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  • Les Antilles s’émeutent.

    Les Antilles s’émeutent.

    Les émeutes dirigées contre les mesures anti-covid révèlent qu’une grande partie de la population est épuisée, en a assez, et n’aspire plus qu’a un retour à la normale.

    En Allemagne, en Hollande, dans les Antilles, nous avons pu voir, à l’annonce de nouvelles restrictions, des scènes de chaos, des embrasements populaires.

    Il existe des colères justes, des colères sincères, mais qui prennent des formes réactionnaires. Dans ces colères, il existe une énergie destructrice et créatrice immense. Le rejet des institutions existantes, de leur fonctionnent décevant, truqué. Le sentiment d’avoir été trahi, le sentiment qu’on nous ment en permanence, pour nous faire accepter une situation de larbin, d’exploité, de dominé. Et ces sentiments, cette colère, cette révolte juste s’exprime, explose, à des endroits imprévus. Elle se heurte à ce qui est le moins supportable, le plus visible : les restrictions de liberté au nom de la lutte contre la pandémie.

    Cependant, cette aspiration sincère ne peut faire oublier un état de fait : tant que la pandémie rôde, nous courons le risque d’être contaminé, malade, invalide, tué. Mais nous courons aussi un deuxième risque : celui de voir les libertés démocratiques durablement retirées. Nous avons le devoir d’en finir avec cette épidémie. Le ministre de la santé d’Allemagne a eu une phrase terrible : à la fin de l’hiver, les Allemands seront « vaccinés, guéris ou morts. » C’est à la fois une injonction menaçante, mais à la fois aussi une réalité. Le Covid n’est pas parti. Il est là encore longtemps. Et surtout, les mesures anti-covid sont loin d’être l’axe de bataille premier de la bourgeoisie : elle attaque toujours les droits sociaux, en profitant du fait que l’esprit d’une large partie de la population soit accaparé par ces dispositifs.

    Mais, quoiqu’on puisse penser de ces mouvements, il nous faut regarder comment, de quelle manière, ils sont réprimés. Et, dans ce cadre là, nos regards ne peuvent se tourner que vers les Antilles.

    En Guadeloupe, par exemple, le RAID et le GIGN ont été déployés pour faire face aux manifestants, devenus émeutiers. Des émeutiers qui ont débordé les moyens d’encadrement de l’île, au point de faire peser la peur d’une insurrection et d’une perte de contrôle. Il ne faut pas oublier que les Antilles ont été le cadre de très grandes luttes. Ainsi, en 2009, Liyannaj Kont Pwofitasyon avait lancé une grève générale en Guadeloupe. L’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), le syndicat majoritaire de l’Ile, dirigée par Élie Domota, avait lancé une lutte de longue durée. Partant du prix de l’essence, cette mobilisation avait fini par poser des questions sur l’intégralité du tissus économique et social de l’île, notamment contre la domination béké, coloniale,sans partage.

    Si nous ne pouvons pas soutenir positivement le fait que cette révolte s’axe contre les mesures de santé publique, aussi dures soient elles, nous pouvons comprendre la colère. Le passé colonial a laissé des traces. Ainsi, à la Réunion, le scandale des avortements et des stérilisations forcées à de quoi susciter une défiance de la part de la population envers les politiques médicales d’État1.

    De plus, le travail informel, qui ne donne aucun droit, représente près d’un quart de l’activité2. C’est énorme, et cela suffit à expliquer un rejet de ces mesures : elles ne sont pas adaptées au tissus social et économique de la Guadeloupe et plus largement des colonies.

    Ces émeutes méritent d’être regardées avec lucidité. A ce titre faut arrêter avec les mots couverts : des scènes de pillage sont des scènes de pillage, les appeler auto-réduction, comme l’ont fait certains, est un abus, presque une manière de s’excuser que ces événements aient lieu. Soyons sans complexes : le dire n’est pas une condamnation. C’est simplement un fait. La vie chère, le décalage de niveau de vie entre les békés coloniaux et la population, tout pousse à une colère économique tout autant qu’une colère politique. Et celle là se traduit aussi par l’envie d’accaparer des biens matériels, dont on s’est senti privé, frustré, depuis des années.

    Quelle est la réponse du gouvernement français: envoyer les forces spéciales. Elles sont jugées être les seules capable de pouvoir juguler la menace. Les manifestants doivent donc s’attendre à avoir, comme réponse à leurs demandes, la répression. C’est là une manière de traiter les problèmes coloniaux assez typique : a quelques jours d’un nouveau référendum en Kanaky, on ne peut pas oublier les bombardements réalisés par la marine française ou l’assaut de la grotte d’Ouvéa en 1984. La répression à Mayotte, en Guyane, dans les Antilles, en somme dans chaque zone dominée par la France est d’une nature spécifique : elle est une gestion policière coloniale, dans laquelle l’utilisation de la violence est décuplée par la séparation entre colons et colonisés. Au lieu d’oxygène et de compromis, l’État choisit le conflit et se prépare à affronter les mobilisés.

    Ceux-ci ont pillé une armurerie. Des tirs à balles réelles ont été signalés. En réponse, un couvre feu a été déclaré à partir de 18h00. Reste à voir ce qui se déroulera, mais toujours est-il que, si nous sommes pour une politique de lutte contre la pandémie avec force, nous n’acceptons pas cette gestion coloniale de la crise. Nous considérons qu’il est plus que temps de mettre fin au « confettis d’empire », et que le destin des Antillais et des Antillaises passe par leur liberté, par le choix d’un destin qui leur est propre. Ceux comme Jadot, comme Hidalgo ou comme Macron, qui veulent « rétablir l’ordre », parlent d’écraser les Antillais et les Antillaises, non de les libérer.

    C’est ainsi, dans un travail de coopération et de collaboration au sein de la mer des Caraïbes, qu’ils peuvent espérer sortir de cette situation, qu’ils peuvent régler les problèmes, qu’ils peuvent avancer vers une prospérité nouvelle.

    Pas de répression aux Antilles !

    Pour la fin de colonialisme !

    1https://fr.wikipedia.org/wiki/Avortements_forc%C3%A9s_%C3%A0_La_R%C3%A9union

    2https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/regions/departementales/ce-que-revelent-les-rapports-d-activites-des-commissaires-aux-comptes-sur-nos-economies-572045.php

  • Un an de confinement (Partie 1) : le bilan

    Un an de confinement (Partie 1) : le bilan

    Un an après le début du confinement, nous voulons tirer un petit bilan de cette période.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, l’incertitude demeure. Rien ne permet de savoir de quel côté la balance épidémiologique peut pencher. Les choix opérés par le gouvernement français depuis septembre ont été marqués par l’atermoiement, le moyen-terme, l’indécision. Si il n’existe pas – pour le moment – d’explosion nouvelle, de troisième vague ravageuse, nous restons sur le fil du rasoir.

    La politique gouvernementale a été marquée par une série de tergiversation, d’hésitations, de compromis. Tandis que, durant 2020, le Comité Scientifique a été l’acteur principal, son rôle s’est éteint progressivement, pour être escamoté au profit du gouvernement. Il y a de quoi s’interroger.

    Ce comité a été fortement critiqué pour des motifs tout à fait recevables. Il avait été composé par une cooptation gouvernementale, il n’avait pas de comptes à rendre à l’Assemblée…En somme il concrétisait parfaitement la vision gaullienne de la transformation de l’État : une techno-structure régnante, capable, au nom d’une hypothétique objectivité scientifique, de décider à la place des interfaces démocratiques.

    En dépit de cela, ce comité a été réduit progressivement au silence. Pourquoi ? Tout simplement car les décisions gouvernementales commençaient à s’en écarter, pour en diverger ensuite fortement. Le gouvernement, en effet, à choisi le hasard face à la fermeté, renonçant à des confinement, pour s’orienter vers une gestion plus souple de la crise.

    Ainsi, à l’origine, les contaminations devaient passer en dessous des 5 000 par jour pour que le confinement soit levé. Cependant, il l’a été, en dépit d’un maintien aux alentours des 20 000. Le fait qu’il n’y ait pas eu d’explosion immédiate a été célébré comme une « victoire de Macron sur les sachant » par ses thuriféraires. Elle a révélé que Macron n’est pas seulement une personne qui célèbre occasionnellement Pétain, il en a aussi adopté la marotte de 1917. Tandis que Pétain voulait « attendre les Américains et les chars », Macron lui propose de gérer l’épidémie en attendant les effets de la vaccination. Pour le moment, le pari tient… en apparence.

    Cependant, cette victoire est incertaine, coûteuse, précaire.

    La pensée qui sous-tend le raisonnement de Macron est simpliste et mathématique. « Les contaminations sont stables, dont l’épidémie est gérée. » Le gouvernement oublie en cela plusieurs paramètres essentiels.

    Le temps de latence : entre la contamination et les symptômes, puis entre les symptômes et le test, plusieurs jours se passent. Entre le test et le résultat, un délai supplémentaire s’adjoint. Entre les remontées des tests et leur publication, un autre s’adjoint encore. Il en est de même quant au temps qui s’écoule du déclenchement de la maladie à l’hospitalisation. En réalité, le gouvernement conduit une politique avec des informations déjà périmées.

    La dynamique interne : les chiffres n’ont pas de sens s’il n’est pas pris en compte une dynamique interne. Une contamination n’a pas le même sens en fonction de son lieu et de son cadre. Le remplacement des virus type 1 par de nouveau type peut laisser penser une chose : les contaminations peuvent très vite passer d’une suite arithmétique (1 contamination + 1 contamination…) à une suite logarithmique (1 personne contamine 2 personnes qui en contaminent 4…) en fonction de la contagiosité du variant. Cette absence de prise en compte des bonds qualitatifs (même si la qualité, en l’occurrence, est plutôt désagréable!) montre l’impact d’une pensée bureaucratique et comptable.

    C’est là un problème de fond. Mais à celui-ci s’ajoute un problème de forme.

    Car cette politique pose trois problèmes :

    Premièrement :

    Les hôpitaux fonctionnent en flux-tendu. Cela les oblige à ralentir l’attribution de moyens financiers et humains à d’autres services. Les soins non-Covid sont moins suivis, notamment pour les maladies chroniques ou les cancers. De fait, comme les personnes accèdent à des soins plus tardifs, elles arrivent dans un état plus grave. Cela se ressentira, lorsque les statistiques pourront être complétées, par une surmortalité non-Covid, mais liée à la pandémie.

    Le personnel hospitalier est soumis à une surcharge de travail immense depuis plus d’un an. Il est passé d’un climat de sprint à un marathon, et ce ne sont pas les applaudissements éphémères qui vont lui permettre de récupérer. Cette surcharge de travail se traduira également dans un taux de démissions, de contaminations, de burn-out, mais aussi d’épuisement et d’erreurs médicales sans cesse croissant.

    La marge de manœuvre des hôpitaux est extrêmement faible. C’est-à-dire qu’un nouveau pic contaminatoire peut provoquer dans un délai extrêmement bref une saturation complète des services. Cette saturation mettra à nouveau le personnel hospitalier dans l’obligation de faire des choix.

    Deuxièmement :

    En maintenant un haut niveau de circulation du virus, le gouvernement prend un risque extrêmement élevé : celui de voir des variants nouveaux prendre le pas sur le virus classique, ce qui est d’ores et déjà le cas pour le virus anglais. Surtout, il prend le risque inconsidéré de créer de nouveaux types de variants. Cette politique peut mettre en péril l’intégralité du programme de vaccination.

    Le profil des malades a évolué depuis le début de la pandémie. Les personnes âgées sont moins nombreuses, tandis que les contaminations chez les jeunes sont plus importantes. Or, si la mortalité est plus faible chez les plus jeunes, ce n’est pas le cas des séquelles. Des études ont démontré que les séquelles neurologiques (souvent consécutives aux pertes d’odorat) sont plus importantes chez les jeunes qui chez les personnes âgées (chez qui la forme la plus aiguë est pulmonaire.).

    De plus, il reste l’énigme du Covid-long, qui peut frapper toute personne, quelque soit son état de santé ou son âge. Plus le virus circule, plus il existera de personnes confrontées à ces dangers.

    Troisièmement :

    Cette pandémie n’est pas « gratuite », ni moralement, ni financièrement. La politique du moindre mal et du métro-boulot-dodo permet de sauver l’essentiel : le taux de profit des plus grands capitalistes. Ils ne sont donc pas en danger – sauf quand, par vanité, ils s’écrasent en hélicoptère. L’essentiel est sauf. Dans l’ensemble, le grand capital profite de la crise, car il est plus solide, plus résistant, et qu’il sait également capter les deniers publics. Son avenir est par ailleurs radieux : il pourra profiter des crises pour racheter à bas prix les concurrents à l’article de la mort.

    Mais pour les entreprises plus vulnérables, PME, TPE, artisanat, ou pour les travailleurs et les travailleuses plus précaires, une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de leur tête. L’endettement, le surendettement, les carnets de commande vide, les magasins fermés…1 Cette situation critique – dont les conséquences les plus profondes se manifesteront à la fin des aides d’État – créé une situation d’instabilité économique, et, par voie de conséquence, politique. Pour le gouvernement, ce n’est pas un but, mais bien une conséquence perverse d’une politique lâche. En maintenant le pays à moitié fermé, il rend impossible les conditions de sa réouverture. En dernière instance, les petits capitalistes et les plus précaires ont largement perdu plus dans cette période que au cours d’un confinement strict.

    Le coup moral devient de plus en plus lourd. Le confinement de mars, bien qu’ayant aussi sa part de dureté, était sidérant. Il s’agissait de quelque chose d’inconnu depuis la grippe espagnole. Il s’agissait d’une de ses situations d’urgence absolue, d’exception, qui tend à faire oublier le reste. Cependant, tout comme pour l’hôpital, lorsque le sprint devient une course de fond, un marathon, les choses changent. La stupéfaction, l’impression de tournis des événements a laissé la place à la laideur d’un quotidien bien commun, mais dont les divertissements ont été retirés. Aujourd’hui, le sentiment général est celui d’avoir été volé d’une année de nos vies. Si nous faisons la part des choses sur cette question-là2, nous ne pouvons nier que le prix à payer devient exorbitant.

    L’enfermement, les couvres-feu, la mise entre parenthèse de la vie sociale et affective se paie. Violences conjugales accentuées, agressivité, nervosité, dépression, désespoir… La jeunesse étudiante, notamment, enfermée dans ses 9m², à un âge dans lequel la vie sociale est primordiale, a payé un lourd tribut. Les femmes, comme nous l’avons mentionné dans notre communiqué du 8 mars, ont été en première ligne sur tous les fronts, et ont subis un harcèlement accru avec la levée du confinement.

    Ces trois raisons font que la politique du gouvernement est non seulement singulièrement contre-productive, mais même dangereuse. Elle est aussi le fruit de l’intervention du calendrier électoral. En cette période, il faut mieux des moyens termes qui déçoivent un peu tout le monde, qu’un choc qui en aliène certains. Quelques dizaines de milliers de morts valent bien cela.

    Nul doute que, à l’heure actuelle, le gouvernement prépare une réélection. Après avoir été le missile à tête chercheuse de la bourgeoisie la plus rapace, Macron et ses sbires ont pris goût à leurs fonctions. Il faut reconnaître, en toute objectivité, qu’ils possèdent un boulevard devant eux.

    Une conjonction favorable des astres leur assure une chance de gagner en 2022. La configuration est, il faut l’admettre, rêvée. La gauche institutionnelle ne s’est absolument pas montrée capable de pouvoir intervenir dans le débat politique. Elle s’est contentée de jouer les observatrices, tout en ayant perdu (mais c’est valable pour l’extrême-gauche aussi) une partie de son contact avec la population, notamment dans le cadre des luttes sociales.

    Le centre de gravité du débat est fermement arrimé entre droite et extrême-droite. Les lignes éditoriales des journaux, les débats télévisés, les débats politiques… sont intégralement noyés par une déferlante ultra-réactionnaire. La pandémie a accentué les peurs ancestrales. Peur des sorcières-féministes, peur des ennemis intérieurs, des espions, des saboteurs islamo-gauchistes, peur de l’extérieur, de la concurrence internationale, des conflits extérieurs.

    Tandis que la situation économique se dégrade, la situation politique plonge également. Des termes, qui n’avaient plus droit de cité depuis l’écrasement du Reich, sont de nouveau au centre du débat. Et l’extrême-gauche, le camp du peuple, n’est pas suffisamment forte pour imposer son ordre du jour.

    Avons-nous tiré les conclusions de cette période ? Sommes-nous prêts et prêtes à affronter un avenir complexe, inquiétant, anxiogène ? C’est une question ouverte. Cette brochure a vocation à apporter sa contribution à ce débat.

    1Nous sommes obligés de noter un fait : les charlatans de l’homéopathie ont pleuré sur l’absence de grippe, du fait du port du masque, ce qui a réduit leur recettes. Leur appellation : « marché du rhume et de la grippe » montre bien leur vraie nature. S’il existe une branche de l’industrie pharmaceutique à liquider en priorité, c’est bien celle-ci et celle des remèdes new-âge.

    2Notamment dans la conclusion de cette série d’articles.

  • La politique du pire. – Communiqué UC.

    La politique du pire. – Communiqué UC.

    Communiqué de l’Unité Communiste sur la politique sanitaire.

    Nous avons été surpris, comme beaucoup, de la décision du gouvernement. Elle apparaît comme contraire à la logique et comme contraire aux pronostics des épidémiologistes1. Nous en prenons acte, tout en considérant que ce choix peut être lourd de conséquences.

    Le gouvernement a établi une équation compliquée : elle mêle questions économiques, acceptation des mesures sanitaires renforcées, données épidémiologiques, et… préparation des élections. Le poids de ce dernier point demeure une inconnue. Il ne fait aucun doute, cependant, que l’approche des élections va devenir un poids sans cesse croissant dans les processus de prises de décision. Au cœur de la pandémie, chacun tente de tirer son épingle du jeu, avec des rhétoriques plus ou moins douteuses.

    Nous avons tendance à penser qu’un nouveau confinement paraît inéluctable. L’appel à la responsabilité collective ne servant, en dernière instance, qu’à infantiliser davantage la population, et à lui faire assumer un nouveau confinement. Elle sert aussi à faire oublier que les contaminations sont principalement issues des milieux scolaires, des lieux de travail et des transports. Avant toutes choses, c’est la part subie de l’activité humaine qui contamine, bien au-delà de la part choisie.

    Une dynamique inquiétante.

    La dynamique actuelle en France est inquiétante. Les contaminations n’augmente que peu, mais maintiennent une pression constante sur des hôpitaux usés, épuisés, sur un personnel à bout. Cette pression constante signifie une mortalité toujours importante, de l’ordre de 400 décès quotidiens. Elle signifie également que la marge de manœuvre des hôpitaux sera extrêmement faible lorsque les choses s’envenimeront. De plus, il reste l’inconnue des virus mutants et de leurs effets.

    Nous avons la désagréable impression que l’éventualité d’un scénario catastrophe n’est pas pris en compte. L’hypothèse d’une épidémie submergeant les capacités de réaction et de soin étant ingérable paraissant ingérable, à quoi bon le prendre en compte ? Cette politique de l’autruche, non seulement irrite, mais tue. Combien de personnalités politiques sont en train de perdre définitivement toute crédibilité ?

    La course contre la montre.

    Une course contre la montre s’engage entre la campagne de vaccination – campagne dans laquelle la France n’a guère brillé – et la progression de l’épidémie. En fin de compte, celle-ci sera très probablement terrassée. Mais à quel prix ? A vouloir, encore et toujours, des demi-mesures, des semi-solutions, des relâches prématurées, une addition terrible se constitue.

    Nous n’oublierons pas cette pandémie. Nous n’oublierons pas comment elle a révélé la médiocrité de notre système de santé, sa fragilité, sa vulnérabilité. Nous n’oublierons pas les mensonges, les incompétences, les lâchetés. Nous n’oublierons pas non plus que cette pandémie n’est pas un événement isolé, mais qu’elle s’intègre dans un dangereux processus : celui de la destruction de l’environnement et de la vulnérabilisation de l’humanité.

    D’autres voies sont possible que ce chemin vers une dystopie continuelle. Ces autres voies sont praticables, mais elles demandent une transformation de fond en comble de l’organisation des pouvoirs. Puisque nous ne pouvons compter sur les valets des exploiteurs pour nous diriger, dirigeons-nous nous même !

    1Il nous apparaît important de distinguer les virologues (étude des virus) des épidémiologistes (étude des épidémies). Le Dr Raoult est un virologue compétent, mais il a montré son absence totale de connaissance en épidémiologie. Il s’est trompé avec une telle régularité d’horloge que cela en devient proverbial.

  • Les vaccins appartiennent à l’humanité – pas aux groupes pharmaceutiques !

    Les vaccins appartiennent à l’humanité – pas aux groupes pharmaceutiques !

    Résolution de l’ICOR

    C’est une grande réussite que, grâce aux recherches de beaucoup de personnes, plusieurs vaccins soient déjà proches de l’approbation ou soient actuellement administrés un an  seulement après les premières infections à Covid-19. C’est un succès, même si un contrôle strict et une évaluation scientifique de leur efficacité et de leur tolérabilité doivent se  poursuivre. Le succès, l’étendue des vaccins, la qualité et la sécurité pourraient être bien  plus importants si cette recherche sur les vaccins ne se trouvait pas aussi sous le signe de  la rivalité des groupes pharmaceutiques dans l’intérêt de la concurrence impérialiste. La  Russie, par exemple, utilise son vaccin Spoutnik V sur le marché latino-américain pour  prendre l’avantage sur ses rivaux capitalistes des États-Unis, de l’Allemagne, de la France  et du Japon. La société chinoise Sinovac a signé des contrats de tests et de fabrication de  son vaccin avec de nombreux pays. La production de vaccins à ARNm a également permis  d’obtenir un nouveau type de vaccin. En raison notamment de sa structure simple, plusieurs millions de doses de vaccin peuvent être produites en quelques semaines. Le vaccin et le traitement médical nécessaire doivent être accessibles à tous les pays et à  toutes les personnes, en particulier aux pauvres. Mais plus l’approbation des vaccins par  les grandes sociétés pharmaceutiques Pfizer/Biontech, Moderna et AstraZeneca se  rapproche, plus il devient clair que les impérialistes ont l’intention de s’en assurer la  majeure partie. Par exemple, selon Oxfam, seuls quelques pays, qui ne représentent que  13 % de la population mondiale, se sont déjà assuré plus de la moitié de toutes les doses  de vaccin. Pour le Pérou, l’un des pays où le taux de mortalité par habitant est le plus élevé  dans la pandémie, les livraisons de vaccins ne sont annoncées que pour le mois d’août de  l’année prochaine. 

    La Covax-Facility (Covid-19 Vaccines Global Access), créée en 2020 par l’Organisation  mondiale de la santé, est censée assurer une distribution équitable du vaccin. Mais il y a  peu d’engagements financiers pour les objectifs qu’elle s’est elle-même fixés. Et la  distribution envisagée par Covax est tout sauf équitable : les pays qui peuvent payer leurs  propres doses de vaccin doivent avoir la priorité sur ceux qui dépendent de l’argent de  l’aide. Nous rejetons cette politique impérialiste inhumaine en matière de santé dans les  termes les plus forts possibles ! 

    Même dans les pays impérialistes, nous critiquons la politique de vaccination. Elle s’appuie  unilatéralement sur de grands centres de vaccination au lieu de se concentrer sur les soins  des médecins de famille à proximité du domicile. Et là aussi, la pandémie de Covid-19 est  une maladie de la pauvreté.  

    Nous exigeons : L’ordre de vaccination doit être basé sur des critères strictement  médicaux et infectieux – partout dans le monde, quelles que soient les possibilités  financières des pays et des individus ! En particulier, il faut tenir compte aussi de la  

    logistique nécessaire : Les pays qui ont des possibilités limitées pour la réfrigération  nécessaire des vaccins doivent notamment recevoir les vaccins d’AstraZeneca et de  Moderna et similaires, dont la réfrigération est moins compliquée. À l’heure actuelle, la  vaccination devrait être volontaire ; il ne faut pas introduire la vaccination obligatoire par la  porte de derrière au moyen de certains droits spéciaux pour les personnes qui ont été  vaccinées. 

    Les vaccinations sont des acquis de l’évolution de l’humanité à laquelle tous les  gens ont droit ! Au lieu de cela, dans le capitalisme/impérialisme, les vaccins qui  peuvent décider de la vie et de la mort servent à réaliser des profits ! Mettre fin au droit de brevet sur les vaccins ! 

    En avant vers le socialisme – pour une société dans laquelle les acquis de  l’humanité profitent également à tous ! 

    Signataires (en date du 17/12 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire 

    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie 

    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine) 

    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes)) 

    5. PCT Parti Comuniste du Togo 

    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie 

    7. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan) 

    8. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge) 

    10.NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal)) 

    11.PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal) 

    12.NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka 

    13.CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)) 

    14.БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    15.БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes)) 

    16.PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)

    17.MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne) 

    18.UC Unité Communiste, France 

    19.UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France 

    20.KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg) 

    21.RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas 

    22.UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa () 

    23.MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse) 

    24.MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan) 

    25.KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine 

    26.PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste) 

    27.NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    28.PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant)) 

    29.BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou

    30.PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine 

    31.PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay) 

  • Hold Up – Et si la vérité n’était pas là où on le croit ?

    Hold Up – Et si la vérité n’était pas là où on le croit ?

    La sortie du film Hold-Up est une événement important des dernières semaines, tandis que la pandémie recule – en France – avec une lenteur affreuse.

    Il a suscité des réactions très diverses et très variées. La passion des uns, et le rejet des autres. Il filme controversé aussi, du fait des personnes qui y interviennent et de l’argumentaire déployé. Un film intrigant enfin, par son succès – lié en partie au fait qu’il soit perçu comme censuré.

    Il ne s’agit pas de faire du debuking dessus ou d’essayer d’asséner des jugements. Il existe une réflexion à avoir sur qui intervient dedans, sur leur parcours, sur leur physionomie politique. D’autres l’ont fait et l’ont très bien fait. Mais ça n’est pas ce que nous voulons aborder. Nous savons, par expérience, que les coups de boutoir exercés contre les pensées, les adhésions, les croyances, ne font que rarement changer d’idée. Au contraire, ils ont tendance à susciter l’effet inverse. Nous voulons porter le débat ailleurs, au-delà de cela, et le porter sur une question fondamentale : qu’est ce que ce film révèle ? Pourquoi ce succès ?

    Au delà de ça, il y a une vérité qui est, nos yeux, centrale.

    L’illustre historien Fernand Braudel écrivait que l’histoire est fille de son temps. Elle est le reflet de son époque, de sa période, de sa culture et de ses angoisses. Il en est de même pour ce film. Quelque soit ce qui est mentionné dans ce film, cela ne tombe pas du ciel. Cela révèle la teneur de notre époque. Il est le fils d’un temps des troubles. Un temps que nous avions pu croire définitivement passé, mais qui revient à nouveau nous hanter.

    Ce film est un bac révélateur.

    Il révélateur d’une rupture de confiance entre la population et ses dirigeants. Il révèle l’absence de confiance dans les politiciens, dans les organisations politiques, dans le gouvernement, dans la justice, dans la recherche scientifique. Il est le miroir d’une succession constante de scandales qui ont irrémédiablement souillé ces institutions ou ces fonctions. Scandale Stavinsky, faux-électeurs, financements libyens… scandale du médiator, affaire du rainbow warrior… scandale de l’amiante, scandale des masques… violences policières, violences économiques… Sans compter l’impunité totale des responsables.

    Il est légitime de contester le discours des institutions. Il est légitime de vouloir aussi contester la réécriture constante de l’histoire. Il est tout aussi légitime d’être en colère devant la négation mensongère des faits les plus flagrants, ou encore devant l’absence totale de d’autocritique des dirigeants qui ont commis des erreurs pitoyables.

    Et oui, il faut le mentionner, les mensonges, les conjurations, les complots existent. Historiquement, il y en a eu. Mais ils ont impliqué un nombre restreint de personnes, et leur impact dans l’histoire reste anecdotique. Les forces sociales écrivent l’histoire, non les phénomènes périphériques.

    Expliquer tout en expliquant rien.

    Derrière le moindre événement, il est possible de trouver un sens caché. Notre cerveau nous y pousse. C’est un mécanisme de défense ancestral, qui privilégie la survie à tout prix sur la confiance. Mais, en expliquant tout par ce prisme, on finit par ne rien expliquer.

    S’il n’y a pas de confinement, c’est pour protéger les intérêts économiques, s’il y en a, c’est pour bâillonner la population.

    S’il n’y a pas de masque c’est de l’incompétence, s’il y en a c’est pour étrangler les gens.

    S’il n’y a pas de traitement, c’est pour laisser mourir les gens, quand il y en a c’est pour les empoisonner. Si le traitement est déployé en premier lieu en Afrique, c’est pour stériliser la population, si c’est en Europe, c’est pour la laisser mourir. Si les riches l’ont en premier c’est pour laisser crever les pauvres, si c’est l’inverse c’est pour les empoissonner… S’il est cher, c’est pour faire du profit, s’il ne l’est pas, c’est pour que tout le monde soit contaminé…

    En fin de compte, tout est possible. Tout est permis. Et l’esprit humain parvient à s’accommoder parfaitement de ces sauts de sens. Le seul point de repère est l’opposition intégrale aux autorités.

    Cela amène d’ailleurs des situations cocasses. Des communistes, comme nous, nous ont attaqué pour notre acceptation du confinement. Ils en arrivent à vouloir, au nom de la liberté et de la lutte, à défendre les mêmes positions que les ultras-libéraux : le vivre et laisser mourir. Heureusement, ils n’ont aucun impact sur les événements et demeurent des particules subatomiques.

    Mais revenons sur cette opposition :

    Le gouvernement sert les intérêts des capitalistes. C’est un fait. On ne peut pas avoir confiance en lui. Mais alors en qui ?

    En des boutiquiers qui nous vendent des remèdes miracles, des onguents, des pierres, des plantes en disant que c’est sain et naturel ? En des médecins hallucinés qui ont été souvent déchus de leur titres ? En des politiciens véreux, qui ont flairé le bon filon ? En des militaires, qui souhaitent imposer leur ordre ?

    Et que faire ? Rester à dénoncer derrière les réseaux sociaux, tout en continuant sa petite vie ? Dénoncer ou énoncer un modèle de société différent ? Meilleur.

    Voter ?

    Certains pensent qu’il faut voter. Mais qui ? Voter Dupont-Aignan ? Le président d’un parti frère de celui de Erdogan ? D’un parti frère de celui du PiS en Pologne ?

    Voter pour la dynastie Le Pen, dont les élus sont parmi les plus condamnés pour corruption, pour abus d’argent public ?

    Demander aux militaire de nous sauver ? Comme si les aristocrates à la De Villiers étaient le remèdes à la démocratie, sachant que les maux de la Ve République sont bel et bien ceux d’un coup d’État militaire.

    Voter, voter quoi ? PS pour être trahi à nouveau ?

    Et dans quel ordre, quelle société ?

    Soyons cohérents. Notre Etat n’est pas démocratique. Nous le savons. Historiquement il est conçu, organisé, architecturé pour être celui de nos exploiteurs, pas le nôtre. Nous ne votons pas sur ces enjeux les plus stratégiques : les opérations militaires à l’extérieur, les ventes d’armes, la diplomatie. Le système néo-colonial, ce véritable État profond, est au-delà de la démocratie. Trop précieux, trop important. Même l’occupation Allemande n’a pas osé y toucher. C’était la condition de la reddition de l’armée.

    Cet État, confondu avec les grands cartels économiques, est au dessus des lois. Il est La Loi suprême : celle de l’intérêt de la France dans le monde. Un intérêt glaçant de domination. Quelque soit les votes, toucher à ce saint des saints, c’est se placer soi même le revolver sur la tempe.

    Mais alors, que faire ? Qui croire ?

    Qui est un vrai allié ou une vrai alliée ?

    En qui avoir confiance ? Regardez autour de vous. Regardez qui trime comme vous. Qui est exploité ou exploitée comme vous. Qui partage votre fardeau, vos salaires, vos aigreurs contre des managers, des petits chefs, des patrons, des créanciers… Ce sont eux et elles, dans la diversité de leurs noms, de leurs origines, de leurs croyances, de leurs genres ou de leurs goûts. Qu’importe qu’ils se nomment Aïcha, Jean-Luc, Sophie, Liu, Klaus, ou Rachel. Si comme vous ils souffrent, c’est qu’ils sont vos amis, vos frères et vos sœurs de souffrance. Et vos frères et vos sœurs de rêve aussi, qui partagent l’envie de justice, l’envie de liberté, l’envie d’équité et d’honneur. L’envie de pouvoir vivre dignement de son travail, et que celui-ci soit utile.

    Avec eux, avec elles, vous pouvez avancer. Défendre vos droits économiques, vos salaires, vos conditions de travail, vos conditions de vie. C’est une étape ! Mais vers quoi ?

    Il faut acter une chose : aucune garantie n’existe. Aucun pouvoir n’est parfait. Aucun gouvernement n’est immunisé contre la trahison. Seule la mobilisation vigilante de ceux et de celles qui n’ont à perdre que leurs chaînes peut empêcher que le cycle infernal ne recommence. Certains voudraient voir l’armée, un roi, une dictature. Mais de qui sur qui ? C’est vrai que la démocratie est en panne, qu’elle est truquée, corrompue, pourrie jusqu’à l’os. Mais remettre les mêmes vampires, les mêmes détritus, sous une forme nouvelle – voire pire ! – au pouvoir ne changera rien ! Au contraire. Ceux qui n’apportent rien à la société, qui s’en repaissent, qui la vident de toute substance, ceux là n’ont pas droit de cité.

    La démocratie des uns n’est pas celle des autres !

    Nous, nous sommes pour une démocratie populaire. Une démocratie du peuple au sens de ce qui le compose réellement : ses forces vives, qui créent la richesse de la société, qui apportent ce que nous avons tous de précieux : la nourriture, les marchandises, les soins, l’éducation, la culture… Une démocratie qui soit faite par le peuple, pour organiser et diriger l’économie afin qu’elles réponde aux besoins et aux aspirations de ce peuple, en excluant les ennemis du peuple.

    Pour faire cela, il ne suffit pas de dénoncer – encore faut-il le faire sur une base juste ! – mais aussi d’énoncer : énoncer un projet de société, un projet de vie, un projet de futur. C’est ce à quoi nous voulons, nous, travailler. Unir les forces vives de notre société, les organiser, les structurer, leur permettre de pouvoir franchir chaque obstacle. Passer d’une populace, en colère, déçue, dépitée, usée par les mensonges, à un Peuple organisé, soudé dans sa diversité, capable de montre à l’assaut de ciel, et de faire naître l’utopie. Une utopie de justice, une utopie d’équilibre et d’harmonie avec la nature, une utopie d’honneur, de fierté de participer à la grande aventure de l’humanité.

  • Grève sanitaire dans l’Éducation Nationale.

    Grève sanitaire dans l’Éducation Nationale.

    Cette grève a été initiée à l’appel de la très large majorité des syndicats enseignants. Elle réclame non seulement un vrai protocole, protecteur, efficace, mais également que soient enfin pris en compte de nombreuses revendications salariales et de condition de travail. Enfin, il est impossible de séparer cette lutte du contexte lié à l’assassinat de Samuel Paty, qui pèse lourd dans les consciences.

    La colère face à l’incompétence.

    La position du ministère sur le protocole a été d’un ridicule achevé. Cela a contribué à dégoûter les rares enseignants qui pouvaient accorder du crédit au modèle éducatif défendu par Blanquer.

    Le ministère, plus avide de reconnaissance médiatique que d’efficacité, a fonctionné en parlant systématiquement à la presse avant de s’adresser à la communauté éducative. Ainsi, régulièrement, les responsables d’établissements, les enseignants, mais aussi les personnels administratifs et d’entretien découvraient sur BFM-TV les nouvelles règles à adopter. Dans la précipitation à communiquer, Jean-Michel Blanquer s’est également maintes et maintes fois contredit d’un jour sur l’autre ou a vu ses décisions annulées par d’autres acteurs du gouvernement. Il ne peut ressortir de cela qu’un sentiment de pagaille, de désorganisation et de mépris, tant envers les élèves qu’envers ceux et celles qui les accueillent.

    Quant aux protocoles en tant que tels, les règles établies ont toute été soumises au « dans la mesure du possible ». Un ajout qui, de fait, signifie que le ministère se défausse de toute responsabilité sur les établissements et qu’il ne compte pas adjoindre de moyens supplémentaires. Autour du #balancetonprotocole de nombreux acteurs et de nombreuses actrices de l’éducation en ont montré la réalité. Classes surchargées, couloirs bondés, cantines scolaires fonctionnant comme en temps normal… Les établissements, construits pour être des lieux de contact et d’échange, ne se prêtent que très mal à un exercice aussi difficile. Mais, l’essentiel est là : le gouvernement peut faire mine d’avoir rempli sa part du contrat. Comme l’écrivait Jean Jaurès dans sa fameuse lettre – non tronquée ! : « Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! ».

    Derrière les discours : le mépris.

    Car ce sont bien les apparences qui sont sauves. Apparence de soutenir l’éducation après l’assassinat de Samuel Paty, apparence de protéger notre santé, apparence d’être compétents… Alors que ces individus n’ont que mépris pour l’éducation. Nous rappelons que le 27 août Macron déclarait son mépris pour la fonction, considérant que les recrutements ne serviraient à rien pour « redresser le pays ».

    Le ministère ne reconnaît pas le fait que les lieux d’éducation soient des lieux de contamination. Pour conjurer le problème, il refuse de le regarder. Cette négation constante se paie aujourd’hui par les taux de contamination extraordinairement élevés en France. Elle contribue à alourdir le bilan sanitaire, tant en termes de morts qu’en termes de personnes qui auront tout au long de leur vie des séquelles physiques, morales ou neurologiques de l’exposition au virus.

    Cette responsabilité, qui confine au crime, doit être soulignée !

    Pour ne pas voir la grève, le gouvernement minimise son ampleur. Il n’a noté qu’entre 8 et 10 % de grévistes quant le SNES-FSU, principal syndicat, en notait 20 % dans le primaire et jusqu’à 45 % au collège. Dans les lycées, sommés de s’adapter à un protocole généré en urgence, il a fallu souvent choisir entre se réunir pour organiser celui-ci et faire grève. Cette prise en otage des enseignants, coincés entre leurs revendications salariale et l’injonction morale de penser avant tout aux élèves fait des ravages. Elle empêche, précisément, qu’ils et qu’elles soient réellement défendus. Le « moindre mal » frappe à nouveau.

    Le climat d’angoisse.

    Le climat sécuritaire joue aussi un rôle dans ce malaise profond. L’assassinat de Samuel Paty laisse des séquelles. Un climat de méfiance s’instaure entre élèves et enseignants. Il en résulte des dénonciations invraisemblables d’enfants de 10 ans ou de 8 ans, accusés de faire l’apologie du terrorisme. Ces affaires ont mis en exergue un traitement différencié des élèves en fonction de leurs origines ou opinions : une menace de mort par un élève issu d’une famille musulmane est immédiatement attribuée au terrorisme, tandis que si la religion est absente de l’équation, il ne s’agit que d’un petit accrochage.

    Le fait est que l’école est l’un des lieux de la rencontre entre les contradictions de la société capitaliste et néo-coloniale. Inégalités d’origine, de richesse, d’avenir. (Il faut noter cependant que la grande bourgeoisie s’isole de l’équation : elle a ses propres réseaux d’éducation.) À cela s’adjoint un autre acteur : l’État, incarné par l’administration et l’enseignant & enseignante. Que ce soit conscient ou réalisé inconsciemment, ceux-ci répercutent les commandes de l’État. Ces commandes impliquent des normes sociales et des exigences qui sont le reflet de la position idéologique de l’État. Cette normalisation – parfois clairement brutale – entraîne donc des conflits qui se répercutent sur les enseignants & enseignantes et dont ils sont victimes. Mais il est illusoire, à moins de carcéraliser l’enseignement, que ces contradictions, et donc ces violences, disparaissent.

    Cette angoisse est utilisée cyniquement par le ministère, dont la conception de l’éducation est un curieux mélange d’autoritarisme traditionnel et de prestation de service très capitaliste.

    Réformer, toujours.

    Derrière cela, en sous-main, le ministère ne stoppe pas la machine à réformer. Déja Macron avait instrumentalisé le « grand débat » de 2018-2019 pour essayer de détourner les revendications des Gilets Jaunes vers ses propres objectifs. Aujourd’hui, Blanquer fait de même. La mise au rancart des examens du Bac et des E3C lui permet de passer à un contrôle continu de facto. Le fait de laisser les administrations se débrouiller face à la crise renforce également l’autonomie des établissements, qui est le projet des libéraux depuis Fillon en 2005.

    Par ailleurs, nous ne pouvons pas ne pas parler de la poursuite de l’offensive dans le secteur de la santé. Les besoins médicaux actuels sont immenses, mais ils sont vus comme étant un temporaires pour le gouvernement. Pendant que nous avons les yeux rivés sur la pandémie, une nouvelle offensive se prépare. Elle vise à racler à nouveau jusqu’à l’os les hôpitaux et à prévoir des licenciements supplémentaires dans ce domaine. Le monde de demain risque fort d’être bien pire encore qu’hier.

    Les luttes, elles aussi, en pâtissent.

    La mise au pas du pays par la mise au pas de l’éducation.

    Quant à la mobilisation lycéenne, celle-ci, que ce soit à Lyon ou Saint-Nazaire, a été impitoyablement réprimée. La police, qui sait qu’elle est soutenue avec vigueur par son ministère ( – elle ! – ) n’a pas hésité à déployer la tactique de la nasse suivie d’arrestations au nom d’un outrage & rébellion fort pratique.

    De même, il n’est pas possible de ne pas conclure ce bref communiqué sans parler de la situation dans l’Enseignement supérieur. Après la mise au pas des doctorants et des chercheurs & chercheuses, c’est au tour des étudiants d’être pris pour cible. Mettant fin à la tradition de la « franchise étudiante ». Celle-ci voulait que l’université soit un lieu dans lequel la police n’intervient pas et dans lequel la communauté universitaire demeure un espace sanctifié. Si, dès 2007, les interventions de la police sont devenues sans-cesse plus nombreuses et plus brutales, il n’existait pas de délit à proprement parler dans le fait d’occuper une université. C’est désormais chose faite : 45 000 € d’amende et 3 ans de prisons peuvent être requis.

    Cette mise au pas du pays ne peut pas ne pas être considérée comme des mesures préparatoires ouvrant la voie à d’autres transformations dans l’arsenal judiciaire. Aujourd’hui, même l’État de droit est ouvertement remis en cause !

    Nous défendons une conception de l’éducation comme étant gratuite, laïque, critique et populaire. Nous considérons que les revendications concernant une qualité d’encadrement, de formation, et lieux d’éducation sont justes, d’autant plus dans le climat de crise actuel. Nous condamnons également la forme du programme d’histoire-géographie-EMC, programme notionnel chargé de formater les élèves à accepter la façade de démocratie actuelle. Nous réclamons une éducation réellement critique, permettant aux élèves de posséder des clés de compréhension du monde.

    Mais même en perfectionnant ce qui existe, il ne sera pas possible de faire de l’école un lieu d’émancipation tant que le capitalisme et la reproduction des inégalités existe. Le bouleversement éducatif aura lieu au moment même du bouleversement social et politique.

    Dans l’intervalle, il nous paraît important d’appuyer cependant certaines revendications essentielles et immédiates :

    • Fin du financement public des écoles privées.
    • Fermeture des établissement et filières « de prestige » destinés aux enfants de la bourgeoisie.
    • Mise en place d’une réelle laïcité : abrogation du concordant de 1801 en Alsace-Moselle.
    • Embauche massive de personnel éducatif & administratif.
    • Rénovation des lieux d’éducation.
    • Riposte à la politique du gouvernement !
  • Discours de Macron : Métro-Boulot-Hosto.

    Discours de Macron : Métro-Boulot-Hosto.

    Macron s’est à nouveau solennellement exprimé devant la population. Un cérémonial au protocole digne d’une République au style décidément très monarchique. Cette intervention était extrêmement attendue. Elle doit désormais indiquer quelle est la nouvelle stratégie du gouvernement dans un affrontement avec la pandémie. Après plusieurs mois d’échec, un sursaut était attendu anxieusement.

    Nous ne pouvons pas considérer que celle-ci réponde à nos attentes, ni à celles de la lutte contre la pandémie. Le confinement a été annoncé. Nous nous attendions à son annonce, mais pas à ses modalités.

    Malgré les contraintes qu’il impose, nous pouvons l’accepter.

    Nous ne sommes pas des individus qui se rebellent pour se rebeller. Nous avons la prétention de nous considérer comme des militants et des militantes sérieux et sérieuses. Il ne s’agit pas de persiflages, de grogneries. Nous avons le sens du devoir. Nous savons prendre en considération la gravité de la situation, et accepter des sacrifices.

    Dans la situation actuelle, nous jugeons acceptable de devoir renoncer à une vie « normale ». A ses agréments, à ses loisirs, à certaines de ces joies. Nous l’acceptons car nous plaçons toujours au premier plan l’intérêt populaire. En font partie la santé en général et le travail de ceux et de celles qui la protègent.

    Dans le silence assourdissant, celui du vide, de la disparition des applaudissements de 20h, nous les saluons toutes et tous.

    Pour eux et elles, pour les plus précaires, pour les plus vulnérables, nous acceptons cette part infime de sacrifice. Nous acceptons un confinement, en dépit du fait que celui-ci ne soit pas sans séquelles psychologiques.

    Seulement, nous n’acceptons pas d’être pris pour des idiots.

    Quelle auto-critique ?

    Une des constances est l’absence d’auto-critique de la part du gouvernement. Il aurait fait tout ce qui fallait. Notre pays posséderait le meilleur système de santé au monde, et la deuxième vague aurait parfaitement été anticipée. Pourtant les faits ont l’air de démontrer le contraire. Le Canard Enchaîné a ainsi démontré à plusieurs reprises l’incurie du gouvernement, les conflits d’autorité, le fonctionnement en grandes baronnies qui se tirent dans les pattes. Les hôpitaux ont ainsi reçu des milliers de test antigéniques destinés aux aéroports, mais simplement parce qu’il n’existait pas d’autorité compétente pour les commander. Une nouvelle fois, nous le mentionnons : la France est très mal classée dans sa gestion de l’épidémie (54e) par le Deep Knowledge Group.

    Les moyens termes, les demi-mesures, le « moindre mal » au profit de la sacro-sainte économie (celle de la grande bourgeoisie en tout premier lieu) nous ont mené face à cette situation impossible. La communication contradictoire, défaillante, l’absence de mesures éducatives font que 65 % des français et françaises portent des masques, souvent mal.1

    L’Economie-Reine.

    Bien qu’ayant pudiquement placé la défense de l’économie au dernier point, elle est le fil conducteur du discours. « Il faut protéger à tout prix les rentes de la grande bourgeoisie. Pour la petite, l’argent public fera l’affaire un temps. Et si elle meurt, ce n’est que du darwinisme ! » Voilà en somme la réalité.

    Ce confinement consiste finalement à racler l’existence jusqu’à l’os. Le métro-boulot-hosto devient désormais le mantra du gouvernement. Qu’importe si le cercle affinitaire ne correspond qu’à 6,4 % des clusters (cf. graphique).

    La stratégie du gouvernement consiste toujours à rogner autour du noyau dur des contaminations, sans jamais s’y attaquer. Il est hautement improbable que cela parvienne à faire passer les contaminations de 50 000 à 5 000 par jour.

    Education-contamination

    Dans l’éducation, croire que, dans un délais de quelques jours, il est possible de faire surgir un protocole miraculeux, un protocole capable de stopper les contaminations en milieu scolaire, c’est prendre le personnel éducatif pour des imbéciles. C’est également admettre à demi-mot que le premier s’est traduit par un échec total. Dans les faits les lieux d’éducation restent un des foyer de contamination premier. Que les enfants et les jeunes aient peu de formes graves, c’est un fait incontestable. Cependant, ils se contaminent. Ils contaminent les autres. Ce contournement du confinement le rend, de fait, inefficace.

    Fait illustratif : Tandis que l’émoi, légitime, autour du meurtre de Samuel Paty monopolisait les esprits, les masques fournis par l’Éducation Nationale ont été retirés du service. Ils sont soupçonnés d’être enduits d’un biocide toxique. L’Education Nationale a donc demandé aux enseignants de se débrouiller pour se protéger en attendant. Elle demeure un des seuls secteurs qui ne fournissent pas ses employés en protection. Le petit avantage d’être en cheville avec l’État : le droit du travail y est élastique.

    L’arrêt de la vie à sa dimension productrice signifie cependant que les transports en commun seront toujours aussi chargés, voire possiblement plus. Tandis que les loisirs d’après-travail rendaient les déplacements plus diffus. La compression des horaires signifie donc des départs groupés. Donc des transports saturés aux heures de pointe. Donc des contaminations, qui, elle, sont extrêmement difficile à retracer.

    En somme, une demi-mesure, qui se paie de la santé financière d’une partie de la population, et de la santé morale d’un grand ensemble, le tout pour des résultats dont on peut douter.

    Au pied du mur.

    Comme dit en amont, nous ne sommes pas des rebelles vains. Nous nous battons pour des causes que nous jugeons justes. L’accès à l’éducation en fait partie.

    Nous considérons effectivement qu’il est important son accès soit garanti au plus large nombre. Il est important que les élèves puissent aussi être intégré dans une communauté sociale qui les prémunissent contre l’isolement. Celui-ci, en plus de ses conséquences psychologiques, est terrain de recrutement des réactionnaires les plus virulents. Mais cela demandait des moyens, des fonds, des structures, qui ont été refusées alors que la deuxième vague s’annonçait. Nous ne pouvons pardonner les termes de Macron : « C’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays ». Conspués avant-hier. Encensés hier. Conspués à nouveau, la dure vie d’une catégorie sociale qui sert d’amortisseur.

    Pour que les écoles restent ouverte durant la pandémie, cela demanderait des moyens supplémentaires conséquents. L’emploi d’une cohorte de personnels, d’enseignants, d’aides, mais également de matériels permettant de pouvoir assurer le suivi à distance pour les malades et les plus vulnérables. Il en est de même pour le supérieur, dans lequel l’indigence est encore plus criante, et où le recours à distanciel est devenu la norme.

    Mais il faut pourtant maintenir tout cela ouvert, pour que la sainte ligne du CAC40 ne soit pas irritée. Sans école, pas de parents au travail, donc une grogne es vrais maîtres du pouvoir. En fait de « responsabilité personnelle », Macron fait appel au système D.

    Et cet argent existe ! Même dans une perspective qui n’implique pas de révolution !

    Exigeons que les grands capitalistes paient.

    Pendant la Première Guerre mondiale, tandis que les travailleurs étaient mués en chair à canon, il a été obligé d’arracher de la bourgeoisie une maigre compensation : un impôt sur le revenu progressif. Il était temporaire, et n’a été maintenu que parce que le butin de l’écrasement de l’Allemagne s’est avéré fort décevant. Mais la bourgeoisie n’a jamais désarmé et elle a tenté encore et toujours de l’anéantir. Il faudrait que les pauvres paient seuls l’entretien de leur propre outil d’oppression : l’État.

    Aujourd’hui les grands capitalistes se sont renforcés dans la pandémie. Ils lorgnent sur les commerces en faillite, sur les bars fermés, ils y voient une manne immense. Une occasion d’installer leurs franchises, leurs monopoles. De concentrer toujours plus de capital entre leur main, mouvement inéluctable du capitalisme. Nous réclamons que ce soient eux, ces parasites, ces héritiers fortunés, ces nantis, qui soient mis à contribution. Leurs fortunes sont faites de l’accaparement indu des richesses. Qu’ils les rendent !

    Ce n’est ni la révolution, ni une grande étape dans la lutte.

    C’est une première justice pour ceux et celles qui voient leurs niveaux de vies s’effondrer.

    Le gouvernement devra assumer sa responsabilité. Il devra assumer de jouer avec la vie des individus, de jouer avec le feu.

    Nous n’hésiterions pas un instant, si nous en avions les moyens, pour nous saisir de l’ensemble des moyens de production, pour nous saisir de ces richesses, et pour en assurer la redistribution et la remise en service. Mais une remise en service dans le but de satisfaire les besoins de l’humanité, non d’une clique de bandits.

    Nous appelons l’ensemble des organisations et individus qui partagent ce constat et ce souhait et se mettre en rapport avec nous. Face aux défis de la période, le camp du peuple doit répondre !

    1https://covid19.healthdata.org/france?view=mask-use&tab=trend

  • Couvre feu.

    Couvre feu.

    Emmanuel Macron a annoncé, hier, la mise en place d’un couvre feu dans les villes classées comme étant en situation d’alerte maximale. Cette décision était attendue et était déjà connue des services de presse en amont de l’intervention. 19 millions de citoyens et de citoyennes sont ainsi concernés par cette mesure. Elle interdit les déplacements entre 21h et 6h du matin.

    https://www.leparisien.fr/resizer/PDfggmEIqMLoQ8fjEWCzqCJejBA=/1278x1280/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/BRA2HO2LHRXUT2ETW5XXMA73LA.jpg

    L’intervention de Macron s’est déroulée dans un exercice de style très régalien. Cette obsession du formel, de la mise en scène, est – en soi – déjà critiquable. Dans une situation d’urgence, attendre que le président-roi s’exprime était-il utile ?

    Le point central de l’intervention a été donc la décision de mettre en œuvre un couvre-feu. La sémantique militaire à permis encore aux journalistes encenser un Macron, chef de guerre, faisant face avec calme et sérieux à la pandémie. Mais qu’en est-il en réalité ?

    Le choix du couvre-feu est un pis-aller. Il est une demi-mesure, qui ne vise qu’a faire tenir l’économie le temps que les choses se passent, en espérant que le taux de perte humaine reste tolérable.

    Un choix difficile… pour ne pas se mettre à dos les capitalistes.

    Pourtant, il ne faut pas croire que le fait de mettre en danger les bars, les discothèques, les restaurants soit pris de gaieté de cœur. Il en est de même pour la vente d’alcool ou d’autres restrictions qui rapportent aux caisses de l’État et contribuent à générer de précieux revenus. C’est donc un choix cornélien qui est opéré. Il découle d’un calcul simple :

    Comment parvenir à ralentir la progression du virus sans toucher aux sacro-saints revenus des grands capitalistes. Si Macron peut se permettre d’avoir les restaurateurs à dos, voire une partie de la petite bourgeoisie commerçante, il est obligé, c’est son rôle, de satisfaire ses maîtres.

    Les mesures d’aides accordées à ces entreprises représentent un coût. Mais ce coût est toujours plus faible que celui de financer l’hôpital au niveau de ses besoins, de désengorger les transports en commun, de permettre aux lieux d’enseignement ne ne pas être des cluster bombs.

    Pour les soignants, rien de nouveau.

    Au titre des soignants et soignantes, Libération indiquait ce matin : « De fait, le manque de soignants n’est pas près de se résorber. Un document présenté fin septembre à la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, que Libération s’est procuré, le confirme. Malgré le recrutement cet été de 1 371 infirmières tout juste sorties d’école, le niveau de l’emploi infirmier n’atteint même pas celui de septembre 2019. Sur les 950 postes ouverts et budgétés, 450 sont toujours officiellement vacants, faute de candidats. La pénurie touche particulièrement les infirmières de bloc opératoires, premières à être sollicitées en cas de crise sanitaire : sur 480 postes ouverts, 50 n’ont pas trouvé preneurs… » La crise sanitaire masque la crise hospitalière.

    Il est donc rationnel, du point de vue du gouvernement, du point de vue des capitalistes, de réduire la vie sociale à un métro-boulot-dodo. Qu’importe si la société, qu’importe si les individus, en souffrent. Si cela satisfait la grande bourgeoisie, tout va bien. Les autres oublieront. Même l’action en justice, intentée par l’association Victimes COVID, risque d’être un pétard mouillé. Les perquisitions qui viennent d’avoir lieu, auprès des membres et ex-membres du gouvernement, pourra t-elle aboutir ? Cela est douteux.

    Une déstabilisation annoncée.

    En revanche les effets économiques et sur la structure sociale échappent aux désirs de l’État. Une petite bourgeoisie en péril, vacillante, est une menace pour la stabilité du régime. Elle pourrait conduire à une crise profonde de régime, d’ici le temps des élections. Historiquement, ces catégories sociales, mettent en avant l’individualisme, le sens des affaires, la peur de solutions collectives. Elles pourraient très bien propulser au pouvoir une extrême-droite qui n’avancerait plus masquée, et qui aurait les coudées franches pour imposer son programme : liquider définitivement les droits sociaux et mettre au pas le pays.

    Lorsque la situation économique se dégrade, que les droits économiques sont attaqués, les droits politiques suivent. Le choix d’axer les élections sur l’islamophobie, la xénophobie, le racisme n’est pas un hasard. Il se double aussi d’une campagne cynique contre les mesures sanitaires, les députés PS & LR ayant, par exemple, fait voter le Sénat sur une réouverture des restaurants, des bars, des discothèques. Si la mesure fera certainement long feu, face à l’oukase présidentielle, elle n’en est pas moins significative : pour exister électoralement, certaines organisations sont prêtes à toutes les compromissions.

    Pour les plus précaires : circulez, rien à voir !

    Si la bourgeoisie bénéficie de la générosité de l’État, la question des minimas sociaux a été soulevée. Elle a, quant à elle, entraîné une réponse directe du président. Celui-ci a considéré que revaloriser les indemnités chômages, revaloriser le RSA, n’encouragerait pas à « retrouver du travail ». En bon banquier, Emmanuel Macron ne prête qu’aux riches.

    Cette conception, qui considère le fait d’être privé d’emploi comme une illustration de la fainéantise, de l’assistanat, est profondément ancrée dans l’esprit des réactionnaires. Pourtant elle est démentie par les études sérieuses sur le sujet. Une hausse des minimas sociaux, vue comme de l’argent lancé par les fenêtres, serait pourtant à la base d’une relance typiquement keynésienne de l’économie. Donner l’argent aux riches, c’est le voir capté, tomber dans des trappes à liquidités, et finalement ne jamais ‘ruisseler’.

    L’occident en difficulté.

    Sans faire de la psychologie sociale de comptoir, d’une manière générale, les pays d’Europe et les USA échouent à enrayer la pandémie pour un certain nombre de raisons. L’une d’entre elle étant les conséquences de la constante, l’omniprésente, campagne de dénigrement contre tout effort collectif, contre tout esprit unitaire dans la population. Toute idée d’effort commun contraignant et impératif (comme dans des sujets aussi vitaux que l’écologie, l’égalité des droits entre hommes et femmes…) est taxé de totalitaire et constamment dénigré par les propagandistes du libéralisme.

    Le capitalisme est pétri d’incohérences et de contradictions. Il porte comme valeur suprême la liberté individuelle, l’égoïsme. Dans le même temps, il n’offre que l’aliénation du travail, l’angoisse de la précarité, qu’il maquille derrière un illusoire confort matériel.

    Les aspirations à la liberté, à l’indépendance individuelle, qui ne sont pas réalisées en dépit des promesses, se reportent alors contre des frustrations du quotidien. En temps de crise, elles se font sentir de plus en plus fortement. Le contrôle étatique sur les rares moment de libertés, de sociabilité choisie, ne peut que rencontrer une résistance, ne peut que générer frustration et colère.

    Détruire ce qui nous détruit.

    Nous pensons, quant à nous, que la liberté est avant tout la conscience de la nécessité. La liberté est donc l’ensemble de ce qui reste une fois que le nécessaire est réalisé. Or, la première nécessité est de juguler cette crise pandémique, dans le sens où elle ne concerne pas que des individus, que leur propre vulnérabilité, mais bien l’ensemble de la société, laquelle doit prendre en compte les plus fragiles, les plus vulnérables, mais aussi les plus précaires. Se protéger, c’est protéger les autres. Protéger les autres, c’est également, à terme, se protéger soi-même.

    La deuxième nécessité est de détruire ce qui nous détruit. Cette crise n’a pas été une perte pour tout le monde. Les capitalistes les plus féroces se sont enrichis dans des proportions incroyables. Ils se sont gavés de bénéfices. Les faillites en série qui s’annoncent leur permettront de concentrer toujours plus de capitaux entre leurs mains.

    Ce sont eux qui portent une part immense dans la situation actuelle. Leur refus de mettre en œuvre les mesures adéquates. Leur tergiversations pour ne pas nuire à leurs profits. Leur absence totale de solidarité dans le financement des services publics, leur recherche constante, prédatrice, du profit… Et leur dispersion, internationalement, criminelle aussi, des efforts de recherche médicale.

    La liberté, réelle, ne pourra émerger que lorsque ces nécessités auront été remplies. Que lorsque l’économie, la recherche, la santé,… en somme la création de richesses, la possibilité de pouvoir vivre sainement et de profiter de la vie, seront entre les mains de ceux qui la créent, qui en donnent les moyens. Et non plus entre les mains de ceux qui la parasitent.

    Cette pandémie est un prélude à une crise plus grande, plus profonde. Nous appelons à nous à la vigilance, à l’organisation, à la structuration de ceux et celles qui veulent lutter pour un pouvoir populaire, démocratique, libéré de la domination des exploiteurs.

  • La pandémie continue ! Tract de l’Unité Communiste.

    La pandémie continue ! Tract de l’Unité Communiste.

    Les chiffres sont alarmants, les foyers de contamination se multiplient : Les conditions sont réunies pour une crise dépassant la première.

    Les dirigeants sont incapables de contenir la pandémie.

    Contraint de trancher entre les intérêts des capitalistes et la santé des travailleuses et des travailleurs, ils choisissent de protéger les riches, négligent les alertes du Conseil scientifique et nient leurs responsabilités pour préparer leur réélection !

    Ils ont menti et caché l’état terrible de l’hôpital affaibli par des décennies de précarité et de réformes libérales, l’incapacité des écoles à faire face à la rentrée, l’absence de stocks et l’importance des masques…
    Résultat : La France, 4ᵉ pays au plus fort taux de contamination, est classée 50ᵉ au rang mondial de la gestion pandémique, loin derrière des pays « pauvres » (Deep Knowledge Group).

    Protégez-vous, vos proches, les autres ! Mais n’oublions pas les coupables !

    Après la pandémie : La Crise.

    La menace du chômage et de la pauvreté grandis, mais pas pour tous le monde ! Certains vont profiter du business de la misère et rester protégé des conséquences économiques. Nos conditions de vie, notre santé et l’environnement sont l’objet de négociations pour des profits qui nous appauvrissent, nous empoisonnent et tuent. Allons-nous nous laisser faire ?

    Les bourgeois mobilisent leurs médias et font diversion ! Ils dévient notre attention de nos réels ennemis avec des faits divers choquant et des menaces imaginaires. N’ayons confiance qu’en nous-mêmes qui subissons la même dictature, regroupons et organisons-nous. Nous voulons renverser ce système criminel !
    Construisons une démocratie du peuple pour le peuple : Prenons le pouvoir !

    L’Unité Communiste, membre de la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires travaille à organiser, former et unifier ceux et celles qui veulent un changement révolutionnaire de la société.

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  • Berlin : mobilisation anti-masque.

    Berlin : mobilisation anti-masque.

    17 000 manifestants et manifestantes anti-masques se sont réunis à Berlin le 1er août. Cette manifestation « pour la liberté » s’est déroulée au mépris des injonctions sanitaires. Elle réclamait le droit « à respirer », mais également la fin des mesures contraignantes liées à la crise. Si les manifestants étaient de tout horizons, ceux-ci comprenaient une part importante de militants et de militantes des organisations d’extrême-droite Allemande, notamment Alternativ fur Deutschland et le NPD.

    Cette manifestation est un danger en soi, tant pour les participants et les participantes que pour leurs proches, et, par rebond, pour l’ensemble de la population. Si les mots d’ordres sont antiscientifiques, conspirationnistes et réactionnaires, ils méritent néanmoins d’être étudiés pour ce qu’ils sont : un phénomène révélateur.

    Parmi les réactions relatives à cette manifestation, beaucoup ont été de l’ordre de la moquerie ou du mépris. Il est vrai que le mouvement anti-masque, naissant en Europe, peut laisser perplexe. Mais au-delà de la moquerie, il nous faut également comprendre, sans pour autant adhérer à ces conceptions.

    Pourquoi le conspirationnisme gagne du terrain ?

    Le conspirationnisme gagne de l’ampleur durant la période récente. Il a le vent en poupe et, dans de nombreux États, trouve un terreau favorable pour s’implanter.

    La parole officielle, que ce soit celle de la science ou celle du politique, soit constamment disqualifiée. Cela démontre qu’il existe une réelle crise de confiance et une méfiance profonde envers tout ce qui semble émaner des « élites », quelque soit la nature de l’information. Elle est fondamentalement une réponse à l’emploi constant du mensonge par les politiciens. Ce mensonge ne trouve plus prise, et la réaction, diamétralement opposée, de ceux qui ne s’y laisse plus prendre est de tout analyser à contre-pied. Même si cela amène à sombrer dans d’autres mensonges.

    La politique bourgeoise, basée sur la tromperie, sur la réclame publicitaire, sur la corruption, ne peut que générer et nourrir les raisonnements conspirationnistes. Le décalage entre la promesse de chances égales, entre l’idéal de justice, de paix, de démocratie et la réalité vécue par la population ne peut que déboucher sur cette désillusion. De plus, la démocratie représentative, opaque, obscure, faite de tractations dans l’ombre et d’arrangements entre cliques, ne peut que renforcer un sentiment d’être le jouet des événements, d’être dépossédé de toute influence, d’être une donné statistique dans un plan qui nous dépasse.

    L’avantage du plus faible.

    Ainsi, toute parole alternative bénéficie d’un avantage, dans le sens où elle est supposée être dénué d’intérêt caché, et donc mû uniquement par l’altruisme. L’opposition à la parole officielle devient donc un point de repère, et, dans son sillage, se traînent d’autres théories du complot : vaccins, chemtrails, complot juif… Lorsque le raisonnement conspirationniste s’installe, plus aucune barrière ne l’entrave. D’autant que les moyens de réponse de la part des autorités sont tout autant de points d’appuis : en censurant ceux qui ont déjà déclamé être censurés, ces politiques alimentent une prophétie auto-réalisatrice. L’école, et particulièrement l’enseignement de l’histoire, joue un rôle dans ce mode de raisonnement. La chronologie artificielle, l’enchaînement d’événements, la tendance à rechercher l’intentionnalité des politiques et à déposséder le peuple de toute rôle dirigeant, tend à avaliser les théories du complot.

    L’expérience massive de la confrontation avec les forces de l’ordre, avec la dictature de classe, au cours du mouvement des Gilets Jaunes a agi comme un détonateur. Le mythe républicain s’est fracturé. Cette instabilité profite cependant davantage à l’extrême-droite, qui tire un grand bénéfice de l’isolement du confinement, de la fragmentation, du doute et des inquiétudes. Surtout, elle peut proposer des réponses simplistes à des problèmes complexes. Ne cherchant ni la vérité, ni la cohérence, elle s’appuie sur les instincts. Elle est capable de pouvoir réclamer des masques, clamer qu’on nous sacrifie, puis considérer que ceux-ci sont une émanation d’un complot lorsqu’ils arrivent. Le temps de les démonter, un nouveau thème est déjà apparu. Il en résulte un sentiment d’angoisse et d’isolement. Et celui-ci est propice pour instiller la division et la haine.

    Ces sentiments sont présents dans une très grande partie de la population. La question ouverte est celle de l’attitude à avoir. Les fascistes ont choisi la leur : ils nourrissent ce sentiment de dépossession pour prendre la place des cliques au pouvoir. Ils ne dénoncent leurs méfaits, ne se placent en posture d’outsiders dénonçant les abuse que dans l’unique but d’être ceux qui exécuterons les désirs des bourgeois. Elle est d’autant plus cynique que, dans une grande partie des situations, elle ment sciemment. Elle est prête à soutenir le mouvement anti-masque, comme un point d’appui populiste, tout en sachant pertinemment quels risques elle fait courir à la population.

    Personne n’est à l’abri.

    Même dans les rangs de la gauche révolutionnaire, il existe l’influence de ces conceptions conspirationnistes. Simplifiant la lutte des classes en un affrontement binaire entre monolithes, certaines tendances finissent par oublier que la bourgeoisie est une classe en concurrence avec elle-même. Que le fait de faire front n’est pas sa tendance naturelle, spontanée, mais au contraire, le fait de se tendre des pièges. Elle ne recherche pas non plus à imposer une dictature absolue et totale, mais repose bel et bien sur des stratégies d’adhésion à son système, et sur des interfaces démocratiques, beaucoup plus souples qu’une dictature ouverte. Nous mêmes devons être d’une extraordinaire prudence quant à nos propres raisonnements, pour ne pas voir l’intentionnalité ou le plan préétabli derrière chaque action.

    La bourgeoisie, dans ses diverses fractions, essaie de tirer bénéfice de la situation. Elle réagit à la fois en essayant de limiter la casse, mais également en tentant de sortir renforcée. Si les -13 % de PIB en France sont une bien mauvaise nouvelle pour elle, elle trouve toujours des voies pour s’en tirer. La concentration du capital sera plus grande encore après cette crise, car les petits capitalistes vont dévorer des plus faibles.

    D’ailleurs, bien que supposément opposé aux « élites », certaines des revendications de ces mouvements « pour la liberté » ne tombent pas dans l’oreille de sourds. Le proverbial « en même temps » d’Emmanuel Macron s’applique à d’autres. Les mesures de « redémarrage de l’économie », qu’il faut entendre comme étant une baisse des droits sociaux et des salaires, seront les seules réponses fournies par les exploiteurs aux exploités et exploitées.

    Lutter contre le conspirationnisme.

    Dans le fond de l’affaire, l’influence conspirationniste est le reflet de la faiblesse du mouvement progressiste et révolutionnaire. Mais, aussi, de fragilités théoriques et idéologiques au sein de celui-ci. Ces fragilités trouvent leur source dans un éparpillement des travaux, des productions, qui empêchent, indépendamment des volontés des différents groupes, qu’émerge une masse critique, suffisamment grande, pour permettre d’élaborer et de diffuser les réponses aux questions que se posent une partie toujours plus grande de la population.

    D’une manière générale, l’expérience des Gilets Jaunes, l’expérience de la pandémie, les défis qui se profilent montrent l’importance d’un travail conjoint. Ce travail nous tiens à cœur, au sein de l’UnCo. Nous appelons, à nouveau, les organisations communistes et non-communistes qui veulent travailler dans un esprit de front uni, à mettre en commun leurs ressources et leurs compétences, et à œuvrer à la création d’un programme minimal d’urgence, permettant de répondre aux enjeux actuels. Non seulement ce travail est nécessaire, mais il est salutaire !