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  • Webinaire du Front Uni : Faire de la journée de lutte pour l’environnement une journée d’action commune mondiale !

    Webinaire du Front Uni : Faire de la journée de lutte pour l’environnement une journée d’action commune mondiale !

    Communiqué du webinaire du Front uni avec 90 participants

    Le dimanche 9 octobre 2022 a eu lieu un webinaire du Front uni antifasciste anti-impérialiste : « Ensemble contre le risque de catastrophe écologique mondiale et le transfert du fardeau de la guerre et de la crise ! En route pour les protestations contre la COP27 ! »

    Nous voulons faire de la journée de lutte pour l’environnement du 12 novembre 2022 une journée d’action mondiale et commune. Il s’agit d’être clair et de faire savoir les masses : Nous vivons une nouvelle qualité de transition vers une catastrophe écologique mondiale.

    La grande instabilité du climat mondial, les sécheresses, les incendies de forêt, les inondations, le manque d’eau potable, la contamination des terres agricoles par l’exploitation minière traditionnelle, la menace que représentent les toxines environnementales pour notre santé, la crise de l’alimentation mondiale, le développement de la fracturation et du nucléaire suite à la guerre en Ukraine – tout cela a une cause : le capitalisme et l’impérialisme.

    Le plus grand destructeur et pollueur

    Il est le plus grand destructeur de l’environnement avec son exploitation impitoyable de l’homme et de la nature, son besoin de profit maximal et sa volonté de puissance insatiable. L’impérialisme est synonyme de guerre et ils n’hésitent pas à recourir à la guerre nucléaire pour mener à bien leur lutte concurrentielle.

    C’est pourquoi, en cette journée de lutte pour l’environnement, nous nous battons délibérément contre la destruction de l’environnement et la guerre impérialiste ! L’humanité a depuis longtemps atteint un niveau de forces productives et de science qui pourrait permettre à tous les êtres humains de travailler, de se nourrir sainement, de vivre dans un environnement sain, de se former et de se loger – si la minuscule couche du capital monopolistique international n’imposait pas ses intérêts de profit et de pouvoir au monde entier.

    Seul un monde sans capitalisme ni impérialisme sauvera l’homme et la nature !

    C’est pourquoi nous, les 90 participants au webinaire du 9 octobre 2022, déclarons notre détermination à nous présenter sur la scène mondiale lors de la Journée de lutte pour l’environnement de cette année avec cet objectif commun et avec des actions centrales et décentralisées puissantes.

    Nous serons présents à Paris le 12 novembre 2022 avec une forte délégation internationale qui fera sensation. Paris, qui a accueilli le sommet sur le climat de 2015, dont les objectifs ont complètement échoué, est une ville internationale appropriée. Les organisations d’ICOR basées à Paris et en France y constituent une base organisationnelle qui est en même temps soutenue par des délégations d’Europe.

    Activités locales dans les différents pays

    Parallèlement, l’accent est mis sur les activités dans les différents pays et localités. Nous déclarons notre volonté de mener des actions décentralisées dans tous les pays d’ICOR et avec les forces du front unique, simultanément et avec les mêmes mots d’ordre, et de nous présenter de manière combative. Décentralisé signifie dans les métropoles et les points névralgiques environnementaux des différents pays, mais aussi largement réparti dans les villes et les campagnes.

    Les lieux où l’état catastrophique de l’environnement naturel est particulièrement visible se prêtent à l’action : La fonte des glaciers, les zones de sécheresse, les régions touchées par les incendies de forêt, les lieux et les régions où se produisent des inondations dramatiques. Nous recommandons d’organiser les manifestations sous forme de tribunal et de dénoncer les responsables par l’intermédiaire des personnes concernées. Nous voulons obtenir un impact important sur le terrain en organisant des protestations, des grèves et des actions dans les entreprises, les universités et les écoles, dans les quartiers, les rues et les places.

    La situation sécuritaire en Égypte, due au régime fasciste de Sisi, ne permet pas d’agir publiquement de manière combative. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous rendre sur le lieu de la COP 27. A Paris, nous exprimerons notre solidarité avec les militants égyptiens et nous nous battrons également pour eux.

    Notre slogan principal :

    Pour une lutte écologique anti-impérialiste
    En avant vers le socialisme !

    Autres propositions de mots d’ordre :

    • Pas de greenwashing pour le régime fasciste égyptien de Sisi ! Libérez tous les prisonniers politiques – en Égypte et partout ailleurs ! #FreeAlaa
    • Pas d’extractivisme colonial en Afrique et ailleurs ! Le socialisme est la solution à la crise climatique !
    • Résistance active sous la direction de la classe ouvrière contre une catastrophe écologique imminente, contre une troisième guerre mondiale et contre le transfert du fardeau de la crise et de la guerre sur les masses !
    • Arrêt immédiat de toutes les centrales nucléaires !
    • Interdiction et destruction de toutes les armes de destruction massive !
    • Seule voie vers un changement de système : la révolution ! ICOR milite pour le changement de système !
    • Pas de socialisme sur une planète morte ! L’ICOR défend la vie !
    • Pas de recul concernant le développement des énergies renouvelables !
  • Climat et « collapsologie », l’impasse d’une pseudoscience

    Climat et « collapsologie », l’impasse d’une pseudoscience

    Le rapport du GIEC tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation climatique et sur les dangers actuels. Nous avons communiqué à plusieurs reprises sur cette question, et nous ne souhaitons pas commenter ce rapport plus longtemps.

    Cependant, nous constatons deux choses : premièrement que les États, en tant qu’agents des intérêts coalisés de bourgeoisies, sont dans l’incapacité totale de pouvoir faire face à ces questions. Ainsi, les scénarios les plus sombres semblent les plus réalistes.

    Ce qui amène à la seconde chose : quelle réponse ? Nous défendons une conception qui est celle de l’écologie totale. (cf. article + podcast). Nous considérons qu’il s’agit de la position la plus adaptée et la plus juste. D’autres existent cependant.

    Ainsi, il existe une réponse nihiliste, basée sur l’idée d’un effondrement inéluctable de la société : la collapsologie.

    La collapsologie, cette pseudoscience de l’effondrement, table sur un cataclysme mondial, brutal, qui ramènerait l’humanité au stade de petites collectivités autonomes les unes des autres. Non seulement c’est improbable, mais est-ce souhaitable ?

    C’est improbable parce que les sociétés sont résilientes : elles sont capables de surmonter les obstacles, les épreuves, de s’y adapter, d’y réagir. Elles sont mobiles, malléables. Pendant la Guerre Civile Russe, par exemple, la presque totalité de la classe ouvrière et des fonctions industrielles a été absorbée par le conflit. Les ouvriers sont retournés vers les campagnes ou étaient mobilisés dans l’armée. La société a perdu en complexité et s’est recentrée sur des fonctions vivrières jusqu’à la fin de cette guerre. Ensuite, elle s’est progressivement re-complexifiée, respécialisée durant la NEP et durant le Grand Tournant de la collectivisation et de la planification. Cela n’a pas été une tâche aisée, mais cela illustre bien la capacité de reconstruction des sociétés, et même de transformation.

    Quand la crise écologique s’approfondira, il est sûr que des situations dramatiques auront lieu. Il est possible qu’elles aient des impacts brutaux sur l’ensemble du monde. Mais il est douteux d’imaginer l’ensemble des structures sociales se fragmenter. La désertification, la surchauffe, les crises toucheront d’abord les régions les plus pauvres ou celles qui possèdent le moins de moyen d’y faire face. Avant qu’elles ne menacent les cœurs battants des impérialismes, il existe bien des fosses communes à creuser.

    La croyance selon laquelle le monde est une mécanique fragile qui peut s’enrayer d’un seul coup a été infirmée par la capacité de réaction à la crise du COVID, dans laquelle, finalement, le rattrapage économique semble très rapide.

    Les capitalistes, les exploiteurs, trouveront d’autres manières d’investir, dans d’autres domaines. Même si la possibilité de dystopie existe, elle ne sera sûrement pas un retour à la nature. Elle se traduira par une baisse spectaculaire de niveau de vie pour certains, donc par une baisse toute aussi spectaculaire des droits politiques. Mais même l’épuisement des minerais précieux, s’il nous condamne à une impasse technologique, ne condamne pas le capitalisme.

    Serait ce positif ?

    Le retour à de petites communautés ayant peu d’échanges les unes avec les autres pose une série de problèmes importants. Elles entraînent forcément la disparition d’un grand nombre de fonctions complexes.

    Prenons la santé :

    Pour faire une IRM, par exemple, il faut non seulement des compétences techniques poussées, qui ne peuvent émerger que dans une spécialisation à outrance des ingénieurs chargés de la concevoir, des opérateurs et opératrices chargés de les utiliser et des médecins chargés d’inclure cet élément dans un protocole de soins. Cela demande donc une société complexe, capable de dégager des surplus alimentaires suffisants pour pouvoir permettre à des personnes de ne pas consacrer leur vie à des activités vivrières. Cela demande des échanges à longue distance pour rassembler les matières premières, les raffiner, les transformer en produits semi-finis et les assembler.

    C’est donc un modèle qui n’est pas compatible avec les petites communautés agricoles autonomes, lesquelles ne peuvent produire de surplus suffisant, faute de mécanisation, ni même ne peuvent se spécialiser dans un domaine ou un autre.

    Cela n’empêche d’ailleurs pas ces communautés, dans lesquelles règne des échanges marchands et une division en classe, de construite aussi les bases d’une renaissance du capitalisme.

    Cette petite production marchande n’abolit ni l’exploitation ni l’oppression. Soit elle végète dans une situation perpétuellement primitive, uniquement peuplée de paysans, mais sans production manufacturière, sans outils, sans artisans, sans médecins, sans spécialisation aucune, ou alors elle doit aller vers la complexification, donc se stratifier en société de classe. En société dans laquelle les rapports marchands existent, dans lesquels la possession de la terre existe, donc dans laquelle l’enrichissement aussi existe.

    Elle produit invariablement les mêmes effets : ceux d’une tendance à l’accumulation du capital, donc à la renaissance progressive des bases d’une société capitaliste. Elle amènerait donc, en ayant simplement « perdu 2000 ans » a revenir aux mêmes principes, aux mêmes maux qu’aujourd’hui.

    A l’inverse, le développement actuel, la socialisation du travail – le fait que les individus travaillent ensemble dans un découpage des tâches – créé la base du dépassement du capitalisme et du passage à un système dans lequel les moyens de production ne sont plus accaparés par une poignée, mais sont la propriété du peuple tout entier.

    C’est donc un choix de société : celui de revenir vers un passé mythifié, fantasmé, mais dans lequel il faut s’attendre à voir renaître des sociétés féodales, esclavagistes ou précapitalistes. Un passé dans lequel l’espérance de vie sera divisée par deux. Ou alors aller vers l’avenir.

    Nous sommes devant l’obstacle. Soit il faut le sauter, soit il faut renoncer. Arriver à un stade supérieur au capitalisme, à l’impérialisme, est pour nous la seule voie possible.

    La concentration, la captation des richesses, entre les mains avides de rapaces entrave le développement et l’avancée de l’humanité dans son ensemble. Les milliardaires se sont mis en tête de se lancer dans le tourisme spatial alors que des millions meurent encore de faim. C’est d’un goût douteux, mais c’est aussi une illustration de leur propre impuissance : la richesse de ces personnages, utilisée à des fins individuelles, leur permet de faire un saut de puce dans le grand vide. C’est bien faible comparé à ce que ces richesses pourraient produire comme avancées, employées avec intelligence.

    Eux-mêmes, d’ailleurs, sont limités par leur propre action délétère. Ils font des incursions dans des domaines qui leur plaisent ou dans lesquels ils veulent investir, mais ils entravent la marche générale de l’humanité : c’est-à-dire la capacité qu’a l’humanité d’avancer toute entière sur le chemin du progrès. En empêchant cela, ils s’empêchent aussi eux même d’en profiter. Ils mourront peut-être, ainsi, d’une maladie dont le traitement n’a pas été développé, car les budgets sont vampirisés par l’armée – pour défendre l’impérialisme contre des concurrents ou des gens qui veulent s’en libérer – ou par des soucis de rentabilité. Car l’humanité n’est pas qu’une abstraction, ça n’est pas qu’un concept : c’est aussi une réalité. Plus nous nous libérons de l’esclavage économique, plus nous pouvons nous consacrer à d’autres choses, plus utiles, plus profitables pour l’ensemble d’entre nous. C’est une nouvelle fois la liberté de tous qui est le marquer de la possibilité de liberté pour chacun et chacune.

    Faire des moyens de produire les richesses une propriété du peuple tout entier, ça n’est pas que faire un acte de justice sociale. C’est aussi ouvrir la voie à une nouvelle forme d’économie, qui soit, de fait une négation de l’économie actuelle. Une nouvelle économie qui, au lieu d’être une économie politique, devient une abolition de la politique : elle devient une gestion démocratique, collective, raisonnée des richesses planétaires, naturelles, culturelles et sociales. Elle devient non seulement une gestion des ressources naturelles renouvelables, mais surtout une préparation d’une étape nouvelle, inéluctable pour la survie de l’humanité : la capacité de quitter le berceau dont elle est issue et de trouver son destin dans l’univers entier.

    Notre ère est celle du choix. Soit l’humanité franchit le stade du capitalisme, de l’accaparation parasitaire, de la prédation, soit elle se condamne elle-même à vivre l’enfer.

    Les partisans de la collapsologie, les survivalistes, vivent dans l’attente d’un « Grand crépuscule ». Non seulement ils n’essaient pas d’agir dessus pour le stopper, mais ils l’espèrent, ils l’attendent de leurs vœux. Il y sont idéologiquement préparés, souvent avec des thèses ultra-réactionnaires à l’appui. Ce n’est pas une coïncidence si ces mouvements sont souvent peuplés de néo-nazis. Le Blut und Boden, le sang et la terre était une de leurs marottes. Ils rêvent d’une lutte à mort pour la survie, en pensant être ceux qui la gagneront.

    Mais pour reprendre un savoureux tweet par Turing Police traduit par nos soins : « Vous devez accepter le fait qu’en réalité, dans un monde post-apocalyptique, il y a 99 % de chances que vous mouriez de diarrhée après avoir bu de la mauvaise eau et que vous n’aurez jamais la chance de porter une armure de football et de fabriquer une machette avec du ruban adhésif et une lame de tondeuse à gazon ou autre. »

    Avancer sur ce chemin, c’est avancer sur celui de l’organisation, de la mobilisation, de la politisation. Avancer sur ce chemin, c’est passer de l’action individuelle, respectable, utile mais limitée, à l’action collective, politique, de masse. De passer à l’action sur la consommation à celle sur la production. À passer du vote pour des gestionnaires du capitalisme à la volonté d’exercer soi-même le pouvoir. Passer de luttes locales, nationales, à la dimension internationale de celle-ci : car il s’agit d’un unique système planétaire dont le bouleversement ne respecte pas les frontières.

  • Mauvais climat.

    Mauvais climat.

    Le temps est franchement mauvais en France et ailleurs. Ces nuages noirs sont à la fois physiques et métaphoriques.

    A Lyon, nous avons pu voir que les phénomènes extrêmes sont de plus en plus fréquents. Torrents de pluie, inondation et orage de grêle ont frappé la région. A Annonay, en Ardèche, une tornade a pu être observée en train de se former. Heureusement sans conséquence. Mais d’autres n’ont pas eu cette chance.

    En revanche, en République Tchèque, c’est même une tornade qui s’est formée, ravageant le village de Hrusky, causant 3 morts et 60 blessés. Des vents de 322 km/h ont été relevés. Le maire du village a ainsi déclaré : « C’est l’enfer sur terre ». D’autres phénomènes du même genre ont frappé le reste de l’Europe centrale. L’Europe découvre un climat de mousson inconnu habituellement.

    Beaucoup plus au sud, le glacier Thwaites suscite une inquiétude importante. Il est le rempart qui protège toute une partie de l’Antarctique du dégel. Ce monstre se détache progressivement sous l’influence de courants chauds, lesquels sapent les attaches qui le relient au fond marin. A lui seul, il pourrait représenter une hausse de 65cm du niveau des océans. Ces éléments épars sont l’expression d’un phénomène d’ampleur dont on ne peut ignorer l’existence. Le réchauffement climatique n’est plus une abstraction, il est une réalité visible, qui s’accélère.

    Le GIEC (Groupe Indépendant d’Étude sur le Climat) vient d’ailleurs de rendre un rapport à l’ONU. Ce rapport est terrifiant puisqu’il laisse entendre que les possibilités de survie de l’humanité sont en train d’être atteintes. Le rapport est laconique : « La vie sur Terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas. » Tous les compartiments de la vie sont atteints. Accès à l’eau douce, accès à l’alimentation, protection contre les chaleurs…Mais aussi pauvreté, faim, maladies… Le rapport se conclut ainsi : « Nous avons besoin d’une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement.« 

    Nous sommes donc, en plus de la pandémie toujours active, toujours capable de rebondir, face à des enjeux immenses, écrasants. Des enjeux qui sont centraux par rapport à notre avenir. Mais des enjeux qui, à l’heure actuelle, peine à trouver leur place. Il suffit pour cela de regarder la vie politique française, elle aussi saturée de nuages noirs.

    Entre deux tours.

    Quelles élections passionnent moins que les régionales ? Peut-être les européennes, et encore. Avec une abstention entre 65 et 85 %, beaucoup ont boudé l’offre politique faite pour le renouvellement des régions. Il faut dire qu’elles ont été peu médiatisées, que les enjeux sont méconnus, mais également que l’offre politique est massivement rejetée par les électeurs et électrices.

    Mais, cela n’empêche pas celles-ci d’avoir une certaine importance : elles les régions possèdent certaines prérogatives politiques et économiques locales. Elles sont aussi un moyen pour les partis d’engranger de l’argent et de posséder des voix en plus pour les sénatoriales. Pour nous, qui sommes dans une posture extra-parlementaire, elles sont une chambre d’écho des stratégies des organisations parlementaristes.

    Or, aujourd’hui, qu’observons nous ? Nous pouvons voir que l’implantation de l’extrême-droite reste relativement fragile, faute de relais locaux. Ce n’est pas négatif. En revanche, nous voyons aussi un climat politique particulièrement violent. Dans certains cas, on entend même des discours qu’on aurait cru remisés depuis la fin de la Guerre Froide. Ainsi, en Île de France, où la coalition PS-EELV-LFI pourrait l’emporter, bon nombre de personnalités sont montés au créneau. Des anciens PS, comme Manuel Valls ou Jean-Paul Huchon ont appelé à voter pour la candidate LR Valérie Pécresse pour empêcher la victoire de «gens irresponsables, irréfléchis et beaucoup trop idéologues». Pour l’ancien ministre de l’intérieur, revenu de l’extérieur, s’allier à Jean-Luc Mélenchon, lui-même ex-PS, est une « faute morale ».

    Pour Valls, cette liste est toxique car elle condense «les ambiguïtés, les compromissions de membres des listes de La France insoumise en Ile-de-France avec l’islamisme, par rapport à la lutte contre l’antisémitisme, au soutien aux policiers, sur la laïcité». Nous en sommes presque revenus à 1972 et la menace du totalitarisme lorsque Mitterrand était candidat de la gauche parlementaire coalisée. En revanche, Jean Sol, candidat de LR aux élections départementales, est prêt à travailler avec le RN. Cela ne choque plus. De toute manière, il devient difficile de discerner, dans l’application des politiques, la séparation entre droite classique et extrême.

    Cette médiocrité des discours, ces invectives paranoïdes, contribuent a alimenter un climat d’ensauvagement. Nous employons ce terme à dessein. Il fait partie désormais du vocabulaire d’un ministre de l’Intérieur sans vergogne. Dans sa bouche, il sert à montrer que la société est devenue plus violente, et qu’il faut la gérer par des expéditions punitives. A ses yeux, le RN est devenu mou, et il se fait fort de le remplacer. Et cela même si c’est le sentiment, et bien le sentiment, d’insécurité qui a augmenté, et non les violences.

    Nous, nous l’employons dans un autre sens, dans celui qu’employait Aimé Césaire.

    « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral […] il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. »

    Cet ensauvagement n’est pas celui de « classes dangereuses » qui se démènent et qui s’émeutent. Il est celui d’élites intellectuelles, de penseurs, de philosophes, de politiciens, chez qui l’idée d’une gestion militaire des choses fait son chemin. Il est dans l’acceptation d’une gestion par l’expédition punitive, par la police à la coloniale.

    Brutalité et violence.

    Faire la liste de toutes les violences d’État serait terriblement fastidieux. Nous ne prendrons que deux exemples : la rave de Redon et l’agression raciste de Dole.

    Concernant la première, nous ne partageons pas particulièrement les conceptions sur la « libération par la fête ». Nous comprenons le désir de liberté après cette période de confinement, mais nous ne pensons pas que ce mode opératoire permette d’en gagner de nouvelles. Et surtout de transformer la société, car certains organisateurs se comportent parfois avec des attitudes de boutiquiers. Mais la question n’est pas là.

    L’intervention des forces de l’ordre a été particulièrement brutale. Elle a dépassé largement le cadre permis par la loi. Au delà de ça, les gendarmes se sont livrés à des actions extra-légales, notamment la destruction, sous les yeux des caméras, du matériel de son. C’est une pratique illégale dont le but n’est pas d’assurer le maintien de l’ordre, mais bien de détruire, de manière très clausewitzienne, les capacités matérielles à morales de l’adversaire. Il en est de même dans certaines pratiques répressives, nous pensons aux antifascistes Lyonnais il y a quelques années, qui ont vu leur matériel militant et leurs bibliothèques détruites. Il s’agit là d’une méthode qui possède des caractéristiques terroristes.

    Dans le cas de l’agression raciste de Dole, nous avons une dimension supplémentaire qui est franchie. C’est la justice elle-même qui a mis en accusation un homme d’origine nord-Africaine sur lequel un individu a foncé en voiture, dans le but manifeste de le tuer. Il est désormais inculpé de dégradation volontaire sur la voiture de son agresseur. Décidément, un sale temps règne.

    Dans une dimension plus internationale, ces tensions et ces brutalités se retrouvent largement. Nous avons pu ainsi voir la marine russe tirer des coups de semonce sur des navires anglais au large de la Crimée. De même, l’armée française modifie progressivement sa doctrine pour intégrer à nouveau des opérations symétriques. Cela va de paire avec une militarisation de la société, dans laquelle le SNU (Service National Universel) joue un rôle central : il permet une reprise en douceur de la notion de conscription, tout en ayant une apparence civile.

    De bien piètres réponses.

    Quand nous voyons la hauteur des enjeux sociaux, écologiques, politiques, géopolitiques et la médiocrité des réponses fournies, une seule question vient à l’esprit : pourquoi ?

    Le capitalisme, l’impérialisme, la division de la société en classes et en intérêts contradictoires explique cela. Les capitalistes ne souhaitent pas la fin du monde, non. Mais ils sont incapable de sortir d’un dilemme terrible : le premier qui respectera les règles du jeu écologique et rationnel perdra une partie de sa rentabilité et sera dévoré par ceux qui n’ont pas fait ces choix. Même s’ils trouvent un terrain d’entente pour réaliser quelques menues avancées, la tentation de la tricherie, la tentation de la transgression sera écrasante. Respecter l’environnement et les êtres humains est une véritable suicide économique.

    La réponse ne peut venir que de quelque chose, d’une force politique, qui non seulement dépasse ces contradictions, mais est capable de se montrer l’émanation politique des intérêts profonds de la société dans son ensemble. Et ces intérêts sont simples : il s’agit d’avoir un avenir, premièrement. D’assurer la survie de l’humanité et de son environnement. D’assurer une vie saine, décente, à l’ensemble de ses membres. De permettre leur épanouissement individuel et collectif. D’assurer la possibilité enfin d’une amélioration continue des loisirs, de la culture, de la santé.

    Toute tentative de résoudre cela se heurte à des réticences, des oppositions, des égoïsmes. L’idée même d’une réponse qui implique l’intégralité de la population est taxée de totalitaire. Pourtant, face à des enjeux aussi immenses, aussi importants, aussi vitaux, il n’est pas possible de laisser le pouvoir être au main d’une poignée. Il mérite d’être remis entre les mains non seulement du plus grand nombre, mais surtout de ceux et de celles qui n’ont rien à gagner à l’exploitation, mais tout à son abolition : ceux et celles qui produisent les richesses, dont le labeur nourrir l’ensemble de la société. Une démocratie populaire, avec une souveraineté populaire absolue.

    C’est à cela que nous voulons travailler. C’est avec ces responsabilités en tête que nous avançons.

    C’est uniquement ainsi que ces lourds nuages noirs seront dispersés, et qu’un avenir rayonnant pourra apparaître.

  • Journée internationale de l’environnement – ICOR.

    Journée internationale de l’environnement – ICOR.

    Appel de l‘ICOR à l‘occasion de la journée de lutte  internationale pour l‘environnement samedi, le 14 novembre 2020

    La crise économique et financière mondiale, la crise sanitaire et la crise environnementale constituent un défi :

    Sauvons l’environnement de l’économie de profit !

    En lien avec la profonde crise économique et financière mondiale, la crise de Corona et la crise environnementale mondiale, une course se développe dans le monde entier pour sauver les bases de l’existence humaine. La pandémie de Covid-19 fait les plus grandes victimes, entre autres, dans les endroits où l’empoisonnement de l’environnement est le plus grave, où les gens sont entassés dans des logements insalubres et travaillent dans des conditions misérables et où l’exploitation capitaliste se fait avec peu ou pas de protection sanitaire.

    Contrairement à toute la propagande utilitaire des impérialistes, qui prônent un « répit pour l’environnement grâce à la pandémie de Corona », la transition accélérée vers une catastrophe environnementale mondiale se montre dans toute sa netteté. Partout dans le monde, de grandes surfaces de forêts brûlent, les masses de glace polaires fondent, les sols du permafrost dégèlent et les forêts tropicales sont défrichées par le feu à un rythme accéléré pour le plus grand profit des entreprises. En 2021, la forêt amazonienne, l’un des « poumons verts de la terre », est menacée à long terme d’un point de basculement et avec lui sa transformation irréversible en steppe. Avec plus de 411 ppm, la teneur en CO2 de l’atmosphère a atteint une nouvelle valeur maximale, tout comme la température de la terre et de l’eau. La température mondiale moyenne a déjà augmenté de 1,22 degré par rapport à l’époque préindustrielle, alors que les classes dirigeantes débattent encore de l’intention non contraignante de la limiter à un « objectif de 1,5 degré » dans le traité de Paris sur le climat. Cependant, cela accepte sciemment des conséquences dévastatrices et déclenche des processus destructeurs qui s’auto-entretiennent et qu’il faudrait en fait empêcher. Les violentes tempêtes, les inondations, la sécheresse et la famine détruisent des millions d‘existences humaines et poussent les survivants à fuir. Dans de nombreux pays, l’exploitation minière excessive empoisonne l’eau, le sol et l’air.

    Les monopoles internationaux, les gouvernements impérialistes et ls alliance impérialistes telles que l’UE font pression en faveur de politiques et d’opinions pseudo-écologiques, axées sur le profit et impérialistes, comme „l’Alliance Européenne des Piles“, qui promeut la fièvre du lithium avec toutes ses conséquences pour les peuples. Ils fantasment sur un « green deal » avec des milliards de subventions au capital financier international pour tromper les masses, ou se présentent ouvertement réactionnaires comme Trump ou Bolsonaro, face à la protection de l’environnement. Ni cela, ni les promesses non contraignantes faites dans le cadre de l’accord sur l’environnement ne sauveront l’environnement. Avec la ligne de fond « protection de l’environnement seulement si les profits sont justes », l’humanité va périr !

    Les luttes de masse jusqu’aux développements de type soulèvement dans certains pays et les critiques du capitalisme, surtout parmi les jeunes, se multiplient. Les masses ont besoin de plus de clarté et d’organisation ! Dans les luttes contre les licenciements massifs, la destruction de l’environnement, contre les crises de la faim et les développements vers la droite  des gouvernements, ainsi que dans les manifestations du mouvement des Vendredis pour l’avenir, la recherche d’une alternative sociale se développe !

    Avec la propagation massive de l’anticommunisme, ce débat, cette recherche et cette organisation doivent être supprimés. Les impérialistes savent que leur pouvoir destructeur sera renversé lorsque les masses du monde entier, dans la perspective du socialisme, s’uniront et entreprendront la lutte pour leur avenir sous la direction du prolétariat international !

    En invoquant la pandémie de Corona, les impérialistes ont, pour commencer, reporté d’un an, du 1er au 12 novembre 2021, la 26e Conférence mondiale des Nations unies sur le climat à Glasgow. Le mouvement révolutionnaire et ouvrier et le mouvement environnemental mondial combatif n’ont aucune raison de reporter leurs activités. Le temps presse !

    Comme prévu, l’ICOR tiendra sa journée annuelle de lutte environnementale le 14 novembre, date de la traditionnelle Global Action Day du mouvement environnemental combatif. Nous faisons appel aux jeunes, aux travailleurs, aux écologistes et aux militants des mouvements populaires et sociaux : Émettons ensemble un signal combatif en ce jour :

    • dans la lutte pour l’emploi et la protection globale de l’environnement au détriment des profits.
    • pour la mise en œuvre des énergies renouvelables
    • contre l’intoxication de l’homme et de la nature, contre le pillage et l’invasion massive de déchets de la planète
    • contre la destruction des forêts et de l’écologie marine
    • dans la lutte pour nos droits et libertés démocratiques, pour les droits et la protection de millions de réfugiés dans le monde
    • Contre toute division dans la lutte pour l’emploi et pour la sauvegarde de l’environnement naturel : construisons ensemble un front de résistance international actif pour sauver l’environnement ! Le mouvement ouvrier, populaire et environnemental main dans la main !
    • Discussion de masse sur la sauvegarde de l’unité de l’homme et de la nature, sur le véritable socialisme comme alternative sociale !
    • Lutte offensive contre la politique environnementale destructrice des pays impérialistes – seuls la révolution démocratique et enfin le socialisme et le communisme rendront possible la solution de la question vitale de l’environnement.

    Participez à la journée de lutte pour l‘environnement de l‘ICOR, le 14 novembre – à l‘échelle mondiale !

    Renforcez l‘ICOR et ses organisations membres !

    Signataires (situation 13 novembre, d’autres sont possible) :

    1. UPC-Manidem   Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    6. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    7. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    8. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    9. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    10. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    11. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    12. БРП(к)   Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    13. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    14. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    15. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    16. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    17. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    18. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    19. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    20. UMLP   União Marxista-Leninista Portuguesa ()
    21. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    22. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    24. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    25. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    26. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    27. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    28. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    29. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    30. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    31. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
  • Le chemin de croix de l’écologie.

    Le chemin de croix de l’écologie.

    Sans qu’il n’y ait réellement de vague verte, les hauts scores obtenus par les listes écologistes leur ont valu une grande couverture médiatique. La victoire à Lyon, par exemple, a été ressentie de manière très variée dans les différentes couches de l’opinion publique.

    L’abstention a atteint globalement 59 %. Il s’agit d’un record, pour des élections qui sont pourtant relativement suivies. Elle est tant à la fois conjoncturelle, du fait de la pandémie, que structurelle. Les élections sont, dans l’ensemble, de moins en moins suivies. Le « désenchantement démocratique » joue ici en plein. Les scandales à répétition (Fillon, Balkany…etc) et l’impunité totale des politiciens et politiciennes tend à détacher toujours plus la grande masse des électeurs de leurs élus.

    En dépit de cela, il faut reconnaître aux listes vertes un certain succès. Il est indéniable que les mouvements écologistes ont le vent en poupe. Il n’existe plus personne pour contester le fait que la situation se dégrade sensiblement d’année en année. La pandémie et les questions sous-jacentes à celle-ci ont également joué en plein. Il existe d’ailleurs une tendance à ce que les questions centrales glissent insensiblement du social, de la défense des intérêts des travailleurs, à la défense des possibilités de survie.

    Des verts« à demi vide ».

    Nous, militants et militantes révolutionnaires, quelques soient d’ailleurs nos sensibilités et nos conceptions de ces questions, nous regardons avec méfiance EELV et ses satellites. À ce titre, le site d’information libertaire Rebellyon a fait un travail particulièrement poussé quant à la nouvelle équipe lyonnaise.1 Nous ne pouvons pas oublier qu’EELV, à l’époque de François Hollande, a exercé conjointement le pouvoir. De même, il a été possible pour nos camarades Grenoblois de Solidaire d’expérimenter la répression écologiste.2 Cette gauche verte possède, dans le fond, tous les traits de la « deuxième gauche » née dans les années 1970. Une gauche soumises aux injonctions morales imposée par les capitalistes, pour échapper à l’épithète du totalitarisme. Une gauche qui joue principalement sur les attitudes individuelles, laissant de côté les questions centrales du mode de production des richesses et de l’exploitation. En somme, une gauche « éthique et morale » dans un monde en guerre, sans foi ni loi. C’est honorable, mais l’honneur seul est le privilège des vaincus de l’histoire. Or, les enjeux sont bien trop élevés.

    Le corollaire de cette vision du monde est la recherche du « moindre mal ». Ce moindre mal conduit, à la fin, à capituler progressivement pour ne pas rentrer en confrontation directe avec les intérêts du grand patronat ou la fameuse « place de la France dans le monde », place qui est celle de sa bourgeoisie.

    Cela, nous le savons. Mais pourtant, les réactions face au « totalitarisme vert » ont été d’autant plus brutales qu’inexplicables. Ainsi, qu’est ce qui se passe dans l’esprit de Zemmour pour qu’il aille jusqu’à dire «  Le vert des Verts correspond, comme par hasard,3 au vert de l’islam. » ? Plus élaboré, qu’est ce qui amène Olivier Babeau, dans le Figaro, à dire : « L’écologie s’est historiquement construite sur un mouvement de résistance à la modernité des Lumières et au capitalisme. Par essence réactionnaire, conservatrice et antilibérale, elle avait connu un certain épanouissement avec le national-socialisme, auprès de qui les thèmes de l’anti-cosmopolitisme, du retour à la terre, des valeurs simples et des solidarités ancestrales résonnaient parfaitement. »

    Cela mérite un peu d’explication.

    L’histoire de la mentalité des élites en France est souvent traitée avec légèreté au sein de l’hexagone. Elle est pourtant très fortement polarisée par la conversion progressive des élites intellectuelles à la réaction, au nom de l’anti-totalitarisme.

    Tout un arsenal rhétorique a été conçu dans les années 70 pour faire barrage à la gauche. Pourtant, nous savons que cette gauche n’a pas été révolutionnaire. Elle a très bien joué sa partition, qui consistait, au nom, une nouvelle fois, du « moindre mal », à protéger le capitalisme de la crise économique, à le nourrir, le choyer, puis à la lui rendre sa liberté. En fait de dictature totalitaire, on ne peut mettre au crédit de cette gauche qu’une certaine décentralisation et démocratisation de l’appareil d’État.

    Et pourtant. Cette bien maigre « révolution par les urnes » était perçue comme une intolérable menace contre la démocratie bourgeoise et l’ordre établi. Suffisamment pour que les intellectuels se rallient à des thèses qui assimilent Lumières, Révolution Française, gauche, et totalitarisme. Il y avait la crainte d’un débordement, d’une trop grande remise en cause des institutions par la population elle-même, dépassant le gouvernement, et que celle-ci finisse par menacer l’ordre. La marche de beurs, par exemple, entre le 15 octobre 1983 et le 3 décembre, a été une illustration de ces dépassements. Le PS est cependant arrivé à la canaliser, l’engouffrant dans l’impasse de SOS Racisme.

    Dans la perception actuelle de l’écologie se trouve la même crainte. La crainte que, au-delà du contenu politique et de la piètre pratique des écologistes-libéraux, l’appropriation de la question de l’écologie par les masses populaires ne débouche sur une angoissante fusion. Que le débat et la nécessité vitale de protéger la Terre ne fusionne aux revendications sociales et politiques.

    Olivier Beabeau se trahit, dans le fond, en rattachant dans le même article, le mouvement écologiste aux mouvements de gauche. « En France, le mouvement écologiste a prospéré sur les ruines des idéologies communistes d’abord, et socialistes ensuite. » Plus que d’analyser quoique ce soit, l’auteur n’a pas d’autre but que de pouvoir placer les mots honnis dans son pamphlet. Dans le fond, ce qui lui serre la gorge, c’est bel et bien une jonction Vert-Jaune-Rouge.

    Ce qu’oublie, ou ce que feint d’oublier Olivier Babeau, est qu’il existe différentes origines et différentes expressions de l’écologie. Il existe une, réactionnaire, contemplative, qui est celle qui se rattache au mouvement Steiner, dont l’avatar actuel est Pierre Rahbi. Elle est également celle de Christine Boutin, laquelle partageait le tweet suivant : « Le problème n’est pas tant que triomphent les écologistes, mais que les écologistes ne sont pas écologistes. Car par définition l’écologisme ne peut être que conservateur – de l’ordre naturel, immuable de la terre & du vivant. Aussi devrait-il même être aujourd’hui réactionnaire. » C’est paradoxalement celle qui pose le moins de problème aux capitalistes.

    Mais il existe une autre conception, marxiste, révolutionnaire, de l’écologie. Celle qui s’est d’ailleurs concrétisée dans les travaux de l’influent intellectuel soviétique Vladimir Vernadsky. Il est le créateur du concept de biosphère. Dans cette conception, les activités humaines ne peuvent être séparées de la nature. L’avenir que dessinait ce penseur était résumé ainsi :

    « Nous avons pourtant un projet de société à dessiner. Une société de démocratie populaire. Une société dans laquelle l’économie change profondément de nature. Dans laquelle les rapports marchands finissent par disparaître, et où elle finit par être intégrée à l’écologie, dans une optique de gestion des ressources terrestres. Cette administration des ressources est mise au service des besoins sans cesse croissants, culturels et matériels, de la population. Des besoins immenses, mais qui, pourtant, ne représentent qu’une fraction du gâchis épouvantable de ressources qu’est le capitalisme. »4

    C’est précisément cette synthèse que redoutent les capitalistes, et qu’ils nomment « totalitaire » car elle inclut l’intégralité de l’humanité et des activités humaines dans un seul ensemble. Elle est celle que nous devons défendre.

    Les initiatives individuelles sont bien souvent moquées par les mouvements politiques révolutionnaires. Pourtant, elles font partie de la solution plus que du problème. Elles sont une première étape dans l’intégration des pratiques écologistes dans une solution politique intégrale. Elles méritent d’être soutenues. Mais il en est de même pour les luttes sociales, qui présentent une importance considérable pour la vie matérielle. C’est la synthèse entre ces éléments, une synthèse politique, qui peut permettre de progresser réellement sur le chemin de la solution.

    Fessenheim, un cas d’école.

    La fermeture de la centrale de Fessenheim a suscité des réactions mitigées. Elle est illustrative des contradictions au sein du mouvement ouvrier, du mouvement politique progressiste et écologiste. La fermeture de Fessenheim a été considérée par la CGT, ainsi, comme le préalable à un écocide. Le manque de mégawatts serait, en effet, compensé par l’importation d’une électricité Allemande produite par la combustion du charbon. C’est factuellement vrai.

    Cependant, Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire de France, a dépassé depuis longtemps les limites de sécurité liée à l’âge. Elle est devenue structurellement dangereuse, avec une durée de vie poussée administrativement, tandis que l’externalisation de l’entretien amoindrit encore ces sécurités. Quelles que soient les considérations liées au nucléaire, le minimum est un consensus sur ce point précis. D’ailleurs la rhétorique sur le fait que l’État se coucherait devant les lobbys écologistes ne tient pas debout. Le nucléaire et l’ensemble de cette filière sont bien trop précieuses pour être sacrifiées. Elle est, avec Total, un des grands piliers de l’impérialisme français.

    La réalité est là : la contestation économiste seule ne suffit pas. L’équation posée par la CGT est ainsi insoluble. Dans la balance, d’un côté la perte d’emploi, la hausse du CO2, le besoin d’importation. De l’autre le coût d’une nouvelle centrale, la question de l’occupation militaire des zones d’extraction, la pollution de longue durée.

    Que faire ? Couper la poire en deux ? Accepter une partie de l’équation ? Choisir entre la pollution au Niger ou ici ? Choisir entre l’impérialisme et l’importation ? Le cas de Fessenheim montre que la solution est impossible sous le capitalisme.

    Ou alors, considérer qu’il faut accepter le fait que techniquement cette centrale soit hors d’âge. Considérer qu’il faut lutter pour que les emplois soient protégés. Mais, à côté de cela, mettre tout en œuvre pour organiser politiquement ceux et celles qui sont partie prenante dans ce débat, et leur offrir comme perspective la possibilité d’une gestion démocratique de la production d’énergie, dans le cadre d’un autre régime.

    Un régime qui puisse transformer la manière dont nous produisons et dont nous consommons l’énergie. Qui puisse proposer une quadrature de cercle, en développant des énergies propres, saines, dans lesquelles la question de la rentabilité est évacuée par la fin du parasitisme bourgeois. C’est à cela que nous voulons travailler. C’est cela la véritable vague verte.

    1https://rebellyon.info/Des-Verts-a-moitie-vides-Portraits-des-22376

    2https://solidairesetudiantsgrenoble.wordpress.com/2016/06/22/notre-petite-visite-au-conseil-municipal-de-mr-piolle/

    3Il ne faut pas oublier d’insister sur le « comme par hasard », puisqu’il s’agit de l’argument central. Sans la virgule de dislocation, cela sonne moins bien, il faut le dire.

    4https://unitecommuniste.com/analyses/le-besoin-vital-dune-utopie/

  • Le besoin vital d’une utopie.

    Le besoin vital d’une utopie.

    Aujourd’hui, qui peut aborder l’idée du futur sans être étreint d’angoisse ?

    L’avenir paraît bien sombre. La pandémie occupe et ses conséquences sanitaires, sociales et économiques obscurcissent notre futur proche. Cela, sans compter ses conséquences politiques et géopolitiques, lesquelles promettent d’être brutales.

    En toile de fond, l’incapacité totale des gouvernements à faire face au défi écologique contribue à convaincre que les événements vont, globalement, dans le sens d’une dégradation, voire d’un effondrement. Si rien n’est entrepris, celui-ci est inéluctable. Le capitalisme, l’impérialisme se base sur la recherche du profit maximal et sur la concurrence entre cliques. Il n’est pas taillé pour répondre à une crise globale, planétaire, et qui demande une remise à plat complète de notre système de production.

    L’écologie et le débat sur celle-ci est souvent limité à des approches superficielles et parfois – tout bonnement – ridicule. Le débat sur les 110 km/h est ainsi une illustration parfaite. La question de la vitesse autoroutière joue de manière marginale quant à la question de la pollution globale. C’est un épiphénomène. Pourtant, dans le vécu des automobilistes, il est porteur d’une importance psychologique immense. Il joue sur le temps perdu dans le purgatoire des trajets quotidiens. Temps non-payé et pourtant lié au travail. De fait, il cristallise le débat sur cette question. Il permet à une rhétorique populiste anti-écologiste de trouver un appui, tout comme il prend au piège les politiciens verts, qui ne peuvent aborder la question de fond.

    Aucun ne veut non plus relier cette question à des choix politiques mis en place ou adoubés par leurs organisations politiques : la liquidation de la SNCF par exemple, ou la prise en compte du temps de trajet dans les journées de travail.

    La mise en cause des mécaniques profondes, la production, le système économique, le système politique… est immédiatement disqualifiée en employant des termes infamant ou ayant vocation à marquer les esprits. Extrémiste ; radicalisé ; populiste…ou, lorsque le projet concerne l’ensemble des paramètres de la société, l’anathème suprême : totalitaire.

    Car, il ne faudrait pas sacrifier un millimètre de liberté. Une liberté qui se résumerait à des droits imprescriptibles : celui d’être exploité ; celui d’acheter les produits de cette exploitation ; celui de payer de son argent, ou de sa vie, pour maintenir une domination coloniale sur d’autres ; celui d’être la ligne de défense pour protéger ses capitalistes nationaux contre les autres. Celui, enfin, de mourir épuisé, vidé de toute substance, après avoir usé sa force de travail.

    Voilà les libertés qu’on nous offre. Nous avons, bien sûr, le droit de critiquer cela. Mais le changer, non.

    Défis planétaires, réponse universelle.

    Pourtant, face aux défis planétaires, face au découpage des chaînes de production, face au fait que le réchauffement climatique ne s’arrête pas aux frontières… face à tout cela, c’est une réponse qui implique l’humanité entière qui doit être formulée. Elle s’applique à l’ensemble de celle-ci. Et cela, même si il est certain que, du fait des inégalités de développement économique et politique, certains États, certaines régions, répondront à des rythmes distincts les uns des autres. Et si l’impréparation des uns ne doit pas servir d’alibi à l’inaction des autres.

    Nous devons, nous qui voulons faire changer les choses, faire renaître une force conséquente. Nous voulons sortir de l’impasse, de la nasse idéologique dans laquelle nous sommes – nous, au sens de « ceux qui veulent un changement radical de société » – pris au piège depuis des décennies.

    Il existe une rupture dans la transmission de l’héritage de l’expérience du mouvement ouvrier et du mouvement révolutionnaire.

    Cette rupture a été le fait de plusieurs facteurs : les 30 glorieuses ont laissé croire qu’il était possible que le capitalisme proposât une chance à tous et toutes, un confort matériel, des perspectives… Elle a convaincu un grand nombre d’individus que les luttes traditionnelles n’avaient plus de sens ni de but. A cela se sont ajoutés le dépit devant les difficultés, les compromis, puis les trahisons du « socialisme réel ». Enfin, les élites, qui jusqu’alors avaient pu représenter une voix forte pour la défense d’une perspective de progrès collectif, se sont converties à la lutte contre l’idée révolutionnaire et à la gestion commune du capitalisme et de l’impérialisme.

    Aujourd’hui, un renouveau se fait. Il est impressionnant de vigueur et d’énergie. Partout éclosent des luttes, des groupes, des cercles, des organisations qui veulent renverser la vapeur, qui veulent combattre. Elles essaient de refaire vivre cet héritage, de lui redonner sens, de lui donner corps et de se mettre en phase avec l’actualité. Ces différents groupes accumulent une expérience, un contenu idéologique, une analyse qui leur sont propres. Chacun, sur son terrain, dans son groupe, construit, élabore, cultive, une parcelle de vérité, une parcelle de stratégie, une parcelle du chemin vers la victoire.

    Régénérer l’idéologie révolutionnaire.

    Hélas, il s’agit d’un travail de titan, que nous souhaitons tous mener à bien. Mais il demande une base quantitative pour effectuer un bond qualitatif. Le diamant brut a besoin d’être taillé sur plusieurs faces pour devenir un joyau. C’est souvent là où les choses deviennent plus complexes. La méfiance, les frustrations, les colères, le ressentiment, isolent les groupes les uns des autres, les maintiennent chacun, dans la nuit, éclairés de leur propre lumière, mais incapable de voir ce qui les entoure.

    Comment leur jeter la pierre ? Nous avons été nourris à l’idée qu’un seul portrait, un seul nom, une seule vie pouvait concentrer tout le savoir, la théorie, l’idéologie, la stratégie… Qu’un trait de génie avait révélé le chemin à des sur-êtres. Or, c’est oublier le travail d’élaboration commun. Même lorsqu’ils ont fait le procès de leurs contradicteurs, ceux qui ont fait naître les idéologies révolutionnaires les ont écouté, ont noté leurs arguments, et ont vérifié leurs dogmes. Il existe la tendance de vouloir écarter cet indispensable travail commun. De limiter la voie à une unique voix. De réduire aussi les contradicteurs, les compagnons – y compris ceux et celles qui ont dévié ou trahi – à des non-êtres, des fantômes, chargés de condenser tous les travers et les défauts. Ces totems éducatifs, délimiteurs, ont été chargés de baliser le chemin vers la voie juste et universelle. Une voie qui donnerait réponse à tout, de la théorie jusqu’aux slogans, intemporelle et, donc… anti-dialectique.

    Nous croyons à la décantation et à l’élaboration commune. Nous pensons que le sens profond du marxisme, le matérialisme-dialectique et le matérialisme historique, son fondement théorique, est un outil d’une puissance immense, lorsque bien utilisé. Lorsqu’il est utilisé pour permettre de faire le tri des expériences, de les synthétiser, de les faire décanter, d’en tirer les aspects justes et positifs. Lorsqu’il sert à déterminer le contenu politique et la synthèse de l’heure actuelle, et qu’il permet de concevoir des formes d’organisation et des stratégiques adaptées. Qui ne soient pas des mots creux ou vide de sens. Crier « révolution » ne dessine pas le chemin de la révolution et ne dessine pas non plus le chemin de l’adhésion pour ceux et celles à qui ce message se destine.

    Nous avons du mal à nous dessiner l’avenir. Il existe une espèce de honte à parler d’utopie. Elles ont été tellement maltraitées. Elles nous placent également devant notre propre impuissance à transformer la réalité. Notre conscience aiguë de notre faiblesse nous place en situation de défense. Défense de la nature, anticapitalisme, antifascisme, antiracisme… Ce sont des luttes qui sont irremplaçables. C’est un fait incontestable et que nous n’essaierons pas de contester. Elles ont leur rôle à jouer et doivent pouvoir le faire. Chaque lutte progressiste, chaque victoire dans un secteur ou sur un front, renforce les autres. Et ce, tant dans une perspective nationale que internationale. Chaque défaite, chaque recul, a contrario, provoque l’inverse.

    Mais cette riposte nous doit par nous priver de l’esprit d’initiative. Elle ne doit pas nous priver de dessiner aussi une société future et de faire adhérer à celle-ci. Nous pouvons et devons tracer des perspectives, un programme, un chemin vers un futur meilleur. Renoncer à l’utopie, au but, à la finalité, c’est renoncer, dans le fond, à vouloir chercher les moyens de l’atteindre.

    Dépasser le stade actuel.

    Nous avons pourtant un projet de société à dessiner. Une société de démocratie populaire. Une société dans laquelle l’économie change profondément de nature. Dans laquelle les rapports marchands finissent par disparaître, et où elle finit par être intégrée à l’écologie, dans une optique de gestion des ressources terrestres. Cette administration des ressources est mise au service des besoins sans cesse croissants, culturels et matériels, de la population. Des besoins immenses, mais qui, pourtant, ne représentent qu’une fraction du gâchis épouvantable de ressources qu’est le capitalisme.

    Ce bouleversement de la manière de concevoir nos activités créatrices et génératrices de richesses -matérielles ou immatérielles – ne peut être réalisée sans transformation. Cette transformation ne peut être dirigée par ceux et celles qui vivent du travail des autres, qui le parasitent, qui s’en enrichissent. Il ne peut être que la produit du combat de ceux qui extraient et réalisent ces richesses. Et ceux et celles qui travaillent dans l’industrie, tant parce qu’exploités et exploitées que par leur position au point le plus vital de tout le fonctionnement du système, ont un rôle spécial à jouer. Ils peuvent bloquer le pays, ils savent travailler de façon coordonnée et à un haut niveau technique, ils ont donc un rôle à jouer à la fois pour le renversement du monde ancien et l’édification du nouveau.

    Nous voulons vivre et travailler différemment. Moins, mieux, toutes et tous. Travailler avec un sens. En ayant le sentiment que notre travail possède une valeur, qu’il apporte quelque chose. Sans oppression managériale, sans la précarisation, sans l’angoisse économique, sans les tâches aliénantes. Limiter le travail à sa forme utile et nécessaire, en laissant l’espace pour l’émancipation et l’épanouissement de chacun, de ses processus créatifs. Il suffit de voir la quantité incroyable de travail gratuit réalisé bénévolement, avec la seule récompense de participer à une construction commune, pour voir que les tenant de la « nature humaine égoïste » mentent.

    Au delà de ces lieux communs, c’est une société qui éradique les maladies du passé, que ce soit les maladies physiques comme l’aliénation du travail, l’aliénation de la violence sociale. Une société qui offre un avenir pour les individus, une possibilité d’épanouissement, tout comme pour l’humanité dans son ensemble. Une société qui renouvelle le contrat social qui nous unis toutes et tous dans une seule et même humanité. Une société qui soit également en mesure de construire un « contrat naturel » avec l’environnement, permettant non seulement de prendre en compte les capacités de régénération et les ressources finies de la planète, que de poser la question même du rapport de l’humanité à la nature.

    L’humanité, libérée des entraves du profit, est capable d’affronter toutes les questions. Toutes les questions, toutes les anxiétés sur l’avenir, sur la vie, sur la science, sont tout autant de questions que nous nous posons car nous touchons du doigt les réponses. Elle n’a d’autre limite que celles qu’elles s’impose à elle-même. Or, la possibilité d’avancer, de faire progresser celle-ci n’a pas été que le fait de coups de génie et d’avancées individuelles. Elle a été permise par des bonds en avant dans les forces productives, dans les forces sociales, dans les progrès intellectuels généraux. Quelque soient leurs fortunes personnelles, les grands bourgeois eux-mêmes sont prisonniers de leur individualité.

    L’émancipation de tous et toutes, c’est l’émancipation de chacun et de chacune !

    Nos désirs personnels, nos rêves, nos envies, ces choses que les capitalistes nous promettent de pouvoir réaliser, ne pourront l’être que dans l’émancipation collective. C’est cette émancipation de tous qui est la seule garantie de l’émancipation de chacun. Une émancipation qui supprimera le joug et le poids du déterminisme social. Qui n’aura d’autre limite que le contrat social et le contrat avec la nature. Une liberté réelle et concrète, dès que la nécessité est accomplie.

    En dépit de la période sombre qui s’annonce, nous touchons du doigt l’âge adulte de l’humanité. Elle est figée dans le passé, traînée en arrière, diminuée, ensauvagée, par le carcan du capitalisme, de l’impérialisme, du colonialisme, du fascisme. Elle est clouée dans le passé par une prétendue « nature humaine » qui n’est autre que l’influence de l’idéologie de la classe dominante : avide, cruelle et cupide.

    Nous ne voulons pas la guerre, la mort, le conflit. Nous voulons pouvoir construire le monde de paix, d’équité, de prospérité. Nous avons besoin des moyens de le réaliser. Nous voulons un projet. Un projet qui puisse permettre de voir, dans les travers du monde d’aujourd’hui, les bourgeons de celui de demain. Nous pouvons et nous devons porter un projet. Un projet qui ne nie pas la difficulté, les épreuves, les moments brutaux à vivre. Mais un projet émancipateur, libérateur, qui fasse passer la très large majorité de l’humanité du stade de sujet à acteur de son destin. Et, demain, à maître de celui-ci. N’oublions pas l’importance de l’utopie en construction dans le projet socialiste. N’oublions pas que voir le monde en devenir, le voir changer, « marcher dans les pas de l’histoire » a toujours été fondamental dans l’adhésion au projet révolutionnaire.

    Ce projet ne pourra se réaliser sans étapes. La première étant de pouvoir sortir du carcan de l’impérialisme et du capitalisme. Réaliser cette étape demande des forces importantes et une résolution de fer. Elle demande un engagement sincère, endurant, combatif. Elle demande des progrès individuels immenses. Elle transforme ceux et celles qui l’arpentent. Elle se heurte aux injonctions morales formulées par ceux et celles qui veulent que le monde reste tel qu’il est. Qui exigent la soumission à leur ordre, leurs règles.

    Nous appelons toutes les personnes qui se reconnaissent dans ce projet que nous défendons à travailler en commun avec nous. A rejeter le sectarisme, la défiance, le défaitisme. Ayons confiance en nous-même. Travaillons ensemble, en ayant conscience de la nécessité impérieuse d’avancer.

  • Lettre du  CPA(ML) Australien à la direction de l’ICOR

    Lettre du CPA(ML) Australien à la direction de l’ICOR

    Chère camarade Monika,

    Merci beaucoup d’avoir exprimé votre inquiétude face à la catastrophe des feux de brousse en Australie. Ces feux de brousse sont d’une ampleur et d’une intensité sans précédent. À ce jour, 28 vies ont été perdues, plus de 2500 maisons ont été complètement détruites et peut-être plus d’un milliard d’animaux, y compris le bétail et la faune, ont été tués. 10 milliards d’hectares et un certain nombre de petites villes rurales ont été brûlés.

    Les incendies se sont généralement produits dans des zones rurales et n’ont pas menacé les grandes banlieues des villes où vivent la plupart de nos membres. Néanmoins, plusieurs de nos membres se sont trouvés à proximité des incendies et ont dû partir ou être évacués.

    Nous continuerons à proposer des analyses de cette catastrophe climatique sur notre site web. Vous avez peut-être vu sur notre site un dépliant du Parti sur les feux de brousse que nous avons distribué lors de grands rassemblements urbains hier (vendredi).

    D’une manière générale, les masses se rendent en grand nombre à ces rassemblements. Leur niveau politique et idéologique global est inégal, de sorte que notre approche et notre présentation doivent tenir compte des différents niveaux de conscience de classe. La majorité dirige sa colère contre l’arrogance et l’incompétence du Premier ministre et du gouvernement qui ignorent et nient les avertissements antérieurs des scientifiques et des experts en incendie concernant les conditions climatiques changeantes qui alimentent d’immenses feux de brousse incontrôlables. Ils sont en colère contre l’incompétence et le mépris des gouvernements qui n’ont pas fourni d’aide urgente et immédiate aux pompiers et aux communautés touchées. Certains demandent le limogeage ou la démission du Premier ministre et du gouvernement. Un nombre plus restreint d’entre eux dirigent leur colère contre les entreprises de combustibles fossiles. Ils sont de plus en plus nombreux. Un nombre encore plus restreint de personnes considèrent le capitalisme comme la cause profonde de la crise climatique que le capitalisme n’est pas capable de résoudre. Nous devons partir des préoccupations qui sont évidentes sur les pancartes et les banderoles et des conversations que nous avons avec les gens et essayer d’élever leurs préoccupations spontanées à un niveau supérieur. Les monopoles bourgeois des médias et les marionnettes des monopoles des combustibles fossiles au Parlement essaient de détourner l’attention des sociétés d’exploitation des combustibles fossiles et de canaliser la colère des masses contre les individus, par exemple, les inefficacités d’un PM inutile et de quelques politiciens qui sont sacrifiables à la classe dirigeante chaque fois qu’ils deviennent inefficaces pour poursuivre les illusions et contrôler le peuple, tant que le capitalisme et la domination impérialiste de ce pays restent intacts. La classe dirigeante blâme les pyromanes et les environnementalistes pour détourner l’attention d’elle-même.

    Certains de nos membres utilisent les médias sociaux pour atteindre un public plus large et souligner que si le Premier ministre Morrison et le gouvernement doivent être condamnés avec férocité et réclamer leur limogeage, nous ne devons pas oublier qui se cache derrière eux, car ils ne sont que des marionnettes des entreprises de combustibles fossiles (principalement des multinationales) qui tirent leurs ficelles.

    Le journaliste d’investigation Michael West expose la façon dont les multinationales des combustibles fossiles dictent les politiques de ce pays en matière de combustibles fossiles et d’exportation d’énergie ici

    Nous appelons à la nationalisation des entreprises multinationales de combustibles fossiles, qui doivent être dirigées par des travailleurs et des ouvriers, et utiliser les bénéfices pour passer des combustibles fossiles aux énergies renouvelables, développer des industries durables et garantir des emplois, et répondre aux besoins des travailleurs. C’est notre exigence immédiate qui pose les bases révolutionnaires anti-impérialistes d’une révolution socialiste.

    Vous avez peut-être vu la marine australienne déployée pour évacuer certaines villes côtières. C’est la première fois que des membres de l’armée et de la marine sont déployés de cette manière. Une partie de l’armée de réserve (des civils qui suivent une formation militaire) a également été appelée en service et mise au travail dans des zones ravagées par des feux de brousse – une première également pour notre pays.

    Le Premier ministre Scott Morrison est profondément impopulaire, d’une part pour avoir passé des vacances à Hawaï au plus fort de la crise, et d’autre part pour ses dénégations sur le changement climatique. Un jour, il a apporté un morceau de charbon au Parlement pour montrer son scepticisme face au réchauffement climatique et son soutien aux combustibles fossiles. Une jeune femme a bénéficié d’une couverture médiatique nationale lorsqu’elle a refusé de lui serrer la main dans une région dévastée par des feux de brousse.

    Le poème suivant capture quelque chose de ce moment :

    The hand that carried the coal

    She refused to

    Shake the hand

    That carried the coal

    That obscenely fondled the coal

    That brandished the coal

    Taunting the nation

    Embracing fossil fuel

    In our blackest hole –

    Parliament

    She laid down conditions

    For shaking the hand

    Of the mirthmaker

    Of the smirker

    Of the loyal servant

    Of the big corporations

    Whose home still stands

    Unlike her own charcoaled decay…

    And he turned and walked away.

    Nero fiddled for six days

    And seven nights while

    Rome burned

    We’ve been burning for months

    So whose crime is greater?

    History’s harsh judgement

    In flames he has earned.

    Il est toujours dans le déni, déclarant hier à l’animatrice radio Kim Landers que « la suggestion que l’Australie … augmente ses objectifs de réduction des émissions n’aurait pas, d’une manière ou d’une autre, provoqué ces incendies est, à mon avis, une proposition absurde …Nous devons nous assurer que nos politiques sont équilibrées et sensées et ne poursuivent pas des objectifs irresponsables qui détruisent l’emploi et l’économie et qui ne réduiront pas les risques d’incendie de brousse, mais qui prendront les emplois des gens… La suggestion que d’une manière ou d’une autre les réductions d’émissions de l’Australie sont directement liées aux incendies en Australie… eh bien, ce n’est tout simplement pas vrai ».

    C’est la même ligne qu’il a défendue en novembre, lorsqu’il a déclaré que « la suggestion selon laquelle l’Australie, responsable de 1,3 % des émissions mondiales, aurait un impact direct sur des incendies spécifiques, que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, ne correspond pas non plus à des preuves scientifiques crédibles ».

    Il est vrai qu’une petite réduction de nos émissions aurait un effet minime sur les émissions mondiales, mais là n’est pas la question. Le leadership consiste à donner des exemples. Une réduction volontaire, spécifiquement en réponse à notre nation en feu, servirait de défi aux autres nations pour qu’elles en fassent plus. Nous étions autrefois les seuls, au niveau international, à donner des voix et le droit de se présenter aux élections législatives, aux femmes – et le monde a suivi.

    Non seulement nous avons besoin d’un leadership pour réviser à la baisse notre objectif d’émissions, mais nous devons également réduire et supprimer progressivement nos exportations de combustibles fossiles. L’Australie représente 30 % des exportations mondiales et contribue donc largement au réchauffement de la planète et aux catastrophes sans précédent que sont les feux de brousse dont nous sommes témoins.

    Nous ne nous laisserons pas tromper par les larmes de crocodile du Premier ministre concernant nos emplois. Comme le dit le dernier point de notre dépliant sur les feux de brousse, nous avons besoin d’une transition juste vers une économie durable. Morrison n’a aucune idée de ce que cela signifie. Il n’est tout simplement pas intéressé. L’opposition travailliste est tout aussi mauvaise. Après avoir subi une lourde défaite lors des élections de l’année dernière, elle s’est encore plus rapprochée des politiques pro charbon du gouvernement.

    Quoi qu’il en soit, c’est là où les choses en sont pour le moment. Les incendies font toujours rage et nous ne sommes même pas encore à la période la plus chaude de l’été.

    Merci encore pour vos bons vœux. Ils sont très appréciés.

    Nick G, pour le Comité exécutif du CC, CPA (M-L)

  • Construisons un cortège révolutionnaire ! -communiqué commun-

    Construisons un cortège révolutionnaire ! -communiqué commun-

    Construisons une lutte victorieuse !

    A Lyon, le 10 décembre, 20 000 personnes ont défilé, 800 000 en tout. C’est un succès important, pour une lutte qui est vitale.

    Au cours de cette manifestation, nous, organisations révolutionnaires, avons défilé ensemble, dans un cortège unitaire et révolutionnaire. Nous avons décidé de marcher ensemble, en dépit de nos distinctions, de nos différences, de nos désaccords. Car elles sont secondaires en regard de la lutte immense à mener. Nous faisons le choix de faire front commun.

    Le conflit qui s’annonce sera dur. Les groupes d’intérêts qui appuient la réforme des retraites, et qui espèrent empocher des profits immenses, sont déterminés à ce qu’elle soit mise en place. Le gouvernement, qui en exécute les ordres, ne reculera pas sans y être obligé.

    Cette lutte, comme celle des années précédentes, montre que la face démocratique du régime s’effrite. Il se révèle pour ce qu’il est : le diktat des intérêts de la grande bourgeoisie française. Ce régime nous étrangle socialement et cherche également à nous étrangler politiquement.

    Pour cela, il fait appel à toutes ses armes.

    • A ses manœuvres de diversion.
    • A la propagande des médias à sa botte.
    • A sa police, qui intimide, menace, frappe et mutile.
    • A sa justice, qui condamne et emprisonne.
    • Aux fascistes, nourris et dorlotés, qui attendent leur heure.

    Les bourgeois ne cèdent pas, et nous non plus !

    Nous ne voulons pas juste maintenir le système actuel, avec ses faiblesses, ses insuffisances, ses pensions de misère. Nous voulons aller de l’avant. Ce n’est pas uniquement cette réforme des retraites que nous ciblons, mais un ensemble : ce régime. Derrière cette revendication, en réalité, c’est un système entier que nous voulons remettre en cause.

    C’est ce régime capitaliste qui génère et accroît sans cesse la misère. C’est lui qu’il faut mettre à bas.

    Nous défendons, par-delà les distinctions idéologiques et politiques, un but commun. L’idée d’une société sans capitalisme, basée sur la satisfaction des besoins matériels et culturels de l’ensemble des habitants de la planète, où les richesses sont produites dans le respect de l’humanité et de la nature.

    Au cours de ces dernières années de lutte, cette conclusion est chaque jour davantage partagée parmi les exploité·e·s et les opprimé·e·s. Luttes écologistes, luttes sociales, féministes, antifascistes, luttes internationales et anti-impérialistes fusionnent progressivement autour de ces conceptions.

    Elles doivent triompher.

    Renforçons les organisations combatives, les syndicats, les associations et les assemblées populaires.

    Nous appelons tous ceux et celles qui, organisé·e·s ou non, partagent cette vision de la situation. Nous les appelons à rejoindre ce cortège, à le faire grandir. Nous appelons à étendre cette initiative partout où cela est possible.

    Partout où nous sommes, défendons la grève générale.
    Partout où nous sommes, défendons la lutte contre le capitalisme.
    Partout où nous sommes, unifions nos forces pour être victorieux et victorieuses !

    Retrouvons-nous, toutes et tous, sous les couleurs de la révolution, le mardi 17 décembre !

    Premiers signataires : Eco Défense, Jeunes Révolutionnaires, Unité Communiste de Lyon

  • Soit la Terre meurt, soit nous éliminons le capitalisme. -ICOR

    Soit la Terre meurt, soit nous éliminons le capitalisme. -ICOR

    Journée de lutte pour l’environnement — rébellion de la jeunesse le 29 novembre : pour sauvegarder la base de nos possibilités d’existence dans le monde ! 

    L’aggravation de la crise environnementale planétaire est évidente sur tous les continents. Nous voyons les forêts qui s’assèchent ou s’enflamment et les mers qui montent ; nous voyons la glace fondre aux pôles et d’énormes quantités de méthane être émises dans l’atmosphère. Tous les facteurs essentiels de destruction de l’environnement naturel, que ce soit dans le sol, l’air et l’eau, s’additionnent de manière funeste et se renforcent mutuellement.

    Un mouvement écologiste mondial est évident, les gens ne restent pas les bras croisés et ne regardent pas leurs bases d’existence affaiblies et être intégralement menacées à long terme.

    Depuis des mois, ce mouvement international de jeunesse « Fridays for future » (aussi : grève pour le climat) est actif chaque vendredi dans les rues de plus de 100 pays. Jusqu’à présent, les 20 et 27 septembre ont été des points culminants, lorsqu’un total de 6 388 actions ont eu lieu sur tous les continents, dans 170 pays. 7 millions de personnes ont protesté contre la destruction de l’unité de l’homme et de la nature. Un million de personnes sont descendues dans la rue en Italie, 400 000 en Australie, 250 000 à New York, un million et demi en Allemagne. L’ICOR avait également appelé à l’action. La prise de conscience environnementale s’est accrue ; de plus en plus de manifestants désignent les responsables par leur nom : les monopoles internationaux et leur système financier. Par des lois adoptées à la hâte, les gouvernements tentent d’atténuer et décomposer la résistance, mais le mouvement commente cela clairement : « inefficaces et peu crédibles ». C’est que le mouvement écologiste commence à joindre ses forces avec le mouvement ouvrier et syndical. Ce qui est nouveau.

    La jeunesse est une force déterminée, active et rebelle dans le mouvement Fridays for Future. Elle ne cesse de revendiquer ses droits pour l’avenir. En même temps, la jeunesse manque doit encore gagner en expérience pour comprendre les racines profondes de la destruction environnementale, qui résident dans les lois capitalistes et impérialistes. Il devient clair que le mouvement écologiste à l’échelle mondiale doit se transformer en une force qui changera la société.

    Dans différents pays, le mouvement ouvrier a donné un signal. Ce fut le cas dans la lutte des mineurs péruviens, qui ont inclus dans leur lutte pour les salaires et les emplois aussi la protection de l’environnement. Le mouvement des travailleurs de l’automobile a décidé également qu’à la 2e Conférence Internationale des Travailleurs de l’Automobile en février 2020 en Afrique du Sud sera donné un signal pour la lutte commune entre les défenseurs de l’environnement et les travailleurs de l’automobile dans le monde. 

    Une évolution nécessaire et positive. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour la renforcer et la développer davantage.

    En tant que partis et organisations révolutionnaires de l’ICOR, nous sommes appelés à prendre nos responsabilités. Développer un débat sur la solution stratégique de la question environnementale ; le grand objectif de préserver, restaurer et consolider l’unité de l’homme et de la nature ne peut être atteint que dans la lutte réussie pour la démocratie et la liberté et pour une perspective socialiste par la révolution socialiste internationale.

    Le prochain sommet des Nations Unies sur le climat se tiendra maintenant à Madrid du 2 au 13 décembre 2019. Ces dernières années, il y a eu des protestations mondiales contre celui-ci; la réunion est toujours l’occasion de tenir un contre-sommet et des manifestations. Cette année a été décidée : la journée de lutte pour l’environnement a lieu le 29 novembre et se déroule en commun avec les actions du mouvement mondial Fridays for Future.

    Participez à la journée de lutte pour l’environnement de l’ICOR le 29 novembre – dans le monde entier !

    Renforcez l’ICOR et ses organisations membres ! Site : ICOR.info

    Signataires (en date du 18/11/2019):

    1. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    2. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    3. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    4. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    5. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    6. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    7. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    8. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    9. UCLyon Unité Communiste Lyon, France
    10. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    11. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    12. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    13. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    14. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    15. TIKB Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    16. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    17. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    18. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    19. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    20. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    21. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    22. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    23. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    24. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    25. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    26. ROL Revolutionary Organization of Labor (Organisation révolutionnaire du travail), États Unis
    27. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    28. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
  • La bourgeoisie, l’écologie et l’Islam

    La bourgeoisie, l’écologie et l’Islam

    Comment la bourgeoisie instrumentalise les questions politiques.

    Nous sommes à la mi-mandat de LREM et de Macron. La pression progressive des échéances électorales commence à se faire sentir. Les municipales sont au printemps 2020, c’est-à-dire demain électoralement parlant.

    Macron et sa clique ont été employés par la grande bourgeoisie comme un missile à usage unique. Son travail est de liquider la totalité des conquêtes sociales, arrachées par la lutte et par le rapport de force. Seulement, deux facteurs entrent en ligne de compte.

    LREM a bouleversé les rapports de forces traditionnels, entre LR et PS. L’approche de la fin du mandat signifie donc une élection d’une très grande importance dans une configuration impossible à prévoir.

    De même, la clique de Macron a pris goût aux mandats, à la sinécure payée par l’État, aux bureaux et aux fauteuils confortables. D’ailleurs ce confort ne s’accompagne pas d’une contrepartie particulièrement exigeante. Rarement un gouvernement à autant mis en avant l’incompétence et la médiocrité, en même temps que le mépris le plus affiché. Pour ces deux raisons, LREM essaie de s’adapter et de survivre aux prochaines échéances. Comment inscrire dans la durée une organisation conçue pour un one shot ?

    Également, sur quel cheval va miser la bourgeoisie aux élections prochaines, si jamais son poulain est grillé aux yeux des masses ?

    Deux possibilités : Une branche de gauche et une branche de droite.

    La possibilité « de gauche » est de renaître en vampirisant les luttes écologistes et en les mariant avec l’écologie libérale.

    L’écologie libérale est un créneau particulièrement intéressant pour la bourgeoisie. Bien que se basant sur une lutte juste, sur des aspirations sincères, elle permet d’obtenir exactement la même chose, dans un sens, que de crier au loup sur l’Islam et l’immigration : obtenir des voix d’individus effrayés. Et, sur la base de cet effroi, de pouvoir maintenir et légitimer l’exploitation.

    Il faut faire des concessions, il faut accepter des contraintes supplémentaires, politiques, économiques, sociales, pour servir une cause transcendantale. Cette cause peut être la race, la nation, la liberté bourgeoise, ou la planète. Mais dans les faits, il s’agit simplement d’accepter la soumission aux intérêts de la bourgeoisie.

    L’ouverture du marché de l’électricité aux énergies vertes, par exemple, a été rendue possible par une hausse de 25 % du prix de l’électricité. L’aspect premier n’est pas écologiste, mais bien de pouvoir libéraliser et privatiser une partie de la production de celle-ci. De même quel sens cela a-t-il de manger des kiwis bio s’ils sont produits en Nouvelle-Zélande et arrivent sur-emballés ? De payer une taxe écologique sur les produits achetés, ce qui fait assumer directement de coût des déchets pas les consommateurs, alors que ce sont les grands capitalistes qui imposent ce que nous consommons ?

    La bourgeoisie est passée maître dans l’art de surfer sur les revendications populaires pour en faire des produits marketing. Elle s’empare donc du désir de manger mieux, d’avoir une atmosphère plus saine, de protéger la planète.. elle s’en sert comme argument de vente hypocrite, prétendant que ses produits sont éthiques et équitables, alors qu’en réalité ils aggravent les choses.

    Elle est également capable de pouvoir retourner contre les masses leurs propres revendication. Cela s’est vu par exemple dans « Le Grand débat », où Macron a tenté d’utiliser le désir démocratique des masses pour faire adouber ses propres projets. Dans le cas de l’écologie, cela permet d’extorquer plus d’argent, de faire monter les prix, de faire accepter des sacrifices aux masses, alors que les plus grands pollueurs sont les bourgeois.

    Par ailleurs, les fascistes se sont immiscés dans de débat. En revanche, ils ont tordu le bâton dans l’autre sens. Ils font leur beurre sur l’hypocrite injonction écologiste libérale. Mais ils le font en niant le problème, en mentant sur la réalité de la catastrophe qui vient, en déclarant que la question du climat est une manœuvre d’une sordide conspiration. Ils ont fait de Greta Thunberg une cible, en s’attaquant à elle sur par l’ad hominem, en se moquant de son physique, de son mental…etc. En somme, par pur opportunisme, ils se sont placés à l’autre bout de l’échiquier politique, en espérant tabler sur le ras-de-bol d’une partie des masses populaires face à l’hypocrisie officielle. Cependant, cela les maintient dans un rôle d’outsiders, allant à contre-courant, préservant ainsi un électorat, mais étant incapable de devenir une force hégémonique.

    La bourgeoisie peut donc compter sur cette possibilité. LREM peut très bien absorber une partie des revendications du mouvement écologiste, en insistant sur le fait qu’elle met en place une transition d’importance.

    Europe Écologie Les Verts pourrait, également, servir de nouveau porte drapeau à la bourgeoisie. Le mouvement a déjà partagé le pouvoir avec le Parti Socialiste. Il est composé d’un grand nombre d’opportunisme, dont l’exemple type est Jean-Vincent Placé. Cette expérience du pouvoir lui a permis de montrer qu’il n’avait aucune vergogne à appliquer un programme antisocial, réactionnaire, ou de justifier les interventions impérialistes, au nom de l’humanitaire. Pour la bourgeoisie, cela serait une sortie « par le haut » de la crise de régime qui vient.

    Seconde possibilité : la sortie par la droite.

    Cela fait maintenant plusieurs années que les questions relatives aux migrants et les questions relatives à l’Islam occupent le devant de la scène. Après la crise de 2008, elles ont pris une propension invraisemblable, aidée par le Débat sur l’Identité Nationale, initié en 2009 par le transfuge du PS Eric Besson.

    Aujourd’hui, cette question a contaminé l’intégralité des organisations politiques, avec des réactions variées. Quelles que soient les opinions sur ce sujet, chaque groupe politique est forcément polarisé par cette question. Elle a mené à des tensions internes importantes dans certains mouvements, allant jusqu’à une scission dans le cas de LFI. Plusieurs acteurs, sans la moindre vergogne, s’emparent de cette question comme un fonds de commerce, dans l’espoir de pouvoir gagner des voix sur la thématique.

    Il s’agit d’un calcul cynique qui ne tient absolument pas compte des réalités sociales, du vécu des individus, qui amalgame allégrement les Français et françaises issues d’une immigration d’il y a 50 ans et les migrants et migrantes. Qui amalgame dans un seul creuset la question de l’Islam et du terrorisme.

    Dernièrement, la campagne islamophobe s’est encore accrue. La convention de la droite, animée par Marion Maréchal Le Pen, réunissant le gratin de l’immonde, a ainsi donné naissance à des discours plus virulents les uns que les autres. Eric Zemmour, ainsi, est allé jusqu’à dire que nous vivons une campagne d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel. En dépit d’un certain tollé autour de ces discours, bien peu l’ont réellement condamné sur le fond. Il faut dire qu’il trouve des relais puissants, y compris dans les déclarations de la présidence de la République. Macron a ainsi évoqué « l’hydre islamiste » et la nécessité de le combattre.

    La situation est suffisamment en plein dérapage pour que des phénomènes invraisemblables se produisent. Jean-Michel Apathie a ainsi été traité de collabo par Zineb El-Rhazoui. Il demandait que Eric Zemmour soit, comme Dieudonné pour son antisémitisme, censuré, puisque condamné pour incitation à la haine raciale. À ce genre de propos se rajoutent une campagne savamment orchestrée sur les réseaux sociaux, faisant feu de tout bois : rumeurs sur des réseaux « pédo-satanistes » ; légendes sur les incendies industriels ; mensonges sur des conspirations islamistes ; inversion des rapports de pouvoir entre les États impérialistes et les pétromonarchies…

    La division des masses populaires et la fragmentation par la peur est une méthode classique des réactionnaires et des bourgeois pour parvenir à leur fin. Qu’importent, finalement, les explications sur la radicalisation de nombreux individus. Manuel Valls, en 2015, déclarait que « expliquer, c’est justifier », refusant qu’on puisse chercher à comprendre pourquoi des individus sans histoire se tournent vers le terrorisme. Il s’agit d’employer les événements dramatiques à des fins électoralistes.

    La terreur et « l’alliance sacrée » contre le terrorisme permet de tout justifier, y compris des hausses du coût des assurances. Elle est moins avantageuse qu’une unité contre un adversaire abstrait, mais elle est tout à fait envisageable comme solution pour conjurer provisoirement la crise de régime. Il n’est absolument pas impossible que les partis sociaux-démocraties ou libéraux puissent intégrer, pour essayer de devenir les poulains de la bourgeoisie, des pans entiers du programme ultra-réactionnaire.

    Sauf que les voix, le plus souvent, se portent sur l’original plus que la copie. Les campagnes réactionnaires, même reprises par des sociaux-démocrates, nourrissent, en dernière instance les réactionnaires d’origine. Le PS, LR, LREM, en alimentant la paranoïa, ne font qu’adouber les discours fascistes.

    Il existe une écologie prolétarienne. Une écologie révolutionnaire. Celle-ci ne se contente pas de parler de normes de pollution (qui ne sont pas respectées), de simples logos, de discours creux. Elle pose la question d’une manière on-ne-peut-plus pragmatique : Puisque la source du mal n’est pas dans la consommation, mais dans la production, puisque cette production n’est pas compatible avec la survie de la planète, nous devons la contrôler.

    On ne vote pas sur les moyens de production. On ne vote pas sur l’extraction de l’uranium, sur le pétrole, sur les ressources stratégiques de l’État et des capitalistes monopolistiques. Il s’agit de sujets trop importants pour qu’il puisse être même envisagé de le discuter dans les chambres d’enregistrement que sont les Parlements. C’est cela que nous devons cibler : le contrôle populaire, un « absolutisme populaire » pour reprendre l’expression de Marc Ferro. Cela ne veut pas dire que les initiatives individuelles, le 0 déchet, l’écologie locale soit à dénigrer, comme certains le font. Non, ils sont des portes d’entrées vers une compréhension plus grande et plus profonde de la question écologiste. Nous les saluons.

    Nous n’avons pas d’opinion sur Extinction Rébellion, nous attendons de voir. Nous pensons cependant que ce mouvement contribue à poser publiquement la question de l’écologie. Mais la transformation de cette énergie en mouvement révolutionnaire ne dépend pas d’elle-même, elle ne dépend que des communistes.

    La seule et unique voie qui permet également de lutter contre le terrorisme et contre l’influence obscurantiste demande aussi des transformations. Dans les pays dominés, c’est l’occupation militaire et l’exploitation impérialiste qui forment la base du terrorisme. C’est également la guerre qui pousse à la fuite, au fait de rechercher l’asile dans des endroits plus sûrs, où pour sortir d’une misère sans fond. Nous sommes pour la liberté de circulation, de visite, d’installation. Cependant, cette « liberté » n’en est pas une pour ceux et celles qui fuient leur pays. Elle est une condition de survie. La plupart quittent leur terroir, leurs familles la mort dans l’âme.

    C’est l’exclusion sociale et la misère qui pousse aussi ceux qui désespèrent à se tourner vers des idéologies ou des courants religieux réactionnaires. Nous pensons que c’est la lutte contre l’exploitation, la fragmentation de la société, l’orientation vers une issue révolutionnaire positive, qui permet de saper les bases de recrutement de réseaux réactionnaires. Ce ne sont pas les interdictions, les brimades, les vexations ou les lois qui peuvent avoir une incidence.

    Les contradictions sur la question des croyances est une contradiction au sein du peuple. Elle se résout par le débat. Il ne nous importe pas que les individus croient en Dieu, n’importe lequel. Cela n’est pas la question. Ce qui est déterminant est la question des pratiques sous-jacentes. Nous pensons qu’il faut lutter sans la moindre relâche contre la stigmatisation et l’instrumentalisation raciste. Qu’il faut soutenir les tendances de gauche, progressistes, partout où elles se trouvent. Et l’expérience a démontré qu’elles existaient largement.

    Ne nous laissons pas abuser. Combattons contre l’instrumentalisation de l’écologie, luttons contre les discours réactionnaires et racistes, maquillés en « lutte contre l’obscurantisme ». Surtout, construisons l’unité qui permet d’avancer et de remporter les victoires : l’unité des communistes, des révolutionnaires !