Étiquette : corruption

  • Un peu de homard, beaucoup de mépris.

    Un peu de homard, beaucoup de mépris.

    De Rugy, ministre de l’Ecologie, s’est retrouvé pris dans une tourmente qui en dit long. En effet, celui-ci est accusé par Médiapart de plusieurs choses :

    • Des frais de
      bouche immenses, avec des homards et des grands crus.
    • Un délicat
      sèche-cheveux doré à la feuille d’or.
    • Des travaux au
      ministère de la transition écologique, notamment un dressing de 17
      000€.
    • Une absence
      d’impôts en 2015.
    • Une directrice
      de cabinet logée illégalement en HLM.

    Le transfuge de EELV, passé depuis à LREM, comme un certain nombre d’opportunistes de son espèce, est sous les feux des médias pour ses différentes affaires, qui n’en finissent pas de produire elles-mêmes des révélations. De Rugy n’en est pas moins le bénéficiaire d’un soutien total de la part de Macron, et est présent à la cérémonie du 14 juillet.

    L’attitude de De Rugy est celle du cafard pris en pleine lumière. Il fuit, oscille dans toutes les directions, essaie de semer ceux qui veulent l’écraser d’un coup de talon. Il s’empêtre dans ses mensonges, ne parvenant qu’a s’humilier, et, par voie de conséquence, à nous humilier de son impunité. De Rugy s’est donc mis à osciller, entre mensonge éhontés (je n’aime pas le champagne, je suis intolérant aux fruits de mers…) et le fait qu’il déclare froidement assumer ces dépenses, reliées d’une manière ou d’une autre au fonctionnement de son ministère. Ses écarts de langages sont ceux d’un enfant pris la main dans le sac, et qui ne sait pas réellement comment se sortir de ce mauvais pas. Ses interviews, les larmes aux yeux, chargé d’émouvoir, n’ont fait qu’attiser la détestation de ce personnage et ses confrères.

    D’autres se sont engouffrés à suite, ou pour mal le défendre, ou pour lui tenir la tête sous l’eau. Benjamin Griveaux, par exemple, a essayé de surfer sur l’affaire pour torpiller de Rugy, dans le but de se placer sur un créneau pour les municipales. Il a déclaré qu’il se contentait de « côte de bœuf », mal lui en a pris. Le journal Capital l’a démontré :

    Aux Boucheries Nivernaises, connues pour leur excellent rapport qualité prix, et où se fournit traditionnellement la classe politique parisienne, la côte de bœuf se vend actuellement 35,90 euros le kilo. Cela nous met la pièce de 1,2 kilo (poids conseillé pour trois personnes, car on ne mange ni l’os ni le gras) à 43,08 euros, soit très exactement 14,36 euros la portion individuelle. A la poissonnerie en ligne Paon, qui livre sur toute la France, le homard vivant de première qualité pêché au casier en Manche et Mers Celtiques est, lui, vendu 17,45 euros l’unité. Comme on en sert généralement une moitié par personne, cela met la portion individuelle à 8,72 euros, presque deux fois moins cher que la côte de bœuf de Benjamin Griveaux.

    Dommage.

    Il y a quelque chose d’intéressant dans la manière dont de Rugy a réagi. Notamment car certains médias ont hurlé contre cette dénonciation. La palme de l’approche la plus originale est néanmoins attribuée au journal Le Point, qui regrette rien moins que l’absence de style de ce scandale.

    C’est le revers de la scandinavisation de la vie publique. D’un côté, j’admire l’intransigeance de nos amis du Nord, la simplicité de mœurs de leurs élus, leur soin maniaque de documenter toute dépense, avec des facturettes et des preuves. Quelle grandeur dans cette rigueur, quel respect religieux pour les deniers publics  ! Comme disait Louis XVI, « rien n’est si beau que d’être avare du bien d’autrui ». En contrepartie, les scandales scandinaves n’ont aucune allure. Les ministres chutent là-bas pour des broutilles ridicules. 

    Dans un sens, on ne peut donner intégralement tort au Point. Il existe une distinction entre les scandales de l’ère Macron et les scandales d’avant, de Fillon, de Lagarde, d’autres… Ceux d’hier s’offusquaient qu’on les accuse, qu’on ose crier au scandale vis-à-vis de leurs pratiques. Elles étaient, à leurs yeux, des dus, des passe-droit liés à leur rang. Fillon, ainsi, n’était pas en rage contre ce dont on l’accusait, mais du fait qu’on ose le faire. L’allure dont parle Le Point est là, tant dans l’ampleur et dans l’envergure des affaires que de la réaction de ceux qui en étaient accusés. Ils méprisaient les masses aristocratiquement.

    De Rugy, Benalla, Castaner, quant à eux, sont des sous-fifres qui ont pris de la hauteur grâce à l’appel d’air créé par Macron. L’affaire Benalla, les agressions sexuelles de Darmanin, les diners aux chandelles de De Rugy, les mensonges pitoyables de Castaner sur les violences policières, les actes contre-productifs de Schiappa, le mépris de Macron… tout cet ensemble est d’autant plus insupportable à subir que ceux et celles qui le génèrent ne sont même pas entourés de cette aura d’ascendant social et aristocratique qui entourait les corrompus d’avant. Dans un sens, leurs affaires sont d’autant plus intolérables que le sentiment est d’être méprisé par de minables laquais au service des grands bourgeois.

    Mais dans l’absolu, même si parfois ils se taclent, tous les politiciens et les politiciennes qui pourraient assumer des postes de pouvoir sont pris dans les mêmes pratiques, et, de fait, dans un réseau de solidarité pour maintenir celles-ci et l’impunité qui les entoure. Et ce, de manière parfaitement indépendante de leur « couleur politique ».

    Cela dit, Fillon, Benalla, Rugy, Macron, Tapie, Lagarde… sont les mêmes symptômes d’un mal profond. Ce mal profond et l’imbrication entre la politique bourgeoise et la corruption. Ce mal est incurable du fait de la nature même de l’État et des fonctions des politiciens et des politiciennes.

    Dans le même ordre d’idée, les affaires autour des actes de la Police. Que ce soit dans les violences policières durant le mouvement des Gilets Jaunes ou suite à l’opération particulièrement brutale organisée à Nantes contre une free party, systématiquement les déclarations des responsables ont été sous le sceau du mensonge.

    La disparition de Steve, probablement tombé dans la Loire, chassé par la police, en fait partie. Le régime se tait, ment, contre-accuse, lance des versions aberrantes. Mais il n’assume jamais ses actes. Cet aspect des choses est probablement l’un des points les plus insupportables. Le fait d’être réprimé est une chose condamnable, contre lequel il faut résister pied à pied. Mais le fait d’être réprimé par des individus qui mentent, trichent et se pâment d’être des champions des droits de l’homme, en armure étincelante, cela est doublement intolérable.

    La police, en revanche, assume parfaitement de poser, le pied sur un sans-papier qui manifestait pour ses droits, d’humilier, d’éborgner, de frapper. Tant qu’elle ne commet pas l’erreur de s’en prendre à une personnalité, et encore, elle n’est jamais condamnée par l’IGPN ni par la justice. Il faut bien que le régime protège ses piliers.

    De scandales en scandales, d’attaques en attaques, de mépris en mépris, pourtant, le régime bourgeois sape sa propre légitimité. La trop grande confiance dans son impunité fait qu’il ne s’est guère embarrassé de camoufler ce qu’il pensait. Il est probable que les ténors d’autour savent, dans leur for intérieur, qu’ils perdront les élections et qu’ils seront réduits à néant après celles-ci. Ils et elles profitent donc de leur situation tant qu’ils le peuvent.

    Qui sait qui les remplacera, qui sait qui seront les nouveaux hérauts de la bourgeoisie. Une certaine partie des médias à la solde des grands cartels de la bourgeoisie sont en pâmoison devant Yannick Jadot, d’autres tendent des perches à une droite « élargie » ou « hors les murs ».

    De notre côté, nous ne pouvons que saluer le travail de Médiapart et des lanceurs et lanceuses d’alerte. Les frasques de l’intégralité des politiciens et des politiciennes méritent d’être étalées au grand jour. Surtout, il est fondamental de comprendre que ce ne sont pas les lobbies qui corrompent les politiciens, mais ce sont ces politiciens qui sont des agents des cartels. En étant principalement et avant tout des pions et des agents des intérêts de la bourgeoisie en général et de certaines de ses fractions en particulier, ces politiciens et politiciennes doivent justement être corrompus pour s’assurer qu’ils exécutent servilement les ordres de leurs commanditaires.

    Qui peut défendre un système sain et sans corruption ? L’extrême-droite a montré qu’elle battait des records dans la corruption et la crapulerie. Le PS est une coterie, tandis qu’une partie de la gauche de la gauche, elle aussi, se mouille et se vend aux affairistes. A leur échelle, même, les milieux militants sont également contaminés par ces pratiques. Les dérives mafieuses, les affaires crapuleuses ou les crimes y existent, y pullullent, et sont mêmes protégés au nom d’une sacro-sainte unité à protéger ou du rejet de pratiques « autoritaires ». Nous, nous regardons la corruption, les abus, ceux qui étendent leurs chefferies et leurs réseaux de clientèles comme des ennemis des intérêts populaires. Leur mépris et leur corruption, qui s’étale au grand jour, les démasquent comme n’étant pas « des nôtres ».

    Notre programme, en tant que communistes, est celui d’un État populaire dans lequel la plus grande sévérité est exercée contre ceux et celles qui tentent de constituer leurs chefferies, contre ceux et celles qui ne sont pas là pour servir le peuple, contre la corruption et l’économie parallèle.

    Cet état populaire ne peut être érigé aux côtés des intérêts des capitalistes, mais uniquement contre eux et contre leurs intérêts et au service de ceux des masses populaires.C’est uniquement ainsi que les de Rugy, les Fillon, les Lagarde, les Tapie, seront définitivement remisés là où est leur place : dans la déchetterie de l’histoire.

  • Mort de Dassault – Mort d’un « super-capitaliste » ? Partie 1

    Mort de Dassault – Mort d’un « super-capitaliste » ? Partie 1

    Mort de Dassault – Mort d’un « super-capitaliste » ?

    Partie 1.

    La bourgeoisie pleure le décès de Serge Dassault, survenu le 28 mai 2018, à l’âge de 93 ans. De sa naissance, en 1925, jusqu’à sa mort, son existence a eu l’occasion d’être particulièrement remplie. A sa mort, il est la quatrième fortune de France, avec 19 milliards d’euros, une fortune qui n’a cessé de croître tout au long de sa vie. Son CV est des plus complets, dirigeant de Dassault Industrie en 1987 et jusqu’en 2014 ; Conseiller Régional en 1986; Général en 1988 ; Maire en 1995 ; Sénateur en 2004 ; vice président de la commission des finances du Sénat en 2010…La somme considérables des fonctions assurées par ce personnage ferait pâlir même un cumulard d’élite comme Gérard Collomb. Parallèlement, il a investi dans la presse, notamment en étant président en 2004 du groupe Socpresse, dans lequel le Figaro est la figure de proue de paire avec l’Express.

    Des éloges dithyrambiques ont été prononcés à l’occasion de son décès, tant de la part de la grande majorité du patronat que de sa famille politique. Le président de la République a ainsi déclaré : « la France perd un homme qui a consacré sa vie à développer un fleuron de l’industrie française ». « Son engagement politique se fonda sur un fort enracinement dans l’Essonne et le souci de libérer les énergies entrepreneuriales et la compétitivité des entreprises françaises ». Hollande a déclaré :  « Il a été capable de donner à l’industrie française une place éminente. Si on veut garder une image de Serge Dassault, c’est celle de l’abnégation et de la force de conviction. (…) Il assurait la propriété du Figaro avec un éditorial par an qui n’était pas en ma faveur mais qui témoignait de ses convictions. (…) Il avait un père, Marcel Dassault, qui avait un prestige considérable. Il a ensuite voulu donner un prénom à ce nom. » De son côté, la frontiste Marine Le Pen a déclaré “Au-delà des divergences politiques et des critiques légitimes, Serge Dassault aura démontré, en reprenant l’entreprise de son père, qu’il y a une place pour l’industrie en France, et notamment pour une grande industrie militaire indépendante.” Tandis que Laurence Parisot, ex-présidente du MEDEF, s’exprimait ainsi : “Serge Dassault est mort. Des grands patrons comme lui, il n’y en aura plus. Déterminé, très attachant, un peu roublard, patriote. Il a non seulement fait prospérer l’œuvre de son père mais ouvert son groupe à la modernité avec @3DSfrance. Je l’aimais beaucoup.” En revanche, côté “gauche”, silence de Mélenchon, dont on sait qu’il l’admirait -mais au nom de quoi ?– et du côté de Benoît Hamon. Seul Philippe Poutou a détonné, en appelant Serge Dassault “un délinquant.” Juridiquement, on ne peut lui donner tort.

    Mais de quoi, fondamentalement, Dassault est il le nom ?

    Serge Dassault illustre, aux yeux de la bourgeoisie, l’idéal-type du succès. Il est l’archétype du bourgeois, il est l’incarnation de sa classe, de son origine, de ses pratiques, de son contenu idéologique.

    Dassault est un héritier. Lui-même n’a eu qu’à asseoir son séant à la place de celui de son père, prenant les rênes de la compagnie familiale. La bourgeoisie, qui salue les self-made-man et woman en compte pourtant fort peu. Le mythe du bourgeois qui réussit grâce à ses propres talents est un mensonge. Du fait de la reproduction sociale, laquelle s’accroît encore davantage avec les nouvelles dispositions dans l’enseignement et dans l’orientation, les bourgeois et bourgeoises d’aujourd’hui sont les descendants et descendantes de ceux et celles d’hier. La prétendue égalité des chances et la “méritocratie” républicaine ne sont que des variations à la marge d’une structuration sociale qui ne change pas, qui ne se bouleverse pas, et que les classes dominantes, pratiquant à grande échelle l’endogamie et le népotisme, n’ont aucun intérêt à voir changer. Dassault n’a de mérite que par sa naissance. Fils de bourgeois, il est devenu bourgeois lui-même.

    Dassault est un marchand de mort. Le commerce de Dassault, c’est la mort venue du ciel. Mystères ; Mirages ; Rafales n’ont d’autre vocation que de semer la mort et la désolation depuis les cieux. Dassault s’est battu bec et ongles pour obtenir le monopole dans les commandes d’Etat au niveau des avions de chasse et de bombardement. Lorsque la Marine Française a émis l’hypothèse de s’équiper de F/A 18 Hornet, Dassault, soutenu en cela par toute une cohorte de souverainistes de “gauche” comme de droite, s’est époumoné d’effroi. L’indépendance de l’industrie française était mise en cause, la défendre devenait une question stratégique, cruciale. La cocarde française, cette excellence qui se salue de Mélenchon jusque dans les rangs de l’extrême-droite, devait être mise à l’honneur. La vente de matériel de mort française devenait une affaire d’Etat dans tous les sens du terme. La vente de Rafales était un sujet central dans les visites du chef de l’Etat à l’étranger. Dassault, entrepreneur privé, est parvenu, au mépris complet des conceptions libérales, à devenir une excroissance de l’Etat. Car, malgré ce que prétendre les bourgeois et les bourgeoises, mais également les réformistes naïfs, l’Etat et le capitalisme sont intrinsèquement liés.

    Faudrait-il être un sot complet pour ne pas, lorsqu’on est dans les affaires, s’intéresser à la politique. Dassault y a vu très vite une manière de défendre ses intérêts. Prendre la mairie de Corbeil-Essonnes au PCF, y instaurer un régime de clientèle, s’en servir de point d’appui pour progresser dans les postes et les sinécures… Dassault s’est fait une place, une place qu’il a payé de millions, mais une place qui lui a rapporté des milliards. Pour la bourgeoisie, la politique et les affaires sont les deux faces d’une même chose. La politique est une occasion de faire des affaires, mais également un bouclier et une épée. Une épée tranchante dont les bourgeois savent particulièrement bien se servir. En l’occurrence, homme d’affaire compétent, voyait dans le fait de siéger dans les postes de l’Etat une occasion de disposer d’un perchoir au conseil d’administration de son premier client et de son premier revendeur. Une occasion également de pouvoir défendre ses thèses basées sur le darwinisme social, des diatribes contre les “assistés”, qui sont des “enfants”, mais également des thèses réactionnaires contre le mariage pour tous et contre l’homosexualité. Dassault est un utilitariste : la famille sert aux travailleurs à se reproduire physiquement et socialement, donc le mariage pour tous est une hérésie car il est stérile. Le travailleur doit souffrir pour accéder à un niveau de vie décent, en revanche le patron, lui, doit échapper aux impôts, qui sont, par nature, confiscatoires. Ainsi, l’ISF est une anomalie, par sa nature même de “impôt de solidarité.” Quelle ironie que celui qui dépend des commandes d’Etat soit le premier à refuser d’en financer les dépenses.

    Pour défendre son idéologie réactionnaire et engranger des bénéfices nouveaux, notre homme à agit comme agirait d’importe quel capitaine d’industrie. Il embauche des plumitifs chargés de prouver par a + b que le libéralisme et la réaction sont les voies qui permettent d’accéder à un monde meilleur. Les presses droitières, Figaro, Figaro madame, l’Express, ont cette tâche de diffuser les conceptions idéologiques de la bourgeoisie réactionnaire et de les propager, y compris parmi les masses, par le matraquage constant. Or, le libéral se dévoile partisan du soutien de l’Etat – tant que ce sont les versement des masses populaires qui sont mis à contribution. Le Figaro a ainsi reçu, en 2015, 16 179 000 € d’aides pour fustiger les services publics, tandis que l’Express n’en a reçu “que” 6 900 000€. Une manière de faire payer, encore une fois, le poids de la chaîne et les discours du prince par les exploités eux-mêmes. La presse Dassault, la presse bourgeoise en général, sont des outils extrêmement puissants de propagande, et sont d’ailleurs une des lignes de défense les plus virulente contre le communisme et contre les idées progressistes en général.

  • Corruption au Brésil: nouveau rebondissement

    Corruption au Brésil: nouveau rebondissement

    Il y a un peu plus d’un an, la présidente brésilienne Dilma Rousseff du Parti des Travailleurs (PT), héritière de la politique de Lula, souffrait un coup d’État parlementaire mené par la bourgeoisie mécontente, qui a porté Michel Temer du PMDB (Parti Mouvement Démocratique Brésilien), alors vice-président de Dilma Rousseff dans une coalition gauche-droite.

    (suite…)

  • Manifestations anti-corruption en Roumanie.

    Dans la nuit du 1er au 2 février, des centaines de milliers de Roumains et de Roumaines ont pris la rue. Ils et elles sont descendus pour manifester leur colère contre le gouvernement social-démocrate en place.

    La raison est simple : la décision de ce gouvernement d'assouplir les lois anti-corruption, en dépénalisant certains délits, prétextant une harmonisation de la loi roumaine avec les standards européens en matière de justice.

    Le gouvernement défend bec et ongle sa politique, mais montre déjà des signes de fracture : ainsi le ministre des « milieux d'affaires, du commerce et de l'entrepreneuriat » Florin Jianu a présenté sa démission dès le lendemain des manifestations, ouvrant la voie à d'autres départs.

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    Dans le collimateur des manifestants, le Parti social-démocrate roumain, majoritaire au parlement et jouant un rôle central dans la vie politique roumaine depuis la chute de Ceausescu. Désavoué à plusieurs reprises, revenu au pouvoir à grands coups de promesses de lendemains qui chantent, le PSD démontre de manière éclatante la faillite de la social-démocratie. Jamais la politique du moyen terme entre la bourgeoisie et les exploités ne peut aboutir à autre chose que la simple soumission au pouvoir des premiers contre les seconds.

    Son fondateur et ancien dirigeant, Ion Iliescu, ancien proche de Ceausescu, président de la Roumanie nouvellement « démocratique » après la chute de ce dernier, a d'ailleurs été récemment mis en accusation pour crime contre l'humanité pour les minériades des 13-15 juin 1990.

     

    En tant que communistes, dénonçant la ligne du XXe congrès du PCUS, et la liquidation du léninisme, il est pour nous impensable de faire l'éloge du régime « national-communiste » de Nicolae Ceausescu. Néanmoins, nous ne pouvons que constater les effets catastrophiques qu'a eu la chute du bloc de l'Est dans la vie des citoyens de ces pays. Le social-impérialisme soviétique, malgré son renoncement au socialisme, restait marqué par un contenu de protection sociale hérité de la période stalinienne.

    Que ce soit en Roumanie, ou dans les autres pays d'Europe de l'Est et de l'ex-URSS, la thérapie du choc, et la libéralisation forcée de l'économie, ont ouvert la porte à la corruption pour qui sait être le plus crapuleux. Tandis qu'une poignée d'oligarques bâtissait des fortunes constituées de milliards de dollars, les ouvriers des usines comme des champs, les travailleurs manuels et intellectuels, découvraient la liberté d'être pauvre et de pouvoir choisir le visage de leurs exploiteurs. Ils et elles découvraient le bonheur infini de pouvoir payer leur logement, leur santé, leur alimentation à des prix définis par le marché et la spéculation.

     

    L'image occidentale de la corruption renvoi aux « bakchich » versés à des douaniers et des policiers peu scrupuleux. Pourtant, le Penelopegate, tout comme bien d'autres affaires, impliquant Dassault, Balkany, Cahuzac, Lagarde et bien d'autres, révèlent le vrai visage de ce qu'est le monde politique bourgeois.

    Comment blâmer cela ? Tout est un marché, y compris l'achat des hommes et femmes politiques. Tout peut être une carrière, y compris dans les salons, dans les fauteuils des assemblées, où indemnités et commissions se cumulent, se conjuguent aux pots-de-vin et aux avantages indirects.

    Le pouvoir bourgeois est le pouvoir de la corruption. Nous sommes solidaires du peuple Roumain dans sa lutte contre la corruption, contre une bourgeoisie rapace.

    Le capitalisme vente la chance du succès ouverte à tous. Vente le ruissellement de la richesse sur toute la population, sur le Monde.

    Mais il n'est que la misère, la pénurie, l'appauvrissement, le gâchis et la destruction.

    A bas le capitalisme ! Vive la lutte des peuples !

  • Cahuzac et Lagarde, la justice bourgeoise en action.

    Par le passé, de la part d'individus bien intentionnés qui tentaient de défendre le Parti Socialiste, venait régulièrement un argument: Son arrivée au pouvoir offrirait plus de latéralité à la justice pour condamner les individus haut placés corrompus.
    Chose rare, coup sur coup, deux individus de ce type ont été condamnés par la justice.

    Le premier Jérôme Cahuzac, vient d'être condamné pour fraude fiscale. Après avoir eu longtemps, comme le parquet l'a mentionné "une vie familiale enracinée dans la fraude", il est -enfin- sous le coup d'une peine de prison.
    3 ans de prison pour 3.5 millions d'euro de patrimoine dissimulé. C'est peu, mais suffisant pour que le condamné soit "assommé par le verdict." Qu'il se rassure, sans mandat de dépôt, il dort toujours chez lui. Insulte crachée au visage de ceux qui sont mis en préventive ou sous les verrous sur un soupçon. Insulte en particulier vis-à-vis de ceux qui luttent pour que les crimes policiers soient reconnus et jugés, et qui se retrouvent eux-mêmes condamnés.
    Et l'avocat de l'ex-ministre ajoute, cerise sur le gâteau, que la détention de Jérôme Cahuzac serait une nouvelle charge pour un contribuable déjà lésé. Quel signal plus fort pourrait être donné que celui-ci ? Et pourtant !

    Christine Lagarde, quant à elle, présidente du F.M.I. à l'heure actuelle, est accusée d'avoir offert une ristourne magnifique de 404 millions d'Euros à Bernard Tapie.
    En 2007, en effet, alors ministre des finances de Nicolas Sarkozy, lequel la traita par ailleurs comme un paillasson, elle ordonne l'arbitrage d'une vieille affaire. La vente d'Adidas par le crédit Lyonnais, vente contestée par son propriétaire, Bernard Tapie. L'arbitrage privé trancha en faveur de l'homme d'affaire, lui accordant ainsi 404 millions d'euros indus. La justice, il y a maintenant un an, cassa l'arbitrage et ordonna que l'ancien soutien de François Mitterrand rembourse cette somme. De son coté, Christine Lagarde est condamnée pour négligence par la cour de justice de la République.
    Elle est condamnée, mais dispensée de peine. Quant au F.M.I., il lui réaffirme sa pleine confiance.

    Dispensée de peine.
    N'est pas là une formulation magnifique ?
    404 millions d'euros deviennent une négligence, tandis que des vols de pain, de fromage, fait par des gens qui n'ont rien, deviennent des crimes passibles de prison.Ces 404 millions d'euro sont volés à la communauté, ils permettent de faire fonctionner les écoles et les hôpitaux. Ce ne sont pas des données abstraites, mais bien des implications concrète.

    Le parti socialiste ne nous offre que des cadeaux sans valeurs pour se racheter une virginité. Il considère les électeurs avec si peu de respect qu'il tente ces manœuvres minables pour le disculper d'avoir été un servant de la bourgeoisie tout au long de son existence.

    Devrions-nous encore nous en étonner ? Devrions nous être encore surpris de la collusion entre la justice bourgeoise et la classe qu'elle sert ?

    Cette surprise doit cesser. Nous devons la transformer en farouche résolution. Résolution de liquider ce système, résolution de juger, par la justice du peuple, les profiteurs, les exploiteurs, les criminels épargnés par la justice de classe. La véritable justice sera celle du peuple, sera celle des travailleurs contre leurs bourreaux !