Étiquette : Construction du Socialisme

  • 100 millions sinon rien, partie 8

    100 millions sinon rien, partie 8

    Les questions des années 20 et le jeu d’équilibriste de l’URSS

    Comment créer l’URSS ? La question était d’une complexité et d’une profondeur jamais sondée. Personne n’avait jamais entrepris un chantier aussi imposant dans toute l’Histoire. Et ce chantier était fait avec des outils singulièrement inadaptés.


    • Un
      territoire morcelé en entités quasiment autonomes et sans autorité
      centrale.

    • Une
      économie complètement désorganisée par la guerre et par le
      communisme de guerre.

    • Une
      maîtrise de la technique particulièrement limitée du fait du
      départ d’une partie importante des élites intellectuelles et en
      ingénierie.

    • Une
      absence totale de fonds et de devises étrangères, ainsi qu’une
      fermeture des marchés internationaux.

    • Un
      appareil d’État issu du tsarisme et un appareil politique qui
      peine à prendre la mesure de son rôle.

    Cet ensemble de facteurs pousse le Parti Bolchevique a faire une « pause » déjà évoquée, mais également à tenter de trouver des solutions sur le long terme à ces problèmes. Ainsi, la forme d’organisation après la révolution (le débat entre fédération et confédération) est tranché, avec parfois des affrontements violents, notamment dans le cas de la RSS de Géorgie. Dans ce cas précis, les Mencheviks fomentent un conflit séparatiste et sont balayés, notamment par Staline et Ordjonikidzé. La même question se pose avec les paysans de Tambov, qui s’émeutent, ne voulant pas contribuer aux impôts et à l’alimentation des villes. Ce type de situation conflictuelle n’est pas unique, malheureusement, mais illustre la très grande difficulté à maintenir l’alliance entre la paysannerie et les ouvriers.

    La réorganisation de l’économie est faite, là aussi, sur un mode particulièrement doux, au grand dam de Léon Trotski, qui fustige dans plusieurs articles la « mollesse » du pouvoir, notamment sur la question des syndicats. Comme mentionné plus haut, cette position conciliante attire l’attention, notamment des Smenovekhovtsy.

    Oustrialov était un ancien membre du parti K.D. avec d’autres ex-membres du gouvernement tsariste, il plaidait pour que ses partisans entrent massivement au Parti bolchevique. Sa pensée, résumée dans des textes nommés Smiena Viekh, changement de cours, considérait que la NEP sonnaît l’heure du retour au capitalisme, jugé inévitable. Il déclarait « Les bolchéviks… aboutiront à l’État bourgeois ordinaire, et nous devons les soutenir. » (Cité par Lénine au XIe congrès, 1922). Ce type de manœuvre était logique, cohérente, et courante de la part de nombreux agents de la bourgeoisie, ou d’anciens haut-placés privés d’emploi. Ils se sont donc dirigés vers le Parti, se maquillant en communistes, pour permettre de développer une ligne restauratrice, un style de travail bureaucratique, une culture bourgeoise. Derrière l’apparence de la paix, avec la fin de la Guerre Civile, avec la fin des interventions, se trame en réalité une guerre nettement plus sourde et implacable, car elle se passe au cœur même du Parti communiste. La lutte contre ces tendances a été extraordinairement compliquée, dans le sens où les outils de contrôles (l’Inspection ouvrière et paysanne) étaient primitifs, tandis que les modes d’élections, basés sur la nomination, favorisaient la constitution de chefferies intouchables, hermétiques, autonomes du Parti et de ces décisions. Ces processus difficilement contrôlables ont prospéré sur la NEP, mais même lors du passage au Grand Tournant, lors de la « Révolution Stalinienne », où le contrôle sur la distribution leur permettait, au travers du blat (les réseaux d’influence, de débrouille, d’entraide), de s’assurer une prépondérance dans les rapports d’autorités locaux.

    Or cette question était fondamentale dans la transformation du PC(b) de parti révolutionnaire en parti de gouvernement. Au fur et à mesure des années, le PC s’est transformé, tant dans ses origines ethniques que dans sa composition sociale et culturelle. Les membres d’origine les plus influents étaient rarement des prolétaires, plus souvent des membres de l’intelligentsia et, assez régulièrement, non-russes. Dans la direction du Parti, ainsi, seuls Chliapnikov (charpentier), Kalinine (paysan pauvre) et Staline (cordonnier) sont réellement issus du prolétariat. Ce groupe est progressivement remplacé par d’autres, issus des milieux populaires (mais pas uniquement), et beaucoup plus russifiés qu’avant.

    D’une part, le parti se prolétarise et se russifie dans ses organes dirigeants, de l’autre, dans ses organes subalternes, il rallie une partie de la vieille administration, des officiers et de l’intelligentsia non-militante. Ce ne sont pas des individus qui ont pris parti pour la Révolution, mais qui « font avec ». Cette contradiction entre un parti qui, à la fois, dans ses branches actives, est toujours plus militant et mobilisé, mais dans ses rapports avec l’État est de plus en plus ‘normalisé’ est un des grands problèmes des années 1920.

    Il est analysé comme cela par l’ensemble de la direction bolchevique, mais avec un dosage différent dans le traitement du problème. Trotski considère que le parti est perdu, puisque de toute manière la tâche à laquelle il doit faire face est au-dessus de ses forces et de celles de l’URSS. Boukharine, à l’inverse, tend davantage à le sous-estimer. Finalement, la question de la bureaucratisation est traitée par à-coups.

    Le marché et la corruption.

    Le problème du marché s’est réglé assez simplement, comme dans la citation attribuée à Lénine : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons. » En dépit de l’anticommuniste fanatique des capitalistes, notamment anglais, l’appât du gain, l’idée de pouvoir investir dans les immenses possibilités soviétiques, ont motivé à commercer avec l’URSS. Même l’Italie fasciste a ainsi fait des démarchages et des offres, dans la construction navale, pour permettre à l’URSS de se doter d’une flotte moderne.

    Mais pour pouvoir payer, autrement qu’en nature (en céréales notamment), la question des devises se posait. Le rouble n’était pas une monnaie qui s’échangeait en un tour de main. Il fallait donc acquérir des Livres Sterling et des Dollars pour permettre de commercer. Où en trouver ?

    L’Empire russe possédait une des plus grandes réserve d’or du monde. Plus d’un milliard sept cent millions de roubles d’or. Lors de la révolution, la noblesse, tout comme la grande bourgeoisie, a tenté de sauver une partie de son or. Dans l’ensemble, les bolcheviques parviennent à conserver sous leur contrôle 1,1, voire 1,2 milliard de Roubles. Cette somme est cependant très rapidement dilapidée par les diverses dépenses. Notamment, il faut payer l’Allemagne, à la suite du traité de Brest-Litovsk, tout comme il faut acheter la paix des États qui naissent sur les frontières. En 1923, ainsi, il ne reste que 100 millions de Roubles d’or. La jeune URSS, pour préparer l’étape suivante, doit acheter son industrie industrialisante. De plus, elle subventionne allègrement le Komintern et les réseaux d’espionnage.

    Les fortunes sont confisquées, les Tsars thésaurisaient leurs richesses, immenses, sous la forme d’objet en or, d’art, de vaisselle, de pierres précieuses. Ces denrées étaient désormais la propriété de l’État naissant. Elles avaient été protégées scrupuleusement durant la révolution, condamnant même les pillards à la peine de mort (cf. John Reed). Seulement, l’or, les pierres, les œufs de Fabergé, ou les autres objets de ce type ne permettaient pas de payer d’acheter directement les machines-outils, les fonderies et l’ensemble de ce qui va constituer la base industrielle de l’Union soviétique. L’arrêt du financement de certaines activités liées au Komintern est la conséquence directe de ceci. Le sentiment général est que ces transferts de fonds sont inefficaces et impactent lourdement le budget de l’État soviétique. Le risque, en perdant des quantités immenses de devises et d’or, est d’être dans une fuite en avant éperdue, qui mène à la ruine de l’Union soviétique. Les franges les plus « internationalistes » du Parti, celles qui ne croient pas non plus à la possibilité de construire le socialisme dans un seul pays, dénoncent ce revirement. Il est un choix stratégique crucial.

    Si, à l’époque, le débat était parfaitement légitime, avec le recul, il est extrêmement douteux de croire que quelques millions de roubles supplémentaires auraient fait la différence. Cela n’aurait certainement pas sauvé la Hongrie de Bela Kun de l’écrasement, ni la République des Soviets de Bavière ou les Spartakistes. En revanche, l’hémorragie en termes de fonds aurait probablement eu un impact sur les capacités de développement de l’Union soviétique.

    Les exportations de matière première permettent de pouvoir reconstituer les stocks, mais cela lie l’Union soviétique au monde capitaliste, et la soumet aux caprices de ceux-ci. L’effet conjugué de la crise des ciseaux et de la crise de 1929 met l’URSS dans l’embarras vis-à-vis de la question du commerce extérieur. Une ressource est ainsi vendue pour faire rentrer des devises étranères : la collection du musée de l’Hermitage.

    Plusieurs commissions de vente ont été montées, pour aller écouler ces objets d’art contre des devises étrangères. Traversant la frontière avec les États baltes, des trains entiers alimentaient la plus grande foire d’objets précieux au monde. Des transactions réalisées en liquide, plus des envois d’argent en espèce auprès des sections du Komintern, il n’est nul besoin d’être devin pour comprendre ce qui pouvait se tramer : le développement d’un immense réseau de corruption.

    L’affaire Isidore Goukovski illustre cela parfaitement, et ce dès 1921. Goukovski, ex-menchévik, était devenu commissaire du peuple aux finances après la révolution. Il succéda brièvement à Menjinski, en mars 1918, avant d’être remplacé par Krestinski en août. Après ce poste éphémère, Goukovski a été employé comme représentant commercial soviétique en Estonie, et, à ce titre, chargé de la vente des biens du Tsar auprès d’acheteurs étrangers.

    La frontière est alors particulièrement surveillée, en particulier la contrebande. Mais le train officiel de Goukovski, lui, passe sans encombre. Selon les différents rapports qui sont parvenus jusqu’à nos jours, il semble que Goukovski faisait tout simplement passer la contrebande par ses wagons et qu’il en tirait une coquette commission. Traqué par la Tchéka, il meurt en 1921 d’un pneumonie subite. Les mêmes documents illustrent comment une partie des membres du Komintern soutirent à la Russie révolutionnaire une partie de ses fonds, pour des activités sans rapport avec la révolution prolétarienne mondiale.

    L’une des activités de la Tchéka et d’une partie du Politburo était donc de surveiller ce commerce particulièrement corrupteur, de rechercher et d’arrêter ceux qui s’y livrent. Dès le début des années 1920, les risques de corruption sont identifiés et sont combattus pied-à-pied. Une alliance « incorruptible » se forme d’ailleurs sur cette question, autour des membres les plus durs du Politburo. Staline et Djerzinsky vont former un tandem de choc dans cette lutte constante. Au pied du mur, une nouvelle fois, la future équipe de Staline décide de ralentir voire de stopper la sortie de l’or soviétique, en particulier par le Komintern.

    Ainsi, malgré les commissions d’achat qui doivent trouver de quoi alimenter le futur plan quinquennal, les réserves d’or du pays, remontées à 247 millions, passent à nouveau à 131 millions. Le développement économique soviétique coûte une fortune.

    Les spets, ces spécialistes étrangers, sont particulièrement gourmands et difficile à satisfaire. Leurs salaires sont mirobolants. Ils les arrondissent d’ailleurs par leurs activités d’espionnage, voire de sabotage au profit des services secrets de leurs pays d’origine (il s’agit notamment de l’enjeu du procès Métro-Vickers en 1933). Dans le même ordre d’idée, les commissions d’achat à l’étranger, dans lesquels les éléments droitiers sont particulièrement sur-représentés. La direction du commerce extérieur est d’ailleurs entre les mains d’un des grands pontes du courant de droite : Alexei Rykov. Ils sont favorables à l’ouverture au commerce international et nettement plus cosmopolites que l’équipe stalinienne. Les échanges sont l’occasion d’un certain nombre de malversations, soit pour des motifs crapuleux, soit pour des motifs politiques. Les commissions et la surfacturation permettent de pouvoir dégager les fond qui alimentent parfois les cercles de conspirateurs anti-soviétiques. Des témoignages, notamment de la part d’ingénieurs étrangers scrupuleux, notamment John Littlepage, permettent de faire état des pratiques parfois catastrophiques au sein des usines soviétiques, illustrant une forme de résistance aux projets gouvernementaux.

    Ces questions ont pris une dimension quasiment ingérable après la guerre. La politique de rapatriement d’une partie importante du potentiel industriel Allemand a souvent été utilisée par les officiers supérieurs d’une manière très personnelle. Les membres influents de l’armée, comme Joukov, se sont allégrement servis en objet d’art pour leur profit personnel.

    La raison des purges.

    Le parti bolchevique luttait essentiellement contre trois problèmes internes.


    1. Les
      adhérents « fantômes » qui avaient leur carte du Parti
      mais ne participaient à aucune de ses activités et ne respectaient
      pas les statuts de celui.
    2. Les
      responsables qui faisaient du blat,
      qui entretenaient des réseaux quasiment féodaux et qui se
      taillaient leurs petits royaumes personnels. Cette catégorie
      non seulement était déjà parasitaire à l’époque de la NEP,
      mais s’est renforcée du fait des monopoles des réseaux de
      distribution entre les mains de l’État dans les années 1930.

    3. La
      corruption et les détournements de fonds par les commissions qui
      œuvraient à l’étranger ou en rapport avec l’étranger.

    L’issue pour les premiers cas et une partie des seconds était par la purge. Celle-ci se traduisait par la perte de la carte du Parti et par, le plus souvent, la perte de l’emploi. Dans les autres cas, les poursuites judiciaires étaient faites, en particulier pour les cas graves. À cette période, par ailleurs la Tchéka possède une très grande liberté d’action et de condamnation des cas rencontrés. Elle peut, elle-même, prononcer les sentences et en assurer l’exécution. Cette très grande liberté d’actions s’accompagnait par un contrôle très strict. Les directeurs, Djerzinski puis Menjinski s’étaient montrés particulièrement vigilants quant à l’activité de leurs sections.

    La collectivisation avait montré un grand nombre de problèmes. Les échelons inférieurs du Parti n’ont pas brillé dans leur application des directives lors du Grand Tournant. La mise en place de la collectivisation forcée, en 1929-1930, révélait le manque de contrôle du centre sur ses ramifications locales. D’une part, l’application avait été faite mécaniquement, sans que les réunions prévues pour expliquer et convaincre les paysans aient été faites. De l’autre côté, le mouvement de masse en faveur de la collectivisation, notamment des paysans pauvres, avait dépassé la capacité de canalisation des fonctionnaires du Parti. Il en est ressorti que l’opération, qui visait à convaincre, s’est mue en contrainte. Staline y mit bon ordre avec son article intitulé Le vertige du succès. En mars 1930, sa publication dans la Pravda a rappelé le fait que la collectivisation ne devait pas être contrainte.

    Ceux qui avaient failli, au cours de cette lutte des classes intense, ont été sanctionnés. C’est là le fondement de la purge de 1930, qu’une certaine historiographie rattache artificiellement aux procès et à la « grande terreur ». Celle-ci est effectivement une grande révision des listings du Parti Communiste d’Union Soviétique ainsi qu’un durcissement des conditions d’adhésion. Alors que, dans le cadre de la NEP, les rangs s’étaient ouverts assez largement, avec des campagnes de recrutement, à partir du début des années 1930, le ton change. Les NEPmen et les smenovekhovtsy sont la cible de fond des campagnes de ce type. Ceux qui s’opposent à la ligne du Parti sur la question de la collectivisation ou du passage à une économie planifiée sont écartés. Le Parti se tend dans un effort d’ampleur : régler la question de la transformation complète de l’économie.

  • Communiqué commun de l’UPML et d’ l’UCL. Meeting de l’ICOR – 100 ans de la Révolution d’Octobre.

    Communiqué commun de l’UPML et d’ l’UCL. Meeting de l’ICOR – 100 ans de la Révolution d’Octobre.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon et de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

     sur le séminaire de l’ICOR célébrant les 100 ans de la Révolution socialiste d’Octobre

    L’UPML et l’UCL étaient présentes au séminaire de l’ICOR des 25-26-27 octobre 2017, à Bottrop [Allemagne]. Étant les seules organisations françaises présentes nous avons choisi de nous exprimer d’une seule voix.

    En premier lieu, nous remercions l’ensemble des organisateurs et des organisatrices, tout comme nous remercions chaleureusement les sympathisants qui nous ont hébergés. Nous saluons également les plus de 1000 participants du séminaire dont les membres des 60 organisations participantes à ce séminaire, en cette année symbolique du centenaire de la révolution.

    Pour rappel, l’organisation qui a pris en charge ce séminaire, l’ICOR, est une association de 50 partis et organisations communistes, révolutionnaires de différents courants correspondants à l’éclatement du mouvement communiste aujourd’hui. Son objectif est de s’opposer au système impérialiste mondial en coordonnant le travail de différents partis à travers le monde et d’œuvrer pour la révolution socialiste internationale et l’instauration de la dictature du prolétariat.

    Le mouvement révolutionnaire est bien vivant

    Nous considérons que la tenue de ce séminaire est un succès et un symbole important. Sa tenue est une illustration du fait que, cent ans après la Révolution d’Octobre, les organisations révolutionnaires n’ont pas été balayées. Elles n’ont pas été anéanties par les tentatives de la bourgeoisie de stopper la roue de l’histoire. La tenue de ce séminaire est également une preuve que l’internationalisme prolétarien vit toujours, que le cœur de la lutte et de la volonté révolutionnaire bat toujours !

    Stephan Engel, membre historique du MLPD – Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands, a introduit cette conférence en faisant un retour sur la situation en Allemagne. Au sein de cet État, les élections ont accordé, en effet, un pan important des voix à l’extrême droite, sous l’étiquette d’AfD (Alternative für Deutschland). Cette percée historique de l’extrême-droite au sein de l’Allemagne a poussé l’ancien dirigeant du MLPD à s’exprimer sur la lutte antifasciste. Il a très justement rappelé que celle-ci ne saurait exister de manière efficace sans être en lien directe avec la lutte des classes, sans être en rapport avec la situation des larges masses populaires, sans être en rupture avec la bourgeoisie. Bourgeoisie qui prend, cette année, le prétexte du centenaire de la Révolution d’Octobre, de la défaite bourgeoise face au peuple en armes, pour lancer une offensive contre le communisme. Offensive par la droite, avec le traditionnel discours des 100 millions de morts, avec les attaques contre l’idée même de socialisme et de communisme. Mais également offensive par la « gauche », flattant l’ultra-gauche, les anarchistes, les trotskistes, les rejoignant dans leur croisade anti-bolchevique.

    Le socialisme vainqueur avec la Révolution Bolchevique

    Le camarade Engel a ensuite fait un bref rappel des indéniables conquêtes de la Révolution Bolchevique, première révolution de ce type, tirant ses sources de l’expérience de la dictature du prolétariat issue de la Commune de Paris de 1871.

    La bourgeoisie et les croisés de l’anticommunisme ont beau s’échiner, comme le disait Lénine : « les faits sont têtus » : La révolution et la construction du socialisme ont apporté aux masses populaires du jeune État soviétique des avancées qu’aucun autre régime n’a pu leur accorder. Aucun ne l’aurait, non plus, voulu, car l’ancien monde, celui que la Révolution détruisit, était bâti autour de piliers tels que l’exploitation, l’obscurantisme, la domination d’une classe bourgeoise parasitaire, et même – au sein de l’Empire Russe – le servage.

    De ses ruines, naquit un monde où les maîtres mots sont égalité, justice et pouvoir populaire. Cela n’est pas resté que des mots jetés en l’air, comme de la poudre aux yeux, mais c’était bien une nouvelle étape dans l’avancée de l’humanité.

    En permettant au prolétariat et aux larges masses populaires de se saisir des leviers de commandement qui leur revenait légitimement, la révolution leur a permis de se saisir des problématiques qui les concernaient directement ; en prenant le pouvoir, les masses ont su imposer la politique qui allait dans leur intérêt, et non dans l’intérêt d’une minorité d’exploiteurs. En sont ressorties des conquêtes sociales que nul n’aurait pu envisager. Socialisation des moyens de production et collectivisation des terres permettant d’orienter la production non plus vers le profit, mais vers la satisfaction des besoins primordiaux, l’éducation gratuite, et obligatoire -l’analphabétisme qui dépassait les 90 % en Russie tsariste avait été quasiment éradiqué à la mort de Staline-, couverture sociale universelle -l’espérance de vie a été multipliée par deux entre 1924 et 1953-, et surtout, reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes. En effet, alors que dans les pays « démocratiques », la femme n’avait pas le droit de vote, et ne pouvait travailler, ni avoir de compte bancaire sans l’autorisation de son époux, la jeune URSS fut le premier pays au monde à compter une femme parmi ses figures politiques: Alexandra Kollontaï fut ainsi la première femme au monde à avoir été membre d’un gouvernement (commissaire du peuple à l’assistance publique), et à avoir tenu le poste d’ambassadrice à l’étranger, la camarade Kollontaï ayant été envoyée en ambassade au Mexique (1926-1927), en Norvège (1927-1930), puis en Suède (1930-1945), notamment au moment où cet Etat était l’épicentre de toute la diplomatie mondiale.
    Bien qu’indéniablement, une critique soit à faire sur les erreurs de la République des Soviets, celle-ci ne peut-être faite que constructivement, pour corriger les manques, non pour remettre en question l’ensemble du combat pour la construction du Socialisme. Ces conquêtes sans précédent n’auraient pu avoir lieu sans la révolution, une chose que ses détracteurs ne reconnaîtront jamais.

    Le marxisme – une science vivante !

    Tout au long du séminaire, il a été rappelé par quasiment tous les intervenants (à commencer par Stephan Engel dans son introduction), que contrairement à celles et ceux qui défendent une application mécanique et dogmatique du marxisme, ni Lénine, ni le Parti, ni la révolution en tant que telle n’ont suivi un schéma préétabli. La Révolution d’Octobre fut le fruit du caractère vivant du marxisme, de son caractère de guide pour l’action, non de dogme sclérosé. La Révolution d’Octobre s’est nourrie de l’expérimentation, sur un canevas dessiné par le marxisme. Ce qui a rendu la victoire possible, ce n’est pas l’adaptation scolaire de la théorie de Marx et Engels par Lénine et les bolcheviques, mais l’adaptation de celle-ci aux conditions matérielles du vieil empire tsariste. Le camarade Lénine a su donner vie au marxisme, dans la théorie et dans la pratique, une méthode de travail scientifique qui doit nécessairement inspirer tous les communistes à travers le monde.

    Cette nécessité de s’inspirer de l’exemple de Lénine est d’autant plus criante que la situation internationale actuelle présente des similitudes mais aussi des différences avec celle à laquelle étaient confrontés les bolcheviques. Les rivalités inter-impérialistes, les menaces de conflits et les conflits ouverts ne sont pas sans rappeler les situations d’avant-guerres du 20e siècle. Si actuellement une guerre mondiale n’est pas dans l’intérêt des impérialistes, le nombre de conflits et de guerres régionaux et la menace générale d’une guerre mondiale augmentent.
    Hier, la grande majorité de l’humanité vivait dans les colonies ou semi-colonies. Aujourd’hui, la plupart des quelques 200 pays existants sont principalement capitalistes, même si certains sont encore dépendant. Par ailleurs, une grande partie de la population mondiale vit dans des pays impérialistes. De nouveaux pays impérialistes se sont formés, comme la Chine, l’Inde, la Russie et d’autres progressent pour participer au partage des marchés et du monde. Toutes questions actuellement en discussion. Le séminaire a discuté des dangers, mais aussi des potentialités de cette évolution de manière controversée et passionnée.

    Impérialisme et social-chauvinisme sont nos ennemis !

    Si la première partie du séminaire a essentiellement tourné autour de la question de l’impérialisme, les intervenants sont revenus sur un problème auquel nous sommes également confrontés en France, y compris dans certains milieux prétendus « communistes », celui du chauvinisme. Il a été rappelé très justement que la social-démocratie, au sein des pays impérialistes, dès lors qu’elle n’est pas internationaliste, dégénère ainsi vers le social-chauvinisme, terreau de la réaction la plus crasse. L’exemple de la France insoumise est à cet égard parlant. Nous savons que nombre d’adhérents à La France insoumise défendent et se positionnent comme anti-capitalistes. Mais les positions de JL Mélenchon, obsédé par ce qu’il appelle « la place de la France dans le monde », reviennent à soutenir l’impérialisme français. Mélenchon ne cache pas sa sympathie pour Vladimir Poutine, à la tête d’un régime réactionnaire et impérialiste. Selon le leader de la FI, la Russie aurait le mérite de s’opposer au seul « vrai » impérialisme, l’impérialisme américain, face auquel tous les autres ne sont, à ses yeux, que des mouvements de résistances. Évidemment, cette publicité mensongère n’a pour but que de faire passer un discours nationaliste et anti-communiste, et finalement réduit les peuples à n’être que de la chair à canon au profit de bourgeoisies concurrentes. Ainsi, une conclusion s’impose : la lutte anti-impérialiste ne consiste pas dans le fait de se mettre sous l’aile d’une bourgeoisie contre une autre, mais elle doit être étroitement mise en parallèle avec la lutte des classes, avec la lutte des opprimés contre leurs oppresseurs. Les communistes n’ont qu’un seul camp, celui des intérêts du peuple.

    Révolution, centralisme démocratique et culture prolétarienne de débat

    La Révolution d’Octobre, et la critique de la social-démocratie, mène à une prise de position commune et évidente : la révolution ne peut pas, bien évidemment, passer par les urnes. Si, dans la stratégie et la tactique marxiste-léniniste, les communistes usent de tous les moyens mis à leur disposition, légaux comme illégaux, on ne doit jamais oublier que notre stratégie repose sur la révolution par les armes, et la dictature du prolétariat comme moyen pour bâtir la société socialiste. Une telle stratégie ne peut être mise en place qu’avec l’appui d’une discipline de fer, qui ne peut fonctionner que si les décisions centrales et les débats et expériences de la base fusionnent au plus près. C’est ainsi que fonctionne le centralisme démocratique, indispensable au bon fonctionnement de toute organisation communiste.

    A ce propos, nous ne pouvons que saluer la façon dont s’est tenu le séminaire, très respectueuse de la culture du débat prolétarienne. Les camarades présents ont pu s’exprimer librement, à égalité avec les autres partis et organisations, dans un cadre qui a permis la prise de parole de tous, que l’on soit ou non d’accord. Une critique est à faire cependant, la limite trop courte des interventions, rendant compliqué le développement de certaines idées.

    Cette discipline de parti vient directement s’opposer à ce que la nouvelle présidente du MLPD, Gabi Fechtner, qualifie très justement de révolutionnarisme petit-bourgeois, propre aux anarchistes, cultivant le spontanéisme, la paresse intellectuelle, et multipliant les actions sans stratégie, juste utiles à épuiser nos forces.

    A l’issue du séminaire, deux résolutions ont été votées par les organisations présentes. La première résolution concernait les dix camarades du TKP/ML (parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste); il a été décidé par l’ensemble des camarades présents d’exiger leur libération, en tant qu’ICOR. La seconde résolution concerne plus généralement le résultat du séminaire, les participants s’étant accordés à la quasi-unanimité sur l’importance d’une telle initiative, sur son impact indéniablement positif, tant aux niveaux politique, historique que moral, et sur la nécessité de multiplier ces occasions.

    La position de L’Unité Communiste Lyon, que nous partageons avec l’Union Prolétarienne Marxiste Léniniste est la suivante :

    L’importance que nous, communistes de France, de toutes les organisations, devons accorder à l’ICOR est capitale. L’ICOR a réalisé l’exploit de rassembler 60 organisations/partis internationaux afin d’échanger et travailler ensemble.

    Le travail avec l’ICOR ou avec les Amis de l’ICOR est nécessaire à la propagande large de la perspective du socialisme à l’international comme en France. Gangrené par le sectarisme, l’opportunisme, les travers sociaux-chauvins, le militantisme français a un travail d’unification immense et profond à faire.

    Nous ne pensons pas que ce travail se fait au sein de sectes, mais dans un combat d’ensemble. Nous pensons que le travail au sein de l’ICOR peut poser les bases du cadre dans lequel se réalise cette unité.

    L’expérience communiste rend d’autant plus nécessaire l’ICOR sous forme d’une coordination des organisations révolutionnaires, allant vers une nouvelle internationale ; la diffusion des idées marxistes léninistes, la coopération pratique et le soutien mutuel sont essentiels à l’évolution du mouvement ouvrier.

    L’ICOR, à l’heure actuelle, est une organisation importante et dynamique pour occuper l’espace laissé par l’effondrement des tentatives de reconstitution d’une internationale communiste. Il lui reste bien des étapes à franchir pour parvenir à remplir les tâches exigées pour devenir un véritable centre à l’échelle mondiale. Ces étapes sont, certes, imposantes, mais sont inévitables pour que renaisse une force communiste cohérente.

    En tant qu’organisations marxistes-léninistes en France, nous nous sommes exprimés communément sur deux questions fondamentales: l’étude et la diffusion du marxisme-léninisme au sein de la classe ouvrière et des masses populaires ainsi que la nécessité de sortir des logiques de groupuscules, et de construire un parti communiste révolutionnaire étroitement lié à la lutte des classes en France.

    Nous voulons élever notre niveau de compréhension de la science marxiste, mais non par fétichisme, non par intellectualisme, non par amour des livres pour les livres, mais bien pour redonner à notre sa place : celle d’un guide pour l’action consciente et organisée des masses.

    L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste veulent, dans la mesure de leurs forces, s’engager dans cette construction essentielle, vitale, pour que le mouvement communiste international renaisse et soit de nouveau en mesure de vaincre le système capitaliste et impérialiste.

    En avant pour l’unité des communistes révolutionnaires dans la construction du Parti en France !

    En avant pour la révolution socialiste internationale !

    Unité Communiste de Lyon – Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

  • Hommage à Ernesto Che Guevara – partie II & Le socialisme et l’Homme à Cuba (1965)

    Hommage à Ernesto Che Guevara – partie II & Le socialisme et l’Homme à Cuba (1965)

    Hommage à Ernesto Che Guevara – partie II & Le socialisme et l’Homme à Cuba (1965)

    Nous joignons à cette partie II un texte important de Che Guevara, que nous citons, par ailleurs, dans cet hommage. Il s’agit de la brochure : Le socialisme et l’Homme à Cuba écrite en 1965 et faisant écho à de nombreuses questions relatives au développement du socialisme sur l’île et à des questionnements interessants sur de nombreux aspects.

    La campagne de Cuba et la construction du socialisme.

    Au sein de la lutte pour la révolution à Cuba, le Che s’est illustré comme un dirigeant de terrain hors pair, comme un guérilléro lui-même, comme quelqu’un étant capable de transformer des petits détachements armés en une organisation fonctionnelle, efficace et redoutable.

    Cela exigeait une connaissance des principes de commandement, des principes de la guérilla, mais également de comment elle s’inscrit dans une lutte politique. Certains, certaines, tentent de cibler sa dureté dans cette lutte comme une illustration d’un autoritarisme sans bornes. Il convient de rappeler que les discussions de salon et le démocratisme doivent, dans l’action, céder le pas à l’unité de volonté, à l’unité de corps, à une discipline de fer qui se marie mal avec les désirs personnels.

    La guérilla, et l’appui d’une partie de la bourgeoisie nationale cubaine, triompha du régime pourri de Batista. Le premier janvier 1959, la révolution cubaine triomphe.

    Fondamentalement, les USA n’étaient pas hostiles à une expulsion de Batista. Ils l’ont soutenu avec une mollesse rare, et se sont contentés de rester dans l’expectative. Dans leur conception, le nouveau gouvernement, forcément plus populaire que la dictature, serait bien obligé de trouver un compromis avec la superpuissance, située à 200 km de ses côtes. Les USA disposaient de certains relais et d’agents au sein du M-22-7, notamment les éléments droitiers, timorés…

    Dans Le socialisme et l’Homme à Cuba, Ernesto Guevara revient sur ce passage : « En janvier 1959, le gouvernement révolutionnaire s’est constitué avec la participation de divers membres de la bourgeoisie traître. Facteur de force fondamental, la présence de l’Armée rebelle était la garantie du pouvoir. De sérieuses contradictions se sont aussitôt développées. Elles ont été en partie surmontées lorsqu’en février 1959, Fidel Castro a assumé la direction du gouvernement en tant que premier ministre. »

    L’ennui, pour les américains, étant que la ligne qui triompha au sein du M-22-7 était sur une base d’indépendance et de développement économique de l’île, contradictoire avec les intérêts économiques et géopolitiques des USA. La ligne du Che, mais aussi de Fidel Castro, était une ligne qui ne tolérait pas la tutelle d’une autre puissance, ni le maintient de liens d’ordre coloniaux. Le moyen terme trouvé fut autour du maintien de la concession de Guantanamo à l’US Navy. Les USA se sont empressés alors, dans un plan mal conçu, décousu, raté, de faire débarquer un commando de contre-révolutionnaires. Ce débarquement, dit de la Baie des Cochons, fut un fiasco monumental. Un fiasco qui créa un fossé immense entre La Havane et Washington. Une hostilité qui s’est maintenue durant l’intégralité de la guerre froide, avec des sommets de tension, comme lors de la crise des missiles.

    Crise des missiles au sein de laquelle le Che eût une position qui fit écho à celle de la Chine, et qui reflète sa compréhension de l’espace : Cuba est un des fronts de la lutte mondiale contre l’impérialisme et contre l’impérialisme américain, qui formait à l’époque le plus vindicatif. Cuba, pour le Che, doit assumer donc sa position dans cette lutte mondiale et accepter de courir des risques. C’est le prix à payer pour tenir un pistolet sur le cœur des USA.

    D’autant que Kennedy, fondamentalement, jouait à un jeu de poker, jeu bien compris par la Chine, mais nullement par l’URSS, qui voyait sa stratégie de développement comme un jeu d’échec.

    Au sein de Cuba, Che fut missionné pour s’occuper du développement de l’industrie. Bien que l’île soit sous perfusion de la part de l’URSS, aspect qui fut par la suite cher payé, le Che tente de mettre en place une politique de développement planifiée, avec une réforme agraire et un début de mise en place d’industrie. Dans un sens, le modèle de développement économique pourrait s’apparenter à celui du Grand Bond en Avant. Une tentative de franchir les étapes par le volontarisme, par l’effort collectif. Cette campagne s’est faite en employant les stimulants politiques, en faisant appel aux masses, en tentant, par leur mobilisation, de triompher de tous les obstacles.

    Probable que l’ambition fut trop grande. Probable également que l’URSS, qui souhaite inclure Cuba dans la « Division Internationale Socialiste du Travail » n’ait pas été particulièrement empressée de doter l’île de moyens pour développer une industrie industrialisante. Nul doute que ces aspects là, le Che en a une certaine conscience.

    Il le note en 1965 : « Cependant, l’État se trompe quelquefois. Quand une de ces erreurs se produit, le manque d’enthousiasme collectif se traduit par la diminution quantitative de chacun des éléments qui composent les masses. Le travail se paralyse jusqu’à en être réduit à des dimensions insignifiantes. C’est le moment de rectifier. C’est ce qui est arrivé en mars 1962, face à la politique sectaire imposée au parti par Aníbal Escalante. »

    Si la lutte contre cette tendance à une intégration à l’espace économique soviétique s’est illustrée par la purge de Aníbal Escalante (1962), agent des intérêts de l’URSS au sein de la direction du PSP, l’URSS triompha pourtant. Dans la situation de Cuba, en 1962, l’URSS avait plus à offrir en termes d’armes, d’équipement, de ressources et de crédits que la Chine Populaire, indépendamment de la ligne.

    Le pragmatisme de cette prise de position se justifie, dans un sens tactique, mais stratégiquement, il fut funeste à Cuba. Il illustre pleinement les problématiques auxquelles nous serons, nous aussi, confrontés dans une situation similaire, et où des concessions justifiables à un instant T nous enferrent dans une impasse à un instant T ‘.

    Il est possible de critiquer la pensée politique du Che, il est possible d’y voir des erreurs, mais en revanche, il n’est pas possible de parler, ici, de trahison. Il y avait une volonté sincère de construire le socialisme et d’apporter l’éducation, la santé, la culture aux masses de Cuba. Dans une certaine mesure, et sur ces secteurs, Cuba tint ses promesse. Mais sur le noyau dur de l’économie, en revanche, l’affaire capota. La critique de la loi de la valeur et des méthodes de Khrouchtchev dans l’économie politique fait écho au débat qui eut cours entre les années 30 et 50 en URSS.

    On retrouve là une vue similaire entre la conception de l’économie politique défendue par Staline et les membres de son équipe, contre une vision prétendument apolitique, en fait libérale, défendue par les économistes soviétiques des années 50. C’est cette vision qui devint hégémonique après 1956, entrainant l’URSS, et Cuba, dans son sillage funeste.

    Si le Che à joué un rôle important au sein de Cuba, il s’est montré, également, un incontournable acteur de la scène internationale, en travaillant à monter un projet d’union anti-impérialiste, à l’échelle mondiale : la tricontinentale.