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  • Les Antilles s’émeutent.

    Les Antilles s’émeutent.

    Les émeutes dirigées contre les mesures anti-covid révèlent qu’une grande partie de la population est épuisée, en a assez, et n’aspire plus qu’a un retour à la normale.

    En Allemagne, en Hollande, dans les Antilles, nous avons pu voir, à l’annonce de nouvelles restrictions, des scènes de chaos, des embrasements populaires.

    Il existe des colères justes, des colères sincères, mais qui prennent des formes réactionnaires. Dans ces colères, il existe une énergie destructrice et créatrice immense. Le rejet des institutions existantes, de leur fonctionnent décevant, truqué. Le sentiment d’avoir été trahi, le sentiment qu’on nous ment en permanence, pour nous faire accepter une situation de larbin, d’exploité, de dominé. Et ces sentiments, cette colère, cette révolte juste s’exprime, explose, à des endroits imprévus. Elle se heurte à ce qui est le moins supportable, le plus visible : les restrictions de liberté au nom de la lutte contre la pandémie.

    Cependant, cette aspiration sincère ne peut faire oublier un état de fait : tant que la pandémie rôde, nous courons le risque d’être contaminé, malade, invalide, tué. Mais nous courons aussi un deuxième risque : celui de voir les libertés démocratiques durablement retirées. Nous avons le devoir d’en finir avec cette épidémie. Le ministre de la santé d’Allemagne a eu une phrase terrible : à la fin de l’hiver, les Allemands seront « vaccinés, guéris ou morts. » C’est à la fois une injonction menaçante, mais à la fois aussi une réalité. Le Covid n’est pas parti. Il est là encore longtemps. Et surtout, les mesures anti-covid sont loin d’être l’axe de bataille premier de la bourgeoisie : elle attaque toujours les droits sociaux, en profitant du fait que l’esprit d’une large partie de la population soit accaparé par ces dispositifs.

    Mais, quoiqu’on puisse penser de ces mouvements, il nous faut regarder comment, de quelle manière, ils sont réprimés. Et, dans ce cadre là, nos regards ne peuvent se tourner que vers les Antilles.

    En Guadeloupe, par exemple, le RAID et le GIGN ont été déployés pour faire face aux manifestants, devenus émeutiers. Des émeutiers qui ont débordé les moyens d’encadrement de l’île, au point de faire peser la peur d’une insurrection et d’une perte de contrôle. Il ne faut pas oublier que les Antilles ont été le cadre de très grandes luttes. Ainsi, en 2009, Liyannaj Kont Pwofitasyon avait lancé une grève générale en Guadeloupe. L’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), le syndicat majoritaire de l’Ile, dirigée par Élie Domota, avait lancé une lutte de longue durée. Partant du prix de l’essence, cette mobilisation avait fini par poser des questions sur l’intégralité du tissus économique et social de l’île, notamment contre la domination béké, coloniale,sans partage.

    Si nous ne pouvons pas soutenir positivement le fait que cette révolte s’axe contre les mesures de santé publique, aussi dures soient elles, nous pouvons comprendre la colère. Le passé colonial a laissé des traces. Ainsi, à la Réunion, le scandale des avortements et des stérilisations forcées à de quoi susciter une défiance de la part de la population envers les politiques médicales d’État1.

    De plus, le travail informel, qui ne donne aucun droit, représente près d’un quart de l’activité2. C’est énorme, et cela suffit à expliquer un rejet de ces mesures : elles ne sont pas adaptées au tissus social et économique de la Guadeloupe et plus largement des colonies.

    Ces émeutes méritent d’être regardées avec lucidité. A ce titre faut arrêter avec les mots couverts : des scènes de pillage sont des scènes de pillage, les appeler auto-réduction, comme l’ont fait certains, est un abus, presque une manière de s’excuser que ces événements aient lieu. Soyons sans complexes : le dire n’est pas une condamnation. C’est simplement un fait. La vie chère, le décalage de niveau de vie entre les békés coloniaux et la population, tout pousse à une colère économique tout autant qu’une colère politique. Et celle là se traduit aussi par l’envie d’accaparer des biens matériels, dont on s’est senti privé, frustré, depuis des années.

    Quelle est la réponse du gouvernement français: envoyer les forces spéciales. Elles sont jugées être les seules capable de pouvoir juguler la menace. Les manifestants doivent donc s’attendre à avoir, comme réponse à leurs demandes, la répression. C’est là une manière de traiter les problèmes coloniaux assez typique : a quelques jours d’un nouveau référendum en Kanaky, on ne peut pas oublier les bombardements réalisés par la marine française ou l’assaut de la grotte d’Ouvéa en 1984. La répression à Mayotte, en Guyane, dans les Antilles, en somme dans chaque zone dominée par la France est d’une nature spécifique : elle est une gestion policière coloniale, dans laquelle l’utilisation de la violence est décuplée par la séparation entre colons et colonisés. Au lieu d’oxygène et de compromis, l’État choisit le conflit et se prépare à affronter les mobilisés.

    Ceux-ci ont pillé une armurerie. Des tirs à balles réelles ont été signalés. En réponse, un couvre feu a été déclaré à partir de 18h00. Reste à voir ce qui se déroulera, mais toujours est-il que, si nous sommes pour une politique de lutte contre la pandémie avec force, nous n’acceptons pas cette gestion coloniale de la crise. Nous considérons qu’il est plus que temps de mettre fin au « confettis d’empire », et que le destin des Antillais et des Antillaises passe par leur liberté, par le choix d’un destin qui leur est propre. Ceux comme Jadot, comme Hidalgo ou comme Macron, qui veulent « rétablir l’ordre », parlent d’écraser les Antillais et les Antillaises, non de les libérer.

    C’est ainsi, dans un travail de coopération et de collaboration au sein de la mer des Caraïbes, qu’ils peuvent espérer sortir de cette situation, qu’ils peuvent régler les problèmes, qu’ils peuvent avancer vers une prospérité nouvelle.

    Pas de répression aux Antilles !

    Pour la fin de colonialisme !

    1https://fr.wikipedia.org/wiki/Avortements_forc%C3%A9s_%C3%A0_La_R%C3%A9union

    2https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/regions/departementales/ce-que-revelent-les-rapports-d-activites-des-commissaires-aux-comptes-sur-nos-economies-572045.php

  • Guyane : le bal des impérialistes.

    Guyane : le bal des impérialistes.

    Nous retransmettons les revendications émises par le Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale le premier octobre 1997.

    Ces revendications sont toujours légitimes et nécessaires.

    Sans être une déclaration de guerre contre l’Etat colonisateur, elles représentent quelque chose d’infiniment supérieur à tous les discours de compradores, de clients, de l’impérialisme français. Elles posent la volonté d’une rupture entre la métropole et la cage de fer qu’elle tisse sur le sol Guyanais. 

    Nous saluons la lutte menée par les guyanais et guyanaises contre le dépeçage de leur pays, la spoliation de leur terre, l’exploitation, la misère.

    Nous soutenons leur mot d’ordre de lutte contre l’impérialisme français, contre l’occupation, tout comme nous saluons toutes volontés d’indépendance.

    Les Communistes ont pour tâche de lutter contre leur propre impérialisme, de briser ses serres.

    A l’heure où certains caractérisent la Guyane comme un bijou, comme la perle de l’impérialisme français, nous la caractérisons comme un espace d’où l’impérialisme français doit être chassé.

    Dans l’actualité, pourtant, c’est le carrousel des chauvins et des impérialistes:

    Benoît Hamon a ainsi dit qu’il était « le seul candidat à proposer de doter les Outre-mer d’un fonds pour l’égalité réelle de 2,5 milliards d’euros sur 5 ans ». Il a indiqué « maintenir la sur-rémunération des fonctionnaires ». Une manière de maintenir une élite coloniale bien disposée. Grassement payés, les fonctionnaires venus de la métropole ne risquent pas de remettre en cause leurs avantages.

    François Fillon, lequel a probablement d’autres chats à fouetter, s’est contenté d’un laconique trait sur une situation étant « la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande. »

    Marine Le Pen a éructé, comme à son habitude, des platitudes sans nom. « J’ai vu et j’ai compris que nos compatriotes de Guyane n’en peuvent plus, ils sont comme nous tous, ils n’en peuvent plus d’une immigration massive; de l’insécurité qu’elle génère, quand 50% des détenus en Guyane sont étrangers; que la Guyane soit devenue le département le plus criminogène de France; de la saturation des services publics et de ne plus avoir accès à des services de santé débordés. (…) Je nommerai un ministre d’Etat de l’Outre-mer et de la Mer qui, en Guyane, s’attellera à la lutte contre l’immigration, l’insécurité, au développement économique, au travail de désenclavement ».

    Au fin fond d’un système colonial pourrissant, Marine Le Pen réussit le tour de force de parler de l’immigration. Quelle ironie mordante, dans une région occupée et colonisée par un conquérant venu de l’autre côté de l’Atlantique, que de vomir la haine sur les habitants de l’autre côté du fleuve.

    Ce n’est nullement une surprise. Mais la palme de l’impérialiste le plus splendide revient sans conteste à Jean Luc Mélenchon, lequel, non seulement, trouve à s’exprimer de la manière la plus cocardière possible, mais, encore, réussit à flétrir l’impérialisme américain. Vendre notre impérialisme comme plus doux, plus humain, plus inspiré par les Lumières, quelle audace.

     « C’est à la Guyane française à laquelle nous adressons un immense salut de solidarité! La Guyane, c’est nos petits chéris, c’est la France en Amérique du sud, tel que, si j’étais élu, nous prendrions place non pas comme le fourgon de l’armée nord-américaine mais comme un partenaire direct avec les pays de l’Amérique latine, puisque la France est un pays d’Amérique latine! »

    Non seulement Jean Luc Mélenchon ne veut pas entendre parler d’indépendance, de décolonisation, mais il tente d’emballer l’impérialisme français dans un costume de velours. Voilà qu’il veut lancer les tentacules du 4ème exportateur d’armes mondial, de la 6 ème ou 9 ème puissance mondiale [selon la méthode de calcul], à l’assaut de l’Amérique Latine.

    Son bijou, sa perle, à porté d’autre noms avant : Indochine, Algérie…

     

    Nous savons quel genre de partenaires notre impérialisme a été.

    Nous sommes des occupants, non des partenaires.

    Quant à la réponse aux problèmes, selon lui, la voici : « Ce sont les questions que nous mettons à l’ordre du jour: la disparition de l’Etat qui a plongé la société dans le chaos, des richesses immenses que personne ne pense à utiliser d’une manière respectueuse de la nature. »

    Ni critique du capitalisme, ni de l’impérialisme. Et pour cause, sa base sociale se trouve dans la petite bourgeoisie et dans l’aristocratie ouvrière. Ceux-là même qui touchent les miettes de la domination coloniale et néocoloniale. « Sous la VIème République, l’impérialisme sera transfiguré, deviendra l’ami des peuples, son outil d’émancipation.  » Voilà, en somme, la teneur de ce discours.

    L’élection présidentielle démasque chacun des acteurs qui la compose comme des valets de la bourgeoisie, des grands monopoles économiques, de l’impérialisme.

    Rien à attendre de ce côté.

    Nous n’avons pas besoin d’un impérialisme plus beau, mais bien de sa défaite.

    Nous avons besoin d’une union rassemblant les forces révolutionnaires, progressistes, anti-impérialistes qui se battent au sein de et contre l’Etat Français.

    Nous devons battre le chauvinisme et le social -impérialisme.

    Halte à l’impérialisme français !

    Hors de Guyane ! Hors des colonies !

  • Guyane : mobilisation massive dans la colonie.

    Guyane : mobilisation massive dans la colonie.

    Samedi 25 mars, 37 organisations syndicales ont lancé un appel à la grève générale. La Guyane est perturbée par des mobilisations massives, des grèves, des barrages routiers. A tel point qu’un lancement de fusée, prévu à la base de lancement de Kourou, a du être reporté. Air France annonce qu’elle repousse ses vols jusqu’au lundi 17 mars, obligeant même certains long-courriers à faire demi-tour.

    La colonie vit à un rythme ralenti depuis déjà plusieurs jours. Écoles, universités, installations portuaires, administrations sont fermées ou en solidarité, ou sous la pression du mouvement de grève. La liste est longue et s’allonge encore.

    Les agents EDF, le personnel hospitalier, les employés de la Caisse d’Allocation Familiale, les transports, les agriculteurs…en somme l’ensemble de la société guyanais à par les laquais les plus zélés de l’impérialisme, s’est joint à la grève.

    Un collectif, nommé « Pou Lagwiyann dekolé », rassemblant la quasi-totalité des acteurs de ce mouvement de protestation, s’est fondé. Militants syndicaux, notamment de l’UTG, mais également politiques, anticolonialistes et indépendantistes. La société civile n’est pas en reste, et prend activement parti dans ce mouvement de colère. Ainsi, les « 500 frères », organisation d’autodéfense, s’est invitée dans le débat, prenant notamment à partie Ségolène Royal.

    Les raisons de ce mouvement : la Guyane, bien que « département français », vit dans une situation digne d’un des Pays les Moins Avancés. Rongée par la misère, vivant d’expédiant, une partie de la population verse dans la criminalité pour tenter de survivre. Ceux et celles qui, pensant trouver un eldorado mirifique, franchissent la frontière avec le Surinam voisin, viennent s’entasser dans des quartiers ghettos crasseux. Tout cela alimente un racisme latent, savamment entretenu par un colonisateur qui redoute l’union des exploités.

    La Guyane n’est pas une carte postale. La gendarmerie ne rechigne pas à faire disparaître les orpailleurs clandestins. La légion, qui protège le centre de lancement de Kourou, s’en donne à cœur joie, par ailleurs, entretenant une affluence de proxénètes et de leurs réseaux de vente de chair.

    L’Etat français s’y accroche avec vigueur: ce joyau tropical est la base de lancement de l’ESA, ce qui glorifie notre coq national. Le sous-sol guyanais n’est pas avare de richesses et la terre est volée, sans ménagement, aux amérindiens, lesquels ont rejoint le mouvement. Cerise sur le gâteau, la façade maritime de la Guyane contribue à agrandir la Z.E.E., tant vantée par les chauvins.

    Si nous ne connaissons pas encore bien les acteurs de ce mouvement, si certains semblent prendre des postures plus progressistes, d’autres plus réactionnaires. Un travail d’enquête est encore à mener pour discerner les différentes lignes. Cependant, nous ne pouvons que saluer la direction générale que prend ce mouvement, qui rejette fondamentalement la tutelle de la métropole.

    L’ennemi, c’est l’impérialiste français. L’ennemi, l’exploiteur, celui qui vit de leur travail, qui usurpe les infrastructures que les habitants ont construit, qui exploite la forêt, le pas de tir. La France doit partir, doit être chassée !

    L’élection, qui approche, n’a qu’une seule ligne sur laquelle chaque candidat est en accord : l’impérialisme français prévaut !

    L’Etat français envoie ses sbires, ses agents, pour calmer le jeu, pour corrompre, pour acheter. Si cela n’est possible, il viendra détruire. Les manifestants ont refusé de reconnaître la légitimité de la délégation ministérielle.

    Du FN jusqu’au tribun Mélenchon, si avisé d’épingler ses adversaires dans les débats, mais si pressé de se faire complice des impérialistes, en twittant « la Guyane, c’est la France.  » Nous ne doutons pas qu’en d’autres temps, un autre nom de colonie aurait aisément remplacé celui de la Guyane.

    « Nous écoutons leurs malheurs », nous disent les sociaux impérialistes. Mais le plus grand malheur de chaque partie  du globe dominée par les impérialistes, c’est leur présence. Le plus grand coup de poignard qu’il est possible de leur infliger, c’est de faire de la possession de ces terres une chose logique, cohérente, légitime.

     

     

    D’une seule voix, les peuples dominés réclament le départ des occupants.

    Nous joignons nos voix aux leurs, pour leur signifier notre soutien sans faille.

    Halte à l’impérialisme français ! Halte à ses agents !

    Vive la lutte de libération des peuples opprimés !