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  • Macron, l’incendiaire.

    Macron, l’incendiaire.

    Ce soir, une nouvelle fois, il y eut un incendie. Là aussi, un pan d’histoire vient d’être ravagé par les flammes. Mais, cette fois-ci, le pan d’histoire n’est pas culturel, religieux, historique, il est social. Ce qui se consume, ce sont les protections sociales, arrachées de haute lutte par le passé. 
    Macron s’est donc, finalement, exprimé devant les Français et les françaises, pour présenter ce qui, selon lui -ou plutôt selon ses commanditaires- est le bilan du Grand Débat et la porte de sortie de la crise de régime qui dure depuis 24 semaines sans discontinuer. 
    Certains ou certaines optimistes ont eu, un moment, l’espoir qu’Emmanuel Macron mettrait de l’eau dans son vin, qu’il arrondirait les angles, qu’il ferait en sorte que les choses se tassent. Nous-mêmes, nous nous attendions à des promesses payées de mots, qui n’engageaient rien ni personne, justes bonnes à démobiliser ceux et celles qui luttent.


    Mais il n’en fut rien. 


    Si le vernis du consensus a bien été appliqué consciencieusement, le fond des annonces transparaît nettement. En fait d’une pause, c’est une nouvelle charge.
    Macron n’a donné aucune précision sur les vraies mesures qui vont émerger à la suite de ce discours, mais les cibles sont claires : 
    -La promesse de « démocratisation », par une intégration de la proportionnelle (20%), maquille mal le fait que la réduction des parlementaires (25/30%) revient à augmenter la taille des circonscriptions, et donc renforce, en réalité, les organisations politiques les plus puissantes. Elle permet surtout aux successeurs de Macron de pouvoir mieux tenir l’appareil d’Etat entre leurs mains. 
    En revanche, les espoirs de prise en compte du vote blanc et du RIC ont été déçus. 
    -Le gouvernement ne renonce pas à son plan maître : Cap 2022, concernant les services publics et les fonctionnaires. Tout ce qui a pu être prononcé allait dans le sens de l’application stricte de cette liquidation en plusieurs actes. Certes, Macron a promis une nouvelle décentralisation, mais basé sur une rationalisation et une autonomisation des services publics. Certes, il promet de ne plus fermer d’hôpitaux ou d’écoles, mais les vide de leur contenu. Certes, il promet de revaloriser le travail des enseignants, mais il leur impose une charge de travail plus grande, et un système de recrutement plus précaire. 
    Il poursuit son ambition de liquider 120 000 postes d’ici 2022. Supprimer l’ENA fait figure de manœuvre dilatoire, pour prétendre s’attaquer à l’élitisme, tout en générant des passerelles vers ces fonctions encore plus sélectives. 


    Cela était déjà connu. 


    -En revanche, même si, dans une certaine mesure, ces attaques étaient prévisibles, le gouvernement ouvre officiellement le feu sur la question de la limitation du temps de travail, sur la question des retraites ou de l’assurance-chômage. 
    « Les Français veulent travailler plus », nous répètent en boucle les ténors de LREM, d’Aurore Berger à Macron lui-même. Nous ne sommes même plus à l’ère du « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy. Le temps où les attaques se limitaient à des coins enfoncés dans les limites légales est fini. Aujourd’hui, c’est une hausse obligatoire du temps de travail qui se profile, dans tous les secteurs et dans toutes les branches de travail. 
    De plus, s’annonce également une manœuvre pour allonger la durée de travail. Macron annonce qu’il sera toujours légalement possible de partir à la retraite à 62 ans, mais que le temps pour atteindre le taux plein sera plus allongé, pour « inciter à travailler plus longtemps ». Nous savons, par expérience, que les incitations sont des injonctions. 

    Pour faire avaler cet ensemble, Macron l’enrobe de déclarations douteuses, qui ressemblent forte à une véritable offensive réactionnaire sur toute la ligne. Sans la moindre raison, dans le contexte actuelle, il a sorti une grosse ficelle digne de Manuel Valls : l’Islam et l’immigration. Le programme de Mme Loiseau, ex-gudarde « repentie », pour les Européennes, flaire bon la rhétorique identitaire quant à la défense des frontières et l’Europe et de son identité. Même l’espace Schengen est visé.


    Encore que. 


    Nombreux et nombreuses sont ceux qui s’aventurent sur ce terrain marécageux, à gauche comme à droite. De Kuzmanovic jusqu’à Wauquiez, tous essaient d’engranger des voix chez l’extrême-droite en reprenant ses refrains. Sauf que cela ne marche pas. Chaque fois, c’est cette dernière qui s’est nourrie du soutien à ses thèses. 
    La tactique dangereuse d’alimenter le brasier réactionnaire ne sert qu’à détourner des questions économiques et sociales. Elle intoxique le débat publique, tout en permettant de faire passer, derrière un écran de fumée, les réformes exigées par le patronat. 
    Macron ne gagnera pas 2022. Il le sait et ses commanditaires aussi. Il s’agit donc de « bien » les perdre ! Or, pour cela, mieux vaut les perdre à droite qu’à gauche. Donc, faire monter l’extrême-droite, à laquelle Macron et ses laquais ressemblent de plus en plus, n’est pas une gêne. 
    LR/RN, ou un hybride, qu’importe. Ces cliques continueront à appliquer les réformes désirées par les grands capitalistes. C’est ce qu’a fait, ainsi, le gouvernement Autrichien, lequel vient de faire passer à 60h le plafond du travail hebdomadaire. 12H de plus que le maximum en France. 25 de plus qu’en 1997. 


    Nous sommes au pied du mur.


    Il n’est plus possible d’accepter que, pour des raisons X ou Y, de sectarisme, de méfiance, d’agenda conflictuel, les mouvements de masse, les luttes syndicales, les luttes sociales, les luttes écologistes… Restent séparés, divisés, battues et écrasées dans le détail. 
    Toute organisation politique conséquente doit placer le fait qu’il faille unir les forces combatives en premier lieu de son ordre du jour. 


    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre, à soutenir, à renforcer et à développer les Assemblées Populaires de lutte, qui forment un noyau dur de résistance contre ces attaques. 
    Nous pensons qu’une nouvelle phase de lutte sociale, un nouvel acte, s’ouvre depuis quelques mois déjà. Cet acte peut se jouer sous la forme d’un solo funèbre, ou il peut, conjointement avec les autres forces en mouvement, former une véritable lame de fond. 
    Nous pensons qu’il est également fondamental que les organisations combatives soient renforcées. Nous appelons ceux et celles qui luttent et qui veulent inscrire cette lutte dans la durée, la faire passer de la défensive à l’offensive, à travailler avec nous, à avancer conjointement pour que nous puissions sauvegarder nos acquis sociaux.

  • Le grand débat : l’effet levier de la réaction. (I)

    Le grand débat : l’effet levier de la réaction. (I)

    Partie I

    Le Grand Débat est terminé. Les conclusions de celui-ci vont être rendues dans les jours prochains. Après près de 80 jours de réunions publiques -ou de shows de stand up selon les points de vue, de collecte de questionnaires et d’envois libres, les résultats vont être annoncés.

    L’Etat a tenté de présenter cet exercice comme étant le nec plus ultra de la démocratie délibérative, capable de pouvoir aplanir tous les maux, toutes les contradictions au sein de la population. L’idée finale étant de « restaurer l’unité de la nation », alors que le conflit social et politique n’a jamais été aussi profond. Mais, loin de satisfaire, ce Grand Débat a échoué dans son objectif affiché de calmer la situation. 

    79 % des Français, selon l’institut de sondage ELABE, considèrent que le grand débat n’a pas convaincu. « Pour 79% des Français, le « grand débat national » ne résoudra pas la crise politique que traverse le pays (+9 points par rapport au mois de mars), 68% que les points de vue exprimés lors de celui-ci ne seront pas pris en compte (+5 points) et 62% que le « grand débat national » permettra d’améliorer la participation des citoyens aux décisions (+7 points).»

    Il ne s’agit donc pas d’un succès de ce point de vue là pour Emmanuel Macron et pour la classe sociale qu’il sert. Cependant, sans être une sortie de crise, le Grand Débat contribue à agir négativement contre les luttes. Miroir aux alouettes dans lequel certains ont pu être pris, procédé décourageant, méthode dilatoire… Le Grand Débat s’est surtout voué à occuper le terrain mental et moral, et à tenter de remettre entre les mains du pouvoir et de la grande bourgeoisie monopoliste les leviers de l’expression. Ces « débats » accaparent la légitimité, dans le but de la dénier aux Assemblées Populaires, dont la fédération progresse.

    Il s’agit d’une des branches de la tenaille contre les mouvements sociaux, l’autre étant constituée de la répression policière, judiciaire, des injures constantes lancées par les tribuns de la presse bourgeoise et réactionnaire, à laquelle s’adjoint, sans s’en rendre parfois compte, des liquidateurs qui pensent qu’il faut solder le mouvement au profit de leur clique, leur groupe, leur organisation.

    Le Grand Débat n’échoue pas, finalement, par son contenu, mais dès sa conception, il a été architecturé comme une manœuvre devant permettre que LREM puisse faire sa publicité pour les élections européennes -autour de leur campagne réactionnaire-catastrophiste nommée « renaissance »- mais également de faire un effet levier pour légitimer leur action politique.

    Sa méthodologie a été conçue uniquement dans ce but, en employant une interprétation de la démocratie, étriquée et tronquée, pour écraser celle qui est réelle et concrète : la démocratie populaire.
    L’utilisation de la « démocratie délibérative » correspond à cet objectif. Cette pseudo-démocratie consiste dans le fait de soumettre des questions à un auditoire, sans préparation ni discussion sur le contenu, et de noter à la volée leurs réactions pour en faire, sans contrôle, une synthèse. 
    Dans le cas du Grand Débat, des votes ont été faits sur l’importance de certaines thématiques imposées. En l’occurrence, les questions étaient déjà orientées pour faire émerger les réponses. Mais, en sus, la manière d’interpréter les résultats est largement soumise à caution. 
    Dans des questionnements à choix multiples, 10 % d’individus trouvant qu’un sujet et important peuvent permettre de justifier que celui-ci soit retenu. En revanche, 49,99% s’opposant à quelque chose ne représentent pas la majorité. D’une manière générale, ce procédé ouvre la porte à toutes les manipulations. 

    Dans ce genre de débats, qui détermine ce qui est écarté ou ce qui est retenu ? En théorie, un arbitre neutre. Dans les faits, l’arbitre neutre, ici, est précisément l’organisation mise en place par la bourgeoisie pour exécuter ses ordres : l’Etat.
    Le bourreau premier des classes populaires serait donc le garant d’une expression de celles-ci ? 

    Le contenu du Grand Débat : 

    Le contenu du Grand Débat a été dicté en amont par les stratèges de LREM dans l’unique but de fournir un soutien à leur politique, voir même de pouvoir appuyer des percées plus profonde dans la mise au pas du pays.
    Le choix de cette carte de la démocratie n’a donc comme buts que de tenter, d’une part, de ressouder un pays divisé profondément par le caractère aigu de la lutte des classes actuelle, mais également de faire un effet levier pour appuyer sa transformation dans le cadre des choix stratégiques de la grande bourgeoisie.

    Au sein des Grand Débat, plusieurs sujets ont été abordés, dont certains particulièrement candides et naïfs. La question de l’écologie, par exemple, fait partie de celles qui ne sont payées -au mieux- que de mots. Le gouvernement à ainsi déclaré : « C’est un très grand défi que nous adressent les Français, avec de très grandes attentes et de très grandes exigences, il nous appartiendra d’être à la hauteur de ces attentes. » Le journal 20 minutes avait résumé ça dans sa Une, pleine de saveur : « Grand débat : Le teasing sans annonce d’Edouard Philippe, tout un art. » Nous ne saurions leur donner tort. Edouard Philippe a prévenu qu’Emmanuel Macron fera des annonces « puissantes et concrètes ». De quoi trembler d’avance.

    Des propositions sur la «vie publique moralisée » sont également de celles qui se paient de mots. « Lutter contre l’action des lobbies » est typique. La démocratie bourgeoise n’est pas une démocratie malade de l’action des lobbies. Elle est une dictature, au travers d’une interface plus ou moins démocratique, de la grande bourgeoisie monopoliste. Les lobbies ne sont que, in fine, des remous de surface et une expression de contradiction entre différentes cliques de bourgeois. Mais dans les faits, le système politique est déjà dans sa nature profonde un outil de la domination sociale. « Lutter contre l’action des lobbies. » est de ces genres de propositions qui n’ont aucun fondement.
    « Rendre obligatoire un casier judiciaire vierge pour être élu. » Le système démocratique bourgeois organise la corruption, organise le népotisme, organise l’apparition de chefferies. Dans les faits, au lieu de condamnations symboliques, ces élus ne seront juste, simplement, plus condamnés. 
    « Organiser des débats citoyens ». Un débat est une chose positive. Mais les débats citoyens ont surtout démontré qu’ils étaient creux et vides. Ils ne servent que de moyen de faire diversion.

    En dernière analyse, les propositions sonnent creux, sauf celles qui facilitent le travail de sape des droits sociaux. Là, elles sont prises au sérieux. Et, là encore la méthode interpelle.

    Il existe un art de l’ambiguïté dans le fait d’interroger les inquiétudes populaires. Cet art de l’ambiguïté permet de partir de cette inquiétude légitime, mais d’en tirer des conséquences complètement contradictoires.
    Macron a érigé cet art sous la forme d’un credo, le fameux « en même temps ». 

    Ainsi, le Parisien le résume ainsi : 

    Lors du grand meeting du 17 avril 2017 à Paris-Bercy, il s’amusait de sa formule, retournant à son avantage ce qui est d’ordinaire considéré comme une faiblesse linguistique. « Excusez-moi, vous avez dû le noter, j’ai dit en même temps. Il paraît les amis que c’est un tic de langage », lançait le futur chef d’État alors que les militants se mettaient à scander cette rhétorique macronienne. Et, dans une promesse de campagne (qui sera respectée) d’annoncer : « Je continuerai de le dire dans mes phrases et dans ma pensée, car ça signifie que l’on prend en compte des principes qui paraissaient opposés. »1

    Cette conception est résumée par Michel Séac’h : « les « en même temps » du président renvoient à « une résolution des contradictions » et « seraient représentatifs d’un mode de gouvernement ». « Ils font le lien entre la thèse et l’antithèse, c’est une sorte de synthèse ».

    Une synthèse à l’exclusif avantage de la classe sociale pour laquelle œuvre Macron. Ainsi, Edouard Philippe notait que l’inquiétude quant aux menaces sur le niveau de vie des travailleurs et des travailleuses devait se traduire par un « choc fiscal » de baisse des dépenses immédiates et de liquidation des taxes et impôts. 
    Donc, derrière cela, un coup d’accélérateur à la campagne de liquidation des services publics et à la privatisation de tout ce qui peut être considéré comme un « poste dépensier ». Nous rappellerons que le projet de LREM va jusqu’à envisager la privatisation de certaines routes nationales. 

    « En même temps », cette interprétation des résultats permet aussi de justifier que les « dépenses sociales » soient placées sous l’angle de la responsabilisation. Voici ce qui en est retenu : 

    « Pour financer les dépenses sociales, 52% des participants estiment qu’il faut instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité, augmenter le temps de travail (24%) et reculer l’âge de départ à la retraite (22%). Pour réduire le déficit, il faudrait réduire la dépense publique, estiment 75% des répondants, et notamment les dépenses de l’Etat (56%). »

    Toute ressemblance avec le programme réactionnaire de LREM ne serait qu’une amusante coïncidence. Donc, en partant d’une réelle et cruciale demande, Emmanuel Macron provoque une aggravation de la situation sociale et prépare le terrain à une nouvelle offensive contre la retraite, contre les salaires, contre les minimas sociaux. Mais, il pourra prétexter qu’elle est adoubée par les masses populaires. 

    Nous avons mentionné à plusieurs reprise le sens sournois de cette responsabilisation. Face à la détresse de ceux qui n’ont rien, le pouvoir bourgeois répond en aggravant encore leur situation.

    Et, derrière cela, se niche également une réforme parlementaire d’ampleur : Un possible passage vers un système à la proportionnelle et une réduction du nombre de parlementaires.

    Pourquoi un tel choix ?

    1http://www.leparisien.fr/societe/tics-de-langage-en-meme-temps-le-peche-mignon-de-macron-21-04-2018-7676160.php

  • Ensemble ! La Grève !

    Ensemble ! La Grève !

    Mobilisé.es – Gilets Jaunes -Syndicats – Organisations politiques

    Marchons toutes et tous ensemble !

    Macron et la classe qu’il sert, la grande bourgeoisie, nous mène la guerre. Depuis son élection, il a mené assauts sur assauts contre tout ce la lutte sociale a pu arracher aux exploiteurs depuis le XIXe siècle.

    Le Gouvernement Macron-Philippe-Castaner s’en est pris aux salaires, aux conditions de travail, à la sécurité sociale, au chômage, à la retraite, à l’éducation, aux impôts… Son offensive frappe tous ceux et celles qui ne vivent que de leur travail.

    L’avenir que nous réserve Macron est celui de la misère, de la dette, de la précarité, de la maladie. Aujourd’hui, 5 février, nous sommes toutes et tous dans la rue pour clamer notre rejet de celui-ci ! C’est notre travail, notre temps, notre sueur qui produit les richesses du monde. Le monde est à nous !

    Macron ne reculera pas. Il a le revolver sur la tempe de ses donneurs d’ordres, de ceux qui, tout en bénéficiant de réductions d’impôts, ont financé sa campagne. Il ne reculera pas sur l’ISF. Il ne reculera pas sur la CSG, il ne reculera pas sur les taxes, les impôts, sur la liquidation qu’il opère de toutes les protections sociales. Il ne recule pas car il pense que l’orage de la lutte gronde, certes, mais qu’il s’éloignera ou s’épuisera. Il compte sur la fatigue, l’épuisement, le découragement.

    Il fourbit déjà d’autres plans : appliquer le programme de CAP2022, pour offrir d’immenses cadeaux aux banques, pour privatiser des nationales, pour détruire les corps des fonctionnaires, pour liquider les derniers services publics.

    Il se croit invulnérable, même face aux menaces de grève générales, parce qu’il voit les luttes comme dispersées, éclatées, s’épuisant et s’affaiblissant…

    Mais nous allons lui prouver le contraire !

    Abattons les murs entre les luttes ! Qu’elles se rejoignent toutes !

    Nous marchons encore de manière séparées. Mais cela doit cesser. Les différentes luttes ne sont pas concurrentes, elles se complètent. Les modes opératoires se renforcent les uns les autres. Les manifestations lycéennes, les blocages d’universités, les grèves professorales, ouvrières, les occupations de ronds-points, les actes successifs… Chacune apporte sa pierre à la lutte, la renforce et la complète. Mais il s’agit de faire plus que la « convergence des luttes », il s’agit d’en faire la synthèse !

    Les Assemblées Populaires sont un creuset dans lequel elles peuvent se fondre, fusionner, se renforcer et faire naître une réponse plus puissante, une véritable lame de fond qui balaiera toute la société. L’Assemblée d’Assemblées de Commercy pose les bases d’une jonction entre toutes celles qui sont apparues. L’Unité Communiste de Lyon soutien son appel.

    C’est dans ces assemblées que ceux et celles qui luttent peuvent se réunir et passer de la défense à la contre-attaque.

    Face aux revendications de ceux et celles qui se mobilisent, le gouvernement a répondu. Le régime à montré son visage. Chaque samedi, celui qui arpente la rue pour clamer sa colère ne peut savoir s’il rentrera chez lui. Interpellations, gardes-à-vues, mutilations permanentes, mort soudaine… tout peut arriver tant la répression est féroce.

    Il est déjà possible d’arrêter sur des soupçons. Demain, avec la loi anti-manifestation, il sera possible à l’État de choisir qui peut ou ne peut pas sortir de chez lui. La France se mue en prison à ciel ouvert.

    Construisons l’opposition extra-parlementaire ! Bâtissons la démocratie populaire !

    L’illusion des élections ne trompe plus. Nous en avons assez de voir la démocratie réduite à un chèque en blanc donné à des élus qui ne font que s’engraisser sur notre impuissance. Nous en avons assez de la voir limitée à savoir quel maître exécutera le programme du MEDEF, des exploiteurs, des grands bourgeois. De voter pour déterminer qui nous écrasera, qui nous réprimera.

    Nous sommes légitimes. Nous détenons chacun une fraction du pouvoir réel. Organisés, nous pouvons imposer notre propre démocratie : une démocratie populaire, celle des travailleurs en action ! Celles de ceux qui n’ont rien, qui « ne sont rien », mais qui deviendront tout !

    Les prochaines élections seront le bal des trahisons. Rejetons -les ! Boycottons-les ! Montrons notre opposition par l’abstention massive. Organisons-nous en opposition extra-parlementaire, autour de nos assemblées, notre démocratie. Formons L’État-major des luttes et remportons la victoire !

     

    -Retrouvez l’affiche de la CGT Info-Com ici : https://www.infocomcgt.fr/wp-content/uploads/2019/01/2019_01_31_InfoCom-CGT_Affiche_GJGR-Ensemble.pdf

  • La farce du « Grand Débat »- Partie 2

    La farce du « Grand Débat »- Partie 2

    Le gouvernement propose que chacun puisse organiser ses propres débats, que des feuillets puissent être remplis par tous ceux et celles qui veulent s’exprimer. La charte est minime. Pour un peu il serait possible de croire que ce débat pourra être réellement un débat. Mais le fond de l’affaire, expliqué dans la lettre de Macron, indique le contraire. À quelques mois des élections européennes, le but est de calmer l’affaire des Gilets Jaunes, de souder autour de la politique réactionnaire du gouvernement et de sauver ce qui peut l’être en termes d’eurodéputés pour LREM.

    Macron ne veut pas seulement employer ce « grand débat » pour permettre de calmer les choses et de revenir au statu quo quo ante bellum mais il veut s’en servir comme tremplin pour lancer une nouvelle série d’offensives. Le gouvernement de Macron-Philippe n’est pas dénué de sens tactique. Il a sur flairer une opportunité et s’en saisit. Il sait vers quoi drainer les colères pour les mettre à son service et les instrumentaliser.

    « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre. »

    L’ordre du jour est déjà défini. Le cap ne changera pas. Macron ne fait pas de mystère à ce sujet. « Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse. » Il n’est pas nécessaire d’être un devin pour savoir que Macron sous-entend par cela. Rendre la « prospérité » à la France, pour les gens de son espèce, cela ne passe que par détruire toutes les protections sociales, tout ce qui empêche la bourgeoisie d’abaisser les salaires et le niveau de vie des exploités au minimum, pour accaparer le maximum de richesses. Et accaparer est le terme juste, car ces richesses ne « ruissellent » pas. Les réformes de Macron, au contraire, réussissent exactement l’inverse. Elles font reposer la production, les services, sur un nombre sans cesse plus réduit de travailleurs, surmenés, exploités jusqu’au suicide, tout en conservant une armée de réserve immense, et des précaires comme ajustement. Même le très libéral FMI préconise l’inverse : « l’augmentation de la part du revenu des pauvres et de la classe moyenne augmente la croissance, tandis qu’une augmentation de la part de revenu des 20 % les plus riches entraîne une croissance plus faible. »

    Quel que soit ce qui ressort du débat, la messe est dite. Le Grand Débat ne peut pas remettre en cause le cœur de l’action publique : liquider les droits des salariés, liquider la Sécurité Sociale, liquider l’assurance chômage, liquider les retraites par répartition. Il ne peut également pas revenir sur l’ISF. Quant aux questions sur les engagements militaires de la France, cela reviendrait à franchir une ligne rouge. L’impérialisme français et ses chasses gardées, cela ne se débat pas.

    La forme du débat promet d’être rocambolesque. Au commencement est le scandale. Chatal Jouanno, ex-sarkozyste, devait diriger celui-ci, et toucher pour cela la somme coquette de 176 000€ bruts annuels. Devant le tollé, celui-ci sera finalement conduit par Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu.

    Emmanuelle Wargon est une lobbyiste industrielle et rattachée au groupe Danone, comme Muriel Pennicaud. Aujourd’hui, elle est secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique.

    Sébastien Lecornu est un transfuge des Républicains, passé du côté de LREM. Il est président d’une société de conseil en relations publiques et communication. Il est à noter qu’il a été le chef de peloton d’Alexandre Benalla. Dans ses activités politiques « de terrain », il a été un excellent exemple de la politique de chasse aux pauvres. Dans l’Eure, il a mis en avant la traque aux fraudeurs du RSA. Toujours dans le même département, il a fait fermer deux collèges REP+, sous prétexte qu’ils n’étaient pas assez remplis. Il a été également directeur de campagne adjoint de « rend l’argent » Fillon.

    Une lobbyiste et un spécialiste de la communication. Voilà quel encadrement dirigeant est donné au « Grand Débat ».

    Des « garants de l’indépendance » ont été nommé pour surveiller le fonctionnement. Deux ont été oints par le gouvernement. Un par la présidence de l’Assemblée nationale. Un par celle du Sénat. Un dernier par le président du CESE (Conseil économique, social et environnemental). Ce dernier, peu connu, est un conseil consultatif corporatiste, représentant les différents secteurs de la société.

    Les choisis sont donc : Jean-Paul Bailly. L’ancien président de la Poste, un des agents liquidateurs de ce service public ; Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL ; Pascal Perrineau, politologue ; Guy Canivet, ancien président de la Cour de Cassation et membre du Conseil constitutionnel ;Nadia Bellaoui, secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement. Reste à voir ce qu’il peut y avoir à surveiller dans un pré carré entouré de barrières.

    La démocratie participative : une arnaque.

    Faire débattre largement les masses populaires, voilà quelque chose de louable. Mais la question qui revient est celle du résultat. La bourgeoisie présente la démocratie sous des angles idéalistes et poétiques : liberté de conscience, liberté de pensée, liberté de parole… Mais dans les faits, la « possibilité d’agir », le « pouvoir » au sens le plus strict, le fait de « pouvoir faire », est escamoté. La démocratie bourgeoise, c’est le droit magique de lancer des paroles en l’air, avec le devoir d’accepter ce qui en retombe, une fois remanié par les dirigeants.

    L’illusion de la démocratie à « portée de clic », l’illusion des plates-formes internet, l’illusion de ce type de débat est là. Tout ce qui peut être dit ou proposer passe, sans le moindre contrôle démocratique, par le prisme du programme politique de ceux qui tiennent les rênes. Celui qui rédige la synthèse, finalement, à tous les pouvoirs pour prétendre avoir scrupuleusement respecté les désirs de tous les acteurs, tout en adoubant simplement ce qui était déjà prévu. Et comme il existe des positions contradictoires, il est toujours facile de faire triompher, grâce au flou, la ligne la plus libérale, la plus droitière. C’est même le but premier. Mais LREM n’est pas une championne dans le domaine. Le Parti Socialiste en est un exemple pionnier. D’autres aussi. Ainsi, le programme d’un certain mouvement gazeux, défini par internet, arrive à ressembler comme une copie carbone aux livres de son principal animateur, bien qu’écrits largement en amont. De là à considérer que « ce qui compte n’est pas le clic, mais comment on compte les clics…. » il n’y a qu’un pas.

    Or, les questionnaires sont déjà particulièrement orientés vers une destination : faire appliquer le programme de Macron. Ecrire « Quelles dépenses faut-il réduire ? » sans poser la question de savoir s’il faut les réduire, c’est déjà borner strictement le débat dans la direction choisie en amont.

    Nous plaignons les tirés au sort, pauvres idiots utiles, tenus par la main, envoyés au casse-pipe devant des experts et des professionnels de la rhétorique. Nous pensons que ceux et celles qui sont de bonne volonté devraient se tenir à l’écart comme de la peste de ces pièges. Leur parole leur sera usurpée pour ne servir qu’à appuyer une transformation réactionnaire de la société. Leurs désirs de liberté et d’égalité seront instrumentalisés pour servir à réduire les salaires, les protections sociales, les services publics. Quant aux organisations qui acceptent d’y participer, elles seront engluées dans cette manœuvre. Elles se souilleront elles-mêmes de cette participation.

  • Le grand débat ou la farce de la démocratie participative. Partie 1

    Le grand débat ou la farce de la démocratie participative. Partie 1

    Le grand débat ou la farce de la démocratie participative.

    Emmanuel Macron a annoncé le lancement du Grand Débat. Il a annoncé qu’il enverrait une lettre à tous les Français et toutes les Françaises pour leur en expliquer les tenants et les aboutissants. Le but est de débloquer une situation qui demeure toujours congestionnée.

    La lutte des Gilets Jaunes se poursuit inlassablement. Or, la stratégie de l’ignorance et du pourrissement choisie par le gouvernement tend à se retourner contre ses promoteurs. Le temps entame certes les forces mobilisées, mais il a surtout poussé à l’amorce d’une décantation politique de la mobilisation.

    Le mépris, la surdité, la négation de la légitimité du mouvement a nourri en retour une négation de celle du régime politique actuel. Le rejet de l’État, des institutions, de la démocratie bourgeoise devient une norme dans le mouvement. Et cela déplaît.

    Cela déplaît tant au gouvernement, qui veut certes écraser les masses, mais les maintenir dans le giron d’une démocratie truquée et pacifiée, mais également aux électoralistes, pour qui le rejet de la démocratie bourgeoise est tout aussi détestable, car il est ce qui fait vivre leur business. In fine, il existe une alliance sacrée contre l’extra-parlementarisme, qui se base sur les attaques contre le mouvement des Gilets Jaunes, contre leurs assemblées, contre leurs revendications. Elle se base aussi sur un soutien à cette idée de « Grand débat démocratique » dans le but de calmer les esprits et de mettre un point finale à la brouille intense, qui pourrait nuire à l’élection d’euro-députés PS, LR, LREM ou autres encore dans les mois à venir. La pression grandissante des élections européenne poussera les organisations politiques à se démasquer.

    Emmanuel Macron a donc écrit une lettre aux français et aux françaises. Il faut bien poser les limites du débat. En démocratie bourgeoise, on ne débat pas de tout n’importe comment ! Entre deux insultes faites aux exploités et aux exploitées, mentionnant leur absence de goût pour l’effort, le fait qu’il y ait de la « déconn[ade] » avec les minimas sociaux, notre tribun trouve le temps de coucher une lettre d’amour sur le papier.

    Une belle lettre d’amour se cache derrière des formules propres à flatter l’amour-propre des Français et des Françaises, sur l’exceptionnalisme français, son caractère unique en termes de démocratie pure et parfaite, son histoire de moteur de l’avancée de la civilisation. « La France n’est pas un pays comme les autres. Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. »

    Nous voudrions interpeller le Président de la République pour savoir quels sont les « autres » qui sont cités ? Où l’exigence d’entraide et de solidarité est-elle moins forte ? « C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires. » Il est amusant de savoir que, si on se base sur le coefficient de GINI qui marque les écarts de richesses dans le pays, la France n’est pas particulièrement bien placée, et dégringole de plus en plus. Elle est derrière le Tadjikistan, l’Afghanistan, l’Ukraine, le Bélarus, l’Allemagne, et à peine devant le Bangladesh. Le Timor-Oriental pourrait donner des leçons.

    Les tentatives pitoyables de tordre l’histoire de France ne résistent pas à un examen un tant soit peu sérieux. Elles ne font illusion que dans la mesure ou elles sont servies par des années d’enseignement d’un roman national putréfié. La fraternité de la bourgeoisie, les Gilets Jaunes ont pu la voir aujourd’hui. Les habitants des quartiers défavorisées la vivent pleinement depuis des décennies. Les habitants des colonies et des néo-colonies la sentent toujours dans leur chair.

    La Liberté en France, même selon des critères libéraux, est faible. On est loin de l’apologie faite par Macron, qui la caractérise comme « une des [sociétés les] plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie. » En réalité, au niveau des droits humains, la France se classe 31ème, et divorce jour après jours du podium. En cause : les violences policières, le monopole de la presse et des médias par une poignée de milliardaires, les infractions aux libertés religieuses… Un bilan peu reluisant. « Chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans l’élaboration des lois, dans les grandes décisions à prendre. » Ce que Emmanuel Macron omet de mentionner, c’est que, par exemple, son élection n’a été possible que grâce aux largesses immenses de ses financeurs, qui lui ont permis (avec des rabais illégaux) de pouvoir faire sa campagne électorale. Dopé par les investisseurs, qui ont, avec clairvoyance vu en lui leur fer de lance, mais également par la médiocrité de ses concurrents, il n’a pas eu tant de difficultés que ça à s’imposer. Il en est toujours ainsi lorsqu’on reste dans la droite ligne des intérêts de la bourgeoisie.

    Le gouverneur de la Banque de France, représentant du cartel des banques, doit valider le budget de l’État pour permettre à celui-ci de pouvoir être financé. Pour peu que le programme ne plaise pas, il est retoqué. Chaque fois que des gouvernements ont voulu se heurter à cette émanation du capitalisme financier -à l’exception du Front populaire, un temps seulement, et grâce à une immense mobilisation populaire- les gouvernements ont cédé. Edouard Herriot président du Conseil, en 1924, s’est ainsi retrouvé sans le sou et à du céder. Même Vichy, qui avait voulu donner aux nazis l’or des réserves de la Banque de France, à reçu un niet ferme et indiscutable.

    Le MEDEF et les entreprises qui forment le capitalisme monopolistique d’État sont une deuxième barrière à la démocratie. Le pouvoir du patronat est immense, mais celui d’une partie d’une aristocratie d’État également. Les deux, de toute manière, sont si intimement imbriqués qu’ils forment un ensemble insécable. Après tout, le premier client et promoteur de Thalès, Dassault, Sagem, Matra, Alstom, Areva… c’est l’État.

    Dans les faits, le bulletin de vote à si peu de valeur face à l’énergie immense que mettent ces forces sociales à défendre leur intérêt qu’il ne sert qu’a choisi la couleur du laquais servile qui exécutera leurs commandes.

    Il est souvent point du doigt la propension qu’ont les Américains à avoir la conviction que leur pays est le n°1 en tout. Pour un peu, la lettre de Macron est tout aussi imbue d’une vision mythifiée de la France. L’une des expressions de cette autosatisfaction est celle-ci : « Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol. » Comprendre la référence est pénible. La France a le plus souvent entassé les persécutés d’ailleurs dans des camps de concentration qui ne disaient pas leur nom. Les Juifs fuyant le nazisme, les Espagnols le franquisme, ont été traité par la IIIème République avec une suspicion de chaque instant…avant d’être remis à leurs bourreaux, pour une grande partie d’entre eux. En revanche, elle s’est donné à cœur joie une mission de soutien aux régimes les plus corrompus, les plus réactionnaires, les plus obscurantistes. Elle-même s’est invitée largement sur près d’un quart de la planète, en enrichissant grandement l’histoire par une série de massacres commis sur les populations désarmées. Une série qu’elle s’évertue de poursuivre avec une assiduité sans faille.

    « Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ? »

    Belle question.