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  • Couvre feu.

    Couvre feu.

    Emmanuel Macron a annoncé, hier, la mise en place d’un couvre feu dans les villes classées comme étant en situation d’alerte maximale. Cette décision était attendue et était déjà connue des services de presse en amont de l’intervention. 19 millions de citoyens et de citoyennes sont ainsi concernés par cette mesure. Elle interdit les déplacements entre 21h et 6h du matin.

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    L’intervention de Macron s’est déroulée dans un exercice de style très régalien. Cette obsession du formel, de la mise en scène, est – en soi – déjà critiquable. Dans une situation d’urgence, attendre que le président-roi s’exprime était-il utile ?

    Le point central de l’intervention a été donc la décision de mettre en œuvre un couvre-feu. La sémantique militaire à permis encore aux journalistes encenser un Macron, chef de guerre, faisant face avec calme et sérieux à la pandémie. Mais qu’en est-il en réalité ?

    Le choix du couvre-feu est un pis-aller. Il est une demi-mesure, qui ne vise qu’a faire tenir l’économie le temps que les choses se passent, en espérant que le taux de perte humaine reste tolérable.

    Un choix difficile… pour ne pas se mettre à dos les capitalistes.

    Pourtant, il ne faut pas croire que le fait de mettre en danger les bars, les discothèques, les restaurants soit pris de gaieté de cœur. Il en est de même pour la vente d’alcool ou d’autres restrictions qui rapportent aux caisses de l’État et contribuent à générer de précieux revenus. C’est donc un choix cornélien qui est opéré. Il découle d’un calcul simple :

    Comment parvenir à ralentir la progression du virus sans toucher aux sacro-saints revenus des grands capitalistes. Si Macron peut se permettre d’avoir les restaurateurs à dos, voire une partie de la petite bourgeoisie commerçante, il est obligé, c’est son rôle, de satisfaire ses maîtres.

    Les mesures d’aides accordées à ces entreprises représentent un coût. Mais ce coût est toujours plus faible que celui de financer l’hôpital au niveau de ses besoins, de désengorger les transports en commun, de permettre aux lieux d’enseignement ne ne pas être des cluster bombs.

    Pour les soignants, rien de nouveau.

    Au titre des soignants et soignantes, Libération indiquait ce matin : « De fait, le manque de soignants n’est pas près de se résorber. Un document présenté fin septembre à la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, que Libération s’est procuré, le confirme. Malgré le recrutement cet été de 1 371 infirmières tout juste sorties d’école, le niveau de l’emploi infirmier n’atteint même pas celui de septembre 2019. Sur les 950 postes ouverts et budgétés, 450 sont toujours officiellement vacants, faute de candidats. La pénurie touche particulièrement les infirmières de bloc opératoires, premières à être sollicitées en cas de crise sanitaire : sur 480 postes ouverts, 50 n’ont pas trouvé preneurs… » La crise sanitaire masque la crise hospitalière.

    Il est donc rationnel, du point de vue du gouvernement, du point de vue des capitalistes, de réduire la vie sociale à un métro-boulot-dodo. Qu’importe si la société, qu’importe si les individus, en souffrent. Si cela satisfait la grande bourgeoisie, tout va bien. Les autres oublieront. Même l’action en justice, intentée par l’association Victimes COVID, risque d’être un pétard mouillé. Les perquisitions qui viennent d’avoir lieu, auprès des membres et ex-membres du gouvernement, pourra t-elle aboutir ? Cela est douteux.

    Une déstabilisation annoncée.

    En revanche les effets économiques et sur la structure sociale échappent aux désirs de l’État. Une petite bourgeoisie en péril, vacillante, est une menace pour la stabilité du régime. Elle pourrait conduire à une crise profonde de régime, d’ici le temps des élections. Historiquement, ces catégories sociales, mettent en avant l’individualisme, le sens des affaires, la peur de solutions collectives. Elles pourraient très bien propulser au pouvoir une extrême-droite qui n’avancerait plus masquée, et qui aurait les coudées franches pour imposer son programme : liquider définitivement les droits sociaux et mettre au pas le pays.

    Lorsque la situation économique se dégrade, que les droits économiques sont attaqués, les droits politiques suivent. Le choix d’axer les élections sur l’islamophobie, la xénophobie, le racisme n’est pas un hasard. Il se double aussi d’une campagne cynique contre les mesures sanitaires, les députés PS & LR ayant, par exemple, fait voter le Sénat sur une réouverture des restaurants, des bars, des discothèques. Si la mesure fera certainement long feu, face à l’oukase présidentielle, elle n’en est pas moins significative : pour exister électoralement, certaines organisations sont prêtes à toutes les compromissions.

    Pour les plus précaires : circulez, rien à voir !

    Si la bourgeoisie bénéficie de la générosité de l’État, la question des minimas sociaux a été soulevée. Elle a, quant à elle, entraîné une réponse directe du président. Celui-ci a considéré que revaloriser les indemnités chômages, revaloriser le RSA, n’encouragerait pas à « retrouver du travail ». En bon banquier, Emmanuel Macron ne prête qu’aux riches.

    Cette conception, qui considère le fait d’être privé d’emploi comme une illustration de la fainéantise, de l’assistanat, est profondément ancrée dans l’esprit des réactionnaires. Pourtant elle est démentie par les études sérieuses sur le sujet. Une hausse des minimas sociaux, vue comme de l’argent lancé par les fenêtres, serait pourtant à la base d’une relance typiquement keynésienne de l’économie. Donner l’argent aux riches, c’est le voir capté, tomber dans des trappes à liquidités, et finalement ne jamais ‘ruisseler’.

    L’occident en difficulté.

    Sans faire de la psychologie sociale de comptoir, d’une manière générale, les pays d’Europe et les USA échouent à enrayer la pandémie pour un certain nombre de raisons. L’une d’entre elle étant les conséquences de la constante, l’omniprésente, campagne de dénigrement contre tout effort collectif, contre tout esprit unitaire dans la population. Toute idée d’effort commun contraignant et impératif (comme dans des sujets aussi vitaux que l’écologie, l’égalité des droits entre hommes et femmes…) est taxé de totalitaire et constamment dénigré par les propagandistes du libéralisme.

    Le capitalisme est pétri d’incohérences et de contradictions. Il porte comme valeur suprême la liberté individuelle, l’égoïsme. Dans le même temps, il n’offre que l’aliénation du travail, l’angoisse de la précarité, qu’il maquille derrière un illusoire confort matériel.

    Les aspirations à la liberté, à l’indépendance individuelle, qui ne sont pas réalisées en dépit des promesses, se reportent alors contre des frustrations du quotidien. En temps de crise, elles se font sentir de plus en plus fortement. Le contrôle étatique sur les rares moment de libertés, de sociabilité choisie, ne peut que rencontrer une résistance, ne peut que générer frustration et colère.

    Détruire ce qui nous détruit.

    Nous pensons, quant à nous, que la liberté est avant tout la conscience de la nécessité. La liberté est donc l’ensemble de ce qui reste une fois que le nécessaire est réalisé. Or, la première nécessité est de juguler cette crise pandémique, dans le sens où elle ne concerne pas que des individus, que leur propre vulnérabilité, mais bien l’ensemble de la société, laquelle doit prendre en compte les plus fragiles, les plus vulnérables, mais aussi les plus précaires. Se protéger, c’est protéger les autres. Protéger les autres, c’est également, à terme, se protéger soi-même.

    La deuxième nécessité est de détruire ce qui nous détruit. Cette crise n’a pas été une perte pour tout le monde. Les capitalistes les plus féroces se sont enrichis dans des proportions incroyables. Ils se sont gavés de bénéfices. Les faillites en série qui s’annoncent leur permettront de concentrer toujours plus de capitaux entre leurs mains.

    Ce sont eux qui portent une part immense dans la situation actuelle. Leur refus de mettre en œuvre les mesures adéquates. Leur tergiversations pour ne pas nuire à leurs profits. Leur absence totale de solidarité dans le financement des services publics, leur recherche constante, prédatrice, du profit… Et leur dispersion, internationalement, criminelle aussi, des efforts de recherche médicale.

    La liberté, réelle, ne pourra émerger que lorsque ces nécessités auront été remplies. Que lorsque l’économie, la recherche, la santé,… en somme la création de richesses, la possibilité de pouvoir vivre sainement et de profiter de la vie, seront entre les mains de ceux qui la créent, qui en donnent les moyens. Et non plus entre les mains de ceux qui la parasitent.

    Cette pandémie est un prélude à une crise plus grande, plus profonde. Nous appelons à nous à la vigilance, à l’organisation, à la structuration de ceux et celles qui veulent lutter pour un pouvoir populaire, démocratique, libéré de la domination des exploiteurs.

  • Prolétaire debout n°14 (UPML)

    Prolétaire debout n°14 (UPML)

    Crise du Corona virus :

    Coupable: le système économique et social capitaliste.

    Macron a mis sa blouse blanche… pour sauver les banques !

    Il faut prendre au sérieux la pandémie du Corona virus qui se répand progressivement partout,  profitant de la circulation des hommes et des marchandises au niveau mondial. Si le plus gros de la crise semble être derrière la Chine, aujourd’hui la République de Corée, l’Iran soumis au blocus des puissances occidentales, l’Europe et les USA sont en première ligne. Demain, ce seront les pays d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et d’Amérique Latine qui seront concernés. A un problème mondial, la bonne réponse devrait être mondiale. 

    « Union nationale »?

    Les mesures sanitaires à l’échelle nationale, la fermeture des frontières etc. sont certainement à respecter pour faire obstacle à la propagation du virus et pour protéger les populations conformément aux connaissances scientifiques actuelles, sans sous-estimation ni panique. 

    Macron, son gouvernement et les représentants de l’État nous appellent à « l’union de la nation ». Ils se donnent l’air de bons pères de famille qui protégeraient la population et agiraient dans « l’intérêt général ». En réalité ils continuent à préparer les masses populaires à une période de sacrifice – les soignants et autres salariés, les familles, les personnes âgées. Tout en parlant de solidarité, ils n’ont fait que remettre à plus tard leurs réformes réactionnaires : baisse des retraites, diminution des allocations chômage… et ils répriment les protestations.

    Macron a fait l’éloge de nos « héros en blouse blanche ». Quel culot ?! La politique de fermeture et d’austérité dans les hôpitaux devient en plus mortelle avec le Corona virus. En France le personnel hospitalier en grève depuis un an dénonce l’épuisement et les conditions de travail et  réclame des lits – 17 500 lits ont été supprimés en 10 ans -, ainsi que des embauches et des hausses de salaires. Quelle a été la réponse du gouvernement ? Depuis janvier, il a ignoré le danger et omis par exemple de commander des masques et du gel désinfectant pour l’ensemble du personnel médical. Il compte sur son dévouement. Alors que les hôpitaux sont de plus en plus saturés, les soignants vont être amenés à « trier » (comme en Italie) parmi les malades celles et ceux qui auront la « chance » d’être soignés parce que plus « robustes ».

    Le profit avant tout !

    Les mesures sanitaires en France, et ailleurs en Europe et aux États Unis, prises trop tard, sont surtout dominées par le souci de maintenir l’économie capitaliste et de faire tourner la machine à profit. Macron l’a confirmé dans son allocution qu’il « fera absolument tout pour nos entreprises ».  

    Crise financière et économique : les marchés financiers se sont écroulés, le CAC 40 connaît une chute historique de 37 % depuis janvier 2020, signe à l’échelle nationale d’une désorganisation des économies européenne et mondiale, faisant renaître le spectre d’une situation similaire à celle de 2008.  C’est la panique, les « bulles spéculatives explosent » ! Fermer la Bourse ? La crise sanitaire a semblé déclencher cette nouvelle crise économique ; mais, en fait de multiples signes annonçaient cette dernière que la crise sanitaire ne peut qu’aggraver. Il est évident que la pandémie s’est déroulée sur fond d’internationalisation de la production. 

    Le risque principal aujourd’hui, dans la machinerie capitaliste, semble être du côté bancaire : si un nombre significatif d’entreprises (ou de ménages) se trouvaient incapables d’honorer leurs engagements, ce qui est un danger très sérieux avec le ralentissement économique accéléré par la crise du Corona virus. Ces derniers jours, c’est la principale préoccupation des marchés financiers. 

    Certains mettent en question la « mondialisation » et s’interrogent sur la « dépendance » vis-à-vis de la Chine. Mais ce sont les monopoles industriels de toutes les grandes puissances impérialistes qui se sont précipités en Chine pour produire au moindre coût. Les relocalisations seront limitées et dépendront largement de la soif de profit et des pressions politiques. 

    Pourquoi les productions non indispensables pour la société sont maintenues alors que des millions de salariés se fréquentent encore dans les entreprises ? C’est les mettre en danger avec un risque de relance de l’épidémie. En Italie et en Espagne, les mouvements de grève éclatent contre le manque de respect pour leur santé et leur vie. La CGT à PSA a fait campagne pour arrêter la production et elle a obtenu gain de cause. 

    Écoles, universités, restaurants, cafés, beaucoup de lieux publics sont fermés. Mais que fait-on pour les salariés qui côtoient beaucoup de monde ou une clientèle à risque: les caissières, les prolétaires des transports ou de la surveillance, les salariés du nettoyage qui risquent d’être au contact du virus ? Quand il s’agit de sous-traitants, les entreprises donneuses d’ordre s’en « lavent carrément les mains »…

    Droit au retrait pour tout salarié si le virus s’avère présent ! 

    Protections spécifiques et renforcées ainsi qu’un suivi rapproché dans les secteurs à risques !

    Le financement à 70% du salaire brut et à 84% des salaires nets, souvent déjà insuffisants, du chômage partiel se fera à partir de nos impôts et donc sur le dos des contribuables. Quand les aides pour les salariés, comme pour les petits entrepreneurs à la hauteur de milliards d’euros, arriveront-elles ? Il faut un chômage technique indemnisé à 100 % qu’il s’agisse des fermetures d’entreprises ou de la garde des enfants pour les travailleurs en fixe, les précaires et les autoentrepreneurs …

    Pas d’«unité nationale avec le capital ». Il est à l’origine de la crise sanitaire et économique. Il en reportera la charge sur les classes populaires. De son point de vue il faut réduire massivement les salaires, les pensions, les minimas sociaux et renforcer l’exploitation et aussi pour cela l’oppression.

    Nous n’accepterons pas de payer la crise du grand capital.

    Inévitablement la bourgeoisie profitera de la situation pour faire oublier son agenda réactionnaire et ses réformes scélérates, comme la retraite Macron par ordonnance (49.3)? 

    Quand on nous incite à rester chez nous, faisons toujours attention à défendre nos droits et libertés démocratiques. Macron déclare la « guerre à l’épidémie ». Il évoque une situation d’urgence qui peut être utilisée pour accentuer le contrôle de la population. En Chine, le régime qui n’a plus rien à voir avec le communisme, a exclu des réseaux sociaux des milliers d’internautes pour « propagation de fausses nouvelles ». Toute la population est aujourd’hui suivie à la trace par des applications sur mobile qui partagent avec la police, les sociétés de transport et même les centres commerciaux, l’état de votre risque sanitaire et le détail de vos derniers déplacements. On a connu lors des dernières grèves et luttes une violence policière et juridique inouïe. En France la reconnaissance faciale se met en place ainsi que la communication à la gendarmerie de données sur l’appartenance politique et syndicale. 

    Alors nous disons : pas d ‘abus de la pandémie pour réduire nos libertés!  

    Non à la militarisation et à la fascisation de la société ! 
    La bourgeoisie n’étouffera pas nos colères et nos luttes ! 

    Organisons-nous pour défendre nos droits, défendre notre avenir ! Pas question de prolonger la survie du mode de production capitaliste !

    Tout cela montre un chaos mondial croissant, produit du système capitaliste instable, et  l’amplifie: climat et environnement, guerres et tensions géopolitiques, montée des forces fascistes et fascisation des appareils d’État, crash boursier et endettements publics. Et ce chaos capitaliste du « chacun pour soi »  se poursuit entre pays face à une menace sanitaire pour l’ensemble de la planète. On l’observe dans les mesures contradictoires, les accusations mutuelles, l’absence d’aide et la concurrence dans la recherche médicale pour des médicaments, vaccins etc. 

    Toutefois les masses populaires se lèvent et ne veulent pas vivre dans la barbarie : luttes et grèves, soulèvements populaires se multiplient dans de plus en plus de pays. 

    La gravité de la situation exige:

    • Un système de santé gratuit répondant réellement aux besoins de l’ensemble de la population. 
    • La recherche fondamentale sur l’origine des ‘pandémies modernes’ et le développement des mesures protectrices — en excluant toute « concurrence » entre laboratoires en leur imposant de collaborer.
    •  L’agroalimentaire capitaliste est un berceau de nouvelles pandémies. Pour une agriculture qui respecte les lois de la nature, contre la recherche du profit maximal.
    • Pas de mesures de crise de pandémie du Corona sur le dos des travailleurs ! Arrêt immédiat de la production non nécessaire pour la société. Protection de tous les salariés ! 100% de chômage technique. Mesures de crise à tous les niveaux et hausse des salaires – aux frais des capitalistes au lieu de mettre à contribution l’argent public. Pas d’exonérations d’impôts pour le grand capital !
    • Défense de nos droits et libertés démocratiques et syndicaux. Pour le droit à l’information, à la communication. 
    • Solidarité populaire et de classe – fixes et précaires -, entraide internationaliste et anti raciste – Accueil des migrants. Prise en charge commune des contraintes de la crise. 
    • Renforçons le front mondial contre l’exploitation et contre la réaction en participant au Front Uni Anti Impérialiste et Antifasciste de l’ICOR (voir www.icor.info)

    Le système capitaliste est dépassé. 

     Si la bourgeoisie, cette minorité négligeable de la population, décide de tout et continue à imposer son économie de profit, son système d’exploitation du travail d’autrui et d’oppression, rien ne changera vraiment. Il faut la conquête du pouvoir politique et économique par le prolétariat (ouvriers, employés) et ses alliés. On a besoin d’une société fondée sur une économie planifiée, organisée et au service de l’écrasante majorité des couches populaires où celles-ci décident jour après jour en respectant aussi les besoins de la nature, notre base de vie!

    Pour une société où production, coopération, appropriation et répartition se font de façon collective – le véritable socialisme – aux niveaux national et international. 

    Rejoignez l’UPML! Rejoignez l’ICOR!

    L’origine du Corona virus interroge, tout comme l’origine des épidémies de plus en plus fréquentes, touchant l’homme ou les animaux d’élevage abattus, causant la faillite d’éleveurs. Une explication assez logique dénonce l’exploitation capitaliste de la nature et de l’homme. Nous vivons le retour des grandes épidémies (SIDA, H1N1, SRAS, Zika, Ebola…) Les virus existent dans tous les êtres vivants. Mais : 1° la destruction systématique des habitats naturels et le contact rapproché entre hommes et êtres vivants porteurs de germes peuvent devenir dangereux pour nous. 2° L’agro-business, l’élevage en masse d’animaux. 3° la circulation des marchandises et des hommes dictée par la recherche du profit, des bas salaires, à travers le monde.4° le réchauffement climatique. 5° l’entassement de populations dans des mégapoles. 6° l’absence de services de santé accessibles à tous créent des conditions idéales pour qu’un virus se change en facteur de maladie et crée une épidémie, voire une pandémie. 

    Pour une agriculture et une économie qui respecte l’homme et ses bases naturelles de vie! 
  • Pandémie & capitalisme : vigilance !

    Pandémie & capitalisme : vigilance !

    Coronavirus et besoin d’une réponse unifiée de la part des progressistes et des communistes.

    Ce communiqué est à la fois un communiqué UCL au sens strict, à la fois un communiqué destiné à signature au sein de l’ICOR. Il sera probablement republié sous une forme modifiée pour intégrer les signatures. Nous pensons qu’il est important que puisse se développer des habitudes de travail conjointe et unitaire, en particulier dans le cadre de pandémies comme celle ci. Les communistes ont un rôle à jouer de tout premier plan, ne serait-ce que de vigilance pour que les droits démocratiques et politiques ne soient pas impactés par cette crise.

    Depuis le début de l’année 2020, la pandémie de coronavirus-19 se répand progressivement dans le monde. Profitant des flux de la mondialisation, la maladie a fait irruption sur chaque continent. Aujourd’hui, si le plus gros de la crise semble être derrière la Chine et la République de Corée, l’Iran, l’Europe et les USA sont en première ligne. Demain ce seront les pays d’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Amérique Latine qui seront concernés. Il s’agit d’un problème mondial, à laquelle la réponse ne peut être que mondiale.

    Par ailleurs les bourses mondiales se sont effondrées devant la menace d’une désorganisation de l’économie mondiale, laissant renaître le spectre d’une situation similaire à celle de 2008.

    Cette maladie présente un danger sérieux selon les estimations des chercheurs et des chercheuses. Une juste appréciation est cependant difficile à réaliser, entre sous-estimation et panique complète. Toujours est-il qu’elle crée un climat de méfiance générale dans les masses populaires et qu’elle facilite le travail des agents de la division, des agents réactionnaires.

    Nous dénonçons les théories conspirationnistes qui émergent systématiquement à chaque situation de tension. L’attitude des partis et groupes fascistes est également à souligner. Leurs thèses ne servent qu’à maintenir les exploités et exploitées dans l’impuissance devant les rouages du capitalisme et de l’impérialisme. Elles affaiblissent les solidarités, vitales en ces temps d’incertitude. Elles rejettent la faute sur les diasporas, en premier lieu la diaspora chinoise, entraînant un climat menaçant, de pogrom.

    Nous dénonçons également l’attitude des États, qui, profitant de la situation, poussent un agenda réactionnaire, des réformes scélérate, et préparent les masses populaires à une période de sacrifice au nom d’un hypocrite « intérêt général » : celui de la bourgeoisie.

    Plusieurs conclusions peuvent être tirées de la situation actuelle :

    • Le besoin vital d’un système de santé qui puisse être géré par les travailleurs et par les travailleuses, avec des cotisations correspondant réellement aux besoins de la population.
    • La nécessité d’infrastructures performantes, capables de pouvoir faire face à une pandémie d’importance mondiale.
    • Un changement dans le rapport à la nature : l’agroalimentaire capitaliste est un berceau de nouvelles pandémies.

    Ces deux points sont en contradiction complète avec l’esprit même du capitalisme, lequel recherche le profit maximal. Il ne peut donc tolérer de fait que des cotisations sociales lui échappent, tout comme le marché de la santé. Or, ni la recherche fondamentale, ni le maintien d’une capacité de réponse aux pandémies ne sont compatibles avec la rentabilité, et surtout la rentabilité maximale.

    L’autre aspect est celui de l’impact sur le système capitaliste mondial :

    • Le marché s’est stabilisé uniquement après des annonces de baisses des taux directeurs. Ce sont donc les États qui ont stoppé la chute verticale. Le marché ne s’est pas régulé de lui-même, contrairement aux chimères libérales.
    • Les promesses de ces mêmes États signifient, en dernière instance, qu’ils vont mettre à contribution l’argent public. Cet argent est celui des travailleurs et des travailleuses, puisque la bourgeoisie s’arranger pour tricher systématiquement dans le paiement de ses impôts.
    • La spéculation sur les produits de première nécessité (alimentation, médicaments, masques, gel hydro-alcoolique) n’a pu être limitée que par une intervention de l’État.

    Cela illustre la contradiction entre le dogme libéral, capitaliste, et la réalité concrète : le capitalisme ne permet absolument pas de répondre aux besoins de l’humanité. Il n’est qu’une machinerie cynique, conçue pour extorquer les richesses à ceux et celles qui les produisent. En cas de crise majeure, la bourgeoisie est tout à fait capable de faire appel au « communisme de guerre » pour assurer sa propre survie. Elle fait cependant payer l’addition aux exploités et aux exploitées.

    Nous opposons à cela une économie articulée et organisée pour répondre aux besoins, rationnelle, efficace, sans ce parasitisme constant qui l’entrave.

    La crise sanitaire peut déboucher sur des résultats imprévisibles. Les parts les plus réactionnaires des bourgeoisies en sortiront renforcées, sans vigilance et capacité de réponse populaire. Il s’agit d’une tâche fondamentale des organisations progressistes, antifascistes, syndicales et communistes : faire en sorte que cette situation ne soit pas le tremplin de la réaction. Défendons les hôpitaux, défendons les systèmes de santé par répartition, défendons le droit à la santé !

    Soyons vigilants et vigilantes envers les théories racistes et conspirationnistes. Soyons vigilants et vigilantes envers les coups de forces capitalistes et fascistes. Soyons vigilants et vigilantes envers le paiement de cette crise économique.

    Renforçons le front mondial contre la réaction et contre l’exploitation.

    Renforçons le travail entre les organisations politiques, syndicales, antifascistes…

    Renforçons les fronts au sein de nos États, de nos régions, de nos villes.