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  • La bataille pour l’histoire.

    La bataille pour l’histoire.

    Ce document, que nous publions en feuilleton journalier, a pour but premier de fournir l’introduction du travail de long terme « 100 millions sinon rien ». Cependant, il a également pour ambition d’être un travail autonome et de servir certains buts. Le premier étant de Repenser l’histoire de l’URSS et des expériences socialistes, s’en servir pour construire la lutte et le Parti. Nous vous en souhaitons bonne lecture, en espérant qu’elle puisse également trancher avec le climat morose de l’heure actuelle.

    L’Histoire de l’URSS et des expériences socialistes, tout comme des démocraties populaires, est un champ de bataille. Un champ de bataille contre la falsification, d’une part, mais également pour comprendre réellement ce qui s’est déroulé.

    Les enjeux autour de cette histoire sont immenses. Ils le sont autant pour les capitalistes que pour nous. Pour eux dans le but de démontrer le caractère génétiquement criminel du communisme et sa faillite en tant que modèle économique et social. Pour nous, militants et militantes communistes, pour être capable de leur répondre, mais surtout pour pouvoir en tirer des conclusions justes sur les moyens et les fins de notre mouvement.

    Dans l’ensemble, nous connaissons assez mal notre histoire, ou le plus souvent de manière superficielle. Les grandes lignes sont relativement connues, mais elles font écho à des événements confus.. Il en ressort une part importante de folklore, de mythologie, de mélange d’une histoire scolaire anticommuniste et holistique, avec la conviction que les 1/6e du monde cherchaient à œuvrer pour le plus grand bien. Difficile cependant de jeter la pierre : nous faisons avec ce que nous avons sous la main. Et encore, internet et la numérisation permettent de mettre à disposition des ressources qui, sans cela, seraient perdues. Auparavant, la situation était bien pire.

    De plus, régénérer l’histoire de notre expérience est un travail immense. La vulgariser et la rendre compréhensible en est encore un autre, tout aussi immense. Cela demande une disponibilité et des moyens qui ne sont pas à la portée de toutes et tous, tant individus qu’organisations. Cela influe fortement sur la possibilité de réaliser des travaux d’ensemble et de qualité.

    Il existe, dans un grand nombre d’organisations politiques ou de militants et militantes de ces organisations, un rapport assez particulier, fétichisé, fantasmé, à l’histoire de leur courant. Cette remarque est valable tant pour l’extrême-gauche que pour l’extrême-droite. L’un et l’autre l’expriment cependant de manière différente. L’histoire inventée de l’extrême-droite se place souvent dans des rapports contradictoires aux événements : entre vénération de la collaboration et haine des « collabos », entre justification du génocide juif et négation de celui-ci. Entre vénération du fascisme et utilisation de ce terme comme injure ou accusation contre d’autres courants (le fascisme, c’est la gauche, etc.)… en somme une histoire à géométrie variable, réinventée de manière ad hoc en fonction de l’interlocuteur. Il révèle avant tout une utilisation tactique de celle-ci pour faire passer un message politique. En cela ils sont de bons héritiers d’Hitler, qui n’hésitait pas à dire

    « Que dirait-on, écrit-il, d’une affiche destinée à vanter un nouveau savon et qui dirait qu’il y a aussi d’autres bons savons ? On secouerait la tête.

    Il en est exactement de même en ce qui concerne la réclame politique« 1

    Rosenberg, qui, dans le mythe du XXe siècle, n’hésite pas à tricher sur l’histoire pour justifier le nazisme. L’illustre Politzer en parle ainsi :

    « Ainsi, par exemple M. Rosenberg propose aux Allemands du XXe siècle comme modèle les anciens Germains. Il trace ensuite de ces derniers des « portraits historiques ». Il se trouve alors que les anciens Germains possédaient précisément les traits de caractère que le régime hitlérien veut inculquer à la jeunesse . La chose n’est pas difficile : pour que le national-socialiste puisse être modelé sur l’ancien Germain, M. Rosenberg commence par modeler l’ancien Germain sur le national-socialiste. »2

    Alfred Rosenberg écrivait même :« Il y a une conception catholique et une conception protestante de l’histoire. À côté des conceptions religieuses de l’Histoire apparaissent les conceptions nationalement teintées Nous croyons qu’il est temps d’annoncer une façon allemande de considérer l’Histoire. » 3

    Ce qu’ils en pensent en leur for intérieur, en revanche, est un mystère, peut-être pas grand’chose de construit ou d’architecturé. Cela est leur problème.

    En revanche, dans le nôtre, la situation est différente. Comme nous l’écrivions dans notre brochure de 2016 «La guérilla informationnelle, le nouveau brouillard de guerre. »

    « Lorsque nous, communistes, fournissons une explication du Monde, à travers le matérialisme dialectique et à travers le matérialisme historique, nous nous attaquons à un grand chantier : casser l’idéalisme, le positivisme, le mysticisme. Parfois, les mécanismes sont même contre-intuitifs, demandent des préalables idéologiques et culturels, en bref, demandent aux individus de se dépasser eux-mêmes, leur demandent un travail ardu en terme d’acquisition de notions. Le « bon sens » populaire ne suffit pas. Rien de tout cela n’existe chez les fascistes, qui, eux, jouent sur des biais intuitifs, cognitifs. Le cerveau est quasiment programmé pour adhérer aux théories du complot, en cherchant des causalités là où il n’existe que des coïncidences, en s’attachant à trouver un sens cohérent et logique à tout. Or, cela, ajouté à la subjectivité, créé le terreau du complotisme et de la confusion. La bouillie fasciste est également facile à avaler et à digérer, elle ne demande aucune subtilité, et les fascistes entre eux ne cherchent pas à se prendre à revers, à tester leurs connaissances. Peu leur importe les « détails ». C’est une différentiation culturelle, là aussi, entre nous. La rumeur et le canular ne nous serviraient à rien, car nous avons besoin d’informations justes et fiables pour pouvoir transformer la réalité. Nous devons connaître le Monde parfaitement pour en saisir les rouages. De même, nous n’avons pas besoin de mentir. Il n’existe pas plus gros scandale que l’exploitation capitaliste. Inutile d’inventer de faux faits. La vérité est déjà révolutionnaire. »

    Pourtant, dans notre courant même, les organisations communistes de France n’ont pas toujours un regard extrêmement clair sur l’histoire de leur courant. Il faut dire que l’histoire de l’URSS est contradictoire, avec des historiographies qui s’excommunient les unes et les autres. En dépit du fait que 30 ans se sont écoulés depuis l’ouverture des archives, une histoire actualisée, basée sur un travail scientifique, a du mal à s’imposer, tant dans la société que dans les organisations politiques, y compris celles se revendiquant du marxisme-léninisme. Un certain nombre de facteurs expliquent ce retard :


    • Le maintien, depuis 1995, de la même historiographie scolaire de
      l’URSS, basée sur la comparaison avec le nazisme et le fascisme,
      diffusant une histoire civique. Le but principal est de conditionner
      les élèves à soutenir la « démocratie libérale » et
      à rejeter « les extrêmes ». Il suffit de voir les
      fiches Eduscol ou les
      colloques sur le sens de l’enseignement de l’histoire pour en
      trouver la preuve.

    • La très faible pénétration des travaux des chercheurs et des
      chercheuses au profit d’une histotainement
      divertissante, mettant en exergue une certaine « pornographie
      de la terreur » pour vendre. Dans
      le même temps, les ouvrages menaçant ce paradigme peinent à
      trouver un éditeur ou sont vendus à prix d’or.4

    • Le rejet politique pur et simple d’une remise en cause du
      paradigme du totalitarisme. Toute diminution du caractère supposé
      monstrueux et pervers du régime soviétique étant perçu comme un
      soutien implicite à celui-ci. Cela s’est vu dans le fait que les
      dirigeants européens ont fait appel à une historiographie de la
      Guerre froide pour justifier la comparaison entre nazisme et
      communisme.

    Il en résulte que, dans une très grande majorité des cas, ce qui tient lieu de source principale pour les événements et leur analyse est un corpus documentaire particulièrement âgé ou fragile. Diverses « traditions orales », pour reprendre la formule de l’historien américain J. Arch. Getty, existent sur l’URSS. Cette mythologie s’est construite sur la base d’un corpus extrêmement restreint de sources. Elles sont majoritairement de trois ordres :


    • Issues de ceux qui ont été exclus de l’URSS ou qui l’ont fui.
      Cela va du transfuge, comme le Major du NKVD Orlov ou Lioushkov,
      comme Alexandr Soljenitsyne, ou comme Viktor Kravchenko. Trotski
      rentre aussi dans cette catégorie. Ils sont d’origine et de
      courants politiques contradictoires, mais ils partagent un point de
      vue très personnel et particulièrement hostile à l’URSS et à
      sa direction.

    • Dans un certain sens, il est possible de faire rentrer également
      dans cette catégorie ceux qui l’ont visité. On peut y intégrer
      André Gide à Jean-Richard Bloch, Barbusse, mais aussi Paul
      Robeson, mais aussi ceux qui l’ont vilipendée.

    • De l’analyse des discours et des documents officiels de l’URSS,
      « science » qui est souvent appelée la « soviétologie »
      ou la « kremlinologie ». Les biographies ou
      autobiographies des dirigeants rentrent dans cette catégorie. L’une
      des plus influentes étant les souvenirs
      de Nikita Khrouchtchev.

    Ces sources sont dans l’ensemble médiocres. Elles sont soit des directives officielles, des coupures de presse, soit des points de vue personnel. John Arch Getty en fait une explication tout à fait satisfaisante dans Origins of the great purges.

    « Bien que la principale faiblesse des sources soit leur éloignement des événements qu’elles jugent si librement, la question de la partialité politique mérite également d’être examinée, comme elle l’est dans d’autres domaines de l’enquête historique. Orlov, Trotsky, les mencheviks et Khrouchtchev étaient tous des acteurs politiques intéressés et n’étaient guère incités à produire une vision objective. De toute évidence, l’autre grande source de partialité est le côté stalinien. Les ouvrages explicatifs produits pendant l’ère stalinienne (principalement les transcriptions de procès et les brèves mentions dans les grandes lignes de l’histoire) ne sont pas non plus particulièrement précieux.

    La monstruosité des crimes de Staline et une génération d’attitudes de la guerre froide ont contribué à ce qui serait considéré comme une recherche bâclée et méthodologiquement en faillite dans tout autre domaine d’investigation. Les historiens de l’Europe moderne n’essaieraient pas d’étudier la politique de la Première Guerre mondiale en se basant sur les mémoires des soldats des tranchées sans épuiser la presse, les documents et les archives disponibles.5 »

    Nous laissons à M. Getty son opinion sur la « monstruosité ». Ce n’est pas le lieu d’en débattre. Cependant, nous pouvons reconnaître que les sources sont extrêmement partielles et partiales. C’est sur la base de celles-ci que se sont construits différents récits et contre-récits. Ils peuvent d’ailleurs être rassemblés en trois courants principaux :


    • Une grille de lecture marquée par un anticommunisme militant, de
      droite ou de gauche.

    • Une grille marquée par un communisme antistalinien ou
      antitotalitaire, notamment trotskiste ou sous la forme de tendances
      plus obscures.

    • Une grille marquée par un « stalinisme » apologique et
      acritique.

    Bien que ayant des buts et un récit diamétralement opposé, ces « histoires » possèdent dans l’ensemble plus de similitudes que ce qu’un examen superficiel pourrait laisser penser. Nous laissons d’ailleurs à nouveau J. Arch Getty donner sont point de vue sur la question : . J. Arch Getty en fait une magnifique illustration dans son travail pionnier Origins of the great purges.

    « La plupart des récits des grandes purges par les Soviétiques occidentaux et dissidents partagent certaines hypothèses : Les événements politiques de 1933-1939 constituent un phénomène unifié (les Grandes Purges), qui peut être étudié comme un processus ; les Grandes Purges ont été planifiées, préparées et réalisées par une seule agence (Staline) ; et les anciens bolcheviks de la génération de Lénine (et de Staline) ont été la cible des purges. La présente étude teste ces hypothèses par rapport aux preuves primaires disponibles et les trouve insoutenables. Bien que l’improbable histoire stalinienne soit très différente de la vision occidentale, les deux partagent une autre hypothèse interprétative sur la structure. Les deux versions supposent que les bureaucraties du parti (et de la police) étaient efficaces et obéissantes. En effet, tant les écrivains occidentaux que staliniens se sont intéressés à montrer que la bureaucratie soviétique était sinistrement efficace : totalitaire pour les écrivains occidentaux, monolithique ou solidement unie aux staliniens. Le quasi-consensus sur un appareil monolithique a fait qu’il est facile d’ignorer les preuves (et l’expérience personnelle) et de croire qu’une bureaucratie non formée et non éduquée dans un immense pays paysan en développement a en quelque sorte suffisamment bien fonctionné et obéi pour être qualifiée de totalitaire. Dans son enquête sur la structure du parti bolchevique dans les années trente, cette étude remet en question l’applicabilité du modèle totalitaire.


    D’une part, il a été utile à Staline et à d’autres membres du gouvernement de Moscou de donner l’impression d’une composition disciplinée et dévouée, solidement unie sous un centralisme démocratique. Staline (et Lénine avant lui) ont décrit le parti tel qu’ils le voulaient. D’autre part, il était dans l’intérêt de ses ennemis politiques de dépeindre la bureaucratie comme une machine uniforme, servile et monolithique. La vision totalitaire convenait aussi bien aux staliniens qu’aux antistaliniens.
    6 »

    Ainsi, des histoires aux contours similaires se sont écrites. Les anticommunistes ont rédigé une histoire qui fait de l’arrivée au pouvoir de Staline le fruit d’une conspiration ayant comme alpha et comme oméga la mise en œuvre du totalitarisme. Ce récit est fait soit pour condamner le communisme dans sa globalité, soit pour en condamner l’application faite par la direction stalinienne. Dans cette dernière application, ils ont trouvé un allié de choix dans la personne de Léon Trotski, probablement à son corps défendant.

    Les trotskistes eux-mêmes ont consacré des efforts immenses à construire une pensée qui permette d’expliquer l’échec de leur leader et de ses conceptions en URSS. Il leur fallait expliquer l’incapacité de Trotski et de ses proches à pouvoir imposer leurs vues au sein du Parti Communiste d’URSS, mais également partout dans le monde. Mais Trotski lui-même avait écrit tout et son contraire, et ils se sont déchirés sur ses prophéties. Le plus dur était d’expliquer la solitude, l’isolement du « vieux » tout comme le fait que les trotskistes d’URSS se sont, pour la plupart, ralliés au XVIIe congrès du PC(b)US et ont soutenu la « ligne générale ».

    Dans une communauté de vues avec les propagandistes anticommunistes, il s’est élaboré une certaine « histoire », grandement légendaire, de l’Union soviétique. Cette histoire légendaire s’est cristallisée autour de « grands hommes », Lénine, Staline, Trotski, dont les destins lient inextricablement le sort de l’URSS.

    Celle-ci se nourrit alors de pages d’histoire classiques : la montée au pouvoir de Staline, par la fourberie, camouflant ses idées – si tant est qu’il en eût ! –, une collectivisation brutale et une planification mensongère, une longue montée en pression, avec l’instauration d’un totalitarisme hors de contrôle, culminant avec les purges et les procès, ayant pour but de rendre le parti docile et liquider les compagnons de Lénine. Cette histoire, comme toutes les histoires conspirationnistes, s’autojustifie constamment. Staline fait tout, Staline peut tout. Lorsqu’il réprime, c’est pour montrer son pouvoir, lorsqu’il ne réprime pas, c’est pour tromper. Lorsqu’il soutient la NEP c’est un droitier, lorsqu’il met en place la collectivisation, c’est pour camoufler le fait qu’il est toujours un droitier. Lorsque Enoukidzé est exclu, c’est pour montrer la main de fer, lorsqu’il est réintégré un an après, c’est une nouvelle fois pour cacher ses intentions.

    Cette histoire ne connaît nulle prise de la logique et de la raison. Elle ne se nourrit que d’actes de foi. Certes les sources étaient faibles. Pourtant elles pouvaient être complétées en amont de la fin de la Guerre froide.

    Des travaux, comme ceux de Marc Ferro ou de Moshe Lewin sont toujours de bonne qualité aujourd’hui. De même, les Soviétiques présents dans les zones occupées par les Allemands (soit en leur qualité de prisonniers de guerre, soit en celle de Hiwis (auxiliaires volontaires)) ont été interrogés par les Américains dans le cadre du Harvard project.7 La seule véritable source impartiale avait été ramenée après guerre d’Allemagne, il s’agissait des archives de Smolensk. Après une étude préliminaire superficielle, et malgré la publication de Smonlensk under soviet rule de Merle Fainsod (en 1958), elles ont passé près de 30 ans dans l’oubli.

    Elles étaient remisées de côté, car elles ne servaient pas à cet usage tactique de l’histoire : attaquer le bilan de la direction Stalinienne ou l’URSS dans son entier. Les documents à charge suffisaient. Il n’y avait pas besoin de plus. Aujourd’hui encore, elles sont d’ailleurs ce qui forme le socle premier des arguments anticommunistes, avec un rejet fanatique de toute remise en cause ou de toute analyse nouvelle.

    1« Mein Kampf », édition allemande de 1 935, page 200.

    2G. Politzer Révolution et contre révolution au XXe siècle.

    3A. Rosenberg, « Blut und Ehre », tome 2 ; page 210

    4300€ environ pour un exemplaire de Staline, histoire et critique d’une légende noire.

    5Although the main weakness of the sources is their removal from the events they so freely judge, the question of political bias is also worth considering, as it is in other areas of historical inquiry. Orlov, Trotsky, the Mensheviks, and Khrushchev were all self-interested political actors and had little incentive to produce an objective view. Obviously, the other great source of bias is the Stalinist side. The explanatory works produced during the Stalin era (primarily the trial transcripts and brief mentions in outline histories) are not particularly valuable either.

    The monstrosity of Stalin’s crimes and a generation of Cold War attitudes have contributed to what would be considered sloppy and methodologically bankrupt scholarship in any other area of inquiry. Historians of modern Europe would not try to study the politics of World War I by relying on the memoirs of soldiers from the trenches without exhausting the available press, documentary, and archival materials.

    6Most Western and dissident Soviet accounts of the Great Purges share certain assumptions: The political events of 1933-9 constitute a unified phenomenon (the Great Purges), which can be studied as a process; the Great Purges were planned, prepared, and carried out by a single agency (Stalin); and the Old Bolsheviks of Lenin’s (and Stalin’s) generation were the purges’ target. The present study tests these assumptions against the available primary evidence and finds them untenable. Although the improbable Stalinist story is very different from the Western view, the two share another interpretive assumption about structure. Both versions assume that the party (and police) bureaucracies were efficient and obedient. Indeed, both Western and Stalinist writers have been interested in showing that the Soviet bureaucracy was grimly efficient: totalitarian to Western writers, monolithic or solidly united to Stalinists. The near consensus on a monolithic apparatus has made it easy to overlook evidence (and personal experience) and to believe that an untrained and uneducated bureaucracy in a huge, developing peasant country somehow functioned and obeyed well enough to be termed totalitarian. In its investigation of the structure of the Bolshevik Party in the thirties, this study questions the applicability of the totalitarian model.

    On the one hand, it was useful to Stalin and others in the Moscow government to give the impression of a disciplined and dedicated membership solidly united under democratic centralism. Stalin (and Lenin before him) described the party the way they wanted it to be. On the other, it was in the interest of his political enemies to portray the bureaucracy as a uniform, servile, monolithic machine. The totalitarian view was convenient both for Stalinists and anti-Stalinists.

    7 https://library.harvard.edu/collections/hpsss/index.html

  • Gloire à K. Marx – Parti Communiste du Togo

    Gloire à K. Marx – Parti Communiste du Togo

    Gloire a K. Marx, le grand dirigeant et éducateur du prolétariat international !

    Déclaration du Parti Communiste du Togo – ICOR

    Nous reproduisons sur notre site la déclaration de notre organisation-soeur du Togo, membre de l’ICOR, apportant un point de vue intéressant sur la vie de Karl Marx.

    Nous célébrons cette année la deux-centième année de la naissance de Karl Marx. Karl Marx est l’inventeur du socialisme scientifique, le grand éducateur du prolétariat international celui qui continue d’inspirer des millions de révolutionnaires et de communistes de par le monde. Les communistes et les démocrates togolais sont particulièrement fiers de se réclamer de son enseignement.

    Marx naquit le 5 mai 1818 à Trêves (Allemagne) d’une famille religieuse. Son père était avocat, un israélite converti au protestantisme. Il suivit sa scolarité primaire et secondaire dans cette ville, puis ses études universitaires à Bonn et à Berlin; des études de droit mais aussi et surtout d’histoire et philosophie. Il passa brillamment sa thèse de philosophie en 1841

    A sa sortie de l’université, il se fixa à Bonn, qu’il quitta pour Cologne, où il devint collaborateur, puis rédacteur en chef de la Gazette Rhénane, un organe d’opposition de la bourgeoisie libérale, qui avait quelques liens avec l’hégélianisme de gauche. Sous sa direction, cet organe prit une orientation démocratique révolutionnaire, ce qui lui attira l’attention du gouvernement réactionnaire et de la censure. Le journal fut interdit au début de 1843. Lénine souligne l’importance de cette période dans l’évolution de MARX, dans son passage de l’idéalisme au matérialisme et du démocratisme révolutionnaire au communisme.

    En 1843, Marx épousa Jenny von Westphalen, une amie d’enfance issue de l’aristocratie. La même année, la «Gazette Rhénane» étant interdite, il partit pour Paris où Il participa à la fondation des Annales franco-allemandes. Dans cette revue, parue en 1844, et qui n’eut qu’un seul numéro, ses appels aux masses et au prolétariat se faisaient de plus en plus nets. Son évolution vers le communisme s’affirma définitivement.

    En 1844 eut lieu sa rencontre avec Engels. De cette rencontre naquit une amitié profonde et féconde qui dura jusqu’à sa mort. Frappé d’une mesure d’expulsion en 1845, Marx quitta Paris pour Bruxelles. C’est dans la capitale belge qu’il adhéra à la «Ligue des communistes», une organisation qui fonctionnait alors comme une société secrète. A la demande du II ème Congrès de cette organisation, il entreprit avec Engels la rédaction du célèbre Manifeste du Parti communiste.

    En février 1848 la révolution éclatait à Paris. Le roi de France Louis-Philippe était renversé, la République proclamée. Cette révolution donna un coup de fouet à ce qu’on a appelé «le printemps des peuple», une série de mouvements révolutionnaires de caractère national-libéral à travers l’Europe.

    En Belgique, Bruxelles était également en ébullition. Les autorités, jugeant alors trop dangereuse la présence de Marx, décidèrent de l’expulser. Il revint donc à Paris, car le nouveau pouvoir qui, à ses débuts, tenait à montrer son intérêt pour la classe ouvrière et pour les questions sociales, lui avait officiellement fait savoir qu’il était disposé à l’accueillir en France. Mais il y resta pour peu de temps: en effet, en mars de la même année, la révolution éclatait également en Allemagne. Il se fixa donc à Cologne pour être au cœur des événements. La tactique de lutte qu’il décida en compagnie d’Engels, sont pour les communistes un exemple incomparable.

    En effet une fois sur place Engels et lui se rendirent compte de la réalité: «une bourgeoisie encore faible et disposée au compromis avec l’aristocratie féodale; un prolétariat également peu développé, inorganisé encore peu conscient de son rôle historique et de l’opposition profonde entre ses intérêts et ceux de la bourgeoisie, et «contraint de remplir pour le moment dans sa grande majorité, les fonctions de l’extrême gauche de la bourgeoisie»(Engels).

    Dans ces conditions, les ouvriers allemands devaient s’assurer d’abord les droits qui leur étaient nécessaires pour s’organiser en parti de classe: «liberté de la presse, d’association et de réunion, droits que la bourgeoisie était obligée elle-même de conquérir pour sa propre domination, mais que par crainte des ouvriers, elle commençait à leur contester»Le prolétariat, tout en préservant son indépendance devait veiller à marcher avec la grande armée des démocrates. C’est donc dans ce but de large alliance démocratique que Marx fit apparaître La Nouvelle Gazette Rhénane.

    Engels le rappelle fort bien: «C’est ce qui a déterminé notre drapeau quand nous avons entrepris de fonder un grand journal en Allemagne. Ce drapeau ne pouvait être que celui de la démocratie, mais d’une démocratie qui révélait partout, à la moindre occasion, son caractère spécifiquement prolétarien, qu’elle ne pouvait pas encore inscrire une fois pour toutes sur son drapeau. Si nous ne l’avions pas voulu, si nous avions refusé de nous rallier au mouvement et à son aile existante la plus avancée, prolétarienne en fait, pour le stimuler, nous n’aurions eu d’autre solution que de prêcher le communisme dans une feuille de chou et de fonder une petite secte communiste au lieu d’un grand parti. Or, le rôle de prédicateurs dans le désert ne nous convenait plus : ce n’est point pour cela que nous avions si bien étudié les utopistes et rédigés notre programme» (Engels, Marx et la Neue Rheinischer Zeitung ).

    La propagande autour d’un programme démocratique donna une juste orientation au mouvement révolutionnaire, ce qui n’empêcha pas Marx d’y participer de façon active. Mais la contre révolution était en marche en Europe et finit par triompher en Allemagne: Marx fut traduit en justice; il fut acquitté, mais une nouvelle mesure d’expulsion l’obligea à quitter Cologne pour Paris. Seulement, la situation n’était plus la même dans la capitale française. La réaction était revenue en force.

    En juin 1849, des manifestations ouvrières et populaires, organisées à Paris et dans de nombreuses villes françaises pour dénoncer l’intervention des troupes françaises contre le gouvernement républicain qui venait de s’établir à Rome, étaient écrasées dans le sang. C’est dans ce contexte que Marx fut expulsé une fois de plus de Paris. Il partit pour Londres, où il vécut jusqu’à sa mort, le 14 mars 1883.

    Marx est l’un des plus grands penseurs de l’histoire des hommes. Sa pensée, immense et puissante, (elle embrasse de nombreux domaines tels que la philosophie, le droit, l’histoire, pour l’économie politique, la sociologie…), continue de rayonner dans le monde et d’inspirer des millions de prolétaires et de travailleurs exploités et opprimés.

    Marx est l’exemple, le modèle par excellence de l’intellectuel militant révolutionnaire. Il a renoncé très tôt à des projets de carrière, pour se consacrer à la recherche philosophique. Il s’est ainsi porté au premier rang dans la grande bataille philosophique qui l’a conduit à la découverte du matérialisme dialectique et du matérialisme historique, la science révolutionnaire du prolétariat, celle qui démontre la nécessité historique de la révolution socialiste, sous la direction du prolétariat, comme prélude à l’édification de la société communiste. Son analyse du capitalisme dans la Contribution à la Critique de l’économiepolitique et dans le Capital, demeure un précieux outil pour le prolétariat révolutionnaire.

    Mais Marx n’était pas un intellectuel de salon, lui qui affirmait  que «les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, [que] ce qui importe c’est de le transformer». Les expulsions successives dont il fut l’objet, sont à la mesure de la crainte que ses idées et son action suscitaient auprès de la réaction. Chez lui, les réflexions théoriques et politique et l’activité pratique se sont toujours conjuguées et mutuellement enrichies. Avec Engels, il s’est toujours impliqué dans l’organisation et dans les combats de la classe ouvrière, et a œuvré inlassablement à doter le mouvement ouvrier de la théorie et la tactique du socialisme prolétarien révolutionnaire ou communisme. en menant un combat énergique contre les courants petits bourgeois, utopistes anarchistes, non prolétariennes, Au cours de la révolution démocratique que connut l’Europe et notamment l’ Allemagne  en 1848, il déploya une activité intense tant dans le développement, que dans la direction, l’organisation et l’orientation, du mouvement populaire.

     Marx, grand éducateur et dirigeant du prolétariat international

    Marx est en effet l’exemple de l’internationaliste conséquent. Sa pensée s’est forgée et s’est enrichie au contact de la pensée de l’histoire et des expériences qui sortaient du cadre strictement allemand. Les trois sources du marxisme, il faut le rappeler en effet, ce sont la philosophie allemande, l’économie politique anglaise et le socialisme français. Il s’est montré très tôt conscient de la nécessité de la solidarité internationale et de l’union des prolétaires de tous les pays face à l’internationalisation du capital, et face à la solidarité de la classe des exploiteurs par-delà les frontières, et cela l’avait naturellement conduit à envisager la révolution prolétarienne participé dans une perspective internationaliste.

    Dès l’année 1846 déjà, il avait à la création d’un Bureau international communiste de correspondance de Bruxelles. La Ligue des communistes à laquelle il adhéra était sans doute composée en majorité de militants allemands; mais elle affirmait déjà sa vocation internationaliste en intégrant dans son sein des militants belges, anglais. C’est donc en toute logique qu’il fut l’inspirateur du célèbre mot d’ordre international du Manifeste du Parti communiste: «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !».

     

    Mais c’est au cours des années 1860, qu’à la faveur d’un recul relatif de la réaction qui avait suivi l’écrasement des mouvements révolutionnaires de 1848 , et de la recrudescence du mouvement ouvrier, qui en a résulté, qu’il estima le moment venu de matérialiser le projet qui était donc le sien depuis les années 1840: en finir avec la dispersion du mouvement ouvrier, œuvrer à la mise en place d’un organisation internationale de la classe ouvrière.

    Le 28 septembre 1864 donc à Londres, fut fondée l’Association internationale des travailleurs, la Ier Internationale. Marx fut le principal animateur et le chef idéologique de cette organisation jusqu’à sa dissolution en 1872 après son transfert à New-York. La 1er Internationale n’était guère homogène; les organisations ouvrières qui y étaient représentées étaient loin de partager la même orientation idéologique, les mêmes traditions de lutte: des anarchistes proudhoniens, bakouniniens, des trade-unionistes. Lassalliens, côtoyaient des marxistes. Mais Marx mena un combat contre tous ces courants opportunistes, s’efforçant ainsi de forger «une tactique unique pour la lutte prolétarienne de la classe ouvrière dans les divers pays». (Lénine).

    C’est son activité inlassable et multiforme, dans une situation matérielle difficile voire de misère malgré l’aide d’Engels qui acheva de ruiner sa santé. Marx avait sacrifié sa vie à la cause du prolétariat et de la révolution.

    Mais 46 ans après l’écrasement de la Commune de Paris, 34 après sa mort, la classe ouvrière russe, sous la direction du Parti communiste (bolchevik), par la Grande Révolution d’Octobre 1917, mettait fin à la domination de la bourgeoisie russe, instaurait, à travers le gouvernement des soviets, l’Etat de dictature du prolétariat, et se lançait hardiment dans l’édification du socialisme. La justesse des analyses et des enseignements de Marx se trouvait ainsi confirmée.

     Après la victoire sur le nazisme, victoire grâce au rôle décisif joué par les peuples de l’URSS sous la direction de Staline, après l’instauration des démocraties populaires en Europe de l’Est et avec la victoire des mouvements anticoloniaux et de libération nationale dans de nombreux pays coloniaux et dépendants, c’est une partie importante de l’humanité qui pouvait se réclamer à bon droit et avec fierté de l’enseignement de Marx.

    Aujourd’hui, il est de fait que le socialisme connaît un certain recul, consécutif à la dégénérescence révisionniste du PCUS (b) et à la restauration du capitalisme en Russie et dans les démocraties populaires, et il est de fait que ce recul a permis au vieil arsenal anticommuniste de s’enrichir de nouveaux «arguments». On présente volontiers le marxisme comme dépassé, ou alors comme source de barbarie; on conteste son caractère scientifique; chez nous, c’est le sempiternel refrain sur «une idéologie d’importation étrangère, incompatible avec nos sociétés africaines..»Mais nous sommes persuadée que cette situation de recul est provisoire.

    En effet, la crise générale du système capitaliste, l’exacerbation des contradictions insurmontables de l’impérialisme sont indéniables et confirment les analyses de Marx et la justesse scientifique du marxisme et du marxisme-léninisme; elles mettent plus que jamais en évidence le socialisme comme une nécessité historique et comme l’unique voie de salut pour l’humanité. Il incombe donc aux partis communistes de s’emparer de cette science pour conduire le prolétariat et les masses populaires dans leur lutte émancipatrice. C’est ainsi que se pose la question.

    GLOIRE ÉTERNELLE A K. MARX GRAND DIRIGEANT ET ÉDUCATEUR DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL !

     

    • C’est dans cette voie que notre Parti, -PCT- s’est engagé avec enthousiasme, et chaque jour nous apporte la preuve de l’universalité et de l’actualité de Marx et du marxisme-léninisme. Ainsi, lorsqu’à la suite du mouvement insurrectionnel populaire qui embrasa notre pays en 1990-1991, la bourgeoisie libérale togolaise s’engagea dans le voie de la conciliation et des négociations avec le pouvoir autocratique en proclamant que la solution pour la démocratie passait par la tenue d’une «conférence nationale souveraine» suivie de la formation d’un «Gouvernement de transition», puis de l’élaboration d’une constitution «démocratique», et tout cela sans toucher à l’autocratie, ce sont les enseignements de Marx et de Lénine, qui ont guidé notre Parti, lui ont permis d’y voir clair dans cette situation, d’éviter le bourbier de la voie conciliatrice et de proposer la seule voie qui répondait aux intérêts de la démocratie et du peuple, celle de l’organisation et de la lutte.

     

    • Quand en décembre 1991, l’autocrate Eyadéma a fomenté son putsch contre le gouvernement de transition issu de cette fameuse «conférence nationale souveraine» et dirigé par Koffigoh, les communistes et les démocrates n’en ont pas été du tout surpris. En effet, ils savaient ce genre de scénario prévisible. Il leur suffisait pour cela de se référer à Lénine dans les «Deux tactiques de la social–démocratie dans la révolution démocratique»: par cet  ouvrage écrit en juin-juillet 1905, Lénine fustigeait la tactique conciliatrice élaborée par les mencheviks dans une conférence fractionniste tenue à Genève. Mais il est notable que Lénine appuyait sa démonstration sur l’expérience et l’exemple de Marx, comme il le précise lui-même: «La conférence a également oublié qu’aussi longtemps que le pouvoir restera entre les mains du tsar, toutes les décisions de tous les représentants quels qu’ils soient, se réduisent à des bavardages aussi creux et pitoyables que les «décisions» du fameux parlement de Francfort lors d la révolution allemande de 1848. Ce qui valut précisément aux libéraux genres Osvobojdénié de Francfort, les cruels sarcasmes dont Marx, porte-parole du prolétariat, les cinglait dans sa Nouvelle Gazette Rhénane, c’est qu’ils prononçaient de belles paroles, adoptaient toutes sortes de «décisions» démocratiques, «instituaient» des libertés de tout genre, mais en fait laissaient le pouvoir dans les mains du roi et n’organisaient pas la lutte armée contre la force militaire dont celui-ci disposait. Et pendant que les précurseurs locaux de l’Osvobojdenié discouraient, le roi guettait le moment propice, augmentait ses forces militaire; si bien que la contre-révolution, s’appuyant sur une force réelle, battit à plate couture les démocrates avec toutes leurs «décisions». On peut vérifier ici la force que représentent dans la réalité les enseignements de Lénine et de Marx, cette idéologie prétendument étrangère. On comprend mieux la nécessité de l’étudier. 

    C’est donc à juste titre que la pensée et l’action de Marx continuent de rayonner de par le monde, et d’inspirer des millions de communistes, de prolétaires et de travailleurs. Nous sommes certains qu’il en sera toujours ainsi, et ce jusqu’à ce que le communisme, ce spectre qui continue de hanter la bourgeoisie, devienne réalité, pour le plus grand bien de l’humanité.

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

     

    C’est à cela que visent les efforts conjugués des communistes et du prolétariat international et des masses travailleuses du monde. Les communistes du Togo se tiendront résolument à leur poste dans ce noble combat.

     

    GLOIRE ÉTERNELLE A K.MARX GRAND DIRIGEANT ET ÉDUCATEUR DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL !

     

    GLOIRE ÉTERNELLE A F. ENGELS SON COMPAGNON ET FIDÈLE AMI !

     

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

     

     

    Lomé, le 8 mars 2018

    Le Parti Communiste du Togo

  • La révolution d’octobre – texte du Parti Communiste du Togo-ICOR

    La révolution d’octobre – texte du Parti Communiste du Togo-ICOR

    La révolution d’octobre: victoire et vérité scientifique du marxisme-léninisme

    PCT (parti communiste du togo), Lomé, le 7 novembre 2017

    C’est avec un grand enthousiasme et une grande confiance que nous nous joignons à tous les communistes du monde et à l’ensemble du prolétariat révolutionnaire international, pour célébrer le centième anniversaire de la grande Révolution socialiste d’octobre 1917. Nous sommes convaincus que la grande Révolution d’octobre 1917, qui reste un événement majeur du XX siècle malgré tous les efforts entrepris par la réaction mondiale pour la déformer et pour l’enterrer, continuera d’être une source d’inspiration irremplaçable pour les millions de communistes de révolutionnaires et de prolétaires qui partout dans le monde, luttent pour un monde meilleur.

    Il y a cent ans, en effet, le 25 octobre 1917 (le 7 novembre selon le calendrier actuel), la classe ouvrière de Russie, sous la direction du Parti communiste (b), déclencha l’insurrection armée qui mit à terre le gouvernement bourgeois et réactionnaire de Kerenski et installa à sa place le gouvernement des soviets. Les premières années furent pour la Révolution des années de confrontations militaires acharnées avec les forces contre révolutionnaires des armées blanches épaulées par l’intervention des armées et de la marine des puissances impérialistes (Allemagne, France, Grande-Bretagne Etats-Unis, Japon..), qui entendaient ainsi l’étouffer dans l’œuf. Mais elle a fini par vaincre ses ennemies grâces son Armée rouge, l’armée de la dictature du prolétariat, la matérialisation concrète de l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des masses exploitées. Ainsi s’instaurait pour la première fois dans l’histoire à travers le gouvernement des soviets, un état de type nouveau celui de la dictature du prolétariat, fondée sur l’alliance de la classe ouvrières, de la paysannerie pauvre et des masses laborieuses. Cette victoire ouvrait la voie à l’instauration du socialisme, prélude à la société sans classes, la société communiste.

    Marx et Engels en élaborant la théorie du communisme scientifique, avaient débarrassé le socialisme des rêveries et errements des socialistes utopistes: en analysant l’évolution des sociétés sur la base du matérialisme historique, ils avaient montré scientifiquement l’inéluctabilité de la révolution socialiste et du communisme; ils avaient su faire la démonstration qu’il revenait à la classe ouvrière, produit du capitalisme et «qui n’a à perdre que ses chaînes et un monde à gagner», la mission historique de détruire par la révolution violente le régime capitaliste, de construire la société socialiste pour aboutir à la société sans classes, la société communiste. Mais cette démonstration scientifique n’était encore que de la théorie.

    En 1871, avec la Commune de Paris, la classe ouvrière parisienne avait bien tenté d’établir son propre pouvoir; mais cette tentative avait duré à peine plus de deux mois, la Commune de Paris ayant été écrasée dans le sang par la bourgeoisie réactionnaire.

    Les mérites de Lénine et du léninisme

    Avec la Révolution d’Octobre, l’idéal rêvé par la classe ouvrière, et brièvement entrevu pendant la Commune de Paris, se voyait réalisé de manière concrète. Le système socialiste comme nouveau système social devenait une possibilité tangible. Incontestablement, la Révolution d’octobre 1917 confirmait la justesse des analyses et des enseignements du marxisme. Elle apportait de manière éclatante la preuve vivante de la capacité de la classe ouvrière, la classe révolutionnaire jusqu’au bout, la classe d’avenir, à renverser l’ordre capitaliste, à édifier son propre Etat, l’Etat de la dictature du prolétariat et des masses exploitée, à défendre son pouvoir, à instaurer une société nouvelle, la société socialise, première étape de la société sans classes, la société communiste.

    La Révolution d’Octobre a aussi démontré de façon concrète que cette victoire n’est possible que si la classe ouvrière est dirigée par un parti de type nouveau, par son parti d’avant-garde à l’instar du parti bolchevik, un parti qui réponde aux exigences de l’époque nouvelle.

    Cette époque nouvelle c’est celle de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne, dont Lénine a su mettre en lumière les principales caractéristiques: c’est l’époque où capitalisme ayant atteint son stade suprême, est devenu un système agonisant, c’est-à-dire l’époque où les contradictions du système capitaliste telles que Marx et Engels les ont entrevues à leur époque, se sont exacerbées, rendant nécessaire et inéluctable la révolution prolétarienne mondiale et l’émergence d’un nouveau système, le système socialiste; l’époque où le capitalisme s’est érigé en un système de domination mondiale, et où la lutte de libération des peuples asservis, coloniaux et dépendants, rejoint par conséquent la lutte du prolétariat pour le socialisme dans le combat commun contre la domination mondiale du capital; l’époque où la révolution peut éclater à n’importe quel maillon faible de la chaîne de domination mondiale du capital, où la construction du socialisme peut commencer seulement dans un pays ou dans un groupe de pays. Bref, l’époque des affrontements ouverts de classes, l’époque où la révolution prolétarienne est devenue une activité pratique face à une bourgeoisie devenue réactionnaire sur toute la ligne, et où la violence révolutionnaire est à l’ordre du jour.

    Le mérite de Lénine et du léninisme c’est d’avoir saisi et analysé les caractéristiques fondamentales de cette l’époque de l’impérialisme, et démontré la nécessité de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat; c’est d’avoir en conséquence forgé le parti capable de diriger la classe ouvrière et le processus révolutionnaire dans ces conditions: un parti solidement armé sur les plans idéologique, théorique, politique, organisationnel, et pourvu des capacités stratégiques et tactiques requises pour garder le cap dans toutes les situations, dans tous les tournants dans les avancées et dans les reculs, dans l’offensive comme dans la défensive, capable de marier le travail légal et le travail illégal.

    C’est d’avoir accompli cette tâche à travers de rudes batailles idéologiques, théoriques, politiques organisationnelles, menées et gagnées contre les divers courants opportunistes et liquidateurs qui constituaient autant d’entraves à la lutte; le marxisme légal, les populistes, les économistes, les mencheviks, les otzovistes, les kauskystes et autres trotskystes. La Révolution d’octobre, c’est la démonstration concrète de la vérité scientifique du marxisme-léninisme en tant que science de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat, fondée sur l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et des masses exploitées. Cette vérité s’est vérifiée par la victoire de l’Armée rouge, bras armé de la dictature du prolétariat, matérialisation concrète de cette alliance, sur les forces impérialistes (allemandes, américaines, françaises japonaises…) et contre révolutionnaires qui s’étaient coalisées pour abattre et liquider le nouveau pouvoir.

    La Révolution d’octobre c’est aussi la victoire du marxisme-léninisme en tant que théorie et pratique de l’internationalisme prolétarien réel et conséquent: en 1912, devant les menaces de guerre impérialiste, les partis sociaux démocrates, membres de la IIème Internationale réunis à Bâle (Suisse), avaient pris l’engagement de refuser de voter les crédits militaires et de s’opposer à la guerre par tous les moyens y compris par la grève générale. Bref, ils s’étaient promis de «faire la guerre à la guerre». Mais en 1914, à la déclaration de la guerre, la plupart de ces partis (qui se réclamaient encore du marxisme !), gangrénés par l’opportunisme, trahissant leur engagement s’étaient ralliés à leur bourgeoisie au nom de «l’union sacré» en votant les crédits militaires. Mais le parti bolchevik quant à lui est resté fidèle à son engagement internationaliste; il a fidèlement appliqué le mot d’ordre de transformer la guerre impérialiste en révolution et s’y est fermement tenu malgré l’ambiance belliciste entretenue par l’autocratie et par la bourgeoisie réactionnaire.

    La victoire de la Révolution montre bien que le mot d’ordre bolchevik sur la paix, la terre et le pain n’était pas seulement juste parce que conforme à cet engagement internationaliste, mais aussi parce qu’il répondait effectivement aux intérêts et aux aspirations des masses laborieuses notamment paysannes, qu’il a contribué à cimenter l’alliance de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre, et des masses exploitées, et a fait de cette alliance un socle capable de résister aux offensives de la contre-révolution et de la réaction. Elle confirmait ainsi les liens indissolubles entre la révolution bolchevique et la révolution prolétarienne mondiale.

    D’ailleurs, Lénine n’a jamais cessé de placer la Révolution d’octobre dans la perspective de la révolution prolétarienne mondiale. C’est bien pour cela et pour marquer la rupture définitive avec l’opportunisme et avec la IIème Internationale que fut mise en place dès 1919 à Moscou la III Internationale dont l’accès était soumis à l’acceptation de 21 conditions, confirmant la rupture avec l’opportunisme et l’adhésion à la ligne de la révolution prolétarienne mondiale; c’est aussi dans la perspective d’un soutien effectif aux mouvements de libération des peuples coloniaux et dépendants, que s’est tenu à Bakou en septembre 1920, le premier congrès des peuples d’Orient.

    Il est vrai que le feu de la révolution n’a pas réussi à embraser l’Europe comme l’espérait Lénine et les bolcheviks. Les mouvements révolutionnaires insurrectionnels suscités en écho à la Révolution d’Octobre (notamment en Allemagne, en Hongrie, en Italie) n’ont pas, en effet, réussi à tenir face à la répression féroce menée par la réaction; mais la victoire de la révolution n’a pas manqué d’ouvrir des brèches au sein de la social-démocratie opportuniste, entraînant parfois des scissions l’émergence de partis se réclamant désormais de la ligne de la IIIème Internationale. C’est le cas de la France avec le Congrès de Tours et la naissance du Parti communiste «Section française de l’Internationale communiste».

    Dans les colonies et pays dépendants soumis au joug de l’impérialisme, la Révolution a soulevé un immense espoir et a contribué à l’essor des mouvements d’émancipation notamment en Chine, en Indochine, en Afrique du Nord -Horizon rouge- vers lequel se tournaient le regard des prolétaires et es masses opprimées du monde.

    Comme le dit Staline: «en ébranlant l’impérialisme, la Révolution d’Octobre a créé en même temps, la première dictature prolétarienne une base puissante et ouverte du mouvement révolutionnaire mondial, base qu’il n’avait jamais eue auparavant et sur laquelle il peut maintenant s’appuyer. Elle a créé un centre puissant et ouvert du mouvement révolutionnaire mondial centre qu’il n’avait jamais eu auparavant et autour duquel il peut maintenant se grouper en organisant le front révolutionnaire unique des prolétaires et des peuples opprimés de tous les pays contre l’impérialisme».

    «La Révolution d’octobre a ainsi fait de la Russie, de l’Union Soviétique le bastion de la lutte pour la libération nationale et pour le socialisme, et non seulement par le soutien internationaliste qu’elle apportait aux luttes du prolétariat international et des peuples du monde, mais aussi par l’exemple qu’elle représentait à travers ses succès foudroyants tant dans l’édification d’une puissante économie que dans la promotion du progrès social»

    Ainsi selon les spécialistes capitalistes eux-mêmes la production industrielle s’élevait en 1939 à 10 fois celle de 1914, à 5 fois celle de 1928 et ce, rappelons-le, après quatre années de destructions immenses entraînées par la guerre civile et les interventions étrangères, et malgré l’encerclement impérialiste, sans avoir à exploiter à piller d’autres peuples et sans exploiter la classe ouvrière, puisque dans le même temps on enregistrait des avancées sociales aussi incontestables, notamment dans l’éducation et la santé entièrement gratuites, dans la promotion de l’égalité femme-homme…Justement parce que la classe ouvrière à travers les diverses organisations de la dictature du prolétariat tenait entre ses propres mains la gestion de l’économie et de la société. Incontestablement, l’Union soviétique par son existence même et par ses victoires dans l’édification de la société socialiste apportait la preuve de la supériorité du socialisme.

    Plus que jamais la Révolution d’Octobre était devenue la source d’inspiration pour le prolétariat international et pour les peuples opprimés du monde. Le rôle majeur et décisif de l’Union soviétique dans l’écrasement de la barbarie fasciste avait encore accru la sympathie à son égard: des pays d’Europe de l’Est libérés de l’occupation nazie, s’étaient engagé dans la voie socialiste; les peuples des pays coloniaux et dépendants donnaient un nouvel élan à leurs luttes émancipatrices, notamment en Asie (Chine Indochine) en Afrique du Nord (manifestation de Sétif en Algérie, et en Afrique subsaharienne). Un pan important de la planète constituait désormais le camp socialiste et échappait ainsi à la domination impérialiste.

    Du révisionnisme à l’effondrement du camp socialiste.

    Mais aujourd’hui cent après la Révolution d’Octobre, le mouvement révolutionnaire connaît un recul certain. En effet le camp socialiste s’est effondré, le capitalisme a été restauré en Russie consacré par la contre révolution comme dans les démocraties populaires d’Europe; la Chine, ouvertement impérialiste participe effrontément au pillage des peuples.

    La raison principale de cette situation, c’est le développement du révisionnisme qui a fini par s’emparer du parti et de l’Etat après la mort de Staline; ce cours nouveau, révisionniste officiellement inauguré par le 20ème Congrès du PCUS, s’est traduit par l’abandon, sous prétexte de retour à Lénine, des principes cardinaux du marxisme-léninisme, et de tous les enseignements de la Révolution d’Octobre. Ainsi au principe de la dictature du prolétariat, on a substitué la notion de l’Etat du peuple tout entier et du passage au socialisme sans révolution prolétarienne; au principe du parti de la classe ouvrière on a substitué la notion du parti du peuple tout entier; le principe de la contradiction fondamentale antagonique, et donc de la lutte implacable entre socialisme et capitalisme a été remplacé par la notion de compétition pacifique, de coexistence pacifique et du passage pacifique au socialisme.

    Dans les pays coloniaux, néocoloniaux et dépendants, le principe de la révolution démocratique sous la direction de la classe ouvrière, comme étape vers le socialisme, a fait place à la notion d’Etat de démocratie nationale qui, au nom d’un prétendu «développement non capitaliste», invite la classe ouvrière à se mettre à la remorque de la bourgeoisie. Ajoutons la théorie non moins funeste venant de Chine, selon laquelle les peuples des «deuxième et troisième mondes» doivent s’unir à leur bourgeoisie contre «le premier monde».

    Ainsi la restauration du capitalisme dans les pays socialistes n’a pas seulement privé le prolétariat international d’un bastion et d’un point d’appui; elle s’est accompagnée de développements, de théories et de doctrines qui n’ont abouti qu’à semer la confusion, à désarmer le prolétariat international et les peuples opprimés du monde face à la bourgeoisie.

    Des développements, des théories qui ont entraîné des partis se réclamant du communisme dans des politiques de collaboration de classe, laissant de ce fait sans défense le prolétariat et les peuples qui vont subir d’horribles massacres, notamment en Indonésie, au Soudan, au Chili. Dans le même sens dans de nombreux pays coloniaux, néocoloniaux, ou dépendants comme le nôtre, ces théories ont même abouti à nier la nécessité de la direction de la révolution démocratique par le prolétariat, et à laisser le prolétariat et les masses populaires déboussolés, sans la direction du Parti communiste dont la création se trouvait indéfiniment reportée, celle-ci n’étant plus considérée comme une tâche urgente. Ceux qui alors osaient encore se réclamer du marxisme, pouvaient ainsi justifier leur intégration dans des gouvernements bourgeois et leur participation aux régimes néocoloniaux et dépendants.

    C’est le cas de notre pays où dans les années 1960, quand les éléments se réclamant du marxisme-léninisme en fait des révisionnistes khrouchtchéviens, se sont fondu dans le parti nationaliste petit bourgeois la JUVENTO, avant de se rallier du moins pour certain d’entre eux au parti national-réformiste le PUT; d’autre sous l’influence du révisionnisme chinois se sont contentés de gérer le mouvement étudiant. C’est donc ce recul momentané subi par le socialisme qui, en leur laissant le champ libre, a permis à la bourgeoisie impérialistes, plus arrogante que jamais, aux opportunistes et aux révisionnistes de tout poil, de mener une propagande effrénée pour présenter à coups de contre vérités, le socialisme comme une monstrueuse barbarie, ou au mieux comme un rêve impossible, et pour tenter de faire passer la Révolution d’Octobre, pour un simple accident de l’histoire, comme une simple parenthèse dans un monde voué éternellement au règne du capitalisme.

    Mais nous sommes convaincus qu’il ne peut pas en être ainsi.

    Car nous savons que la réalité matérielle est un perpétuel changement, que tout ce qui existe se développe et meurt, qu’il s’agisse de la nature ou de la société, indépendamment de la volonté des hommes qui peuvent tout au plus accélérer ou ralentir un processus, mais qui ne peuvent pas empêcher son déroulement. C’est ce que nous enseigne le matérialisme dialectique. Ainsi, la bourgeoisie et le capitalisme, n’ont pas existé de tout temps. Ils sont apparus et se sont développés au sein de la société féodale, qu’ils ont fini par détruire et remplacer renverser. Ils sont donc appelés à disparaître eux aussi; qu’ils soient donc appelés à disparaître, c’est pour nous une certitude.

    En France par exemple il s’est écoulé plusieurs siècles entre l’apparition de la bourgeoisie et la révolution bourgeoise, et plusieurs décennies entre la révolution bourgeoise et la victoire définitive de la bourgeoisie. Les voies de la révolution ne sont pas forcément linéaires.

    Qu’on l’appelle mondialisation, globalisation ou autre , l’époque actuelle reste toujours celle de la concentration du capital, des monopoles du capitalisme financier, de la domination du monde par un petit nombre de puissance, bref c’est toujours l’époque de l’impérialisme et les contradictions de l’impérialisme, telles que Lénine les a perçues et analysées, sont non seulement toujours présentes mais ne font que s’exacerber et que le socialisme apparaît plus que jamais comme la solution nécessaire et inévitable.

    En effet, jamais la production n’a été autant socialisée, et jamais le capital n’a été détenu en si peu de mains. La crise du capitalisme est devenue une réalité permanente.

    Dans les pays impérialistes, la classe ouvrière et les masses laborieuses connaissent une misère grandissante par suite du chômage endémique et de la remise en question des droits sociaux acquis dans la lutte. Face à leur légitime mécontentement, la bourgeoisie recours à la militarisation accrue de la société à la remise en cause des libertés, à des mesures de fascisation sous la poussée de groupes fascistes de plus en plus légitimés qui ne cessent de s’affirmer sur la scène politique. Plus que jamais l’affirmation de Lénine selon laquelle l’impérialisme c’est la réaction sur toute la ligne reste d’actualité.

    Dans les pays néocoloniaux et dépendants comme le nôtre l’emprise du capital monopoliste a abouti à une dépendance accrue de l’Etat néocolonial, et même à une forme de recolonisation. Ce qui a pour conséquence plus de misère pour le peuple et notamment pour la jeunesse qui parfois ne voit d’autre issue que dans le recours à l’émigration; mais aussi plus de sentiment de révolte qui peut parfois aboutir au terrorisme mais aussi renforcer la volonté d’indépendance.

    Les rivalités inter-impérialistes se sont aggravées notamment avec l’affirmation de nouveaux pays impérialistes. Elles ont multiplié les conflits, aggravé la course aux armements et mis le monde en état de guerre quasi permanent.

    Seul le socialisme peut instaurer la paix entre les peuples

    Ajoutons à tout cela les désastres écologiques conséquence de l’exploitation capitaliste des ressources de la terre.

    Seul le socialisme peut sauver l’humanité.

    L’exacerbation de ces contradictions rend la révolution socialiste inéluctable. La chaîne de domination de l’impérialisme finira par se rompre quelque part. D’ailleurs les événements qui se sont déroulés ces derniers temps dans divers pays montrent bien que les peuples ne sont pas disposés à supporter la situation qui leur est faite, que ce soit notamment en Tunisie, en Egypte et au Burkina Faso.

    La grande leçon que nous pouvons retenir de tous ces événements c’est la nécessité de la révolution prolétarienne, et c’est aussi la confirmation de la nécessité du Parti Communiste qui seul peut conduire la classe ouvrière pour rendre cette révolution possible. C’est ce parti qui en s’inspirant de l’exemple du Parti Bolchevik, et de la Révolution d’octobre, et avec toute l’expérience acquise depuis lors peut conduire à la victoire. Il nous appartient donc de renforcer nos partis, en nous inspirant de l’exemple du parti Bolchevik et de la Révolution d’octobre mais aussi des expériences accumulées depuis lors d’échanger nos expériences en nous apportant un soutien mutuel internationaliste.

    GLOIRE A LA GRANDE RÉVOLUTION D’OCTOBRE 1917

    GLOIRE AU PARTI BOLCHEVIQUE DE LÉNINE ET DE STALINE

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

    Le Parti Communiste du Togo

    Site internet : www.pctogo.org

    Contact : contact@pctogo.org

  • Taxes : la véritable histoire – conférence / débat

    Taxes : la véritable histoire – conférence / débat

    « L’impôt est le sang du travailleur ».

    Impôts, taxes, cotisations, CSG, TVA… derrière ces termes se cache souvent une réalité complexe et une histoire méconnue.

    Une histoire qui n’est pas au programme de l’Education Nationale, et qui pourtant est cruciale, en particulier aujourd’hui.

    Une histoire qui porte une continuité : faire payer aux pauvres le coût de leur oppression et laisser les riches s’engraisser.

    Une histoire qui revient chaque élection, avec ses paradoxes. Quand la droite dit qu’elle veut baisser les impôts, elle parle de baisser, en réalité, les salaires. Par contre, le plus inégalitaire de tous, la TVA, n’est jamais attaqué.
    Quand la gauche en parle, c’est pour marquer son renoncement à mettre fin à cette situation criminelle : l’exploitation de l’homme par l’homme.

    L’Unité Communiste de Lyon propose de découvrir, ensemble, une autre histoire. Celle du fisc et de son lien avec la lutte contre l’exploitation, celle de batailles sociales oubliées, celles de demi-victoires et de défaites entières.

    Celle de l’avenir, aussi, avec Macron qui veut détruire, pour ses maîtres, les conquêtes sociales payées du sang des travailleurs et des travailleuses.

    Une histoire dévoilée aujourd’hui.

    CONFÉRENCE DÉBAT À L’ESPACE CULTUREL MÉSOPOTAMIE LE 13 DÉCEMBRE À 18H
    (rue Mazagran, Lyon 69007 (arrêts Saxe Gambetta, Guillotière, St André)

  • La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    1914-1918 : le centenaire.

    Partie 2 : La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    Chaque bourgeoisie s’est investie dans cette guerre atroce. L’historien Jacques R. Pauwels a ainsi travaillé sur la question des raisons des entrées en guerre des différents Etats. Dans 1914-1918 : la grande guerre des classes, il fait un retour sur la boucherie impérialiste.

    A l’exception de la Serbie, qui ne pouvait que rejeter l’ultimatum Austro-hongrois -conçu d’ailleurs pour être inacceptable, et hormis la République de Chine qui croyait naïvement pouvoir chasser certains occupants en entrant dans le conflit, tous les camps se valent. Chacun recherche l’affrontement, ou cherche à pousser l’autre à l’affrontement, pour des raisons on ne peut plus crapuleuses. Cela demande de revenir un brin en arrière, tant dans l’histoire de la diplomatie que dans l’histoire de l’économie.

    Car ce qui caractérise cette guerre, c’est sa veulerie et sa crapulerie.

    Durant le XIXe siècle, les jeux de la diplomatie européennes poussent à essayer de créer un équilibre entre les différentes puissances. Chaque nation garde en mémoire le souvenir de l’aventure napoléonienne et des ravages qu’elle a pu causer, et la ligne directrice de chaque empire, royaume ou république, est de tenter de limiter les risques d’apparition d’un hégémonie nouvelle. La Sainte-Alliance, fondée en 1815, avait pour but de veiller à cela, en faisant appel à des valeurs religieuses surannées, rassemblant la Prusse, l’Autriche et la Russie. Véritable chape de plomb contre le développement des aspirations à la liberté, elle a fait de la première partie du XIXe siècle un contre-coup de l’élan révolutionnaire de la fin du XVIIIe.

    Cette politique s’est peu à peu décantée, donnant naissance progressivement à des puissances globalement équilibrées, mais, de ce fait, intrigant constamment les unes contre les autres. Une Allemagne ciblant l’Autriche, mais se méfiant d’une alliance entre France et Russie, une Autriche tentant de maintenir un souffle de vie dans la Sainte-Alliance, tout en tenant de se liguer avec l’Allemagne pour éviter une descente vers l’Adriatique de la Russie. Un Empire Ottoman grignoté de toute part, mais trouvant dans des amitiés avec l’Allemagne la possibilité de se maintenir, une France essayant de se lier avec la Russie pour emprisonner les puissances centrales… Et une Angleterre soufflant le chaud et le froid, voulant à tout prix maintenir la division.

    Ce jeu d’équilibre aurait pu continuer éternellement si, parallèlement à cela, le capitalisme n’était pas rentré dans une nouvelle phase, celle de l’impérialisme.

    A la fin du XIXe siècle, un bouleversement s’est produit dans le fonctionnement du capitalisme. Les besoins de capitaux toujours plus grands des industries les ont poussées à se rapprocher et à fusionner avec les banques. Les capitaines d’industries se sont alors mués en investisseurs, toujours à l’affût des placements les plus juteux. Or, si le marché national pouvait être intéressant pour les produits de consommation, pour la vente de marchandise, des profits incommensurables se trouvaient par delà les mers et les océans. Pour les engranger, il faut des conquêtes. Pour réaliser ces conquêtes et les tenir, les bourgeoisies s’appuient -et s’appuient toujours- sur les Etats, sur les armées. Les pavillons nationaux sont avant tout les pavillons des cartels, des trusts, des monopoles industriels et bancaires.

    Alors que les conquêtes coloniales, commencées avec la conquête de l’Amérique, servaient à la base à découvrir et conquérir de nouveaux marchés, ainsi que, parfois, à résorber un « trop-plein » de population, elles se sont muées de plus en plus en terrain d’investissement, produisant des superprofits monstrueux. Les colonies et les dominions devenaient une obsession pour les bourgeois qui les tenaient, et ne pas en posséder revenait à courir le risque d’être écrasé.

    Pour les Etats lancés tard dans l’aventure, comme l’Allemagne, ce retard devenait menaçant. Pour l’Autriche Hongrie, enclavée, cela devenait, là aussi, une situation ingérable. Quant à l’empire Ottoman, les conquêtes occidentales se faisaient même sur son dos. En 1885, le partage du monde, signé à Berlin, laissait l’Italie, le Japon, l’Allemagne lésés. Lésés et furieux. D’autant que, à cette date, à l’exception de l’Abyssinie et de la Chine, le monde est partagé. Chaque mouvement se fait désormais en se heurtant à des possessions, des protectorats et des zones d’influences d’autres puissances.

    Logiquement, à la tête d’un immense empire colonial, la France aurait dû pulvériser sans la moindre difficulté l’Allemagne, dont les minuscules possessions ne sauraient être comparées à la magnificence de l’Empire français. Pourtant, elle s’est maintenue. Ce paradoxe illustre une des caractéristiques fondamentales de l’impérialisme : son caractère putréfié.

    En situation de monopole sur un pré carré, la bourgeoisie française ne s’est guère posée de problèmes. Les investissements ont pour but de rapporter le plus possible, ce qui implique, finalement, de ne placer que le minimum dans le développement technologique et industriel, le minimum dans la possibilité d’expansion du niveau de vie des masses populaires, et de faire montre en flèche les fortunes d’une poignée de parasites. La « tonte de coupons » est ce qui est le plus prisé en termes de rendement. Mais pendant ce temps, l’industrialisation, le développement de biens de consommation, piétinent. Les colonisés meurent sous les coups de l’administration coloniale, massacrés, surexploités… mais les populations de métropoles ne voient guère la couleur de ces richesses non plus. Quelques miettes, tout au plus. La France de cette époque est un pays miséreux et arriéré, hormis dans les citadelles de l’impérialisme.

    De son côté, la bourgeoisie Allemande avance à marche forcée pour compenser son retard. Pour contrer la France, elle mise tout sur l’industrialisation, sur l’artillerie lourde, sur les voies ferrées. Déjà en 1870, face à la Prusse, cette mobilité supérieure à fait ses preuves. Contre l’Angleterre, elle développe activement une marine de guerre ultra-moderne, équipée de machineries à mazout, alors que les dreadnoughts anglais dépendent du charbon -moins calorifère, plus pénible à transporter, demandant un équipage pléthorique. La weltpolitik du Kaiser permet de s’approvisionner auprès des puits de pétrole de l’empire Ottoman. L’Allemagne prépare une entrée fracassante sur la scène internationale. Elle peut même narguer à plusieurs reprises la France au Maroc, en déployant ses navires de guerre flambants neufs dans les eaux du protectorat. La bourgeoisie Allemande a repoussé dans le temps ses projets d’oisiveté et d’aisance pour se préparer à arracher sa place au soleil. Voilà ce qui explique que l’Allemagne puisse développer son industrie et mener un paternalisme social de front, tandis que la France agricole demeure dans un sous-développement industriel et social.

    Au fur et à mesure que le XIXe siècle cède sa place au XXe, les impérialismes se regardent avec une agressivité toujours plus grande. Chacun cherche à jouer ses cartes.

    Il n’existe, dans ce conflit, aucun Etat dont les bourgeoisies n’aient pas eu des motifs criminels. Il est impossible de dégager un « camp du bien » et un « camp du mal » qui puisse s’illustrer, l’un vis-à-vis de l’autre, par des qualités morales supérieures, par une volonté d’agir pour la liberté, pour la protection des peuples, pour mettre fin à l’escalade furieuse et criminelle orchestrée par les impérialistes et par les marchands de canons.

    Les Alliés ont déclaré qu’ils représentaient le camp du droit quand les puissances centrales étaient celui de la force. C’est une vérité incontestable. Les Alliés se sont appuyé sur des traités forgés lorsqu’ils étaient en position de suprématie. Leur droit était celui des puissances impérialistes anciennes, dominantes, mais en perte de vitesse, qui avaient étouffé sous les traités inégaux le développement des concurrents internationaux, dont l’Empire Allemand. La force était celle de ceux qui voulaient s’imposer, gagner leur « place au soleil », pour reprendre la formulation de Bismarck. Ce droit prenait les borugeoisies de ces pays à la gorge, leur mettait le revolver sur la tempe. Ou prendre une place plus importante, ou être broyées.

    Dire, comme l’a fait Mélenchon, qui, décidément, ne peut s’empêcher de s’exprimer à tort et à travers, que la guerre est la faute du Kaiser, revient à mentir. Tout a été fait pour que la guerre ait eu lieu. Seulement, les Alliés ont manœuvré pour bénéficier de l’avantage moral de jouer le rôle de défenseurs, non d’agresseurs. Mais chaque belligérant a présenté sa cause comme étant juste, seulement, l’histoire n’a retenu que le slogan du vainqueur.

    La France des Lumières, elle aussi, avait ses revendications. Blessée par la défaite de 1870, la bourgeoisie française n’avait pas toléré la perte de l’Alsace-Lorraine. Non que les Alsaciens, locuteurs de l’Allemand, ne lui manquent particulièrement, mais, en revanche, ses ressources en sous-sol et son patrimoine industriel, oui.

    Les gouvernements français successifs vont pousser par ailleurs cet esprit revanchard jusqu’à l’obsession. Ainsi, dans le manuel d’apprentissage de la lecture Le tour de la France par deux enfants, glorifiant la grandeur de la mère-patrie, les protagonistes sont des orphelins qui quittent l’Alsace. Le système scolaire français tire d’ailleurs ses racines de cette volonté de revanche : l’éducation Allemande, vue comme meilleure, est une des raisons qui poussent à la création de l’Education Nationale. Elle est vue comme particulièrement utilitariste : augmenter les compétences techniques de la Nation et l’unifier sous le patriotisme en prévision de la guerre. L’enseignement de l’Histoire est d’ailleurs fait uniquement sous cet angle là : instiller l’idée que la France est une grande nation, belle et humaniste, et que les Alsaciens croupissent dans l’obscurantisme en attendant la libération. Il s’agit également de l’argument qui sous-tend la colonisation. Il s’agit d’une mission civilisatrice au premier plan.

    L’aspect colonial joue de manière très importante dans la rivalité franco-allemande, mais également dans l’alignement diplomatique de l’Angleterre. Les Allemands sont devenus des rivaux. Bien que rivale de la bourgeoisie impérialiste française durant les conquêtes coloniales, bien qu’ayant mené un « grand jeu » contre l’expansion de celle de la Russie dans l’Asie Centrale, la bourgeoisie anglaise redoute le développement de l’Allemagne. Surtout, elle est particulièrement soucieuse de protéger la Belgique, qu’elle considère comme un dangereux balcon vers ses côtes. Pour s’assurer la division de l’Europe et sa sécurité, elle est prête à mobiliser ses troupes.

    La Russie tsariste veut sortir de son enclavement. Elle a chèrement payé sa vulnérabilité lors de la Guerre Russo-japonaise en 1904-1905, où ses navires de guerre, épuisés après 9 mois de mer du fait de la fermeture de Suez par les Anglais, ont été pulvérisés par les Japonais. Elle cherche à s’affranchir des Dardanelles, pour ne pas être coincée par l’Empire Ottoman. Elle s’appuie sur le panslavisme pour affirmer son rôle de grand-frère sur les autres peuples slaves et les unifier sous sa tutelle. L’empire, prison des peuples, est un Etat arriéré et putréfié, qui fonctionne à la mobilisation réactionnaire, autour de l’antisémitisme notamment. La révolution de 1905 a poussé le Tsar à lâcher du lest, mais, aux yeux des grands seigneurs, ce ne sont que des concessions temporaires, qui seront reprises par la suite.

    L’Autriche et l’Empire Ottoman, dans ce conflit, sont plus des proies qu’autre chose. Ces empires d’un style suranné tombent en déliquescence. Tout comme l’Empire Russe, ils se maintiennent par les coups de forces et la répression. Mais au sein d’eux bouillonne un tumulte d’agitation nationale. La Russie et l’Angleterre lorgnent sur les Balkans, cette dernière et la France louchent aussi avec envie sur le Levant et le Moyen-Orient, d’autant que cela permettrait de couper l’Allemagne de ses positions dans la région.

    Chacun court vers la guerre. Même ceux qui sont neutres savent que ce n’est que leur engagement qui leur permettra de siéger à la table des gagnants et te toucher leur pactole à la fin de la guerre. Des USA au Portugal, le monde retient son souffle en attendant de voir le conflit qui va se dérouler.

  • FISC et lutte des classes – Partie 1 : l’ascension de la bourgeoisie.

    FISC et lutte des classes – Partie 1 : l’ascension de la bourgeoisie.

    FISC et lutte des classes.

    « L’Etat opprime et la loi triche, l’impôt écrase le malheureux »

    La question fiscale est une question qui reste, bien malheureusement, sous traitée. Elle est pourtant fascinante à plus d’un titre, par rapport à ce qu’elle révèle quant à la lutte des classes, quant au rôle de la bourgeoisie et quant à la manière dont celle-ci fait assumer la grande majorité des dépenses de l’Etat par les exploités.

    La bourgeoisie et l’Etat sont intimement liés, et ce dernier, sous sa forme bourgeoise, est l’outil principal du maintien du prolétariat dans la domination. Mais tout travail demande salaire, et payer celui de la machine d’oppression déplaît aux bourgeois. Ils le font donc directement assumer par les travailleurs et travailleuses, qui, non seulement, nourrissent les parasites qui les exploitent, mais bien plus encore, financent l’Etat bourgeois qui les oppriment.

    L’évolution des questions relatives à l’imposition, sous la direction du bandit Macron, ne peut se faire dans un sens positif. Même floue, même environnée de fumées de camouflage, du brouillard de guerre, la direction qu’elle prendra peut d’ores et déjà être estimée : contre les travailleurs et les travailleuses, en faveur totale et intégrale de la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon a tenu une formation sur la question le 18 octobre 2017, dans le but de fournir une explication sur la question, de permettre de comprendre le lien qui unit fiscalité et lutte des classes, et comment elle s’intègre dans la lutte à venir.

    Deux axes sont abordés dans cette brochure basée sur la formation que nous avons tenu.

    Un premier axe qui fait un retour essentiel sur l’Histoire de la fiscalité et son lien avec la lutte des classes, un second sur ce que prépare l’Etat-major de la bourgeoisie.

    Une brève histoire des finances

    Cette partie a pour vocation d’être une mise en perspective historique, et d’illustrer une évolution générale qui amène, au final, au bout de la piste : la Loi Travail et les offensives concomitantes. Cette approche est une approche occultée dans les manuels d’Histoire du secondaire, qui mentionne une série d’événements et de luttes laissées de côté par la bourgeoisie, qui préfère de loin taire ses méfaits.

    Les conquêtes sociales ont été, et cela est bien souvent passé sous silence, abondamment arrosées de sang. La naissance des Prud’hommes, en 1848, est ainsi payée par de nombreux morts, dans des luttes tues par les historiens bourgeois. Le Code du Travail, lui aussi est issu de la grève générale de 1906, dans laquelle l’Etat use de l’armée, du choc et du feu pour réprimer les grévistes. Il ne s’agit pas d’une lutte pacifique, de largesses accordées par une bourgeoisie progressiste et philanthrope. Ce sont des luttes violentes, brutales, qui se paient en cadavres.

    Ces droits qui sont retirés avec une facilité déconcertante aujourd’hui ont couté la livre de chair aux exploités, pour parvenir à les obtenir. Il est important de garder cela à l’esprit quand on s’intéresse à la Loi Travail et à l’offensive choc de Macron et du MEDEF contre les droits des travailleurs et des travailleuses.

    L’impôt et la sécurité sociale que veulent la bourgeoisie et la prolétariat n’est pas le même.

    Fondamentalement, la question de l’impôt forme le cœur de la révolution bourgeoise. Cette question est, ainsi, l’un des points cruciaux de la Révolution Française et des révolutions bourgeoises en général.

    Avant la Révolution, l’impôt type ancien régime est payé par le tiers-état, dont fait partie la bourgeoisie, aux seigneurs et aux ecclésiastes. Il est présenté comme une contribution permettant aux nobles de pouvoir se consacrer à leur rôle social : la protection du tiers-état , mais également permettant à l’Eglise de se consacrer au salut des âmes. Il s’agit d’un système extrêmement inégal, faisant assumer l’intégralité des dépenses au bas peuple, mais également particulièrement contraignant pour la bourgeoisie, car le territoire est fragmenté et criblé de péages. Le commerce et les échanges sont difficiles, sont ponctionnés allégrement par les seigneurs, et brident le développement économique du pays.

    Le programme fiscal de la bourgeoisie est donc de créer un marché unique pour l’ensemble du royaume, sans droits de péage, sans taxes de seigneurs, permettant de lever les entraves sur le développement du commerce. La bourgeoisie exigeait une unification des impôts, hors des ordres. Au travers de cette question, une réflexion politique s’est mise en œuvre. Le conflit autour de la fiscalité va amener la bourgeoisie à hausser son niveau politique et à ne plus seulement se poser la question en terme de revendication économique, mais bien l’amener à se poser la question du pouvoir et de la forme de gouvernement.

    Sous louis XIV, le mode d’organisation dominant demeure toujours la féodalité, certes. Mais, d’une part par le développement économique, de l’autre par les conflits successifs avec les Grands du Royaume, de plus en plus de bourgeois se hissent à des postes importants. Les frondes successives, elles-même reliées à des affaires d’impôts, révèlent que la noblesse s’essouffle dans son rapport au pouvoir, d’autant que l’attrait de la cour la mue en animal de compagnie, éloigné de ses seigneuries. L’évolution des formes de combat, où les canons peuvent désormais avoir raison des châteaux forts féodaux rend caduc l’ancien deal territorial, qui justifiait la présence de ces lieux de pouvoir. En somme, la féodalité se meurt.

    Un nom unit forteresses et impôts : Vauban. Le concepteur des fortifications en étoiles est conscient que ses travaux vont exiger des sommes colossales. La situation financière de l’Etat est catastrophique, minées par les guerres que Louis XIV aime tant, les caisses de l’Etat sont vides. Pour assainir ce gouffre financier -qui, au final, fut l’un des éléments déclencheur de la Révolution Française, il propose une mesure révolutionnaire pour l’époque. Une mesure tellement révolutionnaire qu’elle lui coûte son poste de ministre : Un impôt simple, compréhensible, accessible à tous, payé par tous, représentant 20% des revenus. Ce système doit s’appliquer sur l’intégralité du royaume et permettre une unification du marché intérieur, condition sine qua none du développement économique du royaume.

    Ce système provoque une levée de boucliers de la part de la noblesse et du clergé. Elle arrive trop tôt, mais laisse une marque. L’idée n’est pas tombé dans l’oubli. Elle est reprise dans le programme politique de la bourgeoisie, qui désire un impôt simple et favorable aux affaires.

    Ce programme est réalisé par la Révolution Bourgeoise. Il est d’ailleurs tellement réalisé qu’il résiste à toutes les tentatives de restauration, Empire et Royaume inclus. Ce système d’impôt est la ligne rouge de la bourgeoisie, que les restaurateurs n’osent pas franchir.

    Il est et demeure l’impôt phare de la bourgeoisie de la période libérale, un système d’impôt d’un capitalisme en expansion, opposé à toute intervention de l’Etat. Mais les tendances inhérentes au capitalisme, notamment la baisse tendancielle du taux de profit, la tendance à la constitution de monopoles, la tendance à provoquer des crises le rendent instable. La loi d’entropie ne l’épargne pas, loin de là. Le capitalisme à besoin de l’intervention de l’Etat, quoiqu’il s’en défende.

    Cet impôt, déjà inégal, a donné naissance à un ensemble de rejetons, lesquels ne sont nés que pour servir un seul but : prendre aux pauvres pour financer les aides aux riches.

  • Appel de 314 enseignantes et enseignants francophones à supprimer la règle du « masculin l’emporte sur le féminin. »

    Appel de 314 enseignantes et enseignants francophones à supprimer la règle du « masculin l’emporte sur le féminin. »

    L’Unité Communiste de Lyon déclare soutenir l’appel suivant, signée par 314 membres du corps enseignant francophone. De tous niveaux confondus, de toutes matières, elles et ils ont lancé cet appel à supprimer la règle absurde du « masculin l’emporte sur le féminin. »


    Sans être une révolution sociale, sans remettre fondamentalement en cause le caractère patriarcal et sexiste de la société actuelle, cet appel n’en apporte pas moins une réflexion intéressante et justifiée sur la question de la langue française, dans laquelle, sans raison linguistique, le masculin l’emporte sur le féminin. La pratique de la langue, cependant, revêt certaines implications et contribue à façonner la manière dont les rapports sociaux se font. Nous comptons, depuis un certain temps, produire un document s’attachant à, notamment, relier certains usages de la langue à des pratiques politiques douteuses. Si, souvent, les classes populaires sont accusés de martyriser la langue, alors qu’elles en font un usage vivant et inventif, au final, les vrais bourreaux sont ceux qui cherchent à vider de sens les mots, et à remplacer l’explication par l’insinuation.

    Les réactionnaires sont ainsi des adeptes des mots-valises, lesquels jouent sur tout un jeu d’implicite pour transmettre un contenu politique sans jamais l’expliquer. « Gauchiasse », « journalope », « médiacrate » ou d’autres termes, dont l’extrême-droite n’a pas seulement l’apanage, malheureusement, sont tout autant de termes qui n’expliquent rien, qui ne fournissent aucune étude, aucun contenu scientifique, mais qui servent à entretenir un flou dangereux, lequel profit systématiquement aux factions les plus droitières. L’insinuation est l’ennemi de l’explication, et l’explication est le premier pas vers la compréhension. La compréhension mène à la maîtrise de la vérité, laquelle, en elle-même, est déjà révolutionnaire. 

    En revanche, là où la langue est brutalisée, les hommes et les femmes le seront.

    D’ores et déjà, des réactionnaires de tout poil se sont empressés d’attaquer, sous tous les prétextes possibles, cette déclaration, l’assimilant à une volonté de détruire la langue française, à une volonté de la castrer, de la déviriliser. L’Unité Communiste de Lyon regarde avec mépris ces discours, qui ne révèlent qu’une crispation autour de traditions -pas si anciennes- et une peur de classes pourrissantes face à au changement.

    Nous ne mettrons qu’un seul exemple, mais il est illustratif.


    Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d’enseigner la règle de grammaire résumée par la formule «Le masculin l’emporte sur le féminin».

    Trois raisons fondent notre décision: 

    La première est que cette règle est récente dans l’histoire de la langue française, et qu’elle n’est pas nécessaire. Elle a été mise au point au XVIIe siècle. Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes.

    Bien souvent, on pratiquait l’accord «de proximité», venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche. Par exemple : «afin que ta cause et la mienne soit connue de tous» (Ronsard, épître à la Response aux injures et calomnies…, 1563).

    La nouvelle règle a d’ailleurs dû attendre la généralisation de l’école primaire obligatoire pour être appliquée massivement: «On peut aller sur le lac [d’Évian], en bateaux à vapeur ou petits-bateaux, et visiter les coteaux et montagnes voisines, à pied ou en voiture» (DrLinarix, Guide pratique de la Savoie et Haute-Savoie médicale et pittoresque, 1896).

    La seconde raison est que l’objectif des promoteurs de la nouvelle règle n’était pas linguistique, mais politique: «Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif.» (Dupleix, Liberté de la langue françoise, 1651) ; «Le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle» (Beauzée, Grammaire générale…1767).

    Si l’école de la République a préféré abandonner cette formule au profit de celle qu’on connaît, c’est en reconduisant l’ordre de valeur qui est à son fondement. Un ordre que les classes politiques maintenaient parallèlement, en refusant aux femmes les droits politiques jusqu’en 1944, et en refusant plus longtemps encore de leur ouvrir les grandes écoles ou d’abroger les dernières dispositions du «Code Napoléon».

    La troisième raison est que la répétition de cette formule aux enfants, dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l’émancipation par la connaissance, induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre, de même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes.

    Pourquoi n’accepteraient-elles pas de gagner moins que leurs collègues, ou d’accomplir des corvées dont leurs compagnons se dispensent, ou de supporter leurs coups, s’il est admis au plus haut niveau que «le masculin l’emporte sur le féminin»? La lutte contre les stéréotypes de genre, qui est essentielle au progrès de l’égalité réelle des femmes et des hommes, ne peut être efficacement menée si cette maxime n’est pas mise au ban de l’école.

    D’autres mesures travaillant à l’expression d’une plus grande égalité dans la langue sont nécessaires, mais le plus urgent est de cesser de diffuser cette formule qui résume la nécessaire subordination du féminin au masculin.

    En conséquence:

    • Nous déclarons enseigner désormais la règle de proximité, ou l’accord de majorité, ou l’accord au choix ;

    • – Nous appelons les enseignantes et les enseignants de français, partout dans le monde, à renouer avec ces usages;

    • – Nous les appelons à ne pas sanctionner les énoncés s’éloignant de la règle enseignée jusqu’à présent;

    • – Nous appelons le Ministère de l’Éducation nationale à donner à ses personnels et à ceux des établissements sous sa tutelle des instructions précises allant dans le même sens;

    • – Nous appelons les professionnelles et les professionnels de la presse et de l’édition, les correcteurs et correctrices, les écrivaines et les écrivains à en faire autant;

    • – Nous appelons les citoyennes et les citoyens francophones à en faire autant.

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Une rue et des nazis.

    De l’autre côté de l’échiquier politique, le 23 septembre, Mélenchon a tenu son rassemblement. Dans un sens, il est un indéniable succès. Que ce soit 55 000 ou 150 000 personne ne change, au final, pas tant de choses. Mélenchon tente de faire enfler son aventure en solo pour en faire une vague qu’il souhaiterait déferlante.

    Souvent nous mentionnons Mélenchon et nous apportons une critique, parfois acerbe, sur les initiatives et le fond politique de l’affaire. De fait, lui et la France Insoumise sont devenus des acteurs incontournable du mouvement social et du mouvement politique de gauche. Les erreurs et les inconséquences qui peuvent émailler le parcours de cette force politique ne se paient pas de la même manière que les paroles en l’air de certains. Les dangers de l’aventure en solo de Mélenchon risquent d’avoir un impact terrible sur l’évolution de la mobilisation.

    Le sens politique de cette marche contre le « coup d’Etat social » fleure toujours bon la rhétorique populiste du peuple trahit par ses élites, usurpés par ses mauvais princes. Elle fleure bon la rhétorique d’ancien régime, où les masses doivent souhaiter qu’un bon prince arrive et prenne le contrôle des affaires.

    Nous ne sommes pas dans un équivalent des soviets de Petrograd, mais bien dans un mouvement chargé de porter au pouvoir l’homme providentiel. Un mouvement ne s’appuyant pas sur des bases solides, sur des appuis de long terme, sur une unité idéologique et une unité organisationnelle, mais bien sur un flux. Au final, Jean Luc Mélenchon fonctionne comme un cavalier de la steppe.

    Karl Von Clausewitz expliquait que ce type de fonctionnement impliquait, en français dans le texte, le fait de toujours fonctionne en vedette, c’est à dire de rester porté par le flux, toujours le maintenir croissant, sans quoi tout s’effondrera.

    Mélenchon en est conscient, et sait que le temps, au final, joue contre lui, joue en défaveur du manque de cohérence de son programme, de son caractère social-chauvin. Si il veut que sa vague se transforme en succès, il doit réaliser plusieurs tours de force.

    D’une part, maintenir un flou idéologique savamment orchestré autour de son programme. Le pire ennemi de son mouvement, c’est la décantation idéologique, c’est l’approfondissement politique, c’est le fait qu’éclosent des questions quant à l’impérialisme français, quant à la « place de la France dans le monde », quant au système politique et à la démocratie bourgeoise.

    De l’autre, pour se renforcer en valeur relative, il doit faire en sorte que les autres échouent et soient éclipsés par lui. Mélenchon ne peut pas phagocyter la CGT ou le PCF, ils doivent donc périr pour qu’il ne reste plus que lui, seul survivant de la bataille, au milieu des ruines. Il est gênant que l’unité ne fut pas au centre des discours, mais que ce ne fut qu’une ode à la France Insoumise.

    D’où un mythe qui se construit. Un mythe qui se construit à coup d’inventions, dont celle-ci, teintée de spontanéisme et d’hostilité aux organisations politiques.

    « C’est la rue qui a abattu les nazis »

    D’emblée la phrase est fausse. Elle est en contradiction avec la réalité de comment s’est construit le nazisme, sur quoi il s’est appuyé pour avancer et comment il fut terrassé.  Le nazisme s’est appuyé sur une compréhension de la psychologie des foules, de la démagogie et du populisme.

    Cependant, elle est cryptique. Jean-Luc Mélenchon parle t-il du vrai nazisme, ou parle t-il de la montée de l’extrême-droite au sein de l’Etat français ? La question reste en suspens.

    Sans aller jusqu’à dire que le nazisme est « issu de la rue », il s’est greffé sur la spontanéité des masses, laquelle peut tout à fait prendre des tournures réactionnaires, s’en est emparée pour la tourner vers les pogroms, les lynchages, vers tout ce qui était viscéral et haineux. C’est dans les rues, dans le chaos, que les SA saccageaient les magasins juifs, s’en prenaient aux communistes et aux syndicalistes.

    Cela est relié au fait que le nazisme s’est appuyé en partie sur les lumpenprolétaires, sur les chômeurs, les déclassés, les atomisés, les laissés pour compte.

    A l’inverse, le mouvement communiste et syndical allemand s’était construit dans les usines, dans les lieux de socialisation, dans les lieux de travail. Cela ne s’est pas construit autour de mouvements, mais de partis, d’organisations.

    Le fascisme et le nazisme ont été deux lames de couteau employés pour assassiner le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire. Le fascisme et le nazisme portaient l’anticommunisme comme fondement de leur pensée politique, tout en le maquillant d’un verbiage populaire, chargé de faire illusion.

    Quant à qui a abattu le nazisme, Mélenchon commet une erreur d’appréciation historique, et tente de créer un roman.

    Le premier vecteur de défaite du nazisme provient de la force de ses adversaires. En premier lieu celle de l’URSS, laquelle paya chèrement sa victoire au prix du sang. Les 24 millions de citoyens soviétiques tombés sous les balles, sous les obus, sous les coups et les privations méritaient un peu mieux que ce raccourci historique.

    Les alliés, Américains et Anglais, ont participé à l’effort de combat direct tout comme au front antifasciste international, au sein duquel ils soutinrent, non sans arrières pensées, l’URSS. La Bataille de Berlin fut une bataille de rue, mais elle ne fut pas une bataille de « la rue ».

    N’allons pas occulter les souffrances et le rôle des nations alliées, par plus que celui des pays qui ont cédé face à la puissance militaire nazie.

    L’autre pan est celui des résistances des différentes nations occupées et au sein des Etats agresseurs eux-mêmes. Cette résistance intérieure s’est manifestée sous diverses formes, mais elle est demeurée clandestine, secrète, camouflée. Elle est fort éloignée de la rue, car les droits démocratiques sont abolis, car les Gestapo veillent. Lorsque les insurrections éclosent, elles sont le fruit de travaux en amont, réalisés par des État-majors improvisés. Parfois, dans de rares cas, la rue se réveille, assoiffée de vengeance, sur les talons de l’occupant, s’en prenant aux arrières gardes, rejoignant les rangs des résistants de la 11ème heure.

    L’ironie de la chose est que le courant politique dont sortent Mélenchon et Corbière ne s’est pas particulièrement illustré par son résistantialisme durant l’occupation. A l’époque, les lambertistes optaient pour une stratégie d’entrisme dans la Résistance, dans le but d’y développer des mots d’ordre de fraternisation. L’action, notamment syndicale, fut limitée au fait d’organiser des grèves dans l’industrie de guerre des pays alliés et a applaudir la « révolution anti-bureaucratique ukrainienne », dont les figures de proue étaient Stepan Bandera et la Brigade SS Kaminsky. Peut mieux faire comme cohérence, que de se prétendre l’incarnation de l’antifascisme.

    Mais cet appel à la mobilisation spontanée des masses comme sanction de l’histoire n’est pas sans danger. Une nouvelle fois, en prétendant qu’il n’existe que lui, le mouvement et les masses, Mélenchon nie l’importance des organisations. Cette négation sert ses objectifs, est logique dans la poursuite de sa stratégie, mais revient à jouer avec le feu, à un moment où les organisations, notamment syndicales, sont le principal rempart contre les ordonnances.

    Quantité de militants et de militantes sincères ont suivi cette mobilisation, voyant dans celle-ci l’aube de quelque chose de nouveau, de quelque chose de grand, de quelque chose de fort, qui bouleverserait l’ordre social. Ce sont à ces individus que nous pensons, lorsque nous écrivons ces lignes.

    L’aventure Mélenchon est un projet qui peut séduire, qui peut rafler des suffrages, mais qui se heurte à des impasses, qui se heurte au fait que la question de l’Etat, la question de l’impérialisme et du capitalisme ne sont que traitées à moitié. Or, la moitié manquante est ce qui fait la distinction entre le succès et l’échec.

    Et cet échec, à quel prix sera-t-il payé ? Au prix de l’effondrement de toutes les lignes de défense des travailleurs ?

    Non, la rue n’a pas chassé les nazis. Non, la rue seule ne chassera pas les ordonnances. Non, la rue seule n’obtient pas de victoires tactiques et encore moins stratégiques. Organisées, les masses peuvent tout, elles sont la force créatrice de toutes les richesses, elles sont la force qui peut balayer des empires. Mais atomisées, les masses sont la proie des démagogues, des opportunistes et des populistes.

    Certains ont tenté d’intervenir au sein de cette démonstration de force, de se faire l’écho d’un rejet du social-chauvinisme et du réformisme de Mélenchon. Cette mobilisation, sous l’égide de l’ultragauche, partait d’une logique cohérente. Seulement, entre la stratégie et l’application, un océan existe. Et cet océan mérite d’être sondé.

  • Réponse des communistes marxistes-léninistes-maoïstes aux auteurs du « Livre noir du communisme » – 2002

    Réponse des communistes marxistes-léninistes-maoïstes aux auteurs du « Livre noir du communisme » – 2002

    RÉPONSE

    DES COMMUNISTES MARXISTES-LÉNINISTES-MAOÏSTES

    AUX AUTEURS DU

    « LIVRE NOIR DU COMMUNISME »

     In REVUE THÉORIQUE n°1 – ORPCF -2002 –

    Le livre noir du communisme. Les thèses de ce livre, d’une scientificité plus que douteuse, sont partout. Accepté comme une parole d’évangile par tous les anticommunistes et par l’Education Nationale, ce pamphlet n’a de cesse de présenter une version tronquée, truquée, mensongère de l’URSS, de la Chine, de l’Albanie et des démocraties populaires.

    Cet ouvrage, honteux, a servi de fer de lance pour les anti-communistes, mais également pour certaines idéologies se présentant comme les tenants d’un communisme pur. Curieux liens, où il est aisé de trouver des écrits de Soljenytsine, de Boris Souvarov, de Robert Conquest dans les librairies « d’extrême-gauche .»

    Aujourd’hui, nous publions une réponse qui a été rédigée par l’Organisation pour la Reconstitution du Parti Communiste de France (O.R.P.C.F.) en 2002. Cette réponse forme un document que chaque communiste se doit de connaître, pour être en mesure de rejeter les arguments pourris développés au sein du « Livre Noir ».

    Les mensonges sur l’URSS et sur le communisme en général sont légion. Mais ils la recherche scientifique et la recherche de la vérité les balaient les uns après les autres.

    Cette lecture, de même que celle de Falsificateurs de l’histoire, déjà présente sur notre site, représentent deux contre-offensives pour restaurer la vérité.

  • 6 juin 1944 – une bataille pour l’Histoire.

    6 juin 1944 – une bataille pour l’Histoire.

    6 juin 1944 – une bataille pour l’Histoire.

    La Seconde Guerre mondiale s’est terminée 72 ans auparavant. Elle est un événement dont bien peu de témoins directs subsistent. Pourtant, elle conserve une place importante, elle demeure un jalon sinistre dans l’histoire de l’humanité.

    Les événements qui lui sont liés sont toujours célébrés avec vigueur. Ils sont également commentés avec intensité, surtout lorsque les dates approchent de chiffres ronds. Ainsi, le 70 ème anniversaire de la fin de la guerre fut l’occasion pour la Russie de procéder à une démonstration de force, déployant un matériel militaire renouvelé et à la pointe du progrès.

    Les célébrations du 6 juin ne font pas exception à la règle. Celles-ci ont même revêtu un caractère diplomatique particulier au fil des années.

    Les exemples ne manquent pas. Ces célébrations furent marquées par le boycott de la part du général de Gaulle, percevant cette célébration comme une manifestation de l’invasion américaine, par l’intégration de l’Allemagne, comme un geste de réconciliation, mais également -et même principalement- par un rapport très particulier envers l’URSS et la Russie.

    Ainsi, régulièrement, le 6 juin est l’occasion de mettre de côté la Russie, d’ignorer le rôle de sa population ou, au contraire, de flatter son nationalisme en omettant les autres républiques soviétiques. Elle sert également à la réprimander, lorsque l’occident estime qu’elle dépasse les bornes.

    Dernièrement, l’Ukraine fut également invitée, nullement pour rendre hommages à ses combattants, mais dans un but narquois d’instrumentalisation de ces célébrations.

    Comment pourrait-il en être autrement ?

    Le front européen de la Seconde Guerre mondiale s’est majoritairement joué sur le front de l’est. Les steppes de Russie, d’Ukraine, les marécages de Biélorussie, la toundra de la Carélie ont été les lieux où la machine de guerre nazie s’est embourbée, s’est épuisée, s’est brisée.

    Cela, le monde ne peut l’ignorer, y compris chez les capitalistes. Il est gênant que les batailles décisives aient eu lieu à Leningrad, Moscou, Stalingrad, Koursk… Gênant aussi, le fait que le drapeau rouge soit celui qui flotta sur Berlin en ruine.

    Les troupes qui libérèrent l’Europe portaient le marteau et la faucille, les chars étaient marqués de caractère cyrilliques, les hommes qui les maniaient venaient de toutes les républiques de l’URSS.

    Dans ce contexte, le 6 juin apparaît comme la victoire alliée, celle qui permet de maintenir la parité. Le débarquement est ainsi mis en avant comme l’étape clé vers la chute de l’Allemagne nazie. Au sein de l’Etat français, elle est d’autant plus célébrée qu’elle se déroule sur un sol national humilié par 1940 et la collaboration. Elle est la jonction entre les alliés, les Forces Françaises Libres et la résistance.

    Elle permet de mettre de côté l’URSS, maintenant la Russie, de choisir de l’ignorer ou au contraire de l’inviter comme si elle devait être redevable.

    Il ne s’agit pas de nier l’effort de guerre allié. Les communistes et les honnêtes gens ne doivent pas écarter les sacrifices et le courages des soldats alliés qui sautèrent, dans la nuit, sur Sainte Mère-Eglise, dans les marais inondés du Merderet.

    Pas plus, ils n’oublient pas les troupes qui débarquèrent à Utah, Omaha, Juno, Sword et Gold, ces plages rentrées dans l’histoire. Ils n’oublient pas la terrible guerre des haies, l’épreuve de nerfs, les combats sanglants pour un chemin creux, pour une butte, pour un ruisseau. Entre le 6 juin 1944 et le 31 juillet -prise d’Avranches- une lutte infernale s’est ainsi déroulée dans le bocage normand, dans un terrain où l’avantage était principalement à la défense.

    Les communistes du monde entier n’oublient pas non plus ceux qui sont tombés à Dieppe, à Messine, à Salerne, à Anzio, devant le mont Cassino.

    Ils n’oublient pas non plus les pilotes, les équipages, qui, nuit après nuit, jour après jour, s’enfermaient dans les cockpits de leurs forteresses volantes, de leurs spitfires pour affronter, dans la solitude du ciel, l’aviation ennemie.

    Ils n’oublient pas les marins, affrontant le péril des sous-marins, pour livrer les vivres et l’équipement permettant de gagner la guerre.

    Aucune personne ne bonne foi ne peut oublier les travailleurs et les travailleuses des usines et des champs, qui, avec ardeur, fournirent de quoi nourrir les soldats et les civils.

    Les communistes n’oublient pas le front antifasciste, n’oublient aucune des personnes civiles ou militaire, qui apportèrent leur pierre dans la lutte contre le fascisme, le nazisme, le militarisme.

    Nous ne l’oublions pas, nous n’enterrons pas cela sous un tapis, car nous ne faisons pas de la déformation de l’histoire. L’histoire n’est pas un champ de bataille mémoriel. Elle est une bataille pour la vérité.

    L’occident veut oublier l’URSS sous la direction de Staline. Certains « communistes » veulent oublier l’occident. Les deux fautent.

    Que l’allié d’hier soit devenu un ennemi, dès le canon tu, est une chose. Mais cela n’empêche pas qu’il fut un allié. Que Churchill, Macarthur, Patton, de Gaulle ou d’autres aient eu une part de cynisme, c’est un fait indéniable et impossible à oublier. Le fait que les considérations géopolitiques, politiques, économiques aient dicté, pour la bourgeoisie et les impérialistes, cette guerre, également. Mais ceux et celles qui se sont battus contre le nazisme, contre le fascisme, méritent un respect unanime.

    Aujourd’hui, en ce 6 juin, nous n’oublions pas ceux qui sont tombés, ceux qui se sont battus.

    Nous n’oublions pas le sacrifice des soldats alliés et des soldats et soldates soviétiques !

    Vive la lutte antifasciste internationale !