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  • Abstention aux élections européennes !

    Nous sommes signataire de cette déclaration commune proposée par le Parti communiste de Grèce (marxiste-léniniste) (KKEµλ), que nous saluons chaleureusement pour cette initiative.

    L’UE est l’édifice des impérialistes.
    C’est un instrument d’exploitation, d’occupation et d’oppression des travailleurs et des peuples.
    C’est un bastion du racisme et de la guerre.
    Sortir du Parlement européen, s’opposer à l’UE, c’est la voie des travailleurs et des peuples !
    Abstention aux élections européennes !

    Les élections pour le Parlement européen en mai‐juin auront lieu dans une période d’attaques multiples contre les droits des peuples d’Europe et dans une période de guerre et de conflits sanglants sur le continent européen.

    Au cours des années précédentes, les puissances impérialistes dominantes de l’Union européenne ont consolidé l’exploitation et le pillage des peuples et des travailleurs des pays européens. Des politiques d’austérité extrêmes ont été mises en œuvre, les pauvres et les classes moyennes ont été écrasés par des réductions de salaire et l’attaque de leurs droits du travail, et les paysans ont vu les attaques de la politique de la PAC qui les visent. Les jeunes ont continué à être au centre de l’attaque, les politiques européennes s’attaquant aux études et aux droits du travail ; en outre, non seulement les politiques de Bologne n’ont pas apporté de jours meilleurs aux jeunes qui étudient, mais elles ont aggravé les conditions d’étude et ont même contraint de nombreux étudiants à abandonner leurs études. Les jeunes travailleurs, les jeunes de la classe ouvrière pauvre, ceux qui vivent en marge de la pauvreté, les migrants et les « citoyens de seconde zone », comme on les appelle, ont été durement touchés. D’une part, ils ont été les premiers à accepter les mesures de réduction et d’austérité ; d’autre part, ils ont vu leurs droits démocratiques bafoués.

    Durant tous les développements de ces dernières années, l’UE apparaît une fois de plus comme une force qui soutient et participe à des guerres injustes, une force responsable du massacre des peuples. La guerre injuste en Ukraine, outre la marque des impérialistes russes et américains, porte également la marque de l’intervention de l’UE et de son soutien aux groupes fascistes et d’extrême droite. Le peuple ukrainien a le droit de résister contre toute invasion et de combattre pour l’indépendance et son droit à la souveraineté. Mais cela ne peut pas être réalisé par le gouvernement réactionnaire de Zelensky et la classe dirigeante ukrainienne, ni, encore moins, par les impérialistes US-OTAN et européens.
    Au même moment, le nettoyage ethnique en cours du peuple palestinien bénéficie du soutien des forces de l’Union européenne. La répression et l’interdiction des mobilisations de solidarité avec le peuple palestinien est la principale orientation des pays de l’UE. La décision du Parlement européen ‐ à une écrasante majorité ‐ de reconnaître « le droit d’Israël à l’autodéfense » alors qu’il y a un massacre prolongé à Gaza d’un peuple vivant depuis des années sous l’occupation de l’État fasciste d’Israël est un exemple évident de la nature « démocratique et humanitaire » de l’édifice de l’UE. Il est clair que la solidarité avec le peuple palestinien et la lutte pour la liberté en Palestine implique de s’abstenir de participer à l’édifice européen belliciste et de s’abstenir de participer aux élections européennes.

    Les politiques de racisme extrême, la montée des partis d’extrême droite dans les pays de l’Union européenne et au Parlement européen s’appuient sur les politiques réactionnaires, racistes et anticommunistes des principales forces du système. Face à elles, nous devons exiger l’égalité des droits politiques et sociaux pour tous les migrants, par le combat commun des peuples, des réfugiés et des migrants. De nouvelles forces sont apparues et d’anciennes se sont renforcées, qui représentent les extrêmes du capitalisme, de l’exploitation et de la discrimination sociale, ethnique, religieuse, culturelle et de genre. Toute cette offensive idéologique et politique qui s’est déroulée parallèlement à l’attaque des droits et des conquêtes des décennies passées était nécessaire pour les bourgeoisies impérialistes de l’UE. Elle était nécessaire pour mettre les travailleurs et les opprimés sous les feux de la rampe et leur faire porter le chapeau de la crise actuelle. Non seulement ces politiques d’extrême droite et fascistes ne s’opposent pas à l’UE, mais elles en sont la « chair et le sang ». C’est la perception politique du système capitaliste impérialiste qui se manifeste lorsqu’il est en crise ou en danger.

    En même temps, la crise pandémique et l’épidémie du Covid, bien qu’elles aient initialement créé un problème pour le processus de production et le système capitaliste dans son ensemble, se sont transformées en une opportunité pour une nouvelle attaque par le biais de lois anti‐ouvrières et anti‐populaires.

    Le mythe de l’« Europe des peuples », du visage social‐humain de l’Union européenne montre aujourd’hui son vrai visage. Le visage de la guerre, de l’exploitation et de la barbarie. Le visage de l’impérialisme‐capitalisme qui ne s’intéresse qu’à la reproduction de ses profits et à sa suprématie politique sur ses adversaires. Il est évident pour qui veut le voir qu’une poignée de pays impérialistes dirigent l’UE. Ils encouragent l’exploitation de la bourgeoisie contre tous les autres peuples et classes ouvrières et, dans le même temps, ils extraient les richesses des pays encore dépendants. Telle est la réalité de l’Union européenne. Une union dominée par les contradictions et les antagonismes, une union vouée à l’échec.

    Cet édifice pourri et exploiteur a également besoin d’un semblant de démocratie pour être vendu aux citoyens. Il a besoin que le Parlement européen s’emploie à désorienter les peuples et à les convaincre qu’il est possible de le changer et de le réparer. Mais la vérité est que le Parlement européen est une marionnette sans fonctions significatives et décisives, un spectacle mis en place pour tromper les peuples d’Europe et les détourner de leur lutte. C’est une « serre » où se développent les lobbies du système, dans laquelle les soi‐disant députés européens n’obéissent qu’aux « sacs d’argent » dont disposent les capitalistes pour promouvoir leurs intérêts à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE.

    Nous soutenons les luttes des peuples et des travailleurs. Ce sont ces luttes que les gouvernements des pays de l’UE dénigrent et vilipendent. Nous soutenons les grèves qui ont éclaté en France pour le droit des gens à une retraite avec laquelle ils puissent vivre, les grèves des travailleurs des transports en Allemagne et en Espagne. Nous soutenons les luttes des paysans comme récemment en France et en Grèce. La poursuite et le chemin vers la justice pour les luttes des travailleurs et des peuples ne passent pas par l’acceptation des illusions misérables sur le Parlement européen et l’UE. Les mobilisations des travailleurs sont l’espoir d’un avenir meilleur pour les travailleurs et les peuples d’Europe.

    La voie des peuples est en dehors du Parlement européen et contre l’UE, une voie de solidarité et de camaraderie. Pour une vie avec des droits et des acquis contre l’impérialisme et l’exploitation. Une vie qui ne peut être gagnée que par un FRONT COMMUN des peuples contre cette alliance barbare et réactionnaire des impérialistes et des capitalistes.

    Nous tous qui signons ce document, organisations de gauche et communistes, refusons de légitimer l’opération d’embellissement d’une construction impérialiste historiquement réactionnaire. Nous refusons de participer à un processus de farce et attrape‐nigauds comme celui des élections européennes. Nous appelons à une abstention massive lors des élections européennes et nous luttons activement pour que les mouvements des peuples travailleurs soient au premier plan des luttes. Nous appelons les peuples d’Europe à ne pas voter aux élections européennes, car elles sont une farce, et à devenir des sujets actifs dans la lutte contre les politiques de l’Union européenne. Nous appelons les démocrates et les progressistes à mettre un terme aux politiques bellicistes soutenues par l’Union européenne qui ont amené la guerre dans notre voisinage. Nous nous battons pour que nos pays sortent de l’édifice européen. Nous soutenons le droit des peuples à se battre et à lutter pour leurs droits, pour une société sans exploitation et sans guerre. Nous appelons à une abstention massive aux élections européennes et à une participation massive et active aux luttes des peuples.

    • NON A L’UNION EUROPÉENNE DES CAPITALISTES ET DES IMPÉRIALISTES !
    • ABSTENTION AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES !
    • À BAS LES POLITIQUES ANTI‐OUVRIÈRES D’AUSTÉRITÉ ET DE BARBARIE SOCIALE !
    • FRONT INTERNATIONALISTE‐ANTI‐IMPÉRIALISTE DE CLASSE DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES EUROPÉENS CONTRE LA GUERRE, LE RACISME ET LE FASCISME !

    Parti communiste de Grèce (marxiste-léniniste) (KKEµλ, Grèce)
    Kommunistischer Aufbau (KA, Allemagne)
    Organisation communiste marxiste-léniniste – Voie prolétarienne (OCML-VP, France)
    Trotz Alledem (TA, Allemagne)
    Unité communiste (UC, France)
    Revolusjonære Kommunister (RK, Norvège)

  • Fin de partie – I – Le nouveau gouvernement de l bourgeoisie.

    Fin de partie – I – Le nouveau gouvernement de l bourgeoisie.

    Fin de partie.

    L’Unité Communiste de Lyon livre, au travers de cette série d’article, visant à constituer une brochure, un bilan de la trajectoire qui amena a ce dilemme imposé : Macron contre Le Pen.

    L’élection présidentielle a amené au pouvoir Emmanuel Macron, l’agent parfait de la bourgeoisie. Son élection est conforme aux désirs actuels de ce corps social : une plus grande liberté d’exploiter, un recul des contraintes posées par le code du travail, une intégration plus poussée dans les échanges de la mondialisation et dans l’Union Européenne, tout en poursuivant les guerres impérialistes.

    D’autant qu’Emmanuel Macron a promis : ses réformes du code du travail seront passées par voie d’ordonnance dès cet été. Une thérapie de choc, en somme, laquelle joue sur « l’état de grâce », cette période d’anesthésie qui suit l’élection présidentielle, pour court-circuiter une opposition désordonnée et affaiblie.

    Lors de la constitution de son gouvernement, le nouveau président à dévoilé ses cartes en nommant un premier ministre « Les Républicains », Edouard Philippe. La suite, annoncée le 17 mai, illustre la nature du pouvoir que le leader d’En Marche ! veut constituer :

    D’autres LR, tels que Bruno Le Maire -envoyé à l’économie.

    Plusieurs membres de l’aile droite du Parti Socialiste : Jean-Yves Le Drian -qui conseilla Macron sur les questions de défense ; Gérard Collomb -le maire cumulard de Lyon, nommé à l’intérieur ;

    Des centristes, comme François Bayrou -nommé garde des sceaux ; Sylvie Goulard -députée européenne, rédactrice d’un rapport sur la nécessité de privatiser les CROUS et sur le remplacement des bourses par des prêts bancaires.

    Ses alliés personnels, comme Richard Ferrand ; Agnès Buzin.

    Un écologiste opportuniste, Nicolas Hulot.

    Les promesses d’un ministère « plein et entier » dédié au droit des femmes, celle d’une application de la parité -non seulement en nombre, mais en position – ne sont pas tenues. Aucun ministère stratégique n’est laissé à la direction d’une femme. Depuis 25 ans, cette année, aucune femme n’a occupé le poste de premier ministre.

    La composition du gouvernement est un kaléidoscope dont le centre de gravité n’est pas particulièrement marqué à gauche. Le plan de En Marche ! est certainement de provoquer des implosions au sein des partis limitrophes. Ainsi, Eric Ciotti qualifiait la cooptation des certains membres des Républicains de « gifle » plus que de « main tendue. »

     A noter la présence de membres de la « société civile ». En l’occurrence Muriel Penicaud, dont il est nécessaire de citer le parcours, rapporté ici par RTL : Cette femme de 62 ans n’appartient pas à un quelconque parti politique et devra faire ses preuves au ministère du Travail. Un monde qu’elle connaît particulièrement bien en ayant travaillé dans de nombreuses entreprises privées mais aussi publiques comme Danone, Dassault Systèmes, Orange ainsi que par la SNCF. Avant sa nomination, Muriel Penicaud était la patronne de l’agence publique Business France, chargée de la politique de promotion de la France et des entreprises tricolores auprès des investisseurs étrangers.

    Son poste ? Ministre du travail. Ite missa est.

    Déception pour ceux et celles qui avaient entrevu l’espoir que l’élu se souviendrait des voix qu’ils et elles avaient apportées, dans le but de faire barrage à l’extrême-droite. Jeu de dupes que l’Unité Communiste de Lyon avait dénoncé.

    Macron n’est pas un ignare en termes de tactique. Il n’a pas omis que son élection est le fruit d’un contexte particulier. Seulement, dans sa perception de la situation, le centre de gravité politique se trouve, désormais, entre lui et Marine Le Pen.

    Position confortable que celle-ci, puisqu’elle l’adosse à un « mur républicain », lui permettant de mener une politique droitière tout en se parant des ors de la défense de la démocratie.

    Peu de menaces constituées ont résisté à l’onde de choc de l’élection. La configuration de l’élection législative le démontre amplement.

    Les Républicains, coincés, tiraillés par les forces de marée, ne sont pas en mesure de ravir l’hégémonie de En Marche ! Comment se démarquer d’une force politique qui applique le programme rêvé ? Difficile. Seule l’avidité terrible, la soif de places, de fauteuils, d’argent public justifie l’existence de cette formation.

    A gauche, le Parti Socialiste, bien que déclaré cliniquement mort par de nombreux observateurs, n’est, en réalité, pas fini. Ses relais, ses réseaux, ses associations liées, lui permettent de résister au reflux. Exemple illustratif, l’UNEF s’est empressée de se présenter comme la principale force d’opposition syndicale étudiante.

    Le PCF et la France Insoumise sont en conflit. Après une campagne ayant donné un succès électoral respectable, les deux s’entre-déchirent. Comment pourrait-il en être autrement ?

    L’un est le miroir de l’autre. Le PCF dispose des élus, de l’implantation, des postes, des sièges, des places-fortes. Ce sont ses lignes Maginot, ses garanties de survie. Or, cette garantie ne se maintient que grâce à des accords électoraux avec leur suzerain : le Parti Socialiste. Sans ceux-ci, le PC serait, à terme, balayé.

    D’un point de vue d’influence politique, en revanche, il est inaudible. Inaudible car incapable de se démarquer politiquement, d’être autre chose qu’une force politique de second rang, dépendante uniquement de ses alliances.

    Le PCF pertinemment qu’il a beaucoup à perdre. Même son « opposition interne » en a une conscience aigüe, et ne prendra aucun risque. L’argent public, les contributions des élus, forment la majeure partie des ses ressources financières, et aucune faction du PCF n’est prête à les perdre. Ce n’est donc pas pour demain qu’une ligne classe contre classe apparaîtra, au mépris de la possession des mairies et des circonscriptions.

    Inverse complet, la FI, dirigée par Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard et Alexis Corbière, quant à elle, a tout à gagner. Tout a gagner et des appétits conséquents. En effet, sa pérennité passe par le fait de pouvoir conquérir des positions, de disposer d’élus, de pouvoir poursuivre une dynamique au delà des présidentielles. Problème : cette formation se base sur la même niche électorale que le PCF ou que le PS « frondeur. »

    D’où des conflits entre les deux forces : Le PCF veut s’approprier l’image de la FI et de son dynamisme, la FI, à l’inverse, veut ses bastions.

    Cela s’est traduit dans les faits par l’usage de l’image de Jean-Luc Mélenchon sur des affiches et des flyers, du logo de la France Insoumise, par des candidats n’étant pas soutenus par le chef suprême. De l’autre, le parachutage du leader à Marseille créé des émois. En 2012, il avait cherché une bataille des chefs entre Marine Le Pen et son humble personne, en 2017, nettement refroidi, il se positionne simplement pour une place au chaud.

    L’opportunisme se manifeste de toute part, se maquillant d’idéologie. Toujours est il que la rupture est consommée.

    Dans le fond, la bataille ne peut se jouer qu’à l’extérieur. Que hors des salons, que dans la lutte, dans la confrontation politique, syndicale, sociale avec une bourgeoisie pourrissante.

    Pourtant, là également, l’onde de choc a laissé des séquelles. Les épaves sombrantes ont entraîné dans leur sillage nombre de militants et de militantes « bien intentionnés. »

    Les génies de l’arithmétique politique ont œuvré : adouber Macron comme protection contre Le Pen. Si l’Unité Communiste de Lyon serait bien en peine de reprocher à des individus ce choix, elle condamne l’opportunisme politique de certaines formations, lesquelles se sont couchés devant l’épouvantail lepéniste.

    Quelle consistance politique peut ressortir du fait d’appeler à voter pour En Marche ! au second tour -voire au premier- pour ensuite appeler à descendre dans la rue ? Aucune. En tenant ce discours inaudible, inconséquent, brouillé et brouillon, ces organisations ont déversé un poison paralysant dans les oreilles de ceux et celles qui leur prêtaient attention.

    Pire encore sont ceux qui se sont placés en recul, n’ont tenu aucune ligne, ont pris des positions libérales.

    Effrayés par le clapotis des remous de surface de la politique, ils ont replié leur drapeau, ont détourné le regard, et n’ont pas apporté la moindre contribution à l’avancée politique des masses.

    En voyant la menace fasciste partout, en se croyant à chaque instant au bord du précipice, ces organisations se sont livrées pieds et poings liés à la démocratie bourgeoise.

    La bourgeoisie, à l’heure actuelle, n’a nul besoin du fascisme pour balayer les contestations, pour balayer les oppositions. Malgré 25% d’abstention, la démocratie bourgeoise n’est pas enrayée et reste un système valable aux yeux des bourgeois et des bourgeoises.

    S’intéresser au résultat est un des aspects du travail militant. Etre capable de comprendre la trajectoire qui amène à cette situation en est un autre, qui mérite d’être creusé.

  • Fin de Partie

    Fin de Partie

    Emmanuel Macron est victorieux avec 65.8 % des voix, selon des dernières informations. Une nouvelle fois, ce score est conforme aux attentes, conforme aux prévisions. L’Etat français n’a pas connu de scénario du type de Trump, avec une percée imprévisible, un débordement systématique, un raz-de -marée populiste.

    Il est notable, cependant, que le Front National a réussi à s’implanter d’une manière durable, comme un pivot, dans le paysage politique de la démocratie bourgeoise. Comparativement à 2002, pas d’écrasement, pas de 82% / 18%. La mobilisation électorale s’est même avérée plus faible qu’au premier tour.

    Il est intéressant de voir qu’une coupure se produit au niveau des votes.

    Un Etat français intégré dans les réseaux et les flux de la mondialisation, intégré dans l’Union Européenne, dans des zones qui, globalement, sont des citadelles de l’impérialisme, ses métropoles des centres de commandement. Ces régions urbaines ont massivement soutenu Emmanuel Macron.

    A l’inverse, les zones périurbaines, rurales ou semi-rurales, les régions de petites industries, ont voté majoritairement pour Le Pen. La « France des villages », qui se paupérise, qui voit la mondialisation comme une menace, qui en subit la concurrence de plein fouet, ne s’est pas manifestée par une adhésion aux thèses optimistes du candidat gagnant.

    Mais dans l’ensemble, seul deux départements, l’Aisne et le Pas-de-Calais voient le Front National arriver en tête. Calais est, d’ailleurs, la plus grande ville où le Front National arrive en tête, suivie de Fréjus, sous d’autres latitudes.

    L’abstention et le silence demeurent la première force politique avec 37.3 % de la population. Un quart des inscrits n’ont pas exprimé de suffrage durant cette élection. Ceci est révélateur d’un dégoût généralisé de la politique telle qu’elle est menée, d’un détachement des masses populaires du cirque électoral.

    Cette césure est positive, non négative. Elle est la base de rejet sur laquelle se construit l’opposition extra-parlementaire, le pouvoir populaire, le camp du peuple.

    Les partis réformistes-radicaux peuvent pester-ils furent tous éliminés- ils ne font que payer le prix de leur obstination dans une voie morte, dans une voie de compromis et de compromission, dans une voie de démagogie et non de lutte.

    La tâche des communistes, mais aussi, plus largement, celle de tous ceux et toutes celles qui rejettent la démocratie bourgeoise, est de former un véritable pôle antiparlementaire, de former un véritable bloc populaire. Il est illusoire de croire que l’abstention suffira d’elle même. Le dépit se mue en rejet, mais passer de ce rejet passif en volonté positive d’établir un pouvoir populaire demande un long travail, que seules les organisations révolutionnaires peuvent mener.

    Aujourd’hui, la victoire a échu entre les mains d’Emmanuel Macron et de la frange Libérale libre-échangiste de la bourgeoisie.

    « Vous avez choisi l’audace, et cette audace nous la poursuivrons » a ainsi déclaré Emmanuel Macron. L’audace de la liquidation du code du travail, de l’assurance chômage, de la sécurité sociale. L’audace de plonger dans la précarité accrue, dans une misère plus noire, plus sombre.

    Car tel est le programme d’Emmanuel Macron. Un programme de paupérisation pour les masses, un programme d’enrichissement sans bornes pour la bourgeoisie.

    Mais le nouveau président du conseil d’administration de la bourgeoisie est loin d’être une personne inintelligente. Il dispose, de plus, d’un encadrement efficace pour l’appuyer et le conseiller.

    En Marche ! a conscience de sa faiblesse face à l’épreuve des législatives. Les Républicains et le Parti Socialiste ont certes subi un revers terrible, mais leur structure peut résister, leurs relais, leurs courroies de transmission, rester fidèles.

    Il semble que l’Etat français se dirige vers un gouvernement et un parlement fonctionnant à la coalition. Or, qui dit coalition dit alliés. Pour triompher aux législatives, la nouvelle équipe présidentielle va devoir choisir une géométrie plus précise, devoir faire des choix.

    Cette recherche d’alliés se retrouve dans le discours d’Emmanuel Macron, lequel est particulièrement révélateur.

    Si, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le gagnant n’a pu rassembler ses troupes sur le Champ de Mars, il est parvenu à inclure le choix du Louvres dans son discours, en faisant le symbole d’une continuité historique remontant à l’ancien régime.

    Son arrivée sur l’estrade, dans une solitude étudiée, s’est faite non sous la Marseillaise, mais sous les accords de l’ode à la Joie, hymne de l’Europe.

    La pyramide du Louvres a focalisé toute l’attention des complotistes, la musique de Beethoven celle de tous les germanophobes. Le mélange des deux, pourtant, est brillant : décor franco-français, musique européenne.

    Le candidat de En Marche ! a manœuvré efficacement, indiquant qu’il tenait compte du fait qu’un partie de son électorat l’avait soutenu pour des raisons d’inquiétudes quant aux institutions républicaines.

    Cette manière de prendre en compte ces ralliements par dépit brosse les « barragistes » dans le sens du poil. Concession sur la forme, elle ne représente nullement une sur le fond, sur le programme économique, sur la politique à tenir. Elle représente simplement la prise en note d’une volonté de protection des droits démocratiques.

    D’une certaine manière, le « barrage » s’est retrouvé vidé de tout son contenu politique.

    Dans le même temps, poursuivant dans le ralliement, Emmanuel Macron a également salué les électeurs de Marine Le Pen, disant comprendre leur colère et leur désarroi. Un énigmatique « Je ferai tout dans les cinq années qui viennent pour qu’ils n’aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. » a été prononcé. Il est difficile de déterminer son sens. S’agirait-il d’une volonté de parvenir à une synthèse sur un certain nombre de sujet ? Pour le moment, la question reste en suspens.

    Ce qui est certain, c’est que le discours a enfoncé le clou sur un certains nombre de sujets internationaux :  » La France sera au premier rang dans la lutte contre le terrorisme sur son sol et aussi bien que dans l’action à l’international. Aussi longtemps que ce combat devra durer, nous le mènerons « . La politique internationale de l’Etat français n’est pas prête de s’apaiser. L’impérialisme français peut bien se parer d’un sourire enjôleur, il n’en change pas sa nature pour autant.

    Reste à voir comment vont se concrétiser les premières mesures, les premiers choix, les orientations.

    Toujours est-il que la ligne Macron : rassembleuse et unificatrice, n’est nullement un garantie contre toute dérive autoritariste ou toute caporalisation de la société. Une union sacrée, même vendue comme « anti-fasciste » peut très bien s’accommoder d’une exploitation accrue, d’une répression d’autant plus violente qu’elle se targuerait d’être un rempart contre l’extrême-droite.

    Ceux qui voient dans Macron un démocrate convaincu ne doivent pas ôter de leurs esprits qu’il est un agent de la bourgeoisie, dont il exécute la commande.

    Si l’ordre est donné de frapper, si la situation se détériore, gare. Les libertés fondamentales ne sont, au final, que des droits formellement accordés par la bourgeoise. Ils se retirent aussi aisément qu’ils se donnent.

    Du côté des perdants, les législatives sont dans tous les esprits. Marine le Pen a déclaré : Le Front national doit lui aussi profondément se renouveler afin d’être à la hauteur de cette opportunité historique, a-t-elle affirmé. Je proposerai donc d’engager une transformation profonde de ce mouvement afin de constituer une nouvelle force politique. »

    « Ce second tour organise une recomposition politique de grande ampleur entre les patriotes et les mondialistes. » « C’est ce grand choix qui sera présenté par circonscription aux Français lors des législatives. Je serai à la tête de ce combat. »

    Un souffle d’inquiétude travers la « boutique. » Le concept même du Front National arrive t-il à bout de souffle ? Doit-il muter pour devenir le pôle principal d’opposition à la politique d’Emmanuel Macron ?

    L’alliance avec Debout la France, avec Nicolas Dupont-Aignan, avec Christine Boutin, est une nouveauté. Il semble que le Front National soit en passe de  devenir véritablement un front d’organisations nationalistes-chauvines, pour gagner en influence, gagner en relais, gagner en implantations.

    C’est de la réussite ou de l’échec de cette transformation que dépendra la physionomie des prochaines années, que dépendra la physionomie de la prochaine élection présidentielle.

    La France Insoumise, construction artificielle, autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, se délite progressivement. Les conflits entre les intérêts du PCF -pourrissant- et ceux du Parti de Gauche -qui ambitionne de prendre la place du Parti Socialiste- prennent une tournure antagonique. Des menaces, des pressions, des procès. La défaite se muera-t-elle en débâcle ?

    Les réformistes radicaux Poutou et Arthaud ont certes pu s’exprimer au cours de cette élection, mais n’ont rien su faire de cette tribune pour faire avancer la conscience politique des masses. En accréditant la mascarade, les trotskistes ont même contribué à solidifier le mythe de la démocratie bourgeoise. Rien n’est à attendre de ce côté.

    La réaction des révolutionnaires et des antiparlementaires est restée majoritairement marquée par le calme. Nouvelle attendue plutôt qu’un coup de tonnerre. Elle est prise avec gravité par les organisations et les militants et militantes, comme une lutte longue, sourde, et difficile à mener.

    Les cinq années qui s’ouvrent dans l’Etat français sont sous le signe de la croisée des chemins. Les aggravations de la crise du capitalisme, les aggravations des tensions politiques et internationales, se répercuteront dans le climat politique. La détérioration sociale promue par Macron jettera dans les bras de la misère et de l’exclusion sociale de parties importantes de la population. Si les organisations communistes -en premier lieu- ne sont pas à la hauteur de la tâche d’organiser et mettre en ordre de bataille les masses, ce seront les fascistes qui en bénéficieront et qui seront en mesure de lancer des mouvements de masse réactionnaires.

    La partie des présidentielle est terminée, mais plus largement elle signifie également un effondrement des marges de manœuvres réformistes et sociales démocrates.

    Elle signifie une cristallisation des tensions.

    Le lâche rempart n’existe plus.

    Il est essentiel, durant ces cinq ans, que le camp du peuple renaisse, soit fort, soit organisé et avance.

    Sans victoire sur le front de l’organisation, sur le front de l’idéologie, il n’existera que des défaites.

    En avant vers cinq années de lutte !

  • Le social-chauvinisme d’Alexis Corbière est une négation des crimes coloniaux.

    Reçu sur RTL, le 17 février 2017, le lieutenant de M. Mélenchon, Alexis Corbière s’en est violemment pris aux propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation. Interviewé, il a d’abord ciblé le « coup de com » d’un candidat en déplacement en Algérie, puis s’en est pris à sa piteuse rétractation :  « la colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes (…) La France a installé les droits de l’homme en Algérie. Simplement, elle a oublié de les lire. »

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    Nous avons déjà commenté ces propos et nous avions effleuré la réponse de la France Insoumise.

    Si Alexis Corbière a raison de souligner l’absence de constance de M. Macron, ses propos sont gravissimes.

    Gravissimes et révélateurs.

    Cette déclaration rejette sa clique dans les bras des agents de l’impérialisme français, de cette insupportable conglomérat cocardier et chauvin. Elle rejette définitivement ceux qui la soutiennent dans les rangs des partisans de l’histoire positive, du Lavisse, du Roman National.

    Qu’a-t-elle de si répugnante ?

    Sur les propos de Macron, le porte parole de Mélenchon a appliqué la méthode centriste traditionnelle : pour ménager deux positions antagoniques, l’organisation a jugé sur la forme sans jamais parler du fond. Corbière connaît son métier, il n’est pas issu des rangs trotskistes pour rien.

    La déclaration aurait, pourtant, pu être intéressante: « Je suis historien, je suis contre la colonisation évidemment.  » Mais la suite s’est enfoncée dans les ténèbres.

    « Quand on est chef d’État, il faut être un peu vertébré, notamment sur des sujets sensibles (…) Le crime contre l’humanité n’est pas un concept qui se manipule comme ça. Sur la question de la colonisation, donnons la parole avant tout aux historiens. »  Or, c’est ici que réside toute la fausseté.

    Les historiens ont déjà expliqué la colonisation, la guerre d’Algérie, d’Indochine, leurs millions de morts. Bien des chercheurs ont noirci des pages pour expliquer les sociétés coloniales. Ce sujet fût même une des question proposée, pendant un temps, au CAPES d’Histoire-Géographie. Non, monsieur « l’historien » Corbière, vos confrères n’ont pas chômé.

    Ils ont fait leur travail, c’est à dire donner les matériaux nécessaire pour porter un jugement. Un bon historien est avant tout un bon scientifique : il étudie les faits, il tente de leur donner une explication sensée et cohérente. Il n’est pas, en revanche, d’un point de vue primordial, un juge ou un militant.

    Les génocides commis par les Allemands n’ont pas été traité, en amont, par les historiens. Ils ont été jugés. C’est un procès qui a déterminé la qualification de crime contre l’humanité. C’est par cela qu’il a pu être dit que le régime nazi était coupable, et quels auteurs étaient responsables.

     Alexis Corbière aurait pu, sans grand risque, dire qu’un Nuremberg du colonialisme mériterait d’être tenu, pour juger de cela. Mais cela est déjà trop pour une organisation opportuniste.

    C’est également un acte militant de dire que des faits ont vocation à constituer un crime contre l’humanité. C’est un acte militant de considérés qu’ils ont vocation à être nommés « crime contre l’humanité. » C’est ce que, en tant qu’organisation politique, nous déclarons. Nous voulons ce Nuremberg du colonialisme.

    En agissant de la sorte, Alexis Corbière, bien que se vantant d’être un historien de formation – donc pourquoi ne prend-il pas la parole ?- réussit un triple saut périlleux au dessus du gouffre, sans chuter. Il a réussi à ne rien dire.

    Dire  » je suis contre la colonisation évidemment » tout en ne le qualifiant pas politiquement revient à dire « je suis contre le SIDA, contre la peste, contre la mort. »

    Nous trouvons cela honteux.

    Nous trouvons que c’est un signal clair, sur le fait que les sbires de Mélenchon sont incapables, aveuglés par leur chauvinisme, de regarder les crimes de l’Etat français en face.

    C’est un signal envoyé à tout ceux et toutes celles, qui, dans les ténèbres de l’oppression, luttent pour l’indépendance, pour être libre. C’est un signe que M. Mélenchon n’est pas prêt à renoncer, le moins du monde, à tout ce qui constitue la sphère coloniale et néocoloniale.

    Ce n’est d’ailleurs pas étonnant. Un de ces thèmes de campagne, l’économie de la mer, dépend en grande partie de l’immense Zone Economique Exclusive détenue par l’Etat Français. Zone dépendant beaucoup des « Confettis d’Empire », que l’impérialisme français tient d’une main de fer.

    Ne pas lutter contre l’impérialisme français, c’est être son garde flanc.

    C’est le créneau sur lequel se place M. Mélenchon, celui d’une petite bourgeoisie, d’une aristocratie ouvrière corrompue par l’impérialisme.

    C’est le camp d’une réaction à visage social.

    Ce camp est l’ennemi de la lutte révolutionnaire internationale. 

    Les communistes ne doivent pas céder aux sirènes du chauvinisme, fut-il maquillé de social. Notre rôle de militants n’est pas limité étroitement à un espace national, il est international, il est dirigé vers nos frères et sœurs de lutte. Nous sommes des maillons de la chaîne révolutionnaire. Notre première tâche est d’affaiblir, d’attaquer notre propre impérialisme, pour soulager la pression qu’il exerce.

    Ne pas reconnaître le caractère impérialiste de notre Etat ; ne pas reconnaître l’importance de lutter contre lui ; ne pas soutenir les luttes des régions dominées par lui ; ce n’est nullement être un agent du progrès et la lutte social. Au contraire, cela fait de nous des agents de la réaction et des laquais de notre impérialisme. Si nous accompagnons, si nous soutenons ses projets, nous nous faisons ces alliés.

    Notre delenda carthago doit être la destruction de notre propre impérialisme !

    A bas l’impérialisme français ! Défaite  pours ses tentacules !