Étiquette : Congrès

  • Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ? Partie 1

    Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ? Partie 1

    Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ?

    Partie 1 : Concentration du pouvoir et des impôts.

    Emmanuel Macron s’est exprimé devant le Parlement, réuni à Versailles, le 9 juillet. Dans un décorum d’Ancien Régime, il a pris la parole et s’est adressé aux parlementaires dans un discours fleuve de 85 minutes. Le coût de l’événement, immense, a contribué à entretenir une crispation autour des dépenses de la présidence de la République, entre usage de jet pour 100 pauvres kilomètres, vaisselle hors de prix et piscine privée à Brégançon.

    Mais le fond de l’affaire est ailleurs. Il est dans le fond du discours plus que dans la forme qu’a pu prendre cet événement. Les prétentions d’humilités qu’a pu mettre en avant le Président de la République ne peuvent qu’être risibles dans le sanctuaire du pouvoir monarchique. Un semblant hypocrite d’autocritique a été tenté. Il ne concerne que quelques points particuliers. Nous ne voyons pas auprès de qui s’excuse le Président de la République, tant il a pu remplir avec un zèle dévoué les objectifs que lui ont assignés les grands et grandes bourgeois et bourgeoises. Cependant, de l’autre côté il annonce des résultats magnifiques, résultats qu’un an d’exercice du pouvoir de peuvent permettre de mesurer, même dans le cadre de la politique bourgeoise, en particulier concernant l’éducation. Cela mis de côté, le fond du discours est plus que glaçant.

    La conception du pouvoir chez Emmanuel Macron pourrait quasiment être caractérisée comme un orléanisme à la sauce macronnienne. Au travers de lui, la bourgeoisie exerce en commandite directe le pouvoir. Humble, mais pas tant que ça, puisque tout suinte l’arrogance d’un pouvoir qui avance, pour reprendre la formulation de Clausewitz « en vedette », il est sur la crête de la vague et doit poursuivre son avancée avant que le contrecoup de sa politique de kamikaze ne l’entrave ou ne le paralyse.

    Certaines caractéristiques de l’État vu par Macron peuvent évoquer un retour à une période gaullienne, avec une concentration des pouvoirs et une concentration des compétences entre les mains de l’État. Le projet de réforme constitutionnelle de LREM vise à cela. Il vise à réduire le nombre de parlementaires, donc de réduire la représentativité de ceux-ci -déjà plus que minable en régime bourgeois- il vise également à changer la fonction de Président et à pouvoir doter celle-ci d’un pouvoir plus étendu. Pour le moment, le Président, hormis ce discours, n’a pas la possibilité de s’exprimer devant les parlementaires ni de débattre avec eux. N’étant pas responsable devant le parlement, il ne peut participer à cet événement au nom de la séparation des pouvoirs. Avec la réforme constitutionnelle, il le pourra.

    Seul des naïfs invraisemblables tels que Jean-Luc Mélenchon peuvent y voir une avancée ou une démocratisation. Celui-ci s’est exprimé « Victoire ! Macron s’incline. La prochaine fois, il devra écouter et répondre. Victoirissime, » Nous ignorons où Monsieur Mélenchon voit une victoire dans le fait que les pouvoirs se concentrent davantage entre les mains du Président de la République. Même les élus de « Les Républicains » ont fait preuve d’une clairvoyance nettement plus importante, en qualifiant cette manœuvre de « fusion » entre le poste de président et de premier ministre, l’irresponsabilité en plus. Dictant l’ordre du jour des débats, il pourra donner le ton à sa majorité, ajouter un système de commande directe de l’exécutif sur le législatif. Mélenchon ne le voit pas, car il est aveuglé par cette idée de mano-à-mano entre lui-même et le président de la République, tout comme son obsession l’avait poussé à se présenter à Hénin-Beaumont pour faire face à Marine Le Pen. Pourtant, son virage à 180° cinq ans après semblait illustrer un certain renoncement à ce genre de pratiques, qui ne lui portèrent guère chance.

    La culture politique de Macron, comme mentionné plus haut, est celle d’un orléaniste. Elle est celle de la direction directe, absolutiste. Il ne voit dans le Parlement qu’un rempart inutile, un espace de tergiversation et de négociation sans raison, autre que pour respecter la tradition. Missile kamikaze de la bourgeoisie, il n’a que faire de ces négociations, de ces entraves. N’ayant, pour le moment, pas l’intention de réfléchir à l’avenir politique, elles lui sont pénibles, lui sont insupportables. Au mieux le Parlement doit être une chambre d’enregistrement qui doit répercuter servilement les désirs de la grande bourgeoisie.

    Le discours, en tant que tel, n’est pas si libéral. Il est pire. Il met fin au pseudo-tabou libéral de la non-intervention de l’Etat. Au contraire, il annonce que les contribuables -payant des impôts auxquels la bourgeoisie se soustrait d’ores et déjà- paieront pour aider les grands trusts et les grands monopoles à maintenir ou accroître leurs taux de profit. In fine, cette taxation pour aider la grande bourgeoisie est un prélèvement sur salaire. Les travailleurs et une part de la petite bourgeoisie devront davantage cotiser pour que les grands patrons et les grands bourgeois ne soient pas menacés par la crise. En clamant qu’avant de partager le gâteau, il faut un gâteau, Emmanuel Macron indique que les prochaines années se dérouleront sous le mot d’ordre du sacrifice pour que «un jour » l’économie soit en embellie et que le mensonger ruissellement reprenne. En attendant, il promet une résurrection économique sous l’égide d’un capitalisme « populaire ».

    « Si l’on veut partager le gâteau, la première condition est qu’il y ait un gâteau. Et ce sont les entreprises, rassemblant actionnaires, dirigeants et travailleurs, ce sont les producteurs qui font ce gâteau et personne d’autre. Il est mensonger de défendre les salariés si on ne défend pas les entreprises. »

    Derrière le slogan de capitalisme populaire se cache une nouvelle farce au goût amer. Il s’agit de faire participer les travailleurs et les travailleuses au capitalisme. Les faire participer en investissant dans leur propre machine à exploiter, dans l’espoir que cela leur donne la possibilité d’être des travailleurs-actionnaires. Dans les faits, il s’agit, là encore, d’une saisie directe sur le salaire des travailleurs, et d’un actionnariat plus que pervers. Cette duperie sous vernis autogestionnaire contribue à saper la situation des travailleurs et des travailleuses. D’une part car le taux de profit de l’entreprise aura une conséquence directe sur les rentrées d’argent des exploités, mais également car ils auront tout intérêt à le hausse au maximum, quitte à devoir sacrifier sur d’autres plans, au niveau des conditions de travail ou au niveau des licenciement. Ce genre de marché de dupe fait que cette parodie d’autogestion est un coup de poignard dans le dos des travailleurs. De plus, il offre au grands bourgeois des garanties de capitaux, tandis qu’ils peuvent commettre des délits d’initiés à la chaîne.

    La question de la fiscalité est évoquée de nouveau, mais pour servir d’artillerie lourde dans le but de pulvériser les droits sociaux. Auparavant, les caisses de cotisation sont le fait des travailleurs et des travailleuses (au sens large) eux et elles-mêmes. Ces cotisations permettent de doter la Sécurité Sociale ; l’assurance chômage et les retraites d’un budget de fonctionnement. Ce budget de fonctionnement est ce qui garantit des droits individuels à la santé, à la retraite, au chômage. A l’origine, l’Etat lui-même n’avait pas de droit de regard sur ces questions. Innaceptable pour la grande bourgeoisie ! Elle n’a eu de cesse de vouloir mettre tout cela sous la coupe de son Etat, pour le brimer, le réduire et le briser. Macron, désormais touche au but. Sa fiscalité rassemble sous la même ligne de compte l’ensemble de ces caisses séparées.

    « La solidarité nationale est de plus en plus financée par l’impôt, ce que vous avez voté en matière d’Assurance Chômage a ainsi supprimé toute cotisation salariale remplacée par la CSG mais il faut bien expliquer l’ensemble de cette réforme, ne pas voir que la CSG qui augmente d’un côté, en oubliant que ce sont toutes les cotisations sociales salariales qui ont baissé de l’autre. »

    CSG -dont on peut remercier Michel Rocard, membre du Parti Socialiste- qui, malgré ses apparences, est payée dans la sa très grande majorité par le prolétariat et une partie de la petite bourgeoisie. La grande bourgeoisie s’y soustrait, car les revenus du capital sont taxés d’une manière ridiculement faible (1,1%). Désormais, l’Etat possède la haute main pour ventiler les rentrées d’argent de l’impôt comme bon leur semble. Voilà l’annonce de Macron :

    « il n’y a plus un droit au chômage, au sens où l’entendait classiquement, il y a l’accès à un droit qu’offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé. »

    Il n’existe donc plus de droit au chômage fruit des cotisations individuelles. Il existe une aumône que l’Etat bourgeois pourra verser, selon ses modalités, sont son bon vouloir, aux pauvres, aux sans-le-sou, aux exclus et exclues qui, à ses yeux, le mériteraient. La contrepartie empoisonnée, la voici :

    « Cette réforme a permis d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs tout en préservant la compétitivité et en garantissant le maintien des droits mais ceci conduit aussi à transformer la philosophie même de notre solidarité nationale et en quelque sorte d’en retrouver le sel. »

    La grande bourgeoisie promet plus de salaire direct contre une réduction massive du salaire indirect. Ce qu’elle entend par pouvoir d’achat ne peut être compris autrement qu’en termes de bénéfices engrangées par les fabricants de biens de consommation. En fait de cadeau fait aux masses populaires, il s’agit de cadeaux faits aux grands trusts. De plus, la dévastation de la protection sociale obligera les masses populaires à se tourner vers les assurances, les fonds de pension, les mutuelles. Voilà l’objectif final de la bourgeoisie : mettre le main sur un marché qui lui échappait, sur une manière d’engranger des sommes faramineuses sur la santé et la maladie, sur la misère et la souffrance. D’autant que cette trésorerie lui offre aussi des moyens de réaliser des investissements profitables ailleurs. Rappelons-nous un instant du rôle de ces caisses dans la crise des subprimes. Certains et certaines ont tout perdu dans cette gigantesque arnaque. Voici le « sel » que Macron souhaite retrouver.

  • La dictature du prolétariat : La ligne de démarcation principale.

    La dictature du prolétariat : La ligne de démarcation principale.

    La dictature du prolétariat

    La ligne de démarcation principale.

    Pour aller plus loin : 

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation se revendiquant du communisme. Elle est une organisation s’inscrivant dans une tradition et dans un héritage. Non pas un héritage mort et fétichisé, mais un héritage vivant et dynamique. Elle se revendique, fondamentalement, de l’intégralité de l’histoire du mouvement révolutionnaire et du mouvement ouvrier.

    Elle se revendique de la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire. D’une synthèse critique, capable de distiller les éléments justes de cette expérience. Cette synthèse est plus large que la seule existence des organisations communistes, que leur seul rôle. Elle doit embrasser l’ensemble de l’expérience, y compris celles qui ont été avortées, inachevées, perdues.

    Selon nous, cette synthèse de l’expérience ne se limite pas à tracer la physionomie d’une organisation à coup de citations, de galeries de portraits, de folklore et de mythes. Bien souvent, il nous est adressé la question de savoir si nous nous revendiquons de Staline, de Mao ou de Hoxha. Ce type de question est révélateur d’un certain état d’esprit qui prend les questions à l’envers. Se revendiquer d’un individu est, à notre sens, caduc et inintéressant dans la situation actuelle. Ces individus ont fait partie de l’histoire du mouvement révolutionnaire, du mouvement ouvrier. Nier leur existence ou n’embrasser que leur figure n’aurait pas plus de sens l’un que l’autre. Analyser leurs apports, en intégrer les aspects justes, en ôter les aspects faux, voilà comment nous comptons procéder pour avancer idéologiquement.

    D’autant que certains butent sur ces questions. La bourgeoisie à bien fait son travail, elle aiguille sciemment, au travers de sa propagande, au travers de l’Education Nationale, vers des formes stratégiquement inoffensives de contestation. L’importance de l’anarchisme et du trotskisme comme  mouvements dans les pays impérialistes est révélateur de cela. Cependant, bien souvent, la sympathie pour Trotski ne signifie pas une adhésion à ses thèses ni a ses pratiques. A l’inverse, combien de marxistes-léninistes autoproclamés orthodoxes se usent de l’entrisme, du fractionnisme, du liquidationnisme ?

    Il de s’agit pas de faire pour autant de l’éclectisme, et de brasser large pour se diluer idéologiquement, pour faire du centrisme, pour concilier l’inconciliable. Au contraire, il s’agit de progresser sans laisser la moindre zone d’ombre, sans laisser la moindre trace de poussière. Cacher l’inconsistance politique en se réfugiant dans une case, en se réfugiant sous une étiquette dont le contenu n’est pas maîtrisé n’est pas permis.

    L’adhésion n’est pas sur un branding d’image et de tableaux, mais bien sur une adhésion au contenu politique. Ce contenu politique que nous définissons comme ligne de démarcation principale, à l’heure actuelle, dans la poursuite de la construction d’un Parti Communiste Révolutionnaire efficace, est la dictature du prolétariat. Dans la situation actuelle, nous considérons que cette ligne est celle qui correspond à l’état actuel du militantisme au sein de notre Etat, mais également qu’elle est une question politique accessible aux plus larges masses, tout en étant profonde et complète.

    Pourquoi la dictature du prolétariat comme ligne de démarcation ?

    Le choix de la dictature du prolétariat comme ligne de démarcation est lié à un constat. Trop souvent, les organisations se revendiquant du communisme dressent une liste de points préalables sans fin à l’adhésion et au travail commun, ou à l’inverse évitent soigneusement cette question. Bien souvent, ces lignes de démarcations sont tracées dans le désert, et ne correspondent pas à des modalités pratiques ou politiques. Elles sont érigées en fétiches. Admirables ou non, justes ou non, elles n’en sont pas moins tout autant de barrières absconses car n’ayant pas de transcriptions concrètes dans la réalité ou dans la pratique, hors de l’iconographie.

    Nous avons voulu choisir une autre voie que celle de l’amoncellement de barrières qui ne font que recroqueviller les organisations autour d’un cristal de pure vérité autoproclamée, mais qui les privent de l’espace, de la marge de manœuvre permettant de débattre de la véracité de ce cristal, de le forger au fer de la critique, de la heurter au prisme de la science. Cette attitude sectaire de repli sur une vérité affirmée mais indémontrée, nous l’avons eue nous même, nous l’avons expérimentée et nous en avons, par le passé, éprouvé les limites.

    Nous voulons expérimenter une autre voie, plutôt que celle de la lame de rasoir, affûtée mais fragile, maniée d’une main incertaine, nous optons pour celle du creuset, de l’instance centrale de débat, dans lequel les diverses organisations doivent se fondre pour que naisse, par le travail et l’effort commun une organisation communiste pouvant déboucher sur un parti communiste. Tout n’a pas besoin d’être préalablement aplani avant d’avancer ainsi. De toute manière la dialectique et la vie font surgir chaque jour de nouvelles questions, de nouvelles luttes de ligne.

    Jamais le PC(b)US soviétique, jamais le PCC chinois, jamais le PTA albanais n’ont été monolithiques. Ces organisations ont certes tendu vers toujours plus d’unité, toujours plus d’efficacité, mais n’ont jamais été des blocs homogènes à 100%. Elles ont toujours connu une lutte de ligne intérieure. Nous considérons que l’unification n’est pas équivalente à la résolution immédiate de la lutte de ligne. La résolution de la lutte de ligne ne saurait être préalable au fait d’avancer, cela reviendrait à emplir un tonneau percé. Une base minimale simple, claire, et suffisante doit être dessinée comme préalable. Le reste des questions peut et doit se traiter dans le cadre du débat commun.

    Nous mêmes, faisons le choix d’avancer en commun.

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation qui rassemble des communistes ayant une perception différente de leur idéologie. Certains sont marxistes, d’autres se perçoivent léninistes, d’autres maoïstes. Nous pensons que les questions idéologiques sur ces distinctions sont légitimes. Elles sont légitimes et doivent faire l’objet d’un débat scientifiquement argumenté. Seulement, l’Unité Communiste de Lyon considère que ces questions peuvent être résolues au sein d’une organisation unique. Leur résolution n’est pas un préalable au travail commun et à l’unification. Leur résolution en est même une conséquence, puisqu’elle créé le cadre scientifique qui permet de faire la démonstration claire et nette de la supériorité de telle thèse sur telle autre thèse. Elle permettra de rejeter les conceptions arriérées et périmées et de systématiser celles qui sont justes.

    Dans l’état actuel des choses, certaines questions ne sont pas non plus un préalable à l’adhésion. Bien souvent, la maîtrise du matérialisme-dialectique, du matérialisme-historique, de l’ensemble des facettes de l’idéologie a été placée comme une nécessité pour devenir adhérent. Comme l’exigence était trop élevée par rapport à ce que des néo-adhérents, des statuts intermédiaires artificiels étaient mis en œuvre. Des stagiaires ad vidam eternam, parfois, qui attendaient d’être considérés comme digne de devenirs des égaux.

    Bien souvent, du fait de l’organisation en sectes, refermées autour d’une vérité autoproclamée, la progression vers le centre de ces organisations cloisonnées ne se faisait pas en fonction de la progression dans la maîtrise de la théorie et de l’idéologie, mais bien uniquement en fonction du degré de mimétisme des positions du centre. Dans ces conditions là, la dégénérescence ne pouvait que se manifester tôt ou tard, la présomption et le procès d’intention remplaçant l’analyse, l’attaque et l’agression le débat, l’assénement de dogmes la démonstration de la justesse des thèses défendues.

    Nous voulons une progression en commun, vivante, critique et encourageant l’autocritique.

    Nous pensons que la question de la dictature du prolétariat est suffisante et constitue une ligne de démarcation suffisante pour adhérer. Elle n’a pas besoin d’être même formulée selon cette expression consacrée. Le fait de vouloir la constitution d’un pouvoir populaire où le prolétariat et ses alliés dirigent l’Etat contre les exploiteurs, est suffisant.

    Pourquoi est-il suffisant ? Parce qu’elle est la condensation de l’objectif politique stratégique du mouvement communiste à l’heure actuelle. Elle conditionne tout et est la condition de tout.

    La question de la dictature du prolétariat est le nœud gordien de la lutte. L’atteindre impacte la forme de l’organisation et la question des rapports qui se nouent en son sein. Elle explique le fait qu’une organisation politique communiste ne peut atteindre cet objectif que sous la forme d’un parti de type nouveau, tel que défini par Lénine. Elle conditionne le fonctionnement interne, la nécessité d’avoir un centralisme démocratique, le fait de devoir lutter contre le fractionnisme, contre l’entrisme. Elle conditionne le fait qu’un Parti Communiste n’est pas une clique, une bande, une coterie, mais une organisation conçue, organisée, architecturée pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie et créer l’Etat prolétarien. Elle explique que les organisations de ce type ne sont pas des salons de discussion, ni de plaisant clubs, mais des outils conçu pour la plus grande efficacité.

    Sommes-nous pour de meilleurs salaires, pour de meilleurs horaires de travail, pour une meilleure couverture santé, pour une défense des droits des chômeurs ? , oui, nous le sommes. Mais limiter là notre revendication politique revient, au final, à demeurer au niveau de l’économisme. Il s’agit du travail des organisations syndicales, du travail des organisation de masse, de défense des masses populaires et de ses intérêts.

    La question de la dictature du prolétariat politise la question. Elle pose la question du pouvoir de la bourgeoisie, de la nature de son Etat, de la nature de ses institution, de la nature du rapport que peuvent avoir les exploités avec celle-ci. Vouloir défendre ce projet, c’est comprendre le fait que l’Etat n’est pas amendable, qu’il n’est pas possible de négocier sa forme, de se contenter du cadre étriqué de sa prétendue démocratie. La question de la dictature du prolétariat pose de manière concrète la question de la révolution. Elle le pose d’une manière non-abstraite, non comme un but final, non dans une perspective messianique, millénariste, mais comme un moyen concret. Un moyen concret de disposer des outils pour ériger et construire le socialisme puis le communisme. Elle redonne ainsi au marxisme sont caractère fondamental de guide pour l’action, et non d’un fétiche.

    La question de la dictature du prolétariat pose également la question du programme. De construire le socialisme dès qu’une zone est sous le contrôle du pouvoir populaire. La question de la dictature du prolétariat pose également celle de la démocratie populaire. La dictature du prolétariat implique deux aspects insécables : celui de la démocratie pour les masses, celui de la dictature contre les ennemis du peuple.

    En elle, elle pose la question des soviets, du contrôle populaire sur l’économie, de l’organisation démocratique de celle-ci. Elle pose la question de l’économie politique, de la planification, de la question du rapport avec la nature et avec l’écologie. Elle pose la question d’une économie non plus au service du profit d’une poignée de parasites, mais bien pour répondre à des besoins.

    La dictature du prolétariat pose également la question de la difficile gestion de la question des experts, de la bureaucratie d’Etat, du besoin de spécialistes. Elle pose la question de la liquidation en tant que classe de la bourgeoisie, par le fait d’éliminer le besoin social de ces catégories de population.

    Elle pose la question de la contrainte ou de la répression contre celles et ceux qui y sont hostiles et qui veulent s’organiser contre le pouvoir populaire. A la fois contre les irréductibles ennemis du peuple, mais également contre les menées intérieures qui peuvent être faites par certains individus, voire par des corps sociaux entiers comme ceux des experts bourgeois, qui peuvent tenter de se constituer leurs royaumes personnels au sein de l’Etat prolétarien, et, de ce fait, le ronger peu à peu. Elle pose la question de l’éducation des masses, de l’accès à la culture et au savoir, pour résoudre la dépendance vis-à-vis de ces experts, pour avancer vers la résolution de la contradiction entre travail manuel et intellectuel.

     Elle pose la question de la capacité à rallier les larges masses populaires, à les convaincre du bienfondé de l’Etat populaire par la mise en œuvre d’une politique qui donne des résultats. Elle pose la question de comment se met en œuvre ce ralliement, qui ne peut se faire -et ne s’est pas fait- par la contrainte, mais bien par un lent travail d’éducation des masses sur ce que signifiait cette étape du socialisme, y compris après la conquête du pouvoir par les bolcheviks ou par les organisations révolutionnaires. Elle pose la question des cadres du débat démocratique au sein d’une république soviétique.

    Elle pose la question de son affermissement, de la résolution des contradictions non-antagoniques par le débat, le dialogue, l’explication ou la conviction. Elle pose les bases de la résolution de la question de la structure patriarcale de la société, du sexisme, du racisme, des maux qui sont tout autant  de fléau dans la société pourrissante dans laquelle nous vivons.

    Elle pose la question de la défense et des relations internationales, de la volonté de soutien aux opprimés croulant sous le joug d’autres Etats capitalistes, de l’impérialisme, du colonialisme…

    Elle ouvre la voie vers une société sans classe ni Etat, vers une société communiste.

    A l’inverse la dictature du prolétariat démarque les communistes du réformisme, du révolutionnarisme romantique, de l’opportunisme. Elle est ce qui démarque des partis qui ne comprennent pas la nature de classe de l’Etat, son caractère profond de force d’oppression d’une classe contre une autre. Elle est ce qui démarque, fondamentalement de celles et ceux qui sont inconséquents, qui rêvent d’un grand soir sans en assumer les implication. Elle est ce qui forme une démarcation entre le messianisme, l’utopisme, l’idéalisme et la volonté d’avancer de manière cohérente, construite, organisée, structurée et efficace. Elle est la distinction entre le vœux pieux et la victoire.

    La question de la dictature du prolétariat porte chacun de ses aspects en son sein. Comme dans la création d’un dictionnaire, nous considérons qu’elle est une réponse nécessaire et suffisante, simple et accessible à tous et à toutes à la question de quelle est notre ligne de démarcation.

  • Vœux de l’Unité Communiste de Lyon pour l’année 2018

    Vœux de l’Unité Communiste de Lyon pour l’année 2018

    A tous et toutes,

    Camarades,

    En ce début d’année 2018, l’Unité Communiste de Lyon adresse ses vœux les plus chaleureux à l’ensemble des exploités et des opprimés.  Elle leur adresse des vœux de lutte, de combativité, de solidarité. Des vœux qui ne peuvent se réaliser par une force métaphysique, mais uniquement sous l’égide d’une plus grande organisation, d’une plus grande structuration, d’une unité de volonté sans cesse trempée par la lutte commune.

    Car, à l’échelle mondiale, une déferlante réactionnaire et belliciste frappe les masses. Elle n’épargne aucune région du globe. Qu’elle soit par les attaques sur les droits sociaux ; par les rhétoriques obscurantistes ou par la guerre, elle suit la même logique : diviser ceux qui ont tout en commun, pour les écraser dans le détail et les exploiter.

    Un sentiment apocalyptique noie ce début d’année. Un sentiment d’être au bord du précipice.

    Camarades, la guerre couve partout dans le monde.

    Le jeu de provocation que mène les USA contre la Corée du Nord se poursuit. Devant le refus de la RPDC de courber l’échine devant Trump, une véritable campagne en faveur du conflit se développe, jouant sur les ressorts les plus éhontés pour obtenir l’adhésion ou la neutralité de la plus grande partie de l’échiquier politique.

    Une tension palpable entre OTAN et forces Russes demeure particulièrement importante. Cet été, les manœuvres de Zapad-2017, au cours desquelles les Russes ont opéré une véritable démonstration de force, ont hypnotisé les occidentaux, lesquels redoutaient même une escalade militaire de grande ampleur. Le régime Ukrainien tout comme les directions des Etats Baltes poursuivent une radicalisation basée sur la réhabilitation des nazis locaux, tandis que la Russie joue sur une imagerie impériale pour justifier ses prétentions et sa politique d’expansion.

    En Afrique, en Asie tout comme au Moyen-Orient, les impérialismes mènent diverses campagnes pour contrôler ces zones ou les ressources de leurs sous-sols. Ces guerres directes ou indirectes entraînent des blessés, des morts, des exils chez les populations touchées. Les pions des impérialistes, auparavant encensés et récompensés de distinctions prestigieuses, comme le prix Nobel de la paix, dévoilent leur vrai visage.

    En Europe centrale et occidentale, même la situation est loin d’être calme. Que ce soit la ligue réactionnaire portée par les urnes en Autriche, ou les tensions en Catalogne, lesquelles peuvent déboucher sur une guerre civile, les nuages s’amoncellent.

    La misère s’accroît partout dans le monde. Pour la deuxième fois, l’espérance de vie aux USA a reculé. Le gouvernement américain vient de lancer une réforme fiscale qui exempte la bourgeoisie américaine de taxes, privant les masses populaires des USA de soins, de protection sociale. C’est ce modèle, directement inspiré par Thatcher et Reagan, que Macron veut importer ici.

    C’est le luxe et l’opulence d’une bourgeoisie parasitaire que nous payons chaque jour un peu plus cher. Les augmentations significatives de taxes sur les produits de consommation courante, sur les dépôts bancaires, sur la vie de tous les jours sont payées le plus largement par les masses populaires. La bourgeoisie fait financer les moyens de maintenir son ordre injuste par les deniers du peuple.

    De dures luttes seront à mener cette année, pour défendre la paix mais également pour préparer la lutte frontale contre la bourgeoisie.

    Mais ces sombres nuages ne peuvent faire oublier, camarades, un fait essentiel !

     La roue de l’Histoire tourne, et la bourgeoisie ne saurait l’arrêter, la stopper, la retourner. Elle se heurte sans cesse aux masses qu’elle jette dans la misère. Elle se heurte sans cesse à tout ceux et celles qu’elle a bafoué et trompé. Chaque fois que la bourgeoisie croit gagner un nouveau marché, croit trouver une nouvelle manière d’amasser des richesses, elle creuse un peu plus son tombeau.

    La démocratie bourgeoise est rejetée et conspuée par des parts toujours plus larges de la population, que ce soit en France ou ailleurs. Elle se démasque chaque fois davantage comme une mascarade, comme un rideau de fumée, comme de la poudre jetée aux yeux.

    Ni le capitalisme, ni son système politique corrompu n’est en mesure de faire face aux défis de demain. Et cela, les masses populaires, dans leur plus large majorité, le ressentent parfaitement. Le sentiment révolutionnaire grandit peu à peu, en réponse aux attaques subies, en réponse à la trahison.

    L’an passé, la bourgeoisie a espéré que le centième anniversaire de la Révolution Prolétarienne d’Octobre serait un chant au clairon, devant une tombe, par des folkloriques et des nostalgiques. Il n’en est rien.

    La défaite des pays socialistes est un revers, non une faillite. La bourgeoisie elle-même en a connu plusieurs avant de s’imposer comme la classe hégémonique. Le socialisme et, ultimement, le communisme sont toujours l’avenir.

    Le mouvement communiste au sein de notre Etat se recompose toujours, et l’Unité Communiste de Lyon compte jouer son rôle dans cette recomposition. Son but est qu’émergent les bases d’une unité large, d’habitude d’échange et de travail commun, sans esprit de secte ou de cercle. Que l’isolement et l’ignorance mutuelle soient remplacée par la reconnaissance mutuelle et par l’idée de  rapprochement.

    Nous espérons pouvoir contribuer à la naissance de cet espace, au sein duquel les contradictions pourront être résolues de manière positive et scientifique. Que puisse naître l’organisation qui nous manque tous.

    A l’échelle internationale, malgré les dires et les racontars de la bourgeoisie, la lutte révolutionnaire est un flambeau qui ne s’éteint pas. Le drapeau rouge flotte toujours sur des bastions, au sein des bases naxalbari, au sein des zones de guérilla philippines, au fronton des communes libérées par les forces révolutionnaires au Kurdistan.

    De nouveau, l’idée d’une internationale prend le chemin de la concrétisation. Partout, en cette année 2018, le monde appelle une lutte unifiée, pour que soit battue la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon souhaites donc, à toutes et tous, ses meilleurs voeux de combativité, d’endurance, de solidarité et de volonté !

    En avant vers une année de lutte et de combats !

    Vive la lutte révolutionnaire et populaire !

    Vive le communisme !

  • 2017 : Le bilan – partie 2 : Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    2017 : Le bilan – partie 2 : Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    L’année passée fut riche en expérience, en luttes, mais également en avancées pour l’Unité Communiste de Lyon, qui doit faire décanter cette somme d’expérience pour lui permettre de s’adapter à sa tâche : être une des pierres de la création d’un Parti Communiste révolutionnaire.

    A la conférence de Bottrop, nous camarades présents expliquaient ainsi nos tâches :  Actuellement, essayant de régler nos problèmes les uns après les autres, nous tentons avec tous les camarades de France représentés ici, en suivant l’exemple du groupe « l’Emancipation du travail » de Plekhanov, tout en participant aux luttes, de renforcer notre capacité à diffuser plus largement les idées marxistes-léninistes. Nous le faisons par la rédaction de brochures, par l’édition, par la diffusion, par la formation. Par ce travail, nous cherchons à contribuer à accroitre l’influence du marxisme-léninisme et à l’étendre à de nouveaux milieux. Ces milieux, formés dans la lutte des classes, contribuerons à former la base d’un tel congrès d’unification.

    Pour remplir ces tâches, l’Unité Communiste de Lyon à fondé son site internet, sur lequel, entre le 1er janvier 2017 et aujourd’hui, plus de 150 articles ont été publiés, ainsi que 21 brochures de notre plume et 37 ouvrages numérisés dont des inédits en français. Ce site internet à ainsi connu près de cent mille visites depuis avril 2017, permettant de diffuser l’idéologie marxiste-léniniste ainsi que les positions et la ligne politique de l’Unité Communiste de Lyon.

    Nous avons de grands chantiers.

    L’Unité Communiste de Lyon travaille, tout d’abord, au sein de son congrès, à son propre développement. Celui-ci doit nous permettre de développer notre stratégie d’unification, de déterminer quelles en sont les modalités, quelles en sont les lignes de démarcation.

    Nous travaillons toujours à la constitution de notre Centre de Recherche Marxiste, dont l’un des pans les plus importants est la constitution du Centre de Documentation Révolutionnaire. Bien qu’ayant subit des retards, le développement de ce centre ce poursuit toujours.

    Son but demeure de cataloguer l’ensemble de la documentation révolutionnaire disponible, sous chacune de ses formes, et de la mettre le plus largement possible – au travers d’une interface efficace- à la disposition du plus large nombre. Plus largement, son but consiste à pouvoir disposer d’un pool de talents, de traducteurs, de correcteurs, pour permettre la mutualisation la plus poussée et pratiquer l’économie des forces au sein du mouvement communiste francophone.

    A terme, nous maintenons la volonté de proposer des collaborations transorganisationelles sur les différentes questions idéologiques, politiques ou même pratiques, dans le but de contribuer à briser l’esprit de secte, malheureusement toujours aussi puissant dans notre Etat.

    Nous voulons régénérer notre idéologie par ce travail, lui redonner vie et profondeur, permettre de l’adapter à la réalité concrète, mais également d’ouvrir de débat pour que chacun en tire profit.

    Nous avons lancé, dans le même ordre d’idée, une plate-forme de médias, encore embryonnaire, nommée Planète Rouge. Celle-ci a pour volonté de libérer la parole et la capacité d’expression des militants et militantes communistes, en s’ouvrant aux contributions individuelles de manière large. Tant que la publication reste dans le cadre du débat prolétarien, de l’apport, mais également dans le cadre de la défense de la dictature du prolétariat et de ses implications logiques, la parole est ouverte.

    L’Unité Communiste de Lyon fut présente au meeting de l’ICOR, où elle a pris par ailleurs la parole. Cette conférence a été l’occasion de nouer des liens internationaux, mais également de pouvoir s’inscrire dans une dynamique de travail hors du cadre restreint de notre Etat. Nous ne considérons pas l’ICOR comme un outil parfait, il est plus que nécessaire qu’un travail sérieux soit fait en son sein, mais cependant, elle représente une étape, elle répond à un besoin, une nécessité de l’heure actuelle : celle d’un cadre de débat et d’unification.

    Nous voulons impulser une politique d’unité et d’unification dans l’ensemble de notre Etat. Cette politique d’unification doit rompre avec ce qui a été tenté avant. A l’issue de notre congrès nous formulerons nos thèses sur la question de l’unité au sein et à l’extérieur de notre Etat. Pour autant, nous confirmons notre constat, exprimé à la conférence de l’ICOR: « nous n’avons qu’un milieu Marxiste-léniniste minuscule, morcelé. Morcelé par un sectarisme de groupes qui se voient chacun comme un Etat-major et qui ne créent pas de cadre de discussion qui permette d’apporter une solution scientifique aux problèmes, qui n’apporte aucune mutualisation des expériences de lutte. » Ce sont à ces problèmes immenses que l’Unité veut s’attaquer.

    L’Unité Communiste de Lyon avance sur ces chantiers stratégiques essentiels. Cela ne l’empêche pas de travailler au jour le jour auprès des masses et d’être présente dans les luttes. Lutte contre la loi travail, antifascisme, syndicalisme, solidarité internationale… L’Unité Communiste de Lyon, dans la mesure de ses moyens, s’est impliquée dans chacun de ces combats.

    Aujourd’hui, l’Unité Communiste de Lyon avance et se transforme.

    L’Unité Communiste de Lyon demeure une organisation jeune. En presque deux ans d’existence, bien des vicissitudes restent à traiter. Cependant l’Unité Communiste de Lyon considère qu’elle a franchi le stade la plus critique de son existence, à savoir le fait de s’inscrire dans la durée. Nous avons acquis la certitude que ce que nous construisons, même si il est voué à disparaître dans une unification, n’est pas un simple feu de paille, mais bien le fait de construire un outil qui nous manquait.

    Une étape, à nos yeux, à été franchie. L’Unité Communiste de Lyon est désormais une organisation reconnue, tant à l’échelle de notre Etat qu’internationalement. Elle est une organisation possédant une physionomie politique, déterminée par des lignes de démarcation. Elle est une organisation ayant un contenu, une pratique.

    Mais nous ne nous laissons pas gagner par la fièvre du succès, et nous nous devons d’être vigilants et critiques.

    Nous avons un devoir d’autocritique sur le fait que nous n’ayons pas tenus tous nos engagements, que nous n’ayons pas répondu de manière convenable à tous les appels au devoir, à tous les appels de nos camarades.

    C’est un fait indéniable. C’est un fait que nous ne saurions escamoter, il est l’incarnation de nos faiblesses et de nos manques. Nous travaillons à les éliminer pour progresser. Eliminer le libéralisme et les tendances petite-bourgeoises qui nuisent à son activité. Eliminer les tendances au dogmatisme comme à l’empirisme, au folklorisme… La liste est longue et la lutte, constante.

    Mais il ne s’agit pas d’espérer que la perfection naisse d’elle même. Nous partons d’un monde dominé par l’idéologie bourgeoise, par ses pratiques, par ses failles. Nous ne voulons pas être de ceux qui se déclarent parfaits et au dessus de tous reproches. Mais nous voulons tendre vers l’amélioration, vers le progrès, en s’inspirant de ce qui fut réalisé par le passé.

    Nous nous inspirons de l’expérience chinoise et des 5 Haos qu’elle a initié :

    ·         « 1. Avoir une correcte pensée politique.

    ·         2. Pratiquer l’entraide entre camarades pour renforcer l’unité du collectif

    ·         3. Apprendre des plus avancés et apprendre aux retardataires

    ·         4. Savoir innover et économiser en travaillant

    ·          5. Remplir les normes de production. »

    L’Unité Communiste de Lyon avance. Elle est dans sa phase de congrès, laquelle doit lui permettre de pouvoir clarifier ses positions et sa stratégie. Elle avance vers plus d’efficacité, plus d’influence. Elle avance en luttant contre ses propres tendances au sectarisme et au localisme. Elle progresse et s’enrichit de son expérience.

    Elle forme un nouveau creuset dans lequel ses militants avancent, derrière des principes de camaraderie, derrière une volonté de débat prolétarien, pour contribuer efficacement au combat politique. Elle doit réussir à ne pas devenir une secte parmi d’autres, à être ouverte, tout en ne sombrant pas dans la démagogie et dans le centrisme.

    Ce sont là les tâches assignées à ce congrès, étape essentielle dans la vie d’une organisation. Ce sont là les passages obligés pour partir d’un bilan et se tourner vers l’avenir.

    2018 sera une année, elle aussi, de lutte et de combats. Une année critique à plus d’un titre, tant en termes de politique intérieure que de situation internationale. Les immenses tendances au conflit mises en branle l’année passé seront pas stoppées par les vœux pieux annoncés lors des fêtes de fin d’année. 2018 démarre sous le signe de l’incertitude, de la tension et de l’attention. Au milieu de ce maelstrom guerrier et antisocial, les communistes doivent faire front contre les projets de la bourgeoisie.