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  • Prolétaire debout n°14 (UPML)

    Prolétaire debout n°14 (UPML)

    Crise du Corona virus :

    Coupable: le système économique et social capitaliste.

    Macron a mis sa blouse blanche… pour sauver les banques !

    Il faut prendre au sérieux la pandémie du Corona virus qui se répand progressivement partout,  profitant de la circulation des hommes et des marchandises au niveau mondial. Si le plus gros de la crise semble être derrière la Chine, aujourd’hui la République de Corée, l’Iran soumis au blocus des puissances occidentales, l’Europe et les USA sont en première ligne. Demain, ce seront les pays d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et d’Amérique Latine qui seront concernés. A un problème mondial, la bonne réponse devrait être mondiale. 

    « Union nationale »?

    Les mesures sanitaires à l’échelle nationale, la fermeture des frontières etc. sont certainement à respecter pour faire obstacle à la propagation du virus et pour protéger les populations conformément aux connaissances scientifiques actuelles, sans sous-estimation ni panique. 

    Macron, son gouvernement et les représentants de l’État nous appellent à « l’union de la nation ». Ils se donnent l’air de bons pères de famille qui protégeraient la population et agiraient dans « l’intérêt général ». En réalité ils continuent à préparer les masses populaires à une période de sacrifice – les soignants et autres salariés, les familles, les personnes âgées. Tout en parlant de solidarité, ils n’ont fait que remettre à plus tard leurs réformes réactionnaires : baisse des retraites, diminution des allocations chômage… et ils répriment les protestations.

    Macron a fait l’éloge de nos « héros en blouse blanche ». Quel culot ?! La politique de fermeture et d’austérité dans les hôpitaux devient en plus mortelle avec le Corona virus. En France le personnel hospitalier en grève depuis un an dénonce l’épuisement et les conditions de travail et  réclame des lits – 17 500 lits ont été supprimés en 10 ans -, ainsi que des embauches et des hausses de salaires. Quelle a été la réponse du gouvernement ? Depuis janvier, il a ignoré le danger et omis par exemple de commander des masques et du gel désinfectant pour l’ensemble du personnel médical. Il compte sur son dévouement. Alors que les hôpitaux sont de plus en plus saturés, les soignants vont être amenés à « trier » (comme en Italie) parmi les malades celles et ceux qui auront la « chance » d’être soignés parce que plus « robustes ».

    Le profit avant tout !

    Les mesures sanitaires en France, et ailleurs en Europe et aux États Unis, prises trop tard, sont surtout dominées par le souci de maintenir l’économie capitaliste et de faire tourner la machine à profit. Macron l’a confirmé dans son allocution qu’il « fera absolument tout pour nos entreprises ».  

    Crise financière et économique : les marchés financiers se sont écroulés, le CAC 40 connaît une chute historique de 37 % depuis janvier 2020, signe à l’échelle nationale d’une désorganisation des économies européenne et mondiale, faisant renaître le spectre d’une situation similaire à celle de 2008.  C’est la panique, les « bulles spéculatives explosent » ! Fermer la Bourse ? La crise sanitaire a semblé déclencher cette nouvelle crise économique ; mais, en fait de multiples signes annonçaient cette dernière que la crise sanitaire ne peut qu’aggraver. Il est évident que la pandémie s’est déroulée sur fond d’internationalisation de la production. 

    Le risque principal aujourd’hui, dans la machinerie capitaliste, semble être du côté bancaire : si un nombre significatif d’entreprises (ou de ménages) se trouvaient incapables d’honorer leurs engagements, ce qui est un danger très sérieux avec le ralentissement économique accéléré par la crise du Corona virus. Ces derniers jours, c’est la principale préoccupation des marchés financiers. 

    Certains mettent en question la « mondialisation » et s’interrogent sur la « dépendance » vis-à-vis de la Chine. Mais ce sont les monopoles industriels de toutes les grandes puissances impérialistes qui se sont précipités en Chine pour produire au moindre coût. Les relocalisations seront limitées et dépendront largement de la soif de profit et des pressions politiques. 

    Pourquoi les productions non indispensables pour la société sont maintenues alors que des millions de salariés se fréquentent encore dans les entreprises ? C’est les mettre en danger avec un risque de relance de l’épidémie. En Italie et en Espagne, les mouvements de grève éclatent contre le manque de respect pour leur santé et leur vie. La CGT à PSA a fait campagne pour arrêter la production et elle a obtenu gain de cause. 

    Écoles, universités, restaurants, cafés, beaucoup de lieux publics sont fermés. Mais que fait-on pour les salariés qui côtoient beaucoup de monde ou une clientèle à risque: les caissières, les prolétaires des transports ou de la surveillance, les salariés du nettoyage qui risquent d’être au contact du virus ? Quand il s’agit de sous-traitants, les entreprises donneuses d’ordre s’en « lavent carrément les mains »…

    Droit au retrait pour tout salarié si le virus s’avère présent ! 

    Protections spécifiques et renforcées ainsi qu’un suivi rapproché dans les secteurs à risques !

    Le financement à 70% du salaire brut et à 84% des salaires nets, souvent déjà insuffisants, du chômage partiel se fera à partir de nos impôts et donc sur le dos des contribuables. Quand les aides pour les salariés, comme pour les petits entrepreneurs à la hauteur de milliards d’euros, arriveront-elles ? Il faut un chômage technique indemnisé à 100 % qu’il s’agisse des fermetures d’entreprises ou de la garde des enfants pour les travailleurs en fixe, les précaires et les autoentrepreneurs …

    Pas d’«unité nationale avec le capital ». Il est à l’origine de la crise sanitaire et économique. Il en reportera la charge sur les classes populaires. De son point de vue il faut réduire massivement les salaires, les pensions, les minimas sociaux et renforcer l’exploitation et aussi pour cela l’oppression.

    Nous n’accepterons pas de payer la crise du grand capital.

    Inévitablement la bourgeoisie profitera de la situation pour faire oublier son agenda réactionnaire et ses réformes scélérates, comme la retraite Macron par ordonnance (49.3)? 

    Quand on nous incite à rester chez nous, faisons toujours attention à défendre nos droits et libertés démocratiques. Macron déclare la « guerre à l’épidémie ». Il évoque une situation d’urgence qui peut être utilisée pour accentuer le contrôle de la population. En Chine, le régime qui n’a plus rien à voir avec le communisme, a exclu des réseaux sociaux des milliers d’internautes pour « propagation de fausses nouvelles ». Toute la population est aujourd’hui suivie à la trace par des applications sur mobile qui partagent avec la police, les sociétés de transport et même les centres commerciaux, l’état de votre risque sanitaire et le détail de vos derniers déplacements. On a connu lors des dernières grèves et luttes une violence policière et juridique inouïe. En France la reconnaissance faciale se met en place ainsi que la communication à la gendarmerie de données sur l’appartenance politique et syndicale. 

    Alors nous disons : pas d ‘abus de la pandémie pour réduire nos libertés!  

    Non à la militarisation et à la fascisation de la société ! 
    La bourgeoisie n’étouffera pas nos colères et nos luttes ! 

    Organisons-nous pour défendre nos droits, défendre notre avenir ! Pas question de prolonger la survie du mode de production capitaliste !

    Tout cela montre un chaos mondial croissant, produit du système capitaliste instable, et  l’amplifie: climat et environnement, guerres et tensions géopolitiques, montée des forces fascistes et fascisation des appareils d’État, crash boursier et endettements publics. Et ce chaos capitaliste du « chacun pour soi »  se poursuit entre pays face à une menace sanitaire pour l’ensemble de la planète. On l’observe dans les mesures contradictoires, les accusations mutuelles, l’absence d’aide et la concurrence dans la recherche médicale pour des médicaments, vaccins etc. 

    Toutefois les masses populaires se lèvent et ne veulent pas vivre dans la barbarie : luttes et grèves, soulèvements populaires se multiplient dans de plus en plus de pays. 

    La gravité de la situation exige:

    • Un système de santé gratuit répondant réellement aux besoins de l’ensemble de la population. 
    • La recherche fondamentale sur l’origine des ‘pandémies modernes’ et le développement des mesures protectrices — en excluant toute « concurrence » entre laboratoires en leur imposant de collaborer.
    •  L’agroalimentaire capitaliste est un berceau de nouvelles pandémies. Pour une agriculture qui respecte les lois de la nature, contre la recherche du profit maximal.
    • Pas de mesures de crise de pandémie du Corona sur le dos des travailleurs ! Arrêt immédiat de la production non nécessaire pour la société. Protection de tous les salariés ! 100% de chômage technique. Mesures de crise à tous les niveaux et hausse des salaires – aux frais des capitalistes au lieu de mettre à contribution l’argent public. Pas d’exonérations d’impôts pour le grand capital !
    • Défense de nos droits et libertés démocratiques et syndicaux. Pour le droit à l’information, à la communication. 
    • Solidarité populaire et de classe – fixes et précaires -, entraide internationaliste et anti raciste – Accueil des migrants. Prise en charge commune des contraintes de la crise. 
    • Renforçons le front mondial contre l’exploitation et contre la réaction en participant au Front Uni Anti Impérialiste et Antifasciste de l’ICOR (voir www.icor.info)

    Le système capitaliste est dépassé. 

     Si la bourgeoisie, cette minorité négligeable de la population, décide de tout et continue à imposer son économie de profit, son système d’exploitation du travail d’autrui et d’oppression, rien ne changera vraiment. Il faut la conquête du pouvoir politique et économique par le prolétariat (ouvriers, employés) et ses alliés. On a besoin d’une société fondée sur une économie planifiée, organisée et au service de l’écrasante majorité des couches populaires où celles-ci décident jour après jour en respectant aussi les besoins de la nature, notre base de vie!

    Pour une société où production, coopération, appropriation et répartition se font de façon collective – le véritable socialisme – aux niveaux national et international. 

    Rejoignez l’UPML! Rejoignez l’ICOR!

    L’origine du Corona virus interroge, tout comme l’origine des épidémies de plus en plus fréquentes, touchant l’homme ou les animaux d’élevage abattus, causant la faillite d’éleveurs. Une explication assez logique dénonce l’exploitation capitaliste de la nature et de l’homme. Nous vivons le retour des grandes épidémies (SIDA, H1N1, SRAS, Zika, Ebola…) Les virus existent dans tous les êtres vivants. Mais : 1° la destruction systématique des habitats naturels et le contact rapproché entre hommes et êtres vivants porteurs de germes peuvent devenir dangereux pour nous. 2° L’agro-business, l’élevage en masse d’animaux. 3° la circulation des marchandises et des hommes dictée par la recherche du profit, des bas salaires, à travers le monde.4° le réchauffement climatique. 5° l’entassement de populations dans des mégapoles. 6° l’absence de services de santé accessibles à tous créent des conditions idéales pour qu’un virus se change en facteur de maladie et crée une épidémie, voire une pandémie. 

    Pour une agriculture et une économie qui respecte l’homme et ses bases naturelles de vie! 
  • Programme d’urgence du MLPD

    Programme d’urgence du MLPD

    Nous publions cet article, premier d’une série, sur les réaction des organisations communistes face à la contagion. Nous pensons qu’elles peuvent être utiles pour se faire une idée de « ce qu’il faudra faire » quand la pandémie sera en décrue, pour éviter d’être écrasés.

    La pandémie de Corona s’est transformée en une crise de santé dune envergure planétaire aux conséquences lourdes et menaçantes pour la masse des personnes. Une situation inhabituelle exige des mesures inhabituelles. Le MLPD a participé à un comportement responsable à un stade précoce en annulant des événements, en informant le public et en s’entraidant. Ses pensées vont aux premières victimes, il souhaite à tous ceux qui sont tombés malades un bon rétablissement et à tous la meilleure protection possible contre le danger d’infection.

    En Allemagne, le principal problème à l’heure actuelle est la propagation exponentielle¹ du virus. Actuellement, le nombre de personnes infectées double environ tous les trois jours. Si ce processus se poursuit au même rythme, il y aurait un million de personnes infectées en un mois et – selon les estimations actuelles – environ 50 000 qui devraient être traitées dans des unités de soins intensifs. Mais il n’y a que 28 000 places pour cela !²

    Les systèmes de soins de santé, avec leur orientation sur la maximisation des profits pour les sociétés hospitalières, les entreprises pharmaceutiques et de « santé », ont été tellement dévastés dans de nombreux pays qu’ils sont au bord de l’effondrement ou déjà en plein milieu. De nombreux hôpitaux ont été fermés ces dernières années. En Italie, le système de santé est tellement surchargé que les médecins doivent décider les yeux grands ouverts qui ils doivent traiter et sauver et qui ils doivent laisser mourir.³ Le MLPD revendique :

    • Création de 150.000 nouveaux emplois⁴ et doublement des places de formation dans les unités de soins infirmiers et intensifs en Allemagne !

    Il est critiquable que le gouvernement fédéral allemand et les monopoles tentent d’utiliser la situation pour faire porter les fardeaux de la crise sur les larges masses dans le sillage de Corona. Ainsi, une nouvelle crise économique et financière mondiale est déjà apparue depuis la mi-2018. La semaine dernière, une crise ouverte de la bourse s’y est ajoutée. Tout cela est bien sûr exacerbé par Corona.

    Toutefois, les programmes de crise globaux du gouvernement, les milliards mis à la disposition des groupes industriels avec l’argent des contribuables, sont devenus nécessaires principalement en raison de cette crise capitaliste profonde. Où Corona devient maintenant un prétexte pour licencier des gens, pour intensifier l’exploitation dans les usines, pour déployer la Bundeswehr à l’intérieur ou pour démanteler les droits et libertés démocratiques etc, le MLPD dit :

    • Aucune acceptation des tentatives de répercuter les conséquences de la crise environnementale, économique et financière mondiale sur les larges masses et la classe ouvrière sous le drapeau de la lutte contre Corona ! La réponse au chaos capitaliste de la crise est la perspective socialiste !

    Tout à fait dans le sens du développement vers la droite de nombreux gouvernements, qui travaillent selon le principe « mon pays d’abord », la recherche et le travail se font aujourd’hui principalement dans le cadre de la concurrence entre les États nations. Cela rend considérablement plus difficile une solution mondiale telle que la création d’un vaccin.

    Le président Trump a même l’audace d’offrir à la société de biotechnologie CureVac à Tübingen, jusqu’à un milliard de dollars pour qu’elle fournisse exclusivement le vaccin contre Covid-19 aux États-Unis !⁵

    • Les politiciens et les gouvernements qui se comportent de manière si chauvine et si égoïste dans une telle situation doivent démissionner immédiatement et être punis !

    Les équipes de crise du gouvernement fédéral et des Länder prennent des décisions qui imposent des restrictions rigoureuses aux masses de personnes dans leur vie privée – mais qui doivent à tout prix maintenir la production des usines. Certains groupes industriels rapportent que les étages de direction communiquent uniquement par Skype. Les travailleurs, cependant, doivent continuer à travailler aux pièces, par équipes, souvent proches les uns des autres sur la « ligne ». Il y a peu ou pas de désinfectant dans les halls d’usine. Si le chômage technique est ordonné, il ne suffit pas pour vivre, surtout avec des salaires plus que bas.

    Des assemblées générales du personnel et des manifestations sont annulées, mais la production doit continuer. Les travailleurs intérimaires sont déjà licenciés en masse. Tout cela est irresponsable et montre comment, dans ce système capitaliste, c’est le profit et non l’être humain qui est au centre des préoccupation ! De l’Italie, on signale des grèves autonomes (partiellement réussies) comme celle chez Fiat pour l’arrêt de la production. En Allemagne, cette revendication se répand parmi les travailleurs. Le MLPD exige :

    • Arrêt immédiat de la production industrielle, de la logistique et de l’administration, sauf s’il s’agit de fournitures socialement nécessaires ou de mesures d’urgence ! Une restriction radicale de la production aurait pour effet secondaire écologique de réduire considérablement les émissions de CO2, les oxydes d’azote, les poussières fines, etc.
    • Dispense des ouvriers/ouvrières et employé-e-s avec compensation de salaire intégrale, sans consommer leurs vacances !
    • Si les travaux sont effectués : Veiller à ce qu’une distance de 1,5 à 2 mètres puisse être maintenue entre les travailleurs.
    • Désinfection des machines et des outils dès que l’utilisateur change.
    • Fin des soins à deux classes : mêmes règles de l’étage de la direction à la chaîne de montage et à la femme de ménage.

    Le gouvernement fédéral ainsi que les gouvernements des Länder, par exemple sous la direction du ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, M. Laschet, exigent la solidarité et la volonté de faire des sacrifices ‒ mais seulement de la part de la population ! La fermeture des écoles et des crèches, qui est absolument raisonnable, est souvent source de grandes difficultés pour les familles.

    Parce que une fois de plus, les familles, et donc souvent surtout les femmes, doivent assumer la charge en privé ‒ sauf dans des cas extrêmes ‒ et voir comment elles gèrent leur vie. De nombreuses personnes âgées et malades vivent dans une grande peur, ne quittent pas la maison (parfois à juste titre), mais se sentent de plus en plus seules. Les achats de précaution empêchent les achats et l’approvisionnement normaux. Le MLPD appelle :

    • Aides d’État et soins d’urgence aux familles pour les soins aux enfants et aux personnes âgées. Financement de la perte de revenus des parents s’ils ne peuvent pas trouver d’autres possibilités de prise en charge.
    • La solidarité et l’entraide sont à l’ordre du jour : Organisez l’aide de voisinage ! Aidez surtout les personnes âgées et les malades à subvenir à tous les besoins de la vie et à ne pas se sentir seuls ! Si la garde d’enfants est organisée de manière privée ‒ pas plus de cinq enfants !
    • L’organisation de jeunes Rebell est prête à fournir une telle assistance selon sa devise « Servir le peuple ».
    • Discutez de manière offensive contre les achats de précaution égoïstes, la panique, mais aussi les comportements sans égard pour autrui dus à la sous-estimation de la situation.

    Du soutien illimité est offert aux entreprises. Cependant, en réalité, il devient évident que la situation des petites entreprises implique des obstacles bureaucratiques presque insurmontables et, en fin de compte, l’arrêt de leurs activités, alors que les monopoles empochent pleinement. Le MLPD revendique :

    • Les micro, petites et moyennes entreprises, les centres de conférence, les entreprises de restauration et de tourisme doivent bénéficier d’un soutien non bureaucratique à la hauteur de leurs pertes !

    Les causes de cette maladie sont largement débattues. Cela est justifié, mais il faut en discuter en toute objectivité et de manière scientifique. Des théories de conspiration insoutenables sont inacceptables ‒ mais aussi si chaque discussion sur les causes est rejetée comme théorie de conspiration. Il faut répondre aux questions : Qu’en est-il au juste du laboratoire de recherche dans le lieu d’origine (présumé) de Wuhan ? Le Covid-19 a-t-il une origine artificielle ? Quelles sont les interactions avec les crises environnementales ? [A ce propos, nous avons publié un article sur cette question, pour apporter des éléments de réponse aux inquiétudes sur l’origine du virus. NdlR]

    • Le MLPD revendique : Arrêtez l’égoïsme national dans la recherche des causes, le diagnostic et le traitement ! Une discussion scientifique ouverte, mais compréhensible par tous !

    C’est là que toute la pourriture et l’incapacité du système impérialiste mondial deviennent claires. En réalité, les conditions matérielles pour la communication globale, la discussion scientifique, le diagnostic et la thérapie ainsi que le maintien décentralisé des processus économiques essentiels à l’aide de la numérisation sont meilleures que jamais dans l’histoire.

    Sous le capitalisme, elles sont minées par la recherche du profit, la concurrence et le chauvinisme. Dans le socialisme, qui peut être réalisé par une transformation révolutionnaire de la société, elles pourraient être utilisées pour des soins de santé mondiaux rapides et efficaces ! Le MLPD appelle :

    • Intéressez-vous de la recherche des causes, participez au débat de masse sur les alternatives sociales sous la devise « Accordons aucune chance à l’anticommunisme » !
    • Organisez-vous ! L’association non-liée à un parti dans l’intérêt des soins de santé et des conditions de travail et de vie de la masse de la population est à l’ordre du jour !

    Sources et liens :

    ¹ Modèle mathématique pour un processus de croissance dans lequel la taille de base change toujours du même facteur par pas de temps égaux

    ² Campact Info, 16/3/2020

    ³ Tagesschau, 12/3/2020

    ⁴ Analyse de l’institut scientifique de l’AOK (Wido), mars 2020

    ⁵ Welt am Sonntag, 15/3/2020

  • La guerre virale et le grand confinement.

    La guerre virale et le grand confinement.

    La France entre désormais, conjointement avec d’autres États européens, dans un régime de confinement et de quarantaine. Demain, 17 mars, à 12h00, toutes les activités non vitales et les contacts sociaux seront stoppés pour une durée indéterminée.

    Père de la Nation, Macron a grondé ceux et celles qui ont bravé l’interdit du confinement. Il ne s’agit pas de soutenir ces actions, mais de les comprendre : la confiance dans la qualité du système de santé français et dans l’invulnérabilité de notre pays face aux phénomènes catastrophiques, ainsi que le sentiment que les épidémies sont d’un autre temps et d’autres lieux ont joué. De plus, les chiffres des dépistages paraissent si dérisoires qu’ils n’aident pas à prendre conscience de l’ampleur du problème. Les 5 500 cas ne sont que ceux qui sont certifiés, et il est impossible de savoir combien d’autres existent.

    Désormais, le monde extérieur apparaît bien lointain.

    Les élections, qui se sont tenues dans des conditions extrêmement précaires, sont désormais gelées. Il n’y aura pas de second tour dans l’immédiat.

    Les frontières entre l’UE et le reste du monde sont coupées pour 30 jours. Cette bunkérisation de l’Europe peut réjouir certainement l’extrême-droite, qui y voit une « protection ». En réalité, nous sommes la menace. Cette fermeture nous désole d’un point de vue symbolique, mais nous espérons surtout qu’elle puisse limiter le risque de propagation de la pandémie vers des pays au système de santé défaillant. Les 7 % de mortalité que connaît l’Italie seront une goutte d’eau comparé au risque d’une contamination de l’Afrique subsaharienne ou de l’Inde.

    Nous regardons le choix de l’Angleterre ou de certains États avec une stupeur mêlée d’effroi. Si la question de l’immunité est, à terme, la seule solution viable, son irruption soudaine et la saturation des systèmes de soins entraînera fatalement une surmortalité.

    Plusieurs mesures sont de l’ordre du bon sens, il faut le souligner. Les aides mises en place pour permettre aux soignants et aux soignantes de travailler le plus efficacement possible, le fait de leur permettre de se reposer à proximité, la réquisition des taxis… Ce système contribue à soulager leur tâche immense, dans lequel ils sont et elles sont héroïques. Nous appelons d’ailleurs à participer au dispositif enpremiereligne.fr pour aider les soignants et soignantes.

    Cela ne compense pas, cependant, des années d’oubli, de liquidation, de destruction du système de santé. Cependant, il faut reconnaître que l’État bourgeois joue le jeu. Cependant, il reste le problème immense des emplois vitaux pour le fonctionnement du pays ou des emplois manuels invisibles, qui ne peuvent être remplacés par le télétravail. Si certaines activités sont arrêtées, cette situation est loin d’être générale, et fait peser sur le prolétariat les plus grands risques.

    A ce titre, nous rentrons dans une économie de guerre. Cette économie de guerre a pour but de gagner contre le virus, mais de limiter également la casse au niveau de l’économie. Il faut reconnaître à la bourgeoisie qu’elle a l’intelligence de savoir quand faire des concessions et quand temporiser. Durant toute la période qui s’ouvre, l’État joue un rôle immense. Un comble pour un modèle soit-disant libéral.

    300 milliards d’Euros sont mis sur la table pour tenter de maintenir dans une parenthèse le pays. Des promesses mirobolantes ont été faites, reste à voir si elles se concrétiseront. Cela représente du jamais vu.

    Cependant, cette dette se paiera. Elle sera payée chèrement en sortie de crise. Il n’y a pas que la « guerre » qui compte, mais également la manière dont on sort de celle-ci. Et l’issue de cette lutte contre l’ennemi viral sera une autre épreuve de force : qui paiera l’addition ?

    Servira t-elle de prétexte à racler jusqu’à l’os les droits sociaux, les droits des travailleurs et des travailleuses ? Il faudra bien relancer l’économie, après tout. Macron l’a lui-même dit : il faut faire des sacrifices. Et certains plus que d’autres, beaucoup plus que d’autres.

    La bourgeoisie elle même sera t-elle obligée de faire des concessions durables ? Après la Première Guerre mondiale, la France était ruinée. Elle voulait faire payer ses dettes par l’Allemagne, en l’essorant à mort. Or, elle n’est pas parvenu à le faire, notamment devant la résistance ouvrière. La bourgeoisie a du alors accepter qu’un impôt sur le revenu progressif soit mis en place. Une autre raison était l’apparition de la SFIC, futur PC, qui jouait un rôle de premier plan dans les luttes ouvrières.

    Nous appelons à respecter les mesures de sécurité, a mettre tout en œuvre pour limiter les contaminations. Nous appelons à penser en priorité aux plus précaires et aux plus fragiles. Le confinement est une phase pénible dans une lutte que nous pouvons et devons gagner. Nous avons conscience que cette période de stress est propice a une explosion des violences conjugales ou au sein de la famille, ainsi qu’aux violences sexuelles. Nous rappelons que le confinement ne doit pas être un piège mortel, et que le coronavirus tue moins que les féminicides. Quand la situation se dégrade, les femmes subissent toujours davantage.

    Nous appelons à la solidarité et à l’effort commun. Nous appelons à dénoncer les fake news et les théories conspirationnistes.

    Nous appelons également à mettre à profit cette période pénible pour renforcer la connaissance et la maîtrise de la théorie révolutionnaire. Car une grande lutte se préparera à l’issue de cette crise : elle sera cruciale !

  • Pandémie & capitalisme : vigilance !

    Pandémie & capitalisme : vigilance !

    Coronavirus et besoin d’une réponse unifiée de la part des progressistes et des communistes.

    Ce communiqué est à la fois un communiqué UCL au sens strict, à la fois un communiqué destiné à signature au sein de l’ICOR. Il sera probablement republié sous une forme modifiée pour intégrer les signatures. Nous pensons qu’il est important que puisse se développer des habitudes de travail conjointe et unitaire, en particulier dans le cadre de pandémies comme celle ci. Les communistes ont un rôle à jouer de tout premier plan, ne serait-ce que de vigilance pour que les droits démocratiques et politiques ne soient pas impactés par cette crise.

    Depuis le début de l’année 2020, la pandémie de coronavirus-19 se répand progressivement dans le monde. Profitant des flux de la mondialisation, la maladie a fait irruption sur chaque continent. Aujourd’hui, si le plus gros de la crise semble être derrière la Chine et la République de Corée, l’Iran, l’Europe et les USA sont en première ligne. Demain ce seront les pays d’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Amérique Latine qui seront concernés. Il s’agit d’un problème mondial, à laquelle la réponse ne peut être que mondiale.

    Par ailleurs les bourses mondiales se sont effondrées devant la menace d’une désorganisation de l’économie mondiale, laissant renaître le spectre d’une situation similaire à celle de 2008.

    Cette maladie présente un danger sérieux selon les estimations des chercheurs et des chercheuses. Une juste appréciation est cependant difficile à réaliser, entre sous-estimation et panique complète. Toujours est-il qu’elle crée un climat de méfiance générale dans les masses populaires et qu’elle facilite le travail des agents de la division, des agents réactionnaires.

    Nous dénonçons les théories conspirationnistes qui émergent systématiquement à chaque situation de tension. L’attitude des partis et groupes fascistes est également à souligner. Leurs thèses ne servent qu’à maintenir les exploités et exploitées dans l’impuissance devant les rouages du capitalisme et de l’impérialisme. Elles affaiblissent les solidarités, vitales en ces temps d’incertitude. Elles rejettent la faute sur les diasporas, en premier lieu la diaspora chinoise, entraînant un climat menaçant, de pogrom.

    Nous dénonçons également l’attitude des États, qui, profitant de la situation, poussent un agenda réactionnaire, des réformes scélérate, et préparent les masses populaires à une période de sacrifice au nom d’un hypocrite « intérêt général » : celui de la bourgeoisie.

    Plusieurs conclusions peuvent être tirées de la situation actuelle :

    • Le besoin vital d’un système de santé qui puisse être géré par les travailleurs et par les travailleuses, avec des cotisations correspondant réellement aux besoins de la population.
    • La nécessité d’infrastructures performantes, capables de pouvoir faire face à une pandémie d’importance mondiale.
    • Un changement dans le rapport à la nature : l’agroalimentaire capitaliste est un berceau de nouvelles pandémies.

    Ces deux points sont en contradiction complète avec l’esprit même du capitalisme, lequel recherche le profit maximal. Il ne peut donc tolérer de fait que des cotisations sociales lui échappent, tout comme le marché de la santé. Or, ni la recherche fondamentale, ni le maintien d’une capacité de réponse aux pandémies ne sont compatibles avec la rentabilité, et surtout la rentabilité maximale.

    L’autre aspect est celui de l’impact sur le système capitaliste mondial :

    • Le marché s’est stabilisé uniquement après des annonces de baisses des taux directeurs. Ce sont donc les États qui ont stoppé la chute verticale. Le marché ne s’est pas régulé de lui-même, contrairement aux chimères libérales.
    • Les promesses de ces mêmes États signifient, en dernière instance, qu’ils vont mettre à contribution l’argent public. Cet argent est celui des travailleurs et des travailleuses, puisque la bourgeoisie s’arranger pour tricher systématiquement dans le paiement de ses impôts.
    • La spéculation sur les produits de première nécessité (alimentation, médicaments, masques, gel hydro-alcoolique) n’a pu être limitée que par une intervention de l’État.

    Cela illustre la contradiction entre le dogme libéral, capitaliste, et la réalité concrète : le capitalisme ne permet absolument pas de répondre aux besoins de l’humanité. Il n’est qu’une machinerie cynique, conçue pour extorquer les richesses à ceux et celles qui les produisent. En cas de crise majeure, la bourgeoisie est tout à fait capable de faire appel au « communisme de guerre » pour assurer sa propre survie. Elle fait cependant payer l’addition aux exploités et aux exploitées.

    Nous opposons à cela une économie articulée et organisée pour répondre aux besoins, rationnelle, efficace, sans ce parasitisme constant qui l’entrave.

    La crise sanitaire peut déboucher sur des résultats imprévisibles. Les parts les plus réactionnaires des bourgeoisies en sortiront renforcées, sans vigilance et capacité de réponse populaire. Il s’agit d’une tâche fondamentale des organisations progressistes, antifascistes, syndicales et communistes : faire en sorte que cette situation ne soit pas le tremplin de la réaction. Défendons les hôpitaux, défendons les systèmes de santé par répartition, défendons le droit à la santé !

    Soyons vigilants et vigilantes envers les théories racistes et conspirationnistes. Soyons vigilants et vigilantes envers les coups de forces capitalistes et fascistes. Soyons vigilants et vigilantes envers le paiement de cette crise économique.

    Renforçons le front mondial contre la réaction et contre l’exploitation.

    Renforçons le travail entre les organisations politiques, syndicales, antifascistes…

    Renforçons les fronts au sein de nos États, de nos régions, de nos villes.

  • Épidémie de coronavirus : marqueur de la mondialisation des échanges, marqueur du racisme.

    Épidémie de coronavirus : marqueur de la mondialisation des échanges, marqueur du racisme.

    L’épidémie de coronavirus fait parler d’elle. Apparue en Chine à la toute fin de 2019, elle s’est maintenant répandue sur une partie de la planète. D’heure en heure, les étendues de la contamination sont mieux connues, tandis que le bilan s’alourdit. À l’heure où nous écrivons ces lignes 7 783 personnes sont infectées, 170 sont mortes et 133 sont guéries1. Autour de cette épidémie, un grand nombre de fantasmes orbitent, accompagnés par un grand nombre d’idées fausses sous-jacentes.

    La raison principale de la diffusion massive de ce virus est la mondialisation des échanges et l’intensification de ceux-ci. En abolissant les distances, elle fait de toute épidémie une pandémie possible. La mondialisation virale et bactérienne est une réalité qui ne peut être niée.

    Deuxième raison fondamentale : la question de la nature. La surexploitation des ressources naturelles et l’expansion incontrôlée des habitats humains créé davantage de zones de contact avec des réservoirs naturels de virus. Ainsi, le cas des épidémies de coronavirus a été le fait, successivement, du contact avec des dromadaires et des chauves-souris contaminées (pour l’épidémie arabe), de la civette (pour le SRAS).

    Aujourd’hui, le réservoir naturel est inconnu, mais il est plus que probable qu’il sera lié à la consommation de viande sauvage. Les mêmes schémas se sont retrouvés dans le développement des épidémies de VIH (par la consommation de viande de brousse) et de syphilis (pour des raisons mal définies encore). Le lieu d’apparition est important, car le marché de viandes sur pied est régulièrement un lieu de mise en contact de souches virales et bactériennes d’origines différentes. Or, ces mélanges peuvent devenir explosifs : le cas de la « grippe espagnole », qui a tué 30/50 millions de personnes, est ainsi le contact entre la grippe porcine et la grippe du poulet.

    La grande distinction est la rapidité de la diffusion, notamment, car la maladie se répand par les voies aériennes. Si elle est extrêmement médiatisée, la maladie est à relativiser : le taux de mortalité, de 3 % pour le moment, est très éloigné de celui du SRAS, avec 10/25 %. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle peste noire dans l’état actuel des choses. Ce qui inquiète est donc plus la perspective d’une épidémie mortelle que celle-ci. De plus, quoiqu’on puisse penser du gouvernement chinois, il a mis en œuvre des moyens immenses, qui servent d’ailleurs de démonstration de force, pour tenter d’enrayer la propagation de la maladie. Il en va de sa crédibilité en tant direction d’une puissance montante.

    Malgré cela, l’épidémie continue de nourrir des phénomènes très particuliers, y compris en France.

    Autre épidémie, parallèle à celle du virus, celle des théories conspirationnistes. En faire l’inventaire serait fastidieux, mais elles se résument à trois grandes catégories :

    1. Le virus n’existe pas, il sert de diversion pour que l’actualité sociale soit éclipsée.
    2. Le virus a été créé en laboratoire pour effrayer.
    3. Le virus existe, il est redoutable et il a été créé pour éliminer une partie de la population (souvent en mentionnant Bill Gates comme l’inventeur du procédé.)

    Le plus souvent, ces théories reposent sur des bases extrêmement faibles. Elles se limitent à des « comme par hasard ! », ou à des confusions grossières, notamment sur le fait que d’autres coronavirus existent, et que d’autres épidémies ont eu lieu. Nous rappelons à ces apprentis analystes que :

    1. L’utilisation de l’armement biologique / chimique sur une grande ampleur est un sport extrêmement dangereux. A tel point que même les conflits comme la Seconde Guerre mondiale n’ont vu qu’une utilisation anecdotique de celui-ci. Il se retourne régulièrement contre son utilisateur.
    2. L’intérêt pour les capitalistes d’éliminer une partie de la population n’est absolument pas évident. Il est d’ailleurs inexpliqué par les conspirationnistes.
    3. L’utilisation des événements pour détourner l’attention de certains problèmes est un classique. Mais il n’implique pas la création d’une diversion. La bourgeoisie est suffisamment intelligente pour saisir les opportunités et la balle au bond. C’est le même raisonnement chez les conspirationnistes, qui saisissent n’importe quel événement pour instiller leur poison.

    Cette épidémie n’a rien de particulièrement étonnant. Elle est même logique compte tenu des évolutions économiques et des échanges internationaux.

    Deuxième phénomène qui est apparu à la suite de cette épidémie : une expression xénophobe et raciste. Nous séparons les deux aspects, car ils recouvrent des réalités différentes.

    D’une part, une peur atavique, viscérale, devant toutes personne « asiatique », par crainte qu’elle soit porteuse du virus. Elle n’est pas théorisée et n’est pas accompagnée de jugements de valeur sur la personne. Cette peur est infondée, mais elle existe parfois de manière indépendante de la volonté de ceux qui la vivent.

    De l’autre, une théorisation, qui vise à cibler les « Asiatiques » (Le terme de sinophobie revient parfois, mais le plus souvent, l’incapacité de discerner les origines de la part de ceux qui la portent fait qu’il s’agirait plus d’une « asiatophobie ».), en justifiant avec des arguments essentialistes la peur, tout en les maquillant de science. Ainsi, il a fleuri des expressions telles que le « péril jaune », un peu partout dans les unes des journaux. Dans les commentaires sur la situation, à plusieurs reprises, ce sont les Chinois et les Chinoises qui ont été ciblés comme les responsables du développement de l’épidémie. Ce racisme latent s’était déjà exprimé à plusieurs reprises, notamment dans l’affaire du meurtre de Shaoyo Liu, en mars 2017.

    À ce moment-là, nous nous exprimions ainsi :

    Cette mort est révélatrice de nombreux aspects de la situation au sein de notre Etat, tout comme dans les relations internationales.

    « Premièrement, le traitement médiatique de l’affaire fut empreint d’un racisme terrifiant, inconcevable. Shaoyo Liu s’est retrouvé réduit à la formule “un chinois.” Bien souvent, les termes en restaient là. Il n’était ni M. Shaoyo Liu, 56 ans, ni un ressortissant chinois, ni quoique ce soit d’autre qu’un “chinois” 1/1 200 000 000ème d’un bloc interchangeable, anonyme, de titulaires d’une citoyenneté.

    Ce traitement méprisant fait écho aux manifestations d’un racisme latent dans la société française. Si celui-ci ne s’exprime pas ouvertement avec la même virulence que celui qui touche les communautés issues du monde Arabe, du Moyen-Orient ou d’Afrique Subsaharienne, il n’en existe pas moins.

    Une de ces racines se trouve dans le système colonial, qui a pillé la Chine, la Corée, les composantes de l’ex-Indochine, la Thaïlande, les Philippines…etc. Ce colonialisme a marqué au fer rouge de stéréotypes infamants les habitants de ces régions. Le mépris des peuples colonisés joue toujours, quand bien même les Français ont subi de terribles revers dans ces régions.

    L’exploitation et le tourisme sexuel ont forgé un autre aspect, un aspect de fantasme pervers et exotique envers les femmes, les hommes, les transgenres de ces pays. Cela se ressent dans les rapports sociaux pénibles et les projections de fantasmes que les personnes typées asiatiques peuvent endurer.

    [Quant au maoïsme, il est jugé parfois ainsi.] Nombre de nos détracteurs jouent sur ce regard méprisant pour le qualifier de “secte politique”, de “communisme de rizière.” C’est une belle manière de montrer son ignorance politique. Lorsque nous disons “léninisme”, nous voyons un regard qui n’est absolument pas le même que lorsque nous disons “maoïsme.” De même nous ne doutons pas qu’une certaine négation des apports de Mao ou de Ho Chi Minh provient également d’un dénigrement des idées issues d’ailleurs que de l’Europe. »

    Ce racisme, toujours présent, est le plus souvent considéré comme une lutte de deuxième ou de troisième ordre. Il est considéré comme acceptable, convenable. Pourtant la colère a éclaté à la suite du spectacle de Gad Elmaleh et de Kev Adams en avril 2018. Dans un sketch, ceux-ci se grimaient en chinois, dans un yellowface qui devrait être remisé à un autre temps. Elle a débouché sur une prise de conscience naissante. Aujourd’hui, c’est le #jenesuispasunvirus qui s’exprime. Nous espérons que ces mouvements pourront permettre de procéder à une meilleure prise de conscience de ce racisme souvent oublié.

    Nous avons bon espoir que celle épidémie, virale et raciste, puisse s’éteindre rapidement. Et que, pour poursuivre la métaphore, l’humanité en ressorte avec un système immunitaire renforcé. À la fois contre la xénophobie et le racisme, à la fois contre le conspirationnisme, mais également contre les pandémies émergentes.

    Or tant que le profit et ses logiques dominent, il n’est pas question de lutte sérieuse contre les maladies et pour la mise en place d’une réelle hygiène de vie. Une question se pose, terrible : celle de leur dégradation. En 2012, Marianne notait que 1/3 des Américains renonçaient à se soigner faute de moyens financiers. En France, en dépit d’une couverture santé jugée supérieure, le resultat est globalement le même. Le quotidien du médecin indiquait que « Un petit tiers des Français (30 %) a déjà renoncé à se faire soigner au cours des 12 derniers mois, en particulier les ouvriers (41 %) et les jeunes de moins de 35 ans (36 %). » Cette situation va tendre à s’aggraver avec les attaques sur la Sécurité Sociale. Le remplacement d’une caisse de cotisation par des mutuelles santé, ainsi que la destruction de l’hôpital public sont une menace lourde et croissante.

    Cette destruction, pour instaurer des logiques de rentabilité maximale, couplée au vieillissement de la population et à dégradation des conditions de vie et de travail, laissent un espace conséquent pour une catastrophe.

    De plus, la concentration toujours plus importante d’animaux d’élevage dans des lieux confinés chaque fois plus massifs, la monoculture, la destruction des barrières entre biotopes, créé un risque de pandémie toujours plus grand. La question n’est pas de savoir si elle aura lieu, mais bien quand.

    Il n’existe, hélas, pas de solution miracle ou de moyen-terme : si nous voulons mettre fin à ces menaces, cela demande plusieurs choses :

    • La fin de l’exploitation irraisonnée de la nature et la prudence quant à la mise au contact entre l’homme et des vecteurs possibles de maladie, en particulier dans le cadre de l’alimentation.
    • La fin des politiques de rentabilité dans le développement des traitements et dans les soins et la reconstruction d’une couverture hospitalière totale.
    • L’accès libre et gratuits au système de santé permettant d’anticiper les situations a risque épidémiologiquement.

    Comme tant de questions fondamentales, ces questions de santé ne peuvent être réglées que et uniquement par le fait que les masses populaires exercent la réalité du pouvoir. En économie, en politique, en santé, seule la révolution et la démocratie populaire peuvent faire sortir l’humanité de sa vulnérabilité.

    1 Il est possible de suivent en direct l’évolution de la situation ci : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6