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  • Solidarité avec le PML (RC)

    Solidarité avec le PML (RC)

    Solidarité avec le PML (RC) – Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction Communiste)

    Le Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction communiste) est une organisation membre de l’ICOR. Le parti a été à plusieurs reprises dans le viseur de l’Etat espagnol, de ses services secrets et de ses appareils de repression. Il a ainsi été interdit en 2016 durant plus d’un an, sous prétexte de soutenir le PKK et le YPG. Deux de ses locaux ont été ainsi fermés.

    Le 27 janvier, 13 militants et un ressortissant Kurde avaient été arrêtés. La semaine du 15 octobre,ils passent devant le tribunal. Nous invitons à les soutenir, notamment sur les réseaux sociaux, sous le #LibertadPMLRC et sur facebook en popularisant leur page

    Ici, vous pouvez également lire un dossier sur leur situation

    Contre la criminalisation des combattants communistes contre Daesh.

    Durant toute la semaine débutant le15 octobre, l’ensemble des militants du PML (RC) [Parti Marxiste Léniniste (Reconstruction Communiste), parti communiste présent dans l’Etat espagnol] passeront en jugement, et la solidarité internationale de certains de nos camarades peuvent leur valoir jusqu’à 9 ans de prison.

    L’opération Vallée menée contre le PML (RC) est en grande partie responsable de cette situation. Toute nos locaux ont été fermés et notre parti rendu illégal pendant plus d’un an.

    Les fondements de ce mouvement de répression sont basés sur le départ de deux de nos camarades pour le Rojava, ainsi que le fait qu’ils aient participé à un bataillon international, en continuité de la tradition brigadiste internationale, née de la solidarité internationale envers la lutte des travailleurs espagnols durant la guerre révolutionnaire nationale. Cependant, il a été démontré que les enquêtes de police qui ont déclenché ce procès aient commencées bien en amont de ce départ, en 2013. L’attaque de la justice ne vise pas tant, au final, la question de la Bridage Espagnole, mais sert à attaquer la direction du PML (RC), sans laquelle jamais ce départ n’aurait été possible.

    Le 27 janvier [2016] la participation à la solidarité internationale et antifasciste a été retenue comme charge contre les brigadistes. En revanche, des ultra-catholiques présents dans la même zone ont pu entrer et sortir de Syrie dans la moindre conséquence. Ce procès est, d’un autre côté, une attaque contre le mouvement révolutionnaire, car les accusations ne portent pas uniquementnt sur des faits (déjà falsifiés et construits de toutes pièces par la police) mais sur les principes révolutionnaires.

    Ce procès sera un procès politique dont le but est la destruction du jeune Parti Communiste qui fait ses premiers -mais fermes- pas. Aujourd’hui, le parti n’est pas interdit. Il n’est pas directement accusé en tant que tel, mais ses dirigeants sont attaqués pour obtenir sa dissolution. Ils ne le rendront que plus fort.

    Tous les individus qui se battent aux côtés des villageois et villageoises kurdes contre Daesh sont un exemple de solidarité. Ceux et celles qui sont partis sur un autre continent combattre le fascisme ne sont pas des terroristes, mais mènent la lutte pour la liberté. C’est pour cela que leur emprisonnement ne signifie rien d’autre qu’une injustice, tandis que la bourgeoisie corrompue et leur politique transforment le pays en ruines et sont absous. Nous appelons tous ceux et celles qui le peuvent, de loin, à soutenir par internet, par le soutien économique, par la publicité autour de cette affaire, ou, de près, à être présents au meeting qui aura lieu en prévision et à l’issue du procès, le 15 octobre.

    Daesh a pu être chassé par les habitants et habitantes kurdes, main dans la main avec les révolutionnaires du monde entier. Mais le combat contre l’impérialisme qui opprime les nations, contre le capital financier et contre le capitalisme doit continuer !

    Aministie pour les communistes contre Daesh !

    Siempre internationalistas !

     

    Notre adresse à nos camarades.

    Camarades,

    Au nom de l’Unité Communiste de Lyon – membre des Amis de l’ICOR en France- nous vous saluons et nous vous assurons de notre soutien, à vos camarades ainsi qu’à votre organisation. Nous saluons votre engagement internationaliste et antifasciste concret, pour venir en aide à la juste lutte du peuple Kurde contre les fascistes de Daesh tout comme contre la répression organisée par l’Etat turc.

    Il n’y a pas lieu d’être surpris du déferlement de haine, vomi par l’Etat espagnol contre vos camarades et contre votre direction. La bourgeoisie et ses laquais harcèlent et traquent sans relâche les organisations et les militants et militantes qui participent de manière concrète à la construction des outils révolutionnaires et de la solidarité internationale.

    C’est là ce qui les démarque de ceux qui ont accepté le révisionnisme, le réformisme, le compromis avec la bourgeoisie. Ceux-là, la bourgeoisie les accepte comme les siens, comme ses frères et ses sœurs.

    Mais ceux et celles qui brandissent le drapeau rouge de la révolution sont destinés à être ciblés, menacés, réprimés, interdits, car leur existence est une menace pour son ordre d’exploitation, d’aliénation, d’écrasement des masses populaires et des nations opprimées.

    En s’en prenant de la sorte à vos camarades, les bourgeois et la réaction vous tressent une couronne de laurier. Elle honore votre combat. A ses armes, nous opposerons la solidarité, la camaraderie, le soutien mutuel international chaque fois grandissant. En s’attaquant à vous, la bourgeoisie souligne la justesse de vos actions.

    En France également, les internationalistes qui ont participé à aider le Rojava ont été la cible des services secrets. Par chance, la bourgeoisie de notre Etat n’ose pas encore aller au dela des tracas, des vexations, des pressions inamicales. Elle franchira certainement ce cap un jour. Au dessus de la tête de chaque révolutionnaire, le couperet de la loi bourgeoise est une épée de Damoclès.

    Dans tous les Etats, les réactionnaires gagnent du terrain, gagnent des ministères, des gouvernements, des élections. Non parce qu’ils ont idéologiquement raison, mais bien parce qu’ils sont les larbins serviles des fractions les plus chauvines, les plus putréfiées, les plus monopolistes de la bourgeoisie.

    Le durcissement de l’attitude de la bourgeoisie appelle à une solidarité toujours plus forte entre révolutionnaires, entre internationalistes, entre antifascistes.

    En usant de la répression, la bourgeoisie pensent obtenir la victoire, tordre à l’envers la roue de l’histoire. Mais elle se bat dos à un mur qui s’effrite peu à peu, qui s’effondre. Ses attaques, sa propagande, ses bourreaux vont et viennent, mais la lutte du prolétariat et des peuples opprimés, la lutte menée par les organisations révolutionnaire, elle, demeurera et continuera jusqu’à la victoire finale !

    Toujours debout, toujours antifascistes, toujours communistes !

     

  • La croisée des chemins pour la Catalogne.

    La croisée des chemins pour la Catalogne.

    La croisée des chemins pour la Catalogne.

    Aujourd’hui, 21 octobre 2017, le conseil des ministres de l’Etat espagnol s’est réuni. Il a décidé, après une longue réunion, de recourir à l’article 155. Cet article instaure la suppression de l’autonomie Catalane, supprime le pouvoir accordé à la Generalitat. De facto, la Catalogne cesse d’exister en tant qu’entité juridique reconnue par l’Etat espagnol. Par effet domino, elle cesse d’exister aux yeux de l’Union Européenne et, au final, aux yeux du monde.

    Cette situation était prévisible. Le roi Felipe IV et le gouvernement des fils de Franco s’étaient exprimés sur le sujet. Le fond de leurs discours ne laissait que peu de place à l’ambigüité. Les catalans étaient présentés comme des « sujets déloyaux », comme des « égoïstes économiques », comme des traitres qu’il fallait châtier. Partant de cette expression politique, rien d’autre ne pouvait être envisagé, pour le gouvernement de l’Etat espagnol, qu’une capitulation intégrale, un renoncement total.

    L’article 155 permet à l’Etat espagnol de prendre le contrôle de la police, permet de prendre le contrôle de l’exécutif. Dans son discours, Rajoy indiqua que le pouvoir serait assumé « en principe par les ministères (nationaux) aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle« .  Le contenu de l’article est le suivant :

    « 1. Si une Communauté autonome ne remplit pas les obligations que la Constitution ou d’autres lois lui imposent ou si elle agit de façon à porter gravement atteinte à l’intérêt général de l’Espagne, le gouvernement, après avoir préalablement mis en demeure le président de la Communauté autonome et si cette mise en demeure n’aboutit pas, pourra, avec l’approbation de la majorité absolue du Sénat, prendre les mesures nécessaires pour la contraindre à respecter ces obligations ou pour protéger l’intérêt général mentionné.

    2. Pour mener à bien les mesures prévues au paragraphe précédent, le gouvernement pourra donner des instructions à toutes les autorités des Communautés autonomes. »

    Au final, cet article autorise tout. Permet tout. Il est illustratif de la nature de la monarchie espagnole, laquelle possède toujours un fond d’absolutisme, un fond de fascisme, vernis de multiples couches de démocratisme.

    Rajoy s’est empressé de tempérer la déclaration : « On ne suspend pas l’autonomie de la Catalogne «  , « On destitue les personnes qui ont placé ce gouvernement en dehors de la loi, de la Constitution et du statut. » Constitution crée à la suite du franquisme, inspirée et négociée dans l’esprit de son pouvoir, de sa droite ligne. En somme, une référence absolue à un texte qui tire ses origines du fascisme.

    Belle manière de faire une négation du contenu du vote des catalans. « Aucun gouvernement d’aucun pays démocratique ne peut accepter qu’on ignore la loi (…) Il faut ouvrir une nouvelle étape, dans laquelle la loi sera préservée. » Le vote de la Catalogne serait donc antidémocratique, serait un camouflet, une offense à la loi de Madrid. Quant à la nouvelle étape, son contenu ne peut que faire couler une sueur glacée  le long de l’échine de celles et ceux qui sont favorables -même pas à l’autonomie- à l’autodétermination.

    Rajoy essaie de se montrer rassurant, en annonçant que des élections auront lieu en janvier. Mais les modalités sont inconnues. Les partis et organisations de cette nouvelle étape seront-elles cooptées par Madrid ? Les organisations indépendantistes auront-elles droit de cité ? Le flou le plus total règne. Ce type de pratique n’est guère surprenant. « On destitue les personnes qui ont placé ce gouvernement en dehors de la loi, de la Constitution et du statut », des personnes membres d’organisations politiques élues, mandatées, pour entamer la séparation. Seront-elles interdites ?

    Nul doute que la démarche de Madrid met en porte-à-faux les indépendantistes modérés. Le président -ou ex-président de facto- Puigdemont participe à la grande manifestation des partisans de la démocratie et de l’indépendance. Mais sa position est minée.

    Le dialogue qu’il promouvait a échoué face au refus complet de Madrid de discuter. Le 10 octobre, nous écrivions, à la suite du discours du Président, la chose suivante : « Du point de vue de Puigdemont, les options sont restreintes : si l’Etat espagnol choisit la voie de la violence et de l’écrasement, il n’y aura que peu de forces pour le sauver. Son option est donc un départ négocié, pour éviter une guerre civile espagnole bis, dans laquelle les Catalans n’auraient ni force armée, ni soutien extérieur, et dans laquelle -de nouveau- les grandioses démocraties regarderaient avec détachement se faire massacrer les masses et les forces progressistes. »

    Cette position de moyen terme, nous ne la partageons pas, mais elles correspond à une rationalité certaine. Une rationalité qui trahit le caractère de classe de Puigdemont, une position bourgeoise vacillante. Enthousiaste face à l’idée d’être indépendant, effrayée par les conséquences.

    Puigdemont est désormais dans les cordes. Désormais le choix est limité à deux options : proclamer unilatéralement l’indépendance ou renoncer, perdre la face, et ravaler la Catalogne au rang de province.

    Madrid, en choisissant une dureté de fer, souffle dans les voiles de celles et ceux qui ont toujours dénoncé le caractère antidémocratique de la monarchie espagnole, mais plus encore, dans les voiles de celles et ceux qui ont toujours dénoncé le fait que la démocratie bourgeoise soit une dictature de classe.

    Car c’est là une illustration fascinante de la vraie nature de cette démocratie de contrefaçon.

    Sans même être une révolution prolétarienne qui mette à bas la propriété privée et l’exploitation, la lutte des catalans déclenche une levée de bouclier de la part de la bourgeoisie madrilène et de l’Europe. Le simple fait de remettre en cause la mainmise de la monarchie sur l’économie provoque une situation explosive.

    Nous soutenons l’indépendance de la Catalogne dans la mesure où le droit des peuples à s’ériger en nation indépendante est un principe essentiel. D’autant qu’il ne s’agit pas d’une fragmentation provoquée par la pression d’un Etat impérialiste sur l’Etat espagnol, mais bien d’une volonté populaire. La Catalogne s’est exprimée et exige l’indépendance.

    Nous la soutenons aussi dans la mesure où la lutte pour l’indépendance est comme un flash dans une pièce obscure, elle fait ressortir les moindres détails d’une sinistre scène. La lutte pour l’indépendance de la Catalogne balaie les théories réformistes, balaie les mensonges des sociaux-démocrates et pose la question, au sein d’une des grandes puissances économiques du monde, du pouvoir.

    Celles et ceux qui veulent « changer les choses » en passant par une « révolution dans le cadre des institutions » doivent regarder cet exemple qui se déroule sous nos yeux. Le gouvernement, élu sur le mandat de préparer l’indépendance, se heurte au cadre d’une Constitution qui maintient le status quo. Qui maintient la situation stationnaire.

    Elle se heurte, en l’occurrence, à un Etat tutélaire qui n’hésitera probablement pas à recourir à la violence. Non pas du fait d’une méchanceté propre, mais bien du fait des intérêts de classe sous-jacents, qui sous-tendent cette volonté de ne pas céder un pouce de terrain. Ces intérêts de classe se retrouvent dans notre Etat, et s’exprimeraient avec une virulence terrifiante si jamais une menace prenait corps. Quant à négocier la fin du capitalisme, en voilà un doux rêve. Les sociaux-démocrates peuvent rêver de trouver un modus vivendi avec la bourgeoisie, peuvent rêver de trouver une sortie du capitalisme sans unilatéralité. De fait tout rupture a un caractère unilatéral, car il s’agit du choc entre une volonté de domination et une volonté de libération. Entre l’esclave et son maître il ne peut exister de rupture qui ne soit pas unilatérale.

    D’autant qu’il ne suffit pas de gagner un vote, un référendum, pour faire d’un désir une réalité. La proclamation ne suffit pas. La réalisation concrète exige des moyens. Au Kurdistan Irakien, le référendum, qui vient de déboucher sur une victoire de l’indépendance, doit maintenant être défendu par les armes, par les masses, par la population. Pour devenir un Etat indépendant, le Kurdistan doit être en mesure d’exercer la réalité du pouvoir et de sanctuariser son territoire.

    Sans le pouvoir de se défendre, sans le pouvoir d’écraser celui de la bourgeoisie, de détruire sa machine d’oppression, rien n’est possible. Tout peut se proclamer, tout peut se déclarer, mais rien ne peut se faire sans pouvoir.

    Ce pouvoir n’est pas décrétiste, n’est pas une enclume qui tombe sur les masses, mais il en est l’émanation. Le pouvoir que nous défendons est un pouvoir populaire. Il est le pouvoir de la mobilisation de celles-ci, mobilisation guidée par le Parti Communiste.

    C’est la signification de la citation de Mao Zedong « Le peuple, le peuple seul, est la force motrice, le créateur de l’histoire universelle. «  Car c’est entre les mains des masses que peut seul émerger la réalisation concrète de la Révolution.

    En Catalogne, cette citation s’applique également. Seule la mobilisation des catalans et des catalanes, seule leur capacité à s’opposer de manière concrète aux ordres de Madrid peut permettre à une indépendance réelle de s’instituer. Nul doute que cela ne se fera que dans un moment de tension, de brusquerie ou de brutalité.

    La Catalogne, et les masses qui la composent, est à la croisée de chemins. Entre accepter la tutelle ou se battre, il n’existe pas d’entre-deux.

    Nous sommes solidaires d’eux et d’elles, et nous appellerons à toutes les initiatives de solidarité et de soutien. Nos yeux se tournent vers-eux, vers-elles, car leur lutte illustre celle que nous aurons à mener contre la bourgeoisie de France, contre l’exploitation. Elle est un terrible test, une terrible première expérimentation de choc frontal dans les pays impérialistes d’Europe.

    Visca Catalunya ! Solidarité Internationale !

  • Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Catalunya, entre indépendance et incertitudes.

    Un océan d’incertitudes. Voilà ce qui ressort du discours du président Puigdemont.

    Aujourd’hui, 10 octobre 2017, le dirigeant de la Generalitat de la Catalogne s’est exprimé devant le parlement. Prévu à 18h00, il fut retardé d’une heure, à la suite d’un entretient avec Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne.

    Le discours était attendu. Historique. Nul ne savait réellement à quoi s’attendre, après 9 jours d’incertitudes, de flou total.

    Puygdemont s’est donc adressé à la population catalane, à celle de l’Etat espagnol, à l’Europe, au monde.

    Il a rappelé le cheminement qui entraîna la Catalogne sur la voie de l’indépendance. Il a rappelé avec justesse que le centralisme madrilène s’est montré un maître aigre, tyrannique, vampirique, brisant les désirs d’autonomie.

    Le discours est revenu sur le référendum. Les violences policières, les pressions, les amendes, les arrestations ont été citées. Elles ont été condamnées. Elles ont été l’illustration de la position de la monarchie sur le processus d’indépendance. Une position aussi ossifiée et aussi dure que celle du grand-père du régime : Francisco Franco.

    Puigdemont s’est ensuite attaqué à la question de l’indépendance. Le dirigeant catalan a indiqué que la solution retenue n’est pas la sienne, mais qu’elle serait celle qui serait appliquée. Une manière de dire que les décisions du référendum seraient appliquées.

    Malgré les périphrases, malgré les détours, le couperet tombe : la Catalogne sera proclamée République indépendante. Mais sous condition. Sous condition d’un dialogue avec l’Etat espagnol, avec l’Union Européenne. Sous des conditions qui entachent de « mais » lourds et sombres l’indépendance.

    Une manière amère d’indiquer que la promesse reste, mais que l’application est suspendue.

    Pour beaucoup de catalans et d’observateurs étrangers, ce sont des mots qui sonnent comme une défaite. Mais comment en serait-il autrement pour le moment ?

    « Espérons que rien ne sera déclaré demain, parce que la personne ayant fait cette déclaration pourrait finir comme celle ayant fait une déclaration identique, il y a 83 ans » déclarait Pablo Casado, faisant ainsi référence à Lluis Companys, fusillé par les franquistes. Casado n’est pas un petit fasciste à croix gammée, un petit rat noir, il est le très haut placé vice-président chargé de la communication du Parti Populaire. Ce même parti dont est issu le chef du gouvernement actuel, Mariano Rajoy, ce même parti dont nous disions qu’il était fils du franquisme.

    Ce genre de déclaration ne peut que donner une teinte particulière à la manière dont les choses peuvent évoluer.

    Dimanche, entre 300 000 et 950 000 « unionistes » ont défilé contre le référendum. Parmi eux, certes, des gens pétris de bonnes intentions. Mais également un grand nombre de fascistes, de phalangistes, de monarchistes, de franquistes. Une force importante qui pèse toujours d’un lourd poids dans la vie politique du pays.

    L’Europe et ses dirigeants ont vilipendé le résultat du référendum. Nul doute que la « conversation » avec Jean-Claude Juncker n’a pas forcément été une causette au coin du feu entre deux amis. Nul doute que des pressions sont exercées pour que Barcelone renonce, abandonne l’expression démocratique du référendum et la sacrifie sur l’autel des intérêts des diverses bourgeoisies. Macron a soutenu le régime de Madrid, a traité les catalans d’égoïstes. Belle manière de donner un point de vue.

    Les bourgeois, les entreprises, les banques, ont plié bagage dans d’autres régions, terrifiées de la perte de leurs liens avec l’Europe. La classe moyenne catalane, tout en étant pour l’indépendance, n’est pas forcément prête à assumer la réalité de ce qu’elle signifie. La petite bourgeoisie radicale de la Catalogne, elle-même, partage les traits de toutes les petites bourgeoisies : elle s’enthousiasme, s’extasie devant le projet, devant les perspectives, mais prend peur devant le risque de perte de pouvoir d’achat, de perte de rentes, de perte de perspectives. Cruels revirements d’une classe vacillante.

    Comment cette indépendance aurait pu être unilatérale et concrète ?

    Bien que les situations soient politiquement différentes, un problème très direct se pose, celui de la capacité à exercer la réalité du pouvoir et de pouvoir tenir son territoire. La Catalogne n’est pas le Kurdistan, n’est pas le Kosovo, pour citer deux indépendances récentes, sans pour autant que ces deux cas de figure soient eux-même, entre eux, comparables. Il n’y a pas de Peshmergas, pas de soutient des YPG pour défendre le territoire, pour le sanctuariser contre les armées irakiennes et turques. Il n’y a pas de A-10 de l’OTAN, prêt à fondre sur le moindre blindé traversant la frontière entre la Serbie et son ancienne dépendance. Il n’y a pas de force armée au service du gouvernement catalan, capable de pouvoir déterminer et tenir des frontières.

    Il n’y a, en Catalogne, qu’une poignée de mossos, une poignée de policiers catalans. L’armée Espagnole n’est pas la pointe du progressisme, loin de là.

    Du point de vue de Puigdemont, les options sont restreintes : si l’Etat espagnol choisit la voie de la violence et de l’écrasement, il n’y aura que peu de forces pour le sauver. Son option est donc un départ négocié, pour éviter une guerre civile espagnole bis, dans laquelle les Catalans n’auraient ni force armée, ni soutien extérieur, et dans laquelle -de nouveau- les grandioses démocraties regarderaient avec détachement se faire massacrer les masses et les forces progressistes.

    Pourtant, l’histoire à montré que des voies existent pour l’indépendance, pour la liberté, même du faible contre le fort. Ces voies sont celles des armées populaires, des armées révolutionnaires. Mais elles restent bouchées pour les forces catalanes, qui ne sont pas en rupture avec l’exploitation capitaliste. Ce sont ces forces, avec la solidarité internationale, qui peuvent garantir une indépendance à la Catalogne tout comme garantir la paix et la prospérité à ses habitants.

    C’est là la faille du processus d’indépendance. Difficile de savoir quelle voie choisira le gouvernement de la Catalogne, entre la soumission et la réalisation du vœu exprimé dans le référendum.

    Nous accordons, malgré ces failles, malgré le fait que seule la voie révolutionnaire est à même de triompher des obstacles, un soutien aux catalans et à l’indépendance.  Ce soutien est au nom du droit des peuples à disposer d’eux mêmes et aux droit à s’ériger en nation.

    Nous soutenons la lutte du peuple catalan. Celui-ci a droit à l’indépendance dans la mesure où elle est souhaitée par la majorité du peuple. Les menaces de Rajoy, les pressions de l’UE et des pays européens, les atermoiements et les capitulations de la bourgeoisie catalane ne pourront pas stopper le processus engagé. Cette indépendance est une onde de choc qui traverse et secoue de nombreux Etats, dont l’Etat français, qui sera lui aussi confronté à cette question. En 2018, la Nouvelle-Calédonie, la Kanaky, votera elle-aussi sur la question de son autodétermination.

    Nous lui souhaitons de réussir ce vote. Tant pour son avenir en tant que nation indépendante que par l’affaiblissement que cela provoque au sein de la métropole impérialiste.

    Nous n’avons aucune honte à souhaiter la défaite de celle-ci.

    Nous n’avons nullement à rougir, malgré les faiblesses, malgré les insuffisance, en soutenant l’indépendance de la Catalogne. 

    A bas la monarchie putréfiée d’Espagne! A bas la répression et les menaces ! Vive la Catalogne indépendante et libre ! Visca Catalunya !

  • Le séisme catalan.

    Le séisme catalan.

    Le séisme catalan.

    Hier, le 1er octobre 2017, la Catalogne a voté par référendum. Hier, les urnes ont parlé en faveur de l’indépendance. Hier, une faille s’est ouverte dans l’oppression nationale que subissent les peuples de l’Etat espagnol, depuis la mise en œuvre de la dictature franquiste.

    Hier, le gouvernement du Parti Populaire, les héritiers de Franco, a montré une fois de plus son visage de bourreau et de criminel, blessant près d’un millier de personnes par ses forces armées. Il faut dire que ce parti, tout comme le PSOE de « gauche », sont des pourfendeurs des volontés indépendantistes. Quand ce ne sont pas les Catalans qui sont matraqués, ce sont les Basques qui subissent mandats d’arrêts, torture, et meurtres extrajudiciaires.

    Aujourd’hui, ces chauvins sentent le sol se dérober sous leurs pieds.

    Quelques chiffres : 42.3% de participation. Un taux loin d’être ridicule, qui s’approche presque de la participation aux législatives dans l’Etat français. 2.26 millions de personnes ont voté, dont 2.02 millions pour le oui à l’indépendance.

    Les partis opposés à l’indépendance ont appelle au boycott du référendum. Au delà de la manœuvre visant à tenter de diminuer sa valeur, il s’agit d’un aveu de faiblesse. Une lame de fond indépendantiste traverse la Catalogne, une lame de fond que nul ne peut nier.

    D’une manière prévisible, les porte-paroles officiels des autres états ont exprimé leur solidarité avec le gouvernement de l’Etat espagnol, tout en essayant de maintenir une parodie de démocratisme et de rejet de la violence policière.

    Emmanuel Macron s’est exprimé, quant à lui, en déclarant qu’il n’avait pas à juger de l’attitude du premier ministre de l’Etat espagnol. Une belle manière de dire qu’il ne s’oppose pas a ce que le sang coule. Une belle manière de s’inscrire dans une tradition très française du « botter en touche » pendant que la répression frappe. Manière aussi d’éviter que les yeux se tournent vers un Etat français où l’état d’urgence rentre peu à peu dans le droit commun et où la police nasse et écrase les manifestations.

    Nul doute que dans 10 ans, dans 20 ans, les mêmes clameront leur soutien à sans faille à la liberté et leur loyauté vis-à-vis des aspirations populaires. Les partis bourgeois, la bourgeoisie en général, ne se gêne nullement pour mentir et falsifier la réalité. L’essentiel est, pour elle, maintenir son pouvoir et de se prétendre du côté du peuple.

    Cette attitude ne peut qu’évoquer 2011, où Michèle Alliot-Marie, alors ministre des affaires étrangères, proposa à Ben Ali, en Tunisie, l’aide des CRS français pour écraser le printemps arabe. A ce moment là, cette attitude de solidarité entre les ennemis des masses était générale. Aujourd’hui, tous et toutes font mine d’avoir soutenu, en secret, les volontés de liberté.

    Quoiqu’il en soit, quelque soit, aujourd’hui, l’Etat espagnol est à la croisée de chemins.

    Sa répression a creusé un fossé sanglant entre le pouvoir de Madrid et les masses catalanes. Elle a démasqué sa direction, aux yeux du monde comme étant un ordre arbitraire, anti-démocratique, se retranchant derrière des lois scélérates et antipopulaires. Cette répression, dans un sens clausewitzien, entraîne une montée aux extrêmes. Elle ne fait que renforcer le sentiment d’arbitraire et le désir d’émancipation, tant des masses catalanes que des autres composantes de l’Etat espagnol.

    Les indépendantistes sont politiquement les gagnants. Ils sont les gagnants du référendum, les gagnants en termes d’image, les gagnants en termes de gains moraux. Les seules voies qui reste à Madrid sont celles, d’une part de l’aveu d’échec, de prendre le chemin du démantèlement d’un Etat espagnol juridiquement construit sur le franquisme. L’autre est celle du sang. Celle d’une nouvelle guerre civile, celle de l’écrasement de la Catalogne.

    Car se séisme ne se limite pas à la simple question de la perte de la Catalogne -et de 20% de son PIB- pour l’Etat espagnol. Elle est plus vaste. Elle est plus profonde. Elle met fin au paradigme des frontières de l’Europe occidentale, immuables et intangibles.  Aujourd’hui, la Catalogne est un point d’ancrage. Elle créé un précédent. Un précédent qui peut conduire d’autres nations opprimées à lever leur drapeau et a  réclamer, elles aussi, leur droit à l’autodétermination. Nous songeons à toutes ces colonies que les défenseur de l’impérialisme français nomment « ses joyaux. » Nous songeons à toutes ses possessions issues de l’époque coloniale. Nous songeons aux nations oubliées et muselées au sein de l’hexagone. Nous saluons, par ailleurs, l’initiative de Breizhistance d’avoir organisé un meeting commun, en solidarité.

    Un large consensus entoure, dans les milieux de gauche radicale, la question du vote catalan. Il est clair que lorsque les frontières de l’Etat français seront concernées, les visages souriants vont se décomposer. Les alliés de la veille se trouveront mille excuses pour refuser que la Réunion, la Guyane, la Polynésie et, encore pire, d’autres comme la Bretagne, entre autres, puissent poser la même question que les Catalans.

    Nombre de sophismes sont assénés pour justifier cela, et faire du droit des peuples un mot creux et vide de sens. Peur de faire tomber des zones dans l’escarcelle de l’impérialisme américain, peur de l’impossibilité pour ces régions de se gouverner elles-mêmes, rejet absolu de tout « nationalisme ». Tout ces arguments ne font que marquer la peur du démantèlement des Etats impérialistes, d’une tendance à préférer son propre impérialisme à celui des autres, d’un déni de celui-ci.

    L’Unité Communiste de Lyon ne présente pas le référendum de Catalogne comme une révolution démocratique, encore moins comme une révolution prolétarienne. Tout ce qui bouge n’est pas rouge. Mais cela n’ôte en rien le fait que sortir des entraves du parasitisme de la bourgeoisie madrilène, le vaste mouvement populaire, l’immense espoir que représente ce vote et la mobilisation qu’il suscite sont des aspects positifs.

    La bourgeoisie catalane s’attend à ce que la Catalogne lui revienne de droit. Mais elle pourrait bien déchanter, car les organisations populaires et anticapitalistes de Catalogne se sont, plus que toutes les autres, renforcées dans l’affrontement avec le pouvoir madrilène.

    Les organisations populaires et révolutionnaires de Catalogne sont la véritable porte de sortie de la domination et de l’expression libre de la nation catalane. Aujourd’hui Madrid est l’ennemi, lointain et dans sa forteresse. Demain, ce sera probablement la bourgeoisie barcelonaise. Mais elle ne trouvera pas une masse apathique en face d’elle. Elle trouvera des masses populaires qui ont, dance cette lutte, fait l’expérience de la victoire, l’expérience de la libération et de la mise en place d’un autre pouvoir. Espérons que cette étape mène vers d’autres victoires, plus grandes et prolétariennes !

    Aujourd’hui, nos regards sont vers la Catalogne et vers son combat !

    Visca Catalunya ! Som un sol front ! Catalunya al cor !

  • Le référendum se poursuit en Catalogne. Madrid répond par la force.

    Le référendum se poursuit en Catalogne. Madrid répond par la force.

    Le référendum se poursuit en Catalogne

    Madrid répond par la force.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme son soutien sans faille au référendum d’autodétermination en Catalogne. Elle affirme également sa condamnation totale de la répression, de nature franquiste, qui s’abat sur les manifestants.

    337 blessés, à 16h30, colorent cette journée de sang. Personnes âgées blessées, pompiers matraqués, manifestants éborgnés… L’Etat espagnol renoue avec son héritage génétique franquiste.

    Déja, avant le référendum, le gouvernement madrilène avait montré les dents. Le pouvoir central de l’Etat Espagnol envoie ses militaires, ses policiers, ses juges pour écraser le référendum décidé par la Catalogne, concernant son autodétermination. Ces derniers jours, profitant des dispositions légales héritées de la période franquiste, l’Etat Espagnol a organisé une immense vague de répression et d’arrestations en Catalogne, dans le but de mettre à la concrétisation des volontés indépendantistes catalanes.

    13 septembre 2017, le parquet catalan, aux ordres de Madrid, ordonne à la police d’empêcher le référendum. Ordre est donné de saisir les urnes, les bulletins, les affiches. Egalement, la mesure s’accompagne de la possibilité d’arrêter les maires disposés à organiser ce référendum. Perquisitions et saisies se poursuivent jour après jour.

    Le 20 septembre, 14 hauts responsables catalans sont arrêtés et des millions de bulletins saisis. De nombreuses manifestations spontanées partout dans l’Etat Espagnol se multiplient pour soutenir les droits démocratiques des catalans.

    Le lendemain, le gouvernement madrilène annonce des amendes de 6 000 à 12 000 € / jours pour les 24 organisateurs du référendum. Les amendes seront maintenues jusqu’à ce qu’ils « respectent les résolutions de la cour. »

    Mais le gouvernement catalan a tenu bon et a maintenu le référendum. Malgré les scellés sur les bureaux de vote, malgré les saisies d’urnes, malgré les charges de la police, le référendum se poursuit. La tension entre la Generalitat et Madrid monte d’heure en heure. Nul ne sait, pour le moment, jusqu’où elle culminera. Il n’est pas exclu que le gouvernement de l’Etat espagnol réponde par la force brute, d’autant qu’il redoute un effet domino.

    Derrière les catalans, les basques regardent avec attention le déroulé. Et, de l’autre côté des frontières, dans l’Etat français, dans les Iles Britanniques, d’autres ont les yeux rivées sur ce qui se déroule. Une onde de choc traverse l’Europe et sonne le réveil des questions nationales.

    C’est pour cela que, dans la grande majorité, les politiciens de l’Etat français condamnent ce référendum, en dénient le caractère démocratique, en dénient le droit. « Ce désir d’indépendance est pour moi quelque chose de très dangereux pour l’Espagne et même pour l’Europe » a ainsi clamé la « socialiste » Anne Hidalgo, Franco-espagnole. Le désir des masses est « dangereux pour l’Etat espagnol », il faut donc l’écraser. C’est ce qui transparait au travers de ces termes. Ils lui reprochent le caractère unilatéral du référendum.

    Comment pourrait-il être autre chose qu’un acte unilatéral ? Ni les catalans, ni aucun peuple s’érigeant en nation indépendante n’a gagné par un dialogue et une marche main dans la main entre l’oppresseur national et l’opprimé. Les indépendances se gagnent par la confrontation, tout comme les révolutions.

    Si certains ténors de la gauche « radicale » ont condamné les violences policières sans soutenir le référendum, seul le représentant du NPA, Philippe Poutou a déclaré son soutien à la volonté d’indépendance.

    De notre côté, nous sommes solidaires de la Catalogne dans leur volonté d’expression démocratique et d’autodétermination. Nous sommes solidaires du droit des peuples à s’ériger en nation indépendante. Nous sommes solidaires contre le pouvoir de Madrid, contre ses méthodes de gestapo, contre ses violences, ses arrestations et ses amendes.

    Un point de non-retour, aujourd’hui, a été franchi. La  société catalane, dans sa plus grande partie, entame un divorce avec Madrid. A l’image du club de football, le Barça, dont le communiqué officiel appelle à condamner les violences policières et à soutenir l’expression démocratique faite au travers du référendum.

    Nous sommes solidaires de Catalans, des Basques, des Asturiens, des Andalous, des nations qui luttent, au sein de l’Etat Espagnol, mais aussi au sein de l’Etat Turc, de l’Etat Français, de ces prisons des peuples.

    Nous voulons clamer cette solidarité, contre l’hydre fasciste. Contre la répression, contre l’écrasement des libertés démocratiques. Aujourd’hui,  plusieurs membres de l’Unité Communiste de Lyon ont symboliquement accroché une banderole au consulat d’Espagne de Lyon.

    Banderole clamant notre soutien à l’indépendance sous ces termes :

    Visca Catalunya ! Som un sol front !