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  • ICOR : Solidarité avec les travailleurs et les masses populaires au Kazakhstan

    ICOR : Solidarité avec les travailleurs et les masses populaires au Kazakhstan

    Au début de l’année 2022, des manifestations de masse contre le pouvoir se sont répandues dans plusieurs villes du Kazakhstan. L’élément déclencheur a été le doublement du prix du gaz liquide. Les travailleurs de l’industrie, en particulier ceux du pétrole, du gaz et de l’acier, se sont mis en grève, ont bloqué les routes et organisé des manifestations. Les luttes ont commencé dans l’ouest du pays et se sont propagées de manière explosive dans tout le pays, y compris dans la capitale Nour-Soultan et la métropole économique Almaty.

    Le Kazakhstan a été gouverné pendant des décennies par le potentat Noursoultan Nazarbaïev. Même sous la présidence de Kassym-Jomart Tokaïev, qui lui a succédé en 2019, la famille Nazarbaïev a conservé son influence et ses possibilités d’enrichissement. Les protestations ont un caractère insurrectionnel et sont dirigées contre le gouvernement corrompu et ses abus de pouvoir.

    La police et l’armée répriment les protestations avec une brutalité fasciste intransigeante. La police et l’armée ont reçu l’ordre de tirer et ont abattu au moins 225 manifestant.e.s. Les protestataires ont résolument attaqué les bâtiments détestés du gouvernement, des maires et des services secrets. Toutes les forces impérialistes tentent d’assurer leur influence et certains essaient d’exploiter à leur profit ce soulèvement justifié des masses populaires. Le 5 janvier 22, le président Tokaïev a limogé le gouvernement, annulé l’augmentation du prix du gaz et occupé les postes influents de Nazarbaïev avec ses propres hommes. Cela n’a pas suffi à apaiser les masses. Le 6 janvier, des troupes de l’alliance « Organisation du traité de sécurité collective » (OTSC), menées par des soldats russes, sont arrivées au Kazakhstan « à l’invitation de Tokaïev, avec le soutien de la Chine. L’impérialisme russe a ainsi pris l’avantage sur ses rivaux impérialistes et leur annonce sans équivoque sa prétention impérialiste à la prise de pouvoir sur ce pays important pour lui sur le plan géostratégique, économique et militaire. Cela ne laissera pas les impérialistes occidentaux en paix et aggrave également le risque de guerre à ce point névralgique.

    Après 30 ans, les habitants de plusieurs anciennes républiques soviétiques en ont assez des dirigeants qui se sont imposés après la chute de l’Union soviétique et qui se sont immensément enrichis par l’exploitation la plus brutale des travailleurs et des matières premières. L’arbitraire et la brutalité du pouvoir d’État règnent, les droits et les libertés démocratiques n’existent pas dans les faits. Outre les impérialistes russes et la Chine, les impérialistes de l’OTAN et de l’UE veulent désormais garantir leur accès à ces richesses et leur influence.

    Halte aux méthodes fascistes de répression

    Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue, notamment dans la mégapole d’Almaty. Plus de 3 000 arrestations ont eu lieu, selon la chaîne publique Khabar. Le président Tokaïev ordonne « des opérations antiterroristes » qui doivent durer jusqu’à « l’élimination complète des combattants ». Entre-temps, les protestations de masse justifiées ne sont plus seulement dirigées contre les augmentations drastiques des prix de l’énergie. En 2011 déjà, les forces de sécurité avaient tiré sur des grévistes du pétrole à Janaozen et tué 16 d’entre eux. Le gouvernement fasciste ne cesse de s’en prendre aux syndicats indépendants.

    Les prises de position diffusées dans les médias bourgeois occidentaux, qui appellent à renoncer à la violence, méconnaissent complètement qui sont les oppresseurs et qui sont les opprimés.

    ICOR exprime sa pleine solidarité aux travailleurs, aux femmes et aux jeunes qui protestent. C’est une méthode typique que les personnes qui descendent dans la rue pour leurs revendications légitimes soient traitées de « terroristes », avec le motif de réprimer leur protestation de la manière la plus brutale.

    Liberté pour tous les détenus politiques sur une base antifasciste !
    Pour le droit de faire grève et de manifester en masse !
    Pour la démocratie, la liberté, la paix et le socialisme !

    Signataires (en date du 21/1 2022, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PCT Parti Comuniste du Togo
    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    13. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    14. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    15. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. UC Unité Communiste, France
    17. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    18. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    19. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    20. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    21. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    24. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    25. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    26. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    27. OAPCM Organización Apoyante del Partido Comunista de México (Organisation de soutien du Parti communiste du Mexique)
    28. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    29. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    30. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    31. ROL Revolutionary Organization of Labor (Organisation révolutionnaire du travail), États Unis
  • La plus grande grève de l’histoire.

    La plus grande grève de l’histoire.

    Communique ICOR – 22 janvier 2021.

    Vive la lutte des paysans, des travailleurs et des ouvriers de l’Inde.

    Nous soutenons la protestation permanente des agriculteurs et autres travailleurs indiens. Rassemblés par dizaines de milliers dans le froid de l’hiver, campant en plein air, les agriculteurs s’opposent à trois lois qui ont été adoptées de façon anticonstitutionnelle au Parlement sous l’égide du BJP, le parti au pouvoir qui soutient le fascisme hindouiste.

    Le Covid : un catalyseur.

    Le Covid a mis en évidence la fragilité du système capitaliste mondial. Partout, les gens sont désespérés de trouver du travail et des revenus. Partout dans le monde, des gens meurent, non seulement à cause de la pandémie directement, mais aussi à cause du stress économique causé par les politiques capitalistes en arrière-plan de la pandémie. Les seules personnes qui ont tiré des bénéfices massifs de cette pandémie sont les grandes entreprises.

    Apple, Tesla, Amazon, etc. ont vu leurs actions atteindre des sommets sans précédent alors que le niveau de chômage dans le monde entier a également augmenté. Malgré cela, de nombreux gouvernements considèrent que le seul soulagement pour leur économie est de continuer à mettre en œuvre et à intensifier les politiques capitalistes en accordant des allocations et des concessions massives aux employeurs.

    En Inde également, le gouvernement, sous le couvert du covid, a décidé de réduire davantage les droits des travailleurs, des agriculteurs et des autres travailleurs par diverses politiques. Les quatre codes du travail, les trois lois sur les agriculteurs, la loi sur l’électricité et d’autres lois qui vont encore accroître la détresse économique des masses laborieuses tout en enrichissant les grandes entreprises ne sont pas les moindres.

    Le gouvernement Modi à l’attaque.

    Les codes du travail ont d’abord été introduits au nom de la consolidation d’un nombre important de lois sur le travail. Cependant, en réalité, ils autorisent le « travail à durée déterminée » (alors que, auparavant, les travailleurs avaient droit à la permanence et à la protection contre les licenciements arbitraires, les réductions d’effectifs et les fermetures à l’issue de 240 jours de service continu). Ils autorisent également le règlement individuel des conflits par les travailleurs, en contournant les syndicats, et autorisent les licenciements, les réductions d’effectifs et les fermetures dans tous les établissements de moins de 300 travailleurs (contre 100 auparavant).

    Ils ont rendu les grèves légales impossibles et réduit les protections déjà maigres accordées aux travailleurs contractuels en les limitant aux établissements employant plus de 50 travailleurs contractuels (contre 20 auparavant). En outre, de nombreuses grandes entreprises d’État comme Air India, BPCL (Bharat Petroleum Corporation Ltd), les usines d’ordonnances militaires, de nombreuses banques d’État, etc. sont en cours de privatisation. Tous les syndicats et fédérations centrales se sont opposés à ces mesures et sont en train de lutter contre elles.

    Le même jour de septembre où les quatre codes du travail ont été adoptés, le parti au pouvoir a également adopté trois projets de loi sur les agriculteurs. Ces projets de loi ont supprimé la protection accordée aux agriculteurs (comme le fait que le gouvernement a fixé un « prix de soutien minimum » pour les produits, qu’il n’autorise la commercialisation des produits agricoles que dans les comités de commercialisation des produits agricoles (APMC) où la pesée et le prix sont contrôlés, qu’il n’autorise les contrats de vente de terres agricoles que dans certaines conditions, etc.

    L’argument du gouvernement est que toutes ces mesures ne constituaient que des restrictions au droit de chaque agriculteur de conclure des contrats pour lui-même. En réalité, il s’agit de protections contre l’exploitation des agriculteurs et contre l’esclavage contractuel.

    La paysannerie indienne dans le collimateur.

    Dans un pays comme l’Inde, où les personnes possédant ne serait-ce que 10 hectares ou plus sont considérées comme de riches agriculteurs et où la superficie moyenne des terres détenues est à peine d’un hectare, de telles lois sont désastreuses. En bref, ces lois visent à asservir les agriculteurs aux grandes entreprises autant que les codes du travail visent à asservir les travailleurs. De même, la nouvelle loi sur l’électricité démantèle l’ensemble du système d’électrification protecteur en vigueur en Inde et confie le secteur de l’électricité à des acteurs privés.

    Toutes ces lois sont également clairement anticonstitutionnelles. Par exemple, la structure fédérale de l’Inde exige que les lois sur l’agriculture ne soient adoptées que par les gouvernements des États. En utilisant une faille dans d’autres entrées, le Parlement central cherche maintenant à faire ces lois. De même, l’Inde est signataire des résolutions de l’OIT appelant à une consultation tripartite (travailleurs, employeurs et gouvernement) pour apporter des modifications à certains droits du travail. Ces droits ont clairement été violés. On cherche également à restreindre les droits des États et le gouvernement central cherche à s’approprier tout le pouvoir.

    Dans cette situation, les travailleurs et les agriculteurs ont protesté. Après une série de journées de protestation dans l’atmosphère du Covid-19, dans le respect des restrictions en matière de distanciation sociale, de masques et d’assainissement, le 26 novembre a été marqué par une grève massive dans tout le pays. Les syndicats sont toujours en mode de protestation et ont fait le vœu de se joindre aux protestations des agriculteurs.

    La lutte !

    Mais c’est la protestation des agriculteurs qui a coupé le souffle. Des centaines de milliers d’agriculteurs sont descendus à Delhi depuis diverses régions du pays et ont assiégé la capitale nationale. Ils continuent à venir en bus et en tracteurs et à camper aux frontières de Delhi. De nombreux programmes de protestation sont prévus.

    Le 13 janvier sera la journée de l’incinération des nouvelles lois sur l’agriculture et des codes du travail. Le 16 janvier sera le jour des protestations des minorités dans tout le pays, qui comprendront également des protestations contre la nouvelle loi de 2019 sur la citoyenneté, qui est ouvertement discriminatoire à l’égard des musulmans.

    Le 18 janvier sera une journée de solidarité des femmes avec les agriculteurs qui protestent. Le point culminant sera le 26 janvier, qui sera célébré comme le Jour de la République de l’Inde avec un grand défilé à Delhi et dans les capitales des États. Les paysans ont lancé un appel à défiler à Delhi après le défilé du jour de la République afin d’organiser leur propre défilé au cœur de Delhi. De tels défilés auront également lieu dans toutes les capitales des États.

    En préparation de cette manifestation, des manifestations de protestation auront lieu dans toutes les capitales des États à partir du 23 janvier. Tous les syndicats, à l’exception de ceux qui sont directement contrôlés par le parti au pouvoir, ont appelé à soutenir ces manifestations. Une épreuve de force est en vue. La lutte n’est pas seulement pour les droits des travailleurs et des agriculteurs, mais aussi pour l’essence même de la démocratie et pour préserver les droits des masses populaires indiennes contre les entreprises nationales et internationales en maraude.

    Un seul monde : un seul front !

    Nous appelons toutes les forces démocratiques du monde entier à soutenir ce mouvement. C’est la tâche de toutes ces forces démocratiques dans un monde qui est de plus en plus en proie au fascisme encouragé par l’impérialisme. Nous souhaitons le plus grand succès à la lutte des travailleurs et des agriculteurs de l’Inde.


    Pour le travail, la terre, la liberté, la démocratie et le socialisme !



    Signataires (à partir du 22 janvier 2021, autres signataires possibles) :

    1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire (Proletarian Communist Party of Ivory Coast)
    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    4. Parti communiste du Kenya (CPK)
    5. MMLPL Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine
    6. CPSA (ML) Parti communiste d’Afrique du Sud (marxiste-léniniste)
    7. PCT Parti Comuniste du Togo
    8. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    9. MLOA Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan
    10. Parti communiste du Bangladesh (CPB)
    11. CPI (ML) Red Star Parti communiste de l’Inde (marxiste-léniniste) Red Star
    12. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal
    13. NDMLP Parti marxiste-léniniste néo-démocrate, Sri Lanka
    14. CPA/ML Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
    15. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie-Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord-Turquie))
    21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation communiste du Luxembourg)
    22. RM Rode Morgen (Red Dawn), Pays-Bas
    23. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    24. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    25. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti des travailleurs tchécoslovaques), République tchèque
    26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti communiste léniniste marxiste Turquie / Kurdistan)
    27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement de la classe ouvrière), Ukraine
    28. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    29. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste paraguayen (indépendant))
    30. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc Démocratique Populaire), Pérou
    31. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République dominicaine
    32. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti communiste révolutionnaire de l’Uruguay)


  • Grève souterraine en Ukraine !

    Grève souterraine en Ukraine !

    Nous republions cet article qui nous a été transmis par nos camarades ukrainiens de l’ICOR. Nous appelons à la solidarité internationale pour ces mineurs.

    Au moment où ces lignes sont écrites, 22 courageux mineurs de la mine Oktyabrskaya à Krivoy Rog sont toujours en grève sous terre.

    Des centaines de leurs camarades de diverses mines – dont des femmes – ont déjà remonté à la surface. Leurs demandes n’ont été que partiellement satisfaites, mais ils restent engagés dans leur lutte. De nouvelles batailles désespérées les attendent, contre le capital et pour une vie décente pour les travailleurs ukrainiens. Pour la première fois dans l’histoire de notre État, nous sommes témoins d’une lutte ouvrière et d’une solidarité à cette échelle.

    Le 3 septembre 2020, les mineurs de l’usine de minerai de fer de Krivoy Rog (KZhRK), dirigée conjointement par les oligarques en conflit Rinat Akhmetov et Igor Kolomoisky, ne sont pas remontés à la surface. Les travailleurs exigeaient des salaires plus élevés, que la direction a décidé de réduire quelques mois avant les manifestations, et de meilleures conditions de travail. A partir du 8 septembre, les mines « Oktyabrskaya », « Rodina », « Ternovskaya » (anciennement « Mine Lénine »), et « Gvardeyskaya » sont en grève. Tout au long du mois de septembre, 393 mineurs sont restés sous terre en signe de protestation. Beaucoup d’entre eux étaient des femmes.

    Cette grève des mineurs est unique dans l’Ukraine moderne. Elle est l’une des premières à réunir les luttes des mineurs et des travailleurs d’autres industries. En particulier, les cheminots du dépôt de locomotives de Krivoy Rog ont soutenu la lutte des mineurs avec leur « grève italienne ». Les militants de l’Union indépendante des cheminots ont identifié des problèmes techniques dans des dizaines de locomotives et ont refusé d’y travailler. Les 27 et 28 septembre, une dizaine de locomotives n’ont jamais quitté le dépôt de locomotives de Krivoy Rog – une puissante manifestation de solidarité avec les mineurs en grève de KZhRK. Les cheminots ont également pris part à des actions de solidarité dans des endroits éloignés de Krivoy Rog, notamment à Nikopol et à Nizhnedniprovskiy Uzel.

    La protestation des mineurs de Krivoy Rog a été déclenchée par des changements dans la structure des salaires. Les salaires des mineurs étaient autrefois payés à l’heure, en tenant compte de tout le temps passé sous terre. Récemment, les salaires ont été liés à la production, et les salaires ont fortement baissé : l’équipement obsolète des mines tombe régulièrement en panne, et les ouvriers ne sont plus payés pour le réparer. Mais les conditions de travail générales ont également joué un rôle. Les mineurs affirment que l’équipement des mines est utilisé depuis plus de 30 ans, ce qui a eu des conséquences néfastes sur leur santé et leur environnement de travail. Selon les défenseurs des droits de l’homme, un travailleur est mort dans une mine de KZhRK en avril 2020. Un tribunal a par la suite admis que cela était dû au mauvais état technique de l’équipement. Enfin, le risque de perdre le droit à une pension a donné un nouvel élan aux grèves. Selon les mineurs, plus de quatre mille travailleurs n’auront pas droit à une retraite préférentielle. Et la réforme des retraites en Ukraine, adoptée il y a plusieurs années, a particulièrement touché les femmes mineurs. Au lieu d’une éventuelle retraite à 45 ans, elles devront travailler au moins cinq ans de plus.

    De nombreux médias ukrainiens de premier plan ont accordé une attention particulière à la demande des grévistes de remplacer la direction de l’usine de minerai de fer de Krivoy Rog. J’ai déjà écrit que KZhRK est la propriété commune de deux oligarques ukrainiens concurrents – Kolomoiskiy et Akhmetov – qui ont des parts égales dans l’entreprise. Kolomoysky a officiellement transféré sa part à un autre oligarque, Yaroslavsky, mais les experts pensent que la direction de KZhRK est toujours nommée par Kolomoysky. En se concentrant sur la demande de remplacement de la direction de la mine, beaucoup ont supposé que les grèves font partie d’un complot d’Akhmetov pour obtenir le contrôle total de l’usine de minerai de fer de Krivoy Rog.

    Cette théorie de la conspiration ignore la puissance du mouvement de protestation ouvrière de masse qui a émergé. Un tel mouvement est dangereux pour l’oligarchie ukrainienne dans son ensemble. Ici, face à un mouvement ouvrier de masse, la classe dominante se consolide ; seul un travail organisé de masse peut détruire le modèle ukrainien de capitalisme oligarchique. C’est pourquoi ce n’est pas le conflit entre les oligarques ukrainiens qui est important pour nous dans notre analyse, mais le niveau d’organisation et les activités du mouvement ouvrier démocratique, adopté par les syndicats indépendants dans toute l’Ukraine.

    Krivoy Rog est le lieu de naissance de l’actuel président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, qui a reçu un soutien record des électeurs lors des élections présidentielles et parlementaires dans sa ville natale. Les mineurs de Krivoy Rog avaient des raisons de compter sur le soutien de Zelenskyi pour leurs revendications. Cependant, tant Zelensky que le bureau du président se sont distancés des mineurs. Et, lors des réunions entre les mineurs en grève et les députés du parti du Serviteur du peuple de Zelensky, les mineurs ont été invités à exprimer leur méfiance envers les dirigeants de leurs syndicats, qui avaient lancé la grève.

    De plus, les autorités ukrainiennes n’ont pris aucune mesure pour protéger les mineurs en grève de la répression de l’administration de l’usine de minerai de fer de Krivoy Rog. L’administration de la KZhRK a commencé à publier des données personnelles sur les mineurs en grève sur les réseaux sociaux, et selon les informations du député ukrainien Mykhaylo Volynets, l’appartement de l’un des mineurs en grève a été cambriolé : « En fait, le directeur de l’usine a agi comme un tireur pour les ‘domushniki’ (cambrioleurs) », a déclaré Volynets.

    « Les travailleurs qui sont dans la clandestinité ressentent une pression physique et morale inhumaine… Mais on suppose que le président subit encore plus de pressions de la part des oligarques. Je pense que les deux propriétaires lui demandent de ne pas intervenir dans la situation, car cela montrerait que les manifestants ont raison, et la situation va changer de manière significative », déclare Vitaliy Dudin, chef du département juridique du syndicat indépendant pan-ukrainien « Zakhyst Pratsi » (« Protection du travail »).

    La situation évolue de manière dynamique et chaque jour apporte son lot de nouvelles. Mais le fait que la grève des mineurs de Krivoy Rog ait trouvé un écho dans le monde entier nous excite et nous encourage. Chaque lutte des classes donne aux travailleurs ukrainiens une expérience inestimable. La solidarité mondiale des travailleurs n’est plus un idéal abstrait, mais une réalité très concrète pour les travailleurs en Ukraine. Les travailleurs ukrainiens remercient leurs camarades du monde entier pour leur soutien sans précédent. Il reste encore de nombreuses batailles à mener pour une véritable démocratie et des droits du travail. Ces combats ont été, sont et seront internationaux.

    Oleg Vernik est président du syndicat indépendant pan-ukrainien « Zakhyst Pratsi » (« Protection du travail »).

    Pour plus d’informations sur les grèves des mineurs ukrainiens, lisez cet article du partenaire du Wire, openDemocracy.

  • Y aura-t-il de la grève à Noël ?

    Y aura-t-il de la grève à Noël ?

    En cette fin d’année, les luttes sont fortes. Les travailleurs, les travailleuses, les exploités et exploitées, ne veulent pas voir leurs droits se faire balayer ! Cette résistance déplaît au gouvernement, qui voudrait voir les grèves brisées.

    Le Premier ministre a déclaré que les grévistes, en particulier des transports, devraient « assumer leurs responsabilités » si la grève se poursuivait à Noël. Mais qui est responsable ? Ceux qui veulent réduire en cendre tout ce pour quoi nos parents, nos grands-parents, ont lutté.

    En 1910, nos aïeux ont bravé les fusils des soldats pour arracher le droit du travail. Les armes à la main, à la Libération, ils ont arraché le droit de ne pas mourir au travail, d’avoir une retraite, d’avoir une sécurité sociale, une assurance chômage.

    Aujourd’hui, une poignée de banquiers et de banquières, de rentiers et de rentières, de marchands de canons ou d’automobiles veulent tout nous prendre.

    Et le dernier argument de leurs valets de chambre, Macron & Cie, est pitoyable ! « Pensez à Noël, pensez aux enfants ! ».

    Derrière eux, les hordes de fascistes, qui se disent du côté du peuple, mais sont toujours du côté des exploiteurs, vocifèrent aussi. Les syndicats seraient islamisés, et c’est « pour ruiner Noël qu’ils font grève ». Ces traîtres et ces traîtresses à la cause du peuple se démasquent. Ceux que ces sinistres personnages veulent, c’est semer la haine entre ceux qui courbent l’échine sous le poids du travail.

    En réalité, ils veulent que la grève stoppe pour que les actionnaires des grands cartels de la vente puissent se remplir les poches. Se remplir les poches en vidant les nôtres ! Par contre, les forces de l’ordre bénéficient d’une retraite maintenue, alors que ce régime est censé être équitable et supérieur : il faut bien payer ceux qui nous écrasent !

    Les bourgeois et les bourgeoises se moquent de nous !

    Menteurs et corrompus !

    M. Delavoye, chef d’état-major de l’anéantissement des retraites, en est l’illustration. Menteur et corrompu. Il « oublie » dix fois de déclarer ses petits à-côtés. Il « oublie » de déclarer qu’il travaille pour ceux qui tireront profit de la mort des retraites. Il « oublie » des centaines de milliers d’euros de salaire cachés.

    En réalité, si les fêtes de fin d’année seront maigres, c’est parce que les patrons et les patronnes nous volent. S’il y a la grève à Noël, c’est uniquement de leur fait. Ce sont eux qui nous imposent d’avoir à nous battre. Ce sont eux qui nous imposent de perdre le salaire des jours de grève, pour que, demain, ces mêmes enfants aient un jour une vie digne.

    Si, en ces fêtes de fin d’année, il faut penser aux enfants, pensons -y.

    Ne cédons pas ! Seule la lutte massive peut seule permettre de briser l’offensive des exploiteurs. Céder aujourd’hui, c’est payer le prix fort pour le reste de notre vie, et pour les générations d’après.

    • Défendons leur retraite.
    • Défendons leurs conditions de travail.
    • Défendons leurs conditions d’éducation.
    • Défendons la planète contre la destruction.

    Résistons – combattons – gagnons !

    Rejoignez les organisations qui luttent. Les syndicats combatifs, les organisations révolutionnaires.

    Notre démocratie nous est volée, confisquée par les intérêts des bourgeois et des bourgeoises !

    Ensemble, organisés, en sachant où aller, nous pouvons non seulement battre ces parasites qui nous volent, mais construire une société différente.

    • Une société démocratique.
    • Une société populaire.
    • Une société où l’économie sert à satisfaire nos besoins.
    • Une société qui protège l’humanité comme la nature.

    Partout sur la planète, nous nous battons isolés et isolées. Rejoignons-nous, tendons-nous la main, et gagnons !

  • La lutte continue !

    La lutte continue !

    Aujourd’hui, nous étions plus de 20 000 à Lyon, à défiler contre les attaques du gouvernement. En France, nous étions 800 000. Cette journée est un succès pour tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la dictature de la grande bourgeoisie.

    A Lyon, nous avons défilé, derrière la banderole unitaire « bannière de la Révolution, bannière de la victoire. » Aux côtés de l’Union Communiste Libertaire, de la Jeune Garde, des Jeunes Révolutionnaires et de Éco Défense, nous avons avancé d’un même pas. Nous saluons tous ceux et toutes celles, organisé·e·s ou non, qui se sont joint à ce cortège. De même nous saluons tous ceux et celles qui ont défilé en ce jour, ici ou ailleurs !

    Nous voyons l’apparition d’un cortège réunissant – et ayant vocation à réunir encore plus largement – ceux qui rejettent la dictature de la bourgeoisie et qui rejettent les illusions du réformisme. Nous ne partageons pas toujours la même analyse, mais nous faisons partie du même camp : celui du peuple, celui du prolétariat, celui de la révolution et de la mise à terre de ce régime d’oppression.

    Si la manifestation est un succès, la violence policière a été, une nouvelle fois au rendez-vous. La police a chargé à plusieurs reprises, gazant, matraquant, grenadant, blessant et mutilant. Cela dans l’unique but de défendre la propriété et l’ordre bourgeois.

    Police dont les privilèges ont été confirmés par le gouvernement, pour en acheter la fidélité et la soumission. Cela ne l’empêche pas, elle aussi, d’être sur le chemin d’une certaine privatisation, dans l’application des théories de l’État-marché.

    Nous rappelons, à ce titre, notre attachement à la solidarité envers ceux et celles qui, dans le camp populaire ou progressiste, subissent les foudres des forces de répression de la bourgeoisie. Nous ne partageons pas toujours les modes d’action des un·e·s et des autres, mais nous plaçons au-dessus le principe de solidarité. Nous ne considérons pas qu’il soit de notre devoir de « condamner » quoique ce soit.

    La lutte continue et continuera. Chaque journée d’action, chaque débat, chaque assemblée générale, chaque piquet de grève est le lieu d’une effervescence démocratique. Les illusions de la démocratie bourgeoise tombent les unes après les autres.

    Tous voient quelle mascarade est la Ve République, faite pour et par la grande bourgeoisie. Nous voyons que l’État n’est administré que dans les intérêts d’une seule classe !

    Ensemble, intensifions les initiatives de lutte !

    Ensemble construisons les lieux de notre démocratie.

    Ensemble construisons l’outil de la victoire : un parti du peuple, un parti de la révolution !

  • Le 5 décembre. Et Après ?

    Le 5 décembre. Et Après ?

    La grève du 5 décembre était attendue largement. Elle est une mobilisation qui a été extrêmement suivie. Plus d’un million de personnes ont défilé en France, dont plus de 35 000 à Lyon, ville qui, pourtant, mobilise généralement peu. Nous espérons désormais qu’elle pourra déboucher sur une lutte de plus longue durée. Les premiers échos à ce sujet laissent supposer que cette possibilité existe et qu’elle est en train d’être sérieusement étudiée par les assemblées diverses et par l’intersyndicale.

    A Lyon, nous avons défilé aux côtés des Jeunes Révolutionnaires et d’Eco Défense ainsi que de Youth for climate. Nous considérons que cette politique d’unité est importante au niveau local, dans la mesure ou nous souhaitons voir émerger une coordination et une concertation entre les organisations combatives, progressistes, révolutionnaires et communistes. Nous y avons diffusé notamment le tract rédigé en commun avec notre organisation sœur UPML.

    Cette manifestation révèle un grand esprit combatif. Esprit qui ne s’est pas épuisé après un an de Gilets Jaunes, au contraire ! Cette journée d’action ne peut être vue que comme un premier succès.

    Une grande partie de ceux qui se sont mobilisés attendent de voir comment le gouvernement réagira à la journée d’aujourd’hui. Pour le moment, les déclarations laissent entendre qu’il n’a pas l’intention de dévier dans son œuvre de destruction des conquêtes sociales. Le texte, qui sera présenté en milieu de semaine prochaine, ne sera probablement pas modifié, ou uniquement en suivant des lignes de fracture clivantes, dans le but de fragmenter le mouvement de lutte. Cette manœuvre, qui avait déjà permis a la CFDT de se placer en ennemie de la lutte, a, pour l’instant, échoué. La base de la CFDT a plutôt eu tendance à désavouer la direction.

    En revanche, il est il est important, de ce point de vue là, de regarder avec objectivité le rapport de force, tant syndical que politique. Quelles sont les chances de succès de ce mouvement ?

    Si cette réforme existe, c’est que la bourgeoisie compte en tirer profit.

    En dépit de l’image de clique d’eborgneur, d’arracheurs de main et de corrompus qu’il peut donner au premier abord, le gouvernement n’agit pas, dans ce dossier, par sadisme. Il agit parce que son action correspond à des intérêts savamment calculés : ceux de la grande bourgeoisie. Comme c’est principalement elle qui détermine les enjeux du combat à venir (enjeux offensifs, entendons-nous!), c’est également elle qui sonne les offensives ou les replis.

    Sur le dossier des retraites, il n’est absolument pas garanti que le gouvernement puisse « lâcher » quoique ce soit, ni même renoncer à sa réforme et à ses autres projets. Car derrière la réforme des retraites, il existe un immense butin : celui des retraites complémentaires, des fonds de pension. Un point d’indice trop faible, c’est l’assurance de la misère pour les uns, et l’assurance d’achats de produits financiers censés la compenser pour les autres. Tuer les retraites, c’est de l’argent.

    En réduisant la part du salaire indirect, c’est également, pour la bourgeoisie, faire en sorte de s’assurer que la consommation augmente. L’hérésie du système par cotisation est qu’il n’est pas injecté directement dans le marché. Plus de salaire direct, c’est la possibilité d’augmenter la masse monétaire en circulation, les prix, la croissance, le PIB…

    C’est également un des buts de la Cotisation Sociale Généralisée. En taxant les comptes en banque, il incite à ne pas épargner, mais à dépenser ou à investir (pour ceux qui en ont les moyens), encore du PIB en plus.

    Ces objectifs sont importants, et forment la quasi-assurance d’une manne financière énorme. Elle est à portée de main, elle ne demande qu’à être saisie. Face à cela, quelques jours de pertes financières, dans un blocage de l’économie, peuvent-ils peser suffisamment ?

    Si le gouvernement était dans une logique de réélection et du fait de conserver une base de sympathie, il pourrait chercher un moyen terme. Mais il est le missile à tête chercheuse de la bourgeoisie, servant une fois, cherchant à causer le maximum de dégâts. La retraite et l’avenir de ses agents est assuré dans tous les cas. Cela pose la question de la cohérence du camp des « marcheurs », appuyés par la droite LR.

    Dans l’optique d’une grève générale qui s’inscrirait dans la durée, il est quasiment sûr que la bourgeoisie, dans l’état actuel des choses, avec ses réserves, sa capacité à se reconstruire, à tenir, à briser et réprimer, serait en mesure de remporter la victoire. Si cette grève risquait de voir son rapport de force international se modifier, à cause d’un affaiblissement, elle serait, peut-être, en revanche, obligée de concéder. Mais dans un cadre de lutte interne au pays, la situation est difficile.

    Cela signifie t-il que les manifestations et les grèves sont inutiles ? Non, bien au contraire. Mais cela signifie en revanche qu’elles ne sont pas le bout de tout. Pourtant cette manifestation est extrêmement positive. Déjà, si elle permet un tant soit peu de sortir de la spirale infernale dans laquelle nous sommes rentrés depuis des décennies. Une spirale ou les organisations combatives, faibles, ne peuvent réussir à mobiliser largement. Elles font alors des journées d’action sans lendemain, propres à désespérer. Cette désespérance accroît le manque de confiance dans ces organisations, notamment syndicales. Elles en ressortent donc plus faibles, moins capable de mobiliser, donc accentuant encore le sentiment d’impuissance. Dans le bilan critique du travail des syndicats, cette équation ne peut être ignorée.

    Elle contribue à accentuer la domination d’une aile droitière sur une grande partie d’entre eux, ainsi que des tendances à un fonctionnement routinier et bureaucratique. Mais elles les rendent également plus vulnérables aux pressions de la part de l’appareil d’État ou de la part de la bourgeoisie. Pressions plus ou moins inamicales par ailleurs.

    Les syndicats eux-mêmes, font un travail irremplaçable. Nous appelons à les soutenir, à se syndiquer, à contribuer à travailler à renforcer ces outils.

    S’il existe de critiques à faire à l’activité de ces organisations, ces critiques ne doivent pas se réduire à des déclarations destructrices, de provocation ou de défiance. Ces critiques sont des critiques, avant tout, de camarades à camarades.

    Or, des organisations ou groupes – formels ou non – qui rejettent les syndicats ou qui en font une critique destructrice existent. Mais en dépit de leur arrogance, elles n’ont pas, trouvé un moyen pour remplacer ce travail par quelque chose de supérieur. En dépit de leur vanité quant à l’activité et au bilan des syndicats, ces groupes en sont toujours tributaires, vivant en parasite du travail de fond des autres. Leur pratique de l’activisme confond bien souvent la radicalité de la forme et la radicalité du fond.

    Nous ne pensons pas que la réponse réelle à la situation, comme le pensent certains groupes gauchistes, par le fait que les manifestations se heurtent à la police. Bien souvent, derrière cela se niche une réalité qui ne les honore pas toujours, à savoir un fond réformiste. Si le rejet atavique de la violence est souvent le corollaire du réformisme, sa fétichisation ne remplace pas la réflexion sur la question du pouvoir et l’organisation des masses populaires.

    Cependant, dans les affrontements avec les forces de l’ordre, souvent provoquées, nous condamnons la violence de l’État et de la bourgeoisie. Nous ne cédons pas aux injonctions à condamner la violence issue des masses, ainsi que les « dégradations ». Nous ne mettrons jamais les deux sur le même plan, et nos critiques, aussi acerbes puissent-elles être, sont avant tout des critiques de camarades à camarades.

    Nous pensons que la réponse, la porte de sortie est politique. Elle existera si la quantité se transforme en qualité, politiquement parlant.

    Toute victoire est temporaire. Nous l’avons bien compris par rapport aux conquêtes sociales. Mais, par corollaire, toute défaite dans la lutte des classes est également temporaire. Gagner sur le dossier des retraites, c’est gagner du temps. Perdre sur le dossier des retraites, c’est perdre de l’espace pour vivre. Mais défaite ou victoire son le flux et le reflux des vagues. Ce qui reste c’est notre capacité à nous organiser, à progresser politiquement, à rendre les coups, et, surtout, à mettre en place les outils de la victoire.

    Construire l’unité pour construire la victoire.

    En réalité, la véritable victoire est un passage de l’action revendicative économiste à l’action politique. L’élévation du niveau de conscience politique général, de la fin des illusions sur le parlementarisme, et son corollaire, l’organisation.

    Dans la lutte économiste, syndicale, il est peut-être possible de gagner du temps. De réussir à repousser l’application de cette réforme. Nous l’espérons, et c’est avec cet espoir que nous nous lançons dans la bataille. Mais la victoire, la vraie, la stratégique, est ailleurs.

    Une vraie victoire de cette épreuve de force serait, en dépit de tout, que le camp du peuple ressorte renforcé. Un camp du peuple, qui réunisse les organisations, les groupes, les associations, les nébuleuses combatives. Un camp qui a montré qu’il pouvait exister dans les Assemblées Populaires et dans les Assemblées des Assemblées. Un camp dont la construction doit être au centre de nos préoccupations, dans l’état actuel des choses. Mais le mouvement spontané ne peut suffire, il a besoin de plus.

    Nous travaillons à cela. Nous ne sommes pas seuls à le faire. Mais nous sommes peu, faibles, dispersés. Et nous n’arrivons pas nous même à nous mettre en ordre de bataille pour que la lutte progresse sur le fond.

    Le mouvement ouvrier en France, tout comme le mouvement de revendication populaires et de lutte sociale, manque cruellement d’outils stratégiques, politiques, pour gagner en force. Le mouvement communiste français, dans toutes ses variantes, est toujours aussi faible et dispersé. En dépit de succès locaux, le chauvinisme d’organisation, la défiance, est plus la règle que la volonté de collaborer. Dans notre expérience des tentatives de travail unitaire, nous avons pu constater que le sectarisme est une vertu savamment couvée.

    Plus le temps passe, plus la situation se dégrade, plus nous regardons avec effroi ce sectarisme-parasitisme, qui pousse à créer systématique des initiatives séparées, d’ignorer les existences des uns et des autres, de chercher à se couper l’herbe sous le pied. Ces travers, nous les avons également, et nous désirons les combattre chez nous aussi, dans nos pratiques et dans nos rapports de travail. À nos yeux, le travail unitaire et le développement d’une politique d’unité ne peut être un slogan publicitaire. Il doit être une réalité.

    Pourquoi ? Parce que l’importance de la lutte que nous menons transcende les conflits absurdes entre sectes recroquevillées sur une vérité autoproclamée. Son importance la dépasse. Importance par rapport à la lutte, ici, en France. Importance par rapport à la lutte dans les pays et territoires sous la domination de notre impérialisme. Importance dans la solidarité internationale et dans les liens que nous devons nouer avec nos camarades d’ailleurs.

    Nous, et nos camarades UPML avec nous, maintenons la nécessité impérieuse d’une rencontre générale entre tous ceux qui partagent cet objectif. Quels que soient leurs noms, leurs titres et leurs chapelles, nous considérons que, à ce stade de la lutte sociale, maintenir l’ignorance les uns des autres est un acte grave, qui contribue à entraver le développement des outils de la victoire des exploités et des exploitées contre leurs exploiteurs et leurs exploiteuses.

    Nous ne pensons pas que ce soit en ignorant l’existence des autres organisations, que ce soit des organisations idéologiquement proches ou plus éloignées, que nous grandirons. Au contraire, chacun de nous participe à reconstruire et à donner vie au mouvement communiste. Reste à franchir l’étape de lui donner corps, ce dont nous avons un besoin impérieux.

    Les suites du mouvement se discutent à l’heure actuelle. Quelles qu’elles soient, nous devons jouer tous et toutes notre rôle !

    Nous avons besoin de mettre en cause la dictature de la bourgeoisie.

    Nous avons besoin de faire vivre l’opposition extra-parlementaire des Assemblées Générales, embryon de démocratie populaire.

    Nous avons besoin de nous réunir, militants et militantes politiques révolutionnaires et communistes.

    Nous avons besoin de construire un Parti révolutionnaire !

  • Grève des enseignants et enseignantes !

    Grève des enseignants et enseignantes !

    Aujourd’hui, les enseignant et enseignantes, à l’appel de plusieurs syndicats, se sont mis en grève durant le premier jour de l’épreuve du baccalauréat.

    La mobilisation a été un succès en termes de grévistes, bien que le ministère essaie, à son habitude, de minorer les chiffres des participants et participantes. Au final, environ 30 % des enseignants et enseignantes semblent avoir participé à la grève. A Lyon, c’est un rassemblement et une assemblée générale d’entre 400 et 500 personnes qui s’est tenue.

    Une telle mobilisation, le premier jour des épreuves du bac, est un véritable succès. Le rectorat et les chefs d’établissement ont fait pression pour tenter de juguler le nombre de grévistes, ou ont fait des réquisitions des AED ou des personnels administratifs, mais dans l’ensemble, la journée est un succès. Succès qui en ouvre d’autres !

    Pour beaucoup d’élèves, cependant, l’épreuve du baccalauréat est devenue une étape vers le néant, tant la machinerie de Parcousup a bouché l’avenir. Plus que la grève, hypocritement érigée en action dirigée contre les élèves, ce qui les pénalise sont les réformes. Ainsi, Parcoursup s’est imposé comme un véritable hachoir à orientation.

    Pour mémoire, Parcoursup est la continuité de la gare de triage créer par Adminssion Post-Bac. Dans APB, cependant, les élèves pouvaient définir des vœux hiérarchisés, qui leur permettaient d’avoir une certaine prise sur leur avenir étudiant.

    Dans Parcousup, en revanche, c’est une « mise à disposition » de recruteurs et de recruteuses qui est opérée. Cette inversion fait que les établissements d’enseignement supérieur font « leur marché », recrutant les élèves mis à disposition en fonction de leur profil (et très souvent, de leur origine géographique – donc sociale, du fait de la ségrégation socio-spatiale -). Une fois que le nombre désiré est atteint, les autres sont envoyés au rebut. De plus cela s’attaque au concept même de l’orientation. Cela devient de la gestion de flux en fonction des intérêts du tissus industriel local.

    In fine, lorsque 400 000 lycéens et lycéennes se retrouvent sans affectation, ce n’est pas une erreur de Parcoursup, c’est au contraire qu’il a marché exactement comme prévu.

    La question du nouveau bac se pose aussi d’une manière brûlante :

    https://unitecommuniste.com/france/stoppons-parcoursup-le-nouveau-bac-la-selection/

    Deux lycéens ou lycéennes n’étaient, déjà, pas jugés à la même valeur, du fait de leur lycée d’origine, vont voir cet écart être accru. Les prétendues mesures d’égalité vont se heurter au prisme de la réalité.

    La libéralisation à toujours mené à la concentration des ressources, jamais à l’égalitarisme. Celle du système des options ne va pas échapper à cette règle. Comme il est absolument impossible pour tous les lycées de couvrir toutes les options, des choix vont devoir être faits. Au lieu d’avoir des filières par établissement, ce seront des établissement-filières qui apparaîtront.

    Les bacs à options vont accentuer une ségrégation spatiale, en fonction des options qui seront concentrées dans les différents établissements. Les options de prestige seront concentrées ans ceux bénéficiant déjà d’une attractivité, mais les lycées laissés pour compte verront leur situation se dégrader encore davantage.

    Par ailleurs, il est fondamental de rappeler que la lutte pour une défense du baccalauréat s’inscrit également dans la lutte pour la défense du contrat de travail. Un des objectifs de la liquidation du cadrage national des diplômes est de s’attaquer à leur valeur juridique. Il s’agit d’une manœuvre en sous-marin dans le but de frapper une des dispositions fondamentales du Code du Travail : les conventions collectives.

    Détruire les conventions collectives était au cœur des opérations massives menée par le gouvernement EELV – PRG – PS puis par le gouvernement LREM. Dans la loi El-Khomri et la loi travail, l’un des buts était de faire sauter ces éléments essentiels du rapport de force des travailleurs et travailleuses envers leurs exploiteurs et de les remplacer par des accords d’entreprises, nettement moins favorables.

    En transformant le bac national -déjà inégalitaire et peu reconnu- en bac d’établissement (ce qui est également valable pour les Licences et les Masters), cela rend impossible, à terme, leur reconnaissance juridique. Elle ne leur permet plus, par voie de conséquence, de trouver une reconnaissance dans le navire sombrant des conventions collectives.

    En somme, la nouvelle génération de bacheliers et de bachelières est vouée à être une génération sacrifiée, destinée à être surexploitée, et, surtout, à être mise en concurrence directe et brutale avec les générations précédentes. En dernière instance, ces néo-bachelier serviront de menace pour faire accepter des baisses de salaire, des conditions de travail plus rudes, à ceux et celles qui sont déjà en poste.

    Cette mesure de fragmentation des statuts inter-générationnels ne peut pas ne pas avoir de conséquences dramatiques sur les salaires et les conditions de travail.

    D’une manière générale, il est essentiel de rappeler que la réforme qui est concoctée par le gouvernement est cohérente et architecturée. Elle vise des objectifs extrêmement ambitieux, puisque ceci inclut le fait de changer complètement le fonctionnement des lycées.

    En les autonomisant d’un point de vue administratif, ce qui renforce les pouvoirs des chefs d’établissement, devenant de fait des équivalents, en termes de compétences, des présidents et présidentes d’université après l’application de la LRU. De fait, les proviseurs et chefs auront une autorité accrue. Les réformes renforcent le pouvoir administratif au détriment de la pédagogie. En fait de « confiance », c’est la perpétuation de la veille de l’opinion et du contrôle de la pensée sur les enseignants et enseignantes.

    Cette autonomie administrative se dédouble d’une autonomie de recrutement, les établissements pourront ainsi constituer eux-mêmes leurs équipes, sous des recrutements ressemblant à ceux pratiqués par les mairies. Ainsi, les CAPES et Agrégation seront ravalés au rang d’habilitation, mais ne seront plus de garanties de pouvoir bénéficier d’un poste. Il s’agissait d’une disposition prévue d’ores et déjà dans la masterisation des concours, qui devait créer une équivalence, in fine, entre M2 et Capes.

    Plusieurs établissements ont également dû accepter des privatisations et des externalisations (entretien, cantine), qui, non seulement ne permettent pas de bénéficier d’une qualité plus importante de service, mais sont également coûteuses. Ces marchés captifs sont des cadeaux, accordés selon des critères clientélistes.

    Également, de plus en plus d’établissements demandent aux professeurs de faire des heures supplémentaires sur la base du volontariat, mais avec l’idée, exprimée dans Cap 2022, d’en faire une norme. Cela vise à réduire dont le nombre de postes en saturant les enseignants et enseignantes avec des classes surchargées et des heures plus nombreuses.

    Lorsque ce ne sont pas ces exigences qui sont formulées, c’est l’incitation au bénévolat. Or, le bénévolat est une réduction de salaire déguisée, puisqu’elle implique un plus long temps de travail pour un salaire identique.

    Toutes ces agressions ne visent qu’a mettre au pas le système éducatif et à le rendre « rentable », avant qu’il ne soit purement et simplement privatisé.

    Les projets du gouvernement sont littéralement les même que ceux qui étaient proposés, il y a 15 ans, par François Fillon : autonomie des établissements, mise en place du contrôle continu, changement dans les hiérarchies…

    Les luttes ont permis de pouvoir stopper ce projet pendant ces quinze années. L’offensive d’aujourd’hui est donc le match retour d’hier. Seulement, le contexte politique est davantage défavorable. Macron est tenu par ses commanditaires, il exécute servilement leurs ordres, dans le but d’ouvrir le marché de l’éducation a la privatisation et de réduire les dépenses publiques.

    Aujourd’hui, après l’expérience du mouvement des Gilets Jaunes, il est possible de se douter que le gouvernement ne reculera pas sans essayer au maximum de forcer les choses.

    En dépit du courage, de la mobilisation, de l’abnégation de ceux et celles qui luttent, la question se pose : face au refus obstiné, les luttes réformistes et économiques ne peuvent s’imposer. Comment faire pour qu’elles soient plus puissantes et plus efficaces ?

    Nous pensons que les luttes sociales sont indispensables, mais qu’elles doivent également se projeter sur le terrain politique. L’aspect central du mouvement des Gilets Jaunes est ainsi celui-ci : la politisation de la lutte est ce qui a permis son expansion et le fait qu’elle ne reste pas sectorielle.

    Nous n’avons pas le choix, nous devons poser également la question du pouvoir.

    https://unitecommuniste.com/france/nayons-pas-peur-parlons-du-pouvoir-tract-de-lunite-communiste-de-lyon/

    La question, de la démocratie truquée, mais aussi la question de la démocratie que nous voulons, dans laquelle il sera possible de battre jusqu’au bout les tentatives de destructions des droits sociaux que les luttes précédentes ont arraché.

    L’assemblée générale des enseignants a appelé à poursuivre la lutte. Soutenons-la ! Défendons pied à pied le système éducatif !

  • Les funestes projets répressifs de la bourgeoisie

    Les funestes projets répressifs de la bourgeoisie

    Les funestes projets répressifs de la bourgeoisie

    Aujourd’hui, au Parlement Européen, l’eurodéputé écologiste Belge, Philippe Lamberts, s’est adressé au Président de la République Française, Emmanuel Macron. Le contenu illustre la perception que peut avoir l’étranger de la politique intérieure de notre Etat.

    L’Education Nationale, les médias bourgeois -et même parfois certains égarés, les politiciens et politiciennes bourgeoises nourrissent l’illusion d’une  « France mère des droits de l’Homme », d’une civilisation pétrie par l’humanisme et les Lumières, d’une grandeur et d’une mission civilisatrice. Celle-ci ne sert qu’a maintenir la paix sociale par l’idée que « les choses sont pires ailleurs », tout comme à justifier les charniers de la colonisation.

    Mais, pour les observateurs qui bénéficient de recul sur cette situation, pour ceux qui peuvent bénéficier d’une certaine objectivité, le tableau est autre. Le discours de l’eurodéputé Belge l’illustre. A ses yeux, Emmanuel Macron et son gouvernement sont l’antithèse de la devise de la République qu’ils représentent .

    Sur la Liberté, le député est revenu sur les pratiques policières, sur la garde à vue systématique des opposants, sur les interdictions de manifester, les assignations à domicile, sur les perquisitions et la surveillance constante de la société et de ses éléments revendicatifs.  Revenant sur les grenadages massifs de Notre-Dame-des-Landes, Philippe Lamberts a déclaré que les forces de l’ordre « écrasent dans la violence les projets de celles et ceux qui inventent depuis des années une autre manière de vivre ».

    Sur l’Egalité, le programme politique et social du président est passé en revue. Se vantant « premier de cordée », Emmanuel Macron reçoit la réplique suivante : « Dans nos sociétés, cette corde n’existe plus: les riches s’enrichissent, les classes moyennes stagnent et se précarisent tandis que les plus fragiles sont abandonnés à leur sort. » Il s’agit pourtant d’un euphémisme bien doux. Les ventes d’armes aux dictatures qui s’en servent pour écraser leurs masses populaires ou pour faire la guerre au voisin n’ont pas été épargnées.

    Sur la Fraternité, les propos du « philosophe Macron » sont revenus sur le devant de la scène : « Vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien. » Illustrant bien là de darwinisme social poussé à l’extrême du président. De même, le projet de loi Collomb avec « ses procédures expéditives, ses recours non suspensifs et ses détentions administratives » tout comme la Police qui lacère les tentes de ceux qui fuient la misère et la guerre.

    Macron a répondu. Il a répondu sur la forme, sur son orgueil blessé, sur l’aspect discourtois de l’attaque. Mais non sur le fond. Qu’aurait-il eu à dire ?

    Car la vérité, la voici. La bourgeoisie et le gouvernement à ses ordres préparent une vaste offensive de répression.

    Sur le terrain, les forces de l’ordre frappent fort. Les mobilisations universitaires et Notre-Dame-des-Landes sont noyées sous les gaz lacrymogènes, chaque fois plus forts, chaque fois plus toxiques. Les coups de matraques pleuvent, tandis que le recours aux grenades de désencerclement, celles qui ont tué Rémi Fraisse, devient banal.

    Les préfectures font pression pour que les présidents d’université autorisent les expulsions violentes par la Police -avec arrestations à la clé- tandis que les fermetures administratives sabotent la mobilisation étudiante. Ainsi, à Lyon II, la présidente de l’université, Nathalie Dompnier, réputée progressiste, a courbé l’échine sous les demandes de la préfecture, et a fait sonner la charge contre les étudiants et étudiantes qui occupaient le campus.

    Lorsque cela ne suffit pas, les fascistes sont envoyé pour faire le sale travail, en toute impunité. L’Etat encourage la formation de milices anti-grévistes, tandis que les médias tenus par la bourgeoisie hurlent à la prise d’otage.

    Ce qui était possible et relativement anodin, en termes d’actions et de mobilisation, il y a dix ans à peine, devient un danger considérable qui peut mener à la prison ferme.

    Mais le législateur réactionnaire veut plus. Veut aller plus loin. Les servants se pressent autour de la bourgeoisie, chacun rivalisant d’inventivité pour mettre à genou le droit des travailleurs et des travailleuses.

    Le 11 avril 2018, une coalition de députés Les Républicains ont ainsi fait une proposition de loi, la proposition n°871, visant à encadrer le droit de grève.  14 députés et députées ont ainsi élaboré un texte qui illustre avec une clarté d’eau de roche la perception qu’a la bourgeoisie du droit de grève.

    Dès l’exposé des motifs, les auteurs tirent à boulets rouges : Le Préambule de la Constitution de 1946 prévoit que le « droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Malgré cette invitation du constituant, le législateur n’a encore pas véritablement tracé les limites de l’exercice du droit de grève en France.

    Très concrètement, la France est le pays où le recours à la grève est le plus pratiqué. Pour exemple, entre 2005 et 2014, la France a perdu entre 6 et 8 fois plus de journées de travail que le Royaume-Uni ou l’Allemagne ! Pour la seule année 2016, la France a connu 801 grèves, dont 691 grèves locales et 113 grèves générales interprofessionnelles. [Nous ne pouvons que nous en féliciter, même si cette information est particulièrement contestable.]

    Les solutions aux conflits sociaux varient selon les systèmes juridiques. Dans les pays scandinaves et anglo-saxons, il existe des méthodes très élaborées permettant de mettre fin à la grève à travers le dialogue. En Norvège, une entité spécifique appelée « Commission technique des rémunérations » (TBU) présente les estimations de compétitivité permettant des négociations salariales. L’exercice du droit de grève est également encadré en Allemagne où le déclenchement de la grève suppose une phase préalable de négociation entre les partenaires sociaux et implique que 75 % des salariés adhérents à un syndicat aient voté favorablement. [C’est nous qui le soulignions]

    Le droit de grève, comme tout droit, est susceptible d’abus. Cela peut notamment être le cas face à des grèves à objectif purement politique et des grèves portant une atteinte excessive à la continuité du service public. [Idem] Aujourd’hui, en France, les sanctions de l’abus du droit de grève sont réglementées par des règles jurisprudentielles, qui au-delà d’être laissées à l’appréciation du juge, sont souvent morcelées et incohérentes. Cela pose un véritable problème d’intelligibilité du droit. (…)

    Il ressort de cette entrée en matière deux aspects principaux qui caractérisent parfaitement le projet des réactionnaires : S’attaquer aux « grèves politiques » en premier aspect. En second aspect, instaurer un système de démagogie et d’individualisation du rapport à la lutte sociale, en soumettant chaque décision de lutte à un référendum.

    Une grève politique qu’est ce que c’est ?

    Le Comité européen des droits sociaux (CEDS) du Conseil de l’Europe a autorisé les gouvernements des États membres à prohiber les grèves « purement politiques » dans le respect de l’article 6§4 de la Charte sociale européenne (Conclusions I, 1969, Observation interprétative relative à l’article 6§4, p. 39). Selon le CEDS « une grève peut être organisée uniquement pour résoudre un différend collectif du travail ». L’article 6§4 de la Charte sociale européenne ne reconnaît pas le droit de mener des grèves portant sur des matières relevant de la politique gouvernementale.

    Dans l’histoire moderne, les premières grandes limitations des grèves politiques en Europe sont intervenues au Royaume-Uni, sous l’impulsion du Premier ministre Margaret Thatcher, en 1982, pour éviter que les dirigeants syndicaux deviennent les arbitres de l’économie britannique. En Allemagne, toute « grève politique » contre les lois discutées au Parlement ou projetées par le gouvernement est illégale et peut être sanctionnée par une mesure de licenciement. Mais, cette prohibition existe aujourd’hui dans la plupart des pays européens…

    Cela signifie en somme qu’une grève politique est une grève qui s’attaque au travail du législateur, aux projets de lois -comme celui-ci. En somme, il indique que le travail de la chambre des députés, que le travail du gouvernement, est intouchable. Qu’il est oint de la légitimité des urnes.

    Il pourrait y avoir une certaine logique, dans un monde merveilleux, à partir de ce principe là. Si le gouvernement et l’Assemblée étaient réellement ceux des masses populaires, si les mandats politiques étaient définis, en place et lieu de blancs-seings et de chèques en blancs laissés aux agents de la bourgeoisie, il serait possible d’y voir une cohérence.

    Mais l’Assemblée Nationale, tout comme l’ensemble des institutions de l’Etat bourgeois, sont les arènes de la lutte contre les intérêts des masses, contre les droits et les gains sociaux des travailleurs et des travailleuses. Les programmes et les mandats ne sont que de la poudre aux yeux des votants et des votantes, que des jeux de lumière et des trompes-l’œil. Le mandat et le programme est celui de la bourgeoisie. Point final. Le reste est dans la nuance.

    Ecraser et interdire les grèves politiques, cela revient à briser tout droit de regard de la part des travailleurs et des travailleuses sur la manière dont ils et elles sont exploitées. Cela revient à limiter la lutte contre des aspects d’application de lois décidées en amont. Pour le reste ? Il faut voter dans une démocratie étriquée et étranglée par les règles définies par la bourgeoisie. Cela revient à limiter la grève à une opération tactique, à une critique des conditions de travail, mais de priver les syndicats d’une dimension d’outil stratégique, d’outil de combat contre un projet de société et contre une offensive généralisée des capitalistes.

    Voilà comment ces apprentis-fascistes veulent définir le droit de grève :

    Art. L. 2511-1. – L’exercice du droit de grève ne peut porter que sur les conditions de travail définies dans les protocoles d’accord, conventions d’entreprise ou de branche.

    Toute participation à une grève politique est constitutive d’une faute lourde justifiant le licenciement.

    Une loi, la Loi Travail, par exemple, serait une grève politique. Elle serait donc, pour l’ensemble des individus qui ont participé à la lutte, un motif de licenciement. Voilà la démocratie à laquelle nous voue le patronat. Mais cette démocratie, justement, est à double tranchant.

    Voter à bulletin secret avec les patrons ?

    Le second aspect est tout aussi pervers et vicieux : il s’agit de jouer sur la démocratie, ou plutôt le démocratisme, pour saboter les grèves. l’exemple des 75% de votants dans un syndicat -En Allemagne- pour décider de la grève est en contradiction même avec la conception de la lutte syndicale, qui vise à protéger les syndiqués en tant qu’individus, pour éviter qu’ils ou elles ne subissent les foudres vengeresses des patrons ou des patronnes. En pratiquant ce type de fonctionnement, les individus peuvent être pressurés et pousser à refuser la grève.

    Le démocratisme est une facette intéressante des régimes bourgeois. D’un côté on demande aux individus de se prononcer, mais on insiste sur un point : « Pour être légale, la grève doit être votée par un scrutin organisé à bulletin secret et sous réserve que 50 % au moins des salariés de l’entreprise s’y déclarent favorables. »  (Art.2) Et « Pour être légale, la grève doit être votée par un scrutin organisé à bulletin secret et sous réserve que 50 % au moins du personnel, mentionné à l’article L. 2512-1, s’y déclarent favorables. », pourquoi avons-nous souligné le caractère secret du vote ? Car nous sommes de véritables démocrates, et que tout vote est l’engagement d’une responsabilité qui transcende, qui dépasse celle de l’individu pris isolément. Celui qui, par peur, par frayeur, vote contre la grève dans la solitude de l’isoloir, se déresponsabilise des conséquences funestes de son acte. Le vote public, le fait d’assumer publiquement une position dans l’Assemblée Générale, est un acte de démocratie dans son essence la plus pure, la plus politique au sens strict du terme. Il est amusant de voir que les salariés de l’entreprise signifie qu’un P.D.G., un contremaître, un laquais de l’exploiteur, peut voter. C’est une rupture complète avec le fonctionnement normal d’une lutte, il s’agit d’une aberration complète.

    Ce projet de loi est une attaque complète envers le droit de grève, sous des prétextes de modernisation. Il s’agit, in fine, d’étrangler les luttes, d’étrangler les luttant et les luttantes, de fragmenter en rapports individuels les rapports collectifs de combat.

    Cette loi peut-elle passer ? L’avenir le dira. Mais dans l’état actuel des choses, la bourgeoisie à plus d’un tour dans son sac à répression. Dernier cas en date, une Question Prioritaire de Constitutionalité a été posée au Conseil Constitutionnel. Désormais, il est interdit de refuser de donner la « convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie », comprenez, en langage courant, le code PIN de votre téléphone portable. En 2016, dans la plus grande discrétion, l’article 434-15-2 du code pénal est mis en place. Il punît désormais  « de trois ans d’emprisonnement et de 270.000 € d’amende » le fait de refuser de transmettre les codes des outils numériques, dans la mesure où ils sont « susceptible d’avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit. » Or, cette disposition était perçue comme contradictoire avec le droit de garder le silence ou le refus de s’auto-incriminer.

    Depuis le 30 mars, le Conseil Constitutionnel a statué sur la question. L’article 434-15-2 du code pénal entre en application. La police n’a plus besoin de forcer les serrures électroniques et les logiciels de cryptage, l’accusé est désormais sommé de fournir les clés pour le déverrouiller. En Russie, le gouvernement a réclamé à la société qui détient l’application de messagerie Telegram les clés permettant de déchiffrer les messages. Là aussi, la vie privée est au cœur des enjeux.

    Les « libertés » permises par le capitalisme dans ses moments d’embellie, ou arrachées dans la lutte et la douleur, ne sont que des illusions. Ces libertés ne sont pas des montagnes immenses, des rocs, elles sont des enjeux.

    Le capitalisme, la bourgeoisie, sentant l’aiguillon de la crise économique, resserrent leur étau. La répression se fait plus féroce, car elle est le miroir de la situation sociale. Plus la misère est forte, plus la colère est forte. Plus la colère est forte, plus la répression est puissante. Puissante, car la bourgeoisie ne partage pas, ni le pouvoir, ni les richesse.

    Face à la répression, face aux tentatives de division, face aux tentatives d’écrasement, nous ne devons former qu’une seule ligne, qu’un seul front. Chaque coin enfoncé dans nos flancs, chaque attaque réussie par la bourgeoisie est un coup porté à l’ensemble et l’intégralité du mouvement populaire, du mouvement ouvrier, du mouvement révolutionnaire.

    Halte à la répression !

  • Le 22 mars, toutes et tous dans la rue !

    Toutes et tous en grève le 22 mars !

    Stoppons la destruction des droits sociaux !

    La question des droits sociaux est au cœur de l’actualité. Elle ne l’est pas du fait d’une amélioration soudaine, de droits élargis. Elle l’est, malheureusement, en raison des menaces qui pèsent sur eux. Droit du travail ; protection chômage ; assurance maladie ; retraites ; accès à l’éducation et aux soins…etc. Chacun de ces aspects de la vie de tous les jours est actuellement sous un feu roulant de la part de l’artillerie législative de la bourgeoisie. En fait de réformes, ce sont des liquidations.

     Liquidation du droit du travail, déjà grandement entamée par le Parti Socialiste, qui débouche aujourd’hui sur une hausse invraisemblable des licenciement, sur une dégradation sans précédent des conditions de travail, sur une misère accrue jour après jour. L’attaque contre les régimes spéciaux est une diversion visant à susciter la division entre exploités, dans le but d’anéantir chaque droit dans le détail.

    Liquidation progressive de l’assurance maladie, de la retraite et du chômage, par le fait de supprimer ses voies de financement. La réforme fiscale de Macron n’a pour but unique que de pulvériser le salaire socialisé, qui permettait à ces protections d’exister. Le but est de faire assumer de manière individuelle -et insuffisante !- la protection sociale, laissant les plus démunis seuls face aux aléas et malheurs de la vie.

    Pendant ce temps, les financements seront passés sur la Cotisation Sociale Généralisée, laquelle est un impôt inéquitable, injuste, et qui sanctionne les petits épargnants, non les investisseurs. Le capital n’est pas touché. Tout est payé par les travailleurs et les travailleuses, y compris le carcan d’acier qui les maintient dans l’exploitation.

    Liquidation de l’accès pseudo-démocratique à l’enseignement, en soumettant l’éducation au flammes de la rentabilité et d’une rationalisation à outrance. De plus, la bourgeoisie souhaite se servir de la déstructuration des diplômes pour faire en sorte qu’ils n’aient plus de valeur aux yeux de la loi, autre qu’une valeur relative et symbolique.

    Quant aux soins, la politique de Révision Générale des Politiques Publiques ne vise qu’à les rendre rentables. Or, cette rentabilité se fait au prix de la qualité, au prix de la possibilité  d’y avoir effectivement accès. Les patients s’entassent et meurent aux urgences. Les concepteurs de cette politique s’en moquent. Ils ne vivent pas dans le même monde, dans la même réalité que les masses populaires.

    Partout sur la Terre, l’impérialisme, dont celui de la France, sème la mort et la surexploitation. Les villages éventrés, les terres ravagées, tout cela pour des bastions géopolitiques et des minerais !

    Voilà le programme de la bourgeoisie ! Cumulé avec la politique belliciste et militariste, ainsi qu’avec l’instillation de la haine de l’étranger, de l’immigré, du réfugié, et le tableau est complet. C’est contre cela qu’il est nécessaire – obligatoire – de se battre !

    La bourgeoisie mène une guerre totale contre les droits sociaux !

                    La bourgeoisie, dans une guerre totale, ambitionne de liquider chacun de ces droits durant un seul quinquennat. Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont ainsi les anges exterminateurs de ce que les travailleurs ont mis plusieurs siècles à obtenir, au prix du sang.

                    L’argument de ces fossoyeurs ? La modernité. Il est nécessaire d’évoluer, d’aller de l’avant, de ne pas rester dans les systèmes sclérosés du passé. Cet argument, fallacieux, n’est qu’un paravent. Il ne sert qu’à inverser les rôles et à faire passer la défense des conquêtes sociales pour une posture réactionnaire. Or, le modèle de la « Startup Nation » n’est ni plus ni moins qu’un modèle du XIXe siècle, du travail journalier, de l’exploitation maximale, de la misère et des journées de travail interminables.

    Tout comme au XIXe siècle, les exploiteurs veulent user jusqu’au bout les travailleurs et les travailleuses.

                    La stratégie de la bourgeoisie est simple : il lui a été imposé, par la force, des concessions. Le mouvement ouvrier, le mouvement communiste, la Résistance, ont exigé la mise en place de ces droits. Or, la bourgeoisie n’en a jamais voulu. Elle tente inlassablement de tirer vers le bas les salaires, de tirer vers le bas les conditions de travail, d’augmenter sans cesse le taux d’exploitation des travailleurs et des travailleuses. Ce taux d’exploitation atteint bientôt un seuil tel que le salaire ne permet plus que de tenir le coup jusqu’au jour de demain. Logement, alimentation, transports… les dépenses basiques aspirent tout. L’endettement, même, guette. La bourgeoisie ne paie pas, elle entretient une force de travail qui s’épuise.

    Or, aujourd’hui, elle a les coudées franches. Le résultat est à l’avenant : tandis que le niveau de vie des masses populaires stagne, diminue, tandis que la misère et les fins de mois difficiles s’accumulent, les profits du patronat décollent. Le « ruissellement » est un mythe, en vérité, la bourgeoisie fait preuve d’un parasitisme nocif  et toxique sur la société. Produire moins cher pour augmenter les profits, pour se goinfrer toujours plus, au détriment des exploités et des exploitées, voilà le programme politique de la bourgeoisie. Les élections ne sont là que pour déterminer qui réalisera ce programme, et selon quelle « saveur. » Ni plus ni moins.

    Et lorsque la colère gronde, l’extrême-droite est là pour détourner celle-ci, vers d’autres exploités et exploitées, vers d’autres opprimés et opprimées, qui souffrent des mêmes maux, qui sont nos frères et sœurs de lutte.

    Ironie des ironies, la baisse des salaires et la baisse des moyens engendre une baisse de la consommation. Moins le patronat paie, moins il gagne d’argent. Le système économique s’auto-intoxique devant la rapacité sans borne. Cette mécanique est inscrite dans le patrimoine génétique du capitalisme, elle est inéluctable. Si le capitaliste ne le fait pas, son voisin le fera pour lui faire concurrence. Les niveaux de vie s’effondrent et la crise de surproduction guette.

    Mû par la recherche avide du profit, par une politique de pénurie organisée, par la captation des richesses, le capitalisme est incapable de répondre aux problèmes de l’humanité. Il est devenu un carcan qui maintient celle-ci dans un âge de souffrance, d’obscurantisme, de pauvreté. Le capitalisme est le frein qui retient en arrière la société. Les arguments des capitalistes se retournent contre eux-mêmes. Leur impossibilité déclarée de pouvoir continuer avec un système de protection sociale correcte illustre le pourrissement de l’économie, illustre son essoufflement, illustre son caractère fondamentalement périmé et sclérosé.

    L’Unité Communiste de Lyon défend une société qui s’affranchit de ce poids mort, de cette ponction injuste et indue. Nous défendons une société dans laquelle ce sont ceux qui produisent qui décident, et non ceux qui exploitent. Une société dans laquelle l’économie est subordonnée aux besoins de l’humanité, non aux désirs de profits d’une clique de bandits et de criminels.

    Nous ne croyons pas dans les promesses de politiciens et de politiciennes, âmes damnées de la bourgeoisie. Les urnes ne placent que des laquais au pouvoir. Le véritable pouvoir est hors des institutions, hors des salons, il est dans la force populaire, dans l’unité des exploité.es et des opprimé.es. Le véritable pouvoir est dans la constitution d’un Parti Communiste révolutionnaire, capable d’organiser ceux qui souffrent, ceux qui subissent l’exploitation, pour renverser l’ordre injuste et criminel de la bourgeoisie.

    Créer cet outil, tel est le programme de l’Unité Communiste de Lyon. Un outil pour la révolution socialiste, un outil pour bâtir une société sans exploité.es ni exploiteurs, une société communiste !

  • Mayotte : La grève révélatrice.

    Mayotte : La grève révélatrice.

    Mayotte : La grève révélatrice.

    Nous avions parlé de Mayotte l’an passé, lors de la grève organisée par les travailleurs de l’usine Total, dans le but d’obtenir le simple respect du Code du Travail, chose déjà incroyable dans cette île colonisée.

    Aujourd’hui, Mayotte est de nouveau dans une grève soutenue, importante, et -surtout- générale. La raison invoquée est la question de l’insécurité générale dans l’île. Le 20 février, des affrontements ont éclaté au lycée de Kahani, étincelle provoquant ce mouvement de colère.

     La situation est misérable. Mayotte est un sous-département, avec ses bidonvilles, avec son niveau de vie au ras du sol. Elle n’a rien des « joyaux » tels que le disent les sociaux chauvins. Elle subit effectivement une délinquance importante, avec 23.5 logements cambriolés sur 1 000 selon Le Monde. Cette délinquance est réelle, en effet, elle est un mal endémique l’île, mais n’est que le reflet des inégalités sociales terrifiantes qui la frappent.

    D’un côté, les forteresses des colonisateurs et des compradores, entourées de barbelés, surveillés par la police et l’armée, des gated communities, réservés à la bourgeoisie. De l’autre, les bidonvilles ou bangas des immigrés clandestins, tentant de survivre dans une misère noire. Ces migrants proviennent des malheureuses Comores, territoires condamnés au sous-développement et à l’indigence par les interventions et coups d’Etats organisés par la France et l’Afrique du Sud de l’Apartheid.

    La logique voudrait qu’on s’intéresse aux causes de cette souffrance, qu’on la résolve. Mais la bourgeoisie a d’autres plans. Elle flaire l’opportunité de pour instiller la défiance et la haine entre celles et ceux qui courbent l’échine sous son ordre injuste.

    D’ores et déja, les chantres de la réaction, tels Laurent Wauquiez, se sont emparés de cette question. Ils s’en sont emparés pour détourner les revendications légitimes des habitants de Mayotte. Wauquiez s’est empressé de faire d’une grève contre les conséquences de la pauvreté gravissime une grève contre les immigrés en provenance des Comores, toutes proches.

    Wauquiez, Valls, les fascistes, tous et toutes s’en moquent complètement de la misère de l’île de Mayotte. Elle n’est qu’un marchepied pour leurs slogans. Dans le fond, ils et elles haïssent les Mahorais et Mahoraises dans la plus grande tradition des colonialistes. Ils et elles ne cherchent pas un seul instant à écouter les plaintes et les souffrances de la population, mais bel et bien uniquement à imposer leur discours.

    Non, jamais les xxx ne seront autre chose que ces fameux « français de papier », dont parle Nadine Morano. Ils et elles ne sont que des survivances du code de l’indigénat. Des bras pour travailler, et une île qui fournit une Z.E.E. à la métropole, ainsi qu’une tête de pont vers l’Afrique, et vers Madagascar, néo-colonie française.

    Les promesses de mettre fin à l’insécurité, pour la bourgeoisie, ne peuvent se réaliser que par le fer, le feu, le sang. Elles ne mettent pas fin à l’indigence, au dénuement, à la faim, à la maladie. Au mieux, la « gauche » promet. Elle promet plus d’argent, plus de moyens, elle promet une répartition des richesses. Mais dans les faits, elle s’écrase, comme le paillasson de la bourgeoisie. Elle fait corps, coeur, avec l’impérialisme français, ce fléau.

    Seuls les communistes peuvent mettre fin de manière définitive à la misère. Seuls les communistes peuvent mettre fin à l’insécurité, en détruisant sa base matérielle. Seule la destruction du parasitisme de la bourgeoisie, du parasitisme des riches, des exploiteurs, des colons et néo-colons, peut permettre cela.

    C’est le fait de remettre entre les mains du peuple tout entier les outils qui permettent à la richesse d’être produite -pas simplement taxer l’exploitation, mais bien la liquider-  qui peut faire s’éteindre de manière finale et définitive la pauvreté. Or, c’est bien cette pauvreté, et non une essence raciale, comme le clament les fasciste, qui est la responsable de l’insécurité et de la violence.

    Cette arrivée du pouvoir populaire ne peut se faire avec, mais bien contre l’impérialisme français. Les Mahorais et Mahoraises n’ont rien à attendre, si ce n’est davantage d’oppression, de sa part. Il n’est pas « plus humain », plus « doux », plus « civilisé » que celui des Russes ou des Américains. Il est une machine implacable à broyer les peuples, à massacrer les masses populaires.

    Mayotte est otage de la rapacité de l’impérialisme.

    A bas l’impérialisme français ! Vive la lutte anti-impérialiste, partout dans le monde !