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  • Le mouvement des Gilets Jaunes : Les désirs de l’extrême-droite. -Partie 3-

    Le mouvement des Gilets Jaunes : Les désirs de l’extrême-droite. -Partie 3-

    Les désirs de l’extrême-droite.

    Partie 3

    La présence de l’extrême-droite dans le mouvement des gilets jaunes remonte à très tôt. Dès les premières annonces de mobilisation sur les réseaux sociaux, de nombreuses pages douteuses ou conspirationnistes ont relayé les appels. Il s’agit d’un modus operandi classique de l’extrême-droite, laquelle n’aime guère les mobilisations traditionnelles où elle ne trouve pas de place pour s’exprimer.

    En revanche, elle se nourrit d’appels informes, de rumeurs, de canulars. Les « jours de colère », les retraits des enfants de l’école…Etc. Les exemples récents ne manquent pas. Et ils ont, jusqu’à présent, toujours été des échecs considérables.

    Dans le cas des « Gilets Jaunes », les fascistes ont eu un flair certain. Il est important de leur reconnaître cela, leur intervention était nettement plus efficace que celle des forces progressistes. Celles-ci -nous y compris- avaient sous-estimés la possibilité de succès de la journée du 7 novembre. Seul Mélenchon et LFI avaient pris une position mi-soutien mi-critique, qui laissait en fait toute latéralité d’action à ses militants et militantes.

    Cette présence de l’extrême-droite, Jeunesse Identitaire, Bastion Social, Rassemblement National…etc. a eu un effet de repoussoir important sur bon nombre de militants et militantes progressistes et révolutionnaires. Cependant, il est notable que les cartes étaient déjà sur table avant l’irruption des réactionnaires. Cette présence n’a été utilisée que pour confirmer une position pré-établie.

    Il est vrai qu’il existe -ou a existé- une certaine primauté politico-culturelle imposée par l’extrême-droite. Celle-ci est le miroir de sa percée dans l’imaginaire populaire. L’image du rebelle, du dissident, du révolté a été captée par les réactionnaires et les fascistes. La révolte contre le monde moderne, contre les élites mondialisées ou d’autres sornettes qui ne résistent pas à un examen sérieux. Mais elles impactent durablement l’imaginaire collectif.

    Cependant, avant toute chose, il importe de clarifier des points essentiels. Nous, militants, politisés, marqués par une tradition anti-impérialiste, antifasciste, nous n’avons pas la même perception des symboles que la très large majorité des individus. Voir les Gilets Jaunes chanter la Marseillaise et brandir le drapeau français peut être perçu comme négatif, comme réactionnaire, par rapport à notre propre référentiel culturel. Pourtant, cela ne signifie pas que la personne qui le chante ou qui brandit ce drapeau se perçoit lui-même comme un fasciste, comme un impérialiste ou autre. Ne pas comprendre cela revient à s’exposer à un isolement complet et à rester dans « notre marginalité » pour reprendre la formulation de l’article de Rebellyon.

    Face à ces pratiques, pourquoi se positionner ? Nous considérons que le drapeau français n’est pas un symbole de ralliement, tout comme la Marseillaise. Se sont les symboles de la République bourgeoise et impérialiste. Les empoigner reviendrait à les considérer comme étant légitimes, comme pouvant représenter quelque chose de positif. Cela reviendrait à conforter l’association qui existe dans l’esprit d’une très grande partie de la population entre les intérêts de l’Etat (ceux de la bourgeoisie) et les intérêts du peuple (lutter contre celle-ci).

    C’est pour cela que nous avons nos drapeaux et nos chants. C’est pour cela que nous avons nos hymnes et nos références. Pour tracer une ligne de démarcation et pour rallier autour de celle-ci.

    Comment se positionner ? Le rejet, on l’a vu plus haut, est exclu. Traiter des contradictions au sein du peuple sous l’angle de l’antagonisme, c’est se disqualifier soi-même.

    Certains, et c’est la position de Mélenchon, considèrent qu’il faut adopter nous-mêmes ces symboles et ces références. En agissant ainsi, les militants et militantes ont renoncé à faire avancer les positions politiques erronées de ceux qui les emploient. Eux ont fait le choix de sauter à pied joint dans l’association entre ce qui est du domaine du national-étatique (les intérêts de la « France ») et le national-populaire (les intérêts de la nation au sens des masses populaires qui vivent dans le territoire tenu par l’Etat français). Cette confusion entre deux conceptions antagoniques de la nation explique les positions étranges retrouvées dans les écrits de Mélenchon, où toute séparation dans la société disparaît magiquement dès que surgit la question internationale. C’est une position suiviste.

    Notre position est de défendre nos symboles et de faire le travail pour explquer pourquoi nous embrassons ceux-ci et non pas ceux de la bourgeoisie. Parce que nos intérêts de classe sont plus fort que notre prétendue unité nationale. Considérer toute personne intoxiquée par la propagande bourgeoise et réactionnaire comme perdu, c’est s’avouer déjà vaincu. Non seulement il est possible de rallier, mais il est essentiel de le faire. Le fait d’être influencé par les idées fascistes ne change pas instantanément en SS.

    Les post-modernistes croient qu’une « culture » tombant du ciel comme un faucon, ou présente dans les tréfonds de la personne, la définit du tout au tout. Ainsi,  à gauche , déjà précité, prétendument maoïste, évoque « la culture beauf » des masses. Une belle injure qui est censée caractériser une « culture » indépassable, contre laquelle ils se déclarent impuissants.

    Peu après l’élection de Macron, nous écrivions ceci :

    Un ouvrier sexiste, [politiquement] retardé, xénophobe, est le reflet des positions de son milieu, de celles de l’influence de l’idéologie bourgeoise. Cela remet-il en cause le fait qu’un travailleur, une travailleuse, n’a pas objectivement intérêt à détruire l’exploitation, à détruire la division genrée du travail, à anéantir la mise en concurrence des travailleurs ? Pour le postmoderne, oui. Il ou elle est définitivement passée dans un «côté obscur» tout aussi métaphysique que celui de l’univers de fiction dont ce concept est issu. Il ou elle est déjà un ennemi qu’il est contre productif de rallier. En refusant cela, le postmodernisme laisse le champ libre à la réaction, qui, elle, se fait un plaisir d’opérer un travail de recrutement et d’explication, sur la base de ses positions réactionnaires.

    Pour les marxistes, ces positions sont le reflet de la faiblesse de l’organisation de la classe ouvrière, de la faiblesse de l’influence des organisations communistes dans la société. Traiter un bourgeois qui tient des propos et des attitudes réactionnaires et un ouvrier qui fait de même est faux. L’un exerce objectivement une idéologie qui correspond à ses intérêts de classe, l’autre est intoxiqué.

    Soit il nous faut acter cette intoxication comme inéluctable et renoncer. Soit la combattre. Nous combattons et nous parlons à tous. Même une partie de la petite bourgeoisie en proie au déclassement se rebelle contre l’écrasement. A elle aussi, il faut parler. Nous y reviendrons.

    Il est indéniable que l’extrême-droite à su avancer ses têtes de ponts. Elle a réussi à imposer, un certain ordre du jour, un certain porte-parolat, une certaine communication. Cette influence s’est retrouvée dans des actes racistes, sexistes, homophobes… en somme dans une grande partie de l’expression du mouvement des Gilets Jaunes. A Lyon, notamment, le Bastion Social a pris la tête de certaines manifestations en tentant, derrière des slogans tels que « à bas les voleurs », d’amalgamer l’immigration avec la grande-bourgeoisie et de faire naître un « bloc national » des travailleurs avec une partie de leurs exploiteurs. Le poujadisme et le boulangisme ne sont pas encore totalement morts.

    Cependant, on ne peut que noter que la très grande prudence avec laquelle ils avancent leurs mots d’ordres réactionnaires, avec laquelle ils les camouflent, reflète le fait que leur influence n’est pas ancrée profondément. L’extrême droite procède pas insinuation, par instillation. Elle ne peut déployer ses ailes directement, car la nature du mouvement ne correspond pas à sa vision idéaliste du monde. Comment défendre la race devant un parterre métissé ? Car le mouvement des Gilets Jaunes comprend une part importante d’individus issus de l’immigration ou même d’immigrés. L’ATIK (confédération des travailleurs de Turquie en Europe) a été une des premières organisations à prendre parti pour ce mouvement. L’extrême-droite dispose de promontoires, mais ils sont fragiles !

    Nous pouvons briser cette hégémonie !

    Le dirigeant du Komintern, Dimitrov, écrivait en 1935 :

    « La décomposition très avancée du capitalisme pénètre jusqu’au cœur même de son idéologie et de sa culture, et la situation désespérée des grandes masses populaires rend certaines de leurs couches sujettes à la contagion des déchets idéologiques de cette décomposition.

    Cette force de contagion idéologique que possède le fascisme nous ne devons en aucun cas la sous-estimer.

    Nous devons, au contraire pour notre part, déployer une ample lutte idéologique sur la base d’une argumentation claire, populaire et d’une attitude juste et bien réfléchie à l’égard de la psychologie nationale particulière des masses populaires. »

    Le fascisme est une maladie. Une maladie contagieuse. Un virus. Un virus qui, comme son modèle biologique, n’est qu’une information parasitaire qui se nourrit de son hôte pour se répliquer et se répandre. Il fait travailler la cellule infectée à son propre anéantissement. Il infecte un matériel préexistant dans la cellule pour la forcer à répliquer ses germes.

    Le fascisme fonctionne exactement de la même manière. Il utilise tout ce qu’il peut dans l’imaginaire, dans l’histoire, dans la mémoire des populations pour se greffer dessus. Il escamote des pans entiers de l’histoire pour la détourner.

    Dimitrov écrivait, encore :

    « Les fascistes fouillent dans toute l’histoire de chaque peuple pour se présenter comme les héritiers et les continuateurs de tout ce qu`il y a eu de sublime et d’héroïque dans son passé, tout ce qu’il y a eu d’humiliant et d’injurieux pour les sentiments nationaux du peuple, ils s’en servent comme d’une arme contre les ennemis du fascisme. »

    Ainsi, ils font naître, avec l’aide « d’historiens » comme Deutsch, Bern, Courtois, Buisson…des mythes faux, un roman national réactionnaire, mais qui marque les masses populaires. Ce roman national possède un tel pignon sur rue qu’il infecte largement les esprits.

    Mais surtout, les fascistes jouent sur la carte de l’amour que les masses portent à leur peuple, à leurs frères et leurs sœurs. Ils l’infectent, le détournent, et en font un nationalisme bourgeois, au service des réactionnaires, des impérialistes, des exploiteurs de la planète.

    Or, là, encore, deux positions fausses sont apparues à gauche. Celle qui a tenté de rivaliser avec les fascistes sur l’ultra-nationalisme bourgeois, comme les Kuzmanovic, accompagnant et amplifiant le mouvement. L’autre est celle qu’on retrouve chez les émules français des antideutsch.

    Autant les premiers sont transparents, autant les seconds sont parfois plus énigmatiques. Le mouvement antideutsch se base sur un nihilisme national, sur une volonté de détruire toute nation et tout esprit national. Partant d’une crainte justifiée des déviations nationalistes-réactionnaires, ces militants et militantes foncent dans une négation de la question de la nation, une haine de celle-ci.

    Pourtant, indépendamment de notre volonté, les nations existent. Elles existent autour de références culturelles, de pratique culturelles, d’histoires et d’Histoire communes. Elles existent de manière matérielle et psychologique.

    Mais le fait qu’elles existent ne signifie pas, d’une part, que le droit à la séparation et à l’indépendance soit contradictoire. Comme tout, les unités se forment et se rompent. Au sein des régions sous le contrôle de l’Etat français, il existe de facto une unité, y compris dans les dominions. Cette unité correspond à un certain stade de l’affirmation de la lutte des classes tout comme des aspirations nationales sous-jacentes, contenues derrière l’impression d’unité.

    Elle n’est ni métaphysique, comme le pensent les post-modernistes, ni transcendant tout, comme le pensent les rouges-bruns.

    Comme Dimitrov l’écrivait : Les communistes, qui estiment que tout cela n’intéresse pas la cause de la classe ouvrière, qui ne font rien pour éclairer de façon juste, au point de vue historique, dans le véritable sens marxiste, léniniste-marxiste, léniniste-staliniste, les masses travailleuses sur le passé de leur propre peuple, pour rattacher sa lutte actuelle à ses traditions et à son passé révolutionnaire, ces communistes abandonnent volontairement aux falsificateurs fascistes tout ce qu’il y a de précieux dans le passé historique de la nation, pour berner les masses populaires.

    Réglons nos comptes avec les « nationalistes » et les chauvins.

    Nous ne sommes pas des nihilistes nationaux. Nous aimons notre peuple. Nous aimons nos frères et nos sœurs. Nous ne supportons pas leur misère, nous ne supportons pas leur destin d’esclave que leur réserve le capitalisme.

    Les fascistes, également, prétendent être rempli du même amour. Ils disent entendre la colère des exploités, des opprimés, et vouloir les libérer de leurs chaînes. Les fascistes se prétendent du côté du peuple et vouloir le défendre.

    Mais qui désignent-ils comme ennemi ? De pauvres hères sans le sou. Des réfugiés fuyant les guerres, la misère et la mort. D’autres bourgeoisies, d’autres impérialismes. L’OTAN, l’UE…toutes ces choses qui asserviraient notre peuple. Ils visent tout, sauf les véritables responsables des misères de celui-ci !

    Nous, nous sommes rationnels. Nous ciblons en premier lieu le premier bourreau de notre peuple, le premier à causer ses misères. Et celui-ci n’est pas à Washington, à Rabat, à Moscou, il est ici même. Celui qui baisse les salaires, qui casse les droits sociaux, qui exploite la sueur et le sang de nos frères et sœur. C’est notre propre bourgeoisie, notre propre impérialisme et ses chefs « bien de chez nous », issu de notre terroir. Ce sont eux les ennemis du peuple.

    En réalité, les fascistes ne veulent que souder la Nation autour de sa bourgeoisie, de son impérialisme, la livrant aux sacrifices, sur l’autel de la grandeur « du pays ». En réalité, ce qu’ils désirent, c’est livrer la guerre, livrer l’agression, pour plaire à leurs maîtres.

    Ils anesthésient les masses populaires pour leur faire croire que l’ennemi premier, le bourreau, est l’autre. Ils les livrent pieds et poing liés à leurs oppresseurs, prêts à les muer en chair à canon. Ce ne sont pas des « patriotes », ce sont des ennemis. Ce ne sont pas des « nationalistes », ce sont des esclavagistes !

    Nous sommes internationalistes d’une part par solidarité humaine, de l’autre parce que contre ces bourreaux qui saignent la planète, nous sommes plus fort ensemble. Toutes les masses populaires du monde unies contre leurs ennemis de classe, contre leurs oppresseurs.

    La seule clé de notre libération à chacun, à chacune, est au travers de la libération de toutes et tous !

    En plaisantant, nous pourrions dire que nous sommes plus « nationalistes » qu’eux. Car ils ne travaillent jamais pour rassembler les masses populaires dans le combat contre leurs bourreaux, au contraire. Ce sont eux qui brisent l’unité populaire, en instillant la division.

    Malgré le fait qu’ils possèdent encore des bribes d’hégémonie, à l’heure actuelle, il est tout à fait possible de combattre leurs discours et leurs positions. En particulier si nous créons le cadre du débat de fond, car elles sont fondamentalement anti-populaires et anti-ouvrières. Il faut se faire à l’idée que, comme dans les années 30, l’extrême-droite puisse tenter d’intervenir dans les mouvements de masses et de contester la direction aux organisations politiques et syndicales progressistes, prenant appui sur la propagande bourgeoise. Il est important, là, de savoir comment les combattre, non seulement dans la rue mais également dans l’expression politique envers les masses. Renoncer à mener cette lutte contre les idées réactionnaires est une capitulation en rase campagne.

    Les rêves humides de l’extrême-droite ne se concrétiseront pas de sitôt. Au Brésil, Bolsonaro s’était fait connaître pour son opposition véhémente à certaines taxes frappant les classes populaires. C’est ainsi qu’il a gagné une base d’appui parmi ceux et celles qui souffriront pourtant de sa politique. Le mouvement des 5 étoiles en Italie ou les populistes ont également surfé sur le rejet du « système » pour avancer leurs positions. Mais ce n’est pas le point central de la bataille du pouvoir.

    L’extrême-droite ne gagne pas le pouvoir, elle y est appelée. Elle y est appelée pour écraser les mobilisations et les luttes. Pour les détourner et les engouffrer dans des impasses. Lorsque les fascistes soufflent sur les braises de la contestation et de la colère, c’est uniquement dans le but d’être ceux qui soumettront cette colère à une chape de plomb, ou qui la déverseront vers des boucs émissaires.

    Mussolini, nommé pour liquider les grèves. Hitler, pour exterminer le KPD. Franco, contre la République…Toujours, les fascistes se sont hissés sur des mouvements populaires pour ensuite enfermer les masses et les écraser.

    Aujourd’hui, l’extrême-droite se sent quelque peu dépassée par l’ampleur que prend le mouvement. Elle est prisonnière de sa position de conciliation entre le populisme et sa défense de la bourgeoisie, sous prétexte de priorité nationale. Sa solution est dans le mensonge pour rallier autour d’une prétendue nation transcendant la lutte des classes.

    La signature d’un « pacte » à Marrakech est leur nouveau flambeau. D’après les fascistes, la France passerait sous contrôle de l’ONU et serait sommée d’ouvrir ses frontières à un déferlement de migrants. D’un ennemi du peuple au sens social du terme, les fascistes veulent parvenir à tordre la réalité pour que Macron devienne un ennemi au sens racial.

    Pourtant le document, une fois examiné, paraît bien anodin, bien inoffensif. Il n’est pas contraignant juridiquement, il ne remet en cause aucunement la souveraineté. Macron peut encore laisser se noyer dans la mer ceux qui fuient le chaos que ses bombes causent. Notons que ce fantasme se retrouve dans de nombreuses publications -y compris chez des « communistes », sous la forme de la domination Américaine, de la liquidation des Etats au profit des Eurorégions…etc.

    Pourtant, elle « lutte », peut-on dire. Est-ce contradictoire avec sa fonction d’ennemi du peuple ? Non.

    Dimitrov donne encore une réponse :

    « Camarades, on ne saurait se faire de l’arrivée du fascisme au pouvoir l’idée simpliste et unie qu’un comité quelconque du capital financier déciderait d’instaurer à telle date la dictature fasciste.

    En réalité, le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays.

    Tout cela sans affaiblir cependant l’importance du fait qu’avant l’instauration de la dictature fasciste, les gouvernements bourgeois passent ordinairement par une série d’étapes préparatoires et prennent une série de mesures réactionnaires contribuant à l’avènement direct du fascisme.

    Quiconque ne lutte pas, au cours de ces étapes préparatoires, contre les mesures réactionnaires de la bourgeoisie et le fascisme grandissant, n’est pas en état d’entraver la victoire du fascisme, mais au contraire la facilite. »

    Les fascistes rêvent du chaos pour être appelés eux-mêmes à résoudre ce même chaos. Ils affrontent les forces de la bourgeoisie dans un challenge pour devenir celles-ci et servir mieux leurs maîtres. Ils se parent des oriflammes de la rébellion pour porter la réaction.

    Cela signifie t’il qu’il faudra alors lutter aux côtés des policiers de la bourgeoisie pour les combattre ? Non. Chaque division tactique de la bourgeoisie est une lance dirigée sur le cœur des exploités. Il ne s’agit pas de choisir entre fascisme et bourgeoisie, mais de battre les deux et de faire grandir notre camp, celui de la révolution.

    Les antifascistes jouent -ou doivent jouer- un rôle de premier plan dans cette lutte. Certains l’ont compris et se sont lancés dans la bataille. D’autres pas encore. Non seulement les organisations antifascistes ont comme rôle de défendre contre les attaques et les provocations fascistes, mais ils ont le devoir de lutte contre les conceptions fascistes. Non sous l’angle humanitaire, mais principalement sous l’angle du rôle des fascistes comme ennemis des mouvements. Comme ennemi des luttes.

    Chaque fois que les fascistes ont gagné un centimètre, ce sont les masses populaires qui l’ont payé. Chaque fois que les fascistes ont prétendu apporter un bien-être supplémentaire pour les masses, elles l’ont payé de leur chair, de leur sang, de leur vie.

    Aujourd’hui, les fascistes interviennent dans les mouvements sociaux. A nous de montrer que nous pouvons les vaincre idéologiquement !

  • Le mouvement des gilets jaunes : notre miroir. -Partie I-

    Le mouvement des gilets jaunes : notre miroir. -Partie I-

    Le mouvement des gilets jaunes : notre miroir.

    Partie 1

    Développer une ligne politique, pour une organisation ou un parti, est un travail aisé. Il suffit d’affirmer quelque chose et de le maintenir comme vérité absolue.

    Développer une ligne politique juste, en revanche, est un travail de titan. Cela demande une enquête, cela demande de la réflexion, de comprendre tant une situation générale que de comprendre les évolutions possible et l’interaction de toutes les forces qui en sont les forces motrices ou qui peuvent l’influencer. Posséder une ligne juste revient à marcher sur le fil d’un rasoir, sur une arête tranchante, entre d’un côté des déviations gauchistes, aventuristes, qui surestiment les difficultés. De l’autre, des déviations droitières, modératrices, retardataires, qui empêchent le développement du plein potentiel de la lutte.

    Aujourd’hui, le mouvement des Gilets Jaunes fournit un cas d’école exemplaire. Il est une fenêtre sur la situation économique et politique d’une grande partie des masses populaires de France -mais aussi de ses dominions, comme la Réunion. Il est, également, un coup de projecteur sur l’état idéologique et politique des forces progressistes et révolutionnaires.

    L’un et l’autre a son importance. Le mouvement des Gilets Jaunes, les écueils auxquels il se heurte, ses insuffisances, ses manques, ses échecs, mais aussi ses succès sont un miroir. Celui de l’état des forces qui constituent ou prétendent constituer le camp du peuple, de ses propres insuffisances, de ses propres faillites, de ses propres échecs. Mais également de ses succès.

    Nous regardons le mouvement des Gilets Jaunes comme une explosion de colère face à une situation devenue invivable par une grande partie des classes populaires -au sein desquelles se trouvent également des éléments petits-bourgeois terrifiés par leur déclassement. Cette explosion de colère n’a pas été déclenchée par l’extrême-droite ou par des groupes organisés, en revanche, un certain nombre d’organisations ont eu un flair certains pour se greffer très rapidement, avant même la mobilisation du 7 novembre, et commencer à s’infiltrer dans l’appareil de direction embryonnaire.

    Ces forces réactionnaires ont tenu le haut du pavé et de l’affiche en manœuvrant, mais n’ont pas réussi à imposer leurs mots d’ordres -en particulier des mots d’ordre racistes, du fait de la présence de personnes issues de l’immigration dans les mobilisés. Cependant, ils ont plus repoussé qu’attiré. Les tentatives d’infiltration de la part de politiciens professionnels ont été souvent mal perçues et ont entraîné des réactions brutales de rejet.

    Il y a eu des actes réactionnaires isolés et spontanés : actes racistes, sexistes, xénophobes… des actes de violence ont été commis et ont été montés en exergue par les médias. D’un autre côté, des collectes pour les chômeurs, des actes d’entraides ont été passés sous silence.

    Les revendications proposées par le mouvement des gilets jaunes ont été le reflet du niveau politique de ceux qui les ont rédigées, plus qu’un plan sous-tendu par une idéologie. Des revendications réactionnaires, nourries par la propagande d’extrême-droite sont présentes. Elles sont l’illustration de la force d’influence des idéologues de la réaction. En revanche, d’autres, mêmes insuffisantes, dénotent le véritable contour social de la mobilisation : plus de salaires, que les riches paient, des droits démocratiques élargis… Ces mots d’ordres ne sont pas politiquement synthétisés. Et pour cause, cela ne se fait pas d’un claquement de doigt.

    Une grande partie de ceux et de celles qui sont dans ces mobilisations font leurs premières manifestations, parfois à un âge assez avancé. Ce sont des individus qui n’ont pas participé à des luttes sociales, à des luttes politiques. Certains liquidateurs et certaines liquidatrices des mouvements sociaux, juchés sur leur arrogance, leur en tiennent rigueur.

    Il peut être légitime, à titre individuel, de porter un regard plein d’amertume lorsqu’on voit ces nuées de Gilets Jaunes, plus nombreux et plus déterminés que les cortèges des grandes manifestations contre la Loi Travail. Individuellement, il est logique de penser cela. Mais la question ne se pose pas ainsi d’un point de vue militant. Elle ne se pose pas en « où étiez-vous ? ». Elle se pose en « qu’avons nous fait pour qu’ils, pour qu’elles, viennent ? »

    « Qu’avons-nous fait pour porter une analyse politique révolutionnaire au-delà de nos univers militants ? ». « Quels sont nos manques » et non pas quels sont les leurs.

    Nous considérons que le mouvement des Gilets Jaunes et ses failles est avant tout un miroir. Celui de nos propres failles. Et notre responsabilité est totale et intégrale.

    Nous martelons ce fait. Nous sommes les premiers responsables de nos victoires et de nos défaites. Nous ne pouvons pas reprocher à la bourgeoisie de suivre ses intérêts, nous ne pouvons pas reprocher aux fascistes de tenter de prendre la direction du mouvement des Gilets Jaunes. Nous ne pouvons lui reprocher sa faiblesse idéologique.

    Nous ne pouvons que regarder en face notre responsabilité dans le fait que la bourgeoisie soit hégémonique. Nous ne pouvons que regarder en face notre échec à trouver les moyens d’empêcher les fascistes d’être influents dans ce mouvement. Notre tâche n’est pas de conspuer la réalité, de s’en plaindre, mais de trouver les forces, l’énergie, les moyens et la voie qui permette de passer d’insignifiants à signifiants, d’inefficace à efficace, d’isolés à hégémoniques. Si nous n’avons pas les forces, il faut comprendre pourquoi et remédier à ce problème. Mais nous ne pouvons attendre que la bourgeoisie s’effondre d’elle-même ou que les fascistes desserrent leur étau.

    Or, nous considérons que c’est en regardant en face ces forces et ces faiblesses qu’il est possible de progresser, d’améliorer le travail que nous faisons, d’améliorer nos positions et de réussir à remplir nos objectifs. L’autocritique et la critique sont sans cesse annoncés comme des nécessités vitales. Pourtant, elles ne sont quasiment jamais appliquées. Bien souvent, l’orgueil, la peur de montrer les défauts de sa cuirasse, suffisent à faire que certains, certaines, organisations comme individus, préfèrent persister jusqu’au bout dans leur erreur plutôt que de faire œuvre de contrition et d’avouer leur erreur. Pour camoufler cette faillite, ils et elles s’accrochent à de grands principes généraux, mués en vérités absolues et constantes.

    Il ne suffit pas d’annoncer des grands principes emprunts de pureté pour y parvenir. Il ne suffit pas d’avoir raison « en principe », il faut également avoir tactiquement et opérationnellement raison pour gagner. Engels écrivait ainsi que « Notre doctrine n’est pas un dogme, mais un guide pour l’action. » Cette conception est un des fondements de la pensée marxiste, qui est avant tout orienté dans le but de la transformation révolutionnaire du monde. C’est à celle-ci que nous nous rattachons, au sein de l’Unité Communiste de Lyon. C’est a cet objectif stratégique de transformation du monde, de remise des leviers du pouvoir entre les mains du prolétariat révolutionnaire que nous souscrivons. Les tactiques pour parvenir à réaliser cet objectif peuvent être multiples, mais doivent s’intercaler, s’articuler pour avancer toujours plus vers sa concrétisation.

    Cela impose une courte parenthèse.

    Il y a quelques mois, à Lyon, eut lieu une rencontre-débat avec un membre très connu d’une ancienne organisation d’extrême-gauche des années 80-90, très portée sur l’action directe. Nous lui avons adressé une question, ainsi qu’a un autre des intervenants, qui affirmait que son organisation -italienne quant à elle- avait fait vaciller l’Etat italien. Nous lui avons demandé quelle était la stratégie qui avait été prévu pour chasser la bourgeoisie du pouvoir et pour le remettre entre les mains du prolétariat.

    Les réponses furent confuses. La question ne semblait pas avoir traversé l’esprit de l’un ou de l’autre. Dans les deux cas, il a été avancé des thèses sur le romantisme de la lutte, sur la nécessité de faire exemple auprès de ceux et celles qui souffrent de l’exploitation et de l’oppression. La beauté du combat était placée au-dessus de la question concrète de la victoire.

    Sur le média libertaire Rebellyon, nous lisons ceci : « [il] ne [faut] pas sacrifier nos rêves ou nos marginalités imposées sur l’autel de l’efficacité. De ne pas oublier d’où nous venons même si nous ne savons pas où nous allons — ailleurs que dans le renoncement à nos valeurs. » Nous reviendrons sur cet article. Mais d’ores et déjà, ce qui ressort en premier lieu c’est que la question de l’engagement politique est autour du fantasme, des valeurs, de l’idée au dessus de la pratique. En somme, il s’agit d’un renoncement.

    Nous n’avons pas construit l’Unité Communiste de Lyon pour attendre un mouvement révolutionnaire. Nous ne le construisons pas pour bâtir un entre-nous chaleureux et amical, mais bien pour vaincre. L’organisation est, pour nous, un outil, non une fin. Le « milieu militant », selon nous, devrait servir le peuple, non lui-même. Cet utilitarisme peut choquer, mais il est salutaire et crucial.

    Cela amène à une conclusion amère, mais néanmoins essentielle, fondamentale. Celle de l’hégémonie et de la transformation du monde. Si la marginalité d’un groupe a besoin de la société capitaliste pour vivre, si ce mode de vie ne peut pas devenir un mode de vie général pour l’humanité dans son ensemble, alors cette marginalité est le vernis du parasitisme.

    Fin de parenthèse.

    Le mouvement des Gilets Jaunes et ses implications ont causé une onde de choc dans le milieu militant. Milieu qui pouvait être extérieurement perçu comme relativement homogène sur la question des mouvements sociaux. Certes, la question des syndicats, du cortège de tête, est revenue à plusieurs reprises au sein de l’extrême-gauche, mais il s’agissait de débats d’ordre, in fine, tactiques.

    Dans le cadre de la question des Gilets Jaunes, des positions antagoniques se sont exprimés face à un mouvement de masse qui s’inscrit dans la durée. Certes les émeutes de banlieue avaient cristallisé les débats, avec des positions condamnant les violences, d’autres saluant la lutte frontale, mais les raisons de la colère faisaient l’objet d’un consensus.

    Aujourd’hui, c’est plus le fondement même de la mobilisation et le fondement des mouvements de masses spontanés eux-mêmes qui sont mis en cause que les revendications elles-mêmes.

    Il existe un groupe relativement restreint d’organisations qui ont pris la position de soutenir sans la moindre critique ce mouvement et de l’embrasser dans son ensemble. Cette poignée d’indécrottables spontanéistes voit dans tout ce qui bouge une révolution prolétarienne qu’il ne faut que diriger sur la voie de l’insurrection. Chemin faisant, ceux-ci et celles-ci agissent en brûlant les étapes, en niant la lutte politique intérieur, niant la nécessité de politiser la mobilisation…en rejetant même cette question de la politisation, qui pourrait nuire à « l’unité du mouvement ». Le POI, l’organisation Trotskiste-Lambertiste, est de ceux-ci. Ils se mettent à la remorque du mouvement spontané, sans jamais défendre autre chose que l’opportunisme.

    D’un autre côté, une fascination acritique est née, voyant ce mouvement comme une pure émanation d’esprit prolétarien, comme quelque chose de pur, de cristallin. Le chaos sur les Champs-Elysées a réveillé les thèses spontanéistes du mouvement autonome ou de certains s’inscrivant dans une vision difforme et frelatée de la pensée Mao.

    Dans chacune de nos publications à destination des Gilets Jaunes, nous avons alerté sur la question de la présence d’opportunistes qui veulent transformer la colère en voix électorale. Nous avons averti également de la question de l’extrême-droite et pointé la nécessité que les revendications trouvent une synthèse politique. Cela nous paraissait essentiel, car nous ne pouvons nier ce mouvement, il nous faut donc défendre notre ligne.

    A l’inverse un certain nombre d’organisations ont choisi d’ignorer le mouvement et de ne défendre aucune ligne. Il s’agit à notre sens de la position la plus inconséquente possible et imaginable, surtout lorsque provenant de communistes ou d’individus se revendiquant communistes. Il s’agit d’une position liquidatrice qui ne fait qu’espérer que les choses se tassent, qu’elles rentrent dans l’ordre, que les individus repartent chez eux. Tout cela pour ensuite reprendre leur ordre du jour routinier et habituel sans en avoir tiré la moindre conclusion. Leur « analyse » a été au mieux incomplète, erronée. Au pire, inexistante, quasiment bergsonienne, faisant triompher l’intuition sur l’intelligence et l’analyse.

    Pour accompagner cette position, ils et elles ont pioché dans tout ce qui pouvait les arranger, au mépris de la réalité. En fait de travail d’enquête, ils ont agi en réactionnaires. Pour un peu, on pourrait facilement leur adosser les propos de Lorànt Deutsch « si on peut tendre vers le fait scientifique, tant mieux, surtout si ça accrédite ma chapelle, et ce que je pense, mon éclairage de l’histoire. Pour moi, la vérité historique, elle est dans un éclairage. » [Les Affranchis, France Inter, 10 juillet 2012.]

    « Qui n’a pas mené d’enquête n’a pas droit à la parole » écrivait Mao Zedong. A raison. Ce travail d’enquête est le seul qui peut permettre de déboucher sur le fait d’émettre une ligne juste.

    Nous considérons que nous avons le devoir d’avoir une ligne, même sous la forme d’une ébauche, par rapport à l’ensemble des débats qui agitent la société. Même si cette ligne est de dire que nous n’avons pas encore les éléments pour juger. C’est le travail d’une organisation communiste de faire cela, de fournir des points de repères et des analyses sur les luttes. On ne peut pas boycotter les luttes.

    Mais une ligne ne suffit par, il faut également une action affirmative envers ces faits de société. Les soutenir, les condamner, et avoir une pratique envers ce fait, cet événement ce phénomène. Là, une nouvelle fois, parmi ceux et celles qui condamnent en bloc le mouvement des gilets jaunes, qui le mettent à l’index, réside une question.

    Certains ont pu dire « ce sont les manifestations de l’extrême-droite, nous les chassons de nos cortèges, nous n’allons pas dans les leurs ». Cette position nous a paru le comble du paradoxe.

    De deux choses l’une, soit ce mouvement est irrémédiablement réactionnaire, tout comme pouvait l’être la Manif pour Tous, et dans quel cas, il devrait être attaqué, ses cortèges dispersés…etc.

    Soit il ne l’est pas intégralement, mais alors dans ce cas une politique doit être menée pour mener la lutte de ligne et -au minimum- en détacher les éléments les plus avancés et les moins réactionnaires.

    Dans tout les cas, cela implique une action. Or, nous notons que rien n’a été entrepris parmi les contradicteurs les plus véhéments pour donner un début de concrétisation à leur analyse. Et pour cause, nous pensons qu’ils ont été hypnotisés par l’irruption de quelque chose qui leur était complètement étranger : les masses populaires dans leur variété, dans leur force, mais également dans leurs faiblesses. Et face à cela ces organisations, ces individus, ont capitulé.

  • Non à l’ouverture de l’école de Marion Maréchal Le Pen à Lyon !

    Non à l’ouverture de l’école de Marion Maréchal Le Pen à Lyon !

    NON A L’OUVERTURE DE L’ECOLE DE MARION MARECHAL LE PEN A LYON !

    Communiqué du collectif pour la fermeture du Bastion Social.

    L’école privée dirigée par Marion Maréchal qui se voudrait un « institut de sciences sociales, économiques et politiques » ouvrira ses portes  à la rentrée de septembre 2018 à Lyon, dans le quartier de la Confluence au 56 rue Denuzière..

    Une école … Ou un nouveau fief de l’extrême-droite à Lyon ?

    L’équipe pédagogique de cette école, dont Marion Maréchal Le Pen assure elle-même la direction, est très clairement affiliée à l’extrême-droite. L’établissement affiche par ailleurs clairement ses valeurs sur son site Internet, notamment « l’enracinement dans son identité culturelle ».

    Ainsi, il souhaite transmette à ses étudiant-e-s « le goût de leur histoire et de leur héritage ». Nous sommes bien loin de la prétendue volonté de Patrick Louis qui affirmait « ce qui nous intéresse, c’est le débat contradictoire. On ne va pas enseigner que la pensée unique ». Cette école est à l’opposé de l’esprit critique et d’ouverture affichée habituellement par les universités de sciences humaines.

    L’implantation de cette école d’extrême-droite à Lyon s’inscrit donc dans la continuité des multiples ouvertures de locaux fascistes depuis 2010, dans l’indifférence de la préfecture et l’inaction de la mairie centrale. Le dernier en date étant le local du GUD-Bastion Social.

    Leur présence favorise la recrudescence d’agressions physiques violentes et le saccage de locaux militants progressistes sur Lyon. Ainsi, début juin, c’est la façade de l’union locale CGT du 5e/9e arrondissement de Lyon qui a été recouverte de 16 croix celtiques et de deux inscriptions  « FAF (France Aux Français) ».

    Une école fasciste… et pour les plus riches !

    Si les formations proposées dans cette école relèvent d’une idéologie raciste, sexiste et LGBTI+phobe. On peut également se demander à qui elles s’adressent.

    En effet, pour obtenir un diplôme d’établissement en deux ans, non-reconnu par l’Etat (pour l’instant), il faudra débourser chaque année 5 500 euros. Par ailleurs, les formations continues sont proposées à 1 980 euros pour les actifs-actives, et 990 pour les étudiant-e-s ou les demandeurs-demandeuses d’emploi. Nous sommes dans la même logique que les écoles de commerce privées ne favorisant que les classes sociales les plus aisées.

    L’objectif de cette école est de former « une nouvelle génération de décideurs et d’entrepreneurs » porteuse de valeurs réactionnaires, ainsi que les futurs cadres du FN-Rassemblement National.

    Par ailleurs au vu des prix de l’immobilier, nous nous interrogeons sur les sources de financements de cette école qui apparaissent aujourd’hui très opaques.

    La proximité de l’école avec l’Hôtel de Région et les différentes rencontres « officieuses » marqueraient-elles un rapprochement avec la droite dure de Wauquiez?

    Malgré ses communications récentes mettant en avant une image « sociale » (avec par exemple les maraudes alimentaires du Bastion social), l’extrême droite nous rappelle ici son vrai visage : celui des élites et de l’argent. Le fascisme n’a rien de populaire, et ne lutte pas « contre le système ».

    Il n’existe que pour défendre les intérêts des plus riches.

    L’implantation de cette école privée réactionnaire nous paraît bien éloignée d’un accès aux études supérieures libre et gratuit favorisant l’égalité de toutes et de tous.

    Ecole, bars, salle de sport, locaux associatifs, etc…

    A Lyon comme ailleurs, fermons tous les locaux fascistes, peu importe la forme qu’ils prennent !

    Rassemblement le vendredi 22 juin 2018 à 12h30 sur l’esplanade François Mitterrand dans le quartier Confluence (Hôtel de Région)

  • Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 2

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 2

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche »

    partie 2 :Une alliance révélatrice

    L’accord signé entre les deux organisations à mis mal à l’aise plus d’un observateur. Le mouvement des 5 étoiles, se voulant un mouvement de démocratie directe, autour de cinq valeurs : “eau, à l’environnement, aux transports, (…) développement et (…) énergie”. Thématiques qui évoquent le progressisme, sur le papier. Sur le papier, car dans les faits, l’intérêt porté à des thématiques et des sujets de détermine pas la manière dont ils seront traités, et surtout le contenu politique de ce traitement. Comme tous les mouvements populistes, le mouvement des 5 étoiles ne le fait jamais clairement. Il ne détermine pas de position précise, pour conserver sa possibilité d’avoir la base la plus large -même si elle est contradictoire- et ainsi gagner en influence. Seulement le flou, en idéologie comme en politique, profite systématiquement aux tendances les plus libérales et les plus droitières. L’absence de physionomie politique signifie une illusion de démocratie, mais en pratique l’opportunisme et la conciliation avec les réactionnaires.

    C’est là la faillite du populisme depuis ses origines. Le mouvement russe des narodnichestvo, à la fin du XIXème siècle peut être considéré comme un des ancêtres du populisme. Dans les faits, sa thèse était celle d’une « croisade vers le peuple », dont le but était de réaliser les souhaits des larges masses populaires. Déja, à ce moment là, ce mouvement non-marxiste était périmé dans sa conception théorique tout comme dans son moyen politique d’organisation. Ce mouvement s’est d’ailleurs scindé en deux branches, l’une qui s’est engagée dans la voie du terrorisme individuel, l’autre dans le réformisme. Les deux branches ont pris des voies qui étaient des impasses stratégiques, mais qui révèlent une tendance de gauche aventuriste et une tendance de droite opportuniste.

    Dans un sens, cette dualité existe toujours au sein des organisations non-marxistes. Les organisations libertaires sont quelque part les héritières de ce passé, dans leur volonté de « réaliser les souhaits des masses » sans prendre en compte les questions clivantes en leur sein, en voulant ne jamais faire « d’oppression » au point de pouvoir tout tolérer, dans la mesure où cela participe à l’épanouissement individuel. Elles ont un caractère d’aventurisme, mais un fond qui demeure libertaire et de facto, bien que la bonne volonté et les bonnes intentions de leurs adhérents ne soient pas à mettre en doute, un contenu libéral. Leur volonté est sincères, mais leur méthode de raisonnement, partant de principes pour aller vers la réalité concrète, et non de la réalité concrète pour déterminer une stratégie, les conduit dans une gestion des questions politiques sans autres angles que celui de la tactique. Cependant on ne saurait les dire « populistes » au sens actuel du terme.

    Populisme, aujourd’hui, a pris un sens nouveau. Un sens ambivalent, à la fois relié à l’extrême droite tout comme à certains groupes « de gauche ». D’une part le terme est devenu péjoratif, personne ou presque ne se revendique « populiste », mais sa définition elle même a changé. Le dictionnaire en ligne « la toupie » le définit ainsi : « En politique, le populisme désigne l’idéologie ou l’attitude de certains mouvements politiques qui se réfèrent au peuple pour l’opposer à l’élite des gouvernants, au grand capital, aux privilégiés ou à toute minorité ayant « accaparé » le pouvoir… accusés de trahir égoïstement les intérêts du plus grand nombre. Pour les « populistes », la démocratie représentative fonctionne mal et ne tient pas ses promesses. Prônant une démocratie plus directe, ils ont donc pour objectif de « rendre le pouvoir au peuple ». »

    Derrière ce terme, un grand nombre d’organisations se retrouvent. Ce qui les unifie derrière un patrimoine génétique commun, c’est leur analyse déformée des rapports sociaux, où une nébuleuse « le peuple » s’oppose à une autre nébuleuse « l’élite », « l’establishment » …etc. Si l’apparence est louable, le font est nettement plus pervers. « Peuple », n’y a t’il pas de terme qui soit plus flou, plus vague, sans contenu de classe, sans conception des contradictions au sein de la société et de la place dans l’appareil de production capitaliste ?

    Ce qui démarque le populisme du marxisme, au delà de l’analyse, c’est que le second a vocation a combattre les conceptions rétrogrades, les conceptions réactionnaires, les erreurs qui se trouvent dans les raisonnements que peuvent avoir les masses. Elle reconnaît le fait que l’idéologie dominante, donc les idées dominantes, sont celles des classes dominantes, soit celles de la bourgeoisie. De plus, les organisations communistes combattent dans le but de transformer les rapports sociaux -dont principalement les rapports de production, de rapports capitalistes en rapports socialistes. Il ne s’agit pas pour autant de surimposer une volonté extérieure par la force, mais bien de soutenir les idées justes qui préexistent au sein des masses, de leur permettre de s’affirmer et de devenir hégémoniques.

    Le but des populistes, quant à lui, est justement d’aduler les pensées dominantes au sein des masses, de les flatter, de les exacerber. Il s’agit non pas de transformer les rapports e production, les rapports sociaux, de faire évoluer les pensées, mais simplement de « réaliser les rêves » du « peuple ». Dès lors, il s’agit de parler avec « bon sens », de dire ce que le « peuple » veut entendre. Les exploités et exploitées trouvent le système économique injuste, il suffit de se proclamer « anti-système » et de pointer du doigt les travers évident que celui-ci peut avoir, en promettant de le changer. Les impôts sont haïs ? Ils seront baissés… La démagogie est le fond de commerce du populisme. Elle est également sa faille la plus profonde.

    Les réactionnaires ont trouvé dans le populisme une manière de pouvoir avancer leurs thèses. Il suffit de flatter ce qu’il y a de plus réactionnaire dans la société pour engranger des voix. Pour échapper au classement dans l’échiquier politique, les populistes ont fait le choix de se déclarer « ni de droite, ni de gauche », mais présentent des conceptions transcendantales : la nation, le peuple… Il n’est pas même nécessaire de rechercher la cohérence, car celle-ci est contre-productive dans la course au pouvoir. Il s’agit par ailleurs de détourner la colère ou le sentiment d’injustice que peuvent connaître ceux qui subissent l’exploitation -tout comme même la petite bourgeoisie qui se sent menacée par la grande ou par la concurrence- et de le détourner vers d’autres parties des exploités et exploitées. Ainsi, la question de l’immigration est utilisée comme épouvantail constant. L’argument de l’existence de « parasites » qui drainent les finances des contribuables d’un côté, et qui prennent les emplois de l’autre est pourtant on-ne-peut-plus-creux. Mais en surinfectant une xénophobie atavique, viscérale, il est tout à fait possible d’y greffer le racisme. Les sirènes de la démagogie sont séduisantes, mais ne mènent qu’a l’arrivée au pouvoir des laquais des franges de la bourgeoisie les plus réactionnaires et les plus chauvines.

    Si l’extrême-droite utilise beaucoup la démagogie, elle n’en a pas le monopole. Une partie de la gauche s’en est également emparée, dans le but, là aussi, de se hisser vers les hautes sphères de la politique et vers les lieux de pouvoir.

  • Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Appel à manifester le 3 mars 2018 à Lyon

    Lyon ne sera pas la capitale du fascisme en France ! Depuis plusieurs années, l’extrême-droite lyonnaise, au travers d’une multitude de sectes et de groupuscules divers et variés, clame sur tout les toits que Lyon est sa ville, son royaume, son empire. Dans le Vieux Lyon, elle s’est dotée de ses bars, de ses magasins, de ses salons de tatouage. Elle veut surinfecter cette plaie et adjoignant à cela des « bastion sociaux » et, au 73 quais Pierre Scize, un local, le Pavillon Noir.

    Lyon rejette les fascistes ! Loin d’être les nouveaux croisés qu’ils fantasment d’être, ils ne sont qu’un  gang, une bande de petits agités agressifs et sans esprit. Personne n’applaudit leurs actions racistes, leurs menaces, leurs agressions. Ils sont vécus comme un occupant, un corps étranger, un parasite dans ce quartier.

    En fait d’empire, ils forment une enclave réunie autour d’un passé imaginaire, incapable de pouvoir rallier qui que ce soit, incapable d’en sortir, autrement que pour mener des raids et des agressions d’un courage sans borne. Leurs magasins sont vides de clientèle et ne tiennent que par l’opération du Saint-Esprit ou par une comptabilité douteuse. Leurs « bastions sociaux » et leurs « repas solidaires » ne voient jamais l’ombre d’un SDF. Ils ne sont que communication.

    La seule chose qui leur permet de tenir est le fait qu’ils sont appuyés par leur classe d’origine, par la vieille bourgeoisie catholique réactionnaire de Lyon. Loin de prolétaires révoltés contre le « monde moderne », ils ne sont que des petit-bourgeois en manque de sensations fortes, financés, soutenus, portés à bout de bras par papa, maman et le curé. L’Etat, la Préfecture, la Police, la Justice les tolèrent, les soutiennent implicitement, refusent de les condamner, excusent leurs crimes.

    C’est un fait, cependant, que l’extrême-droite gagne du terrain dans le monde. Mais plus que les sectes et groupuscules, les thèses se répandent.

    Les thèses d’extrême-droite gagnent en influence partout dans le monde, c’est un fait. Dans certains pays, Brésil, USA, Hongrie, Pologne, Autriche… elle est d’ores et déjà au pouvoir. Dans les autres, les organisations réactionnaires gagnent du terrain.

    Ici, les Républicains, le Parti Socialiste et aujourd’hui, La République En Marche intègrent ces thèses dans leurs programmes -en l’occurrence au travers de la politique de Gérard Collomb, ex-PS. Le racisme d’Etat, la discrimination, le massacre de la protection sociale, les expulsion et les abus policiers sont monnaie courante. Un agent de la bourgeoisie comme Laurent Wauquiez se voit désormais chef d’une droite élargie, allant des débris d’un FN en explosion jusqu’a un centre droit acquis aux idées réactionnaires. Là réside le danger.

    La crise économique de 2008 n’en finit pas de convulser, entrainant son lot de catastrophes. La misère enfle de jour en jour, grâce notamment à la Loi Travail d’El-Khomri et de Macron. Cette politique va aggraver profondément la situation sociale et économique, jetant à la rue les masses populaires, générant le dépit et la colère. Cette colère et ce dépit sont captés par les agitateurs et les apprentis-sorciers du fascisme. Il s’agit de leur fond de commerce. Les tensions internationales grandissantes servent à alimenter une rhétorique paranoïaque de l’encerclement, dans laquelle l’extrême-droite et une partie de la gauche chauvine se retrouvent. Mais l’extrême-droite ne cherche pas à guérir les maux de la société, juste à les utiliser.

    Le mensonge, les Fake News, les théories du complot sont les arguments de l’extrême-droite. Des arguments pour diviser et enfumer ! Le seul vrai Bastion Social est celui des progressistes, des révolutionnaires, des syndicats et des organisations populaires !

     Les fascistes portent différents masques. Certains jouent la carte sociale ou royaliste, d’autres l’antisémitisme, d’autres encore utilisent l’argument de l’Islam pour développer un contenu raciste sans risquer de poursuites judiciaires. Certains vont même jusqu’à retourner l’idée républicaine et laïque pour la pervertir et en faire une arme d’oppression raciste.

    Quelque soient leurs discours, leur objectif est le même : fragmenter les exploités, les travailleurs et les travailleuses, ceux qui courbent le dos sous le poids de l’exploitation. Semer la haine et la division entre elles, entre eux. Faire de celles et ceux qui produisent des esclaves devant se serrer la ceinture pour les bénéfices d’une poignée d’exploiteurs et d’oppresseurs « bien de chez nous. » Les fascistes se prétendent Nationalistes, en clamant qu’ils défendent leur peuple, leurs frères, leurs sœurs contre l’oppression et la noirceur de l’obscurantisme, mais ils ne sont que des contremaîtres de l’exploitation.

    L’Etat et les institutions ne sont pas nos alliés !

    La mairie de Lyon, comme celle du V ème arrondissement se présentent comme des fers de lance de la République, comme des démocrates convaincus. Pourtant, seul le mépris répond aux inquiétudes des riverains. Derrière le vernis progressiste, lorsque celui-ci s’écaille, se révèle le bois pourri. De « gauche » ou de droite, les élus ne font rien.  Aujourd’hui, les anciens acteurs du pouvoir veulent se refaire une virginité politique. Il n’est pas question pour nous d’accepter les organisations des agents de l’oppression dans les manifestations. Au niveau du bilan, rien ne sépare l’activité du PS du programme du Front National ou de Laurent Wauquiez.

    Nous n’oublions pas le rôle des institutions, de la Préfecture, de la Police, de la Justice de classe. Nous n’oublions pas que l’Etat n’est pas un arbitre neutre dans la lutte entre les forces progressistes et réactionnaires. L’Etat bourgeois, au service de l’exploitation, n’apprécie pas les perturbations des fascistes, leur agitation. Mais un accord de fond les unit : maintenir l’oppression sociale et économique.

    Les interdictions, les arrestations, les jugements et la répression illustrent une vérité : l’Etat français est dirigé contre les progressistes et les révolutionnaire, contre le renversement des exploiteurs.

    Contre l’extrême-droite, construire la riposte !

    La lutte contre le fascisme et les fascistes concerne largement la population et plus particulièrement les classes populaires, les individus issus de l’immigration ; les femmes ; les LGBT ; les minorités ethniques ; culturelles et religieuses.

    Il est important de renforcer les organisations antifascistes populaires, les associations et comités de quartier, qui brisent l’isolement, qui relient les individus entre eux, qui permet de lutter contre l’atomisation de la société, prélude à sa fascisation. Nous considérons que l’antifascisme doit être autonome des partis bourgeois, des institutions, de l’Etat.

    L’ennemi n’est pas l’immigré, n’est pas l’étranger, n’est pas l’autre. Travailleurs, travailleuses, celui qui partage tes souffrances est ton ami, ta camarade.

    L’ennemi, ces sont les exploiteurs, les capitalistes, ceux qui vampirisent la richesse et ne laissent que la misère !

    Ensemble, chassons les fascistes de Lyon ! Ensemble, construisons la force politique capable de faire face aux attaques des exploiteurs