Petit
événement dont personne ne parle, ou si peu. Mais quelque chose de
grave, auquel il serait temps de prêter attention. Cela se passe en
Europe, ça nous interroge donc sur ce qu’il se passe ici, et cela
illustre le fait que même le virus passé, il n’y aura sans doute
jamais de retour « à la normale » (c’est à dire au statu
quo ante, auquel par définition on ne revient jamais) :
La
Hongrie
La situation là-bas est si grave, que même en ces temps où l’anormalité devient la norme, franchement, je ne comprends pas que les choses soient si peu remarquées.
Viktor
Orban, premier ministre d’extrême droite, est en train de profiter
du virus pour prendre les pleins pouvoirs, lui permettant de
légiférer par décrets, en passant outre le parlement. Prolongation
illimitée.
D’après
ce que je comprends, la loi est une extension d’une loi déjà
proposée et qui a échoué à obtenir le soutien de l’opposition.
Cette fois-ci elle se fait sans le soutien de l’opposition, mais
uniquement de la majorité d’extrême droite :
- elle est associée à l’état d’urgence sanitaire.
- elle ne supprime pas formellement le contrôle du parlement sur le premier ministre. Cependant, ce contrôle parlementaire risque d’être complètement théorique. Par ailleurs Orban n’a pas grand chose à craindre d’un parlement qui lui est globalement acquis, et qui semble décidé à se dessaisir de son propre pouvoir.
Cependant
:
- elle permet au premier ministre de légiférer dans tous les domaines uniquement par décrets.
- elle n’est pas limitée dans le temps, mais illimitée.
- et elle contient même une clause qui permet à Orban d’AJOURNER le calendrier électoral s’il le désire
Autrement
dit, la Hongrie, en plus d’un gouvernement d’extrême droite, est
au bord de basculer complètement dans le fascisme.
Pour
l’instant le président du Parlement Européen (qui n’a
d’ailleurs pas réellement de pouvoir) a émis une vague
protestation. Le silence médiatique à ce sujet est lui-même
éloquent sur l’absence de réaction des classes dirigeantes en
France, par exemple, aux évolutions hongroises.
La grande question est : qu’Orban ait pu jusqu’ici aller assez loin avec le soutien de l’Union Européenne (malgré des protestations de pure forme) auparavant, c’était assez visible.
Mais pourquoi et comment peut-il aller loin A CE POINT en pensant que les pays de l’UE vont le laisser franchir cette limite ?
Il semble convaincu que ça va passer.
Et surtout, il est frappant de constater qu’il fait cela alors qu’il n’en a pas fondamentalement besoin. Sa position au pouvoir était bien assurée. Pourquoi alors ne pas maintenir quelques apparences démocratiques ?
Est-ce qu’il pense que la crise économique et politique qui va suivre le confinement va être si grave que l’UE va s’effondrer?
Auquel cas, le fait de détenir les pleins pouvoirs lui permettra de traverser la tempête et de faire ce qu’il veut sans avoir à prendre le risque de fâcher les pays européens.
Il
sait que les pays européens n’ont rien contre le
fascisme.
Imaginez : le parti de Viktor Orban siège au
parlement européen dans le même groupe parlementaire que la CDU
allemande, du LR français ou de la Forza Italia italienne. Ils
siègent ensemble. Orban a donc bien profité des avantages que lui
procurait l’Union Européenne.
D’autres gouvernements
d’extrême droite sévissent également dans des pays comme la
Pologne, les Pays Baltes, la Croatie, sans que cela ne semble poser
le moindre problème aux instances européennes.
Simplement
les gouvernants européens ne veulent pas qu’une politique de type
fasciste se remarque trop. Or, ce qui se passe en Hongrie est bien
trop gros pour être digéré aussi facilement. Même le tyran
Erdogan, en Turquie, n’a pas les pleins pouvoirs, et maintient,
pour la forme, quelques apparences démocratiques.
Mais
maintenant, Orban est en train de dire, non, c’est fini. Moi je
vais faire mon truc chez moi, maintenant.
Il demande des
pouvoirs lui permettant carrément d’ajourner le calendrier
électoral, ce qui n’a clairement aucun rapport avec le
coronavirus.
Cette
crise va durablement changer les choses, créer les conditions d’une
crise existentielle majeure et prolongée du capitalisme mondial. Les
peuples européens vont peut-être se réveiller et retrouver la
raison, mais les gouvernements eux, ont perdu la maîtrise de la
situation. Cette histoire de Hongrie en est la preuve.
Orban est
finalement en train de dire : ok, j’ai bien profité d’être sous
la couverture respectable de l’UE pour avancer mes pions dans le
pays. Maintenant c’est fini, je suis maître chez moi, et je fais
ce que je veux.
L’hypothèse qui me semble la plus vraisemblable
pour expliquer ce revirement est que Viktor Orban estime que l’UE ne
sera plus opérationnelle à court moyen terme et ne lui est donc
plus d’aucune utilité. Un effondrement du château de cartes
européen, donc.
En
catimini, sans que personne ne le remarque, la poussée, visible dans
les dix dernières années, de l’extrême droite sur le continent est
en train de se transformer en renaissance du fascisme proprement dit.
Car une politique d’extrême droite n’est pas encore entièrement
suffisante pour former un véritable régime fasciste, conçu comme
« dictature terroriste ouverte de la fraction la plus
réactionnaire, la plus chauvine et la plus impérialiste du capital
financier ». Par exemple, il a fallu 4 ans à Mussolini, après
la « marche sur Rome » pour faire adopter les « lois
fascistissimes » qui lui ont permis de réaliser pleinement son
projet politique. Maintenant, alors que le monde capitaliste est en
plein bond dans l’inconnu, le monstre est en train de réapparaître
pour de bon sous son vrai visage.
Vous
aussi vous vous demandez comment une chose pareille est devenue
possible dans un pays comme la Hongrie ?
La
Hongrie est un pays qui a une histoire très riche. Cette histoire
est à la fois révolutionnaire et contre-révolutionnaire, avec,
malheureusement, une longue histoire avec le fascisme.
Du
côté de son histoire révolutionnaire, on pourra évoquer notamment
le soulèvement national et progressiste de 1848 contre la tyrannie
de l’Empire Autrichien (soulèvement mis en musique par Franz Liszt
dans ses magnifiques Préludes), dont les suites ont poussé la
dynastie des Habsbourg, après 15 ans de lutte acharnée, à mettre
en oeuvre une véritable démocratisation de leur Empire, donnant
accès à des libertés nationales et démocratiques importantes à
l’ensemble des nationalités, et dans lequel les hongrois ont
bénéficié d’un statut tout à fait avantageux.
En 1918-19,
après les épreuves de la Première Guerre Mondiale, et
l’effondrement de l’Empire Austro-hongrois, la classe ouvrière prend
le pouvoir à Budapest, mettant en œuvre sur le modèle de la
Révolution d’Octobre en Russie, une expérience de révolution
radicale. Celle-ci a tenu pendant un an et demi sous les assauts de
tous les impérialistes (notamment franco-britanniques) coalisés aux
forces réactionnaires des pays voisins, avant d’être écrasée. On
retiendra parmi les dirigeants de ce mouvement révolutionnaire, tous
issus du quartier juif de Budapest, l’aventurier opportuniste Bela
Kun, dont les erreurs ont coûté cher à la révolution, mais aussi
des dirigeants comme Matyas Rakosi et Ernö Gerö, qui se sont avérés
plus solides, et enfin le grand intellectuel marxiste George Lukàcs.
En 1920, cette expérience révolutionnaire tout à fait exceptionnelle (et qui n’alla pas sans de nombreux excès et erreurs de toutes sortes), fut matée dans un bain de sang. Les troupes roumaines étant entrées dans Budapest installèrent au pouvoir un régime militaire dirigé par Miklos Horthy, appuyé par la hiérarchie de l’Eglise et les milieux nationalistes, non sans avoir entre temps fait s’abattre une terreur blanche implacable et particulièrement antisémite. Horthy resta au pouvoir jusqu’en 1945. Ayant lui-même opté pour une forme locale de fascisme, il fut tout naturellement inscrit dans l’alliance des fascistes européens autour de l’Allemagne nazie.
Après avoir opté pendant quelques temps pour l’apaisement envers les juifs hongrois, il décida, à la fin de la guerre (et alors que celle-ci était pratiquement perdue) de déporter d’un seul coup la totalité des juifs de Hongrie. 440 000 furent déportés en 3 semaines, parmi lesquels beaucoup moururent.
Ces événements constituent le terreau sur lequel Viktor Orban prospère aujourd’hui.
Après
la libération du pays par l’armée rouge, la génération
révolutionnaire de 1919 revint sur le devant de la scène. Pour
recoller les morceaux, des élections furent organisées et un
gouvernement antifasciste à forte participation communiste accéda
au pouvoir. Devant l’émergence, au niveau international, de la
Guerre Froide, et, en Hongrie, les tentatives de déstabilisation et
de sabotage des forces réactionnaires, la Hongrie tenta d’évoluer
vers le socialisme, avec, toujours présents, Matyas Rakosi, Ernö
Gerö, et, dans le domaine intellectuel, George Lukàcs. Mais cela
n’était pas si simple. L’implantation du parti communiste était
plus faible que dans d’autres pays, la résistance des petits
capitalistes agricoles, de l’Eglise, et des couches favorisées
constituaient des obstacles majeurs, et enfin la direction
révolutionnaire eut elle-même de nombreux excès.
Les
choses changèrent à partir de 1955-1956, lorsqu’un changement de
ligne au sein du PC soviétique (et par voie de suite, du mouvement
communiste international), favorisa l’éviction de Matyas Rakosi,
Ernö Gerö et d’autres anciens de 1919 au sein du PC hongrois, au
profit de dirigeants plus modérés, et, au fond, assez
sociaux-démocrates. Constatant qu’un certain ras-le-bol existait
dans la population, sans doute à juste titre, à la suite des
erreurs commises dans la phase précédente de la révolution, ces
derniers, prenant modèle sur des changements opérés au même
moment en Pologne, tentèrent de mettre en place un régime fondé
sur une sorte de compromis bancal avec l’Eglise et les forces
réactionnaires. Or, ce fut l’explosion, le retour du refoulé.
Malgré quelques mesures « de gauche » prises par le
gouvernement, comme la mise en place d’une « autogestion »
plus illusoire que réelle, a population qui se mobilisait ne fut pas
encadrée par des forces révolutionnaires ou même progressistes,
mais par des anciens fascistes, des nostalgiques du fascisme. Les
idées fascistes et antisémites recommençaient à s’exprimer
ouvertement dans le pays. Les communistes et leurs alliés étaient
attaqués, souvent tués, et des affrontements armés commençaient
ici et là. La direction du PC hongrois de l’époque, complètement
dépassée, cherchait la conciliation : des anciens dignitaires du
régime de Horthy opéraient leur retour en politique et furent
nommés à des postes importants. Le gouvernement hongrois, ainsi que
les nouvelles forces politiques nées dans le mouvement de 56
devinrent une véritable blanchisserie à anciens fascistes.
Après
avoir initialement décidé de laisser les évolutions politiques se
faire d’elles-mêmes en Hongrie et en Pologne, le mouvement
communiste international, de façon assez unanime (son aile
révolutionnaire aussi bien que les dirigeants social-démocratisés),
changèrent de position. Un distinction fut faite entre la Pologne et
la Hongrie, car, la Pologne, n’ayant pas la même histoire que la
Hongrie (la première fut envahie et occupée par des conditions
terribles par Hitler, tandis que la seconde fut l’alliée des nazis
jusqu’à la fin de la guerre), ne représentait pas à ce moment là
de menace fasciste. Il fut donc décidé entre les principaux
dirigeants du mouvement communiste que l’Armée rouge devait
intervenir en Hongrie (mais pas en Pologne), pour soutenir les forces
révolutionnaires encore actives dans le pays (essentiellement autour
de différents dirigeants du PC hongrois et d’anciens membres de la
police secrète ayant formé et encadré des milices ouvrières et
paysannes pour résister aux attaques violentes menées par les
fascistes).
Le
soulèvement contre-révolutionnaire hongrois de 1956 fut donc, comme
on le sait, écrasé par l’armée rouge, à l’appui de ce qu’il
restait de forces révolutionnaires en Hongrie. Mais le souffle,
l’élan révolutionnaire étaient morts, brisés, dans ces événements
tragiques. On arriva effectivement à une sorte de compromis bancal,
social-démocrate, sous la férule du dirigeant Janos Kàdàr, qui
resta au pouvoir pendant des décennies. Prêtres, anciens fascistes
et petits entrepreneurs ne furent plus inquiétés. Les anciens de
1919 restés en poste (comme Ferenc Münnich) furent évincés
définitivement, et, pour ne pas déplaire aux fascistes hongrois,
formellement interdits mais toujours présents, il fut pris soin de
mettre les juifs hongrois à l’écart de tout poste à
responsabilités.
Cependant, cette politique de compromis avait
très certainement ses avantages. Les communistes n’étaient pas si
impopulaires et les choses poursuivirent leur cours normal jusqu’à
la chute du mur de Berlin en 1989. La « révolution de velours »
dont on nous vante les mérites n’eut en fait rien d’une révolution.
Le pouvoir ne changea pas de mains. Les dirigeants embourgeoisés de
la Hongrie transformèrent le PC en parti social-démocrate,
tournèrent sans heurts le dos à Moscou pour se tourner vers
l’Europe occidentale. Preuve de la relative popularité de l’appareil
dirigeant, ils furent facilement réélus après que des « élections
libres » sur le modèle occidental furent organisées, et
conservèrent le pouvoir pendant 20 ans.
Un
partout, balle au centre, donc, d’une certaine façon. Ces dirigeants
ex-« communistes », embourgeoisés et social-démocratisés,
représentaient donc une certaine continuité avec l’histoire
révolutionnaire de la Hongrie, un compromis avec les secteurs les
plus à droite de la société, et, dans le même temps, la
perspective d’une adhésion à l’Union Européenne faisait miroiter à
la population la perspective (on peut dire aujourd’hui, le mirage)
d’accéder à la prospérité sur le modèle des pays occidentaux.
L’adhésion de la Hongrie à l’UE fut officielle le 1er mai 2004. Et
la déception fut grande. Le niveau de vie ne s’est pas amélioré en
Hongrie, et les sociaux-démocrates locaux apparurent comme de
vulgaires exécutants corrompus des maîtres de l’UE, situés à
Bruxelles, Paris, Berlin, etc.
C’est
ainsi que l’histoire sembla se répéter. 50 ans après, le
contentieux surgi du soulèvement de 1956 était en fait encore là :
si beaucoup considéraient ce soulèvement comme
contre-révolutionnaire, d’autres en faisaient une mythologie
nationaliste et glorifiaient ce soulèvement.
Alors qu’au
élections d’avril 2006, la social démocratie conservait la majorité
relative (à environ 43%) talonnée par la droite extrême de Viktor
Orban (42%), la situation changea du tout au tout en septembre
octobre de la même année.
Le
point culminant de ce changement eu lieu, précisément, à
l’occasion du cinquantenaire de 1956. La commémoration officielle
était réduite au strict minimum (malgré la présence de 56
délégations étrangères venues, avec leurs bons sentiments
anticommunistes, complètement déconnectées de la réalité,
assister à un « Déclaration de Liberté, 1956 »), bien
évidemment, les sociaux-démocrates restant sur la ligne de
compromis entre différentes lectures de l’histoire, laissant à
chacun le soin de se faire son propre avis. Mais, en ce mois
d’octobre 2006, la commémoration s’organisa dans la rue. Tous ceux
qui y participaient n’étaient pas des fascistes : beaucoup
considéraient simplement que l’intervention de l’armée rouge avait
été une mauvaise chose. Mais les fascistes, après avoir connu une
forte poussée électorale, y étaient la force la plus présente, la
mieux organisée. Des mouvements ouvertement néonazis menaient la
danse, tels Jobbik (Alliance des Jeunes de Droite) ou MHM (Mouvement
pour Notre Patrie), puis, à partir de 2006 la Garde Hongroise,
autant de mouvements encore plus à droite que Viktor Orban lui-même,
mais qui constituent pour lui un point d’appui idéologique solide.
La commémoration de 56 devint finalement une répétition de 56
lui-même. Le gouvernement social-démocrate envoya la police. Cela
ne fit que galvaniser et radicaliser le mouvement de droite. Devant
les délégations étrangères présentes, le premier ministre
social-démocrate déclara : « En 1956, la rue était plus
démocratique que le Parlement. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. »
En
réalité, la mort politique du gouvernement social-démocrate était
dores et déjà devenue inévitable dès le mois de septembre de la
même année (2006), lorsque la population avait découvert que
celui-ci avait été élu en dissimulant à la population un plan
d’austérité dicté par les capitalistes de l’UE… La commémoration
de 56 ne fit que servir de catalyseur au mécontentement, qui a
profité finalement à l’extrême droite. Perdant tout soutien aussi
bien sur sa droite que sur sa gauche, la social-démocratie vivota
jusqu’en 2009 avant de s’éclipser. Le champ était libre pour Viktor
Orban et ses partisans.
On
peut dores et déjà en tirer la leçon suivante, hélas récurrente
dans les pays d’Europe orientale : ce n’est pas le « communisme »
qui a tué la gauche dans ce type de pays. Les gens y ont de
nombreuses fois revoté sans problème pour des « ex-communistes ».
Ce qui a tué la gauche, c’est la social-démocratisation de ces
« ex-communistes », leur impuissance à proposer autre chose
que de rentrer dans le rang du capitalisme international, et,
finalement, la déception provoquée par ces derniers. C’est un
élément fondamental pour comprendre pourquoi l’extrême droite
prospère aussi facilement dans l’ensemble de ces pays.
Il
était important de revenir sur tout ceci, car l’histoire constitue
un substrat, un ferment puissant pour l’établissement de ce pouvoir
d’extrême droite. Il se nourrit de cette histoire. Il est
significatif par exemple que le fait de qualifier 1956 de
« soulèvement contre-révolutionnaire » position qui fut
longtemps assez courante, surtout chez les plus anciens, est
aujourd’hui puni de sanctions pénales dans ce pays sous la botte de
Viktor Orban.
La
boucle est maintenant bouclée : jamais la Hongrie n’a été aussi
proche de sombrer dans un régime fasciste en bonne et due forme
depuis le soulèvement contre-révolutionnaire de 1956.
Il y a
64 ans, l’armée rouge envoyait les chars soviétiques, et
aujourd’hui, le parlement européen va se contenter d’écrire un
vague texte pour dire « gnagnagna, la dictature en Hongrie, ce n’est
pas gentil » et ne rien faire. On attend toujours les chars de
l’Union Européenne.
En cette période où un virus est en train de mettre à l’épreuve toutes les sociétés et tous les systèmes, qu’elle sert de révélateur, et que ce qui était sous-jacent jusqu’ici apparaît maintenant au grand jour, souvenons-nous, l’histoire est faite de tumultes, et l’histoire, ce n’est pas le passé, nous la vivons encore aujourd’hui. Par conséquent, il faut être prêt à tout. Dans le même temps, en temps de bouleversement, le champ des possibles à tendance à s’ouvrir : le pire comme le meilleur, est possible. Cela dépend de chacun de nous.