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  • La nuit tombe sur la France.

    La nuit tombe sur la France.

    La nuit tombe sur la France.

    Macron est un missile a usage unique, conçu pour frapper de plein fouet la protection sociale et le niveau de vie des travailleurs et des travailleuses. Pour le moment, il est impossible de nier qu’il remplit parfaitement sa mission.

    Seulement, toute régression économique a un impact sur la société. Une société plus précaire, plus pauvre, écrasée de taxes et d’impôts, est une société fatalement plus explosive. La baisse du niveau de vie se traduit donc également par une attaque contre les droits politiques.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a été une explosion, un embrasement général. Il a effrayé le pouvoir politique, qui n’a pu faire autrement que choisir la voie de la répression pour le faire taire, pour lui ôter toute parole, pour l’enfermer.

    La lutte ne s’éteint pas, la colère se mue en une rage profonde. Les croyances dans la démocratie bourgeoises, dans le respect des droits de l’Homme, dans le respect des libertés « inaliénables » sont balayées. La publicité présentée à l’école sur la France comme pays des Libertés s’est décomposée. La lutte des Gilets Jaunes est en train de donner naissance à une nouvelle étape ans la vie politique du pays. Elle sera marquée par la défiance envers la police, envers les institutions, envers l’Etat.

    Faute de pouvoir calmer les choses, à l’heure actuelle, le gouvernement veut imposer une mise au pas de la société. Les projets se succèdent et ne peuvent que susciter l’inquiétude. Le sentiment général est que la nuit tombe, sombre et sinistre. La répression à déjà été massive. Des centaines de personnes encourent des peines de prison tandis que des milliers sont sous contrôle judiciaire. Mais cela n’est toujours pas assez !

    La loi contre les manifestations.

    Nous avons communiqué déjà sur la loi dite « anti-casseurs ». Nous invitons à consulter ce document ici.  Ce qui est à retenir, fondamentalement, est que celle-ci poursuit une politique d’état d’urgence permanent. Elle permet d’utiliser l’administration pour réprimer, tout en contournant le judiciaire. Si la séparation des pouvoirs est nettement plus un mythe qu’une réalité, le fait que les lettres de cachet soient de retour représente néanmoins une aggravation considérable de la situation.

    D’expérience, les attaques de ce type, présentées comme s’attaquant à une menace précise, deviennent rapidement des moyens opératoires contre toutes et tous. Le fichage proposé par l’article 3 de la loi sera probablement utilisé pour créer des dossiers d’opposants.

    Quant à l’interdiction de se masquer, elle revient à exiger que les manifestants doivent s’exposer en toute vulnérabilité en face de tireurs qui agissent en toute impunité. Cette loi ne peut être interprétée autrement que comme une loi de terreur contre les manifestations présentes et à venir.

    La loi sur la presse.

    Macron souhaite également mettre au pas la presse. La presse est déjà, en France, largement sous la coupe d’immense monopoles et cartels dépendant directement de la grande bourgeoisie. Seul échappent certains journaux indépendants, dont la situation financière n’est pas toujours très brillante ou qui sont des officines réactionnaires financées par l’argent d’autres Etats.

    Malgré cet étranglement, cela ne suffit pas. L’affaire Benalla, dont les rebondissements ahurissants ont été répercutés par les médias, a été particulièrement mal vécue par le gouvernement. Les révélations de Médiapart ont même déclenché une telle ire au sein des cercles du pouvoir que ceux-ci ont saisi la justice et demandé des perquisitions.

    L’anonymat des sources journalistiques, une des composantes importante de sa capacité à pouvoir mener des enquêtes, est depuis longtemps dans le collimateur des gouvernements successifs. L’arguement, une nouvelle fois, est celui de la lutte anti-terroriste, mais dans les faits, celui de la dénonciation des turpitudes des dirigeants et la grande bourgeoisie est également dans le viseur.

    Au sein du Grand Débat, Macron a démontré que sa conception de l’enquête et de la vérité était de coller le plus possible aux intérêts du grand patronat. En Guadeloupe, son attitude par rapport aux plaintes du fait des dégâts liés à l’usage de chlordécone est démonstrative. Il a imposé sa vérité face aux récriminations des médecins. Les Gilets Jaunes ont pu être écoutés et entendus avec un poids égal aux experts et aux ministres. Cette démocratisation de l’information et du débat répugne profondément notre président aux accents de plus en plus royalistes. Cette hérésie lui paraît si néfaste qu’il veut laver l’affront et empêcher qu’il se reproduise.

    A quoi s’attendre alors avec la presse ? Certes les fake news ont pris une ampleur démesurée, capable de pouvoir semer l’intoxication dans les esprits, mais quid des « vérités » gouvernementales ? Le fait qu’il y ait un contrôle étatique sur la notion de vérité informationnelle avait déjà été dénoncée comme une menace gravissime par le passé.

    Là Macron voudrait « renationaliser les journaux » selon la formulation employée par « le Point ». Cette renationalisation, qui pourrait réjouir certains réformistes démasque au contraire le caractère de classe de l’Etat. Cette prétendue nationalisation est justifiée ainsi : « Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’État doit financer. Le bien public, ce n’est pas le caméraman de France 3. Le bien public, c’est l’information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout. Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. Cette rémunération doit être dénuée de tout intérêt. Mais quelque part, cela doit aussi venir de la profession. » En somme le gouvernement paierait des journalistes « mouchards » chargés de contrôler l’information pour qu’elle soit « neutre » et « vérifiée ».

     « Prenant conscience de la sagesse infinie de notre infaillible Jupiter, les journaux décideront spontanément de lui confier la détermination de la vérité via un système financé par lui, et ce, pour le plus grand bonheur du peuple » ironise ainsi Le Point.

    La lutte contre les fake news sert, comme dans celle contre les « casseurs » à justifier un contrôle a priori sur la société et à limiter la possibilité d’expression politique de la part des masses.

    Nous dénonçons cette tentation ultra-réactionnaire !

    Le référendum ?

    Macron a annoncé que le Grand débat serait clôturé par un référendum qui synthétisera les positions majoritaires. Ce référendum est censé sonner le glas du mouvement des Gilets Jaunes et faire taire définitivement la contestation de son programme. Il représente une arme immense qui peut modifier jusqu’à la constitution. Ce qu’un référendum fait, seul un autre peur le défaire.

    Cette proposition n’est qu’une diversion de plus. Un simple coup d’œil au contenu du Grand Débat donne le ton. Tout est mis en œuvre pour surfer sur la colère et les revendications légitimes des Gilets Jaunes pour nourrir et appuyer la politique d’anéantissement des droits sociaux de Macron.

    Ainsi, les questions posées dans le Débat sont dignes de celles que poserait un démarcheur commercial, enfermant le participant ou la participante dans des faux choix qui, in fine, sont des soutiens à la politique de prise d’assaut des droits sociaux et politiques. En réalité ce Grand Débat est un choix entre peste et choléra.

    Macron et la classe sociale qu’il sert, ce cartel de grands bourgeois, ne sont pas stupides. Au contraire, ils sont particulièrement retors et cyniques. Ils sont capables de prendre toute revendication progressiste et de la retourner complètement pour en faire une arme contre ceux qui souffrent.

    « Vous voulez que les producteurs soient payés plus ? – Élevons les prix tout en protégeant les bénéfices des grandes surfaces ! »

    « Vous voulez plus d’écologie ? – Vous paierez des taxes injustes pour que Total continue d’engraisser ses actionnaires ! »

    « Vous n’êtes pas content ? Il faut savoir ce que vous voulez ! »

    Qui sait quelle question tordue et perverse sera posée lors de ce référendum.Une question comme « voulez-vous une administration plus efficace ? » peut se traduire n’importe comment. « Voulez-vous réduire le nombre d’élus » peut servir de prétexte à concentrer tous les pouvoirs dans les mains d’un seul parti.

    Même répondre « non » est une arme. « Vous ne voulez plus de cette revendication ? De quoi vous plaignez-vous alors ? »

    Mais quand bien même quelque chose de positif pourrait sortir de cela, la décision serait enterrée, tout comme l’a été le « non » à la Constitution Européenne en 2005. Voilà à quoi ressemble leur conception de la démocratie !

    Ce référendum tomberait le même jour que les élections européennes.

    Ce choix est étrange. Il est fort possible que, malgré les sondages, LREM subisse une cinglante défaite lors de ce scrutin, étant donné le désaveu de la politique menée par Macron – Philippe – Castaner. Mais le référendum éclipserait tout. Si Macron pose sa question d’une manière intelligente, non seulement il pourrait laver l’affront de la défaite de son organisation, mais également il pourrait transformer cela en véritable victoire structurelle.

    Etant donné la conjoncture actuelle, nous pensons qu’il nous faut agir avec la plus grande méfiance vis-à-vis de cette manœuvre. En temps normal nous considérerions qu’il faudrait boycotter ce scrutin et le dénoncer comme étant une manœuvre infâme, mais les risques sont élevés. Nous pensons qu’il faut faire obstacle de toutes nos forces face à cette tentative d’adouber la liquidation de nos droits sociaux ou politiques. En dernière analyse, nous ne pouvons comprendre la présence de l’extrême-droite chez les Gilets Jaunes : après tout, leur programme social et économique est d’ores et déjà en train d’être mis en place. Ces lois rappellent ce que pouvait écrire Dimitrov : Camarades, on ne saurait se faire de l’arrivée du fascisme au pouvoir l’idée simpliste et unie qu’un comité quelconque du capital financier déciderait d’instaurer à telle date la dictature fasciste. En réalité, le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays.

    Tout cela sans affaiblir cependant l’importance du fait qu’avant l’instauration de la dictature fasciste, les gouvernements bourgeois passent ordinairement par une série d’étapes préparatoires et prennent une série de mesures réactionnaires contribuant à l’avènement direct du fascisme. Quiconque ne lutte pas, au cours de ces étapes préparatoires, contre les mesures réactionnaires de la bourgeoisie et le fascisme grandissant, n’est pas en état d’entraver la victoire du fascisme, mais au contraire la facilite.

    Au moment de l’élection de Macron, nous avions émis la thèse selon laquelle sa politique détruirait le centre de l’échiquier politique et créerait une situation particulièrement dangereuse pour les prochaines élections présidentielles. En dernière instance, c’est le cartel des grands bourgeois qui détermine qui sera élu, en appuyant sa campagne de toutes ses forces.

    Ni RN ni les groupuscules fascistes, si gênants dans les manifestations, ne sont des forces capables en tant que tel de recevoir un soutien de la part de cette clique de grands bandits. Cependant, les thèses de la Droite Nouvelle ou de la Droite Elargie, autour du fond de LR ou même de Debout la France font leur chemin. Dans une hypothèse d’un face à face avec les organisations autour de LFI, même réunies autour d’une candidature commune, il faut s’attendre à ce que la grande bourgeoisie appuie de toutes ses forces pour une victoire de la Droite Dure.

    Ce qui est à redouter, fondamentalement, c’est qu’après le gouvernement liquidateur des droits sociaux -que nous n’aurons plus d’ici 2022- nous fassions face à celui qui liquiderait nos droits politiques.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que les organisations communistes doivent impérativement ressortir renforcées et plus soudées de l’épreuve de force actuelle. Ce qui déterminera in fine si le mouvement des Gilets Jaunes est une victoire ou une défaite, c’est de savoir quel camp ressortira agrandi de cette lutte : celui de la bourgeoisie ou celui du peuple.

  • Ensemble ! La Grève !

    Ensemble ! La Grève !

    Mobilisé.es – Gilets Jaunes -Syndicats – Organisations politiques

    Marchons toutes et tous ensemble !

    Macron et la classe qu’il sert, la grande bourgeoisie, nous mène la guerre. Depuis son élection, il a mené assauts sur assauts contre tout ce la lutte sociale a pu arracher aux exploiteurs depuis le XIXe siècle.

    Le Gouvernement Macron-Philippe-Castaner s’en est pris aux salaires, aux conditions de travail, à la sécurité sociale, au chômage, à la retraite, à l’éducation, aux impôts… Son offensive frappe tous ceux et celles qui ne vivent que de leur travail.

    L’avenir que nous réserve Macron est celui de la misère, de la dette, de la précarité, de la maladie. Aujourd’hui, 5 février, nous sommes toutes et tous dans la rue pour clamer notre rejet de celui-ci ! C’est notre travail, notre temps, notre sueur qui produit les richesses du monde. Le monde est à nous !

    Macron ne reculera pas. Il a le revolver sur la tempe de ses donneurs d’ordres, de ceux qui, tout en bénéficiant de réductions d’impôts, ont financé sa campagne. Il ne reculera pas sur l’ISF. Il ne reculera pas sur la CSG, il ne reculera pas sur les taxes, les impôts, sur la liquidation qu’il opère de toutes les protections sociales. Il ne recule pas car il pense que l’orage de la lutte gronde, certes, mais qu’il s’éloignera ou s’épuisera. Il compte sur la fatigue, l’épuisement, le découragement.

    Il fourbit déjà d’autres plans : appliquer le programme de CAP2022, pour offrir d’immenses cadeaux aux banques, pour privatiser des nationales, pour détruire les corps des fonctionnaires, pour liquider les derniers services publics.

    Il se croit invulnérable, même face aux menaces de grève générales, parce qu’il voit les luttes comme dispersées, éclatées, s’épuisant et s’affaiblissant…

    Mais nous allons lui prouver le contraire !

    Abattons les murs entre les luttes ! Qu’elles se rejoignent toutes !

    Nous marchons encore de manière séparées. Mais cela doit cesser. Les différentes luttes ne sont pas concurrentes, elles se complètent. Les modes opératoires se renforcent les uns les autres. Les manifestations lycéennes, les blocages d’universités, les grèves professorales, ouvrières, les occupations de ronds-points, les actes successifs… Chacune apporte sa pierre à la lutte, la renforce et la complète. Mais il s’agit de faire plus que la « convergence des luttes », il s’agit d’en faire la synthèse !

    Les Assemblées Populaires sont un creuset dans lequel elles peuvent se fondre, fusionner, se renforcer et faire naître une réponse plus puissante, une véritable lame de fond qui balaiera toute la société. L’Assemblée d’Assemblées de Commercy pose les bases d’une jonction entre toutes celles qui sont apparues. L’Unité Communiste de Lyon soutien son appel.

    C’est dans ces assemblées que ceux et celles qui luttent peuvent se réunir et passer de la défense à la contre-attaque.

    Face aux revendications de ceux et celles qui se mobilisent, le gouvernement a répondu. Le régime à montré son visage. Chaque samedi, celui qui arpente la rue pour clamer sa colère ne peut savoir s’il rentrera chez lui. Interpellations, gardes-à-vues, mutilations permanentes, mort soudaine… tout peut arriver tant la répression est féroce.

    Il est déjà possible d’arrêter sur des soupçons. Demain, avec la loi anti-manifestation, il sera possible à l’État de choisir qui peut ou ne peut pas sortir de chez lui. La France se mue en prison à ciel ouvert.

    Construisons l’opposition extra-parlementaire ! Bâtissons la démocratie populaire !

    L’illusion des élections ne trompe plus. Nous en avons assez de voir la démocratie réduite à un chèque en blanc donné à des élus qui ne font que s’engraisser sur notre impuissance. Nous en avons assez de la voir limitée à savoir quel maître exécutera le programme du MEDEF, des exploiteurs, des grands bourgeois. De voter pour déterminer qui nous écrasera, qui nous réprimera.

    Nous sommes légitimes. Nous détenons chacun une fraction du pouvoir réel. Organisés, nous pouvons imposer notre propre démocratie : une démocratie populaire, celle des travailleurs en action ! Celles de ceux qui n’ont rien, qui « ne sont rien », mais qui deviendront tout !

    Les prochaines élections seront le bal des trahisons. Rejetons -les ! Boycottons-les ! Montrons notre opposition par l’abstention massive. Organisons-nous en opposition extra-parlementaire, autour de nos assemblées, notre démocratie. Formons L’État-major des luttes et remportons la victoire !

     

    -Retrouvez l’affiche de la CGT Info-Com ici : https://www.infocomcgt.fr/wp-content/uploads/2019/01/2019_01_31_InfoCom-CGT_Affiche_GJGR-Ensemble.pdf

  • Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Les gouvernements savent saisir la balle au bond. Ils savent utiliser des moments de crise pour réussir à faire avancer leurs projets réactionnaires. En l’occurrence, les manifestations des Gilets Jaunes et les affrontements qui ont pu avoir lieu servent d’alibis à accroître un arsenal répressif destiné à mater les mobilisations dans leur ensemble.

    La gauche rend de grands services, mais pas toujours à ceux qu’on croit. En 2016, à la suite des attentats, sous prétexte de devoir réagir rapidement, le gouvernement de l’époque, dirigé par Valls, a mis en place un système qui court-circuite la justice pour placer au centre de l’action le préfet. Les décisions d’interdiction de manifester sont désormais entre les mains d’une autorité administrative, directement sous tutelle de l’Etat, et outrepassant régulièrement ses prérogatives.

    A partir du 1er novembre 2017, l’état d’urgence est entré dans la constitution, le transformant de facto en Etat d’urgence. Gérard Collomb, lui aussi membre et ex-membre du Parti Socialiste, a été l’architecte de cette mesure. Cette inscription dans la durée d’un régime d’exception a eu pour conséquences de banaliser l’usage d’une répression à caractère préventif. Autrement dit, il est né une conception qui ne peut être résumée autrement que par le « délit d’intention ». En somme, le soupçon d’un passage à l’acte est suffisant pour qu’il puisse être retenu comme une charge.

    L’usure des forces de police, à la suite de la mobilisation inefficace des forces de l’ordre pendant la période de l’état d’urgence, a servi, là aussi, de prétexte à accorder des largesses juridiques. La police s’est blindée contre les accusations d’abus et de bavures, tout en accroissant son arsenal répressif.

    La fabrique du « casseur ».

    Hier, c’est cet arsenal qui a permis de réprimer les luttes contre la loi travail ou contre la réforme de la SNCF. Aujourd’hui, ce sont celles-ci qui permettent d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes dans le sang.

    L’argument qui revient sans cesse est celui de la présence dans les rangs des manifestations de « casseurs ». Cet argument mérite qu’on s’y attarde un petit instant. Ces « casseurs » servent d’alibi à des lois répressives qui, en dernière analyse, mettent en péril le droit à manifester. Il est un terme qui revient sans cesse dans les rhétoriques du gouvernement pour dire aux Gilets Jaunes « ne manifestez pas », pour décourager les familles, les personnes vulnérables ou qui redoutent la violence.

    Or, cette rhétorique ne sort pas de nulle part. La fabrique du casseur, d’une image mentale de celui-ci, est en grande partie le fruit de l’influence des médias, au service des exploiteurs. Le pouvoir de l’image tout comme le pouvoir de la dénomination ont permis à ceux-ci, qui ne sont pas neutres, de forger dans l’esprit de la population une représentation de ce que peuvent être les « casseurs ». Ils ont ainsi créé une représentation de cette nébuleuse comme constituée d’individus opportunistes, utilisant les manifestations uniquement comme bouclier humain pour commettre des dégradations et des actes de violence, sans lien avec le mouvement, avec sa lutte, avec ses revendications.

    Les images des médias, même pour des individus qui se méfient de ceux-ci, frappent l’imagination. Même parmi les organisations politiques de gauche ou d’extrême-gauche, ce vocabulaire revient. Or, les vidéos qui passent en boucle sur les médias sont le fruit d’un travail d’édition. Elles ne montrent pas ce qui s’est passé avant un événement, après, ou hors champ.

    L’expérience des manifestations nous indique que, oui, il y a parfois de la casse et de la violence. Mais que dans la très large majorité des cas, celle-ci est à l’initiative des agents provocateurs des forces de l’ordre. Le plus souvent, les manifestations deviennent brutales après que la police soit passée à l’action, le plus souvent sans sommation et sans raison, autre que les ordres de semer le chaos.

    Ce qui se produit est une réaction d’autodéfense qui vise à se protéger de la police, voire parfois à répondre, du fait de la colère et du sentiment d’injustice, à la violence policière. Et ce, malgré l’immense disproportion de moyens physiques, matériels et juridiques entre les deux forces en présence. La tendance au conflit est constante, notamment vis-à-vis de la jeunesse populaire, qui ne connaît que les contrôles constants, la privation de perspectives et d’avenir, et la violence de la part de l’Etat. Mais là, également, l’origine est dans le fait que la société française génère une violence majeure.

    Il existe également des individus, politisés, qui s’attaquent à des banques, des vitrines de grands magasins, des symboles du capitalisme. Cela dans le but de générer une « propagande par le fait » et de stimuler la combativité des masses. Il ne s’agit là, encore, pas d’une violence aveugle. Les « blacks blocs » sont des individus présents dans les mouvements de luttes et qui opèrent ainsi dans le cadre de la lutte. Et, d’une manière générale, leur modus operandi répond au caractère répressif de la police.

    Il est possible d’être en désaccord avec ces pratiques, de les trouver inadaptées. C’est un débat. Nous ne justifions pas ce choix tactique, nous l’expliquons comme découlant d’une logique. En revanche, nous n’acceptons pas l’injonction de la condamnation qui est régulièrement posée par le gouvernement, les réactionnaires et les médias. Nous ne ferons pas comme Fabien Roussel, dirigeant du PCF, qui a déclaré qu’il demandait à la police d’intervenir lorsqu’il repérait des « casseurs ». Ce n’est pas notre rôle.

    En revanche, nous maintenons que, d’expérience, l’initiative de la provocation, de la violence, du conflit est dans une majorité écrasante déclenchée par la police. Chaque manifestation, ce qui est vu régulièrement, aussi pacifique soit-elle, finit sous les nuées de lacrymogènes.

    Par ailleurs, les « casseurs » ne sont qu’un alibi. Ce que vise ces lois, le cœur de leur cible, ce sont les manifestants en général, les mobilisés et mobilisées en général. Il ne s’agit pas de cibler ces chimères, mais bien de réprimer les masses populaires dans leur ensemble, et de les enfermer. 

    Quelles mesures dans la loi ?

    Cette « fabrique du casseur » à permis de justifier un très grand nombre de lois qui mettent en cause la liberté de manifester. Mais ces lois ne suffisent pas encore ! Il faut pouvoir réprimer plus, aller plus loin, frapper plus fort.

    La majorité parlementaire propose alors d’accroître ces possibilités de broyer le mouvement de contestation.

    Première mesure : le grand retour des interdictions administratives de manifester. Le préfet peut interdire une manifestation, mais également interdire à des individus précis de participer à un événenement déclaré. Cerise sur le gâteau, il est possible également d’interdire « sur la base de (…) relations régulières ». Si les fréquentations d’une personne paraissent suspectes, elle aussi peut donc être mise à l’index. Amnesty International indique que cela revient à « donner tout pouvoir aux autorités politiques ou policières pour déterminer si une personne a le droit de manifester ou pas, sur la base de suspicions extrêmement faibles ». Déja l’article 222-14-2 du code pénal, qui punit « le fait de participer sciemment à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations » est utilisé de manière extrêmement large par la répression. Le « sciemment » devient un enjeu majeur. Dans un sens, ce genre de procédure rejette à la défense la responsabilité de trouver des preuves de l’innocence ou de l’inconscience de l’interpellé.

    Il convient de rappeler que, d’ores et déjà, des Gilets Jaunes présumés passent en jugement et risquent de la prison sur la base d’interpellation arbitraires. Comme tout ou presque peut servir de pièce à conviction, il est facile de justifier à postériori les interpellations. Cela vise tout simplement à semer la terreur dans les rangs de ceux et celles qui se mobilisent, pour casser toute dynamique d’élargissement du mouvement.

    Deuxième aspect particulièrement redoutable, c’est l’aggravation de mesures déjà votées et appliquées. L’une d’entre elle est le fait de se dissimuler le visage. Elle se mue de dissimulation totale en dissimulation partielle. Elle pourrait être sanctionnée d’un an d’emprisonnement ainsi que de 15 000 euros d’amende. Amnesty International déclare :« Beaucoup de personnes se dissimulent partiellement le visage parce qu’elles souhaitent se protéger ». Tenter de se protéger contre les gaz peut donc faire l’objet de poursuites judiciaires.

    Pour peu que des manifestants souhaitent ne pas être asphyxiés, éborgnés, perdre des mains… ceux-ci peuvent être désormais arrêtés. Il faut offrir uniquement des chairs tendres, des peaux nues, aux armes des policiers.

    En somme, il faut rester chez soi et maugréer en attendant de prochaines élections. Faire le dos rond pendant que les droits sociaux partent en fumée, pendant que les salaires s’effondrent.

    Dernière mesure : l’article 3 de la loi prévoyait de créer un fichier de « casseurs ». Si cette disposition semble désormais caduque, elle est remplacée par une « inscription provisoire » des personnes interdites de manifestation dans le « fichier des personnes recherchées ».

    Tout comme les fichiers des empreintes ADN ne devaient être utilisées que pour identifier les délinquants et criminels sexuels, et sont maintenant appliqués à tous, ce système de fichier ne peut que laisser pensif.

    La loi de la terreur.

    Cette loi a déclenché l’ire de certaines forces politiques, de droite comme de gauche. L’extrême-droite, elle, a joué la carte d’une position très révélatrice : « Oui, probablement on le votera, en assurant qu’il n’est pas utilisé pour être une entrave au droit de manifester pacifiquement dans ce pays » (Marine Le Pen).

    Or, c’est littéralement le but de cette loi. Le RN a toujours été en faveur des lois qui permettent l’écrasement des mouvements sociaux ou de contestation, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de leur programme. Au lieu de hurler hypocritement, les apprentis-fascistes devraient applaudir Macron et ses laquais.

    Il est difficile d’accorder aux partis de droite le moindre crédit et la moindre sincérité dans leur protestation. Cependant, des exclamations extrêmement vigoureuses ont été prononcées.  « Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? » a-t-il lancé. « C’est la dérive complète ! On se croirait revenu sous le régime de Vichy ! » a ainsi déclaré Charles de Courson, député centriste. Jacques Toubon, défenseur des droits, a également attaqué cette loi pour son caractère liberticide.

    Sur les rangs de l’Assemblée, la France Insoumise a également protesté, déclenchant un conflit entre députés, du fait d’insultes de la part d’une députée LREM.

    Le fait que cette loi passe ne fait que confirmer une sombre constatation que nous avions faite dès avant l’élection de Macron. La politique kamikaze de Macron jette dans la rue des pans entiers de la société. Cela s’aggravera encore avec l’application de la « loi alimentation » qui frappera les ménages les plus précaires. Ne pouvons céder un pouce de terrain, tenus par les injonctions de ses donneurs d’ordres de la grande bourgeoisie, le gouvernement ne peut que tenter d’étouffer la colère sous les coups et les tirs.

    En empêchant les manifestations de se tenir, en usant de la répression à tout va, la direction politique de l’Etat produit, au contraire, une tendance au conflit encore plus marquée. D’une part car la colère populaire trouvera toujours un échappatoire sous une forme ou une autre, de l’autre car la police et la justice seront réduit à user toujours plus de la violence.

    Déja, des armes à feu classiques et des blindés ont été déployés. Déja, des policiers ont sorti leurs armes de service pour viser la foule. Fatalement, si cette logique se poursuit, cela se traduira non seulement par plus de blessés, mais également par une hausse du nombre de morts, tués par balles, comme cela pouvait être le cas jusqu’au début des années 1960.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette loi dangereuse et criminelle. Elle considère en revanche que celle-ci démasque intégralement la nature du régime dans lequel nous vivons : antidémocratique, antipopulaire, réactionnaire. Nous ne cesserons pas notre présence aux manifestations et nous appelons les Gilets Jaunes ainsi que les autres mobilisés à ne pas céder à cette politique de terreur.

    Soyons soudés, unis, solidaires, et nous triompherons de tout !

  • Le grand débat ou la farce de la démocratie participative. Partie 1

    Le grand débat ou la farce de la démocratie participative. Partie 1

    Le grand débat ou la farce de la démocratie participative.

    Emmanuel Macron a annoncé le lancement du Grand Débat. Il a annoncé qu’il enverrait une lettre à tous les Français et toutes les Françaises pour leur en expliquer les tenants et les aboutissants. Le but est de débloquer une situation qui demeure toujours congestionnée.

    La lutte des Gilets Jaunes se poursuit inlassablement. Or, la stratégie de l’ignorance et du pourrissement choisie par le gouvernement tend à se retourner contre ses promoteurs. Le temps entame certes les forces mobilisées, mais il a surtout poussé à l’amorce d’une décantation politique de la mobilisation.

    Le mépris, la surdité, la négation de la légitimité du mouvement a nourri en retour une négation de celle du régime politique actuel. Le rejet de l’État, des institutions, de la démocratie bourgeoise devient une norme dans le mouvement. Et cela déplaît.

    Cela déplaît tant au gouvernement, qui veut certes écraser les masses, mais les maintenir dans le giron d’une démocratie truquée et pacifiée, mais également aux électoralistes, pour qui le rejet de la démocratie bourgeoise est tout aussi détestable, car il est ce qui fait vivre leur business. In fine, il existe une alliance sacrée contre l’extra-parlementarisme, qui se base sur les attaques contre le mouvement des Gilets Jaunes, contre leurs assemblées, contre leurs revendications. Elle se base aussi sur un soutien à cette idée de « Grand débat démocratique » dans le but de calmer les esprits et de mettre un point finale à la brouille intense, qui pourrait nuire à l’élection d’euro-députés PS, LR, LREM ou autres encore dans les mois à venir. La pression grandissante des élections européenne poussera les organisations politiques à se démasquer.

    Emmanuel Macron a donc écrit une lettre aux français et aux françaises. Il faut bien poser les limites du débat. En démocratie bourgeoise, on ne débat pas de tout n’importe comment ! Entre deux insultes faites aux exploités et aux exploitées, mentionnant leur absence de goût pour l’effort, le fait qu’il y ait de la « déconn[ade] » avec les minimas sociaux, notre tribun trouve le temps de coucher une lettre d’amour sur le papier.

    Une belle lettre d’amour se cache derrière des formules propres à flatter l’amour-propre des Français et des Françaises, sur l’exceptionnalisme français, son caractère unique en termes de démocratie pure et parfaite, son histoire de moteur de l’avancée de la civilisation. « La France n’est pas un pays comme les autres. Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. »

    Nous voudrions interpeller le Président de la République pour savoir quels sont les « autres » qui sont cités ? Où l’exigence d’entraide et de solidarité est-elle moins forte ? « C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires. » Il est amusant de savoir que, si on se base sur le coefficient de GINI qui marque les écarts de richesses dans le pays, la France n’est pas particulièrement bien placée, et dégringole de plus en plus. Elle est derrière le Tadjikistan, l’Afghanistan, l’Ukraine, le Bélarus, l’Allemagne, et à peine devant le Bangladesh. Le Timor-Oriental pourrait donner des leçons.

    Les tentatives pitoyables de tordre l’histoire de France ne résistent pas à un examen un tant soit peu sérieux. Elles ne font illusion que dans la mesure ou elles sont servies par des années d’enseignement d’un roman national putréfié. La fraternité de la bourgeoisie, les Gilets Jaunes ont pu la voir aujourd’hui. Les habitants des quartiers défavorisées la vivent pleinement depuis des décennies. Les habitants des colonies et des néo-colonies la sentent toujours dans leur chair.

    La Liberté en France, même selon des critères libéraux, est faible. On est loin de l’apologie faite par Macron, qui la caractérise comme « une des [sociétés les] plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie. » En réalité, au niveau des droits humains, la France se classe 31ème, et divorce jour après jours du podium. En cause : les violences policières, le monopole de la presse et des médias par une poignée de milliardaires, les infractions aux libertés religieuses… Un bilan peu reluisant. « Chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans l’élaboration des lois, dans les grandes décisions à prendre. » Ce que Emmanuel Macron omet de mentionner, c’est que, par exemple, son élection n’a été possible que grâce aux largesses immenses de ses financeurs, qui lui ont permis (avec des rabais illégaux) de pouvoir faire sa campagne électorale. Dopé par les investisseurs, qui ont, avec clairvoyance vu en lui leur fer de lance, mais également par la médiocrité de ses concurrents, il n’a pas eu tant de difficultés que ça à s’imposer. Il en est toujours ainsi lorsqu’on reste dans la droite ligne des intérêts de la bourgeoisie.

    Le gouverneur de la Banque de France, représentant du cartel des banques, doit valider le budget de l’État pour permettre à celui-ci de pouvoir être financé. Pour peu que le programme ne plaise pas, il est retoqué. Chaque fois que des gouvernements ont voulu se heurter à cette émanation du capitalisme financier -à l’exception du Front populaire, un temps seulement, et grâce à une immense mobilisation populaire- les gouvernements ont cédé. Edouard Herriot président du Conseil, en 1924, s’est ainsi retrouvé sans le sou et à du céder. Même Vichy, qui avait voulu donner aux nazis l’or des réserves de la Banque de France, à reçu un niet ferme et indiscutable.

    Le MEDEF et les entreprises qui forment le capitalisme monopolistique d’État sont une deuxième barrière à la démocratie. Le pouvoir du patronat est immense, mais celui d’une partie d’une aristocratie d’État également. Les deux, de toute manière, sont si intimement imbriqués qu’ils forment un ensemble insécable. Après tout, le premier client et promoteur de Thalès, Dassault, Sagem, Matra, Alstom, Areva… c’est l’État.

    Dans les faits, le bulletin de vote à si peu de valeur face à l’énergie immense que mettent ces forces sociales à défendre leur intérêt qu’il ne sert qu’a choisi la couleur du laquais servile qui exécutera leurs commandes.

    Il est souvent point du doigt la propension qu’ont les Américains à avoir la conviction que leur pays est le n°1 en tout. Pour un peu, la lettre de Macron est tout aussi imbue d’une vision mythifiée de la France. L’une des expressions de cette autosatisfaction est celle-ci : « Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol. » Comprendre la référence est pénible. La France a le plus souvent entassé les persécutés d’ailleurs dans des camps de concentration qui ne disaient pas leur nom. Les Juifs fuyant le nazisme, les Espagnols le franquisme, ont été traité par la IIIème République avec une suspicion de chaque instant…avant d’être remis à leurs bourreaux, pour une grande partie d’entre eux. En revanche, elle s’est donné à cœur joie une mission de soutien aux régimes les plus corrompus, les plus réactionnaires, les plus obscurantistes. Elle-même s’est invitée largement sur près d’un quart de la planète, en enrichissant grandement l’histoire par une série de massacres commis sur les populations désarmées. Une série qu’elle s’évertue de poursuivre avec une assiduité sans faille.

    « Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ? »

    Belle question.

  • Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon sur la manifestations des 3L (Luxembourg, Liebknecht, Lénine) à Berlin.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon sur la manifestations des 3L (Luxembourg, Liebknecht, Lénine) à Berlin.

    Nous, militants de l’Unité Communiste de Lyon, avons défilé dans les rues de la capitale Allemande pour cet anniversaire. 

    Nous adressons notre salut le plus chaleureux à nos camarades Allemands du MLPD, de Rebell, de Rotfüchse. Nous les félicitons pour leur 50 ème anniversaire de la construction du Parti en Allemagne.

    Nous saluons nos camarades de l’ICOR et des amis de l’ICOR, nous sommes emplis de fierté d’avoir défilé parmi eux, à leurs côtés., pour rendre hommage aux martyrs de la Révolution Allemande.

    Nous saluons ceux et celles qui participent à l’alliance internationaliste pour dénoncer la montée de la réaction, tant en Allemagne qu’en Europe.

    Nous saluons la classe ouvrière d’Allemagne, dont les luttes, les combats, ont marqué l’Histoire et la marqueront encore !

    Nous saluons les syndicats combatifs d’Allemagne et leur lutte contre l’exploitation !

    Nous saluons les participants à la manifestation des 3L -Luxembourg, Liebknecht, Lénine- car jamais l’histoire ne doit être oubliée !    

    Nous sommes fiers d’avoir pu participer, aux côtés de nos camarades de l’UPML, tant au meeting du MLPD -qui s’est tenu en dépit des manœuvres de la mairie pour le saboter- qu’à la marche de commémoration.

    Nous pouvons voir ce que peuvent réussir les organisations qui ont pris à bras le corps la question de la construction du Parti Communiste. Des cortèges imposants. Des meetings faisant salle comble. Une organisation de jeunesse dynamique. Une production théorie permettant d’apporter un éclairage sur les questions actuelles.

    Cet exemple force le respect et emplit de confiance ce les résultats qu’un travail assidu et constant permettent d’obtenir.

    C’est vêtus du Gilet Jaunes, symbole de la lutte sociale en France, que nous avons arpenté les rues de la capitale. Nous n’étions pas seuls à avoir fait ce choix. Le conflit ouvert entre les masses populaires et l’Etat bourgeois est scruté de près par de larges pans des mouvements progressistes et révolutionnaires.

    Nous avons pu voir, au regard de l’expérience du MLPD, de l’expérience de la Révolution Allemande, quel chemin reste à parcourir. La grande lutte en France n’est pas la révolution. Mais il est une étape.

    La crise du capitalisme et les appétits insatiables de la grande bourgeoisie obligent le gouvernement -laquais des exploiteurs- à ne pas céder. À choisir l’épreuve de force en la pensant courte. Mais, en faisant cela, celui-ci à jeter dans la rue des centaines de milliers de personnes qui n’avaient jamais crié leur colère et exprimé leur misère. Chaque samedi, les coups de matraques leur ont appris le sens du mot République. Chaque intervention de Macron leur a appris le sens du mot Fraternité.

    Toute une génération de lycéens et de lycéennes ont vécu dans leur chair le plus grand cours d’éducation civique de l’histoire de l’enseignement.

    Jamais ils et elles ne l’oublieront.

    Les révisionnistes et les sociaux-démocrates se sont démasqués. Ils n’ont rien eu d’autres à dire à ceux qui subissent l’exploitation que « ne parlez pas de politique, votez pour nous ! »

    Une partie des directions syndicales n’ont rien eu de mieux à dire que « ne parlez pas de politique, ne luttez que dans les entreprises. »

    Ces tentatives pour brider le mouvement social sont vaines. Les questions politiques deviennent brûlantes. Le Référendum d’Initiative Populaire pose la question du régime politique dans lequel nous vivons et du désir de plus de démocratie. C’est une première étape. La seconde est celle du pouvoir, accaparé par une clique d’exploiteurs et de bandits. Elle est tant celle de la dictature du capitalisme que de la démocratie que nous voulons, populaire et vivante.

    Alors que le mouvement, pourtant, n’écorne qu’à peine l’ordre établi, déjà le pouvoir bourgeois sort de ses gonds. Les relais de presse, détenue en très large majorité par une clique de milliardaires, entrent dans une hystérie folle. Les éditorialistes rivalisent pour s’attaquer à ce mouvement. Soit ils le déclarent mort, soit fasciste, soit les deux.

    Médias, police et justice sont unis pour annihiler le mouvement. Le gouvernement produit on « grand débat » pour tenter de faire taire la contestation et la ramener dans les rangs bien balisés d’un terrain qu’il maîtrise.

    Pourtant, ce mouvement demande seulement peu de choses, encore.

    Qu’en sera t-il le jour où la question de l’exploitation et de son abolition se posera ?

    C’est pour faire face à la machinerie de l’État que nous avons besoin d’être organisés, structuré, forts, unis. Le Parti n’est pas un fétiche qui se proclame par goût universitaire. Il est un besoin concret et impérieux. Il est le besoin de l’outil qui permet de ne pas être broyé, mais également de triompher.

    De triompher et de pouvoir bâtir le monde de demain. Sans exploitation, sans oppression. Une société communiste.

    C’est son manque qui a contribué à la défaite de la Commune. C’est son arrivée tardive qui a manqué à la ligue Spartakiste. C’est son existence qui a permis la victoire bolchevique, chinoise…

    Nous ne devons jamais l’oublier.

    C’est pour cela que nous travaillons avec nos camarades Français de l’UPML aujourd’hui.

    C’est pour cela que nous travaillons avec ceux qui luttent contre le colonialisme et l’impérialisme français.

    C’est pour cela que nous tendons également la main à tous les communistes sincères, à tous ceux qui se posent la question de comment mettre fin à la misère, à la dictature bourgeoise, aux oppressions, aux guerres. Nous les appelons, ensemble, à avancer pour que nous renforcions le camp du peuple.

    Non seulement construire le Parti, mais construire les partis, qui, partout dans le monde, porteront la voix des opprimés et des exploités.

    Jusqu’à la victoire.

    Jusqu’au socialisme.

    Jusqu’au communisme.

  • Qui est violent ?

    Qui est violent ?

    Qui est violent ?

    Edouard Philippe a parlé. Il s’est exprimé au 20 h de TF1. Certains, certaines espéraient que ce serait pour annoncer des concessions. Que le gouvernement, après l’épreuve de force, accepterait de lâcher un peu de lest. Il n’en fut rien.

    La teneur des interventions des membres du gouvernement ne laissaient que peu de place au doute, au suspens. Gérard Darmanin en avait ainsi appelé à l’ultra-sévérité contre les manifestants. Difficle de croire que le premier ministre tiendrait une position contraire.

    Edouard Philippe a annoncé, ainsi, un déploiement toujours plus grand de police, pour les jours à venir. Mais, également, la mise en place de mesures sécuritaires que ne renierait pas l’extrême-droite. Sanctions pour les manifestations non déclarées. Arrestations préventives, assignations à résidence, obligation de pointer au commissariat…. Le Premier ministre déclare un régime de liberté surveillée qui ne dit pas son nom. Les arrestations atteindront probalement les 8 000, tandis que des peines de prisons fermes avec mandat de dépôt seront prononcées. Tout cela au nom de quoi ? De la violence.

    Depuis le début de la mobilisation des Gilets Jaunes, la question de la violence revient sans cesse. Ce n’est pas une nouveauté, chaque mouvement social voit les médias faire passer ses revendications au second plan, pour ne laisser passer que les images de bris de vitres, de voitures brûlées, d’échanges de projectiles… Ce n’est pas un hasard. D’une part, cela fait vendre, de l’autre, cela correspond avec la ligne éditoriale et l’ordre du jour donné par le conseil d’administration, qui, en France, est généralement entre les mains de milliardaires. Et pour cause, la question de la violence est un biais de division de ceux et celles qui luttent. Mais qui s’est ému, et de quoi ?

    Castaner, Estrosi, Ciotti, Juppé, Griveaux, Philippe, Macron… tous les ténors de la politique sont émus de la violence. Tous réclament la même chose : que soit écrasé le mouvement des Gilets Jaunes. Que les manifestations soient interdites, que les mobilisés soient préventivement arrêtés, que la police puisse disperser sous les grenades et les tirs de flash-ball les cortèges. Ils réclament que la justice soit impitoyable, qu’elle fasse des exemples. Ils veulent la tête des meneurs, décapiter la lutte. Ils veulent enchaîner ceux qui les ont défiés.

    La violence leur est insupportable. Mais qui aime la violence, à par quelques pauvres personnes ? Nous-même, nous ne l’aimons pas. Mais qu’est-ce que la violence ? La violence est-elle dans une pauvre vitrine cassée, dans un plâtre fissuré, dans quelques graffitis ?

    Ou est-ce que la violence, la vraie, celle qui épuise, use, mutile, tue, est ailleurs ?

    La violence d’être laissé pour compte dans la 5ème puissance mondiale. De dormir dans la rue, de vivre dans sa voiture.

    La violence de compter ses sous, d’économiser la moindre chose, tout en sachant qu’il reste une éternité avant le prochain salaire, avant la prochaine pension.

    La violence n’est elle pas de survivre, un jour après l’autre, en aillant juste de quoi avoir la force de se lever le lendemain, d’envoyer ses enfants à l’école, tout en sachant qu’ils ne sortiront de celles-ci que pour vivre la même vie d’esclave. D’être privé de loisirs, de sorties, de culture, parce qu’un sou est un sou et qu’il faut tenir.

    La violence n’est elle pas dans la vie de celles, de ceux, qui se lèvent dans le même matin gris, perdent leurs temps dans des transports qui n’avancent pas, hors de prix, avec la peur au ventre. La peur de la convocation dans le bureau, la peur du licenciement, la peur, toujours la peur.

    La violence, c’est de voir la police débarquer dans une cité ou croupissent ceux qui n’ont rien, pour imposer un ordre à coup de matraques, quitte à tuer.

    La violence, c’est une justice qui acquitte la bourgeoisie criminelle, ceux qui ont l’argent, les réseaux, le prestige, mais qui noie ceux que la misère pousse au délit.

    La violence d’avoir un manager haineux qui pousse au suicide, car il faut dépasser les normes, car il faut toujours faire plus avec moins. Car il faut crever à la tâche, pour le rendement, pour la rentabilité.

    La violence d’avoir une dette insolvable, d’être un esclave des banques, de jongler avec sa vie, avec la menace de perdre le peu de chose qu’on possède.

    La violence de savoir qu’à cause de son nom, de son visage, de son sexe, de ses orientations sexuelles, une voie se trace déjà.

    La violence, elle est le quotidien de celles et ceux qui sont sommés de vendre leur propre corps pour survivre. Qui sont ravagées par des marchands de chair sans scrupules, qui en tirent profits et prestige.

    La violence n’est elle pas de voir des personnes âgées, qui se sont usées pour quelques misères, jugées juste bonnes à être des vaches à lait qu’il faut traire de leurs derniers euros.

    La violence, c’est un niveau de vie qui baisse sans cesse, une espérance de vie qui stagne voir qui recule.

    La violence c’est quand, demain, il faudra mendier pour se soigner, pour s’éduquer, pour survivre lorsque le travail nous aura usé.

    La violence c’est, sous d’autres cieux, ceux qui n’ont rien demandé qu’a vivre dignement et librement, qui voient leur ciel obscurcis par les avions portant la cocarde de l’Armée de l’Air, faire pleuvoir les bombes sur leur pays, sur les terres. Qui voient des soldats qui pillent, qui violent, qui instaurent des régimes de terreur, pour que, à des milliers de kilomètres, des actionnaires puissent fêter la baisse du prix du cacao, du café, du pétrole, de l’uranium.

    La violence d’être jeté sur les routes de l’exil, d’être livré aux trafiquants de chair, d’être sous le feu des milices, et de finir avec les vagues comme seul linceul.

    La violence, elle est dans le fait d’être traités uniquement par le mépris par ceux qui disent nous représenter, mais qui ne sont que des contremaîtres des exploiteurs, le fouet à la main. Elle est dans ce régime qui n’existe que pour nous maintenir dans la misère, nous maintenir sous nos chaînes. La violence c’est celle d’un destin qui n’est que d’être des marchandises, des outils pour apporter la fortune à une poignée de profiteurs.

    Quand Ciotti, Castaner, Estrosi, Macron…disent qu’ils sont choqués par la violence. Admettons que ce ne soit pas juste qu’une manœuvre politique. Admettons que ceux qui jettent dans la misère des milliers de gens, qui donnent l’ordre de bombarder, d’envahir, d’autres Etats aient la larme à l’œil en voyant cela. Admettons qu’ils soient réellement choqués de la tournure que prennent les choses. Par quoi sont-ils émus ?

    Ils se sont émus de la violence contre du mobilier urbain. Contre des vitrines. Mais ils n’ont eu aucun mot pour les blessés, pour les mutilés, pour les tués par la police, par la brutalité. Ils n’ont rien à dire à ceux et celles qui croupiront en prison pour avoir osé se dresser contre leurs lois injustes. Ils sont tellement habitués à exercer la violence légale, qu’ils ne la voient pas. Écraser ceux qui travaillent est normal pour eux.

    Eux ne connaissent pas la violence, la misère, la précarité, la peur. Nous ne sommes pas du même monde ! Ils sont d’un monde où la pauvreté, ou la misère n’existe pas. Ils n’ont jamais travaillé de leurs mains, jamais fait de travail honnête, jamais été confrontés à l’exploitation. Ils sont uniquement des purs produits de la bourgeoisie, dressés pour asservir les exploités.

    La colère est légitime face à ceux et celles qui veulent toujours tirer vers le bas notre niveau de vie, qui réduisent nos vies à des journées sans fin, à des salaires de misère. La colère est la réponse à leur violence, leur brutalité, leur mépris pour la vie humaine.

    Comment ne pas être tenté par la violence ? Comment blâmer ceux qui répondent aux provocations policières, aux provocations bourgeoises, aux provocations d’une classe qui a démasqué sa dictature aux yeux de la population entière. D’autant qu’eux vivent en parasites sur ce que produisent les travailleurs et les travailleuses. Ils vivent de notre sang, dépendent de nous. C’est pour cela qu’ils redoutent notre colère ! Parce que nous, nous n’avons pas besoin d’eux !

    Ils disent que la colère décrédibilise le mouvement des Gilets Jaunes, mais si elle n’existait pas, ils trouveraient un autre argument pourri, une autre raison de nier toute légitimité au mouvement. Ce ne sont que des tactiques pour diviser et fragmenter !

    La colère ne suffit pas, seule. Elle doit se muer en volonté de voir le monde changer. Elle doit devenir une force capable de construire ce monde nouveau, en mettant l’ancien à terre. Pour que cela soit possible, cela demande de construire l’unité de volonté et l’unité d’action.

    Cette force agissante, créatrice, ne peut naître que dans l’organisation.

    S’organiser pour transformer le monde en un monde juste, sans exploiteurs, sans oppresseurs, sans chape de plomb, sans chaînes et sans entraves. Voilà le programme des communistes sincères ! Voilà le programme de l’Unité Communiste de Lyon. Voilà le programme de l’ICOR, dans le monde.

    « Ils n’auront pas le dernier mot », s’est permis Edouard Philippe, en ultime provocation. Nous verrons bien. 

    Il est juste de se révolter ! Il est nécessaire de s’organiser !

  • Vœux de l’Unité Communiste de Lyon

    Vœux de l’Unité Communiste de Lyon

    Vœux de l’Unité Communiste de Lyon

    L’Unité Communiste de Lyon adresse des vœux de combativité à l’ensemble de la classe ouvrière et des masses populaires de France. Elle salue ses camarades qui luttent contre l’impérialisme français et mondial. Elle salue les communistes de France et du monde entier.

    Nos vœux pour la nouvelle année sont simples : ils sont de travailler avec ardeur, avec application, à construire les outils de la victoire contre nos bourreaux, les exploiteurs, les oppresseurs, la grande bourgeoisie monopoliste, son État, ses forces de répression.

    Ils sont simples dans leur formulation, mais sont exigeants dans leur concrétisation. Pourtant, des pas sont faits jours après jours, mois après mois, années après années pour parvenir à ce que renaisse un mouvement de contestation de l’ordre bourgeois, un mouvement qui remette en cause un ordre injuste.

    L’année écoulée a été une année qui a permis des bonds de géant. La politique d’offensive à tout prix, menée par le gouvernement Macron & Philippe a lancé dans la bataille des couches entières de la population de notre pays. Elle a confronté à sa police, qui insulte, blesse, mutile, tue. Elle a confronté toute une génération, toute la jeunesse, à la transcription dans la pratique de ses prétendus fondement de loi, de démocratie, d’égalité. Sa justice s’est démasquée. Elle a montré son visage de classe, tendre avec les Sarkozy, les Benalla, mais impitoyable face à tous ceux et celles qui s’en prennent à l’ordre établi.

    Au cours de cette année, la rapacité de la bourgeoisie à fait plus fort que toutes les mobilisations précédentes : elle a jeté dans la rue des centaines de milliers de personnes qui ne l’avaient jamais arpentée pour lutter. Et elle a fait en sorte qu’elles n’oublient jamais la manière dont elles ont été traitées.

    Peut-être l’année 2019 et le printemps seront-ils celui des luttes ou celui du reflux et de la démoralisation ? Nous ne sommes pas des prophètes et nous ne pouvons prétendre être capable de discerner les futures évolutions de la mobilisation de masse dans le marc de café.

    En revanche, nous devons jouer notre rôle, parmi tous les militants sincères, parmi les communistes présents dans notre État, parmi les opprimés et les exploités. Nous ne pouvons prétendre, à nous seuls, être un barrage contre les reflux, contre les démoralisations, contre les épuisements. Mais nous pouvons transformer ceux-ci en des renforts pour les organisations de combat de la classe ouvrière et des classes populaires. Car il est sûr que les attaques ne vont pas cesser, qu’elles vont s’accroître. La misère et les tensions internationales également.

    Nous pouvons et devons apporter un bond qualitatif dans les luttes et dans la politisation de celles-ci, pour que la colère se mue en résolution, pour que la rage contre l’exploitation et contre l’oppression se mue en volonté politique de battre la bourgeoisie, le patronat, les banquiers, les rentiers. Que cela se mue également en désir conscient de vouloir construire un nouveau modèle de société. Le rejet du fascisme et de la droitisation de la société, le rejet de la politique de guerre internationale, le rejet des aventures militaires qui sèment la mort et jettent sur les routes de l’exode des millions de personnes.

    Cette année passée, un bon nombre d’opportunistes se sont prétendus amis du peuple, amis des travailleurs, amis des exploités. Mais il ne fait aucun doute que les masques vont tomber de nouveau, face à l’échéance des élections européennes. Les électoralistes vont vouloir drainer la légitime colère vers une issue sous la forme d’un bulletin de vote inutile. C’est uniquement ainsi qu’ils conçoivent les luttes sociales, comme des marchepieds pour devenir les exécutants serviles de la bourgeoisie à la place des autres.

    Notre programme de 2019 n’est pas de mener les masses vers les abattoirs électoraux, vers les pièges, les traquenards. Il est au contraire de faire éclater la vérité, de faire voler en éclat les illusions sur la nature de classe de l’État et du pouvoir de la bourgeoisie.

    Notre programme est celui d’un travail acharné, sans relâche, pour construire les outils de la victoire. Pour avancer, localement, nationalement, internationalement, vers plus d’unité, plus de coopération, plus de coordination, et, au bout d’un processus de travail commun, dans la confiance et la sincérité, que se fondent en un seul moule les communistes, pour que naissent ou se renforcent les partis révolutionnaires.

    Il est celui d’un soutien et d’un renfort aux luttes qui naissent partout dans notre pays, mais également dans le monde entier, contre les mêmes maux, contre les mêmes ennemis, contre le capitalisme, l’impérialisme, la réaction et le fascisme.

    Il n’existe pas de remède miracle, qui tombera du ciel. Ce remède ne peut-être développé et administré que par la participation du plus large nombre possible de ceux et celles qui courbent l’échine sous le poids des chaînes, sous les entraves, sous les humiliations et les oppressions.

    Nous disons à ceux et celles qui sont toujours dans la nuit delà pauvreté et de l’oppression la plus sombre « La misère n’est pas une fatalité, l’oppression non plus. Le golem qui vous écrase n’est pas invincible. Ensemble, nous pouvons le briser. Quelques soient nos origines, nos couleurs de peau, nos religions, notre sexe, notre genre, nos goûts, nous faisons face à un même ennemi. Ensemble, nous sommes un seul front, une seule ligne, un seul rang contre un même ennemi. »

    Nous saluons ceux et celles qui jettent ces chaînes à terre, qui les rejettent, qui veulent s’en débarrasser. Nous leur disons « vous n’êtes pas seuls, vous n’êtes pas que des individus face à un pouvoir autoritaire, ensemble, organisés, nous serons une déferlantes qui balaiera les exploiteurs, rejoignez-nous ! »

    Nous saluons ceux et celles qui sont organisés, dans les syndicats combatifs, dans les organisations antifascistes, dans les associations d’entraide. Ceux et celles qui œuvrent dans tous les compartiments de la lutte, parfois visible, parfois invisible.

    Nous saluons ceux et celles avec qui nous travaillons. Mais nous saluons aussi ceux et celles avec qui nous n’avons pas encore de rapport de travail, ceux et celles à qui nous tendons la main, pour que finisse l’isolement et l’éparpillement des forces.

    Nous saluons également ceux et celles qui ne portent pas le même drapeau que nous, mais avec qui nous continuons ensemble un camp du peuple, un camp de la défense populaire, qui doit être uni, soudé et solidaire, pour ne pas être fracturé et détruit dans le détail.

    Les spectres de la guerre, de la famine, du fascisme, de l’obscurité ne sont dévorants que parce que ceux qui en tiennent la laisse sont faibles, sont réduits à les agiter pour se maintenir. 2018 a été une année de résistance. Il ne tient qu’à nous de faire de 2019 une année d’offensive !

  • Le mouvement des Gilets Jaunes : Construire les outils de la victoire – Partie 6

    Le mouvement des Gilets Jaunes : Construire les outils de la victoire – Partie 6

    Construire les outils de la victoire.

    Partie 6

    Il faut être réaliste. A moins qu’il se produise un phénomène inattendu et imprévisible, le mouvement des Gilets Jaunes conduira immanquablement à un reflux, tôt ou tard. En tant que tel, il ne peut déboucher sur une révolution prolétarienne, sans que des préalables soient franchis en amont.

    L’usure, la fatigue, la répression de l’Etat bourgeois auront raison de la mobilisation. La bourgeoisie est gênée par ce mouvement, elle a été un peu écornée en surface. Mais elle n’a pas été menacée dans les fondements de son pouvoir, dans les racines de son ordre. Les affrontements ont pu déborder tactiquement les forces de l’ordre, la police, mais n’ont pas été une menace d’ordre stratégique, laquelle ne peut émerger que si elle a volonté à substituer un nouveau pouvoir à l’ancien dans les zones où les affrontements ont mis en péril la possibilité pour ce dernier de fonctionner correctement.

    Les assemblées qui émergent aujourd’hui posent les embryons de l’amorce de ces questions. Elles sont une première phase d’un questionnement qui présente une étape supérieure. Ces réunions de coordination et d’élaboration d’un calendrier posent la question du pouvoir au sens premier du terme, c’est-à-dire, au stricto sensu, le fait de « pouvoir ». Pouvoir prendre des décisions et pouvoir les faire appliquer. Mais cela ne suffit pas et demande, de plus, une certaine conception stratégique et une certaine conception organisationnelle. Or, cela fait partie de la tâche des organisations politiques communistes de les porter. Sans organisation communiste, pas de mouvement communiste.

    Le reflux se manifestera tôt ou tard. Nous devons l’anticiper pour que tout ne soit pas perdu. La mobilisation a jeté dans la rue toute une population qui n’avait jamais été mobilisée auparavant, qui n’avait pas été engagée, pas militante, peu idéologisée. Elle forme une expérience commune à un grand nombre d’individus tandis que toute une partie de la jeunesse, en particulier lycéenne, sera irrémédiablement marquée par les images terribles de la répression.

    Cela laissera forcément des traces, des séquelles, des souvenirs. Mais cela ne veut pas dire mécaniquement qu’une nouvelle génération d’engagés et d’engagées militants et militantes est née et qu’elle perdurera. Le fait de ne pas parvenir à une victoire stratégique, le fait de porter peut-être un soutien à des candidats aux élections qui trahiront leurs engagements, tout ceci peut, en dernière instance, renforcer le sentiment d’impuissance et la désespérance que la combativité. Plus qu’un statu quo ante bellum, l’expérience vécue peut être un frein à un nouvel engagement.

    Il n’est pas possible de contrer le reflux des mouvements de masse. Même en URSS ou en Chine, les mobilisations de masses, malgré la puissance des partis communistes, avaient leurs flux et leurs reflux. Mais il est possible de ressortir renforcé et en position de force par rapport à avant le mouvement.

    Cela ne peut être fait que par le fait d’organiser ceux et celles qui se sont mobilisés, dans nos organisations politiques ou dans les organisations de masse. Nous le savons mais nos ennemis le savent également.

    Les fascistes tout comme les électoralistes tentent une guerre de mouvement pour savoir qui ressortira gagnant politiquement de cette épreuve de force. Chacun avance ses positions. Nous devons avancer les nôtres également, sans toutefois nous livrer aux opérations cyniques des uns et des autres. Il faut mener une politique qui permette aux masses de pouvoir participer au processus de création du Parti Communiste révolutionnaire, que cette question ne soit pas l’apanage unique de militants dans un entre-soi.

    Nous devons le faire en faisant la démonstration de la nécessité de l’organisation politique comme outil de la victoire. Car, contrairement aux organisations fascistes qui existent pour servir la bourgeoisie, contrairement aux organisations électoralistes qui sont simplement des perspectives de carrière, nos organisations sont génétiquement différentes. Ou du moins doivent l’être.

    Pourquoi avons-nous besoin d’une organisation ?

    Avant tout pour gagner définitivement contre la bourgeoisie et son ordre d’exploitation.

    C’est pour cela que nous avons besoin de nous organiser. C’est pour cela que nous avons besoin d’une forme d’organisation qui puisse permettre de remporter cette victoire, c’est pour cela, encore, que nous avons besoin d’une politique d’unification qui permette de forger cet outil. Nous faisons le choix de fonctionner au centralisme démocratique, même si cela demande une rigueur à accroître, non pas parce qu’il s’agit d’un fétichisme malsain autour de l’ordre, mais parce que nous avons le devoir d’être efficace dans nos prises de décision et dans leur application par la suite.

    Replacer cela à sa juste place répond à un certain nombre de questions fondamentales sur les formes que doivent prendre notre organisation et sur le programme de développement que nous devons suivre pour parvenir à remplir nos objectifs.

    Pour revenir à ce que nous mentionnions plus en amont de cette brochure, il existe une ligne de démarcation entre notre conception et celle qui est défendue par d’autres courants idéologiques s’apparentant au communisme. Parce que nous n’attendons pas « le Grand Soir », parce que nous ne vivons pas dans l’espoir que la révolution n’« arrive » mais que nous voulons la mener, nous avons des exigences. Notre faiblesse, notre statut de groupe ne nous suffit pas. Nous ne saurions nous en contenter. Il nous est insupportable. Contrairement au « Collectif Athéné Nyctalope », contrairement à « A gauche » ou à un grand nombre d’autres organisations politiques, même d’importance nationale, nous ne pouvons rester ainsi.

    La bourgeoisie est organisée et structurée dans le but de pouvoir assurer sa domination sur les exploités et les exploitées. Si nous voulons non seulement nous soustraire à cela, y mettre fin, mais également empêcher que d’autres systèmes de domination ne soient mis en place, il nous est essentiel de pouvoir être à la hauteur de la tâche.

    Or pour se hisser à cette hauteur, les mouvements seuls, les comités, les collectifs, ne suffisent pas. Si Lénine a défini le Parti de type nouveau, ce n’est pas par fétichisme de l’autorité, mais bel et bien car il répond aux nécessités du combat révolutionnaire. Sa structure, sa discipline est faite pour remplir ces tâches, non pour faire plaisir et pour créer des espaces de contre-culture.

    Tout ramène, en bout de piste, à la question du Parti Communiste révolutionnaire. Nous avons besoin d’un parti pour être plus efficaces. Nous ne sommes pas les seuls à penser cela, heureusement. Mais nous ne sommes pas forcément en accord sur la définition des termes du sujet tout comme sur le diagnostic à poser. La question du PCF rejoint celle-là. Cela ne signifie pas qu’il faille considérer que tout ce qu’il contient est fait de poison. Certains, notamment les « opposants de gauche » au sein du PCF, s’adressent à nous pour que nous renforcions leur lutte interne. Si nous regardons une grande partie d’entre eux comme des militants sincères, nous ne pouvons être d’accord avec eux et elles, pour au minimum deux raisons fondamentales.

    La première est que cela ne marche pas. Depuis des décennies, ces oppositionnels n’ont pas gagné de terrain. Et pour cause le PCF est une structure qui a rompu avec le centralisme démocratique, avec le débat idéologique. Chaque congrès apporte son lot de réflexions amères sur le fonctionnement antidémocratique de l’organisation ex-communiste, mais sans que les décisions qui s’imposent ne soient appliqués.

    Ce qui amène directement à la seconde. Ceux et celles qui pensent cela sont satellisé autour du PCF, même s’ils ou elles n’en font pas partie. Ces militants et militantes sont en orbite autour d’une organisation anémique, sans parvenir à obtenir une « vitesse de libération » suffisante pour envisager autre chose.

    L’argument principal est celui de la masse de militants et de militantes qui restent au PCF, ainsi que de la structure. C’est là une faute idéologique. La masse de militants reste au PCF parce que les militants et militantes les plus avancées ne s’en détachent pas non plus pour proposer quelque chose qui puisse leur permettre de le quitter. De l’autre, la structure n’est pas primordiale. Elle est une déclinaison de la stratégie, elle est l’outil de celle-ci. Récupérer une structure de parti réformiste en croyant que cela en fera un parti révolutionnaire, cela revient à se tromper lourdement sur les raisons qui poussent à s’organiser.

    A un certain nombre de reprises dans l’histoire récente, des militants et des militantes ont proclamé la fondation du Parti révolutionnaire. Certains l’ont décrété, d’autres ont agi, en interne, comme si c’était le cas. Nous pensons qu’ils et qu’elles se trompent en faisant cela. Nous pensons que cette proclamation est prématurée. Il reste des étapes à franchir.

    Nous pensons que ce qui détermine un Parti est différent de ce qui détermine une organisation politique. Dans un texte de septembre 2018, inédit jusqu’à présent, nous nous exprimions ainsi :

    Comprendre la question du Parti demande tout d’abord de la replacer dans un certain cadre et de ne pas la traiter comme un fétiche. Le Parti n’est pas une fin en soi, il est un moyen. Il est le moyen par lequel les masses s’organisent, sont dirigés par leurs éléments les plus avancés, et peuvent faire la révolution puis procéder à la construction du socialisme dans sa phase inférieure puis supérieure. Le Parti est donc un moyen, un moyen essentiel, mais construit autour d’un certain pragmatisme. Son but est de fonctionner convenablement. Avoir stratégiquement raison ne suffit pas. Il faut également être capable d’être tactiquement dans le vrai, mais même de l’être aussi d’un point de vue de l’opératique, c’est-à-dire agir d’une manière qui permet de triompher des obstacles. Il est vrai que, idéalement, l’opératique, la tactique, devraient être étroitement subordonnés à la stratégie, mais dans les faits, dans la construction du parti, cela exige parfois d’accepter de temporiser sur sa volonté de démonstration et sur sa volonté de polémique pour pouvoir, d’une manière large, construire l’espace qui permettra après de traiter ces questions d’une manière réelle, influente, efficace et, surtout, décisive.

    Qu’est ce qui détermine le Parti par rapport à l’organisation ?

    Ce n’est pas forcément une barrière si aisée à définir. Il est possible de faire une analogie avec la vie. Qu’est ce qui détermine ce qui est vivant de ce qui ne l’est pas ? Deux aspects.

    Un métabolisme et un matériel génétique. Le matériel génétique est la théorie, l’idéologie. Le métabolisme est la possibilité d’avoir une action positive, affirmative, vis-à-vis de l’environnement, d’avoir un ordre du jour qui ait un impact, qui puisse être autre chose que simplement répondre à la bourgeoisie, mais bien pouvoir avoir un propre programme.

    Avoir un métabolisme sans théorie revient à faire régner l’opportunisme, mais disposer d’un matériel théorique sans métabolisme et se contenter de cela, c’est rester au stade viral de la vie, une vie parasitaire. C’est dépendre de la bourgeoisie ou d’autres organisations pour exister et cela revient également au fait de n’avoir qu’une action incantatoire dans la lutte des classes.

    Or, un parti pour exister, doit disposer des ramifications, de liens avec les masses, mais également de la possibilité d’agir de manière opérationnelle et indépendante de la bourgeoisie, de disposer de ses forces propres, de disposer de ses moyens propres, et d’avoir la capacité de pour mettre en œuvre un certain nombre de dispositifs. Un Parti se définit donc par son contenu idéologique, mais également par les dispositifs opérationnels qu’il peut mettre en place. »

    Ce qui nous ramène à ceux et celles qui ont proclamé la fin du processus de construction, la fin du travail de rassemblement et d’unification. Nous avons du respect pour leur travail, mais cela ne nous empêche pas de penser qu’il est prématuré. Nos expériences personnelles, bien avant la fondation de l’UCL, nous ont amené à rencontrer un grand nombre de cas de figure de ce type, dans lesquels, finalement, il est possible de retrouver un certain nombre de constantes.

    « Au sein de ces organisations qui fonctionnement comme des partis en miniature avec leurs bureaux, leurs secrétariats, la théorie et l’idéologie sont proclamées comme étant des vérités. C’est la foi qui règne, car elles n’ont pas la masse critique pour faire le travail de démonstration scientifique. L’adhésion est sur la base d’un corpus de textes et d’auteurs et de vérités indémontrables scientifiquement parlant. Leur relation aux masses n’est que par l’incantation.

    La compréhension de l’étape du parti est, au mieux, comptable, mais n’est pas le fruit d’un bond qualitatif. On ne saurait améliorer ce qui est parfait. Le bureau de ces organisations se vit en permanence comme étant dans un état de siège idéologique, comme voyant toute autre ligne comme une déviation révisionniste incorrigible.

    La progression dans la maîtrise idéologique, dans ces organisations, se fait selon la recette de la scolastique. Militants et militants acquièrent et répètent à l’infini les préceptes érigés par leur direction comme une vérité absolue et immuable. Cette connaissance universitaire ravale, de plus, le marxisme au rang de fétiche et non de guide pour l’action.

    Trois conséquences directes : d’une part, les autres organisations sont ignorées ou considérées comme hérétiques. L’unification ne peut se faire, de fait, car la foi parfaite ne peut trouver de terrain d’entente, ne peut évoluer, ne peut être débattue. Le un se divise en deux est ainsi employé comme excuse pour rejeter toute évolution de manière préemptive.

    Deuxième conséquence, elles ne peuvent organiser la classe ouvrière, du fait d’une exigence de connaissance universitaire de la théorie. Exigeant la perfection, elles se retranchent derrière sas après sas pour filtrer les entrées.

    La troisième conséquence est que les mots d’ordres ne correspondent par à la réalité sociale, à la situation politique ou au niveau de conscience des masses. Ces organisations s’adressent à la petite bourgeoisie radicale, mais ne peuvent parler aux prolétaires »

    Nous ne pensons pas que le processus soit terminé, nous pensons que ces organisations se trompent dans la « recette » du Parti, tout comme dans le fait de savoir ce qui sera le centre de celui-ci.

    Nous ne croyons pas que nous soyons le centre de gravité. Nous ne pensons par que c’est par accrétion autour de nous, par absorption-intégration, que nous grandirons. Nous pensons que c’est au contraire par le fait que cela ne peut se faire qu’autour d’une fusion qui liquidera les anciens cadres organisationnels pour en créer de nouveaux, communs et uniques.

    Notre participation récente à l’ICOR, tout comme le travail que nous faisons au niveau national découle de ces constats. Nous ne connaissons pas toutes les organisations participant à cette coordination internationale. Nous n’avons pas tout lu ni statué sur l’intégralité des prises de position qu’elles ont pu avoir au présent comme par le passé.

    Nous pouvons certainement trouver des désaccords à formuler. Cela ne représente aucune difficulté. Nous sommes certains que si nous voulons trouver des alibis au fait de rester en dehors de cette coordination, nous pourrions sans peine en trouver. Nous pourrions rester, ainsi, à couver notre vérité pure et parfaite sans jamais la confronter à d’autres, sans jamais tenter de la prouver, de la démontrer et de la défendre. Nous pourrions être satisfaits de notre grandeur et regarder avec condescendance toutes les forces politiques qui nous entourent, nationalement et internationalement.

    Ou nous pouvons partir du principe que nous ne faisons pas de procès d’intention aux organisations membres de cette coordination. Nous pouvons partir du principe de cesser cette politique de défiance et de méfiance et partir du principe que nous nous adressons avant tout à des camarades communistes qui cherchent à travailler à la même chose que nous. Nous pouvons partir du principe que les critiques que nous pouvons formuler ne sont pas là pour justifier un isolement et un désengagement, mais qu’elles sont des pierres à apporter à l’expérience commune d’organisations politiques qui cherchent à bâtir une unité internationale. Nous pouvons partir du principe que nous serons écrasés par un moule normatif ou que nous participons ensemble à construire un outil qui peut nous permettre de remporter des victoires et de disposer d’un espace de recherche et de débat prolétarien permettant d’affûter notre idéologie et ses applications concrètes.

    « Paradoxalement, la grande connaissance de l’histoire des partis communistes leur fait perdre de vue la véritable manière dont ils ont fonctionné. De cette histoire, on ne retient que les scissions, que les conflits internes, que les purges, mais pas les principes de fonctionnement du Parti. Surtout le fait que l’adhésion idéologique n’était pas la base, mais bien l’adhésion politique. Il existe, par ailleurs, une tendance à pratiquer un raisonnement téléologique chez les militants et militantes. Il s’agit de ce que nous avons analysé de notre propre pratique et de nos erreurs. Cette tendance pousse à surestimer constamment les difficultés et à fonctionner sur le mode de l’imputation et du procès d’intention.

    A nos yeux, la ligne la plus importante est celle qui constitue la dictature du prolétariat. Pourquoi ? Car elle contient en germe toutes les autres questions. La forme de l’organisation, pour l’instaurer, sa discipline, pour réussir, mais également la forme souhaitée du pouvoir une fois la victoire obtenue. Les adhérents, pour être admissibles, n’ont pas besoin même de formuler ce concept selon l’expression consacrée, mais simplement d’en comprendre les tenants et les aboutissants, pour ne pas rester sur un rejet sémantique.

    Exposer cette problématique n’est pas suffisant en soi, car cette tendance est omniprésente. Nous l’avons vécu dans les processus d’unification, qui ont tous été voués à l’échec. Il faut prendre des risques, oser avancer, oser s’unifier. Quitte à perdre ce que nous avons construit, car, sans cela, cette construction est vaine et sans objet.

    D’un point de vue pratique nous défendons le fait de proposer une rencontre de l’ensemble des organisations qui se revendiquent de la dictature du prolétariat pour qu’existe une reconnaissance mutuelle des organisations les unes vers les autres. D’autre part nous souhaitons développer des cadres de débat pour permettre d’avoir un travail de discussion politique qui soit transorganisationel. »

    Notre organisation proposera bientôt ces cadres. Elle proposera largement aux communistes de s’y associer dans le but d’avancer en commun dans la construction d’une organisation qui permette de répondre aux besoins de la classe ouvrière, des exploités, des opprimés.

    Nous savons que ce genre de processus est effrayant pour ceux qui s’arc boutent sur leur minuscule royaume. La peur d’être inaudible, la peur d’être entraîné dans quelque chose de médiocre. Peut-être notre « immense sagesse » ne sera t-elle pas reconnue au premier jour, peut-être nous faudra t-il faire la preuve de celle-ci. Devons-nous le redouter ? Tant que le cadre de débat reste ouvert et qu’il permet que les positions évoluent, s’affinent, se décantent, non. Peut-être découvrirons-nous que nous avons tort. Dans tout les cas, soit nos forces et nos organisations doivent être risquées dans un processus qui permette d’avancer idéologiquement et organisationnellement, soit elles n’ont strictement aucun intérêt. Autant les démanteler et renoncer. Nous ne finirions que comme ces « navigateurs en solitaire du léninisme », inorganisables, ingérables, inutiles à toute lutte et toute cause.

    En dernière instance, mieux vaut être dans un parti qui puisse courir le risque d’être, à un moment, tactiquement dans le faux que de rester seuls à végéter, contemplatif de la lutte des classes qui se déroule sans nous. Si nous ne franchissons pas ce pas, nous continuerons d’être des spectateurs. Même si nous échouons, nous en apprendrons plus pour mieux avancer que si nous ne faisons rien.

    Les Gilets Jaunes nous donnent une leçon de vie et une leçon de politique. Leur mouvement est une démonstration salutaire qui nous renvoie à nos manques. D’une part, vers les travers du milieu militant : le fait qu’il ait capitulé pour rester un entre-soi, le sectarisme et le mépris de classe…

    D’autre part vers les schémas préconçus et préétablis d’organisations routinières, incapables de saisir la réalité de la lutte des classes actuelle. Vers les croyances en un incontournable cursus honorum de la lutte, au travers des syndicats, des organisations politiques, des collectifs et des partis. Pourtant, c’est le réformisme, le clientélisme, la perte de combativité tactique et stratégique qui explique ce débordement.

    En dernière instance, cette mobilisation nous ramène à notre propre incapacité à avancer de manière sérieuse, rigoureuse, déterminée, vers le fait de construire l’outil l’arme du combat, l’outil de la révolution, le Parti Communiste Révolutionnaire.

    L’image que reflète le miroir de la lutte des Gilets Jaunes n’est pas particulièrement agréable à regarder. Mais il n’est d’aucune utilité de s’en prendre au reflet ou à le croire déformant. Il n’y en a qu’à grandir pour se hisser à la hauteur de la tâche qui nous incombe.

  • Le mouvement des Gilets Jaunes : S’adresser à toutes et tous – Partie 5

    Le mouvement des Gilets Jaunes : S’adresser à toutes et tous – Partie 5

    S’adresser à toutes et tous.

    Partie 5

    Nous devons nous adresser à toutes et tous.

    Nous savons que beaucoup d’individus sont hostiles au communisme. C’est un fait logique. L’anticommunisme institutionnel nourrit les esprits de tout un bric-à-brac de thèses fausses, d’inventions, de récits horrifiants sur le communisme. Cela contribue à créer des associations dans l’esprit d’une large partie des masses.

    Nous devons lutter contre ces mensonges, lutter contre les thèses fausses, lutter contre le révisionnisme, et lutter contre des idéologies anti-communistes « de gauche », promues par la bourgeoisie comme des versions « acceptables » du léninisme.

    Nous devons le faire sur le fond. Nous ne devons jamais y renoncer.

    Mais nous ne pouvons pas faire de cette explication de fond un préalable à tout ralliement. Nous ne devons pas attendre d’un mouvement de masse qu’il marche parfaitement dans le sentier tracé par la synthèse de l’expérience du mouvement communiste. Reprocher aux gilets jaunes de ne pas porter des revendications communistes est un reproche stupide. Sans communistes, pas de mouvement communiste.

    Nous devons mener un travail de diffusion de nos idées, de nos conceptions, de notre science marxiste-léniniste. Mais nous devons fonder la base de notre ralliement sur notre ligne et nos mots d’ordre. Nous fondons le ralliement que nous opérons en premier lieu sur une base politique et non idéologique.

    Il ne faut pas cacher notre engagement, il ne faut pas cacher notre drapeau. Il ne faut pas couper dans le jeu d’une certaine défiance envers l’organisation. Il nous faut l’expliquer.

    Ce qui peut transformer une absence en un succès, c’est la capacité à pouvoir définir une ligne politique et des mots d’ordres qui sont adaptés. Or, des mots d’ordres intemporels, valable en tout temps et tout moments ne sont pas des bons mots d’ordres. Ce sont des maximes, des incantations, des fétiches. Aujourd’hui, le mot d’ordre de grève générale est un mot d’ordre faux. Il est lancé en l’air alors que les syndicats ne sont pas dans la lutte, alors que les directions ont freiné des quatre fers, alors -surtout- que ce mot d’ordre reste politiquement en deçà de ce qui émerge aujourd’hui dans le mouvement des Gilets Jaunes. Notamment, comme mentionné dans la partie précédente, autour de la question du RIC.

    Nous considérons que le mot d’ordre qui s’applique immédiatement et qui correspond à la phase actuelle du mouvement des Gilets Jaunes est celui de « créer des assemblées » et celui de « poser la question du régime ». Peut-être, après les fêtes de fin d’année, ce mot d’ordre ne sera plus à l’ordre du jour si le mouvement s’effondre, et reflue. Alors nous devrons élaborer un autre mot d’ordre, qui serait probablement « organisons-nous pour contrer le reflux ». Cette question du reflux est abordée plus en détail à la fin de cette brochure.

    Nous faisons le choix de nous adresser à tout le monde. A toutes les catégories sociales qui composent la société, y compris à celles qui nous sont hostiles. Nous nous inspirons en cela de la politique menée par le Parti Communiste dans les années 30.

    L’extrême-droite tente d’instiller son poison dans les esprits en se nourrissant de peurs réelles, du vécu de la population. La peur de la violence, la peur de l’insécurité, la peur du déclassement social. Cet effroi est réel car il correspond à des menaces réelles sur l’existence des individus. La colère, le rejet des institutions, du « système », est réel dans la population. Il fait partie d’un sentiment diffus d’avoir en face de soi un Etat monstrueux, omnipotent, sur lequel il n’existe aucune prise.

    Tout comme l’isolement des pèlerins dans l’hiver a mené aux procès de sorcellerie de Salem, les fascistes utilisent un argument de l’encerclement, de l’isolement. La propagande fasciste ne parle qu’à l’individu, qu’à l’atome, qu’à l’isolé, passif, devant son écran, en lui fournissant un sens à ce qu’il vit, à sa révolte. Un sens nourri par toutes les conceptions réactionnaires qui flottent dans la société.

    Nous nous adressons à toutes et tous en tant que membre d’une classe. En tant que composants et composantes d’une société. Et nos réponses visent à expliquer que la réaction n’a pour objectif qu’une permutation des valets des maîtres, des oppresseurs, des exploiteurs et exploiteuses. La solution n’est pas dans l’affermissement du pouvoir bourgeois, dans le renforcement de son ordre, mais au contraire, dans sa disparition.

    Bien sûr, nous nous adressons -bien que, en deux ans d’existence, notre expérience reste lacunaire- en priorité, dans nos tracts, dans nos discours, aux ouvriers et aux ouvriers agricoles, ainsi qu’a la jeunesse, particulièrement populaire. Ce n’est pas suffisant encore et il nous reste un travail immense à accomplir.

    Mais nous devons parler à tous.

    Thorez, en 1936, écrivait ceci dans son discours de la « main tendue ».

    « Nous avons œuvré à l’unité entre les travailleurs des villes et des champs, entre les travailleurs manuels et intellectuels. Nous sommes heureux d’avoir propagé l’idée du Front populaire du travail de la liberté et de la paix, et de collaborer loyalement à une action commune avec les radicaux, les républicains et les démocrates. Nous avons travaillé à l’union de la jeunesse de France.

    Et maintenant, nous travaillons à l’union de la nation française contre les 200 familles et leurs mercenaires. Nous travaillons à la véritable réconciliation du peuple de France.

    Nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques, parce que tu es notre frère et que tu es comme nous, accablé par les mêmes soucis.

    Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu Croix-de-Feu, parce que tu es un fils de notre peuple que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux comme nous éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe.

    Nous sommes le grand Parti communiste, aux militants dévoués et pauvres, dont les noms n’ont jamais été mêlés à aucun scandale et que la corruption ne peut atteindre.

    Nous sommes les partisans du plus pur et du plus noble idéal que puissent se proposer les hommes. »

    Même si le PC puis le PCF ont commis un grand nombre d’erreurs de droite par la suite, jusqu’à franchir la ligne rouge qui sépare le révolutionnaire du réformiste, nous ne pouvons que considérer ce discours comme juste.

    Nous considérons que notre organisation ne doit pas être qu’une organisation de communistes parlant aux communistes, prêchant les convaincus. Elle doit travailler à être une organisation dont la ligne soit un point de référence pour les communistes et pour la très large masse de sans-partis.

    La présence de fractions de la petite-bourgeoisie au sein du mouvement des Gilets Jaunes ainsi, pose des questions. Cela a été utilisé à plusieurs reprises comme alibi pour justifier une non-participation. Dans l’esprit de ceux et ce celles qui ont employé cette justification, le mouvement devait être 100% prolétarien ou ne pas être.

    Autant dire que ceux et celles qui s’accrochent à cette thèse ne sont pas près de participer à quoique ce soit. Or, la petite bourgeoisie, bien que ne formant pas le nœud focal, est-elle à rallier ou est-elle à combattre ? Doit-on la laisser se jeter dans les mains de la réaction ?

    Lorsque la propagande bourgeoise met en avant les souffrances d’une partie de la petite-bourgeoisie, elle se base, elle aussi sur des faits et sur une certaine réalité. Oui, il existe une réalité des souffrances de la petite bourgeoisie, qu’elle soit intellectuelle, qu’elle soit commerçante ou industrielle par ailleurs.

    Les difficultés des enseignants et enseignantes sont bien connues, tout comme celles, en général, d’une petite bourgeoisie employée par l’Etat. Mais celle que peuvent connaître d’autres secteurs de cette couche sociale petite-bourgeoise le sont moins.

    Les horaires infernaux, les difficultés financières, l’étranglement par les dettes concourent à mettre la petite bourgeoisie en difficulté. La rhétorique avancée par les bourgeois est celle de dire que cela provient du coût du travail trop élevé, qu’il faut baisser les salaires.

    Dans cette ère de concentration massive du capital et des richesses en un très faible nombre de mains, la petite bourgeoisie elle-même est prise dans un étau. Et pour cause ! Le petit commerce, le petit patronat, le petit artisanat ne peut s’implanter que dans des espaces qui ne dégagent pas un taux de profit suffisant pour intéresser les grands capitalistes. Cette petite-bourgeoisie croit sincèrement être indépendante et libre, alors qu’elle n’est qu’en sursis constant. Si leur segment de marché devient invivable, dès la moindre crise, ses membres se retrouvent prisonniers des dettes envers les banques.

    Et si le segment de marché sur lequel elle travaille devient, au contraire, florissant, si les taux de profits décollent, des rapaces autrement plus grands et plus puissants s’empresseront de le prendre, notamment par la guerre commerciale.

    Elle se tourne alors vers la variable sur laquelle elle peut agir : le capital variable. Muriel Pénicaud, ministre du travail, s’était exprimée sur le sujet en indiquant que le SMIC et les charges sociales étaient trop élevé pour permettre aux petits patrons et aux petites patronnes d’embaucher. Si la mobilisation réactionnaire autour de cette question triomphe, elle ne réglera rien pour la petite bourgeoisie, au contraire.

    Elle favorisera encore davantage les taux de profit des plus grands capitalistes et leur permettra de rendre intéressants à leurs yeux des segments de marché détenus par la petite bourgeoisie.

    Les fascistes et une certaine partie de la gauche réformiste sont porteurs d’une thèse réactionnaire et rétrograde. Dans leurs explications, ce serait une déviation du capitalisme, désormais financier et non plus industriel. Pour les uns comme pour les autres, il faudrait « contrôler » le capitalisme, le « moraliser ». Les uns et les autres veulent bien concéder l’existence d’une oligarchie, supposée néfaste, mais sans jamais poser la question de classe.

    Chez les fascistes, cela passe par l’organisation dans des corporations, qui doivent subordonner les intérêts des capitalistes à un hypothétique et hypocrite « intérêt suprême de la nation ». Ils s’appuient en cela sur les « bons capitalistes », les « bons patrons », le patriotisme économique.

    Chez les réformistes, cela passerait par le fait de faire passer des lois et des règlements stricts que les capitalistes seraient enclins à suivre sans mot dire.

    Dans un cas comme dans l’autre, cela revient à bien mal connaître la nature du capitalisme. De comprendre sa génétique interne. De comprendre le fait que les capitalistes tendent vers la recherche de profits toujours plus grands, toujours plus importants. Croire que les profits de l’industrie puissent suffir aux capitalistes, alors que leur tendent les bras ceux de -encore plus énormes- de la spéculation, revient à ne pas comprendre le fonctionnement basique de l’économie capitaliste.

    Croire que la bourgeoisie ne cherchera pas à imposer son ordre -par tous les moyens- et à s’affranchir à tout prix des règlements et des entraves, revient à agir en naïf et à ne pas retenir les leçons de l’histoire. C’est croire que la bourgeoisie accepte de se laisser dicter sa loi, alors qu’elle ne reconnaît que celle du profit. C’est croire qu’elle renoncera à ses prétentions sur le marché international, à la possibilité de se goinfrer démesurément des richesses du monde. Qui plus est, et c’est intolérable à ses yeux, cela reviendrait à laisser la place aux autres bourgeoisies.

    Mais la bourgeoisie n’a d’autre choix : grandir ou être constamment sous la menace d’être broyée. Décapiter une « oligarchie », si tant est que cela soit possible sans révolution socialiste, cela ne signifierait qu’ouvrir la possibilité pour d’autres d’occuper la place au soleil.

    La petite bourgeoisie est entre le marteau et l’enclume. Et si elle veut ne plus être constamment menacée par la pauvreté, par les dettes, par le déclassement, son intérêt objectif est celui de la victoire du camp du peuple. Même si elle n’en a pas conscience,il s’agit là d’un fait. Elle ne forme pas un contingent fiable, par sa nature de classe, vacillante, mais il est très important de la neutraliser. 

    Lénine écrivait : « Supprimer les classes, ce n’est pas seulement chasser les grands propriétaires fonciers et les capitalistes, – ce qui nous a été relativement facile, – c’est aussi supprimer les petits producteurs de marchandises ; or, ceux-ci on ne peut pas les chasser, on ne peut pas les écraser, il faut faire bon ménage avec eux. »

    Nous ne sommes pas encore dans une situation de construction du socialisme, où les résidus de la petite bourgeoisie, menacés dans leurs intérêts de classe, se dresse contre la transformation de la société. A l’heure actuelle, elle aussi subit des formes d’exploitation et s’exploite également elle-même.

    Notre conception n’est pas de brider la roue de l’histoire, ni de la faire tourner à l’envers. Ce n’est pas de revenir à la petite production, qui créé d’ailleurs les bases du capitalisme, mais au contraire de nous tourner vers le socialisme, qui implique la socialisation de la production mais également de la propriété réelle de ceux-ci. De dépasser le capitalisme en faisant mieux, en produisant mieux, en répondant mieux aux besoins des masses, non se réfugiant dans une petite production, inefficace et génératrice de gaspillage.

    Une grande partie du prolétariat est nourri à l’idée qu’il pourra également, un jour, devenir petit bourgeois. C’est une des victoires de l’idéologie bourgeoise. Nous devons être capables de répondre à cela.

    Nous devons être capables d’expliquer pourquoi les inquiétudes, les angoisses, les peurs qui touchent autant les prolétaires que la petite bourgeoisie trouvent leur résolution dans la victoire du socialisme. Nous devons être capables de répondre aux accusations des idéologues anti-communistes quant à notre programme, que ce soit au niveau de l’organisation économique de la société, de la politique fiscale, de la politique intérieure, de la démocratie ou de l’accès aux biens de consommation.

    Nous devons même être capable de nous adresser à nos ennemis, aux forces de répression, appuyer les sentiments qui peuvent exister chez eux de doute ou d’abattement. Non pas pour, comme certains syndicats, organiser leurs luttes pour plus de moyens de réprimer, comme l’a fait FO-Police. Notre objectif n’est pas de flatter le corporatisme des forces de répression, mais bien pour pousser ceux qui mettent en doute le bien fondé de leurs ordres à prendre leurs dispositions et à refuser de les mettre en action, d’entraver et de dénoncer leur application, mais également de quitter leurs fonctions.

    C’est un tâche complexe, d’autant plus dans un Etat impérialiste, qui tire des subsides immenses de l’assujettissement de colonies et de néo-colonies, mais qu’il nous faut être capable de faire.

    Nous ne pensons pas que nous puissions le faire seuls, que notre organisation ne suffit pas. Nous pensons qu’il nous faut travailler à un meilleur outil.

  • Le mouvement des Gilets Jaunes : Nos tâches en tant que communistes – Partie 4

    Le mouvement des Gilets Jaunes : Nos tâches en tant que communistes – Partie 4

    Nos tâches en tant que communiste.

    Partie 4

    Politiser la lutte.

    « Les masses sont les véritables héros, alors que nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. » La lutte menée par les Gilets Jaunes confirme ce que pouvait, alors, écrire Mao. La lutte sociale d’ampleur, menée sans relâche, a été un choc pour une grande bourgeoisie habituée à pouvoir imposer ses décisions et ne tenant plus compte des luttes. Cette lame de fond a balayé la poussière qui s’était déposée sur un milieu militant engoncé dans des habitudes et des schémas préétablis.

    Dans de nombreux pays, cette mobilisation est scrutée par les organisations politiques progressistes et révolutionnaires. Elle est imitée par les masses en colère. Elle est contagieuse partout où la crise économique mondiale a semé ses ravages.

    « Les masses sont les véritables héros », mais nous avons un rôle à jouer. Contrairement à ce que nous avons pu lire, la spontanéité existe. Le spontanéisme aussi de facto. Mais cela ne suffit pas. Les organisations politiques communistes -à défaut de Parti- ont des tâches à accomplir.Même seules, les masses populaires en mouvement sont capable de grandes choses. Elles sont capables de mettre en échec les exploiteurs, de lutter contre eux, de définir un cap. Mais tout n’est pas possible.

    La confrontation avec l’exploitation, avec la bourgeoisie, avec la répression et avec le mépris social forgent les consciences. Ces conflits les aiguisent. Ces vexations, ce rejet de la misère pousse à chercher des issues et à vouloir arpenter les voies qui permettent de les emprunter.

    Seulement, la bourgeoisie au pouvoir n’est pas dupe et les entrave, sème la confusion, le chaos, la dispersion, la haine -par le truchement de l’extrême-droite- au sein des masses en lutte. Les tâches des Partis Révolutionnaires sont d’apporter la ligne politique qui permet de triompher de ces obstacles, de les balayer et de permettre au mouvement de lutte de progresser et d’avancer toujours en direction de la victoire.

    De même la direction émergent spontanément du mouvement, ses têtes visibles, sont bien souvent des éléments petits-bourgeois, radicaux, certes, mais présentant les travers typiques de la petite bourgeoisie. Voilà ce qu’en disait Lénine :

    « Ils entourent de tous côtés le prolétariat d’une ambiance petite-bourgeoise, ils l’en pénètrent, ils l’en corrompent, ils suscitent constamment au sein du prolétariat des récidives de défauts propres à la petite bourgeoisie : manque de caractère, dispersion, individualisme, passage de l’enthousiasme à l’abattement. »

    Lénine, pour apporter une réponse à ce problème, pose la question de l’organisation politique et de son rôle primordial pour mener les luttes jusqu’au bout tout comme pour la transformation de la société.

    « Pour y résister, pour permettre au prolétariat d’exercer comme il se doit, avec succès et victorieusement, son rôle d’organisateur (qui est son rôle principal), le parti politique du prolétariat doit faire régner dans son sein une centralisation et une discipline rigoureuse. »

    Nous n’en sommes pas là, ces tâches ne sont pas réalisables à l’heure actuelle par nos forces seules. Mais nous devons tendre vers elles, avancer dans la possibilité de rallier, dans le flux et surtout dans le reflux, les forces qui constitueront l’ossature et la musculature d’un futur parti révolutionnaire.

    À l’heure actuelle le mouvement communiste en France n’est pas parvenu à s’imposer où que ce soit dans le mouvement comme une force dirigeante. Il n’est pas parvenu à apparaître comme une composante importante du mouvement des Gilets Jaunes, comme une force capable d’impulser une ligne et une direction. Il existe un grand nombre de raisons à cela telle que la dispersion des forces, la faiblesse générale du mouvement… Mais il n’est pas possible de se retrancher derrière ces faits en les déclarant insurmontables. Surtout, leur nature « technique » ne peut pas camoufler leurs racines, qui elles sont politiques.

    Il existe une grande confusion dans les conceptions stratégiques défendues par les organisations communistes. Certaines -comme mentionné dans les premières parties de la brochure- tendent à penser même que les exploités ne les « méritent pas ». Que le peuple n’est pas digne de leur science et de leur savoir parfait. Nous ne pouvons pas nous placer à l’extérieur de celui-ci, prendre une attitude en surplomb, nous contentant de critiques et de conseils lancés au loin. « Il faut » que les masses les rejoignent, « il faut » qu’elles changent et qu’elles « grandissent ».

    Le désarroi idéologique est tel que fondamentalement ils et elles ont oublié à quoi servent les organisations politiques, les syndicats, les partis. A leurs yeux, l’appareil est tout, le mouvement de masse n’est rien. Leurs organisations ont « besoin » des masses uniquement dans le sens où elles sont une greffe artificielle qui désespère de prendre.

    Nous pensons quant à nous que notre organisation existe pour une seule et bonne raisons : Servir le peuple. Elle n’a pas « besoin » des masses. Elle répond à leurs besoins, à leur exigence de liberté contre l’oppression et contre l’exploitation. C’est sa raison d’être. C’est la raison d’être du Parti que nous voulons construire.

    Le constat d’insuffisance, à l’heure actuelle, est pour nous, comme pour tous les communistes sincères, insupportable. Seules des sectes n’ayant d’autres désirs que de rester des sectes peuvent se contenter de cela. C’est pour cela que la question du Parti est primordiale à nos yeux.

    C’est également pour cela que nous enjoignons ceux et celles qui ne veulent pas attendre que la révolution arrive, mais qui veulent en être les artisans à collaborer avec nous en France, dans ses colonies et néo-colonies comme à l’international. Il s’agit du sens principal de l’alliance révolutionnaire que nous serons amenés à proposer conjointement avec nos camarades de l’UPML.

    Dans l’intervalle, l’action que nous avons menée et que nous menons dans la lutte a été sur plusieurs plans.

    L’Unité Communiste de Lyon considère qu’une des clés de la possibilité d’avoir un rôle effectif est dans le fait de créer les instances de débat et de prises de décision démocratiques. À Lyon, l’Unité a travaillé à l’impulsion d’assemblées populaires. Ces espaces ont permis de rompre en partie la fragmentation du mouvement des Gilets Jaunes, localement, mais également d’abattre des cloisons vis-à-vis des autres luttes.Ceux et celles qui luttent dans les lycées, dans les universités ou dans les usines ont pu prendre la parole. Ces paroles communes ont permis d’initier un creuset dans lequel peut se fondre les luttes.

    Pour nous, ces instances sont autant des lieux qui peuvent permettre à la lutte de se doter d’une direction démocratiquement déterminée, mandatée et contrôlée, mais également nouer des ponts, des passerelles, des coordinations entre les assemblées des différents lieux.

    Certains et certaines ont redouté le fait que les discours et les prises de parole soient empreints d’idées réactionnaires, conspirationnistes, fascistes. Il s’agit d’une question que tout militant et toute militante communiste peut se poser. Mais dans les faits, les militants et militantes fascistes ne sont pas venus. Qu’auraient-ils eut à dire ? Rien qui ne puisse être battu. Quant aux idées et conceptions fausse, il y en a eu. Mais nous ne devons pas les redouter. Nous devons au contraire les écouter, comprendre d’où elles proviennent et y répondre. Mais nous de devons jamais redouter la parole des masses.

    Certains la redoutent tant qu’ils imposent un contrôle bureaucratique des assemblées et des mouvements, refusant toute présence d’autres forces politiques, refusant même que la parole des participants s’écarte un tant soi peu de la ligne définie par leur organisation. En avançant ainsi, ils n’ont suscité que la frustration, la colère et le rejet.

    D’autres se sont cachés. Ils se sont mués en sous-marins opportunistes, essayant de prendre des positions clé pour imposer par la suite leur propre ordre du jour, niant les propres règles démocratiques proposées par les assemblées.

    Nous mêmes, militants et militantes de l’Unité Communiste de Lyon, nous avons pris la parole. Car dans ces instances du débat démocratique se trouve un lieu central pour exposer notre ligne, exposer nos conceptions. S’appuyer sur ce que peuvent exprimer ceux et celles qui prennent la parole et apporter une synthèse politique.

    Nous considérons que nous devons appliquer une ligne de masse. Mao la définit ainsi :

    « Dans toute activité pratique de notre Parti, une direction juste doit se fonder sur le principe suivant : partir des masses pour retourner aux masses.

    Cela signifie qu’il faut recueillir les idées des masses (qui sont dispersées, non systématiques), les concentrer (en idées généralisées et systématisées, après étude), puis aller de nouveau dans les masses pour les diffuser et les expliquer, faire en sorte que les masses les assimilent, y adhèrent fermement et les traduisent en action, et vérifier dans l’action même des masses la justesse de ces idées.

    Puis, il faut encore une fois concentrer les idées des masses et leur retransmettre pour qu’elles soient mises résolument en pratique. Et le même processus se poursuivra indéfiniment, ces idées devenant toujours plus justes, plus vivantes et plus riches. »

    Cela nous démarque du suivisme, qui consiste à accepter en bloc toutes les conceptions au sein des masses, y compris les plus réactionnaires, et à renoncer à toute impulsion de direction. Nous ne nous cachons pas, ni ne cachons nos opinions.

    Cela nous démarque aussi de la conception autoritariste portée par certains, qui ont, par exemple, ouvert sans retenue le feu sur le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) pour le démolir. Mao écrivait à ce sujet :

    « Dans tout travail, l’autoritarisme est une erreur, car il dépasse le niveau de conscience des masses et viole le principe de libre adhésion ; c’est une manifestation de ce mal qu’on appelle précipitation.

    Nos camarades ne doivent pas croire que tout ce qu’ils comprennent, les larges masses le comprennent également. Seule une enquête effectuée parmi les masses permet de s’assurer si elles ont compris telle ou telle idée, si elles sont prêtes à passer à l’action. »

    L’exemple du RIC est typique. Le RIC quelque chose que nous, communistes, comprenons comme réformiste et insuffisant. Nous voyons toutes les entraves et les impasses que contient cette solution fausse. Pour beaucoup d’entre nous, il faut donc la dénoncer et la combattre. C’est stratégiquement vrai. Mais il ne suffit pas d’avoir stratégiquement raison pour gagner. Il faut avoir raison dans la tactique et raison dans l’opérationnel.

    Nous, au sens du mouvement communiste présent en France, raisonnons trop souvent téléologiquement. Nous voyons immédiatement l’aboutissement final auquel mène telle ou telle position. La moindre faille nous paraît dès lors intolérable et insupportable. Nous ne pouvons-nous empêcher de vouloir la colmater.

    Or parfois, cette bonne volonté devient contre-productive. Dans nombre de publications, nous avons vu une levée de bouclier se faire contre le RIC. Mais peu ont compris le sens éminemment positif qu’a cette revendication dans l’esprit des masses. De ce qu’il représente pour elles et non de son sens objectif. Clausewitz, dans sa grande sagesse, avait coutume d’écrire que le subjectif est parfois plus objectif que l’objectif, dans le sens où il intègre des paramètres qui ne sont pas quantifiables, tels que les facteurs moraux.

    Dans un sens, dans la situation actuelle, nous nous retrouvons face à cela. Le RIC en lui-même est une impasse, mais il soulève une question sous-jacente fondamentale. Ce n’est pas encore la question du pouvoir, mais déjà celle du régime politique dans lequel nous sommes : celui d’une fausse démocratie, réelle dictature des marchés et de la haute bourgeoisie.

    Le fait que la question du RIC devienne chaque fois davantage plus hégémonique illustre une nature bien trop mal comprise du mouvement des Gilets Jaunes : sa nature politique, nettement plus radicale et subversive que celle de la très grande majorité des mouvements de ces dernières décennies. Et pour cause, les grandes luttes sont restées sur le terrain de l’économisme, des revendications salariales, des revendications au sein des entreprises ou de l’Etat en tant qu’employeur. D’ailleurs plusieurs communiqués d’organisations politiques ont appelé -en somme- à les maintenir dans ces cadres. Les seules issues politiques proposées au cours de ces mouvements restaient implicitement dans les cadres bien établis de la démocratie représentative et bourgeoise.

    Nous considérons que, en tant que communistes, en tant que militants politiques, notre tâche est d’impulser le fait que cette lutte se politise. Non en défendant platement le RIC en tant que tel, mais en prenant appui sur le caractère juste de ce qu’il représente aux yeux des masses populaire, aux yeux des exploités, comme contestation de la légitimité du régime et, plus en amont, du pouvoir.