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  • Bastion social n’est plus.

    Bastion social n’est plus.

    Bastion Social n’est plus. Les dirigeants locaux du groupe issu du GUD ont reçu, le 13 mars, une lettre indiquant la dissolution de leur organisation. Le délai maximal pour faire appel étant le 21 mars, la dissolution sera donc actée par le Conseil des ministres. 
    Cette dissolution avait été annoncée par Emmanuel Macron à la suite de plusieurs actes antisémites et racistes commis par des membres de l’extrême-droite. Mais, cette dissolution, tout comme d’une manière générale les fermetures administratives des locaux fascistes, ne font que sanctionner le fait que ces groupes sont considérés comme ayant dépassé certaines bornes, mais jamais une condamnation sur le fond de leur activité et de leur discours idéologique.

    À Lyon, comme dans d’autres villes, les luttes contre l’implantation des Bastion Sociaux ont pesé dans la balance. Elles ont contribué à démasquer aux yeux de tous et toutes la collusion entre les autorités locales, municipale ou préfectorales, avec l’extrême-droite. L’Unité Communiste de Lyon considère que ce travail, sans pour autant être forcément la raison première de la dissolution de Bastion Social, a permis de limiter ses capacités à s’implanter et ont contraint les mairies à opérer des fermetures administratives. Mais il n’y a jamais eu de condamnation explicite formulée par les pouvoirs publics. Cette absence de condamnation est le vernis de la collusion.
    Celle-ci s’est également manifestée dans les larges facilités avec lesquelles les groupes fascistes ont pu mener des opérations contre les milieux progressistes et révolutionnaires, en témoigne ainsi, pour mémoire, l’affrontement du Pont Lafayette, en février dernier. 

    Lyon a été une illustration de la manière dont les notables considèrent les fascistes. Certes, il existe des franges qui sont sincèrement choquées de leur existence, de leur présence, de leur implantation, mais, dans l’ensemble, les autorités se sont montrées conciliantes et n’ont jamais rien organisé pour entraver leur développement.
    Au contraire, les discours de la bourgeoisie contribuent à avaliser les thèses réactionnaires défendues par les fascistes. Ce n’est pas accidentel, par ailleurs, cela correspond à une stratégie de la part de la bourgeoisie de répondre à la situation de crise et aux troubles sociaux par l’emploi de méthodes chaque fois plus musclées. 

    Bastion Social, pris isolément, est un point insignifiant. Ceux qui le constituaient étaient des apprentis Sturmabteilungen ne possédant que des conceptions politiques d’un niveau extrêmement bas. Cependant, Bastion Social n’est pas un point isolé. Il représente un des aspects de l’enchevêtrement des réseaux et des liens réactionnaires, au même titre que les autres groupes du même type. 
    Bastion Social est nourri, alimenté et protégé par certaines franges de la bourgeoisie le plus réactionnaire, qui voit dans ces groupes la possibilité de répondre à un besoin pour elle : celui de nervis et de bas exécutants.
    Bastion Social représente une des faces d’une construction naissante, qui porte les mêmes positions politiques, celle d’une droite élargie, appelée par les vœux de nombreux ténors de la politique. Un élargissement qui entremêlerait les réseaux de notables de LR, les orateurs du RN et les bras des groupes fascistes. 

    Étant donné la situation sociale -et par voie de conséquence politique- dans laquelle se trouvent les masses populaires ; étant donné la situation géopolitique et géoéconomique dans laquelle nous nous trouvons, il est clair que le capital recherche une issue politique qui lui permette de se maintenir face aux troubles, de briser les mobilisations sociales, qui seront davantage explosives au fur et à mesure de l’aggravation économique ; mais aussi de pouvoir mobiliser en soutien à l’impérialisme français.

    Le projet avance, tissant sa toile. La réaction vive qui a suivi l’attaque, dans la nuit du 27-28 mars, de l’école de Marion Maréchal Le Pen, a montré les relais importants dont dispose l’ex-députée du Vaucluse. Elle peut se permettre, désormais, dans ses communiqués, de se présenter, sans que cela choque, comme un rempart contre la violence : « L’extrême gauche montre un visage, une fois de plus, violent, totalitaire et sectaire qui doit indigner tous les défenseurs de la liberté. » Le tout en choisissant comme parrain de promotion le général antisémite Georges Loustaunau-Lacau, suffisamment controversé pour que Saint-Cyr, qui l’avait choisi également, soit obligé de rebaptiser sa promotion.

    Du côté de la droite « traditionnelle », les actes trahissent les pensées profondes sur le désir d’évolution politique. Ainsi, il n’est pas possible d’isoler cela du fait que, également, des individus comme Nicolas Sarkozy et Eric Zemmour aillent soutenir Viktor Orbàn alors que son parti est sous le coup de sanctions de la part de son propre camp ! Sarkozy a ainsi déclaré : « Quelqu’un qui est capable de gagner les élections trois fois de suite, dans une époque aussi instable et difficile, pour moi ça force le respect, a déclaré l’ex-président à propos de Viktor Orban.Tu as fait ce que je n’ai pas été capable de faire.C’est peut-être ça qu’on te reproche, d’avoir gagné.Mais moi j’aime bien avoir des amis qui gagnent.Je ne veux pas avoir que des amis qui perdent. », tandis que Zemmour pris la parole sur le « grand remplacement ».

    Mais aussi que Laurent Wauquiez, ténor des Républicains, puisse adjoindre dans son projet de programme des points qui feraient pâlir d’envie les plus réactionnaire. Aux côtés de François-Xavier Bellamy, qualifié de Steeve Bannon français « C’est donc un programme contenant pas moins 75 propositions qui a été présenté.Frontières, civilisation, immigration constituent les priorités du parti.Il s’agit de « lutter contre l’immigration illégale » mais aussi d’ »arrêter l’immigration de masse ».

    Il faudrait que :

    traiter les demandes d’asiles « en dehors de la France »

    Ramener les « bateaux de migrants sur les côtes africaines »

    « Multiplier les vols groupés organisés par Frontex pour expulser les immigrés illégaux »

    « Dénoncer le pacte de Marrakech » qui « encourage l’immigration et promeut le multiculturalisme » »

    Cette sémantique n’est donc plus l’apanage unique des fascistes, mais devient celui d’une droite « classique ». Son programme aussi.

    Ces rapprochements programmatiques entre différentes factions de droite et d’extrême-droite laissent planer la possibilité que ces forces n’en forment qu’une au moment des élections de 2022, lesquelles feront date, par la configuration exceptionnelle qu’elle proposeront. Un centre anéanti, une gauche knock-out, et une pression sociale immense.

    En dernière analyse, la question du Bastion Social n’est pas insécable de celle d’une situation générale, dans laquelle il joue un rôle visible, de surface, mais néanmoins intimement lié aux choix stratégiques du grand capital. La dissolution du Bastion Social est une victoire limitée, mais une victoire qui doit servir d’appui pour accroître la capacité à couper les tentacules des officines de recrutement de l’extrême-droite. 

    L’Unité Communiste de Lyon appelle au rassemblement et à la coopération entre les forces qui luttent contre le capitalisme et le fascisme. Elle appelle à la participation aux mouvements de lutte, dans un esprit combatif et d’élévation du niveau politique. Elle appelle également au fait de renforcer la lutte antifasciste dans le but de former une véritable réponse politique correspondante à la situation dans laquelle nous nous trouvons. 

  • Wauquiez – agent provocateur de la réaction !

    Wauquiez – agent provocateur de la réaction !

    Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon concernant la provocation de Laurent Wauquiez sur sa « crèche ».

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette manœuvre opérée par le Président de la Région Rhone-Alpes Auvergne, dans le but d’utiliser les lieux publics pour diffuser des croyances et des superstitions.

    Laurent Wauquiez n’est pas à son coup d’essai, dans sa tentative de faire entrer en douce ses croyances dans les lieux publics. L’an dernier, la volonté d’installer une crèche dans ce même lieu avait du faire l’objet d’une intervention auprès du tribunal administratif. Cette année, il tente de camoufler son acte derrière une promotion du travail des artisans et fabricants de santon. Un camouflage bien piètre, qui ne trompe personne.

    Nous ne pouvons que nous retrouver dans la manière dont le Parti Radical de Gauche s’est exprimé sur le sujet : « Du président de Région, on aurait pu s’attendre à ce qu’il assume pleinement son refus de respecter la loi de 1905, mais non, Laurent Wauquiez, tel un enfant, a préféré jouer avec le travail des petits santons pour contourner la loi.« 

    Seulement, nous ne considérons pas Laurent Wauquiez comme un enfant, mais, au contraire, nous pensons que celui-ci manœuvre habilement, et qu’il mène une campagne de provocation réactionnaire.

    Soit il est autorisé à maintenir son exposition, et pourra se pavaner devant ses soutiens catholiques intégristes, en clamant sa victoire.

    Soit son opération débouche sur une interdiction, et il compte instrumentaliser cela pour illustrer une prétendue campagne anticatholique, orchestrée pour couper la France de ses « racines chrétiennes. »

    Laurent Wauquiez veut jouer un rôle de pompier incendiaire. II n’a pas plus grand désir que de provoquer une esclandre quant à ce sujet, pour lui permettre de rabattre par la suite ses cartes. Dans son collimateur, au final, les musulmans et les musulmanes.

    Le 27 novembre, il déclarait : « L’ennemi de la laïcité, c’est la prière de rue, le communautarisme islamique », révélant alors que sa tentative de provocation vise à démontrer que « c’est que la République donne le sentiment d’une certaine lâcheté et de ne pas avoir suffisamment de fermeté », en d’autres termes, il cherche à se faire battre pour endosser un statu de victime, lui permettant de clamer que la France se « déconstruit ». Sa manière de la sauver ?Faire appel à des provocateurs, à des semeurs de haine, à des zélateurs de crimes passés, comme Aurane Reihanian, se réclamant d’une « génération attentat. »

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’instrumentalisation de la laïcité par des individus qui la voient comme un point d’appui tactique pour frapper et stigmatiser des populations au nom de leur pratique religieuse.

    Elle dénonce l’hypocrisie qui réside dans la logique de M. Wauquiez, lequel se déguise en républicain tout en en trahissant systématiquement l’ensemble des contenus progressistes.

    Elle dénonce une manœuvre visant à répandre des superstitions d’un côté, tout en se tenant prêt à frapper les minorités religieuses de l’autre.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme son attachement à la laïcité comme espace de neutralité religieuse, tout en reconnaissant le droit démocratique qu’ont les croyants et les croyantes de pouvoir pratiquer leur culte.

    Nous n’acceptons pas la laïcité assassine de certains, qui ne la voient que comme une épée pour frapper les opprimés.

    Halte aux provocateurs réactionnaires !