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  • Un an de confinement (Partie 2) : les origines

    Un an de confinement (Partie 2) : les origines

    Retour sur les origines.

    Petite parenthèse ironique. Sur Netflix, la série En Bref présentait en septembre 2019 un documentaire intitulé La pandémie qui vient. Durant cet épisode, il était expliqué que nous courrions un risque immense de voir un jour arriver une pandémie. Le modèle-type était décrit : probablement une zoonose, c’est-à-dire un virus mutant transmis de l’animal à l’homme ; probablement dans une région dans laquelle on trouve des marchés « humides », c’est-à-dire où la viande est vendue sur pied et tuée à la demande ; probablement dans une région comme la Chine, où le SRAS était apparu de cette manière.

    Elle indiquait également que les canaux de la mondialisation pourraient transmettre ces virus avec une célérité ahurissante, et rapidement atteindre le monde entier. Mais elle indiquait aussi, tristement, que les gouvernements traînent des pieds à mettre en place des systèmes préventifs et des stocks stratégiques en case de pandémie : cela est coûteux, et face à une menace incertaine, aléatoire, il est toujours facile de remettre à demain les mesures à prendre. A la suite du déclenchement de la pandémie, l’équipe a produit une nouvelle version, détaillant aussi la course au vaccin. Elle mérite d’être vue.

    Il faut dire qu’ils ont vu juste. A moins d’une surprise colossale – ce dont rêvent les conspirationnistes – il est pratiquement certain que la pandémie est surtout terriblement banale. Un pathogène qui se transmet d’un animal réservoir à l’homme, et qui se répand par la suite. La peste, la syphilis, le VIH, la grippe porcine, aviaire, espagnole, le SRAS, le MERS… sont toutes des maladies qui ont suivi ce tracé là.

    Dans le cas de la grippe espagnole, il est même possible de remonter jusqu’aux origines : le Kansas. Pendant la Première Guerre mondiale, un fermier porteur de la grippe humaine et un poulet porteur de la grippe aviaire sont dans le même espace : une grande basse-cour. Ils ne peuvent se contaminer mutuellement. En revanche, ils peuvent contaminer un porc. Dans les cellules de celui-ci, les deux virus transmettent leur ARN, ce qui leur permet de faire de celles-ci des usines à copie. Sauf que les deux le font en même temps, fusionnant leurs ARN pour en créer un nouveau. C’est quelque chose qui n’est pas exceptionnel. En revanche, dans la grande majorité des cas, les virus mutants sont moins efficaces, bancals, stériles. Dans quelques cas, cela créé une nouvelle souche. Dans le cas du Kansas, cette souche va se répandre comme une traînée de poudre, profitant de l’envoi d’un corps expéditionnaire américain en Europe. Il en résulte plusieurs millions de morts.

    Dans celui du VIH, c’est le déboisement de la forêt congolaise, la consommation de « viande de brousse » et le contact avec des espèces tropicales qui ont provoqué la rupture des barrières entre espèces. L’épidémie est restée discrète jusqu’aux années 1970, date à laquelle le développement de la mondialisation et du transport mondial lui a permis de s’implanter aux USA.

    Le virus qui provoque la Covid suit très certainement ce même schéma, très bien anticipé par En Bref. Il est tristement banal, et tristement classique. Mais il bénéficie lui aussi de l’incroyable accélérateur du transport mondial, de la densité de population, de la mauvaise application de mesures prophylactiques (lavage des mains, masques en cas de maladie…).

    Comme dans toute période d’angoisse, la politique s’en mêle également, et avec elle un lot de fantasmes.

    Un virus « chinois »?

    Il est clair que la Chine n’a pas fait preuve d’une grande volonté de transparence quant à cette pandémie. Elle a agi avec la prudence d’une puissance montante, laquelle tient à cacher secrète toutes ses faiblesses, pour qu’elles ne soient pas exploitées par ses potentiels – ou réels – adversaires. Ce silence a joué un rôle dans le fait que la pandémie ait plus se disséminer davantage, mais il ne s’agit pas d’un acte volontaire. Il est indéniable qu’elle a mis en œuvre tous les moyens possibles pour juguler celle-ci. L’impressionnant confinement de la ville de Wuhan a été parfois utilisé en exemple d’un totalitarisme chinois.

    Cependant, les accusations qui ont eu pour but de démontrer le fait qu’il s’agisse d’une expérimentation ou d’un produit préparé n’ont été étayée que par des preuves douteuses, fictives, ou mal interprétées. Elles sont allées de la simple confusion avec les autres types de coronavirus jusqu’à des inventions pures et simple. Surtout, elles ont procédé d’une manière non scientifique : soit par la pétition de principe soit par l’inversion de la causalité. Lorsque nous détaillerons les logiques conspirationnistes, nous aurons l’occasion de détailler cela plus précisément, mais dans l’intervalle, nous pensons qu’il est important d’expliciter ces deux principes.

    Dans la pétition de principe, les « chercheurs de vérité » ont procédé ainsi : ils sont partis du principe qu’il y avait une influence humaine et une action humaine à l’origine de cette pandémie, et sont donc partis à la recherche de signes, plus que de preuves. Or, dans une ville de la taille de Wuhan et dans un pays continent comme la Chine, il est aisé d’en trouver.

    Wuhan, avec ses 11 081 000 habitants et habitantes en 2018, n’est pas une bourgade. De la taille de Paris et de sa banlieue, la ville est une vraie métropole. Elle possède donc des installations universitaires et de recherche qui sont à la hauteur de sa taille. Parmi celles-ci, il existe effectivement un laboratoire P4, dédié aux maladies infectieuses. Mais il existe 1 356 laboratoires d’études sur les virus dans le monde. Si deux sont classés P4 en Chine, ce n’est pas du fait de la dangerosité des coronavirus, mais plus d’autres maladies nettement plus fatales. Pour le moment, il n’existe aucune preuve qu’il s’agisse d’un virus échappé d’un laboratoire, et encore moins d’un virus construit par l’homme.

    Il est vrai qu’il existe des expérimentations pour créer des virus chimères. Il n’est pas exclu non plus qu’il existe des armes virales ou bactériologiques. Cependant les probabilités sont minces. Dans un cas comme dans l’autre, nous ne pouvons que constater certaines choses. Pour un virus supposé bricolé, il possède un comportement qui est tout à fait banal. Rien ne le rend exceptionnel. Ni dans ses mutations, ni dans ses effets – encore qu’ils ne soient pas complètement élucidés.

    Pour un virus militaire, en particulier si celui-ci devrait servir à réduire la population terrestre, c’est un bien piètre outil. Il est incontrôlable – ce qui est le travers de toute armes biologique – et il n’est guère létal. D’une manière générale, c’est là un travers des armes biologiques : elles ne sont pas discriminantes.

    Un virus américain ?

    L’autre branche de la tenaille conspirationniste s’est nourrie d’un « à qui profite le crime ». Or, là encore, il s’agit d’une faille de raisonnement. Il inverse les principes de causalité, et il fait de la capacité de résilience, d’adaptation, une preuve d’intention. En soi, dans la plupart des situations, bonne ou mauvaise, des opportunités nouvelles ou des possibilités d’adaptation existent. Certains, certaines, sont plus efficace que d’autres à savoir saisir la balle au bond, et à utiliser des situations à leur avantage. Ainsi, la pandémie à fait naître, par exemple, des perspectives pour l’Asie, qui s’est libérée rapidement des entraves liées au Covid. Les milliardaires en ont tracé d’autres, en dépit de la récession, pour s’emparer de parts de marché détenues par leurs concurrents et par la petite bourgeoisie… Pourtant ils n’ont pas intérêt en soi à provoquer cette crise : elle aurait été un double saut périlleux dans le vide.

    Tirer profit, cela ne signifie pas être à l’origine de cette pandémie.

    Ainsi, tandis que beaucoup accusaient la Chine, d’autres ont accusé les USA, l’Europe, ou, même les Juifs. En partant d’un affrontement – réel – entre capitalistes, ils ont limité leur champ d’investigation aux relations géopolitiques ou à une grille de lecture purement militaire, oubliant ainsi totalement deux acteurs : la Nature et le hasard.

    Arguments sans preuve, se répondant sur la base de supposition biaisées, nourries de preuves bancales… Les théories du « grand reset », de l’arme de guerre ou d’autres buts de ce type paraissent bien naïves. Sans preuves tangibles d’un caractère exceptionnel

    En revanche, leurs effets ont été très concrets. Dans ceux qui « profitent du crime » il existe une cohorte de racistes et de xénophobes qui s’en sont servis pour alimenter la haine. Le racisme anti-asiatique connaît depuis, surtout aux USA, des sommets. Ainsi, il y a quelques jours, une tuerie à Atlanta a visé plusieurs salons de massage asiatiques, causant 11 morts. Le mobile raciste semble être au centre de cet acte.

    La peur panique et les mensonges ont aussi un autre effet : cela pousse les personnes vulnérables à s’isoler ou à se recroqueviller sur des communautés sectaires qui s’unissent autour des mêmes croyances. Une explication des événements, donc rassurante. L’hostilité provoquée envers les mesures gouvernementales, prophylactiques ou de soin (masques, vaccins, confinements…) représente un aspect criminel de ces pratiques.

    Nous pensons que nous pouvons qualifier ce virus de tristement banal et de tristement prévisible. Il a été le révélateur des faiblesses des uns et des autres, en en particulier a provoqué un coup dur au prestige du système de santé occidental.

  • La politique du pire. – Communiqué UC.

    La politique du pire. – Communiqué UC.

    Communiqué de l’Unité Communiste sur la politique sanitaire.

    Nous avons été surpris, comme beaucoup, de la décision du gouvernement. Elle apparaît comme contraire à la logique et comme contraire aux pronostics des épidémiologistes1. Nous en prenons acte, tout en considérant que ce choix peut être lourd de conséquences.

    Le gouvernement a établi une équation compliquée : elle mêle questions économiques, acceptation des mesures sanitaires renforcées, données épidémiologiques, et… préparation des élections. Le poids de ce dernier point demeure une inconnue. Il ne fait aucun doute, cependant, que l’approche des élections va devenir un poids sans cesse croissant dans les processus de prises de décision. Au cœur de la pandémie, chacun tente de tirer son épingle du jeu, avec des rhétoriques plus ou moins douteuses.

    Nous avons tendance à penser qu’un nouveau confinement paraît inéluctable. L’appel à la responsabilité collective ne servant, en dernière instance, qu’à infantiliser davantage la population, et à lui faire assumer un nouveau confinement. Elle sert aussi à faire oublier que les contaminations sont principalement issues des milieux scolaires, des lieux de travail et des transports. Avant toutes choses, c’est la part subie de l’activité humaine qui contamine, bien au-delà de la part choisie.

    Une dynamique inquiétante.

    La dynamique actuelle en France est inquiétante. Les contaminations n’augmente que peu, mais maintiennent une pression constante sur des hôpitaux usés, épuisés, sur un personnel à bout. Cette pression constante signifie une mortalité toujours importante, de l’ordre de 400 décès quotidiens. Elle signifie également que la marge de manœuvre des hôpitaux sera extrêmement faible lorsque les choses s’envenimeront. De plus, il reste l’inconnue des virus mutants et de leurs effets.

    Nous avons la désagréable impression que l’éventualité d’un scénario catastrophe n’est pas pris en compte. L’hypothèse d’une épidémie submergeant les capacités de réaction et de soin étant ingérable paraissant ingérable, à quoi bon le prendre en compte ? Cette politique de l’autruche, non seulement irrite, mais tue. Combien de personnalités politiques sont en train de perdre définitivement toute crédibilité ?

    La course contre la montre.

    Une course contre la montre s’engage entre la campagne de vaccination – campagne dans laquelle la France n’a guère brillé – et la progression de l’épidémie. En fin de compte, celle-ci sera très probablement terrassée. Mais à quel prix ? A vouloir, encore et toujours, des demi-mesures, des semi-solutions, des relâches prématurées, une addition terrible se constitue.

    Nous n’oublierons pas cette pandémie. Nous n’oublierons pas comment elle a révélé la médiocrité de notre système de santé, sa fragilité, sa vulnérabilité. Nous n’oublierons pas les mensonges, les incompétences, les lâchetés. Nous n’oublierons pas non plus que cette pandémie n’est pas un événement isolé, mais qu’elle s’intègre dans un dangereux processus : celui de la destruction de l’environnement et de la vulnérabilisation de l’humanité.

    D’autres voies sont possible que ce chemin vers une dystopie continuelle. Ces autres voies sont praticables, mais elles demandent une transformation de fond en comble de l’organisation des pouvoirs. Puisque nous ne pouvons compter sur les valets des exploiteurs pour nous diriger, dirigeons-nous nous même !

    1Il nous apparaît important de distinguer les virologues (étude des virus) des épidémiologistes (étude des épidémies). Le Dr Raoult est un virologue compétent, mais il a montré son absence totale de connaissance en épidémiologie. Il s’est trompé avec une telle régularité d’horloge que cela en devient proverbial.

  • Discours de Macron : Métro-Boulot-Hosto.

    Discours de Macron : Métro-Boulot-Hosto.

    Macron s’est à nouveau solennellement exprimé devant la population. Un cérémonial au protocole digne d’une République au style décidément très monarchique. Cette intervention était extrêmement attendue. Elle doit désormais indiquer quelle est la nouvelle stratégie du gouvernement dans un affrontement avec la pandémie. Après plusieurs mois d’échec, un sursaut était attendu anxieusement.

    Nous ne pouvons pas considérer que celle-ci réponde à nos attentes, ni à celles de la lutte contre la pandémie. Le confinement a été annoncé. Nous nous attendions à son annonce, mais pas à ses modalités.

    Malgré les contraintes qu’il impose, nous pouvons l’accepter.

    Nous ne sommes pas des individus qui se rebellent pour se rebeller. Nous avons la prétention de nous considérer comme des militants et des militantes sérieux et sérieuses. Il ne s’agit pas de persiflages, de grogneries. Nous avons le sens du devoir. Nous savons prendre en considération la gravité de la situation, et accepter des sacrifices.

    Dans la situation actuelle, nous jugeons acceptable de devoir renoncer à une vie « normale ». A ses agréments, à ses loisirs, à certaines de ces joies. Nous l’acceptons car nous plaçons toujours au premier plan l’intérêt populaire. En font partie la santé en général et le travail de ceux et de celles qui la protègent.

    Dans le silence assourdissant, celui du vide, de la disparition des applaudissements de 20h, nous les saluons toutes et tous.

    Pour eux et elles, pour les plus précaires, pour les plus vulnérables, nous acceptons cette part infime de sacrifice. Nous acceptons un confinement, en dépit du fait que celui-ci ne soit pas sans séquelles psychologiques.

    Seulement, nous n’acceptons pas d’être pris pour des idiots.

    Quelle auto-critique ?

    Une des constances est l’absence d’auto-critique de la part du gouvernement. Il aurait fait tout ce qui fallait. Notre pays posséderait le meilleur système de santé au monde, et la deuxième vague aurait parfaitement été anticipée. Pourtant les faits ont l’air de démontrer le contraire. Le Canard Enchaîné a ainsi démontré à plusieurs reprises l’incurie du gouvernement, les conflits d’autorité, le fonctionnement en grandes baronnies qui se tirent dans les pattes. Les hôpitaux ont ainsi reçu des milliers de test antigéniques destinés aux aéroports, mais simplement parce qu’il n’existait pas d’autorité compétente pour les commander. Une nouvelle fois, nous le mentionnons : la France est très mal classée dans sa gestion de l’épidémie (54e) par le Deep Knowledge Group.

    Les moyens termes, les demi-mesures, le « moindre mal » au profit de la sacro-sainte économie (celle de la grande bourgeoisie en tout premier lieu) nous ont mené face à cette situation impossible. La communication contradictoire, défaillante, l’absence de mesures éducatives font que 65 % des français et françaises portent des masques, souvent mal.1

    L’Economie-Reine.

    Bien qu’ayant pudiquement placé la défense de l’économie au dernier point, elle est le fil conducteur du discours. « Il faut protéger à tout prix les rentes de la grande bourgeoisie. Pour la petite, l’argent public fera l’affaire un temps. Et si elle meurt, ce n’est que du darwinisme ! » Voilà en somme la réalité.

    Ce confinement consiste finalement à racler l’existence jusqu’à l’os. Le métro-boulot-hosto devient désormais le mantra du gouvernement. Qu’importe si le cercle affinitaire ne correspond qu’à 6,4 % des clusters (cf. graphique).

    La stratégie du gouvernement consiste toujours à rogner autour du noyau dur des contaminations, sans jamais s’y attaquer. Il est hautement improbable que cela parvienne à faire passer les contaminations de 50 000 à 5 000 par jour.

    Education-contamination

    Dans l’éducation, croire que, dans un délais de quelques jours, il est possible de faire surgir un protocole miraculeux, un protocole capable de stopper les contaminations en milieu scolaire, c’est prendre le personnel éducatif pour des imbéciles. C’est également admettre à demi-mot que le premier s’est traduit par un échec total. Dans les faits les lieux d’éducation restent un des foyer de contamination premier. Que les enfants et les jeunes aient peu de formes graves, c’est un fait incontestable. Cependant, ils se contaminent. Ils contaminent les autres. Ce contournement du confinement le rend, de fait, inefficace.

    Fait illustratif : Tandis que l’émoi, légitime, autour du meurtre de Samuel Paty monopolisait les esprits, les masques fournis par l’Éducation Nationale ont été retirés du service. Ils sont soupçonnés d’être enduits d’un biocide toxique. L’Education Nationale a donc demandé aux enseignants de se débrouiller pour se protéger en attendant. Elle demeure un des seuls secteurs qui ne fournissent pas ses employés en protection. Le petit avantage d’être en cheville avec l’État : le droit du travail y est élastique.

    L’arrêt de la vie à sa dimension productrice signifie cependant que les transports en commun seront toujours aussi chargés, voire possiblement plus. Tandis que les loisirs d’après-travail rendaient les déplacements plus diffus. La compression des horaires signifie donc des départs groupés. Donc des transports saturés aux heures de pointe. Donc des contaminations, qui, elle, sont extrêmement difficile à retracer.

    En somme, une demi-mesure, qui se paie de la santé financière d’une partie de la population, et de la santé morale d’un grand ensemble, le tout pour des résultats dont on peut douter.

    Au pied du mur.

    Comme dit en amont, nous ne sommes pas des rebelles vains. Nous nous battons pour des causes que nous jugeons justes. L’accès à l’éducation en fait partie.

    Nous considérons effectivement qu’il est important son accès soit garanti au plus large nombre. Il est important que les élèves puissent aussi être intégré dans une communauté sociale qui les prémunissent contre l’isolement. Celui-ci, en plus de ses conséquences psychologiques, est terrain de recrutement des réactionnaires les plus virulents. Mais cela demandait des moyens, des fonds, des structures, qui ont été refusées alors que la deuxième vague s’annonçait. Nous ne pouvons pardonner les termes de Macron : « C’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays ». Conspués avant-hier. Encensés hier. Conspués à nouveau, la dure vie d’une catégorie sociale qui sert d’amortisseur.

    Pour que les écoles restent ouverte durant la pandémie, cela demanderait des moyens supplémentaires conséquents. L’emploi d’une cohorte de personnels, d’enseignants, d’aides, mais également de matériels permettant de pouvoir assurer le suivi à distance pour les malades et les plus vulnérables. Il en est de même pour le supérieur, dans lequel l’indigence est encore plus criante, et où le recours à distanciel est devenu la norme.

    Mais il faut pourtant maintenir tout cela ouvert, pour que la sainte ligne du CAC40 ne soit pas irritée. Sans école, pas de parents au travail, donc une grogne es vrais maîtres du pouvoir. En fait de « responsabilité personnelle », Macron fait appel au système D.

    Et cet argent existe ! Même dans une perspective qui n’implique pas de révolution !

    Exigeons que les grands capitalistes paient.

    Pendant la Première Guerre mondiale, tandis que les travailleurs étaient mués en chair à canon, il a été obligé d’arracher de la bourgeoisie une maigre compensation : un impôt sur le revenu progressif. Il était temporaire, et n’a été maintenu que parce que le butin de l’écrasement de l’Allemagne s’est avéré fort décevant. Mais la bourgeoisie n’a jamais désarmé et elle a tenté encore et toujours de l’anéantir. Il faudrait que les pauvres paient seuls l’entretien de leur propre outil d’oppression : l’État.

    Aujourd’hui les grands capitalistes se sont renforcés dans la pandémie. Ils lorgnent sur les commerces en faillite, sur les bars fermés, ils y voient une manne immense. Une occasion d’installer leurs franchises, leurs monopoles. De concentrer toujours plus de capital entre leur main, mouvement inéluctable du capitalisme. Nous réclamons que ce soient eux, ces parasites, ces héritiers fortunés, ces nantis, qui soient mis à contribution. Leurs fortunes sont faites de l’accaparement indu des richesses. Qu’ils les rendent !

    Ce n’est ni la révolution, ni une grande étape dans la lutte.

    C’est une première justice pour ceux et celles qui voient leurs niveaux de vies s’effondrer.

    Le gouvernement devra assumer sa responsabilité. Il devra assumer de jouer avec la vie des individus, de jouer avec le feu.

    Nous n’hésiterions pas un instant, si nous en avions les moyens, pour nous saisir de l’ensemble des moyens de production, pour nous saisir de ces richesses, et pour en assurer la redistribution et la remise en service. Mais une remise en service dans le but de satisfaire les besoins de l’humanité, non d’une clique de bandits.

    Nous appelons l’ensemble des organisations et individus qui partagent ce constat et ce souhait et se mettre en rapport avec nous. Face aux défis de la période, le camp du peuple doit répondre !

    1https://covid19.healthdata.org/france?view=mask-use&tab=trend

  • Communiqué et prise de parole du 1er mai.

    Communiqué et prise de parole du 1er mai.

    Nous ne pouvons pas nier que ce premier mai est spécial. Il est le premier mai d’une époque nouvelle. Une époque d’incertitude et d’inquiétude.

    Nous sommes à la charnière entre deux ères. Si la crise économique et les conflits étaient déjà là avant la pandémie, ils se sont accrus comme jamais, faisant tomber les bourses, accélérant l’effondrement de l’Union Européenne et de l’Euro, plongeant le monde dans le chaos.

    Ce premier mai confiné est un premier mai terrible pour tous, mais surtout pour les plus précaires et les plus vulnérables.

    Nous le dédions à toutes les travailleuses et tous les travailleurs qui, en plus de l’exploitation quotidienne, se confrontent à la maladie et la mort.

    Les soignantes et les soignants, les travailleuses et les travailleurs de la distribution, du transport, du ramassage de déchets, le secteur de l’industrie, de l’agriculture, de l’énergie, de la recherche… Ceux et celles qui retrouvent, dans la crise, leur centralité, leur caractère essentiel, vital…et pourtant déconsidérés, sous-payés, endettés, exploités.

    Mais nous pensons aussi à ceux et celles qui ont perdu, dans cette crise, leurs sources de revenus, qui s’inquiètent de voir les dettes s’accumuler, sans qu’il ne semble y avoir une issue à court terme.

    Nous pensons aux femmes, qui subissent les violences conjugales et la charge des tâches domestiques. Nous pensons à ceux qui n’ont pas de chez eux. A ceux qui sont dans les prisons et dans les centres de rétention. Nous pensons à ceux qui, ailleurs, même dans des pays riches, n’ont pas de place dans les hôpitaux, où se soigner est un luxe, et se confiner une impossibilité.

    Une nouvelle ère naît. Elle est inquiétante.

    Les certitudes que nous pouvions avoir sur l’avenir, même proche, sont réduites au rang d’hypothèses. Aurais-je encore mon emploi ? Aurais-je encore un salaire ? Des aides ? Un avenir ? Un diplôme ?

    D’autres questions, sinistres, apparaissent aussi. « Que se passera t-il si je tombe malade ? Est-ce que mes parents, mes amis, mes proches risquent de mourir ? » Une angoisse étreint toute la société. Une angoisse qui ne trouve pas de remède simple.

    Les périodes d’incertitudes font aussi naître de faux-espoirs, portés par des vendeurs de remèdes miraculeux, par ces explications simplistes, rassurantes et fausses, basées sur des bouc-émissaires, sur des forces occultes tapies dans les ténèbres. Ceux qui les répandent servent souvent de bien sinistres maîtres, qui n’ont qu’une hâte : reprendre et accroître l’exploitation.

    D’autres attendent, tapis dans l’ombre, leur heure. Ils essaient d’instiller la haine entre tous ceux et toutes celles qui courbent l’échine sous le poids des mêmes chaînes. Ils appellent à la guerre raciste, cannibale, des exploités les uns contre les autres. Ces individus se disent du côté du peuple, mais ils ne désirent qu’une chose : devenir les nouveaux maîtres, ceux qui manieront le fouet.

    En ces temps de trouble, les charlatans et les faux-prophètes sont légion. Ils sapent toute unité, toute solidarité, tout espoir commun.

    A l’inverse, comme d’autres, nous pensons que ce sont justement ces valeurs qui nous unissent. Nous appelons tous et toutes à travailler en commun, dans un esprit de front uni, sans sectarisme, sans chauvinisme.

    Quelque soit la situation sanitaire, la période qui s’ouvre doit être celle de luttes renouvelées, d’une solidarité accrue et d’une plus grande fermeté. Il est évident que cette crise devra être payé. Il est tout aussi évident que ceux et celles qui sont en première ligne pour la payer sont les mêmes : ces travailleuses et travailleurs essentiels hier, demain à presser au maximum. De toutes les solutions envisagées pour régler le solde de cette pandémie, les seules qui sont retenues sont celles qui exonèrent les plus riches et font payer les plus précaires et les plus vulnérables.

    Allonger le temps de travail, réduire les salaires, prendre sur les maigres épargnes… mais surtout pas rétablir l’ISF ou taxer le capital !

    Les notions de démocratie et de liberté seront peut-être, demain, réduites à leur plus simple expression, tant la pression est forte. Si nous ne voulons pas que demain ressemble au siècle dernier, nous allons devoir nous mobiliser et nous battre avec la dernière énergie.

    Cette nouvelle ère peut être aussi une ère d’espoir et de victoire.

    Derrière cela il y a le fait que tous les gouvernements précédents, quelque soient les partis au pouvoir, ont contribué à cette crise sanitaire, sociale, et politique. Quelle que soient leurs bannières, ils se sont tous compromis dans la liquidation des hôpitaux, dans la fragilisation de notre système de santé et de solidarité. Ce n’est pas un hasard si celui-ci a du être arraché, sous le menace des armes, il y a 75 ans.

    Nous ne pouvons rien attendre d’une alternance, d’une nouvelle clique nommée pour appuyer la même politique, aux intérêts des mêmes personnes : cette poignée de milliardaires, parasitaires, vampires des richesses produites par d’autres, et par la nature.

    Nous ne pouvons pas non plus oublier que la pandémie est aussi une illustration de la menace immense qui sur l’humanité. La destruction des espaces naturels contribue à des contaminations par des zoonoses de plus en plus fréquentes. Plus grave encore, le déséquilibre toujours croissant entre les capacités de régénérations de la planète et les exigences de croissance absurde menacent la survie même de l’humanité.

    Il n’est pas possible de se contenter d’espérer qu’un « bon prince » ou qu’un « bon gouvernement », règle la question. Le poids des intérêts économiques est trop fort. Nous devons prendre les choses en main, construire un système réellement démocratique. Une démocratie populaire qui puisse remettre la réalité du pouvoir entre les mains de celles et ceux qui, avec la nature, produisent les richesses. Une démocratie qui puisse faire de l’économie un moyen de satisfaction des besoins, non plus une fuite en avant éperdue pour les rendements financiers, pour les banques, pour les rentiers et les rentières.

    Pour parvenir à cela, nous avons besoin d’être soudés, d’être nombreux et nombreuses, d’être organisés. Au niveau mondial, de plus en plus de groupes se lient, se rassemblent, pour avancer en commun vers de même but. Nous devons faire de même. Nous, l’UCL, avec d’autres, voulons tenir notre rôle.

    Vous qui voulez lutter, vous qui voulez défendre vos droits, vous qui voulez en gagner d’autres, rejoignez-nous !

    Ensemble, bâtissons et forgeons les moyens d’en finir avec la dictature des exploiteurs, des profiteurs, de celles et ceux qui nous écrasent !

    Prise de Parole :

    En ce premier mai, nous prenons la parole.

    Nous la prenons comme nous le pouvons dans une situation imposée par ces circonstances exceptionnelles.

    Le premier mai est, depuis 1886, un jour de lutte important pour l’ensemble des travailleurs et des travailleuses.

    Mais cette année, ce jour se déroule dans des circonstances exceptionnelles, dramatiques. Ce premier mai, confiné, doit cependant être célébré.

    Pour saluer celles et ceux qui font face au virus, dans les hôpitaux, dans les EHPAD, dans les laboratoires. Celles et ceux qui, subissant la liquidation des hôpitaux par les gouvernements successifs, risquent leur santé jour après jour.

    Pour saluer ceux qui produisent la nourriture, ceux qui produisent les biens manufacturés, ceux qui les transportent, ceux qui les vendent, et ceux qui font fonctionner le ramassage de déchets. Ce n’est pas un hasard si ces professions méprisées ont été reconnues essentielles. Elles le sont.

    Au delà de cela, comment ne pas penser aux enseignants et enseignantes, qui, eux aussi continuent leur activité.

    Beaucoup les nomment héros, même dans le camp de ceux qui ont tout fait pour réduire leurs salaires, leurs droits, leurs protection sociale. C’est là un cynisme innommable et un opportunisme ignoble.

    Dans cette période d’incertitude, nous avons tous et toutes eu des pensées sombres, des inquiétudes, des moments durs. En particulier les plus précaires, les femmes, les plus jeunes et les plus âgés. Le confinement n’est un jeu que pour une frange extrêmement faible et privilégiée de la société.

    Mais dans ces moments durs et sombres, nous avons aussi pu voir un espoir.

    L’entraide, la solidarité, la protection, le soutien…. Dans chaque ville, dans chaque quartier, dans de nombreux immeubles, des réseaux de solidarité, d’entraide, se sont formés. Beaucoup veillent les uns sur les autres, et cela est irremplaçable.

    Personne ne peut prédire précisément de quoi demain sera fait.

    Cela dépend des choix politiques d’un gouvernement qui a toujours travaillé pour les intérêts d’exploiteurs, de profiteurs, de rentiers. Il est clair, il est limpide que ceux-ci veulent renvoyer au travail au plus vite, pour ne pas perdre un centime de leurs fortunes ; pour ne pas être concurrencés ; pour espérer engranger des richesses supplémentaires malgré la catastrophe.

    Mais cela dépend aussi, surtout, de nous.

    Ce nous, ce sont les ouvriers et ouvrières, les employés et employées, les travailleurs et travailleuses de l’agriculture, des service, de la santé… Ce sont aussi ceux et celles qui sont privés d’emploi, les précaires, les saisonniers et les saisonnières. Ceux et celles qui risquent de tout perdre, sous les dettes, sous les impayés, sous la pression…

    Ensemble, cela représente une force immense. Une force capable de partir à l’assaut du ciel. Unis, organisés, nous pouvons faire face aux défis qui attendent l’humanité.

    La crise sanitaire, la crise économique, la crise écologique sont les grands défis de l’humanité entière. Partout dans le monde, ce premier mai, d’autres répercutent les mêmes discours, poursuivent les même buts. Ensemble, nous pouvons triompher, ensemble nous pouvons reléguer les horreurs de la pandémie, de la famine, de la crise, de la guerre, dans les oubliettes du passé.

    Ensemble, nous pouvons remettre entre les mains de ceux qui produisent les richesses les rênes du pouvoir. Décider en commun, démocratiquement, de notre avenir.

    Ce premier mai 2020 peut être le premier jalon, le point de départ, d’une ère d’espoir. Construisons la !

  • Confinement : toujours plus de violences policières.

    Confinement : toujours plus de violences policières.

    Véritable marqueur des tensions sociales, les violences policières ne se sont pas taries avec le confinement. Au contraire, elles se sont épanouies, comme des fleurs vénéneuses. Depuis le début de la pandémie, il est difficile de faire le compte des personnes brutalisées, des personnes blessées, parfois très grièvement, mais également des morts discrètes, qu’on ne compte pas.

    Une jambe arrachée ici, un policier tirant sur son voisin là-bas, un tabassage digne de la Guerre d’Algérie… Les cas ne manquent pas. Ils s’accumulent, nourrissant une colère sourde. Plusieurs pages, comme quarantine watch, se sont donné comme mission de recenser les cas de violence, pour qu’ils ne tombent pas dans l’oubli. Sur la base des opérations policières, il est possible de faire quelques constats sur leur origine, sur les réactions politiques, mais également sur leur instrumentalisation.

    • Un critère de classe fondamental. Il explique notamment la différence de traitement entre les quartiers populaires et les infractions massives au confinement et à la distanciation sociale qui ont eu cours dans le Paris bourgeois. La messe intégriste de la secte qui occupe l’Église de Saint Nicolas du Chardonnet ou le bal improvisé n’ont pas entraîné de vives réactions. En revanche, un grand nombre d’agressions massives et brutales ont été constatées dès que la composition sociale du quartier change. Quand cela se déroule de l’autre côté du périphérique, c’est même un traitement quasiment colonial qui s’est imposé.
    • Un critère qu’on ne pourrait qualifier autrement que comme racial. Dans les propos tenus par les policiers qui ont été filmés, cet aspect est revenu constamment. Nous ne pouvons pas oublier qu’il y a qu’il y a quelques années, le membre de Unité SGP-Police – Force Ouvrière Luc Poignant, déclarait que dire « bamboula » était convenable. Ces méthodes de traitement montrent aussi un héritage, une tradition issue de la colonisation, avec notamment un maintien de l’ordre par la terreur et une exacerbation des comportements racistes.
    • Une exacerbation par la pandémie mais aussi par l’impunité permise du fait des rues désertes. La pandémie apporte à cela la peur de la contamination, la peur du contact et de la proximité. Elle fait que les rapports sont d’autant plus violents qu’ils sont anxiogènes. Cette anxiété (certainement partagée) trouve son exutoire brutal d’autant plus facilement que les rues sont désertes. Dans le vide du confinement, personne ne vous entend crier et personne ne peut venir vous aider.

    Nous regardons ces images avec un grand effroi.

    Il y a certainement, parmi les policiers et les policières des individus qui sont sincèrement choqués de la manière dont les choses se passent, des propos, des actes, et de l’absence de déontologie honteuse. Il existe des individus qui pensent pouvoir réussir à transformer le cadre de la police pour en faire une institution garante de la sécurité de tous et respectueuse des lois. Mais ces voix sont noyées dans la masse, elles sont écrasées. Pourquoi ? Parce que l’institution en elle-même est construite pour réprimer les classes populaires, pour maintenir un ordre basé sur l’injustice et sur l’inégalité sociale. Elle est un cadre normatif qui broie les individus et les trie pour en sélectionner les plus féroces et les plus corrompus. Pour les idéalistes présent et présentes dans la police, il n’existe que trois chemins. Se normaliser et accepter, partir dans une lutte donquichottesque contre l’institution, ou la sortie par la démission ou le suicide.

    Conçue depuis sa naissance comme un outil d’ordre social, elle ne peut avoir d’autre nature. Et, par voie de conséquence, d’autre comportement.

    Face à cela, face à ces images et ces propos ignobles, des lignes de défense se sont dressées. Elles ne font que déshonorer ceux et celles qui les emploient.

    Il est dit que les quartiers populaires ne respectent pas le confinement. C’est partiellement vrai, puisqu’il a été possible de voir que le Paris bourgeois ne se privait pas de certaines libertés. C’est partiellement vrai, mais aussi compréhensible. L’aspect romantique et bohème du confinement demeure un grand privilège de classe. Dans les quartiers populaires, la grande majorité des emplois sont d’une nature qui ne les rend pas adaptable au télétravail. Le trajet métro-boulot-confinement est nettement plus dur à vivre, en dernière instance, qu’un confinement constant avec une adaptation de l’activité professionnelle.

    Il se déroule aussi dans des conditions de promiscuité et d’espace urbain qui ne permettent pas le même confort de vie. Si les quartiers de centre-ville permettent des sorties respectant le 1h & 1km, ce n’est pas le cas des grandes cités. Ce n’est pas un hasard si, à Lyon, les contrôles massifs ont eu lieu dans des points de jonction entre le centre et la périphérie populaire, comme à la station Vaux-en-Velin la Soie. Ils ont débouché sur un très grand nombre de procès verbaux et d’amendes. Celles-ci, conçues pour être dissuasives, sont extrêmement inégalitaires.

    Les violences ont aussi été mises dos à dos. C’est souvent la spécialité des réformistes, lesquels ne veulent pas jeter l’opprobre sur la police tout en ne se coupant pas d’un rêve de conquérir le réservoir électoral potentiel que sont les quartiers populaires. Cette manière d’appeler au calme sans comprendre, sans expliquer, sans donner un sens à la colère, est une manière également de renforcer l’impunité. Cette incapacité à pouvoir dénoncer les abus particuliers des policiers, mais surtout le caractère systémique de la violence est une constante. Même si des individus comme François Ruffin sont des personnalités sympathiques, il est toujours édifiant de se dire qu’ils peuvent sortir des énormités invraisemblables. Au début de l’affaire Benalla, il avait ainsi déclaré que l’attitude de la brute macronienne était distinguable de celle de la Police, qui « ne se comporte par comme ça ». Certes, entre temps les Gilets Jaunes ont eu lieu, et les lignes ont bougé. Mais il reste toujours nombre de démocrates pour expliquer comment ils mettront en place une répression « de gauche » une fois au pouvoir.

    Plus loin dans le spectre droitier, il existe l’immense nébuleuse de charognards. Ceux et celles qui font des quartiers populaires des zones de non-droit, qu’il faudrait pacifier par la force. Ceux et celles qui en font une affaire « religieuse » ou « culturelle », autant de cache-sexes pour ne pas dire ce qu’ils pensent profondément. Car la loi, même bourgeoise, sanctionne le fond de leur pensée raciste, pogromiste et génocidaire. Ceux-ci non seulement n’expliquent pas la tension, mais ils la désirent. Ils désirent plus de sang, plus d’intolérance et plus de violence.

    Alors ils salissent les victimes, en retournant les culpabilités. Ils nient les évidences en demandant qu’elles soient remises dans un contexte, contexte construit par le mensonge. Alors ils inventent des conspirations, des complots, des collusions entre l’État et un pseudo islam tentaculaire, apatride et antipatriotique. Un pseudo islam qui fait écho à l’invention qui avait été faite le siècle dernier, autour de l’antisémitisme et du judéo-bolchevisme.

    Quelque soient les formes que peuvent prendre les négations, elles nourrissent toutes la même politique : asservir ceux et celles qui souffrent.

    Durant le mouvement des Gilets Jaunes, une réelle unité est née, notamment contre les violences policières. Elle s’est basée sur la confrontation avec le mépris policier, avec l’impunité et les déferlement de haine. Cette solidarité à toujours été attaquée par les fascistes, lesquels ne peuvent s’empêcher de désirer plus d’ordre et plus de répression. Ils n’ont jamais voulu condamner ouvertement l’attitude de la police ni la dénoncer pour ce qu’elle est. Et pour cause, ils ne souhaitent que la rendre plus féroce. Ainsi, la jeunesse des quartiers populaires est souvent pointée du doigt comme bénéficiant d’une tolérance importante de la part des autorités ou de la police. C’est un comble ignoble.

    Le confinement nous isole, nous rendant vulnérables à la manipulation mentale. Celle-ci est d’ailleurs accrue par les algorithmes des réseaux sociaux, qui enferment les individus dans des bulles mentales. Ce type de terrain est connu pour être le champ d’opération favori de l’extrême-droite la plus perverse. Elle essaie de créer un environnement angoissant, hostile, démoralisant, en lançant théories fumeuses sur théories fumeuses et en essayant de fragmenter les solidarités.

    Tous les faisceaux lancés par ces groupes n’ont qu’un but : mettre fin au déconfinement pour relancer l’économie, sous prétexte d’un intérêt suprême de la nation. Derrière cet « intérêt suprême », en réalité, c’est celui d’une bourgeoisie exploiteuse et impitoyable. Cette même bourgeoisie qui impose la misère dans les quartiers populaires, chez les Gilets Jaunes, chez les ouvriers et ouvrières, chez les employés et employées, chez les paysans et les paysannes.

    Face à ces manœuvres, nous affirmons la nécessité de l’unité populaire, d’un front commun de tous ceux et de toutes celles qui courbent l’échine sous les matraques, sous les dettes, sous l’exploitation. La violence contre les uns est le prélude à la violence contre les autres.

    Nous n’acceptons pas la brutalité.

    Nous n’acceptons pas le racisme.

    Nous n’acceptons pas le mépris de classe.

    Nous n’acceptons pas l’impunité !

  • Combien de confinements ?

    Combien de confinements ?

    Après bientôt une quarantaine de jours de confinement, la question qui est légitimement dans tous les esprits est : comment en sortir ? Or, la réponse n’est absolument pas évidente.

    Ces dernières semaine, la mortalité a été extrêmement fortes. Plus de 21 000 morts, principalement des personnes âgées. Mais le bilan est loin d’être encore réellement réalisé. Il a déjà été annoncé que la mortalité anormale avait largement dépassé celle de la canicule de 2003 tout comme celle de la plupart des épidémies de grippe saisonnières. Et l’épidémie n’est pas encore terminée. Nous adressons nos condoléances les plus sincères à toutes celles et ceux qui ont perdu un être cher. Nos pensées vont vers eux et elles.

    Malgré ces terribles deuils, il est important de reconnaître que le confinement a permis un aplanissement de la courbe des infections. En dépit de toutes les inégalités, en dépit des violences policières innombrables et cruelles, en dépit des violences conjugales et familiales, le confinement à contribué à éviter une destruction complète du tissus hospitalier.

    Mais quelque part, il est aussi victime de son succès. Avec un taux d’infection de 5,7 % (estimé) de la population, le confinement a fonctionné. Mais il laisse aussi un sentiment amer et inquiétant : celui d’une pandémie qui est loin d’être terminée. Il n’est pas non plus rassurant de penser qu’il y a eu une saturation des services de santé avec un taux d’infection qui est demeuré, malgré tout, très bas.

    Cela signifie qu’il reste donc, au minimum, un potentiel de 94,3 % de la population qui court le risque d’être touchée, en partant du principe d’une immunité acquise à 100 %. Principe qui d’ailleurs n’est pas encore avéré et qui est, en dernière instance un problème insurmontable.

    La question qui se pose est de savoir quels sont les projets du gouvernement, projets qui ont tendance à avoir l’air pris au jour le jour, avec des ordres, des contre-ordres, des revirements brutaux…Une partie de ce qui suit est donc du domaine de la spéculation. Spéculation cependant alimentée par des principes de rationalité qui sous-tendent tout raisonnement.

    En somme, nous pouvons penser que les objectifs du gouvernement sont les suivant :

    • Tenter de juguler au plus vite et avec le moins de casse possible la crise pandémique. En réalité il n’y a pas d’intérêt au fait de causer des morts.
    • Tenter de limiter la pression au maximum sur le cœur de l’économie à la fois pour éviter de nuire aux intérêts de la grande bourgeoisie, mais également pour tenter de limiter le délitement du tissus économique du pays.
    • Tenter de ménager une certaine stabilité politique dans le pays pour éviter une crise politique majeure.
    • Ne pas se laisser enterrer par les États qui peuvent se permettre une politique de remise en route beaucoup plus rapide et brutale.

    Mais ces objectifs sont extraordinairement difficiles à atteindre sans que cela ne dépasse les limites de l’acceptable pour la population, déjà largement échaudée par l’incompétence du gouvernement et par les tensions sociales préexistantes. Il existe des points de ruptures qui sont déjà dépassés, notamment dans les quartiers populaires, dans lesquels 40 jours d’isolement n’ont absolument rien de romantique ou de reposant, bien au contraire. Plus les discriminations sociales étaient fortes avant le confinement, plus elles ont eu tendance à s’accentuer, avec d’ailleurs le rôle de catalyseur, voire de détonateur, de la police.

    L’idée d’une reprise progressive le 11 mai, puis d’un retour en classe le 18 mai, est probablement une remise en route temporaire. Il serait tout à fait envisageable et rationnel pour le gouvernement, et conforme aux intérêts de la bourgeoisie, que de tenter au maximum de faire coïncider une nouvelle étape pandémique avec la prise des congés payées.

    • D’une part cela éliminerait le besoin d’une législation spéciale sur la réduction de celles-ci, ce qui serait mal perçu et pourrait accentuer encore davantage les tensions.
    • De l’autre, le secteur du travail saisonnier (hors agriculture) risque, quelque soient les scénarios, de demeurer fermé.

    Nous nous dirigeons donc vers une possible série de confinements, suivis de sas de décompression, pendant lesquels la maladie se répand à nouveau, puis avec de nouveaux confinements. Ces espaces permettraient des contaminations « contrôlées » et adaptées à la dimension du système hospitalier.

    Mais, d’une part cette solution va se heurter au poids de plus en plus grand de l’endettement et de la concurrence internationale toujours plus aiguë. La baisse de la consommation intoxique aussi l’espoir d’une reprise rapide de l’économie. Et ceux et celles qui, sous la sidération, ont accepté des mesures d’autorité, les accepteront-ils à nouveau, la deuxième ou la troisième fois ? La lassitude pourrait très bien faire triompher des lignes hostiles au confinement, lignes soutenues par les franges des exploiteurs les plus radicales et les plus déterminées à sacrifier des vies humaines.

    Pour relancer l’économie et éponger rapidement la dette, il n’est d’ailleurs pas exclu que soit mis en marche la menace de taxer l’épargne. Cette taxe, non seulement frapperait les plus petits épargnants, mais pousserait à sortir l’argent des comptes pour le dépenser. Cette mesure est extrêmement inéquitable, puisqu’elle ne touche pas aux investissements, aux placements, à l’immobilier, ce qui représente le patrimoine des plus aisés.

    Pour faire accepter cette stratégie, maintenir le pays sous contrôle, pressurer le plus vulnérables, gérer le chaos de la perte de plusieurs millions d’emploi, des mesures politiques seront certainement mises en œuvre. Il n’est pas dit que la notion de liberté démocratique ne change pas de sens rapidement, sur l’autel de la gestion de crise.

    Quelque choix les stratégies employées par le gouvernement, il n’en reste pas moins que la réponse reste la même : préparer les luttes à venir, quelques soient leurs formes. Mais surtout, préparer également une réponse politique à la hauteur des enjeux de la période. Une réponse politique qui ose poser la question de la nature du régime, de la nature du pouvoir et de quels intérêts sert l’État.

    Cette crise, la crise économique et la crise écologique doivent mettre à l’ordre du jour l’idée d’un pouvoir populaire, seul à même de mettre fin à la dictature des rendements financiers, à la dictature de l’argent.

    Cette pandémie, est, en réalité, non pas un événement isolé, mais bien un symptôme de la déstabilisation des écosystèmes. Il est vital que cette déstabilisation s’arrête.

    La philanthropie, la charité, ne seront pas les réponses efficaces à ces maux. La seule réponse est par une gestion démocratique et populaire de l’ensemble des moyens de production des richesses et par l’exercice du pouvoir politique par celles et ceux qui les produise.

    Elle passe aussi par le fait de chasser du pouvoir les pantins des exploiteurs. Cela demande donc d’être organisés et organisées.

    Nous sommes dans le purgatoire du confinement. Ce temps peut, et doit, être mis à profit pour avancer sur cela, pour se préparer à affronter la sortie.

    Confinement I, confinement II, ou pas, organisons-nous pour ne plus revivre cela !

  • Communiqué de l’UCL sur le 11 mai.

    Communiqué de l’UCL sur le 11 mai.

    Comme l’ensemble de la population, nous avons pris note de la déclaration d’Emmanuel Macron relative au déconfinement.

    Nous considérons que nous sommes hostiles, dans l’état actuel des choses, à ce que l’activité des écoles et d’un grand nombre de lieux de travail reprennent le 11 mai.

    Nous considérons que, à l’heure actuelle, il n’existe aucune des conditions qui puisse permettre à cette reprise d’avoir lieu dans des conditions de sécurité suffisantes.

    A l’heure actuelle, les études sur l’immunité acquise contre le virus donnent des résultats plutôt déprimant.

    • A Wuhan, seul 2 à 3 % du personnel médical, pourtant très exposé, a développé des anticorps.
    • Il y a eu des cas de recontamination (il y a eu plusieurs cas recensés en Corée du Sud), ce qui laisse supposer une caractère cyclique de l’épidémie, notamment du fait des mutations du virus.
    • Certaines études laissent supposer que les réactions immunitaires, plus fortes après la première exposition, pourraient en réalité aggraver l’état de santé des patients. L’une des causes des décès étant une surréaction immunitaire.

    Donc il n’y a pas, de très loin, d’immunité de masse, ni en Chine, ni en France.

    • Les test sont particulièrement faibles, la France est un des pays qui a le moins dépisté : 5000 dépistages par million. C’est 5 fois moins que la Suisse, 4 fois moins que l’Allemagne.
    • Il n’y a toujours pas de matériels qui permettent une protection suffisante de la population, et donc de pouvoir faire passer le taux de contamination en dessous de 1.
    • Le système hospitalier, sans être complètement saturé, reste sous une tension forte, avec un personnel, un matériel, qui s’épuise. Il a besoin de pouvoir souffler.

    Aussi terrifiant que cela puisse paraître, il faut envisager que la sortie réelle, définitive, peut potentiellement arriver uniquement après la mise en œuvre d’un vaccin définitif.

    Nous jugeons que la réouverture des lieux d’éducations, sous un prétexte cynique (le risque de décrochage et d’accroissement des inégalités), n’a vocation qu’à décharger les parents pour qu’ils retourner travailler. Elle fait courir des risques immenses tant à la communauté éducative qu’aux élèves, et, par voie de conséquence, à leur parents et leurs proches…

    Ce sont uniquement des impératifs économiques qui dictent cette reprise prématurée. Dans son rapport du 7 avril, l’OIT estime que 2,7 milliards de travailleurs et de travailleuses sont touchés par le confinement, soit 81 % de la main d’œuvre mondiale. La productivité mondiale a diminué de 6,7 %, ce qui correspond à 195 millions d’emplois à plein temps.

    1,25 milliards de personnes (soit 38 % de la main d’œuvre mondiale) est menacée soit dans son salaire, soit dans son temps de travail. Le commerce de détail, l’hôtellerie, la restauration, l’activité manufacturière sont les plus touchés par la crise économico-sanitaire.

    Les femmes, en particulier dans l’aide à la personne et les tâches domestiques, et les populations des pays dominés (dans lesquels le secteur informel représente une part immense de l’économie) sont les plus touchés.

    L’effondrement du secteur informel ailleurs aura d’ailleurs des répercutions sur l’économie ici-même, accentuant par là même la crise économique mondiale.

    C’est donc devant cette situation que la bourgeoisie envisage de passer les morts en perte et profit.

    • D’une part, il y a l’avidité et l’appât du gain, la contraction de près de 10 % du PIB effraie les exploiteurs.
    • Il y a la peur panique qu’une fraction de la bourgeoisie puisse tirer profit de la situation mieux qu’elle, et capter les intérêts des investisseurs.
    • Surtout, une inquiétude immense les étreint : le premier pays qui lâchera le confinement sera probablement bien placé pour occuper les vides dans le commerce international, et donc prendre l’ascendant sur les autres.

    Cette panique doit les empêcher de dormir, sachant que la Chine est économiquement sur le pied de guerre, alors que l’Europe et les USA sont au point mort. Une grande partie de la bourgeoisie se converti alors progressivement à une ligne que nous pourrions qualifier de Raoult-Trumpienne. Cette ligne est répercutée massivement dans les journaux bourgeois, tels que le Figaro.

    • Elle appelle à un déconfinement le plus rapide possible.
    • Elle considère qu’il faut « prendre des risques », risques que la bourgeoisie est prête à faire assumer aux classes populaires.
    • Elle offre, en échange, un élixir de longue vie, une promesse de soin, le fameux traitement à la chloroquine. Ce traitement, qui a suscité des espoirs immenses, est devenu un enjeu plus politique que médical. L’étude d’impact de ce produit a d’ailleurs été maquillée grossièrement pour permettre d’être élogieuse. Voir ici

    Elle s’accompagne donc d’une intense propagande de défiance envers le confinement et envers une politique d’État jugée trop timorée. Même le poulain des exploiteurs, Macron, a du mal à prendre une posture aussi radicale, qui le mettrait dans une position très inconfortable. Sa rencontre avec Raoult ne peut être cependant comprise que comme un premier pas vers un déconfinement.

    Nous redoutons que celui-ci prenne la forme d’un déconfinement « à la hongroise », c’est à dire d’une possibilité de sortie qui se limite au travail et qui remette à d’autres lendemain la possibilité d’exercer les droits démocratiques, notamment celui de manifester.

    L’Unité Communiste de Lyon s’inquiète également du caractère hégémonique des théories conspirationnistes.

    L’inquiétude face à la situation, le sentiment d’impuissance nourrissent ces théories. A cela s’ajoute une peur panique devant le sentiment d’être le jouet de la nature et des éléments, cette peur panique pousse à chercher des boucs-émissaires et des explications « rassurantes », « rassurantes » car faisant intervenir des acteurs humains, identifiables.

    Elles place des biais d’intentionnalité dans chacune des actions qui ont pu donner naissance au virus et le disséminer. Ainsi, il y a eu des controverses sur l’origine du virus, sur son « utilité » ou sur l’attitude des autorités par rapport à la crise. Or, nous remarquons des similitudes frappantes et classiques :

    • Un biais d’intentionnalité : il existe un « but » à ce qui se passe.
    • Des acteurs nébuleux et monolithiques.
    • Une aggravation volontaire de la situation par les autorités.

    Elles ont été souvent diffusées et soutenues par des acteurs en mal de reconnaissance, à l’exemple du très controversé Dr Luc Montagnier, qui préconisait la papaye pour guérir le VIH ; ou encore par les groupes fascisants, pour semer les germes de la terreur et de la discorde.

    En revanche, ce qui devient inquiétant, c’est sa diffusion larvée par des médias « mainstream », comme le Nouvel Obs ou le Point, qui mettent en avant des titres racoleurs et répugnants.1 Elle est reprise également au niveau des directions politiques, telle Trump ou même Macron2. A noter que le Figaro, qui défend une ligne libérale, s’est empressé de démonter l’argumentaire. L’idée d’un virus de longue durée, du type VIH, ne fait effectivement pas les affaires de la politique anti-confinement.

    • Nous dénonçons cette campagne de désinformation propre à stimuler l’inquiétude et à anesthésier toute analyse rationnelle de la situation.
    • Nous soutenons que les processus d’apparition des virus et des zoonoses sont suffisamment maîtrisés pour qu’une origine naturelle et une diffusion par les canaux de la mondialisation soit la théorie centrale.
    • Nous constatons que les États ont agi de manière différentes, et que des contradictions très importantes sont apparues dans les gouvernements, montrant qu’il n’y a pas de plan unique et que les États ont souvent réagi dans la panique et la précipitation.
    • Que, selon l’adage de « à quelque chose malheur est bon », certaines cliques de la bourgeoisie utilisent cette catastrophe sanitaire. Les investisseurs, d’ailleurs, sans vergogne, se sont reconvertis vers les secteurs sanitaires. Cela ne signifie pas qu’elles l’aient provoquée.
    • Nous considérons que la politique de lutte contre les Fake News, menée par Facebook, est faite sous une forme contre-productive. En permettant de créer un sentiment de persécution, elle donne un caractère de prophétie autoréalisatrice aux théoriciens du complot.
    • Nous dénonçons également la préparation mentale à une ère de dureté.

    D’autant qu’il y aura des tensions extrêmement fortes à l’issue de ce confinement. Des tensions économiques, sociales, et donc, par voie de conséquence, politiques. Si le spectre du chômage est une peur constante, quotidienne, il s’ajoute à cela d’autres phénomènes. Notamment, l’effondrement d’une partie de la petite bourgeoisie commerçante, petite-manufacturière, sous-traitante (notamment dans l’automobile) pose des questions inquiétantes. L’attitude de 3 000 000 d’artisans et d’artisanes, ruinés, peut créer une situation d’instabilité politique majeure, voire de crise de régime.

    L’Unité Communiste de Lyon, ainsi que l’UPML en France, mais aussi les coordinations mondiales de l’ICOR et de l’ILPS appellent à préparer une solidarité active et à construire un mouvement pour défendre les intérêts des travailleuses et des travailleurs.

    Nous appelons :

    • A ne faire aucun sacrifice pour les intérêts de la bourgeoisie et de militer pour un report du déconfinement dans les secteurs à risque.
    • A la construction de front uni locaux, avec l’ensemble des forces progressistes, anticapitalistes et populaires.
    • A la coordination des organisations politiques pour préparer un premier mai offensif, malgré la situation.
    • A la réunion et la coordination des organisations communistes dans le but de faire entendre une position politique claire et à construire un mouvement de masse.
    • A une diffusion la plus large possible d’explications scientifiques et rationnelles sur la pandémie, permettant de lutter tant que le conspirationnisme, mais également d’être armé politiquement pour affronter la situation future.

    1https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200417.OBS27646/comment-est-apparu-le-coronavirus-la-pression-monte-sur-pekin-qui-se-defend-de-toute-desinformation.html

    2https://www.atlantico.fr/pepite/3588872/gestion-du-virus-en-chine–emmanuel-macron-estime-qu-il-y-a-des-choses-qui-se-sont-passees-et-qu-on-ne-sait-pas-