Étiquette : Etat Français

  • Déclaration du premier mai.

    Déclaration du premier mai.

    1er MAI CRUCIAL !

    Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon

    Ce premier mai 2017 est sous le signe de la croisée des chemins, tant à l’international, au niveau de la situation de l’Etat Français, que localement. Chacune des échelles est soumise à une pression terrible, issue des convoitises rapaces des différents impérialismes -dont l’impérialisme français, un des plus bellicistes-, aiguillonnés par la crise économique, laquelle ne se résorbe pas. Face à cette situation, il n’existe qu’un seul garant de la paix, des droits, des libertés, du progrès : la constitution d’un camp du peuple fort et uni.

    A l’international, la diplomatie cède peu à peu le pas aux menaces. Les tensions prennent une tournure explosive. A l’échelle mondiale, deux camps hostiles se dessinent : l’un, celui des impérialismes déclinants, essoufflés, celui autour de l’Atlantique, de l’Amérique du Nord et de ses relais. En face, se dresse un nouvel axe, sino-russe, montant, neuf, dévoré d’ambition et de désirs de conquêtes.

    Hostilité géopolitique, concurrence pour des ressources qui se raréfient, pour des marchés à conquérir, pour de la main d’œuvre à surexploiter… les raisons ne manquent pas. Elles sont mues par l’appel du profit, l’appel du gain, l’appel à écraser la concurrence. Elles indiquent un danger de conflagration, pour que les puissances redessinent la carte du monde. Si ce redessin ne peut s’effectuer par la douceur et la négociation, il se fera par la force.

    Ces deux camps sont déjà passés de la rivalité à la guerre interposée. Le conflit syrien ; les coups de force en Lybie, en Côte d’Ivoire, au Soudan ; les menaces sur la Corée du Nord ; tout ceci est la résultante d’une opposition qui se prend un caractère frontal. La guerre fait son chemin dans les esprits, ne déclenche plus de réflexe de rejet, devient une option acceptable, appelée, même, par certains nouveaux croisés.

    Au milieu de ce maelstrom guerrier, les peuples sont pris en otage, divisés, montés les uns contre les autres, sont utilisés comme chair à canon. Les morts deviennent des images utilisées pour peser dans la balance, pour exiger plus d’intervention, plus de bombardements, plus de massacres.

    Au milieu du chaos, pourtant, l’espoir peut également naître. L’impérialisme apprend la guerre à tant et tant qu’il finit par forger les armes de sa chute. Ainsi, les forces combattantes Kurdes, en Syrie, montrent la voie à suivre. Leur résistance est exemplaire et illustre un fait indéniable : les armées populaires sont imbattables !

    En Turquie, aux Philippines, en Inde, au Népal et dans bien d’autres lieux, la résistance aux oppresseurs, la résistance aux dictateurs fascistes et aux réactionnaires tient. Organisés autour de partis communistes révolutionnaires, léninistes et maoïstes, les combattants et combattantes des guérillas, les résistants, les révolutionnaires tiennent bon. Au sein des pays impérialistes, renaissent aussi la révolte, reparaissent également les drapeaux rouges de la révolution.

    Même dans les dépendances de l’Etat Français, dans ses colonies, en Guyane, à Mayotte, le rejet de la domination impériale est total. Dénigrant totalement les injonctions de l’ONU, l’Etat Français campe sur un empire en lambeaux, dans lequel il entretient la misère.

    Les régimes n’ont d’autre choix que de se durcir, de durcir le ton, de durcir la répression pour maintenir l’exploitation. C’est là la tâche des Etats bourgeois. A l’échelle internationale, l’extrême-droite, les xénophobes, les chauvins -de gauche ou de droite, les populistes tiennent le haut du pavé. La victoire de Trump, mais aussi les élections présidentielles que nous vivons actuellement, ne peuvent être regardées que comme les victoires de l’esprit publiciste, de la démagogie. Elles sont autant de gifles faites aux révolutionnaires et aux progressistes. Elles sont un signal.

     

    Il est temps de se réorganiser, de serrer les rangs, d’avancer de nouveau !

    Car au sein de l’Etat français, les tensions se condensent.

     

    Le grand mérite du Parti Socialiste a été de briser le mythe social-démocrate. Il aura été de quitter la fange de l’alliance avec ses courroies de transmission, de hausser le débat et le niveau politique. Ne laissons pas ses successeurs reconstituer ce mythe ! Brisons définitivement l’illusion réformiste !

    Impérialisme descendant, l’impérialisme français montre les dents, se mue en bête féroce, en monstre. Les grands monopoles recherchent les failles et les faiblesses pour déstabiliser d’autres Etats, pour les assujettir. Coups de force, coups d’Etat, corruption, chaos, sont organisés pour maintenir dans l’orbite française les pays dominés, les néo-colonies. Sentant la Françafrique menacée, l’armée française occupe, contrôle le Mali, le Tchad, le Centrafrique… ; pillant, violant au passage. L’impérialisme français forme le socle de toutes les questions politiques, forme la ligne de démarcation principale.

    Au sein de la métropole, les discours vont bon train. Ceux de la présidentielle se divisent en deux camps. Aucun des quatre cavaliers de l’apocalypse, arrivés en tête au premier tour, ne l’attaque. Tous sont ses brillants zélateurs, ses agents.

    Les optimistes, ceux comme Fillon et Macron, en sont fiers, voient dans le libre-échange, dans l’alliance avec les autres capitalismes, dans l’Union Européenne la clé du succès de l’impérialisme français.

    Les pleurnicheurs, Mélenchon et Le Pen, qui le nient, ne voient d’issue que dans le protectionnisme, dans le repli. Pour ces tristes sires, la France est un Etat dominé, colonisé, par les USA, l’OTAN, l’UE ou l’Allemagne. Ces discours, social-chauvin et fasciste-chauvin sont deux discours qui se corroborent, qui se valident, qui se recoupent. Ils sont le socle d’un puissant danger.

    Les communistes sont pour l’internationalisme, pour la révolution, pour la destruction du capitalisme et de l’impérialisme. Ils et elles sont pour le fait de cibler l’impérialisme français comme leur premier ennemi : il est celui sur lequel nous avons le plus de prise, mais il est également notre premier bourreau. Ceux qui s’éloignent de cette ligne ne méritent qu’un seul titre : agents de l’impérialisme français.

    La situation économique n’a eu de cesse de se dégrader. Fermetures d’usines, délocalisations, paupérisation grandissantes, réformes dans l’intérêt unique des patrons. Depuis les années 90, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de racler jusqu’à l’os la protection sociale, les droits des travailleurs, les retraites, l’éducation. Cette dégradation a été « compensée » par plus de police, plus de dureté contre les pauvres, contre les exclus, contre les minorités. Elle est un rideau de fumée, une diversion pour détourner les masses de la lutte. Elle est le terreau des discours fascistes.

    Les discours chauvins, les discours de laquais de l’impérialisme, les discours de l’absence de rupture avec le capitalisme ont formé les socles idéologiques de la monté de l’extrême-droite.

    L’absence de Parti Communiste non-vautré dans le révisionnisme, d’un camp du peuple n’a laissé d’autre voie à la colère populaire que la réaction. L’anticommuniste, le révisionnisme, la falsification, mais aussi l’économisme plat et chauvin ont formé le boulevard des fascistes. In fine, ne pas dénoncer la dictature de la bourgeoisie pour ce qu’elle est, c’est marcher main dans la main avec les populistes les plus répugnants.

    Les élections de 2017 ont montré que la majorité relative, au sein de nombreux lieux, appartenait désormais aux réactionnaires les plus virulents. Accompagné par la bourgeoisie, comme une contre-assurance, le discours réactionnaire s’est implanté fermement. La complicité -active ou passive- des autorités, des préfectures, de la police et de la Justice est une évidence. Cette complicité, ce bouclier, a été une contribution essentielle aux gains des xénophobes et des chauvins.

     La faiblesse des mobilisations à la suite de la nouvelle de l’accession de Marine Le Pen au second tour est illustrative. Tout comme à l’échelle internationale, l’hypothèse de la guerre ne déclenche plus de levée de bouclier, celle de l’irruption de l’extrême-droite non plus.

    Comment en serait-il autrement après tout, quand, après 5 ans de direction socialiste, une copie carbone du programme du F.N. a été appliquée ?

    Lyon dans la tourmente ?

    Vivier de l’extrême-droite, dirigé par un maire opportuniste et soutien de la première heure à Macron, Lyon n’a jamais été un havre de paix pour les forces progressistes. La pression des réactionnaires se fait sentir avec une intensité croissante. Disposant d’une véritable assise, de locaux, de magasins, de bars dans la ville, ces apprentis-sorciers du fascisme se permettent d’opérer attaques et menaces. Locaux attaqués, militants agressés, journalistes menacés, voilà les services rendus par ces révolutionnaires du retour en arrière. Ces enfants de la bourgeoisie traditionnelle-catholique se perçoivent en nouveaux croisés, alors qu’ils ne sont que des auxiliaires de police, des auxiliaires de la réaction.

    Economiquement parlant, la région lyonnaise reste dynamique, mais cela n’empêche ni les fermetures d’usines, comme Bosch, ni d’hôpitaux, comme Henri Gabrielle, ni la répression contre les militants et militantes syndicales et politiques. Les capitalistes ne cherchent qu’à trouver les rendements maximums pour leurs investissements, quitte à faire naître la misère, le chômage, quitte à expulser et à laisser vivre dans la rue.

     

    Avancer et combattre !

    Nous avons cinq ans devant nous.

    Cinq ans durant lesquels les forces militantes, de Lyon comme de l’Etat français, doivent avancer et se préparer à combattre. Cinq années qui forment un sursis. Si nous ne saisissons pas celui-ci pour être plus forts, plus organisés, plus solides, les « on vaut mieux que ça » n’auront plus cours. Nous n’aurons que ce que nous mériterons. Aucune aide, aucune pitié n’est à attendre de la part de la bourgeoisie, du patronat, des fascistes. Nous devons assumer nos responsabilités.

    Nous faisons le choix de refuser le jeu de la bourgeoisie car nous considérons qu’il est truqué. Nous considérons que quelque soit le gouvernement qui en sortira, il sera le fidèle serviteur des intérêts de la bourgeoisie. Seulement, la bourgeoisie de l’Etat français, elle aussi est à la croisée des chemins : Est ou Ouest, protectionnisme ou libéralisme, fascisme ou démocratie ?

    Les forces communistes ont une autocritique à faire, sur leur dispersion, leurs erreurs, leurs manques. Le temps de l’unité est venu, d’unifier nos forces et de poser les bases d’où émergera le Parti Communiste dont nous avons besoin, dont les masses populaires ont besoin.

    Quittons les mythes réformistes et opportunistes d’une illusoire renaissance d’une organisation qui n’est qu’une coquille vide, une marionnette, un croupion entre les mains de la social-démocratie. Mettons fin à cette course à récupérer une marque, un branding qui ne signifie plus que trahison et opportunisme. Quittons l’attentisme, forgeons nos armes.

    Militants et militantes, avançons idéologiquement et politiquement. Renforçons les syndicats, les organisations politiques, les organisations antifascistes. Posons les bases communes d’une opposition extra-parlementaire, opposition progressiste, opposée à la compromission, au réformisme, à l’aménagement d’un capitalisme pourrissant.

     

    Soyons solidaires, tant à Lyon que dans l’Etat français, tant dans l’Etat français qu’à l’échelle internationale. Faisons front commun, contre l’impérialisme français !

    Serrons les rangs !

    Chassons les idées fausses !

    Développons la ligne révolutionnaire !

    Vive le premier mai, vive le communisme !

     

     

  • Rejetons les options que nous laisse l’élection. Construisons le pouvoir populaire !

    Rejetons les options que nous laisse l’élection. Construisons le pouvoir populaire !

    A L’ISSUE DU PREMIER TOUR DES ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES, LES RÉSULTATS SONT LA.

    Le pur produit du libéralisme, Emmanuel Macron, est pressenti pour être le nouveau président de l’Etat Français. En face de lui, Marine Le Pen, dirigeante du parti Fasciste, le Front National. Voici donc la configuration du match : Un combat entre une droite pro-UE, libérale, pro-OTAN et une qui est son miroir, anti-UE, xénophobe, protectionniste, pro-russe.

    Les deux représentent deux faces des intérêts des capitalistes de l’Etat Français. Les deux sont des agents de la régression sociale, de l’exploitation accrue, de l’anéantissement des conquêtes sociales. L’un et l’autre représentent les deux branches d’une tenaille faite pour attaquer les travailleurs, les travailleuses, accroitre leur oppression. Libre échangiste ou protectionniste, l’exploiteur reste exploiteur.

    Les réformistes s’empressent de déclarer que nous sommes au pied du mur, qu’il est temps d’adouber tous Macron comme un rempart face au fascisme.

    Ce fascisme, ce sont les gouvernements successifs, dont celui dirigé par le P.S. qui l’ont nourrit, qui l’agitent comme un épouvantail pour que nous avalions une fois de plus, en souriant, les couleuvres.

     

    « PESTE ET CHOLERA, CHARYBDE ET SCYLLA, CERTES, MAIS VOTEZ MACRON QUAND MÊME ! » VOILA CE QU’ON NOUS OFFRE.

    REJETONS CE CHANTAGE.

    Macron, malgré son sourire enjôleur, ses airs rassembleurs, est l’avant-garde des exploiteurs. Il est d’autant plus dangereux que, si il dispose d’une forte assisse électorale, il entraînera dans son sillage, dans un seul camp, les sociaux-démocrates valets du patronat, à la Hollande, et les réactionnaires à la Fillon. Son élection forme un redoutable pôle, une synthèse terrible des positions les plus libérales et les plus antisociales. Il représente l’aboutissement d’un long processus, entamé dès l’irruption de la crise de 2008. Son pouvoir est celui d’un comité de salut des intérêts des capitalistes et des impérialistes de l’Etat Français. Il est le sauveur du patronat français, leur messie, leur héraut le plus pur, le plus zélé.

    Nous en sommes ici aujourd’hui car une confiance aveugle a été donné aux institutions, à l’Etat, aux politiciens et aux politiciennes. Nous en sommes ici car le jeu truqué des bourgeois, fait selon leurs règles, fait selon leurs lois -qu’ils violent régulièrement, pourtant-  ne pouvait que nous y entrainer, comme une terrible lame de fond.

    Pourquoi ? Parce que la bourgeoisie est consciente de ses intérêts et qu’elle est prête à tout mettre en œuvre pour les défendre.

    La bourgeoisie a dicté le programme du président sortant, François Hollande. Elle a dicté la loi El-Khomri. Elle a dicté le 49.3 pour la mettre en œuvre. Elle dictera d’autant plus aisément celui du prochain que celui-ci sera légitimé par un grand nombre de suffrages. Les réformistes, les menteurs, les prestidigitateurs de la politique n’ont eu de cesse que d’emmener les masses populaires vers cet abattoir. Ils ont clamé que la démocratie bourgeoise est la plus pure démocratie, alors que le pouvoir réel est entre les mains du MEDEF et des organisations du patronat.

    Ils nous ont nourris de mots d’ordre stupides, sans le moindre fond, sans la moindre consistance, comme cette « révolution citoyenne par les urnes » inventée par Mélenchon.

    Hier comme aujourd’hui, tout ce que nous avons obtenu, nous l’avons arraché par la lutte. Rien n’a été donné, rien n’a été offert. Pendant cinq ans, nous avons été bernés par les courroies de transmission du PS, des sociaux-démocrates, des vermines qui nous vendent.

     

    NE LES ÉCOUTONS PLUS ! ÉCOUTONS NOTRE COLÈRE !

    LA VRAIE DÉMOCRATIE EST POPULAIRE.

    LE VRAI POUVOIR EST DANS LA LUTTE !

    N’écoutons pas les sirènes de ceux qui veulent que nous liions notre destin à celui d’Emmanuel Macron. Est-ce cela notre seul choix ? Nous prosterner devant le banquier ? Défiler, le bras tendu, devant la fasciste ?

    NON.

    Nous avons le choix de la lutte. Le choix d’avoir, de bâtir notre propre démocratie. Le choix d’avoir notre pouvoir d’opposition. Le choix du camp du peuple.

    Celui-ci n’a pas besoin des parlements, des mairies, des salons de la bourgeoisie, de ses règles étriquées, de son crétinisme. Qu’en ferait-il ? En ces lieux, les patrons donnent leurs ordres, les élus exécutent.

    NOUS VOULONS UNE OPPOSITION EXTRA-PARLEMENTAIRE !

    Les politiciens ont joué leur plus beau tour de passe-passe en se clamant les seuls représentants de la démocratie. Ils et elles l’ont usurpée, l’ont réduite, l’ont broyée, hachée menue, transformée en un simple bulletin.

    Dans les organisations politiques, dans les syndicats, dans les associations, dans tout ce qui nous permet de nous organiser, là réside le pouvoir populaire !

    Dans nos assemblée, dans nos prises de décision, là réside la démocratie.

    Assez des affairistes, des opportunistes.

    Assez des carriéristes.

    Assez du rideau de fumée, des débats de technocrates, de l’absence de contrôle populaire.

    ASSEZ DU CRÉTINISME PARLEMENTAIRE, ASSEZ D’ÊTRE BERNES, D’ÊTRE UTILISES PAR DES CARRIÉRISTES, DES CHAUVINS, DES AGENTS DE L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS.

    Construisons aujourd’hui les bases d’une opposition, contre le pouvoir de Macron, contre la démocratie fantoche des législatives, contre le mythe de la démocratie bourgeoise. Si le fascisme de Marine Le Pen est un poison, le gouvernement instable et fragile que Macron mettra en place, si nous ne sommes pas soudé, peut aisément basculer dans quelque chose de tout à fait similaire.

    Dans les rues, dans les usines, dans les universités, dans les lycées, dans les lieux de vie, dans les prisons et les hôpitaux, unissons nous contre l’offensive du capitalisme, contre l’offensive de la réaction.

     

    FAISONS FACE, ENSEMBLE !

    CLAMONS QUE NOUS REJETONS CETTE ELECTION POURRIE, CE DÉBAT TRUQUE !

    PAS UNE VOIX POUR LE JEU DES BOURGEOIS ! CONSTRUISONS NOTRE POUVOIR, CELUI DU PEUPLE !

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie V – Final

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie V – Final

    La quatrième partie de cette brochure est disponible ici.

    La brochure intégrale est disponible en PDF ci-dessous.

    LES BASES DE L’UNITÉ EXISTENT AUJOURD’HUI

    Les bases de ce travail commun existent, les bases de l’unité, dans la pratique, existent. Les besoin, le désir de réaliser ceci existe. Les conditions pour la création de ce front de lutte sont toutes réunies à l’heure actuelle. Ne manque que l’unité de volonté, l’impulsion, l’étincelle. Hormis cela, rien ne s’oppose au fait de réaliser cette étape, d’entamer la route de la rupture avec la bourgeoisie et la forme d’Etat que celle-ci met en œuvre.

    Les élections seront perdues par les masses populaires. Ce fait est inéluctable. Quelque soit le candidat ou la candidate qui accèdera à cette fonction. Dès la fin de ces élections, hormis la nouvelle parenthèse des législatives, les manigances vont reprendre. L’hydre de Lerne du Parti Socialiste, de la social-démocratie, va tenter de faire repousser de nouvelles têtes, les maquillant d’un vernis gauchiste.

    Les ramifications de ces organisations, de nouveau, vont tenter de s’implanter, de corrompre, de coopter les militants et militantes, les travailleurs et travailleuses, de se reconstituer, de redonner vie à leur corps épuisé par la défaite. Sans la possibilité de battre les idées fausses, les thèses pourries, celles-ci renaissent inlassablement, tel le flux et reflux de vagues. Des idées qui bercent d’illusions, de programmes de transitions, de révolutions permanentes et de grands soirs, qui n’ont lieu que dans les rêves. Tandis que, dans la pratique, ce sont les mêmes jeux, les mêmes cachoteries, les mêmes tractations qui reprennent, dans la mairies, dans les assemblées, dans les hôtels de région.

    Et encore ! La situation actuelle est encore celle d’un calme relatif, d’un ciel où les nuages sont épars. Des épreuves bien plus difficiles sont à prévoir, à l’avenir.

    Que cela soit le risque de guerre internationale, du fait de l’affaiblissement relatif de la chape de plomb des USA, par la montée de nouveaux acteurs internationaux, par le recours à la force armée qui s’accroît au fur et à mesure que les impérialismes déclinant dévissent.

    Dans ce cadre, quelle sera l’attitude d’un environnement militant marqué par l’hésitation ? Cent ans auparavant, la plus grande majorité des forces progressistes se sont associées aux projets criminels de l’impérialisme français. Il est fort possible que les sociaux-démocrates fassent de même, à nouveau, en ayant toujours à la bouche les notions de civilisation, de droit, d’universalité. Combien d’organisations -aujourd’hui se targuant d’être les fers de lance de la révolution- accepteront les mots d’ordre, prendront faits et cause pour l’impérialisme ?

    Les  luttes sociales, même le fameux « troisième tour social »  n’aboutiront à rien si ces événements ne débouchent pas sur une structure, ou ne trouvent pas de centre à épouser. Ce centre doit être bâti, en amont, pour que le camp du peuple puisse grandir, quantitativement puis qualitativement.

    Ce camp n’est tout simplement pas prêt. Il est divisé, faible.

    Ses tâches sont immenses, gigantesques, plus grandes que celle qu’il peut aligner aujourd’hui.

    Le dilemme est simple : ou ce camp se hisse à la hauteur de ces tâches, ou il se résigne à vivre en croupion de l’impérialisme et du réformisme.

  • Guyane : mobilisation massive dans la colonie.

    Guyane : mobilisation massive dans la colonie.

    Samedi 25 mars, 37 organisations syndicales ont lancé un appel à la grève générale. La Guyane est perturbée par des mobilisations massives, des grèves, des barrages routiers. A tel point qu’un lancement de fusée, prévu à la base de lancement de Kourou, a du être reporté. Air France annonce qu’elle repousse ses vols jusqu’au lundi 17 mars, obligeant même certains long-courriers à faire demi-tour.

    La colonie vit à un rythme ralenti depuis déjà plusieurs jours. Écoles, universités, installations portuaires, administrations sont fermées ou en solidarité, ou sous la pression du mouvement de grève. La liste est longue et s’allonge encore.

    Les agents EDF, le personnel hospitalier, les employés de la Caisse d’Allocation Familiale, les transports, les agriculteurs…en somme l’ensemble de la société guyanais à par les laquais les plus zélés de l’impérialisme, s’est joint à la grève.

    Un collectif, nommé « Pou Lagwiyann dekolé », rassemblant la quasi-totalité des acteurs de ce mouvement de protestation, s’est fondé. Militants syndicaux, notamment de l’UTG, mais également politiques, anticolonialistes et indépendantistes. La société civile n’est pas en reste, et prend activement parti dans ce mouvement de colère. Ainsi, les « 500 frères », organisation d’autodéfense, s’est invitée dans le débat, prenant notamment à partie Ségolène Royal.

    Les raisons de ce mouvement : la Guyane, bien que « département français », vit dans une situation digne d’un des Pays les Moins Avancés. Rongée par la misère, vivant d’expédiant, une partie de la population verse dans la criminalité pour tenter de survivre. Ceux et celles qui, pensant trouver un eldorado mirifique, franchissent la frontière avec le Surinam voisin, viennent s’entasser dans des quartiers ghettos crasseux. Tout cela alimente un racisme latent, savamment entretenu par un colonisateur qui redoute l’union des exploités.

    La Guyane n’est pas une carte postale. La gendarmerie ne rechigne pas à faire disparaître les orpailleurs clandestins. La légion, qui protège le centre de lancement de Kourou, s’en donne à cœur joie, par ailleurs, entretenant une affluence de proxénètes et de leurs réseaux de vente de chair.

    L’Etat français s’y accroche avec vigueur: ce joyau tropical est la base de lancement de l’ESA, ce qui glorifie notre coq national. Le sous-sol guyanais n’est pas avare de richesses et la terre est volée, sans ménagement, aux amérindiens, lesquels ont rejoint le mouvement. Cerise sur le gâteau, la façade maritime de la Guyane contribue à agrandir la Z.E.E., tant vantée par les chauvins.

    Si nous ne connaissons pas encore bien les acteurs de ce mouvement, si certains semblent prendre des postures plus progressistes, d’autres plus réactionnaires. Un travail d’enquête est encore à mener pour discerner les différentes lignes. Cependant, nous ne pouvons que saluer la direction générale que prend ce mouvement, qui rejette fondamentalement la tutelle de la métropole.

    L’ennemi, c’est l’impérialiste français. L’ennemi, l’exploiteur, celui qui vit de leur travail, qui usurpe les infrastructures que les habitants ont construit, qui exploite la forêt, le pas de tir. La France doit partir, doit être chassée !

    L’élection, qui approche, n’a qu’une seule ligne sur laquelle chaque candidat est en accord : l’impérialisme français prévaut !

    L’Etat français envoie ses sbires, ses agents, pour calmer le jeu, pour corrompre, pour acheter. Si cela n’est possible, il viendra détruire. Les manifestants ont refusé de reconnaître la légitimité de la délégation ministérielle.

    Du FN jusqu’au tribun Mélenchon, si avisé d’épingler ses adversaires dans les débats, mais si pressé de se faire complice des impérialistes, en twittant « la Guyane, c’est la France.  » Nous ne doutons pas qu’en d’autres temps, un autre nom de colonie aurait aisément remplacé celui de la Guyane.

    « Nous écoutons leurs malheurs », nous disent les sociaux impérialistes. Mais le plus grand malheur de chaque partie  du globe dominée par les impérialistes, c’est leur présence. Le plus grand coup de poignard qu’il est possible de leur infliger, c’est de faire de la possession de ces terres une chose logique, cohérente, légitime.

     

     

    D’une seule voix, les peuples dominés réclament le départ des occupants.

    Nous joignons nos voix aux leurs, pour leur signifier notre soutien sans faille.

    Halte à l’impérialisme français ! Halte à ses agents !

    Vive la lutte de libération des peuples opprimés !

  • Vive la Commune de Paris !

    Vive la Commune de Paris !

    Aujourd’hui, le 18 mars, nous célébrons le déclenchement de la Commune de Paris, en 1871. Ce jour reste dans les mémoires du mouvement, non seulement communiste, mais bien révolutionnaire dans son ensemble.

    La Commune de Paris est la première expérience de gouvernement ouvrier, la première expérience de dictature du prolétariat, contre les rapaces, les parasites de la bourgeoisie.

    La Commune de Paris a servi de base au mouvement révolutionnaire, au mouvement ouvrier, au mouvement communiste comme une expérience démontrant qu’il était possible, qu’il était réalisable, que le pouvoir soit conquis par les travailleurs et les travailleuses. C’est une démonstration du fait que l’exercice réel de l’autorité se conquiert par la lutte, non par la négociation, les urnes, les manigances. Engels la décrivit ainsi :

    « Dans la Commune ne siégeaient presque que des ouvriers ou des représentants reconnus des ouvriers ; ses décisions avaient de même un caractère nettement prolétarien. Ou bien elle décrétait des réformes, que la bourgeoisie républicaine avait négligées par pure lâcheté, mais qui constituaient pour la libre action de la classe ouvrière une base indispensable, comme la réalisation de ce principe que, en face de l’État, la religion n’est qu’une affaire privée ; ou bien elle promulguait des décisions prises directement dans l’intérêt de la classe ouvrière et qui, pour une part, faisaient de profondes entailles dans le vieil ordre social. »1

    Dans la lutte contre l’autocrate Napoléon III, mais également contre l’invasion par la Prusse et contre d’autres forces de la réaction, les habitants et habitantes de Paris se sont soulevés. Non seulement pour se défendre et défendre une plate « république », que les bourgeois venaient de proclamer, mais bien pour aller au-delà.

    Après l’effondrement de la structure pourrie qu’était le Second Empire, la bourgeoisie avait appelé aux armes les travailleurs pour servir ses intérêts de classe, à savoir négocier une paix, l’accès au pouvoir et son plein exercice.

    Après la capitulation de Paris, le 28 janvier 1871, la Garde nationale, constituée de ces travailleurs, ne déposa pas les armes. Elle tint en respect les Prussiens, hors de Paris. Le peuple régna en maître, les Prussiens à sa porte, n’osant entrer.

    Autant ces derniers ne mettaient que peu d’ardeur à pénétrer dans Paris, autant la bourgeoisie, quant à elle, s’empressait de vouloir reprendre les armes qu’elle avait données. Dès lors, le casus belli fut consommé, la rupture entre les deux, totale.

    « Pendant la guerre, les ouvriers parisiens s’étaient bornés à exiger la continuation énergique de la lutte. Mais, maintenant qu’après la capitulation de Paris la paix allait se faire, Thiers, nouveau chef du gouvernement, était forcé de s’en rendre compte : la domination des classes possédantes — grands propriétaires fonciers et capitalistes — se trouverait constamment menacée tant que les ouvriers parisiens resteraient en armes. Son premier geste fut de tenter de les désarmer. Le 18 mars, il envoya des troupes de ligne avec l’ordre de voler l’artillerie appartenant à la garde nationale et fabriquée pendant le siège de Paris à la suite d’une souscription publique. La tentative échoua ; Paris se dressa comme un seul homme pour se défendre, et la guerre entre Paris et le gouvernement français qui siégeait à Versailles fut déclarée ; le 26 mars, la Commune était élue ; le 28, elle fut proclamée ; le Comité central de la garde nationale qui, jusqu’alors, avait exercé le pouvoir, le remit entre les mains de la Commune, après avoir aboli par décret la scandaleuse “police des mœurs” de Paris. Le 30, la Commune supprima la conscription et l’armée permanente et proclama la garde nationale, dont tous les citoyens valides devaient faire partie, comme la seule force armée ; elle remit jusqu’en avril tous les loyers d’octobre 1870, portant en compte pour l’échéance à venir les termes déjà payés, et suspendit toute vente d’objets engagés au mont-de-piété municipal. Le même jour, les étrangers élus à la Commune furent confirmés dans leurs fonctions, car “le drapeau de la Commune est celui de la République universelle”.

    — Le 1er avril il fut décidé que le traitement le plus élevé d’un employé de la Commune, donc aussi de ses membres, ne pourrait dépasser 6 000 francs. Le lendemain furent décrétées la séparation de l’Église et de l’État et la suppression du budget des cultes, ainsi que la transformation de tous les biens ecclésiastiques en propriété nationale ; en conséquence, le 8 avril, on ordonna de bannir des écoles tous les symboles, images, prières, dogmes religieux, bref “tout ce qui relève de la conscience individuelle de chacun”, ordre qui fut réalisé peu à peu.

    — Le 5, en présence des exécutions de combattants de la Commune prisonniers, auxquelles procédaient quotidiennement les troupes versaillaises, un décret fut promulgué, prévoyant l’arrestation d’otages, mais il ne fut jamais exécuté.

    — Le 6, le 137e bataillon de la garde nationale alla chercher la guillotine et la brûla publiquement, au milieu de la joie populaire.

    — Le 12 la Commune décida de renverser la colonne Vendôme, symbole du chauvinisme et de l’excitation des peuples à la discorde, que Napoléon avait fait couler, après la guerre de 1809, avec les canons conquis. Ce qui fut fait le 16 mai.

    — Le 16 avril, la Commune ordonna un recensement des ateliers fermés par les fabricants et l’élaboration de plans pour donner la gestion de ces entreprises aux ouvriers qui y travaillaient jusque-là et devaient être réunis en associations coopératives, ainsi que pour organiser ces associations en une seule grande fédération.

    — Le 20, elle abolit le travail de nuit des boulangers, ainsi que les bureaux de placement, monopolisés depuis le Second Empire par des individus choisis par la police et exploiteurs d’ouvriers, de premier ordre ; ces bureaux furent affectés aux mairies des vingt arrondissements de Paris.

    — Le 30 avril, elle ordonna la suppression des monts-de-piété, parce qu’ils constituaient une exploitation privée des ouvriers et étaient en contradiction avec le droit de ceux-ci à leurs instruments de travail et au crédit.

    — Le 5 mai, elle décida de faire raser la chapelle expiatoire élevée en réparation de l’exécution de Louis XVI. »2

    Socialement, la Commune de Paris était une pointe fichée dans la chair des patrons et des exploiteurs. En quelques mesures, dûment appliquées, la base économique de la misère noire qui sévissait était jugulée.

    Malgré le fait que, de l’autre côté de la ligne de front, les versaillais exécutèrent à tour de bras les prisonniers communards, malgré le fait que la Commune ait pris des otages, elle ne riposta pas au crime par le crime.

    Elle fut un formidable creuset d’expériences politiques, un « broyeur » d’idées fausses, battant en brèche successivement les thèses erronées des proudhoniens, des partisans de Louis Blanc, mais également des blanquistes, sectaires et dogmatiques.

    Libérée des entraves du crétinisme parlementaire, du parasitisme de la bourgeoisie, la Commune put chausser des bottes de sept lieues pour avancer vers l’égalité — non plus formelle, mais bien réelle.

    C’est ce qui lui valut la colère, la haine, la rage de la bourgeoisie, laquelle n’eut cesse de chercher à l’écraser par tous les moyens possibles. Si la ville devait être réduite en cendres, la bourgeoisie l’aurait accepté du moment que, l’offense à leur ordre était lavée dans le sang.

    Agenouillés devant Bismarck, les versaillais quémandèrent le rapatriement des troupes prisonnières pour écraser la Commune. Le gouvernement du sinistre Adolphe Thiers l’obtint. Que valent les discordes de la bourgeoisie, discordes de gentlemen face au péril de la lutte des classes ?

    La Semaine sanglante fut un bain de sang. Cependant, Marx lui-même le note dans La guerre civile en France (1871), nombreux furent les soldats qui, par humanité, épargnèrent leurs adversaires ou leur laissèrent le libre passage. La fraternité de classe n’est pas un mot vide.

    En écrivant La guerre civile en France, Marx s’était fixé cette tâche :

    « Analyser cette expérience, y puiser des leçons de tactique, réviser sur la base de cette expérience sa théorie ».3

    En effet, c’est un travail qui était plus que nécessaire. La Commune de Paris posa les bases de la forme que doit prendre l’État prolétarien. Elle lui donna corps, pour la première fois de l’Histoire. Les théories pourries et idéalistes qui proclamaient que les révolutions aboliraient immédiatement la lutte des classes, mais aussi l’État, ces idées de cristal, se brisèrent sur le fer de la réalité : tant que la lutte des classes existe, le conflit antagonique existe, et donc le prolétariat doit réprimer ses ennemis.

    Comme nous l’avons développé plus haut, cette expérience fut une machine d’une dialectique impitoyable, laquelle écrasa bien des conceptions fausses. Ainsi, les thèses pourries de Proudhon, petites-bourgeoises et antisocialistes, furent battues à plate couture par l’irruption terrible de la réalité. Au lieu d’être la consécration, ce fut la défaite : c’est la socialisation du travail, les valeurs communistes, qui l’emportèrent sur le mutuellisme anarchiste. Les blanquistes, conspirateurs incapables de faire naître une ligne de masse, persuadés que les révolutions de palais font tout, durent réviser leur doctrine.

    La Commune commit des erreurs également : le respect sacré de la Banque de France, dont les fonds ne furent pas saisis. Ce qui aurait pu être une dévastation pour la bourgeoisie, un abominable otage, a pu être récupéré dès la fin de la Commune.

    Le siège versaillais ne put être levé, la Commune resta confinée dans un espace étroit et uniquement urbain, uniquement local. Si des émules apparurent ailleurs en France, dont à Lyon et à Vienne, le mouvement ne trouva pas la clé que trouvèrent les bolcheviques : l’alliance des ouvriers et des paysans, seule à même de pulvériser la bourgeoisie.

    Manqua également le Parti, capable de coordonner, de diriger cette alliance, de faire naître, d’une insurrection victorieuse, une guerre révolutionnaire balayant la bourgeoisie. Ce sont ces conclusions que tirèrent les continuateurs et les observateurs. La Commune donna le matériel pratique qui put être étudié pour en tirer les conclusions politiques et idéologiques qui enrichirent l’idéologie communiste.

    La bourgeoisie réactionnaire, les Mac Mahon, les Thiers, les vermines crachèrent sur les communards, les déportèrent comme Louise Michel, les envoyèrent au bagne en Algérie et en Kanaky, les assassinèrent. Les ennemis du peuple souillèrent la terre de la Commune en construisant le Sacré-Cœur, cet édifice monstrueux, une injure au prolétariat parisien.

    Mais la Commune n’est pas morte. Car, comme la révolte des opprimés, elle ne peut être exorcisée et renaît sans cesse, tant que l’exploitation dure.

    Lénine dira, à Zurich : « Ou bien la révolution aboutira à une seconde et victorieuse Commune de Paris, ou bien nous serons écrasés par la guerre et la réaction. » L’URSS s’est bâtie sur la Commune de Paris, lui rendant hommage en nommant un de ses rares cuirassés « Parizhskaya Kommuna ». L’ensemble du camp communiste, du camp du peuple, doit rendre hommage à cette expérience, à cette œuvre.

    La Commune de Paris, les communardes et les communards sont immortels !

    1 F. Engels, Introduction à La guerre civile en France, 1891.

    2 Ibidem.

    3 V. I. Lénine, « Chapitre III : l’État et la révolution. L’expérience de la Commune de Paris (1871). Analyse de Marx », L’État et la révolution, 1917.

  • Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

    Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

    Bienvenue dans les années 30 du journal Slate, Le front des affaires s’épaissit, Marine Le Pen menace , du Figaro, mais aussi, dans un autre registre Pourquoi est-ce que plus les gens sont « de gauche », plus ils nient le danger fasciste de Marine Le Pen ? du site internet « Les matérialistes. » Ces articles sont autant d’exemples d’un discours d’actualité, celui de pointer du doigt la menace présentée par le Front National. 

    Dans chacun de ces textes, ce qui est mis en avant est le risque de basculement dans un régime fasciste. La conclusion est donc la suivante : votez. Votez utile, même sans conviction, pour faire barrage.

    Le corolaire est simple : si vous ne votez pas, vous êtes in fine un agent larvé des fasciste, un idiot utile, en bref, un marchepied de la fascisation.

    La logique mise en avant est la suivante : la situation est difficile, depuis la crise de 2008, la population est dégoûtée de la politique, donc cela laisse le champ libre aux fascistes. Même des marxistes, ou prétendus marxistes, font un parallèle entre les années 30 et aujourd’hui.

    Pour illustrer ce propos, comment ne pas songer à l’article Lénine, organisateur et chef du Parti Communiste de Russie de la Pravda écrit par Staline en 1920, à l’occasion du 50e anniversaire de Lénine:

     » Il y a deux groupes de marxistes. Tous deux travaillent sous le drapeau du marxisme et se croient « authentiquement » marxistes.

    Et cependant ils ne sont pas identiques, loin de là. Bien plus : un abîme les sépare, leurs méthodes de travail étant diamétralement opposées.

    Le premier de ces groupes se borne d’ordinaire à reconnaître extérieurement le marxisme, à le proclamer avec solennité.

    Ne sachant pas ou ne voulant pas pénétrer l’essence du marxisme, ne sachant pas ou ne voulant pas le faire passer dans la vie, il transforme les principes vivants et révolutionnaires du marxisme en formules mortes, qui ne disent rien.

    Il fait reposer son activité, non sur l’expérience, ni sur les enseignements du travail pratique, mais sur des citations de Marx. Indications et directives, il les puise non dans l’analyse de la réalité vivante, mais dans les analogies et les parallèles historiques. »

    Voilà justement ce que signifie cette comparaison avec les années 1930. Elle est fausse, historiquement, idéologiquement. Elle est fausse et elle est toxique politiquement.

    Des années 30 amputées de leur aspect politique principal : la menace révolutionnaire.

    Chacune des comparaisons faites par ces journaux, ces organisations, ces rabatteurs agissant pour la social-démocratie, est escamotée d’une chose essentielle : la question politique, l’influence des idées communistes dans les masses.

    Le journal Slate, aimant à se vernir de radicalité pour cacher sa vacuité, explique ceci: Sans la grande dépression née du krach de 1929, la plus grande crise que le capitalisme ait connue, et l’effondrement social et moral qu’elle a créé, les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne. La Seconde Guerre mondiale n’aurait sans doute pas eu lieu. L’URSS de Staline ne serait sans doute pas devenue la superpuissance qu’elle a été jusqu’en 1989.

    Laissons de côté la répugnante petite diatribe anticommuniste de l’auteur. Après tout, Slate a soutenu Finkielkraut contre Nuit Debout, plus rien ne peut nous surprendre de leur part. L’intérêt réside ailleurs, dans une formation malheureuse : Les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne.

    L’auteur, dans ce raisonnement, fait l’impasse sur plusieurs choses : d’une part le jeu vicieux des « démocraties », soufflant sur les braises, excitant Hitler à la guerre contre l’URSS. D’autre part cette négation de la réalité : jamais pris le pouvoir. Hitler n’a ni été élu, ni n’a pris le pouvoir. Il a été appelé à le prendre.

    Les « matérialistes », quant à eux écrivent :  » Le résultat est que des gens de centre-gauche, qui ne veulent nullement du socialisme, comme Manuel Valls ou Anne Hidalgo, qui est maire de Paris, comprennent bien mieux qu’il y a une menace terrible d’extrême-droite que les gens les plus à gauche, qui balaient cela d’un revers de la main, criant au chantage.

    On risque alors de connaître la même situation qu’en Italie au tout début des années 1920. La grande vague de contestation sociale s’est enlisée, elle n’a rien produit sur aucun plan, ni culturellement, ni politiquement, ni idéologiquement. Et la menace sociale a fait basculer la bourgeoisie hésitante dans les bras de la haute bourgeoisie fasciste. »

    Encore une fois, l’escamotage, l’analogie bâclée, toute est mis en œuvre pour instituer ce fameux chantage.

    Le choix du fascisme par la bourgeoisie répondait à deux questions: d’une part celle de la situation internationale, où le repartage du monde se ferait par la guerre. Il était donc nécessaire de mobiliser et de préparer les masses à celle-ci.

    Le second aspect, l’aspect primordial, était celui d’écraser les menaces révolutionnaires, de juguler les risques d’un fort mouvement de contestation politique, dirigé par un Parti Communiste. L’ombre de l’URSS planait sur les bourgeoisies de tous les pays.

    Dans les années 30, le contexte politique et économique avait principalement favorisé la montée des idées révolutionnaires et des forces communistes. C’est pour répondre à cette menace que la bourgeoisie à pris le choix de faire appel aux fascistes.

    C’est ainsi que Krupp, Thyssen, I.G. Farben, Blohm & Voss ont financé Hitler pour qu’il renforce son influence anticommuniste et nationaliste dans la population. C’est ainsi qu’en 1933, Paul Hindenburg finit par appeler Hitler à la chancellerie, sous les vivats des grands propriétaires de trusts.

    C’est ainsi que Mussolini fut appelé par le Roi d’Italie, pour liquider les grèves d’Italie du Nord.

    C’est ainsi que les latifundiaires et l’Eglise à appelé au pouvoir Franco pour qu’il règle son compte à un gouvernement de Frente popular  qui menaçait ses intérêts.

    Les schémas se répètent.

    C’est ainsi qu’agit la bourgeoisie lorsqu’elle est menacée, c’est pour cela que nous ne sommes pas des réformistes, mais des révolutionnaires.

    Aujourd’hui, en France, sommes nous dans cette situation ?

    Non.

    La bourgeoisie n’est pas en face d’un Parti Communiste puissant, d’organisations qui sont capables de pouvoir présenter une remise en cause, une menace, sur l’ordre défini par les bourgeois et les bourgeoises.

    Cela, et c’est bien regrettable, nous ne l’avons pas.

    Dans ce cadre là, la bourgeoisie n’a pas besoin d’instruments particuliers pour imposer l’ordre et la discipline dans la population. Ces instruments, elle les a déjà bien en main, ils ne sont nullement débordés par des mobilisations massives, par la constitutions de doubles pouvoirs…etc.

    A l’heure actuelle, nous sommes encore à l’ère des cercles, pour les organisations révolutionnaires. Nous sommes un embryon.

    Il n’existe pas un camp du peuple suffisamment intimidant pour que, toutes affaires cessantes, la bourgeoisie s’empresse de l’écraser.

    Les discours électoraux sont tous des discours qui flattent les projets de la bourgeoisie. Certes, comme le note les « matérialistes », il existe une bourgeoisie libre-échangiste et une protectionniste. C’est l’un des clivages. Il existe des pro-russes et des atlantistes.

    Mais il n’existe aucun anticapitaliste, aucun ennemi de la bourgeoisie qui soit en mesure de s’exprimer d’une manière suffisamment influente.

    Pourtant, notent la plupart des observateurs, il existe décidemment quelque chose de pourri, de menaçant, dans l’attitude de la bourgeoisie. C’est un fait. Mais il demande à être élucidé.

    Les confusion aux service de la capitulation.

    L’articles des « matérialistes » note :

    «  Ils ne peuvent donc pas comprendre que si l’État passe au service d’une fraction de la haute bourgeoisie en particulier, les conséquences sont innombrables.

    Si c’est Marine Le Pen qui gagne les élections présidentielles, par exemple, ce serait un pas en avant vers le fascisme, c’est-à-dire la mise en place d’institutions à vocation terroriste.

    Les gens qui pensent être le plus à gauche ne croient pas en ce terrorisme. Pour eux, la France vivrait déjà ce terrorisme. Nous connaîtrions une « austérité » terrible, les policiers seraient tous des violeurs et des assassins, les manifestations seraient déjà sauvagement réprimés.

    Partant de là, ils ne peuvent pas reconnaître que c’est faux, que la répression était bien plus grande même au début des années 1990 et encore plus dans les années 1970. Que l’austérité réelle représenterait bien autre chose, que le fascisme interdirait toute structure contestataire en général, afin de généraliser un apolitisme nationaliste. »

    Les « matérialistes » ayant apporté leur soutien aux manifestation des policiers, paradoxe intéressant, nous doutons du bien fondé de ces remarques. Cependant, elles soulèvent quelque chose d’intéressant.

    Comme le P.C.F., le P.C.F. MLM, que se targue d’être les « matérialistes », commettent bien des oublis.

    Entre 1936 et 1991, la bourgeoisie a offert des concessions. Elle n’avait guère le choix. Pour offrir un modus vivendi à la lutte des classes, celle-ci étaient incontournables. Pendant le Front Populaire, où les manifestations, les grèves massives, mais également l’existence de l’URSS rouge inquiétaient lourdement les patrons et les patronnes.

    Dans l’après guerre, ou un P.C.F. armé existait, bien qu’il eût -contre l’avis du Kominform- rendu les armes. La menace d’un basculement de l’Etat Français était une chose réelle, concrète. C’est ce qui a justifié l’acceptation du programme de la C.N.R., de la sécurité sociale, du chômage…etc.

    Même pendant la Guerre Froide, malgré le déviationnisme du P.C.F. et de l’URSS, les enjeux justifient, là encore, le fait de maintenir ces concessions là. Nous interprétons cela par le fait que la bourgeoisie n’a plus peur du P.C.F. révisionniste, ni de l’URSS, d’une manière stratégique, mais qu’ils sont toujours horrifiés par ce que ces entités représentent aux yeux de la classe ouvrière.

    A noter que cela justifie un mouvement en tenaille de la part de la bourgeoisie. D’une part, une relative candeur au niveau des conditions de travail et de vie, mais, de l’autre, une répression féroce et brutale des mouvements révolutionnaires, des manifestations, des troubles politiques.

    Beaucoup mordent dedans et oublient totalement la tendance à la paupérisation relative et absolue. La croyance que la capitalisme peut faire ruisseler les richesse, apporter la prospérité, satisfaire les besoins, déboucher « naturellement » vers le socialisme, arrive dans les discours.

    C’est la période de la putréfaction idéologique, laquelle a amené bon nombre de « communistes » à défendre le salaire socialisé, à défendre les nationalisations « démocratiques », en bref à renoncer idéologiquement aux fondements du marxisme.

    La fin de l’URSS supprime brutalement le besoin de compromis. Il n’existe plus de rivalité géopolitique et idéologique -même déviationniste. Dès lors, l’offensive reprend, d’abord doucement, puis en s’emballant.

    C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui :

    Premièrement au fait que la bourgeoisie met fin au modus vivendi de la lutte des classes, à la corruption grâce à laquelle elle s’attachait la fidélité de l’aristocratie ouvrière et de la petite bourgeoisie. Elle n’a jamais considéré ces aspects là autrement que comme temporaires. Nous assistons à un capitalisme beaucoup plus agressif qui revient en force. Il ne s’encombre guère de droits sociaux.

    Deuxièmement, l’endettement des banques, des ménages et des Etats, produit également des concessions accordées, est devenu un fruit pourri et toxique, qui ronge la solidité nombreux rouages du système capitaliste, et devient menaçant pour sa solidité immédiate -Sans menace directe, le capitalisme se régénérera, à terme.

    Troisièmement, l’affaiblissement relatif des impérialismes occidentaux, au profit de la concurrence des BRICS [BRIICS avec l’Indonésie] et de l’émergences de nouveaux acteurs géopolitiques, de nouvelles formes de menaces, à laquelle le format des armées occidentales n’est pas adapté.

    Ces trois aspects conjugués donnent la situation actuelle.

    Ces trois aspects n’appellent pas à l’apparition d’un fascisme immédiat en France, ni a une dictature ouverte et terroriste.

    Ils appellent à un durcissement de l’attitude de la répression, à un durcissement des conditions de travail, de vie, à une paupérisation de plus en plus violente et brutale des travailleurs et des travailleuses.

    Cela appelle à une transformation des discours sur la guerre, à un retour de l’embrigadement et des thèses sur le service militaire. Cela appelle à la préparation de la population, en particulier de la jeunesse, à la possible guerre de masse.

    Cela appelle donc à un retour, relatif, à un capitalisme pré-première guerre mondiale.

    La bourgeoisie a-t-elle besoin du fascisme  pour y parvenir ? Nous en doutons fortement.

    Ce durcissement, ce chauvinisme, ces tendances pro-impérialistes sont hégémoniques dans le discours de la présidentielle. Chaque candidat qui aborde les questions politiques défend ces positions. Du social-chauvin Mélenchon à la réactionnaire Le Pen, les discours intègrent tous le « produire français », la « place de la France dans le Monde », ou d’autres thèses du même acabit.

    Notons au passage que L.O. et le N.P.A. ne posent pas politiquement les questions, et se contentent d’agir comme des syndicats.

    Hormis ceux là, les différences entre les candidats se font sur le dosage de miettes que l’impérialisme livrera aux travailleurs.

    La répression féroce, le viol des libertés formelles, l’Etat d’urgence, le plan Vigipirate permanent…etc. Tout ceci n’a nullement besoin de Mme. Le Pen pour exister. Tout ceci, c’est la bourgeoisie, tout en maintenant le jeu démocratique, qui peut le mettre en œuvre, dans la joie et la fraicheur d’une démocratie bourgeoise.

    Ce n’est pas le fascisme, c’est la dictature de la bourgeoisie.

    Car l’ironie de la chose est là, le fascisme est le miroir de nos succès, de la pression des organisations révolutionnaires sur la bourgeoisie, de sa force. C’est dans cette situation que les organisations fascistes sont appelées au pouvoir, pour réprimer, écraser, massacrer les révolutionnaires.

    Nous ne sommes pas en Turquie, où Erdogan arrête tout opposant, muselle, assassine massivement.

    Que la bourgeoisie protectionniste soit opposée à la libre échangiste ne suffit pas à justifier le fascisme. A moins que l’une ne prenne les armes contre l’autre, les deux peuvent très bien trouver un modus vivendi légal pour faire concorder leurs intérêts, en fonction des secteurs. Nous ne sommes pas dans un cas de Guerre de Sécession, où deux bourgeoisies US étaient sur un terrain d’antagonisme fort.

    Nous restons face à une démocratie bourgeoise, non un fascisme.

    Jeu de sémantique ? Non.

    Question de stratégie.

    Dire « la menace fasciste est devant nous si Mme Le Pen est élue », c’est courber l’échine sous le vent, c’est également dire « il faut voter », « il faut défendre la démocratie bourgeoise et ses valeurs ». C’est un sacrifice intégral de toute indépendance dans une période où, pourtant, la priorité devrait être la construction d’un parti communiste. C’est une manière de crier au loup, de clamer « défendons » au lieu de « attaquons. »

    C’est une manière de reculer et d’appeler les travailleurs, les travailleuses, à respecter le jeu de la bourgeoisie. C’est une manière d’occulter le fait que le gouvernement n’est qu’un exécutant de l’agenda de la bourgeoisie.

    C’est un renoncement de lâche devant les tâches qui sont devant nous.

    Oui, la réaction monte. Elle monte partout.

    Oui, les organisations antifascistes doivent être rejointe, renforcées, soutenues par les communistes.

    Oui, elles doivent être un front avec les forces progressistes, un ciment de l’unité d’action, de la lutte tant contre les fascistes qu’un outil pour défendre et propager les conceptions progressistes.

    C’est un fait indéniable.

    Mais se cacher derrière la social-démocratie, dans cette période où le PS est décrédibilisé, où ces vermines flanchent, c’est les conforter, les remettre en selle, redorer leur blason de notre sang et de notre sueur.

    Nous ne confondons pas la menace des fascistes, menace tactique, et la menace du fascisme, stratégique. Confusion entre l’augmentation des conceptions réactionnaires, des idées fascistes et de la volonté de la part de la bourgeoisie d’instaurer ce régime. Nous rejetons la thèse selon laquelle nous serions au bord du gouffre.

    Non, nous ne travaillerons pas pour nos bourreau et pour les réinstaller sur leur trône.

    Nous travaillons pour construire l’unité du peuple, pour construire un camp du peuple hors des institutions. Nous travaillons à créer l’indépendance de classe, non à prêter l’oreille aux sirènes de nos ennemis.

    Nous prenons le risque de maintenir notre mot d’ordre de boycott et de construction d’une opposition extra-parlementaire.

    Renforçons les organisations antifascistes, mais construisons également la lance qui percera le cœur de la bourgeoisie.

    A bas les paniquards et ceux qui détournent les masses de la lutte.

    A bas les lâches et leur peur.

    Construisons notre front, notre Parti, balayons la bourgeoisie !

  • Le social-chauvinisme d’Alexis Corbière est une négation des crimes coloniaux.

    Reçu sur RTL, le 17 février 2017, le lieutenant de M. Mélenchon, Alexis Corbière s’en est violemment pris aux propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation. Interviewé, il a d’abord ciblé le « coup de com » d’un candidat en déplacement en Algérie, puis s’en est pris à sa piteuse rétractation :  « la colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes (…) La France a installé les droits de l’homme en Algérie. Simplement, elle a oublié de les lire. »

    Résultats de recherche d'images pour « alexis corbière rmc colonisation »

    Nous avons déjà commenté ces propos et nous avions effleuré la réponse de la France Insoumise.

    Si Alexis Corbière a raison de souligner l’absence de constance de M. Macron, ses propos sont gravissimes.

    Gravissimes et révélateurs.

    Cette déclaration rejette sa clique dans les bras des agents de l’impérialisme français, de cette insupportable conglomérat cocardier et chauvin. Elle rejette définitivement ceux qui la soutiennent dans les rangs des partisans de l’histoire positive, du Lavisse, du Roman National.

    Qu’a-t-elle de si répugnante ?

    Sur les propos de Macron, le porte parole de Mélenchon a appliqué la méthode centriste traditionnelle : pour ménager deux positions antagoniques, l’organisation a jugé sur la forme sans jamais parler du fond. Corbière connaît son métier, il n’est pas issu des rangs trotskistes pour rien.

    La déclaration aurait, pourtant, pu être intéressante: « Je suis historien, je suis contre la colonisation évidemment.  » Mais la suite s’est enfoncée dans les ténèbres.

    « Quand on est chef d’État, il faut être un peu vertébré, notamment sur des sujets sensibles (…) Le crime contre l’humanité n’est pas un concept qui se manipule comme ça. Sur la question de la colonisation, donnons la parole avant tout aux historiens. »  Or, c’est ici que réside toute la fausseté.

    Les historiens ont déjà expliqué la colonisation, la guerre d’Algérie, d’Indochine, leurs millions de morts. Bien des chercheurs ont noirci des pages pour expliquer les sociétés coloniales. Ce sujet fût même une des question proposée, pendant un temps, au CAPES d’Histoire-Géographie. Non, monsieur « l’historien » Corbière, vos confrères n’ont pas chômé.

    Ils ont fait leur travail, c’est à dire donner les matériaux nécessaire pour porter un jugement. Un bon historien est avant tout un bon scientifique : il étudie les faits, il tente de leur donner une explication sensée et cohérente. Il n’est pas, en revanche, d’un point de vue primordial, un juge ou un militant.

    Les génocides commis par les Allemands n’ont pas été traité, en amont, par les historiens. Ils ont été jugés. C’est un procès qui a déterminé la qualification de crime contre l’humanité. C’est par cela qu’il a pu être dit que le régime nazi était coupable, et quels auteurs étaient responsables.

     Alexis Corbière aurait pu, sans grand risque, dire qu’un Nuremberg du colonialisme mériterait d’être tenu, pour juger de cela. Mais cela est déjà trop pour une organisation opportuniste.

    C’est également un acte militant de dire que des faits ont vocation à constituer un crime contre l’humanité. C’est un acte militant de considérés qu’ils ont vocation à être nommés « crime contre l’humanité. » C’est ce que, en tant qu’organisation politique, nous déclarons. Nous voulons ce Nuremberg du colonialisme.

    En agissant de la sorte, Alexis Corbière, bien que se vantant d’être un historien de formation – donc pourquoi ne prend-il pas la parole ?- réussit un triple saut périlleux au dessus du gouffre, sans chuter. Il a réussi à ne rien dire.

    Dire  » je suis contre la colonisation évidemment » tout en ne le qualifiant pas politiquement revient à dire « je suis contre le SIDA, contre la peste, contre la mort. »

    Nous trouvons cela honteux.

    Nous trouvons que c’est un signal clair, sur le fait que les sbires de Mélenchon sont incapables, aveuglés par leur chauvinisme, de regarder les crimes de l’Etat français en face.

    C’est un signal envoyé à tout ceux et toutes celles, qui, dans les ténèbres de l’oppression, luttent pour l’indépendance, pour être libre. C’est un signe que M. Mélenchon n’est pas prêt à renoncer, le moins du monde, à tout ce qui constitue la sphère coloniale et néocoloniale.

    Ce n’est d’ailleurs pas étonnant. Un de ces thèmes de campagne, l’économie de la mer, dépend en grande partie de l’immense Zone Economique Exclusive détenue par l’Etat Français. Zone dépendant beaucoup des « Confettis d’Empire », que l’impérialisme français tient d’une main de fer.

    Ne pas lutter contre l’impérialisme français, c’est être son garde flanc.

    C’est le créneau sur lequel se place M. Mélenchon, celui d’une petite bourgeoisie, d’une aristocratie ouvrière corrompue par l’impérialisme.

    C’est le camp d’une réaction à visage social.

    Ce camp est l’ennemi de la lutte révolutionnaire internationale. 

    Les communistes ne doivent pas céder aux sirènes du chauvinisme, fut-il maquillé de social. Notre rôle de militants n’est pas limité étroitement à un espace national, il est international, il est dirigé vers nos frères et sœurs de lutte. Nous sommes des maillons de la chaîne révolutionnaire. Notre première tâche est d’affaiblir, d’attaquer notre propre impérialisme, pour soulager la pression qu’il exerce.

    Ne pas reconnaître le caractère impérialiste de notre Etat ; ne pas reconnaître l’importance de lutter contre lui ; ne pas soutenir les luttes des régions dominées par lui ; ce n’est nullement être un agent du progrès et la lutte social. Au contraire, cela fait de nous des agents de la réaction et des laquais de notre impérialisme. Si nous accompagnons, si nous soutenons ses projets, nous nous faisons ces alliés.

    Notre delenda carthago doit être la destruction de notre propre impérialisme !

    A bas l’impérialisme français ! Défaite  pours ses tentacules !

  • La police est elle encore convenable ?

    Dernièrement, le porte-parole de Unité SGP-Police – Force Ouvrière a défrayé la chronique. Déclarant publiquement qu'appeler quelqu'un "bamboula" est "à peu près convenable", Luc Poignant a ouvert une boîte de Pandore, celle de la tolérance face au racisme.

    Considérer, en tant que représentants de l'ordre bourgeois, que l'infraction raciste "bamboula" puisse être "convenable" est révélatrice d'une mentalité particulière.  Elle est le reflet de la mentalité de bête assoiffée de sang, entretenue par l'administration, que peut avoir, régulièrement, la Police.

    Résultats de recherche d'images pour « violences policières »

    Adama, Théo, Wissam, Medhi, Rémi, Alexandre, mais aussi Umut, victime de la police Suisse, la liste s'allonge à un rythme insoutenable, entre les violences, les crimes et les meurtres. Une police qui n'hésite pas, lorsqu'il faut briser, à aller jusqu'à anéantir physiquement ses victimes.

    Nous clamons rarement A.C.A.B. [All Cops Are Bastards] car nous ne pensons pas que notre regard doive se porter individuellement sur les policiers, qui, au final, présentent un kaléidoscope fascinant de parcours et de personnalités, avec cependant des relents réactionnaires bien réels, mais bien sur l'administration elle-même.

    Mais qu'importe.

    Certains soldats profitent des guerres pour se servir des populations civiles comme exutoires. Certains se comportent en parfaits gentleman. Mais c'est principalement sur le fond que se jugent les affaires. Or, la Police, quelque soit l'attitude des policiers -même s'il faut dénoncer chaque crime- se caractérise par le fait qu'elle soit une force en guerre contre les masses populaires.

    Non pas du fait individuel des policiers, mais bien parce que c'est sa tâche.

    Dans un monde magique où la Police respecterait à la lettre le code de la déontologie, où elle respecterait les règlements, où il n'y aurait aucunes exactions de sa part contre les masses, elle n'en resterait pas moins un obstacle à la lutte contre l'exploitation, contre la bourgeoisie, contre le capitalisme.

    Cela ne suffit pas.

    La Police est un corps détaché des masses. Elle n'en fait pas partie. Si ses membres peuvent être issus des classes populaires, ils et elles n'en font pour autant plus partie. Ils sont arrachés par la bourgeoisie, tout comme les membres de la Gendarmerie, de l'armée, à leur classe, à leur milieu social. Ils et elles sont mis dans un cocon, dans ces centres où on leur inculque leur mission. Dans ces centres, ils et elles apprennent, parfois avec en sus le sadisme de caserne, l'esprit de corps, l'esprit d'obéissance. Cela sera d'autant plus efficace que la hiérarchie favorise les plus féroces, les plus haineux.

    Lancés, dans leurs uniformes, face aux classes populaires, ils et elles découvrent combien les laquais des bourgeois sont haïs par celles-ci. La Police n'est pas aimée par ceux qui subissent l'exploitation la plus noire.

    Surfant sur cette détestation, la hiérarchie n'entrave nullement la formation d'une carapace de haine dans l'esprit du membre des forces de l'ordre. Haine alimentée par des préceptes racistes, par des pensées, des conceptions, directement issus de l'ordre colonial. Si "Bamboula" apparaît "encore convenable" à notre Syndicaliste de Force Ouvrière, imaginons ce qui ne l'est pas. Cela illustre pleinement cette continuité.

    La jeunesse des quartiers populaires est, dans les yeux de nombreux policiers, peuplée d'animaux sauvages, de semi-humains qu'il faut mater. Il faut blesser ceux et celles qui se rebellent, par les injures, les coups, les viols. Nul étonnant que dans ces croisés autoproclamés, le FN rafle les suffrages. Marine Le Pen est par ailleurs allée faire les yeux doux à la police, en étant la seule politicienne à défendre bec et ongles les policiers inculpés, au mépris des preuves au mépris des évidences. Pour une fois, chose rare à moins qu'il ne s'agisse de ses membres mis en examen, le Front National évoque la présomption d'innocence. Pour un parti réclamant la peine de mort pour les violeurs, la contradiction est flagrante. Il est par ailleurs bien rare de voir le FN prendre position pour condamner les actes de la Police, même lorsque la justice les condamne.

    Or  cette Police, nous n'en avons pas besoin. Elle ne défend pas les intérêts du peuple, pas plus que la justice bourgeoise. Elle défend prioritairement, essentiellement l'ordre social.

    Nous n'avons pas besoin de cette police et nous voulons, par notre projet politique communiste, apporter sa négation ainsi que celle de l'ordre injuste qu'elle sert, celui de la bourgeoisie.

    En cela, nous nous opposons à la pensée réformiste, du type de celle du social-chauvin Mélenchon, considérant qu'il suffit de purger la Police de ses éléments gangrénés pour la sauver.

    Mélenchon pose une énigme à chaque pas. Il est d'une délicatesse d'ange que de parvenir à déterminer la fine barrière entre la bêtise et le mensonge, lorsqu'on s'intéresse à ce qu'il écrit. Or, lorsque Mélenchon ne comprend pas, ou feint de ne pas comprendre la nature de classe de la police, qu'il résume ça à quelque chose de personnel et non de structurel, il est délicat de savoir si nous avons à faire à un doux idiot ou à un menteur.

    Etant donné son parcours, ex-membre de l'organisation Trotsko-chauvine OCI avec son laquais Alexis Corbière, il est difficile pour ce politicien d'ignorer, la place de la police dans la domination de la bourgeoisie. S'il ne l'ignore pas et qu'il cache cette nature, il agit comme tous les autres politiciens bourgeois, sans exception. Il agit en prêtre du capitalisme et de la bourgeoisie, en grand mage chargé d'entretenir auprès des masses l'illusion démocratique. S'il agit ainsi, actons le fait qu'il soit de ce côté-là de la barricade et cessons d'en parler.
    S'il l'ignore complètement, c'est un benêt et n'en parlons plus non plus.

    Cependant, il porte en lui les gênes d'une position que nous retrouvons sous de nombreuses déclinaisons dans l'extrême-gauche officielle, ce patrimoine génétique trotskiste qui se retrouve aussi chez L.O.

    Cette position est platement économiste, platement ouvriériste. C'est une vision en rase-motte, sans la moindre hauteur et la moindre compréhension politique.  Elle considère que la police est "un travailleur en uniforme." Le policier ou la policière travaille, c'est donc un travailleur ou une travailleuse, et à ce titre, il est essentiel de le ou la défendre. Point final. Nulle analyse de classe, nulle compréhension. Cette vision dépolitisante et dépolitisée de la société se retrouve y compris chez F.O. Police, qui lutte contre les caméras piétons sur les agents, "car cela pourrait servir disciplinairement contre eux."

    N'importe quel quart-de-gauchiste, n'importe quel démocrate au rabais trouverait cela bénéfique que la police soit surveillée et contrôlée. Mais pour F.O., pour L.O., c'est inacceptable ! C'est une atteinte aux droits des travailleurs !

    Même la "légitime défense" controversée des policiers est défendue avec une énergie sans bornes. 

    Leur position, que nous avions déjà ardemment critiquée pour son caractère particulièrement douteux, est presque plus proche de celle du Front National que de celle, doucereuse mais non néfaste, de Mélenchon. Sans crier à l'hitlero-trotskisme, il est difficile cependant, de ne pas pointer du doigt le caractère profondément réactionnaire du soutien à la Police accordé par la "candidate des communistes." Au moins, reconnaissons le, Mélenchon ne se pare pas du marteau et de la faucille pour la traîner dans la boue.

    D'une manière générale, hors la position syndicale sectaire et corporatiste, hors de la position réformiste "humaniste",  les candidats de gauche aux élections ne présentent rien.

    Et pour cause.

    Dans le cadre étroit du capitalisme, rien de cela n'est possible. La bourgeoisie ne peut tolérer l'organisation armée du peuple pour sa défense, cela tombe sous le sens.

    La police, les forces de la coercition bourgeoise ne s'amendent pas, ne se conquièrent pas, elles doivent être démantelées.

    Si une propagande doit être tournée vers eux, car les communistes s'adressent à toutes les classes, même les catégories les plus réactionnaires, cette propagande ne peut se fonder que sur la dénonciation et la démoralisation. Dénonciation des contradictions entre la visions de leur idéal de mission et la réalité; démoralisation de ceux et celles qui s'en rendent compte.

    Nous communistes, nous avons appris de la Commune de Paris une leçon essentielle: c'est uniquement l'organisation indépendante du peuple, l'autodéfense populaire, qui est la clé de la sécurité du peuple. Nous savons que, même après une révolution socialiste, des contradictions économiques, des contradictions politiques, des contradictions au sein des masses populaires font que le jour ne se lèvera pas spontanément sur une aube rose et de paix perpétuelle.

    Des délits, des infractions, des crimes existeront toujours après la révolution.

    Mais là où les bourgeois détachent des forces de répression, des unités de combat spécialisées pour imposer un ordre de fer, basé sur les sanctions et les tribunaux, nous, nous croyons en la capacité du peuple à lutter contre ces travers. Nous croyons à la nécessité des milices populaires, contrôlées démocratiquement par les comités populaires, et entretenant les rapports les moins judiciarisés possibles avec les masses. Le rôle premier de ces forces est éducatif, est de corriger les attitudes néfastes par la conviction, par l'explication, non par la répression.

     Si les crimes, si les délits sérieux -bien que, le socialisme avançant, leur base matérielle soit peu à peu sapée- si ces affaires demandent des scientifiques capable d'enquête, la sécurité de tous les jours ne doit pas être la tâche d'organisations spéciales, mais bien celle du peuple, le plus à même de veiller à sa sécurité.

    Cependant, certains, et d'une bonne foi totale, déclareront qu'il est temps que la justice soit rendue uniquement sur la base d'une justice populaire et expéditive. Nous nous méfions de ceci. Après tout le "sain sentiment populaire" a excusé de nombreux abus, à commencer par les lynchages de noirs dans un Sud des Etats-Unis où les juges et les shérifs étaient pourtant mandatés.

    Nous savons que les idées réactionnaires, y compris les idées fascisantes, les tendances mafieuses -qui existent même là où règnent les intentions les plus louables- seront toujours fortes. Cette justice ne peut être que politique. Sa forme ne suffit pas à mécaniquement la prémunir contre toutes dérives. Ce n'est que parce que des militants bien formés et sincères s'y investiront qu'elle pourra ne pas sombrer dans une variante de néo-féodalisme ou de mafia au service d'une clique.

    Le droit lui-même doit changer. Le droit bourgeois sanctionne, à un instant T, un rapport de force entre les masses populaires et la bourgeoisie. Il est un outil qui sert à normaliser l'exploitation odieuse et criminelle. S'il pose des limites à l'arbitraire et aux exactions de la bourgeoisie, et qu'en cela il peut être un outil positif, la bourgeoisie dernière n'hésite pourtant pas à régulièrement en outrepasser les limites.

    Notre droit est un droit transformant. Il n'est pas là pour sanctionner le rapport de force, il est là pour faire avancer la transformation de la société bourgeoise, de la société de classe, en une société sans classe ni Etat. Ceci ne se fait pas en un décret, mais bien en une lutte progressive, avec ses moments de calme et ses moments de lutte aigüe. Cet outil doit servir à  raffermir la dictature du prolétariat contre ses ennemis de classe, et également à faciliter la transformation de la société.

    Nous Communistes, ne prenons pas les choses à la légère, et nous savons qu'il ne suffira pas d'incantations et de phrases chocs pour gagner. Nous sommes loin de pouvoir mettre en œuvre ces objectifs de manière complète. Nous sommes loin d'avoir fait la révolution. Elle est l'étape par laquelle ceci devient possible.

    Nous n'avons pas vocation à rester dans une critique passive de la Police, même s'il n'existe pas encore  de force de défense autonome. Nous n'avons pas, pour le moment, de vaste camp du peuple, capable d'exercer une justice de classe, de protéger les masses populaires, d'être leur bouclier mais aussi leur épée. En un mot, il n'existe pas encore de double-pouvoir. Certains, à raison, mentionnent que, que nous le voulions ou non, la Police détient le monopole de la violence légale, et la justice bourgeoise celui de la condamnation. Pourtant à l'heure actuelle, nous pratiquons déjà, à notre échelle, certains ferments de ces principes. Dans les collectifs antifascistes, dans la lutte contre la répression, nous défendons, mais aussi pratiquons les principes d'autodéfense populaire, d'organisation indépendante de la bourgeoisie. Nous pratiquons cette défense, ce soutien collectif, sur des bases politiquement progressistes.

    Le chemin est encore long jusqu'à ce qu'une force politique cohérente, organisée, qu'un Parti Communiste de l'Etat Français, soit en mesure de pouvoir, de nouveau, aligner ses milices populaires pour protéger les masses de la bourgeoisie et des fascistes.

    A bas la police bourgeoise ! Vive l'autodéfense populaire !

    Vive la lutte pour l'émancipation du peuple !

  • Crimes policiers à Aulnay-Sous-Bois

    Cité des 3000, jeudi 2 février vers 17h. Un contrôle de police effectué par la brigade spécialisée de terrain [BST] de Aulnay-Sous-Bois prend une tournure dramatique. Les quatre policiers font une descente dans le quartier, en profitent pour rouler des mécaniques, pour montrer les muscles et -semble-t-il – se livrer à des intimidations et de menues violences contre les jeunes habitant ce quartier.

    Les policiers auraient ainsi giflé de jeunes adolescents, entraînant la réaction de Théo, un jeune homme de 22 ans. Mal lui en a pris.

     

    Omar, dont les propos ont été relatés par le parisien, explique:
    « Ils [les policiers] sont arrivés sur place, ils ont giflé un petit. Par la suite le petit Théo a voulu s’interposer pour défendre son pote (…) et les flics ont pas aimé. Par la suite il a été violemment agressé par la police. »
    Frappé, brutalisé, emmené dans un angle mort des caméras, Théo est véritablement massacré par les agents dépositaire de la force publique, allant jusqu'à -ce qui n'est plus un cas isolé- le violer à l'aide de leurs matraques télescopiques. Filmée par des habitants, la vidéo de l'interpellation ne souffre d'aucune ambiguïté : c'est un déchaînement de bêtes féroces.

    Le jeune homme est emmené par les policiers, et transféré à l'hopital. Difficile, pour les proches de reconnaître le jeune homme au visage tuméfié par les coups. A l'heure actuelle, il est toujours en traitement et a été opéré. Une ITT de 60 jours lui a été délivrée. Une plainte a été déposée et, signe de la gravité de l'évenement, le parquet de Bobigny s'est saisi de l'affaire, sous l'accusation de "viol en réunion."

    L'IGPN s'est également saisie de l'affaire et les quatre policiers ont été placé en garde-à-vue, par ailleurs prolongée de 24h00. Ils nient les faits.

    Passé un moment où le ministre de l'intérieur, lui-même, s'est exprimé sur les faits, les qualifiant d'une "extrême gravité", la protection de l'Etat et le corporatisme se sont mis en branle. Les charges étant requalifiées en "violences volontaires avec arme par des personnes dépositaires de l'autorité publique", un véritable désaveux pour ceux qui espéraient, pour une fois, que justice serait faite.

    Bruno Beschizza, maire Les Républicains de Aulnay-Sous-Bois, a dénoncé la requalification des faits reprochés aux policiers, indiquant un "détournement de la vérité." M. Beschizza, pourtant, est bien loin d'être un agitateur gauchiste, lui même étant un ancien policier membre d'un parti de droite.

    Quelle période étrange vivons-nous, où un maire LR tient des positons moins réactionnaires que les communiqués de Lutte Ouvrière, dénonçant la "haine anti-flics."

    Est récolté ce qui est semé. Les exactions de la police de France sont régulièrement dénoncées par les associations de protection des droits de l'homme à l'échelle internationale, mais passées sous silence ici.

    La police, dans les quartiers populaires, agit avec une férocité que la justice peine à étouffer. Les meurtres qu'elle peut commettre sont tus, dans une omerta formant une chape de plomb. Les Wissam, les Adama, les Medhi, perdent la vie. Leur proches n'obtiennent jamais justice.

    Aux yeux de nombreux policiers, les classes populaires, la jeunesse des cités est déshumanisée. La police, à de nombreuses reprises, se comporte avec des méthodes inspirées directement par l'expérience coloniale. Un héritage de l'Empire. Cette attitude est un fait également encouragé, dans une certaine mesure, par les instructeurs et la hiérarchie.

    Qu'existent, dans les rangs de la police, un certain nombre d'individus sincères, pensant agir pour protéger la veuve et l'orphelin, ceci est indéniable. Mais il ne suffit pas de quelques bonnes volontés pour contrebalancer les deux lourdes masses qui rejettent la police dans le camp de la réaction et de l'oppression.

    La première est que la police de l’État bourgeois est l'arme de l'oppression, du maintien de l'exploitation et du contrôle des masses. Quelque soit la rigueur et la déontologie de quelques individus, la mission de base elle-même implique d'écraser toute opposition, de contrecarrer tout changement de société, de maintenir le pouvoir de la bourgeoisie.

    Le corollaire de ceci est que les masses en ont conscience. Elles ont conscience de ce que représente l'uniforme dans la société et du rôle fondamental de ce que Marx nommait "les détachements spéciaux terroristes de la bourgeoisie." Les regards de haine et de colère, envers ceux qui incarnent un ordre injuste, sont légion. Cela entraîne un détachement total de la part des policiers du reste de la société. Ce n'est pas une milice populaire, c'est un ordre spécial, isolé, hors du monde. Dans l'esprit de ces individus, les masses sont un océan de haine, un océan d'hostilité envers lui. Un océan déshumanisé, animalisé, qu'il combat par la violence de son langage, par ses provocations, par ses armes, par ses crimes.

    Il ne peut exister, en régime capitaliste, de "bonne police." De fait, le bras armé de l'ordre établi ne peut qu'être réactionnaire et hostile aux masses. Par la nature même de l'institution, elle est ennemie des travailleurs et des progressistes et ce, abstraction faite de la morale personnelle des individus.

    Certains s'échinent pourtant à faire couler le plus de sang, à commettre méfaits et crimes dans leur exercice de l'ordre arbitraire. Nous devons réclamer justice. Nous devons réclamer justice pour tout ceux et celles qui ont été tués. Pour tout ceux et celles qui ont été violés. Pour tout ceux et celles qui ont subit les foudres injustes du bras armé de l’État bourgeois.

     

    Justice et Vérité pour Adama !

    Justice et Vérité pour Medhi !

    Justice et Vérité pour Théo !