opposition à l’establishment capitaliste. Mais elle souffre du même caractère populiste excessivement horizontaliste et du manque de leadership d’un parti révolutionnaire du prolétariat. Il peut également être comparé à l’Occupy movement de mémoire récente, qui a bénéficié d’un soutien populaire pendant un certain temps. Mais cela s’est évanoui par manque de leadership de la part d’un parti révolutionnaire du prolétariat.

    Quoi qu’il en soit, un phénomène tel que le mouvement des Gilets Jaunes est le bienvenu et digne d’éloges pour avoir accepté les justes revendications de la classe ouvrière et de la classe moyenne et exposé les graves maux du système capitaliste oppressif et exploiteur au pouvoir. Elle montre qu’il existe une large et profonde base de mécontentement social et de résistance que le parti révolutionnaire marxiste-léniniste du prolétariat peut utiliser pour gagner la bataille pour la démocratie et viser à la révolution socialiste.

    [NdT : L’ILPS est une ligue internationale d’organisations issues principalement de pays dominés par l’impérialisme. Elle est centré notamment autour du Parti Communiste des Philippines (CPP) qui mène depuis 50 ans maintenant la guerre populaire prolongée pour lutter contre la domination des Philippines et contre les pouvoirs réactionnaires qui se sont succédés. 

    L’ILPS et l’ICOR ont participé à plusieurs initiatives conjointes par le passé, et contribuent, l’une et l’autre, à ce qu’une reconfiguration majeure des relations entre organisations – et entre ligues d’organisations – naisse. 

    Le texte suivant illustre l’intérêt qui est porté, y compris depuis l’autre côté de la planète, pour les luttes menées par les prolétaires dans les pays impérialistes. Nous remercions le Pr. José Maria Sison de sa contribution au débat sur le mouvement social en France.

    Les regards extérieurs sur notre situation nationale nous mettent également en face de nos responsabilités, en tant que communistes. Ils contribuent à nous faire prendre conscience de la nécessité du Parti non comme un fétiche, comme un luxe, mais comme une étape fondamentale vers la possibilité de mettre fin à l’exploitation et à l’oppression. 

    Les situations de lutte extrêmement difficiles dans lesquelles doivent travailler certaines organisations doivent également être un
    memento mori qui nous rappelle constamment qu’il n’existe aucune barrière étanche dans la manière dont la répression se déroule dans les Etats ultra-réactionnaires et ici. La répression bourgeoise est aussi le fruit d’un processus dialectique, et rien ne fait obstacle de manière infranchissable au développement, dans le cadre d’une aggravation de la situation, d’une répression de type fasciste-terroriste en France. ]

  • De l’ONU à Grenoble.

    De l’ONU à Grenoble.

    De l’ONU à Grenoble.

    « Il faut, je le dis, s’étonner tout de même de se retrouver, cité dans une liste entre le Vénézuéla et Haïti, où il y a eu des morts » a déclaré Benjamin Grievaux, lors du compte-rendu du conseil des ministres. Le pays des droits de l’Homme, une nouvelle fois, est dans le collimateur des instances internationales.

    Après le Conseil de l’Europe, qui, le 26 février, appelait à un moratoire sur l’usage du LBD40 et qui dénonçait les arrestations contraires au droit1, c’est au tour de l’ONU de porter la question.

    Michelle Bachelet, ancienne opposante au régime du dictateur anticommuniste Pinochet, ex-présidente du Chili, s’est exprimée sur la question. Elle a cité la France aux côtés du Venezuela, du Soudan et de Haïti, indiquant que, « en France, les « Gilets jaunes » ont protesté contre ce qu’ils considèrent comme leur exclusion des droits économiques et d’une participation à la vie publique » et ont subi une répression féroce. Elle demande donc une « enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force ».

    Les recommandations du Conseil de l’Europe avaient été écartées d’un revers de la main. La police n’a pas fait évoluer son comportement d’un iota, tandis qu’elle a également été prise en flagrant délit de mensonge, notamment sur le contenu des additifs utilisés dans les canons à eau. («la base moussante de ces émulseurs [protéiniques] est constituée de protéines hydrolysées. Les matières premières principalement utilisées ont des origines diverses : poudre de cornes et sabots de bovins, plume broyée, sang, protéine de pétrole.»2 )

    Mais la déclaration de l’ONU ne pouvait pas ne pas provoquer une réponse. Celle-ci a été laconique. Le gouvernement français a simplement indiqué qu’il respectait le droit, et s’est ému de se trouver cité dans une liste qui contient plus généralement ses clients en termes d’armes que lui-même.

    Le sentiment d’exceptionnalisme français, en termes de droits de l’Homme, a ressenti le fait d’être mentionné comme un camouflet. Jean-Michel Apathie, journaliste aussi omniprésent que politique détestable, s’est exprimé ainsi : « À lire le titre, on croirait que c’est le Conseil de sécurité de l’ONU qui réclame une enquête sur la police et les #giletsjaune Renseignements pris, c’est une sous secrétaire désœuvrée qui s’est exprimée un jour ou elle s’ennuyait. Étonnant, non? »

    A la suite de ce tweet méprisant, qui a entraîné un grand nombre de réponses, J-M Apathie a dû rétropédaler. « Je sais très bien qui est Michelle Bachelet. Elle a un passé émouvant et fort. C’est une femme qui a payé cher ses engagements« . Il a cependant maintenu : « La justice enquête, l’État, par le biais de l’IGPN enquête« , « Michelle Bachelet parait négliger ce qu’est la société française« .

    Pourtant pour le moment, malgré 116 enquêtes ouvertes par l’IGPN depuis le début du mouvement, aucune n’a donné lieu à une suspension, y compris sur des cas où il est extraordinairement difficile de trouver des circonstances atténuantes. Mais indépendamment des lenteurs de l’administration française -et de la justice, dont les multiples vitesses sont toujours une source sans fin d’étonnement- ce qui a irrité notre journaliste est le fait qu’on ose affiche la France pour ce qu’elle est réellement, un Etat répressif et réactionnaire. D’autres ont emboîté le pas, allant jusqu’à des prises de position qui frisent le conspirationnisme. Serge Raffy indique «il y a une instrumentalisation de l’ONU». «D’ailleurs, on ne sait pas qui a saisi l’ONU sur ces questions-là et ce serait intéressant de savoir qui a susurré à l’oreille de cette commission le fait que la France puisse être un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme.»3

    Comment blâmer ces journalistes pour leur stupeur ? Tous et toutes, nous sommes constamment exposés à une propagande qui nous vante les mérites et la grandeur d’âme de notre Etat. L’école nous a raconté une histoire mythifiée, dans laquelle il nous a été attribué un rôle positif, un rôle de vecteur de progrès, une place particulière. Même si notre grandeur est parfois écornée par certains de ses actes (esclavage, colonisation, collaboration…) elle est toujours sauvée et réhabilité. Elle abolit l’esclavage, offre les indépendances, résiste. Surtout, elle est exceptionnelle et unique. Ainsi dans La fabrique scolaire de l’Histoire: illusions et désillusions du roman national (2009) de Laurence De Cock, il est rapporté ce fait significatif : « La France est le seul exemple de démocratie qui figure dans les contenus enseignés en histoire (mais aussi en éducation civique), ce qui contribue, de manière implicite, à forger l’image d’un exceptionnalisme politique français. »

    Dommage que la vérité soit plus complexe. Nous le relations notamment dans nos évocations des massacres d’Indochine, de Sétif, de Madagascar4, tout comme dans les coups d’Etat orchestrés par l’impérialisme français.5 Cette négation des violences policières est partout dans l’Etat. Macron, dans une de ses déclarations proférée dans sa tournée de propagande électorale, a ainsi dit qu’il est « inacceptable » dans un Etat de droit » de parler de « violences policières »6. Castaner, devant des preuves évidentes, refusait de reconnaître qu’elles puissent avoir déjà eu lieu.

    Il est facile de se moquer des Américains et de leur chauvinisme dévorant. Mais cependant, il est difficile de ne pas faire l’impasse sur le nôtre, qui nous aveugle parfois autant. Notre image aux yeux de l’étranger et notre perception de nous-mêmes, au travers de notre histoire ou plutôt de comment elle est raconté sont en décalage complet. Seulement, cette perception de la répression féroce devient aujourd’hui générale, car elle s’est démasquée aux yeux de toutes et tous, tandis qu’elle était, auparavant, réservée à certaines franges de la population.

    Aujourd’hui, une grande partie de la population, qui a participé ou sympathisé avec les Gilets Jaunes, une part importante de la jeunesse, a été directement confrontée aux violences policières ou en a été le témoin. Avant, beaucoup de ceux et de celles qui dénoncent l’attitude de la police avaient eu plutôt tendance à l’excuser à la justifier, lorsqu’elle était employée contre le mouvement social, contre les banlieues ou dans les régions dominées par l’impérialisme français.

    Il existait une croyance dans les discours médiatiques réactionnaires sur les « casseurs » et la « racaille ». Sauf que la confrontation avec la réalité du terrain a démasqué la politique de répression pour ce qu’elle est : une volonté d’écraser le mouvement social, une volonté de maintenir sous la domination la plus stricte -et elle sera chaque fois davantage stricte, plus nos droits économiques sont attaqué!- les « classes dangereuses ».

    Ce que subissent aujourd’hui les Gilets Jaunes illustre la norme d’opération des forces de police, résultat d’années d’expérimentations dans des zones à l’ombre de la grande lumière des droits de l’Homme.

    Les banlieues, les mouvements sociaux et les régions dominées par l’impérialisme ont été les terrains d’essai de modes opératoires brutaux. Le LBD-40, remplaçant le premier modèle de flashball, a ainsi fait son banc d’essai au pays Basque, contre les manifestations de soutien aux prisonniers politiques.

    Les mouvements sociaux -et en particulier lycéens ou étudiants- ont fait les frais des méthodes de nassage-encerclement par les forces de police, avec des contrôles ou des arrestations systématiques.

    Mais cela n’a rien, encore, de commun, avec les situations dans les banlieues et en outre-mer, où les caméras ne vont pas, où les réseaux de solidarité n’ont pas toujours la force de dénoncer les actions de la police. La répression d’une manifestation, à Mayotte, est ainsi une opération coloniale, menée tambour battant. Il y a eu une école française de la torture, mais il existe aussi une école française du maintien de l’ordre, exportée à l’étranger, servant de modèle aux Etats réactionnaires.

    Ainsi, Europe 1 mentionnait : « La police française est un modèle à l’étranger. Vrai ou Faux ?

    C’est vrai. Au point que les polices du monde entier font appel à la France, pour se former. En 2017, pas moins de 40 formations ont eu lieu, dans 30 pays différents. Nos CRS ont initié 1.500 stagiaires aux techniques d’intervention en montagne, à la sécurité routière, mais surtout au maintien de l’ordre, à la gestion, sans violence (sic.), des manifestations. La liste de ces pays reste confidentielle, mais on sait que la Jordanie, l’Afrique du Sud, le Canada ont fait appel dans le passé, à nos services, dont le savoir-faire, en terme d’émeutes notamment, est vraiment reconnu. »7

    Dans les banlieues, le mépris de la vie humaine, entretenu par une politique interne aux brigades, qui stimulent l’esprit raciste et xénophobe, s’est traduit par l’utilisation de méthodes telles que le parchocage, qui consiste à percuter les deux-roues avec un véhicule pour le stoppe. Méthode entraînant nombre de blessés et de morts. Un climat de terreur face aux exactions de la police s’est abattu. Et pour cause !

    Théo, violé par la police, Wissam, Adama, Medhi…une liste de blessés et de morts, plus que suspecte, s’allonge sans cesse. Cela dans une impunité angoissante -même lorsqu’il y a des procès, les peines ou leur application sont insignifiantes. Ainsi, les policiers condamnés pour le viol d’une jeune touriste suédoise dans les locaux du 36 sont déjà ressortis de prison, à peine un mois après leur condamnation8 ! Cette situation explique la peur qui règne face à la présence policière. Elle explique que, dans leur fuite, Zyeb et Bouna, en 2005, se réfugient dans un transformateur et meurent.

    Elle explique aussi, qu’à Grenoble, deux jeunes, en scooter, s’enfuient et soient tués, percutés par un bus. Adam et Faith ont ainsi été pris en chasse et poursuivis par la police, laissant deux morts et beaucoup de zones d’ombre. Des émeutes ont éclaté, criant la colère contre un schéma qui ne se répète que trop souvent.

    Nous pensons qu’il faut le clamer : les émeutes de Grenoble et la colère contre la répression contre les Gilets Jaunes ne sont pas deux faits séparés. Elles sont la même expression d’un sentiment d’être broyé par une machinerie d’Etat dont le travail fondamental est de maintenir l’exploitation et l’oppression.

    L’extrême-droite, qui, jusque là, grognait contre la police, se trouve prise au piège de ses contradictions. Elle essaie de sauver la répression en banlieue et de condamner celle contre les Gilets Jaunes. Ses manœuvres de division du mouvement social, de trahison la lutte des classes populaires, ne passent pas inaperçues.

    Eric Drouet, figure du mouvement des Gilets Jaunes, a ainsi appellé a la jonction entre la colère des cités et celle des Gilets Jaunes. 9 Il appelle à « soutenir les familles, peu importe ce qu’ils ont fait. » Nous soutenons cette déclaration. En dernière analyse, la politique de fragmentation organisée par le gouvernement et appuyée par l’extrême-droite semble échouer. Gilets Jaunes, chasubles rouges, K-Way noirs et survêtements Lacoste ne se font pas la guerre. Ils manifestent ensemble, avec la conscience de lutter contre le même oppresseur, le même bourreau.

    Les morts des banlieues sont les morts de l’exploitation et de l’oppression capitaliste !

    Intensification de la répression policière, judiciaire et politique et offensive contre les droits sociaux sont des symétriques. Elles vont de pair. Elles sont les deux faces d’une seule et même pièce : la guerre que mène la grande bourgeoisie monopoliste aux classes populaires.

    Elle n’est pas, pour autant, un signe de force. Le gouvernement ne fait qu’enfermer la colère, mais il ne parvient pas à en liquider les bases. Elle enfle démesurément et l’absence d’issue la rend explosive.

    Nous pensons qu’il n’existe qu’un seul véritable creuset à la possibilité que ces colères fusionnent, décantent, puisse s’articuler autour d’une analyse. Ce sont dans les Assemblées Populaires, qui doivent devenir les centre de commandement des luttes sociales. Nous appelons à les renforcer pour qu’elles soient en mesure d’assurer leur fonction et de faire de ce mouvement exceptionnel une victoire politique.

    1https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/maintaining-public-order-and-freedom-of-assembly-in-the-context-of-the-yellow-vest-movement-recommendations-by-the-council-of-europe-commissioner-for-

    2Cité in https://www.liberation.fr/checknews/2018/12/15/que-contiennent-les-canons-a-eau-utilises-par-les-forces-de-l-ordre-lors-des-manifestations_1697496

    3https://francais.rt.com/france/59769-gilets-jaunes-qui-susurre-oreille-onu-interrogent-commentateurs-lci

    4https://unitecommuniste.com/histoire/la-guerre-ne-sest-pas-arretee-en-1945-partie-3/

    5https://unitecommuniste.com/wp-content/uploads/2017/02/Colonisation-1.pdf

    6https://actu.orange.fr/politique/videos/gilets-jaunes-macron-juge-inacceptable-dans-un-etat-de-droit-de-parler-de-violences-policieres-CNT000001dxsyb.html

    7https://www.europe1.fr/emissions/Le-vrai-faux-de-l-info2/a-t-on-une-veritable-culture-du-maintien-de-lordre-et-un-modele-qui-sest-impose-a-la-plupart-des-forces-de-securite-etrangeres-3642062

    8http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/07/01016-20190307ARTFIG00304-viol-au-36-les-deux-ex-policiers-condamnes-ont-ete-remis-en-liberte.php

    9http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/eric-drouet-annonce-le-soutien-des-gilets-jaunes-aux-jeunes-morts-genoble-video

  • Communiqué du Comité de soutien au Rojava, Lyon

    Communiqué du Comité de soutien au Rojava, Lyon

    Ce communiqué à été écrit dans le cadre d’un comité de soutien au Rojava à Lyon, auquel participe plusieurs organisations progressistes et révolutionnaires. Il a été diffusé en tract au cours d’un rassemblement de soutien au combat de la politicienne Kurde Leyla Güven à Lyon, le vendredi 25 Janvier 2019.


    Contre l’agression impérialiste au Proche-Orient, soutenons le Rojava !

    La défaite de l’organisation fasciste obscurantiste Daesh est presque consommée, grâce notamment à la lutte héroïque des combattants et combattantes des YPG, YPJ, et de toutes les autres forces unies au sein des Forces Démocratiques Syriennes. La paix n’est cependant pas à l’ordre du jour, le régime fasciste turc ayant affirmé sa volonté de lancer une offensive meurtrière sur le Rojava, avec la bénédiction du gouvernement américain. Ne nous y trompons pas, le départ des forces américaine s’inscrit dans une stratégie plus globale de domination du Proche Orient. L’état Turc écrasera les peuples au nord de la Syrie, offrant une marge de manoeuvre pour leurs opérations futures des Impérialistes.

    Si les États-Unis opèrent un retrait tactique, ce n’est que pour pousser leurs alliés (français et allemands notamment) à avancer. Le conflit a atteint un degré nouveau, qui se traduit par un changement du mode opératoire. Les affrontements par milices interposées, permis par une exacerbation des conflits au sein du peuple (ethniques, religieux, entre hommes et femmes…), sont dépassés. Maintenant, les grandes puissances impérialistes se préparent à intervenir directement avec leurs forces armées. Chacun se prépare, veut sa sphère d’influence, veut écraser, diviser, dominer, et c’est pour cette raison que le projet révolutionnaire au Kurdistan Syrien (Rojava) représente un obstacle.

    Le Rojava est l’épine dans le pied des impérialistes, l’épine qui , à terme, va détruire leur projet de division, et de domination. Le projet mis en place au Rojava par le mouvement de libération Kurde permet aujourd’hui la cohabitation de tous les peuples, sans distinctions d’ethnies, de religions, de genres, ou de sexualités. Un danger réel, quand on sait que ces différences ont permis depuis toujours aux impérialistes de dominer le Proche-Orient.

    C’est notamment pour cette raison que le leader Öcalan est aujourd’hui incarcéré en isolement total par l’État turc, avec la bénédiction des puissances occidentales. Un isolement qui en dit long sur les intentions de ces grandes puissances ; toutes les interventions publiques auxquelles Abdullah Öcalan a eu droit ont en effet été vectrices d’apaisement dans la région. Une grève de la faim, soutenue dans plusieurs villes d’Europe, a lieu en ce moment même, pour exiger le droit à la parole pour le dirigeant kurde. Certains participant-e-s à cette grève, notamment Leyla Güven, sont dans un état de santé critique après deux mois de désobéissance civile. Leur lutte pour le droits des prisonniers politiques en Turquie ne doit pas être laissé sous silence !

    Nous devons toutes et tous protester !
    Contre l’agression impérialiste !
    Contre les despotes !
    Pour la libération des prisonniers politiques !
    Pour la paix et la liberté des peuples du Proche-Orient !
  • Le mouvement des Gilets Jaunes : Construire les outils de la victoire – Partie 6

    Le mouvement des Gilets Jaunes : Construire les outils de la victoire – Partie 6

    Construire les outils de la victoire.

    Partie 6

    Il faut être réaliste. A moins qu’il se produise un phénomène inattendu et imprévisible, le mouvement des Gilets Jaunes conduira immanquablement à un reflux, tôt ou tard. En tant que tel, il ne peut déboucher sur une révolution prolétarienne, sans que des préalables soient franchis en amont.

    L’usure, la fatigue, la répression de l’Etat bourgeois auront raison de la mobilisation. La bourgeoisie est gênée par ce mouvement, elle a été un peu écornée en surface. Mais elle n’a pas été menacée dans les fondements de son pouvoir, dans les racines de son ordre. Les affrontements ont pu déborder tactiquement les forces de l’ordre, la police, mais n’ont pas été une menace d’ordre stratégique, laquelle ne peut émerger que si elle a volonté à substituer un nouveau pouvoir à l’ancien dans les zones où les affrontements ont mis en péril la possibilité pour ce dernier de fonctionner correctement.

    Les assemblées qui émergent aujourd’hui posent les embryons de l’amorce de ces questions. Elles sont une première phase d’un questionnement qui présente une étape supérieure. Ces réunions de coordination et d’élaboration d’un calendrier posent la question du pouvoir au sens premier du terme, c’est-à-dire, au stricto sensu, le fait de « pouvoir ». Pouvoir prendre des décisions et pouvoir les faire appliquer. Mais cela ne suffit pas et demande, de plus, une certaine conception stratégique et une certaine conception organisationnelle. Or, cela fait partie de la tâche des organisations politiques communistes de les porter. Sans organisation communiste, pas de mouvement communiste.

    Le reflux se manifestera tôt ou tard. Nous devons l’anticiper pour que tout ne soit pas perdu. La mobilisation a jeté dans la rue toute une population qui n’avait jamais été mobilisée auparavant, qui n’avait pas été engagée, pas militante, peu idéologisée. Elle forme une expérience commune à un grand nombre d’individus tandis que toute une partie de la jeunesse, en particulier lycéenne, sera irrémédiablement marquée par les images terribles de la répression.

    Cela laissera forcément des traces, des séquelles, des souvenirs. Mais cela ne veut pas dire mécaniquement qu’une nouvelle génération d’engagés et d’engagées militants et militantes est née et qu’elle perdurera. Le fait de ne pas parvenir à une victoire stratégique, le fait de porter peut-être un soutien à des candidats aux élections qui trahiront leurs engagements, tout ceci peut, en dernière instance, renforcer le sentiment d’impuissance et la désespérance que la combativité. Plus qu’un statu quo ante bellum, l’expérience vécue peut être un frein à un nouvel engagement.

    Il n’est pas possible de contrer le reflux des mouvements de masse. Même en URSS ou en Chine, les mobilisations de masses, malgré la puissance des partis communistes, avaient leurs flux et leurs reflux. Mais il est possible de ressortir renforcé et en position de force par rapport à avant le mouvement.

    Cela ne peut être fait que par le fait d’organiser ceux et celles qui se sont mobilisés, dans nos organisations politiques ou dans les organisations de masse. Nous le savons mais nos ennemis le savent également.

    Les fascistes tout comme les électoralistes tentent une guerre de mouvement pour savoir qui ressortira gagnant politiquement de cette épreuve de force. Chacun avance ses positions. Nous devons avancer les nôtres également, sans toutefois nous livrer aux opérations cyniques des uns et des autres. Il faut mener une politique qui permette aux masses de pouvoir participer au processus de création du Parti Communiste révolutionnaire, que cette question ne soit pas l’apanage unique de militants dans un entre-soi.

    Nous devons le faire en faisant la démonstration de la nécessité de l’organisation politique comme outil de la victoire. Car, contrairement aux organisations fascistes qui existent pour servir la bourgeoisie, contrairement aux organisations électoralistes qui sont simplement des perspectives de carrière, nos organisations sont génétiquement différentes. Ou du moins doivent l’être.

    Pourquoi avons-nous besoin d’une organisation ?

    Avant tout pour gagner définitivement contre la bourgeoisie et son ordre d’exploitation.

    C’est pour cela que nous avons besoin de nous organiser. C’est pour cela que nous avons besoin d’une forme d’organisation qui puisse permettre de remporter cette victoire, c’est pour cela, encore, que nous avons besoin d’une politique d’unification qui permette de forger cet outil. Nous faisons le choix de fonctionner au centralisme démocratique, même si cela demande une rigueur à accroître, non pas parce qu’il s’agit d’un fétichisme malsain autour de l’ordre, mais parce que nous avons le devoir d’être efficace dans nos prises de décision et dans leur application par la suite.

    Replacer cela à sa juste place répond à un certain nombre de questions fondamentales sur les formes que doivent prendre notre organisation et sur le programme de développement que nous devons suivre pour parvenir à remplir nos objectifs.

    Pour revenir à ce que nous mentionnions plus en amont de cette brochure, il existe une ligne de démarcation entre notre conception et celle qui est défendue par d’autres courants idéologiques s’apparentant au communisme. Parce que nous n’attendons pas « le Grand Soir », parce que nous ne vivons pas dans l’espoir que la révolution n’« arrive » mais que nous voulons la mener, nous avons des exigences. Notre faiblesse, notre statut de groupe ne nous suffit pas. Nous ne saurions nous en contenter. Il nous est insupportable. Contrairement au « Collectif Athéné Nyctalope », contrairement à « A gauche » ou à un grand nombre d’autres organisations politiques, même d’importance nationale, nous ne pouvons rester ainsi.

    La bourgeoisie est organisée et structurée dans le but de pouvoir assurer sa domination sur les exploités et les exploitées. Si nous voulons non seulement nous soustraire à cela, y mettre fin, mais également empêcher que d’autres systèmes de domination ne soient mis en place, il nous est essentiel de pouvoir être à la hauteur de la tâche.

    Or pour se hisser à cette hauteur, les mouvements seuls, les comités, les collectifs, ne suffisent pas. Si Lénine a défini le Parti de type nouveau, ce n’est pas par fétichisme de l’autorité, mais bel et bien car il répond aux nécessités du combat révolutionnaire. Sa structure, sa discipline est faite pour remplir ces tâches, non pour faire plaisir et pour créer des espaces de contre-culture.

    Tout ramène, en bout de piste, à la question du Parti Communiste révolutionnaire. Nous avons besoin d’un parti pour être plus efficaces. Nous ne sommes pas les seuls à penser cela, heureusement. Mais nous ne sommes pas forcément en accord sur la définition des termes du sujet tout comme sur le diagnostic à poser. La question du PCF rejoint celle-là. Cela ne signifie pas qu’il faille considérer que tout ce qu’il contient est fait de poison. Certains, notamment les « opposants de gauche » au sein du PCF, s’adressent à nous pour que nous renforcions leur lutte interne. Si nous regardons une grande partie d’entre eux comme des militants sincères, nous ne pouvons être d’accord avec eux et elles, pour au minimum deux raisons fondamentales.

    La première est que cela ne marche pas. Depuis des décennies, ces oppositionnels n’ont pas gagné de terrain. Et pour cause le PCF est une structure qui a rompu avec le centralisme démocratique, avec le débat idéologique. Chaque congrès apporte son lot de réflexions amères sur le fonctionnement antidémocratique de l’organisation ex-communiste, mais sans que les décisions qui s’imposent ne soient appliqués.

    Ce qui amène directement à la seconde. Ceux et celles qui pensent cela sont satellisé autour du PCF, même s’ils ou elles n’en font pas partie. Ces militants et militantes sont en orbite autour d’une organisation anémique, sans parvenir à obtenir une « vitesse de libération » suffisante pour envisager autre chose.

    L’argument principal est celui de la masse de militants et de militantes qui restent au PCF, ainsi que de la structure. C’est là une faute idéologique. La masse de militants reste au PCF parce que les militants et militantes les plus avancées ne s’en détachent pas non plus pour proposer quelque chose qui puisse leur permettre de le quitter. De l’autre, la structure n’est pas primordiale. Elle est une déclinaison de la stratégie, elle est l’outil de celle-ci. Récupérer une structure de parti réformiste en croyant que cela en fera un parti révolutionnaire, cela revient à se tromper lourdement sur les raisons qui poussent à s’organiser.

    A un certain nombre de reprises dans l’histoire récente, des militants et des militantes ont proclamé la fondation du Parti révolutionnaire. Certains l’ont décrété, d’autres ont agi, en interne, comme si c’était le cas. Nous pensons qu’ils et qu’elles se trompent en faisant cela. Nous pensons que cette proclamation est prématurée. Il reste des étapes à franchir.

    Nous pensons que ce qui détermine un Parti est différent de ce qui détermine une organisation politique. Dans un texte de septembre 2018, inédit jusqu’à présent, nous nous exprimions ainsi :

    Comprendre la question du Parti demande tout d’abord de la replacer dans un certain cadre et de ne pas la traiter comme un fétiche. Le Parti n’est pas une fin en soi, il est un moyen. Il est le moyen par lequel les masses s’organisent, sont dirigés par leurs éléments les plus avancés, et peuvent faire la révolution puis procéder à la construction du socialisme dans sa phase inférieure puis supérieure. Le Parti est donc un moyen, un moyen essentiel, mais construit autour d’un certain pragmatisme. Son but est de fonctionner convenablement. Avoir stratégiquement raison ne suffit pas. Il faut également être capable d’être tactiquement dans le vrai, mais même de l’être aussi d’un point de vue de l’opératique, c’est-à-dire agir d’une manière qui permet de triompher des obstacles. Il est vrai que, idéalement, l’opératique, la tactique, devraient être étroitement subordonnés à la stratégie, mais dans les faits, dans la construction du parti, cela exige parfois d’accepter de temporiser sur sa volonté de démonstration et sur sa volonté de polémique pour pouvoir, d’une manière large, construire l’espace qui permettra après de traiter ces questions d’une manière réelle, influente, efficace et, surtout, décisive.

    Qu’est ce qui détermine le Parti par rapport à l’organisation ?

    Ce n’est pas forcément une barrière si aisée à définir. Il est possible de faire une analogie avec la vie. Qu’est ce qui détermine ce qui est vivant de ce qui ne l’est pas ? Deux aspects.

    Un métabolisme et un matériel génétique. Le matériel génétique est la théorie, l’idéologie. Le métabolisme est la possibilité d’avoir une action positive, affirmative, vis-à-vis de l’environnement, d’avoir un ordre du jour qui ait un impact, qui puisse être autre chose que simplement répondre à la bourgeoisie, mais bien pouvoir avoir un propre programme.

    Avoir un métabolisme sans théorie revient à faire régner l’opportunisme, mais disposer d’un matériel théorique sans métabolisme et se contenter de cela, c’est rester au stade viral de la vie, une vie parasitaire. C’est dépendre de la bourgeoisie ou d’autres organisations pour exister et cela revient également au fait de n’avoir qu’une action incantatoire dans la lutte des classes.

    Or, un parti pour exister, doit disposer des ramifications, de liens avec les masses, mais également de la possibilité d’agir de manière opérationnelle et indépendante de la bourgeoisie, de disposer de ses forces propres, de disposer de ses moyens propres, et d’avoir la capacité de pour mettre en œuvre un certain nombre de dispositifs. Un Parti se définit donc par son contenu idéologique, mais également par les dispositifs opérationnels qu’il peut mettre en place. »

    Ce qui nous ramène à ceux et celles qui ont proclamé la fin du processus de construction, la fin du travail de rassemblement et d’unification. Nous avons du respect pour leur travail, mais cela ne nous empêche pas de penser qu’il est prématuré. Nos expériences personnelles, bien avant la fondation de l’UCL, nous ont amené à rencontrer un grand nombre de cas de figure de ce type, dans lesquels, finalement, il est possible de retrouver un certain nombre de constantes.

    « Au sein de ces organisations qui fonctionnement comme des partis en miniature avec leurs bureaux, leurs secrétariats, la théorie et l’idéologie sont proclamées comme étant des vérités. C’est la foi qui règne, car elles n’ont pas la masse critique pour faire le travail de démonstration scientifique. L’adhésion est sur la base d’un corpus de textes et d’auteurs et de vérités indémontrables scientifiquement parlant. Leur relation aux masses n’est que par l’incantation.

    La compréhension de l’étape du parti est, au mieux, comptable, mais n’est pas le fruit d’un bond qualitatif. On ne saurait améliorer ce qui est parfait. Le bureau de ces organisations se vit en permanence comme étant dans un état de siège idéologique, comme voyant toute autre ligne comme une déviation révisionniste incorrigible.

    La progression dans la maîtrise idéologique, dans ces organisations, se fait selon la recette de la scolastique. Militants et militants acquièrent et répètent à l’infini les préceptes érigés par leur direction comme une vérité absolue et immuable. Cette connaissance universitaire ravale, de plus, le marxisme au rang de fétiche et non de guide pour l’action.

    Trois conséquences directes : d’une part, les autres organisations sont ignorées ou considérées comme hérétiques. L’unification ne peut se faire, de fait, car la foi parfaite ne peut trouver de terrain d’entente, ne peut évoluer, ne peut être débattue. Le un se divise en deux est ainsi employé comme excuse pour rejeter toute évolution de manière préemptive.

    Deuxième conséquence, elles ne peuvent organiser la classe ouvrière, du fait d’une exigence de connaissance universitaire de la théorie. Exigeant la perfection, elles se retranchent derrière sas après sas pour filtrer les entrées.

    La troisième conséquence est que les mots d’ordres ne correspondent par à la réalité sociale, à la situation politique ou au niveau de conscience des masses. Ces organisations s’adressent à la petite bourgeoisie radicale, mais ne peuvent parler aux prolétaires »

    Nous ne pensons pas que le processus soit terminé, nous pensons que ces organisations se trompent dans la « recette » du Parti, tout comme dans le fait de savoir ce qui sera le centre de celui-ci.

    Nous ne croyons pas que nous soyons le centre de gravité. Nous ne pensons par que c’est par accrétion autour de nous, par absorption-intégration, que nous grandirons. Nous pensons que c’est au contraire par le fait que cela ne peut se faire qu’autour d’une fusion qui liquidera les anciens cadres organisationnels pour en créer de nouveaux, communs et uniques.

    Notre participation récente à l’ICOR, tout comme le travail que nous faisons au niveau national découle de ces constats. Nous ne connaissons pas toutes les organisations participant à cette coordination internationale. Nous n’avons pas tout lu ni statué sur l’intégralité des prises de position qu’elles ont pu avoir au présent comme par le passé.

    Nous pouvons certainement trouver des désaccords à formuler. Cela ne représente aucune difficulté. Nous sommes certains que si nous voulons trouver des alibis au fait de rester en dehors de cette coordination, nous pourrions sans peine en trouver. Nous pourrions rester, ainsi, à couver notre vérité pure et parfaite sans jamais la confronter à d’autres, sans jamais tenter de la prouver, de la démontrer et de la défendre. Nous pourrions être satisfaits de notre grandeur et regarder avec condescendance toutes les forces politiques qui nous entourent, nationalement et internationalement.

    Ou nous pouvons partir du principe que nous ne faisons pas de procès d’intention aux organisations membres de cette coordination. Nous pouvons partir du principe de cesser cette politique de défiance et de méfiance et partir du principe que nous nous adressons avant tout à des camarades communistes qui cherchent à travailler à la même chose que nous. Nous pouvons partir du principe que les critiques que nous pouvons formuler ne sont pas là pour justifier un isolement et un désengagement, mais qu’elles sont des pierres à apporter à l’expérience commune d’organisations politiques qui cherchent à bâtir une unité internationale. Nous pouvons partir du principe que nous serons écrasés par un moule normatif ou que nous participons ensemble à construire un outil qui peut nous permettre de remporter des victoires et de disposer d’un espace de recherche et de débat prolétarien permettant d’affûter notre idéologie et ses applications concrètes.

    « Paradoxalement, la grande connaissance de l’histoire des partis communistes leur fait perdre de vue la véritable manière dont ils ont fonctionné. De cette histoire, on ne retient que les scissions, que les conflits internes, que les purges, mais pas les principes de fonctionnement du Parti. Surtout le fait que l’adhésion idéologique n’était pas la base, mais bien l’adhésion politique. Il existe, par ailleurs, une tendance à pratiquer un raisonnement téléologique chez les militants et militantes. Il s’agit de ce que nous avons analysé de notre propre pratique et de nos erreurs. Cette tendance pousse à surestimer constamment les difficultés et à fonctionner sur le mode de l’imputation et du procès d’intention.

    A nos yeux, la ligne la plus importante est celle qui constitue la dictature du prolétariat. Pourquoi ? Car elle contient en germe toutes les autres questions. La forme de l’organisation, pour l’instaurer, sa discipline, pour réussir, mais également la forme souhaitée du pouvoir une fois la victoire obtenue. Les adhérents, pour être admissibles, n’ont pas besoin même de formuler ce concept selon l’expression consacrée, mais simplement d’en comprendre les tenants et les aboutissants, pour ne pas rester sur un rejet sémantique.

    Exposer cette problématique n’est pas suffisant en soi, car cette tendance est omniprésente. Nous l’avons vécu dans les processus d’unification, qui ont tous été voués à l’échec. Il faut prendre des risques, oser avancer, oser s’unifier. Quitte à perdre ce que nous avons construit, car, sans cela, cette construction est vaine et sans objet.

    D’un point de vue pratique nous défendons le fait de proposer une rencontre de l’ensemble des organisations qui se revendiquent de la dictature du prolétariat pour qu’existe une reconnaissance mutuelle des organisations les unes vers les autres. D’autre part nous souhaitons développer des cadres de débat pour permettre d’avoir un travail de discussion politique qui soit transorganisationel. »

    Notre organisation proposera bientôt ces cadres. Elle proposera largement aux communistes de s’y associer dans le but d’avancer en commun dans la construction d’une organisation qui permette de répondre aux besoins de la classe ouvrière, des exploités, des opprimés.

    Nous savons que ce genre de processus est effrayant pour ceux qui s’arc boutent sur leur minuscule royaume. La peur d’être inaudible, la peur d’être entraîné dans quelque chose de médiocre. Peut-être notre « immense sagesse » ne sera t-elle pas reconnue au premier jour, peut-être nous faudra t-il faire la preuve de celle-ci. Devons-nous le redouter ? Tant que le cadre de débat reste ouvert et qu’il permet que les positions évoluent, s’affinent, se décantent, non. Peut-être découvrirons-nous que nous avons tort. Dans tout les cas, soit nos forces et nos organisations doivent être risquées dans un processus qui permette d’avancer idéologiquement et organisationnellement, soit elles n’ont strictement aucun intérêt. Autant les démanteler et renoncer. Nous ne finirions que comme ces « navigateurs en solitaire du léninisme », inorganisables, ingérables, inutiles à toute lutte et toute cause.

    En dernière instance, mieux vaut être dans un parti qui puisse courir le risque d’être, à un moment, tactiquement dans le faux que de rester seuls à végéter, contemplatif de la lutte des classes qui se déroule sans nous. Si nous ne franchissons pas ce pas, nous continuerons d’être des spectateurs. Même si nous échouons, nous en apprendrons plus pour mieux avancer que si nous ne faisons rien.

    Les Gilets Jaunes nous donnent une leçon de vie et une leçon de politique. Leur mouvement est une démonstration salutaire qui nous renvoie à nos manques. D’une part, vers les travers du milieu militant : le fait qu’il ait capitulé pour rester un entre-soi, le sectarisme et le mépris de classe…

    D’autre part vers les schémas préconçus et préétablis d’organisations routinières, incapables de saisir la réalité de la lutte des classes actuelle. Vers les croyances en un incontournable cursus honorum de la lutte, au travers des syndicats, des organisations politiques, des collectifs et des partis. Pourtant, c’est le réformisme, le clientélisme, la perte de combativité tactique et stratégique qui explique ce débordement.

    En dernière instance, cette mobilisation nous ramène à notre propre incapacité à avancer de manière sérieuse, rigoureuse, déterminée, vers le fait de construire l’outil l’arme du combat, l’outil de la révolution, le Parti Communiste Révolutionnaire.

    L’image que reflète le miroir de la lutte des Gilets Jaunes n’est pas particulièrement agréable à regarder. Mais il n’est d’aucune utilité de s’en prendre au reflet ou à le croire déformant. Il n’y en a qu’à grandir pour se hisser à la hauteur de la tâche qui nous incombe.

  • L’UPML et l’UCL rejoignent l’ICOR.

    L’UPML et l’UCL rejoignent l’ICOR.

    L’UPML et l’UCL rejoignent l’ICOR.

    Depuis le 9 décembre 2018, l’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste sont donc officiellement passées du stade de « Amis de l’ICOR » à celui de membre de l’ICOR à part entière.

    Nos deux organisations forment les 23ème et 24ème organisations membre de la section Europe de l’ICOR. Nous sommes également les premières organisations françaises à faire le choix de rejoindre la coordination internationale, dans le but de travailler conjointement à une meilleure interaction entre nos forces.

    A nos yeux, le franchissement de cette étape est crucial. Il vise à rompre un isolement des organisations communistes de France vis-à-vis des autres organisations politiques communistes présentes en Europe et dans le monde.

    Nous pensons que la solidarité entre nos organisations, l’assistance commune, le soutien commun -politique comme organisationnel- est un appui pour se renforcer les uns les autres, mais également se renforcer tous ensemble.

    Nous pensons également qu’il s’agit d’un lieu de débat et d’échange qui permet d’affiner nos analyses respectives, de mieux comprendre la situation économique, politique et géopolitique. L’ICOR est un creuset qui fond les expériences des différentes organisations afin de pouvoir avancer vers la conception d’une ligne plus juste et plus efficace.

    Nous considérons également que la coopération internationale est un vaccin nécessaire pour lutter contre les déviations bien trop fréquentes du mouvement communiste -notamment en France- le sectarisme, le chauvinisme, le social-impérialisme.

    Nous comptons impulser prochainement la création d’un Comité ICOR-France. Ce comité aura pour fonction de synchroniser les actions de nos organisations respectives, de relayer les mots d’ordres de la coordination, mais également de pouvoir travailler avec les Amis de l’ICOR. Nous appelons à les communistes et leurs organisations à coopérer avec ce comité, dans le but de pouvoir travailler conjointement. Nous appelons en particulier les organisations qui luttent pour l’indépendance, dans les colonies et néo-colonies de l’impérialisme français à travailler avec nous.

    L’ICOR est peu connu en France, et nombre d’organisations et d’individus se questionnent à son sujet. Nous les invitons à prendre contact avec nous. Nous les invitions à travailler avec nous. L’ICOR est un outil qui prend la forme des mains qui le manient. Travaillons ensemble à le forger pour qu’il soit celui de la révolution internationale !

    Le 13 janvier, nous défilerons ensemble, dans les rues de Berlin, pour commémorer le 100 ème anniversaire de la révolution allemande, écrasée par les Corps Francs, aux ordres du SPD Social-Démocrate. Nous participerons à la manifestation pour Liebeknecht, Luxembourg et Lénine.

    Nous marcherons d’un même pas, sous un même drapeau, celui de l’ICOR !

    Rejoignez l’ICOR et les Amis de l’ICOR.

    Renforcez l’unité internationale des organisations communistes !

    Vive l’internationalisme prolétarien , vive le communisme !

    Renforcez l’ICOR!

  • Solidarité internationale avec la lutte des Gilets Jaunes – Déclaration de l’ICOR

    Solidarité internationale avec la lutte des Gilets Jaunes – Déclaration de l’ICOR

    Solidarité internationale avec la lutte des Gilets Jaunes

    International Coordination of Revolutionary Parties & Organizations (ICOR)
    European Continental Committee

     

    L’ICOR salue la lutte menée par les travailleurs et les travailleuses et par les masses populaires de France contre la vie chère, contre la destruction de leurs droits sociaux, contre la rapacité des exploiteurs. Les images de Champs-Elysées noyés de fumée, les images d’affrontement ont traversé le monde. Le monde vous regarde. Le monde à les yeux rivés sur ce qui se passe en France. Camarades, votre lutte est juste et nécessaire !

    • Il est légitime de se révolter contre les taxes injustes qui vous étranglent !
    • Il est légitime de se battre pour un meilleur salaire !
    • Il est légitime de ne pas vouloir que soit détruit ce qui a été conquis par vos pères, vos mères, à la sortie de la guerre.

    Dans une France ruinée, par leur force, par leur unité, ils et elles avaient imposé à la bourgeoisie française la Sécurité Sociale, l’assurance chômage, les retraites. Dans une France, 9e puissance mondiale, prétendre que cela n’est plus possible est un mensonge honteux ! Ce que veulent les architectes de ces réformes, c’est tout vous prendre, pour qu’il ne vous reste plus que de quoi survire. Survivre pour travailler un jour de plus, pour leurs profits. C’est leur but.
    A l’appel du gouvernement Macron, la police tente d’écraser votre mouvement. Demain il demandera à la justice de se venger de vous, de venger l’affront que vous lui avez fait : refuser d’être soumis à son ordre injuste.

    Vous n’êtes pas seuls ! Sachez-le ! Dans tous les pays d’Europe, dans tous les pays du monde, les travailleurs et les travailleuses se dressent aussi contre les politiques injustes. Partout du mécontentement et la colère. Partout, les exploités réclament un nouveau monde ! Partout le peuple va connaître qu’il ne peut avoir confiance qu’en lui même pour diriger !

    Certains veulent uniquement transformer votre lutte en vote pour leurs organisations bourgeoises. Ils marchent sur vos luttes pour se hisser vers le pouvoir et pour ensuite vous asservir à leur tour. D’autres essaient d’entraîner votre colère vers la xénophobie, vers le racisme, vers la haine de vos frères et sœurs de lutte, de vos frères et sœurs de souffrance.
    Ce sont des opportunistes qui vous méprisent au fond du cœur. Ne les écoutez pas !

    Écoutez la voix de la solidarité internationale, des travailleurs et travailleuses du monde qui vous soutiennent ! Écoutez la voix de vos camarades ! Ensemble, par delà les frontières qui nous séparent, les hommes et les femmes triment sous les mêmes fardeaux.
    Nous faisons face, ensemble, à un même oppresseur !

    • En France, il prend le nom de Dassault, de Pinault, d’Arnault.
    • En Allemagne, de Albrecht, de Schwarz, de Liebherr.
    • En Russie, de Lissine, de Mordachov, de Mikhelson.

    Cet oppresseur est l’exploiteur capitaliste, le bandit impérialiste. Il se nourrit de votre sueur, verse votre sang. Il mène la guerre pour le partage du monde, dans une concurrence effrénée d’une poignée de profiteurs, d’une poignée de parasites richissimes, toujours pour agrandir leur fortune. Qu’importe que la Terre s’épuise. Qu’importe que les villes soient éventrées par les bombes. Seuls leurs taux de profit comptent. Mais les pas en arrière et les premières concessions du gouvernement Macron le montrent: celui qui se bat peut gagner! Celui qui ne se contente pas des miettes peut se battre pour le beurre, l’argent du beurre et même la crèmerie !

    Pour cette victoire, nous devons être très bien organisés avec une perspective claire. Et nous avons besoin d’un long souffle! L’ICOR s’engage pour cette organisation internationale, pour la coopération et la coordination pratiques. L’union de 54 organisations révolutionnaires de quatre continents, l’UCL et l’UPML en France inclues. Face à nos bourgeoisies nationales, face à l’occupation dans les pays dominés par l’impérialisme, chacun, nous ne formons qu’une seule ligne, qu’un seul rempart de résistance. Passons de la résistance à la contre attaque, et de la contre attaque à la victoire !

    Nous formons l’avenir du monde. Nous travaillons ! Nous produisons tout ! Nous devons décider.
    Comme le chante l’Internationale « Nous ne sommes rien…soyons tout ! »

    Dans ses statuts, l’ICOR écrit: «Les masses dans le monde ne veulent pas périr dans la barbarie capitaliste! La politique méprisante pour le genre humain du capital financier international incite l’élan révolutionnaire de l’humanité vers une société sans exploitation et oppression, sans misère, destruction de l’environnement et guerre qui offre des perspectives à la jeunesse.»

    C’est le socialisme.

    Prolétaires de tous les pays unissez-vous !
    Vive la lutte des classes contre les exploiteurs !
    Organisez la solidarité avec le mouvement en France!

     

    Signataires à la date du 14/12/2018 :

    1. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    2. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    3. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    4. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    5. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    6. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    7. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    8. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    9. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie

    10. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    11. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

    12. UCL Unité Communiste Lyon

    13. Amis de l’ICOR au Portugal