L’ignoble opération lancée par le gouvernement Turc, appuyée par ses mercenaires djihadistes de la prétendue Armée Syrienne Libre, fait long feu. Cette agression, nommée par pure provocation « rameau d’olivier » dure depuis maintenant trois semaine et semble s’enliser complètement.
Pourtant la Turquie ne lésine pas sur les moyens. Bombardiers F-16, chars Allemands, artillerie Française sont utilisés pour écraser l’enclave contrôlée par les forces combattantes révolutionnaire Kurdes, sous l’égide des YPG (Unités de protection du peuple), aidés d’alliés turcs et internationaux, motivés par la solidarité internationale.
La Turquie, dans ce conflit, cherche a annexer le Rojava à sont Etat, a fragmenter la Syrie. Elle négocie avec la Russie et avec le régime Syrien le partage de celle-ci, en échange de l’arrêt de l’aide aux Djihadistes et aux fascistes. Moscou espère certainement un rapprochement géopolitique avec la Turquie en échange de ce marché.
Malgré les bombes, les obus, malgré les massacres d’enfants, de vieillards, Afrin résiste.
Hommes et femmes capable de porter les armes combattent la tentative d’annexion du régime fasciste turc. Ils et elles se battent héroïquement. Entre 8 000 et 10 000 combattants et combattantes font face à la seconde armée de l’OTAN et à entre 10 et 25 000 mercenaires de l’ASL.
Pourtant, les chars Leopard-2 éclatent toujours sous les roquettes des YPG.
Après la terrible bataille de Kobané, les forces révolutionnaires et le peuple en arme démontrent une fois de plus qu’on ne peut les broyer sans subir la morsure du fer et la brûlure du feu !
Comment ne pas penser, en ce début d’année 2018, à la bataille de Stalingrad, il y a 75 ans, où les soldats soviétiques ont battu les fascistes, malgré leur infériorité numérique initiale, et les ont raccompagnés jusqu’à Berlin, jusqu’au tombeau d’Hitler.
Comment ne pas penser aux 50 ans de l’offensive du Têt, au Vietnam, où les forces de l’armée nord Vietnamienne et la résistance Vietminh brisaient la capacité des USA à poursuivre leur intervention.
Comment ne pas penser qu’il y a 100 ans, les hommes et les femmes de la Russie Tsariste mourante se levaient et battaient toutes les armées coalisées lancés contre eux et elles.
Chaque fois, les armées populaires ont triomphé, car elles ne s’appuient pas sur des mercenaires, elles ne s’appuient pas sur des bouchers et sur des valets. Elles s’appuient sur les aspirations justes à défendre son foyer, à protéger les siens, à défendre la construction d’un monde meilleur, libre et égalitaire.
Même si elles subissent parfois des revers, ces armées du peuple renaissent sans cesse tant que leur lutte n’est pas menée jusqu’au bout.
Les Hitler, les Erdogan, les fascistes vont et viennent, mais le peuple est toujours là !
La Turquie se venge, la communauté internationale collabore !
Face à la résistance exemplaire des combattantes et des combattants d’Afrin, Erdogan s’emplit de fureur.
De rage, la Turquie fasciste se venge. Elle commet des crimes de guerre, bombardant les villes et les villages, elle assassine les prisonniers -au mépris de toutes les conventions. Elle mutile les corps des combattants et, surtout, des combattantes. Elle se comporte comme tout colonialiste, rempli de colère par le fait qu’on ose lui résister.
Elle en profite pour raser les sites archéologiques des civilisations anciennes présentes. Le temple d’Ain Dara, datant de 1400 avant J.-C. a été rasé. La Turquie se sert de l’effacement des traces archéologiques pour dénier toute légitimité aux populations quant à leurs revendications d’indépendance. Elle veut annihiler leur passé pour leur interdire un avenir.
Dans l’Etat truc, des voix se sont levées pour condamner l’agression perfide. Le PKK, parti frère du PYD de Syrie, le TKP/ML, le MLKP…etc. se sont mobilisés. La réponse du pouvoir Turc fut invariablement la répression et l’enfermement.
Pas après pas, le régime s’enfonce dans le fascisme le plus débridé.
La communauté internationale a appelé Erdogan à la « modération. » Cela signifie qu’il peut tuer, massacrer, piller, violer, mais avec « retenue. » Cette attitude revient à autoriser l’agression, à l’adouber.
La France, qui exploite les travailleurs turcs dans les usines de Renault -actuellement en lutte sociale- qui vend des canons et des armes de par le monde, qui est toujours prompte à soutenir les dictateurs et les terroristes qui font son sale boulot, que fait-elle ? Elle déclare qu’il existe un risque terroriste au Rojava, pour justifier l’occupation turque.
Encensés un temps par l’occident pour leur succès face à Daesh, aidés par les forces spéciales US dans les combats contre l’ogre obscurantiste, les FDS sont désormais lâchés, abandonnés, traités comme des agents jetables. Loin de l’alliance stratégique avec l’occident que certains voulaient essayer de leur faire endosser, les Kurdes des FDS sont de nouveau seuls, avec comme aide notre solidarité, notre soutient financier et politique, nos camardes partis les rejoindre.
Aujourd’hui, l’occident sacrifie les kurdes et leur cause. Elle ne l’intéresse plus.
La Russie et le régime de Bachar Al-Assad, quant à eux, ont proposé un marché de dupe. Certains rêveraient de voir l’armée Russe comme les champions de la liberté. La vérité est que la Russie ne proposait que l’annexion du Rojava à la Syrie en échange de la protection de son armée. Une manière de révéler les intentions des impérialistes : le Rojava est un lot à se partager.
Mais malgré ces répugnantes tractations Mais malgré ces répugnantes tractations, malgré ces tentatives pour broyer les forces combattantes du peuple, cette bataille ne fait que creuser un peu plus le tombeau de l’impérialisme et du capitalisme.
Le Moyen-Orient souffre de la guerre depuis trop longtemps. Mais cette guerre se retourne contre ses auteurs. Du chaos, du sang, de la souffrance naissent les forces qui instaurent, qui construisent, qui défendent le monde nouveau : le monde socialiste !
Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :
L’offensive début le 19 novembre, dès le départ, les alliés Roumains et Italien sont pulvérisés. L’armée soviétique fonce, balayant tout sur son passage, écartant toutes les difficultés par la vitesse, la manœuvre, par l’habitude de la neige et du froid. Le deuxième jour, la ligne de vie des fasciste, la ligne de chemin de fer de Kalatch est prise. Elle signe la condamnation à mort de l’armée de Paulus.
L’armée Allemande tente de se défendre, elle mord comme un animal pris au piège. Mais celui-ci est trop fort, trop puissant, trop minutieux pour lui laisser le moindre échappatoire. Les Allemands sont rejetés loin de Stalingrad. Ceux qui y sont toujours sont au mieux des prisonniers, au pire des condamnés à mort.
Goering, le maître de la Luftwaffe, l’orgueilleux et pompeux seigneur, promet de ravitailler la poche, le Kessel. 500 tonnes sont à livrer hebdomadairement pour que l’armée résiste. Il s’agit d’une tâche impossible, dans laquelle l’aviation de transport et de bombardement paie un prix immense, tandis que la DCA soviétique et les chasseurs rouges s’en donnent à cœur joie.
Le froid est extrême, la faim est intense dans la poche. Les blessés meurent faute de soin, pendant que s’obstinent à une résistance sans objet les généraux fascistes. Pour retenir les troupes soviétiques le plus longtemps possible, ils sacrifient le sang de leurs hommes.
Les bombardements, les assauts, brisent les hommes de la VIème armée. Elle est a bout de souffle. Elle s’éteint. Après plusieurs entrevues n’ayant pas débouché sur des possibilités de reddition, les soviétiques écrasent finalement la poche.
Les Allemands rêvaient de traverser la Volga, ils le firent sous la forme de colonnes de prisonniers, chargés par la suite de reconstruire ce qu’ils avaient détruit. Les nazis furent furieux que leurs généraux ne se suicidèrent pas. Friedrich Paulus déclara, rejetant cette coupe de cigüe qu’était sa nomination au grade de Maréchal : « Les morts ne s’intéressent plus à l’histoire militaire. »
Le 2 février, il y a 75 ans, une moisson de généraux se rendaient ainsi à l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans. 5 mois d’une bataille acharnée, dans laquelle un demi million de soldats soviétiques et 300 000 civils tombèrent, tandis que 600 000 hommes et femmes étaient blessées. Elle coûta aux nazis et à leurs alliés 400 000 hommes et 110 000 prisonniers. Ces pertes terribles, terrifiantes, furent amèrement pleurées par les soviétiques, mais purent être surmontées. Les Allemands, en revanche, perdaient l’élite de leurs troupes et ne s’en relevèrent pas.
En réaction, le 18 février 1943, Gobbels fit son discours du Sportpalast, devant 14 000 membres du NSDAP, dans lequel il appela à la guerre totale et à la mobilisation intégrale de l’industrie et de la population Allemande. Ce discours hystérique fardé de rhétorique ne servit qu’à une chose : prolonger les souffrances des civils pris dans la guerre, pris dans l’étau d’un système criminel et despotique. Trop peu, trop tard pour vaincre. Juste à temps pour permettre les massacres, les ravages, les crimes. La fuite en avant ne servit que de sursis aux élites nazies.
Elle coûta aux fascistes la guerre. Après Stalingrad, les fascistes ne stopperont les soviétiques qu’a deux reprises :
à Kharkov, entre fin février et juillet, ce qui déboucha sur la plus grande bataille de chars de l’histoire, Koursk, où l’armée Allemande fut pulvérisée et où sa colonne vertébrale fut brisée.
à Varsovie, du fait de ses trop grandes lignes de communication, et où les fascistes en profitèrent pour écraser l’insurrection de Varsovie, orchestrée par un groupe de nationalistes anticommunistes, qui voulaient profiter de l’arrivée de l’Armée Rouge pour restaurer la Pologne dictatoriale et nobiliaire. Ce geste criminel coûta des milliers de vies humaines pour un résultat nul.
Stalingrad est bel et bien le tournant de la guerre.
Dans le monde entier, les peuples reprennent espoir. Les résistances comprennent qu’elles ne sont plus des combat d’arrière garde, mais bien l’avant garde du monde nouveau qui émergera de la victoire.
Les autres fronts, vidés de leurs réserves, s’effondrent. L’Afrique est libérée de la présence Allemande et Italienne. En juillet 1943, les alliés peuvent ainsi débarquer en Sicile et prendre pied sur le continent.
Sans la bataille de Stalingrad, rien de cela n’aurait été possible. Ni débarquement, ni libération. Si les capitulards, les collaborateurs, les agents du compromis et de la trahison n’avaient pas connu les procès de Moscou, n’avaient pas été traqués par le NKVD, rien de cela n’aurait été possible.
L’URSS a serré les dents, serré les poings, serré les rangs pour que le monde soit libre.
A ce moment, le monde entier le savait et l’honorait. Aujourd’hui, par anticommunisme ou pour des raisons géopolitiques, certains veulent taire cette victoire des défenseurs de la liberté.
Pourtant l’épée de Stalingrad, forgée sous les ordres du roi Georges VI, demeure un symbole de la dette du monde vers ces peuples. « Aux cœurs d’aciers de Stalingrad, le roi George VI fait présent de cette épée en témoignage de la reconnaissance du peuple britannique »
Présent à la remise de celle-ci, à Téhéran, Roosevelt nota : « lorsque Staline prit l’épée sur son coussin de velours, il eu les larmes aux yeux, je les ai vues, ensuite il rabaissa l’épée dans un mouvement de noblesse spontané ».
Vorochilov, dans sa maladresse proverbiale, la fit tomber par terre à grand fracas, chose que les actualités ont pudiquement coupé.
Aujourd’hui, l’appel de la mère patrie, cette immense statue de béton de 85 mètres de haut, rappelle le sacrifice des peuples soviétiques. Ne les oublions pas. N’oublions pas non plus que certains immondes personnages tentent de les classer dans les « morts du communisme. »
L’URSS paya plus cher que cette triste liste de décès Les concessions qu’elle dû faire envers l’armée, les ingénieurs, les cadres d’usine se payèrent chèrement. L’URSS ne fut plus jamais la même. Comme nous l’avons mentionné dans notre brochure sur le 9 mai 1945, les agents de la restauration des rapports capitalistes, les liquidateurs de l’économie planifiée, les anesthésistes de la lutte des classe reprirent des forces.
Nikita Khrouchtchev, qui fut commissaire politique à Stalingrad, est illustratif de cela. Les liens que celui-ci tissa avec l’armée, avec les ingénieurs, le propulsèrent, avec Mikoïan et Kossyguine, comme les leviers de l’offensive de droite au sein du PC(b)US. Après la guerre, s’appuyant sur ces concessions, ces sinistres personnages vont œuvrer à liquider la ligne léniniste, ce qu’ils parviendront à faire. En 1952, au XIXe congrès du PC(b)US, la ligne défendue par les bolcheviks est minorisée. En 1956, elle est marginalisée et remisée, tandis que les masses sont épuisées par les 27 millions de sacrifiés pour la paix et la liberté.
Hélas, l’expression ‘ »les meilleurs s’en vont les premiers » n’est pas que vacuité. Les meilleurs militant bolcheviks ont fait don de leur vie, de leur chair, pour sauver le monde. L’URSS, en tant qu’Etat socialiste, s’est ainsi offert lui-même tout entier.
En été 1942, les fascistes tentent de reprendre l’avantage. Mais ils ont perdu une grande partie de leur allant, de leur entrain, de leur vigueur. La victoire se recherche dans le sud, dans le Caucase, dans la jonction avec la Volga, dans les champs de pétrole de Bakou. Les Allemands prennent finalement Sébastopol, après 8 mois de siège. Ils avancent et prennent Rostov-sur-le-Don en juillet. La ville, minée, explose littéralement sous leurs yeux.
Rostov-sur-le-Don est une ville discrète, mais importante. Importante car sa perte entraine une vague de réforme en URSS. Une vague de réformes qui entame un relâchement de la bride des généraux, dont les tendances bonapartistes suscitaient une légitime méfiance. Des réformes concédées par l’urgence de la situation, donnant plus de liberté aux ingénieurs en chef, aux dirigeants d’usine, aux directeurs de camps de travail, aux officiers, aux généraux. Une concession terrible, dans un pays marqué par la lutte des classes aigüe, une concession faite au monde pour le protéger du fascisme. Surtout, le célèbre Ordre du Jour N° 227 est édicté. Plus un pas en arrière ! L’Armée Rouge raidit sa résistance, se prépare à l’affrontement le plus important, le plus stratégique.
Des concessions qui seront payées par le pouvoir bolchevik, bien des années plus tard, par sa propre perte.
Hitler fait une erreur monumentale, en croyant l’ennemi en déroute. Lorgnant sur deux lièvres stratégiques en même temps, il découpe ses forces entre la VIème armée de Paulus et la IV armée blindée de Hoth. Le premier fonce vers Stalingrad et la Volga, le second vers Bakou et son pétrole. Les deux échouent, mais ne le savent pas encore.
Stalingrad suscite, bien qu’il s’en défende, l’obsession du Führer. La ville est placée sur la charnière entre le Caucase et le reste de l’Union, elle est un noud de communication important, un axe fluvial essentiel. Elle est la dernière grande barrière qui sépare l’hitlérisme des immenses plaines, à l’est, mais également de la jonction avec l’Iran, l’Irak, avec Rommel au loin. Prendre la ville revient à priver l’URSS de son potentiel énergétique. Prendre la ville revient à la couper en deux. Prendre la ville revient à gagner une position de force inestimable, à se doter d’une base de départ pour prendre également Moscou à revers.
Mais Stalingrad est plus que ça, elle est aussi un symbole. La ville, auparavant Tsarytsine, est une ville qui est entrée dans l’Histoire lorsque, en janvier 1920, Simon Boudienny ; Kliment Voroshilov et le jeune Joseph Staline reprennent la ville aux blancs. Cette victoire mit un coup d’arrêt aux opérations des tsaristes dans le secteur, permit de gagner Astrakan et l’embouchure, permit de consolider la jeune république soviétique. La ville hypnotise les nazis, qui y voient en coup fatal porté au prestige du gouvernement soviétique et de sa direction.
Hitler insiste pour faire de la prise de Stalingrad un bain de sang, un massacre, un holocauste. Hitler mobilise la Luftwaffe pour frapper fort. 600 bombardier frappent la ville le 23 août 1942. Ce raid a le douteux privilège d’être le premier à déclencher une tornade de flamme. Cette tempête ravage la ville, tuant environ 40 000 citoyens soviétiques. Cependant, les monceaux de ruines n’avantageront pas les envahisseurs. Chaque mètre carré de la cité est un piège, chaque immeuble une forteresse. Le silo à grain de Stalingrad, ainsi, eut à subir un siège en règle avant de tomber. Une colline, le Kourgane de Mamaï, devient un enjeu aussi important qu’un sommet himalayen.
L’Usine Barrikady tout comme l’usine Octobre Rouge continuèrent à produire leurs chars T-34, les meilleurs chars du monde, jusqu’à ce que les nazis l’assiègent. Là encore, les ouvriers rejoignirent les milices au combat, compensant leur inexpérience par leur courage.
Les navires de la Volga réussirent à ravitailler les armées acculées au fleuve, en faisant preuve d’une obstination sans faille, tandis que les faucons rouges disputaient au Stukas et aux Focke-Wulf la supériorité aérienne au dessus de la ville. Le meilleur de l’armée Allemande se heurte aux moujiks et aux ouvriers et ouvrières soviétiques.
La guerre est cruelle, elle est impitoyable. Les soldats allemands découvrent la terreur du combat urbain. Chaque fenêtre peut héberger un camarade de Vassili Zaitsev, le plus célèbre tireur d’élite de la RKKA. Chaque pan de mur peut cacher le soldat armée d’un pistolet-mitrailleur qui emmènera l’envahisseur au Walhalla. Chaque pas emmène sur une mine. L’armée Allemande s’use, se fragilise.
Les soviétiques, à ce moment là, étaient en infériorité numérique. Souvent, les anticommunistes, appuyés sur les documents issus de la propagande fasciste, les représentent comme une force immense, grouillante, amorphe et atone. Souvent, l’imagerie représente l’armée rouge comme attaquant vagues après vagues pour submerger l’ennemi sous le nombre. Cette métaphore insectoïde ne sert qu’a avilir les combattants soviétiques. Stalingrad se déroule du fort au faible, et ce n’est que par son extraordinaire force, sa mobilisation exemplaire, que le peuple soviétique pu remonter la pente, quantitativement et qualitativement. Le prêts-bails commençait à peine, bien qu’il joua un rôle dans la capacité de résistance soviétique que seuls les dogmatiques peuvent exclure.
Tandis que la 62ème armée et la 64ème se battaient pour chaque pouce de terrain, la Stavka prépara une opération pour bousculer le cours de la guerre. C’est là une réunion qui est restée célèbre dans les mémoires de Joukov, dans lesquelles il démontre ainsi la manière dont le gouvernement soviétique dirige la guerre. La décision est collégiale, le débat est sincère, les désaccords ne débouchent pas sur des sanctions. Le haut-commandement soviétique se professionnalise, tandis que celui des nazis s’enfonce dans l’irréel.
Joukov lui-même en parle ainsi, pour répondre aux accusations de Khrouchtchev :
« Il faut dire, comme je m’en suis convaincu au cours des longues années de la guerre, que J. Staline n’était pas du tout un homme devant qui les problèmes difficiles ne pouvaient être évoqués ; avec qui on ne pouvait discuter et même défendre énergiquement son point de vue. Si certains affirment le contraire, je dirai simplement que leurs assertions sont fausses. »
Aux séances du Comité d’Etat à la Défense qui se tenaient à n’importe quel moment de la journée, en règle générale au Kremlin ou bien dans la villa de Staline, les problèmes les plus importants étaient étudiés et résolus. Très souvent, aux séances du Comité d’Etat à la Défense, éclataient de vives discussions, au cours desquelles les opinions s’exprimaient de manière précise et tranchée. D’habitude, J. Staline allait et venait autour de la table, écoutant attentivement ceux qui discutaient. Lui-même était peu loquace, et n’aimait pas la prolixité des autres. Souvent, il arrêtait ceux qui parlaient par un « soyez plus brefs » ou « soyez plus clairs ».
Il ouvrait les séances sans mot d’introduction. Il parlait bas, avec aisance uniquement de la question. Il était laconique et formulait clairement ses pensées. J. Staline était un homme volontaire qui, comme on dit, n’avait pas froid aux yeux.
Une seule fois, je l’ai vu assez abattu. Ce fut à l’aube du 22 juin 1941, sa conviction en la possibilité d’éviter la guerre venait d’être détruite.
Après le 22 juin 1941, et pendant la durée de la guerre, J. Staline de concert avec le Comité Central du Parti et le Gouvernement soviétique, assura la ferme direction du Pays, de la guerre et de nos relations internationales »(Mémoires, 1970)
Obligés d’accentuer de jours en jours leurs efforts pour tenter de prendre la ville, les nazis s’enferrent dans un piège. Persuadés d’être les maîtres, ils négligent leurs flancs et leurs protections. Ils se persuadent que l’arrivée de l’hiver sera leur victoire, car les Soviétiques devront se battre sur deux fronts : eux et la Volga impraticable, charriant des blocs de glace.
Ils croient la victoire a portée de main. Chaque jour, les journaux nazis trépignent de ne pouvoir sortir la manchette « Stalingrad gefallen ! » Stalingrad est tombé. Hitler se justifie, disant qu’il ne veut pas d’un nouveau Verdun, qu’il faut réduire petit à petit la poche. Italiens et Roumains, alliés méprisés, gardent leurs arrières, dans le froid, la misère, les privations.
L’offensive soviétique est méticuleusement préparée par Joukov. Il visite lui-même les secteurs du front. L’idée est la suivante : encercler la VIème armée Allemande dans Stalingrad, l’écraser et foncer vers l’ouest, rejeter les hordes d’envahisseurs le plus loin possible.
La lente montée en pression entre la Russie et l’occident.
Dans notre brochure sur la géopolitique américaine, nous avons eu l’occasion d’évoquer les problématiques particulières du rapport entre les USA et la Russie. Les Etats-Unis ne peuvent fondamentalement pas accepter une expansion incontrôlée de la Fédération de Russie, de même que de la part de la Chine, du fait d’un antagonisme géopolitique « génétique ».
Pour résumer brièvement : Dans la conception géopolitique américaine, la Chine et la Russie font partie d’une zone du monde nommée heartland : le pays du cœur. Cet espace continental, à mille lieues de toute mer, formerait un bastion imprenable, une forteresse inexpugnable, qui permettrait à la puissance qui la contrôle d’être à l’abri de tout débarquement de troupes ennemies, de tout raid d’importance, de toute conquête de long terme.
Les exemples militaires ne manquent pas. Les « courtes jambes » de la Luftwaffe, pendant la Seconde Guerre mondiale, n’ont pas permis de frapper les grands centres industriels de l’Oural, laissant intact le potentiel militaire soviétique évacué vers l’est. Dans le même ordre d’idée, l’immensité de la Chine l’a rendue impossible à conquérir par les envahisseurs japonais pendant la guerre de 1931 à 1945.
La grande terreur des USA serait de se retrouver face à une Chine et une Russie ayant un accès illimité au commerce international, capable de concurrencer l’Amérique, économiquement parlant, tout en ne pouvant être contraint militairement.
La chute de l’URSS avait, provisoirement, écarté cette menace. La victoire définitive du libéralisme et du libre-échange, dans l’esprit des tenant de la « fin de l’Histoire », devait conjurer définitivement le risque d’une nouvelle guerre mondiale.
Or, il n’en fut rien. Les Etats capitalistes n’ont que deux destins : devenir impérialistes ou finir par être sous domination d’un autre. La Russie ne déroge pas à cette règle.
Ieltsine était un bon agent, pour l’occident. Il en avait fini avec une URSS chancelante, avait livré l’économie à la prédation des investisseurs, avait livré les populations de la Russie à la misère noire. Sans qu’il soit possible de faire de lui un compradore, il n’en représentait pas moins une assurance d’une Russie faible et vulnérable.
Son dauphin, Vladimir Poutine, a imposé une autre ligne. Depuis son arrivée au pouvoir, en tant que président du gouvernement (premier ministre) le 9 août 1999, la ligne défendue par le nouvel homme fort fut une constante : une mission de restauration de la puissance et de l’influence géopolitique de la Russie dans le monde. Le discours impérial, nourri d’un mélange de nostalgie brejnévienne et tsariste, a trouvé un auditoire et un électorat. L’idée-maître était donc la suivante : La Russie ne sera plus jamais humiliée.
L’arrivée de Poutine
Malgré le fait que les observateurs occidentaux tendent systématiquement à présenter l’élection de Poutine comme le fait d’un coup d’Etat, il est indéniable que l’ancien agent du KGB dispose d’un appui important dans une population russe qui a vu son niveau de vie pulvérisé par la fin de l’Union. L’image présidentielle, virile, solide, dirigiste, plaît. L’attitude face à des questions sociales, vis-à-vis des oligarques, des nouveaux-russes tant haïs, lui a accordé une image de dirigeant sévère mais juste.
Les changements de frontières ont créé un sentiment de mutilation. Celui-ci s’est doublé d’un sentiment d’encerclement : les anciennes démocraties populaires passant dans l’Alliance Atlantique ou rejoignant l’UE, les conflits sur les anciennes marches… L’application, notamment sous la houlette de
Zbinew Bzrezinski, du roll back, a été perçue par les russes comme une volonté de les refouler hors d’Europe. L’installation de régimes antirusses et réactionnaires, en Pologne, en Ukraine, dans les Etats Baltes est apparue comme un retour du « cordon sanitaire » conçu pour isoler la Russie.
L’attitude des membres de l’Union Européenne, sans être aussi agressive frontalement, s’est traduite par la volonté de maintenir un équilibre géopolitique en Europe. Ainsi, au gré des rapports de forces, la Russie à vu se réchauffer et se refroidir tour à tour l’attitude des différents membres de l’UE.
La fin de la guerre de Tchétchénie, réglée par l’usage de la force brute, a redonné à la Russie la maîtrise de son territoire. L’arrêt des combats, malgré la poursuite d’attentats spectaculaires -mais ponctuels- fut le signal de la fin de la reconquête intérieure. Malgré le fait que la région reste en proie a une situation conflictuelle, la poigne de fer des Kadyrov père et fils a étouffé toute révolte d’ampleur.
En 2001, Chine ; Russie ; Kazakhstan ; Kirghizistan ; Tadjikistan et Ouzkekistan, initie une politique de travail commun et de coopération militaire entre ces différents Etats. Elle a été rejointe en 2017 par l’Inde et le Pakistan (!) renforçant l’influence de celle-ci. Cependant, dès sa création, elle est analysée comme une défiance face à l’occident et aux USA. Pire, elle incarne, géographiquement parlant, un avatar du Heartland unifié tant redouté.
Dès cette période un climat de Guerre Froide-bis est apparu. La Russie est revenue sur le devant de la scène comme un adversaire important. Il est apparu au grand jour que l’affaiblissement relatif des USA et de l’occident, à la suite de la crise économique avait permis à la Russie de pouvoir mener de nouveau une politique offensive. Signe avant-coureur, le 7 juin 2007, lors du G8, le président français fraîchement élu, Nicolas Sarkozy, avait été mis « K.O. debout » par son homologue Russe. Après que le premier ait voulu évoquer « des sujets qui fâchent », le second lui aurait rétorqué « C’est bon t’as fini là ? […] Alors maintenant de deux choses l’une, ou bien tu continues sur ce ton et je t’écrase ou alors tu arrêtes de parler comme ça et tu verras. » Une manière de marquer le terrain d’emblée.
La même année, au mois de décembre, la Russie annonce le retour des patrouilles de bombardiers stratégiques autour de son territoire, impulsant ainsi une volonté de frapper les esprits. Les Tu-95 et Tu-22M, capables de faire effectuer des frappes nucléaires, ont ainsi repris l’air de manière régulière.
Un étape a été franchie avec la guerre de Géorgie, en 2008, dans laquelle la Russie est intervenue militairement sur le territoire d’un autre Etat souverain, la Géorgie, dans le but, manifestement cynique, d’appuyer l’indépendance de l’Ossétie du sud. Cette intervention a été la démonstration d’une maîtrise renouvelée de l’art opératif, pour une armée sous-estimée systématiquement, mais également de la faiblesse de l’OTAN et de l’occident, incapable de venir en aide au régime de Saakatchvili, pourtant allié.
Il s’agit d’un moment où une nouvelle dimension apparaît dans les discours. Tout comme à la grande époque du panslavisme, la ligne du Kremlin s’enrichit d’une rhétorique du rôle de la Grande Russie : celle d’être la protectrice des Slaves et de ses peuples.
Aujourd’hui, la Russie communique fortement sur la question des minorités nationales russes présentes -et maltraités- dans les Etats Baltes. Il est vrai que ces immenses populations (près de 40% de la population de la Baltique) sont traité d’une manière particulièrement dure, en particulier en Lettonie, où elles forment des cohortes de citoyens de seconde zone.
La Russie mène désormais une politique d’irrédentisme grand-russien, souhaitant récupérer et intégrer au sein d’un même espace national toutes les communautés russes situées hors de ses frontières nationales. Cet argument a été mis en avant dans l’invasion de la Crimée de 2014 tout comme dans les opérations de protection dans le Donbass au cours de la même année.
Fort logiquement, cette attitude a entraîné une réaction en retour. Les tentatives de la Russie de sortir de l’étau formé par des Etats hostiles se heurtent désormais à une réaction de plus en plus vive.
La France vient d’annoncer qu’elle dépêchait un contingent de 300 hommes et d’une poignée de blindés dans les Etats Baltes. Aux côtés de bataillons de la Bundeswehr dépêchés par la chancelière Angela Merkel, ce contingent contribue à renforcer la présence de l’OTAN dans la région. Le 5e régiment de Dragons, régiment de combattants sur chars, et le 7e régiment de chasseurs alpins ont ainsi été déployés en Lituanie, dans le cadre d’une coalition internationale visant à protéger les Etats Baltes.
Dans le même temps, en Norvège, le patron de l’USMC –United States Marines Corps- déclarait le 16 janvier : «J’espère me tromper mais une guerre approche» tout en appelant un renforcement de la présence militaire US en Scandinavie, tout comme des forces militaires propres de ces pays. Ainsi la Norvège a acheté 52 F-35, improprement appelés F-52 par le président Donald Trump.
Quelle inquiétude secoue donc l’occident ?
Elles sont, de fait, obsédées par un nom, par un lieu : Suwałki et sa trouée.
Rfi notait le 22 janvier : « En Lituanie, trois cents militaires français de la mission Lynx prennent officiellement leur fonction aujourd’hui au sein du bataillon multinational de l’Otan. Ils serviront pendant 8 mois sous commandement allemand, aux côtés de Croates, Belges et Norvégiens, pour un total de 1 200 militaires. »
Suwałki, c’est le graal de la région. Il s’agit d’une petite ville polonaise, à mi-chemin entre la frontière Biélorusse et celle de l’enclave de Kaliningrad. Sa trouée, 50 km, est une minuscule meurtrière, avec deux routes dont une autoroute, qui rattache les Etats Baltes au reste de l’Europe. Tenir la trouée de Suwałki revient à tenir les Etats Baltes dans une poigne d’acier.
Cet espace a donné des sueurs froides à l’occident en Septembre dernier. Et pour cause !
En septembre 2017 l’exercice militaire de la Russie, nommé Zapad-2017 (ouest-2017) a été mis en œuvre. Cet exercice avait pour objectif de simuler une invasion de la part de l’OTAN de la Biélorussie. D’après les estimations fournies et publiées par les différentes agences de presse spécialisées, cet exercice s’est déroulé dans des proportions hors normes.
En 2013, ainsi, 200 wagons de chemin de fer avaient été mis en œuvre pour transporter le matériel. En 2015, ce nombre avait même décru à 125. Pour l’exercice prévu, ce ne sont pas moins de 4 162 qui sont déployés, laissant entendre une quantité au moins 20 fois supérieures de troupes et de matériel.
Le terrain envisagé n’était pas anodin : les forces sont concentrées devant les Etat Baltes. Pour l’occident, les perspectives étaient relativement angoissantes : la géographie des Etats Baltes les rend particulièrement vulnérables à une opération surprise, étant quasiment encerclés par l’alliance -parfois orageuse- entre la Biélorussie et le Russie.
La région est extraordinairement vulnérable à une opération de déstabilisation, aux pressions diplomatiques et militaires de la part de la Russie, d’autant que le climat politique et géopolitique indiquait -et indique toujours- une possibilité de crise non négligeable.
Cet article vise à pouvoir analyser cette situation delà manière qui nous paraît la plus juste possible. L’Unité Communiste de Lyon cherche à éviter les biais de raisonnement nommés campisme et anticampisme. L’un consiste à accorder une nature particulière à l’impérialisme russe, aux BRICS ou à d’autres acteurs géopolitiques, en les couvrant d’un angélisme naïf. Il se marie d’une certaine nostalgie soviétique, qui tente de voir dans le regard de Poutine un reflet rouge.
L’autre, en revanche, est directement issu de la position géopolitique tenue pendant la Guerre Froide par les organisations qui la mettent en avant. Si l’une est nourrie de nostalgie, l’autre est nourrie d’anticommunisme viscéral. Elle se teinte également d’un occidentalisme de bon aloi, qui, In fine, trouve l’impérialisme de ces pays plus doux et plus civilisé que celui des autres.
Nous voulons éviter ces écueils pour pouvoir analyser les choses avec rigueur et justice. A nos yeux, il s’agit de la seule manière de pouvoir, par la suite, se positionner d’une manière juste et rationnelle. Cette brochure est ainsi faite sans procès d’intention, sans accuser de perfidie quiconque. Elle est conçue comme une analyse s’intéressant à la manière dont la Russie se comporte en fonction de ses intérêts. Il s’agit d’actions logiques et cohérentes, rentrant dans un plan établi par la bourgeoisie de cet Etat.
La Russie ne se laisse pas faire.
L’un des avantages stratégiques de la Russie dans le secteur est la possession de l’enclave de Kaliningrad. Elle est le Berlin-ouest contemporain. Une épine fichée profondément dans le pied de l’adversaire. L’ancienne Prusse Orientale, partagée avec la Pologne en 1945, est un bastion, un avant poste et un point d’interdiction.
D’un point de vue géopolitique, la possession de la base navale de Kaliningrad est un atout considérable pour la Russie. Bastion installé de l’autre coté du cordon sanitaire, balcon sur la mer Baltique et forteresse verrouillant celle-ci. L’ancienne Prusse-Orientale est également un garrot autour des états Baltes, les étranglant tant du côté de la terre que d’un point de vue terrestre.
Sur l’échiquier Russe, ce petit territoire est une pièce maîtresse. Même sans confrontation chaude avec l’adversaire occidental, la présence de missiles antinavires Kalibr ou Bastion / Onyx ainsi que de batteries antiaériennes S-300 ou S-400 permet d’opter pour instaurer un déni d’accès aux forces navales de l’OTAN.
Les Kalibr font peur. Ces missiles à longue portée (entre 300 et 2 600 km) sont équipés pour approcher furtivement leur cible, à une vitesse subsonique et au ras de l’eau. Une fois à proximité, ils prennent de la vitesse pour frapper leur cible avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir. Les missiles peuvent même effectuer des manœuvres évasives contre les défenses visant à les abattre. Ils peuvent être lancés à partir de sous-marin, de navires, ou même de simple conteneurs accrochés au châssis d’un camion, donc sont très simples à faire opérer.
Les missiles tirés depuis les navires russes, en Caspienne ou dans la mer Noire, sur les cibles syriennes, étaient un avertissement lancé à l’OTAN sur la possibilité pour la Russie de menacer leurs positions terrestres, mais aussi de montrer la capacité de frappe actuelle contre les forces maritimes américaines.
Cette obsession de faire échec aux groupes aéronavals et de développer une capacité de frappe antinavire prend le pas sur le besoin d’armes stratégiques, déjà disponibles en grand nombre. La création et l’installation, sur de nombreux sous-marins, de lanceurs universels de missiles à changement de milieu, donne du poids à la force de frappe conventionnelle russe, ambitionnant d’arriver à faire jeu égal avec celle de l’OTAN.
Le renouvellement en termes de missiles hypersoniques antinavires russes laisse présager une nouvelle période de vulnérabilité pour les forces de l’OTAN. Tirés depuis des avions de combat, la nouvelle gamme de missiles Zircon est destinée à briser la capacité de projection de forces des USA : sa flotte de guerre.
Les défenses antimissiles et les défenses à courte portée comme les Phalanx peuvent certainement stopper, en créant un écran d’acier, certains missiles. Or, les simulations d’attaque ne mettent pas en jeu un seul appareil lanceur d’engin, mais bien un nombre massif. Le coût financier et humain d’une attaque de saturation resterait toujours inférieur au coût opérationnel et politique de la perte d’un seul porte avion de l’US Navy. Les marges de manœuvres liées à la supériorité navale se réduisent.
Les missiles S-400 Triumph sont l’autre bête noire de l’OTAN. Ces missiles sont conçus pour abattre les appareils furtifs B-2 ou F-22, et donc verrouiller les cieux. Ils peuvent frapper à 60 km depuis le sol, tandis que la version aéroportée, n’ayant pas la montée à effectuer, peut liquider toute cible aérienne à 400 km de distance, atteinte en à peu près 4 minutes, du fait de la vitesse foudroyante du missile.
Une mise en alerte de la base de Kaliningrad et de son système de missile signifierais une paralysie de la flotte de l’OTAN, pourtant pilier essentiel des possibilité de projection de force.
De plus, la Russie dispose d’une défense stratégique importante, qui la met dans un relatif abri vis-à-vis des pressions extérieures. La Russie déploie une centaine d’Anti Ballistic Missiles autour de la région de Moscou, et probablement en protection des zones stratégiques. Dans le cas d’une neutralisation mutuelle au niveau de la force de frappe nucléaire, ce sont les forces conventionnelles qui seront déterminantes.
La nouvelle doctrine Russe sur l’emploi des forces nucléaires est moins agressive que celle de la période de l’invasion de la Géorgie. La guerre dans le Caucase était une réelle prise de risque, à l’époque. Il n’était pas forcément évident de connaître la réaction occidentale. En 2008, les déclarations russes tendaient à insister lourdement sur l’usage de l’arme atomique de manière préemptive en cas de menace sur la sécurité nationale.
Aujourd’hui, et ce malgré l’invasion de la Crimée, la doctrine russe s’est montrée plus souple, n’indiquant plus qu’un usage « en cas d’une agression massive à l’arme conventionnelle mettant en danger l’existence même de l’Etat. » Dans le cas de figure Criméen, l’invasion rapide a été doublée d’une dissuasion de toute tentative de faire barrage à celle-ci, par la menace de l’arme nucléaire. D’une manière particulièrement intelligente, la Russie a immédiatement opté pour une désescalade après son coup de force ukrainien. Cet effort important s’est immédiatement doublé d’une attitude pacifique envers les autres acteurs, d’une absence de poursuite en nouvelle-Russie, en somme d’une mise en œuvre d’une politique d’attente que soit acté le fait accompli.
La dissuasion nucléaire occidentale apparaît comme faiblarde comparativement à celle de la Russie. Politiquement, il paraît invraisemblable de voir la France utiliser l’arme nucléaire contre un acteur, aussi menaçant soit-il. Cela exigerait une unité de volonté qui n’apparaît pas, à l’heure actuelle.
Appliquée au cas de la trouée de Suwałki, un coup de force suivi d’une désescalade pourrait aboutir, le précédent ukrainien l’indiquant, à une politique d’acceptation doublée de sanctions symboliques et temporaires.
D’autant que l’OTAN est faible dans le secteur et que sa marge de manœuvre est drastiquement limitée.
Une OTAN Faible tactiquement.
La grande majorité des armées de l’OTAN sont des armées bâties sur le modèle d’une intervention expresse. Elles ne sont pas conçues pour un affrontement symétrique entre deux forces possédant un gabarit globalement similaire. De plus, les forces de l’OTAN et Russes sont construites autour de philosophies diamétralement opposées.
A la suite de la crise ukrainienne, l’OTAN a organisé une campagne de réassurance en direction des Etats Baltes et de la Pologne. De l’aveu même de Antoni Mancierwiecz, les forces occidentales ne pourraient absolument pas être en mesure de stopper une offensive militaire de la part de l’armée russe. Ce n’est par ailleurs pas son but, qui serait uniquement de la dissuader. Par ailleurs, le même interlocuteur semble être convaincu qu’un seul bataillon de l’OTAN présent serait un danger suffisant pour faire renoncer la Russie à tout projet. Le risque d’un entraînement paraît suffisamment dissuasif.
L’OTAN a déployé un certain nombre de forces, hétéroclites et relativement faibles en prévision de l’exercice ZAPAD – 2017 : Une brigade US composée de 84 blindés Abrams. Un petit millier de britanniques, équipés en Challenger 2 ; Une poignée de chars Leclerc (4) ; ainsi qu’un contingent multi national dirigé par le Canada, comprenant des unités espagnoles, italiennes polonaises, slovènes et albanaises. Pour une des rares fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands sont également mobilisés, armés d’obusiers mobiles et de chars de combat Léopard 2.
Les forces de l’OTAN sont dans une triple situation d’infériorité : Militairement, ils ne représentent rien face aux troupes russes et biélorusses qui pourraient être engagées dans une épreuve de force. Ils disposent, en outre, d’un matériel tout terrain déficient, inadapté aux conditions des Etats Baltes. Si jamais les états occidentaux souhaitent intervenir, le format de leur armée le permet difficilement et ne leur permet pas d’espérer une supériorité quelconque. Géographiquement, ils sont pris au piège dans une poche facile à isoler par la voie terrestre. Politiquement, l’unité de volonté russe apparaît comme relativement forte comparée à celle des pays occidentaux. La Russie peut politiquement accepter des pertes humaines et matérielles, chose difficile à tolérer pour l’OTAN.
Pour saisir d’une manière globale la situation géopolitique sous-jacente, l’Unité Communiste de Lyon propose de faire un retour dans le passé.
Halte à la campagne de propagande de guerre contre la Corée du Nord.
Quelle menace peut bien représenter la Corée du Nord pour la paix mondiale ? Il faudrait qu’elle soit pourtant immense pour justifier que chaque semaine, chaque jour, de nouveaux articles de presse, de nouveaux discours qui la ciblent comme l’ennemi à abattre. Jours après jours les appels à attaquer ce pays se multiplient, tout comme nombre d’articles soulignant sa terrible dangerosité.
Certes jours derniers, la Corée du Nord a notamment annoncé avoir procédé à un nouvel essai nucléaire, celui d’une bombe à hydrogène. Cet essaie entrainant une série de nouveaux appels à sanctions, notamment de la part du dirigeant US Donald Trump. Celui-ci, d’après les analystes de l’IRIS [Institut de Recherche et d’Initiative Stratégique] n’exclurait pas une utilisation de frappes « chirurgicales » et un recours à la force armée, option déjà envisagée à plusieurs reprises.
Son dirigeant, son arsenal nucléaire, ses forces conventionnelles, ses hackers semblent autant d’épées de Damoclès au dessus d’un monde présenté comme en paix. Elle est régulièrement, dans les films (The interview) ; dans les jeux vidéos (Crysis) montrée comme un monstre agressif et criminel.
Cette campagne pour attaquer la Corée du Nord serait, dans le fond, une croisade pour l’humanité, pour l’humanitaire, pour la démocratie, pour la paix et pour l’amour et la fraternité entre les peuples. Une croisade orchestrée au premier chef par des individus magnifiques, des paladins de la paix, tels Donald Trump et Emmanuel Macron.
Et cela marche. Cela marche même particulièrement bien, puisque même des opposants virulents à ces cliques sont prêts à marcher en première ligne pour écraser -de nouveau- Pyongyang sous les bombes. Ils peignent d’ores et déjà Kim Jong-Un en nouvel Hitler et rêvent de le massacrer.
Que les choses soient claires, il ne s’agit pas pour nous de porter aux nues le Juche, de clamer les grandeurs de la direction du Parti du Travail de Corée, ou encore de tresser des couronnes à son dirigeant. Ce n’est pas notre propos. Nous pensons que bien des éléments sont à critiquer sur la situation Nord Coréenne. Nous ne saurions pour autant en faire une critique point par point, car, une nouvelle fois, les éléments et la connaissance précises de la situation manquent.
Par un paradoxe fascinant, la propagande contre la RPDC dispose d’une portée immense. Y compris dans les rangs des forces de gauche, parmi même un grand nombre de révolutionnaires déclarés. Celles et ceux qui, dans les déclarations des capitalistes, sont capables de voir ce qui relève de la propagande, ici, voient leur esprit si critique anesthésié quant le sujet vient à la Corée. Tout comme sur l’URSS, sur la Chine populaire ou sur l’Albanie, un deux poids deux mesures est fait. Ainsi, tout est cru, tant que cela frappe le pays.
Les mensonges odieux sont ainsi repris et amplifiés. Les légendes sur la circulation de biographies racontant que Kim Il Sung savait composer des sonates à deux ans, le fait que les Coréens du nord croiraient dans des licornes ou dans des dragons… Toute logique s’efface quand les arguments anticommunistes apparaissent. Equipe de foot fusillées, exécutions au canon de 23mm, tout est permis, sans restriction.
Cette propagande cherche à présenter la direction de la RPDC comme folle furieuse et inconséquente.
Pyongyang rasée par les bombardiers US pendant la guerre de Corée.
Sans soutenir positivement la Corée, nous ne doutons pas que les dirigeants de la Corée du Nord ne sont pas les enfants turbulents, les voyous, prêts à lancer leurs armes nucléaires pour assouvir une fictive volonté de domination mondiale. La guerre, le peuple coréen n’en connaît que trop bien le prix. Les dévastations de la guerre de Corée, fruit de la volonté de partition imposée par les USA, marque encore les esprits. Les bombardements, les armes bactériologiques, les viols commis par les troupes de l’ONU… 4 millions de morts en tout, causés uniquement pour faire barrage à la lame de fond révolutionnaire et anti-impérialiste, entre 1950 et 1953.
Nul doute que le gouvernement nord-coréen n’est pas la seigneurie de la guerre qu’on nous présente. Nul doute que la politique de sanctuarisation du territoire, qui justifie l’arme atomique, répond à une menace, une pression extérieure. L’armée coréenne n’a pas la force de conquérir la péninsule. Elle n’est qu’une force de sauvegarde, donc le budget étrangle la population et entretient un pléthorique corps d’officiers.
Un prix a payer pour ne pas être balayé, pour conserver une indépendance politique. Le régime Nord Coréen se débat dans une nasse qui lui a été très majoritairement imposée par un environnement extérieur hostile.
Depuis les années 50 les pressions contre cet Etat pacifique n’ont pas cessé. La RPDC n’a de revendication territoriale qu’un fond marin, dont le tracé frontalier fut fait à son grand désavantage, elle ne mène pas d’invasion, de bombardements, d’annexion, n’occupe pas d’autres pays, ne pratique pas la politique de la sanction punitive contre les nations jugées turbulentes.
Dans ce contexte, comment la blâmer de développer l’arme nucléaire ? Après tout, le monopole de la possession de cette arme par les « grands » est la garantie de leur dissuasion. Les « petits » devraient donc être vassalisés pour être protégés ? Est-ce là une leçon de justice, que de refuser les moyens de se protéger à l’agressé ?
Pourtant, c’est précisément ce qui se déroule sous nos yeux. Et, pour s’être mal comportée, on inflige à sa population les carences, les embargos. On inflige le barrage à celles et ceux qui n’ont d’autres torts que de vouloir se protéger des menaces constantes.
Certains arguent que les « libérer » du régime leur rendraient service. Que le régime est mauvais et néfaste. Bien que les sources de ces arguments soient partiales et -parfois- ridicules, là n’est, de toute manière, pas la question. Il n’est pas nécessaire d’être un amoureux du régime pour trouver curieux cette campagne. Il n’est pas nécessaire d’être un partisan du Juche pour flairer quelque chose de nauséabond dans cette affaire.
Depuis quand, sous prétexte que le régime nous déplait, marchons-nous avec les fauteurs de guerre, avec les criminels, avec les éventreurs de villes et les violeurs ? Nous n’acceptons pas une seule bombe impérialiste.
Combien d’abominables dictatures sanglantes et corrompues existent par delà le monde ? Combien d’entre-elles font passer la Corée du Nord pour un paradis ?
Elles n’ont pas la faveur des médias un tant soit peu indépendants, elles sont parfois sermonnées par les dirigeants du « monde civilisé »… entre deux signatures de contrats. Elles ne souffrent d’aucunes menaces, d’aucune sanctions. Pourquoi cette incohérence ?
Pourquoi un régime égalitaire comme la RPDC est il ciblé, tandis que les monarchies obscurantistes du Golfe vivent en paix, tandis les birmans génocident allègrement, avec la complicité du « prix nobel de la paix » Aung San Suu Kyi, soutenue par les agents impérialistes et notamment ceux de la firme Total?
Les bonnes dictatures collaborent économiquement avec les impérialistes. Certes, certaines font tâche et les exactions commises sont parfois gênantes. Mais tant qu’elles livrent l’or noir, leurs ressources souterraines, tant qu’elles luttent contre les mouvements de libération nationale, elles sont des amies des différents blocs impérialistes. Gare à eux, cependant, de ne pas commettre l’outrecuidance de se croire indépendants !
La Côte d’Ivroire de Gbagbo était un parangon de vertu pour la France, jusqu’à ce que son gouvernement se décide à signer des contrats avec les chinois. Même chose pour un Kadhafi, invité d’honneur de Sarkozy, à l’époque, par la suite éliminé après avoir ouvert Benghazi aux navires russes. Même chose encore concernant la famille Assad, amie de la France jusqu’à l’alignement sur l’orbite moscovite.
L’avis sur ces régimes s’est radicalement mué en un temps record, lorsque les laquais n’ont plus aussi bien obéi. Or, l’un des reproches, si ce n’est le plus fondamental fait à la Corée du Nord, c’est bel et bien de laisser son marché intérieur hors de la mondialisation, hors des appétits sournois, c’est bel et bien d’être hors-jeu. Mais c’est bel et bien, et ce, malgré elle, le fait d’être aussi un pivot géopolitique.
Car, que cherchent les USA à provoquer ainsi l’escalade ?
1) Effrayer la Chine.
Fondamentalement, la pression sur la Corée du Nord est une manière de s’attaquer à plus faible que soi, de faire une démonstration de force. Une démonstration de force dirigée indirectement contre la puissance montante de la région, contre le nouvel acteur incontournable : la Chine.
Trump ne tarit pas d’éloges envers Poutine -pour le moment- mais ne manque pas d’invectiver l’Empire du milieu. Elle est de plus en plus perçue comme une menace stratégique pour la primauté des USA dans le Pacifique, d’autant que près de 90% du commerce mondial circulera dans cet océan d’ici quelques décennies.
Or la Chine ne restera pas cloîtrée sur son territoire, elle cherche à s’étendre, à investir, à acheter, à vendre. Fatalement, se pose la question des lignes de communication et de leur sécurité. Fatalement se pose la question de la projection de force -à laquelle la Chine tente de répondre par ses commandes de porte-avions. Fatalement, se pose la question de la rivalité, dans un monde plein, entre USA et Chine.
2) Discipliner la Corée du Sud.
La chute du régime de Park Chung-Hye et l’élection de Moon Jae-In ne laissent pas les USA indifférents. Ces événements ont suscité très rapidement l’envoi de navires de guerre vers les eaux coréennes. Le passage d’un régime farouchement anti-RPDC à une ligne ouverte au dialogue est loin de faire les affaires des américains.
La Corée est un des secteurs stratégiques dans la pensée géopolitique américaine. Elle est un des points à tenir coûte que coûte. Cela expliquât notamment l’engagement militaire de la guerre de Corée. Dans l’esprit US, la paix et la réunification de la Corée sont exclus. Ils donneraient naissance à une péninsule trop faible pour jouer un rôle géopolitique fort, entre les deux puissances : Japon et Chine. Dès lors, la Corée serait immanquablement intégrée dans une orbite.
Celle du Japon est exclue, tant la colère et le ressentiment des coréens contre l’occupation japonaise est vivace. Tant les crimes et les massacres, jamais reconnus, marquent les mémoires.
Une Corée unifiée deviendrait partie intégrante du dispositif chinois et ferait peser une insupportable menace sur le Japon.
Bien que le régime de Moon Jae-In soit particulièrement intéressé par les ressources minières et la main d’œuvre de la Corée du Nord, bien qu’il s’agisse là d’appétits économiques voraces, cette volonté de paix est le reflet d’un sincère désire et d’un sentiment qui existe dans la population sud-coréenne. Elle est positive en ce sens là. l’affaiblissement de la chape de plomb dictatoriale délivre le pays. Même les rumeurs des tabloïds pitoyables, inventant mensonges sur mensonges sur la RPDC ne suffisent pas à créer un sentiment belliqueux chez eux.
La présence militaire US s’est renforcée, et les essais nucléaires coréens servent de justification à ce renforcement. Les USA, cependant, s’en servent pour maintenir une domination et une occupation sur la péninsule, dans le but de la rattacher de force à leur orbite géopolitique.
3) Restaurer la domination dans le Pacifique
Avec le relatif affaiblissement US, le Pacifique menace de ne plus valoir son nom. Le recul de l’influence étasunienne fait émerger des régimes qui ne s’alignent plus avec l’unique polarité possible dans la région depuis 1945.
Le régime de Duterte, aux Philippines, à ainsi rompu un certains nombre d’accords commerciaux avec les USA, notamment sur le plan militaire. Pourtant, depuis sa conquête en 1898-1899 par les USA, prise aux Espagnols, les Philippines étaient vues comme un des flanc-garde de l’océan Pacifique, véritable oceanus nostrum des USA.
Même la fidèle Taiwan montre parfois des oscillations inquiétantes, tandis que l’île est un verrou essentiel dans le dispositif de containement américain, toujours actif.
Le Japon, lui aussi, réarme et se rééquipe. Il se rééquipe face à la montée de la Chine, pour épauler les USA. Mais cette montée en puissance contrôlée et appuyée n’est pas sans évoquer celle du Japon de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, lorsque l’Angleterre le soutint contre la Russie. Pourtant, cela n’a nullement empêché les deux alliés de se retrouver aux prises l’un contre l’autre, lorsque les circonstances changèrent.
La montée en puissance, militairement, des différents acteurs facilite ces escalades, lesquelles peuvent parfois être aussi explosives qu’un baril de poudre.
Les communistes n’applaudissent pas les bombardiers impérialistes.
Dans ce contexte de montée des tensions, les doivent combattre la propagande de guerre impérialiste. Il n’existe nulle raison valable de porter la mort, de porter le feu sur la RPDC. Cette possible escalade doit être combattue. D’autant que si jamais l’Etat français s’invite dans l’affaire, cela ne sera nullement par humanisme, mais bien par un vorace appétit de marchés.
Nous sommes pour la paix entre les peuples et entre les nations. Les invasions, les guerres de rapines, les annexions et les déstabilisations n’entraînent que mort de dévastation, pour le profit des grands capitalistes, payés pas le sang des masses.
Nous sommes pour la révolution prolétarienne et la solidarité internationale. Nous sommes hostiles à toute action militaire contre le régime nord-coréen. Nous considérons que son opposition à l’ingérence étrangère et à l’impérialisme américain est juste.
Même au sein des dictatures réactionnaires, et nous ne caractérisons pas la RPDC ainsi, la voie du changement ne peut passer qu’au travers de l’action des masses de ces mêmes états. Celles et ceux qui applaudissent les bombardements en prétextant que ceux-ci vont améliorer la situation apportent, de fait, un soutien aux agresseurs impérialistes.
Même un opposant complet au régime de Kim Jong-Un se doit de comprendre cela.
Les bombardements et les invasions n’apportent que le malheur, la misère et la domination impérialiste.
Halte à l’escalade contre la République Populaire et Démocratique de Corée ! Halte au jeu dangereux des agresseurs.
Paix entre les peuples ! Guerre entre les classes !
Le 19 février, le gouvernement de la République Populaire de Chine a annoncé sa décision de cesser toutes se importations de charbon en provenance de la Corée du Nord. Le ministère du commerce a ainsi indiqué que cette suspension provisoire sera maintenue jusqu’au 31 décembre.
La raison de cette sanction contre le régime de Pyongyang trouve sa source dans le nouveau test, effectué quelques jours auparavant, d’un missile balistique Pukguksong-2. Ce test à suscité un vif émoi au sein des Etat-majors Japonais et Américains.
Bien que la Chine maintienne une position de négociation à six [Les deux Corées, le Japon, la Russie, la Chine et les USA] autour de la question du nucléaire nord-coréen, elle a pour la première fois accepté d’appliquer des sanctions directes contre la RPDC.
Les échanges commerciaux entre la RPC et la RPDC représentent les liens économiques le plus importants, en terme de volume, pour l’Etat du Juche. L’embargo contribue à étrangler une économie déjà anémiée par des années de sanctions internationales.
Nous n’avons pas, au sein de l’Unité Communiste de Lyon, de position précisément définie sur le régime Nord Coréen. D’une part car ce régime est difficile à analyser, faute d’informations fiables, d’autre part car nous n’en avons simplement pas eu le temps ou les moyens. La Corée du Nord ne fait pas partie des pays envers lesquels nous exprimons un soutien positif. Nous considérons qu’a l’heure actuelle, ce régime apparait globalement comme un régime de nationalisme bourgeois social.
Nous restons également circonspects sur ce régime, dans le sens où nous nous méfions du fait de crier avec la meute déchaînée de loups, avide de rumeurs sur cet Etat. Nous regardons avec une certaine répugnance la campagne d’acharnement, d’autant qu’elle est orchestrée par des Etats impérialistes, portant la mort, la misère et le crime partout sur leur passage. Dans le sens également où il nous paraît bien plus pressant de condamner d’autres régimes avant celui dirigé par Kim Jong-Un.
Présentée comme l’archétype de l’Etat « méchant », la Corée du Nord est pourtant avant tout un état qui lutte contre l’impérialisme, qui tente d’exister indépendamment de toute vassalité et assujettissement face à un autre Etat. C’est également un Etat qui essaie d’obtenir la légitime réunification de la péninsule. Le régime Sud-Coréen, dans lequel les sectes anticommunistes et obscurantistes tirent les ficelles du pouvoir, apparaît comme un havre de paix.
Etrange havre ou les militants pour la réunification, les communistes et les syndicalistes sont menacés et torturés par la police.
La réunification elle-même est un casus belli pour les USA, qui se doutent bien qu’une Corée unifiée et indépendante aurait plus tendance à balancer -dans la rivalité entre la Chine et le Japon- du côté de la première, tant le sentiment anti-japonais est encore présent. Rien qu’à titre d’exemple, participante au malheureux programme F-35 soutenu par les USA, la Corée du Sud fait pourtant le choix d’entretenir ses appareils en Australie plutôt qu’au Japon tout proche, tant la défiance est fort.
Dans ce cadre, comment comprenons nous les sanctions ?
La Corée du Nord, hormis une rectification de frontière maritime demandé au Sud, source de conflits depuis la partition, ne fait pas partie des pays les plus agressifs de la planète. Elle ne lance pas d’opérations à l’étranger, ne déploie pas d’armée dans des bases militaires extérieures, ne revendique pas de territoire. En revanche, elle est une cible géopolitique récurrente.
Le budget militaire consomme une quantité astronomique de ressources, quant on songe au PIB relativement faible de l’Etat.
Le développement de la bombe atomique, ainsi que de missiles longue portée, est dans ce cadre un choix rationnel, permettant de sanctuariser le territoire tout en limitant le format des forces conventionnelles.
L’opposition et les sanctions que subit la Corée du Nord quant à ce programme révèlent, non pas de la sûreté de la paix mondiale, mais bien d’une punition contre ces Etats cherchant à se soustraire à l’autorité des « grands ». C’est la sanctuarisation du territoire qui est condamnée.
L’arme atomique, dans l’esprit des grandes puissances impérialistes, doit rester l’apanage des arbitres de ce monde. En sanctuarisant son territoire, la Corée fait fondamentalement un doigt d’honneur à ceux qui voudraient la transformer en régime croupion, Chine y compris.
Car tel est ce que nous pouvons déterminer de la position chinoise. Un aveu du fait que ce sont les rapports de suzeraineté et de vassalité quoi doivent décider de la sécurité des Etats, et non pas leur propre capacité à pouvoir assurer leur protection. Cette attitude est digne de celle de la France, lorsqu’elle sabote tout projet d’armée Africaine, pour maintenir les états dans son giron, par la dépendance militaire.
La RPC se démasque comme un Etat impérialiste, voulant satelliser et rendre tributaire les Etats qu’elle domine.
Bien que nous puissions formuler des critiques fondamentales vis-à-vis de la République Populaire et Démocratique de Corée, nous ne saurions renier son droit à l’indépendance vis-à-vis des grande puissances militaires. Nous considérons que la paix mondiale n’est pas garantie par la dissuasion, cette dernière ne garantit que la sécurité des impérialistes.
Nous réclamons le fait que les sanctions contre la RPDC soient levées intégralement. Elles sont hypocrites et criminelles. Nous considérons qu’un débat sur le désarmement général, et nucléaire en particulier, ne peut avoir lieu sans une bonne volonté générale. Or cette bonne volonté se heurte aux intérêts des capitalistes et des impérialistes. Ces intérêts forment un infranchissable Himalaya, que seule la lutte des classes peut franchir.
Quelle erreur de croire que les armes nucléaires protégerons les impérialistes de la lutte des classes. Elle n’est, comme l’écrit Mao Zedong, qu’un « Tigre de Papier ». Jamais la bourgeoisie ne pourra échapper au fait qu’elle creuse sa tombe, jour après jour.
Tout comme le mouvement communiste s’opposera aux guerres contre les peuples, il organisera celle contre les classes !
Les cendres encore chaudes de la Première Guerre Mondiale.
La onzième heure du onzième jour du onzième mois de l'année mille neuf-cent dix-huit, le clairon sonnait la fin des hostilités à la suite d'une guerre démarrée quatre années plus tôt. Des millions de morts plus tard, l'épreuve de force entre deux coalitions impérialistes prenait fin.
Américains, français et britanniques, accompagnés de celle de l'Empire Russe face aux intérêts tout aussi rapaces des empires centraux, de l'Autriche-Hongrie mourante, de l'Empire Allemand montant, et d'un Empire Ottoman à bout de souffle.
Ce conflit s'est étendu sur l'intégralité du globe, de l'aventure des marins des l'amiral Graf von Spee dans les Iles Bismarck, dans les colonies d'Afrique, dans l'impasse des Dardanelles comme dans les boucheries de Tannenberg et de Verdun.
Les banquiers, les marchands d'armes s'en sont frotté les mains, engrangeant par millions, par milliards les bénéfices, tandis que le sang des prolétaires, mais aussi des peuples colonisés, se mêlait à l'acier et aux gaz en une apocalypse criminelle.
Cette guerre, cependant, effraya les bourgeoisies du Monde entier. Elle donna naissance à leur cauchemar concrétisé: la révolution communiste. Celle d'union soviétique souleva un espoir gigantesque pour les masses et les peuples opprimés, apparaissant comme un champion de la liberté et de la paix. Celles d'Europe, les tentatives de Bavière, de Finlande, de Hongrie, de Berlin, de Strasbourg furent écrasés sans pitié par les capitalistes et leurs laquais, qu'ils fussent corps francs ou sociaux-démocrates. Dès la fin de la guerre, les armées de tous les pays impérialistes et capitalistes furent dirigés contre la République des Soviets, où elles furent défaites.
La Grande Guerre Impérialiste accouchait ainsi de sa propre négation, la révolution soviétique. La croisade antibolchevique lancée dans les années quarante accouchera d'une négation encore plus grande: de 1/6, le Monde libéré s'est porté à près de la moitié de la population mondiale.
Symétrie, cent ans après.
Aujourd'hui, alors que les capitalistes et leurs alliés de gauche et de droite se réjouissent de la défaite -temporaire- du communisme, les cendres de la première guerre mondiale n'ont jamais été plus chaudes.
Les tensions internationales, près de cent ans après la fin de la seconde guerre mondiale n'ont jamais été aussi fortes depuis la fin de la guerre froide. Pourtant elles étaient tempérées à ce moment par la menace de la dissuasion nucléaire crédible, de la parité militaire est-ouest.
La pax americana proclamée comme une ère nouvelle, éternelle, n'est plus. Ceux qui prêtaient une crédibilité quelconque à cette thèse se vautrent dans les conceptions du super-impérialisme de Karl Kautsky et des révisionnistes. Le monopole américain, pourrissant, ne pouvait se maintenir, et les bourgeoisies n'acceptent pas de se faire dicter leur conduite à tenir. Elles respectent leur destin de classe: devenir impérialistes, réclamer leur place au soleil, comme le formulait Otto von Bismarck, ou accepter de devenir compradores, de simples clients.
Ni la bourgeoisie française, ni la bourgeoisie chinoise, ni la bourgeoisie russe ou allemande n'acceptent de devenir des compradores. Elles choisissent donc la voie adaptée à leurs intérêts.
Les élections américaines sont significatives: La période Bush père et Clinton consacraient les USA comme la seule hyperpuissance, gendarme du Monde, triomphante. C'est la période de la guerre du Golfe, la période de la grande coalition red white and blue.
La période suivante marque un premier recul. L'élection de Vladimir Poutine sur un programme de restauration de la grandeur impériale, de défi vers l'occident, marque un retour d'un nouvel acteur dans la partie. Le 11 septembre 2001 est un réel trauma pour les USA, lesquels se sentent de nouveau vulnérables, comprennent que les menaces sur leur hégémonie se sont adaptées, mais que leur dispositif militaire issu de la guerre froide, lui, non. Depuis, l'échec de la guerre en Afghanistan, en Irak, démontre que ce n'est toujours pas le cas. L'opposition de la France à la guerre en Irak, qui faisait partie de sa sphère de marché, marque une fissure, relative certes, dans la coalition.
L'Amérique de Bush fils est une Amérique belliqueuse, agressive, mais en perte de vitesse. Dans les discours, elle est toujours la superpuissance, mais la posture d'Obama, son discours, marque un nouveau recul. L'année de son élection, l'année 2008, est une année qui marque un recul important: Les américains lâchent la Géorgie de Saakachvili, aspirant pourtant à rejoindre l'OTAN. L'armée Russe, qui s'est illustrée par sa capacité opérationnelle à aplatir la résistance Tchétchène, au mépris des pertes et des vies humaines, par son utilisation de la force brute, écrase également l'armée géorgienne.
Les deux mandats d'Obama marquent un fléchissement plus important. Le discours est moins arrogant, plus réaliste, plus basé sur les liens d'alliances, sur une tendance à répugner à s'engager plus en avant dans des aventures militaires. En bref, le régime gère. Il prend peu d'initiatives, temporise même l'agressivité d'Israël, s'humilie devant la face du Monde avec ses "lignes rouges" contre Bachar Al Assad. Comparativement l'impérialisme français, qui s'engage dans la guerre au Mali, dans les bombardements contre la Libye, dans le soutien à peine voilé aux opposants à Bachar, mais également dans les coups tordus et coups d'Etat, l'exemple même étant la Côte d'Ivoire.
L'arrivée de Trump au pouvoir soulève bien des interrogations dans un monde qui devient de plus en plus multipolaire. L'aigle américain n'est pas mort, loin de là, mais il a le plumage terni. La ligne défendue par l'inénarrable candidat américain, par ce roi de la provocation, est intéressante à étudier.
Selon l'analyse et la compilation du programme par Igniacio Ramonet, Trump se marque comme un recul de l'impérialisme américain. L'application de son programme serait même un saut périlleux arrière. Son protectionnisme militant, sa déclaration de vouloir rompre avec l'ALENA, qu'il estime contraire aux intérêts américains, de remettre des barrières douanières, n'est pas la déclaration d'un bourgeois triomphant, mais bien de celui du repli. Populisme ou réalisme ? La question reste en suspens.
« Il n’y aura plus de garantie d’une protection automatique des Etats-Unis envers les pays membres de l’OTAN. » La déclaration sonne comme un coup de tonnerre. Cette déclaration est une rupture complète avec les principes même de l'organisation. Si elle est passée à peu près inaperçue en occident, elle a été très bien reçue par Moscou, qui, également, a approuvé la proposition d'acter l'annexion de la Crimée.
Parité militaire en danger ?
Le programme militaire américain, quant à lui, marque le pas. La Russie ne s'est pas privée de parader, pour les 70 ans de la victoire contre l'ogre hitlérien, avec son nouveau matériel de combat, ses Soukhoï T-50, les derniers nés de son programme de chasseurs cinquième génération. Cette année, c'est le T-14 Armata, le char le plus moderne du Monde, qui défile sous les acclamations. Le salon naval IMDS de 2015 a également révélé son lot de surprises: une nouvelle gamme de forces maritimes, renforcement bienvenu dans une politique de contrôle des mers nouvelles du pôle. Mais l'élément le plus significatif est le Projekt 23000 Shtrom -tempête-, un porte-avion géant de 90 à 100 000 tonnes de déplacement -à comparer aux 88 000 tonnes du Ronald Reagan américain-.
De son côté, la Chine n'est pas en reste, avec la sortie officielle du J-20, lui aussi classé en avion de chasse de cinquième génération, et dont les caractéristiques restent à l'heure actuelle spéculatives. Sa modernisation du porte-avion Liaoning se poursuit, un sister-ship est par ailleurs en construction, avec des caractéristiques modernisées. Surtout, la RPC vient de franchir un bond technologique énorme, en mettant au point son premier radar quantique. Le CETC, qui peut détecter des appareil furtifs, indépendamment de leur camouflage, jusqu'à cent kilomètres de distance, pose une question cruciale quant à la suprématie technologique américaine. De même, le premier satellite de communications quantique Micius inquiète les services de renseignement du Monde entier.
De son côté, l'armée américaine semble dans une passe complexe. Malgré une suprématie indéniable en terme de projection de force et en terme de puissance de feu à longue portée, cette suprématie se heurte à des bottlenecks, des goulots d'étranglement importants.
Le programme F-35, lancé en 1996, déjà émaillé de problèmes, ne trouve aucune résolution satisfaisante. L'avion est simplement mauvais, vulnérable, victime d'une inflation budgétaire terrifiante. A tel point que ses acheteurs se détournent maintenant, le concentré de technologie ne justifiant pas le coût, financier et opérationnel. Pire encore, plusieurs téraoctets de données ont été piratées, les soupçons se portant sur la Chine, rendant l'appareil aussi translucide que si il était de cristal, aux yeux des analystes étrangers.
L'Army, elle aussi, abandonne plusieurs concepts de blindés, censés remplacer le M1A1 Abrams, vieux de près de quarante ans, et censés compléter la gamme pour le combat urbain. L'improvisation continue, pour une armée comptant de plus en plus sur ses contractuels des S.M.P [sociétés militaires privées], qui paient le plus lourd tribut en pertes, mais permettent de prétendre que le no boots in ground est toujours valable.
La Navy quant à elle, vient d'annuler une série de projets de croiseurs multi-rôles, lesquels se sont heurtés à un échec complet, tandis que ses projets de porte-avions se heurtent à des écueils budgétaires, ainsi qu'à l'incertitude de la nouvelle élection.
La loi d'Augustine, sur l'inflation logarithmique des coûts, les industriels se gavant de bénéfices monstrueux au passage, réduisent le format des armées occidentales, tandis que le choix d'une technologie plus fruste, plus accessible, plus éprouvée, par d'autres, permettent une capacité opérationnelle plus importante, et , surtout, sur une plus grande durée qu'une blitzkrieg version 2000.
L'armée Française n'a pas brillé non plus ces dernières années. Le modèle monopolistique, Nexter et Dassault aviation se partagent le marché des armes lourdes et aériennes, ne permet à l'armée française que des opérations digne des guerres coloniales, avec un format réduit.
L'épreuve de la guerre de Syrie, véritable guerre d'Espagne-bis quant à l'application des doctrines de chaque forces, à montré l'incapacité de cette dernière à pouvoir soutenir de manière efficace les troupes au sol, au contraire des Russes, fervents utilisateurs du choc en profondeur et de l'opératique. Pendant ce temps, dans le reste du Monde, le réarmement est la tendance générale, que cela soit au Japon, où le militarisme renaît, en Corée du Sud, mais également dans un Caucase toujours brûlant.
D'une manière générale, les armées issues de la guerre froide ne sont pas en mesure de répondre aux nouvelles conflictualités et aux nouvelles formes de combat asymétriques.
Le doute marque partout.
Les incertitudes subsistent. Et ces incertitudes sont favorables à l'entropie, la tendance au chaos.
Pour supprimer l'inévitabilité des guerres, il faut détruire l'impérialisme.
J. Staline cité in Les problèmes économiques du socialisme en URSS.
Aujourd'hui, la symétrie entre notre situation et celle d'il y a un siècle peut frapper. Les terrains d'affrontement pour un repartage du Monde entre puissances impérialistes ne manquent pas. Le cas ukrainien est symbolique, de même que la tentative de coup d'Etat au Monténégro. L'Europe reste un terrain privilégié de la conflictualité et des rivalités.
La guerre peut surgir du Pacifique, du pôle Nord, du Caucase ou du Moyen-Orient, mais la seule certitude est qu'elle finira par surgir. C'est une loi inévitable du capitalisme, celle de l'inégalité de développement, mais aussi celle du pourrissement qu'induit le capitalisme monopolistique. Les impérialisme dominants se succèdent, mais leur passation ne se fait jamais dans la douceur et la tendresse, le plus souvent dans le sang et les flammes.
Aujourd'hui, la tendance au conflit est toujours présente. Elle le sera tant que le capitalisme et l'impérialisme n'auront pas été liquidés. Ni le libéralisme, ni le protectionnisme ne sont des barrières à la rapacité du capitalisme et de l'impérialisme, seul le socialisme l'est.
Les discours des candidats au poste de directeur de la bourgeoisie française sont variés, atlantistes convaincus, pro-russes, indécis, ou, comme Mélenchon, partisans de l'aventure en solo de l'impérialisme français, ce qu'ils appellent "la place de la France dans le Monde." Mais la mission des communistes n'est pas de conseiller la bourgeoisie et d'espérer qu'elle "fasse le bon choix". Nous ne sommes pas un pays dominé et sous la tutelle de Berlin ou de Washington, contrairement à ce que prétendent les révisionnistes du marxisme et les fascistes. Nous sommes un état impérialiste, un des plus agressifs, des plus barbares.
Notre rôle n'est pas de dire "hors de l'OTAN", "Hors de l'UE" comme si ces deux instances étaient le mal incarné. Non, notre tâche est de cibler notre impérialisme, ses méfaits, et de le combattre jusqu'au bout avec résolution. Nous serons du côté du peuple, du côté de la paix, du côté de ceux qui luttent sans relâche contre les méfaits du système capitaliste.
La tâche des communistes est d'être les instigateurs de la résistance contre les manœuvres des faucons pour égorger nos frères et sœurs de classe. Chaque fois, à chaque guerre, les exploiteurs creusent leur propre tombe.
Nous ne paierons pas de notre sang la prochaine guerre, nous n'enterrerons pas nos frères et nos sœurs.
Nous ferons en sorte que ce soit la bourgeoisie qui soit exterminée !
Nous devons être solidaire et fraternels avec tous les peuples qui constituent le Monde. Nous sommes le camp de la paix, le camp du peuple, le camp de la Révolution