Étiquette : Dictature de la bourgeoisie

  • 49.3 : le retour !

    49.3 : le retour !

    Le 29 février, le gouvernement a annoncé le recours au 49,3 sur la question de la réforme des retraites.

    Profitant du contexte défavorable, des vacances scolaires, de la pression grandissante de l’épidémie de coronavirus-19, il abat sa carte finale. Pour l’Unité Communiste de Lyon, ce choix est lourd de sens.

    Il représente un crachat fait au visage de celles et ceux qui ont lutté depuis des mois contre ce projet liquidateur. Il représente un usage de la force brute en face de la mobilisation parlementaire et extra-parlementaire. Ni les tenants, ni les aboutissants de cette loi ne sont connus. Elle est un blanc-seing offert pour réduire en miette les conquêtes sociales.

    Cette loi ferme la parenthèse du compromis de 1945, compromis social, imposé à la bourgeoisie par les masses populaires, en armes, organisées et puissantes. Parenthèse qui n’a jamais été qu’un repli temporaire pour les bourgeois et les bourgeoises. Parenthèse qui ne peut remplacer réellement l’exercice concret du pouvoir par les exploités et les exploitées, par les opprimés et les opprimées.

    Nous appelons chacun et chacune à tirer les conclusions politiques sur la nature du gouvernement et de l’État, et sur son caractère antidémocratique. Nous appelons à ce que les mobilisations qui vont avoir lieu se fassent autour de ce constat.

    Les enjeux de la réforme des retraites, pour nous, sont des enjeux de survie. Pour les millionnaires et les milliardaires qui sont la base sociale du régime, ce sont également des enjeux de survie, mais de survie économique. Cette clique de bandits solde nos existences pour s’offrir de nouveaux marché, pour gonfler leurs rentes, pour maintenir la parité face à la concurrence des autres cliques de bandits.

    Au nom de leurs profits, ils sacrifient nos vies. Derrière le prétexte du libéralisme, les bourgeois annoncent que la privatisation et le libre marché apporteront le bonheur et la prospérité à la Terre entière. Or, nous les voyons aujourd’hui réclamer l’impossible à l’hôpital public, sans en avoir les moyens. Nous les voyons, comme Trump, demander, implorer la régulation de l’État pour compenser leurs pertes.

    En réalité, leur doctrine est morte. Elle est remplacée par les arrangements, les marchés captifs, les cadeaux… et nous les payons encore et toujours !

    Voilà de qui le gouvernement prend ses ordres.

    Voilà le programme qu’il exécute.

    Voilà la raison profonde du 49,3.

    Voilà pourquoi il n’y aura jamais de réelle démocratie, tant que le pouvoir sera aux mains de cette classe sociale.

    Voilà pourquoi nous avons besoin de notre démocratie : populaire, démocratie de ceux et celles qui produisent la richesse du monde. Démocratie pour le peuple, contre le pouvoir de ses bourreaux.

    Assez ! Assez de cette démocratie étriquée ! Assez de cette dictature !

    Organisons nous, bâtissons notre pouvoir !

  • Quelle situation pour le mouvement des Gilets Jaunes ?

    Quelle situation pour le mouvement des Gilets Jaunes ?

    Depuis maintenant 21 semaines, le mouvement des Gilets Jaunes se poursuit et continue d’être le centre de gravité des luttes sociales en France.Il s’agit d’un mouvement d’ampleur d’une durée incomparable avec ce qui a pu être connu sous la Cinquième République.

    Ce mouvement possède une double nature : il est un mouvement social, un mouvement possédant des revendications économiques, relatives au niveau de vie, au salaire, aux impôts et aux taxes. 
    Mais il est également un mouvement politique au sens premier du terme, en ce sens qu’il porte des revendications qui concernent le fonctionnement du régime, de la démocratie bourgeoise, du pouvoir d’Etat. 

    À ce titre, il s’inscrit dans une continuité avec d’autres mouvements politisants, tel que les indignés, ou nuit debout. Cependant, la classe sociale qui l’anime n’est pas la même. Les premiers mouvements étaient surtout organisés par la petite bourgeoisie urbaine, intellectuelle. Les Gilets Jaunes, quant à eux, possèdent une base populaire, prolétarienne et ouvrière.

    Les 21 semaines de lutte ont été pour des pans entiers de la population, un véritable bassin révélateur. Elles ont démasqué le caractère dictatorial du régime dans lequel nous vivons, régime au service de la grande bourgeoisie monopolistique.

    Elles ont démasqué la nature de l’Etat, nature de classe au service des exploiteurs et des oppresseurs.Ces semaines de lutte ont également démasqué le rôle de la police, comme agent de la répression des masses, comme agent de la protection des intérêts des puissants. Elles ont pour, finir, démasqué le rôle des médias bourgeois comme fer de lance de la propagande anti-populaire.

    Ce mouvement a brisé les mythes d’un « exceptionnalisme » démocratique dont la France serait championne.

    À l’inverse, les tendances réactionnaires, fortes au départ, appuyées par certaines organisations -comme le Bastion Social ou l’Action Française- ou par des tribuns réactionnaires -à l’exemple de Wauquiez- ont progressivement renoncé, été mis en minorité ou éjectés. 
    Il est aussi une fantastique expérience politique et démocratique. Les ronds-points, les assemblées populaires, les assemblées des assemblées forment une expérience de la démocratie populaire, une expérience de la prise de décision, de l’application de celle-ci. Une expérience de la liberté, fondamentalement. À l’inverse, ce mode de fonctionnement à permis de détacher les opportunistes, les électoralistes, les parasites-sectaires du mouvement, qui voulaient le détourner, l’enfermer vers des voies électoralistes, ou même le solder pour compte dans l’intérêt de leur organisation. Cette expérience immense doit décanter pour renforcer la capacité des mouvements de lutte à avancer et à être plus efficaces. 

    Certaines organisations -y compris parmi celles se revendiquant du communisme- ont été dépassées par la question politique au sein du mouvement.Ou elles ne l’ont pas comprise, en ne voyant dans ce mouvement qu’une simple force d’appui des luttes économistes et syndicales, ou elles ont carrément été effrayées par le développement politique interne, essayant même de le combattre. Dans les deux cas, même à leur corps défendant, ces organisations ont joué un rôle réactionnaire : elles ont lutté contre l’approfondissement du mouvement et ont travaillé à freiner la conscientisation politique. 

    Les organisations sont passées également par un processus de décantation. Celles qui sont restées à l’écart du point central de la lutte des classes ont été marginalisées, tandis que celles qui se sont investies dans ces questions en ressortent renforcées, au minimum en termes d’expérience.

    Nous considérons que notre rôle est, au contraire, l’inverse : permettre un approfondissement politique, en appuyer les tendances du mouvement qui défendent la nécessite de la faire sur des bases progressistes, et, au contraire, mener une lutte -avec elle- contre le développement de tendances réactionnaires et liquidatrices.

    Notre position est synthétisée dans le Manifestedu Parti communiste.

    Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

    Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.

    Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

    Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.

    La fin générale, nous, nous ne la percevons pas comme devant être guidée vers les urnes, vers la soumission à un autre laquais de la bourgeoisie, qui n’aurait comme avantage par rapport à Macron que l’unique fait d’être un peu plus consensuel.


    Notre fin générale, elle est dans l’avancée vers le pouvoir populaire.

    Le poids de l’usure. 

    Après autant de temps, cependant, il est indéniable qu’une certaine usure est apparue dans le mouvement des Gilets Jaunes. D’une manière générale, deux tendances apparaissent au sein du mouvement 
    Une tendance au découragement, du fait de la brutalité avec laquelle répond le gouvernement, du fait de son absence de réaction face aux revendications qui ont été avancées par ceux et celles qui combattent et qui manifestent depuis 150 jours.

    De l’autre, une tendance à l’approfondissement du mouvement, à sa structuration, impulsée notamment par Commercy hier, par Saint-Nazaire aujourd’hui. Lyon a été également parmi les pionniers, en impulsant les Assemblées Populaires. 

    Le gouvernement fait tout pour que la première tendance soit dominante. Il veut liquider au plus vite le mouvement des Gilets Jaunes. Par la propagande mensongère, par le déni de l’existence du mouvement, mais aussi par la force brute et l’intimidation. Mais cette brutalité n’est pas un signe de force, mais bien de faiblesse, pour un gouvernement qui doit recourir au mensonge constamment. 

    En revanche, il fera également tout pour que la deuxième soit marginale. Il veut liquider ce mouvement, car il prévoit d’autres attaques, terribles, contre tous les secteurs de la société. Il sait que ces attaques entraîneront des réactions vives, mais qu’il espère canaliser, en comptant sur le fait qu’elles restent isolées, tandis que les forces mobilisables seront épuisées et usées par un conflit de grande durée. 

    Le gouvernement est sommé par ses commanditaires de la grande bourgeoisie d’avancer dans les réformes à marche forcée. Cet empressement, reflet notamment de l’angoisse de la crise qui étreint cette grande bourgeoisie, fait qu’il ne peut attendre patiemment que les luttes s’éteignent avant d’allumer un nouvel incendie. Et ses objectifs sont immenses. Ils sont synthétisés dans le document CAP 2022. 

    Déjà, la réforme Blanquer est en marche, ayant pour objectif de rationaliser le nombre d’établissements scolaires et de réduire le nombre de personnels enseignants. Elle prépare également la voie à la privatisation générale de l’enseignement, maternelle, primaire et secondaire. 

    À sa suite s’accumulent un grand nombre de projets dans la même veine : réduire les services publics, réduire les dispositifs de solidarité, faire de la santé, de l’éducation, du transport des marchés offerts à leurs commanditaires. Et, comble, certaines ont été intégrées comme proposition du grand débat ! Une manière de faire plébisciter aux masses l’instrument même de l’aggravation de leur situation. 

    Il est certain que des luttes syndicales vont naître prochainement du fait de la mise en place de ce programme. Il se pose la question cruciale de savoir s’il sera possible d’unifier les forces qui luttent ou si elles continueront à rester séparer les unes des autres. Il se pose la question cruciale de savoir s’il sera possible d’unifier les forces qui luttent ou si elles continueront à rester séparer les unes des autres. C’est une question dont la réponse n’est pas définie. 

    En tant qu’organisation politique, nous appelons à ce que les barrières entre les luttes soient abolies, qu’elles puisse -non pas seulement « converger »- mais faire naître une synthèse, marcher ensemble, comme un seul front, un seul rang. 

    Nous pensons qu’à l’heure actuelle, il existe le cadre qui permette de pouvoir réaliser cette synthèse des luttes. Ce cadre est celui des Assemblées Populaires. Toutes les forces combattant avec résolution et sincérité contre la politique gouvernementale ont leur place en son sein.

    Déjà, des liens se tissent grâce à son activité, elle a permis, sur Lyon, plusieurs actions communes et concrètes depuis le début du mouvement. Que ce soit des actions rassemblant écologistes, syndicats, étudiants et étudiantes, membres du corps enseignant… Elles se poursuivent et se systématiseront.

    Les lieux de débat et de prise de décisions communes doivent être renforcés. L’Unité Communiste de Lyon considère que l’accroissement de l’influence des Assemblées Populaires est fondamental dans la poursuite d’une lutte de longue durée contre la politique du gouvernement. 

    L’Unité Communiste de Lyon appelle également à renforcer les organisations combatives qui luttent politiquement, syndicalement, mais également par l’autodéfense, contre les attaques des exploiteurs et de leurs agents provocateurs fascistes. 

    La contre-offensive qui vient.


    Pour le moment, la mobilisation demeure stable. Elle incarne une véritable lame de fond qui secoue les masses populaires. Nous pensons que ceux et celles qui veulent l’utiliser pour leurs intérêts électoraux, qui essaient de la subordonner en catimini seront engloutis par le torrent que la colère populaire représente. 

    Il n’est pas possible, cependant, de ne pas évoquer la question de l’avenir et d’un reflux possible du mouvement des Gilets Jaunes. Nous devons prendre en considération l’approche des élections européennes, qui forment, comme toutes les élections, une diversion et une chape de plomb, mais aussi de l’été.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a généré, de fait, une opposition aux différentes formes d’expression de l’idéologie bourgeoise et petite-bourgeoise. Cet espace gagné aux idées de pouvoir populaire et prolétarien est intolérable pour la bourgeoisie. Il n’est pas possible pour elle de laisser, même dans le reflux, les choses en l’état. Elle doit regagner cet espace perdu par une contre-offensive idéologique.

    Au reflux fera suite la répression, sous des formes potentiellement encore plus aigües qu’aujourd’hui, notamment dans les réquisitions des procureurs. Mais à la répression fera également suite une phase de réaction. 

    Cette phase de réaction avait été déjà tentée au travers de l’affaire Finkielkraut, qui, derrière le vernis louable de la lutte contre l’antisémitisme, ouvrait, en réalité, une boîte de Pandore. La boîte de Pandore de l’opposition entre musulmans et juifs, permettant aux discours les plus réactionnaires et les plus agressifs de s’exprimer. Discours qui se traduisent également par des intégrations de thèses ultra-réactionnaires dans les programmes électoraux. 

    Ainsi, nous avons pu constater que les thèses identitaires sont maintenant répercutées dans le programme des Républicains, mais, également, même, dans des organisations issues de la gauche. La création de « République Souveraine » par l’ancien porte-parole de la France Insoumise, Djordje Kuzmanovic, illustre cela. Nous reviendrons d’ailleurs sur cette création à l’occasion d’une autre publication.

    L’affaire Finkielkraut à fait long feu, mais il est impensable que la bourgeoisie ne relance pas un coup de boutoir réactionnaire. Car, au-delà de la question des mouvements se pose également une question politique fondamentale. Il est clair que la destruction des droits économiques se traduira également, mécaniquement, par des attaques sur les droits démocratiques et politiques. 

    A moyen-long terme, il se profile une question, derrière le gouvernement LREM, qui ne sera jamais réélu, qui est un gouvernement à usage unique, missile téléguidé contre les droits sociaux. Cette question est celle du successeur qui sera adoubé par la grande bourgeoisie pour parachever le travail de liquidation de tout ce que les luttes du XIXe et du XXe siècle ont arraché. 

    Au travers des appels du pied que se font les uns et les autres, des tractations, des imitations de programme, ce qui apparaît, à l’horizon, est la question de la droite élargie. Ce cartel des droites, réunissant les notables des Républicains, les orateurs du RN/FN, les nervis fascistes du Bastion Social, de Génération Identitaire ou de l’Action Française, se dessine. Il est ce qui semble être la réponse la plus cohérente de la part de la grande bourgeoisie au climat de tension sociale prévisible à la suite de la destruction du niveau de vie, mais également des risques de conflits internationaux. 

    Nous avons pu voir des ponts se lancer, déjà, d’un côté à l’autre des deux rives de la droite.

    La grande bourgeoisie monopoliste a toujours choisi comme héraut des groupes qu’elle jugeait les plus aptes à défendre cet intérêt le mieux possible. Cependant, avec l’aggravation des tensions, il n’est pas exclu qu’elle fasse un choix plus dur, plus brutal pour les protéger au mieux.

    L’Unité Communiste de Lyon considère qu’il faut regarder avec sérieux l’apparition de ce pôle politique ultra-réactionnaire. Même la dissolution possible de Génération Identitaire, qui peut être perçue comme une victoire, peut paradoxalement permettre à celle-ci de renaître sous une forme compatible avec une ligue ultra-réactionnaire.

    Nous considérons que face au triptyque Reflux-Répression-Réaction nous devons développer la nôtre : Organiser-unifier-consolider qui permette de transformer la victoire morale du mouvement des Gilets Jaunes et des luttes sociales et écologiques en victoire durable. 

    La meilleure manière de conjurer cette menace est par le renforcement des luttes, mais également par le renforcement du camp populaire et des organisations communistes révolutionnaires partout où elles sont. Nous appelons à l’unité et au travail commun pour être préparés à faire face aux questions qui s’imposeront à nous dans les années futures.


    Ensemble, construisons la réponse politique aux projets de la bourgeoisie !

  • Rejetons la politique des exploiteurs ! Tract de l’UCL

    Rejetons la politique des exploiteurs ! Tract de l’UCL

    Rejetons la politique des exploiteurs !

    Depuis son apparition, le mouvement des Gilets Jaunes s’est déclaré apolitique et apartisans. Cela a fait grincer des dents certains requins de la politique, qui pensaient pouvoir l’instrumentaliser pour nourrir leurs projets électoraux.

    Nous-mêmes, nous sommes des militants politiques. Nous ne voulons pas le cacher car nous ne sommes pas des sous-marins qui se camouflent dans les luttes en mentant sur notre identité.

    Pourtant nous ne pouvons que comprendre le fait que les Gilets Jaunes rejettent la « politique » telle qu’elle est faite.

    Nous partageons le même dégoût de celle-ci. Elle nous répugne au plus haut point.

    La « politique » politicienne n’est qu’une fraude. Elle n’est qu’une réclame publicitaire. Ces promoteurs sont une clique de charognards qui ne recherchent les voix des électeurs qu’avec l’idée d’occuper un fauteuil confortable pour nourrir leur clientèle et servir les intérêts des exploiteurs. Tout au plus offrent-ils quelques nuances dans la manière dont ils exécutent les ordres qui leur sont donnés.

    En tout premier lieu, l’État sert le cartel des grandes entreprises et des grandes banques de France. Il décide de la politique qui sera appliquée.Même Hollande, élu avec un tout autre programme, a appliqué celui qui lui a été dicté.

    Ce cartel d’intérêts mène une diplomatie et une politique sur laquelle il est interdit à la population d’avoir un avis. Les guerres que lance la France, en Libye, en Syrie, au Mali, en Côte-d’Ivoire, en Guinée… Sont un domaine sur lequel aucun vote n’est fait, ni aucun débat. Les contrats que passe la France avec de sanglantes dictatures sont plus importants que les votes.

    L’Ecole nous a vendu la Démocratie et la République comme la perfection absolue. Mais cette perfection vole en éclat sous les tirs des flashballs, elle est réduite en pièce par les éclats de grenades.

    Comment ne pas être écœuré d’entendre parler des politiciens et des politiciennes déconnectés de la réalité, qui vomissent leur mépris du peuple, tandis qu’eux -et elles- n’ont jamais travaillé de leur existence ?

    Comment comprendre que les destinées d’ouvriers, de paysans, d’employés, de précaires, de chômeurs, soient entre les mains d’individus qui n’ont jamais fait autre chose que d’être des carriéristes au sein de leurs organisations ?

    Les scandales a répétition qui concernent des hautes personnalités ne font que montrer, les rares fois où des enquêtes ont lieu, la corruption généralisée qui gangrène l’État. Pour un Benalla repéré, combien sont encore tapis dans l’ombre, à poursuivre leurs exactions.

    Et quand la justice condamne, les peines sont si ridicules qu’elles la déshonorent. Même condamnés à de la prison ferme, les politiciens n’y mettent jamais les pieds.

    Les députés absents et les sénateurs et sénatrices assoupies, les ministres narquois et méprisants… En effet, comment ne pas être horrifiés ?

    Nous rejetons cette « politique », nous aussi. Nous pensons qu’elle est une mascarade.

    En rejetant cette politique politicienne, les Gilets Jaunes sont devenus le mouvement le plus politique qu’il y ait eu en France, depuis des années !

    Les Gilets Jaunes, le mouvement le plus politique depuis des décennies.

    Les Gilets Jaunes donnent, en vérité, une leçon de politique et une leçon de démocratie à la France entière. Ils ont démontré aux yeux de tous que l’État écrasait ceux et celles qui remettent en cause son ordre.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a été un rappel vibrant du véritable sens du pouvoir. Le fait de « pouvoir faire ». Si la démocratie se limite, comme le disent nos exploiteurs, à la liberté de parole, elle n’est qu’un mot creux. Sans possibilité de réaliser ce que nous disons, notre liberté ne vaut rien.

    En s’organisant, en débattant, en mettant en œuvre une véritable démocratie populaire, les Gilets Jaunes restaurent le véritable sens du mot liberté, du mot démocratie, du mot pouvoir. C’est pour cela que le gouvernement les hait. C’est pour cela que les partis politiques électoralistes les sabotent.

    Parce que la colère populaire se dirige aujourd’hui contre le régime, contre la manière dont la démocratie a été usurpée. Elle remet en cause le fait que, contre vents et marées, le pouvoir continue à exécuter le travail qui lui a été donné par ses maîtres, les milliardaires de France, les banquiers, les exploiteurs.

    Nous ne voulons pas faire « de la politique », nous voulons remettre le pouvoir entre les mains du peuple.

    Notre démocratie n’est pas la leur. La leur est celle des élections qui ne changent rien, des intimidations, de la corruption, des Benalla au-dessus des lois. Elle est celle des négociations secrètes, des réunions d’alcôves où les droits du peuple sont bradés en échange de privilèges et de postes.

    Notre démocratie est celle de ceux, de celles, qui apportent au monde toutes les richesses de leur travail. De celui qui cultive la terre à celle qui travaille dans les usines. Notre démocratie est celle du débat sur comment répondre aux besoins immenses du peuple, non de savoir comment augmenter les taux de profit des grands patrons du CAC40. Notre démocratie est celle qui se dresse contre eux, contre leurs plans de partage du monde, contre leurs projets d’asservissement de nos frères et sœurs, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs.

    Notre démocratie, les grands cartels d’exploiteurs, de banquiers, d’exploiteurs et de profiteurs l’appelleront dictature. Parce qu’il seront privés de leur droit le plus précieux, le plus fondamental : celui de vivre du travail d’autrui, de voler les richesses produites.

    Ils l’appelleront dictature et la haïront de toutes leur forces, parce qu’elle les forcera à devoir travailler de manière honnête pour vivre. Ils feront tout pour la détruire, pour restaurer leur ordre injuste et criminel.

    Mais ils échouerons, car notre unité sera plus fort, plus sincère, plus puissante que leurs manœuvres. Ces profiteurs pensent que nous ne sommes rien. Soyons tout !

    Devenons le centre politique du pays !

  • Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Les gouvernements savent saisir la balle au bond. Ils savent utiliser des moments de crise pour réussir à faire avancer leurs projets réactionnaires. En l’occurrence, les manifestations des Gilets Jaunes et les affrontements qui ont pu avoir lieu servent d’alibis à accroître un arsenal répressif destiné à mater les mobilisations dans leur ensemble.

    La gauche rend de grands services, mais pas toujours à ceux qu’on croit. En 2016, à la suite des attentats, sous prétexte de devoir réagir rapidement, le gouvernement de l’époque, dirigé par Valls, a mis en place un système qui court-circuite la justice pour placer au centre de l’action le préfet. Les décisions d’interdiction de manifester sont désormais entre les mains d’une autorité administrative, directement sous tutelle de l’Etat, et outrepassant régulièrement ses prérogatives.

    A partir du 1er novembre 2017, l’état d’urgence est entré dans la constitution, le transformant de facto en Etat d’urgence. Gérard Collomb, lui aussi membre et ex-membre du Parti Socialiste, a été l’architecte de cette mesure. Cette inscription dans la durée d’un régime d’exception a eu pour conséquences de banaliser l’usage d’une répression à caractère préventif. Autrement dit, il est né une conception qui ne peut être résumée autrement que par le « délit d’intention ». En somme, le soupçon d’un passage à l’acte est suffisant pour qu’il puisse être retenu comme une charge.

    L’usure des forces de police, à la suite de la mobilisation inefficace des forces de l’ordre pendant la période de l’état d’urgence, a servi, là aussi, de prétexte à accorder des largesses juridiques. La police s’est blindée contre les accusations d’abus et de bavures, tout en accroissant son arsenal répressif.

    La fabrique du « casseur ».

    Hier, c’est cet arsenal qui a permis de réprimer les luttes contre la loi travail ou contre la réforme de la SNCF. Aujourd’hui, ce sont celles-ci qui permettent d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes dans le sang.

    L’argument qui revient sans cesse est celui de la présence dans les rangs des manifestations de « casseurs ». Cet argument mérite qu’on s’y attarde un petit instant. Ces « casseurs » servent d’alibi à des lois répressives qui, en dernière analyse, mettent en péril le droit à manifester. Il est un terme qui revient sans cesse dans les rhétoriques du gouvernement pour dire aux Gilets Jaunes « ne manifestez pas », pour décourager les familles, les personnes vulnérables ou qui redoutent la violence.

    Or, cette rhétorique ne sort pas de nulle part. La fabrique du casseur, d’une image mentale de celui-ci, est en grande partie le fruit de l’influence des médias, au service des exploiteurs. Le pouvoir de l’image tout comme le pouvoir de la dénomination ont permis à ceux-ci, qui ne sont pas neutres, de forger dans l’esprit de la population une représentation de ce que peuvent être les « casseurs ». Ils ont ainsi créé une représentation de cette nébuleuse comme constituée d’individus opportunistes, utilisant les manifestations uniquement comme bouclier humain pour commettre des dégradations et des actes de violence, sans lien avec le mouvement, avec sa lutte, avec ses revendications.

    Les images des médias, même pour des individus qui se méfient de ceux-ci, frappent l’imagination. Même parmi les organisations politiques de gauche ou d’extrême-gauche, ce vocabulaire revient. Or, les vidéos qui passent en boucle sur les médias sont le fruit d’un travail d’édition. Elles ne montrent pas ce qui s’est passé avant un événement, après, ou hors champ.

    L’expérience des manifestations nous indique que, oui, il y a parfois de la casse et de la violence. Mais que dans la très large majorité des cas, celle-ci est à l’initiative des agents provocateurs des forces de l’ordre. Le plus souvent, les manifestations deviennent brutales après que la police soit passée à l’action, le plus souvent sans sommation et sans raison, autre que les ordres de semer le chaos.

    Ce qui se produit est une réaction d’autodéfense qui vise à se protéger de la police, voire parfois à répondre, du fait de la colère et du sentiment d’injustice, à la violence policière. Et ce, malgré l’immense disproportion de moyens physiques, matériels et juridiques entre les deux forces en présence. La tendance au conflit est constante, notamment vis-à-vis de la jeunesse populaire, qui ne connaît que les contrôles constants, la privation de perspectives et d’avenir, et la violence de la part de l’Etat. Mais là, également, l’origine est dans le fait que la société française génère une violence majeure.

    Il existe également des individus, politisés, qui s’attaquent à des banques, des vitrines de grands magasins, des symboles du capitalisme. Cela dans le but de générer une « propagande par le fait » et de stimuler la combativité des masses. Il ne s’agit là, encore, pas d’une violence aveugle. Les « blacks blocs » sont des individus présents dans les mouvements de luttes et qui opèrent ainsi dans le cadre de la lutte. Et, d’une manière générale, leur modus operandi répond au caractère répressif de la police.

    Il est possible d’être en désaccord avec ces pratiques, de les trouver inadaptées. C’est un débat. Nous ne justifions pas ce choix tactique, nous l’expliquons comme découlant d’une logique. En revanche, nous n’acceptons pas l’injonction de la condamnation qui est régulièrement posée par le gouvernement, les réactionnaires et les médias. Nous ne ferons pas comme Fabien Roussel, dirigeant du PCF, qui a déclaré qu’il demandait à la police d’intervenir lorsqu’il repérait des « casseurs ». Ce n’est pas notre rôle.

    En revanche, nous maintenons que, d’expérience, l’initiative de la provocation, de la violence, du conflit est dans une majorité écrasante déclenchée par la police. Chaque manifestation, ce qui est vu régulièrement, aussi pacifique soit-elle, finit sous les nuées de lacrymogènes.

    Par ailleurs, les « casseurs » ne sont qu’un alibi. Ce que vise ces lois, le cœur de leur cible, ce sont les manifestants en général, les mobilisés et mobilisées en général. Il ne s’agit pas de cibler ces chimères, mais bien de réprimer les masses populaires dans leur ensemble, et de les enfermer. 

    Quelles mesures dans la loi ?

    Cette « fabrique du casseur » à permis de justifier un très grand nombre de lois qui mettent en cause la liberté de manifester. Mais ces lois ne suffisent pas encore ! Il faut pouvoir réprimer plus, aller plus loin, frapper plus fort.

    La majorité parlementaire propose alors d’accroître ces possibilités de broyer le mouvement de contestation.

    Première mesure : le grand retour des interdictions administratives de manifester. Le préfet peut interdire une manifestation, mais également interdire à des individus précis de participer à un événenement déclaré. Cerise sur le gâteau, il est possible également d’interdire « sur la base de (…) relations régulières ». Si les fréquentations d’une personne paraissent suspectes, elle aussi peut donc être mise à l’index. Amnesty International indique que cela revient à « donner tout pouvoir aux autorités politiques ou policières pour déterminer si une personne a le droit de manifester ou pas, sur la base de suspicions extrêmement faibles ». Déja l’article 222-14-2 du code pénal, qui punit « le fait de participer sciemment à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations » est utilisé de manière extrêmement large par la répression. Le « sciemment » devient un enjeu majeur. Dans un sens, ce genre de procédure rejette à la défense la responsabilité de trouver des preuves de l’innocence ou de l’inconscience de l’interpellé.

    Il convient de rappeler que, d’ores et déjà, des Gilets Jaunes présumés passent en jugement et risquent de la prison sur la base d’interpellation arbitraires. Comme tout ou presque peut servir de pièce à conviction, il est facile de justifier à postériori les interpellations. Cela vise tout simplement à semer la terreur dans les rangs de ceux et celles qui se mobilisent, pour casser toute dynamique d’élargissement du mouvement.

    Deuxième aspect particulièrement redoutable, c’est l’aggravation de mesures déjà votées et appliquées. L’une d’entre elle est le fait de se dissimuler le visage. Elle se mue de dissimulation totale en dissimulation partielle. Elle pourrait être sanctionnée d’un an d’emprisonnement ainsi que de 15 000 euros d’amende. Amnesty International déclare :« Beaucoup de personnes se dissimulent partiellement le visage parce qu’elles souhaitent se protéger ». Tenter de se protéger contre les gaz peut donc faire l’objet de poursuites judiciaires.

    Pour peu que des manifestants souhaitent ne pas être asphyxiés, éborgnés, perdre des mains… ceux-ci peuvent être désormais arrêtés. Il faut offrir uniquement des chairs tendres, des peaux nues, aux armes des policiers.

    En somme, il faut rester chez soi et maugréer en attendant de prochaines élections. Faire le dos rond pendant que les droits sociaux partent en fumée, pendant que les salaires s’effondrent.

    Dernière mesure : l’article 3 de la loi prévoyait de créer un fichier de « casseurs ». Si cette disposition semble désormais caduque, elle est remplacée par une « inscription provisoire » des personnes interdites de manifestation dans le « fichier des personnes recherchées ».

    Tout comme les fichiers des empreintes ADN ne devaient être utilisées que pour identifier les délinquants et criminels sexuels, et sont maintenant appliqués à tous, ce système de fichier ne peut que laisser pensif.

    La loi de la terreur.

    Cette loi a déclenché l’ire de certaines forces politiques, de droite comme de gauche. L’extrême-droite, elle, a joué la carte d’une position très révélatrice : « Oui, probablement on le votera, en assurant qu’il n’est pas utilisé pour être une entrave au droit de manifester pacifiquement dans ce pays » (Marine Le Pen).

    Or, c’est littéralement le but de cette loi. Le RN a toujours été en faveur des lois qui permettent l’écrasement des mouvements sociaux ou de contestation, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de leur programme. Au lieu de hurler hypocritement, les apprentis-fascistes devraient applaudir Macron et ses laquais.

    Il est difficile d’accorder aux partis de droite le moindre crédit et la moindre sincérité dans leur protestation. Cependant, des exclamations extrêmement vigoureuses ont été prononcées.  « Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? » a-t-il lancé. « C’est la dérive complète ! On se croirait revenu sous le régime de Vichy ! » a ainsi déclaré Charles de Courson, député centriste. Jacques Toubon, défenseur des droits, a également attaqué cette loi pour son caractère liberticide.

    Sur les rangs de l’Assemblée, la France Insoumise a également protesté, déclenchant un conflit entre députés, du fait d’insultes de la part d’une députée LREM.

    Le fait que cette loi passe ne fait que confirmer une sombre constatation que nous avions faite dès avant l’élection de Macron. La politique kamikaze de Macron jette dans la rue des pans entiers de la société. Cela s’aggravera encore avec l’application de la « loi alimentation » qui frappera les ménages les plus précaires. Ne pouvons céder un pouce de terrain, tenus par les injonctions de ses donneurs d’ordres de la grande bourgeoisie, le gouvernement ne peut que tenter d’étouffer la colère sous les coups et les tirs.

    En empêchant les manifestations de se tenir, en usant de la répression à tout va, la direction politique de l’Etat produit, au contraire, une tendance au conflit encore plus marquée. D’une part car la colère populaire trouvera toujours un échappatoire sous une forme ou une autre, de l’autre car la police et la justice seront réduit à user toujours plus de la violence.

    Déja, des armes à feu classiques et des blindés ont été déployés. Déja, des policiers ont sorti leurs armes de service pour viser la foule. Fatalement, si cette logique se poursuit, cela se traduira non seulement par plus de blessés, mais également par une hausse du nombre de morts, tués par balles, comme cela pouvait être le cas jusqu’au début des années 1960.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette loi dangereuse et criminelle. Elle considère en revanche que celle-ci démasque intégralement la nature du régime dans lequel nous vivons : antidémocratique, antipopulaire, réactionnaire. Nous ne cesserons pas notre présence aux manifestations et nous appelons les Gilets Jaunes ainsi que les autres mobilisés à ne pas céder à cette politique de terreur.

    Soyons soudés, unis, solidaires, et nous triompherons de tout !

  • N’ayons pas peur, parlons du pouvoir ! – Tract de l’Unité Communiste de Lyon

    N’ayons pas peur, parlons du pouvoir ! – Tract de l’Unité Communiste de Lyon

    N’ayons pas peur, parlons du pouvoir !

    La question du Référendum d’Initiative Citoyenne revient sans cesse dans les revendications des Assemblées populaires. Elle est réclamée par de plus en plus de Gilets Jaunes, par une part toujours plus grande de la population. Cette question dépasse les cadres traditionnels des revendications.

    Derrière le RIC se cache une question beaucoup plus profonde, beaucoup plus centrale, beaucoup plus importante. C’est celle de la légitimité du régime dans lequel nous vivons.

    Car la France vit sous le joug d’une dictature qui ne dit pas son nom. Un régime organisé, orchestré par et pour une poignée de profiteurs, de milliardaires, de grands patrons, de banquiers, de rentiers… Un régime qui se déguise en démocratie pour être accepté, mais qui ne tient compte que des ordres des conseils d’administration d’immenses corporations, toujours de mèche avec l’Etat.

    Un régime qui n’est conçu que pour exploiter et opprimer ceux et celles qui produisent toutes les richesses. Pour envahir d’autres pays et y imposer des dictateurs et des pantins.

    Nous pensons que poser la question du RIC est une question juste et cruciale ! Cependant, s’imaginerait-on que ceux qui nous écrasent et nous exploitent reculeraient devant un référendum ?

    Hélas non ! Ils ne respectent même pas leurs propres lois !

    Quand Sarkozy est inculpé, il est traité comme un prince. Quand Benalla est perquisitionné et que les preuves disparaissent, la justice ne trouve rien à redire. Quand un grand milliardaire fraude, triche, achète une éléction, il est blanchi immédiatement. Même lorsqu’ils sont condamnés à de la prison, ils n’y vont pas !

    Par contre, la manière dont ils ont traité le mouvement montre qu’ils n’ont pas l’intention de discuter. Pour une simple histoire d’impôt, 10 morts, plusieurs centaines de blessés, plus de 5 000 arrestations. Pour quelques euros, le gouvernement propose des lois de fichage, des lois pour tabasser toujours plus, promet la prison ferme à qui se rebelle.

    Marlène Schiappa peut se permettre, au mépris de la présomption d’innocence, de s’en prendre à la solidarité avec Christophe Dettinger en réclamant l’annulation de sa cagnotte. Les gens comme elle sont au dessus des lois.

    Ce sont à ces personnes qu’il faudrait faire confiance pour organiser le référendum, pour compter les voix, pour transcrire ces décisions en lois, pour les appliquer ?

    Eux qui ne reculent devant rien pour nous asservir, pour nous enchaîner ?

    NON !

    Nous sommes légitimes à parler de pouvoir !

    Leur « démocratie », ce sont les salons parisiens où tout est joué à l’avance, où la loi des riches s’impose. Elle est celle des coups bas, des entourloupes, des votes cruciaux à 2h00 du matin devant des députés absents. Nous voulons proposer la notre.

    Nous voulons une démocratie populaire !

    Le RIC indique au gouvernement ce que nous voulons. Mais la vraie réponse est « comment le faire nous-même » ? Les politiciens professionnels disent que c’est trop complexe, qu’ils sont indispensables. Ils disent qu’ils sont les seuls qui peuvent parler légitimement au nom du peuple. C’est faux. Nous pouvons le faire. Les assemblées générales montrent que nous savons débattre, nous savons décider et que nous savons appliquer les décisions qui sont prises démocratiquement.

    Pour faire diversion, Macron et ses sbires ont lancé le « Grand Débat ». Lui et sa clique en définissent les limites, l’ordre du jour, les questions. Ils choisirons des « idiots utiles » pour l’animer. Plutôt que d’ouvrir un véritable débat, ils préfèrent créer un faux-peuple, poli et soumis. Tout ce qui sortira de ce « débat » ne sera là que pour renforcer et rélégitimer leur pouvoir.

    Ils font ce que décrivait Bertolt Brecht :

    « Le peuple est contre nous ? Alors il faut en élire un autre ! »

    Les Gilets Jaunes se transforment en ce que l’Etat bourgeois redoute le plus : une opposition extra-parlementaire.

    Nous voulons parler de l’exploitation, des profits monstrueux qui se font sur notre sueur, sur notre sang ! Nous voulons parler de ces baisses de salaire, de cette casse de notre sécurité sociale, de nos retraites, de notre chômage ! Nous voulons parler des guerres qui se font en notre nom, pour semer la misère et la terreur dans d’autres pays ! Nous voulons parler des taxes qu’on nous fait payer pour les financer, pour financer une police qui nous écrase, une justice qui nous condamne.

    Nous voulons parler du monde que nous pourrions construire, sans exploitation, sans misère, sans chômage, sans guerres, sans destruction de l’environnement. Nous voulons parler de la dictature qu’on nous impose. Nous voulons parler de la démocratie que nous devons gagner, arracher, à ceux qui nous volent nos vies !

    Notre démocratie ne sera jamais celle de cette poignée de parasites. Elle est radicalement incompatible avec l’existence d’une grande bourgeoisie capitaliste. Nous ne leur laissons pas le mot «république» dont ils nous bassinent pour nous plier au respect de leurs lois. Nous opposons la République du peuple à celle du capital. La république est dans la rue. Eux ne sont que des usurpateurs.

    N’ayons pas peur de dire que le changement ne surviendra pas par les urnes.

    N’ayons pas peur de dire qu’il ne viendra pas d’un parlement.

    N’ayons pas peur de dire que le changement viendra d’une révolution.

    N’ayons pas peur de dire qu’il faut travailler à en construire les outils.

    Leur Etat n’est pas réformable. Nous avons besoin de construire le notre, populaire et révolutionnaire !

    Faisons grandir nos assemblées ! Faisons les se rejoindre ! Faisons les devenir le centre de gravité de la vie politique ! Construisons une opposition extra-parlementaire !

  • 1er Mai Déclaration commune de l’UPML et de l’UCL

    1er Mai Déclaration commune de l’UPML et de l’UCL

    Pour un premier mai de lutte de classes, pour un 1er mai de solidarité,

    pour un premier mai révolutionnaire !

    Préface de l’Unité Communiste de Lyon.

    Partout dans le monde, les bourgeoisie, les impérialismes frappent.

    Partout dans le monde, l’exploitation s’accroît.

    Partout dans le monde, la police frappe.

    Partout dans le monde, le sang coule.

    Partout dans le monde, la misère, la famine, le fascisme gagnent du terrain.

    La bourgeoisie est l’ennemie de l’humanité !

    Ceux et celles qui organisent l’exploitation des richesses, l’exploitation des travailleurs et des travailleuses, la ruine de l’environnement, promettent un avenir sombre. Un avenir néfaste pour l’humanité entière.

    Détruire les protections sociales, réduire les salaires, presser jusqu’à la dernière goutte la sueur et le sang de ceux qui produisent toutes les richesses du monde. Voilà le programme des bourgeois et des bourgeoises.

    En concurrences les unes avec les autres, les bourgeoisies et les impérialismes embrigadent les masses pour les dresser les unes contre les autres. Les guerres de repartages menacent.

    Ce n’est pas une fatalité ! Ce n’est pas inéluctable !

    Partout sur le monde, les masses en colère se rebellent.

    Partout dans le monde, elles s’organisent pour lutter, pour combattre.

    Partout dans le monde, le drapeau de la révolution prolétarienne se dresse.

    Partout dans le monde, le spectre du communisme cause la terreur de la bourgeoisie.

    En Asie, en Afrique, aux Amériques, en Europe, en Océanie, partout sur la Terre, les organisations révolutionnaires défilent, aujourd’hui, jour international de la lutte des travailleurs et des travailleuses.

    Contre la terreur du régime d’Erdogan dans l’Etat Turc, contre le fascisme de Duterte aux Philippines, contre les réactionnaires Hindoux en Inde, les drapeaux rouges sont dressés. Contre les régimes réactionnaires partout dans le monde, le drapeaux des organisations révolutionnaires, sous la bannière de l’ICOR, défilent.

    Combattons l’exploitation partout dans le monde ! Combattons contre la bourgeoisie et ses Etats réactionnaires !

    Vive la premier mai de lutte internationale !

    Déclaration commune de l’Unité Communiste de Lyon et de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

     

    Le premier mai est la journée internationale de lutte de la classe ouvrière. Il est le jour du combat des travailleuses et des travailleurs du monde entier contre l’oppression organisée par les capitalistes, par la bourgeoisie, par les exploiteurs et les exploiteuses.

    L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon, sont toutes deux membres des Amis de la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires (ICOR) en France. Nous clamons, d’une seule voix, la nécessité de faire de ce jour une date illustrant la combativité des masses populaires et leur solidarité internationale.

    Dans le monde, les impérialistes poussent à la guerre. Les USA, la France,  le Royaume-Uni, la Russie soufflent sur les braises ! Poussée par la concurrence exacerbée entre puissances impérialistes, celles-ci désirent partager le monde à nouveau. Le camp de la paix existe, mais reste fragile. Les Amis de l’ICOR et l’ICOR contribuent à travailler à le renforcer, à le solidifier, à lui donner corps.

    Dans notre État, la bourgeoisie monopoliste mène une charge, tambour battant, contre les droits des travailleurs et des travailleuses. Le gouvernement de La République en Marche, véritable missile de croisière du patronat, mène frappes sur frappes contre les conquêtes sociales.

    La bourgeoisie mène une stratégie ambitieuse. Son but n’est ni plus ni moins que de reprendre le terrain perdu durant un XXème siècle de lutte. Elle veut tout ; elle veut briser chaque droit :

    • Détruire le Code du Travail, opération dans laquelle les laquais sociaux-démocrates du gouvernement précédent ont ouvert largement la voie. Plus de conventions collectives, plus de lois contraignantes, plus de droit de grève –de facto. Les travailleurs et les travailleuses sont à la merci de leur patron ou de leur patronne.

    • Démanteler les protections sociales. La réforme de l’impôt, préparée par le gouvernement, vise à asphyxier l’intégralité des caisses fonctionnant par cotisation. Le chômage, l’Assurance Maladie, les retraites passent entre les mains de l’État. Désormais, elles sont à sa merci. Pourtant, la ponction repose toujours sur les masses populaires, au travers de la hausse de la CSG, que la bourgeoisie sait contourner par ses experts fiscaux, par ses évasions, par sa triche.

    • Pulvériser le service public. Macron et ses sbires ouvrent des marchés immenses aux investisseurs. Le rail, la santé, l’éducation, l’énergie sont en droite ligne de mire. Cela permet d’offrir de splendides cadeaux à la bourgeoisie, aux frais des masses. Qu’importe si la mort frappe les malades, qu’importe si les prix des transports sont exorbitants… tout est bon pour répondre à la commande de la bourgeoisie. D’autant que casser la reconnaissance des diplômes revient à attaquer en douce le code du travail.

    • Un changement dans le rapport de l’État bourgeois aux masses populaires. La suppression de la taxe d’habitation étrangle les collectivités locales, qui repassent, comme sous De Gaulle, entre les mains de l’État. Une commune se montre insolente ? Les vivres lui sont coupées. De plus, le mode de gouvernement restreint les débats à l’Assemblée, déjà peu démocratiques. Macron, finalement, agit comme un royaliste dans son style de direction.

    • Les lois répressives et les opérations de police sont là pour écraser toute résistance populaire. De manière croissante, les mouvements sociaux connaissent une répression sans bornes. Lorsque la police ne peut intervenir, ce sont les fascistes, qui la remplacent, agissant en toute impunité.

    • L’impérialisme français porte la mort et la guerre partout où ses intérêts sont présents. Bombes sur la Syrie, interventions en Libye, au Mali, en Centrafrique, Afghanistan,… néo-colonialisme en Afrique… Et ceux qui fuient la guerre et la misère sont refoulés, emprisonnés -mineurs comme adultes- ou meurent dans la neige des Alpes, dans les vagues de la mer.

    Le monde d’avant Macron était un monde d’inégalité, un monde d’exploitation. Mais le monde qui s’annonce est glaçant, rétrograde. Nul doute que ce qui attend les masses populaire sera une illustration de la tendance à la paupérisation, tant relative qu’absolue, prédite par Marx.

    Les communistes ont des tâches à remplir. La lutte économique seule ne suffit pas. Les grèves seules ne feront pas plier le gouvernement, et encore moins la bourgeoisie et son pouvoir d’État. Nous ne sommes pas de ceux ou de celles qui défendent des mots d’ordres creux de nationalisations « démocratiques ». La réponse ne saurait être un simple rejet de la politique gouvernementale ou la remise entre les mains de l’État des moyens de production. Non, la réponse est politique.

    Les croyances dans la possibilité d’une alternance politique par la voie des urnes sont des chimères. « Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun », clame l’Internationale. A raison. Les politiciens et les politiciennes bourgeoises sont passées maîtresses dans l’art de tromper les masses populaires. Ils et elles ne voient la misère que comme un moyen d’accéder aux postes, aux sinécures, aux fauteuils du pouvoir.

    Le cadre de la démocratie bourgeoise est un cadre étriqué, trompeur, traître. Nous le rejetons. Pourtant, nous clamons le fait que nous sommes légitimes à représenter une opposition au gouvernement, aux programmes des bourgeois et des bourgeoises. Seulement cette opposition ne peut être que hors des pièges de la bourgeoisie, elle ne peut être qu’extra-parlementaire. La démocratie des masses, des assemblées générales d’usine, de lieu de travail ou d’étude, de lieu de vie ou de lutte. Une démocratie réelle, une démocratie populaire.

    Organisons-nous !

    Reconstruisons le camp du peuple, « celui de la fraternité et de la liberté » !

    Prenons part aux mobilisations des ouvriers, à la défense des services publics, des étudiants, des femmes, des écolos, du personnel aérien, contre tout licenciement…

    Assurons la victoire des cheminots qui mènent une lutte pour les générations à venir.

    Avec l’ICOR, renforçons la coopération des prolétaires à l’échelle internationale contre les capitalistes et les chauvins qui veulent nous dresser les uns contre les autres.

    L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste veulent contribuer à construire un Parti Révolutionnaire. Un Parti Communiste réel, qui ne soit pas le croupion de la social-démocratie, le paravent de l’abandon. Un Parti, qui organise les exploités et exploitées, les opprimées et opprimés, ceux et celles qui subissent la dictature de la bourgeoisie.

    Nous voulons construire le Parti qui dirigera et qui mènera le prolétariat au pouvoir, par la révolution. Le Parti qui bâtira une société sans classes, ni État. Le Parti qui mettra fin à la misère, à la guerre, à la précarité, à la souffrance. Le Parti qui chassera du pouvoir les ennemis du peuple, qui les chassera de leurs palais, de leurs hôtels particuliers, de leurs forteresses.

    Pour un Parti qui mènera les masses à l’assaut du ciel !

    Le capitalisme a fait son temps – vive le communisme !

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Leur légalité et la notre.

                    La bourgeoisie joue une jeu hypocrite. Elle se targue de présenter un modèle neutre, équitable, juste et démocratique. Elle se targue de mettre en avant des valeurs universelles, de traiter d’une manière égale en poids chaque individu. « Les faits sont têtus » écrivait Lénine. Et les faits illustrent chaque jour l’étendue de ce mensonge. La société capitaliste est une implacable machinerie à inégalité et à discrimination. Non seulement elle les reproduit, dans l’école « républicaine », mais elle les accentue. Elle creuse le fossé immense entre le prolétariat et la bourgeoisie, elle le rend insondable. La captation sans cesse croissante des richesse, la spoliation toujours plus forte, tout ceci contribue à concrétiser la tendance à la paupérisation, non seulement relative, mais également absolue. La bourgeoisie est toujours plus riche, tandis que le prolétariat est s’appauvri, en particulier dans les pays dominés par l’impérialisme.

                    La bourgeoisie dit que le jeu fonctionne ainsi, que les courageux et les courageuses, les entreprenants et entreprenantes, sont récompensés. Elle clame que chacun reçoit son dû, que les dés ne sont pas pipés. Elle clame également que le prolétariat, si il parvient à gagner les élections, pourra faire le monde comme il le souhaite. En somme, elle se prétend fair play. Pourtant rien n’est plus faux.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Elle a conçu l’Etat bourgeois comme un outil au service de sa domination, au service de son ordre, au service de ses intérêts de classe. La loi est avec elle, la force est avec elle. Elle en détient le monopole, tout en prétendant que ce n’est pas le cas. Dans les faits, croire naïvement que la bourgeoisie peut se laisser retirer ses privilèges sans se lancer dans la guerre est une illusion terrible. La bourgeoisie se moque de la présomption d’innocence. Elle se moque de la rétroactivité des lois. Elle se moque des vices de procédure et des nullités. Elle applique intégralement l’adage du si vis pacem, para bellum pour défendre ses intérêts supérieurs de classe. L’Histoire illustre que le sang coule quand les masses se révoltent. Ceux et celles qui pensent que cet Etat se conquiert de l’intérieur, par la réforme, sont condamnés à échouer ou a trahir.

    Lénine écrivait : « Nous » disons donc à la bourgeoisie: Vous, exploiteurs et hypocrites, vous parlez de démocratie alors qu’à chaque pas vous dressez des milliers d’obstacles pour empêcher les classes opprimées de participer à la vie politique. Nous vous prenons au mot, et afin de préparer les masses à la révolution, pour vous renverser, vous autres exploiteurs, nous demandons, dans l’intérêt de ces masses, que votre démocratie bourgeoise soit élargie.

    Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

                    Nous ne sommes pas des hypocrites. Nous actons le fait que la lutte des classes est le moteur de l’histoire. Les institutions ne sont pas neutres, les lois, les systèmes de pouvoir non plus. Nous actons que l’Etat a un contenu de classe. Nous actons également que la bourgeoisie se rebellera, frappera, tuera. Notre légalité n’est pas une neutralité fausse, mais une légalité de lutte des classes aigüe. La légalité de la dictature du prolétariat est une légalité complexe. Elle n’est pas celle d’une forteresse coupée du monde, fonctionnant en autarcie complète, hors de tout danger, comme le présentent les « historiens » du Livre Noir. Elle est une légalité qui doit être adaptée à la situation de lutte des classes forte et accrue au sein de l’Etat prolétarien, mais également en situation de guerre avec l’impérialisme mondial et avec les bourgeoisies dans leur ensemble.

                    Les rapports ont parfois été pacifiques, parfois brutaux entre les Etats prolétariens et leurs bourgeoisies. Mais à chaque pas que franchit la construction et l’affirmation du socialisme, les différentes fractions de la bourgeoisie ont senti progressivement le sol se dérober sous leurs pieds. Leur rôle social, lié à leur maîtrise de certaines fonctions, de certaines expertises, de certains savoirs, s’est peu à peu effrité, avec l’élévation générale du degré de formation des masses. Contrairement à ce que pensaient une grande partie des marxistes, cela n’a pas contribué à assagir ces cliques, mais à les jeter, au contraire, dans la lutte à corps perdu.

                    L’histoire bourgeoise, là encore, triche. Elle représente les opposants au pouvoir socialiste comme des démocrates défendant les droits de l’Homme, comme de sympathiques individus ayant foi dans une voie meilleure, plus juste, plus humaine. Chez l’intégralité des forces anticommunistes, de « gauche », comme de droite, il réside un consensus sur cette question. Surfant sur la sympathie spontanée qu’il est possible d’avoir pour les opprimés, la bourgeoisie a réussi à faire passer des fascistes, des théocrates, des bourgeois pour des victimes innocentes. Il n’est pas rare de trouver des ouvrages d’extrême-droite sur l’URSS ou la Chine dans les librairies libertaires. Pourtant, c’est mal comprendre les buts que se fixaient ces opposants -restauration du tsarisme, du capitalisme, instauration du fascisme…- et les moyens qu’ils et qu’elles mettaient en œuvre :  assassinats et terrorisme.

                    Lorsque plusieurs personnages centraux de l’URSS étaient assassinés, empoisonnés, avaient des accidents étranges, quand des mines de charbon explosent ou que des barrages menacent de s’effondrer, quand les opposants font front avec les Japonais pour ravager la Chine, le temps n’est plus à la discussion.

                    Les Etats socialistes ont eu à faire face à cette véritable guerre secrète menée par la bourgeoisie et ses alliés et tout était à découvrir. Les partis communistes et les masses ont expérimenté différentes manières de faire, d’avancer pour résoudre ces conflits, pour mettre fin aux tentatives de restauration faites par les vieilles classes possédantes, tout comme en avançant pour saper les bases matérielles de l’apparition de nouvelles classes bourgeoises. Les « historiens » présentent cela comme une société en guerre ouverte et constante.

                    La vérité est que la bourgeoisie profite de chaque interstice pour pouvoir avancer ses pions et briser les tentatives du prolétariat pour se libérer de l’exploitation. Chaque relâchement, chaque ralentissement de la lutte a des conséquences terribles. Lorsque, en URSS, à l’approche de la guerre, le Parti Communiste a voulu tempérer la lutte des classes aigüe pour faire bloc contre la menaces fasciste, la bourgeoisie, les droitiers, les défaitistes, les liquidateurs ont saisi l’opportunité pour frapper. Djerzinski (1917-1926) et Menjinski (1926-1934) avaient, en tant que dirigeants de la sûreté, agi avec discernement et efficacité, leurs successeurs, choisis parmi les modérés, se sont avérés des dangers complets : Iadoga (1934-1936) et Iéjov (1936-1938) . Cette modération fut justement leur faiblesse la plus grande. Elle les a rendu vulnérables à deux maux terribles : la compromission et le traitement bureaucratique des questions. Les deux se sont rendus coupables de collusion avec certaines franges de la bourgeoisie, tandis que le dernier appliqua mécaniquement une répression imbécile, avec une politique de quotas. Ils le payèrent de leur vie l’un et l’autre.

                    A la suite de cette période, il y eu une oscillation dans l’autre sens, rendue nécessaire par l’intenable situation dans laquelle l’URSS s’était retrouvée, du fait des activités de ces agents doubles. Elle vit l’arrivée de Béria (1938-1953), lequel était un individu d’une fiabilité douteuse, mais étant l’opposé complet des précédents. Issu d’un milieu d’une pauvreté affreuse, aventurier détestant la bureaucratie -au début- il a été le fer de lance, avec Vychinski, d’une réponse radicale aux menaces intérieures. La militarisation progressive du NKVD, le commissariat du peuple aux affaires de l’intérieur, notamment avec la création du SMERSH sous la férule de Abakoumov, illustra une nouvelle dérive, laquelle joua un rôle dans l’arrivée au pouvoir de la droite du PC(b)US en 1956, devenant même un outil de répression contre les Léninistes.

                    Ayant observé cette situation, les proches de Mao ont essayé une voie autre, jouant principalement sur la mobilisation des masses contre les dérives et contre les abus qui pouvaient avoir lieu, se fiant à elles pour déceler et détruire les menaces intérieures. Cette voie a culminé avec la Grande Révolution Culturelle, laquelle devait balayer la poussière de l’ancien monde. Ce mouvement de masse représentait une autre expérimentation, avec des caractéristiques de démocratie jamais vues avant dans le traitement des questions politiques, avec une prise directe des masses populaires sur la question du pouvoir et de la direction politique. Seulement, cette expérimentation n’était pas parfaite non plus, et des faiblesses sont apparues : augmentation du pouvoir de l’armée, déstructuration du Parti Communiste Chinois, épuisement de l’énergie populaire sur le long terme… Si les jugements populaires et les Dazibaos ont été des avancées incontournable dans la démocratie au sein des masses, ils n’étaient pas parfaits non plus.

            Pourtant. Pourtant l’intégralité des systèmes socialistes ont misé sur le fait de réhabiliter, de réintégrer celles et ceux qui avaient pris le chemin de la lutte contre le socialisme. Hormis dans les moments de crise, où la justice d’exception s’est appliquée, le choix fut celui de laisser une possibilité de s’amender et de progresser, y compris aux vielles classes possédantes. Les régimes socialistes ne sont pas le régime nazi, où la seule porte de sortie est la mort. Nombre d’individus ayant commis des fautes ont purgé une peine, ont travaillé puis ont été libérés et ont réintégré la société. Le but de la répression est invariablement resté leur neutralisation, tandis que le but du système carcéral est resté invariablement la réhabilitation par un travail en commun, utile et productif. Mais pour la bourgeoisie, le fait de travailler de ses mains, d’être au service du peuple, de passer 6 mois dans une commune populaire, rien n’est plus insupportable.

                    Il n’existe pas de solution idéale. Nombre de courants politiques buttent sur cette question, préférant ne rien dire, ne rien faire, plutôt que de prendre le risque de faire quelque chose qui ne soit pas la perfection incarnée. Ils rejettent intégralement les expériences socialistes sur la base  de questions de principe, sans comprendre à quoi ils et elles seront confrontés lorsque la révolution sera autre chose qu’une idée.

                    Nous ne sommes pas aveuglés par les mensonges de la bourgeoisie. Sa démocratie est une démocratie confinée, qui maquille misérablement une dictature de classe, injuste, impitoyable, sanguinaire. Deux mondes se côtoient, l’un celui des exploiteurs, l’autre celui des exploités. Il n’existe nul consensus possible de l’un vers l’autre, nulle loi commune. Il n’existe que la lutte.

                    Gagner cette lutte passe par le fait d’acter que des justices d’exception, des justices de guerre sont inévitable. Mais que cette étape, ce chemin difficile, est la voie unique vers l’abolition des inégalités de classe, vers la réalisation d’une société dont la guerre aura été extirpée. Une société juste. Une société communiste.