Étiquette : Guerre populaire

  • Meurtre du camarade Basavaraj, Secrétaire général du CPI(maoist), par les forces réactionnaires du fasciste Modi

    Depuis 2024, une vaste opération d’extermination a été lancée contre les révolutionnaires d’Inde, l’opération Kagaar. Depuis 2019, les opérations militaires de l’État comprador, réactionnaire et pourrissant indien se sont gravement intensifiées pour annihiler ce qui a été désigné comme « le principal ennemi intérieur ».

    Le 21 mai 2025, un escadron de 100 hommes des forces de police de l’État indien, accompagnée du commando COBRA, lance une battue dans les forêts du Chhattisgarh. Cet État indien est un des poumons du corridor rouge, le centre de la guerre populaire indienne, débutée en 1967 par le mouvement Naxal et menée de nos jours par le Parti communiste d’Inde (maoïste), l’unification des forces combattantes révolutionnaires les plus déterminées et disciplinées du pays.

    Les forces de police ont trouvé des cadres centraux du Parti, signalés par leur service de renseignement. Les 50 cadres ont courageusement ouvert le feu, tuant sur le coup un soutien des forces de police. Malheureusement, la débauche de moyens matériels et personnels des forces de police a porté ses fruits, clamant les vies de 27 camarades. Parmi eux, le camarade Basavaraj, secrétaire général du Parti, successeur du camarade et fondateur Ganapathy.

    Basavaraj et ses camarades sont morts comme ils ont vécu : héroïquement dévoués à la révolution. D’abord en tant que Commandant en chef de la Commission militaire centrale, puis en tant que Secrétaire général, Basavaraj s’est démarqué par son audace et ses qualités de stratège militaire, multipliant les attaques à grand risque et grand succès contre les forces de sécurités. Son leadership fut exemplaire dans une phase difficile pour la guerre populaire indienne.

    Les nervis fascistes du BJP se félicitent de cette victoire, mais nous n’oublions pas que même suréquipée et prête à tous les crimes, la horde policière de la bourgeoisie compradore n’est qu’un tigre de papier en face des masses populaires. Sous attaque constante et croissante depuis plusieurs années, le Parti subsiste, ainsi que sa lutte !

    Rendons hommage aux martyrs qui sont tombés, et soutenons par tous les moyens celles et ceux qui se tiendront debout à leur place.

    Vive le CPI(maoist) ! Vive la guerre populaire prolongée et la révolution de nouvelle démocratie en Inde ! Vive la lutte du prolétariat et des peuples opprimés du monde entier !

  • Appel international de l’ICSPWI

    Nouvelle semaine d’action internationale et internationaliste du 7 au 12 avril. Vers une campagne d’un an pour soutenir la guerre populaire en Inde et le Parti communiste d’Inde (maoïste).

    La campagne mondiale contre l’opération Kagaar, en cours, a dénoncé et impacté les impérialistes et le gouvernement de Modi qui s’était fixé comme objectif d’anéantir les mouvements démocratiques, populaires et révolutionnaires indiens et la guerre populaire menée par le CPI(maoïste), qui constituent la véritable alternative politique pour les prolétaires et le peuple d’Inde.

    Toutes les campagnes du régime fasciste de Modi développées ces dernières années, depuis « Green Hunt » [2009], ont échouées à atteindre l’objectif que le régime s’était fixé.

    Aujourd’hui, Modi affirme qu’il anéantira la guerre populaire, le mouvement révolutionnaire et le CPI(M) d’ici mars 2026. Le Comité international de soutien à la guerre populaire en Inde (ICSPWI) appelle tous les partis et organisations communistes marxistes-léninistes-maoïstes, les partis révolutionnaires, les forces anti-impérialistes, à relever le défi lancé par le gouvernement de Modi avec une campagne d’un an, d’avril 2025 à mars 2026.

    C’est à une année de mobilisation et de soutien à la révolution indienne que l’ICSPWI appelle. Elle débutera par une semaine d’action internationale et internationaliste du 7 au 12 avril.

    Le CPI(maoïste) et les masses populaires résistent et rejettent la campagne Kagaar avec détermination et héroïsme. Dans tous les secteurs de l’économie, le régime de Modi se décharge sur les masses de la crise provoquée par l’impérialisme, ses laquais et les politiques au service des grands capitalistes, comme Adani, Ambani, etc., et les propriétaires terriens d’Inde.

    Modi a été le premier chef d’État au monde à aller rencontrer et rendre hommage au nouveau chef de l’impérialisme américain, Trump. Ils se sont rencontrés le 12 février pour réaffirmer l’importance de leurs relations dans le cadre des alliances du système impérialiste mondial, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la défense.

    Dans le secteur de l’énergie, Trump demande à l’Inde d’être de plus en plus le principal client du secteur pétrolier américain, qui, dans le passé récent, a également été affaibli par l’invasion russe de l’Ukraine. Modi s’est engagé auprès de Trump à atteindre l’objectif de faire passer les échanges entre les deux pays de 15 à 25 milliards de dollars dans le secteur de l’énergie sur une période de cinq ans.

    Dans le secteur de la défense, l’Inde est le principal importateur mondial d’armes, achetées également à la Russie et à divers pays du monde. Lors de la rencontre citée, Modi s’est ouvert à de nouveaux achats auprès des États-Unis et Trump a proposé de vendre des F35 à l’Inde.

    Enfin, dans le cadre du contrôle stratégique des routes commerciales, la grande nouveauté de la réunion a été la décision de relancer le projet de « corridor Inde-Med-Est-Europe », c’est-à-dire un corridor pour les marchandises, les données et l’énergie d’Inde vers Israël, l’Italie, jusqu’aux États-Unis. Ce projet existait déjà, mais l’attaque de la résistance palestinienne et les contradictions qu’elle provoquait entre l’État d’Israël et les pays arabes l’avaient bloqué. Avec cette rencontre, Trump et Modi relancent ce projet.

    Cette rencontre Trump/Modi devrait faire comprendre à tous le lien indissoluble qui existe entre l’impérialisme américain et ses serviteurs et le régime indien.

    Le régime indien est l’un des principaux soutiens de Netanyahu et de sa campagne génocidaire en Palestine. Pour cette raison, l’ICSPWI appelle, pendant cette semaine d’action, à l’union de la solidarité internationale avec la résistance du peuple palestinien et de la campagne internationale contre le régime de Modi et l’impérialisme.

    L’ICSPWI appelle à intensifier la mobilisation contre l’opération Kagaar, faite de massacres, de déportations forcées, d’assassinats de villageois et de leaders des masses tribales, de militants sociaux et de leaders révolutionnaires, ainsi que de persécution des journalistes et des militants des droits de l’homme qui s’y opposent.

    L’ICSPWI répond fermement à l’appel des camarades indiens à soutenir les habitants de Maad qui s’opposent résolument à la décision d’utiliser leurs terres et leurs forêts pour les manœuvres de l’armée, dans le cadre de la participation croissante de l’armée à la guerre génocidaire contre les peuples sous le nom d’opération Kagaar.

    Soutenir la guerre populaire en Inde et le Parti communiste d’Inde (maoïste) est l’une des tâches fondamentales des mouvements communistes révolutionnaires, antifascistes et anti-impérialistes du monde.

    Le Parti communiste d’Inde (maoïste) mène une guerre populaire pour réaliser la révolution de nouvelle démocratie, pour libérer le pays et les masses travailleuses de l’exploitation et de l’oppression et, uni aux prolétaires et aux masses populaires du monde, marcher vers la révolution prolétarienne et socialiste dans le monde.

    C’est pourquoi il est de notre devoir à tous et toutes d’arrêter l’impérialisme, le régime de Modi et sa main génocidaire, dans le cadre de la lutte mondiale contre l’impérialisme, qui mène aux guerres, au fascisme, à la pauvreté et à l’oppression des peuples.

    L’ICSPWI appelle tous et toutes à se joindre à la semaine internationale d’action, du 7 au 12 avril, en décidant des initiatives et des formes de lutte en fonction des conditions concrètes.

    Pour sa part, l’ICSPWI appelle à :

    • une grande journée de mobilisation en faveur des travailleurs, dans les usines et sur les lieux de travail ;
    • des manifestations publiques de toutes sortes vers les ambassades et les consulats ;
    • des réunions de soutien au CPI(maoïste) et à l’étude de ses documents comme le « Message pour le 20e anniversaire de la fondation du CPI (maoïste) ».

    ARRÊTER L’OPÉRATION KAGAAR !

    CONTRE LA RÉPRESSION DU RÉGIME POUR LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES EN INDE !

    LUTTONS CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE ET EN SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN !

    AVEC LA GUERRE DU PEUPLE ET LE CPI(MAOÏSTE) JUSQU’À LA VICTOIRE !

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

    Comité international de soutien à la guerre populaire en Inde

    https://icspwindia.site/

    csgpindia@gmail.com

  • Hommage au président Gonzalo

    Ce samedi 11 septembre 2021, le docteur Abimael Guzmàn est décédé à 86 ans à la suite d’une aggravation de son état de santé ces derniers mois, au centre pénitentiaire de haute sécurité de la base navale de Callao, près de Lima, au Pérou, après 29 années d’emprisonnement dans des conditions difficiles.

    Plus connu sous le nom de Président Gonzalo, il fut en 1978 un membre fondateur du Parti Communiste du Pérou – Sentier Lumineux (PCP-SL).

    Affirmant la nécessité de suivre la voie ouverte par José Mariátegui, grand théoricien communiste péruvien et introducteur du marxisme en Amérique latine, et de mener la lutte armée contre l’impérialisme et l’état péruvien, il participa en 1980 au lancement de son mouvement dans la guerre populaire.

    Pendant la décennie qui suivit, le conflit mené par le PCP-SL a progressé dans toutes les provinces du pays en partant de la région rurale et abandonné d’Ayacucho, appliquant une stratégie maoïste de prise du pouvoir en construisant des fronts de guérillas et en s’implantant dans la paysannerie pauvre et dans les bidonvilles de Lima. Le PCP-SL possédait ainsi en raison de la sociologie de ses zones d’activité une base militante à majorité indigène et observait une quasi-parité de genre en son sein à tous ses échelons1.

    Après sa capture par le GEIN (les services secrets péruviens) en 1992 et le reflux progressif du PCP-SL qui suivit sa condamnation2, lui et son mouvement furent diabolisés de la plus abjecte des manières par les forces réactionnaires.

    Cette entreprise anticommuniste nourrit de falsification a pour double objectif de salir indélébilement le combat révolutionnaire au Pérou et de relativiser les crimes terroristes commis par l’état péruvien, notamment (mais pas seulement) sous le régime fasciste d’Alberto Fujimori.3

    Nous, l’Unité Communiste, ne possédons pas de positions définies et définitives sur les théories de Gonzalo et de ceux s’en réclamant, et plus largement sur le PCP-SL et la guerre populaire au Pérou. Nous nous concevons dans une position de recherche ouverte vis-à-vis de ces théories et expériences. Cependant, en cette funèbre occasion, nous pensons qu’il est utile que nous formulions plusieurs points fondamentaux sur la méthode de divergence entre communistes, que nous considérons pertinents de rappeler et dont nous soulignons ici l’importance concernant le PCP-SL et Gonzalo.

    Dans les années 80, l’URSS n’était plus qu’un cadavre pourri par le révisionnisme depuis 1956, la Chine a pareillement choisi la voie capitaliste en 1978, et l’Albanie, en tant que bastion socialiste, est également tombé. C’est dans ce contexte international qu’il y a seulement 40 ans, le PCP-SL mène un des processus révolutionnaire les plus explosifs depuis la guerre du Vietnam en menaçant l’ordre impérialiste et capitaliste par une lutte armée intense qui va pousser l’état péruvien dans ses retranchements. Alors que le drapeau rouge, terni et en berne, semblait fini aux yeux de beaucoup, le PCP-SL à su le lever haut.

    Aucun débat entre communiste ne peut se faire sur la base de mensonges et de calomnies réactionnaires.

    Pour cela, nous rejetons les conclusions de la Commission pour la Vérité et la Réconciliation (TRC), crée en 2003 par le gouvernement péruvien pour effectuer un compte rendu des violations des droits humains et des violences ayant occurré pendant la guerre civile jusqu’aux années 2000, avec la fin du règne de Fujimori. Nous considérons les rapports de la TRC comme non-scientifique, faisant état de graves biais méthodologiques lorsqu’il ne s’agit pas simplement de manipulations, et comme fortement motivé politiquement à charge contre le PCP-SL.4

    Ainsi, par exemple, une majorité significative des 48,000 victimes estimées de ce conflit l’ont été de la main du gouvernement péruvien5, ce que ce dernier nie dans sa narration anticommuniste et contre-révolutionnaire qui reprend les meilleurs codes de la « pornographie de la terreur »6, mettant en exergue les violences et le rôle de la direction du PCP-SL dans ces dernières, le décrivant systématiquement comme coupé du peuple péruvien et agissant isolé de sa volonté.

    Il n’est pas l’objet ici de développer le bilan du « Fujimorisme », mais il nous paraît nécessaire de noter quelques points supplémentaires. Fujimori fut l’instigateur d’une répression implacable dans toute la société. Il s’est entre autres rendu coupable de l’organisation de massacres et de viols systématiques dans les campagnes, d’assassinats d’étudiants, de professeurs et de journalistes, par des escadrons de la mort similaire à ceux de l’opération condor sous le Chili de Pinochet. Il fut aussi à l’origine de la stérilisation forcé d’un total de 355 000 indigènes entre 1995 et 2000, à qui il reprochait « d’enfanter des communistes ».7

    Rien de nouveau sous le soleil, l’hypocrisie bourgeoise est totale. Gonzalo a été condamné 3 fois de suite à la perpétuité depuis sa capture et est resté depuis enfermé en isolation dans une prison de haute sécurité où des soins lui ont à plusieurs reprises été refusé.

    Fujimori, lui, pourtant poursuivi pour crime contre l’humanité, n’a été condamné qu’a 25 ans de prison, après avoir essayé d’échapper à la justice péruvienne en se faisant réélire au Pérou et élire au Japon, et bénéficie toujours en détention de tous le luxe : « 10 000 m² sont alloués à son seul usage, disposant d’un jardin planté de 5 000 rosiers, d’une clinique privée, d’un atelier de peinture et d’un salon de réception lui permettant de recevoir des visites sans restriction ».8 En 2017, il fut même gracié par le président Kuczynski (pour permettre à ce dernier, menacé de destitution par l’opposition « Fujimoriste », de rester au pouvoir) avant que ce pardon ne soit finalement annulé sous la pression des familles de victimes dans l’année suivante.

    Il est important de rappeler qu’il est impossible de déterminer une qualité, ou de tirer des conclusions politiques sur un mouvement ou un évènement, en s’adonnant a un décompte morbide des morts et des massacres, réels ou présumés.9 Bien que ce soit le jeu préféré des réactionnaires, et ce depuis au moins la révolution française (avec par exemple le « Livre noir du communisme »), et que certains membres des forces progressistes s’y plient pour se blanchir et condamner avec opportunisme (et fainéantise) les tendances opposées aux leurs, cette « méthode » n’a jamais été un tant soit peu utile pour comprendre en profondeur et adéquatement la réalité.

    Il n’existe d’ailleurs aucun mouvement révolutionnaire (au sens où nous l’entendons, de subversion d’une classe par une autre), d’aucune tendance politique, victorieux comme défait, qui n’ait pas été accouché dans des flots de sang. Ce constat est attristant et à prendre avec toute la gravité qui s’impose, mais reste cependant un fait indéniable ainsi qu’une réalité faisant loi dans l’histoire et à laquelle les révolutionnaires n’ont pas d’autres choix que de se plier « bon gré, mal gré » et ce quel que soit leur rapport idéologique à la violence.

    Que ce soit il y a 150, 100 ou 50 ans, les révolutions ne sont jamais venues au monde autrement que dans la violence, et ce fait à toujours été exploité par la propagande réactionnaire et/ou contre-révolutionnaire. L’on ne peut en attendre autrement, car l’on ne peut que comprendre l’aversion d’une partie du peuple pour une violence perçue comme illégitime ou déraisonnable, et qu’elle soit ensuite habilement exploitée par l’appareil de la classe dominante et ses laquais. Mais l’on peut le savoir, et ainsi se rappeler des précédents : Comment la bourgeoisie française a-t-elle parlé de la commune de Paris ? Comment la bourgeoisie impérialiste, l’aristocratie, mais aussi les anarchistes, les partis socialistes anti – bolchevique et les partisans paysans russes ont-ils parlé de la révolution d’octobre ? Ou plus récemment, comment les fils de bureaucrates et de droitiers, réels ou perçus, ont-ils parlé de la révolution culturelle chinoise ?

    Il existe à gauche une tendance de fond, qui n’a rien de récente et est particulièrement présente dans les pays impérialistes, à draper de « rouge » (ou de noir, selon les affiliations) ces rhétoriques anti-communiste et anti-« totalitaire » pour se les approprier. C’est par exemple habituellement le cas à l’encontre des expériences soviétique, chinoise et albanaise. Contre le PCP-SL, l’on observe aujourd’hui ces mêmes rhétoriques mobilisées, et parfois même chez certains défenseurs sincères des régimes socialistes !

    Nous pensons qu’il s’agit d’une erreur (parfois d’un double standard spécifique au Pérou), qui n’est pas seulement le produit d’une critique du PCP-SL dont serait tiré un bilan négatif, qui en lui-même pourrait être juste. Nous voyons dans ces discours plutôt une erreur d’appréciation échouant à délimiter correctement les amis des ennemis, traitant les premiers comme les seconds, particulièrement lorsqu’il s’agit de Gonzalo et du PCP-SL. Il n’est pas question ici de dire que le PCP-SL n’est pas critiquable et que toute attaque est donc nécessairement un égarement d’une quelconque sorte, simplement d’affirmer que le cadre de la camaraderie et de la scientificité10 sont les seuls standard possibles.

    Ce traitement de défaveur à l’encontre des révolutionnaires péruviens est selon nous un double symptôme :

    Premièrement, le produit d’une hégémonie réactionnaire virulente à l’encontre de ses opposants affaiblis11, allant parfois jusqu’à user et abuser de comparaisons confondantes de ridicule dans ses attaques, en usant par exemple d’appellations comme le « Pol Pot des Andes » pour qualifier Gonzalo.

    Deuxièmement, l’expérience dans nos cœurs impérialistes de la proximité historique d’une révolution, dans le contexte a-historisé, (ie, où l’histoire n’est plus un processus historique dans son sens transformateur totalisant, mais seulement l’affaire du temps qui passe) et pacifié de l’hégémonie des pays dominants.

    Il ne s’agit pas d’un évènement vieux de 100 ans, parfois romantisé ou partiellement récupéré par le consensus bourgeois, rendu inoffensif, mais plutôt d’une réalité possédant un caractère immédiat et direct auquel nous ne sommes plus habitués, mobilisant contre lui tous ce qu’il y a de réactionnaire. Il n’est pas anodin dans la différence de traitement subit par le PCP-SL que les images de sa guérilla et des témoignages lui étant en rapport, soit en couleur, non pas en noir et blanc, et que les camarades les moins jeunes se souviennent d’en entendre parler aux informations télévisées étant enfant, en des termes peu élogieux qui ne se sont pas taris depuis.

    Contre les attaques réactionnaires, malhonnêtes ou erronées, nous défendons l’héritage du PCP-SL et l’œuvre de Gonzalo, en tant que camarades sincères.

    Comprendre et tirer des conclusions, tant factuelles que politiques, sur un événement aussi complexe et riche en interprétations que la guerre civile au Pérou ne peut pas se faire sans un certain recul, tant idéologique12 que historiographique. C’est pourquoi nous pensons que toutes les conclusions sur les théories et la pratique du PCP-SL n’ont pas encore été tirées, que ce soit leurs succès ou leurs échecs, et ce particulièrement concernant les années 80 et 90. La synthèse de ces enseignements n’est pas encore achevée, en conséquence, nous invitons, en tant que socialiste scientifique, autant à l’humilité qu’à la critique inflexible.13

    En ce jour, nous rendons hommage à feu Gonzalo en tant que révolutionnaire pleinement dévoué ayant payé le cher prix de la lutte communiste, à sa veuve la combattante et dirigeante Elena Iparraguirre, et à travers eux, au PCP-SL et au peuple péruvien pour leurs contributions dans le combat pour la cause de l’humanité toute entière. Notre drapeau est rouge aussi de leur sang et nous ne saurons l’oublier.

    « Quelle pourrait être la plus grande peur ? La mort ? En tant que matérialiste, je sais que la vie se terminera un jour. Le plus important pour moi est d’être optimiste, avec la conviction que d’autres continueront le travail dans lequel je suis engagé, et le poursuivront jusqu’à ce qu’ils atteignent notre objectif final, le communisme. Car la crainte que je pourrais avoir, c’est que personne ne continue, mais cette crainte disparaît quand on a confiance dans les masses. Je pense que la pire crainte, en fin de compte, est de ne pas avoir confiance dans les masses, de croire que l’on est indispensable, le centre du monde. Je pense que c’est la pire crainte, mais si vous êtes forgé par le Parti, dans l’idéologie prolétarienne, dans le maoïsme principalement, vous comprenez que les masses sont les faiseurs de l’histoire, que le Parti fait la révolution, que l’avancée de l’histoire est certaine, que la révolution est la tendance principale, et alors votre crainte disparaît. » – M. R. A. Guzmàn Reinoso, Président Gonzalo.

    1 https://www.monde-diplomatique.fr/2020/04/ZAMORA_YUSTI/61627

    2 En raison de l’objet de ce texte ne portant pas premièrement sur la révolution péruvienne et de la complexité du sujet, nous n’aborderons pas ici les questions relatives aux successions de Comité Central, aux rumeurs fondées ou infondés de reddition, à la capitulation présumée de Gonzalo après sa capture et généralement aux luttes de lignes intense ayant conduit à la dislocation du le PCP-SL dans les années 90.

    3 Nous utilisons ici une définition large de « Fascisme », basé sur celle de G. Dimitrov comme « Dictature ouverte et terroriste des franges les plus réactionnaires de la bourgeoisie », ici, compradore.

    4 https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/2053168019840972

    5 https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2053168018820375
    On parle de 30 % attribué aux sendéristes contre 47 % à l’état péruvien.

    6 Selon la TRC, le conflit aurait fait 69 000 victimes, dont 46 % seraient imputées aux sendéristes et seulement 30 % à l’état péruvien.

    7 https://www.monde-diplomatique.fr/2004/05/BARTHELEMY/11190

    8 https://www.lefigaro.fr/international/2012/11/27/01003-20121127ARTFIG00655-au-perou-la-prison-c-est-parfois-l-eldorado.php

    9 Comme le note d’ailleurs Alain Badiou dans sa conférence sur la Révolution Culturelle Chinoise : https://youtu.be/S491NAvwzUw

    10 Ces deux exigences sont équitablement fondamentales. Sur cette question, nous redirigeons vers ce bref texte : https://vivelemaoisme.org/proposition-en-cinq-points-pour-le-reglement-des-divergences-et-la-realisation/

    11 Comme il est répandu de le dire, « l’histoire est écrite par les vainqueurs », ou du moins, avec eux. À quoi l’on peut rajouter dans une certaine mesure : « malheur aux vaincus ».

    12 À comprendre dans un sens large, tant vis-à-vis de notre rapport à l’appareil idéologique situé socio-historiquement de nos états impérialistes, que vis-à-vis des débats sur les pensées produites et les controverses soulevées par le PCP-SL lui-même.

    13 « L’oiseau de Minerve s’envole au crépuscule »

  • Sur le mouvement des Gilets Jaunes en France – Le point de vue de l’International League of People Struggle. (ILPS)

    Sur le mouvement des Gilets Jaunes en France – Le point de vue de l’International League of People Struggle. (ILPS)


    Par le professeur Jose Maria Sison
    Président de l’International League of People Struggle.
    Le 19 mars 2019

    Le professeur José Maria Sison, président de la Ligue internationale de la lutte des peuples (ILPS), compare favorablement le mouvement français des Gilets Jaunes  » aux manifestations de masse de mai 1968 en France, notamment en ce qui concerne le militantisme et l’opposition à l’establishment capitaliste « . Il explique que les manifestants en gilet jaune  » bénéficient du soutien des larges masses populaires  » qui condamnent le banquier néolibéral français devenu président, Emmanuel Macron. Alors que le mouvement « souffre du même caractère populiste excessivement horizontaliste » et de l’absence de direction prolétarienne révolutionnaire, Sison souligne que « le mouvement des Gilets Jaunes est le bienvenu et digne d’éloges, pour avoir accepté les revendications justes de la classe ouvrière et de la classe moyenne, et exposé les graves maux du système capitaliste oppresseur et exploiteur au pouvoir« . Le texte intégral de la déclaration du président de l’ILPS suit.

    Le 17 novembre 2018, 300 000 personnes de la classe ouvrière et de la classe moyenne, principalement des banlieues et des zones rurales de France, se sont mobilisées lors de manifestations de masse. Leur but était de protester contre la hausse des taxes sur les carburants et la hausse des prix des carburants. Comme symbole de ralliement, ils portaient la veste jaune pour signaler leur détresse économique et sociale. Ils avaient été inspirés par une pétition en ligne signée par près d’un million de personnes.


    Dix-huit manifestations de masse, centrées à Paris et organisées dans tout le pays, ont éclaté jusqu’à la dernière du 16 mars 2019 surnommée « L’Ultimatum ». Les justes revendications du mouvement des Gilets Jaunes se sont étendues de la baisse des taxes sur les carburants à la réintroduction de l’impôt de solidarité sur la fortune, l’augmentation du salaire minimum, l’expansion des services sociaux, la mise en place de référendums d’initiative citoyenne et la démission du président Macron et [la fin de] son régime.

    Le régime Macron a réagi d’une main de fer en lançant des attaques physiques, réalisées par la police, contre les manifestants. Ces attaques ont été faites à l’aide de canons à eau, de grenades lacrymogènes, de flashball et de charges à la matraque. Il est juste que les manifestants aient riposté en utilisant des bâtons, des pavés, des barrages de voitures, par le contrôle des routes et des ronds-points, par la destruction des caméras de surveillance de la circulation, par l’incendie des voitures chères des grands bourgeois et par des invasions de restaurants et de magasins de la classe supérieure.

    Les manifestants en gilet jaune bénéficient du soutien des larges masses, qui condamnent Macron. Macron, le banquier d’affaires devenu président, promoteur et exécutant de la politique néolibérale qui favorise la grande bourgeoisie et ses cadres les mieux payés au détriment des travailleurs et des populations rurales. Ils sont enragés par le recours à la violence policière lors des actions de masse et par les fausses promesses faites par Macron avant et après chaque action de masse.

    Le mouvement des gilets jaunes a influencé des mouvements de masse similaires en Europe et ailleurs dans le monde, dont les participants portent le gilet jaune et soulèvent des revendications contre les politiques fiscales et d’exploitation du gouvernement grand-bourgeois. La plupart des mouvements influencés par les Gilets Jaunes ont un caractère positif [le terme employé était intraduisible, NdT] et progressiste dirigé contre les politiques d’exploitation des gouvernements bourgeois. Mais quelques-uns se sont dirigés contre les travailleurs migrants et d’autres qui ne sont pas liés à la bourgeoisie monopoliste.

    Le mouvement des Gilets Jaunes peut être favorablement comparé aux manifestations de masse de mai 1968 en France, notamment en ce qui concerne le militantisme et l’opposition à l’establishment capitaliste. Mais elle souffre du même caractère populiste excessivement horizontaliste et du manque de leadership d’un parti révolutionnaire du prolétariat. Il peut également être comparé à l’Occupy movement de mémoire récente, qui a bénéficié d’un soutien populaire pendant un certain temps. Mais cela s’est évanoui par manque de leadership de la part d’un parti révolutionnaire du prolétariat.

    Quoi qu’il en soit, un phénomène tel que le mouvement des Gilets Jaunes est le bienvenu et digne d’éloges pour avoir accepté les justes revendications de la classe ouvrière et de la classe moyenne et exposé les graves maux du système capitaliste oppressif et exploiteur au pouvoir. Elle montre qu’il existe une large et profonde base de mécontentement social et de résistance que le parti révolutionnaire marxiste-léniniste du prolétariat peut utiliser pour gagner la bataille pour la démocratie et viser à la révolution socialiste.

    [NdT : L’ILPS est une ligue internationale d’organisations issues principalement de pays dominés par l’impérialisme. Elle est centré notamment autour du Parti Communiste des Philippines (CPP) qui mène depuis 50 ans maintenant la guerre populaire prolongée pour lutter contre la domination des Philippines et contre les pouvoirs réactionnaires qui se sont succédés. 

    L’ILPS et l’ICOR ont participé à plusieurs initiatives conjointes par le passé, et contribuent, l’une et l’autre, à ce qu’une reconfiguration majeure des relations entre organisations – et entre ligues d’organisations – naisse. 

    Le texte suivant illustre l’intérêt qui est porté, y compris depuis l’autre côté de la planète, pour les luttes menées par les prolétaires dans les pays impérialistes. Nous remercions le Pr. José Maria Sison de sa contribution au débat sur le mouvement social en France.

    Les regards extérieurs sur notre situation nationale nous mettent également en face de nos responsabilités, en tant que communistes. Ils contribuent à nous faire prendre conscience de la nécessité du Parti non comme un fétiche, comme un luxe, mais comme une étape fondamentale vers la possibilité de mettre fin à l’exploitation et à l’oppression. 

    Les situations de lutte extrêmement difficiles dans lesquelles doivent travailler certaines organisations doivent également être un
    memento mori qui nous rappelle constamment qu’il n’existe aucune barrière étanche dans la manière dont la répression se déroule dans les Etats ultra-réactionnaires et ici. La répression bourgeoise est aussi le fruit d’un processus dialectique, et rien ne fait obstacle de manière infranchissable au développement, dans le cadre d’une aggravation de la situation, d’une répression de type fasciste-terroriste en France. ]