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  • Cap catastrophe, l’éducation en solde et la liquidation du corps professoral.

    Cap catastrophe, l’éducation en solde et la liquidation du corps professoral.

    Cap catastrophe, l’éducation en solde et la liquidation du corps professoral.

    Partie 5

    La question de l’enseignement n’est pas négligée par les gouvernements successifs. Depuis le milieu des années 1990, le processus qui s’engage est celui d’une privatisation partielle ou déguisée et d’une autonomisation des établissement. Depuis plus de 15 ans, les lycées et les universités sont dans le collimateur de ceux et celles qui rêvent d’en faire des lieux de formation servant à produire une main-d’œuvre adaptée aux besoins tactiques du tissus économique local, tandis que des établissements d’élite se concentrent sur les questions d’ordre stratégique. Pour la grande bourgeoisie monopoliste, tout ceci est extrêmement bénéfique, la formation étant aux frais de l’Etat (donc du contribuable) ou de la poche même de ceux et celles qui veulent bénéficier de celles-ci, pour forger les outils que les grandes entreprises n’ont plus qu’à mettre à son service.

    De plus, l’éducation et ses lieux sont des marchés lucratifs. Externalisation des cantines, implantation de lieux marchands (photocopies, restauration, loisirs…) il existe un grands nombres de marchés captifs qui excitent les convoitises.

    Les stages eux-mêmes sont des affaires en or, de la main d’œuvre corvéable à merci. Par des réseaux clientélistes, certains grands consommateurs de stagiaires peuvent ainsi réduire leur masse salariale.

    La question de la « masses salariale » est d’ailleurs une question qui revient inlassablement. Mettre au pas le corps professoral, briser son statut -qui est par ailleurs un des moins favorable de l’ensemble des pays de l’OCDE- et faire en sorte que son recrutement soit assuré au niveau de l’établissement, voilà un objectif stratégique que souhaitent atteindre les rédacteurs et les rédactrices de ce pamphlet.

    Ce pamphlet, justement, s’intéresse dans deux propositions à la question de l’éducation, dans la proposition 8 au Secondaire, et dans la 9 au supérieur.

    Voilà comment cette question est introduite :

    « [l’enseignement] doit répondre à de nouveaux enjeux : donner aux enfants puis aux jeunes les connaissances et les compétences nécessaires pour trouver leur place dans la société et aborder sereinement le marché du travail, dans un monde connaissant de fortes mutations (révolution numérique, mondialisation de plus en plus complexe, évolution du cadre de vie, etc.). »

    Loin d’être un point de détail, la question des connaissances et des compétences, est en réalité centrale. Centrale, car elle fait l’impasse sur une dimension de qualification, dimension reconnue juridiquement et intégrée dans les conventions collectives, donnant droit à un statut, à un salaire…etc. Ce qui n’est ni le cas des compétences, ni des connaissances. D’entrée de jeu, les rédacteurs et des rédactrices montrent leurs cartes : inféoder le système éducatifs aux désirs du patronat. Rendons à César ce qui revient à César et reconnaissons que, en revanche, ceux qui ont créé ce plan d’attaque sont lucides sur un point crucial :

    « Face à ces enjeux, les constats sur les performances de notre système éducatif sont décevants : au sein de l’OCDE, la France est le pays où la situation sociale des parents détermine le plus les résultats scolaires de leurs enfants. »

    Soit. Mais quelle réponse ?

    Pas d’argent, déjà, puisque la ligne finale de la proposition 8 est « Cela ne passe pas par l’attribution de ressources supplémentaires – le Comité ayant d’ailleurs identifié 300 M€ d’économies dans ce domaine. » mais, au contraire, « restaurer la confiance des parents dans le système éducatif français et de répondre de manière plus adaptée aux besoins des territoires. »

    Mettons de côté le premier élément. Il est pourtant, en tant que tel, déjà gênant, car il ravale la communauté pédagogique au rang de prestataire de service devant combler les désirs et répondre aux inquiétudes des parents. D’autant que le déficit de confiance est le fruit pourri d’une campagne de dénigrement orchestrée de longue date par les gouvernements successifs, tandis que les réels problèmes proviennent de l’absence de moyens et de la situation catastrophique qui en découle.

    L’aspect central, dans cette phrase, ce sont les « besoins des territoires », or, qu’est ce que ce « besoin », si ce ne sont les désirs en termes de main d’œuvre du bassin d’emploi local ? En somme, il s’agit de poursuivre dans le fait de faire de l’école une division tactique du recrutement pour les patrons, et de l’inféoder aux besoins des exploiteurs. C’est d’ailleurs dans cette optique que se conçoit le nouveau bac et le plan éducatif « Bac – 3 ; Bac + 3 » qui vise, en somme, à aiguiller les élèves dès l’entrée au lycée sur des voies professionnelles sans passerelles internes et sans possibilité de réorientation.

    Pour combler le déficit des vocations dans l’enseignement secondaire, le rapport préconise de faire un certains nombres de démarches « revalorisant le métier d’enseignant pour lui rendre son attractivité, avec une nouvelle vision de la carrière et du rôle dans l’équipe pédagogique ». Derrière cette platitude avec laquelle il est impossible d’être en désaccord, quelles perspectives ?

    Premièrement, appliquer la RGPP [Révision Générale des Politiques Publiques] à l’enseignement. En gros, évaluer, créer des systèmes de notations, et individualiser les réponses en fonction de cela. Cela passe par le fait de concentrer les pouvoirs décisionnels entre les mains du ou de la chef d’établissement.

    « mettre en place l’évaluation des établissements pour les responsabiliser, valoriser leurs initiatives et engager l’ensemble de la « communauté éducative » – chefs d’établissement, équipes pédagogiques, personnels administratifs, collectivités territoriales, parents, élèves – dans une démarche d’amélioration. Les évaluations porteraient sur un ensemble large de critères : résultats des élèves, conditions d’étude, sécurité et bien-être des élèves et des personnels, implication et animation des équipes, conditions matérielles, etc. »

    Évaluer pour responsabiliser, mais autour de quels critères ? Dans les faits, cette « marge de manoeuvre » revient à libéraliser l’organisation de l’enseignement à l’échelle nationale. Non qu’il n’y ait pas de terribles inégalités entre les établissements à l’heure actuelle ! Entre, dans la région lyonnaise, un lycée à Décines et le lycée International, deux mondes existent, avec un océan entre les deux. Mais ce changement conduit à avaliser la fin de la prétendue « égalité républicaine ».

    « responsabiliser davantage les chefs d’établissement notamment en leur donnant plus de marges de manœuvre pour constituer leur équipe pédagogique et élargir les postes dits « à profil » »

    Les chefs d’établissement pourront assurer eux-mêmes les recrutements de leur propre équipe pédagogique. Cela libéralise le recrutement, et entraînera de manière mécanique une aggravation de la tendance au fait que les enseignants « d’élite » aillent vers les lycées «d’élite », creusant l’inégalité entre ces mondes séparés, lesquels se mueront en univers distincts et hermétiquement cloisonnés. Par ailleurs, l’échelon étatique est mis au rencard, pour être remplacé par une direction académique, amplifiant de facto, les écarts entre académies, du fait des inégalités territoriales et budgétaires.

    « faire de l’académie l’échelon de décision stratégique pour la mise en œuvre de la politique éducative. Par ailleurs, le périmètre des académies serait revu pour se rapprocher de la carte des services de l’Etat sur le format des nouvelles régions»

    Dans cette nouvelle organisation de l’éducation, des échelons inférieurs prennent une importance grandissante, notamment avec l’ambition de « renforcer le rôle de l’échelon départemental pour qu’il décline à son niveau les orientations régionales (stratégie d’animation pédagogique, accompagnement des établissements…) et mettre en place une gestion des carrières des enseignants ;

    développer une fonction ressources humaines, mise en œuvre jusqu’au niveau départemental, pour accompagner les personnels des établissements. Cela permettrait notamment d’accompagner les personnels avant que les difficultés ne surgissent mais également d’ouvrir les enseignants vers d’autres environnements professionnels, etc. ; »

    Dans cette nouvelle configuration, les projets sont développés au niveau du département, donc au niveau de la « réalité du tissu économique », tandis que les carrières des enseignants peuvent être évaluées à l’aune de leur capacité à développer l’intégration de l’établissement dans celui ci. L’ouverture des enseignants aux «autres environnements professionnels » ne peut être comprise que ou comme une volonté d’intégrer l’économie extérieure dans l’établissement ou comme une volonté d’intégrer les enseignants dans l’espace économique local, comme une forme de nouvelle perspective de carrière.

    Par ailleurs, les rédacteurs du pamphlet rétro-pédalent sur l’intégralité du projet mis en place par Sarkozy, celui de la masterisation des concours. En fait de Master 2 pour les recrutement, le projet semble être de revenir à la licence comme base.

    « Revoir la formation des enseignants afin qu’elle favorise l’exercice du métier mais aussi les mobilités professionnelles et la diversité des carrières :

    la formation initiale doit être revue selon plusieurs modalités : tout d’abord le moment du concours pourrait intervenir dès la fin du cycle de licence, afin de consacrer les deux années de master à une formation en alternance dans laquelle la pratique mais aussi la réflexion autour des pratiques pédagogiques occupent une place de choix »

    Cela pourrait être vu comme un succès, cependant l’énigme de la « formation en alternance » en lieu et place du stage pose des questions importantes. Surtout, cette proposition ne s’inscrit pas dans une logique de retour au système précédent, mais bien de bond en avant dans la liquidation du corps enseignant sous son statut actuel. Le fond de l’affaire concernant la situation des enseignant, le voici :

    « augmenter le temps d’enseignement des enseignants du secondaire actuels avec un recours à deux heures supplémentaires, ce qui conduira à améliorer leurs rémunérations, et créer pour cela un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui de professeur certifié. Pour ce nouveau corps, que les enseignants pourraient rejoindre sur la base du volontariat, le temps d’enseignement serait supérieur à celui des professeurs certifiés mais la rémunération serait également supérieure. Par ailleurs, on pourrait leur proposer des dynamiques de carrière plus intéressantes. Ce corps serait soumis à des obligations supplémentaires (bivalence, annualisation d’une partie du temps d’enseignement, obligation de remplacement dans l’intérêt du service) qui offriraient plus de souplesse aux chefs d’établissement. »

    En somme, un corps spécial, qu’il est possible de rejoindre sur la base du volontariat, mais qui se substituerait à terme aux enseignants « classiques » naîtrait. Il est notable de voir que la notion de volontariat n’a pas ici son sens classique.

    Ce corps spécial serait donc constitué de tâcherons effectuant plus d’heures, devant enseigner plusieurs matières, aux heures modulables et servant d’ailleurs de variables d’ajustement aux chefs d’établissement. En somme il s’agit de l’institutionnalisation de la précarité dans l’enseignement.

    Dans les faits, ce qui se profile est un pouvoir du chef d’établissement -qui devient un dieu tout puissant- dans la gestion d’une masse salariale qui se composera de plus en plus de contractuels, et qui tarira progressivement les recrutements faits selon la modalité de la certification. Des recrutements qui pourront appâter le candidat ou la candidate en faisant miroiter des carrières florissantes et une échelle des salaires plus souples, mais qui œuvrent surtout à creuser le fossé immense qui existe déjà dans les établissement. Fossé, qui, par ailleurs, sera acté d’une manière fracassante avec l’arrivée du contrôle continu qui se substitue en partie aux épreuves du bac.

    Libéralisation et dérégulation des conditions d’examen entraînent fatalement une variation de la valeur des baccalauréats passés dans les lycées, ce qui, avec le scandaleux Parcoursup, pulvérise la valeur du baccalauréat et sclérose encore les inégalités sociales.

    Quant à l’espoir de voir des moyens nouveaux arriver, ils sont immédiatement liquidés par le fait que l’intégralité de ce projet est architecturé autour de l’idée d’économiser des sommes considérables. Une nouvelle fois, la bourgeoisie, elle, s’en moque. Ses enfants, même les plus médiocres, ont leurs écoles, leurs réseaux, leurs pistons, leurs moyens de se reproduire socialement.

  • Parcoursup : hémorragie – Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon

    Parcoursup : hémorragie – Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon

    Parcoursup : hémorragie – Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon

    Alea jacta est. Le sort en est jeté. Les premiers retours de la plateforme Parcoursup sont arrivés. Ils ne sont pas à la hauteur des craintes émises par les critiques, ils sont au-delà de celles-ci.

    Sur 840 000 inscrits, 400 000, aujourd’hui, sont sur le banc de touche. 400 000 candidats au bac qui demeurent dans l’expectative d’une place dans une filière.

    Certes, le gouvernement, par la voix de Mme. Vidal, affirme que la situation est temporaire, qu’elle est le fait de défauts de jeunesse de la plate-forme. Elle apporterait donc satisfaction à tous et toutes, et permettrait à la jeunesse de pouvoir poursuivre les études de leur choix. Ce ne serait que quelques cafouillages sans importance.

    Au contraire, nous affirmons que la plate-forme a bel et bien fonctionné. Elle a parfaitement rempli les désirs de ses concepteurs. Parcoursup est un succès pour le gouvernement, pour la bourgeoisie, pour ceux et celles qui détiennent le marché de l’éducation.

    Comme nous l’avions écrit plus tôt dans l’année, Parcoursup, par l’absence de hiérarchisation des vœux, renverse le fonctionnement de l’orientation. Les futurs étudiants ne choisissent plus, ils sont mis à disposition des vautours de l’Enseignement Supérieur. Parcousup créé un pool, un bassin de recrutement, dans lesquels il est possible de piocher allégrement les élèves jugés rentables, tandis que les autres restent sur le carreau.

    L’illusion du choix est maintenue, l’illusion de la justice également, avec les taux de boursiers obligatoires. Mais l’illusion sonne creux.

    Une fois les étudiants et étudiantes désirables captés, une fois les estomacs des écoles rassasiés, il restera les seconds choix. Ceux qu’on accepte avec réticence, ceux qu’on envoie dans les filières choisies par défaut, ceux qui vont combler les salles de classe et les budgets. Après viennent ceux et celles qu’on oblige à suivre des cursus parallèles, les « oui, mais », qui devront payer de leur poche des cours supplémentaires pour accéder à la formation désirée. Rien ne garantit que ce ne soient pas les mêmes qui détiennent l’une et l’autre. Bienvenue dans le monde des conflits d’intérêts, de la concussion, de la corruption.

    L’étudiant et l’étudiante en devenir sont également des travailleurs et des travailleuses en formation. Quel magnifique outil pour le patronat que cette gare de triage qui lui permet, manu militari, d’aiguiller la jeunesse vers ce qui intéressera les entreprises locales.

    « Magnifique synergie », clament-ils.

    Or, il s’agit surtout de formations ultraspécifiques, ultraspécialisées, débouchant sur des compétences, non des qualifications. Des compétences payées de la poche de l’étudiante ou de l’étudiant, lui faisant assumer les coûts d’une formation qui devrait logiquement être du fait de l’entreprise. Couronne d’épine que ces diplômes qui ne seront reconnus que par UN acteur de l’économie et qui contribuent à saper les conventions collectives.

    Mais tout est bon pour augmenter les taux de profit et faire baisser les salaires.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce Parcoursup comme un système conçu contre l’intérêt de la jeunesse. Elle considère, puisque ces termes sont à la mode, que cette plate-forme est une prise en otage de la jeunesse étudiante, un hold-up sur son avenir.

    L’Unité Communiste de Lyon défend l’enseignement supérieur ouvert à tous et toutes. Elle défend le principe d’éducation gratuite, laïque, critique et populaire.

     

    Elle appelle les lycéens et les lycéennes à rejoindre la contestation étudiante.

    Elle appelle les parents d’élèves à dénoncer les méfaits de Parcoursup.

    Elle appelle les membres de la communauté éducative à s’opposer à la casse de l’enseignement et à son assujétissement croissant aux intérêts privés.

    Luttons contre la sélection, luttons pour une éducation populaire !

     

  • Le 22 mars, toutes et tous dans la rue !

    Toutes et tous en grève le 22 mars !

    Stoppons la destruction des droits sociaux !

    La question des droits sociaux est au cœur de l’actualité. Elle ne l’est pas du fait d’une amélioration soudaine, de droits élargis. Elle l’est, malheureusement, en raison des menaces qui pèsent sur eux. Droit du travail ; protection chômage ; assurance maladie ; retraites ; accès à l’éducation et aux soins…etc. Chacun de ces aspects de la vie de tous les jours est actuellement sous un feu roulant de la part de l’artillerie législative de la bourgeoisie. En fait de réformes, ce sont des liquidations.

     Liquidation du droit du travail, déjà grandement entamée par le Parti Socialiste, qui débouche aujourd’hui sur une hausse invraisemblable des licenciement, sur une dégradation sans précédent des conditions de travail, sur une misère accrue jour après jour. L’attaque contre les régimes spéciaux est une diversion visant à susciter la division entre exploités, dans le but d’anéantir chaque droit dans le détail.

    Liquidation progressive de l’assurance maladie, de la retraite et du chômage, par le fait de supprimer ses voies de financement. La réforme fiscale de Macron n’a pour but unique que de pulvériser le salaire socialisé, qui permettait à ces protections d’exister. Le but est de faire assumer de manière individuelle -et insuffisante !- la protection sociale, laissant les plus démunis seuls face aux aléas et malheurs de la vie.

    Pendant ce temps, les financements seront passés sur la Cotisation Sociale Généralisée, laquelle est un impôt inéquitable, injuste, et qui sanctionne les petits épargnants, non les investisseurs. Le capital n’est pas touché. Tout est payé par les travailleurs et les travailleuses, y compris le carcan d’acier qui les maintient dans l’exploitation.

    Liquidation de l’accès pseudo-démocratique à l’enseignement, en soumettant l’éducation au flammes de la rentabilité et d’une rationalisation à outrance. De plus, la bourgeoisie souhaite se servir de la déstructuration des diplômes pour faire en sorte qu’ils n’aient plus de valeur aux yeux de la loi, autre qu’une valeur relative et symbolique.

    Quant aux soins, la politique de Révision Générale des Politiques Publiques ne vise qu’à les rendre rentables. Or, cette rentabilité se fait au prix de la qualité, au prix de la possibilité  d’y avoir effectivement accès. Les patients s’entassent et meurent aux urgences. Les concepteurs de cette politique s’en moquent. Ils ne vivent pas dans le même monde, dans la même réalité que les masses populaires.

    Partout sur la Terre, l’impérialisme, dont celui de la France, sème la mort et la surexploitation. Les villages éventrés, les terres ravagées, tout cela pour des bastions géopolitiques et des minerais !

    Voilà le programme de la bourgeoisie ! Cumulé avec la politique belliciste et militariste, ainsi qu’avec l’instillation de la haine de l’étranger, de l’immigré, du réfugié, et le tableau est complet. C’est contre cela qu’il est nécessaire – obligatoire – de se battre !

    La bourgeoisie mène une guerre totale contre les droits sociaux !

                    La bourgeoisie, dans une guerre totale, ambitionne de liquider chacun de ces droits durant un seul quinquennat. Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont ainsi les anges exterminateurs de ce que les travailleurs ont mis plusieurs siècles à obtenir, au prix du sang.

                    L’argument de ces fossoyeurs ? La modernité. Il est nécessaire d’évoluer, d’aller de l’avant, de ne pas rester dans les systèmes sclérosés du passé. Cet argument, fallacieux, n’est qu’un paravent. Il ne sert qu’à inverser les rôles et à faire passer la défense des conquêtes sociales pour une posture réactionnaire. Or, le modèle de la « Startup Nation » n’est ni plus ni moins qu’un modèle du XIXe siècle, du travail journalier, de l’exploitation maximale, de la misère et des journées de travail interminables.

    Tout comme au XIXe siècle, les exploiteurs veulent user jusqu’au bout les travailleurs et les travailleuses.

                    La stratégie de la bourgeoisie est simple : il lui a été imposé, par la force, des concessions. Le mouvement ouvrier, le mouvement communiste, la Résistance, ont exigé la mise en place de ces droits. Or, la bourgeoisie n’en a jamais voulu. Elle tente inlassablement de tirer vers le bas les salaires, de tirer vers le bas les conditions de travail, d’augmenter sans cesse le taux d’exploitation des travailleurs et des travailleuses. Ce taux d’exploitation atteint bientôt un seuil tel que le salaire ne permet plus que de tenir le coup jusqu’au jour de demain. Logement, alimentation, transports… les dépenses basiques aspirent tout. L’endettement, même, guette. La bourgeoisie ne paie pas, elle entretient une force de travail qui s’épuise.

    Or, aujourd’hui, elle a les coudées franches. Le résultat est à l’avenant : tandis que le niveau de vie des masses populaires stagne, diminue, tandis que la misère et les fins de mois difficiles s’accumulent, les profits du patronat décollent. Le « ruissellement » est un mythe, en vérité, la bourgeoisie fait preuve d’un parasitisme nocif  et toxique sur la société. Produire moins cher pour augmenter les profits, pour se goinfrer toujours plus, au détriment des exploités et des exploitées, voilà le programme politique de la bourgeoisie. Les élections ne sont là que pour déterminer qui réalisera ce programme, et selon quelle « saveur. » Ni plus ni moins.

    Et lorsque la colère gronde, l’extrême-droite est là pour détourner celle-ci, vers d’autres exploités et exploitées, vers d’autres opprimés et opprimées, qui souffrent des mêmes maux, qui sont nos frères et sœurs de lutte.

    Ironie des ironies, la baisse des salaires et la baisse des moyens engendre une baisse de la consommation. Moins le patronat paie, moins il gagne d’argent. Le système économique s’auto-intoxique devant la rapacité sans borne. Cette mécanique est inscrite dans le patrimoine génétique du capitalisme, elle est inéluctable. Si le capitaliste ne le fait pas, son voisin le fera pour lui faire concurrence. Les niveaux de vie s’effondrent et la crise de surproduction guette.

    Mû par la recherche avide du profit, par une politique de pénurie organisée, par la captation des richesses, le capitalisme est incapable de répondre aux problèmes de l’humanité. Il est devenu un carcan qui maintient celle-ci dans un âge de souffrance, d’obscurantisme, de pauvreté. Le capitalisme est le frein qui retient en arrière la société. Les arguments des capitalistes se retournent contre eux-mêmes. Leur impossibilité déclarée de pouvoir continuer avec un système de protection sociale correcte illustre le pourrissement de l’économie, illustre son essoufflement, illustre son caractère fondamentalement périmé et sclérosé.

    L’Unité Communiste de Lyon défend une société qui s’affranchit de ce poids mort, de cette ponction injuste et indue. Nous défendons une société dans laquelle ce sont ceux qui produisent qui décident, et non ceux qui exploitent. Une société dans laquelle l’économie est subordonnée aux besoins de l’humanité, non aux désirs de profits d’une clique de bandits et de criminels.

    Nous ne croyons pas dans les promesses de politiciens et de politiciennes, âmes damnées de la bourgeoisie. Les urnes ne placent que des laquais au pouvoir. Le véritable pouvoir est hors des institutions, hors des salons, il est dans la force populaire, dans l’unité des exploité.es et des opprimé.es. Le véritable pouvoir est dans la constitution d’un Parti Communiste révolutionnaire, capable d’organiser ceux qui souffrent, ceux qui subissent l’exploitation, pour renverser l’ordre injuste et criminel de la bourgeoisie.

    Créer cet outil, tel est le programme de l’Unité Communiste de Lyon. Un outil pour la révolution socialiste, un outil pour bâtir une société sans exploité.es ni exploiteurs, une société communiste !

  • Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    L’idée d’aller plus loin qu’Admission Post-Bac ne date probablement pas d’hier. Les dispositions qui sont au sein de Parcoursup étaient déjà inscrites dans le patrimoine génétique de cette machine à dispatcher les élèves. Ce centre de triage permet donc d’inverser les rôles : ce sont les écoles qui se servent en fonction des élèves qui les intéressent. Les autres auront, peut-être, une place dans une filière à l’université. En revanche, la nouvelle forme du Bac n’a pas échappé à nos analystes, lesquels ont replacé celle-ci dans son contexte de bataille contre le code du travail.  Vous pouvez retrouver cette analyse particulière ici.

    Un autre avantage de ce nouveau système sera de pouvoir rationaliser à outrance le fonctionnement des filières. Il sera possible de créer une division géographique des options, faisant que les lycées, au lieu de proposer un éventail de choix, seront des lycées « S »; « ES »; « L »; « STMG »…etc. L’idée derrière cela est de rationaliser la masse salariale, qui pourra être ventilée en fonction des besoin, grâce à l’autonomie des lycées. Cela veut dire des lycées à vitesse différentes, des lycées avec une équipe enseignante usée et épuisée par le fait qu’elles soit exploitée au maximum. En somme, cela veut dire que les lycées destinés aux classes populaires ne feront plus que de la gestion de flux, tandis que les lycées de l’élite capterons une part sans cesse plus importante des budgets. 

    L’Unité Communiste de Lyon a rédigé ce tract à destination des lycéens, des lycéennes, du corps enseignant et des parents d’élève pour les avertir du danger qui court !

    Le gouvernement prépare la fin du droit d’accès aux études supérieures.

    APB l’avait préparée, Parcoursup la poursuit. L’attaque contre le droit à l’accès démocratique aux études supérieures est plus que jamais menacé.

    Sous prétexte de vouloir rationaliser l’Enseignement Supérieur, l’Etat et les gouvernements successifs attaquent, fondamentalement, le droit aux études. Alors que les Universités sont censées garantir un accès aux études supérieures, déjà mis à mal par leur coût, par leur caractère élitiste, l’Etat cherche à briser ce droit.

    Tirant prétexte des difficultés d’organisation du baccalauréat et des faillites d’APB, le gouvernement manœuvre pour attaquer les universités et la valeur du baccalauréat.

    Post-Bac a représenté une première phase d’un travail de sape. Auparavant, les universités devaient garantir dans chaque filière une place pour les néo-bacheliers. En installant cet outil, les universités ont pu commencer à instiller des systèmes de gestion de flux, distribuant les élèves en fonction des désirs du conseil d’administration de la faculté.

    Les universités préparent en sous-main la sélection. D’ores et déjà certaines mettent en place des systèmes de purges pour exclure les étudiants qui connaissent des difficultés.

    Le fait que les enseignants doivent maintenant donner un avis sur l’orientation vers l’université est tout sauf anodin ! Cela signifie que l’accès à celles-ci ne sera plus un droit qu’elles doivent automatiquement respecter, mais qu’il sera soumis à condition.

    Ces conditions peuvent être une « remise à niveau d’un an ». Belle manière de pouvoir créer des écoles et des structures de remise à niveau, belle manière donc de soutirer encore de l’argent aux étudiants ou à leur famille – tandis que les bourses sont réduites à peau de chagrin . Les écoles ne s’en priveront pas, car elles représentent une année supplémentaire à payer.

    La suppression de la hiérarchisation fait que l’élève n’est plus maître de son choix. Parcourup ne permet plus de formuler des vœux, il créé un pool dans lesquels les écoles et l’enseignement supérieur privé viennent se servir sans vergogne. Il n’y a plus de prise sur les choix, il s’agit juste de se rendre disponible avant d’être aiguillé.

    Mais ce n’est pas tout !…

    La fin du Bac.

    Un baccalauréat unique, par un examen spécifique, représente une garantie -déjà maigre- d’égalité de valeur. En revanche, le bac que prépare le gouvernement, par l’intrusion du contrôle continu, sera estampillé en fonction de l’établissement d’origine. Les bacs n’auront donc plus la même valeur selon le prestige de l’établissement.

    Cela ouvre la voie à des établissements d’élite, chers, réservés aux nantis, aux riches, avec des bacs portant leur sceau, mais purgeant sans merci à la moindre faille. Pour avoir un bac prestigieux, il faudra passer par le tiroir-caisse.

    A l’inverse, les élèves des classes populaires, déjà stigmatisés sur le marché du travail, le seront d’autant plus en fonction de la réputation de leur établissement. Cela ouvre la voie à tout un univers de suspicion envers l’établissement. Un bac obtenu de justesse dans un lycée difficile sera synonyme de mauvais élève, mais un bac obtenu haut la main jettera le doute sur la probité des enseignants. D’ores et déjà, APB et ses appréciations posaient ces problèmes, le nouveau Bac et Parcoursup les multiplieront au centuple !

    Surtout, les Bacs seront distordus, déformés, faits pour ne pas être reconnus sur le marché du travail. Le Bac ne sera plus une garantie d’un statut, d’un salaire. Il ne sera plus qu’un coûteux chiffon.

    Macron et ses sbires veulent privatiser le plus largement possible le système éducatif.

    Le marché de l’éducation est gigantesque ! Et pour le moment il échappe en grande partie aux investisseurs, aux patrons et aux patronnes. C’est intolérable à leurs yeux !

    Qu’importe la qualité de l’enseignement, qu’importe la qualité des cours, ce qu’ils veulent c’est former une main d’œuvre exploitable, servile et jetable. Qu’importe s’il faut payer pour se faire exploiter après, cela est même un bénéfice secondaire ! Stages non-payés, formations couteuses, tout est bon pour gagner sur les deux tableaux.

    Ce n’est pas une fatalité ! Refusons ce piège !

    Enseignants et enseignantes ! Refusez de remplir les avis concernant les universités !

    Elèves ! Mobilisez-vous contre cette arnaque qui attaque vos droits !

    Parents d’élèves ! Exigez la fin de cette mesure ! Protégez l’accès au savoir pour tous !

  • Appel de 314 enseignantes et enseignants francophones à supprimer la règle du « masculin l’emporte sur le féminin. »

    Appel de 314 enseignantes et enseignants francophones à supprimer la règle du « masculin l’emporte sur le féminin. »

    L’Unité Communiste de Lyon déclare soutenir l’appel suivant, signée par 314 membres du corps enseignant francophone. De tous niveaux confondus, de toutes matières, elles et ils ont lancé cet appel à supprimer la règle absurde du « masculin l’emporte sur le féminin. »


    Sans être une révolution sociale, sans remettre fondamentalement en cause le caractère patriarcal et sexiste de la société actuelle, cet appel n’en apporte pas moins une réflexion intéressante et justifiée sur la question de la langue française, dans laquelle, sans raison linguistique, le masculin l’emporte sur le féminin. La pratique de la langue, cependant, revêt certaines implications et contribue à façonner la manière dont les rapports sociaux se font. Nous comptons, depuis un certain temps, produire un document s’attachant à, notamment, relier certains usages de la langue à des pratiques politiques douteuses. Si, souvent, les classes populaires sont accusés de martyriser la langue, alors qu’elles en font un usage vivant et inventif, au final, les vrais bourreaux sont ceux qui cherchent à vider de sens les mots, et à remplacer l’explication par l’insinuation.

    Les réactionnaires sont ainsi des adeptes des mots-valises, lesquels jouent sur tout un jeu d’implicite pour transmettre un contenu politique sans jamais l’expliquer. « Gauchiasse », « journalope », « médiacrate » ou d’autres termes, dont l’extrême-droite n’a pas seulement l’apanage, malheureusement, sont tout autant de termes qui n’expliquent rien, qui ne fournissent aucune étude, aucun contenu scientifique, mais qui servent à entretenir un flou dangereux, lequel profit systématiquement aux factions les plus droitières. L’insinuation est l’ennemi de l’explication, et l’explication est le premier pas vers la compréhension. La compréhension mène à la maîtrise de la vérité, laquelle, en elle-même, est déjà révolutionnaire. 

    En revanche, là où la langue est brutalisée, les hommes et les femmes le seront.

    D’ores et déjà, des réactionnaires de tout poil se sont empressés d’attaquer, sous tous les prétextes possibles, cette déclaration, l’assimilant à une volonté de détruire la langue française, à une volonté de la castrer, de la déviriliser. L’Unité Communiste de Lyon regarde avec mépris ces discours, qui ne révèlent qu’une crispation autour de traditions -pas si anciennes- et une peur de classes pourrissantes face à au changement.

    Nous ne mettrons qu’un seul exemple, mais il est illustratif.


    Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d’enseigner la règle de grammaire résumée par la formule «Le masculin l’emporte sur le féminin».

    Trois raisons fondent notre décision: 

    La première est que cette règle est récente dans l’histoire de la langue française, et qu’elle n’est pas nécessaire. Elle a été mise au point au XVIIe siècle. Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes.

    Bien souvent, on pratiquait l’accord «de proximité», venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche. Par exemple : «afin que ta cause et la mienne soit connue de tous» (Ronsard, épître à la Response aux injures et calomnies…, 1563).

    La nouvelle règle a d’ailleurs dû attendre la généralisation de l’école primaire obligatoire pour être appliquée massivement: «On peut aller sur le lac [d’Évian], en bateaux à vapeur ou petits-bateaux, et visiter les coteaux et montagnes voisines, à pied ou en voiture» (DrLinarix, Guide pratique de la Savoie et Haute-Savoie médicale et pittoresque, 1896).

    La seconde raison est que l’objectif des promoteurs de la nouvelle règle n’était pas linguistique, mais politique: «Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif.» (Dupleix, Liberté de la langue françoise, 1651) ; «Le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle» (Beauzée, Grammaire générale…1767).

    Si l’école de la République a préféré abandonner cette formule au profit de celle qu’on connaît, c’est en reconduisant l’ordre de valeur qui est à son fondement. Un ordre que les classes politiques maintenaient parallèlement, en refusant aux femmes les droits politiques jusqu’en 1944, et en refusant plus longtemps encore de leur ouvrir les grandes écoles ou d’abroger les dernières dispositions du «Code Napoléon».

    La troisième raison est que la répétition de cette formule aux enfants, dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l’émancipation par la connaissance, induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre, de même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes.

    Pourquoi n’accepteraient-elles pas de gagner moins que leurs collègues, ou d’accomplir des corvées dont leurs compagnons se dispensent, ou de supporter leurs coups, s’il est admis au plus haut niveau que «le masculin l’emporte sur le féminin»? La lutte contre les stéréotypes de genre, qui est essentielle au progrès de l’égalité réelle des femmes et des hommes, ne peut être efficacement menée si cette maxime n’est pas mise au ban de l’école.

    D’autres mesures travaillant à l’expression d’une plus grande égalité dans la langue sont nécessaires, mais le plus urgent est de cesser de diffuser cette formule qui résume la nécessaire subordination du féminin au masculin.

    En conséquence:

    • Nous déclarons enseigner désormais la règle de proximité, ou l’accord de majorité, ou l’accord au choix ;

    • – Nous appelons les enseignantes et les enseignants de français, partout dans le monde, à renouer avec ces usages;

    • – Nous les appelons à ne pas sanctionner les énoncés s’éloignant de la règle enseignée jusqu’à présent;

    • – Nous appelons le Ministère de l’Éducation nationale à donner à ses personnels et à ceux des établissements sous sa tutelle des instructions précises allant dans le même sens;

    • – Nous appelons les professionnelles et les professionnels de la presse et de l’édition, les correcteurs et correctrices, les écrivaines et les écrivains à en faire autant;

    • – Nous appelons les citoyennes et les citoyens francophones à en faire autant.

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie I

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie I

     

    Loi travail :

    Comprendre le plan de la bourgeoisie.

    La Loi Travail a bénéficié, dans la bouche du président du MEDEF, Pierre Gattaz, d’un nom élogieux. Elle est, à ses yeux, aux yeux de la bourgeoisie, la mère de toutes les réformes. Elle mérite ce terme. Elle le mérite amplement, car elle forme la grande bataille menée par les capitalistes et les exploiteurs contre les droits des travailleurs et des exploités.

    Elle est, à juste titre, peinte comme l’acte de décès du CDI, comme l’acte de décès de la valeur des contrats, de la valeur des conventions collectives, des protections sociales.

    Si cette réforme est menée jusqu’au bout – et il ne fait nul doute que le gouvernement de Macron, construit dans cette optique, est tout disposé à mener cette bataille- elle deviendra un marqueur, un repère, comme la plus grande défaite syndicale de l’histoire récente.

    Cette courte brochure est conçue comme un aide-mémoire du contenu et des conséquences de cette loi. Dans ce cadre, nous ne prétendons pas fournir l’analyse la plus détaillée et la plus approfondie de la loi travail et de sa mise en œuvre.

    Cependant, l’Unité Communiste Lyon veut apporter une mise en perspective de cette loi, au sein d’un contexte économique et politique particulier, ainsi que l’articulation de celle-ci avec d’autres offensives de la part de la bourgeoisie. Nous voulons apporter un peu de recul et permettre de replacer cette offensive dans un processus de longue durée, du combat de la bourgeoisie pour accroître l’exploitation et extorquer sans cesse plus de plus-value de la part des travailleurs et des travailleuses

    L’irruption de la loi El-Khomri ainsi que le programme de Macron ne sont pas des incidents de parcours, ni des erreurs de la part de nos dirigeants. Ces attaques suivent un plan cohérent, logique, établi de manière efficace. En somme, il s’agit d’un véritable plan de guerre contre les masses populaires et contre les travailleurs. Ce plan dispose d’un agenda, de manœuvres d’encerclement, de batailles frontales et d’opérations en sous-main. Il ne s’agit pas de pierres lancées à l’aveuglette, mais bien de tactiques imbriquées les unes avec les autres, doublées d’une utilisation particulièrement savante de phénomènes extérieurs, comme l’instauration de l’état d’urgence.

    Offensives contre la protection sociale, offensives contre l’assurance chômage, les retraites, l’assurance maladie. Mais également une offensive contre l’enseignement et l’éducation.

    Menées à terme, ce combat frontal de la bourgeoisie contre les travailleurs et travailleuses ne vont pas manquer de déclencher un torrent de conséquences économiques et politiques. La déferlante de misère sera terrible, sans précédent. La bourgeoisie le sait et se prépare d’ores et déjà à faire face.

    Cette brochure a pour objet d’opérer un retour en arrière sur la genèse et les raisons de cette réforme. Il est essentiel de prendre un temps pour aborder la méthode particulière avec laquelle le gouvernement compte la mettre en œuvre, avant même d’en survoler le contenu.

    Par la suite, nous voulons la relier aux autres offensives en cours contre les droits sociaux, pour finir par en aborder les conséquences économiques et politiques, ainsi que ce que l’Unité Communiste de Lyon considère comme étant la conduite à tenir.

     

    La genèse de la loi travail

    L’Education Nationale tend à nous présenter l’Histoire d’une manière positiviste, se dirigeant vers un « avenir meilleur » illusoire. Cela tend à nous tromper sur la manière dont les événements se sont déroulés, mais également sur le fait que de nombreuses avancées sociales ont été obtenues par la lutte, par l’épreuve de force, voir par la violence directe.

    A aucun moment dans l’Histoire, l’humanisme et la bonne volonté n’ont imprégné l’esprit du patronat. Chaque avancée fut une bataille, chaque pas en avant eut à briser une résistance.

    Au cours du XIXe siècle, la lente montée en puissance des organisations de défense des travailleurs, la lente conquête de droits démocratiques et sociaux ne s’est nullement faite par la douceur. Gagner le droit de pouvoir s’organiser en syndicat fut obtenu dans le conflit, face à une opposition ferme de la bourgeoisie.

    Les avancées fulgurantes obtenues lors du Front Populaire en 1936, mais également les droits progressivement acquis par les travailleurs et les travailleuses ne se sont pas produites comme « allant de soi ». Dans l’imaginaire collectif, elles auraient été concédées par une bourgeoisie qui -soudain- se serait rendu compte que sa rapacité folle risquait d’entraîner des crises économiques mondiales, des cataclysmes, des guerres, de la misère… Dans les faits, ces luttes ont arraché ces droits. La bourgeoisie n’a cédé ces droits seulement car elle y fut contrainte. Seulement car la force du mouvement ouvrier et du mouvement révolutionnaire international la mettait devant deux issues possibles : céder du terrain ou risquer le tout pour le tout -la confrontation ouverte- dans la lutte entre la révolution et la contre-révolution.

    Elle céda, tout en gardant à l’esprit que ces concessions n’avaient qu’un caractère temporaire. La bourgeoisie n’a jamais renoncé à ce désir de pouvoir reprendre ce dont elle s’estime avoir été volée. La parenthèse vichyste, entre 1940 et 1944 fut, par ailleurs, une illustration de ce dont elle était capable pour consolider et défendre ses positions. Elle liquida les syndicats, emprisonna les militants et les militantes progressistes et révolutionnaires.

    Cependant, l’après-guerre ne lui laissa pas cette possibilité.

    En 1945, le programme du C.N.R. -Comité National de Résistance- fut adopté. Il était le fils du compromis entre les forces de la résistance, majoritairement communistes, et la bourgeoisie. Ce nouvel accord, dit « patriotique » fut donc signé avec le PCF, lequel en échange rendit les armes et dissolu les milices, contre l’avis même du Kominform. Il est celui qui donna naissance notamment à la Sécurité Sociale, aux monopoles publics, mais aussi à la création des Comités d’Entreprise.

    Malgré l’évolution sociale-impérialiste de l’URSS, après la déstalinisation en 1956, malgré l’aggravation du caractère social démocrate du PCF, la bourgeoisie demeura dans une situation où sa marge de manœuvre restait faible. Il existait une réelle inquiétude quant à un risque de basculement de l’État français dans le bloc est. In fine, celui-ci était par ailleurs fort probablement surestimé, en particulier par les USA, lesquels furent terrifiés de l’élection de François Mitterrand de 1981. De plus, la très large majorité de la population de l’Etat français demeurait très fermement acquise aux idées de justice sociale, d’équité, d’état providence.

    Dans les années 1980, chez les anglo-saxons, les dirigeants Reagan et Thatcher appliquent les thèses de “l’école de Chicago.” Cette école économique et politique est celle qui donna naissance au concept de l’ultra-libéralisme. Animée par Milton Friedman, prix nobel d’économie de 1976; par Georges Stigler, nobélisé, quant à lui en 1982, elle contribua à développer une approche de l’organisation de l’économie basée sur la liquidation des services publics.

    Le président américain et la première ministre britannique ont ainsi ouvert la voie à la destruction des protections sociales au sein de ces Etats. D’une part, la liquidation des acquis sociaux et la politique d’austérité permettaient de rogner sur les dépenses publiques. Elles permettaient également d’orienter les ressources de l’Etat dans la course à l’armement. D’autre part, elles offraient un moyen de maintenir une illusion de richesse -en baissant les impôts- et d’augmenter le taux d’exploitation des travailleurs en assouplissant les normes de travail.

    Son application dans l’Etat français s’est fait d’une manière nettement plus tardive, postérieure à la fin de la Guerre Froide. Après 1991, il n’existe plus de raison de maintenir les compromis pris en 1936, en 1945 ou en 1968. Il ne reste plus de danger stratégique, uniquement des difficultés tactiques.

    La bourgeoisie peut dès lors renouer avec ses rêves d’antan : réduire au strict minimum les impôts, briser le carcan du code du travail, liquider la protection chômage, vue comme un filet de sécurité trop séduisant pour les travailleurs, lesquels pourraient ne pas être assez effrayés par son spectre pour ne pas céder sur leurs conditions de travail.

    Les premières attaques sur les retraites, comme le CIP en 1995, ont entraîné une levée de bouclier massive. Les tentatives du CPE / CNE en 2006 ont également été battues en brèche. Il s’agissait de timides pointes, lancées par une bourgeoisie qui s’enhardissait.

    Entamée en 2007, la RGPP – Révision Générale des Politiques Publiques – prononce l’acte de décès des services publics. Ils sont désormais des secteurs d’activité où le privé a tout autant sa place.

    L’irruption de la crise économique de 2008 a contribué à accélérer l’évolution de la situation. Elle a poussé la bourgeoisie à frapper, non seulement pour accroître ses rentes et sa richesse, mais également par la peur d’être prise elle-même dans le maelstrom des effondrements. Il ne faut pas sous-estimer ce paramètre, puisqu’il est un des facteurs expliquant l’acharnement de celle-ci à briser les droits sociaux.

    Les présidences de Chirac, y compris sous la cohabitation avec la gauche, et de Sarkozy ont ouvert le bal des hostilités franches. La bourgeoisie a commencé à développer ce qui était son Saint-Graal : le contrat unique. Ce Graal pulvériserait à la fois les contraintes liées au CDI (impossibilité de pouvoir licencier aisément) et le CDD (trop rigide car basé sur le temps) pour le remplacer par un contrat qui serait construit autour d’une tâche, par une négociation faite en fonction de comment sait se vendre le travailleur ou la travailleuse… en somme la forme la plus libérale et la plus minime du lien contractuel.

    Autour de ce front principal, des fronts secondaires : l’assurance chômage, l’assurance maladie, les retraites et l’éducation. Plusieurs raisons à cela :

    Premièrement, la bourgeoisie exècre l’impôt. Elle est prête, paradoxalement, à dépenser des fortunes dans le salaire de spécialistes de l’optimisation fiscale pour ne pas avoir à en payer.

    Deuxièmement, ces secteurs apparaissent comme une hérésie terrible à leurs yeux. Cotiser pour se couvrir en cas de maladie, en cas de chômage, pour préparer sa retraite, sans utiliser cet argent pour investir, pour s’enrichir, cela leur apparaît comme une aberration complète.

    Ce marché est fantastique : 294 milliards d’euros en 2013 pour les retraites, à titre d’exemple. Cela représente 13% du PIB. L’assurance maladie, quant à elle, représente plus de 400 milliards d’Euro. Comment ne pas, dans ces conditions, rêver d’en faire un secteur privé ?

    Comment ne pas rêver de fonds de pension, de mutuelles privées, de tous ces dispositifs capables de créer richesse et prospérité ?

    Quant au marché de l’éducation, dont le budget est de 92.49 milliards, il pourrait être une manne fantastique dans la mesure où le privé pourrait s’y implanter massivement, mais, surtout, dans la mesure où il pourrait être utilisé pour former précisément la main d’œuvre parfaite pour les investisseurs. De plus, nous le verrons dans les parties suivantes, il peut permettre certains avantages secondaires importants.