Étiquette : fascisme

  • Le Brésil à la croisée des chemins. Partie 1

    Le Brésil à la croisée des chemins. Partie 1

    Le Brésil à la croisée des chemins.

    Partie 1

     

    Jair Bolsonaro a été élu. Le candidat d’extrême-droite, avec 56% des voix, accède aux fonctions suprêmes de la 9ème puissance mondiale et du 5ème Etat le plus peuplé du monde. Bolsonaro « Mito » -le Mythe- a désormais les coudées franches pour imposer son programme de terreur sur les masses populaires du Brésil.

    Cette élection était une formalité pour les fascistes. Le recours à la force avait été déjà envisagé -et annoncé publiquement- comme option en cas d’échec.

    Si, déjà en amont de l’élection, les partisans de Bolsonaro avaient commis des exactions, enivrés par l’hypothèse de la victoire, par les discours fiévreux et enflammés, dès l’annonce des résultats, une chape de plomb est tombée sur le Brésil.

    Les manifestations de colère et de dépit de la part des opposants au nouveau président ont été réprimés avec la plus grande virulence, tant par une police déchaînée que par des partisans du militaire, se muant en pogromistes de la pire espèce.

    Les seuls manifestants qui purent, au mépris de la loi, marcher dans les rues, furent les militaires eux-mêmes. A Niteroi, près de Rio, les militaires goguenards ont ainsi traversé la foule, juchés sur leurs camions, fusil d’assaut à la main.

    Aujourd’hui, les universités du Brésil sont sous tension. Leur nouveau ministre est un vieillard, militaire de carrière, ancien pilier de la dictature, à l’heure où ces lignes sont écrites, des professeurs sont interrogés par la police. Les favelas tremblent devant la certitude de voir des escadrons de la mort envahir les rues et semer les cadavres. Les femmes, les minorités sexuelles, les natifs, s’attendent à voir une pluie de lois réactionnaires et racistes tomber du ciel. Les progressistes, les révolutionnaires, les communistes se sont vus proposer un choix simple : la valise ou le cercueil. L’exil ou la tombe. Certains, certaines, qui, pourtant, sont en première ligne, ne se doutent de rien. Parmi la foule qui a applaudi l’élection se trouve une majorité de futures victimes.

    Le programme anti-populaire de Bolsonaro a pourtant séduit nombre de votants et de votantes. Logiquement, les milliardaires du football brésiliens, à qui il promet des taxes réduites, les marchés nationaux et internationaux, qui se ruent sur l’aubaine de pouvoir exploiter la main d’oeuvre du Brésil, dont le coût s’effondrera, et qui pourront faire la loi dans les entreprises.

    Et pour cause !

    Le plan économique de Bolsonaro repose sur trois piliers, qui ne sont jamais explicités dans le plan gouvernemental du candidat, mais indiquent la voie à suivre pour que « l’économie brésilienne soit gérée par le Brésil ».

    Les trois piliers sont la privatisation sans limites, la réduction des droits du travailleur (le portefeuille jaune), et l’indépendance de la Banque centrale du Brésil. Toutes ces politiques aggraveront la crise économique brésilienne, qui conduira au chaos dans les grandes villes et aura un impact négatif sur la vie des populations les plus vulnérables.

    En ce qui concerne les privatisations, elles reposent sur un néolibéralisme archaïque, il est envisagé de vendre toutes les participations de l’État brésilien dans des entreprises appartenant à l’État, notamment le système Eletrobras, Petrobras, etc. L’opinion qui prévaut est que la vente de participations dans des entreprises d’État suffira à atténuer considérablement le déficit budgétaire de l’État. Dans les faits, non seulement cette liquidation du patrimoine financier et des rentrées d’argents est une perte à moyen-terme, mais bien souvent, la gestion désastreuse qu’ont les capitalistes monopolistes de leurs entreprises oblige l’Etat à les porter à bout de bras.

    La liquidation est vendue comme une aubaine en termes de réductions de taxes et de transformation du salaire indirect en salaire direct, mais elle est -en vérité- une réduction salariale déguisée.

    En revanche, pour le capitalisme international cela est vu comme une occasion en or de conquérir de nouveaux marchés et de réaliser des investissements fructueux. Le Canada s’est ainsi réjouit de cette élection, tant elle ouvre des possibilités de développement dans le secteur des mines et du pétrole.

    Parmi les soutiens réactionnaires à Bolsonaro, nous retrouvons également les nostalgiques de la dictature militaire, les chauvins, les racistes, les « phobes » de tout poil et les misogynes…

    Mais d’autre part une grande partie des masses populaires s’est rallié à son panache. Il y a là matière à tirer des leçons importantes.

    Bolsorano, ou l’éternelle leçon d’histoire

    Chaque élection amenant un candidat ultra-réactionnaire au pouvoir entraîne systématiquement un torrent de réflexions oiseuses sur la « bêtise » des électeurs et des électrices. Avec condescendance, ceux qui ont glissé un bulletin fasciste dans l’urne sont vus comme des idiots, des imbéciles. Parfois ce sont des réflexions racistes qui sont ainsi avancées : Américains congénitalement dégénérés, Brésiliens incapables de comprendre la démocratie, Russes trop ignares ou manipulés….

    Chaque fois que nous nous sommes exprimés sur le sujet, nous avons essayé de tordre le coup à ces idées fausses et réactionnaires, elles aussi. Dans le cas du Brésil, il existe plusieurs facteurs qui expliquent cette trajectoire funeste.

    Bolsonaro n’est pas tombé du ciel. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel d’azur. Son élection est le fruit d’un processus de décantation étalé sur des années. Un processus qui se résume par la faillite de la sociale-démcoratie à faire face à la misère, à l’exploitation, à l’opression.

    D’autres paramètres existent : L’hystérie anticommuniste comme fond politique, hystérie nourrie par la quasi-intégralité des forces politiques, issue d’une longue tradition de lutte contre les révolutionnaires, laquelle a servi pour attaquer le PT. Dès 2016 et le coup d’Etat de Temer, un sourd Maccarthysme s’est installé, avec sa propagande, ses menaces, ses agressions.

    La situation au Venezuela a également été utilisée comme repoussoir et comme illustration de ce que le « communisme » pourrait donner. Nous reviendrons dessus pour que le tri soit fait entre le vrai et le faux.

    Les congrégations religieuses, notamment les évangélistes, très puissants, ont manoeuvré en faveur de Bolsonaro et de sa clique, dans le but d’obtenir des facilités fiscales, par conservatisme, par anticommunisme.

    Les milieux d’affaire ont offert une campagne dorée, étincellante, tandis que les réseaux sociaux, tout comme pour l’élection de Trump, ont été un point d’appui essentiel. En déversant des fakes news à tout va, en permettant de contacter chaque inscrit, ces biais ont été une arme redoutable.

    La mémoire de la dictature militaire de 1964-1985 est très faible chez les jeunes. L’historiographie dominante est, in fine, celle des militaires, qui parlent de « révolution démocratique » ou de « révolution rédemptrice » contre les maux que sont le communisme, l’athéisme, l’internationalisme. Cette « contre-révolution préventive » est murée dans le silence par la loi d’amnistie de 1979, laquelle a protégé une poignée d’opposants et l’intégralité des bourreaux.

    Tout comme le coup d’Etat de de Gaulle en 1958 pour la France, que celui de Krouchtchev en 1957, la dictature militaire a été effacée des mémoires populaires.

    Le point central demeure néanmoins la désespérance des masses populaires face à l’échec du réformisme, de la sociale-démocratie.

  • Solidarité avec le PML (RC)

    Solidarité avec le PML (RC)

    Solidarité avec le PML (RC) – Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction Communiste)

    Le Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction communiste) est une organisation membre de l’ICOR. Le parti a été à plusieurs reprises dans le viseur de l’Etat espagnol, de ses services secrets et de ses appareils de repression. Il a ainsi été interdit en 2016 durant plus d’un an, sous prétexte de soutenir le PKK et le YPG. Deux de ses locaux ont été ainsi fermés.

    Le 27 janvier, 13 militants et un ressortissant Kurde avaient été arrêtés. La semaine du 15 octobre,ils passent devant le tribunal. Nous invitons à les soutenir, notamment sur les réseaux sociaux, sous le #LibertadPMLRC et sur facebook en popularisant leur page

    Ici, vous pouvez également lire un dossier sur leur situation

    Contre la criminalisation des combattants communistes contre Daesh.

    Durant toute la semaine débutant le15 octobre, l’ensemble des militants du PML (RC) [Parti Marxiste Léniniste (Reconstruction Communiste), parti communiste présent dans l’Etat espagnol] passeront en jugement, et la solidarité internationale de certains de nos camarades peuvent leur valoir jusqu’à 9 ans de prison.

    L’opération Vallée menée contre le PML (RC) est en grande partie responsable de cette situation. Toute nos locaux ont été fermés et notre parti rendu illégal pendant plus d’un an.

    Les fondements de ce mouvement de répression sont basés sur le départ de deux de nos camarades pour le Rojava, ainsi que le fait qu’ils aient participé à un bataillon international, en continuité de la tradition brigadiste internationale, née de la solidarité internationale envers la lutte des travailleurs espagnols durant la guerre révolutionnaire nationale. Cependant, il a été démontré que les enquêtes de police qui ont déclenché ce procès aient commencées bien en amont de ce départ, en 2013. L’attaque de la justice ne vise pas tant, au final, la question de la Bridage Espagnole, mais sert à attaquer la direction du PML (RC), sans laquelle jamais ce départ n’aurait été possible.

    Le 27 janvier [2016] la participation à la solidarité internationale et antifasciste a été retenue comme charge contre les brigadistes. En revanche, des ultra-catholiques présents dans la même zone ont pu entrer et sortir de Syrie dans la moindre conséquence. Ce procès est, d’un autre côté, une attaque contre le mouvement révolutionnaire, car les accusations ne portent pas uniquementnt sur des faits (déjà falsifiés et construits de toutes pièces par la police) mais sur les principes révolutionnaires.

    Ce procès sera un procès politique dont le but est la destruction du jeune Parti Communiste qui fait ses premiers -mais fermes- pas. Aujourd’hui, le parti n’est pas interdit. Il n’est pas directement accusé en tant que tel, mais ses dirigeants sont attaqués pour obtenir sa dissolution. Ils ne le rendront que plus fort.

    Tous les individus qui se battent aux côtés des villageois et villageoises kurdes contre Daesh sont un exemple de solidarité. Ceux et celles qui sont partis sur un autre continent combattre le fascisme ne sont pas des terroristes, mais mènent la lutte pour la liberté. C’est pour cela que leur emprisonnement ne signifie rien d’autre qu’une injustice, tandis que la bourgeoisie corrompue et leur politique transforment le pays en ruines et sont absous. Nous appelons tous ceux et celles qui le peuvent, de loin, à soutenir par internet, par le soutien économique, par la publicité autour de cette affaire, ou, de près, à être présents au meeting qui aura lieu en prévision et à l’issue du procès, le 15 octobre.

    Daesh a pu être chassé par les habitants et habitantes kurdes, main dans la main avec les révolutionnaires du monde entier. Mais le combat contre l’impérialisme qui opprime les nations, contre le capital financier et contre le capitalisme doit continuer !

    Aministie pour les communistes contre Daesh !

    Siempre internationalistas !

     

    Notre adresse à nos camarades.

    Camarades,

    Au nom de l’Unité Communiste de Lyon – membre des Amis de l’ICOR en France- nous vous saluons et nous vous assurons de notre soutien, à vos camarades ainsi qu’à votre organisation. Nous saluons votre engagement internationaliste et antifasciste concret, pour venir en aide à la juste lutte du peuple Kurde contre les fascistes de Daesh tout comme contre la répression organisée par l’Etat turc.

    Il n’y a pas lieu d’être surpris du déferlement de haine, vomi par l’Etat espagnol contre vos camarades et contre votre direction. La bourgeoisie et ses laquais harcèlent et traquent sans relâche les organisations et les militants et militantes qui participent de manière concrète à la construction des outils révolutionnaires et de la solidarité internationale.

    C’est là ce qui les démarque de ceux qui ont accepté le révisionnisme, le réformisme, le compromis avec la bourgeoisie. Ceux-là, la bourgeoisie les accepte comme les siens, comme ses frères et ses sœurs.

    Mais ceux et celles qui brandissent le drapeau rouge de la révolution sont destinés à être ciblés, menacés, réprimés, interdits, car leur existence est une menace pour son ordre d’exploitation, d’aliénation, d’écrasement des masses populaires et des nations opprimées.

    En s’en prenant de la sorte à vos camarades, les bourgeois et la réaction vous tressent une couronne de laurier. Elle honore votre combat. A ses armes, nous opposerons la solidarité, la camaraderie, le soutien mutuel international chaque fois grandissant. En s’attaquant à vous, la bourgeoisie souligne la justesse de vos actions.

    En France également, les internationalistes qui ont participé à aider le Rojava ont été la cible des services secrets. Par chance, la bourgeoisie de notre Etat n’ose pas encore aller au dela des tracas, des vexations, des pressions inamicales. Elle franchira certainement ce cap un jour. Au dessus de la tête de chaque révolutionnaire, le couperet de la loi bourgeoise est une épée de Damoclès.

    Dans tous les Etats, les réactionnaires gagnent du terrain, gagnent des ministères, des gouvernements, des élections. Non parce qu’ils ont idéologiquement raison, mais bien parce qu’ils sont les larbins serviles des fractions les plus chauvines, les plus putréfiées, les plus monopolistes de la bourgeoisie.

    Le durcissement de l’attitude de la bourgeoisie appelle à une solidarité toujours plus forte entre révolutionnaires, entre internationalistes, entre antifascistes.

    En usant de la répression, la bourgeoisie pensent obtenir la victoire, tordre à l’envers la roue de l’histoire. Mais elle se bat dos à un mur qui s’effrite peu à peu, qui s’effondre. Ses attaques, sa propagande, ses bourreaux vont et viennent, mais la lutte du prolétariat et des peuples opprimés, la lutte menée par les organisations révolutionnaire, elle, demeurera et continuera jusqu’à la victoire finale !

    Toujours debout, toujours antifascistes, toujours communistes !

     

  • Solidarité avec les « enfarineurs » de Toulon

    Solidarité avec les « enfarineurs » de Toulon

    Solidarité avec les « enfarineurs » de Toulon

     

    Nous republions ici le communiqué fait par les « enfarineurs » du FN à Toulon, qui subissent une répression complètement disproportionnée par rapport aux faits reprochés. Nous les assurons de notre solidarité et de nous leur adressons un chaleureux salut.

    Le pub catholique intégriste toulonnais Le Graal organise chaque mois une conférence prétendument historique qui masque un creuset des idées d’extrême-droite, rassemblant frontistes, royalistes et intégristes. Deux militants toulonnais ont été condamnés à 4 mois de sursis pour avoir dénoncé la conférence en lançant de la farine.

    Depuis 2015 l’ordre intégriste des Missionnaires de la miséricorde gère le pub Le Graal (377 avenue de la République – Toulon). Entre autres activités, le bar accueille les « Causeries du Graal ». Derrière cette appellation neutre se cachent les cercles royalistes qui réunissent la fachosphère toulonnaise pour écouter des « historiens » tels qu’un des fondateurs de Génération identitaire, des responsables de l’Action Française Provence ou encore des journalistes de Rivarol, TV Libertés ou encore Boulevard Voltaire. Au-delà de la nébuleuse intégriste et royaliste ces rencontres sont fréquentées par les élus frontistes.

    Le 25 avril 2 militants antifascistes, Sylvain et Andréa, se présentent devant le bar pour perturber de manière non violente une rencontre sur l’impérialisme colonial. Depuis l’extérieur ils jettent au sol un sac de farine et une boule puante et s’enfuient. Andréa est rattrapé par des participants qui le livrent à la police. Tout de suite 2 conseillers municipaux FN portent plainte, Amaury Navarranne (chef de file FN Toulon) et Hervé Toulzac (commandant de police à la retraite). Deux jours plus tard une participante déclare s’être fracturée le bras dans l’agitation alors que le PV dressé le soir même ne constate pas de blessé·e…

    La machine répressive se met en branle avec une disproportion croissante :

    • Andréa passe 42h en garde-à-vue sans avoir accès à son traitement médical. La police interpelle Sylvain le lendemain, il passera 21h en GAV.
    • Interrogatoire humiliant, pervers par son insistance à vouloir arracher l’aveu d’un extrémisme
    • Le sujet de mise en examen tombe : « violence commise en réunion », requalifié en « violence commise volontairement ayant entrainé une ITT>8jours » suite à la troisième plainte.
    • Fichage génétique, digital, photographique
    • La juge des libertés et de la détention les place sous contrôle judiciaire avec pointage hebdomadaire au commissariat et interdiction de quitter le territoire national
    • Le réquisitoire du parquet demande 4 mois de prison avec sursis
    • Condamnation à 4 mois d’emprisonnement avec sursis + 3100€ de dommages et intérêts

    S’INFORMER ET LUTTER ENSEMBLE CONTRE L’EXTRÊME- DROITE TOULONNAISE ; ORGANISE AVEC LA CODEX83 ⇒ RDV LE 19 OCTOBRE À 19H00 AU LOCAL 6 RUE

    CORNEILLE TOULON

    POUR AIDER ANDRÉA ET SYLVAIN A PAYER LEUR FRAIS D’AVOCAT (1680€) ET LES DOMMAGES & INTÉRÊTS (3100€) : ⇒ RDV SUR www.lepotcommun.fr/pot/81r4wkdr ou par courrier a « le local 6 rue corneille 83000 Toulon » ; chèque à l’ordre « le Local » écrire au dos du chèque « en soutien aux enfarineurs »

    Contact : anti-repression-toulon@protonmail.com

    Pour en savoir un peu plus :

    Le Café histoire de Toulon organise les derniers mercredis de chaque mois une conférence historique au pub catholique le Graal à Toulon. Ces conférences prétendument historiques masquent en fait un creuset des idées d’extrême-droite, rassemblant frontistes, royalistes et intégristes. Des militants ont été condamnés à 4 mois de sursis pour avoir tenté de lever le voile.

    En 2015 l’ordre catholique intégriste des Missionnaires de la miséricorde rachète un bar LGBT toulonnais en plein centre- ville (le Texas, 377 avenue de la République), pour le transformer en lieu d’évangélisation, « ainsi le bar de Sodome va devenir le pub de la Miséricorde » comme le précise le communiqué de l’ordre…

    Entre autres activités le bar accueille les derniers mercredis de chaque mois les « Causeries du Graal », organisées par le « Café histoire de Toulon ». Selon le site de la paroisse (géré par l’ordre des Missionnaires de la Miséricorde) il s’agit de « redécouvrir les racines chrétiennes de la France à travers son histoire, sa culture et son patrimoine religieux », en discutant « sur un thème historique ou d’actualité, lié à l’héritage d’Athènes, Rome et Jérusalem ». Chaque causerie est l’occasion d’entendre un·e intervenant·e, local·e ou non, présenté·e par des titres génériques comme « professeur·e » ou « journaliste ».

    QUI SE CACHE DERRIERE LE CAFE HISTOIRE DE TOULON ?

    Tout porte donc à croire qu’il s’agit là de conférences d’histoire ou de rencontres permettant d’analyser le monde à partir d’un prisme chrétien, c’est d’ailleurs la manière dont les conférences sont relayées par des sites comme Salon Beige. Mais, dès lors que l’on enquête sur les organisateurs et les intervenants c’est un tout autre visage qui apparait. Toujours sur le site de la paroisse on apprend que les causeries du Graal sont pilotées par son équipe « Culture et patrimoine ». Sans être cité sur le site, le nom de Philippe Lallement apparait à divers endroits (par exemple : ici (voir à 1 :15) et là) comme animateur/coordonnateur. Or ce dernier est un membre majeur de la mouvance royaliste : président de la section varoise de la Fédération Royaliste de Provence (FRP) (qui a fusionnée avec l’Action Française (AF) en avril 2018) et idéologue des universités d’été de l’AF. D’ailleurs, avant l’ouverture du Graal, la FRP organisait également des rencontres sous le nom de « café histoire » également animées par le même Philippe Lallement…

    Même constat concernant les intervenants invités à discourir : bien que jamais présentés de la sorte, une majeur partie d’entre-eux sont directement liés à des groupuscules/organisations/médias d’extrême-droite, Action Française pour une grande partie (ex : Jean Gugliotta, président PACA de l’AF/ Antoine de Crémiers, animateur de la section aixoise de l’AF et idéologue AF), mais aussi des contributeurs de Boulevard Voltaire (comme Antoine de Lacoste) ou Rivarol (comme Anne Brassié), on y trouve aussi Julien Langella, un des fondateurs de Générations identitaires.

    Au-delà de la dissimulation de l’identité royaliste des organisateurs et de l’obédience d’extrême-droite de ses intervenants, le Café Histoire organise aussi la confusion en suggérant une labellisation de certaines conférences. C’est le cas pour la causerie de Jacques Saint-Pierre soi-disant présentée par le Souvenir Napoléonien (SN), alors même qu’elle ne figure pas au répertoire des conférences de l’association. Il faut tout de même reconnaître que Jacques Saint-Pierre est membre du SN… et de l’Action Française. De même, le flyer de la conférence sur les vichysto-résistants par Michel Franceschetti affiche les logos du CD05 et de l’Institut François Mitterrand qui ont financé ses recherches universitaires parues au PUG, mais certainement pas sa participation à des réunions royalistes !

    Reste le public. Les informations sont rares, le visionnage des vidéos tournées pendant les conférences permet d’entendre la parole décomplexée des spectateurs mais sans vraiment pouvoir les catégoriser. En revanche une action antifasciste a permis de révéler la présence de plusieurs responsables du FN à ces conférences (voir détail plus bas).

    On peut donc raisonnablement conclure que les causeries du Graal constituent en fait des rassemblements d’extrême- droite auxquels l’ordre des Missionnaires de la miséricorde divine offre une couverture. C’est finalement une parade classique de l’extrême-droite la plus réactionnaire : se réunir et recruter sous couvert de conférences prétendument historiques. Le Graal sert ainsi à réaliser la jonction entre les tradis et les frontistes, avec la bénédiction de Mgr Rey, l’évêque local réputé pour ses liens sulfureux avec le FN.

    Il convient d’ailleurs de noter que des cafés histoires du même type existent dans tout PACA, et ce depuis déjà quelques années. Ainsi, même si on ne sait pas vraiment qui l’organise on est obligé de noter que le Café histoire de Draguignan dispose du même graphiste et des mêmes conférenciers que celui de Toulon. A Aix-en-Provence, le café histoire est quant à lui très clairement rattaché à l’Action Française.

    DU SURSIS POUR DES MILITANTS ANTIFASCISTES

    Las de la tenue régulière de ces évènements 2 militants antifascistes décident de perturber de manière non-violente la rencontre du 25 avril 2018 intitulée « Napoléon III et le Mexique catholique ». L’objectif était double : protester contre le contenu de l’évènement et signifier aux sympathisants d’extrême-droite que Toulon n’est pas une ville où l’extrême-droite peut pavaner. Les moyens retenus sont : le jet d’une boule puante et de farine, et un slogan : « anti-impérialiste » en écho avec le sujet de la conférence.

    Le soir du 25 avril les militants réalisent donc cette action éclair puis partent en courant. Andréa est rattrapé par des participants qui le livrent à la police, il va passer près de 42h en garde-à-vue. La police vient chercher Sylvain à son domicile le lendemain pour 21h de garde-à-vue. Interrogatoire menotté, humiliations, violences psychologiques, perquisition insistante… Trois personnes portent plaintes. Tout de suite après l’action, 2 conseillers municipaux FN toulonnais ont déposé plaintes : Amaury Navarranne et Hervé Toulzac (commandant de police à la retraite). Puis, 2 jours après l’événement, Christine Perrimond-Trouchet qui déclarerait s’être fracturée l’avant-bras dans l’agitation qui a succédé à l’action.

    Dans un premier temps ils sont mis en examen pour « violence commise en réunion sans incapacité », puis, suite à la troisième plainte, pour « violence commise volontairement ayant entrainé une ITT >8jrs ». Au procès le parquet requiert 4 mois de prisons avec sursis. Le jugement est rendu en référé le 28 août : la justice condamne Andréa et Sylvain à 4 mois de prison avec sursis et 3100€ de dommages et intérêts.

    En-dehors de la disproportion de la réponse policière et judiciaire cette procédure met en lumière plusieurs choses. C’est tout d’abord la participation de responsables du FN, révélée par leurs plaintes, qui intrigue : on dépasse largement le microcosme des cathos tradis et des royalistes pour entrer dans la nébuleuse de l’extrême-droite qui manifestement a trouvé un moyen de s’accorder sur Toulon. Il convient également de noter que les organisateurs de la conférence n’ont pas porté plainte comme s’ils ne voulaient pas que l’on s’intéresse trop à eux, ce qui ne les empêchera pas de publier directement leur réaction sur un site royaliste.

    Moins médiatisés que les locaux du Bastion social, les cafés histoire d’extrême-droite n’en sont pas moins des organisations dangereuses qui permettent à l’extrême-droite d’avancer masquée pour tisser des liens entre ses fractions.

  • Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Le procès de Clément Méric s’ouvre.

    Clément Méric a été tué il y a 5 ans, le 5 juin 2013, à Paris.

    Tué par une clique de fascistes de Troisième Voie, l’organisation dirigée par Serge Ayoub.

    Aujourd’hui, le procès des meurtrier débute. Esteban Morillo et Samuel Dufour passent aujourd’hui devant la barre.

    Nous saluons les proches de Clément Méric, ses amis ses camarades et nous les assurons de notre solidarité la plus sincère. Nous actons les distinctions idéologiques entre nous, les désaccords sur nombre de sujets. Mais au dessus de tout réside le fait d’être du même côté de la barricade, du même côté de la lutte des classes. D’être dans le même camp et d’être solidaires contre l’agression toujours plus grande de la vermine fasciste. En revanche nous n’exprimons que du dédain pour ceux et celles qui, vautours à l’affût, se sont empressés de se saisir de ce meurtre comme d’une réclame pour leur mouvement.

    Ce meurtre, hélas, n’est pas un événement isolé. Il fait suite à un accroissement progressif de l’agressivité de l’extrême-droite. La crise lui donne des ailes, elle est enivrée d’un sentiment d’impunité et de l’impression d’être à la veille d’une nouvelle croisade. Elle a déjà tué Hervé Rybarczyk à Lille, elle a blessé gravement à Lyon, elle monte des commandos à Montpellier, infiltre la police partout… Elle agresse, torture, assassine dans le secret ceux et celles dont on entend pas la voix. Nous réclamons justice.

    Aujourd’hui, le procès des meurtriers de Clémente Méric s’ouvre.

    5 ans et trois mois pour en arriver là. Un long chemin arrive à son terme.

    Le temps dilue les peines pénales, mais accroît la colère et le sentiment d’injustice dans le traitement de ce meurtre. Le temps qui est passé a permis à Esteban Morillo de cacher ses tatouages fascistes, de se grimer en jeune homme bien sous tout rapport, de dire qu’il a « changé », qu’il n’est plus le même. Il n’y aura probablement pas de surprises dans ce procès, hélas. La défense fera de lui un portrait pleurnichant. Il reniera son fascisme devant les juges, tout en en étant toujours le serviteur. Et les juges condamneront-il cette pauvre hère, 5 ans après les faits ?

    La justice bourgeoise -au sens large- n’est pas neutre face aux affaires. Elle n’est pas un arbitre dans lequel il est possible d’espérer trouver le réconfort d’une réparation. Du fait de ses liens avec l’appareil d’état, du fait de ses liens avec l’ordre du jour politique, du fait de la classe sociale dont font partie ses membres, elle n’est pas cette instance pure et saine que les républicains présentent. Elle est une subdivision tactique de l’ordre bourgeois, chargée de transcrire l’ordre du jour du pouvoir. Ses procureurs, représentant le ministère de la justice, répercutent la ligne dans les tribunaux, ses enquêteurs précipitent ou font traîner sous la poussière les dossiers… Et dans ce cadre, l’expérience démontre sans peine que la manière dont sont traités les réactionnaires et celles dont sont traités les progressistes, celle dont sont traités les bourgeois et celle dont les sont traités les exploités et les opprimés forment deux poids et deux mesures.

    Les fascistes, les réactionnaires, les obscurantistes… tout ces gardiens d’un monde qui se meurt, celui du capitalisme et de l’impérialisme, ont les coudées franches pour obtenir ce qu’ils veulent. La dissolution prononcée après le meurtre de Clément Méric ne les a laissé que peu de temps knocked-out. Leurs activités ont repris, pour certains plus discrets, attendant leur heure, pour d’autres, avec pignon sur rue, profitant de l’espace laissé par les « traineurs de casseroles ». Mais toujours, toujours, avec plus d’emprise, plus d’aisance, plus d’appui…et plus d’influence sur l’ordre du jour des autres organisations politiques. Aujourd’hui, le centre de gravité sur bon nombre de questions se situent entre la droite et l’extrême-droite. En Allemagne, l’influence grandissante des fascistes de AfD est même parvenu à fracturer Die Linke en une branche progressiste et une anti-réfugiés et anti-migrants. Pourtant leur rhétorique se limite à un discours victimaire, même au sein d’une des plus grande puissance impérialiste.

    Après leur meurtre, les fascistes ont joué justement cette carte de la pleurnicherie. Ils ont hurlé au fait que Clément Méric soit étudiant de Science Po, fils d’enseignants d’université, tandis que leur compère Esteban Morillo était, immigré, ouvrier. Ils ont tenté d’utiliser cette différence sociale sans vergogne, croyant trouver une faille morale imparable.

    Mais, en fait de faille, leur logique fallacieuse n’a servi qu’a rendre hommage a Clément Méric. Car les deux, l’un pour le meilleur, l’autre pour le pire, sont des individus qui ont trahi leur classe sociale. L’un en se battant pour les progrès social, pour les intérêts des exploités, pour la défense des opprimés. L’autre en trahissant ces mêmes exploités, en les livrant pieds et poings liés à leur premier bourreau : la bourgeoisie française « bien de chez nous ». En fait de couronne d’épine, c’est une couronne de laurier qu’ils lui ont tressé.

    Nous ne l’oublions pas. Nous n’oublions pas le courage de Clément Méric, nous n’oublions pas le choix qu’il a fait de se battre pour le camp du peuple. Nous saluons sa mémoire aujourd’hui. Nous saluons ses proches, ses amis, ses camarades.

    Clément est toujours présent !

  • Communiqué de presse commun du Collectif pour la fermeture du Pavillon Noir et du Collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite.

    Communiqué de presse commun du Collectif pour la fermeture du Pavillon Noir et du Collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite.

    Procès de militants d’extrême-droite pour une agression à l’arme blanche.

    Alors que se tiendra du 4 au 14 septembre le procès des meurtriers de Clément Méric devant une cour d’Assises, le 5 septembre 2018 aura lieu au TGI de Lyon un nouveau procès impliquant des militants d’extrême-droite pour des faits d’agressions avec arme blanche. Les faits se sont déroulés le 14 février 2014 dans le 5ème arrondissement aux alentours de 20h. 5 jeunes se rendaient dans un bar dans le quartier Saint-Jean pour fêter l’anniversaire de l’un d’eux. Repérés par un groupe d’une dizaine de militants d’extrême-droite, ils ont été insultés puis agressés lors d’une 1ère charge.

    Sur la 2ème charge à proximité du tribunal des 25 colonnes, un des agresseurs a porté des coups de couteaux sur 2 des 5 jeunes. Les graves blessures (perforation du poumon pour l’un et coup reçu proche de la colonne vertébrale pour un 2ème) qui auraient pu entraîner de graves séquelles ou plus grave encore ne doivent pas être oubliées ou minorées : l’intention de blesser gravement ou de tuer était claire !

    4 ans après les faits, 5 des 6 agresseurs arrêtés (le dernier ayant déjà été jugé car mineur au moment des faits) passeront devant le juge le mercredi 5 septembre. Ces militants sont proches de groupuscules de l’extrême-droite locale bien connus (Génération Identitaire et GUD – Bastion Social) et, pour certains, habitués du stade et de sa frange hooligan raciste. L’auteur des coups de couteaux est notamment visible sur des photos et des vidéos identitaires lyonnaises récentes (salle de boxe nationaliste l’Agogé), preuve de son implication actuelle dans ce mouvement clairement raciste, homophobe, transphobe et sexiste.

    Cette attaque de 2014 s’inscrit dans une longue liste d’agressions imputables à des militants d’extrême-droite lyonnais ; dans une complaisance des pouvoirs publics qui laissent pignon sur rue à ces groupuscules.

    Pour que ce procès ne passe pas inaperçu, et pour que le lien entre l’agression et les groupuscules d’extrême-droite ne soit pas oublié ; nous appelons à venir soutenir les agressés durant le procès le mercredi 5 septembre à partir de 9h30 au TGI de Lyon à la 17ème chambre correctionnelle (67 rue servient dans le 3ème arrondissement).

    La solidarité est notre arme ! Ni oubli, ni pardon !

    Collectif pour la fermeture du Pavillon noir :

    Alternative Libertaire Lyon, CGT Educ’Action, CGT Jeunes 69, CGT Vinatier, Collectif Lesbien Lyonnais, Coordination des Groupes Anarchistes Lyon, CNT, France Insoumise, JC Lyon, Jeune Garde Lyon, Lesbian and Gay Pride Lyon, Méduses, Solidaires Etudiant-e-s, Sud Education, Unité Communiste de Lyon, Union Départementale CGT 69, Union Locale Solidaires 69, Unité2Classe,YDG…

    Collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite :
    Agir pour l’égalité, Attac, CSPG, COVRA, Ensemble !69, EELV, FSU, Génération.S, HES, LDH, Planning Familial 69, NPA, PCF, PG, Ras l’front, Réseau des MJC de Lyon, UNEF

  • Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’attitude de l’Etat face aux méfaits de ses collaborateurs, agents provocateurs, agresseurs, nervis fascisants !

    Les époques changent, et avec elles les mœurs. Auparavant, comme avec Giscard d’Estaing, les collaborateurs du Président de la République partaient avec lui faire des safaris en Afrique. Aujourd’hui, ce genre d’activité est mal vue du public. Elle est désormais réservée à l’armée française, qui continue sa « mission civilisationnelle » par les crimes de guerre.

    Aujourd’hui, avec l’affaire Benalla, il est possible de savoir que l’activité favorite de certains collaborateurs de l’Élysée s’est redirigée vers celle de l’agression brutale et gratuite de manifestants. Benalla se passionne ainsi pour le fait de se déguiser en policier. Dans cet accoutrement, il s’est illustré, le premier mai, pour avoir roué de coups un manifestant, agressé une manifestante, pendant que son ami Vincent Crase faisait de même. Une vidéo publiée ce matin par le Huffington post  le montre en train de traîner sa victime, la jeune femme, à l’écart, pour l’agresser loin des regards. Enivré par l’impunité que lui confère l’uniforme, il s’est déchaîné pour satisfaire ses pulsions personnelles. Événement anecdotique ? Non.

    David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police Nationale, au micro de France Info, déclarait ainsi le juillet : « Alexandre Benalla est très connu dans le milieu policier », il est « régulièrement sur des dispositifs opérationnels, il pilote différentes choses, sans qu’on sache qui l’a mandaté pour ça. » En l’occurence, il a bénéficié d’une autorisation écrire du directeur de cabinet du chef de l’État, Patrick Strzoda.

    En somme, monsieur Benella, accompagné de son ami réserviste Vincent Crase, profite de sa position influente et de son autorité, conférée par sa proximité avec les cercles du pouvoir, pour se livrer à des agressions.

    Informés des faits, le ministère de l’intérieur -dirigé par l’hémiplégique ministre de l’intérieur Gérard Collomb, qui semble oublier tout ce qui se trouve à son extrême-droite- et le cabinet du chef d’État se retrouvent dans l’embarras. Plutôt que d’agir par les voies légales, la décision est prise d’étouffer l’affaire. 15 jours de mise à pied sans salaire, une tape sur les doigts, et les affaires reprennent leur court. Problème réglé dans l’entre-soi de la bourgeoisie au pouvoir et de ses larbins les plus zélés. Du moins le pensaient-ils.

    L’ennui, c’est que celles-ci ont été filmées et que le drôle a été reconnu par les journalistes de « Le Monde ». Dès lors, il n’est plus possible de taire l’affaire.

    Et c’est la pelote de laine : les révélations s’enchaînent. Les mémoires se rafraîchissent. Journalistes agressés, militants et militantes menacées… Alexandre Benalla semble avoir eu maille à partir avec plus d’un individu. Même Jean-Luc Mélenchon reconnaît en lui l’homme qui l’a évincé de la marche blanche en mémoire de Mireille Knoll, assassinée le 23 mars.

    Des informations se recoupent également. Dès le lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, le site d’information Wikileaks publiait une série de documents concernant ne nombreux aspects de la campagne. Parmi ces révélations, le fait que des commandes de pistolets « gomme-cogne », de « flashballs » de matériel anti-émeute ait été fait par LREM. La commande, bloquée au dernier moment, était signée de la main de Vincent Crase, collaborateur et ami de Alexandre Benalla. Cependant, il est estimé que c’est ce dernier, fanatique des armes, qui aurait tenté, par ce biais, de constituer un noyau de milice en catimini. Une milice équipée d’armes « à létalité modérée », certes, terriblement révélatrice d’un désir de certains de ressusciter des espèces de « corps francs » ou de se voir petits « seigneurs de la guerre ».

    Il serait tentant de voir dans Alexandre Benalla un milicien d’extrême-droite, un de ces barbouzes revenu des charniers de la Françafrique. Mais pourtant, l’homme a fait ses armes auprès du Parti Socialiste, dans son service d’ordre. Entré à 19 ans dans les rangs de sa sécurité, il passait pour une personne sympathique. Discret et efficace, il gravit les échelons d’une manière foudroyante. A 21 ans, il intègre le Service de Protection des Hautes Personnalités de Arnaud Montebourg. Arrivé haut, il se montre abusif. « Chez Montebourg, il est devenu incontrôlable, il a abusé de sa position. Et je pense que c’est la même chose qui s’est passée là, il s’est senti poussé des ailes… »  affirme Christian Werner, ancien responsable du SO du PS. Pourtant, il n’y reste qu’une semaine, après avoir provoqué un accident de la route et avoir voulu s’enfuir.

    Durant cette traversée du désert, il travaille dans le privé avec plus ou moins de succès, et passe un M2 en droit. Il créé également, avec Vincent Crase, son compère, une fédération de la sécurité privée.

    Le 5 décembre 2016 il intègre l’équipe d’Emmanuel Macron, toujours avec M. Crase. Durant la campagne, il suit constamment le candidat, assure sa sécurité, et se permet quelques petits à côtés, comme l’exfiltration brutale d’un militant du PCF, ou des violences sur un journaliste, pourtant accrédité. Depuis l’arrivée au pouvoir du paillasson le plus servile de la haute bourgeoisie, il s’est hissé, lui aussi, à ses côtés, dans de hautes sphères, conservant son rôle de responsable à la sécurité du président, poste qu’il occupe toujours. Il était, par exemple, présent dans le bus des joueurs de football de l’équipe de France.

    Ce n’est que sous la pression du scandale que l’Elysée a entamé, en catastrophe, une procédure de licenciement. Aujourd’ hui, Alexandre Benalla a été placé en garde-à-vue pour les faits de « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions », « usurpation de signes réservés à l’autorité publique » et « complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection ». Ce matin, trois policiers, dont deux commissaires, ont été suspendus car ils « sont soupçonnés d’avoir extrait des images des caméras de vidéo surveillance du plan de protection de la Ville de Paris, qui montrent la scène de violence place de la Contrescarpe sous un autre angle » et d’avoir « copié puis transmis la vidéo » à Alexandre Benalla.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que cette affaire est une fenêtre de premier ordre sur la manière dont le pouvoir de la haute bourgeoisie, appuyé sur des exécutants serviles et dévoués, fonctionne. Les responsables, à l’Elysée, ne pouvaient ignorer les frasques de leur lansquenet, de leur mercenaire. Mais ils ont préféré les taire. Macron, en déplacement à Périgueux, s’est retranché avec sa morgue constante et son arrogance, derrière le fait que la République serait « inaltérable », même devant les scandales. Le gouvernement est complice de ces actes de violence, et au premier chef, le Président de la République et le Ministre de l’Intérieur.

    La Police est complice par sa solidarité de fait avec l’agent provocateur et la brute qu’est Alexandre Benalla. Rien n’a été fait pour empêcher les actes de violence commis à l’encontre de manifestants. Rien n’a pu être fait par les manifestants eux-mêmes, trop conscients de l’impunité de la Police en France, conscient du fait que protéger contre la police -même en respect du droit bourgeois- revient à s’exposer immédiatement à la violence, à la garde-à-vue, aux sanctions pénales, et à payer de sa poche les policiers pour les « outrages » causés. De plus, les trois policiers ayant détournés les images vidéos sont trois exemples de porosité entre les institutions et les pouvoirs.

    Les Républicains, y compris les ultra-réactionnaires Wauquiez et Cioti, sont montés au créneau. La France Insoumise a déposé une motion de censure à l’encontre du gouvernement pour le sommer de s’expliquer.

    Pourtant, ce n’est pas tant le gouvernement que l’intégralité de la structure qui est pourrie jusqu’à l’os. Cette affaire n’est qu’un épiphénomène qui révèle un fond nettement plus abyssal. Il s’agit de l’inégalité de fait, devant la loi bourgeoise elle-même, de ceux qui habitent en France.

    L’Unité Communiste de Lyon réclame les sanctions les plus lourdes pour les auteurs et les complices de ces faits. A nos yeux, le ministre de l’intérieur doit démissionner. Mais nous ne saurions considérer que cela puisse suffire.

    Cela révèle, une nouvelle fois, que la bourgeoisie édicte des règles, des codes, des procédures, mais qu’elle n’entend les faire appliquer que pour les masses populaires, que pour maintenir avec rigueur et dureté la domination et l’exploitation. Elle édicte des règles qu’elle transgresse constamment, pour le profit, pour le pouvoir, pour le plaisir. Elle ne juge ses propres transgressions que dans ses instances propres, dans son entre-soi. Elle ne les condamne que lorsqu’elle y est contrainte et forcée par la tournure des événements.

    Ces délits, ces crimes, sont le propre du pouvoir de la bourgeoisie, de sa dictature. Débarrassons-nous en ! Chassons-les du pouvoir !

  • Deux lettres de Turgut Kaya

    Deux lettres de Turgut Kaya

    Actuellement en grève de la faim depuis 35 jours, Turgut Kaya et son camarade Hidir Gönek sont menacés d’extradition depuis la Grèce vers la Turquie.

    Vous pouvez consulter le communiqué ici pour de plus amples informations. 

    Il nous a été transmis deux lettres de sa part, que nous avons traduit de l’anglais vers le français. 

    Il s’agit de documents inédits en français, que nous vous invitons à diffuser le plus largement possible.

    Sentir l’odeur de la faim.

    J’ai eu la chance de passer le nouvel an de 2014-2015 avec Gregori Konstantinoplu, qui est l’un des plus grands communistes que le peuple Grec ait pu élever. J’ai appris que le peuple Grec a une tradition de faire des gâteaux a chaque nouvelle année, de mettre une pièce dans l’un d’entre eux et la première personne qui le trouve porte le premier toast du nouvel an et formule un vœu pour la nouvelle année. Bien sûr, après de rapides mouvements de sa main, le camarade Gregori trouva la pièce et fis ses vœux :

    « Je souhaite que la nouvelle année apporte la joie au peuple de Turquie. »

    « Je souhaite qu’elle apporte la joie au peuple Grec »

    « Je souhaite le succès pour notre parti frère le TKP/ML »

    Ce grand camarade, élevé par le peuple Grec, nous montrait de nouveau ce que la solidarité internationale signifie. Il nous honorait, comme un grand camarade du Parti Communiste avec sa pratique et ses mots. Sa perte fut importante pour le peuple Grec et pour le peuple Turc. La leçon qu’il nous a donné se montre elle même dans la dialectique de la vie.

    La solidarité et la gentillesse du peuple Grec au trentième jour de la grève de la faim que j’ai commencé, après la décision de l’état Grec, pour obtenir une libération immédiate et l’annulation de l’extradition nous a montré que les plus grands amis du peuple sont le peuple lui même. Bien sur, le fer de lance de cette solidarité internationaliste révolutionnaire est le peuple Grec. Au point où ils ont porté haut les actions de solidarité pour ma grève de la faim et pour notre libération, moi et mes amis et camarades. L’aide apportée par les signatures, les venues aux différents stands et l’expression de pensées et de soutien sont historiquement un des plus beaux exemples de solidarité internationale.

    A cette occasion, si nous suivons les mots du camarade Gregori dans un sens opposé, puisse l’avenir apporter au peuple Grec une vie sans classes, sans exploitation et sans frontières. Puisque ce peuple précieux a souffert d’innombrables souffrances et les plus sombres persécutions, ils le méritent. Le peuple Grec ne laissent pas un révolutionnaire Turc seul quand il sent l’odeur de la faim. Même si cela est spontané, c’est un magnifique exemple du caractère internationaliste de la solidarité et la capacité d’unité de ce peuple.

    En ces jours, où je ressent cette odeur de la faim, je dois aussi remercier le TKP/ML (Parti Communiste de Turquie – Marxiste Léniniste), les pionniers communistes du peuple de Turquie, composé de Turcs, de Kurdes et diverses nationalités Depuis sa fondation, en prison à Amed à la mort, jusqu’à la mort et les longues grèves de la faim de 1996 et 2001, c’est le TKP/ML qui a la pratique la plus concrète et qui ne laisse pas les positions vacantes. Nous tenons modestement, en tant qu’étudiants de cette pratique, cette ligne de résistance. C’est cette histoire qui doit être appréciée.

    En cette période, c’est aussi important de montrer que les actions, manifestations et communiqués de l’ATIK, Yeni Kadın ve Yeni Demokratik Gençlik, actif en Europe de l’Ouest, et toutes les organisations migrantes constituent un bel exemple de solidarité internationale et révolutionnaire. Particulièrement les camarades de Yeni Kadin et du YDG, affiliés à ATIK, qui ont atténués le souffle de la faim avec leurs longs efforts pendant cette période et ont encore réchauffé le cœur de la camaraderie.

    Il faut aussi mentionner Partizan, SMF, Devrimci Parti, ESP et HDP, qui ont envoyé leur support et solidarité depuis la Turquie. Tout ces efforts ont crée le plus bel exemple de solidarité révolutionnaire, d’unité – qui est la plus grande arme du peuple – et faire front ensemble contre le fascisme.

    Tout en ressentant le souffle de la faim, je veux exprimer que la solidarité des Grecs, des organisations, les communiqués de solidarité des organisations révolutionnaires et démocratiques en Europe de l’ouest et en Turquie ont donné force à la résistance; s’unir contre les intérêts des réactionnaires par le peuple de Turquie et de Grèce et montrer l’existence de la solidarité internationaliste est notre plus belle victoire.

    À cette occasion, je souhaite rendre hommage au grand communiste Gregori Konstantinopolu en cette deuxième année de deuil et clamer que nous continuerons de perpétuer son héritage entre les peuples Grecs et Turcs et parmi les organisations révolutionnaires et démocratiques.

    Longue vie a la solidarité internationale!

    Turgut Kaya

    Juillet 2018

    Le gouvernement de Syriza laisse un révolutionnaire mourir!

    Je suis au trente-troisième jour de la grève de la faim que j’ai commencé en protestation contre la décision de l’État grec de laisser passer mon extradition vers le régime fasciste Turc d’Erdogan. Au trente-deuxième jour de cette grève, au delà de la visite que j’ai reçu du parti Syriza, et non du gouvernement de ce même parti, aucune action concrète a été entreprise depuis le premier jour.

    La délégation du parti Syriza n’est pas allée plus loin que l’expression de leurs vœux et désirs et m’ont demandé d’arrêter la grève en me disant que “c’est mal pour un révolutionnaire de se faire du mal par une grève de la faim”.

    Pendant que j’étais en Grèce avec mon identité de révolutionnaire, j’ai été arrêté par létat Grec à cause d’un mandat d’arrêt d’Interpol posé par l’état fasciste Turc. La justice Grec qui prétend être démocratique et progressiste ont collaboré avec l’état fasciste Turc en passant la décision de m’extrader.

    Cette décision n’as pas été faite contre moi personnellement mais contre les principes et valeurs du parti prolétarien que je n’ai jamais trahis. Personne ne devrait s’attendre à une acceptation de ce fait de notre part. Nous allons résister encore et encore et se battre tout comme nous l’avons fait dans des centres de tortures et dans les cellules de prisons de type F du fascisme contre les attaques commises contre les révolutionnaires. C’est la tradition de notre parti et un essentiel de tout communiste. C’est pourquoi je n’arrêterais pas ma grève de la faim avant qu’une action concrété sera actée selon mes demandes.

    Le gouvernement de Syriza d’un côté disent que l’extradition n’auras pas lieu à travers des chaînes non officielles mais jouent aux trois singes de la sagesse de l’autre côté. C’est la caractéristique naturelle de la bourgeoisie ; sans face et opportuniste. Un gouvernement qui se vend comme des radicaux de gauche mais qui se taisent quand la vie d’un communiste est en jeu. Cette attitude est inacceptable.

    Tant qu’ils n’accomplissent aucune action concrète, le gouvernement de Syriza et son ministre de la justice S. Kondosis vont laisser un communiste mourir. Rien ne pourra jamais justifier la mort d’un communiste, pas même la réaction de l’état Turc. Il est bien connu que l’état fasciste Turc, au delà des communistes et autres révolutionnaires, massacre et emprisonne les démocrates et toute forme d’opposition, visant spécifiquement la lutte du Peuple Kurde pour la démocratie.

    Esquiver les réactions d’un régime de cette sorte signifie une collaboration avec ce dernier. Le vrai problème n’est pas subir la réponse d’un régime fasciste. Prendre position contre les atrocités commises par le régime fasciste Turc et Erdogan est essentielle pour devenir un vrai gouvernement progressiste et démocratique.

    Les Communistes ne masquent pas leurs opinions peu importe le lieu et leurs conditions, ils voient comme un devoir le fait de dire au public ce qu’ils pensent être juste. La réalité que je vis aujourd’hui est une expérience importante pour voir comment un gouvernement auto-proclamé démocratique peut montrer sa vraie face quand ses intérêts de classe sont questionnés.

    La bourgeoisie n’hésitera pas à appliquer toute sorte de politique réactionnaire contre le peuple, et spécifiquement les communistes, quand il s’agit de leurs intérêts de classe. Donc nous n’hésiterons pas à faire ce que nous devons faire en tant que représentants de nos traditions. Nous continuerons notre résistance contre cette attaque.

    Mes demandes sont claires. Le gouvernement de Syriza sera responsable des conséquences tant qu’ils gardent le silence. La seule chose qu’il reste a faire pour trouver une solution à ce problème est l’arrêt du processus d’extradition et ma libération immédiate. Cette tâche politique, je l’ai hérité des traditions de notre parti plutôt que d’une décision personnelle.

    Je salue tout ceux qui ont apporté du soutien à cette décision politique et je vous souhaite le meilleur pour votre lutte!

    Nous vaincrons!

    Longue vie àla solidarité Internationale.

    Turgut Kaya

    2 Juillet 2018

     

  • Résolution commune de l’UPML et de l’UCL pour exiger la libération de Turgut Kaya et de Hidir Gönek

    Résolution commune de l’UPML et de l’UCL pour exiger la libération de Turgut Kaya et de Hidir Gönek

    La justice grecque au service des assassins turcs !

    Liberté pour Turgut Kaya et Hidir Gönek !

    Turgut Kaya et Hidir Gönek, deux militants révolutionnaires turcs réfugiés en Grèce ont été incarcérés durant le mois d’avril, pour répondre aux désirs de la Turquie. Celle-ci a lancé un mandat d’arrêt international à l’encontre de ces deux militants, du fait de leur appartenance supposée au Parti Communiste Turc / Marxiste-Léniniste. Elle exige désormais leur extradition.

    Les polices d’Europe font le sale boulot de la dictature fasciste turque.

    Il ne fait aucun doute que le but recherché par la Turquie est celui de briser ces militants, qui sont déjà passé maintes fois entre les mains des tortionnaires d’Ankara. En protestation, ils sont depuis en grève de la faim. Turgut Kaya, journaliste révolutionnaire a, depuis 34 jour, cessé de s’alimenter. La dégradation de son état de santé a imposé son hospitalisation.

    Ce n’est pas de gaîeté de cœur que ces deux hommes sacrifient leur santé. Ils savent ce qui les attends si la parodie de justice impose leur extradition.

    L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon dénoncent cette collaboration internationale pour étrangler les droits démocratiques en Turquie.

    Nous appelons à la condamnation internationale du régime d’Ankara et de ses pratiques de traque et d’élimination de l’opposition.

    Nous appelons à des manifestations de solidarité envers ces camarades pourchassés.

    Aucune collaboration avec la police d’Ankara ! Coupons les tentacules de la dictature fasciste !

    Solidarité internationaliste avec ceux et celles qui luttent contre le régime criminel d’Erdogan !

    Résolution de protestation et communiqué : 

    Liberté pour Turgut Kaya et Hidir Gönek !

    Solidarité pour la libération de Turgut Kaya et Hidir Gönek et contre leur extradition vers la Turquie fasciste.

    Les camarades Turgut Kaya et Hidir Gönek, militants révolutionnaires, sont détenus depuis avril dans les prisons grecques, alors qu’ils y étaient réfugiés. Depuis 34 jours, ils sont en grève de la faim pour protester contre leur extradition prévue vers la Turquie d’Erdogan, prison des peuples et fer de lance de la répression dans la région.

    Nous venons d’apprendre l’hospitalisation de Turgut Kaya, du fait de son état d’extrême faiblesse physique. Turgut Kaya ne connaît que trop bien le sort qui l’attend dans les prisons de l’autre côté de la mer Egée. Journaliste engagé, il a été arrêté en 1992, en 1994, en 1997 et en 2006, en Turquie, subissant à chaque fois la torture, l’isolement, les mauvais traitements et les humiliations. Déja, en 2015, les Grecs l’avaient interpellé avec la volonté de le remettre aux mains des fascistes turcs.

    Chaque fois, l’accusation d’être militant dans l’organisation TKP/ML, interdite en Turquie, a été retenue. Chaque fois, Interpol et les polices locales se sont fait les relais du régime fasciste turque. A ces criminels, nous opposons notre solidarité, notre entraide, notre volonté de construire un front antifasciste et anti-impérialiste mondial.

    Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Turgut Kaya !

    Nous exigeons l’annulation de la décision de son extradition en Turquie !

    Nous condamnons la collaboration policière et réactionnaire entre les États européens et les Gestapo du régime turque !

    Nous saluons la lutte des forces révolutionnaires au sein de l’État turc. La solidarité internationale n’est pas un mot jeté en l’air. Ici, dans les citadelles de l’impérialisme, tout comme dans les Etats intermédiaires ou dominés, nous formons un front unique de lutte contre l’impérialisme et le capitalisme. Chaque attaque des réactionnaires ou des agents de la grande bourgeoisie est une attaque contre l’ensemble de la lutte révolutionnaire internationale.

    L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste appellent à des rassemblements de solidarité pour Turgut Kaya et pour Hidir Gönek, ainsi que pour l’ensemble des prisonniers politiques progressistes et révolutionnaires détenus en Turquie et dans le monde.

    Liberté pour Turgut Kaya !

    Liberté pour Hidir Gönek !

    Unité Communiste de Lyon

    Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

    Freedom for Turgut Kaya and Hidir Gönek !

    Solidarity for the liberation of Turgut Kaya and Hidir Gönek, and against their extradition to the fascist Turkish regime.

      Comrades Turgut Kaya and Hidir Gönek, revolutionnary activists, are being detained since April in Greek jails. For 33 days, they started a hunger strike to protest against their departure to Erdogan’s Turkey, a large scale people’s prison and the forefront of reactionary repression in the region. 

      We just learned that Turgut Kaya has been hospitalized, because of an extremely weakened physical state. Turgut Kaya knows too well the horrors that awaits him in the detention centers on the other side of the Aegan sea. Beeing an activist journalist, he has been arrested many times, in 1992, 1994, 1997 and in 2006, in Turkey, suffering torture, isolation, inhuman treatments and humiliations. The Greek state already arrested him in 2015 with the intent to send him back to the Turkish fascists. 

      Each time he got arrested, the accusation of being a member of TKP/ML, heavily repressed and considered illegal in Turkey, was admitted by the prosecution. Each time, Interpol and the local police were the proxies of the Turkish fascist state to track down syndicalists, activists, progressives and revolutionaries. To these criminals, we oppose our solidarity, our mutual help, our will to confront Imperialism and Fascism worldwide.

      We impose the immediate and inconditional liberation of Turgut Kaya. We strongly condemn the collaboration between European states and the gestapo of reactionary states.

      We salute the struggle of revolutionary forces inside of the Turkish state. International solidarity is not a thrown out word. Here, in the core of Imperial forces, just as in the dominated or intermediate states, we all form a collective front against imperialism and capitalism. Every attack from reactionaries or proxies of the bourgeoisie is an attack against all of the international revolutionary struggle.

      Unité Communiste de Lyon call for direct mobilisation for the liberation of Turgut Kaya and Hidir Gönek, as well as all progressive and revolutionary political prisoners detained in Turkey and all around the globe. 

    Freedom for Turgut Kaya ! 

    Freedom for Hidir Gönek !

    Unité Communiste de Lyon – Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste 

    Member of ICOR’s friends

  • Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 4

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 4

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche »

    partie 4

    L’amour de la bourgeoisie pour le populisme.

    La bourgeoisie apprécie-t-elle le populisme ou non ? Il s’agit d’un d’une question qui mérite d’être creusée. Dans un sens, les revendications populistes sont contradictoires avec le libéralisme officiellement défendu par la bourgeoisie monopoliste. Le chauvinisme, l’antilibéralisme, la « partriotisme économique » s’opposent au libre-échangisme, au libéralisme, à la dérégulation. Dans les faits, la réalité est plus complexe. Au libéralisme triomphant du XIXe siècle a succédé rapidement la saturation et le monopole. Quelques soient les discours officiels, quelques soient les conférences internationales, les GATT, les OMC, le libéralisme « réel » est moribond. En fait de concurrence, ce sont les négociations entre trusts, en fait de libéralisme et d’indépendance entre les entreprises et l’Etat, voir même conflit entre les deux, il y a une véritable fusion entre Etat en grands trusts. Le capitalisme monopolistique est un capitalisme monopolistique d’Etat. Il en vit, il en use, il en dépend même ! Les commandes d’Etat et la politique d’Etat sont faits pour servir au mieux les intérêts des grands trusts. Les difficultés de ceux-ci sont une affaire d’Etat et leur survie peut faire appel aux deniers publics, dont à des prélèvements sur salaires pour maintenir ou augmenter les bénéfices des capitalistes. La géopolitique du pays est décidée par les intérêts de ces immenses conglomérats Malgré l’image d’une France de PME, la quasi intégralité du tissus industriel est relié d’une manière ou d’une autre à ces grandes entreprises dominantes. Combien de sous-traitants, combien d’exécutants ? Les branches les moins rentables sont externalisées, formant ainsi des petits groupes qui vivotent, des petits bourgeois qui vivent dans l’endettement et peinent à garder la tête hors de l’eau, mercenaires de grands groupes.

    Comprendre cela permet de se poser la question différemment. La grande bourgeoisie peut user sans le moindre problème de tactiques différentes, y compris en appliquant une partie du programme des populistes. Dans le fond, les réclamations de la part des certaines organisations, de droite ou de « gauche », peuvent très bien faire les affaires de la grande bourgeoisie. L’hostilité envers un autre impérialisme, jugé opposés aux intérêts du « peuple » français, est quelque chose qui est potentiellement exploitable. Le « produire français » porte ce relent douteux. Car il ne signifie par « produire « éthique » » contre la mondialisation, il signifie simplement « produire dans le cadre de l’espace économique dominé par l’impérialisme ». Admettons que le programme économique du FN ou de la FI soit appliqué, sans qu’il soit question de mettre l’un et l’autre sur un pied d’égalité, cela signifie-t-il une remise en cause du capitalisme ou de l’impérialisme français ? Non.

    Dans l’exemple actuel, et si on s’intéresse aux États qui ont opté pour un pouvoir populiste, on observe que la grande bourgeoisie s’est montrée plus que conciliante vis-à-vis d’organisations et de programmes censés aller contre ses intérêts. Ils ont une particularité, qui est d’être dans l’orbite Allemande, et d’avoir été les réceptacles d’investissements de la part de l’Allemagne. Investissements et prêts qui ont été particulièrement risqués, et qui se paient aujourd’hui. A l’heure actuelle, un risque de faillite de la Deutsch Bank n’est pas inenvisageable. Cette faillite aurait des répercutions terribles sur l’ensemble de l’Europe, jetant dans la misère un nombre considérable de prolétaires. Cette faillite est pour le moment contrée par une forte activité de la BCE, dans le but de tresser un coussin de plumes pour amortir le choc. De fait, la planche à billets tourne à grande vitesse, pour éponger les dettes. Cette planche à billet est d’ailleurs un phénomène fascinant sur la nature de l’euro, qui est une « fausse monnaie unique. » Les États peuvent produire des euros avec un contrôle relativement faible de la BCE, ce qui explique l’existence de casa de papel dans de les États membres de l’UE. Les grands capitalistes d’Allemagne sont d’ailleurs parmi les plus méfiants vis-à-vis de l’euro, du fait de la situation économique. Savoir, en revanche, quand cela tombera est du domaine de la prestidigitation tant les paramètres sont nombreux.

    Dans ce marasme économique, les partis populistes préparent les masses populaires à la misère et à la caporalisation de la société, parfois même contre leur volonté à l’origine. Du fait de leur base sociale, ils sont condamnés à jouer ce rôle. De fait, cette base est petite-bourgeoise. Dans les États dominés par l’impérialisme, par exemple le populisme sud-américain, cette petite-bourgeoisie, cette bourgeoisie nationale, s’est appuyée sur les masses pour, parfois, réaliser un pas en avant vers le progrès -chasser l’occupation étrangère, repousser les tentacules de l’impérialisme- sans pour autant pouvoir mener les choses à un autre terme qu’a la poursuite d’un système d’exploitation. Dans les pays impérialiste, le postulat de départ est d’ores et déjà réactionnaire. Au final, ils mobilisent les masses populaires dans l’intérêt de la bourgeoisie, et gouvernent pour celle-ci. Ils ne servent qu’à une chose, c’est d’interface pour la dictature bourgeoise, se parant des oriflammes du discours populaire, du discours sur la nation, du discours sur le peuple. Même si ce gouvernement peut donner l’impression de combattre la bourgeoisie, ce combat n’est rien d’autre que cosmétique. Les seuls reproches que font les populistes aux grands capitalistes sont sur leur gestion, sur leur morale, sur le fait qu’ils « ne servent pas bien les intérêts de la nation », mais jamais sur leur existence sociale, ou uniquement de manière invocatoire et idéaliste, de l’ordre de la moralisation de la bourgeoisie.

    Les partis populistes ne sont donc pas en mesure de mettre en place leur programme, ne sont que des charlatans. Ils ne sont absolument pas en mesure de pouvoir stopper la crise. En revanche, ils l’accompagnent et accompagnent le plongement dans la misère, en le détournant de sa voie de résolution finale, la révolution, pour l’entraîner sur une voie de garage : la soumission absolue aux franges les plus réactionnaires de la société. Les populistes, in fine, livrent à la bourgeoisie les masses, pieds et poings liés. Ils proposent comme sortie de crise, le parant de vertus, le fait de se sacrifier, de se serrer la ceinture, le fait, également, de se préparer et d’accepter un repartage du marché mondial, par le conflit, par la guerre.

  • Non à l’ouverture de l’école de Marion Maréchal Le Pen à Lyon !

    Non à l’ouverture de l’école de Marion Maréchal Le Pen à Lyon !

    NON A L’OUVERTURE DE L’ECOLE DE MARION MARECHAL LE PEN A LYON !

    Communiqué du collectif pour la fermeture du Bastion Social.

    L’école privée dirigée par Marion Maréchal qui se voudrait un « institut de sciences sociales, économiques et politiques » ouvrira ses portes  à la rentrée de septembre 2018 à Lyon, dans le quartier de la Confluence au 56 rue Denuzière..

    Une école … Ou un nouveau fief de l’extrême-droite à Lyon ?

    L’équipe pédagogique de cette école, dont Marion Maréchal Le Pen assure elle-même la direction, est très clairement affiliée à l’extrême-droite. L’établissement affiche par ailleurs clairement ses valeurs sur son site Internet, notamment « l’enracinement dans son identité culturelle ».

    Ainsi, il souhaite transmette à ses étudiant-e-s « le goût de leur histoire et de leur héritage ». Nous sommes bien loin de la prétendue volonté de Patrick Louis qui affirmait « ce qui nous intéresse, c’est le débat contradictoire. On ne va pas enseigner que la pensée unique ». Cette école est à l’opposé de l’esprit critique et d’ouverture affichée habituellement par les universités de sciences humaines.

    L’implantation de cette école d’extrême-droite à Lyon s’inscrit donc dans la continuité des multiples ouvertures de locaux fascistes depuis 2010, dans l’indifférence de la préfecture et l’inaction de la mairie centrale. Le dernier en date étant le local du GUD-Bastion Social.

    Leur présence favorise la recrudescence d’agressions physiques violentes et le saccage de locaux militants progressistes sur Lyon. Ainsi, début juin, c’est la façade de l’union locale CGT du 5e/9e arrondissement de Lyon qui a été recouverte de 16 croix celtiques et de deux inscriptions  « FAF (France Aux Français) ».

    Une école fasciste… et pour les plus riches !

    Si les formations proposées dans cette école relèvent d’une idéologie raciste, sexiste et LGBTI+phobe. On peut également se demander à qui elles s’adressent.

    En effet, pour obtenir un diplôme d’établissement en deux ans, non-reconnu par l’Etat (pour l’instant), il faudra débourser chaque année 5 500 euros. Par ailleurs, les formations continues sont proposées à 1 980 euros pour les actifs-actives, et 990 pour les étudiant-e-s ou les demandeurs-demandeuses d’emploi. Nous sommes dans la même logique que les écoles de commerce privées ne favorisant que les classes sociales les plus aisées.

    L’objectif de cette école est de former « une nouvelle génération de décideurs et d’entrepreneurs » porteuse de valeurs réactionnaires, ainsi que les futurs cadres du FN-Rassemblement National.

    Par ailleurs au vu des prix de l’immobilier, nous nous interrogeons sur les sources de financements de cette école qui apparaissent aujourd’hui très opaques.

    La proximité de l’école avec l’Hôtel de Région et les différentes rencontres « officieuses » marqueraient-elles un rapprochement avec la droite dure de Wauquiez?

    Malgré ses communications récentes mettant en avant une image « sociale » (avec par exemple les maraudes alimentaires du Bastion social), l’extrême droite nous rappelle ici son vrai visage : celui des élites et de l’argent. Le fascisme n’a rien de populaire, et ne lutte pas « contre le système ».

    Il n’existe que pour défendre les intérêts des plus riches.

    L’implantation de cette école privée réactionnaire nous paraît bien éloignée d’un accès aux études supérieures libre et gratuit favorisant l’égalité de toutes et de tous.

    Ecole, bars, salle de sport, locaux associatifs, etc…

    A Lyon comme ailleurs, fermons tous les locaux fascistes, peu importe la forme qu’ils prennent !

    Rassemblement le vendredi 22 juin 2018 à 12h30 sur l’esplanade François Mitterrand dans le quartier Confluence (Hôtel de Région)