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  • ICOR: Suppression de la protection par brevet des vaccins

    ICOR: Suppression de la protection par brevet des vaccins

    Pour une campagne de vaccination mondiale aux frais des multinationales

    En décembre 2020 déjà, l’ICOR a exigé la distribution démocratique et juste des vaccins. Aujourd’hui, on compte près de 90 doses de vaccin pour 100 habitants dans des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, et seulement environ 15 doses de vaccin pour 100 habitants dans les pays plus pauvres. La pandémie continue d’enfler. Seuls 21 % de la population mondiale ont été vaccinés. Les pays riches ont déjà vacciné 50 % de la population, de nombreux pays pauvres n’ont pu en vacciner que 2 % (par exemple l’Afrique). Alors que des pays comme l’Inde sont au milieu de la deuxième vague, d’autres pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine y sont probablement encore confrontés.

    Le monde est aujourd’hui confronté à une pandémie comme jamais auparavant. La vaccination de masse est la principale méthode pour sortir de la pandémie. La pandémie n’a pas été causée par les travailleurs et les ouvriers. La destruction et l’empoisonnement de l’environnement, le changement climatique, la surexploitation et les conditions de logement opprimées, souvent combinées à de mauvaises conditions sanitaires sont des facteurs qui augmentent la fréquence des infections, les cours graves et les décès. C’est donc l’impérialisme qui est à blâmer, avec sa soif insatiable de profit. Les masses ne peuvent pas être chargées des conséquences d’une telle destruction gratuite de notre terre par le système capitaliste international. Notre demande immédiate à l’heure actuelle est une vaccination gratuite et efficace pour tous les habitants du monde, dès maintenant et aux dépens des sociétés internationales qui sont principalement responsables de cette destruction de l’environnement et qui en ont profité.

    Nous demandons que toutes les données et recherches relatives à la vaccination contre le COVID-19 soient mises à disposition et que chacun ait le droit de développer des vaccins basés sur ces données.

    Nous exigeons que tous les vaccins qui ont été suffisamment testés scientifiquement et qui sont sûrs soient immédiatement approuvés pour être utilisés. Nous ne resterons pas sans rien faire pendant que les politiques de vaccination malavisées de la classe dirigeante tuent des gens.

    Nous exigeons une vaccination rapide et mondiale au détriment des profits des sur-monopoles internationaux !

    Nous exigeons l’abolition du droit des brevets sur les vaccins et toutes les substances au service de la santé !

    Nous demandons que les appareils médicaux et les médicaments nécessaires au traitement de la COVID-19 soient mis à disposition partout dans le monde.

    Nous appelons les travailleurs et les masses laborieuses du monde entier à diffuser ces revendications et à lutter pour elles par tous les moyens nécessaires.

    Sous l’impérialisme, c’est le profit qui compte, pas les êtres humains, ce qui ne changera fondamentalement que sous le socialisme et le communisme.

    Cette pandémie montre une fois de plus que l’impérialisme apporte la barbarie.

    Signataires (en date du 20/06 2021, d’autres signataires sont possibles) :

    1. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    6. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    7. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    8. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    9. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    10. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    11. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    12. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    13. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. UC Unité Communiste, France
    15. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    16. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    17. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    18. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
    19. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    20. TKP-ML Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    21. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    22. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    23. UoC Union of Cypriots (Union des Chypriotes), Chypre
    24. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
    25. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    26. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    27. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    28. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    29. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    30. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela

  • Un an de confinement (Partie 2) : les origines

    Un an de confinement (Partie 2) : les origines

    Retour sur les origines.

    Petite parenthèse ironique. Sur Netflix, la série En Bref présentait en septembre 2019 un documentaire intitulé La pandémie qui vient. Durant cet épisode, il était expliqué que nous courrions un risque immense de voir un jour arriver une pandémie. Le modèle-type était décrit : probablement une zoonose, c’est-à-dire un virus mutant transmis de l’animal à l’homme ; probablement dans une région dans laquelle on trouve des marchés « humides », c’est-à-dire où la viande est vendue sur pied et tuée à la demande ; probablement dans une région comme la Chine, où le SRAS était apparu de cette manière.

    Elle indiquait également que les canaux de la mondialisation pourraient transmettre ces virus avec une célérité ahurissante, et rapidement atteindre le monde entier. Mais elle indiquait aussi, tristement, que les gouvernements traînent des pieds à mettre en place des systèmes préventifs et des stocks stratégiques en case de pandémie : cela est coûteux, et face à une menace incertaine, aléatoire, il est toujours facile de remettre à demain les mesures à prendre. A la suite du déclenchement de la pandémie, l’équipe a produit une nouvelle version, détaillant aussi la course au vaccin. Elle mérite d’être vue.

    Il faut dire qu’ils ont vu juste. A moins d’une surprise colossale – ce dont rêvent les conspirationnistes – il est pratiquement certain que la pandémie est surtout terriblement banale. Un pathogène qui se transmet d’un animal réservoir à l’homme, et qui se répand par la suite. La peste, la syphilis, le VIH, la grippe porcine, aviaire, espagnole, le SRAS, le MERS… sont toutes des maladies qui ont suivi ce tracé là.

    Dans le cas de la grippe espagnole, il est même possible de remonter jusqu’aux origines : le Kansas. Pendant la Première Guerre mondiale, un fermier porteur de la grippe humaine et un poulet porteur de la grippe aviaire sont dans le même espace : une grande basse-cour. Ils ne peuvent se contaminer mutuellement. En revanche, ils peuvent contaminer un porc. Dans les cellules de celui-ci, les deux virus transmettent leur ARN, ce qui leur permet de faire de celles-ci des usines à copie. Sauf que les deux le font en même temps, fusionnant leurs ARN pour en créer un nouveau. C’est quelque chose qui n’est pas exceptionnel. En revanche, dans la grande majorité des cas, les virus mutants sont moins efficaces, bancals, stériles. Dans quelques cas, cela créé une nouvelle souche. Dans le cas du Kansas, cette souche va se répandre comme une traînée de poudre, profitant de l’envoi d’un corps expéditionnaire américain en Europe. Il en résulte plusieurs millions de morts.

    Dans celui du VIH, c’est le déboisement de la forêt congolaise, la consommation de « viande de brousse » et le contact avec des espèces tropicales qui ont provoqué la rupture des barrières entre espèces. L’épidémie est restée discrète jusqu’aux années 1970, date à laquelle le développement de la mondialisation et du transport mondial lui a permis de s’implanter aux USA.

    Le virus qui provoque la Covid suit très certainement ce même schéma, très bien anticipé par En Bref. Il est tristement banal, et tristement classique. Mais il bénéficie lui aussi de l’incroyable accélérateur du transport mondial, de la densité de population, de la mauvaise application de mesures prophylactiques (lavage des mains, masques en cas de maladie…).

    Comme dans toute période d’angoisse, la politique s’en mêle également, et avec elle un lot de fantasmes.

    Un virus « chinois »?

    Il est clair que la Chine n’a pas fait preuve d’une grande volonté de transparence quant à cette pandémie. Elle a agi avec la prudence d’une puissance montante, laquelle tient à cacher secrète toutes ses faiblesses, pour qu’elles ne soient pas exploitées par ses potentiels – ou réels – adversaires. Ce silence a joué un rôle dans le fait que la pandémie ait plus se disséminer davantage, mais il ne s’agit pas d’un acte volontaire. Il est indéniable qu’elle a mis en œuvre tous les moyens possibles pour juguler celle-ci. L’impressionnant confinement de la ville de Wuhan a été parfois utilisé en exemple d’un totalitarisme chinois.

    Cependant, les accusations qui ont eu pour but de démontrer le fait qu’il s’agisse d’une expérimentation ou d’un produit préparé n’ont été étayée que par des preuves douteuses, fictives, ou mal interprétées. Elles sont allées de la simple confusion avec les autres types de coronavirus jusqu’à des inventions pures et simple. Surtout, elles ont procédé d’une manière non scientifique : soit par la pétition de principe soit par l’inversion de la causalité. Lorsque nous détaillerons les logiques conspirationnistes, nous aurons l’occasion de détailler cela plus précisément, mais dans l’intervalle, nous pensons qu’il est important d’expliciter ces deux principes.

    Dans la pétition de principe, les « chercheurs de vérité » ont procédé ainsi : ils sont partis du principe qu’il y avait une influence humaine et une action humaine à l’origine de cette pandémie, et sont donc partis à la recherche de signes, plus que de preuves. Or, dans une ville de la taille de Wuhan et dans un pays continent comme la Chine, il est aisé d’en trouver.

    Wuhan, avec ses 11 081 000 habitants et habitantes en 2018, n’est pas une bourgade. De la taille de Paris et de sa banlieue, la ville est une vraie métropole. Elle possède donc des installations universitaires et de recherche qui sont à la hauteur de sa taille. Parmi celles-ci, il existe effectivement un laboratoire P4, dédié aux maladies infectieuses. Mais il existe 1 356 laboratoires d’études sur les virus dans le monde. Si deux sont classés P4 en Chine, ce n’est pas du fait de la dangerosité des coronavirus, mais plus d’autres maladies nettement plus fatales. Pour le moment, il n’existe aucune preuve qu’il s’agisse d’un virus échappé d’un laboratoire, et encore moins d’un virus construit par l’homme.

    Il est vrai qu’il existe des expérimentations pour créer des virus chimères. Il n’est pas exclu non plus qu’il existe des armes virales ou bactériologiques. Cependant les probabilités sont minces. Dans un cas comme dans l’autre, nous ne pouvons que constater certaines choses. Pour un virus supposé bricolé, il possède un comportement qui est tout à fait banal. Rien ne le rend exceptionnel. Ni dans ses mutations, ni dans ses effets – encore qu’ils ne soient pas complètement élucidés.

    Pour un virus militaire, en particulier si celui-ci devrait servir à réduire la population terrestre, c’est un bien piètre outil. Il est incontrôlable – ce qui est le travers de toute armes biologique – et il n’est guère létal. D’une manière générale, c’est là un travers des armes biologiques : elles ne sont pas discriminantes.

    Un virus américain ?

    L’autre branche de la tenaille conspirationniste s’est nourrie d’un « à qui profite le crime ». Or, là encore, il s’agit d’une faille de raisonnement. Il inverse les principes de causalité, et il fait de la capacité de résilience, d’adaptation, une preuve d’intention. En soi, dans la plupart des situations, bonne ou mauvaise, des opportunités nouvelles ou des possibilités d’adaptation existent. Certains, certaines, sont plus efficace que d’autres à savoir saisir la balle au bond, et à utiliser des situations à leur avantage. Ainsi, la pandémie à fait naître, par exemple, des perspectives pour l’Asie, qui s’est libérée rapidement des entraves liées au Covid. Les milliardaires en ont tracé d’autres, en dépit de la récession, pour s’emparer de parts de marché détenues par leurs concurrents et par la petite bourgeoisie… Pourtant ils n’ont pas intérêt en soi à provoquer cette crise : elle aurait été un double saut périlleux dans le vide.

    Tirer profit, cela ne signifie pas être à l’origine de cette pandémie.

    Ainsi, tandis que beaucoup accusaient la Chine, d’autres ont accusé les USA, l’Europe, ou, même les Juifs. En partant d’un affrontement – réel – entre capitalistes, ils ont limité leur champ d’investigation aux relations géopolitiques ou à une grille de lecture purement militaire, oubliant ainsi totalement deux acteurs : la Nature et le hasard.

    Arguments sans preuve, se répondant sur la base de supposition biaisées, nourries de preuves bancales… Les théories du « grand reset », de l’arme de guerre ou d’autres buts de ce type paraissent bien naïves. Sans preuves tangibles d’un caractère exceptionnel

    En revanche, leurs effets ont été très concrets. Dans ceux qui « profitent du crime » il existe une cohorte de racistes et de xénophobes qui s’en sont servis pour alimenter la haine. Le racisme anti-asiatique connaît depuis, surtout aux USA, des sommets. Ainsi, il y a quelques jours, une tuerie à Atlanta a visé plusieurs salons de massage asiatiques, causant 11 morts. Le mobile raciste semble être au centre de cet acte.

    La peur panique et les mensonges ont aussi un autre effet : cela pousse les personnes vulnérables à s’isoler ou à se recroqueviller sur des communautés sectaires qui s’unissent autour des mêmes croyances. Une explication des événements, donc rassurante. L’hostilité provoquée envers les mesures gouvernementales, prophylactiques ou de soin (masques, vaccins, confinements…) représente un aspect criminel de ces pratiques.

    Nous pensons que nous pouvons qualifier ce virus de tristement banal et de tristement prévisible. Il a été le révélateur des faiblesses des uns et des autres, en en particulier a provoqué un coup dur au prestige du système de santé occidental.

  • Construire la solidarité populaire avant que la crise ne frappe !

    Construire la solidarité populaire avant que la crise ne frappe !

    Avec l’organisation de lutte Drapeau Rouge, nous avons initié des tables de solidarité depuis plusieurs semaines. Ces tables ont vocation à permettre de distribuer des produits de première nécessité, mais également à en collecter auprès de ceux et celles qui peuvent en donner. Au travers de ces tables, nous essayons de développer une politique de solidarité. Elles ont été accueillies chaleureusement par les habitants et habitants du quartier. Cela nous a également donné la possibilité d’échanger avec les habitants et les habitantes du quartier de Vaise, dans l’agglomération lyonnaise.

    Nous avons également commencé à réaliser des distributions auprès des étudiantes et des étudiants, qui, bien souvent, sont en face de problèmes considérables pour boucler leurs fins de mois.

    Nous ne sommes pas les seuls à faire ce travail, et nous n’avons de prétention à quoique ce soit. Nous saluons d’ailleurs l’intégralité des initiatives de solidarité populaire qui ont été lancées1. Leur travail est exemplaire. Nous voulons apporter nous aussi notre contribution, jouer notre rôle, couvrir une plus grande surface de terrain. Nous voulons, en somme, que le slogan « servir le peuple » se concrétise.

    Nous appelons d’ailleurs à multiplier ces actions et à les renforcer. Nous espérons qu’il sera possible de les centraliser davantage, d’éviter les doublons, de ne pas laisser de déserts, et de travailler en bonne entente.

    Car, hélas, le climat social et politique ne va pas en s’arrangeant. De sombres nuages s’accumulent à l’horizon.

    Nous sommes dans l’œil du cyclone.

    Depuis des décennies une profonde crise économique couve. L’économie peine depuis longtemps déjà. La crise du Covid amplifie simplement le phénomène.

    Nous n’en voyons que les prémices.

    Pour le moment, le gouvernement maintient un grand nombre d’entreprises sous perfusion. Les aides « Covid » maintiennent un semblant de niveau de vie. Si certaines entreprises se gavent de cet argent public, se gavent de dette, elles permettent aussi de faire échapper bon nombre à la misère. Mais elles ne les endureront pas éternellement. Le gouvernement réfléchit à l’après-pandémie. L’arrêt des aides signifiera probablement une contraction de l’économie et la fermeture d’un nombre encore plus grands d’entreprises vulnérables. Ce darwinisme économique profitera aux plus forts, aux plus puissants, et contribuera encore davantage à polariser la société et à concentrer le capital.

    Contrairement à une idée reçue, la dette n’est absolument pas un problème. Il n’y a ni urgence à l’annuler, ni à la rembourser. Les taux d’emprunts sont extrêmement bas, négatifs parfois, ce qui fait que certains paient pour prêter aux États. Mais ce poids est dangereux lorsqu’il est utilisé politiquement pour justifier une politique de liquidation des droits sociaux. Au nom du fétiche de « l’économie saine », une offensive nouvelle se prépare vers les droits sociaux. Alors qu’ils sont précisément ce qui – y compris dans une perspective non révolutionnaire — est ce qui peut permettre de surmonter la crise. La sécurité sociale, les aides pour les chômeurs et les retraites sont les enfants de la misère de 1945-1947. Ils sont précisément ceux qui ont permis l’expansion économique des années suivantes.

    Mais les capitalistes, les banquiers, les rentiers et les parasites ne pensent pas ainsi : ils sont des ravageurs, qui ne voient pas d’autre chose que la rentabilité à court terme, que l’accroissement de leurs rentes, de leurs bénéfices. Leurs actions ne sont d’aucune stratégie : après eux, le déluge ! Pour échapper à la misère, à la précarité, nous ne pourrons compter que sur nous même. La seule véritable solution est une économie dirigée vers la satisfaction des besoins culturels et matériels de l’humanité. C’est là, uniquement là, qui réside une économie saine, sans dettes et sans crises.

    Tant que l’économie sera axée sur la recherche du profit maximal, sur l’exploitation sans vergogne, il y aura des crises constantes.

    Notre solidarité contre leur charité.

    Paniers repas, bons d’achats, réductions… les opérations commerciales menées par les grandes surfaces ont été nombreuses. Quelles que soient leurs formes, elles partagent un trait commun : elles sont un bon investissement plus qu’un sacrifice. Premièrement, les opérations commerciales sont un bon moyen de fidéliser la clientèle et de réaliser une campagne de communication positive qui améliore l’image de la marque.

    Deuxièmement, il s’agit parfois d’une affaire bien rentable. Au moment où Notre-Dame était ravagée par les flammes, nous écrivions :

    « Un don est défiscalisé à 60 %. Les entreprises paient un impôt, donc, mais vers le secteur de leur choix. Et elles ne le paient qu’a 40 %, le reste étant, donc, à la charge des contribuables. Cela fait donc que ces derniers paient pour les choix d’image de l’entreprise, à hauteur de 60 %. Ainsi, en 2016, 369 millions d’euros ont été réellement versés par les entreprises, tandis que l’État a dû abonder de 990 millions d’euros. (selon les rapports de la Cour des comptes.) LVMH fait figure de grand pionnier, pompant à elle seule 61 600 000 € en 2018, loin devant les 8 suivantes, qui ne représentent que, cumulée, 21 000 000 €. Une manière de faire un bel effet levier sur les ambitions du peloton de tête des fortunes.

    Troisième aspect, le gonflement des dons en nature et le mécénat « de compétences ». Pour le premier, il s’agit de faire des dons qui sont défiscalisés, mais en ne prenant régulièrement pas comme base le prix de revient du produit donné, mais son prix de vente final, accompagné de la marge du distributeur. De plus, lorsque Auchan, Carrefour, Casino donnent des produits alimentaires, il arrive régulièrement que ceux-ci soient inexploitables (trop proches de la fin de la Date Limite d’Utilisation), et donc auraient été perdus. Il s’agit donc d’une manière de valoriser les pertes et de faire des dons qui peuvent même rapporter.

    Le mécénat de compétence, quant à lui, consiste à fournir de la main d’œuvre pour des travaux. Une manière d’ajuster l’activité de l’entreprise. En temps normal, la prestation est facturée uniquement du coût du salaire, mais des entreprises en profitent pour saler l’addition, sachant qu’elle est couverte par l’État. De plus, les « Établissements Administratifs Publics » peuvent offrir des prestations en nature à titre de dédommagement. Une nouvelle manière de rentrer dans les frais de l’entreprise. »2

    En dernière instance, les capitalistes ne parlent pas la langue de la solidarité. Aux mieux, ils prodiguent la charité philanthropique, celle qui soulage la peine temporairement, sans jamais s’attaquer au fond du problème.

    Il en est de même chez ceux et celles qui, au nom d’une « solidarité » hypocrite, sont là pour avancer des positions réactionnaires et antipopulaire. Les obscurantistes voient dans la misère un terrain de recrutement et de diffusion de leurs idées. D’autres, comme Bastion Social, y voient une occasion de diffuser la haine raciale et de fragmenter les exploités et exploitées. En dernière instance, la misère est un terrain comme un autre pour eux. Leur but est de l’utiliser, non d’y mettre un terme.

    Une voie différente.

    Notre solidarité est différente dans son fondement. Nous voulons mettre fin à ce cycle infernal de souffrances, d’exploitation, de misère. Nous ne nous réjouissons d’aucun malheur. De celui de l’ouvrier qui sait son poste condamnée, de l’artiste qui peine à se nourrir, de l’étudiant isolé dans son 9 m². Nous ne nous réjouissons pas plus de celui de la petite bourgeoisie commerçante, endettée, étrillée par les loyers, les traites, les impôts. Leur intérêt objectif est de mettre fin à la dictature de l’exploitation, à la dictature du capital, à la concentration toujours croissante des richesses dans des mains toujours moins nombreuses.

    Nous savons que tout ne se réglera pas par quelques tables et un peu d’entraide. Le problème est plus profond. Le problème est structurel. Il concerne l’ensemble de structure économique, le capitalisme comme mode économique dominant. Cette société d’inégalité se maintient par la force et par la propagande. Par une force sans cesse plus omniprésente, brutal. Par une propagande qui fait croire à l’égalité des chances, à la méritocratie, au « que le meilleur gagne », alors que les dés sont truqués.

    Pour nous, l’économie, la production de richesses culturelle et matérielles doit servir les intérêts de la population, doit permettre à l’humanité de poursuivre sa route, sans ravager la planète. Mais nous ne pouvons faire confiance qu’à nous même, qu’à un contrôle absolu sur l’économie, pour y parvenir. Nous avons besoin d’une nouvelle démocratie, d’un nouveau système.

    Nous pouvons faire mieux !

    Nous avons un monde à gagner. Un nouveau monde à construire. Face aux défis de la crise climatique, des menaces de guerres, de la misère et de l’obscurantisme, il n’existe pas une infinité de solutions. Soit rester prisonniers, écrasés par l’étau de l’exploitation, intoxiqués par les mensonges racistes, enfermés par une société pourrissante, soit perdre nos chaînes et faire front. Ensemble, solidaires, unitaires, nous pouvons être le changement révolutionnaire !

    1. Nous pourrions cependant ajouter un bémol à cela : l’organisation néo-fasciste Bastion Social prétend à une « solidarité populaire ». Dans les faits, elle se limite à des actions d’instrumentalisation de la misère sur des critères raciaux/ethniques. De fait, ces actions sont plus du domaine du prosélytisme et de la charité hypocrite que de la réelle solidarité populaire. A notre sens, celle-ci doit se doubler d’une volonté d’unifier les classes populaires dans le but de changer également le fond de notre société.
    2. Notre-Dame de Paris, une charité bien ordonnée

  • « La tendance à une crise touchant toute la société » (Stefan Engel)

    « La tendance à une crise touchant toute la société » (Stefan Engel)

    Le management de la crise du COVID-19 suscite toujours beaucoup de questions. Le danger de crise sanitaire a-t-il été exagéré par les autorités – ou sous estimé ? L’Allemagne, a-t-elle mieux gérée la crise, vu le nombre de cas largement inférieurs à la France avec une population plus importante ? Que faut-il penser des manifestations contre les mesures sanitaires en Allemagne et dans d’autres pays. Quels sont les liens avec la crise économique ? Quels effets auront les milliards de subventions versées ? Qu’est-ce qui nourrit les luttes massives qui éclatent aux États Unis, en Afrique du sud, en Amérique latine et quels sont leurs perspectives ?

    Nous publions ci-dessous une intervention en fin mai à l’occasion des « manifestations du lundi »1, de S. Engel, ancien président du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) et aujourd’hui à la tête du travail théorique du Parti2. Elle démontre les liens, les arrière fonds, les évolutions et les potentialités des crises.

    Cher.e.s habitant.e.s de Gelsenkirchen, cher.e.s manifestant.e.s du lundi, cher.e.s camarades,
    Aujourd’hui, je veux parler de la gestion des crises par le gouvernement et également des diverses manifestations. Quel problème avons-nous actuellement en Allemagne? Le problème est qu’une nouvelle crise économique et financière mondiale a commencé à la mi-2018. Au début, celle-ci s’est développée relativement lentement car les banques centrales inondaient systématiquement les marchés avec de l’argent bon marché. Contrairement à l’Allemagne, une inflation galopante et de graves difficultés de paiement se sont produites dans certains pays – par exemple en Turquie ou en Argentine – qui se sont transformés en un danger aigu de faillite d’État. Depuis 2018, la production industrielle, y compris en Allemagne, a diminué de mois en mois. L’activité d’investissement et les exportations ont été affectées.

    Face à la crise économique et financière, le gouvernement décide de ne rien faire

    Cette crise économique et financière mondiale existait déjà avant le début de la crise du corona. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre une pandémie en janvier. Dans cette situation, le gouvernement fédéral a délibérément décidé de ne pas prendre d’autres mesures. À cette époque, le ministre fédéral de la Santé Spahn a minimisé la pandémie qui commençait, tout comme le premier ministre Johnson en Grande-Bretagne, ainsi que les présidents Trump aux États-Unis et Bolsonaro au Brésil. En conséquence, des milliers de personnes ont été rapidement infectées dans ces pays; le coronavirus a pu se propager presque sans entrave. Ce n’est qu’avec des mesures radicales à un stade ultérieur qu’il pourrait être empêché de se propager encore plus.

    Mais comment gagner la population à des mesures aussi radicales?

    Il est intéressant de noter que le ministère fédéral de l’Intérieur, et non le ministère de la Santé, a dirigé la gestion fédérale de la crise qui s’est alors installée. Le ministre de l’Intérieur Seehofer a déclaré dans un document – on l’a appris en avril – que dans cette situation, la population devrait d’abord être « choquée ». Il faudrait lui faire peur pour créer une base pour l’acceptation des mesures drastiques. Les premières actions de la gestion de crise allemande ont d’abord consisté dans le fait que des informations quotidiennes et des programmes spéciaux, des talk-shows et des conférences de presse étaient diffusés en direct à la radio et à la télévision: avec des prévisions d’horreur drastiques. Les médias étaient relativement alignés dans cette situation. Au début, le gouvernement – selon ses propres déclarations – a obtenu plus de 90% d’approbation de ses mesures.
    Pourquoi cela a-t-il été fait? Parce que le gouvernement a mis en place un programme qui, sous le prétexte de contenir la propagation du coronavirus visait principalement à manipuler systématique de l’opinion publique. La première allégation était que la crise économique avait été déclenchée par le coronavirus. Mais ce n’est pas le cas. La crise économique existait déjà et a été soudainement exacerbée par la coïncidence avec la crise du corona. Le gouvernement et les médias bourgeois ont voulu faire comprendre aux gens que cela n’était nullement dû au système économique capitaliste, qui est régulièrement en crise, mais au corona virus. Personne n’était responsable, alors tout le monde devait rester solidaire et dès lors s’activer ensemble.
    Pour briser la chaîne d’infection, les gens étaient strictement restreintes non seulement dans leur liberté de déplacement, mais – sans aucun bénéfice pour la protection de la santé – dans leurs droits et libertés démocratiques. Toute manifestation de rue était interdite. Vous vous souvenez que la direction du DGB (la fédération des syndicats, ndlt) a même annulé avec une obéissance anticipée les manifestations et les rassemblements du 1er mai. Le MLPD et les ‘manifestations du lundi’ ont fait en sorte que des actions combatives ont eu lieu quand même dans plus de 100 villes.

    Le gouvernement n’a pas mis en œuvre les mesures de protection sanitaire nécessaires

    Cependant, le gouvernement n’a pas mis en œuvre les mesures de protection sanitaire de masse les plus importantes qui auraient été nécessaires. En premier lieu, cela aurait été des tests massifs et réguliers de la population, deuxièmement une réglementation stricte de la distance et troisièmement une protection buccale raisonnable pour tout le monde. Et pas seulement un masque pour la bouche et le nez qui n’offre qu’une protection limitée, mais des masques FFP2 et FFP3 pour une réelle protection. Le gouvernement n’était pas en mesure de le faire. Et pourquoi? Parce qu’il avait rejeté tous les avertissements de l’OMS concernant la préparation à une pandémie. Dès 2012, l’OMS avait prédit que de telles pandémies pourraient survenir et avait précisé à quoi devrait ressembler la prévention des crises.

    Cependant, le gouvernement n’avait pas de masques de protection du tout, même pas assez pour le personnel hospitalier et les infirmières. Il ne pouvait pas faire livrer ces choses d’Asie aussi rapidement parce que tout le monde commandait maintenant de tels masques.

    Masques, testes – mensonges et scandales

    Donc, le mensonge a été répandu sans plus tarder que l’on n’aurait pas besoin de masques de protection. Mme Merkel les appelait à l’époque des « nids de virus ».

    Le deuxième scandale est que jusqu’à récemment, vous n’aviez pas eu droit aux tests, et vous ne l’avez maintenant que dans une mesure limitée, si vous ne présentez aucun symptôme ou si vous n’avez eu aucun contact avec des personnes infectées. Mais ceux qui ont des symptômes sont très contagieux depuis au moins cinq jours. Cela signifie que les gens se déplacent pendant cinq jours, infectant leur famille ou leurs collègues de travail sans le savoir. Il y a maintenant plus d’un million de possibilités par semaine pour se faire tester en Allemagne!

    Seul un peu moins d’un tiers est utilisé. Et pourquoi plus de tests ne sont-ils pas effectués? Parce que le gouvernement fédéral n’a pas pu s’entendre avec les sociétés d’assurance-maladie depuis trois mois sur qui devrait payer pour ces tests. Il a pas fallu moins qu’une semaine pour mettre en place un paquet de mille milliards d’euros pour subventionner en particulier la grande industrie. Le versement des dividendes de VW suffirait à elle seule à payer l’intégralité du test. Bref, il y avait bien trop peu de mesures efficaces de protection pour la santé.

    Le miracle d’avril ?

    En même temps, il y eût une « prophétie »: en avril, l’économie redémarrerait parce que nous aurions le Corona sous contrôle. Vous plaisantez? Au contraire – l’économie a continué à décliner en avril et mai. En avril, on avait déjà fait appel au chômage technique pour 10 millions de personnes et plus de 500 000 avaient perdu leur emploi. Aujourd’hui, une entreprise sur cinq en Allemagne a annoncé des suppressions d’emplois.
    Nous connaissons la crise économique et financière mondiale la plus profonde depuis 1929! Rien qu’aux États-Unis, deuxième partenaire économique de l’Allemagne, le chômage devrait atteindre 30%. La Chine a également été prise dans le tourbillon de la crise économique mondiale. Pour la première fois depuis 40 ans, l’évolution économique y a été négative au premier trimestre. 70 millions de personnes seraient au chômage en Chine. En outre, les salaires et traitements ont été réduits.
    Afin de stabiliser l’économie contre sa chute libre, des programmes de relance massifs ont été mis en place dans tous les pays du monde pour stimuler l’investissement et la consommation. Cela peut atténuer temporairement les conséquences négatives et les contradictions – mais cela n’aidera pas, aussi facilement que prétendu, de sortir de la crise économique et financière mondiale. Avec une sage prévoyance, Wolfgang Schäuble3 a prédit: « L’Europe fait l’expérience d’un marasme économique sans précédent de notre vivant, et on ne peut faire qu’une estimation rudimentaire des distorsions que cela entraînera pour nos sociétés.« 
    Plus le développement économique négatif dure, plus le chômage total et partiel sont répandus, plus le ressentiment sera grand. L’approbation des mesures gouvernementales est en baisse depuis plusieurs semaines. Surtout, parce que le gouvernement se contredit constamment et que de plus en plus de gens sentent que la crise ne fait que commencer maintenant.

    Entre-temps, la gestion de crise est entrée un peu dans la crise elle-même.

    Pourquoi? Car il s’avère que la situation économique ne se résorbe pas simplement. Il est désormais admis que la crise se poursuivra pendant un certain temps – certains disent qu’elle durera tout l’été, certains même jusqu’à la fin de 2023. Bref: personne n’y voit clair vraiment.

    Et un autre miracle en mai ?

    Début mai, les gens se sont frottés les yeux de stupeur: le gouvernement est soudainement passé de la gestion de crise prudente à l’euphorie et à la détente. Le contexte était qu’au même moment, l’Association fédérale de l’industrie allemande (BDI) exigeait en termes péremptoires la levée des restrictions d’ici la fin mai. Ceci malgré le fait que 12000 personnes étaient officiellement malades à l’époque et que ce nombre était nettement plus élevé qu’en mars lorsque les mesures drastiques ont été introduites. Une simple directive du BDI montre qui est le vrai gouvernement en Allemagne. Le gouvernement fédéral dépense des milliards d’euros pour les monopoles, mais aussi beaucoup d’argent pour que les gens restent calmes. Quel genre de gestion scientifique de crises est-ce là ?!
    Mais le gouvernement doit également mettre un frein aux subventions et à un moment donné, la question se pose de savoir qui devrait réellement payer pour tous ces bienfaits.
    Le gouvernement fédéral a modifié la réglementation des prestations de chômage partiel. Elle l’a fait pour rassurer les ouvriers qui ont le plus protesté contre la gestion de crise. Ils exigeaient également une protection sanitaire décisive dans les entreprises. Les travailleurs ont précisé que s’il n’était pas possible de se tenir à distance au travail, les usines pourraient devoir être fermées pour protéger la santé des travailleurs et de leurs familles.

    Chômage et pauvreté progressent

    En même temps, il y a déjà beaucoup de gens qui sont vraiment appauvris maintenant. Parce que ni les personnes recevant le ‘Hartz IV’4, ni les retraités n’ont reçu plus d’argent quand les banques alimentaires ont été fermées. Certaines petites entreprises ou les indépendants ont reçu une aide d’urgence. Mais cela ne suffit pas longtemps non plus! Et pourquoi les personnes avec le ‘Hartz IV’, les retraités, les parents isolés, en particulier les femmes avec enfants et d’autres qui en ont vraiment besoin, ne reçoivent-ils pas une aide adéquate? Même ceux qui sont au chômage partiel pendant quelques mois peuvent à peine joindre les deux bouts! Au sein de la CDU (parti conservateur, ndlt), il y avait même des voix pour abaisser le salaire minimum et suspendre l’augmentation du taux Hartz IV pour cette année, afin que l’endettement étatique n’augmente pas incommensurablement.
    Pendant des mois, les enfants et les adolescents n’ont pas vu leurs camarades et tout le monde a manqué de contacts sociaux. En particulier, les femmes en télétravail, qui aident leurs enfants à suivre les cours à la maison, se trouvent dans une rude épreuve. De nombreuses entreprises ont rapidement réduit leurs postes en alternance. La non-embauche des apprentis après la formation atteindra un nouveau niveau record cette année. Les jeunes terminé leurs formations ne sont pas embauchés et souvent aucun stagiaire n’est embauché. Cela semble être le moyen le moins cher et le plus «élégant» de licencier des personnes ou de supprimer des emplois et des stages. Compte tenu de la détente croissante et du prétendu «retour à la normalité», la population devrait oublier toutes ces crises sociales.

    Tout va bien !

    De suite, les médias changent de ton. Tout à coup, tout va bien. Les gens peuvent descendre dans la rue, les magasins sont maintenant ouverts, le tourisme est autorisé et les réunions devraient également être possibles dans une certaine mesure.

    Mais les ‘clusters’ ne doivent pas être oubliés: ce sont les dortoirs, dans lesquels six à huit personnes, pour la plupart des travailleurs intérimaires de différents pays, sont entassées dans une seule pièce. C’est l’industrie de la viande et ce sont les hôpitaux, ce sont des établissements de soins et des logements pour les demandeurs d’asile. Les gens sont toujours infectés dans ces endroits parce qu’ils n’ont pas de masques de protection et ne peuvent pas garder la distance recommandée. Dans certains cas, ils ne sont même pas instruits sur les risques.

    Le gouvernement coincé

    Le principal problème est que les mesures visant à contenir la pandémie du corona s’opposent directement à la reprise économique – et vice versa. La crise corona et la crise économique et financière mondiale sont donc –- deux choses différentes. On peut penser que – d’un point de vue mondial – elles peuvent interagir de sorte que, dans quelques mois, une crise sociale globale du système impérialiste mondial se développera.

    Premièrement, les programmes nationaux de crise n’agissent que dans une mesure très limitée. Dans la production internationale d’aujourd’hui, essayer de stimuler la production en Allemagne est inutile si, par exemple, les deux tiers des pièces détachées pour automobiles ne sont pas livrées depuis d’autres pays. Il est également inutile de produire ici à tout va si le marché mondial s’effondre de telle manière. Il est illusoire de maîtriser la crise économique et financière mondiale actuelle avec des programmes nationaux de crise. Il est tout aussi illusoire de penser que la pandémie du Covid-19 peut être surmontée avec des mesures nationales si elle continue de croître de façon exponentielle dans le monde entier.
    Deuxièmement, de nombreux experts économiques ont manifestement l’illusion que la crise du corona a déclenché la crise économique. Ceci n’est pas le cas. Certains économistes commencent à ne pas suivre les discours onctueux des experts économiques et parlent eux-mêmes d’une crise économique et financière mondiale et admettent que le développement économique négatif était déjà présent avant la crise du corona. Jusqu’à présent, ce sont encore des voix isolées. Tout compte fait, les bases d’une gestion de crise efficace font défaut !

    Le potentiel d’une crise politique mondiale

    Il se peut qu’une crise politique mondiale profonde se profile, comme jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans une telle crise, des luttes et des grèves de masse éclateront, des combats de rue et de brutales violences policières contre les masses s’ensuivront. Un tel développement se produit déjà en Amérique latine ou en Afrique. Là-bas, la faim se développe parmi des millions de personnes. Il n’y a pas de système de santé ou social pour les masses qui fonctionne, les tests n’existent pas. Le corona virus se propage de plus en plus dans le monde. On a affaire maintenant officiellement à plus de cinq millions de personnes infectées dans le monde. D’un point de vue mondial, nous sommes au début de la pandémie et non à la fin!
    Le mélange des crises économiques, politiques, écologiques, sociales, idéologiques et une crise de la faim est le terreau sur lequel une fermentation révolutionnaire peut se développer.

    Les travailleurs en première ligne

    Face à cette évolution des crises, les luttes des travailleurs et des masses vont se renforcer de manière significative. Les ouvriers ont déjà été en première ligne dans les manifestations au cours des derniers mois. Ainsi, par exemple, quand en Allemagne, lorsque toute la vie publique a été réduite, les ouvriers industriels devaient continuer à produire sans protection. Les ouvriers qui auparavant ont participé à la Conférence internationale des travailleurs de l’automobile en Afrique du Sud ont joué un rôle de premier plan dans l’organisation d’un 1er mai militant : aux Philippines, au Brésil, en Afrique du Sud, en Allemagne et en Italie également. Environ 900 000 travailleurs se sont mis en grève autour du 1er mai – malgré le confinement ! Un autre point fort ont été les célébrations du 8 mai à l’occasion du 75e anniversaire de la victoire sur le fascisme hitlérien. Partout, ce sont les militants ouvriers, les femmes et les jeunes – et les marxistes-léninistes – qui ont été à l’avant-garde de la lutte pour les droits et libertés démocratiques.

    L’extrême droite fait son apparition

    Et soudain, il y a eu des manifestations des forces de droite, de personnes de ‘Pegida’5, de types de l’ AfD6, des partisans des fascistes comme Trump aux États-Unis ou Bolsonaro au Brésil. Ils descendent également dans la rue, mais contre les mesures légitimes de protection de la santé. Ils ne protestent pas contre les restrictions aux droits et libertés démocratiques, mais contre toutes les mesures sanitaires du gouvernement. Ceci est misanthropique et inhumain pour les gens, et met en danger la vie et la santé de millions de personnes dans le monde.

    J’appelle tout le monde à protester, mais ne tombez pas dans le piège de ces vociférateurs de droite! Par exemple, ils demandent que les centres de rétention des demandeurs d’asile soient démantelées – mais seulement pour expulser ensuite les réfugiés. Ils n’ont rien contre les personnes âgées qui tombent malades et meurent de Corona, – ce ne serait que de la « sélection naturelle ». C’est une vision fasciste du monde! Nous n’avons rien à voir avec de telles gens. Nous ne sommes pas des misanthropes. Les manifestations de droite – comme Pegida à l’époque – ont été véritablement promues dans des médias comme à la chaîne ntv. Cependant, plus de 80 pour cent de la population en Allemagne s’y opposent clairement, et ces manifestations réactionnaires ont maintenant massivement diminué.
    Si nous protestons contre la gestion des crises par le gouvernement, ce n’est pas contre des mesures sanitaires sensées. Surtout, nous critiquons les restrictions aux droits et libertés démocratiques, inutiles en termes de politique de santé et le transfert du fardeau de la crise sur la masse de la population, les travailleurs, les personnes âgées dans les maisons de retraite, les réfugiés dans les maisons des demandeurs d’asile, etc.

    Pour une société alternative

    Nous devons être conscients que cette année sera encore agitée. C’est pourquoi nous devons maintenir et continuer nos formes de protestation, les ‘manifestations du lundi’ comme expression d’une « conscience sociale », et nous ne devons pas laisser la propagande médiatique nous assombrir. Pensons avec nos têtes et poursuivons nos lundis.
    Nous sommes régulièrement dans la rue depuis 2004 et nous avons déjà révélé et accompli beaucoup de choses. Nous continuerons à informer les gens. Et lorsque nous constatons qu’une crise sociale mondiale du système impérialiste mondial se développe, il est grand temps de réfléchir à des alternatives sociétales. Quel système pourri !
    Aujourd’hui, l’humanité pourrait faire des choses complètement différentes: vaincre la faim et la pauvreté, prévenir les maladies, protéger activement la santé et donner un avenir à nos jeunes. Mais le capitalisme n’offrira jamais cela! Pour cela, nous avons besoin de changements révolutionnaires et d’un vrai socialisme.
    Les ‘manifestations du lundi’ sont un mouvement démocratique et non-lié à un parti. Nous sommes ici parce que nous protestons pour les droits sociaux et démocratiques du mouvement ouvrier, des gens simples, des jeunes. Et nous sommes surtout des internationalistes. Nous sommes contre toute forme de racisme, de fascisme et d’antisémitisme. Notre devise est: Aucune chance à l’anticommunisme, au racisme, à l’antisémitisme et au fascisme! Vive la solidarité internationale!
    Prenez votre courage à deux mains! Rejoignez ce mouvement de solidarité et de lutte commune.
    Glück auf !7

    S. Engel pour Rote Fahne (Drapeau Rouge), magazine du MLPD, no. 12, 4 juin 2020.

    1 Datant déjà de l’époque du RDA, réapparues en 2004 , les « manifestations du lundi » sont un mouvement combatif en Allemagne qui regroupe les militants de différents bords pour discuter des événements sociaux, économiques et politiques et qui organisent la résistance. L’événement se déroule les premiers lundis du mois dans les centres villes autour d’un micro ouvert où tout le monde peut prendre la parole.

    2 Sous-titres mis par nos soins, ndlt

    3 Président du Bundestag allemand

    4 Les lois Hartz IV visent la réduction massive des prestations des chômeurs et la contrainte au travail intérimaire et faiblement rémunéré – ndlt

    5 Mouvement d’extrême droite et raciste, en particulier islamophobe, ndlt

    6 AfD, parti d’extrême droite, Alternative für Deutschland

    7 salut des mineurs : ‘Bonne chance et courage !’, ndlt

  • Combien de confinements ?

    Combien de confinements ?

    Après bientôt une quarantaine de jours de confinement, la question qui est légitimement dans tous les esprits est : comment en sortir ? Or, la réponse n’est absolument pas évidente.

    Ces dernières semaine, la mortalité a été extrêmement fortes. Plus de 21 000 morts, principalement des personnes âgées. Mais le bilan est loin d’être encore réellement réalisé. Il a déjà été annoncé que la mortalité anormale avait largement dépassé celle de la canicule de 2003 tout comme celle de la plupart des épidémies de grippe saisonnières. Et l’épidémie n’est pas encore terminée. Nous adressons nos condoléances les plus sincères à toutes celles et ceux qui ont perdu un être cher. Nos pensées vont vers eux et elles.

    Malgré ces terribles deuils, il est important de reconnaître que le confinement a permis un aplanissement de la courbe des infections. En dépit de toutes les inégalités, en dépit des violences policières innombrables et cruelles, en dépit des violences conjugales et familiales, le confinement à contribué à éviter une destruction complète du tissus hospitalier.

    Mais quelque part, il est aussi victime de son succès. Avec un taux d’infection de 5,7 % (estimé) de la population, le confinement a fonctionné. Mais il laisse aussi un sentiment amer et inquiétant : celui d’une pandémie qui est loin d’être terminée. Il n’est pas non plus rassurant de penser qu’il y a eu une saturation des services de santé avec un taux d’infection qui est demeuré, malgré tout, très bas.

    Cela signifie qu’il reste donc, au minimum, un potentiel de 94,3 % de la population qui court le risque d’être touchée, en partant du principe d’une immunité acquise à 100 %. Principe qui d’ailleurs n’est pas encore avéré et qui est, en dernière instance un problème insurmontable.

    La question qui se pose est de savoir quels sont les projets du gouvernement, projets qui ont tendance à avoir l’air pris au jour le jour, avec des ordres, des contre-ordres, des revirements brutaux…Une partie de ce qui suit est donc du domaine de la spéculation. Spéculation cependant alimentée par des principes de rationalité qui sous-tendent tout raisonnement.

    En somme, nous pouvons penser que les objectifs du gouvernement sont les suivant :

    • Tenter de juguler au plus vite et avec le moins de casse possible la crise pandémique. En réalité il n’y a pas d’intérêt au fait de causer des morts.
    • Tenter de limiter la pression au maximum sur le cœur de l’économie à la fois pour éviter de nuire aux intérêts de la grande bourgeoisie, mais également pour tenter de limiter le délitement du tissus économique du pays.
    • Tenter de ménager une certaine stabilité politique dans le pays pour éviter une crise politique majeure.
    • Ne pas se laisser enterrer par les États qui peuvent se permettre une politique de remise en route beaucoup plus rapide et brutale.

    Mais ces objectifs sont extraordinairement difficiles à atteindre sans que cela ne dépasse les limites de l’acceptable pour la population, déjà largement échaudée par l’incompétence du gouvernement et par les tensions sociales préexistantes. Il existe des points de ruptures qui sont déjà dépassés, notamment dans les quartiers populaires, dans lesquels 40 jours d’isolement n’ont absolument rien de romantique ou de reposant, bien au contraire. Plus les discriminations sociales étaient fortes avant le confinement, plus elles ont eu tendance à s’accentuer, avec d’ailleurs le rôle de catalyseur, voire de détonateur, de la police.

    L’idée d’une reprise progressive le 11 mai, puis d’un retour en classe le 18 mai, est probablement une remise en route temporaire. Il serait tout à fait envisageable et rationnel pour le gouvernement, et conforme aux intérêts de la bourgeoisie, que de tenter au maximum de faire coïncider une nouvelle étape pandémique avec la prise des congés payées.

    • D’une part cela éliminerait le besoin d’une législation spéciale sur la réduction de celles-ci, ce qui serait mal perçu et pourrait accentuer encore davantage les tensions.
    • De l’autre, le secteur du travail saisonnier (hors agriculture) risque, quelque soient les scénarios, de demeurer fermé.

    Nous nous dirigeons donc vers une possible série de confinements, suivis de sas de décompression, pendant lesquels la maladie se répand à nouveau, puis avec de nouveaux confinements. Ces espaces permettraient des contaminations « contrôlées » et adaptées à la dimension du système hospitalier.

    Mais, d’une part cette solution va se heurter au poids de plus en plus grand de l’endettement et de la concurrence internationale toujours plus aiguë. La baisse de la consommation intoxique aussi l’espoir d’une reprise rapide de l’économie. Et ceux et celles qui, sous la sidération, ont accepté des mesures d’autorité, les accepteront-ils à nouveau, la deuxième ou la troisième fois ? La lassitude pourrait très bien faire triompher des lignes hostiles au confinement, lignes soutenues par les franges des exploiteurs les plus radicales et les plus déterminées à sacrifier des vies humaines.

    Pour relancer l’économie et éponger rapidement la dette, il n’est d’ailleurs pas exclu que soit mis en marche la menace de taxer l’épargne. Cette taxe, non seulement frapperait les plus petits épargnants, mais pousserait à sortir l’argent des comptes pour le dépenser. Cette mesure est extrêmement inéquitable, puisqu’elle ne touche pas aux investissements, aux placements, à l’immobilier, ce qui représente le patrimoine des plus aisés.

    Pour faire accepter cette stratégie, maintenir le pays sous contrôle, pressurer le plus vulnérables, gérer le chaos de la perte de plusieurs millions d’emploi, des mesures politiques seront certainement mises en œuvre. Il n’est pas dit que la notion de liberté démocratique ne change pas de sens rapidement, sur l’autel de la gestion de crise.

    Quelque choix les stratégies employées par le gouvernement, il n’en reste pas moins que la réponse reste la même : préparer les luttes à venir, quelques soient leurs formes. Mais surtout, préparer également une réponse politique à la hauteur des enjeux de la période. Une réponse politique qui ose poser la question de la nature du régime, de la nature du pouvoir et de quels intérêts sert l’État.

    Cette crise, la crise économique et la crise écologique doivent mettre à l’ordre du jour l’idée d’un pouvoir populaire, seul à même de mettre fin à la dictature des rendements financiers, à la dictature de l’argent.

    Cette pandémie, est, en réalité, non pas un événement isolé, mais bien un symptôme de la déstabilisation des écosystèmes. Il est vital que cette déstabilisation s’arrête.

    La philanthropie, la charité, ne seront pas les réponses efficaces à ces maux. La seule réponse est par une gestion démocratique et populaire de l’ensemble des moyens de production des richesses et par l’exercice du pouvoir politique par celles et ceux qui les produise.

    Elle passe aussi par le fait de chasser du pouvoir les pantins des exploiteurs. Cela demande donc d’être organisés et organisées.

    Nous sommes dans le purgatoire du confinement. Ce temps peut, et doit, être mis à profit pour avancer sur cela, pour se préparer à affronter la sortie.

    Confinement I, confinement II, ou pas, organisons-nous pour ne plus revivre cela !

  • Communiqué de l’UCL sur le 11 mai.

    Communiqué de l’UCL sur le 11 mai.

    Comme l’ensemble de la population, nous avons pris note de la déclaration d’Emmanuel Macron relative au déconfinement.

    Nous considérons que nous sommes hostiles, dans l’état actuel des choses, à ce que l’activité des écoles et d’un grand nombre de lieux de travail reprennent le 11 mai.

    Nous considérons que, à l’heure actuelle, il n’existe aucune des conditions qui puisse permettre à cette reprise d’avoir lieu dans des conditions de sécurité suffisantes.

    A l’heure actuelle, les études sur l’immunité acquise contre le virus donnent des résultats plutôt déprimant.

    • A Wuhan, seul 2 à 3 % du personnel médical, pourtant très exposé, a développé des anticorps.
    • Il y a eu des cas de recontamination (il y a eu plusieurs cas recensés en Corée du Sud), ce qui laisse supposer une caractère cyclique de l’épidémie, notamment du fait des mutations du virus.
    • Certaines études laissent supposer que les réactions immunitaires, plus fortes après la première exposition, pourraient en réalité aggraver l’état de santé des patients. L’une des causes des décès étant une surréaction immunitaire.

    Donc il n’y a pas, de très loin, d’immunité de masse, ni en Chine, ni en France.

    • Les test sont particulièrement faibles, la France est un des pays qui a le moins dépisté : 5000 dépistages par million. C’est 5 fois moins que la Suisse, 4 fois moins que l’Allemagne.
    • Il n’y a toujours pas de matériels qui permettent une protection suffisante de la population, et donc de pouvoir faire passer le taux de contamination en dessous de 1.
    • Le système hospitalier, sans être complètement saturé, reste sous une tension forte, avec un personnel, un matériel, qui s’épuise. Il a besoin de pouvoir souffler.

    Aussi terrifiant que cela puisse paraître, il faut envisager que la sortie réelle, définitive, peut potentiellement arriver uniquement après la mise en œuvre d’un vaccin définitif.

    Nous jugeons que la réouverture des lieux d’éducations, sous un prétexte cynique (le risque de décrochage et d’accroissement des inégalités), n’a vocation qu’à décharger les parents pour qu’ils retourner travailler. Elle fait courir des risques immenses tant à la communauté éducative qu’aux élèves, et, par voie de conséquence, à leur parents et leurs proches…

    Ce sont uniquement des impératifs économiques qui dictent cette reprise prématurée. Dans son rapport du 7 avril, l’OIT estime que 2,7 milliards de travailleurs et de travailleuses sont touchés par le confinement, soit 81 % de la main d’œuvre mondiale. La productivité mondiale a diminué de 6,7 %, ce qui correspond à 195 millions d’emplois à plein temps.

    1,25 milliards de personnes (soit 38 % de la main d’œuvre mondiale) est menacée soit dans son salaire, soit dans son temps de travail. Le commerce de détail, l’hôtellerie, la restauration, l’activité manufacturière sont les plus touchés par la crise économico-sanitaire.

    Les femmes, en particulier dans l’aide à la personne et les tâches domestiques, et les populations des pays dominés (dans lesquels le secteur informel représente une part immense de l’économie) sont les plus touchés.

    L’effondrement du secteur informel ailleurs aura d’ailleurs des répercutions sur l’économie ici-même, accentuant par là même la crise économique mondiale.

    C’est donc devant cette situation que la bourgeoisie envisage de passer les morts en perte et profit.

    • D’une part, il y a l’avidité et l’appât du gain, la contraction de près de 10 % du PIB effraie les exploiteurs.
    • Il y a la peur panique qu’une fraction de la bourgeoisie puisse tirer profit de la situation mieux qu’elle, et capter les intérêts des investisseurs.
    • Surtout, une inquiétude immense les étreint : le premier pays qui lâchera le confinement sera probablement bien placé pour occuper les vides dans le commerce international, et donc prendre l’ascendant sur les autres.

    Cette panique doit les empêcher de dormir, sachant que la Chine est économiquement sur le pied de guerre, alors que l’Europe et les USA sont au point mort. Une grande partie de la bourgeoisie se converti alors progressivement à une ligne que nous pourrions qualifier de Raoult-Trumpienne. Cette ligne est répercutée massivement dans les journaux bourgeois, tels que le Figaro.

    • Elle appelle à un déconfinement le plus rapide possible.
    • Elle considère qu’il faut « prendre des risques », risques que la bourgeoisie est prête à faire assumer aux classes populaires.
    • Elle offre, en échange, un élixir de longue vie, une promesse de soin, le fameux traitement à la chloroquine. Ce traitement, qui a suscité des espoirs immenses, est devenu un enjeu plus politique que médical. L’étude d’impact de ce produit a d’ailleurs été maquillée grossièrement pour permettre d’être élogieuse. Voir ici

    Elle s’accompagne donc d’une intense propagande de défiance envers le confinement et envers une politique d’État jugée trop timorée. Même le poulain des exploiteurs, Macron, a du mal à prendre une posture aussi radicale, qui le mettrait dans une position très inconfortable. Sa rencontre avec Raoult ne peut être cependant comprise que comme un premier pas vers un déconfinement.

    Nous redoutons que celui-ci prenne la forme d’un déconfinement « à la hongroise », c’est à dire d’une possibilité de sortie qui se limite au travail et qui remette à d’autres lendemain la possibilité d’exercer les droits démocratiques, notamment celui de manifester.

    L’Unité Communiste de Lyon s’inquiète également du caractère hégémonique des théories conspirationnistes.

    L’inquiétude face à la situation, le sentiment d’impuissance nourrissent ces théories. A cela s’ajoute une peur panique devant le sentiment d’être le jouet de la nature et des éléments, cette peur panique pousse à chercher des boucs-émissaires et des explications « rassurantes », « rassurantes » car faisant intervenir des acteurs humains, identifiables.

    Elles place des biais d’intentionnalité dans chacune des actions qui ont pu donner naissance au virus et le disséminer. Ainsi, il y a eu des controverses sur l’origine du virus, sur son « utilité » ou sur l’attitude des autorités par rapport à la crise. Or, nous remarquons des similitudes frappantes et classiques :

    • Un biais d’intentionnalité : il existe un « but » à ce qui se passe.
    • Des acteurs nébuleux et monolithiques.
    • Une aggravation volontaire de la situation par les autorités.

    Elles ont été souvent diffusées et soutenues par des acteurs en mal de reconnaissance, à l’exemple du très controversé Dr Luc Montagnier, qui préconisait la papaye pour guérir le VIH ; ou encore par les groupes fascisants, pour semer les germes de la terreur et de la discorde.

    En revanche, ce qui devient inquiétant, c’est sa diffusion larvée par des médias « mainstream », comme le Nouvel Obs ou le Point, qui mettent en avant des titres racoleurs et répugnants.1 Elle est reprise également au niveau des directions politiques, telle Trump ou même Macron2. A noter que le Figaro, qui défend une ligne libérale, s’est empressé de démonter l’argumentaire. L’idée d’un virus de longue durée, du type VIH, ne fait effectivement pas les affaires de la politique anti-confinement.

    • Nous dénonçons cette campagne de désinformation propre à stimuler l’inquiétude et à anesthésier toute analyse rationnelle de la situation.
    • Nous soutenons que les processus d’apparition des virus et des zoonoses sont suffisamment maîtrisés pour qu’une origine naturelle et une diffusion par les canaux de la mondialisation soit la théorie centrale.
    • Nous constatons que les États ont agi de manière différentes, et que des contradictions très importantes sont apparues dans les gouvernements, montrant qu’il n’y a pas de plan unique et que les États ont souvent réagi dans la panique et la précipitation.
    • Que, selon l’adage de « à quelque chose malheur est bon », certaines cliques de la bourgeoisie utilisent cette catastrophe sanitaire. Les investisseurs, d’ailleurs, sans vergogne, se sont reconvertis vers les secteurs sanitaires. Cela ne signifie pas qu’elles l’aient provoquée.
    • Nous considérons que la politique de lutte contre les Fake News, menée par Facebook, est faite sous une forme contre-productive. En permettant de créer un sentiment de persécution, elle donne un caractère de prophétie autoréalisatrice aux théoriciens du complot.
    • Nous dénonçons également la préparation mentale à une ère de dureté.

    D’autant qu’il y aura des tensions extrêmement fortes à l’issue de ce confinement. Des tensions économiques, sociales, et donc, par voie de conséquence, politiques. Si le spectre du chômage est une peur constante, quotidienne, il s’ajoute à cela d’autres phénomènes. Notamment, l’effondrement d’une partie de la petite bourgeoisie commerçante, petite-manufacturière, sous-traitante (notamment dans l’automobile) pose des questions inquiétantes. L’attitude de 3 000 000 d’artisans et d’artisanes, ruinés, peut créer une situation d’instabilité politique majeure, voire de crise de régime.

    L’Unité Communiste de Lyon, ainsi que l’UPML en France, mais aussi les coordinations mondiales de l’ICOR et de l’ILPS appellent à préparer une solidarité active et à construire un mouvement pour défendre les intérêts des travailleuses et des travailleurs.

    Nous appelons :

    • A ne faire aucun sacrifice pour les intérêts de la bourgeoisie et de militer pour un report du déconfinement dans les secteurs à risque.
    • A la construction de front uni locaux, avec l’ensemble des forces progressistes, anticapitalistes et populaires.
    • A la coordination des organisations politiques pour préparer un premier mai offensif, malgré la situation.
    • A la réunion et la coordination des organisations communistes dans le but de faire entendre une position politique claire et à construire un mouvement de masse.
    • A une diffusion la plus large possible d’explications scientifiques et rationnelles sur la pandémie, permettant de lutter tant que le conspirationnisme, mais également d’être armé politiquement pour affronter la situation future.

    1https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200417.OBS27646/comment-est-apparu-le-coronavirus-la-pression-monte-sur-pekin-qui-se-defend-de-toute-desinformation.html

    2https://www.atlantico.fr/pepite/3588872/gestion-du-virus-en-chine–emmanuel-macron-estime-qu-il-y-a-des-choses-qui-se-sont-passees-et-qu-on-ne-sait-pas-

  • Sur la situation à Gaza, par des sympathisants du FPLP

    Sur la situation à Gaza, par des sympathisants du FPLP

    La bande de Gaza souffre du siège imposé depuis 2006, qui s’est intensifié après la division politique palestinienne en 2007. Par conséquent, nous avons deux gouvernements : un en Cisjordanie et l’autre dans la bande de Gaza supervisé par le Hamas, où M. Ismail Haniyeh a continué à gouverner la bande de Gaza en tant que Premier ministre pendant plusieurs années, et depuis 2017, un comité administratif a été formé appelé le Comité gouvernemental, qui supervise à ce jour les institutions gouvernementales et les ministères dans la bande de Gaza.

    En lien avec cette réalité, les conditions de vie, sociales, économiques et sanitaires des citoyens de la bande de Gaza – dont la population dépasse les 2 millions de citoyens – continuent de se dégrader, et cette situation peut être résumée comme suit :

    1. Une augmentation des taux de pauvreté et de chômage qui a atteint 53 % et dépassé 70 % chez les jeunes.
    2. Une crise complexe représentée par des coupures de courant pendant plus de 12 heures / jour, et parfois plus de 16 heures / jour.
    3. De sévères restrictions à la circulation des personnes, en particulier des patients, par les deux principaux points d’entrée : le point de passage de Rafah du côté égyptien et le point de contrôle d’Erez (Beit Hanoun) des territoires occupés.
    4. De sévères restrictions à la circulation des biens, y compris des équipements médicaux (car il est strictement interdit d’envoyer des équipements médicaux de la bande de Gaza à l’étranger pour maintenance, ce qui a provoqué la perturbation d’une grande partie des équipements médicaux du gouvernement, des ONG et des institutions privées).
    5. Des restrictions strictes sur les exportations, notamment agricoles, de la bande de Gaza vers l’étranger et sur les importations de produits de base.
    6. De fortes restrictions sur la réception de fonds et les transferts bancaires à destination et en provenance de la bande de Gaza.
    7. Un grand nombre d’employés du secteur public dans la bande de Gaza ont été orientés vers la retraite anticipée.
    8. Adopter la politique de déduction des salaires des employés du secteur public.
    9. Le secteur privé a été affecté négativement et ses activités ont été limitées aux seuls domaines de base et vitaux.
    10. Une pression psychologique et sociale accrue et sa réflexion sur les indicateurs élevés de violence et de crimes sociaux.
    11. La faiblesse des infrastructures et le retard dans les travaux de reconstruction des maisons et des installations qui ont résulté de la fréquente agression israélienne sur la bande de Gaza. 12- L’incapacité des institutions gouvernementales et des ONG à fournir tous les services nécessaires aux citoyens, principalement les services de santé dont ont besoin les groupes marginalisés et les plus touchés (les blessures causées par les agressions israéliennes ou par la Grande Marche du Retour).
    12. La pénurie aiguë de médicaments, de consommables, de fournitures médicales et d’équipements médicaux nécessaires à la poursuite du travail du secteur de la santé, où le déficit en médicaments a atteint 46%, alors que le pourcentage du déficit en médicaments jetables a dépassé 28%.

    Le secteur de la santé :

    Le secteur de la santé dans la bande de Gaza se compose de trois éléments de base : (I) le secteur gouvernemental de la santé qui est la plus grande composante du secteur de la santé et qui fournit des services dans le domaine des soins de santé primaires, secondaires et tertiaires, (II) le programme de santé de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui fournit ses services principalement dans le domaine des soins de santé primaires, (III) le secteur non gouvernemental et privé qui fournit de multiples services dans le domaine des soins de santé primaires, secondaires et tertiaires.

    Le secteur de la santé dans la bande de Gaza souffre de crises successives dues au blocus imposé à la bande de Gaza il y a 14 ans, en plus des résultats catastrophiques créés par les fréquentes attaques et agressions en (2008 – 2012-2014), qui ont conduit le secteur de la santé et toutes ses composantes à un état de faiblesse dans la fourniture des services de santé en raison du manque de ressources matérielles et humaines qui a conduit à une longue liste d’attente pour les patients à subir des opérations chirurgicales dans les hôpitaux du ministère de la santé.

    Le nombre d’hôpitaux dans la bande de Gaza est de 32, dont 13 hôpitaux gouvernementaux, 17 hôpitaux d’ONG et 2 hôpitaux militaires, et la capacité en lits est de 2943 lits, dont 2240 pour le ministère de la santé, 527 pour le secteur des ONG et 177 pour le secteur militaire.

    Le nombre de centres de soins de santé primaires 158 centres, dont 51 centres pour le secteur gouvernemental, 22 centres pour l’UNRWA et 95 centres pour le secteur des ONG. Le nombre de lits d’unités de soins intensifs (USI) dans les hôpitaux de la bande de Gaza est de 110 lits.

    Union des comités de travail de la santé :

    L’Union of Health Work Committees (UHWC) est une organisation de base, communautaire, non gouvernementale palestinienne, à but non lucratif et la plus grande et la plus active organisation de santé dans la bande de Gaza. Elle a été créée en 1985 sous la licence n° 2042. L’UHWC fournit des soins de santé holistiques à la population de la bande de Gaza, en se concentrant sur le secteur marginalisé le plus vulnérable de la société palestinienne. UHWC s’engage à élever le niveau et la qualité des services de soins de santé au sein de la communauté, en s’efforçant de garantir que tous les individus et les familles ont un accès égal à des soins de santé de qualité. L’UHWC cherche à améliorer le bien-être physique, psychologique et social global de tous les Palestiniens, quel que soit leur statut racial, politique, social ou religieux, grâce à ses installations spécialisées, ainsi qu’à des services et activités de proximité avec une approche communautaire.

    L’UHWC adopte le slogan « Le service de santé est un droit pour quiconque en a besoin » et les installations de l’UHWC sont réparties dans les 5 gouvernorats de la bande de Gaza, où l’UHWC dispose de 6 centres de soins de santé primaires, 7 centres communautaires, en plus de l’hôpital Al Awda. Les services de l’UHWC touchent plus de 500 000 citoyens par an, soit plus d’un quart de la population de la bande de Gaza. En raison de l’intensité du siège, en particulier ces deux dernières années, l’UHWC est confronté à des défis difficiles en raison de l’augmentation des besoins en services de santé, en particulier par les groupes les plus touchés, car les conditions économiques et de vie ont augmenté le secteur de la vulnérabilité et de la pauvreté.

    À la lumière de la propagation de la pandémie de Corona, le secteur de la santé a concentré la plupart de ses services et de sa main-d’œuvre sur les services de quarantaine et les centres domestiques. Le ministère de la santé a mis fin aux interventions chirurgicales électives et aux consultations externes dans les hôpitaux, et l’Office de secours et de travaux des réfugiés palestiniens (UNRWA) a restreint et réduit les services de soins de santé primaires aux citoyens, ce qui a obligé l’UNRWA à adopter une stratégie basée sur la poursuite de la fourniture de services de santé et l’élargissement des domaines de travail. Cette stratégie a fait peser des charges supplémentaires sur l’Union des comités de travail de la santé en tant qu’engagement éthique, national et professionnel, à la lumière de son slogan stratégique « Les services de santé sont un droit pour quiconque en a besoin ».

    Jusqu’à présent, le CTSU est toujours en mesure de continuer à fournir des services grâce aux alliances et aux partenariats que le CTSU a accumulés grâce à son processus de travail et à son expérience pendant plus de 35 ans.

    En raison de la pandémie de Corona, le CSMEU travaille dans plusieurs directions :

    1. Fournir des mesures de sécurité au personnel du CSMEU afin qu’il puisse continuer à fournir des services de santé et à répondre aux nouveaux besoins.
    2. Mettre en place des mesures de sûreté et de sécurité pour les patients et les bénéficiaires afin de limiter la propagation et la transmission de l’infection de l’environnement extérieur aux établissements de santé du CSUR et vice versa.
    3. Mobiliser des ressources pour répondre aux besoins des patients en médicaments et en fournitures médicales pour les tests de laboratoire, les radiographies et les diagnostics médicaux, car le nombre de bénéficiaires devrait passer de 1 750 à 2 500 par jour dans les installations du CSMEU.
    4. Mise en place d’un plan d’urgence pour continuer à fournir des services à la lumière de la transition vers la phase de diffusion du virus de la corona dans la bande de Gaza pour une période de six mois, à partir du 1/4/2020 jusqu’au 10/31/2020.
    5. Renforcer les capacités du CSSAU à répondre aux besoins de santé dans le domaine des soins de santé primaires, secondaires et tertiaires pour les groupes marginalisés qui ont augmenté en raison de la perte de dizaines de milliers de leurs possibilités d’emploi suite aux mesures prises par le gouvernement pour faire face à la menace de propagation de la pandémie de Corona (fermeture des cafés, des cafétérias, des marchés populaires et perte des travailleurs de ces lieux à leurs possibilités d’emploi).
    6. La réponse du CSMEU aux besoins des patients en matière de santé à la lumière de l’accent mis par le ministère de la santé sur les services d’urgence et les efforts pour faire face à la propagation de la pandémie de Corona.
    7. Réponse de l’UHWC à certains services spécialisés, dont Fournir des ventilateurs et des lits d’USI pour augmenter le nombre de lits de soins intensifs dans les hôpitaux de la bande de Gaza de 48 à 60 lits, en particulier à la lumière des craintes de propagation de la pandémie de Corona.
    8. Utiliser les techniques des médias sociaux pour sensibiliser la société et la rendre plus sensible.
  • 1400 morts en France, 2000 aux USA…Que faire ?

    1400 morts en France, 2000 aux USA…Que faire ?

    1400 morts hier en France.

    Près de 2000 morts aux USA.

    Ce sont des chiffres qui paraissent abstraits. Pour la France ils représentent un doublement de la mortalité journalière (600 000 morts par an, soit 1 600 par jour). Ce sont des chiffres qui correspondent à des temps de guerre, et qui sont encore incomplets.

    Derrière ces chiffres se cache une réalité et des responsabilités. Les responsabilités de l’intégralité des gouvernements de droite et de gauche depuis la fin du XXe siècle, qui ont tous cherché à liquider l’hôpital et la recherche scientifique.


    • C’est la responsabilité de Michel Rocard (PS), qui, dans les
      années 1990, commence à mettre en place la CSG pour financer la
      Sécurité Sociale. On commence à l’affamer et la finançant de
      manière fixe et plus selon ses besoins.

    • Les cadeaux fiscaux de Lionel Jospin (PS aussi), pour faire avaler
      les 35h, qui créent un manque à gagner supplémentaire. Dans le
      même temps, un deuxième aspect, qui rejoint l’attaque contre le
      financement de la Sécurité Sociale, concerne les excédents
      budgétaires. Les années où la Sécurité Sociale dispose de plus
      que ses besoins, ceux-ci sont exonérés — auprès du patron. Des
      micro-accords dérogatoires permettent d’étendre cela auprès
      d’autres entreprises. Au final, cela signifie qu’une partie du
      salaire brut n’est pas versée au salarié, mais rentre dans la
      poche du patron.


    • La mise en place de la RGPP, Révision Générale des Politiques
      Publiques, par Sarkozy, en 2008, qui autonomise les services publics
      et leur donne la responsabilité de trouver des financement et
      d’être retable, mais même profitable. Elle est ce qui créé
      hémorragie la plus grande dans les hôpitaux en termes de place.
      Dans les universités, elle s’est traduite par la LRU (Loi sur la
      Responsabilité des Universités) qui a liquidé toutes les
      recherches qui ne débouchaient pas sur une valeur sonnante et
      trébuchante.


    • Les politiques de la coalition EELV-PS-PRG entre 2012 et 2017, puis
      le règne de LREM, qui tous ont continué la même politique de
      sacrifice sur l’autel des intérêts financiers.

    LR, PS, EELV, PRG font mine d’être offusqués de ces morts. Ce sont pourtant des responsables indirects de ceux-ci. Toute personne qui suit le PS et ses déclaration n’a jamais vu la moindre once d’autocritique de la part de cette organisation pour le quinquennat de Hollande et pour ses méfaits passés. Tous ceux et celles qui suivent les fanfarons et les fanfaronnes de LR les voient s’exempter de la moindre responsabilité. Pourtant, les responsables sont connus et connues.

    Le RN, incapable d’assumer son programme, se prétend désormais grand défenseur du service public, en espérant gagner des voix. Leur existence se fait coup de déclarations agressives demandant toujours plus de répression, plus de brutalité, plus d’ordre. Les ultras de la réaction soufflent sur les braises des tensions sociales tout en se présentant comme des sauveurs. En réalité ils auraient exécuté le même programme que les autres, répression fasciste en supplément.

    A cela s’adjoint l’attitude des EHPAD, qui sont souvent des machines à amasser un fric considérable, tout en étant des mouroirs hors de prix. Ce sont dans ces lieux fermé, remplis de personnes vulnérables, que les pertes humaines les plus grandes ont lieu.

    Derrière cela il y a l’incurie, l’incompétence, l’aveuglement dans la croyance à l’invulnérabilité des pays occidentaux, à croire que les pandémies sont d’autres temps et d’autres lieux. Cela, malgré la terrible leçon d’humilité que nous recevons, se voit aussi dans les déclarations abjectes sur les « pokémons » ou sur l’expérimentation de vaccins en Afrique. D’autres, comme Trump, en profitent pour menacer de guerre, pour avancer leurs pions. Orban le fascisme, l’armée, au Brésil, un retour à la dictature…

    Le plus triste, ce sont ceux et celles qui se retrouvent intoxiqués par les agents les plus sournois du libéralisme. Toute critique du gouvernement n’est pas une main tendue, ni un espoir. Parmi ceux et celles qui critiquent le confinement, il y a ceux, il y a celles, qui en réalité préfèrent sauver l’économie et sacrifier ceux qui doivent être sacrifiés. Quand ils demandent, « la liberté, des masques et de la chloroquine », c’est pour reprendre au plus vite le chemin du travail, c’est pour « vivre et laisser mourir. » Bien des personnes qui passent pour des héros de la médecine sont en réalité de ceux qui veulent donner un os à ronger, donner un peu d’homéopathie, et remettre la France, vaille que vaille, au travail.

    Déjà, le confinement montre les écarts de classe. Les travailleuses et les travailleurs les plus essentiels ne sont pas les actionnaires, les bourgeois et les bourgeoises, ce sont ceux et celles qui produisent les richesses, toutes les richesses issues de la société. Eux, elles, sont aussi en première ligne, comme les soignantes et les soignants, sacrifiés pour que la machine à exploiter tourne au mieux possible. De plus on ne vit pas confiné en cité comme en banlieue pavillonnaire.

    Cette promiscuité aggrave les violences conjugales et familiales, sans parler des viols. Quant à la division genrée du travail, elle se voit dans les longues files d’attentes pour les produits alimentaires, parfois presque exclusivement féminines.

    Il faut, dans ce cadre, voir la mortalité aux USA non comme un particularisme, mais bien comme la résultante de l’aboutissement du processus de liquidation des droits sociaux. Elle est la trajectoire obligée de tous les pays défaillant, au système de santé hors de prix et sans protection sociale. A cela se surajoute le caractère profondément inégalitaire et la division raciale de la société. Les afro-américains et les afro-américaines représentent le plus grand contingent de morts. Nul doute que les alt-right doivent jubiler.

    On voit bien quelle est la réalité de l’Union Européenne. Cette machine vue comme « monolithique, asservissant les peuples et détruisant les nations souveraines » s’est révelée pour ce qu’elle est réellement : un château de carte. Une alliance fragile, bâclée, dans laquelle les pôles dominants (France et Allemagne, principalement) mènent des politiques contradictoires. Contradictoires car conformes à leurs intérêts spécifiques et exclusifs. Si l’UE était l’incarnation d’un ordre autoritaire, cet ordre serait bien minable.

    Aujourd’hui est chaotique.

    Et il faut penser à après.

    Le confinement dure en France depuis plus de trois semaine. Il est, depuis quelque jour, une expérience à laquelle est confrontée la plus grande majorité de l’humanité. Nul ne sait encore comment est-ce que le confinement finira, ni dans combien de temps. Il ne semble pas que l’État, le gouvernement, sache vraiment comment s’y prendre.

    Mais il est clair que, lorsque ce déconfinement aura lieu, il nous jettera dans un monde différent de celui d’avant. Différent d’hier, mais paradoxalement très proche d’avant-avant-hier.

    La bourgeoisie va vouloir nous faire payer. D’une part parce que les richesses sont le produit du travail de ces travailleurs et de ces travailleuses essentiels (ainsi que de la nature), et absolument pas le fruit du travail de la bourgeoisie. C’est donc fatalement ici qu’elles seront puisées.

    De l’autre, car la bourgeoisie ne le peut pas, du fait de sa situation de classe en concurrence contre elle-même. Le moindre affaiblissement, dans les rendements, dans la richesse, dans la capacité d’investir ou d’agir, peut se répercuter sur sa place dans la société.

    Elle ne le veut pas non plus, dans le sens où elle est également très attachée à son train et son confort de vie, et où la possibilité de pouvoir faire endosser le poids des dettes à d’autres qu’elle.

    Elle explore des voies pour pouvoir parvenir à cela. Soit dans la réduction drastique des salaires et des conditions de travail, soit en faisant main basse sur les économies des petits épargnants et des petites épargnantes. Ainsi, la nouvelle législation peut permettre de porter la durée maximale du travail hebdomadaire à 60h, limiter le repos à 9h entre les prises de service, travailler 7j/7. Bien évidemment cette législation est « temporaire ». Mais ce temporaire signifie ce qu’il signifie. Ou plutôt il laisse un vide.

    Deuxième voie, la saisie de l’épargne. Elle a été employée par exemple à Chypre. Elle est vendue comme un système égalitaire, c’est à dire que « les plus riches paient le plus ». Mais en réalité, c’est une arnaque des plus répugnantes. Pourquoi ? Parce que, comme pour la TVA ou comme pour la CSG, ce n’est pas linéaire ! L’épargne est en réalité quelque chose qui est majoritairement une solution pour les classes sociales les plus modestes. Lorsque le niveau de vie évolue, le plus souvent l’argent se dirige vers de l’immobilier, puis, encore plus haut, dans l’investissement. Une saisis de 10 % des comptes d’épargne serait très largement majoritairement payée par les plus modeste.

    Aucune autre option n’est non plus particulièrement réjouissante. La possibilité d’une hyperinflation et d’une dévaluation de la monnaie frapperait, là aussi, les ménages modestes et les petits épargnants et épargnantes.

    Dans chacun de ces scénario, l’issue est une situation durable de précarisation et de vulnérabilité. De plus il faut les faire accepter à la population, ou, à défaut, contraindre à ce que cette acceptation soit faite. Cela signifie ce que cela signifie: un régime plus dur, plus répressif, essayant de jouer sur une mobilisation réactionnaire.

    Cette mobilisation dans un sens réactionnaire n’est pas un fantasme nouveau. Depuis maintenant de nombreuses années, un certain nombre d’animateurs et d’animatrices des mouvement de droite et d’extrême-droite rêvent de pouvoir constituer cette réanimation du Parti de l’Ordre, cette droite élargie. C’est la position des individus charnière : Zemmour, Morano, Maréchal… qui essaient de pouvoir constituer ce pôle.

    Ce pôle, en s’appuyant sur des conceptions et des idées réactionnaires, sur le complotisme, la xénophobie… avec le soutien et la bénédiction de la bourgeoisie, peut prendre une place centrale dans la vie politique. Ou du moins il ressemble assez à la formule ad hoc pour la période.

    Il est sûr et certain qu’il y aura des mobilisations, des luttes et des combats importants à mener. Des combats pour les droits économiques, mais aussi des combats pour les droits politiques. Ils risquent de se dérouler dans un contexte particulièrement difficile. Les définitions de la légalité telles que nous les connaissons actuellement, tout comme la définition de la liberté, ne seront peut-être plus valables dans un temps relativement restreint. Or, par voie de conséquence, ce qui est valable pour la situation économique, le droit du travail, le niveau de vie, se répercute également vis à vis de la vie politique. Une dégradation économique entraînant fatalement des troubles, la vis se serrera également politiquement parlant.

    Il faut donc se préparer à cela.

    Il n’est plus possible de fonctionner comme nous avons fonctionné avant. Il n’est plus possible de se contenter de ce que nous pouvions faire en temps « normal ». Il faut trouver les moyens de faire plus, d’être plus, de mieux coopérer et de mieux travailler.

    Un grand nombre d’organisations et de groupes ont opté pour la solidarité de terrain et l’entraide. C’est un premier jalon important, vital, pour pouvoir résister. Ce sont des initiatives qui méritent d’être soutenues, qui méritent d’être amplifiées, qui méritent d’être élargies autant que possible. Il est plus que louable de vouloir essayer de limiter la casse et de poser également les bases d’une solidarité populaire.

    Nous avons besoin de décanter idéologiquement et politiquement, pour comprendre les enjeux actuels et comment s’y conformer, car nous ne pouvons plier la réalité à notre volonté. A cela, il faut également serrer les rangs et se renforcer. Dans un sens, cette expérience sera un test important pour toutes les organisations et pour tous les groupes qui existent. Elle illustrera comment le bagage théorique et idéologique de celles-ci va se transcrire, comment elles vont devoir s’adapter à une situation nouvelle, dans un contexte mouvant, compliqué et plus risqué que jamais.

    Nous ne sortirons de cette situation, vainqueur, que si nous sommes soudés, unis, unitaires. Que si nous plaçons au plus haut degré de l’importance la lutte populaire, contre les exploiteurs, contre les oppresseurs, contre l’impérialisme et contre le fascisme. Que si nous arrivons à faire l’unité grâce, et non pas malgré, à la lutte contre le sexisme, le racisme, les *phobies en tout genre.

    Internationalement, à l’échelle du continent, de l’État, de la région, de la ville, nous ne tiendrons que si nous avons des front unis, simples, accessibles, compréhensibles, sans sectarisme. Il nous faut trouver les moyens de nous défendre, mais aussi les moyens de gagner.

  • Déclaration sur la pandémie de Corona

    Déclaration sur la pandémie de Corona

    La pandémie de Corona s’est transformée en une crise sanitaire mondiale aux conséquences drastiques et menaçantes pour la masse des êtres humains. Il est clair que nombre de ces nouvelles maladies et de ces nouveaux virus apparaissent à un rythme accéléré. SRAS 2003, MERS 2012 et maintenant COVID-19, on pourrait en déduire que l’impérialisme a créé un monde où le climat et l’environnement changent de telle manière qu’il est devenu une menace réelle pour la vie humaine. Dans de nombreux pays impérialistes, notamment en Europe, le principal problème est actuellement la propagation exponentielle du virus. Dans de nombreux pays,, cela se heurte à une situation où les systèmes de santé ont été ruinés à force d’économies orientées vers le profit maximum, à tel point qu’ils sont sur le point de s’effondrer ou se sont déjà effondrés. Dans d’autres pays, il n’y a plus de système de santé publique qui fonctionne depuis des années. C’est pourquoi l’ICOR est avec toutes les victimes précédentes, leurs proches et avec ceux qui sont tombés malades.

    Dans le même temps, la pandémie de Corona est utilisée pour masquer l’émergence d’une crise économique et financière mondiale et pour en faire retomber la charge sur les grandes masses. Plusieurs gouvernements rendent disponibles des milliards pour les groupes industriels – mais pas pour les masses et le système de santé. De plus, la production industrielle doit souvent être maintenue à tout prix dans des conditions d’hygiène totalement inadéquates, et l’exploitation doit même être augmentée (En France par exemple, augmentation des durées journalière et hebdomadaire du travail). En Italie et en Espagne, par contre, des grèves se sont développées que l’ICOR encourage et soutient.

    Les armées sont déployées à l’intérieur, tandis que les manifestations et les protestations sont annulées ou interdites. Les publications scientifiques sur une origine artificielle du virus, éventuellement en rapport avec la recherche militaire sur les armes biologiques, doivent être poursuivies et ne doivent pas être reléguées au domaine des théories  conspirationnistes. Bien que la situation soit urgente, dans de nombreux cas, chaque État agit pour lui-même et contre les autres en termes de recherche, de diagnostic et de traitement. Aujourd’hui, la plus grande partie du monde est en « lockdown » (arrêt). Dans cette situation, la plupart des gouvernements n’ont adopté aucune réglementation pour fournir aux masses les matériaux essentiels. La nourriture, les médicaments et les fournitures médicales ne sont pas mis à leur disposition. C’est comme si la seule option pour les exploités et les opprimés les plus pauvres  était de mourir. Seuls les gens au pouvoir et les riches ont le droit de survivre.

    Bien que la Chine et Cuba ne soient pas ou plus des pays socialistes, les infrastructures qui restent de l’ère socialiste leur permettent de protéger au mieux la santé publique. [Sur ce paragraphe, nos opinions ont tendance à diverger : Cuba est-elle parvenue à atteindre le stade du socialisme ? Comment caractériser cette île aujourd’hui ? Ce sont des questions auxquelles l’UCL ne prétend pas avoir de réponse préconçue dans l’immédiat.]

    Cette situation montre la pourriture et l’incompétence du système impérialiste mondial ! Elle montre que l’impérialisme a sérieusement atteint un stade où il n’est plus compatible avec les épreuves à venir. Le socialisme est la seule réponse. L’ICOR, quant à elle, représente la coordination et la coopération de partis et organisations révolutionnaires pour la préparation de la révolution socialiste internationale.

    Le virus ne connaît pas de frontières de classe. Mais les services de santé sont des systèmes à deux classes. Il est désormais absolument clair que l’avenir de l’humanité réside dans une solidarité communiste sans classes et dans la construction de la communauté mondiale sans exploitation de l’homme et de la nature.

    L’ICOR revendique :

    • Des mesures de santé impératives pour les peuples ! De la nourriture, des produits médicaux et d’autres biens essentiels pour les masses populaires !
    • De nouveaux emplois tout azimut dans le système de santé !
    • Mesures immédiates de protection globale pour tous les travailleurs du secteur de la santé et d’autres secteurs vitaux !
    • Augmentation immédiate des salaires des travailleurs du secteur de la santé !
    • Une éducation sanitaire approfondie et des soins de santé gratuits pour tous !
    • Mettre fin à l’égoïsme national et la concurrence dans l’étude des causes, dans le diagnostic et dans le traitement. Pour une discussion scientifique ouverte, mais compréhensible par tous !
    • Pas de transfert des fardeaux de la crise sur les larges masses et la classe ouvrière !
    • Démission des politiciens et politiciennes irresponsables !
    • Arrêt immédiat de la production industrielle non nécessaire sur le plan social ! Congés pour les travailleurs et des employés avec compensation intégrale du salaire !
    • Désinfection des machines et des outils pendant la production nécessaire, en respectant la distance minimale de 1,5 à 2 mètres !
    • Aide immédiate et soins d’urgence par les l’États pour les enfants et les personnes âgées et toute personne dans le besoin ! Aide immédiate pour les sans-abri, les réfugiés, les sans-papiers et les personnes en situation précaire !
    • Mise en place d’installations nationales de stockage d’urgence dans tous les pays – pour stocker des fournitures médicales d’urgence, des produits chimiques contre les feux de brousse, des pompes à eau et d’autres produits nécessaires pour faire face à des pandémies critiques sans précédent et à des catastrophes climatiques naturelles, et les mettre à disposition pour une utilisation immédiate. 
    • Suspension du fardeau de la dette pour les pays opprimés !

    L’ICOR fait appel à ses organisations membres :

    • Envoyez des rapports sur la situation des masses dans vos pays ! Quelles sont les revendications de vos partis ?
    • Faites connaître les protestations dans d’autres parties du monde ! Veuillez propager la page d’accueil de l’ICOR !
    • Racontez votre travail dans l’aide de voisinage, vos discussions sur l’alternative sociale du socialisme !
    • Racontez comment vous pouvez faire connaître vos partis et les renforcer, gagner de nouveaux membres pour l’ICOR et de nouveaux participants pour le Front uni anti-impérialiste !
    • Mobilisez les scientifiques et les experts autour de vous pour rechercher les causes du virus !

    Avec les masses populaires du monde entier, l’ICOR prend l’initiative :

    • Luttons contre la répercussion des fardeaux de la crise et la restriction des droits et libertés démocratiques !
    • Coopération internationale en matière d’étude des causes, de diagnostic et de traitement – au lieu du nationalisme, du chauvinisme et du racisme !
    • Luttons pour la santé, le travail, le pain et la paix – le socialisme !

    En avant pour la construction de l’ICOR – en avant pour le socialisme !

    Signataires (en date du 03.04 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI   Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire (Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire)
    2. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. PCT   Parti Comuniste du Togo Togo
    5. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    7. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    8. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    9. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    10. PPRF   Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    11. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    12. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    13. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    15. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    16. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    19. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    20. TKP-ML   Türkiye Komünist Partisi – Marksist-Leninist (Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste)
    21. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    22. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    23. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    24. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    25. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    26. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    27. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
    28. ROL   Revolutionary Organization of Labor (Organisation révolutionnaire du travail), États Unis
    29. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
    30. CPA/ML   Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))

  • ORBAN VEUT PRENDRE LES PLEINS POUVOIRS EN HONGRIE

    ORBAN VEUT PRENDRE LES PLEINS POUVOIRS EN HONGRIE

    Petit événement dont personne ne parle, ou si peu. Mais quelque chose de grave, auquel il serait temps de prêter attention. Cela se passe en Europe, ça nous interroge donc sur ce qu’il se passe ici, et cela illustre le fait que même le virus passé, il n’y aura sans doute jamais de retour « à la normale » (c’est à dire au statu quo ante, auquel par définition on ne revient jamais) :

    La Hongrie

    La situation là-bas est si grave, que même en ces temps où l’anormalité devient la norme, franchement, je ne comprends pas que les choses soient si peu remarquées.

    Viktor Orban, premier ministre d’extrême droite, est en train de profiter du virus pour prendre les pleins pouvoirs, lui permettant de légiférer par décrets, en passant outre le parlement. Prolongation illimitée.

    D’après ce que je comprends, la loi est une extension d’une loi déjà proposée et qui a échoué à obtenir le soutien de l’opposition. Cette fois-ci elle se fait sans le soutien de l’opposition, mais uniquement de la majorité d’extrême droite :

    • elle est associée à l’état d’urgence sanitaire.
    • elle ne supprime pas formellement le contrôle du parlement sur le premier ministre. Cependant, ce contrôle parlementaire risque d’être complètement théorique. Par ailleurs Orban n’a pas grand chose à craindre d’un parlement qui lui est globalement acquis, et qui semble décidé à se dessaisir de son propre pouvoir.

    Cependant :

    • elle permet au premier ministre de légiférer dans tous les domaines uniquement par décrets.
    • elle n’est pas limitée dans le temps, mais illimitée.
    • et elle contient même une clause qui permet à Orban d’AJOURNER le calendrier électoral s’il le désire

    Autrement dit, la Hongrie, en plus d’un gouvernement d’extrême droite, est au bord de basculer complètement dans le fascisme.

    Pour l’instant le président du Parlement Européen (qui n’a d’ailleurs pas réellement de pouvoir) a émis une vague protestation. Le silence médiatique à ce sujet est lui-même éloquent sur l’absence de réaction des classes dirigeantes en France, par exemple, aux évolutions hongroises.

    La grande question est : qu’Orban ait pu jusqu’ici aller assez loin avec le soutien de l’Union Européenne (malgré des protestations de pure forme) auparavant, c’était assez visible.
    Mais pourquoi et comment peut-il aller loin A CE POINT en pensant que les pays de l’UE vont le laisser franchir cette limite ?

    Il semble convaincu que ça va passer.

    Et surtout, il est frappant de constater qu’il fait cela alors qu’il n’en a pas fondamentalement besoin. Sa position au pouvoir était bien assurée. Pourquoi alors ne pas maintenir quelques apparences démocratiques ?
    Est-ce qu’il pense que la crise économique et politique qui va suivre le confinement va être si grave que l’UE va s’effondrer?


    Auquel cas, le fait de détenir les pleins pouvoirs lui permettra de traverser la tempête et de faire ce qu’il veut sans avoir à prendre le risque de fâcher les pays européens.

    Il sait que les pays européens n’ont rien contre le fascisme.
    Imaginez : le parti de Viktor Orban siège au parlement européen dans le même groupe parlementaire que la CDU allemande, du LR français ou de la Forza Italia italienne. Ils siègent ensemble. Orban a donc bien profité des avantages que lui procurait l’Union Européenne.
    D’autres gouvernements d’extrême droite sévissent également dans des pays comme la Pologne, les Pays Baltes, la Croatie, sans que cela ne semble poser le moindre problème aux instances européennes.

    Simplement les gouvernants européens ne veulent pas qu’une politique de type fasciste se remarque trop. Or, ce qui se passe en Hongrie est bien trop gros pour être digéré aussi facilement. Même le tyran Erdogan, en Turquie, n’a pas les pleins pouvoirs, et maintient, pour la forme, quelques apparences démocratiques.

    Mais maintenant, Orban est en train de dire, non, c’est fini. Moi je vais faire mon truc chez moi, maintenant.
    Il demande des pouvoirs lui permettant carrément d’ajourner le calendrier électoral, ce qui n’a clairement aucun rapport avec le coronavirus.

    Cette crise va durablement changer les choses, créer les conditions d’une crise existentielle majeure et prolongée du capitalisme mondial. Les peuples européens vont peut-être se réveiller et retrouver la raison, mais les gouvernements eux, ont perdu la maîtrise de la situation. Cette histoire de Hongrie en est la preuve.
    Orban est finalement en train de dire : ok, j’ai bien profité d’être sous la couverture respectable de l’UE pour avancer mes pions dans le pays. Maintenant c’est fini, je suis maître chez moi, et je fais ce que je veux.
    L’hypothèse qui me semble la plus vraisemblable pour expliquer ce revirement est que Viktor Orban estime que l’UE ne sera plus opérationnelle à court moyen terme et ne lui est donc plus d’aucune utilité. Un effondrement du château de cartes européen, donc.

    En catimini, sans que personne ne le remarque, la poussée, visible dans les dix dernières années, de l’extrême droite sur le continent est en train de se transformer en renaissance du fascisme proprement dit. Car une politique d’extrême droite n’est pas encore entièrement suffisante pour former un véritable régime fasciste, conçu comme « dictature terroriste ouverte de la fraction la plus réactionnaire, la plus chauvine et la plus impérialiste du capital financier ». Par exemple, il a fallu 4 ans à Mussolini, après la « marche sur Rome » pour faire adopter les « lois fascistissimes » qui lui ont permis de réaliser pleinement son projet politique. Maintenant, alors que le monde capitaliste est en plein bond dans l’inconnu, le monstre est en train de réapparaître pour de bon sous son vrai visage.

    Vous aussi vous vous demandez comment une chose pareille est devenue possible dans un pays comme la Hongrie ?

    La Hongrie est un pays qui a une histoire très riche. Cette histoire est à la fois révolutionnaire et contre-révolutionnaire, avec, malheureusement, une longue histoire avec le fascisme.

    Du côté de son histoire révolutionnaire, on pourra évoquer notamment le soulèvement national et progressiste de 1848 contre la tyrannie de l’Empire Autrichien (soulèvement mis en musique par Franz Liszt dans ses magnifiques Préludes), dont les suites ont poussé la dynastie des Habsbourg, après 15 ans de lutte acharnée, à mettre en oeuvre une véritable démocratisation de leur Empire, donnant accès à des libertés nationales et démocratiques importantes à l’ensemble des nationalités, et dans lequel les hongrois ont bénéficié d’un statut tout à fait avantageux.
    En 1918-19, après les épreuves de la Première Guerre Mondiale, et l’effondrement de l’Empire Austro-hongrois, la classe ouvrière prend le pouvoir à Budapest, mettant en œuvre sur le modèle de la Révolution d’Octobre en Russie, une expérience de révolution radicale. Celle-ci a tenu pendant un an et demi sous les assauts de tous les impérialistes (notamment franco-britanniques) coalisés aux forces réactionnaires des pays voisins, avant d’être écrasée. On retiendra parmi les dirigeants de ce mouvement révolutionnaire, tous issus du quartier juif de Budapest, l’aventurier opportuniste Bela Kun, dont les erreurs ont coûté cher à la révolution, mais aussi des dirigeants comme Matyas Rakosi et Ernö Gerö, qui se sont avérés plus solides, et enfin le grand intellectuel marxiste George Lukàcs.

    En 1920, cette expérience révolutionnaire tout à fait exceptionnelle (et qui n’alla pas sans de nombreux excès et erreurs de toutes sortes), fut matée dans un bain de sang. Les troupes roumaines étant entrées dans Budapest installèrent au pouvoir un régime militaire dirigé par Miklos Horthy, appuyé par la hiérarchie de l’Eglise et les milieux nationalistes, non sans avoir entre temps fait s’abattre une terreur blanche implacable et particulièrement antisémite. Horthy resta au pouvoir jusqu’en 1945. Ayant lui-même opté pour une forme locale de fascisme, il fut tout naturellement inscrit dans l’alliance des fascistes européens autour de l’Allemagne nazie.
    Après avoir opté pendant quelques temps pour l’apaisement envers les juifs hongrois, il décida, à la fin de la guerre (et alors que celle-ci était pratiquement perdue) de déporter d’un seul coup la totalité des juifs de Hongrie. 440 000 furent déportés en 3 semaines, parmi lesquels beaucoup moururent.

    Ces événements constituent le terreau sur lequel Viktor Orban prospère aujourd’hui.

    Après la libération du pays par l’armée rouge, la génération révolutionnaire de 1919 revint sur le devant de la scène. Pour recoller les morceaux, des élections furent organisées et un gouvernement antifasciste à forte participation communiste accéda au pouvoir. Devant l’émergence, au niveau international, de la Guerre Froide, et, en Hongrie, les tentatives de déstabilisation et de sabotage des forces réactionnaires, la Hongrie tenta d’évoluer vers le socialisme, avec, toujours présents, Matyas Rakosi, Ernö Gerö, et, dans le domaine intellectuel, George Lukàcs. Mais cela n’était pas si simple. L’implantation du parti communiste était plus faible que dans d’autres pays, la résistance des petits capitalistes agricoles, de l’Eglise, et des couches favorisées constituaient des obstacles majeurs, et enfin la direction révolutionnaire eut elle-même de nombreux excès.

    Les choses changèrent à partir de 1955-1956, lorsqu’un changement de ligne au sein du PC soviétique (et par voie de suite, du mouvement communiste international), favorisa l’éviction de Matyas Rakosi, Ernö Gerö et d’autres anciens de 1919 au sein du PC hongrois, au profit de dirigeants plus modérés, et, au fond, assez sociaux-démocrates. Constatant qu’un certain ras-le-bol existait dans la population, sans doute à juste titre, à la suite des erreurs commises dans la phase précédente de la révolution, ces derniers, prenant modèle sur des changements opérés au même moment en Pologne, tentèrent de mettre en place un régime fondé sur une sorte de compromis bancal avec l’Eglise et les forces réactionnaires. Or, ce fut l’explosion, le retour du refoulé. Malgré quelques mesures « de gauche » prises par le gouvernement, comme la mise en place d’une « autogestion » plus illusoire que réelle, a population qui se mobilisait ne fut pas encadrée par des forces révolutionnaires ou même progressistes, mais par des anciens fascistes, des nostalgiques du fascisme. Les idées fascistes et antisémites recommençaient à s’exprimer ouvertement dans le pays. Les communistes et leurs alliés étaient attaqués, souvent tués, et des affrontements armés commençaient ici et là. La direction du PC hongrois de l’époque, complètement dépassée, cherchait la conciliation : des anciens dignitaires du régime de Horthy opéraient leur retour en politique et furent nommés à des postes importants. Le gouvernement hongrois, ainsi que les nouvelles forces politiques nées dans le mouvement de 56 devinrent une véritable blanchisserie à anciens fascistes.

    Après avoir initialement décidé de laisser les évolutions politiques se faire d’elles-mêmes en Hongrie et en Pologne, le mouvement communiste international, de façon assez unanime (son aile révolutionnaire aussi bien que les dirigeants social-démocratisés), changèrent de position. Un distinction fut faite entre la Pologne et la Hongrie, car, la Pologne, n’ayant pas la même histoire que la Hongrie (la première fut envahie et occupée par des conditions terribles par Hitler, tandis que la seconde fut l’alliée des nazis jusqu’à la fin de la guerre), ne représentait pas à ce moment là de menace fasciste. Il fut donc décidé entre les principaux dirigeants du mouvement communiste que l’Armée rouge devait intervenir en Hongrie (mais pas en Pologne), pour soutenir les forces révolutionnaires encore actives dans le pays (essentiellement autour de différents dirigeants du PC hongrois et d’anciens membres de la police secrète ayant formé et encadré des milices ouvrières et paysannes pour résister aux attaques violentes menées par les fascistes).

    Le soulèvement contre-révolutionnaire hongrois de 1956 fut donc, comme on le sait, écrasé par l’armée rouge, à l’appui de ce qu’il restait de forces révolutionnaires en Hongrie. Mais le souffle, l’élan révolutionnaire étaient morts, brisés, dans ces événements tragiques. On arriva effectivement à une sorte de compromis bancal, social-démocrate, sous la férule du dirigeant Janos Kàdàr, qui resta au pouvoir pendant des décennies. Prêtres, anciens fascistes et petits entrepreneurs ne furent plus inquiétés. Les anciens de 1919 restés en poste (comme Ferenc Münnich) furent évincés définitivement, et, pour ne pas déplaire aux fascistes hongrois, formellement interdits mais toujours présents, il fut pris soin de mettre les juifs hongrois à l’écart de tout poste à responsabilités.
    Cependant, cette politique de compromis avait très certainement ses avantages. Les communistes n’étaient pas si impopulaires et les choses poursuivirent leur cours normal jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989. La « révolution de velours » dont on nous vante les mérites n’eut en fait rien d’une révolution. Le pouvoir ne changea pas de mains. Les dirigeants embourgeoisés de la Hongrie transformèrent le PC en parti social-démocrate, tournèrent sans heurts le dos à Moscou pour se tourner vers l’Europe occidentale. Preuve de la relative popularité de l’appareil dirigeant, ils furent facilement réélus après que des « élections libres » sur le modèle occidental furent organisées, et conservèrent le pouvoir pendant 20 ans.

    Un partout, balle au centre, donc, d’une certaine façon. Ces dirigeants ex-« communistes », embourgeoisés et social-démocratisés, représentaient donc une certaine continuité avec l’histoire révolutionnaire de la Hongrie, un compromis avec les secteurs les plus à droite de la société, et, dans le même temps, la perspective d’une adhésion à l’Union Européenne faisait miroiter à la population la perspective (on peut dire aujourd’hui, le mirage) d’accéder à la prospérité sur le modèle des pays occidentaux. L’adhésion de la Hongrie à l’UE fut officielle le 1er mai 2004. Et la déception fut grande. Le niveau de vie ne s’est pas amélioré en Hongrie, et les sociaux-démocrates locaux apparurent comme de vulgaires exécutants corrompus des maîtres de l’UE, situés à Bruxelles, Paris, Berlin, etc.

    C’est ainsi que l’histoire sembla se répéter. 50 ans après, le contentieux surgi du soulèvement de 1956 était en fait encore là : si beaucoup considéraient ce soulèvement comme contre-révolutionnaire, d’autres en faisaient une mythologie nationaliste et glorifiaient ce soulèvement.
    Alors qu’au élections d’avril 2006, la social démocratie conservait la majorité relative (à environ 43%) talonnée par la droite extrême de Viktor Orban (42%), la situation changea du tout au tout en septembre octobre de la même année.

    Le point culminant de ce changement eu lieu, précisément, à l’occasion du cinquantenaire de 1956. La commémoration officielle était réduite au strict minimum (malgré la présence de 56 délégations étrangères venues, avec leurs bons sentiments anticommunistes, complètement déconnectées de la réalité, assister à un « Déclaration de Liberté, 1956 »), bien évidemment, les sociaux-démocrates restant sur la ligne de compromis entre différentes lectures de l’histoire, laissant à chacun le soin de se faire son propre avis. Mais, en ce mois d’octobre 2006, la commémoration s’organisa dans la rue. Tous ceux qui y participaient n’étaient pas des fascistes : beaucoup considéraient simplement que l’intervention de l’armée rouge avait été une mauvaise chose. Mais les fascistes, après avoir connu une forte poussée électorale, y étaient la force la plus présente, la mieux organisée. Des mouvements ouvertement néonazis menaient la danse, tels Jobbik (Alliance des Jeunes de Droite) ou MHM (Mouvement pour Notre Patrie), puis, à partir de 2006 la Garde Hongroise, autant de mouvements encore plus à droite que Viktor Orban lui-même, mais qui constituent pour lui un point d’appui idéologique solide. La commémoration de 56 devint finalement une répétition de 56 lui-même. Le gouvernement social-démocrate envoya la police. Cela ne fit que galvaniser et radicaliser le mouvement de droite. Devant les délégations étrangères présentes, le premier ministre social-démocrate déclara : « En 1956, la rue était plus démocratique que le Parlement. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. »

    En réalité, la mort politique du gouvernement social-démocrate était dores et déjà devenue inévitable dès le mois de septembre de la même année (2006), lorsque la population avait découvert que celui-ci avait été élu en dissimulant à la population un plan d’austérité dicté par les capitalistes de l’UE… La commémoration de 56 ne fit que servir de catalyseur au mécontentement, qui a profité finalement à l’extrême droite. Perdant tout soutien aussi bien sur sa droite que sur sa gauche, la social-démocratie vivota jusqu’en 2009 avant de s’éclipser. Le champ était libre pour Viktor Orban et ses partisans.

    On peut dores et déjà en tirer la leçon suivante, hélas récurrente dans les pays d’Europe orientale : ce n’est pas le « communisme » qui a tué la gauche dans ce type de pays. Les gens y ont de nombreuses fois revoté sans problème pour des « ex-communistes ». Ce qui a tué la gauche, c’est la social-démocratisation de ces « ex-communistes », leur impuissance à proposer autre chose que de rentrer dans le rang du capitalisme international, et, finalement, la déception provoquée par ces derniers. C’est un élément fondamental pour comprendre pourquoi l’extrême droite prospère aussi facilement dans l’ensemble de ces pays.

    Il était important de revenir sur tout ceci, car l’histoire constitue un substrat, un ferment puissant pour l’établissement de ce pouvoir d’extrême droite. Il se nourrit de cette histoire. Il est significatif par exemple que le fait de qualifier 1956 de « soulèvement contre-révolutionnaire » position qui fut longtemps assez courante, surtout chez les plus anciens, est aujourd’hui puni de sanctions pénales dans ce pays sous la botte de Viktor Orban.

    La boucle est maintenant bouclée : jamais la Hongrie n’a été aussi proche de sombrer dans un régime fasciste en bonne et due forme depuis le soulèvement contre-révolutionnaire de 1956.
    Il y a 64 ans, l’armée rouge envoyait les chars soviétiques, et aujourd’hui, le parlement européen va se contenter d’écrire un vague texte pour dire « gnagnagna, la dictature en Hongrie, ce n’est pas gentil » et ne rien faire. On attend toujours les chars de l’Union Européenne.

    En cette période où un virus est en train de mettre à l’épreuve toutes les sociétés et tous les systèmes, qu’elle sert de révélateur, et que ce qui était sous-jacent jusqu’ici apparaît maintenant au grand jour, souvenons-nous, l’histoire est faite de tumultes, et l’histoire, ce n’est pas le passé, nous la vivons encore aujourd’hui. Par conséquent, il faut être prêt à tout. Dans le même temps, en temps de bouleversement, le champ des possibles à tendance à s’ouvrir : le pire comme le meilleur, est possible. Cela dépend de chacun de nous.