Étiquette : exploitation

  • ICOR : Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    ICOR : Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    Depuis mai, le personnel de Shenzhen Jiashi Technology/Chine luttent pour le droit de fondre un propre syndicat afin de pouvoir mener, de manière organisée, la résistance contre l’exploitation et l’oppression. Les ouvriers ne veulent pas accepter que le groupe impose au personnel des heures supplémentaires et des réductions de salaire comme mesures punitives arbitraires. Ils sont en train de construire un syndicat indépendant à l’intérieur de l’entreprise parce que la fédération syndicale proche du gouvernement leur a mis depuis des bâtons dans les roues.

    Actuellement, la direction et la police ont adopté une approche brutale et impitoyable. Les activistes sont battus, licenciés, jetés en prison – voire même kidnappés dans des endroits inconnus. Les membres de la famille et ceux qui les soutiennent sont également touchés par la répression.

    Mais les ouvriers de Jiashi ne se laissent pas intimider. Leur lutte rencontre de la solidarité dans le pays entier. Depuis un certain temps déjà, les dirigeant-e-s des luttes ont découvert et dénoncé les conditions de travail, ruinant la vie et la santé, dans les secteurs de la haute technologie et de l’automobile. Les sympathisants viennent à Shenzhen pour soutenir la lutte directement sur place, p. e. par des manifestations de protestation devant le commissariat de police local pour la libération des détenus. Mais dans d’autres villes de la Chine, il y a également des actions de solidarité. Avec des portraits de Mao Zedong, des vétérans de la Révolution culturelle rappellent une Chine où les ouvriers étaient les maîtres des usines et où l’homme était au centre.

    Apparemment, les dirigeants en Chine craignent le pouvoir organisé de façon indépendante du mouvement ouvrier en conjonction avec la pensée Mao Zedong et que la revendication de syndicats indépendants ne crée un précédent. Depuis des mois, une vague de grèves coordonnées à l’échelle supra-régionale prend de l’ampleur. C’est pourquoi les ouvriers de Jiashi représentent aussi beaucoup d’autres ouvriers !

    Au plan mondial se développe une vague de solidarité. Les ouvriers de Jiashi ne sont pas seuls ! Le besoin d’organisation ne peut pas être supprimé de façon permanente dans la classe ouvrière. Les activistes de Jiashi font connaître leur lutte sur Internet et demandent aussi un soutien international. Dans une vidéo particulièrement émouvante, plusieurs représentants chantent avec détermination l’« Internationale ».

    L’ICOR déclare son soutien à cette lutte intrépide et appelle toutes les organisations membres à organiser la solidarité. Des messages de solidarité peuvent être adressés à coordinationint@yahoo.co.uk pour l’envoi et la publication; l’état actuel peut être vu sous www.icor.info.

    Nous exigeons

    • la libération immédiate de tous les ouvriers, étudiants et autres sympathisants de la lutte des ouvriers de Jiashi !

    • Nous soutenons le droit à des syndicats indépendants !

    • Vive l’unité ouvrière internationale !

    Signataires (en date du 10/10.2018, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. RCP Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)

    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    3. SDP Social Democratic Party (Parti social-démocrate), Kenya

    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    9. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Marxist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste))

    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))

    11. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    12. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    13. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    14. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    15. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    16. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    17. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    18. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    19. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    20. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    21. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    22. PC/ML Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)

    23. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    24. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    25. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    26. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  • FISC et lutte des classes – Partie 1 : l’ascension de la bourgeoisie.

    FISC et lutte des classes – Partie 1 : l’ascension de la bourgeoisie.

    FISC et lutte des classes.

    « L’Etat opprime et la loi triche, l’impôt écrase le malheureux »

    La question fiscale est une question qui reste, bien malheureusement, sous traitée. Elle est pourtant fascinante à plus d’un titre, par rapport à ce qu’elle révèle quant à la lutte des classes, quant au rôle de la bourgeoisie et quant à la manière dont celle-ci fait assumer la grande majorité des dépenses de l’Etat par les exploités.

    La bourgeoisie et l’Etat sont intimement liés, et ce dernier, sous sa forme bourgeoise, est l’outil principal du maintien du prolétariat dans la domination. Mais tout travail demande salaire, et payer celui de la machine d’oppression déplaît aux bourgeois. Ils le font donc directement assumer par les travailleurs et travailleuses, qui, non seulement, nourrissent les parasites qui les exploitent, mais bien plus encore, financent l’Etat bourgeois qui les oppriment.

    L’évolution des questions relatives à l’imposition, sous la direction du bandit Macron, ne peut se faire dans un sens positif. Même floue, même environnée de fumées de camouflage, du brouillard de guerre, la direction qu’elle prendra peut d’ores et déjà être estimée : contre les travailleurs et les travailleuses, en faveur totale et intégrale de la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon a tenu une formation sur la question le 18 octobre 2017, dans le but de fournir une explication sur la question, de permettre de comprendre le lien qui unit fiscalité et lutte des classes, et comment elle s’intègre dans la lutte à venir.

    Deux axes sont abordés dans cette brochure basée sur la formation que nous avons tenu.

    Un premier axe qui fait un retour essentiel sur l’Histoire de la fiscalité et son lien avec la lutte des classes, un second sur ce que prépare l’Etat-major de la bourgeoisie.

    Une brève histoire des finances

    Cette partie a pour vocation d’être une mise en perspective historique, et d’illustrer une évolution générale qui amène, au final, au bout de la piste : la Loi Travail et les offensives concomitantes. Cette approche est une approche occultée dans les manuels d’Histoire du secondaire, qui mentionne une série d’événements et de luttes laissées de côté par la bourgeoisie, qui préfère de loin taire ses méfaits.

    Les conquêtes sociales ont été, et cela est bien souvent passé sous silence, abondamment arrosées de sang. La naissance des Prud’hommes, en 1848, est ainsi payée par de nombreux morts, dans des luttes tues par les historiens bourgeois. Le Code du Travail, lui aussi est issu de la grève générale de 1906, dans laquelle l’Etat use de l’armée, du choc et du feu pour réprimer les grévistes. Il ne s’agit pas d’une lutte pacifique, de largesses accordées par une bourgeoisie progressiste et philanthrope. Ce sont des luttes violentes, brutales, qui se paient en cadavres.

    Ces droits qui sont retirés avec une facilité déconcertante aujourd’hui ont couté la livre de chair aux exploités, pour parvenir à les obtenir. Il est important de garder cela à l’esprit quand on s’intéresse à la Loi Travail et à l’offensive choc de Macron et du MEDEF contre les droits des travailleurs et des travailleuses.

    L’impôt et la sécurité sociale que veulent la bourgeoisie et la prolétariat n’est pas le même.

    Fondamentalement, la question de l’impôt forme le cœur de la révolution bourgeoise. Cette question est, ainsi, l’un des points cruciaux de la Révolution Française et des révolutions bourgeoises en général.

    Avant la Révolution, l’impôt type ancien régime est payé par le tiers-état, dont fait partie la bourgeoisie, aux seigneurs et aux ecclésiastes. Il est présenté comme une contribution permettant aux nobles de pouvoir se consacrer à leur rôle social : la protection du tiers-état , mais également permettant à l’Eglise de se consacrer au salut des âmes. Il s’agit d’un système extrêmement inégal, faisant assumer l’intégralité des dépenses au bas peuple, mais également particulièrement contraignant pour la bourgeoisie, car le territoire est fragmenté et criblé de péages. Le commerce et les échanges sont difficiles, sont ponctionnés allégrement par les seigneurs, et brident le développement économique du pays.

    Le programme fiscal de la bourgeoisie est donc de créer un marché unique pour l’ensemble du royaume, sans droits de péage, sans taxes de seigneurs, permettant de lever les entraves sur le développement du commerce. La bourgeoisie exigeait une unification des impôts, hors des ordres. Au travers de cette question, une réflexion politique s’est mise en œuvre. Le conflit autour de la fiscalité va amener la bourgeoisie à hausser son niveau politique et à ne plus seulement se poser la question en terme de revendication économique, mais bien l’amener à se poser la question du pouvoir et de la forme de gouvernement.

    Sous louis XIV, le mode d’organisation dominant demeure toujours la féodalité, certes. Mais, d’une part par le développement économique, de l’autre par les conflits successifs avec les Grands du Royaume, de plus en plus de bourgeois se hissent à des postes importants. Les frondes successives, elles-même reliées à des affaires d’impôts, révèlent que la noblesse s’essouffle dans son rapport au pouvoir, d’autant que l’attrait de la cour la mue en animal de compagnie, éloigné de ses seigneuries. L’évolution des formes de combat, où les canons peuvent désormais avoir raison des châteaux forts féodaux rend caduc l’ancien deal territorial, qui justifiait la présence de ces lieux de pouvoir. En somme, la féodalité se meurt.

    Un nom unit forteresses et impôts : Vauban. Le concepteur des fortifications en étoiles est conscient que ses travaux vont exiger des sommes colossales. La situation financière de l’Etat est catastrophique, minées par les guerres que Louis XIV aime tant, les caisses de l’Etat sont vides. Pour assainir ce gouffre financier -qui, au final, fut l’un des éléments déclencheur de la Révolution Française, il propose une mesure révolutionnaire pour l’époque. Une mesure tellement révolutionnaire qu’elle lui coûte son poste de ministre : Un impôt simple, compréhensible, accessible à tous, payé par tous, représentant 20% des revenus. Ce système doit s’appliquer sur l’intégralité du royaume et permettre une unification du marché intérieur, condition sine qua none du développement économique du royaume.

    Ce système provoque une levée de boucliers de la part de la noblesse et du clergé. Elle arrive trop tôt, mais laisse une marque. L’idée n’est pas tombé dans l’oubli. Elle est reprise dans le programme politique de la bourgeoisie, qui désire un impôt simple et favorable aux affaires.

    Ce programme est réalisé par la Révolution Bourgeoise. Il est d’ailleurs tellement réalisé qu’il résiste à toutes les tentatives de restauration, Empire et Royaume inclus. Ce système d’impôt est la ligne rouge de la bourgeoisie, que les restaurateurs n’osent pas franchir.

    Il est et demeure l’impôt phare de la bourgeoisie de la période libérale, un système d’impôt d’un capitalisme en expansion, opposé à toute intervention de l’Etat. Mais les tendances inhérentes au capitalisme, notamment la baisse tendancielle du taux de profit, la tendance à la constitution de monopoles, la tendance à provoquer des crises le rendent instable. La loi d’entropie ne l’épargne pas, loin de là. Le capitalisme à besoin de l’intervention de l’Etat, quoiqu’il s’en défende.

    Cet impôt, déjà inégal, a donné naissance à un ensemble de rejetons, lesquels ne sont nés que pour servir un seul but : prendre aux pauvres pour financer les aides aux riches.

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie III – La fin du CDI

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie III – La fin du CDI

    Les funérailles du contrat de travail.

     

    L’accord d’entreprise au dessus de la loi et du contrat de travail

    Pour accompagner cette mesure qui fragilise d’ores et déjà les accords de branche, le patronat, par le truchement de ses exécutants, se dote d’un second couteau. Les ordonnances tendent à mettre en place une présomption de conformité sur les accords signés en entreprise par rapport à la loi. Cela signifie donc que, jusqu’à preuve du contraire, les accords décidés « démocratiquement » au sein de l’entreprise sont juridiquement valables, même lorsque leurs décisions sont contraires à la loi. En somme, cela leur confère une puissance terrible, puisque tant qu’il n’existe pas de désaccord majeur, la loi est shuntée et l’accord prend sa place.

    Il s’agit d’une mesure particulièrement retorse.  Elle permet en pratique, de faire tout ce que le patron peut désirer.

    Elle entraîne de facto une rupture dans la nature même du CDI. Cela permet de pouvoir obtenir des modifications de temps de travail, des modifications de normes de travail, mais également de créer des facilités pour abaisser les salaires et licencier avec une aisance totale.

    L’accord prime également sur le contrat de travail. Cela signifie qu’il est tout à fait possible de faire mettre en place des dispositions désavantageuses ne figurant pas dans, ou étant contradictoires avec le contrat. Quelque soit la négociation faite en amont, au cours de l’entretien d’embauche, elle n’aura pas de valeur et ne formera pas une protection pour le ou la salariée. Le désaccord se traduit d’une manière claire et nette : le salarié peut être licencié s’il refuse de s’y soumettre.

    Par ailleurs, un principe général de primauté de l’accord d’entreprise sur le contrat de travail est prévu. Jusqu’à aujourd’hui, on ne pouvait se voir imposer un accord moins favorable que le contrat de travail. Avec les ordonnances, toutes les mesures négociées par accord d’entreprise (via des chantages à l’emploi ou aux salaires) s’imposeront aux salariés, même à ceux qui auront négocié des mesures plus favorables sur leur contrat. En cas de désaccord, c’est un licenciement à la clef.

    Le recours au référendum, comment casser les syndicats sous prétexte de démocratie.

    Un des points les plus ingénieux de cette réforme est de changer la manière de négocier les choses au sein de l’entreprise. Le terme ‘démocratie’ est un terme plus que positivement connoté. Il évoque la liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté d’action. Pourtant, dans les faits, la démocratie est un couteau à double tranchants. La démocratie des uns n’est pas celle des autres.

    Le tour de force du patronat est de tenter de faire passer les syndicats, outils de défense des travailleurs, pour des freins à la démocratie, pour les cliques de passéistes. Pour shunter les syndicats, pour réussir une manœuvre en débordement, les capitalistes optent pour une méthode fascinante : « l’expression populaire . »

    Depuis les années 80-90, des accords dérogatoires aux accords de branches sont proposés par le patronat. Ces accords ne sont pas des cadeaux, mais sont défavorables, de manière croissante, aux salariés. D’une manière générale, les syndicats majoritaires, lorsqu’ils font leur travail correctement, s’opposent  à l’idée de signer ces accords. Pour le patron, cette situation de blocage est intolérable, inacceptable.

    Avec la loi travail première génération, deux mesures sont mises en œuvre: la représentativité n’est plus systématique et devient au prorata de la participation aux élections du CE d’entreprise. En second lieu, le renforcement du caractère majoritaire des accords. Ainsi, la loi travail prévoit que pour être valable, un accord doit être signé par un ou plusieurs syndicats ayant obtenu au moins 50% des voix au premier tour des élections du CE. Si les syndicats majoritaires refusent l’accord, il peut être fait appel au référendum d’entreprise pour faire passer celui-ci.

    Avec la nouvelle mouture, Macron, la procédure est encore plus simple, le référendum peut être pris à la simple initiative de l’employeur, permettant de passer au dessus de la représentativité des syndicats, de les écarter du processus.

    Les votes au sein des entreprises sont loin d’être une belle démocratie, pure et parfaite. Généralement la question est posée d’une manière alambiquée, des pressions et un chantage à l’emploi sont exercés…etc. Ainsi s’exerce la démocratie patronale, par le vote truqué et la lutte pied à pied contre les organisations de défense des travailleurs et de des travailleuses.

    Autant de méthodes qui permettent, par la pression, d’extorquer, d’arracher, d’obtenir tout ce qu’ils et elles veulent de leurs travailleurs, en employant un camoufflage démocratique.

    Une manœuvre redoutable, mais qui n’est qu’une mise en bouche d’un autre pan de la bataille : l’anéantissement complet du CDI.

    Frapper le CDI.

    Dans le fond, le contrat de travail est l’objectif stratégique du gouvernement.

    A la base, l’argument des libéraux et des liquidateurs est le suivant : le code du travail est une horreur complexe, trop lourde à gérer, entravant le fonctionnement de la libre-entreprise, instillant un poison mortel dans l’économie. En somme, il faudrait le liquider pour que les entreprises puissent avancer économiquement, devenir plus fortes et apporter de meilleurs services.

    Si peut-être certains naïfs et certaines naïves sont réellement et sincèrement convaincus par ces arguments, la réalité montre un visage nettement moins souriant. Le patronat, qui considère l’employé comme une marchandise et une force de travail, ne voit en lui qu’un moyen de produire de la plus-value. Le contrat l’étouffe, dans sa quête sans fin du profit. Au regard du patron, il est l’ennemi n°1. Aujourd’hui en position de force, sans commune mesure, il lui livre une offensive qui se mue en bataille d’anéantissement.

    Il existe deux types d’attaques contre le CDI. Elles sont d’une part la mise en place de dispositions permettant d’outrepasser les bornes définies par le contrat de travail, tel que la possibilité de licencier en payant une amende. Ce qui est présenté comme une sanction pour l’employeur devient une somme forfaitaire à régler à l’Etat pour licencier à volonté.

    De l’autre part, elles sont constituées par la mise en œuvre de dispositions rendant négociables chacun des points du contrat. Nikita Khrouchtchev, dans une des rares citations passées à la postérité, parlait ainsi de la négociation: « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable. » Si nous n’avons guère de sympathie pour ce fossoyeur du socialisme en URSS, cela n’empêche que cette phrase est d’une véracité sans limites.

    Les modifications du CDI sont importantes : la première est liée à la période d’essai. Celle-ci ne pouvait excéder légalement 2 mois pour un employé, 3 pour un ingénieur, 4 pour un cadre, avec une possibilité de renouvellement si celle-ci existait dans la convention collective. Aujourd’hui, la période d’essai prend des proportions immenses, étant devenue négociable intégralement dans le cadre défini par le droit international du travail, soit 12 mois.

    12 mois de période d’essai, cela signifie un purgatoire interminable, en permanence sous la crainte d’un avis de renvoi, d’une fin de contrat. En somme, il s’agit d’un siège éjectable constant, ou d’un travail avec le revolver sur la tempe.

    Le second élément est le préavis. Il était de 1 mois pour 6 mois d’ancienneté, 2 mois à partir de deux ans. L’employeur ne pouvait se débarrasser de son employé du jour au lendemain, offrant une marge de manœuvre limitée mais existante pour permettre d’anticiper la perte de rémunération. Les seules dérogations concernaient les fautes graves.

    La loi désirée par le patronat abolit ce préavis et peut permettre, si les accords d’entreprise le valident, de mettre à la porte un employé du jour au lendemain, avec une perte immédiate de toute rémunération.

    Le troisième élément sont les congés familiaux, notamment le cas scandaleux de la suppression du congé accordé dans une situation de décès d’un enfant. Cette suppression  avait été abandonnée dans la loi El-Khomri. Elle fait son retour discret, malgré le caractère impitoyable et cynique de cette suppression.  Ainsi, le congé devient d’une durée soumise à la négociation.

     Les indemnités de licenciement étaient auparavant garanties par un plancher correspondant à 1/5ème de mois par année, accompagnées par 2/15ème au delà de dix ans d’ancienneté. Ces aspects seront, comme les autres, soumis à négociation. Il s’agit d’une manière d’ôter les barrages qui pourraient nuire à la mise en place d’un licenciement.

    Ces licenciement eux-mêmes peuvent être faits sur la base de motifs définis par la pseudo-négociation. Ainsi, à l’heure actuelle, les juges contrôlent la légitimité du licenciement, pour s’assurer qu’il soit bien conforme au code du travail. Désormais, si l’entreprise décide que plusieurs retards induisent un renvoi, le juge ne pourra qu’accepter la situation et valider celui-ci.

    Normaliser le CDD et développer un contrat unique.

    En théorie, le CDI constitue une norme pour l’emploi. Il est le contrat de travail type, les autres ne devant être réservés qu’à des situations spécifiques et exceptionnelles. Dans la pratique, déjà, le patronat ne s’encombre par particulièrement de scrupules à ce sujet.

    Le CDD n’a pourtant un caractère légitime, au regard du droit du travail, que dans les cas suivants :

    ·                  Combler l’absence d’un salarié (maladie, congés…)

    ·                  Faire face à un surcroît d’activité.

    ·                  Fournir un contrat saisonnier pour des employés de secteurs n’ayant pas une activité régulière : agriculture ; tourisme ; restauration et hôtellerie.

    ·                  Pour limiter les emplois en CDD et encourager celui en CDI, celui-ci est encadré par une série de règles :

    ·                  parce qu’une clause du contrat le prévoit,

    ·                  parce qu’un avenant est proposé au salarié avant l’échéance de son contrat.

    ·                  18 mois dans la plupart des cas, ou 9 mois lorsque le contrat est conclu dans l’attente de l’arrivée d’un salarié recruté en CDI, ou 24 mois si le contrat est exécuté à l’étranger, s’il est conclu dans le cadre du départ définitif d’un salarié avant la suppression de son poste ou en cas d’accroissement exceptionnel d’activité.

     

    ·                  Existence d’un délai de carence, empêchant théoriquement l’employeur de faire cumuler CDD sur CDD à l’employé. A noter que cette disposition se retourne parfois contre ce dernier, qui se retrouve sans le sou durant la période de carence, avant de repartir pour un nouveau contrat précaire.

    ·                  Lorsque le contrat se poursuit après l’échéance du terme du CDD, il se transforme automatiquement en CDI et le salarié conserve l’ancienneté acquise pendant son CDD.

    La réforme qui se dessine souhaite remettre en cause ces règles, sachant qu’elles ne sont déjà que peu respectées, y compris au sein des entreprises et administrations publiques. La discussion se fera au niveau de l’entreprise, au travers de la conclusion d’accords collectifs pour assouplir ces règles. Cela permettra notamment d’élargir les cas de figure permettant de justifier le CDD.

    Exemple illustratif : un employeur peut s’autoriser par accord d’entreprise à conclure un CDD « pour faire face aux besoins liés à l’organisation de l’entreprise », une formule qui n’est nullement encadrée juridiquement, mais qui est, au contraire, suffisamment vague pour permettre de s’adapter à tous les cas de figure. Poussé à l’extrême le même procédé, si l’employeur négocie l’extension du délai maximum du CDD, ou la suppression du délai de carence, la situation débouche sur le fait que le CDD devient une norme qui se substitue au CDI.

    Pour les salariés, les conséquences sont les suivantes :

    ·         Précarisation de l’emploi : il n’est pas possible de savoir quand et combien de temps le travail peut durer.

    ·         Une précarité qui bloque la possibilité de défense et de contre-attaque au niveau des droits, la précarité devenant une norme.

    ·         Une difficulté de pouvoir se défendre contre les abus aux Prud’hommes, étant donné que les accords internes aux entreprises permettent quasiment tout.

    Les employeurs ont également un rêve fou, sur le point de se concrétiser. Ce rêve est celui du recours au CDI de projet. Le CDI oldschool ne permet pas de faire varier la masse salariale suffisamment efficacement et donne un sentiment de sécurité préjudiciable à une exploitation accrue des travailleurs. Le CDD, par son caractère déterminé, est toujours trop rigide, car il ne permet pas de faire face aux aléas que peuvent rencontrer les entreprises. Le CDI de projet correspond à une adaptation d’un contrat auparavant réservé aux entreprises en BTP. Ce nouveau type de contrat revient, globalement, à faire de l’embauche à la tâche, sans précision de durée aucune, ce qui est une situation qui fut vivement combattue par le mouvement social, car cela entraînerait une précarité terrible.

    Ce rêve permettrait de liquider le CDI et le CDD pour ne former plus qu’une seule situation unique : un contrat vague, décidé intégralement par le patron, permettant de disposer d’une main d’œuvre corvéable à merci. Le Saint Graal du patronat.

    Les licenciements à la pelle.

    Le licenciement pour motif économique, déjà réformé sous Hollande, est à nouveau dans le viseur. En plus de la question du délais de recours, déjà abordé, trois pistes sont reprises :

              augmenter les seuils d’effectifs pour rendre obligatoire le plan de sauvegarde de l’emploi ; aujourd’hui, à partir de plus de 10 licenciements sur 30 jours, l’employeur a l’obligation de mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi qu’il doit négocier en priorité, avec des mesures d’accompagnement des salariés licenciés dans leur reclassement. Macron veut alléger l’obligation en faisant en sorte d’alléger le plan de sauvegarde de l’emploi.

              le droit du licenciement pour motif économique est conditionné de l’obligation pour l’employeur de trouver une solution de reclassement pour le salarié. Avec la loi, plus d’obligation individuelle d’aide au reclassement, l’employeur ne serait obligé que de publier une série de propositions d’emplois, à charge de l’employé de trouver son bonheur.

              le motif économique de licenciement doit être apprécié nationalement au niveau du groupe sans tenir compte des moyens du groupe à l’étranger ; cela a été amorcé par la loi Macron, les grands groupes internationaux n’ont plus à assurer la pérennité de leurs filiales, lesquelles peuvent être fermées, même si le groupe prospère.

    Tous ces aspects offrent, au final, un pouvoir titanesque aux patrons, aux exploiteurs. Cela leur permet d’agir comme bon leur semble avec leurs employés.

    Mais comme la bourgeoisie est particulièrement généreuse avec elle-même, elle double cette offensive d’une seconde, plus discrète, rendant toute défense des travailleurs impossible.

  • Le Versailles de Macron  – Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Le Versailles de Macron – Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Le Versailles de Macron.

    Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Tout un symbole. En choisissant Versailles comme lieu de rassemblement du congrès des parlementaires, le nouveau président de la République fait un choix en terme de communication particulièrement révélateur de sa conception du pouvoir.

    Car le château de Versailles ne fait pas particulièrement partie de la symbolique habituelle du cirque républicain. En revanche, il est à la fois un rappel de l’Ancien Régime, de l’absolutisme, mais également, dans notre histoire, une évocation douloureuse du pouvoir réactionnaire et anto-ouvirer d’Adolphe Thiers et des bouchers sanguinaires qui liquidèrent la Commune de Paris.

    Difficile de dire si ce choix est conscient, assumé, ou si il résulte d’une erreur fondamentale de communication. Si, lors de la campagne présidentielle, celle d’Emmanuel Macron était réglée comme du papier à musique, elle patine, depuis, à de nombreuses reprises. Entre les propos dénotant un mépris de la vie humaine tenus par Macron -sur les Kwassa-kwassas– ou par Gérard Collomb -quant aux réfugiés privés d’eau et de sanitaires- et les phrases à l’emporte pièce sur celles et ceux qui « ne sont rien », l’art oratoire du nouveau gouvernement n’est plus aussi réussit qu’auparavant. Mais, erreur ou non, il existe néanmoins une forme de logique derrière ce choix.

    Opter pour ce lieu, cela rentre en droite ligne dans la logique de président Jupitérien, au dessus des partis et au dessus des parlementaires. A travers cela, Macron affirme son intention de diriger avec le minimum de législatif, avec le minimum de débats, avec le minimum d’opposition mais bien avec une avancée à marche forcée. Annoncer que, chaque année, il présentera un discours similaire, renforce l’image d’un président qui dirige et qui donne le ton, plutôt que d’un exécutant des décisions d’un corps législatif censé, dans le mythe de la démocratie bourgeoise, représenter les électeurs.

    Le choix est logique. Macron a été élu avec une longueur d’avance confortable, dans une élection où 25% des inscrits ne se sont pas exprimés. Son parlement, quant à lui, a été formé au cours d’une élection ou plus de la moitié des inscrits s’est abstenu et ou 10% ont voté blanc ou nul. Entre deux piliers, autant s’appuyer sur le plus solide et le plus crédible. Autant également s’appuyer sur celui qui peut centraliser le plus de compétences.

    Lors de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé qu’il réduirait le nombre de parlementaires d’environ 300, considérant que le nombre pléthorique de ceux-ci ne se justifiait pas. La forte abstention lui donne un prétexte supplémentaire. Dans son esprit, si le parlement est boudé par les électeurs, il n’a plus de raison d’être et, en revanche, le pouvoir présidentiel devient l’incarnation la plus pure et la plus sincère de la démocratie. Il n’exclut pas de le doubler de référendums, dont le caractère démocratique est plus que douteux dans un Etat où l’écrasante majorité des médias dépend d’une seule et unique classe.

    Conscient que le parlement ferait probablement obstacle à ce genre de réforme, d’autant que les sinécures et les fauteuils assurent de confortables revenus et une agréable carrière à ceux qui les occupent, le nouveau président indique qu’il n’hésitera pas à passer par la voie du référendum pour obtenir ce qu’il désire. « Si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum. »

    Cette réduction du nombre de parlementaires à de quoi séduire un certain nombre de votants. L’abstention a été un reflet du rejet du crétinisme parlementaire, de l’affairisme et de la corruption des élus. Une majorité d’électeurs rejettent -avec une justesse dans le diagnostic- ce système de démocratie représentative bâtie sur le fait d’appuyer des carriéristes et des professionnels de la politique, dont les intérêts de classe transcendent les étiquettes politiques.

    Dans l’esprit de la réforme, le but de Macron est de concentrer le pouvoir entre les mains d’un groupe plus réduit. Par voie de conséquence, de fermer également l’Assemblée aux forces politiques minoritaires -malgré une promesse d’une « dose de proportionnelle »– et d’aligner davantage le législatif sur l’exécutif.

    Malgré cela, Emmanuel Macron, en bon libéral, sait qu’il est important de laisser des stimulants matériels pour que les vocations ne tarissent pas. Pourtant, à la base, des concessions sont faites, cosmétiques, comme la suppression de la Cour de Justice de la République, cette instance spéciale chargée d’acquitter les ministres mis en examen. Il ne pourrait en être autrement dans un gouvernement marqué par les scandales en à peine deux mois de fonction. Mais cette apparence de durcissement camoufle mal une aggravation du laxisme.

    D’une part, la justice commune ne s’est jamais démarquée par sa tendance à frapper de sanctions dures les bourgeois, les bourgeoises et leurs confrères de l’appareil d’Etat. De l’autre, les déclarations du Président sont illustratives : « J’appelle à en finir avec la chasse à l’homme où parfois des réputations sont détruites »(…) « avec le viol permanent de la présomption d’innocence, avec cette chasse à l’homme où parfois les réputations sont détruites, et où la reconnaissance de l’innocence, des mois, des années plus tard, ne fait pas le dixième du bruit qu’avait fait la mise en accusation initiale » (…) « Cette frénésie est indigne de nous et des principes de la République. » Emmanuel Macron appelle la presse à faire œuvre de silence, à taire les affaires, à laisser les choses suivre son cours. Après tout, sans ces stimulants matériels, sans ces petits à-côtés, à en croire nos élus il serait impossible de s’en sortir financièrement.

    Macron a mené sa campagne présidentielle comme un chef d’entreprise, recrutant sur la base de CV et non sur celle de l’engagement politique, nouant des liens avec des contractuels qui se sont chargés de sa communication, de l’organisation de sa campagne, de tout ces aspects généralement dédiés aux militants. Il se conçoit lui même comme un prestataire de service dédié à exécuter les tâches de son commanditaire : la bourgeoisie. De ce point de vue là, « la prolifération législative » lui apparaît comme une entrave incompréhensible.

    Dans sa conception d’exécutant des basses-œuvres, Macron veut liquider tous les obstacles. « Les engagements seront tenus. Les réformes et ces transformations profondes, auxquelles je me suis engagé, seront conduites. » « Nous n’avons pas devant nous cinq ans d’ajustements et de demi-mesures. » Macron met en place les outils sur le long terme, qui lui permettront de mener à bien une mise au pas du pays sur le rythme dicté par les intérêts de la bourgeoisie.

    Cela, il le résume ainsi : « .Marqués par une époque de cynisme, de découragement, et j’ose le dire de platitude, nombreux encore sont ceux qui spéculent sur un échec qui justifierait leur scepticisme»  (…) «il faut sortir de ce climat de faux procès où le débat public nous a enfermés trop longtemps». «Il nous faut retrouver de l’air, de la sérénité, de l’allant. »

    Cet allant, le nouveau gouvernement l’entraine dans un plan en trois phases :

    Subordonner la société aux intérêts de la bourgeoisie.

    Macron est un opérateur pour les intérêts de la bourgeoisie. Son mandat -impératif- lui commande de la mettre au pas.

    D’une part en liquidant le code du travail, qualifié  » [d’]entrave au recrutement dans 95% des cas » par Muriel Pennicaud. En pulvérisant la hiérarchie des normes, en créant un chèque en blanc sur lequel la bourgeoisie pourra inscrire son montant de misère. Ces traits particuliers ont été déjà traités en amont, sont déjà abordés en détail par les syndicats et le Front Social et demeurent dans les esprits depuis la Loi Travail. Nous ne reviendrons pas sur ceux-ci ici plus en détail que dans notre tract, lequel s’exprimait ainsi : Là où la loi El-Khomri se contentait d’inverser la hiérarchie des normes, de faire passer les accords d’entreprise au dessus des accords de branches sur la question du temps de travail, Macron va plus loin. Les nouvelles lois veulent l’étendre à des domaines tels que les salaires ou les conditions de travail. Cela signifie que le patronat, à force de pressions, peut obtenir de la part de ses employés une soumission totale.

    La farce des référendum d’entreprises sert à atomiser les travailleurs, à les fragmenter, sous le faux prétexte de démocratie. Ces référendum ne sont des opérations ayant pour but de saboter toute lutte au sein des entreprises, de court-circuiter les syndicats, en somme d’effectuer un mise au pas des travailleurs.

    Le plafonnement des indemnités de licenciement, là aussi, revient à faciliter la gestion de la masse salariale, à l’entier bénéfice des patrons. Un plafonnement à 10 mois de salaire, cela revient à un aumône de misère.

     

    D’autre part en opérant un mouvement en faux, pour détruire en sous-main les convention collectives. Cette opération, se déroulant en toute discrétion, se trame dans l’éducation secondaire et supérieure. Durant la session de 2017 du Bac, les critiques ont fusé sur l’organisation et la qualité de celle-ci. Le gouvernement s’en est saisi, s’en servant de marchepied pour appuyer une demande de plus de contrôle continu dans l’évaluation des élèves. Plus de contrôle continu, cela signifie donc un impact plus important de la notoriété de l’établissement sur la qualité du baccalauréat, donc sur sa valeur auprès du supérieur et du marché du travail. De facto, cela entraîne un déséquilibre. De plus, le retour en grâce de l’autonomisation des lycées donne naissance, par la volonté d’accroître leur gestion de leur propre budget et de leur masse salariale, un déséquilibre progressif des moyens entre les établissements, donc de leur valeur aux yeux des employeurs.

    Le CAPES déplaît aux apôtres du libéralisme. La masterisation des concours devait liquider en deux coups ce qui était perçu par ceux-ci comme un anachronisme. Or, la résistance des syndicats d’enseignants et étudiants a stoppé cette réforme à mi-chemin. Nul doute que l’arrivée au pouvoir de Macron permettra de relancer cette transformation du recrutement national en des recrutements gérés par les seuls établissements scolaires. Cumulé avec l’aspect précédent, le fait est que les lycées les plus riches pourront recruter les enseignants les plus « performants », et donc creuser le fossé entre des lycées de seconde ou de troisième zone et des lycées d’élite, réservés à la bourgeoisie et ses rejetons. Cela contribue à tirer à boulets rouges sur la valeur des diplômes délivrés.

    Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme et de présente l’Education Nationale comme un système parfait et égalitaire, mais bien de préciser que la tendance est à l’aggravation et ce, d’une manière sans cesse croissante.

    Dans le supérieur, la loi LRU progresse toujours, entraînant la mise en place de filières professionalisantes débouchant sur des diplômes ad hoc correspondant aux entreprises siégeant au conseil d’administration des universités. Les investisseurs cherchent -logiquement – des retours sur investissement, sous une forme ou une autre. Or, les licences estampillées Nitendo, Veolia, EDF ou autre n’ont de valeur qu’auprès de leur commanditaire, nullement sur le marché du travail.

    Il s’agit là du travail de sape orchestré depuis près de dix ans au sein du supérieur, pour contribuer à la destruction du code du travail et des normes de travail, en s’attaquant à la production de diplômes ayant une valeur au regard de ces normes.

    Les deux aspects conjoints : l’attaque frontale du code du travail et l’attaque en catimini des diplômes garantissent une destruction du droit du travail sous une échéance plus ou moins brève. Les répercutions s’annoncent terribles. Livrés aux appétits rapaces des patrons, sans protection, sous le menace d’un revolver chargé par la menace de la misère, il est clair que le niveau de vie des travailleurs de l’Etat français est en passe de chuter brutalement et terriblement.

    Affamer.

    Emmanuel Macron dit « Être fidèle à ce que le peuple français a voulu [et] suppose donc une certaine forme d’ascèse ». Derrière le vernis des mots se cache la réalité. Le mot d’ascèse est défini par l’encyclopédie en ligne Wikipédia de la manière suivante : « L’ascèse ou ascétisme est une discipline volontaire du corps et de l’esprit cherchant à tendre vers une perfection, par une forme de renoncement ou d’abnégation. » Cela signifie une cure d’austérité profonde et brutale. Cette cure d’amaigrissement des ressources et des aides est une des clés de voute de la politique de choc menée par Macron et ses sbires.

    « Ce ne sont pas les Français qu’il faudrait désintoxiquer de l’interventionnisme public, c’est l’Etat lui-même » affirme t’il. Cela se transcrit dans des projets de liquidation de l’assurance maladie et de l’assurance chômage, puisque ces dernières, dans l’esprit nébuleux des bourgeois, sont tout autant d’obstacles à ce que les français se prennent en main et ses responsabilisent. « Mais protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’Etat, de ses mécanismes de vérification et de contrôle (…) C’est de leur redonner, et à eux seuls, les moyens de peser efficacement sur leur destin. » Comment peser efficacement sur son « destin » -dont il n’est pas possible de ne pas souligner le contenu religieux et métaphysique- alors que toutes les protections du travail sont sapées et liquidées, alors que la protection sociale est anéantie, alors que l’Ecole n’est qu’une machine à reproduction sociale ? Cela n’est pas possible.

    « Quant à la Sécurité Sociale et l’Assurance Chômage, l’ambition est sans limite : dès le premier janvier, les versements de cotisations seront refondus dans une seule ligne de compte. Ce qui ne change rien en apparence change tout dans le fond : désormais l’Etat aura la haute main sur l’ensemble de cette manne financière et pourra la ventiler comme bon lui semble. » Voici ce que nous écrivions, il y a peu, sur le devenir des aides sociales.

     

    Un torrent de misère et d’exclusion sociale menace de se déverser au cours des prochaines années. Un torrent hors de proportion avec ce qui a pu être connu lors des années et des décennies précédentes. Voilà ce vers quoi cette politique nous expédie. Mais les moyens de juguler ses effets envers la bourgeoisie sont déjà sur le point d’être mis en place.

    Ecraser.

    Fait illustratif, sur la politique d’asile, Emmanuel Macron a déclaré : « Nous ne pouvons pas continuer d’affirmer hautement notre attachement aux principes de l’asile, tout en nous abstenant de réformer en profondeur un système qui, débordé de toutes parts, ne permet pas un traitement humain et juste des demandes de protection émanant d’hommes et de femmes menacés. » Ce genre de déclarations creuses prêterait à sourire, si leur transcription ne signifiait pas, in fine, une situation sans cesse plus dure, sans cesse plus critique pour celles et ceux qui doivent fuir leur pays.

    L’exemple de Calais est parlant. Gérard Collomb, lorsque son passe-temps d’empiler les mandats est assouvi, s’est plu à jouer les soudards coloniaux dans sa manière de traiter les réfugiés. Il aura fallu l’intervention de Jacques Toubon -défenseur des droits- et un rappel à l’ordre de la part d’ONG pour que soit pris en compte les violations manifestes des droits de l’Homme.

    Cette situation caractérise d’ores et déjà la manière dont la répression sera exercée au cours du mandat de Macron. Il promet certes de mettre fin à l’état d’urgence, mais uniquement car ses dispositions seront intégrées dans le droit commun. « Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne » signifie dans le fond « l’état d’urgence sera désormais un fait commun. »

    Macron prépare son plan de bataille et son après guerre. Une mise au pas de l’économie, une mise au pas de la société, une instauration de la misère la plus sombre et la plus sordide. Mais il ne néglige pas son filet de sécurité, sa massue : des dispositions rendant extrêmement délicates la mise en place d’un mouvement de contestation et d’un mouvement de masse d’une manière générale. Interdictions de manifester, assignation à résidence, menaces et violences policières, dont on ne peut que constater que le bilan mortel s’alourdi de jours en jours : voici le quotidien qui attend celles et ceux qui veulent lutter.

    Une voie : la lutte.

    Sa politique kamikaze ne peut mener qu’à cela : une lutte frontale, des explosions de violence, un conflit ouvert et brutal. Il ne fait pas de doute que si jamais la police ne suffit pas, de braves auxiliaires fascistes se feront un plaisir d’apporter aide et soutien aux forces de répression, et supplierons qu’on leur laisse la possibilité d’exprimer pleinement leurs talents. Déja, Génération Identitaire s’est jeté au cou de Gérard Collomb pour l’assurer de son soutien et de sa volonté de lui offrir son aide.

    Jean-Luc Mélenchon, avec sa morgue habituelle, s’est exprimé sur son compte Facebook de la manière suivante : « Interminable pluie de truismes à Versailles. Faux marbre, bonapartisme surjoué, européisme bêlant, ennui mortel. Et sinon, combien de passages obscurs, d’égrenage de bons sentiments et d’emballages mièvres d’une férocité sociale décomplexée. Et quelle incroyable définition des «forces contraires» nichées dans «chaque esprit» ! Au total : niveau rédactionnel de chambre de commerce, pensée politique d’un dogmatisme libéral aussi désuet que lunaire. Le brasier du dégagisme n’est pas prêt de s’éteindre.

    JLM »

    Nous ne pouvons que constater que notre tribun n’a pas su lire entre les lignes et déterminer quel terrible plan de guerre se niche dans le discours du nouveau chef d’Etat. Pourtant celui-ci est plus qu’exposé, plus que révélé et plus qu’inquiétant.

    Les forces sociales se mobilisent pour enrayer cette machine de guerre. Elles se préparent à faire face au Blitz antisocial. Cependant, à l’heure actuelle, elles demeurent faibles et dispersées. L’Unité Communiste maintient son appel à rejoindre et à soutenir le Front Social ainsi que les organisations syndicales.

    La lutte qui se mènera dans les prochaines semaines ou les prochains mois ne sera pas qu’une épreuve de force symbolique, elle contient un caractère stratégique particulièrement fort. Elle exige un effort important d’unité et de travail en commun, tant syndicalement que politiquement. Elle exige également qu’un bond qualitatif soit franchi dans la capacité à s’opposer aux menées de la bourgeoisie, laquelle est en pleine possession de ses moyens offensifs. Pierre Gattaz, président du MEDEF, désire mener la « mère de toutes les réformes. » Nous devons lui opposer une résistance à la hauteur de son désir.

    « Nous ne sommes rien, soyons tout ! »

  • Appel unitaire à manifester – Lundi 19 juin – 18h00 Hotel de Ville

    Appel unitaire à manifester – Lundi 19 juin – 18h00 Hotel de Ville

     

    TOU·TE·S UNI·E·S CONTRE CE GOUVERNEMENT ANTISOCIAL

    LE TEMPS EST À LA MOBILISATION !

    Nous connaissons déjà les intentions offensives de Macron contre le code du travail et nos conditions d’existence. Ne lui laissons aucun délai pour appliquer ses mesures antisociales : le temps est à la mobilisation, pas à la négociation !

    • La loi El Khomri permet aux accords de branche et d’entreprise de s’appliquer même en étant moins favorables aux travailleurs que le code du travail. Macron prévoit d’étendre ces abus aux salaires et au temps de travail : c’est la remise en cause du SMIC et des 35 heures.

    • En plus du salaire direct, c’est le salaire différé qui est attaqué (ce qu’on appelle les cotisations sociales). En passant une part du salaire différé en salaire direct, Macron désire fragiliser et condamner à terme notre système de protection sociale : assurance chômage, assurance maladie et hôpitaux, allocations familiales, retraite, etc : toutes les aides sociales en souffriront.

    • En plafonnant les indemnités prud’homales, Macron souhaite donner les pleins pouvoirs aux patrons pour licencier abusivement les salariés.

    • Avec 120000 suppressions de postes dans la fonction publique, les fonctionnaires des collectivités territoriales mais également de l’Éducation nationale n’ont qu’à bien se tenir. Ces suppressions rendront caduques ses promesses de réduire la taille des classes scolaires.

    • Comme ses prédécesseurs, Macron entend renforcer la présence militaire française en Afrique et au Moyen-Orient ainsi que les politiques sécuritaires en France : parade en blindé, voyage au Mali s’inscrivant dans l’impérialisme français, prolongation de l’état d’urgence, renforcement des pouvoirs de la police, nomination de Gérard Collomb en tant que ministre de l’Intérieur, sans doute récompensé pour l’ensemble de son œuvre sécuritaire : répression des mouvements sociaux, vidéosurveillance, criminalisation des prostituées, expulsions locatives, chasse aux sans-papiers…

    • La construction de plus de prisons ne servira non pas à les désengorger mais à emprisonner plus de personnes précaires, dans le cadre de la criminalisation de la précarité.

    Comme toujours, cette marche forcée vers l’ubérisation touchera plus durement les plus précaires d’entre nous, les femmes et les personnes issues de l’immigration.

    Macron entend mener ses attaques à l’aide d’ordonnances dont l’application immédiate sans l’aval de l’Assemblée Nationale limitera drastiquement notre capacité d’organisation. C’est pourquoi il est primordial de construire la mobilisation la plus large possible en se constituant en tant que front social et ainsi se doter d’une véritable capacité d’action. Syndicalistes et associations, jeunes et moins jeunes, précaires, nous devons tou·te·s passer outre l’inertie, la division et le sectarisme pour passer à l’offensive dès maintenant.

    LUNDI 19 JUIN À 18H
    Départ : Hôtel de Ville
    VENEZ TOU·TE·S MANIFESTER !

  • François Fillon, le mépris glacé de la bourgeoisie.

    François Fillon, le mépris glacé de la bourgeoisie.

    François Fillon, dont la campagne s’enfonce à chaque pas dans un tel bourbier, est pourtant en mesure de réussir un nouveau tour de force : Il a réussi à atteindre un nouvel Everest du haïssable.

    Intervenant auprès d’aides-soignants et aides-soignantes, dans une maison de retraite, le candidat des Républicains s’est montré d’une insensibilité invraisemblable à leur situation dramatique.

    Sous-payé, victime d’un manque de reconnaissance total, ce personnel épuisé, éreinté, travaillant dans des conditions édifiantes, ne réclamait pourtant que son dû : une paie complète et du repos.

    Fillon n’a trouvé à dire qu’une laconique phrase, se résumant ainsi : « vous faites 39h, comme nous. »

     

    Reconnaissons un mérite à François Fillon. Son incapacité à émettre un brin de chaleur humaine, à exprimer un brin de compassion, fait de lui un être franc. Cassant, froid, inhumain, mais franc.

    Fillon incarne, avec une perfection d’artiste, la pensée bourgeoise dans toute sa splendeur :

    Réactionnaire, pétrie de valeurs démodées, passéiste, sexiste, homophobe ;

    Sans pitié pour les travailleurs et les travailleuses, pour lesquels cette classe n’a pas la moindre compassion, la moindre empathie ou sympathie. Et pour cause, syn pathos, souffrir avec, Fillon ne le peut. Il ne le peut car il n’est pas en mesure de comprendre ce que cela signifie qu’une fin de mois difficile, qu’un travail qui étrangle, étouffe. Non, lui ne connaît que l’opulence des salons parisiens, ou, à l’extrême rigueur, de Sarthe. Il ne connaît que l’argent facile, le népotisme, le piston, les arrangements.

    Fillon ne peut comprendre ce que c’est un métier.

    Il ne peut comprendre, surtout, ce qu’est un métier réalisé dans des conditions dramatiques, où chaque jour ressemble au renflouement d’un Titanic qui ne demande qu’à sombrer.

    Fillon ne peut pas comprendre ce que c’est qu’un métier rendu absurde par l’étranglement des moyens, par le management idiot, par des moyens inadaptés.

    Il n’en comprend pas les composantes humaines, le rapport aux patients, il n’en voit que l’aspect comptable.

    Cet aspect comptable, la bourgeoisie le connaît bien, en revanche. Le comprend bien. Un denier dépensé pour prolonger la vie d’un inutile, n’est-ce-pas un mauvais calcul ?

    C’est ce rapport, ce lien uniquement financier, qui pousse François Fillon à s’exprimer en disant : « Vous voulez que je fasse de la dette ? »

    Sa réponse devait tomber comme un couperet, comme le tranchant d’une lame, pour en finir avec ce débat. Pour François Fillon, cet argument est le point Godwin-bis des bourgeois.

    Pour ses interlocuteurs, ses interlocutrices, c’est un coup de poing absurde, qui ne peut que sonner comme un « en plus, il faut payer ? »

    Fillon, iceberg sans états d’âmes, ne fait pourtant que traduire la réalité qui a mené à cela. Cette dette érigée en seigneur intégral, qui a poussé le gouvernement prétendument socialiste à poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs. Cracher sur Fillon est une chose, mais il n’est que l’agent, le laquais.

    Les autres candidats ne commettront pas l’erreur de le mentionner à haute voix. Mais fondamentalement, tous se logent à la même enseigne. Tous savent, dans leur fort intérieur, que derrière la démagogie, derrière les sourires, les promesses et les discours, derrière tout cela, il y aura une terrible réalité.

    C’est celle d’un système économique pourrissant, vicié, incapable de répondre aux besoins de la société. C’est celle d’un système qui recule même, qui ravale même les miettes arrachées de haute lutte.

    Quoiqu’ils, ou elles, en disent, quoiqu’ils ou elles promettent, tout le jeu de l’élection se déroulera dans ce système qui ne tient pas ses promesses.

    Les communistes authentiques, non les pâles copies qui salissent notre drapeau, ne mentent pas là dessus. Pour balayer la dette, pour faire éclater d’un coup le carcan qui entrave le système de santé, il faut plus qu’une loi, plus qu’une promesse.

    Les bourgeois, les bourgeoises, vivent exemptés d’impôts, exemptés de charges fiscales. Par la corruption, la manœuvre, la tricherie, sous les yeux complices de la justice, ils et elles échappent à toutes sanctions. Ce sont eux, la dette. Ce sont leurs malversations que nous payons. Malversations effectuées par l’argent qui est pris aux travailleurs, par l’exploitation.

    Leur demander de payer cela, d’être honnête, n’entrainerait que rires gras et moqueries.

    Il faut une révolution.

    C’est ce dont nous avons besoin.

    Pas d’une « insurrection citoyenne », ou d’un autre gag, mais bien d’une révolution qui porte au pouvoir le Parti représentant les intérêts des travailleurs et des travailleuses. Pas seulement pour faire beau, mais pour pouvoir transformer la société.

    Il faut une révolution qui chasse les parasites vivant des rentes de la dette de l’Etat. Qui saisisse les moyens de production, usurpés par une classe sociale inutile et improductive. Qui les remette entre les mains du peuple tout entier, pour que plus jamais l’exploitation de puisse exister.

    Les bourgeois et les bourgeoises, nous ne les oublierons pas !

    Nous leur ferons découvrir le travail, honnête et productif.

    Nous leur ferons découvrir le labeur des ateliers, des hôpitaux, des bureaux, des champs.

    Mais qu’ils se réjouissent ! Ils n’auront jamais à découvrir ce qu’ils ont fait subir, des années durant, aux travailleurs, aux travailleuses. Ils et elles auront la chance de travailler dans un système où l’exploitation sera abolie, où les fruits du travail seront pour toutes et tous.

    Ils et elles auront la chance de participer à cet effort commun, de se réhabiliter, de se racheter, de ne plus être ces pantins glacés, venus vomir leur bile sur les travailleurs et travailleuses de la santé, un beau matin de mars.

    Mais qu’ils soient avertis, car ils entravent cette avancée vers ce soleil radieux, qu’ils soient avertis par les mots prononcés par Lénine : « Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

  • Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

    Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

    Dernièrement, un reportage fait par l’émission Envoyé Spécial, diffusé le 12 janvier 2017, a soulevé des haut-le-cœurs parmi de nombreux spectateurs. En cause, une séquence -isolée par le média Taranis News- montrant un entrepreneur modifiant des containers pour en faire des logements à destination des migrants. Si l’acte en lui-même paraît bien inoffensif, le discours, quant à lui, a choqué.

    Il est important de dire que le discours, effectivement, est loin de plaider l’humanisme. Il est plutôt même pétri dans une forme qui prête de flanc au racisme : « Le migrant toute la journée, je me demande ce qu’il fait. Il va jouer au ballon […] les journées sont longues quand on ne travaille pas !”
    Les formulations, elles aussi, font froid dans le dos. Notamment cette idée de camps de cent migrants répartis dans chaque département, ne pouvant qu’évoquer de bien sinistres souvenirs. Quant à la déshumanisation de l’autre… « Moi je trouve qu’il est bien notre container à migrants. »

    Mais ce qui a le plus marqué les esprits, c’est bel et bien l’appât du gain « 10 000 migrants fois 10€ la nuit […] ça fait 100 000 € par jours. » Le chiffre d’affaires a de quoi faire rêver plus d’un entrepreneur : 36 millions d’Euros par an. Cela créé des vocations à se placer sur une segment de marché neuf : « [il y a 8 ans] il n’y avait pas de migrants, il n’y avait pas de marché, il n’y avait pas de besoin », d’autant que se lancer dans le secteur n’a rien de hasardeux. « Il y a une commande de l’Etat, il y a une commande de l’Europe, donc forcément, vous avez un appel d’offre. » Le premier à remporter l’appel d’offre étant le grand vainqueur.

    Le cynisme choque. C’est là quelque chose de tout à fait humain. Pourtant l’entrepreneur répond « Est-ce que celui qui vend de l’aspirine doit gagner de l’argent parce que il(sic.) exploite la misère des gens qui ont mal à la tête. », tout en ajoutant que « Je pense que les gens sont assez lucides pour comprendre. »
    Il semble que non.

    Tout comme nous avions, lors d’un article précédent, joué le rôle d’avocat du diable pour un Manuel Valls tentant péniblement de se défendre de l’usage du 49.3, nous ne pouvons que faire de même ici, et rappeler quelques vérités.

    Il est légitime, bien sûr, d’être choqué par le discours de cet entrepreneur, de le voir poser des chiffres sur la vie d’individus, sur leur misère, sur leur souffrance. Les confiner dans des containers comme logement à effectivement de quoi choquer.

    Mais, pourtant, cet individu respecte deux des lois inhérentes au capitalisme, deux de ses lois fondamentales.

     La première étant « tout est marché. » Dans le capitalisme, la loi du profit est la loi maîtresse. Tout ce qui peut être un investissement rentable, tout ce qui peut trouver des débouchés est potentiellement un marché. Il n’existe aucune exception à cette règle.

    La seconde, qui est son corolaire direct : « si ce n’est pas moi qui en profite, ce sera mon voisin et après moi, le déluge. » Quel que soit le marché, à partir du moment où il peut être porteur, d’autant plus s’il est possible d’y être pionnier et de s’y établir en monopole, un capitaliste s’y implantera. Même si le secteur est le plus répugnant, le plus criminel, le moins éthique possible, un investisseur se présentera. Pourquoi ? Car si ce n’est pas lui qui s’en saisit, le risque qu’il lui échappe et qu’il tombe entre les mains d’un autre est suffisant pour justifier que tombent les barrières telles que la moralité.

    Le marché migratoire choque. C’est légitime. Mais chaque chose, chaque compartiment de l’existence de chaque individu, dans ses hauts et ses bas, est un marché. Rien n’est trop répugnant pour l’investisseur. 

    La santé est un marché.

    Mais que dire également du marché de la Santé ?

    Martin Shkreli, un investisseur de hedge-funds, fin 2015, a racheté une société pharmaceutique produisant un médicament contre le paludisme et contre des maladies opportunistes se déclarant chez les malades du VIH. Son premier acte à été de faire passer le prix de la pilule de 13.5$ à 750$ soit une augmentation de plus de 6500%.

    D’une manière générale, la recherche et le développement des laboratoires pharmaceutiques ne réfléchit qu’en termes de rentabilité. Les maladies orphelines, dont les traitements ne seraient pas un marché suffisant, dépendent de la charité pour trouver des financements.
    Les complotistes et les passionnés de légendes urbaines qui va jusqu’à lancer des rumeurs sur le sabotage de recherches. Qui n’a jamais entendu la légende de « quelqu’un qui a trouvé un remède miracle et qui a vu sa maison incendiée ? » Pour autant, le laboratoire qui développerait un remède miracle pour le cancer ou le Sida serait couvert d’or. Pour les investisseurs et les actionnaires, cela serait un pactole monstrueux. Ensuite, ils investiraient ailleurs lorsque ce laboratoire ne serait plus source de profit. Encore une fois, la loi du marché règne.

    Que dire du scandale de l’homéopathie ? L’absence totale de valeur médicale de ces produits n’empêche pas qu’ils soient mis en avant, qu’il y ait un engouement pour ceux-ci. Pourtant la présence de principe actifs dans les produits est tout simplement nulle. Les produits « miracles » de parapharmacie sont également une source de profits monstrueux. Pourtant la lecture de leur composition révèle généralement que le seul effet qui peut être attendu de la prise de ces produits ne serait un effet placebo.

    Que dire également de cliniques qui facturent des actes inutiles, radios ; scanners ; IRM ; actes payés à prix d’or ? En octobre, le journal Slate, lorsqu’il n’est pas occupé à défendre pas Finkielkraut, a rapporté le récit d’une famille de l’Utah qui s’est rendue compte qu’ils avaient payé 40$ pour l’acte d’avoir leur bébé remis entre les bras de la mère.

    Le modèle de santé anglo-saxon frappe à notre porte. L’hôpital public souffre déjà de son alignement sur les cliniques, mais gare lorsque les patients deviendront des clients !

    La chair et le sang, tout se vend.

    Dernièrement, une publicité à fleuri dans les rues des Etats-Unis à destination de la jeunesse et -en particulier- d’une part endettée de la jeunesse : les étudiants. Cette publicité se résume ainsi: « Besoin de livres ? [les livres scolaires sont extrêmement chers aux USA] Pas d’inquiétude ! Donnez votre plasma [sanguin.] » Cette entreprise, ensuite, revend le plasma acquis auprès d’endettés pour 8000 $ à des personnes âgées voulant littéralement une dose de sang neuf. Le trafic d’organe prospère également, non pas par simple vice, mais bien parce qu’il existe des acheteurs prêt à payer des sommes colossales pour acheter un rein, un foie, un cœur ou une rétine.

    Des populations dans la misère vendent leurs organes pour subsister, même si les conséquences sont bien souvent désastreuses pour eux et elles. Le système capitalisme est un grand consommateur de chair, et les industries qui les avalent font fleurir leur chiffre d’affaires.

    La prostitution légale et l’industrie pornographique sont tout autant de placements financiers qui attirent les investisseurs. Qu’importe la maltraitance, qu’importe la culture du viol. Si cela s’achète, quelqu’un doit le vendre.  Aux USA uniquement, la pornographie représente un chiffre d’affaires de 10 000 milliards de $ par an, d’après le site Economy&co. Dans le Sud-Est asiatique, le tourisme sexuel représente entre 2 et 14% du PIB des pays. Si les actes en eux même sont du ressort de l’économie informelle, les tour-opérateurs qui font la promotion de ce tourisme n’en sont pas moins légaux et déclarés. Le gouvernement ukrainien faisait même, malgré la prohibition de la prostitution, une référence à peine voilée à celle-ci en vantant, y compris dans les fêtes consulaires, le « chaleureux accueil de la population. » Les libéraux argueront qu’il est possible de faire ce qu’on veut de son corps, que c’est une liberté. Nous paraphraserons Staline, lorsqu’il exprimait cette idée on-ne-peut-plus juste : Il n’existe pas de liberté pour celui ou celle qui doit se vendre pour survivre. Vendre sa chair n’est pas un choix, c’est un acte de survie à laquelle on est contraint et contrainte par la force des choses, par la force de l’exploitation. Nous n’y voyons pas le moindre romantisme.

    Education rentable, éducation minable.

    L’éducation est tout autant un marché. Les écoles privées fleurissent dans les pays nordiques et anglo-saxons, et le modèle s’exporte. D’après l’International Finance Corporation, le marché représente à l’échelle mondiale 380 milliard d’euro, de quoi attirer des investisseurs. Des sociétés comme l’anglais Pearson, leader mondial, trustent une grande part du marché, y compris par des filiales low-cost destinées aux pays en voie de développement clients de l’Angleterre.
    Des professeurs formés à la va-vite, des impératifs de paiement, la recherche principale n’est absolument pas humanitaire, mais pécuniaire. Le conseil d’administration y veille. Dans les pays nordiques, les Friskoles des pays nordiques fonctionnaient au sponsoring par les entreprises. Le gain était une main-d’œuvre adapté parfaitement à leurs besoins. Lorsque ces entreprises se sont retirées, après la crise de 2008, celles-ci ont tout simplement rogné leurs budgets, au prix de la qualité de l’enseignement.

    En Europe, le processus de Bologne ouvre la voie à une pénétration du capitalisme dans les universités, à une subordination de l’éducation supérieure et de la recherche aux intérêts privés. La Loi sur la Responsabilité des Universités à ainsi permis la création de master Philosophie-Véolia à Lyon III, de Licence Nintendo à Lyon I…etc. Lorsque les recherches environnementales seront financés par Total, nous sommes certains que les dégâts des fracturations hydrauliques, pour le gaz de schiste, seront passés sous silence.

    Le marché des matières premières, de l’énergie, sont parmi ceux qui, dans l’histoire de l’humanité, ont généré les guerres les plus brutales et les plus violentes. Areva, Total sont probablement parmi les entreprises les plus criminelles de l’Etat Français, soutenant les juntes, armant des milices, arrosant d’argent des cliques de bandits. Lorsque Areva s’implante au Niger, elle s’entoure de sa milice, l’armée française. Si elle est menacée, la société réplique par l’or, en corrompant et achetant, puis par le feu.  Lorsque Total annonce qu’il s’intéresse à un gisement, gare à celui qui est assis dessus. Il est, dans les pays d’Afrique, quasiment devenu proverbial de dire « lorsqu’un européen trouve du pétrole, il est aux anges ; lorsqu’un africain en trouve, il pleure. »

    Derrière le pétrole et l’électricité se niche le crime, les meurtres, les coups d’Etats.

    C’est également valable derrière le café et les fèves de cacao. L’alimentation est un marché colossal dans lequel on ne s’encombre pas non plus d’une grande morale. Qu’importe si le dumping brise l’économie d’un pays, ou si le hype autour du Quinoa fait flamber les prix de celui-ci, jusqu’à le rendre inabordable pour les Péruviens. L’agroalimentaire est une industrie capitaliste comme un autre, avec sa recherche de rendements maximaux. Lorsque interrogés sur ce qui les avait le plus surpris aux USA, plusieurs individus ont répondu « tout est doux et sucré, même le pain. » Sucrer partout au mépris de la santé, tant que cela développe une addiction. Les industries versent en quantité sel et sucre dans les aliments, le but n’étant pas de nourrir, mais de faire qu’ils soient trouvés bon et qu’ils poussent à être rachetés. Le site santé magazine ainsi explique :

    Le sel donne plus de saveur

    Les industriels ont parfois la main lourde sur le sel car il relève et masque le goût de certains produits bas de gamme utilisés dans les plats préparés.

    Ce nutriment contribue également à augmenter notre sensation de faim et de soif. Il accroît la quantité d’eau présente dans les aliments et augmente leur poids… Bref, l’ajout de sel est un réel bénéfice pour l’industrie agroalimentaire…

     Pas de morale en régime capitaliste, s’il faut empoisonner pour faire du profit, cela se fera. Ruiner la nature n’est pas un obstacle non plus. L’industrie agro-alimentaire, la production agricole engendrent ne nombreux maux, tant par rapport à la maltraitance des travailleurs, des animaux, que de la nature en général. La production éthique est aussi un marché, qui justifie de gonfler les prix pour une simple question de branding. Le marché du bio est un marché, avec ses investisseurs, ses mascarades, ses mensonges aussi. Dès lors qu’il est possible de générer des espèces sonnantes et trébuchantes, tout est bon.

    La mort rapporte.

    Si la vie est un marché, la mort en est un tout aussi porteur. Les vendeurs de tabac ne se gênent pas pour faire la promotion de leurs produits de manière détournée. Si ils ont été étrillés par les pouvoirs publics, ils n’en poursuivent pas moins un jeu typiquement libéral: si cela vous tue mais que cela rapporte, nous le produirons. Pour autant, le client est averti et cela n’est pas notre propos précisément. En revanche un secteur bien souvent oublié est celui des obsèques.
    La mort d’un être cher est, sans l’ombre d’un doute, un des événements les plus durs qu’un individu puisse vivre. Pourtant, là encore, le capitalisme trouve une manière de s’insinuer vicieusement pour tirer un maximum de profit.

    « 60 millions de consommateurs » les ont épinglé: les assurances obsèques sont des opportunistes de bas-étages. La mort est un marché particulier dans le sens où il s’adresse souvent à des personnes en situation de vulnérabilité. Faire payer chèrement une protection inutile est un jeu bien scandaleux. Nous citons BFM business au sujet des pompes funèbres : « Le prix total des obsèques, hors caveau et concession, s’établit à 3.350 euros en moyenne contre 3.098 en 2011, soit une augmentation de 8,18%, plus du double de l’inflation sur la période », constate l’association de consommateurs, qui a envoyé en mai-juin des enquêteurs anonymes dans 818 magasins funéraires.

    Pour François Michaud-Nérard, directeur général des Services funéraires de la Ville de Paris, cette augmentation des tarifs n’est pas une surprise. Il juge même cette hausse supérieure à l’inflation « normale » car « 40 à 50% des charges des entreprises de pompes funèbres sont de la main d’oeuvre » qui augmente plus que l’inflation, précise-t-il. En outre, « au moment d’un décès, les familles ont souvent du mal à faire réaliser plusieurs devis », explique-t-il. Et quand bien même elles le feraient, « certaines entreprises cherchent à recréer des monopoles, ce qui fausse la concurrence », constate-t-il. Les consommateurs pensent interroger deux entreprises différentes et s’adressent sans le savoir au même groupe. »

    Sans vergogne, tirer du profit du malheur des autres est un art. Et si ce n’est pas eux, ce sera un autre groupe qui prendra ce marché.

    Causer le mort est un marché juteux et nous ne saurions finir ce petit tour d’horizon sans mentionner une industrie qui est passée maître dans l’art de l’infliger : l’armement.

    401 milliards de dollars de ventes réalisées en 2014. Un marché dans lequel nous sommes, dans l’Etat français, 4ème derrière les USA, l’Angleterre et la Russie [les données chinoises sont fort opaques mais probablement plusieurs entreprises sont présentes dans le top 20, notamment la firme Norinco].

    L’Etat Français est plutôt bien représentés, par ailleurs. Airbus Group ; Thales ; SAFRAN ; DCNS, quant à lui est 23ème.  Si pour certains, il y a de quoi sauter de joie et sortir le champagne, nous ne regardons cela qu’avec répugnance.

    Tuer est un marché sur lequel les investisseurs se pressent, tant il est immense. La recherche est aiguillonnée pour trouver de nouvelles méthodes d’assassinats, de meurtre et de mutilation. Si la façade se couvre de non-létal et de précision chirurgicale, les bombes à sous-minutions, les mines, les pièges blessent et tuent. Areva ne se prive pas de fournir de l’uranium appauvri qui nucléarise les conflits et pollue durablement les champ de bataille. Les nanotechnologies ont connu une de leur premières applications pratiques dans les bombes fuel-air, les plus puissantes bombes non-nucléaires, réputées pour leur capacité à entrainer des barotraumas par l’effet de surpression [poumons perforés, tympans éclatés.. ]. C’est un marché mirobolant, dans lequel la publicité joue aussi un grand rôle.

    Sans sauter à pied joint dans le point Godwin, même les exterminations d’êtres humains, le travail forcé, sont tout autant de secteurs dans lesquels l’investissement capitaliste fait merveille. Les camps de travail sont tout autant d’occasions de pouvoir employer une main d’œuvre à bas coût, y comprit des individus qualifiés. L’industrie allemande [et de France aussi] ne s’est nullement gênée pour employer des morts de faim, des condamnés, des opposants. Tant que l’argent coule à flot, tant que les profits s’accumulent, tout est possible.

    Les prisons sont des centres à profit. Le programme de privatisation en France a donné naissance à un puissant marché dans le domaine, dominé par des sociétés comme Bouygues pour le bâtiment ou Sodexo pour la fourniture en alimentation. Mais le champion toute catégorie reste les USA, avec la plus grande population carcérale du monde. L’administration pénitentiaire du Colorado admet ainsi un chiffre d’affaires de 65 millions de dollars par an grâce à la vente de poissons et de lait de chèvre.

    Nous citons Blasting news : « Les prisons privées sont gérées par trois entreprises : Corrections Corp. of America, le premier acteur du secteur, GEO Group Inc. et Management and Training Corp. Le secteur des prisons privées ne connaît pas la crise : CCA a ainsi vu son chiffre d’affaires augmenter de plus de 500% depuis sa création en 1983.

    En 2012, le prix Nobel d’économie Paul Krugman dénonce l’influence des lobbyistes des prisons privées sur les politiques carcérales. Les entreprises de prisons privées favorisent ainsi l’adoption par le Congrès de lois contribuant à augmenter la population carcérale : la loi sur la seconde récidive (Three-strike laws), permettant une condamnation à perpétuité dès la troisième infraction, la loi sur les peines incompressibles (Truth-in-sentencing laws), ainsi que la très controversée loi anti-immigration en Arizona, permettant à la police d’arrêter quiconque ne pouvant pas prouver qu’il est entré légalement aux Etats-Unis. Les contrats des prisons privées avec l’Etat fédéral comprennent de plus une « clause d’occupation », affirmant que les autorités locales doivent garantir un taux de remplissage des prisons privées entre 80% et 100% pendant 20 ans, indépendamment de l’évolution du taux de criminalité́. »

    Le capitalisme, c’est le crime cynique de l’exploiteur.

    Ce petit tour d’horizon du capitalisme n’a pas pour but d’exempter de toute responsabilité notre entrepreneur en containers. Il est simplement là pour remettre les choses en perspectives. Le capitalisme ne se soucie pas d’être humains.

    Le capitalisme n’est pas là pour répondre aux besoins, mais uniquement aux désirs, qu’il n’hésite pas à susciter lui-même.

    Les investisseurs, les patrons et patronnes, la classe capitaliste ne voit que trois choses dans ses frères et sœurs d’espèce.

    Une main d’œuvre servile et qui doit produire le plus à des coûts les plus bas.
    Des clients et des marchés qui doivent payer le plus cher possible.
    Des concurrents à assujettir et à éliminer.

    C’est là la nature du capitalisme dans ses gènes. Elle n’est pas amendable ni contrôlable. Ceux qui prétendent dissocier un « bon » d’un « mauvais » capitalisme sont naïfs ou mentent. Les processus qui amènent à la rapacité la plus avide, la plus abjecte sont dans les fondements même de ce système qui ne se traduit que par la misère, la pénurie, la spéculation et la guerre.
    Le capitalisme à visage humain n’est qu’un conte de fées écrit pour donner l’espoir d’un amendement, d’une amodiation. Mais il est impossible car nul ne peut changer la nature du capitalisme, qui est de faire du profit.

    Les candidats aux élections présidentielles de 2017 s’inscrivent tous dans cette démarche mensongère. Du NPA au programme de syndicat, qui négocie la dimension des entraves au Front National qui se pare d’un voile rouge mais n’est que la forme la plus agressive de capitalisme, en passant par un Mélenchon social-chauvin et impérialiste, nul ne condamne le capitalisme et sa nature criminelle.

    Nous ne coupons pas dans ce jeu. Nous ne sommes pas des réformistes masqués en révolutionnaires. Nous voulons briser le pouvoir de la bourgeoisie, le pouvoir de l’impérialisme. Nous n’avons pas honte de le dire, nous devons la combattre pied à pied sans lui laisser la moindre possibilité de riposter. Nous devons briser son Etat, son outil d’oppression. Nous devons la contraindre, s’il le faut par la force, à abandonner son pouvoir et à être jugée pour ses crimes et détruire en tant que classe sociale.

    La bourgeoisie est un parasite mortel dont l’humanité doit guérir pour avancer.

    Il nous faudra du temps, de l’énergie, de la résolution pour reconstruire ce que le révisionnisme a détruit, ce que l’opportunisme a saccagé. Nous avons besoin d’un Parti. Nous avons besoin d’une Internationale. Nous avons besoins, cent ans après, d’une nouvelle révolution!

  • À Oullins, on meurt encore de l’amiante.

     

    Depuis plus de dix ans, divers cas de pathologies liées à la présence d'amiante -cancers du poumon, de la plèvre, troubles respiratoires aigus- se sont déclarés chez les cheminots qui travaillaient aux ateliers d'Oullins [Département du Rhône].
    L'amiante, pourtant interdite d'utilisation depuis 1997, est toujours présente dans le matériel roulant de la SNCF construit avant cette date.
    Les cheminots qui travaillent aux ateliers d'Oullins subissent toujours aujourd'hui un contact constant avec cette matière hautement cancérigène, et ce, depuis des années.
    La CGT a pourtant effectué un travail de recueil des plaintes de cheminots malades à cause de leur exposition à l'amiante sur leur lieu de travail et de celles des familles de ces mêmes travailleurs, décédés également à la suite d'une exposition importante à ces produits.
    Malgré le grand nombre de plaintes centralisées, la direction de la SNCF rechigne sans cesse à mettre à la disposition de ses ouvriers les dispositifs de protection nécessaires, masques, combinaisons, pour réduire les risques d'inhalation de fibres dangereuse.
     Depuis que l'amiante est déclaré cancérigène par l'Etat, le problème n'est toujours pas réglé: les cheminots continuent de mourir et les seules mesurettes qui sont prises grâce à la pression des syndicats ne sont en rien suffisantes pour protéger efficacement le personnel.

    Face à des améliorations qui ne viennent pas, toujours repoussées aux calendes grecques, et face à une justice qui se refuse à reconnaître la responsabilité de la SNCF dans les maladies qui touchent les cheminots, nous soutenons les revendications de la CGT.

    Nous exigeons un désamiantage du site d’Oullins.
    Nous exigeons la reconnaissance complète de la responsabilité de la SNCF.
    Nous exigeons une compensation offerte aux familles des victimes de l’amiante.

    L'Etat français est cruellement en retard en termes de respect des normes de sécurité et de santé. Chaque année, les maladies professionnelles et les accidents du travail prennent un lourd tribut sur le contingent des travailleurs et des travailleuses. Chaque année, les dégâts physiques et moraux, les harcèlements et la placardisation frappent des dizaines de milliers de prolétaires. Les mesures judiciaires à la suite d'accidents mortels frappent les responsables, mais aux échelons les plus bas. Les dirigeants, les actionnaires, ceux qui  sont les premiers responsables, échappent à toutes sanctions. Comment seraient-ils condamnés ? La justice est à eux.

    Alors une attitude comme celle de la SNCF n'est en rien étonnante, pour les entreprises privées, les profits des actionnaires sont plus importants que la vie des ouvriers et des ouvrières.  Le capitalisme agit avec la plus grande désinvolture quant à la vie des travailleurs. Leur mort, leur santé, leur protection ne sont que des variables de coût calculées comme les autres. Faire des profits, en faire vite, avec le rendement maximum, voilà leur unique mot d'ordre. Qu'importe si le travail devient un moulin à os, dont les ouvriers et ouvrières ressortent brisés ou malades. Qu'importe si les employés et les employées se suicident. Ce ne sont que des données statistiques.

    Nous, communistes, nous ne nous satisfaisons pas de cela. Les actionnaires, les patrons et les patronnes agissent en vulgaires parasites qui se repaissent du travail des ouvriers et des ouvrières. Ils vivent de rente et d'exploitation, et pour garantir et augmenter celles-ci, commentent méfaits sur méfaits, crimes sur crimes.
    Ils seront jugés, et pas uniquement par l'histoire.
    Il n'est pas possible, il est illusoire de croire que le patronat acceptera de partager son pouvoir, d'être fair play, de partager les richesses. Il est illusoire de croire que, tant qu'il lui restera une once de pouvoir, il acceptera de céder aux revendications et aux réformes que promettent ceux qui croient au pouvoir des urnes.

    Souvent, les révolutionnaires sont traités d'utopistes car ils veulent détruire le pouvoir de la bourgeoisie et construire celui du peuple. Mais n'y a t'il pas plus grande naïveté que de croire qu'il est possible de négocier avec le propriétaire d'esclave ?

    "La force prime le droit," phrase souvent attribuée à Bismarck, est toujours une vérité constante.
    La force des patrons fait office de loi. Et si jamais de doux rêveurs touchent à cette loi, les bourgeois et les bourgeoises n'hésiteront pas à la briser.

    Mais qu'ils prennent gare. Car la force, la vraie force, est celle du peuple. Et le peuple n'oubliera pas leurs méfaits, lorsqu'il les chassera de leur trône d'or.