Étiquette : Fillon

  • Un peu de homard, beaucoup de mépris.

    Un peu de homard, beaucoup de mépris.

    De Rugy, ministre de l’Ecologie, s’est retrouvé pris dans une tourmente qui en dit long. En effet, celui-ci est accusé par Médiapart de plusieurs choses :

    • Des frais de
      bouche immenses, avec des homards et des grands crus.
    • Un délicat
      sèche-cheveux doré à la feuille d’or.
    • Des travaux au
      ministère de la transition écologique, notamment un dressing de 17
      000€.
    • Une absence
      d’impôts en 2015.
    • Une directrice
      de cabinet logée illégalement en HLM.

    Le transfuge de EELV, passé depuis à LREM, comme un certain nombre d’opportunistes de son espèce, est sous les feux des médias pour ses différentes affaires, qui n’en finissent pas de produire elles-mêmes des révélations. De Rugy n’en est pas moins le bénéficiaire d’un soutien total de la part de Macron, et est présent à la cérémonie du 14 juillet.

    L’attitude de De Rugy est celle du cafard pris en pleine lumière. Il fuit, oscille dans toutes les directions, essaie de semer ceux qui veulent l’écraser d’un coup de talon. Il s’empêtre dans ses mensonges, ne parvenant qu’a s’humilier, et, par voie de conséquence, à nous humilier de son impunité. De Rugy s’est donc mis à osciller, entre mensonge éhontés (je n’aime pas le champagne, je suis intolérant aux fruits de mers…) et le fait qu’il déclare froidement assumer ces dépenses, reliées d’une manière ou d’une autre au fonctionnement de son ministère. Ses écarts de langages sont ceux d’un enfant pris la main dans le sac, et qui ne sait pas réellement comment se sortir de ce mauvais pas. Ses interviews, les larmes aux yeux, chargé d’émouvoir, n’ont fait qu’attiser la détestation de ce personnage et ses confrères.

    D’autres se sont engouffrés à suite, ou pour mal le défendre, ou pour lui tenir la tête sous l’eau. Benjamin Griveaux, par exemple, a essayé de surfer sur l’affaire pour torpiller de Rugy, dans le but de se placer sur un créneau pour les municipales. Il a déclaré qu’il se contentait de « côte de bœuf », mal lui en a pris. Le journal Capital l’a démontré :

    Aux Boucheries Nivernaises, connues pour leur excellent rapport qualité prix, et où se fournit traditionnellement la classe politique parisienne, la côte de bœuf se vend actuellement 35,90 euros le kilo. Cela nous met la pièce de 1,2 kilo (poids conseillé pour trois personnes, car on ne mange ni l’os ni le gras) à 43,08 euros, soit très exactement 14,36 euros la portion individuelle. A la poissonnerie en ligne Paon, qui livre sur toute la France, le homard vivant de première qualité pêché au casier en Manche et Mers Celtiques est, lui, vendu 17,45 euros l’unité. Comme on en sert généralement une moitié par personne, cela met la portion individuelle à 8,72 euros, presque deux fois moins cher que la côte de bœuf de Benjamin Griveaux.

    Dommage.

    Il y a quelque chose d’intéressant dans la manière dont de Rugy a réagi. Notamment car certains médias ont hurlé contre cette dénonciation. La palme de l’approche la plus originale est néanmoins attribuée au journal Le Point, qui regrette rien moins que l’absence de style de ce scandale.

    C’est le revers de la scandinavisation de la vie publique. D’un côté, j’admire l’intransigeance de nos amis du Nord, la simplicité de mœurs de leurs élus, leur soin maniaque de documenter toute dépense, avec des facturettes et des preuves. Quelle grandeur dans cette rigueur, quel respect religieux pour les deniers publics  ! Comme disait Louis XVI, « rien n’est si beau que d’être avare du bien d’autrui ». En contrepartie, les scandales scandinaves n’ont aucune allure. Les ministres chutent là-bas pour des broutilles ridicules. 

    Dans un sens, on ne peut donner intégralement tort au Point. Il existe une distinction entre les scandales de l’ère Macron et les scandales d’avant, de Fillon, de Lagarde, d’autres… Ceux d’hier s’offusquaient qu’on les accuse, qu’on ose crier au scandale vis-à-vis de leurs pratiques. Elles étaient, à leurs yeux, des dus, des passe-droit liés à leur rang. Fillon, ainsi, n’était pas en rage contre ce dont on l’accusait, mais du fait qu’on ose le faire. L’allure dont parle Le Point est là, tant dans l’ampleur et dans l’envergure des affaires que de la réaction de ceux qui en étaient accusés. Ils méprisaient les masses aristocratiquement.

    De Rugy, Benalla, Castaner, quant à eux, sont des sous-fifres qui ont pris de la hauteur grâce à l’appel d’air créé par Macron. L’affaire Benalla, les agressions sexuelles de Darmanin, les diners aux chandelles de De Rugy, les mensonges pitoyables de Castaner sur les violences policières, les actes contre-productifs de Schiappa, le mépris de Macron… tout cet ensemble est d’autant plus insupportable à subir que ceux et celles qui le génèrent ne sont même pas entourés de cette aura d’ascendant social et aristocratique qui entourait les corrompus d’avant. Dans un sens, leurs affaires sont d’autant plus intolérables que le sentiment est d’être méprisé par de minables laquais au service des grands bourgeois.

    Mais dans l’absolu, même si parfois ils se taclent, tous les politiciens et les politiciennes qui pourraient assumer des postes de pouvoir sont pris dans les mêmes pratiques, et, de fait, dans un réseau de solidarité pour maintenir celles-ci et l’impunité qui les entoure. Et ce, de manière parfaitement indépendante de leur « couleur politique ».

    Cela dit, Fillon, Benalla, Rugy, Macron, Tapie, Lagarde… sont les mêmes symptômes d’un mal profond. Ce mal profond et l’imbrication entre la politique bourgeoise et la corruption. Ce mal est incurable du fait de la nature même de l’État et des fonctions des politiciens et des politiciennes.

    Dans le même ordre d’idée, les affaires autour des actes de la Police. Que ce soit dans les violences policières durant le mouvement des Gilets Jaunes ou suite à l’opération particulièrement brutale organisée à Nantes contre une free party, systématiquement les déclarations des responsables ont été sous le sceau du mensonge.

    La disparition de Steve, probablement tombé dans la Loire, chassé par la police, en fait partie. Le régime se tait, ment, contre-accuse, lance des versions aberrantes. Mais il n’assume jamais ses actes. Cet aspect des choses est probablement l’un des points les plus insupportables. Le fait d’être réprimé est une chose condamnable, contre lequel il faut résister pied à pied. Mais le fait d’être réprimé par des individus qui mentent, trichent et se pâment d’être des champions des droits de l’homme, en armure étincelante, cela est doublement intolérable.

    La police, en revanche, assume parfaitement de poser, le pied sur un sans-papier qui manifestait pour ses droits, d’humilier, d’éborgner, de frapper. Tant qu’elle ne commet pas l’erreur de s’en prendre à une personnalité, et encore, elle n’est jamais condamnée par l’IGPN ni par la justice. Il faut bien que le régime protège ses piliers.

    De scandales en scandales, d’attaques en attaques, de mépris en mépris, pourtant, le régime bourgeois sape sa propre légitimité. La trop grande confiance dans son impunité fait qu’il ne s’est guère embarrassé de camoufler ce qu’il pensait. Il est probable que les ténors d’autour savent, dans leur for intérieur, qu’ils perdront les élections et qu’ils seront réduits à néant après celles-ci. Ils et elles profitent donc de leur situation tant qu’ils le peuvent.

    Qui sait qui les remplacera, qui sait qui seront les nouveaux hérauts de la bourgeoisie. Une certaine partie des médias à la solde des grands cartels de la bourgeoisie sont en pâmoison devant Yannick Jadot, d’autres tendent des perches à une droite « élargie » ou « hors les murs ».

    De notre côté, nous ne pouvons que saluer le travail de Médiapart et des lanceurs et lanceuses d’alerte. Les frasques de l’intégralité des politiciens et des politiciennes méritent d’être étalées au grand jour. Surtout, il est fondamental de comprendre que ce ne sont pas les lobbies qui corrompent les politiciens, mais ce sont ces politiciens qui sont des agents des cartels. En étant principalement et avant tout des pions et des agents des intérêts de la bourgeoisie en général et de certaines de ses fractions en particulier, ces politiciens et politiciennes doivent justement être corrompus pour s’assurer qu’ils exécutent servilement les ordres de leurs commanditaires.

    Qui peut défendre un système sain et sans corruption ? L’extrême-droite a montré qu’elle battait des records dans la corruption et la crapulerie. Le PS est une coterie, tandis qu’une partie de la gauche de la gauche, elle aussi, se mouille et se vend aux affairistes. A leur échelle, même, les milieux militants sont également contaminés par ces pratiques. Les dérives mafieuses, les affaires crapuleuses ou les crimes y existent, y pullullent, et sont mêmes protégés au nom d’une sacro-sainte unité à protéger ou du rejet de pratiques « autoritaires ». Nous, nous regardons la corruption, les abus, ceux qui étendent leurs chefferies et leurs réseaux de clientèles comme des ennemis des intérêts populaires. Leur mépris et leur corruption, qui s’étale au grand jour, les démasquent comme n’étant pas « des nôtres ».

    Notre programme, en tant que communistes, est celui d’un État populaire dans lequel la plus grande sévérité est exercée contre ceux et celles qui tentent de constituer leurs chefferies, contre ceux et celles qui ne sont pas là pour servir le peuple, contre la corruption et l’économie parallèle.

    Cet état populaire ne peut être érigé aux côtés des intérêts des capitalistes, mais uniquement contre eux et contre leurs intérêts et au service de ceux des masses populaires.C’est uniquement ainsi que les de Rugy, les Fillon, les Lagarde, les Tapie, seront définitivement remisés là où est leur place : dans la déchetterie de l’histoire.

  • 1er round électoral : premiers constats

    1er round électoral : premiers constats

    Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la suite du premier tour des élections présidentielles.

    Le premier tour de l’élection présidentielle est terminé. Il est conforme à nos estimations.

    Emmanuel Macron est un favori confirmé et dispose en face de lui d’un boulevard libre pour s’assurer la victoire au second tour. Il ne fait strictement aucun doute que le report des voix lui accordera une grande longueur d’avance sur sa concurrente directe, laquelle n’en bénéficiera que de manière marginale.

    Entre les ralliements de la part de transfuges du Parti Socialiste, le soutien d’une droite déçue de son candidat, enterré par les affaires, l’appui de la bourgeoisie, Emmanuel Macron dispose d’une conjonction d’astres favorables.

    Même François Hollande, en appelant François Fillon à se retirer, l’a adoubé indirectement : il est devenu le candidat du chef du conseil d’administration de la bourgeoisie de l’Etat Français. L’impopularité de Hollande ne l’a pas desservi pour autant.

    De ce point de vue-ci, pas de surprise.

    Le Front National est en seconde position, tout comme en 2002. Mais à la grande différence d’il y a 15 ans, cette fois, sans surprise ni choc. Pas de scène de panique, pas de stupeur. Tout au plus un haussement d’épaule.

    Comment en serait-il autrement ? Le débat de la présidentielle fut le débat du Front National. Ses thèmes y furent centraux. Pendant des années, les gouvernements successifs ont invité cette organisation à devenir un centre de gravité dans le débat politique et ont légitimé ses thèses : immigration, sécurité, terrorisme, identité nationale…

    Marine Le Pen est ingrate, elle a omit de remercier Daesh pour son soutien sans faille, par ses attentats -le dernier en date du 20 avril-, pour le fait de lui avoir tant apporté. Elle a omit de remercier les chauvins de tout poil, qui défendent « la place de la France dans le Monde » ceux et celles qui présentent l’Etat Français comme dominé par l’OTAN et par l’UE. Ceux qui furent acquis à ces thèmes n’ont pas été dupes : ils et elles ont préféré l’original au light drapé de rouge-brun.

    En revanche, contrairement à 2002 où le FN était une très forte minorité, en 2017 celui-ci se retrouve majoritaire -parfois grandement- dans une série de départements et même de régions. Cette nouveauté est révélatrice du caractère hégémonique des idées réactionnaires dans certains lieux. Situation désagréable.

    François Fillon est arrivé 3ème, avec 20%, contre la plupart des pronostics. Nous lui accordions cette place pour plusieurs raisons : sa base électorale catholique est solide, imperméable aux critiques et aux affaires. Elle ne se détourne pas aisément, comme une girouette, pour un Macron vu comme un arriviste ou pour une Le Pen dont la bourgeoisie catholique méprise les manières plébéiennes.

    De plus, beaucoup d’observateurs et de commentateurs, au sein de notre camp tout comme d’une manière générale, ont été victimes d’un biais de pensée : la base sociale de Fillon est très endogame, très repliée sur elle même. Elle est celle, habituellement discrète, qui s’était mobilisée au grand jour dans les « manifs pour tous. » L’absence de contact avec ces milieux ne signifie pas leur inexistence. Les réseaux sociaux, qui ont formé un baromètre trompeur, biaisé, éloignent parfois de la réalité.

    Le vote Fillon reste, malgré tout, un vote rationnel, avec une certaine cote de confiance. Il est probable que de nombreux électeurs aient hésité un moment entre Fillon et d’autres, mais que la rationalité ait pris le pas sur l’aventurisme -supposé ou réel.

    Mélenchon 4ème fut une déception pour de nombreux soutiens. Une déception et une véritable claque. 19% alors que nombreux étaient ceux et celles qui l’imaginaient déjà au second tour.

    Autant les soutiens de Fillon sont restés silencieux, autant ceux de Jean-Luc Mélenchon ont été hyperactifs. Attaquant sur tous les fronts, en reprenant des méthodes employées lors de la campagne de Donald Trump, en intervenant systématiquement, en créant des trollfarms spammant partout et tout le temps, la campagne de la France Insoumise fut omniprésente.

    Hélas pour eux, les soutiens à Mélenchon se sont enivrés de leur propre production et se sont enfermés dans des espaces où ils et elles étaient toutes acquis et acquises à cette cause. D’où une illusion auto-entretenue d’hégémonie. Cette illusion s’est effondrée désormais.

    La défaite de Benoît Hamon est, en revanche, intégrale. Les partisans de Mélenchon lui reprochent d’avoir été inutile, d’avoir absorbé les voix manquantes. Bel exercice comptable, belle ignorance des lignes de démarcation.

    La clivage Hamon / Mélenchon est un clivage de conception profonde de la stratégie de l’impérialisme et du capitalisme français. La vision de Hamon est celle d’un impérialisme français qui reste dans ses choix d’alliance : Libre-échange, Europe et Atlantique. Elle est une vision qui se heurte à celle de Mélenchon : protectionniste, anti-UE et ouraliste. Considérer que les deux sont compatibles montre le niveau de naïveté de la part des insoumis. Elle n’était pas possible, pas concevable, et il est logique que ceux qui rejettent Hamon mais acceptent ses conceptions stratégiques aillent plus vers Macron que vers Mélenchon.

    Hamon incarne la fin du Parti Socialiste tel que nous pouvions l’avoir connu. Passant de parti majoritaire aux élections à une organisation en 5ème position, éventrée, humiliée, il est évident qu’une étape s’est franchie dans son histoire.

    Ceci incarne en plein la faillite de la social-démocratie, du menchevisme, du réformisme, de la possibilité pour une organisation qui prétend assurer un consensus entre les intérêts de la bourgeoisie et des travailleurs de ne pas sombrer dans l’opportunisme. Cette défaite est la victoire la plus importante. Elle est l’aboutissement d’un processus de décomposition, d’effondrement, de droitisation. Elle est le champ du cygne d’une organisation ayant toujours défendu une politique fausse et anti-révolutionnaire.

    La France Insoumise se voit désormais le nouveau pôle social-démocrate. A n’en pas douter, ceci représente l’aboutissement du travail de Mélenchon depuis son départ du Parti Socialiste : organiser autour de lui, de sa clique issue de l’O.C.I., le nouveau centre réformiste. Ainsi, l’ancien ministre, l’ancien P.S., aura réussi son tour de passe-passe : sauter par dessus les cadres du PS pour former son Parti Socialiste bien à lui.

    Cependant, le P.S. nous réserve certainement bien des surprises. Son appareil, son réseau associatif, ses courroies de transmissions sont toujours là, et il est douteux que le vide temporaire qu’il laisse puisse être occupé par la F.I. ou par une organisation manquant de cadres comme « En Marche ! ». Personne ne peut être plus satisfait de la défaite massive de Hamon, du succès de Macron et de Le Pen, que des cadres opportunistes, lesquels vont pouvoir, sans risquer l’opprobre générale, passer aux côtés du traître d’hier et mendier une place.

    Les poussières qui suivent, notamment Philippe Poutou, n’ont pas réussi à capitaliser sur leurs performances dans les débats. Ils ne sont pas apparus comme des alternatives crédibles, sont restés sur un électorat faible et fractionné. Etrangement, celui qui, derrière Hamon, tire son épingle du jeu, est Nicolas Dupont-Aignant, lequel incarne une forme de FN « propre, » loin des affaires, malgré ses piètres performances et ses prises de pied dans le tapis.

    L’abstention et le boycott sont restés forts, aux alentours des 22%. Nous considérons que le fait qu’un électeur sur cinq ne se soit pas exprimé est significatif de la démoralisation de ceux-ci et du dégoût pour la démocratie bourgeoise.

    Ceci représente plus que les voix de Macron (18% de l’ensemble) ; que les voix de Le Pen ( 16% ) ; que les voix de Mélenchon (15%). L’issue de ce premier tour est donc la suivante : la première force politique est le rejet du parlementarisme bourgeois, conscient, théorisé, ou non.

    Le premier tour est un séisme du fait de la disparition des deux grandes forces politiques : PS et LR. Depuis l’élection de Giscard en 1974, l’alternance était restée entre la « droite gaulliste » et la social-démocratie.

    Deuxième tour, premières manigances.

    Dès l’annonce des premiers résultats solides et fiables, les bouches se sont déliées. Sans perdre un instant, Pierre Laurent, dirigeant du PCF, s’est rué pour assurer Emanuel Macron de son soutien. Sans un suzerain P.S. pour lui assurer des places, des élus, des positions, le P.C.F. court le risque d’être victime d’un effet domino entraîné par l’effondrement de son allié et maître.

    Mélenchon et la France Insoumise sont des partenaires gênants et peuvent très bien tenter d’achever le parti zombie pour le remplacer purement et simplement. D’où la terreur du boutiquier Laurent, dont le parti dépend, plus que tout autre, des versements des élus pour tenir (55%).

    Nous nous réjouissons de cette prise de position, dans le sens où elle illustre tout l’opportunisme de cette organisation politique, toute sa soumission, toute sa décomposition et sa putréfaction.

    Philippe Poutou, qui avait voté Hollande en 2012, a appelé à participer aux manifestations anti-FN, tout en mentionnant que Macron n’était pas un rempart contre le fascisme. Si cette position n’est pas injuste en soi, elle deumeure obnubilée par l’épouvantail FN, ne se porte pas sur une position de rupture avec le réformisme bourgeois.

    Comment en serait-il autrement pour une organisation fondamentalement réformiste sous un vernis radical, qui -même dans ses clips de campagne- s’est toujours présentée comme pouvant gagner et changer les choses en étant élu ? Comment en serait-il autrement pour une organisation qui s’est aplatie, qui a quémandé le droit de concourir dans une course truquée ?

    Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, a déclaré qu’il ne prenait pas position, n’étant pas mandaté pour. Cette absence de ligne est une des caractéristiques de l’opportunisme et du centrisme. En n’appelant pas à ne pas voter pour Macron ou Le Pen, le tribun laisse la porte ouverte, admet, par la négative, que cette possibilité est juste et raisonnable. En faisant ceci, mais il est loin d’être le seul, il laisse les positions les plus droitières, les plus modérées, les plus réactionnaires prendre les décisions.

    Botter en touche sur les questions clivantes est une marque de fabrique du trotskisme dont est issu Jean-Luc Mélenchon. Tout comme la question du colonialisme, face à laquelle son sbire Corbière s’est montré d’une lâcheté invraisemblable, la question d’impulser la ligne quant au vote au second tour semble paralyser la direction de la France Insoumise.

    Ne pas avoir reçu de mandat sur cette question sonne, à nos oreilles, comme farce à double-tranchant. Cela signifie que des mandats ont été donnés sur les positions ultra-chauvines, nationalistes, de chef du PG. Cela jette un éclairage passionnant sur les opinions de ceux qui auraient composé ce mandat, sur leur véritable physionomie politique.

    Les discussions internes à la France Insoumise, quant au positionnement face à ce tour, restent en suspens. Nous les suivrons avec attention.

    Ce second tour s’annonce comme une victoire aisée de la part du candidat de la bourgeoisie, mais également comme de vaines gesticulations, comme des concessions, des compromis, des ralliements. Une comedia dell’arte passionnante se dévoile, dans laquelle chacun rivalise de coups bas pour participer au gouvernement du plus jeune président de la République.

    L’arrivée des législatives, dans ce climat de décomposition, de recomposition, de chaos électoral, laisse songeur. Bien des questions sont sans réponse à l’heure actuelle.

    Macron est-il en mesure de faire surgir des cadres et des relais locaux suffisants pour permettre d’occuper l’espace qui lui est offert ? Peut-il réussir à transformer l’essai et à constituer une majorité parlementaire solide ou, au moins, fonctionnelle ?

    Le vide laissé par le PS sera t-il comblé par un simple retournement de veste de la part des membres de l’appareil ?

    Assisterons-nous à la concrétisation d’une opposition formée d’un F.N. capable de disposer d’élus nombreux ? D’un gouvernement pris en étau par une opposition parlementaire de gauche et une de droite ? Ces questions trouveront leurs réponses d’ici quelques mois. Une certitude demeure : ces cinq années seront sous le signe du vacillement, du louvoiement, de la fragilité, donc, paradoxalement, du risque de dégénération en brutalité débridée.

    Quant à nous, notre position est simple : Préparons-nous au choc. Préparons-nous à l’offensive de la bourgeoisie. Serrons les rangs et tirons les conclusions de cette campagne électorale.

    Ceux et celles qui se réjouissent de voir les sociaux-démocrates retourner dans l’opposition doivent faire le deuil de leurs illusions. La social-démocratie se caractérise par l’opportunisme et la trahison. C’est sa physionomie première.

    De même ceux qui, une fois leur candidat mis en échec, se targuent d’être des révolutionnaires dans l’âme, et tentent diverses O.P.A. sur les mouvements abstentionnistes, de boycott, allant jusqu’à tenter de faire coexister « nuit des barricades » et « JLM 2017. »

    Notre seule option est le rejet du parlementarisme, de ses cadres étriqués. Nous devons nous rassembler, tout ceux, toutes celles qui rejettent ce système truqué, sur des bases progressistes, anti capitalistes, anti impérialistes.

    Notre réponse aux idées fascistes est dans l’unité populaire, non dans le fait de plier le genou devant les droitiers et les libéraux.

    Nous devons fonder l’opposition extra-parlementaire, l’outil de la résistance.

    Nous devons frapper et briser le mythe de la démocratie bourgeoise. Dénoncer l’opportunisme, le chauvinisme, le réformisme radical.

    Nous devons construire l’outil de la victoire, le Parti Communiste.

    Osons lutter, osons vaincre !

  • Attentat aux Champs-Elysées – combattre l’opportunisme.

    Attentat aux Champs-Elysées – combattre l’opportunisme.

     

    Jeudi 20 avril 2017, un homme a attaqué à main armée une camionnette de Police sur les Champs-Elysées, tuant un policier, en blessant grièvement un second ainsi qu’une touriste avant d’être lui-même abattu. Immédiatement après, l’organisation fasciste Daesh revendiquait l’attentat.

    Tout aussi immédiatement, les charognards habituels se sont empressés d’agir en fonction de leurs intérêts : François Fillon et Marine Le Pen ont ainsi immédiatement vociféré, s’empressant de dévorer les corps encore chauds, d’en faire des piédestaux pour lancer leurs discours de division, de haine, de fracturation des classes populaires.

    François Fillon, enfonçant le clou, parla même de « plusieurs attaques », malgré leur inexistence. Plongeant à pieds-joints dans les fake news, au détriment des preuves. Tant que la peur subsiste, la vérité peut bien être tordue en tout sens.

    Nous condamnons cet attentat comme une volonté d’attiser la division et la haine. Nous condamnons les récupérateurs, les nécrophages, qui, immédiatement, s’en emparent.

    Comme nous le mentionnions dans cet article déjà daté mais toujours valable : « Mettre dos à dos les fascistes et Daesh. » De facto, les deux sont des alliés objectifs et s’entraident dans un système de pensée circulaire qui se renforce mutuellement.

    La misère, l’exclusion sociale, le racisme sont un terreau de recrutement pour l’organisation obscurantiste. Celle-ci table son fond de commerce sur un discours symétrique à celui des fascistes : L’Islam et l’occident seraient incompatibles, antithétiques, irrémédiablement insolubles l’un dans l’autre. L’un et l’autre des discours se font écho, se répondent mutuellement, en bref, se montrent cohérents et compatibles l’un envers l’autre.

    Les deux sont les acteurs d’une prophétie auto réalisatrice.

    Plus l’extrême-droite avance ses pions idéologiques, plus ses tentacules pénètrent la société, les pensées, les actes, plus – par effet de symétrie – celles de Daesh trouvent un appui. Daesh, au contraire d’autres organisations prosélytes, ne prône pas un « califat mondial », une volonté d’évangéliser la Terre entière.

    Elle veut, dans une espèce de soupe informe mêlant nationalisme et messianisme, la création d’un califat localisé dans le Levant et en Irak. Au maximum, l’ensemble de ses branches revendique un territoire qui correspond grossièrement à l’expansion maximale du monde musulman avant la Reconquista et les Croisades.

    Les fascistes, eux aussi, défendent une propagande axée sur une volonté de contrôler, de conserver, de structurer un espace revendiqué comme national. Cela ne se double pas d’un message universaliste, d’une prétention d’apporter à l’humanité entière une réponse à ses problèmes, mais bien, uniquement, de clamer « chacun chez soi et chacun ses problèmes. »

    L’un et l’autre des projets ne s’excluent pas mutuellement. Les fascistes se gargarisent du chaos que peut semer Daesh -n’hésitant pas, comme en est soupçonné le Flamand Claude Hermant, à fournir aux assassins l’armement nécessaire à leurs opérations. D’une part par appât du gain, de l’autre par véritable intérêt politique. Le chaos réactionnaire est l’opportunité, pour les fascistes, d’arriver comme des sauveteurs, des sauveurs, et d’être appelés au pouvoir. C’est ainsi qu’ils ont toujours obtenu leurs fonctions, les urnes étant, au final, secondaires. Faciliter la tâche de leurs alliés -objectifs et même subjectifs dans ce cas de figure – est donc parfaitement dans leurs cordes.

    Il ne fait pas de doute que la présidentielle dans l’Etat Français est dans les esprits de Daesh. Cette attaque est un cadeau fait à l’extrême-droite. C’est une offrande.

    L’ironie des ironies est que ceux qui s’empressent de jouer les spéculateurs forcenés, de faire monter les enchères, sur la mort de ce policier, n’auraient probablement pas bénéficié du moindre soutien de celui-ci de son vivant.

    Xavier Juegle, 37 ans, était un policer membre du syndicat FLAG !, la branche LGBT+ de la Police, au sein duquel il était particulièrement impliqué. Il était également pacsé avec son compagnon, et, depuis peu, père adoptif. Les documents qui ont pu être rassemblés sur ses opinions et sur ses pensées laissent peu de doutes quant au fait qu’il n’aurait probablement pas glissé un bulletin national-catholique ou fasciste dans l’urne.

    François Fillon et Marine Le Pen, tous deux hostiles au mariage pour tous et toutes, tous deux hostiles au PACS, tous deux hostiles à l’adoption pour les couples homosexuels, n’indiquent pas une forte proximité avec les positions de la victime.

    Les opportunistes n’en ont cure, ils se nourrissent, en bons charognards, de tout ce qu’ils peuvent trouver, quitte à tordre la vérité.

    En revanche une partie de l’extrême-gauche a été immédiatement ciblée par les « démocrates », les « progressistes », sous le prétexte qu’un policier progressiste ait été tué, et que cela exige que les communistes et les anarchistes marchent main dans la main et pleurent de concert avec la police républicaine.

    Il est essentiel de répondre à ceci.

    Lorsque les manifestations de policiers eurent lieu, l’an passé, l’Unité Communiste de Lyon avait déjà donné une position sur la Police. Oui, il existe des policiers authentiquement progressistes, gentils, aimables, sincères dans leur volonté de faire régner une certaine idée de la justice et de l’ordre public. C’est une indéniable vérité. Cependant, il est tout aussi indéniable que les idées progressistes sont loin d’être hégémoniques au sein de ce groupe social.

    Il existe une grande part de membres de la police qui, à l’inverse, sont des réactionnaires convaincus, des fascistes de premier ordre, des brutes épaisses enrobées de sadisme. C’est, également, un fait indéniable.

    L’existence d’une aile gauche et d’une aile droite, de positions plus progressistes et de positions plus réactionnaires est une constante dans chacun des compartiments de la société, quelque soit l’échelle. Même entre deux individus, l’un sera plus progressiste, l’autre sera plus réactionnaire. De même Il existe des ouvriers réactionnaires et des bourgeois progressistes.

    Cependant, notre rapport à la Police n’est pas un rapport individuel, il est une question de fonction sociale.

    La fonction de la police est d’exécuter les ordres de l’Etat bourgeois, de maintenir l’exploitation la plus efficace des travailleurs par la bourgeoisie. Elle est le moyen par lequel l’ordre tient, reste, résiste contre les volontés de changement, contre les volontés de transformation de la société. Elle n’est pas, contrairement aux prétentions de Lutte Ouvrière, une part de la classe ouvrière, elle est un corps détaché, séparé, dévoué uniquement à la répression. Par sa fonction, elle représente, indépendamment de la qualité de ses membres, un ennemi.

    Que la police le fasse dans le respect de la déontologie, comme le voudrait Mélenchon, ou dans la violence maximale, comme l’appelle de ses vœux Le Pen, ne change pas le fond de l’affaire. Elle est une ligne de défense de l’ordre bourgeois contre les travailleurs, contre les révolutionnaires.

    Certes, il est plus agréable de savoir la police contenue par des règles et des brides, mais elles sont illusoires et seront lâchées dès qu’une menace apparaîtra.

    C’est pour cela que nous ne nous réclamons pas de l’esprit « Charlie », que nous n’avons pas « embrassé un flic. »

    Nous condamnons cet attentat comme étant l’expression d’une volonté de chaos réactionnaire, d’une volonté consciente de servir la soupe aux fascistes.

    Nous sommes solidaires des familles des victimes et nous exprimons notre solidarité. Nous ne nous réjouissons jamais des tueries et des massacres.

    Mais nous ne saurions clamer « vive la Police. » Nous ne saurions soutenir les forces de répression et acclamer leur œuvre.

    Nous ne saurions acclamer l’Etat bourgeois et de ses gouvernements, grands fournisseurs du terreau fertile d’où naissent les réactionnaires.

    Les thèses et les discours qui promeuvent la division, la fracturation des classes populaires, ces thèses dont les fascistes et les obscurantistes sont porteurs, doivent être balayées sans la moindre concession.

    L’unité populaire est l’arme contre ceux qui veulent instiller la division.

    L’unité populaire est le fer de lance de la contre-offensive contre les exploiteurs et leurs alliés réactionnaires -occasionnels ou réguliers.

  • Guyane : le bal des impérialistes.

    Guyane : le bal des impérialistes.

    Nous retransmettons les revendications émises par le Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale le premier octobre 1997.

    Ces revendications sont toujours légitimes et nécessaires.

    Sans être une déclaration de guerre contre l’Etat colonisateur, elles représentent quelque chose d’infiniment supérieur à tous les discours de compradores, de clients, de l’impérialisme français. Elles posent la volonté d’une rupture entre la métropole et la cage de fer qu’elle tisse sur le sol Guyanais. 

    Nous saluons la lutte menée par les guyanais et guyanaises contre le dépeçage de leur pays, la spoliation de leur terre, l’exploitation, la misère.

    Nous soutenons leur mot d’ordre de lutte contre l’impérialisme français, contre l’occupation, tout comme nous saluons toutes volontés d’indépendance.

    Les Communistes ont pour tâche de lutter contre leur propre impérialisme, de briser ses serres.

    A l’heure où certains caractérisent la Guyane comme un bijou, comme la perle de l’impérialisme français, nous la caractérisons comme un espace d’où l’impérialisme français doit être chassé.

    Dans l’actualité, pourtant, c’est le carrousel des chauvins et des impérialistes:

    Benoît Hamon a ainsi dit qu’il était « le seul candidat à proposer de doter les Outre-mer d’un fonds pour l’égalité réelle de 2,5 milliards d’euros sur 5 ans ». Il a indiqué « maintenir la sur-rémunération des fonctionnaires ». Une manière de maintenir une élite coloniale bien disposée. Grassement payés, les fonctionnaires venus de la métropole ne risquent pas de remettre en cause leurs avantages.

    François Fillon, lequel a probablement d’autres chats à fouetter, s’est contenté d’un laconique trait sur une situation étant « la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande. »

    Marine Le Pen a éructé, comme à son habitude, des platitudes sans nom. « J’ai vu et j’ai compris que nos compatriotes de Guyane n’en peuvent plus, ils sont comme nous tous, ils n’en peuvent plus d’une immigration massive; de l’insécurité qu’elle génère, quand 50% des détenus en Guyane sont étrangers; que la Guyane soit devenue le département le plus criminogène de France; de la saturation des services publics et de ne plus avoir accès à des services de santé débordés. (…) Je nommerai un ministre d’Etat de l’Outre-mer et de la Mer qui, en Guyane, s’attellera à la lutte contre l’immigration, l’insécurité, au développement économique, au travail de désenclavement ».

    Au fin fond d’un système colonial pourrissant, Marine Le Pen réussit le tour de force de parler de l’immigration. Quelle ironie mordante, dans une région occupée et colonisée par un conquérant venu de l’autre côté de l’Atlantique, que de vomir la haine sur les habitants de l’autre côté du fleuve.

    Ce n’est nullement une surprise. Mais la palme de l’impérialiste le plus splendide revient sans conteste à Jean Luc Mélenchon, lequel, non seulement, trouve à s’exprimer de la manière la plus cocardière possible, mais, encore, réussit à flétrir l’impérialisme américain. Vendre notre impérialisme comme plus doux, plus humain, plus inspiré par les Lumières, quelle audace.

     « C’est à la Guyane française à laquelle nous adressons un immense salut de solidarité! La Guyane, c’est nos petits chéris, c’est la France en Amérique du sud, tel que, si j’étais élu, nous prendrions place non pas comme le fourgon de l’armée nord-américaine mais comme un partenaire direct avec les pays de l’Amérique latine, puisque la France est un pays d’Amérique latine! »

    Non seulement Jean Luc Mélenchon ne veut pas entendre parler d’indépendance, de décolonisation, mais il tente d’emballer l’impérialisme français dans un costume de velours. Voilà qu’il veut lancer les tentacules du 4ème exportateur d’armes mondial, de la 6 ème ou 9 ème puissance mondiale [selon la méthode de calcul], à l’assaut de l’Amérique Latine.

    Son bijou, sa perle, à porté d’autre noms avant : Indochine, Algérie…

     

    Nous savons quel genre de partenaires notre impérialisme a été.

    Nous sommes des occupants, non des partenaires.

    Quant à la réponse aux problèmes, selon lui, la voici : « Ce sont les questions que nous mettons à l’ordre du jour: la disparition de l’Etat qui a plongé la société dans le chaos, des richesses immenses que personne ne pense à utiliser d’une manière respectueuse de la nature. »

    Ni critique du capitalisme, ni de l’impérialisme. Et pour cause, sa base sociale se trouve dans la petite bourgeoisie et dans l’aristocratie ouvrière. Ceux-là même qui touchent les miettes de la domination coloniale et néocoloniale. « Sous la VIème République, l’impérialisme sera transfiguré, deviendra l’ami des peuples, son outil d’émancipation.  » Voilà, en somme, la teneur de ce discours.

    L’élection présidentielle démasque chacun des acteurs qui la compose comme des valets de la bourgeoisie, des grands monopoles économiques, de l’impérialisme.

    Rien à attendre de ce côté.

    Nous n’avons pas besoin d’un impérialisme plus beau, mais bien de sa défaite.

    Nous avons besoin d’une union rassemblant les forces révolutionnaires, progressistes, anti-impérialistes qui se battent au sein de et contre l’Etat Français.

    Nous devons battre le chauvinisme et le social -impérialisme.

    Halte à l’impérialisme français !

    Hors de Guyane ! Hors des colonies !

  • François Fillon, le mépris glacé de la bourgeoisie.

    François Fillon, le mépris glacé de la bourgeoisie.

    François Fillon, dont la campagne s’enfonce à chaque pas dans un tel bourbier, est pourtant en mesure de réussir un nouveau tour de force : Il a réussi à atteindre un nouvel Everest du haïssable.

    Intervenant auprès d’aides-soignants et aides-soignantes, dans une maison de retraite, le candidat des Républicains s’est montré d’une insensibilité invraisemblable à leur situation dramatique.

    Sous-payé, victime d’un manque de reconnaissance total, ce personnel épuisé, éreinté, travaillant dans des conditions édifiantes, ne réclamait pourtant que son dû : une paie complète et du repos.

    Fillon n’a trouvé à dire qu’une laconique phrase, se résumant ainsi : « vous faites 39h, comme nous. »

     

    Reconnaissons un mérite à François Fillon. Son incapacité à émettre un brin de chaleur humaine, à exprimer un brin de compassion, fait de lui un être franc. Cassant, froid, inhumain, mais franc.

    Fillon incarne, avec une perfection d’artiste, la pensée bourgeoise dans toute sa splendeur :

    Réactionnaire, pétrie de valeurs démodées, passéiste, sexiste, homophobe ;

    Sans pitié pour les travailleurs et les travailleuses, pour lesquels cette classe n’a pas la moindre compassion, la moindre empathie ou sympathie. Et pour cause, syn pathos, souffrir avec, Fillon ne le peut. Il ne le peut car il n’est pas en mesure de comprendre ce que cela signifie qu’une fin de mois difficile, qu’un travail qui étrangle, étouffe. Non, lui ne connaît que l’opulence des salons parisiens, ou, à l’extrême rigueur, de Sarthe. Il ne connaît que l’argent facile, le népotisme, le piston, les arrangements.

    Fillon ne peut comprendre ce que c’est un métier.

    Il ne peut comprendre, surtout, ce qu’est un métier réalisé dans des conditions dramatiques, où chaque jour ressemble au renflouement d’un Titanic qui ne demande qu’à sombrer.

    Fillon ne peut pas comprendre ce que c’est qu’un métier rendu absurde par l’étranglement des moyens, par le management idiot, par des moyens inadaptés.

    Il n’en comprend pas les composantes humaines, le rapport aux patients, il n’en voit que l’aspect comptable.

    Cet aspect comptable, la bourgeoisie le connaît bien, en revanche. Le comprend bien. Un denier dépensé pour prolonger la vie d’un inutile, n’est-ce-pas un mauvais calcul ?

    C’est ce rapport, ce lien uniquement financier, qui pousse François Fillon à s’exprimer en disant : « Vous voulez que je fasse de la dette ? »

    Sa réponse devait tomber comme un couperet, comme le tranchant d’une lame, pour en finir avec ce débat. Pour François Fillon, cet argument est le point Godwin-bis des bourgeois.

    Pour ses interlocuteurs, ses interlocutrices, c’est un coup de poing absurde, qui ne peut que sonner comme un « en plus, il faut payer ? »

    Fillon, iceberg sans états d’âmes, ne fait pourtant que traduire la réalité qui a mené à cela. Cette dette érigée en seigneur intégral, qui a poussé le gouvernement prétendument socialiste à poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs. Cracher sur Fillon est une chose, mais il n’est que l’agent, le laquais.

    Les autres candidats ne commettront pas l’erreur de le mentionner à haute voix. Mais fondamentalement, tous se logent à la même enseigne. Tous savent, dans leur fort intérieur, que derrière la démagogie, derrière les sourires, les promesses et les discours, derrière tout cela, il y aura une terrible réalité.

    C’est celle d’un système économique pourrissant, vicié, incapable de répondre aux besoins de la société. C’est celle d’un système qui recule même, qui ravale même les miettes arrachées de haute lutte.

    Quoiqu’ils, ou elles, en disent, quoiqu’ils ou elles promettent, tout le jeu de l’élection se déroulera dans ce système qui ne tient pas ses promesses.

    Les communistes authentiques, non les pâles copies qui salissent notre drapeau, ne mentent pas là dessus. Pour balayer la dette, pour faire éclater d’un coup le carcan qui entrave le système de santé, il faut plus qu’une loi, plus qu’une promesse.

    Les bourgeois, les bourgeoises, vivent exemptés d’impôts, exemptés de charges fiscales. Par la corruption, la manœuvre, la tricherie, sous les yeux complices de la justice, ils et elles échappent à toutes sanctions. Ce sont eux, la dette. Ce sont leurs malversations que nous payons. Malversations effectuées par l’argent qui est pris aux travailleurs, par l’exploitation.

    Leur demander de payer cela, d’être honnête, n’entrainerait que rires gras et moqueries.

    Il faut une révolution.

    C’est ce dont nous avons besoin.

    Pas d’une « insurrection citoyenne », ou d’un autre gag, mais bien d’une révolution qui porte au pouvoir le Parti représentant les intérêts des travailleurs et des travailleuses. Pas seulement pour faire beau, mais pour pouvoir transformer la société.

    Il faut une révolution qui chasse les parasites vivant des rentes de la dette de l’Etat. Qui saisisse les moyens de production, usurpés par une classe sociale inutile et improductive. Qui les remette entre les mains du peuple tout entier, pour que plus jamais l’exploitation de puisse exister.

    Les bourgeois et les bourgeoises, nous ne les oublierons pas !

    Nous leur ferons découvrir le travail, honnête et productif.

    Nous leur ferons découvrir le labeur des ateliers, des hôpitaux, des bureaux, des champs.

    Mais qu’ils se réjouissent ! Ils n’auront jamais à découvrir ce qu’ils ont fait subir, des années durant, aux travailleurs, aux travailleuses. Ils et elles auront la chance de travailler dans un système où l’exploitation sera abolie, où les fruits du travail seront pour toutes et tous.

    Ils et elles auront la chance de participer à cet effort commun, de se réhabiliter, de se racheter, de ne plus être ces pantins glacés, venus vomir leur bile sur les travailleurs et travailleuses de la santé, un beau matin de mars.

    Mais qu’ils soient avertis, car ils entravent cette avancée vers ce soleil radieux, qu’ils soient avertis par les mots prononcés par Lénine : « Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

  • Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon sur le rassemblemennt anti-électoral du 4 / 02.

    Le Pen, Macron, Mélenchon ne sont pas les bienvenus à Lyon !

    L’Unité Communiste Lyon, l’organisation Groupe Antifasciste de Lyon et Environ ainsi que de nombreux individus, aux idéologies et opinions variées, appellent à se rassembler le 4 février 2017, place Raspail, dans le 7ème arrondissement, à 11h00.

    Ce rassemblement est le meeting de celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans les cadres étroits, étriqués, de la démocratie bourgeoise. Ce rassemblement est celui de ceux et celles qui considèrent que les courses à l’Elysée sont les courses au populisme, au clientélisme, aux promesses intenables. La bourgeoisie en établit les règles, le fonctionnement, mais elle encadre aussi strictement les postes à pourvoir. L’alpha et l’oméga de ce jeu de lumière se déroule sur son tapis de jeu privé, jalousement gardé. Le vainqueur devient le président du conseil d’administration des grands bourgeois, des monopoles, mais -suprême pouvoir- il lui est laissé la possibilité d’aménagements à la marge. Les élus ne représentent pas le peuple, les élus représentent Total, Areva, Dassault, la BNP Paribas.

    Nous rejetons ce système dans son ensemble. Mais comment ne pas bondir lorsque viennent s’imposer, dans notre ville, les rassemblements de ceux qui jouent ce jeu pervers ?
    Macron, avatar du monde de la loi travail, qui exhorte à suer plus dans le labeur, lui-même n’ayant jamais travaillé de ses mains, n’ayant jamais été qu’un parasite.
    Le social-chauvin Mélenchon, au verni « humaniste » écaillé, cachant mal son chauvinisme outrancier. Pestant contre Bruxelles, Washington et Berlin, dissimulant à grand peine son adhésion à l’impérialisme français. Nous n’avons rien en commun avec cet autoproclamé « champion de la gauche. »
    Le Pen, la fascistoïde, prétendant une proximité avec le peuple, mais dont le programme se caractérise par son contenu anti-social, réactionnaire et xénophobe.

    Nous nous rassemblons pour rejeter en bloc leurs programmes pourris, leurs idées réactionnaires, leur vision étriquée. Certes, le raz-de-marée des moralisateurs déferle, hurlant que ne pas voter est faire le jeu de l’ennemi. Ce discours a amené François Hollande au pouvoir. Nous vîmes quel allié ce fût.

    Que devrions nous faire ? Rester murés dans le silence, tandis que se perpétue cette mascarade ? Non. Nous venons réclamer, nous aussi, notre droit à l’expression. Nous venons clamer le fait que la démocratie n’est pas celle des urnes, n’est pas celle des salons, pas celles des assemblées cossues. La démocratie ce n’est pas lorsqu’un nom sort d’un chapeau, lorsqu’on remet un chèque en blanc à un individu qui va s’empresser de bazarder son programme tout en clamant que « le peuple » l’a mandaté.

    Nous appelons au boycott des élections, mais nous ne nous en tenons pas là ! Nous appelons à l’organisation, indépendamment des élus, des institutions, des liens avec la bourgeoisie.

    Notre démocratie est populaire. Elle est directe. Elle est assumée. Elle est également dirigée contre les exploiteurs, contre les parasites qui se gavent de profits sans jamais trimer un jour de leur vie.

    Nous proclamons que nous sommes une opposition extra-parlementaire.

    Nous ne sommes pas qu’une clique, qu’un groupuscule. Nous sommes l’union de ceux qui comprennent que ce système pourrissant est à bout de souffle. Nous sommes un camp qui existe, un camp qui ne demande qu’a émerger, au milieu du marasme politique, au milieu de la corruption et du compromis. Dans toutes les villes de l’Etat français, des initiatives similaires éclosent, fleurissent et donneront bientôt leurs fruits.

    Nous appelons aux réunions qui visent à constituer un camp antiparlementaire et anti-électoral. Nous appelons à la constitution d’un front, d’une alliance refusant le parlementarisme et la démocratie bourgeoise. Nous appelons à une expression politique commune, sur les bases de l’anticapitalisme, de l’opposition -en premier lieu- à l’impérialisme français, sur la dénonciation de la parodie de démocratie et le rideau de fumée des élections.

    Nous appelons à constituer ce camp du peuple, seul à même de pouvoir exister et peser, à l’heure actuelle, comme une force antibourgeoise. Nous appelons à l’existence d’une opposition au pouvoir de la bourgeoisie, non pas dans les salons et les fauteuils, mais dans la rue, dans les usines, dans les champs, les écoles, les universités, les pôles emploi et les prisons.

     

  • Opportunisme et élections : les masques tomberont !

    Chaque jour qui passe nous rapproche du jour du scrutin de l'élection présidentielle, mais également de celui des législatives. Depuis que le coup d'envoi de la course aux fauteuils a été donné, une chape de plomb s'est abattue sur les luttes. La grande majorité de la vie politique se cristallise autour de ce qui est présenté comme la fonction suprême.

    Les élections approchent, et une nervosité s'empare des différentes forces. Que les partis bourgeois s'élancent de toutes leurs forces vers cet objectif, ceci est une chose qui se comprend, qui s'entend. Ils promettent monts et merveilles pour quérir les voix de ceux et celles -une espèce qui se raréfie- qui accordent encore un semblant de crédit à ces discours creux et, avec une intensité croissante, ponctués d'idées et de thèses réactionnaires.

    Qu'importe, dans le fond, si leur programme peut-être appliqué ou non, du moment où le bulletin est glissé dans l'urne. II n'existe nullement une chose telle qu'un contrôle sur les élus en régime bourgeois. La propagande politique de ces partis ne s'apparente nullement à l'énonciation d'une vérité, mais bien à la réclame publicitaire, au créneau, au segment de marché, auquel est vendu un produit politique.

    Les magiciens ne croient pas à la magie. Le prestidigitateur connaît le secret, le "truc". Les politiciens et politiciennes bourgeois sont de cette même essence, ils et elles sont des illusionnistes. Le Front National sait très bien que ses promesses chocs ne franchiraient jamais la barrière du conseil constitutionnel, pourtant ce parti continue de clamer qu'une fois le pouvoir remis entre leurs mains, celles-ci seront appliquées. La transcription de l'élection de ce parti ne s'est pourtant traduite que par l'arrivée aux affaires d'une clique de politiciens corrompus, clientélistes et putréfiés. Dans l'immédiate actualité, à la suite du "Penelopegate", le Front National, lui aussi ciblé pour ses détournements d'indemnités parlementaires, vient d'annoncer son refus de rembourser les 300 000€ indus. Comble de l'ironie pour le parti dont le slogan fût "tête haute, mains propres."

    Les Républicains font de même, en surenchérissant sur le nombre de fonctionnaires supprimés, en tentant de faire une synthèse avec les thèses de l'extrême-droite, en se drapant dans une rigueur inflexible inventée de toute pièce, tant leur corruption est sans borne. Combien de Lagarde, combien de Balkany, combien de Fillon sont nécessaires pour illustrer l'opportunisme et la gloutonnerie sans borne de ces parasites ? L'affaire de l'épouse de François Fillon est illustrative des méthodes et de l'absence intégrale de principe de la part de ces individus. La politique, pour eux, pour elles, n'est qu'un plan de carrière comme un autre, avec ses avantages en nature et ses petits bénéfices pris à la volée.

    Après 5 ans d'exercice du pouvoir, le Part Socialiste accouche de deux créatures. La première, Emmanuel Macron, semble tout droit issu d'une expérimentation visant à donner un avatar de chair à la Loi Travail. Il est l'enfant d'une union entre le Parti Socialiste et le MEDEF. Emmanuel Macron poursuit la logique sociale-libérale du Parti Socialiste, l'emmenant jusqu'à sa conclusion finale : elle retire sa peau, son masque social pour se vouer à un libéralisme intégral. Il trouve ses soutiens derrière des businessmen de la politique, tel Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, confondant régulièrement Chambre du Commerce et de l'Industrie et mairie. Derrière des individus ayant été au PS pour se doter du réseau permettant leur élection, mais donc la couleur politique attribuée est loin d'avoir laissé une empreinte. Le seul mérite de ce candidat est le suivant : à tant être la descente de lit du MEDEF, son programme en devient un des plus applicables, si les urnes lui en donnent l'occasion.

    Le deuxième enfant est la chimère tant espérée par le Parti Socialiste, mais également par le PCF. Benoit Hamon, le restaurateur de la dignité. En écartant François Hollande, en refusant Manuel Valls, le PS se redonne une chance. Benoit Hamon est relativement resté peu à l'écart des éclaboussures. Relativement immaculé, s'étant inventé un programme -inapplicable au possible- marqué à gauche, marquant une rupture avec la ligne Hollande – Valls, il ouvre la voie au rapprochement avec les éléments du PCF qui ne sont pas dans les bras de Jean-Luc Mélenchon. Nombre de pétitions, d'appels, exigent une fusion des forces des différents candidats, pour qu'une seule liste de gauche soit présente. Ainsi, le PS, qui a liquidé le code du travail, qui a bombardé, expulsé, matraqué, réprimé, emprisonné, est de nouveau devenu fréquentable. Ces cinq ans sont excusés, grâce à l'irruption du candidat Hamon.

    Le programme de Hamon est un exemple même d'illusion, de jeu de lumière, de tour de passe-passe. Il est sensiblement plus à gauche que celui de Hollande en 2012, mais pourtant il ne donne aucune explication de l'échec de ce dernier à le mettre en œuvre. Hollande serait il humainement mauvais ? Fut-il un agent dormant du MEDEF ? Ou cela est il simplement révélateur de la nature du régime bourgeois, lequel est un jeu de dupe, dans lequel l'intérêt de la bourgeoisie primera toujours ? Dans ce cas là, comment le candidat Hamon prétend-il surmonter les écueils ? Les voit-il ? Probable que oui, mais probable également que cela de lui cause guère d'émotion. La mystique du fauteuil Elyséen suffit à motiver et à promettre tout ce qui mobilisera pour les urnes.

    A l'exception, dans une certaine mesure, du dernier candidat, lequel joue la carte de "l'aile gauche", aucun ne se prétend être dans le camp du peuple, aucun ne se targue d'être un acteur de la lutte des classes. Ils sont des ennemis de classe, mais des ennemis déclarés, ouverts, assumés. Rendons à César ce qui est à César, rendons leur cet hommage là.

    Le propre de la trahison est de venir des siens. C'est de venir de son camp, de sa chair, de ses amis.

    Jean-Luc Mélenchon est de ceux dont le parcours parle pour eux. Difficile de donner l'argument de la naïveté pour cet individu qui, comme son fidèle Alexis Corbière, est passé par le Pôle Emploi du trotskisme : l'OCI et ses diverses déclinaisons. Tout comme Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis, Henri Emmanuelli, Gérard Filoche et d'autres, "Santerre" comme il se fait appeler, a milité au sein du groupuscule lambertiste avant de faire carrière au Parti Socialiste.

    Etant donné la nature des tracts et des documents publiés à l'époque par cette organisation, difficile de pouvoir contester que Mélenchon dispose d'un certain bagage idéologique. Nous ne ferons pas l'offense de le nier.

    Pourtant la lecture de "l'ère du peuple", du "hareng de Bismarck" ou encore du programme de la France Insoumise, révèle un contenu schizophrène. Le programme est typiquement celui du trotskisme, dans toute la splendeur illusoire du programme de transition, auquel s'ajoute la saveur typiquement issue de l'OCI, maintenant du POI  : le chauvinisme.

    Social, le programme l'est. Il est indéniable de le mentionner. Ce programme fait la part belle aux promesses de conquêtes sociales, de hausse de salaire, de défense de l'emploi et des conditions de travail.
    Chauvin, il l'est également. La dictature de l'UE, la vente de la France à Angela Merkel, la terrible occupation des troupes de l'OTAN en France, les arguments classiques passent et repassent, pour se ponctuer d'un magistral -et impérial- slogan: une nouvelle indépendance pour la France. Une place de la France dans le Monde, à travers ses joyaux que sont ses colonies. Une République Une et Indivisible. Qu'importe qu'il faille tenir par la force armée Mayotte, que les Békés s'engraissent dans les Antilles, ou que le FLNKS subisse la répression. Qu'importe encore les Bretons, les Basques, les Corses. "Paris vaut bien une messe" aurait prononcé Henri IV ; la place de la France dans le Monde vaudra bien une Saint-Barthélemy de ceux qui veulent la libération nationale.

    Surtout, le programme porte la main du mythe façonné par les réformistes radicaux : la possibilité de s'affranchir de la dictature du capital. La croyance qu'il est possible -tout comme Hamon et sa promesse d'un salaire pour tous- d'imposer des contraintes à la bourgeoisie sans qu'elle ne se rebiffe, sans qu'elle ne se rebelle, sans qu'elle n'appelle à l'écrasement de ceux qui osent -à peine- porter la voix contre elle.

    C'est là le paradoxe sot du programme de transition, il tient, bancal, une jambe plus courte que l'autre. Un programme trop ambitieux pour qu'il ne soit réalisé dans le cadre de la démocratie bourgeoise, mais trop court pour être révolutionnaire. Songeons-y : s'il est possible de contraindre la bourgeoisie à accepter l'intégralité du programme de la France Insoumise, du salaire socialisé ou d'autres inventions chargées de conférer un vernis radical au réformisme; pourquoi ne pas simplement la déposséder des moyens de production et de les remettre entre les mains du peuple ?

    L'idée sous-jacente serait probablement de démontrer l'incapacité du capitalisme à  satisfaire ces revendications, poussant ainsi les travailleurs, d'eux-mêmes à se diriger vers la révolution. Hélas, trois fois hélas, cet aventurisme ne masque que l'absence de stratégie, que le vide de l'analyse politique et historique. Il n'entraîne que le désespoir chez ceux qui ont placé leur confiance en lui. En niant la dictature de la bourgeoisie, en niant la nécessité de briser son ordre, en escamotant la question de la révolution, le programme réformiste social-chauvin de Jean-Luc Mélenchon s'oppose, de fait, à l'anéantissement du capitalisme.

    Au moins a-t-il un mérite, c'est celui de poser la question du pouvoir, même d'une manière erronée, même d'une manière chauvine. Ce n'est même plus le cas de l'autre faction trotskiste, le NPA.

    S'exprimer sur le NPA sans tirer sur l'ambulance, est difficile. L'attitude ambivalente de l'organisation sur un grand nombre de sujets, notamment sa capacité à participer, à la fois à des rassemblements de soutiens aux Kurdes qui se battent contre Erdogan et en Syrie et à la fois à d'autres avec ceux qui les égorgent, est illustrative et typique du trotskisme ainsi que de l'amateurisme.

     Dans la lutte pour les élections, panne complète de soutiens, le Nouveau Parti Anticapitaliste semble ne pas être en mesure de se présenter. L'organisation s'est fendue d'une pétition particulièrement pathétique, au sens premier du terme, sur la nécessité, pour la démocratie, que soient présents les candidats de cette organisation.  A courir deux lièvres stratégiques, le verbiage révolutionnaire et le fond réformiste, aucun n'est atteint à la fin. Au lieu de dénoncer la dictature de la bourgeoisie, le NPA l'implore de lui laisser une chance. Au lieu de dénoncer la mascarade électorale, il se met à genou, supplie, pleure pour que lui soit donné la possibilité de participer au jeu truqué

    Quant au programme, le NPA confirme sa place de super-syndicat, restant dans l'économisme et la lutte pour les droits démocratiques. Augmentation du SMIC, meilleure égalité salariale…etc. Si le NPA possède un mérite, c'est celui de dénoncer l'impérialisme français. Cela ne l'empêche pourtant pas d'appeler à son intervention dans les conflits, notamment syrien.  

    Bien triste tableau du panorama électoral. Cent ans après la révolution d'octobre 1917, les illusions sur la bourgeoisie et son régime durent. Rien d'étonnant en cela de la part des partis électoralistes, mais là où le bât blesse, celles-ci contaminent également ceux et celles qui se placent pourtant en dehors de cette course.

     

    De la phrase de gauche à l'unité avec le réformisme.

    Nombre d'organisations politiques revendiquées révolutionnaires trébuchent dans les fils tendus entre leurs jambes par la bourgeoisie. La peur motive nombre de prises de position erronées. En premier lieu la peur du FN, entretenue par ceux qui ne se gênent pas pour en appliquer le programme, laquelle donne naissance à cette volonté de faire barrage à ce dernier, quitte à s'allier à l'ennemi de classe. Cette position fait rabattre leur drapeau, les fait se soumettre idéologiquement, stratégiquement, à leur oppresseur.

    Le manque de confiance dans la capacité des masses à comprendre la nécessité d'une révolution ; à être en mesure de se saisir des conceptions politiques, à s'impliquer et à rejoindre la lutte contre le capitalisme. Le manque de confiance et sa propre conception.

    Ceux qui rejoindront Hamon, sous le prétexte ressassé tant en tant de fois qu'il est "possible de tirer vers la gauche le PS", au lieu de chercher à anéantir notre bourreau de ces 5 dernières années. Prétexte déclinable en maintes et maintes versions, lesquelles permettent de justifier un retournement de dernière minute et un appel au vote.

    Les professionnels du "soutien critique" sont légion. Donnant un blanc-seing au bourgeois, tout en restant "critiques", ils et elles ne font qu'accréditer la validité de ce jeu, participent, le renforcent. Leur critique ? Quel impact a-t-elle ? Aucun.

    La politique éternelle, centriste, du ni-ni rejaillit également. "Ni vote, ni boycott" ; tout comme auparavant le "ni pour, ni contre" ; "ni guerre, ni paix"… Cette position est une manière de ne pas attaquer le fond de l'affaire, de ne pas prendre position, de tenter de concilier ce qui est antagonique. Cette manière permet de prendre fait et cause pour l'un -ne pas s'opposer signifie accepter- tout en se donnant une image de refus pour conserver sa crédibilité. Son effet est de paralyser, de stopper, d'immobiliser tout mouvement, tout réflexion, tout action. La neutralité n'est pas communiste.

    La tâche des communistes, la ligne qu'ils et elles doivent défendre existe pourtant. Nous ne pouvons pas rester sourds aux élections, et nous devons nous positionner : les soutenons nous ? Acceptons-nous ce jeu ? Appelons-nous à voter pour un candidat aux législatives ou aux présidentielle ?

    Nous ne jouons pas aux jeux truqués.

    Un jeu dans lequel la bourgeoisie pose ses règles, pour faire rentrer ses laquais dans des cadres qu'elle contrôle, pour son propre intérêt et en imposant son ordre du jour. Présenté comme cela, bien fol serait celui ou celle qui accepterait. Et pourtant.

    Nous ne faisons pas partie de cette espèce. Nous dénonçons ce jeu ridicule et nous appelons à le dénoncer. Chaque voix donnée au jeu de la bourgeoisie l'accrédite et poursuit l'existence du mensonge. Pierre Desproges écrivait "l'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote." Cette phrase illustre intégralement la nature de la démocratie bourgeoise. Une farce. Un trompe l'œil. La bourgeoisie elle-même en brise régulièrement les règles, lorsqu'elles la contraignent trop.

    Voter pour ces candidats qui plient l'échine sous ces règles, pour des partis réformistes, nous ne le reprochons pas aux individus. Nous ne les blâmons pas, nous blâmons notre faiblesse à faire vivre le camp du peuple comme un contre-pouvoir réel.

    Mais les organisations qui appellent à jouer ce jeu, ou qui ne le dénoncent pas, doivent assumer la responsabilité de leurs actes et de leurs choix. Si un parti révolutionnaire, tactiquement, présentait des candidats, la question se poserait peut-être de manière différente. Les élections seraient une tribune tactique, un point d'attaque comme un autre et non le point suprême.

    Nous appelons au boycott des élections. Nous appelons à refuser ce jeu, à refuser chaque aspect de ce jeu et à dénoncer chacune des manœuvres des opportunistes, qu'elles fussent pour rabattre les électeurs vers la bourgeoisie ou pour couvrir leurs traces.

    Nous appelons aux réunions qui visent à constituer un camp antiparlementaire et anti-électoral. Nous appelons à la constitution d'un front, d'une alliance refusant le parlementarisme et la démocratie bourgeoise. Nous appelons à une expression politique commune, sur les bases de l'anticapitalisme, de l'opposition -en premier lieu- à l'impérialisme français, sur la dénonciation de la parodie de démocratie et le rideau de fumée des élections.

    Nous appelons à constituer ce camp du peuple, seul à même de pouvoir exister et peser, à l'heure actuelle, comme une force antibourgeoise. Nous appelons à l'existence d'une opposition au pouvoir de la bourgeoisie, non pas dans les salons et les fauteuils, mais dans la rue, dans les usines, dans les champs, les écoles, les universités, les pôles emploi et les prisons.

    2017 ne doit pas être une année sous le signe de la bourgeoisie, elle doit être l'année de la renaissance, dans l'Etat Français, d'un camp populaire, indépendant et offensif !

  • Le Canard Enchaîné épingle François Fillon sur son programme de santé.

    "Attention, document col­lector ! Une fois n’est pas coutume, « Le Canard » a décidé de mettre en ligne sur son site Internet une œuvre majeure, un document pour l’Histoire : le programme santé de François Fillon ! Car cette perle est devenue introuvable sur le site du candidat, qui ne contient plus qu’un inoffensif résumé. Au soir du 13 décembre, après le grand rétropédalage de Fillon sur la Sécu, son équipe a supprimé du site de campagne ses 16 pages de « propositions détaillées » sur la santé. La fleur au fusil, Fifi y promettait rien de moins que la mort de la Sécu, laquelle serait « foca­lis[ée] » sur les « affections graves ou de longue durée ». Tout « le reste » passerait entre les mains des mutuelles et des assurances privées, annonçait le programme détaillé, aujourd’hui balancé aux oubliettes."

    Le projet de Fillon sur la sécurité sociale est glaçant, mais dans la droite ligne des projets des gouvernements précédents. Privatiser en grande partie la sécurité sociale et remplacer les cotisations à celle-ci par des mutuelles privées.
    C'est précisément ceci qui explique qu'aux USA, les membres des classes populaires se soignent peu, que les complications liées à des maladies, pourtant bénignes, s'installent. Cela fait partie des paramètres qui entrent en ligne de compte pour comprendre le tassement voir le recul de l'espérance de vie des américains.
    Ces cotisations aux mutuelles engrangeront des sommes colossales pour des fonds d'investissement, tout comme à l'heure actuelle les fond de pension ou les assurance-vies . Ces mêmes mutuelles contribuent a engraisser des possédants et des actionnaires vivant en parasites.

    Lorsque de scandales frappent déja une simple mutuelle étudiante, la LMDE, liée au Parti Socialiste, pour ses détournements d'argent et ses non-remboursement, peut-on mettre le moindre gramme de confiance dans des mutuelles qui gèrent intégralement notre santé ? Le doute est très largement permis.
    Pour les capitalistes, tout permet de faire du profit. Il n'existe pas de tabou, ni de limites. Si, pour quelques millions d'euros de plus, la santé des classes populaires de l'Etat Français doit plonger, pour ces individus sans scrupule, ce n'est nullement un obstacle.

    Les moyens existent, il n'y a aucune impossibilité à fournir une santé gratuite pour tous, de qualité, et sans délais. Seulement des barrières entravent la marche de l'humanité.                                                                                                                             

    La loi du profit qui règne dans toutes les entreprises pharmaceutiques et médicales, recherchant la rentabilité maximale au détriment de la qualité et de l'accessibilité.
    Le numerus clausus imposé par l'ordre des médecins, leur corporation, qui entretient la pénurie de docteurs et pousse à la hausse des tarifs vers des sommes vertigineuses, à travers les dépassements d'honoraires.
    La pénurie totale de personnel médical, surchargé de travail, aux effectifs réduits au minimum pour limiter la masse salariale et augmenter le taux d'exploitation. Les tragiques suicides qui ont émaillé l'actualité montrent a quel point la situation est critique.
    La fermeture, pour des questions de coût, des établissements de proximité, des maternités, des centres de rééducation -l’Hôpital Henri Gabrielle de Saint Genis-Laval en est un exemple- remplacés par des centres régionaux surchargés, trop lointains.

    La question de la santé est un des problèmes fondamentaux dans tous les Etats. Si nous ne sommes pas si mal loti, c'est grâce aux luttes qui ont été menées et qui ont permis la constitution de ce secteur efficace. Pour traiter réellement la maladie, et non pas seulement ses symptômes, il ne suffit pas de vanter les mérites de la nationalisation et des pôles de secteur public.

    Un obstacle se dresse devant nous, devant l'humanité, c'est le poids mort de la bourgeoisie et de son intérêt de classe. Ce n'est qu'après avoir balayé ces parasites, les avoir chassés du pouvoir, qu'il sera possible de mettre en oeuvre un plan d'ensemble pour résoudre la question de la santé.

  • Fidel Castro nous a quitté.

    Aujourd'hui, Fidel Castro nous a quitté.

    Le dernier dirigeant révolutionnaire de la deuxième vague (1945-1959) s'est éteint à l'âge de 90 ans. Pendant toutes ces années, il a incarné l'image vivante de la lutte du tiers-monde contre l'oppression impérialiste américaine, contre la main mise des USA sur l'Amérique Latine. Il a incarné la solidarité des peuples, l'amitié qui naît dans le creuset de la lutte de libération contre l'oppresseur colonialiste ou néo-colonialiste, quelque fusse son drapeau.

    Héros à la peau d'acier, ayant survécu à tellement de tentatives d'assassinats que celles-ci en sont presque devenues une routine, Fidel Castro nous laisse, ainsi que les peuples en lutte, tous un peu orphelins.

    Il a incarné un Etat indépendant, une réussite au sein d'une Amérique Latine marquée par les narcotrafics, la prostitution, les gangs, mais également la pauvreté endémique, l'absence d'accès au logement, aux soins, à l'éducation et la corruption liée à la patte de l'exploitation impérialiste.

    Cuba n'a cessé d'attirer l'amour des peuples, n'a cessé d'attire l'admiration pour ces réussites: l'indicateur de développement humain le plus élevé de sa région, un nombre de médecin par habitants le plus élevé du Monde, un taux d'alphabétisation quasi-total.

    Même ceux qui reviennent de Cuba des critiques plein la bouche ne peuvent que reconnaître qu'on y croise pas les va-nu-pieds et les mendiants, les enfants loqueteux et les favelas de l'Amérique du Sud. Même si il n'y règne pas l'abondance la plus totale, les besoins primordiaux du peuple n'y sont pas oubliés.

    Fidel Castro n'est pas exempt de défauts, mais nier les qualités dont il a fait preuve serait d'une effronterie sans nom. La "voie  Cubaine" également, avec ses avancées et ses erreurs. 

    Cuba fait partie de l'histoire du mouvement révolutionnaire mondial, et à ce titre, doit être analysée pour en tirer les éléments bénéfiques et les éléments négatif. Cet événement, tragique, doit être l'occasion d'un retour sur le passé de la révolution cubaine, sur le positionnement de Cuba dans les débats qui ont traversé le mouvement communiste, et sur la construction du socialisme. C'est également l'occasion de voir les terribles dégâts que la politique de division internationale du travail de Nikita Khrouchtchev a pu créer. Dégâts terribles et irréparables.

    Aujourd'hui, nous saluons un homme dont la place est au sein du Panthéon des révolutionnaires.

    VIVA FIDEL ! 

  • Primaires de droite: Fillon, le candidat de la synthèse FN – LR.

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    La primaire de la droite et du centre, vaste opération de communication et de sondage, fort lucrative, lancée par la coalition Les Républicains a vu son premier tour terminé. Celui-ci s'est traduit par plusieurs conséquences:

    L'éviction de Nicolas Sarkozy, pour qui le retour aux affaires aurait été un confortable sursis, étant donné les casseroles que celui-ci traine dans son sillage: goodbye donc le leader historique de l'UMP.

    Le score absolument ridicule de Jean-François Copé, 0.3%, reflet d'un électorat de droite à la recherche de pragmatisme et de réalisme dans son approche des questions. La honte dont s'est couverte ce candidat n'a, effectivement, pas dû l'aider à progresser dans les sondages.

    Les deux gagnants sont ceux qui synthétisent, quelque part, les deux ailes de LR, Alain Juppé, celui qui se rapproche plus d'une coalition centriste, et, de l'autre coté, avec une marge d'avance confortable, François Fillon.

    François Fillon propose un programme de choc libéral d'inspiration thatchérienne mêlé à un conservatisme des valeurs. Bref coup d'oeil sur son parcours:

    – En 1975, François Fillon se prononce contre l'IVG et le droit à l'avortement.
    -En 1982, contre la dépénalisation de l'homosexualité.
    -En 1992, il prit une position souverainiste de type chauvine par rapport au traité de Maastricht.
    -En 1999, il s'oppose au PACS.
    -En 2009, fait illustratif, il refuse un poste de ministre à NKM, car elle est enceinte.
    -En 2012-2014 contre la loi Taubira.

    -Dans ses fonctions de ministre de l'Education, il est le responsable du projet d'autonomie des lycées, brèche ouverte pour permettre une suppression du recrutement centralisé des enseignants, pour gérer comme une entreprise le personnel des établissements, en somme une attaque pour une privatisation rampante.

    -Il est également, pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, où il sert de paillasson à ce dernier, l'agent principal de la réforme des retraites et de l'application d'un programme d'austérité, à partir de 2010, lequel s'est traduit par des restrictions budgétaires importantes, dans de nombreux secteurs. Ceci entrainant d'importantes non-reconductions de postes, des départs anticipés et une utilisation accrue de contractuels pour combler les brèches.

    -Toujours dans l'éducation, c'est sous son gouvernement que se met en œuvre la Loi sur la Responsabilité des Universités, entraînant un rapprochement entre les universités et le secteur privé, la rentrée d'investissements de la part des entreprises en échange de sièges au conseil d'administration, le développement de licences et de maitrises adaptées uniquement aux intérêts du bassin d'emploi; en bref une politique de subordination du supérieur aux capitalistes.

    -Le gouvernement Fillon est aussi celui où la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, en 2011, propose au dictateur tunisien Ben Ali de lui "prêter des CRS" pour mater la révolte du printemps arabe.

    Ceci permet de dresser un portrait rapide du personnage. Cela ne saurait cependant être complet sans mentionner un tweet de sa main : "La colonisation servait simplement à partager notre culture." ou sans mentionner que son ouvrage phare est Vaincre le totalitarisme islamique, révélateur de la pensée réactionnaire et confuse de notre larron, mais de son talent -discret- de communiquant draguant l'extrême-droite.

    Grand négationniste des crimes de l'impérialisme français,  apôtre de la nostalgie coloniale, candidat idéal des fanatiques de la manif pour tout, tout en étant libéral et doucereux avec les riches, et d'une dureté de fer avec les travailleurs, François Fillon représente un bel hybride FN – LR, donc un excellent candidat pour un vote de coalition.

    Quel est le programme de François Fillon:

    1) Suppression de la durée légale du temps de travail et  2) Refonte du Code du travail 

    L'un des paradoxes de la candidature de François Fillon est qu'il se trouve plus dans la droite ligne de ce qui a été mis en place par le Parti Socialiste, plus que ce qui est issu de la présidence de Nicolas Sarkozy. Le PS a beau communiquer sur le sujet en jouant les Sainte-Nitouches, son œuvre de dévastation du code du travail, à travers la loi El-Khomri, a dépassé les rêves et les désirs les plus fous de la bourgeoisie. Ayant éventré la protection sociale, le gouvernement PS / EELV / PRG a détruit l'aspect fondamental du code du travail: l'échelle des normes. Comme les accords d'entreprise passent désormais au dessus des conventions collectives et même de la loi, tout est désormais possible. Pour autant, pour satisfaire son électorat, il est bien nécessaire de bombarder de nouveau ce champ de ruine, histoire de justifier la place des Républicains du côté de la droite, chose de plus en plus complexe face à un Parti Socialiste capable d'appliquer le programme tant du FN que de l'ex-UMP.

    3) Retraite à 65 ans
    Rien de neuf sous le Soleil, encore, allonger le temps de travail nécessaire pour partir à la retraite, user jusqu'à la corde les corps et les esprits des prolétaires, pour assurer la rentabilité maximale, tout en privant, mécaniquement, d'accès au marché du travail la jeune génération, par l'occupation plus longue des postes. Heureusement, comme ils n'auront pas pu cotiser pour le chômage, cela n'aura pas d'impact financier sur les caisses de l'Etat.

    4) Suppression d'un demi-million de postes de fonctionnaires.
    La suppression de postes de fonctionnaires est un peu l'un des delenda carthago de cette primaire: rivaliser en promettant toujours plus, en avançant les chiffres les plus extravagants pour plaire à l'auditoire. Cette mesure est à peine à commenter tant elle est une caricature de programme de droite, basée sur la "haine du privilège du fonctionnaire", et sur la théorie que "le privé peut tout", chose qui, pour autant, ne s'est jamais traduite par des réussites, quelque fusse le domaine.

    5) Allocations chômages réduites et dégressives.
    Autre delenda carthago partagé par tous les candidats, la question des chômeurs, considérés comme des plaies sociales, des incapables, des parasites par les ténors de la droite, lesquels les somment donc d'accepter chaque emploi qui leur est proposé sous peine de subir le couperet de la perte d'allocations. La encore, rien de neuf sous le soleil, si ce n'est que -merci la gauche au pouvoir- cette pression se répercute également sur ceux qui ont un emploi. Ainsi, il est plus aisé de leur faire accepter des hausses temps de travail et des baisses de salaire.

    6) Suppression de l'ISF et allégement des "charges" qui pèsent sur la bourgeoisie.
    Pauvre bourgeoisie, croulant sous les impôts, les charges, les dîmes et les gabelles. A peu de choses près, le portrait tracés pourrait évoquer cette caricature du tiers-Etat portant les deux autres ordres: la bourgeoisie supportant fonctionnaires et chômeurs, ces privilégiés. En vérité, ce cadeau, cette largesse, accordée par le programme de François Fillon ne fait que délester un peu plus les travailleurs de leur salaire. Plus la part qui reste -de manière effective- dans la poche du patron, de la patronne ou du rentier et de la rentière est élevée, plus le taux d'exploitation du travailleur, de la travailleuse augmente. Et encore, lorsque ces grands et grandes bourgeois et bourgeoises sont imposées fiscalement, ce qui est rare, comme a pu le révéler le Canard Enchaîné.

     La bourgeoisie ne produit aucune richesse. Elle spolie les travailleurs de leur dû et agit en parasite. En retirant ces charges, ces impôts, c'est une manière de laisser les charges collectives aux frais du prolétariat, d'en exempter ses exploiteurs.

    7) Loi Taubira modifiée.
    Petit clin d'oeil à ses amis réactionnaires, qu'ils fussent de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X ou simplement conservateurs, cette volonté de revenir sur la loi Taubira instituant une certaine égalité devant la Loi des couples, quelque fusse leur orientation sexuelle. C'est un retour aux jeunes amours de notre larron, homophobe, antiféministe et réactionnaire. Pour autant, pour éviter que tout lui saute au visage, la seule mention faite clairement est non une suppression, mais un amendement retirant la possibilité d'une adoption plénière par les couples du même sexe. Cela paraît pour autant douteux, car il entrainerait un chaos juridique sans nom.

    8) Fermeture des frontières.
    Autre geste de tendresse de sa part, vers le Front National, une ligne encore durcie par rapport à celle que le Parti Socialiste prônait, concernant l'accueil des immigrés et des réfugiés. Instaurations de quotas d'origine -vieux rêve des partisans du brain drain ou de l'immigration choisie- réduction de moitié des accueils, mais également accentuation des embûches pour la régularisation et l'accès à des aides. Autant de choses qui permettent de drainer des voix à droite.

    9) Gendarmerie pour tous les opposants !
    Le journal Médiapart a publié un article d'un intérêt indéniable  sur le rapport fascinant de François Fillon à l'opposition, qu'elle fusse syndicale ou politique.

    Lors d'une intervention faite le 5 septembre 2016, le candidat s'est fendu d'une déclaration de guerre à peine voilée: Il propose l'envoi de la gendarmerie aux forces "arc-boutées sur leurs acquis", en somme, une onde de choc et de terreur pour imposer son ordre. Inspiré -il s'en vante- de la dame de fer, de Thatcher, il aborde la question d'une manière simple et brutale: pas d'intervention de l'Etat, pas de limite de temps de travail, et si "on l'emmerde", il gouvernera par ordonnances, pour mettre au pas le pays.

    Notre cher Fillon représente donc une frange particulièrement réactionnaire, particulière synthèse de l'extrême-droite et du courant libéral, parfait champion de la cause.

    Nous ne voterons pas PS.

    UNEF trahira toujours ?

    Face à un tel réactionnaire, effectivement, il y a de quoi avoir des sueurs froides. Cependant, qu'a révélé l'alternance ? Elle a révélé que les sociaux-démocrates ont plié sous les exigences du patronat, qu'ils se sont couchés a ses pieds et qu'ils ont mordu quiconque tentait de s'opposer à son agenda. Le Parti Socialiste tente de se montrer comme le seule rempart contre le chaos et contre le fascisme, le fer de lance du progrès. Hélas, trois fois hélas des "circonstances" l'ont empêché de pouvoir mettre en oeuvre son magnifique programme. Ces circonstances s'appellent l'intérêt des capitalistes. Et le programme appliqué se nomme "l'ordre du jour" de cette classe.
    Cela est symptomatique, d'une part de la clique d'opportuniste que forme le Parti Socialiste, d'autre part de la démocratie bourgeoise en tant que telle.
    L'Etat bourgeois, ses institutions, ses instances, ses ramifications ont été conçues par la bourgeoisie comme manière de pouvoir encadrer la société et l'exploitation. Rien de plus. Cela forme son royaume exclusif sur lequel elle veille d'un œil jaloux. En votant, seule la saveur change, mais le poison reste le même. Rose "rose" ou rose "bleue marine", cela reste le pouvoir des bourgeois.
    Les candidats "à la gauche de la gauche" qui prétendent qu'il leur est possible d'accéder au pouvoir font fausse route. Ou ils sont d'une naïveté totale, ou ils avancent ces thèses pour séduire un électorat plus radical, pour ramener vers le réformisme les travailleurs. L'expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire devrait nous avoir vacciné contre la stupidité réformiste, contre ce poison, contre cette croyance que nous sommes dans un jeu démocratique à armes égales avec ceux qui nous exploitent. La bourgeoisie n'acceptera pas un gouvernement qui va à l'encontre de ses intérêts sans y être forcée. Et encore, elle ne concédera que de menues choses. La bourgeoisie préférera faire appel au fascisme pour écraser le mouvement ouvrier que de laisser toucher à ses intérêts de classe.

    Les réformistes parlent de 1936 comme de la victoire d'un gouvernement, elle n'a eu lieu que parce que le pays était bloqué par la grève et la menace de l'insurrection.
    Ils parlent de 1945 comme d'une victoire d'un gouvernement, niant le fait que les communistes portaient les armes, avant que le PCF, ignominieusement, contre la ligne de l'Internationale, leur ordonne de les rendre.
    Ils parlent de 1981 comme d'une victoire, alors qu'elle n'a fait que consolider, par l'aide de l'Etat, un capitalisme français endommagé et vulnérable. Une curieuse victoire qui déboucha, dès l'orage passé, sur une privatisation acharnée, y compris sous un gouvernement PS avec à sa tête Lionel Jospin, vermine Trotskiste.

    Depuis la chute de l'URSS même révisionniste -rendons à César ce qui revient à César- le capitalisme n'a plus eu besoin de s'encombrer de concessions, de s'encombrer de négociations. Les concessions qui avait été données sont reprises désormais, car le patronat juge que le prolétariat est trop faible et dispersé pour pouvoir riposter. Il faut dire qu'il a bien oeuvré a anéantir ses rouages ou a les corrompre.
    Il fonce donc tête baissée pour profiter de son avantage. 
     

    Que faire ?

    Pouvons nous blâmer, au vu des forces que représentent le mouvement révolutionnaire dans l'Etat français, le fait que beaucoup ne voient que le vote comme possibilité de faire changer les choses, de faire évoluer la société ?

    Nous ne le pouvons pas.

    Le fait que le vote prenne autant d'importance, qu'il apparaisse comme la seule issue, alors que c'est une cul-de-sac est révélateur de la faiblesse actuelle des organisations révolutionnaires.
    Pour autant, nous ne prendrons pas la position de "ni soutien, ni abstention", laquelle revient à ne pas se mouiller, laquelle revient à botter en touche et à ne pas vouloir se brouiller avec qui que ce soit. Ni celle du soutien critique, position trotskiste imbécile, où le parti qui en tire profit conserve le soutien, mais jette au loin la critique.

    Nous appelons à une abstention militante.

    Chaque fois que la participation baisse, c'est un aveu du manque de légitimité de nos dirigeants, c'est un aveu de l'absence de confiance des masse dans leur ordre, du manque de solidité de leur régime.

    Militante car l'expérience démontre que ni le pouvoir, ni la démocratie, n'est dans les urnes, dans les jeux étriqués des bourgeois. Car seule la lutte paie, c'est la seule force qui batte en brèche les réformes au service du patronat, qu'elles soient issues de la gauche comme de la droite. C'est la lutte qui rend les aventures militaires politiquement intenable, qui pousse à ce qu'elles s'éteignent. C'est la lutte qui créé l'outil démocratique, l'outil de pouvoir dont peuvent se saisir les masses, ces assemblées où leur légalité remplace celle de la bourgeoisie.

    Nous appelons à rejoindre et renforcer les organisations de combat de la classe ouvrière, ses syndicats ses associations. A rejoindre les cercles communistes, qui travaillent à fournir formation et cadre organisationnel pour combattre, pour fonder un Parti Communiste combatif et révolutionnaire, ce Parti qui nous manque.
    Nous appelons à dénoncer le jeu pourri des partis bourgeois, laquais des patrons !
    Refuser leur jeu truqué !
    Combattre leur pouvoir, dans la rue, dans les entreprises, dans les administrations, dans les universités et les lycées.

    Organiser le camp du peuple et passer de la résistance à la contre-offensive, de la contre-offensive à la révolution !