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  • Mayotte : La grève révélatrice.

    Mayotte : La grève révélatrice.

    Mayotte : La grève révélatrice.

    Nous avions parlé de Mayotte l’an passé, lors de la grève organisée par les travailleurs de l’usine Total, dans le but d’obtenir le simple respect du Code du Travail, chose déjà incroyable dans cette île colonisée.

    Aujourd’hui, Mayotte est de nouveau dans une grève soutenue, importante, et -surtout- générale. La raison invoquée est la question de l’insécurité générale dans l’île. Le 20 février, des affrontements ont éclaté au lycée de Kahani, étincelle provoquant ce mouvement de colère.

     La situation est misérable. Mayotte est un sous-département, avec ses bidonvilles, avec son niveau de vie au ras du sol. Elle n’a rien des « joyaux » tels que le disent les sociaux chauvins. Elle subit effectivement une délinquance importante, avec 23.5 logements cambriolés sur 1 000 selon Le Monde. Cette délinquance est réelle, en effet, elle est un mal endémique l’île, mais n’est que le reflet des inégalités sociales terrifiantes qui la frappent.

    D’un côté, les forteresses des colonisateurs et des compradores, entourées de barbelés, surveillés par la police et l’armée, des gated communities, réservés à la bourgeoisie. De l’autre, les bidonvilles ou bangas des immigrés clandestins, tentant de survivre dans une misère noire. Ces migrants proviennent des malheureuses Comores, territoires condamnés au sous-développement et à l’indigence par les interventions et coups d’Etats organisés par la France et l’Afrique du Sud de l’Apartheid.

    La logique voudrait qu’on s’intéresse aux causes de cette souffrance, qu’on la résolve. Mais la bourgeoisie a d’autres plans. Elle flaire l’opportunité de pour instiller la défiance et la haine entre celles et ceux qui courbent l’échine sous son ordre injuste.

    D’ores et déja, les chantres de la réaction, tels Laurent Wauquiez, se sont emparés de cette question. Ils s’en sont emparés pour détourner les revendications légitimes des habitants de Mayotte. Wauquiez s’est empressé de faire d’une grève contre les conséquences de la pauvreté gravissime une grève contre les immigrés en provenance des Comores, toutes proches.

    Wauquiez, Valls, les fascistes, tous et toutes s’en moquent complètement de la misère de l’île de Mayotte. Elle n’est qu’un marchepied pour leurs slogans. Dans le fond, ils et elles haïssent les Mahorais et Mahoraises dans la plus grande tradition des colonialistes. Ils et elles ne cherchent pas un seul instant à écouter les plaintes et les souffrances de la population, mais bel et bien uniquement à imposer leur discours.

    Non, jamais les xxx ne seront autre chose que ces fameux « français de papier », dont parle Nadine Morano. Ils et elles ne sont que des survivances du code de l’indigénat. Des bras pour travailler, et une île qui fournit une Z.E.E. à la métropole, ainsi qu’une tête de pont vers l’Afrique, et vers Madagascar, néo-colonie française.

    Les promesses de mettre fin à l’insécurité, pour la bourgeoisie, ne peuvent se réaliser que par le fer, le feu, le sang. Elles ne mettent pas fin à l’indigence, au dénuement, à la faim, à la maladie. Au mieux, la « gauche » promet. Elle promet plus d’argent, plus de moyens, elle promet une répartition des richesses. Mais dans les faits, elle s’écrase, comme le paillasson de la bourgeoisie. Elle fait corps, coeur, avec l’impérialisme français, ce fléau.

    Seuls les communistes peuvent mettre fin de manière définitive à la misère. Seuls les communistes peuvent mettre fin à l’insécurité, en détruisant sa base matérielle. Seule la destruction du parasitisme de la bourgeoisie, du parasitisme des riches, des exploiteurs, des colons et néo-colons, peut permettre cela.

    C’est le fait de remettre entre les mains du peuple tout entier les outils qui permettent à la richesse d’être produite -pas simplement taxer l’exploitation, mais bien la liquider-  qui peut faire s’éteindre de manière finale et définitive la pauvreté. Or, c’est bien cette pauvreté, et non une essence raciale, comme le clament les fasciste, qui est la responsable de l’insécurité et de la violence.

    Cette arrivée du pouvoir populaire ne peut se faire avec, mais bien contre l’impérialisme français. Les Mahorais et Mahoraises n’ont rien à attendre, si ce n’est davantage d’oppression, de sa part. Il n’est pas « plus humain », plus « doux », plus « civilisé » que celui des Russes ou des Américains. Il est une machine implacable à broyer les peuples, à massacrer les masses populaires.

    Mayotte est otage de la rapacité de l’impérialisme.

    A bas l’impérialisme français ! Vive la lutte anti-impérialiste, partout dans le monde !

  • Le séisme catalan.

    Le séisme catalan.

    Le séisme catalan.

    Hier, le 1er octobre 2017, la Catalogne a voté par référendum. Hier, les urnes ont parlé en faveur de l’indépendance. Hier, une faille s’est ouverte dans l’oppression nationale que subissent les peuples de l’Etat espagnol, depuis la mise en œuvre de la dictature franquiste.

    Hier, le gouvernement du Parti Populaire, les héritiers de Franco, a montré une fois de plus son visage de bourreau et de criminel, blessant près d’un millier de personnes par ses forces armées. Il faut dire que ce parti, tout comme le PSOE de « gauche », sont des pourfendeurs des volontés indépendantistes. Quand ce ne sont pas les Catalans qui sont matraqués, ce sont les Basques qui subissent mandats d’arrêts, torture, et meurtres extrajudiciaires.

    Aujourd’hui, ces chauvins sentent le sol se dérober sous leurs pieds.

    Quelques chiffres : 42.3% de participation. Un taux loin d’être ridicule, qui s’approche presque de la participation aux législatives dans l’Etat français. 2.26 millions de personnes ont voté, dont 2.02 millions pour le oui à l’indépendance.

    Les partis opposés à l’indépendance ont appelle au boycott du référendum. Au delà de la manœuvre visant à tenter de diminuer sa valeur, il s’agit d’un aveu de faiblesse. Une lame de fond indépendantiste traverse la Catalogne, une lame de fond que nul ne peut nier.

    D’une manière prévisible, les porte-paroles officiels des autres états ont exprimé leur solidarité avec le gouvernement de l’Etat espagnol, tout en essayant de maintenir une parodie de démocratisme et de rejet de la violence policière.

    Emmanuel Macron s’est exprimé, quant à lui, en déclarant qu’il n’avait pas à juger de l’attitude du premier ministre de l’Etat espagnol. Une belle manière de dire qu’il ne s’oppose pas a ce que le sang coule. Une belle manière de s’inscrire dans une tradition très française du « botter en touche » pendant que la répression frappe. Manière aussi d’éviter que les yeux se tournent vers un Etat français où l’état d’urgence rentre peu à peu dans le droit commun et où la police nasse et écrase les manifestations.

    Nul doute que dans 10 ans, dans 20 ans, les mêmes clameront leur soutien à sans faille à la liberté et leur loyauté vis-à-vis des aspirations populaires. Les partis bourgeois, la bourgeoisie en général, ne se gêne nullement pour mentir et falsifier la réalité. L’essentiel est, pour elle, maintenir son pouvoir et de se prétendre du côté du peuple.

    Cette attitude ne peut qu’évoquer 2011, où Michèle Alliot-Marie, alors ministre des affaires étrangères, proposa à Ben Ali, en Tunisie, l’aide des CRS français pour écraser le printemps arabe. A ce moment là, cette attitude de solidarité entre les ennemis des masses était générale. Aujourd’hui, tous et toutes font mine d’avoir soutenu, en secret, les volontés de liberté.

    Quoiqu’il en soit, quelque soit, aujourd’hui, l’Etat espagnol est à la croisée de chemins.

    Sa répression a creusé un fossé sanglant entre le pouvoir de Madrid et les masses catalanes. Elle a démasqué sa direction, aux yeux du monde comme étant un ordre arbitraire, anti-démocratique, se retranchant derrière des lois scélérates et antipopulaires. Cette répression, dans un sens clausewitzien, entraîne une montée aux extrêmes. Elle ne fait que renforcer le sentiment d’arbitraire et le désir d’émancipation, tant des masses catalanes que des autres composantes de l’Etat espagnol.

    Les indépendantistes sont politiquement les gagnants. Ils sont les gagnants du référendum, les gagnants en termes d’image, les gagnants en termes de gains moraux. Les seules voies qui reste à Madrid sont celles, d’une part de l’aveu d’échec, de prendre le chemin du démantèlement d’un Etat espagnol juridiquement construit sur le franquisme. L’autre est celle du sang. Celle d’une nouvelle guerre civile, celle de l’écrasement de la Catalogne.

    Car se séisme ne se limite pas à la simple question de la perte de la Catalogne -et de 20% de son PIB- pour l’Etat espagnol. Elle est plus vaste. Elle est plus profonde. Elle met fin au paradigme des frontières de l’Europe occidentale, immuables et intangibles.  Aujourd’hui, la Catalogne est un point d’ancrage. Elle créé un précédent. Un précédent qui peut conduire d’autres nations opprimées à lever leur drapeau et a  réclamer, elles aussi, leur droit à l’autodétermination. Nous songeons à toutes ces colonies que les défenseur de l’impérialisme français nomment « ses joyaux. » Nous songeons à toutes ses possessions issues de l’époque coloniale. Nous songeons aux nations oubliées et muselées au sein de l’hexagone. Nous saluons, par ailleurs, l’initiative de Breizhistance d’avoir organisé un meeting commun, en solidarité.

    Un large consensus entoure, dans les milieux de gauche radicale, la question du vote catalan. Il est clair que lorsque les frontières de l’Etat français seront concernées, les visages souriants vont se décomposer. Les alliés de la veille se trouveront mille excuses pour refuser que la Réunion, la Guyane, la Polynésie et, encore pire, d’autres comme la Bretagne, entre autres, puissent poser la même question que les Catalans.

    Nombre de sophismes sont assénés pour justifier cela, et faire du droit des peuples un mot creux et vide de sens. Peur de faire tomber des zones dans l’escarcelle de l’impérialisme américain, peur de l’impossibilité pour ces régions de se gouverner elles-mêmes, rejet absolu de tout « nationalisme ». Tout ces arguments ne font que marquer la peur du démantèlement des Etats impérialistes, d’une tendance à préférer son propre impérialisme à celui des autres, d’un déni de celui-ci.

    L’Unité Communiste de Lyon ne présente pas le référendum de Catalogne comme une révolution démocratique, encore moins comme une révolution prolétarienne. Tout ce qui bouge n’est pas rouge. Mais cela n’ôte en rien le fait que sortir des entraves du parasitisme de la bourgeoisie madrilène, le vaste mouvement populaire, l’immense espoir que représente ce vote et la mobilisation qu’il suscite sont des aspects positifs.

    La bourgeoisie catalane s’attend à ce que la Catalogne lui revienne de droit. Mais elle pourrait bien déchanter, car les organisations populaires et anticapitalistes de Catalogne se sont, plus que toutes les autres, renforcées dans l’affrontement avec le pouvoir madrilène.

    Les organisations populaires et révolutionnaires de Catalogne sont la véritable porte de sortie de la domination et de l’expression libre de la nation catalane. Aujourd’hui Madrid est l’ennemi, lointain et dans sa forteresse. Demain, ce sera probablement la bourgeoisie barcelonaise. Mais elle ne trouvera pas une masse apathique en face d’elle. Elle trouvera des masses populaires qui ont, dance cette lutte, fait l’expérience de la victoire, l’expérience de la libération et de la mise en place d’un autre pouvoir. Espérons que cette étape mène vers d’autres victoires, plus grandes et prolétariennes !

    Aujourd’hui, nos regards sont vers la Catalogne et vers son combat !

    Visca Catalunya ! Som un sol front ! Catalunya al cor !

  • Grève a Mayotte !

    Grève a Mayotte !

    Grève à Mayotte !

    Mayotte revient sur le devant de la scène, en grande pompe. Une nouvelle fois, le prolétariat de l’île se mobilise dans une grève massive contre les exploiteurs de la métropole. Aujourd’hui, l’île est paralysée, faute de carburant.

    Pour mémoire, en 2016, un mouvement de grande ampleur, pour « l’égalité réelle » s’était lancé, poussant à un bras de fer important entre les populations locales et les représentant de l’Etat impérialiste. Au final, ce mouvement se termina par la signature d’accords par l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Solidaires, FSU et FAEN, très probablement sous la pression de la métropole. Les accords signés n’ont pas débouché sur une amélioration substantielle de la situation pour l’île, toujours marquée par la pauvreté, la misère, et la domination coloniale. Pourtant, les habitants n’étaient pas particulièrement exigeants. Ils réclamaient principalement l’application du Code du Travail.  Or, dans les « joyaux d’outre-mer », pour reprendre la phraséologie d’un certain tribun social-chauvin, l’application de la loi est déjà une lutte. Ironie des ironies, la mise en œuvre de l’accord est prévue pour le premier janvier 2018, à une date où le Code du Travail sera d’ores et déjà pulvérisé par les ordonnances Macron.

    Aujourd’hui, la grève part de la lutte des travailleurs de Total. L’intersyndicale FO – CGTMA réclame une augmentation de 15% du salaire pour tous les employés. Pour appuyer leur demande, les travailleurs bloquent le dépôt pétrolier. Cependant, la réaction de la direction n’est pas particulièrement porteuse d’une impression de volonté de dialogue :  « Nous avons rencontré un employeur qui affiche beaucoup de mépris [Il est parti en vacances le 13 aout, en indiquant que les ouvriers choisissaient mal leur jour de grève.]. Nous avons proposé une augmentation générale de 15% des salaires et comme la direction nous avait promis hier mercredi qu’elle allait nous faire une proposition en ce sens, on a écouté ses propositions. L’ennui est qu’il n’y a pas de proposition » rapporte ainsi le porte-parole de l’intersyndicale, El Anziz Hamidou.

    La direction prétend l’inverse. En revanche, elle appuie, quant à elle, ses arguments sur un raisonnement simple : bloquer le dépôt est un casus belli. Le 13 aout, le directeur, avant de partir en congé, a ainsi menacé le délégué syndical de représailles si la grève ne cessait pas. Du fait de la pénurie de carburant, la préfecture a indiqué, sous l’injonction du MEDEF, qu’elle ne respecterait pas le droit de grève des travailleurs, en débloquant certaines stations. Ainsi, le 19 aout, par exemple, les forces de l’ordre sont intervenues pour chasser les grévistes et permettre le passage de camion citernes.

    BFM business indique : » Le président du Medef Mayotte, Thierry Galarme, a demandé au préfet d’étendre l’arrêté de réquisition pour l’ approvisionnement en carburant de tous les véhicules assurant la livraison de denrées alimentaires, des véhicules du BTP, des véhicules de transports scolaires – à quelques jours de la rentrée qui a lieu mercredi -, des véhicules des entreprises de sécurité privée concourant à la sécurité des personnes et des biens aux côtés des forces de l’ordre et de tous les véhicules commerciaux (sur présentation d’un Kbis) ». En somme, cela signifie que le droit de grève n’est qu’un mot creux, tout comme l’ensemble des droits formels accordés par la bourgeoisie.

    Mais le directeur de Total ne s’arrête pas à cela. Le Journal de Mayotte du 20 aout explique :  » « Après avoir fait interpeller le délégué syndicat FO dans l’après-midi, le DG accompagne les forces de l’ordre dans l’intervention du dépôt de Longoni où les grévistes ont été séquestrés illégalement pendant plus de 3 heures et empêchant, entre autres, les mères de famille de rentrer chez elles », écrit le syndicat. « Le directeur de Total Mayotte se trompe de statut et de responsabilité car il a accompagné les gendarmes mobiles déguisé en militaire », affirme également FO. »

    Voilà la réponse des impérialistes à Mayotte : répression et force militaire. Voilà le visage de Total à Mayotte, où le directeur se prend pour un barbouze. Il s’agit là d’une illustration parfaite de la méthode de traitement des conflits sociaux dans les colonies et néo-colonies de l’Etat français. Aveu, également, de la proximité entre les grands complexes industriels et l’armée.

    Areva, Total, Bouygues, Lafarge…etc. Tous se nourrissent de ces liens.

    L’Unité Communiste de Lyon ne voit, dans la possession de ces territoires, nulle chance pour ces habitants. Nulle chance pour ses travailleurs. Nulle chance pour ses intellectuels. La présence de l’Etat français, et il s’agit d’un point fondamental qui nous sépare des sociaux-chauvins, est une plaie purulente pour les habitants.

    Total, comme la très large majorité des entreprises françaises à Mayotte, profite du caractère insulaire de l’île pour imposer un monopole complet et dégager des surprofits supplémentaires. Elle profite du caractère colonial des rapports pour extorquer davantage de plus-value des masses de ces îles ou de ces territoires.

    Elle traite les habitants avec un mépris issu en droite ligne de la période coloniale, de la période impériale, laquelle ne s’est jamais réellement achevée.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme sa solidarité avec les travailleurs en lutte de l’usine Total. Elle affirme sa solidarité avec cette lutte pour un niveau de vie meilleur. Elle affirme également sa solidarité avec celles et ceux qui ne veulent plus du joug d’une métropole qui brime et opprime.

    Certains esprits chagrins peuvent clamer que ‘sans la France, Mayotte serait les Comores.’ A cela nous ne pouvons répondre qu’une chose : « sans la France, les Comores seraient bien autre chose que ce qu’elles sont aujourd’hui.  » Il s’agit de l’occasion de rappeler que ce sont les mercenaires français et sud-africains, qui ont saboté l’expérience révolutionnaire des Comores de 1975 à 1978. Celle-ci, s’inspirant en partie de l’expérience de la Chine populaire et de la Révolution Culturelle, était la plus à même d’apporter espoir et émancipation à la jeune nation. A la place, ils ont installé des agents, des valets, qui enferment dans la misère et le désespoir les masses.

    A nos yeux, les arguments qui légitiment le maintient de la France sur ses positions territoriales sont des arguments faux et creux. Ils ne servent qu’a instiller l’idée que notre impérialisme serait « mieux » que celui des autres.

    Il n’en est rien.

    Chaque lutte contre l’hydre impérial est une lutte que doivent soutenir tous les militants et militantes révolutionnaires.

    Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Mayotte !

    A bas l’impérialisme français ! A bas le capitalisme !

  • Sur la dictature du prolétariat – IV – Gagner les élections, une victoire ?

    Sur la dictature du prolétariat – IV – Gagner les élections, une victoire ?

    Gagner les élections, une victoire ?

    Le fait de gagner une élection est une chose. Le fait de mettre en place la politique désirée en est une autre. Détenir le sésame présidentiel, détenir la majorité à l’Assemblée ne signifie pas l’instauration du socialisme.

    Après avoir bravé les obstacles pour se présenter ; après avoir franchi les fossés et les pièges mis en place par l’appareil d’Etat, par la propagande anticommuniste, même après avoir -légalement- rempli toutes les conditions, la bataille ne ferait que commencer.

    La bourgeoisie, une nouvelle fois, ne joue pas à la lutte des classes, elle mène une lutte sans merci contre ceux et celles qui voudraient amoindrir et saper sa position sociale, ses intérêts économiques, à celles et ceux qui voudraient apporter la négation de son pouvoir.

    Pour elle, la constitution d’une force politique visant à s’opposer à ses intérêts représente quelque chose qu’elle traite sérieusement. Il a déjà été évoqué les entraves qu’elle met en œuvre pour éviter cela. Mais l’accession au pouvoir, même purement formel, d’un organisation ennemie de ses intérêts ne signifie qu’une chose : une déclaration de guerre. Si jamais les choses s’envenimaient, il serait certain que la classe des exploiteurs et des exploiteuses ne s’embarrasserait nullement de démocratisme pour régler le problème. Cependant, explorer les différents verrous dont elle dispose est intéressant.

    Premier écueil : le poids de la dette et la voix des créanciers.

    L’Etat français est endetté de manière très importante. Cette dette est à la fois détenue par des individus privés, sous forme de bons du trésor, mais également par des banques. Les emprunts d’Etat ne sont pas forcément extraordinairement rentables, mais ils ont ce mérite d’être -en règle générale- d’une grande stabilité. Les Etats en faillite sont une grande gêne, à la fois pour ceux qui y vivent, à la fois pour les autres Etats, lesquels craignent le développement de troubles importants.

    Cependant, les créanciers ont, de facto, voix au chapitre, en tant que possédants d’une partie de la dette de l’Etat. Leur faire avaler le programme économique -anticapitaliste- du gagnant, ceci est une difficulté majeure.

    Lors de l’accession au pouvoir du Front Populaire, ce n’est que par un mouvement de masse puissant, imposant, une lame de fond, que cette obstacle a pu être franchi. Et encore, la Banque de France, à l’époque, fit constamment pression pour maintenir au minimum l’application du programme, menaçant sans cesse d’en couper les vivres. Le programme du Front Populaire, dont de nombreux courants politiques aiment se revendiquer, était pourtant à cent lieues d’un programme bolchevik. Sa mise en œuvre répondait à une ligne défensive contre le fascisme et contre la bourgeoisie la plus réactionnaire.

    Cet accès au pouvoir n’avait rien en commun avec une révolution prolétarienne.

    Dépasser l’écueil du refus obstiné des créancier est, en soi, une lutte à mort. L’obstacle n’est pas infime, c’est déjà un casus belli pour la bourgeoisie. Dans le cas de François Hollande, élu en 2012, son programme réformiste bas de gamme n’a pas même pu être appliqué. La pression de la dette, la pression des lobbys et du MEDEF ont rendu inapplicable celui-ci. La lâcheté intrinsèque au réformisme n’explique pas tout.

    Sous-estimer ce problème est particulièrement dangereux. Cette questions des finances n’est nullement à prendre à la légère. Une banqueroute du système économique, une monnaie qui se déprécie fortement, une crise économique peut avoir des répercutions très fortes, créer une situation de faiblesse, favoriser la montée d’acteurs paraétatiques et de mafias, voire de seigneurie de la guerre. L’armée et la police peuvent très bien choisir de se mutiner, se vendre au plus offrant, se muer en mercenaires.

    Ce type de questions échappe totalement aux réformistes, lesquelles croient en une constance et une inviolabilité de la légalité bourgeoise. Les utopistes, eux aussi, butent sur ce type d’écueil, dans le sens où ce type d’obstacle leur est pleinement étranger. Souvent, le fétichisme du « pouvoir » ne se double pas d’une réflexion profonde sur la signification de ce que cela représente, sur les méthodes à mettre en œuvre pour parvenir à la société communiste. Les ZAD par exemple, sont des zones où l’autorité de l’Etat cède temporairement le pas à une autorité exercée par les militants. Cependant, leur capacité d’expansion, selon le modèle actuel, est extrêmement limitée : toute menace sur le pouvoir de la bourgeoisie entrainerait une répression qui ne se contenterait pas de lacrymogènes et de matraques. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette question plus loin.

    Mais, après tout, supposons que le budget soit débloqué, que le pouvoir étatique puisse fonctionner sous la direction -en régime bourgeois- d’un parti « réformiste-radical. » Celui-ci devrait, logiquement, mettre en œuvre son programme.

    Seulement, entre le pouvoir formel et l’exercice du pouvoir réel, se trouve un océan terrible.

    Deuxième écueil : La fin de non recevoir de la part de la bourgeoisie.

    En supposant que le budget puisse être débloqué, que la bourgeoisie concède, sous le pression, l’argent nécessaire au fonctionnement de l’Etat, seule une infime partie du chemin est franchi. Il reste à appliquer le programme. Or, un coup d’œil sur les programmes proposés en 2017 est illustratif : l’ambition de certains candidats à l’élections présidentielle est importante. Pour mémoire, celui de Philippe Poutou est le suivant :

     1-Interdire les licenciements, partager le temps de travail, fixer le SMIC à 1700€nets.

    2-Réquisitionner les banques et les grandes entreprises, planifier l’économie pour éviter la catastrophe climatique.

    3-Donner le contrôle à celles et ceux qui font tourner la société.

    Premier point :1-Interdire les licenciements, partager le temps de travail, fixer le SMIC à 1700€nets.

    Appliquer ce type de programme ne pourrait se faire sans franchir les chausse-trappes de l’organisation du pouvoir bourgeois. Celles et ceux qui, naïvement, croient qu’il est possible de faire éclater ce barrage, se bercent d’illusion. Mais mettons de côté ces « petits détails. »

    L’Assemblée, si tant est que la majorité soit entre les mains des apprentis sorciers de la révolution, légifère ainsi les lois du candidat Poutou.. Le conseil constitutionnel les valident, l’exécutif les applique . Le SMIC monte ainsi à 1700€ par mois, nets d’impôts. Le candidat trotskiste peut exulter.

    Mais, dans le fond, cette idée est révélatrice d’une compréhension ultra-superficielle de l’économie. Au même titre que le revenu universel, ce genre de promesse est un miroir aux alouettes. Un SMIC augmenté ne veut pas dire une augmentation de la richesse.

    La bourgeoisie recherche le profit maximal. Elle calque ses prix sur la capacité d’achat de la population. Si le SMIC est, comme à l’heure actuelle, de 1480.27€ par mois en brut et de 1149.07 net, la bourgeoisie aligne ses prix en conséquence. Augmenter le SMIC se traduirait par une inflation des prix. Donc l’augmentation du pouvoir d’achat promise n’aurait pas lieu. En revanche, la baisse de valeur de la monnaie, induite de fait, pourrait éventuellement avoir un effet bénéfique sur le remboursement des emprunts, puisque la valeur de ceux-ci diminuerait. Cependant, cela n’est pas le but premier mis en avant par les trotskistes du NPA.

    Quant au revenu universel, celui-ci revient à allouer une somme d’argent -faible- à chaque individu, charge à lui de faire face à l’ensemble des aléas de l’existence en comptant sur celui-ci. En Finlande, par exemple, la mise en œuvre de ce revenu s’est traduite par une suppression des aides sociales et des allocations. D’une part ce revenu fournit un argent de poche inutile aux bourgeois, de l’autre elle institutionnalise un entretien de la misère. Dans un cas comme dans l’autre, elle n’agit pas sur l’exploitation, sur le fait que la plus-value est produite par les travailleurs et que les bourgeois s’en emparent.

    Ces rengaines, régulièrement ânonnées par les économistes les plus plats, sont des vœux pieux. Bien souvent l’idée qui se trame en arrière-plan est l’idée d’augmenter la part reversée aux ouvriers, aux travailleurs, aux travailleuses. Elle est de réduire leur taux d’exploitation. Seulement, cela ne fonctionne pas si simplement. Annoncer 1700€ net, cela ne mange pas de pain, cela rallie les suffrages, bien que les résultats ne furent pas au rendez-vous. Un discours simple, clair, limpide. Mais faux. Une impasse.

    En promettant plus que ce qui est possible d’être fait, ce qui est présenté comme une manière de rallier les suffrages se mue en piège : une promesse non tenue, la première d’une longue série.

    2-Réquisitionner les banques et les grandes entreprises, planifier l’économie pour éviter la catastrophe climatique.

    Incapable de pouvoir réduire le taux d’exploitation, cette candidature désire pourtant frapper fort : réquisitionner les banques. Planifier l’économie -pour éviter la catastrophe écologique. Un nouveau vœu pieux.

    Le NPA ne promet ni plus ni moins que le socialisme sans la révolution. Autrement dit, la réforme. Cependant, là n’est pas la question. Admettons que le pouvoir soit entre les mains de Philippe Poutou.

    Celui-ci déclare donc la réquisition des banques, des grandes entreprises, en conformité avec son programme. Cela en se basant uniquement sur la légalité bourgeoise.

    Mettons nous un instant dans la peau du patronat. Celui-ci a suivi la campagne du candidat du NPA avec un haussement de sourcil. Tant que celui-ci s’agite et ne propose que des réformes cosmétiques, le patronat peut bien le tolérer. Une inflation importante de la monnaie, par l’augmentation du SMIC, peut même être bénéfique pour certains patrons.

    Mais toucher à la propriété privée….

    Le pouvoir se caractérise de la manière suivante : il s’agit de la possibilité de prendre des décisions et de les appliquer. Or, le patronat, qui transgresse régulièrement ses propres règles, s’inclinerait t’il devant un hurluberlu qui réclame le contrôle sur les banques, sur les grandes entreprises, sur un grand pan de l’économie capitaliste ?

    Les usines se lock-outent sans problème en cas de tentative de réquisition par la force, au pire des cas se sabotent. Quant à l’argent, au capital, il offre sans problème les services de sécurités privées, voire de Sociétés Militaires Privées, de groupes fascistes, contre lesquels un pouvoir qui se refuse à faire usage de la coercition ne peut pas grand chose.

    Les richesses peuvent se mettre en sûreté, notamment à l’étranger. Or, l’argent est le nerf de la guerre. Il paie les services de propagandistes, de prête-plumes capable de vomir la propagande anticommunistes la plus virulente. Au cours de l’Histoire, le patronat n’a eu de cesse de financer les inventeurs de grands mensonges, ceux-là même qui ont tant marqués les esprits que même un grand nombre de gauchistes les répètent et les répandent toujours. Cette année, pour les cent ans de la Révolution d’octobre, la bourgeoisie a choisi comme symbole d’éditer une version colorisée de Tintin au pays des Soviets, ce pamphlet anticommuniste, que même Hergé dénonça. De là à voir des rééditions spéciales de Soljenitsyne, de la Ferme des animaux, du Livre noir, il n’y a qu’un pas.

    De plus, la bourgeoisie, contrairement aux larges masses, possède certaines caractéristiques culturelles, notamment la culture du commandement, de l’organisation. Cela n’a pas de secret pour elle, car l’organisation de la société, pour son plus grand profit, est sa tâche première. Elle est sa fonction sociale.

    La bourgeoisie sait organiser, mais sait également désorganiser. Ses experts, ses spécialistes, ses rouages essentiels, si utiles au fait de faire fonctionner le régime capitaliste, désormais se retournent. Même si la bourgeoisie perd le contrôle formel de la société, elle est toujours présente. Les contradictions ne s’effacent pas du jour au lendemain.

    Un bourgeois n’est pas qu’un patron possédant la propriété formelle, qu’un rentier. La bourgeoisie est une classe qui ne s’efface pas d’un coup de baguette magique. Elle conserve des rôles, conserve des fonctions, conserve des tâches qui lui sont propre, et que seule la résolution progressive des contradictions entre travail manuel et intellectuel peut permettre d’annihiler.

    La vérité est que, dans l’esprit des réformistes radicaux, la question du pouvoir se pose comme une question platement démocratique, comme une question de rapport entre une minorité et une majorité. Les discours des candidats à l’élection présidentielle se plaçaient tous sous ce prisme : respect des institutions et du jeu démocratique – bourgeois, ainsi que du jeu parlementaire. Conquête, dans la légalité, d’une majorité électorale, puis victoire électorale.

    Mauvaise compréhension de la réalité.

    Lénine écrivait dans le renégat Kautsky et la révolution prolétarienne : « Dès lors, supposer que dans une révolution un peu sérieuse et profonde, c’est simplement le rapport entre la majorité et la minorité qui décide, c’est faire preuve d’une prodigieuse stupidité; c’est s’en tenir à un préjugé archi-naïf digne d’un vulgaire libéral; c’est tromper les masses, leur cacher une évidente vérité historique. Vérité selon laquelle il est de règle que dans toute révolution profonde les exploiteurs conservant durant des années de gros avantages réels sur les exploités, opposent une résistance prolongée, opiniâtre, désespérée. Jamais, si ce n’est dans l’imagination doucereuse du doucereux benêt Kautsky, les exploiteurs ne se soumettront à la volonté de la majorité des exploités, sans avoir fait jouer   dans une bataille suprême, désespérée, dans une série de batailles à  leur avantage. »

    Acculée au désespoir, la bourgeoisie choisira la guerre ; le fascisme ; la réaction la plus sinistre, plutôt que de laisser son pouvoir, son contrôle sur l’économie lui échapper. Lorsque confrontée à cette situation, en URSS, elle fit feu de tout bois, avec chaque arme possible.

    La bourgeoisie a beau être une classe en concurrence avec elle-même, elle n’en est pas moins aux aguets quant aux menaces qui pèsent sur ses intérêts. La fraternité qui unit les bourgeoisies dans leur lutte contre les révolutions socialistes n’est plus à démontrer. Une nouvelle fois, dans la RSSFR naissante, la bourgeoisie et les réactionnaires de l’Empire Russe ont bénéficié de l’intervention militaire directe de la part des autres bourgeoisies dans le but d’écraser dans l’œuf la révolution bolchevique.

    Au final, seule la contrainte et les pouvoirs spéciaux peuvent obliger la bourgeoisie à accepter la transformation de la société. D’une manière ou d’une autre, un conflit surgit, un conflit qui ne peut être gagné sans disposer d’une armée, d’une police de milices au service du peuple et des masses, par la dictature du prolétariat.

  • Appel de la Maison de la Mésopotamie à la création d’un front antifasciste unifié.

    Appel de la Maison de la Mésopotamie à la création d’un front antifasciste unifié.

    Appel de la Maison de la Mésopotamie à la création d’un front antifasciste unifié.

    Au Kurdistan, en Turquie, dans l’Etat français, le fascisme est un ennemi commun !

    Les fascistes avancent à Lyon.

    Ils avancent dans l’Etat français.

    Ils avancent partout dans le monde, sous divers visages, sous divers drapeaux.

     Mais ils avancent.

    Ce ne sont pas des situations séparées, ce ne sont pas des simples points isolés. Daesh ou Erdogan qui avancent, le GUD qui ouvre son « bastion », ce sont des victoires pour le fascisme international. Ce sont des défaites pour les progressistes et les révolutionnaires du monde entier.

    Nous devons riposter en étant unis. Nous devons repousser chaque tentacule du fascisme.

    Au Kurdistan et en Turquie, nous connaissons bien le visage du fascisme, ses crimes, la misère qu’il sème, pour le profit des exploiteurs. Nous connaissons sa guerre constante contre les classes populaires, contre les masses, contre les travailleurs et les travailleuses.

    Nous savons reconnaître cet Etat d’urgence qui n’en finit pas, qui donne toute possibilité aux exploiteurs de réprimer.

    Nous ne voulons pas que cette situation devienne également celle de l’Etat français. Nous ne voulons pas que cette situation devienne celle de Lyon. C’est pour cela que nous appelons à cette réunion commune, ayant pour base de briser l’isolement et la fragmentation, de rassembler ceux et celles qui veulent lutter contre le fascisme, le capitalisme et l’impérialisme.

    Nous avons besoin d’une autodéfense populaire et unitaire. Tout comme le font nos camarades, nos frères et nos sœurs de combat, qui affrontent les fascistes turcs et les obscurantistes de Daesh, sous un seul drapeau : celui de la liberté et de l’autodéfense. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.

    Car la police, qui enferme nos camarades, qui saisit leur propagande, qui brise leurs mégaphones, n’est pas de notre côté. Ni la justice, laquelle acquitte les fascistes et se montre impitoyable envers  les nôtres. Ni l’Etat, dont la tâche de répression, d’asservissement, se marie parfaitement avec les désirs de l’extrême-droite.

    Ni des vautours de l’électoralisme, qui n’attendent de celles et ceux qui luttent qu’une chose : leur bulletin de vote.

    Il existe des désaccords, des hostilités, des jalousies, un nombre inconcevable de raisons pour que dure la division de ceux qui combattent le fascisme.

    Ces divisions ont -plus ou moins- de raisons d’exister.

    Mais elles doivent céder le pas devant la nécessité d’opposer un front uni, d’opposer une ligne de défense commune, contre l’avancée du fascisme et de ses agents.

    Nous devons ne former qu’un rang dans la lutte contre le fascisme ! Un rang à Lyon. Un rang dans l’Etat français. Un rang au Kurdistan, en Turquie, dans le monde.

    Soyons solidaires, unitaires, antifascistes !

    Vendredi 09 juin à 18h00, rendez-vous à la place de Jacobins pour dénoncer le « bastion social » qui instrumentalise la misère.

    Dimanche 11 juin à 18h00, à la maison de la Mésopotamie (rue Mazagran), retrouvons nous pour nous organiser et riposter !

  • Fin de partie – I – Le nouveau gouvernement de l bourgeoisie.

    Fin de partie – I – Le nouveau gouvernement de l bourgeoisie.

    Fin de partie.

    L’Unité Communiste de Lyon livre, au travers de cette série d’article, visant à constituer une brochure, un bilan de la trajectoire qui amena a ce dilemme imposé : Macron contre Le Pen.

    L’élection présidentielle a amené au pouvoir Emmanuel Macron, l’agent parfait de la bourgeoisie. Son élection est conforme aux désirs actuels de ce corps social : une plus grande liberté d’exploiter, un recul des contraintes posées par le code du travail, une intégration plus poussée dans les échanges de la mondialisation et dans l’Union Européenne, tout en poursuivant les guerres impérialistes.

    D’autant qu’Emmanuel Macron a promis : ses réformes du code du travail seront passées par voie d’ordonnance dès cet été. Une thérapie de choc, en somme, laquelle joue sur « l’état de grâce », cette période d’anesthésie qui suit l’élection présidentielle, pour court-circuiter une opposition désordonnée et affaiblie.

    Lors de la constitution de son gouvernement, le nouveau président à dévoilé ses cartes en nommant un premier ministre « Les Républicains », Edouard Philippe. La suite, annoncée le 17 mai, illustre la nature du pouvoir que le leader d’En Marche ! veut constituer :

    D’autres LR, tels que Bruno Le Maire -envoyé à l’économie.

    Plusieurs membres de l’aile droite du Parti Socialiste : Jean-Yves Le Drian -qui conseilla Macron sur les questions de défense ; Gérard Collomb -le maire cumulard de Lyon, nommé à l’intérieur ;

    Des centristes, comme François Bayrou -nommé garde des sceaux ; Sylvie Goulard -députée européenne, rédactrice d’un rapport sur la nécessité de privatiser les CROUS et sur le remplacement des bourses par des prêts bancaires.

    Ses alliés personnels, comme Richard Ferrand ; Agnès Buzin.

    Un écologiste opportuniste, Nicolas Hulot.

    Les promesses d’un ministère « plein et entier » dédié au droit des femmes, celle d’une application de la parité -non seulement en nombre, mais en position – ne sont pas tenues. Aucun ministère stratégique n’est laissé à la direction d’une femme. Depuis 25 ans, cette année, aucune femme n’a occupé le poste de premier ministre.

    La composition du gouvernement est un kaléidoscope dont le centre de gravité n’est pas particulièrement marqué à gauche. Le plan de En Marche ! est certainement de provoquer des implosions au sein des partis limitrophes. Ainsi, Eric Ciotti qualifiait la cooptation des certains membres des Républicains de « gifle » plus que de « main tendue. »

     A noter la présence de membres de la « société civile ». En l’occurrence Muriel Penicaud, dont il est nécessaire de citer le parcours, rapporté ici par RTL : Cette femme de 62 ans n’appartient pas à un quelconque parti politique et devra faire ses preuves au ministère du Travail. Un monde qu’elle connaît particulièrement bien en ayant travaillé dans de nombreuses entreprises privées mais aussi publiques comme Danone, Dassault Systèmes, Orange ainsi que par la SNCF. Avant sa nomination, Muriel Penicaud était la patronne de l’agence publique Business France, chargée de la politique de promotion de la France et des entreprises tricolores auprès des investisseurs étrangers.

    Son poste ? Ministre du travail. Ite missa est.

    Déception pour ceux et celles qui avaient entrevu l’espoir que l’élu se souviendrait des voix qu’ils et elles avaient apportées, dans le but de faire barrage à l’extrême-droite. Jeu de dupes que l’Unité Communiste de Lyon avait dénoncé.

    Macron n’est pas un ignare en termes de tactique. Il n’a pas omis que son élection est le fruit d’un contexte particulier. Seulement, dans sa perception de la situation, le centre de gravité politique se trouve, désormais, entre lui et Marine Le Pen.

    Position confortable que celle-ci, puisqu’elle l’adosse à un « mur républicain », lui permettant de mener une politique droitière tout en se parant des ors de la défense de la démocratie.

    Peu de menaces constituées ont résisté à l’onde de choc de l’élection. La configuration de l’élection législative le démontre amplement.

    Les Républicains, coincés, tiraillés par les forces de marée, ne sont pas en mesure de ravir l’hégémonie de En Marche ! Comment se démarquer d’une force politique qui applique le programme rêvé ? Difficile. Seule l’avidité terrible, la soif de places, de fauteuils, d’argent public justifie l’existence de cette formation.

    A gauche, le Parti Socialiste, bien que déclaré cliniquement mort par de nombreux observateurs, n’est, en réalité, pas fini. Ses relais, ses réseaux, ses associations liées, lui permettent de résister au reflux. Exemple illustratif, l’UNEF s’est empressée de se présenter comme la principale force d’opposition syndicale étudiante.

    Le PCF et la France Insoumise sont en conflit. Après une campagne ayant donné un succès électoral respectable, les deux s’entre-déchirent. Comment pourrait-il en être autrement ?

    L’un est le miroir de l’autre. Le PCF dispose des élus, de l’implantation, des postes, des sièges, des places-fortes. Ce sont ses lignes Maginot, ses garanties de survie. Or, cette garantie ne se maintient que grâce à des accords électoraux avec leur suzerain : le Parti Socialiste. Sans ceux-ci, le PC serait, à terme, balayé.

    D’un point de vue d’influence politique, en revanche, il est inaudible. Inaudible car incapable de se démarquer politiquement, d’être autre chose qu’une force politique de second rang, dépendante uniquement de ses alliances.

    Le PCF pertinemment qu’il a beaucoup à perdre. Même son « opposition interne » en a une conscience aigüe, et ne prendra aucun risque. L’argent public, les contributions des élus, forment la majeure partie des ses ressources financières, et aucune faction du PCF n’est prête à les perdre. Ce n’est donc pas pour demain qu’une ligne classe contre classe apparaîtra, au mépris de la possession des mairies et des circonscriptions.

    Inverse complet, la FI, dirigée par Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard et Alexis Corbière, quant à elle, a tout à gagner. Tout a gagner et des appétits conséquents. En effet, sa pérennité passe par le fait de pouvoir conquérir des positions, de disposer d’élus, de pouvoir poursuivre une dynamique au delà des présidentielles. Problème : cette formation se base sur la même niche électorale que le PCF ou que le PS « frondeur. »

    D’où des conflits entre les deux forces : Le PCF veut s’approprier l’image de la FI et de son dynamisme, la FI, à l’inverse, veut ses bastions.

    Cela s’est traduit dans les faits par l’usage de l’image de Jean-Luc Mélenchon sur des affiches et des flyers, du logo de la France Insoumise, par des candidats n’étant pas soutenus par le chef suprême. De l’autre, le parachutage du leader à Marseille créé des émois. En 2012, il avait cherché une bataille des chefs entre Marine Le Pen et son humble personne, en 2017, nettement refroidi, il se positionne simplement pour une place au chaud.

    L’opportunisme se manifeste de toute part, se maquillant d’idéologie. Toujours est il que la rupture est consommée.

    Dans le fond, la bataille ne peut se jouer qu’à l’extérieur. Que hors des salons, que dans la lutte, dans la confrontation politique, syndicale, sociale avec une bourgeoisie pourrissante.

    Pourtant, là également, l’onde de choc a laissé des séquelles. Les épaves sombrantes ont entraîné dans leur sillage nombre de militants et de militantes « bien intentionnés. »

    Les génies de l’arithmétique politique ont œuvré : adouber Macron comme protection contre Le Pen. Si l’Unité Communiste de Lyon serait bien en peine de reprocher à des individus ce choix, elle condamne l’opportunisme politique de certaines formations, lesquelles se sont couchés devant l’épouvantail lepéniste.

    Quelle consistance politique peut ressortir du fait d’appeler à voter pour En Marche ! au second tour -voire au premier- pour ensuite appeler à descendre dans la rue ? Aucune. En tenant ce discours inaudible, inconséquent, brouillé et brouillon, ces organisations ont déversé un poison paralysant dans les oreilles de ceux et celles qui leur prêtaient attention.

    Pire encore sont ceux qui se sont placés en recul, n’ont tenu aucune ligne, ont pris des positions libérales.

    Effrayés par le clapotis des remous de surface de la politique, ils ont replié leur drapeau, ont détourné le regard, et n’ont pas apporté la moindre contribution à l’avancée politique des masses.

    En voyant la menace fasciste partout, en se croyant à chaque instant au bord du précipice, ces organisations se sont livrées pieds et poings liés à la démocratie bourgeoise.

    La bourgeoisie, à l’heure actuelle, n’a nul besoin du fascisme pour balayer les contestations, pour balayer les oppositions. Malgré 25% d’abstention, la démocratie bourgeoise n’est pas enrayée et reste un système valable aux yeux des bourgeois et des bourgeoises.

    S’intéresser au résultat est un des aspects du travail militant. Etre capable de comprendre la trajectoire qui amène à cette situation en est un autre, qui mérite d’être creusé.

  • Fin de Partie

    Fin de Partie

    Emmanuel Macron est victorieux avec 65.8 % des voix, selon des dernières informations. Une nouvelle fois, ce score est conforme aux attentes, conforme aux prévisions. L’Etat français n’a pas connu de scénario du type de Trump, avec une percée imprévisible, un débordement systématique, un raz-de -marée populiste.

    Il est notable, cependant, que le Front National a réussi à s’implanter d’une manière durable, comme un pivot, dans le paysage politique de la démocratie bourgeoise. Comparativement à 2002, pas d’écrasement, pas de 82% / 18%. La mobilisation électorale s’est même avérée plus faible qu’au premier tour.

    Il est intéressant de voir qu’une coupure se produit au niveau des votes.

    Un Etat français intégré dans les réseaux et les flux de la mondialisation, intégré dans l’Union Européenne, dans des zones qui, globalement, sont des citadelles de l’impérialisme, ses métropoles des centres de commandement. Ces régions urbaines ont massivement soutenu Emmanuel Macron.

    A l’inverse, les zones périurbaines, rurales ou semi-rurales, les régions de petites industries, ont voté majoritairement pour Le Pen. La « France des villages », qui se paupérise, qui voit la mondialisation comme une menace, qui en subit la concurrence de plein fouet, ne s’est pas manifestée par une adhésion aux thèses optimistes du candidat gagnant.

    Mais dans l’ensemble, seul deux départements, l’Aisne et le Pas-de-Calais voient le Front National arriver en tête. Calais est, d’ailleurs, la plus grande ville où le Front National arrive en tête, suivie de Fréjus, sous d’autres latitudes.

    L’abstention et le silence demeurent la première force politique avec 37.3 % de la population. Un quart des inscrits n’ont pas exprimé de suffrage durant cette élection. Ceci est révélateur d’un dégoût généralisé de la politique telle qu’elle est menée, d’un détachement des masses populaires du cirque électoral.

    Cette césure est positive, non négative. Elle est la base de rejet sur laquelle se construit l’opposition extra-parlementaire, le pouvoir populaire, le camp du peuple.

    Les partis réformistes-radicaux peuvent pester-ils furent tous éliminés- ils ne font que payer le prix de leur obstination dans une voie morte, dans une voie de compromis et de compromission, dans une voie de démagogie et non de lutte.

    La tâche des communistes, mais aussi, plus largement, celle de tous ceux et toutes celles qui rejettent la démocratie bourgeoise, est de former un véritable pôle antiparlementaire, de former un véritable bloc populaire. Il est illusoire de croire que l’abstention suffira d’elle même. Le dépit se mue en rejet, mais passer de ce rejet passif en volonté positive d’établir un pouvoir populaire demande un long travail, que seules les organisations révolutionnaires peuvent mener.

    Aujourd’hui, la victoire a échu entre les mains d’Emmanuel Macron et de la frange Libérale libre-échangiste de la bourgeoisie.

    « Vous avez choisi l’audace, et cette audace nous la poursuivrons » a ainsi déclaré Emmanuel Macron. L’audace de la liquidation du code du travail, de l’assurance chômage, de la sécurité sociale. L’audace de plonger dans la précarité accrue, dans une misère plus noire, plus sombre.

    Car tel est le programme d’Emmanuel Macron. Un programme de paupérisation pour les masses, un programme d’enrichissement sans bornes pour la bourgeoisie.

    Mais le nouveau président du conseil d’administration de la bourgeoisie est loin d’être une personne inintelligente. Il dispose, de plus, d’un encadrement efficace pour l’appuyer et le conseiller.

    En Marche ! a conscience de sa faiblesse face à l’épreuve des législatives. Les Républicains et le Parti Socialiste ont certes subi un revers terrible, mais leur structure peut résister, leurs relais, leurs courroies de transmission, rester fidèles.

    Il semble que l’Etat français se dirige vers un gouvernement et un parlement fonctionnant à la coalition. Or, qui dit coalition dit alliés. Pour triompher aux législatives, la nouvelle équipe présidentielle va devoir choisir une géométrie plus précise, devoir faire des choix.

    Cette recherche d’alliés se retrouve dans le discours d’Emmanuel Macron, lequel est particulièrement révélateur.

    Si, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le gagnant n’a pu rassembler ses troupes sur le Champ de Mars, il est parvenu à inclure le choix du Louvres dans son discours, en faisant le symbole d’une continuité historique remontant à l’ancien régime.

    Son arrivée sur l’estrade, dans une solitude étudiée, s’est faite non sous la Marseillaise, mais sous les accords de l’ode à la Joie, hymne de l’Europe.

    La pyramide du Louvres a focalisé toute l’attention des complotistes, la musique de Beethoven celle de tous les germanophobes. Le mélange des deux, pourtant, est brillant : décor franco-français, musique européenne.

    Le candidat de En Marche ! a manœuvré efficacement, indiquant qu’il tenait compte du fait qu’un partie de son électorat l’avait soutenu pour des raisons d’inquiétudes quant aux institutions républicaines.

    Cette manière de prendre en compte ces ralliements par dépit brosse les « barragistes » dans le sens du poil. Concession sur la forme, elle ne représente nullement une sur le fond, sur le programme économique, sur la politique à tenir. Elle représente simplement la prise en note d’une volonté de protection des droits démocratiques.

    D’une certaine manière, le « barrage » s’est retrouvé vidé de tout son contenu politique.

    Dans le même temps, poursuivant dans le ralliement, Emmanuel Macron a également salué les électeurs de Marine Le Pen, disant comprendre leur colère et leur désarroi. Un énigmatique « Je ferai tout dans les cinq années qui viennent pour qu’ils n’aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. » a été prononcé. Il est difficile de déterminer son sens. S’agirait-il d’une volonté de parvenir à une synthèse sur un certain nombre de sujet ? Pour le moment, la question reste en suspens.

    Ce qui est certain, c’est que le discours a enfoncé le clou sur un certains nombre de sujets internationaux :  » La France sera au premier rang dans la lutte contre le terrorisme sur son sol et aussi bien que dans l’action à l’international. Aussi longtemps que ce combat devra durer, nous le mènerons « . La politique internationale de l’Etat français n’est pas prête de s’apaiser. L’impérialisme français peut bien se parer d’un sourire enjôleur, il n’en change pas sa nature pour autant.

    Reste à voir comment vont se concrétiser les premières mesures, les premiers choix, les orientations.

    Toujours est-il que la ligne Macron : rassembleuse et unificatrice, n’est nullement un garantie contre toute dérive autoritariste ou toute caporalisation de la société. Une union sacrée, même vendue comme « anti-fasciste » peut très bien s’accommoder d’une exploitation accrue, d’une répression d’autant plus violente qu’elle se targuerait d’être un rempart contre l’extrême-droite.

    Ceux qui voient dans Macron un démocrate convaincu ne doivent pas ôter de leurs esprits qu’il est un agent de la bourgeoisie, dont il exécute la commande.

    Si l’ordre est donné de frapper, si la situation se détériore, gare. Les libertés fondamentales ne sont, au final, que des droits formellement accordés par la bourgeoise. Ils se retirent aussi aisément qu’ils se donnent.

    Du côté des perdants, les législatives sont dans tous les esprits. Marine le Pen a déclaré : Le Front national doit lui aussi profondément se renouveler afin d’être à la hauteur de cette opportunité historique, a-t-elle affirmé. Je proposerai donc d’engager une transformation profonde de ce mouvement afin de constituer une nouvelle force politique. »

    « Ce second tour organise une recomposition politique de grande ampleur entre les patriotes et les mondialistes. » « C’est ce grand choix qui sera présenté par circonscription aux Français lors des législatives. Je serai à la tête de ce combat. »

    Un souffle d’inquiétude travers la « boutique. » Le concept même du Front National arrive t-il à bout de souffle ? Doit-il muter pour devenir le pôle principal d’opposition à la politique d’Emmanuel Macron ?

    L’alliance avec Debout la France, avec Nicolas Dupont-Aignan, avec Christine Boutin, est une nouveauté. Il semble que le Front National soit en passe de  devenir véritablement un front d’organisations nationalistes-chauvines, pour gagner en influence, gagner en relais, gagner en implantations.

    C’est de la réussite ou de l’échec de cette transformation que dépendra la physionomie des prochaines années, que dépendra la physionomie de la prochaine élection présidentielle.

    La France Insoumise, construction artificielle, autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, se délite progressivement. Les conflits entre les intérêts du PCF -pourrissant- et ceux du Parti de Gauche -qui ambitionne de prendre la place du Parti Socialiste- prennent une tournure antagonique. Des menaces, des pressions, des procès. La défaite se muera-t-elle en débâcle ?

    Les réformistes radicaux Poutou et Arthaud ont certes pu s’exprimer au cours de cette élection, mais n’ont rien su faire de cette tribune pour faire avancer la conscience politique des masses. En accréditant la mascarade, les trotskistes ont même contribué à solidifier le mythe de la démocratie bourgeoise. Rien n’est à attendre de ce côté.

    La réaction des révolutionnaires et des antiparlementaires est restée majoritairement marquée par le calme. Nouvelle attendue plutôt qu’un coup de tonnerre. Elle est prise avec gravité par les organisations et les militants et militantes, comme une lutte longue, sourde, et difficile à mener.

    Les cinq années qui s’ouvrent dans l’Etat français sont sous le signe de la croisée des chemins. Les aggravations de la crise du capitalisme, les aggravations des tensions politiques et internationales, se répercuteront dans le climat politique. La détérioration sociale promue par Macron jettera dans les bras de la misère et de l’exclusion sociale de parties importantes de la population. Si les organisations communistes -en premier lieu- ne sont pas à la hauteur de la tâche d’organiser et mettre en ordre de bataille les masses, ce seront les fascistes qui en bénéficieront et qui seront en mesure de lancer des mouvements de masse réactionnaires.

    La partie des présidentielle est terminée, mais plus largement elle signifie également un effondrement des marges de manœuvres réformistes et sociales démocrates.

    Elle signifie une cristallisation des tensions.

    Le lâche rempart n’existe plus.

    Il est essentiel, durant ces cinq ans, que le camp du peuple renaisse, soit fort, soit organisé et avance.

    Sans victoire sur le front de l’organisation, sur le front de l’idéologie, il n’existera que des défaites.

    En avant vers cinq années de lutte !

  • Célebrons la victoire de Dien Bien Phu ! – Nouvel ouvrage de Võ Nguyên Giáp

    Célebrons la victoire de Dien Bien Phu ! – Nouvel ouvrage de Võ Nguyên Giáp

    En ce jour anniversaire, nous publions l’ouvrage de Võ Nguyên Giáp, général en chef des forces combattantes de libération du Vietnam.

    La bataille de Dien Bien Phu représente une étape-clé dans la libération des peuples opprimés.

    Face à l’impérialisme français, appuyé par les USA, la courageuse armée populaire vietnamienne a infligé une défaite humiliante à son colonisateur.

    L’unité populaire, la solidarité internationale – particulièrement depuis le camp socialiste et les pays dominés – ont porté leurs fruits. Cette victoire fut un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages : elle sonna le glas des empires coloniaux.

    Aujourd’hui, certains portent le mensonge que l’Etat Français est un Etat dominé. Que son impérialisme n’existe plus. Que son rôle dans le monde est de porter la lumière et de se mettre « à la tête d’une nouvelle alliance. » L’impérialisme n’a pas de double nature : il est la réaction sur toute la ligne. La guerre, la famine, la misère, l’oppression et l’obscurité. Ceux et celles qui chantent ses louanges -cette « place de la France dans le monde » sont les ennemis du peuple.

    A bas l’impérialisme français, le néo-colonialisme, la colonialisme, l’oppression nationale, le chauvinisme -social ou non.

    Le droit des peuples à disposer d’eux-même s’applique partout, y compris dans la métropole.

    Vive la lutte de libération des peuples opprimés !

    Vive les héros de Dien Bien Phu !

  • Nouvel ouvrage : Révolution et contre-révolution au XXe siècle – Georges Politzer – 1941

    Nouvel ouvrage : Révolution et contre-révolution au XXe siècle – Georges Politzer – 1941

    La question du fascisme  est sur toutes les lèvres. Cependant, la connaissance de son contenu idéologique reste -trop souvent- superficielle, parcellaire, basée sur des idées générales.

    Georges Politzer en fournit, depuis la gueule du loup, une analyse essentielle. Pour son grand malheur, ce philosophe communiste était bien placé pour le connaître, vivant dans l’Etat français occupé.

    Sa brochure, écrite vraisemblablement dès fin 1940, mais publiée en 1941 clandestinement, répond au discours de l’idéologue du IIIème Reich : Alfred Rosenberg. L’architecte de la pensée nazie voulait régler son compte aux idées de la Révolution Française, des Lumières, du socialisme scientifique. Au final, dévoilant son jeu, il révèle la vraie nature de son projet : un simple projet d’asservissement de l’humanité, maquillé en libération de « l’or par le sang. »

    Cette lecture est plus que nécessaire pour comprendre les bases théoriques du fascisme – nazi et, ainsi, entreprendre de le combattre idéologiquement parlant.

    Georges Politzer, fusillé au Mont Valérien le 23 mai 1942, ne vit pas le drapeau rouge de la révolution hissé sur le Reichstag, la tanière de la bête. Mais en l’assassinant, comme tant d’autres, les fascistes l’ont rendu immortel.

    A nos yeux, l’héritage de Georges Politzer, bien que membre du PCF, revient à ceux et celles qui poursuivent la ligne marxiste-léniniste. Cet héritage de saurait revenir à des révisionnistes et des falsificateurs, lesquels, au lieu de l’honorer, l’assassinent une fois de plus.

    Honorons sa mémoire et sa lutte -tandis que, dans deux semaines, cela fera 75 ans qu’il fut assassiné- en poursuivant son combat.

    Nous citons les dernières lignes de son ouvrage : 

    Et c’est ainsi que l’Union soviétique apparaît, dans tous les domaines, comme l’espoir des peuples. M. Rosenberg voudrait faire croire que l’obscurantisme règnera pendant des millénaires ! Mais à la vérité, il n’y a pas de puissance au monde qui puisse faire oublier la science et la raison, sauvegardées et protégées par l’Union soviétique qui crée la civilisation exempte de barbarie, la civilisation socialiste.

    Et comment voudrait-on faire croire aux peuples que la misère à laquelle ils sont voués est inscrite dans les lois de la nature et qu’ils doivent la subir avec résignation ? Ils voient bien que la misère ne règne que là où subsiste le capitalisme et qu’elle a disparu à tout jamais, comme les crises et le chômage, là où le capitalisme a été renversé.

    Sur la sixième partie du globe, où règne le socialisme construit sous la direction du parti de Lénine et de Staline, le renversement du capitalisme a donné aux peuples miséreux de l’ancienne Russie tsariste le bien-être croissant.

    Il est prouvé, pour la première fois dans l’histoire, par la vie concrète de 193 millions d’hommes, que le bonheur est bien de ce monde. Le pays qui a réalisé le socialisme et qui, grâce à cela, est devenu la puissance économique et militaire la plus forte, était un pays battu en 1 917.

    Demeuré capitaliste, il eût été dépecé par les impérialismes et réduit à l’état de pays vassal.

    Le renversement du capitalisme a rendu possible sa libération et son essor sans précédent.

    Il a permis en même temps de transformer l’ancienne Russie tsariste qui fut, selon la formule de Lénine, « une prison pour les peuples », en union fraternelle où les peuples égaux collaborent dans l’esprit de l’amitié stalinienne.

    L’exemple de l’Union soviétique nous montre ainsi que c’est en renversant le capitalisme dans notre pays que nous pourrons reconquérir la liberté et l’indépendance de la France ; que c’est l’émancipation sociale qui nous ouvrira la voie de la libération nationale.

    L’œuvre immense de la construction du socialisme fut accomplie sous la direction du continuateur génial de Lénine, sous la direction de Staline.

    C’est vers lui que se tournent les travailleurs exploités et les peuples opprimés du monde entier, parce qu’ils reconnaissent en lui le guide authentique de l’humanité en marche vers sa libération, celui qui dirige les peuples en s’appuyant sur la science du marxisme-léninisme qu’il a lui-même enrichie, et qui incarne, comme Lénine, le chef des peuples d’un type nouveau, unissant la connaissance des lois de l’histoire à une aptitude sans précédent à les appliquer, dirigeant les peuples en faisant appel à la raison et au dévouement à un idéal véridique ; aimé des masses immenses qui ont appris par leur expérience à voir en lui le pilote sûr de leurs destinées.

    La voie du Parti communiste français est la voie du grand Staline.

    C’est la voie de la victoire.

    La Révolution victorieuse d’Octobre 1917 a vengé l’héroïque Commune de Paris, noyée dans le sang par Thiers et les Versaillais qui avaient imploré et obtenu l’aide de Bismarck, en échange de quoi ils ont signé un lourd traité.

    Notre lutte est celle des Communards qui avaient uni indissolublement la cause de l’émancipation des travailleurs et celle de la liberté de la patrie.

    Cette lutte donnera à la France et au monde le pain, la liberté et la paix.

  • Le Pen – Macron : le match des agents de la réaction. – Nouvelle brochure-

    Le Pen – Macron : le match des agents de la réaction. – Nouvelle brochure-

     

    Nous publions, à l’issue du débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, un compte rendu le plus exhaustif possible du débat et de ses implications idéologiques.

    L’intégralité de la brochure est disponible en cliquant sur l’image ou -avec les autres brochures- dans la rubrique « téléchargements ».

    Nous republions ici l’introduction et la conclusion de cette brochure, que nous ne pouvons qu’inviter à lire.

    18 millions de téléspectateurs, au sein de l’Etat français, ont suivi le débat tant attendu entre Emmanuel Macron – candidat de En Marche ! et Marine Le Pen, la candidate du Front National.

    Cette confrontation était grandement attendue, grandement scrutée, tant par les habitants de l’Etat français que par le reste du monde, tant elle devait illustrer la confrontation entre deux visions du monde, entre deux idéologies opposées.

    Devait, car, fondamentalement, il existe une racine commune entre les deux candidats, des bases communes, sur lesquelles nous allons revenir.

    Sans entretenir de faux suspens, la grande majorité des observateurs ont vu s’effondrer la candidate du Front National, incapable de pouvoir mener une réelle offensive idéologique, se cantonnant à des coups d’épées dans l’eau, dans un ad hominem constant. Cette tactique, pour des raisons sur lesquelles nous allons revenir, était une faillite complète.

    Dans ce paysage qui tendrait à décerner la couronne de laurier au candidat de En Marche, une voix dissonante, celle de l’OVNI du marxisme : Les Matérialistes. Tellement arc-boutés dans leur idée de soutenir Macron à tout prix, du fait qu’il faille faire rempart contre le fascisme lepéniste, que ces apprentis-analystes forcent le trait, déforment la réalité, pour faire de Mme Le Pen la perdante. De la part d’une organisation capable de soutenir les manifestations de policier au nom de l’esprit « Charlie » et de l’unité populaire, qu’attendre d’autre si ce n’est -pour  reprendre les mots de leur héraut- des « sauts de cabri » en l’air ?

    Pour les marxistes, il existe une matière à analyser qui s’est illustrée lors de ce débat. Donner Macron vainqueur ne signifie pas prendre partie pour lui. Analyser sa stratégie, lors de ce débat, comme cohérente, ne signifie pas l’aduler. Lui trouver une maîtrise dans les sujets qu’il a pu aborder ne signifie pas que nous soyons en accord avec ses conclusions. Seulement nous devons -impérativement- reconnaître les forces et les faiblesses des agents de la bourgeoisie – comme celles de nos alliés – et ne pas projeter de fantasmes sur eux.

     

    Conclusion : 

    Ce débat transcrit avec une certaine fidélité l’état et les attentes de la société actuelle.

    Marine Le Pen a joué la carte de la punchline en espérant que ce soit la seule chose qui reste dans la tête des téléspectateurs à l’issue du débat. Insinuations, coups de poker, bluffs… Les débats précédents, après tout, n’avaient laissé en mémoire que les piques de M. Mélenchon ou de M. Poutou.

    Invité sur le plateau de Quotidien, Jacques Attali, soutien d’Emmanuel Macron, avait caractérisé cette campagne comme une campagne de l’anecdote. Il s’agit d’un fait indéniable. La société de l’information, loin d’être une société de l’approfondissement, se traduit par une société de la phrase d’accroche, du slogan, de l’enseigne lumineuse en néon.

    Cette tendance, présente également dans notre camp, a rendu inaudible la propagande -au sens premier du terme, la démonstration d’une notion- pour ne conserver que l’agitation. Or, l’explication, l’explicitation, l’analyse demande du temps, demande de l’énergie. La bourgeoisie entretient sciemment les « remous de surface » pour camoufler les courants de fond. Les clashs par tweet, en 140 caractères, est un format qui avantage la rhétorique, non la théorie.

    La conflictualité qui existe entre deux stratégies de la bourgeoisie est révélatrice : l’Etat français est à la croisée des chemins. Fatigué, usé, tailladé par la concurrence -surtout asiatique- l’impérialisme français est dans un creux. Il doit porter son choix dans l’offensive ou dans la défensive. Ce sont, en dernière instance, les lignes défendues dans ce débat.

    Cette conflictualité est également révélatrice d’une césure au sein de la société. Les gouvernements successifs, le recul des conceptions politiques progressistes, l’abandon de la lutte idéologique ont légitimité, nourri et couvé les conceptions réactionnaires. Elles arrivent à maturité.

    La bourgeoisie a réussi son plus grand tour de passe-passe : orienter la colère populaire dans le cul-de-sac réactionnaire. Orienter dans son sens la rage populaire.

    Dans notre courte analyse Macron l’illusion, nous indiquions le fond de notre pensée. Le programme du FN est connu, il est clairement un programme fascisant, xénophobe et raciste. De ce point de vue ite missa est. La messe est dite.

    Celui de Macron n’amène pas vers un soleil radieux, vers des lendemains qui chantent.

    L’application de ce programme, de cette ubérisation de la société, entrainera une précarité plus grande, plus forte. Il débouchera immanquablement sur une misère plus intense et plus sordide, sur une paupérisation accrue des masses. Par son libéralisme, il facilitera la concentration du capital et la ruine des petites entreprises au profit d’entreprises à caractère monopolistique.

    Son discours impérial et agressif ne laisse rien supposer d’autre qu’une multiplication des d’interventions militaires, un accroissement des actes d’agression et d’ingérence commis à l’encontre d’autres nations, pour étendre la sphère de l’impérialisme français et ses tentacules.

    La massification de la concurrence internationale laisse supposer une diminution des salaires, des droits des travailleurs, pour que la bourgeoisie française puisse demeurer compétitive.

    Les législatives prochaines dévoileront la véritable nature politique des cinq prochaines années. Une assemblée en recomposition débouchera probablement sur un gouvernement de coalition. Avec qui ? La question est importante.

    Marine Le Pen se voit déjà en figure principale de l’opposition. Son plus cher désir est de voir le centre de gravité du débat se placer entre le libéralisme et le fascisme. L’opportunisme de Mme Le Pen, cependant, la pousse à hurler au vol lorsque le PS appliquait ses conceptions.

    Le danger est celui d’une synthèse entre les deux camps. S’ils ne peuvent s’entendre sur la stratégie de fond, le projet de société lepéniste peut très bien frayer son chemin jusqu’aux plus hautes sphères.

    Fondamentalement, les choix sont restreints. Entre deux courants de la réaction et du recul social, certains trouvent la possibilité de choisir. Dans un sens nous ne saurions les blâmer. Sans organisation communiste puissante, capable d’avoir une action sur la société, comment reprocher à celles et ceux qui ne voient d’autre planche de salut que le vote de céder ? Nous ne le pouvons pas.

    Nous devons, en revanche, comprendre que le premier acteur de notre faiblesse n’est pas la bourgeoisie. Elle mène sa politique, en fonction de ses intérêts. Nous ne pouvons reprocher à des anticommunistes ou des non-communistes de ne pas agir en communistes.

    Nous sommes les premiers acteurs de notre faiblesse. Nous sommes aussi ceux de notre reconstruction.

    La situation sociale n’est pas sur une voie d’amélioration, au contraire. La crise s’approfondit, bien qu’elle paraisse-en surface- cicatrisée. Nous bénéficions d’un sursis que nous devons mettre à profit impérativement pour forcir, gagner en unité, en efficacité, en influence.

    Pour que naisse un camp du peuple, pour que naisse un phare capable de guider les masses, leur colère légitime, leur désir de lutte, vers une issue positive, constructive, révolutionnaire.

    Nous ne devons pas nous relâcher en poursuivre le travail. Contre le jeu de la bourgeoisie, développons l’autonomie ! Construisons les bases de l’opposition extra-parlementaire. Unissons-nous et avançons sur la voie de la construction du Parti. Renforçons les unités communistes !