Étiquette : Enseignement supérieur

  • Appel national à mobilisation étudiante

    Appel national à mobilisation étudiante

    Nous retransmettons à titre informatif cet appel. Dans les grandes lignes, nous nous y rallions. Nous apportons un bémol cependant à l’absence de référence à la question des organisations syndicales et politiques. En effet, les organisations de lutte, sous toutes leurs formes, ont joué et jouent un rôle fondamental dans la défense des travailleurs et des travailleuses, des étudiants et étudiantes, ainsi que des précaires et privé.e.s d’emploi.

    L’emploi du terme avant-garde est parfois une déformation, qui tend à confondre les dérives opportunistes ou autoritaristes qui peuvent exister avec le besoin d’un noyau dur combatif. Non seulement ses dérives ne sont pas exclusives aux organisations, les groupes informels les pratiquent parfois même plus encore, mais cette formulation tend à nier la nécessité d’avancer politique et de progresser idéologiquement pour être en mesure de battre le capitalisme.

    L’UCL appelle à ce que les étudiants et étudiantes participent à cette lutte, mais rejoignent également les organisations, les syndicats et les collectifs combatifs qui organisent celle-ci et qui lui donneront des chances de victoire.

    A ce propos, nous considérons que l’attitude de la présidence de Lyon II est significative. La présence policière et la présence de groupes de sécurité sont une illustration de l’impasse dans laquelle celle-ci s’est piégée. Nous ne pensons pas que l’équipe présidentielle de l’université Lyon II soit une bande de bandits narquois qui ricanent devant les charges policières. Nous pensons qu’elle a opté pour une politique classique du « moindre mal » depuis sa nomination. Cette politique du « moindre mal » est typique de la faillite du réformisme : elle conduit à exécuter à reculons les directives du ministère et de l’Etat. Partant du principe qu’il faut mieux que ce soit eux qui le fasse plus qu’un autre plus dur, cette direction universitaire choisit de ne pas se placer en rupture avec les donneurs d’ordres. Mais, à reculons ou non, cette exécution est faite néanmoins. Répression de « gauche » ou de « droite », lorsque les ordres sont ceux des capitalistes, la différence n’est guère palpable. Si la direction de l’université Lyon II veut vraiment agir comme la force « de gauche » qu’elle dit être : qu’elle démissionne. Rien n’est possible sinon, hormis finir par envoyer la police sur ses propres étudiants et étudiantes.

    L’UCL

    Nous étudiantes et étudiants de Lyon, appelons à une mobilisation générale pour nos droits, contre la précarité, et afin de faire honneur aux convictions de notre camarade et ami qui a tenté de se suicider.

    À celles et ceux qui n’en peuvent plus. À celles et ceux qui peuvent encore mais en ont assez. À celles et ceux qui hésitent. Et à celles et ceux qui veulent bien nous entendre et nous comprendre.

    Il y a une semaine, un camarade et ami s’est immolé devant les bureaux du CROUS. Souffrant de son extrême précarité il a décidé d’attaquer le CROUS qui lui a enlevé ses bourses. Cependant, il est la démonstration même de l’extrême précarité dans laquelle vivent certain.e.s étudiant.e.s. Sa lettre en est le catalyseur : il accuse l’Etat de ne pas réussir à subvenir aux besoins premiers des étudiant.e.s, il accuse le fascisme de créer des illusions mais surtout il appelle à ce que la lutte continue et que nous nous battions. Alors oui, définitivement, son geste est éminemment politique.

    Parent.e.s, enseignant.e.s, étudiant.e.s doivent entendre et comprendre notre détresse, notre souffrance, et donc comprendre que nous sommes déterminé.e.s, puisque condamnés à « survivre » pour reprendre les mots de notre camarade. Le dialogue n’existe plus, quoique nous tentons encore de nous exprimer. Il est donc temps de prendre position et de tenir pour sortir de l’invisibilité dans laquelle nous, toutes et tous, étudiant.e.s, enseignant.e.s, et membres de cette société avons été plongés.

    La situation devient insupportable alors, pour que notre camarade ne subisse pas cette violente indifférence, et pour honorer ses convictions, nos convictions, agissons. Faisons monter ensemble la pression. Car la précarité nous touche toutes et tous. Car nous sommes toutes et tous légitimes à agir, nous qui souffrons.

    Dès la semaine prochaine, des actions de soutien auront lieu à Lyon. Aussi, nous appelons chacun et chacune à se mobiliser pour nos droits, pour l’amélioration de nos conditions de vie, et pour celles et ceux qui viennent après nous, aussi. Nous demandons le retrait de la loi ORE, de la loi d’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.ère.s, des logements salubres et accessibles (avec un plafonnement des loyers) pour tou.te.s, ainsi que le salaire à vie.

    Réquisitionnez des espaces publics pour rendre visible et audible notre contestation. Occupez les salles et amphithéâtres pour créer des espaces continus de discussions, et d’échanges. Bloquez vos universités car c’est notre unique droit de grève.

    Nous rappelons que la lutte à la fac, ainsi que l’accès aux études supérieures, sont des privilèges que certaines personnes précaires ne possèdent pas. En effet, en tant qu’étudiant.es nous ne prétendons pas être les avant gardistes de la lutte mais nous nous situons seulement dans une continuité de mouvements sociaux et d’émeutes. Nous appelons donc à rejoindre toutes les actions de solidarité organisées dans vos villes respectives. Depuis 50 ans de multiples corps de métiers et autres personnes s’organisent et se mobilisent : luttes anti-racistes, contre l’exploitation des ouvrier.ères, contre l’homophobie et la transphobie, contre l’islamophobie ambiante, contre la présence policière dans les banlieues. Il est temps que les étudiant.e.s les rejoignent. Ne restons pas fermé.e.s, ouvrons nous à tout type de lutte et de solidarité.

    Étudiant.e.s de toute la France vous disposez de vos propres forces de pression, incarnez vos propres initiatives. L’avant-garde n’existe pas.

    Vive le socialisme. Vive l’autogestion. Vive la sécu.

    Les étudiant.e.s de Lyon 2, Lyon 3, Sciences Po, Ens de Lyon

  • Etudiant·e·s mobilisons nous pour nos droits ! – Tract unitaire

    Etudiant·e·s mobilisons nous pour nos droits ! – Tract unitaire

    Etudiant·e·s mobilisons nous pour nos droits !

    Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont mené attaques sur attaques contre les droits sociaux. L’université, en tant qu’un des points centraux de l’éducation, n’a pas été épargnée. Privatisation rampante, sélection sociale, réduction des bourses sur critères sociaux… Cette offensive se poursuit aujourd’hui et s’intensifie. La forme que prennent ces attaques font que personne ne sera épargné, y compris ceux et celles qui ont déjà terminé leurs études ! La lutte contre les attaques sur l’université et les diplômes concerne l’intégralité de la société.

    Battons-nous pour défendre ces droits !

    220 000 exclus par Parcoursup : pas un accident, un succès pour le gouvernement.

    Parcoursup représente un point névralgique actuel de la politique du gouvernement contre le supérieur. Ce n’est pas un outil d’orientation, mais de sélection. Les « voeux » des élèves sont en réalité des « mises à disposition» auprès de recruteur·trice·s, lesquel·le·s font leur marché et jettent le reste.

    Tout est fait pour que les étudiant·e·s en devenir abandonnent. 180 000 étudiant·e·s qui ont quitté par résignation la plateforme soit en abandonnant les études supérieures soit en se dirigeant vers l’enseignement privé hors de prix. 220 000 jeunes, au minimum se retrouvent hors de l’enseignement supérieur public.

    Le plan de filtrage social du gouvernement a fonctionné avec succès. Ce filtrage s’est abattu avant tout sur les jeunes de milieux populaires. Par exemple, le rectorat de Paris a imposé de limiter considérablement le nombre de bachelier·e·s venant de banlieue, afin de privilégier les étudiant·e·s de l’élite sociale. Les critères géographiques sont déterminants, tant pour les sélectionneur·euse·s que pour les rectorats. Avec le nouveau bac et la liquidation de celui-ci en tant que diplôme national, tout cela sera amplifié encore.

    Parcoursup a également totalement désorganisé la rentrée pour les universités. L’arrivée massive d’étudiants sans affectation a provoqué une multiplication des amphis et TD surchargés. De plus, avec le nombre d’étudiant·e·s qui se trouvaient encore en attente de réponse au 5 septembre, beaucoup d’établissements ont dû faire leur rentrée sans connaître exactement leurs effectifs de première année causant des problèmes au niveau des emplois du temps, de la distribution des salles … etc.

    Les dispositifs d’aides qui devaient être mis en place pour les étudiant·e·s accepté·e·s sous conditions (les fameux « Oui, si ») sont inexistants, ou seulement mis en place dans certaines filières pour un nombre très réduit d’étudiant·e·s, faute de moyens… Quant aux étudiant·e·s qui ont eu leur affectation définitive fin septembre, ceux/celles-ci ont perdu 2 à 3 semaines de cours.

    Plan Licence : une nouvelle attaque.

    Pour répondre à ces problèmes, le gouvernement promet un Plan Licence. Mais celui-ci empire les choses. Dans une logique de réduction des coûts de l’enseignement supérieur, il n’y aura plus de minimum d’heures en présentiel pour valider une licence : les enseignant·e·s seront peu à peu remplacé·e·s par des cours en ligne. Plus isolé·e·s les étudiant·e·s en difficulté seront largement désavantagé·e·s.

    La mise en place de licences personnalisées dites «  à la carte », censées aider, aggrave le problème : le contenu et l’organisation des licences seront maintenant décidés par les établissements sous forme d’un «  contrat pédagogique » avec les étudiant·e·s qui pourront passer leur diplôme en 2, 3 ou 4 ans. Or, ces licences à la carte n’ont pas de valeur dans les conventions collectives, donc ne représentent rien sur le marché du travail.

    Un diplôme passé en 4 ans, à cause du salariat étudiant, de la précarité, etc. sera moins reconnu qu’un diplôme passé en deux ans, amplifiant le tri social à l’entrée du master et aggravant nos conditions à l’entrée du marché du travail ! La compensation des notes au sein d’un semestre, la compensation des notes entre les deux semestres, ainsi que les rattrapages étaient garantis à l’échelle nationale. Mais avec l’arrêté licence ça ne sera plus qu’au bon vouloir des établissements. Or, les rattrapages ont un coût, et il n’est pas difficile d’imaginer qu’avec déjà un budget totalement insuffisant, les établissements iront faire des économies où ils peuvent, et dans ce cas en économisant encore sur nos conditions d’études et nos chances de réussite !

    L’université-entreprise est pour demain.

    L’argent est le nerf de la guerre. Quoi de mieux pour les banques que de remplacer les bourses du CROUS par des prêts étudiants ? Les students loans, ces dettes de milliers d’euros, seront désormais le lot quotidien des étudiant·e·s populaires, tout cela pour créer artificiellement du PIB et de la croissance.

    Avec la mise en place de la rationalisation des services publics depuis 2007, les financements des universités se sont taris. Le privé est là pour prendre le relais, soi-disant. Seulement, les investisseurs ne raisonnent qu’en terme de retour sur investissement et en terme de rentabilité. Les facultés doivent faire de l’argent, être rentables, ou fermer les portes. Psychologie, sociologie, anthropologie, art du spectacle passent à la trappe.

    Les universités se font la guerre pour attirer les capitaux, pour survivre, tandis que les frais d’inscription explosent. Hier, c’était les Diplômes d’université et les cours par correspondance, aujourd’hui les étudiant·e·s étranger·e·s… Demain tout le monde.

    Les études deviennent des formations faites selon les intérêts des entreprises, mais payées par les étudiant·e·s. Elles sont conçues pour des besoins spécifiques et ne sont constituées que de compétences, non de qualifications. Elles n’ont de valeur qu’aux yeux des investisseurs, mais n’ont aucune reconnaissance juridique sur le marché du travail. Elles ne donnent ni droit à un statut, ni à un salaire.

    Ces réformes vont détruire la valeur de nos diplômes et visent à faire de nous de la main d’œuvre servile.

    De plus, cette attaque est une offensive contre le monde du travail, en créant une génération de précaires qui peuvent être sous-payés, argument permettant de tirer tous les salaires vers le bas et de frapper l’ensemble des travailleurs et des travailleuses !

    Aujourd’hui, les étudiant·e·s étranger·e·s sont visés par une hausse de 1600% des frais d’inscription. Demain cette situation sera générale. Contre la hausse des frais d’inscription, contre la liquidation des diplômes, nous formons une même ligne de défense !

    Pour une université accessible à toutes et tous, gratuite et critique.

    Informons nos camarades étudiant·e·s, organisons nous, et Gagnons !

    Nous informer, nous organiser, lutter… Et gagner ! La lutte a déjà commencé dans de nombreuses universités. Des réunions d’information, des assemblées générales se constituent pour mobiliser toutes celles et ceux qui veulent défendre l’éducation, l’enseignement supérieur, mais également leur avenir professionnel. A plusieurs reprises ces tentatives de transformer l’université en boutique ont été repoussées.

    Mobilisé·e·s, organisé·e·s, nous pouvons rejeter une nouvelle fois ces projets ! Pour une université gratuite, critique et populaire !

    Réunion publique le 6 Décembre sur l’arrêté licence
    et pour soutenir les étudiant.e.s étranger.e.s !

    12h00 – hall du bâtiment H de LYON 2 Bron

    Mobilisons nous !

    Organisations signataires:

    NPA, Ensemble  !, Parti de Gauche (69 Rhône), Unité Communiste de Lyon, Solidaires étudiant-e-s, Génération.s, La France Insoumise, Collectif des Doctorant-e-s et Non Titulaires…

  • Une nouvelle année de lutte dans les universités !

    Une nouvelle année de lutte dans les universités !

    Une nouvelle année de lutte !

    L’an passé a été sous le signe de la lutte contre les réformes du secondaires et du supérieur.

    La machine infernale Parcoursup, loin de connaître des ratés, a fonctionné au delà des rêves de ses créateurs ! Elle a fourni un contingent d’élèves à recruter pour les écoles et les université. Le reste, l’immense reste, n’a pas été jugé nécessaire. Il est donc rejeté.

    La nouvelle organisation du bac est un coup mortel donné aux lycées et à la valeur des diplômes qu’ils délivrent.

    Dans les universités, la fin des compensations annuelles, la mise en place de modalités d’examen, la réduction des effectifs placent les étudiants et les étudiantes, principalement les plus vulnérables et les plus précaires, dans des situations intenables.

    La privatisation progressive de l’université en menace son fondement même, tandis que les investisseurs privés vont pouvoir régner en maîtres, au travers de présidents d’universités dotés des pleins pouvoirs.

    D’où viennent les privatisations ?

    Les accords de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) demandent aux signataires d’ouvrir à la concurrence le marché de l’éducation. Cette ouverture intéresse beaucoup d’investisseurs de d’entreprises, qui sont intéressés par plusieurs choses :

    Mettre sous tutelle la recherche -TOTAL ou Areva finançant ainsi la recherche sur leur nouveaux moyens de détection des gisements, mais également les études sur l’impact écologique de celles-ci, par exemple.

    Faire des étudiants une main d’oeuvre correspondant à leurs besoins en terme de recrutement, qui, de plus, paie elle-même sa formation. Les investisseurs ne sont pas stupides, ils réfléchissent en termes de retours sur investissements. Une filière non rentable est liquidée

    Mais ce n’est pas tout !

    Les annonces du Cap 2022 vont aggraver encore les choses.

    Les lycées et les universités seront en autonomie budgétaire, avec comme objectif le maximum d’économies. Les proviseurs et présidents d’universités seront même récompensés s’ils sont avares. De la copie d’examen au voyage scolaire, tout sera rationalisé à outrance.

    Les frais d’inscriptions sont laissé au choix de la président. Aujourd’hui, 90€ en moyenne est payé comme « contribution à la vie étudiante », demain ce chiffre pourra être multiplié par dix, par cent. Bienvenue dans l’université à 9000€ l’année.

    Les services de la vie étudiante et lycéenne seront externalisés : cela signifie poliment « privatisés ». Ce sont des marchés captifs, dans lesquels Sodexo ou Elior se tailleront des monopoles. Serrez-vous la ceinture !

    Les bourses du CROUS, déjà faibles, doivent être remplacées par des prêts bancaires. Cela créé du PIB et permet aux généreux prêteurs de s’assurer des rentes sur le dos des étudiants et étudiantes. La fac à l’américaine arrive, avec une entrée dans la vie active à -100 000 €.

    Le Benchmarking des universités : tout comme les hôpitaux, les universités seront notés. Des agences de notation évalueront la valeur de leurs services. Une licence, un master n’aura juridiquement plus la même valeur selon les universités.

    Le danger est général:

    Les diplômes décernés par ces futures université seront des diplômes qui ne seront plus qualifiants mais basés sur des compétences. Cela signifie qu’ils ne donneront pas le droit à un statut garanti par la loi ou par les conventions collectives. Un étudiant sortant de Master 2 demain pourra être embauché avec le salaire d’un personnel non-qualifié. Non seulement cela tire les salaires vers le bas pour cette future génération, mais également pour ceux qui sont sortis avant, mis en concurrence avec une main d’oeuvre servile -la loi Travail le permet. Il s’agit d’une attaque voilée contre les salaires qui frappera tout le monde sans exception.

    Se battre !

    Seule la lutte paie ! : les réformes d’aujourd’hui ne sont pas nouvelles. Elles sont dans les cartons depuis plusieurs dizaines d’années (2005 pour l’autonomie des lycées par exemple). Si elles n’ont pas été appliquées plus tôt, c’est uniquement grâce à la mobilisation, la lutte, les grèves des enseignants et enseignantes, des personnels et des étudiants et étudiantes ! Aujourd’hui, le gouvernement kamikaze de Macron veut attaquer de nouveau. Il faut se défendre !

    Partout en France, des assemblées générales on lieu. Elles rassemblent de plus en plus d’étudiants, d’étudiantes, mais aussi de membres de la communauté pédagogique et de membres du personnel. Ces assemblées générales sont le ferment de la lutte !

    Les enseignants du secondaire, que cela soit le général et le professionnel, se mobilisent pour défendre l’avenir des lycéens et des lycéennes, qui sont en première ligne dans ces réformes.

    Que faire ?

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les étudiants et les étudiantes à rejoindre et soutenir les syndicats de lutte présents dans l’université. Non seulement ils luttent contre les réformes qui menacent vos droits, mais ils ne se limitent pas à des actions d’éclat. Leur travail tout au long de l’année est essentiel pour aider à recenser les problèmes, à les régler et à faire respecter les droits.

    Les Assemblées Générales sont des instances d’informations, de mobilisation, mais surtout sont des instances démocratiques de la lutte. Elles les lieux de débat tant sur le contenu des réformes que les lieux de décision de la forme et des modalités de la lutte. L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre celles organisées par les syndicats de lutte.

    Ici, à Lyon, la lutte doit prendre corps !

    L’université ou le lycée d’hier ne sont pas parfaits. Ces établissements sont des machines qui reproduisent les inégalités sociales. Etudiant ou étudiante salariée, issus de milieux populaires, en difficulté… Les chances sont loin d’être les même pour tous ! Mais il ne faut pas céder d’un pied, car chaque réforme aggrave cette situation.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que la lutte syndicale est nécessaire et vitale en tant que lutte défensive. Mais elle considère aussi que seul l’organisation politique peut permettre de porter le combat plus loin.

    Seul l’organisation politique peut forger l’outil nécessaire, un outil révolutionnaire, pour mettre fin de manière plein et entière à l’inégalité dans l’éducation comme dans toute la société. Que seul cette lutte révolutionnaire peut mettre fin à une société basée, sur l’exploitation capitaliste, l’aliénation du travail, sur l’oppression.

    Pour une éducation Gratuite, Critique et Populaire !

  • Cap Catastrophe 2022 – Le Supérieur en berne. Partie 6

    Cap Catastrophe 2022 – Le Supérieur en berne. Partie 6

    Cap Catastrophe 2022 – Le Supérieur en berne.

    Partie 6

    L’an 2000 a vu apparaître un mini baby-boom. Malgré le fait que 18 ans se soient écoulés depuis celui-ci, les différents gouvernements ont toujours agi en prenant un air stupéfait face à l’arrivée de cette génération dans le système scolaire. Mais cet air stupéfait et cet argument de l’impréparation sert surtout à faire passer des réformes prévues, elles, de longue date.

    Petit retour en arrière : Jusqu’en 2009, l’accès à l’université est garanti par la loi, et chaque potentiel étudiant dispose d’une place dans n’importe quelle filière de son choix. L’incertitude dans le nombre d’inscrit fait que les universités doivent pouvoir faire face à tout afflux subit d’élèves, et donc disposer des moyens ad hoc pour les accueillir. Dans les faits, les conditions d’étude ne sont pas toujours d’une qualité incroyable, mais sur le principe, tout bachelier peut s’inscrire.

    A partir de 2009, Admission Post-Bac est mis en place, ce système permet d’aiguiller en amont les élèves vers des filières, permettant aux universités de se préparer à leur arrivée. Cela pourrait passer pour un raisonnement sain, mais, dans les faits, il sert surtout à réduire les dépenses, à limiter les moyens, et donc à fermer l’accès à certaines filières, devenant de facto sélectives. Comme, dans le même temps, la Loi sur la Responsabilité des Université se met en place. Celle-ci accroît l’indépendance de l’université par rapport à l’État et augmente de manière particulièrement importante les pouvoirs du Président d’Université. Celui-ci peut, et doit, intégrer des partenaires privés dans le financement de l’université pour faire face à l’hémorragie budgétaire. Or, l’entrée de partenaires privés dans le budget de l’université se traduit également par la présence de « personnalités extérieures » au sein de son conseil d’administration. D’autant que les capitalistes investissent dans le but d’obtenir des retours sur investissement. Ces retours sont sous la forme d’une modulation des maquettes des licences ou des master, dans le but que ceux-ci correspondent aux intérêts de l’investisseur. Dès lors, l’université module son offre en fonction des désirs de ses bienfaiteurs. Il n’est plus question d’offre générale ouverte à tous, mais de répondre à des commandes. Formellement, les places à l’université sont toujours garanties, mais plus dans la filière du choix de l’étudiant.

    A APB succède, cette année, Parcoursup. Parcoursup prolonge l’idée de APB jusqu’à son paroxysme. Dans Post-Bac, les candidats émettent des vœux hiérarchisés, dans le nouveau système, ils se mettent à disposition des recruteurs du privés. L’élève n’a même plus son mot à dire. Cette étape nouvelle de la sélection pour le supérieur a dépassé toutes les attentes de ses concepteurs, avec plus de 60 000 élèves surnuméraires par rapport aux désirs des recruteurs, donc jugés inutiles. 60 000 élèves qui, par ailleurs, sont issus d’origines géo-sociales bien précises, puisque les recruteurs peuvent intégrer des codes « maison » dans l’algorithme, refusant par exemple que les élèves de certains lycées jugés « peu sûrs » soient acceptés. Mais cela n’est qu’un début dans la privatisation rampante de l’éducation supérieure. Bien d’autres fronts existent.

    Dans le texte programmatique prévu par les liquidateurs, la marée humaine prévue est exploitée au maximum pour justifier une amplification du mouvement de transformation de l’E.S.

    « L’arrivée massive d’étudiants dès la rentrée 2018 constitue un risque important sur la qualité de leur accueil dans l’enseignement supérieur, d’autant plus que les moyens prévus paraissent très en deçà des besoins estimés. »

    Or, la voie la plus logique, celle d’augmenter la capacité d’accueil et de recruter le personnel permettant d’améliorer la déficiente pédagogie universitaire, est bloquée par la volonté de réduire au maximum les dépenses. Pourtant, les auteurs reconnaissent que les étudiants français sont moins onéreux que la moyenne de l’OCDE. La logique, donc, serait donc d’accroître les moyens accordés à ceux-ci pour faire face à leurs études. Mais les rédacteurs et rédactrices ne sont pas là pour résoudre les problèmes des étudiants et des étudiantes, mais pour rogner les budgets. Il est donc nécessaire d’optimiser le supérieur.

    « Elle [La dépense par étudiant et étudiante] pourrait être optimisée par une réduction de l’échec, liée à une meilleure orientation et par une modernisation des méthodes pédagogiques. »

    Optimiser est une obsession constante chez les grands bourgeois. Mais la signification de l’optimisation, dans leur esprit, est celle d’une intégration grandissante entre l’enseignement public et le marché de l’emploi, voir une inféodation intégrale du premier au second.

    Les étudiants et étudiantes doivent, pour être plus utiles, être ventilés géographiquement pour correspondre aux besoins des bassins d’emplois locaux.

    « élargir les possibilités de mobilité géographique des bacheliers lors de l’affectation des étudiants. Cela pourrait permettre une allocation plus pertinente des moyens. Les tensions ne sont pas homogènes sur l’ensemble du territoire et développer la mobilité pourrait donc être une voie pour mieux utiliser les places disponibles. Des études visant à mesurer le niveau d’incitation nécessaire ainsi que les freins à la mobilité devraient être engagées rapidement, notamment pour ce qui concerne la vie étudiante et les œuvres universitaires. »

    Quelque part, cela paraît bien innocent, si ce n’est l’impasse du rapport sur les questions sociales propres aux étudiants et étudiantes, notamment les bourses et le logement. Depuis le rapport Goulard, rédigé en 2007, il apparaît que la volonté générale est de faire appel davantage aux prêts bancaires et au parc immobilier privé en place et lieu des bourses sur critères sociaux et des résidences étudiantes. En revanche, la question centrale des frais d’inscription n’est pas oubliée :

    « lancer une réflexion sur les autres ressources propres susceptibles d’être utilisées, y compris les droits d’inscription à l’université »

    Le départ du domicile familial étant de plus en plus tardif et complexe et les moyens de pouvoir le réaliser étant de plus en plus ténus, il ne fait pas de doute que la réponse préconisée sera sous la forme de l’endettement étudiant, endettement qui, notamment aux USA, prend la forme d’une bombe à retardement.

    Cette mobilité imposée fait écho au projet de réorganiser géographiquement les universités. Là encore, une évolution s’est produite au cours du temps.

    Dans les années 1980, les lois sur la décentralisation impulsent la fondation d’universités de proximité, permettant un accès au supérieur sans avoir à aller vers les métropoles. Ce mouvement de « démocratisation » relative était certes limité, mais néanmoins positif.

    Avec l’arrivée de la RGPP, précédemment évoquée, le mouvement s’inverse. Il s’agit de reconcentrer les universités dans des pôles nommés PRES (Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur), fusionnant les universités, rationalisant leur activité, dans le but de réaliser des économies d’échelle et limiter les doublons (par exemple des filières de droit à Lyon II et Lyon III). Du fait du très fort corporatisme des enseignants du supérieur, l’affaire n’a pas particulièrement réussi, et, bien souvent, les fusions ont conduit au fait qu’une université phagocyte le budget de l’autre.

    Aujourd’hui, ce que préconise le rapport est un hybride entre les deux. Il s’agit de conserver des universités locales à « haute valeur ajoutée », tandis que les « grosses universités » prennent de plus en plus la forme d’un « lycée ++ », avec des enseignements généralistes notamment du fait de l’intégration dans le projet « Bac -3 ; Bac + 3 » permettant de créer un réservoir de main-d’œuvre. Les moyens et les « cerveaux » sont ainsi concentrés dans de petites unités, tandis que le niveau général des universités est nivelé par le bas du fait de la baisse des budgets.

    Car la recherche n’est pas épargnée par les plans des rédacteurs et des rédactrices. Il faut la motiver, la stimuler. Quoi de mieux pour cela que de la benchmarker ?

    « Enfin, le système actuel de subventions de la recherche et de l’enseignement supérieur n’est pas suffisamment incitatif. En effet, les subventions publiques constituent aujourd’hui trois quarts des ressources des universités et des organismes de recherche. Or, l’attribution de ces subventions n’est pas conditionnée à la performance, à l’atteinte d’objectifs ou de résultats. »

    Manque la question de la définition des critères, qui, du fait de la toute puissance du président d’université et de la majorité dont disposent les « personnalités extérieures » au Conseil d’Administration, ne manqueront pas d’être des critères correspondant aux intérêts des investisseurs.

    En somme, l’idée est d’avoir des sites d’excellence s’occupant de la recherche fondamentale, non directement rentable, donc portée par les finances publiques, tandis que les autres pôles s’occupent de recherche appliquée, selon les modalités définies par les représentants du patronat local. Cela se voit notamment dans les propositions de réforme de la gestion du budget, qui permet au CA de financer ce qui est rentable et de liquider les filières qui ne le sont pas.

    «  rendre l’organisation du ministère cohérente avec son rôle de pilote de la politique publique. Renforcer l’autonomie des établissements suppose que les ressources soient placées au sein des établissements et non dans les directions d’administration centrale. Le ministère devrait donc conserver uniquement des fonctions stratégiques et de pilotage de sites, et une expertise transversale sur la formation et la recherche, la mise en œuvre étant faite par des opérateurs »

    Par ailleurs, la gestion du personnel et des enseignants-chercheurs se libéralise.

    « assouplir la gestion des ressources humaines des chercheurs et des enseignants-chercheurs. Il est indispensable d’offrir une flexibilité accrue aux chercheurs et enseignants-chercheurs pour qu’ils puissent bénéficier de carrières dynamiques et envisager des mobilités y compris vers le secteur privé, en valorisant leur implication dans l’enseignement, dans la recherche, dans la diffusion des connaissances et la valorisation des recherches. Cet assouplissement serait aussi bienvenu pour permettre une gestion plus agile des établissements et des organismes de recherche qui pourraient ainsi gagner les marges de manœuvre nécessaires pour appliquer le projet qui convient à leur situation et à leur stratégie »

    Le « flexibilité accrue aux chercheurs et enseignants-chercheurs pour qu’ils puissent bénéficier de carrières dynamiques et envisager des mobilités y compris vers le secteur privé, en valorisant leur implication dans l’enseignement, dans la recherche, dans la diffusion des connaissances et la valorisation des recherches. » traduit parfaitement les rêves des rédacteurs et des rédactrices : une fusion entre le privé et l’enseignement supérieur, y compris dans une gestion souple de leur « masse salariale ».

    Un des paradoxes de cette partie est qu’il traduit pleinement la vision court-termiste de la bourgeoisie. La grande bourgeoisie a besoin d’une avance scientifique importante pour pouvoir maintenir son niveau ou l’accroître en face des bourgeoisies concurrentes. Mais dans le même temps, et particulièrement en France, sa volonté de maximiser son taux de profit se traduit par un rejet des dépenses et par une attitude de rentier. Or, cette situation ne favorise pas l’initiative et le développement technologique, mais, au contraire, le freine. Pris dans ce paradoxe, la grande-bourgeoisie ou se fait menacer, ou doit trouver des manières de faire assumer les coûts aux autres classes sociales en puisant dans leurs fonds propres : impôts (auquel elle échappe), endettement… In fine, la politique de raclage jusqu’à l’os et de rationalisation à outrance joue même contre la bourgeoisie. Mais pris dans le maelström de son autoconcurrence, elle s’enferre elle-même.