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  • Gloire à K. Marx – Parti Communiste du Togo

    Gloire à K. Marx – Parti Communiste du Togo

    Gloire a K. Marx, le grand dirigeant et éducateur du prolétariat international !

    Déclaration du Parti Communiste du Togo – ICOR

    Nous reproduisons sur notre site la déclaration de notre organisation-soeur du Togo, membre de l’ICOR, apportant un point de vue intéressant sur la vie de Karl Marx.

    Nous célébrons cette année la deux-centième année de la naissance de Karl Marx. Karl Marx est l’inventeur du socialisme scientifique, le grand éducateur du prolétariat international celui qui continue d’inspirer des millions de révolutionnaires et de communistes de par le monde. Les communistes et les démocrates togolais sont particulièrement fiers de se réclamer de son enseignement.

    Marx naquit le 5 mai 1818 à Trêves (Allemagne) d’une famille religieuse. Son père était avocat, un israélite converti au protestantisme. Il suivit sa scolarité primaire et secondaire dans cette ville, puis ses études universitaires à Bonn et à Berlin; des études de droit mais aussi et surtout d’histoire et philosophie. Il passa brillamment sa thèse de philosophie en 1841

    A sa sortie de l’université, il se fixa à Bonn, qu’il quitta pour Cologne, où il devint collaborateur, puis rédacteur en chef de la Gazette Rhénane, un organe d’opposition de la bourgeoisie libérale, qui avait quelques liens avec l’hégélianisme de gauche. Sous sa direction, cet organe prit une orientation démocratique révolutionnaire, ce qui lui attira l’attention du gouvernement réactionnaire et de la censure. Le journal fut interdit au début de 1843. Lénine souligne l’importance de cette période dans l’évolution de MARX, dans son passage de l’idéalisme au matérialisme et du démocratisme révolutionnaire au communisme.

    En 1843, Marx épousa Jenny von Westphalen, une amie d’enfance issue de l’aristocratie. La même année, la «Gazette Rhénane» étant interdite, il partit pour Paris où Il participa à la fondation des Annales franco-allemandes. Dans cette revue, parue en 1844, et qui n’eut qu’un seul numéro, ses appels aux masses et au prolétariat se faisaient de plus en plus nets. Son évolution vers le communisme s’affirma définitivement.

    En 1844 eut lieu sa rencontre avec Engels. De cette rencontre naquit une amitié profonde et féconde qui dura jusqu’à sa mort. Frappé d’une mesure d’expulsion en 1845, Marx quitta Paris pour Bruxelles. C’est dans la capitale belge qu’il adhéra à la «Ligue des communistes», une organisation qui fonctionnait alors comme une société secrète. A la demande du II ème Congrès de cette organisation, il entreprit avec Engels la rédaction du célèbre Manifeste du Parti communiste.

    En février 1848 la révolution éclatait à Paris. Le roi de France Louis-Philippe était renversé, la République proclamée. Cette révolution donna un coup de fouet à ce qu’on a appelé «le printemps des peuple», une série de mouvements révolutionnaires de caractère national-libéral à travers l’Europe.

    En Belgique, Bruxelles était également en ébullition. Les autorités, jugeant alors trop dangereuse la présence de Marx, décidèrent de l’expulser. Il revint donc à Paris, car le nouveau pouvoir qui, à ses débuts, tenait à montrer son intérêt pour la classe ouvrière et pour les questions sociales, lui avait officiellement fait savoir qu’il était disposé à l’accueillir en France. Mais il y resta pour peu de temps: en effet, en mars de la même année, la révolution éclatait également en Allemagne. Il se fixa donc à Cologne pour être au cœur des événements. La tactique de lutte qu’il décida en compagnie d’Engels, sont pour les communistes un exemple incomparable.

    En effet une fois sur place Engels et lui se rendirent compte de la réalité: «une bourgeoisie encore faible et disposée au compromis avec l’aristocratie féodale; un prolétariat également peu développé, inorganisé encore peu conscient de son rôle historique et de l’opposition profonde entre ses intérêts et ceux de la bourgeoisie, et «contraint de remplir pour le moment dans sa grande majorité, les fonctions de l’extrême gauche de la bourgeoisie»(Engels).

    Dans ces conditions, les ouvriers allemands devaient s’assurer d’abord les droits qui leur étaient nécessaires pour s’organiser en parti de classe: «liberté de la presse, d’association et de réunion, droits que la bourgeoisie était obligée elle-même de conquérir pour sa propre domination, mais que par crainte des ouvriers, elle commençait à leur contester»Le prolétariat, tout en préservant son indépendance devait veiller à marcher avec la grande armée des démocrates. C’est donc dans ce but de large alliance démocratique que Marx fit apparaître La Nouvelle Gazette Rhénane.

    Engels le rappelle fort bien: «C’est ce qui a déterminé notre drapeau quand nous avons entrepris de fonder un grand journal en Allemagne. Ce drapeau ne pouvait être que celui de la démocratie, mais d’une démocratie qui révélait partout, à la moindre occasion, son caractère spécifiquement prolétarien, qu’elle ne pouvait pas encore inscrire une fois pour toutes sur son drapeau. Si nous ne l’avions pas voulu, si nous avions refusé de nous rallier au mouvement et à son aile existante la plus avancée, prolétarienne en fait, pour le stimuler, nous n’aurions eu d’autre solution que de prêcher le communisme dans une feuille de chou et de fonder une petite secte communiste au lieu d’un grand parti. Or, le rôle de prédicateurs dans le désert ne nous convenait plus : ce n’est point pour cela que nous avions si bien étudié les utopistes et rédigés notre programme» (Engels, Marx et la Neue Rheinischer Zeitung ).

    La propagande autour d’un programme démocratique donna une juste orientation au mouvement révolutionnaire, ce qui n’empêcha pas Marx d’y participer de façon active. Mais la contre révolution était en marche en Europe et finit par triompher en Allemagne: Marx fut traduit en justice; il fut acquitté, mais une nouvelle mesure d’expulsion l’obligea à quitter Cologne pour Paris. Seulement, la situation n’était plus la même dans la capitale française. La réaction était revenue en force.

    En juin 1849, des manifestations ouvrières et populaires, organisées à Paris et dans de nombreuses villes françaises pour dénoncer l’intervention des troupes françaises contre le gouvernement républicain qui venait de s’établir à Rome, étaient écrasées dans le sang. C’est dans ce contexte que Marx fut expulsé une fois de plus de Paris. Il partit pour Londres, où il vécut jusqu’à sa mort, le 14 mars 1883.

    Marx est l’un des plus grands penseurs de l’histoire des hommes. Sa pensée, immense et puissante, (elle embrasse de nombreux domaines tels que la philosophie, le droit, l’histoire, pour l’économie politique, la sociologie…), continue de rayonner dans le monde et d’inspirer des millions de prolétaires et de travailleurs exploités et opprimés.

    Marx est l’exemple, le modèle par excellence de l’intellectuel militant révolutionnaire. Il a renoncé très tôt à des projets de carrière, pour se consacrer à la recherche philosophique. Il s’est ainsi porté au premier rang dans la grande bataille philosophique qui l’a conduit à la découverte du matérialisme dialectique et du matérialisme historique, la science révolutionnaire du prolétariat, celle qui démontre la nécessité historique de la révolution socialiste, sous la direction du prolétariat, comme prélude à l’édification de la société communiste. Son analyse du capitalisme dans la Contribution à la Critique de l’économiepolitique et dans le Capital, demeure un précieux outil pour le prolétariat révolutionnaire.

    Mais Marx n’était pas un intellectuel de salon, lui qui affirmait  que «les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, [que] ce qui importe c’est de le transformer». Les expulsions successives dont il fut l’objet, sont à la mesure de la crainte que ses idées et son action suscitaient auprès de la réaction. Chez lui, les réflexions théoriques et politique et l’activité pratique se sont toujours conjuguées et mutuellement enrichies. Avec Engels, il s’est toujours impliqué dans l’organisation et dans les combats de la classe ouvrière, et a œuvré inlassablement à doter le mouvement ouvrier de la théorie et la tactique du socialisme prolétarien révolutionnaire ou communisme. en menant un combat énergique contre les courants petits bourgeois, utopistes anarchistes, non prolétariennes, Au cours de la révolution démocratique que connut l’Europe et notamment l’ Allemagne  en 1848, il déploya une activité intense tant dans le développement, que dans la direction, l’organisation et l’orientation, du mouvement populaire.

     Marx, grand éducateur et dirigeant du prolétariat international

    Marx est en effet l’exemple de l’internationaliste conséquent. Sa pensée s’est forgée et s’est enrichie au contact de la pensée de l’histoire et des expériences qui sortaient du cadre strictement allemand. Les trois sources du marxisme, il faut le rappeler en effet, ce sont la philosophie allemande, l’économie politique anglaise et le socialisme français. Il s’est montré très tôt conscient de la nécessité de la solidarité internationale et de l’union des prolétaires de tous les pays face à l’internationalisation du capital, et face à la solidarité de la classe des exploiteurs par-delà les frontières, et cela l’avait naturellement conduit à envisager la révolution prolétarienne participé dans une perspective internationaliste.

    Dès l’année 1846 déjà, il avait à la création d’un Bureau international communiste de correspondance de Bruxelles. La Ligue des communistes à laquelle il adhéra était sans doute composée en majorité de militants allemands; mais elle affirmait déjà sa vocation internationaliste en intégrant dans son sein des militants belges, anglais. C’est donc en toute logique qu’il fut l’inspirateur du célèbre mot d’ordre international du Manifeste du Parti communiste: «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !».

     

    Mais c’est au cours des années 1860, qu’à la faveur d’un recul relatif de la réaction qui avait suivi l’écrasement des mouvements révolutionnaires de 1848 , et de la recrudescence du mouvement ouvrier, qui en a résulté, qu’il estima le moment venu de matérialiser le projet qui était donc le sien depuis les années 1840: en finir avec la dispersion du mouvement ouvrier, œuvrer à la mise en place d’un organisation internationale de la classe ouvrière.

    Le 28 septembre 1864 donc à Londres, fut fondée l’Association internationale des travailleurs, la Ier Internationale. Marx fut le principal animateur et le chef idéologique de cette organisation jusqu’à sa dissolution en 1872 après son transfert à New-York. La 1er Internationale n’était guère homogène; les organisations ouvrières qui y étaient représentées étaient loin de partager la même orientation idéologique, les mêmes traditions de lutte: des anarchistes proudhoniens, bakouniniens, des trade-unionistes. Lassalliens, côtoyaient des marxistes. Mais Marx mena un combat contre tous ces courants opportunistes, s’efforçant ainsi de forger «une tactique unique pour la lutte prolétarienne de la classe ouvrière dans les divers pays». (Lénine).

    C’est son activité inlassable et multiforme, dans une situation matérielle difficile voire de misère malgré l’aide d’Engels qui acheva de ruiner sa santé. Marx avait sacrifié sa vie à la cause du prolétariat et de la révolution.

    Mais 46 ans après l’écrasement de la Commune de Paris, 34 après sa mort, la classe ouvrière russe, sous la direction du Parti communiste (bolchevik), par la Grande Révolution d’Octobre 1917, mettait fin à la domination de la bourgeoisie russe, instaurait, à travers le gouvernement des soviets, l’Etat de dictature du prolétariat, et se lançait hardiment dans l’édification du socialisme. La justesse des analyses et des enseignements de Marx se trouvait ainsi confirmée.

     Après la victoire sur le nazisme, victoire grâce au rôle décisif joué par les peuples de l’URSS sous la direction de Staline, après l’instauration des démocraties populaires en Europe de l’Est et avec la victoire des mouvements anticoloniaux et de libération nationale dans de nombreux pays coloniaux et dépendants, c’est une partie importante de l’humanité qui pouvait se réclamer à bon droit et avec fierté de l’enseignement de Marx.

    Aujourd’hui, il est de fait que le socialisme connaît un certain recul, consécutif à la dégénérescence révisionniste du PCUS (b) et à la restauration du capitalisme en Russie et dans les démocraties populaires, et il est de fait que ce recul a permis au vieil arsenal anticommuniste de s’enrichir de nouveaux «arguments». On présente volontiers le marxisme comme dépassé, ou alors comme source de barbarie; on conteste son caractère scientifique; chez nous, c’est le sempiternel refrain sur «une idéologie d’importation étrangère, incompatible avec nos sociétés africaines..»Mais nous sommes persuadée que cette situation de recul est provisoire.

    En effet, la crise générale du système capitaliste, l’exacerbation des contradictions insurmontables de l’impérialisme sont indéniables et confirment les analyses de Marx et la justesse scientifique du marxisme et du marxisme-léninisme; elles mettent plus que jamais en évidence le socialisme comme une nécessité historique et comme l’unique voie de salut pour l’humanité. Il incombe donc aux partis communistes de s’emparer de cette science pour conduire le prolétariat et les masses populaires dans leur lutte émancipatrice. C’est ainsi que se pose la question.

    GLOIRE ÉTERNELLE A K. MARX GRAND DIRIGEANT ET ÉDUCATEUR DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL !

     

    • C’est dans cette voie que notre Parti, -PCT- s’est engagé avec enthousiasme, et chaque jour nous apporte la preuve de l’universalité et de l’actualité de Marx et du marxisme-léninisme. Ainsi, lorsqu’à la suite du mouvement insurrectionnel populaire qui embrasa notre pays en 1990-1991, la bourgeoisie libérale togolaise s’engagea dans le voie de la conciliation et des négociations avec le pouvoir autocratique en proclamant que la solution pour la démocratie passait par la tenue d’une «conférence nationale souveraine» suivie de la formation d’un «Gouvernement de transition», puis de l’élaboration d’une constitution «démocratique», et tout cela sans toucher à l’autocratie, ce sont les enseignements de Marx et de Lénine, qui ont guidé notre Parti, lui ont permis d’y voir clair dans cette situation, d’éviter le bourbier de la voie conciliatrice et de proposer la seule voie qui répondait aux intérêts de la démocratie et du peuple, celle de l’organisation et de la lutte.

     

    • Quand en décembre 1991, l’autocrate Eyadéma a fomenté son putsch contre le gouvernement de transition issu de cette fameuse «conférence nationale souveraine» et dirigé par Koffigoh, les communistes et les démocrates n’en ont pas été du tout surpris. En effet, ils savaient ce genre de scénario prévisible. Il leur suffisait pour cela de se référer à Lénine dans les «Deux tactiques de la social–démocratie dans la révolution démocratique»: par cet  ouvrage écrit en juin-juillet 1905, Lénine fustigeait la tactique conciliatrice élaborée par les mencheviks dans une conférence fractionniste tenue à Genève. Mais il est notable que Lénine appuyait sa démonstration sur l’expérience et l’exemple de Marx, comme il le précise lui-même: «La conférence a également oublié qu’aussi longtemps que le pouvoir restera entre les mains du tsar, toutes les décisions de tous les représentants quels qu’ils soient, se réduisent à des bavardages aussi creux et pitoyables que les «décisions» du fameux parlement de Francfort lors d la révolution allemande de 1848. Ce qui valut précisément aux libéraux genres Osvobojdénié de Francfort, les cruels sarcasmes dont Marx, porte-parole du prolétariat, les cinglait dans sa Nouvelle Gazette Rhénane, c’est qu’ils prononçaient de belles paroles, adoptaient toutes sortes de «décisions» démocratiques, «instituaient» des libertés de tout genre, mais en fait laissaient le pouvoir dans les mains du roi et n’organisaient pas la lutte armée contre la force militaire dont celui-ci disposait. Et pendant que les précurseurs locaux de l’Osvobojdenié discouraient, le roi guettait le moment propice, augmentait ses forces militaire; si bien que la contre-révolution, s’appuyant sur une force réelle, battit à plate couture les démocrates avec toutes leurs «décisions». On peut vérifier ici la force que représentent dans la réalité les enseignements de Lénine et de Marx, cette idéologie prétendument étrangère. On comprend mieux la nécessité de l’étudier. 

    C’est donc à juste titre que la pensée et l’action de Marx continuent de rayonner de par le monde, et d’inspirer des millions de communistes, de prolétaires et de travailleurs. Nous sommes certains qu’il en sera toujours ainsi, et ce jusqu’à ce que le communisme, ce spectre qui continue de hanter la bourgeoisie, devienne réalité, pour le plus grand bien de l’humanité.

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

     

    C’est à cela que visent les efforts conjugués des communistes et du prolétariat international et des masses travailleuses du monde. Les communistes du Togo se tiendront résolument à leur poste dans ce noble combat.

     

    GLOIRE ÉTERNELLE A K.MARX GRAND DIRIGEANT ET ÉDUCATEUR DU PROLÉTARIAT INTERNATIONAL !

     

    GLOIRE ÉTERNELLE A F. ENGELS SON COMPAGNON ET FIDÈLE AMI !

     

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

     

     

    Lomé, le 8 mars 2018

    Le Parti Communiste du Togo

  • La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945 – Partie 3

    La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945 – Partie 3

    Le 1945 des colonisés.

                De l’autre côté de la mer Méditerranée, la fin de la guerre est célébrée. Les contingents « indigènes » ont fait leur part du feu et rentrent dans leurs foyers. Des manifestations spontanées ont lieu, avec la bénédiction des autorités. Les nationalistes Algériens profitent de celles-ci pour rappeler leur existence, rappeler leurs revendications, pointer du doigt la contradiction entre fêter la mort de la bête immonde et maintenir un régime colonial basé sur la surexploitation, la privation de droits et le travail forcé.

                L’apparition du drapeau national algérien met le feu aux poudres. La police et les colons ouvrent le feu sur les manifestants à Sétif. Bouzid Sâal, un jeune scout, est tué par la police à Sétif. A Guelma, la scène est similaire, et un jeune manifestant meurt des suites de ses blessures, tandis que le quartier colonial se couvre de mitrailleuses. Des suspects sont interpellés et torturés. A Kherrata, un massacre est organisé en tout discrétion par les français, lesquelles, reprenant les mêmes méthodes que les Einsatzgruppen à Baby Yar, abattent et précipitent dans les ravins plusieurs centaines de suspects.

    Des émeutes éclatent alors en riposte. Des combats sporadiques ont lieu, ainsi que des vengeances, parfois aveugles, de rage, puis l’armée intervient brutalement. Si des morts ont été commises des deux côtés, leur disproportion illustrent la manière dont « l’ordre » a été rétabli.

    102 européens ont été tués, plus par rage, par vengeance, que dans une opération calculée de représailles. Le 11 mai 1945, le général de Gaulle ordonne à l’armée d’assurer « le maintien de l’ordre », en confiant au général Duval la conduite des opérations. Ces opérations sont des massacres et des exécutions sauvages, aveugles et terroristes. La France commet de nouveaux Oradour-sur-Glane. Pendant dix jours, le four crématoire de Lavie a tourné, sa flamme claire tranchant dans la nuit. Lorsque le 22 mai, la répression s’arrête officiellement. 900 morts le jour même, sous les balles de la police. Entre 20 000 et 45 000 sous le prétexte de liquider « …des éléments troubles, d’inspiration hitlérienne, [qui] se sont livrés à Sétif à une agression armée contre la population qui fêtait la capitulation de l’Allemagne nazie. La police, aidée de l’armée, maintient l’ordre et les autorités prennent toutes décisions utiles pour assurer la sécurité et réprimer les tentatives de désordre. »

     

    La France saute à pied joint dans la reprise de son Empire.

     

    A l’autre bout de la Terre, un scénario similaire se déroule. Si l’histoire de l’Algérie est relativement connue, la situation de l’Indochine mérite qu’on s’y attarde. La « perle de l’Empire », l’Indochine, sa colonie la plus rentable, avec ses minerais, son hévéa, ses bois précieux, était, durant la guerre, dans une situation étrange. A la suite de la défaite française de 1940, le Japon lorgne avidement sur cette position stratégique de premier ordre. D’une part car le Japon a besoin de ces produits, de l’autre car cela permettrait de couper une des voies de ravitaillement de la Chine.

    Le Japon fait donc pression, de manière forte, sur le gouverneur de l’Indochine, l’amiral Decoux. Dès juillet 1940, la primauté Japonaise est reconnue. Mais la situation ne convint pas aux forces japonaises, lesquelles menacent d’envahir purement et simplement l’Indochine. Entre le 22 et le 26 septembre 1940, après quelques combats sporadiques, les japonais prennent le contrôle de l’Indochine, tout en laissant l’administration de Vichy fonctionner et gérer la société. Cet événement, en soi, pourrait rester une anecdote. Mais cette opération a poussé les USA a geler l’approvisionnement en pétrole du Japon, et donc, l’a amené à se résoudre à la guerre.

    Il s’en suit une période paradoxale de collaboration franco-japonaise. La France n’est pas traitée en ennemi, mais pas totalement en allié. Le 10 janvier 1941, la Thaïlande, un des rares alliés du Japon, attaque le Laos et le Cambodge, voulant, par cette opération, étendre son territoire. Quelques jours après, la marine de guerre française réplique, coulant une grande partie de la flotte Thaïlandaise. Cependant le Japon arbitre en faveur des Thaïlandais, humiliant les français.

    A cette époque, la résistance anti japonaise est le fait, principalement, des groupes communistes, ancêtres du Vietminh. Les français, eux, restent dans leur grande majorité dans une logique attentiste, à part quelques déserteurs, dont l’un finit par combattre chez les soviétiques, dans le régiment Normandie-Niemen. L’OSS et les services secrets soutiennent les combattants vietnamiens, leur fournissant par ailleurs des canons sans recul et des lance-roquettes, qui jouèrent, en 1954, un rôle de premier plan dans l’écrasement des forces françaises à Dien Ben Phu

    En 1945, les Japonais sont en déroute. Étant donné l’effondrement du régime de Vichy et le ralliement progressif des cadres coloniaux à De Gaulle, ils n’ont plus confiance dans ces derniers. Pour tenter de sauvegarder leur situation, les forces du Mikado renversent la vapeur : ils opèrent un coup de force contre l’administration française. Coup de force qui se traduit, entre le 9 mars et le 15 mai 1945, par une série d’opérations militaires qui mettent les français en déroute. 4 500 morts et 37 000 prisonniers sont faits, contre un millier de tués chez les japonais.

    Si les forces françaises sont battues à plate couture, le Vietminh, lui, mène une guérilla d’ampleur, alimentée par le fait que les japonais ont vidé le pays de son riz et ont affamé la population. Après l’annonce des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, le 13 août, Ho Chi Minh lance une insurrection généralisée. Cette insurrection a pour but d’assurer le contrôle du territoire par des forces patriotiques avant que les dispositions prises à Postdam ne soient rendues effectives. Celle-ci prévoient l’occupation du nord par les troupes de Chang Kai-Check (Jiǎng Jièshí dans la nouvelle nomenclature), et le sud par les forces britanniques venues de Birmanie. C’est la révolution d’août, révolution étranglée par l’irruption des troupes étrangères.

    A la suite de la capitulation japonaise, la situation est extrêmement confuse. L’empereur Bảo Đại accepte d’abdiquer et de former un gouvernement d’unité nationale avec les communistes. Le Vietminh contrôle une partie de l’administration mais ne parvient pas à exercer la réalité du pouvoir. L’armée chinoise pille allègrement le nord du pays, et Chang semble vouloir mener une politique d’annexion. Au sud, les britanniques utilisent une partie des soldats japonais « oubliés » pour le maintien de l’ordre, tandis que certains de ces derniers rejoignent les troupes vietnamiennes. Les français, quant à eux, sont interdits d’entrer au nord par la Chine nationaliste, qui veut prendre la place du colonisateur, et au sud par les anglais qui contrôlent l’armée. Ce n’est qu’en octobre que Leclerc arrive à Saïgon.

    Le 2 septembre 1945, dans une atmosphère tendue, Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam. Celle-ci ne peut cependant être réalisée que par le départ des français et des troupes d’occupation. La France, par ailleurs, négocie laborieusement pour que la Chine se replie, en échange d’un renoncement à toute prétention française sur celle-ci. Le général Leclerc, qui remonte de Saïgon, opte pour une ligne de conduite modérée, de négociation, avec les forces patriotiques.

    « J’ai recommandé au gouvernement la reconnaissance de l’État du Viêt Nam, il n’y avait pas d’autre solution. Il ne pouvait être question de reconquérir le Nord par les armes, nous n’en avions pas, et nous n’en aurions jamais les moyens. Rappelez-vous le Sud. Ici l’insuccès est certain… Il faut garder le Viêt Nam dans l’Union française, voilà le but, même s’il faut parler d’indépendance. A Fontainebleau doit être trouvée une solution garantissant à la France au moins le maintien de ses intérêts économiques et culturels… étant entendu que Hô Chi Minh persistera à vouloir se débarrasser de nous… Pour cela, tendez la corde, tirez dessus… mais surtout qu’elle ne casse jamais !… Il nous faut la paix ! »

    Le remplacement des chinois pas les français n’est pas entravé par les troupes d’Ho Chi Minh. Hanoï, la capitale du nord, est occupée sans un coup de fusil. Le PCI cherche alors une solution de compromis. Mais, dans le camp des français, l’idée d’accepter de perdre cette partie de l’empire apparaît envisageable. Contre le diagnostic de Leclerc, la France se prépare à la guerre. Elle ne se sent plus si faible, se sent appuyée par le revirement géopolitique US, qui élabore progressivement sa doctrine du containement, et qui s’intéresse de plus en plus au maintien des bastions coloniaux comme bastions anticommunistes.

    L’anticommunisme et le colonialisme se mêlent et débouchent sur une conclusion partagée par la quasi-intégralité des partis politiques de la métropole, à l’exception du PCF : il ne faut pas céder. Le 23 novembre 1946, l’armée française choisit donc la voie de la guerre, en bombardant, par artillerie, le port de Haiphong, ouvrant ainsi le premier acte d’une guerre qui ne s’est terminée qu’en 1975. La France choisit, pour conserver son empire, le napalm, les massacres et la torture, plutôt que la paix.

                Si ces opérations militaires sont connues et enseignées dans les programmes scolaires, d’autres, encore, sont tuts et passées sous silence, tâchant de sang, encore un peu plus, le drapeau tricolore.

     

  • Communiqué commun de l’UPML et d’ l’UCL. Meeting de l’ICOR – 100 ans de la Révolution d’Octobre.

    Communiqué commun de l’UPML et d’ l’UCL. Meeting de l’ICOR – 100 ans de la Révolution d’Octobre.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon et de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

     sur le séminaire de l’ICOR célébrant les 100 ans de la Révolution socialiste d’Octobre

    L’UPML et l’UCL étaient présentes au séminaire de l’ICOR des 25-26-27 octobre 2017, à Bottrop [Allemagne]. Étant les seules organisations françaises présentes nous avons choisi de nous exprimer d’une seule voix.

    En premier lieu, nous remercions l’ensemble des organisateurs et des organisatrices, tout comme nous remercions chaleureusement les sympathisants qui nous ont hébergés. Nous saluons également les plus de 1000 participants du séminaire dont les membres des 60 organisations participantes à ce séminaire, en cette année symbolique du centenaire de la révolution.

    Pour rappel, l’organisation qui a pris en charge ce séminaire, l’ICOR, est une association de 50 partis et organisations communistes, révolutionnaires de différents courants correspondants à l’éclatement du mouvement communiste aujourd’hui. Son objectif est de s’opposer au système impérialiste mondial en coordonnant le travail de différents partis à travers le monde et d’œuvrer pour la révolution socialiste internationale et l’instauration de la dictature du prolétariat.

    Le mouvement révolutionnaire est bien vivant

    Nous considérons que la tenue de ce séminaire est un succès et un symbole important. Sa tenue est une illustration du fait que, cent ans après la Révolution d’Octobre, les organisations révolutionnaires n’ont pas été balayées. Elles n’ont pas été anéanties par les tentatives de la bourgeoisie de stopper la roue de l’histoire. La tenue de ce séminaire est également une preuve que l’internationalisme prolétarien vit toujours, que le cœur de la lutte et de la volonté révolutionnaire bat toujours !

    Stephan Engel, membre historique du MLPD – Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands, a introduit cette conférence en faisant un retour sur la situation en Allemagne. Au sein de cet État, les élections ont accordé, en effet, un pan important des voix à l’extrême droite, sous l’étiquette d’AfD (Alternative für Deutschland). Cette percée historique de l’extrême-droite au sein de l’Allemagne a poussé l’ancien dirigeant du MLPD à s’exprimer sur la lutte antifasciste. Il a très justement rappelé que celle-ci ne saurait exister de manière efficace sans être en lien directe avec la lutte des classes, sans être en rapport avec la situation des larges masses populaires, sans être en rupture avec la bourgeoisie. Bourgeoisie qui prend, cette année, le prétexte du centenaire de la Révolution d’Octobre, de la défaite bourgeoise face au peuple en armes, pour lancer une offensive contre le communisme. Offensive par la droite, avec le traditionnel discours des 100 millions de morts, avec les attaques contre l’idée même de socialisme et de communisme. Mais également offensive par la « gauche », flattant l’ultra-gauche, les anarchistes, les trotskistes, les rejoignant dans leur croisade anti-bolchevique.

    Le socialisme vainqueur avec la Révolution Bolchevique

    Le camarade Engel a ensuite fait un bref rappel des indéniables conquêtes de la Révolution Bolchevique, première révolution de ce type, tirant ses sources de l’expérience de la dictature du prolétariat issue de la Commune de Paris de 1871.

    La bourgeoisie et les croisés de l’anticommunisme ont beau s’échiner, comme le disait Lénine : « les faits sont têtus » : La révolution et la construction du socialisme ont apporté aux masses populaires du jeune État soviétique des avancées qu’aucun autre régime n’a pu leur accorder. Aucun ne l’aurait, non plus, voulu, car l’ancien monde, celui que la Révolution détruisit, était bâti autour de piliers tels que l’exploitation, l’obscurantisme, la domination d’une classe bourgeoise parasitaire, et même – au sein de l’Empire Russe – le servage.

    De ses ruines, naquit un monde où les maîtres mots sont égalité, justice et pouvoir populaire. Cela n’est pas resté que des mots jetés en l’air, comme de la poudre aux yeux, mais c’était bien une nouvelle étape dans l’avancée de l’humanité.

    En permettant au prolétariat et aux larges masses populaires de se saisir des leviers de commandement qui leur revenait légitimement, la révolution leur a permis de se saisir des problématiques qui les concernaient directement ; en prenant le pouvoir, les masses ont su imposer la politique qui allait dans leur intérêt, et non dans l’intérêt d’une minorité d’exploiteurs. En sont ressorties des conquêtes sociales que nul n’aurait pu envisager. Socialisation des moyens de production et collectivisation des terres permettant d’orienter la production non plus vers le profit, mais vers la satisfaction des besoins primordiaux, l’éducation gratuite, et obligatoire -l’analphabétisme qui dépassait les 90 % en Russie tsariste avait été quasiment éradiqué à la mort de Staline-, couverture sociale universelle -l’espérance de vie a été multipliée par deux entre 1924 et 1953-, et surtout, reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes. En effet, alors que dans les pays « démocratiques », la femme n’avait pas le droit de vote, et ne pouvait travailler, ni avoir de compte bancaire sans l’autorisation de son époux, la jeune URSS fut le premier pays au monde à compter une femme parmi ses figures politiques: Alexandra Kollontaï fut ainsi la première femme au monde à avoir été membre d’un gouvernement (commissaire du peuple à l’assistance publique), et à avoir tenu le poste d’ambassadrice à l’étranger, la camarade Kollontaï ayant été envoyée en ambassade au Mexique (1926-1927), en Norvège (1927-1930), puis en Suède (1930-1945), notamment au moment où cet Etat était l’épicentre de toute la diplomatie mondiale.
    Bien qu’indéniablement, une critique soit à faire sur les erreurs de la République des Soviets, celle-ci ne peut-être faite que constructivement, pour corriger les manques, non pour remettre en question l’ensemble du combat pour la construction du Socialisme. Ces conquêtes sans précédent n’auraient pu avoir lieu sans la révolution, une chose que ses détracteurs ne reconnaîtront jamais.

    Le marxisme – une science vivante !

    Tout au long du séminaire, il a été rappelé par quasiment tous les intervenants (à commencer par Stephan Engel dans son introduction), que contrairement à celles et ceux qui défendent une application mécanique et dogmatique du marxisme, ni Lénine, ni le Parti, ni la révolution en tant que telle n’ont suivi un schéma préétabli. La Révolution d’Octobre fut le fruit du caractère vivant du marxisme, de son caractère de guide pour l’action, non de dogme sclérosé. La Révolution d’Octobre s’est nourrie de l’expérimentation, sur un canevas dessiné par le marxisme. Ce qui a rendu la victoire possible, ce n’est pas l’adaptation scolaire de la théorie de Marx et Engels par Lénine et les bolcheviques, mais l’adaptation de celle-ci aux conditions matérielles du vieil empire tsariste. Le camarade Lénine a su donner vie au marxisme, dans la théorie et dans la pratique, une méthode de travail scientifique qui doit nécessairement inspirer tous les communistes à travers le monde.

    Cette nécessité de s’inspirer de l’exemple de Lénine est d’autant plus criante que la situation internationale actuelle présente des similitudes mais aussi des différences avec celle à laquelle étaient confrontés les bolcheviques. Les rivalités inter-impérialistes, les menaces de conflits et les conflits ouverts ne sont pas sans rappeler les situations d’avant-guerres du 20e siècle. Si actuellement une guerre mondiale n’est pas dans l’intérêt des impérialistes, le nombre de conflits et de guerres régionaux et la menace générale d’une guerre mondiale augmentent.
    Hier, la grande majorité de l’humanité vivait dans les colonies ou semi-colonies. Aujourd’hui, la plupart des quelques 200 pays existants sont principalement capitalistes, même si certains sont encore dépendant. Par ailleurs, une grande partie de la population mondiale vit dans des pays impérialistes. De nouveaux pays impérialistes se sont formés, comme la Chine, l’Inde, la Russie et d’autres progressent pour participer au partage des marchés et du monde. Toutes questions actuellement en discussion. Le séminaire a discuté des dangers, mais aussi des potentialités de cette évolution de manière controversée et passionnée.

    Impérialisme et social-chauvinisme sont nos ennemis !

    Si la première partie du séminaire a essentiellement tourné autour de la question de l’impérialisme, les intervenants sont revenus sur un problème auquel nous sommes également confrontés en France, y compris dans certains milieux prétendus « communistes », celui du chauvinisme. Il a été rappelé très justement que la social-démocratie, au sein des pays impérialistes, dès lors qu’elle n’est pas internationaliste, dégénère ainsi vers le social-chauvinisme, terreau de la réaction la plus crasse. L’exemple de la France insoumise est à cet égard parlant. Nous savons que nombre d’adhérents à La France insoumise défendent et se positionnent comme anti-capitalistes. Mais les positions de JL Mélenchon, obsédé par ce qu’il appelle « la place de la France dans le monde », reviennent à soutenir l’impérialisme français. Mélenchon ne cache pas sa sympathie pour Vladimir Poutine, à la tête d’un régime réactionnaire et impérialiste. Selon le leader de la FI, la Russie aurait le mérite de s’opposer au seul « vrai » impérialisme, l’impérialisme américain, face auquel tous les autres ne sont, à ses yeux, que des mouvements de résistances. Évidemment, cette publicité mensongère n’a pour but que de faire passer un discours nationaliste et anti-communiste, et finalement réduit les peuples à n’être que de la chair à canon au profit de bourgeoisies concurrentes. Ainsi, une conclusion s’impose : la lutte anti-impérialiste ne consiste pas dans le fait de se mettre sous l’aile d’une bourgeoisie contre une autre, mais elle doit être étroitement mise en parallèle avec la lutte des classes, avec la lutte des opprimés contre leurs oppresseurs. Les communistes n’ont qu’un seul camp, celui des intérêts du peuple.

    Révolution, centralisme démocratique et culture prolétarienne de débat

    La Révolution d’Octobre, et la critique de la social-démocratie, mène à une prise de position commune et évidente : la révolution ne peut pas, bien évidemment, passer par les urnes. Si, dans la stratégie et la tactique marxiste-léniniste, les communistes usent de tous les moyens mis à leur disposition, légaux comme illégaux, on ne doit jamais oublier que notre stratégie repose sur la révolution par les armes, et la dictature du prolétariat comme moyen pour bâtir la société socialiste. Une telle stratégie ne peut être mise en place qu’avec l’appui d’une discipline de fer, qui ne peut fonctionner que si les décisions centrales et les débats et expériences de la base fusionnent au plus près. C’est ainsi que fonctionne le centralisme démocratique, indispensable au bon fonctionnement de toute organisation communiste.

    A ce propos, nous ne pouvons que saluer la façon dont s’est tenu le séminaire, très respectueuse de la culture du débat prolétarienne. Les camarades présents ont pu s’exprimer librement, à égalité avec les autres partis et organisations, dans un cadre qui a permis la prise de parole de tous, que l’on soit ou non d’accord. Une critique est à faire cependant, la limite trop courte des interventions, rendant compliqué le développement de certaines idées.

    Cette discipline de parti vient directement s’opposer à ce que la nouvelle présidente du MLPD, Gabi Fechtner, qualifie très justement de révolutionnarisme petit-bourgeois, propre aux anarchistes, cultivant le spontanéisme, la paresse intellectuelle, et multipliant les actions sans stratégie, juste utiles à épuiser nos forces.

    A l’issue du séminaire, deux résolutions ont été votées par les organisations présentes. La première résolution concernait les dix camarades du TKP/ML (parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste); il a été décidé par l’ensemble des camarades présents d’exiger leur libération, en tant qu’ICOR. La seconde résolution concerne plus généralement le résultat du séminaire, les participants s’étant accordés à la quasi-unanimité sur l’importance d’une telle initiative, sur son impact indéniablement positif, tant aux niveaux politique, historique que moral, et sur la nécessité de multiplier ces occasions.

    La position de L’Unité Communiste Lyon, que nous partageons avec l’Union Prolétarienne Marxiste Léniniste est la suivante :

    L’importance que nous, communistes de France, de toutes les organisations, devons accorder à l’ICOR est capitale. L’ICOR a réalisé l’exploit de rassembler 60 organisations/partis internationaux afin d’échanger et travailler ensemble.

    Le travail avec l’ICOR ou avec les Amis de l’ICOR est nécessaire à la propagande large de la perspective du socialisme à l’international comme en France. Gangrené par le sectarisme, l’opportunisme, les travers sociaux-chauvins, le militantisme français a un travail d’unification immense et profond à faire.

    Nous ne pensons pas que ce travail se fait au sein de sectes, mais dans un combat d’ensemble. Nous pensons que le travail au sein de l’ICOR peut poser les bases du cadre dans lequel se réalise cette unité.

    L’expérience communiste rend d’autant plus nécessaire l’ICOR sous forme d’une coordination des organisations révolutionnaires, allant vers une nouvelle internationale ; la diffusion des idées marxistes léninistes, la coopération pratique et le soutien mutuel sont essentiels à l’évolution du mouvement ouvrier.

    L’ICOR, à l’heure actuelle, est une organisation importante et dynamique pour occuper l’espace laissé par l’effondrement des tentatives de reconstitution d’une internationale communiste. Il lui reste bien des étapes à franchir pour parvenir à remplir les tâches exigées pour devenir un véritable centre à l’échelle mondiale. Ces étapes sont, certes, imposantes, mais sont inévitables pour que renaisse une force communiste cohérente.

    En tant qu’organisations marxistes-léninistes en France, nous nous sommes exprimés communément sur deux questions fondamentales: l’étude et la diffusion du marxisme-léninisme au sein de la classe ouvrière et des masses populaires ainsi que la nécessité de sortir des logiques de groupuscules, et de construire un parti communiste révolutionnaire étroitement lié à la lutte des classes en France.

    Nous voulons élever notre niveau de compréhension de la science marxiste, mais non par fétichisme, non par intellectualisme, non par amour des livres pour les livres, mais bien pour redonner à notre sa place : celle d’un guide pour l’action consciente et organisée des masses.

    L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste veulent, dans la mesure de leurs forces, s’engager dans cette construction essentielle, vitale, pour que le mouvement communiste international renaisse et soit de nouveau en mesure de vaincre le système capitaliste et impérialiste.

    En avant pour l’unité des communistes révolutionnaires dans la construction du Parti en France !

    En avant pour la révolution socialiste internationale !

    Unité Communiste de Lyon – Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

  • Nouvelle brochure : Staline et la Création de l’Économie Politique du Socialisme –  Vijay Singh

    Nouvelle brochure : Staline et la Création de l’Économie Politique du Socialisme – Vijay Singh

    Staline et la Création de l’Économie Politique du Socialisme

    Vijay Singh

    Cette brochure ouvre une parenthèse, laquelle sera complétée par un certain nombre d’autres publications ayant trait à l’économie.
    La question de l’économie, de la loi de la valeur, de l’échange marchand, demeure une question souvent méconnue. Bien généralement, dans l’esprit de nombreux militants et militantes, la question de l’économie demeure quelque chose d’obscur, de nébuleux.
    Beaucoup l’écartent, pour ne conserver que le « politique », lequel est, bien souvent, hélas, vidé de son sens.
    Aujourd’hui nous publions cette brochure de Vijay Singh, laquelle s’intéresse à la manière dont Staline a travaillé sur cette question et, au sein de laquelle, il a lutté contre les vues d’économistes bourgeois, pour défendre le contenu économique marxiste-léniniste.
    Cette brochure s’intéresse également au changement de ton survenu à la suite du XXe congrès du PCUS.
    Souffrant d’une traduction approximative, nous avons essayé de corriger les erreurs les plus flagrantes, pour en conserver le sens général au mieux. Si certains ou certains possèdent les sources primaires, nous serons ravis de les consulter pour améliorer notre travail.

  • Sur la dictature du prolétariat – VIII – La fin de la dictature et de l’Etat.

    Sur la dictature du prolétariat – VIII – La fin de la dictature et de l’Etat.

    La fin de la dictature et de l’Etat

     Le dictature du prolétariat demeure un pouvoir temporaire.

    Les communistes ne recherchent pas la dictature comme la bourgeoisie recherche le capital. Cette dictature est et demeure un mal nécessaire, comme le sont les purges, comme l’est la lutte contre la trahison, contre la restauration du capitalisme.

    Si la lutte des classes devient à chaque pas plus aiguë, plus forte, plus intense, au fur et à mesure que la bourgeoisie sent le sol se dérober sous ses pieds, si elle est tactiquement plus intense, elle tend stratégiquement à se conclure.

    Stratégiquement, car, à chaque pas, l’avancée du socialisme brise et broie les possibilités de restauration, broie la base sociale du capitalisme.

    La transformation des rapports de production ne se fait pas du jour au lendemain. Elle est le fruit d’une longue avancée, d’une concentration de la production, d’une élévation du niveau général de compétence technique des masses, d’une suppression progressive de la propriété privée pour la muer en propriété du peuple tout entier.

    Lorsque la lutte des classes aura été poussée jusqu’à son achèvement, l’Etat ne sera plus nécessaire. Lorsque l’Etat ne sera plus nécessaire, la dictature du prolétariat s’éteindra.

    Ainsi, Engels dans Anti-Dühring,  au sein de la partie Monsieur E. Dühring bouleverse la science, donne une explication de l’extinction de l’Etat de la manière suivante : « Le prolétariat s’empare du pouvoir d’Etat et transforme les moyens de production d’abord en propriété d’Etat. Mais par là, il se supprime lui-même en tant que prolétariat, il supprime toues les différences de classes et oppositions de classes et également en tant qu’Etat. La société antérieure, évoluant dans des oppositions de classes, avait besoin de l’Etat, c’est-a dire, dans chaque cas, d’une organisation de la classe exploiteuse pour maintenir ses conditions de production extérieures, donc surtout pour maintenir par la force la classe exploitée dans les conditions d’oppression données par le mode de production existant (esclavage, servage, salariat).

    L’Etat était le représentant officiel de toute la société, sa synthèse en un corps visible, mais cela, il ne l’était que dans la mesure où il était l’Etat de la classe qui, pour son temps, représentait elle-même toute la société: dans l’antiquité, Etat des citoyens propriétaires d’esclaves; au moyen âge, de la noblesse féodale; à notre époque, de la bourgeoisie. Quand il finit par devenir effectivement le représentant de toute la société, il se rend lui-même superflu.

    Dès qu’il n’y a plus de classe sociale à tenir dans l’oppression; dès que, avec la domination de classe et la lutte pour l’existence individuelle motivée par l’anarchie antérieure de la production, sont éliminés également les collisions et les excès qui en résultent, il n’y a plus rien à réprimer qui rende nécessaire un pouvoir de répression, un Etat.

    Le premier acte dans lequel l’Etat apparaît réellement comme représentant de toute la société,- la prise de possession des moyens de production au nom de la société,-est en même temps son dernier acte propre en tant qu’Etat. L’intervention d’un pouvoir d’Etat dans des rapports sociaux devient superflue dans un domaine après l’autre, et entre alors naturellement en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place à l’administration des choses et à la direction des opérations de production. L’Etat n’est pas « aboli », il s’éteint. » (Engels 1878)

    Au plus le développement du socialisme avance, au plus les contradictions antagoniques sont résolues. Elles le sont par le fait de la dictature contre la bourgeoisie. Elles le sont aussi par la résolution des contradictions internes qui permettent l’apparition de la bourgeoisie : suppression de la petite production, collectivisation des terres et des moyens de production, mise entre les mains du peuple tout entier des usines, des mines, des sols.

    Résolution de la contradiction entre le travail intellectuel et le travail manuel, entre les villes et les campagnes, fin de la division genrée du travail…

    Ce n’est nullement pas un coup de baguette magique que ces contradictions seront résolues. Si des solutions miracle existaient, elles seraient d’ores et déjà appliquées.

    Dans notre brochure sur Les bases du communisme, nous indiquions l’objectif final suivant, le communisme :

    « Phase finale, supérieure, de la société humaine, le communisme ne peut arriver que dans un état de développement économique particulier.

    Le développement des forces productives, de manière supérieure aux besoins, rend l’argent inutile de facto.

    Tant que les besoins ne sont pas satisfaits, des écarts existent en fonction des postes, des salaires, en fonction des statuts. Cependant, avec la satisfaction complète des besoins, avec une productivité qui réponde à tous ces besoins, chacun donne de son travail en fonction de ses capacités, de ses talents, de ses compétences, et reçoit en fonction de ses besoins. Il n’est plus, donc, question de salaire, d’argent.

    L’intégration poussée de l’économie dans le secteur public supprime les échanges marchands.

    La hausse générale du niveau d’éducation, du niveau de maîtrise technique et culturelle, supprime la nécessité d’une séparation des tâches entrainant une séparation en classes.

    Les contradictions antagoniques ayant été supprimées, l’Etat n’a plus de raison d’être, en tant qu’outil d’oppression. La lutte des classe est exécutée jusqu’au bout. Désormais libérée du parasitisme, chaque avancée de la société est répercutée sur le niveau de vie, de culture, d’accès aux loisirs de l’ensemble de la société. » (UCL. 2017)

    S’il était possible de passer par un chemin qui soit plus doux, plus souriant, plus facile, cela serait fantastique. Les communistes ne choisissent pas la guerre par volonté. Dans nos rangs, nous ne tolérons pas les bouchers assoiffés de sang, les petits dictateurs d’opérette tout comme ceux qui ne luttent que pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Si certains existent dans nos rangs, ils seront démasqués et chassés.

    Ce n’est pas par choix que nous annonçons ceci : la dictature du prolétariat est vitale et centrale. Ce n’est ni par choix, ni par joie.

    La bourgeoisie mène une guerre implacable contre les masses populaires. Elle ne recule devant aucun stratagème pour asseoir sa domination, son ordre, sa dictature. Elle prétend, dans de nombreux états, poser un cadre démocratique au sein duquel il est possible de s’exprimer. Ce cadre de démocratie bourgeoise paraît satisfaisant à certains, pourtant il n’en est rien. Il ne permet que de maquiller l’effroyable machine à broyer qui se camoufle derrière elle.

    Lors des élections de 2017, combien sont venus clamer que la victoire était à portée de main. Combien ont prétendu pouvoir placer des révolutionnaires au pouvoir, à l’Assemblée, à l’Elysée ? Combien ont pu clamer que leur candidat révolutionnaire allait tout changer ?

    Ceux-là ont axé toute leur stratégie sur ce saut périlleux en l’air. Qu’ont-ils gagné ? Rien si ce n’est l’humiliation devant les masses, lesquelles ont massivement boycotté les élections.

    S’ils présentaient une menace, ils auraient été broyés, balayés, écrasés par une bourgeoisie qui ne tolère pas la concurrence. S’ils avaient massivement gagné, ils auraient eu la guerre, larvée ou ouverte.

    Car la bourgeoisie ne tolère pas qu’on mette en danger son pouvoir.

    L’expérience entière de l’humanité illustre le besoin de révolution socialiste. Elle illustre le besoin d’une révolution qui brise le carcan de l’Etat bourgeois, qui le fracasse, pour que naisse l’Etat prolétarien.

    L’expérience entière de l’humanité appelle de ses vœux la dictature du prolétariat, pour mettre fin à l’exploitation, à l’aliénation, à la destruction des ressources naturelles.

    L’humanité d’aujourd’hui n’a qu’un seul désir, conscient ou non, celui du communisme.

    Un très long chemin de restauration idéologique, organisationnelle, politique reste à franchir.

    Une longue lutte pour défendre, revendiquer, partager cette conception essentielle qu’est la dualité insécable entre la dictature du prolétariat et la révolution. Une lutte contre les conceptions anarchistes, libérales, réformistes, lesquelles ou alors nient la nécessité révolutionnaire, ou alors refusent d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Pourtant, un regard sincère sur l’Histoire amène à une conclusion sans appel : le besoin d’une organisation forte, puissante ; d’un cœur révolutionnaire organisé, centralisé, conçu pour la prise du pouvoir.

    D’un pouvoir qui lutte pied à pied contre la bourgeoisie, contre les exploiteurs et l’opportunisme. D’un pouvoir lié aux masses, à leurs besoins, qui est à leur écoute, mais qui ne sombre pas dans la démagogie et le démocratisme plat. Construire l’organisation du prolétariat ne peut se faire sur des mots d’ordres flous, sur des slogans creux, sur une analyse superficielle de la réalité et de l’idéologie.

    Les communistes, en cette période politique charnière, ne peuvent rester sur un libéralisme, sur une tendance à sous-estimer les obstacles qui seront rencontrés. Il nous faudra être exigeants envers nous même pour surmonter la crise de l’encadrement. Il nous faudra être courageux et efficaces pour rallier les masses, pour être capable de faire renaître le Parti des Communistes et des sans-partis, le parti du peuple, le parti de la révolution prolétarienne.

  • Fin de partie – X – Quelles tâches pour les communistes ?

    Fin de partie – X – Quelles tâches pour les communistes ?

    -Brochure complète ici-

    Quelles tâches pour les communistes ?

    Un travail fantastique est à effectuer de la part des organisations communistes.

    Nous l’avons développé dans plusieurs brochures, notamment du réformisme à l’opposition extra-parlementaire, au sein de mener la bataille idéologique, tout comme dans d’autres articles sur le sujet.

    Nous avons cinq ans devant nous.

    Non pas du fait de l’agenda arbitraire des élections, mais bien du fait que certains processus arriveront à maturité. Ces processus, mêlés au poids de la crise, font que la situation politique et économique au sein de l’Etat français sera explosive.

    Il est de la responsabilité du mouvement communiste et des forces progressistes d’être prêts à faire face, en pleine connaissance de cause, à la déferlante réactionnaire qui s’annonce.

    Plusieurs étapes et plusieurs mouvements sont à opérer pour qu’aboutisse la reconstruction d’un camp communiste, pour qu’il soit influant, capable de rassembler, d’être un centre de gravité. Ce camp doit être un camp indépendant, en termes de classe. Les organisations-croupion de la bourgeoisie, consciemment ou non, sabotent toute avancée politique, toute avancée de lutte, en se cloitrant dans des slogans creux et faux.

    Lorsque Jean-Luc Mélenchon, en prévision des législatives, parle de « bombe atomique » constituée par le bulletin de vote, il ment consciemment. Lorsque le NPA lui rétorque que la grève est l’arme principale des travailleurs, cette organisation pêche par économisme plat et par apolitisme.

    Cette incapacité à comprendre le caractère politique de la lutte et la nécessité de rompre avec le réformisme sont tout autant de préalables pour que renaisse l’influence de l’idéologie communiste.

    A l’heure actuelle, il est compréhensible que les organisations communistes existantes suivent chacune une voie qui leur est propre, qui est l’application de leur stratégie. Difficile de les en blâmer. Souhaiter, du jour au lendemain, que  tous et toutes oublient complètement les contradictions, les différents, les conflits est illusoire. Ceci se comprend aisément.

    Seulement, il n’est pas impossible de poser les bases de cette unité dès maintenant. Elles sont d’autant plus essentielles que le temps ne joue pas particulièrement en faveur des forces progressistes. L’entropie, la tendance au chaos propre aux Etats capitalistes et impérialistes, pousse à une conflictualité plus grande, plus aigüe.

    Cependant cette tendance à l’entropie n’épargne pas les organisations communistes les unes par rapport aux autres, tout comme en leur sein. Sans lieux de débat, sans lien les unissant et permettant de poser un cadre formel aux problématiques des rapports entre les différents courants, entre les différentes organisations, entre les différentes conceptions, il n’est pas possible d’avancer.

    Tant que n’émerge pas une structure, même basique, permettant de lutter contre cette montée aux extrêmes dans les rapports entre les organisations, l’unification peinera. Cela n’empêche nullement les rapprochements bilatéraux, les unifications ou les fusions entre organisations qui le souhaitent. Cependant, il est important que les organisations communistes au sein de l’Etat français, de même que les organisations luttant contre l’impérialisme français dans les régions dominées, ne s’ignorent pas, puissent disposer de liens, d’échanges, de débats et de discussions. Tout ce qui permet une meilleure unité d’action et une influence plus importante sur la société est positif et nécessaire.

    Mutualiser est essentiel. L’accès aux sources, aux classiques, aux analyses, aux travaux, reste généralement restreint. Le débat autour de ces travaux reste généralement du domaine de l’échange confidentiel, non de la déclaration publique sur laquelle chacun peut se positionner, formuler une critique, permettre l’avancée idéologique.

    L’Unité Communiste de Lyon n’est pas une organisation massive, disposant de moyens immenses. Cependant, elle tient à faire sa part dans ce domaine, en numérisant et en mettant à disposition le plus grand nombre possible de travaux, de documents, de brochures, permettant à tous et toutes d’avoir accès à celles-ci.

    A travers plusieurs projets, l’Unité veut poser les bases d’un pool de documents, permettre de créer un cadre de travail permettant le rassemblement, le traitement, la traduction des documents, et leur publication. Ce centre de travail sera ouvert à toutes les bonnes volontés.

    Un des points fondamentaux de l’unification idéologique passe par le débat de fond. Dans l’état actuel des choses, il paraît important qu’un unique média de débat émerge, comme lieu de discussion sur les questions relatives aux bases minimales de l’unification. Ce cadre de débat doit être en mesure de répondre au traitement positif des conflits et des désaccords, en somme de créer un environnement propice aux rapprochements et au traitement des clivages idéologiques.

    L’Unité Communiste de Lyon s’inclut dans un processus d’unification, l’Unité des Cercles Communiste. Cette unification ne se fait pas sur des présupposés, sur des injonctions, sur l’adhésion à des thèses non maîtrisées, à des lignes de démarcations lancées de manière incantatoire, sans démonstration. Elle se base sur une adhésion minimale, mais surtout sur la volonté d’avancer ensemble, de progresser ensemble en recherchant la voie la plus juste.

    Marx s’exprimait ainsi : « L’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle est capable de résoudre. » D’une certaine manière, de nombreuses organisations communistes posent en préalable des questions abstraites, absconses, et qui n’ont pas d’incidence immédiate dans l’état actuelle de la lutte des classes et de la lutte politique au sein de l’Etat français. Ainsi, le fait de trancher à l’emporte-pièce la question de la Guerre Populaire Prolongée, comme une ligne de démarcation, sans démontrer quoique ce soit autour, est une illustration parfaite de l’inconséquence et de l’intellectualisme qui grèvent certaines organisations.

    Même si ce travail d’unification est long et fastidieux, il est nécessaire. Si ce travail de débat, de reconstruction idéologique paraît terriblement pénible, il n’en est pas moins essentiel.

    Qu’autant qu’il ne se limite pas qu’aux seuls communistes, qu’il ne se limite pas qu’à ceux et celles qui adoptent la révolution et la dictature du prolétariat. Il existe tout une sphère politique, militante, syndicale, qui rejette le système capitaliste, mais dont l’idéologie ne permet pas de tracer un chemin vers une société sans classes ni Etat. Les communistes doivent travailler vis-à-vis de ceux et celles qui restent prisonnier d’un réformisme radical, faute de débouchés politiques.

    L’existence de cette nébuleuse est à l’image de celles existant dans l’espace. Nuages de gaz sans consistance, ces nébuleuses existent comme des pouponnières d’étoiles, qui n’attendent qu’une gravité suffisante pour s’agréger et se rassembler, jusqu’à atteindre la masse critique qui leur permette de briller. Le même schéma se reproduit, figurativement, ici. Ce centre de gravité est l’organisation communiste.

    Par le travail unitaire, le travail de front, mais également en produisant un débat de fond, l’idéologie la plus juste émergera.

    Dans les masses, il existe un immense engouement pour la lutte, une immense aspiration à la Liberté et à l’Egalité. Cette immense aspiration est vampirisée par les réactionnaires, par les opportunistes, par les sociaux chauvins, par les obscurantistes. Elle est vampirisée car, là aussi, les organisations communistes sont faibles.

    Il n’existe aucun remède miracle permettant de mettre fin à cette faiblesse, ou de s’attendre à ce que, spontanément, ceux et celles qui ne sont pas communistes se mettent à en adopter les points de vue. Cet apport provient de l’extérieur, de la rencontre entre l’idéologie scientifique et le mouvement spontané.

    Dans l’état actuel des choses, dans l’état actuel du mouvement et de l’avancée idéologique, l’Unité Communiste de Lyon porte le mot d’ordre de construction d’une opposition extra-parlementaire.

    D’une part pour faire front, en rassemblant les exploités, les opprimés, les opposants au capitalisme, dans un cadre permettant d’être indépendant des institutions de la bourgeoisie, de ses jeux truqués, de ses pièges et de sa corruption.

    Pour permettre d’être un point central de la contestation, d’être un centre politique pouvant rivaliser, en termes d’influence, avec les organisations de la bourgeoisie, nourries de subventions, de dons, d’argent provenant de l’exploitation.

    Pour avancer politiquement, pour agir politiquement d’une manière visible et publique, d’une manière -certes minimale- mais réelle. Pour poser les bases de la démocratie populaire, permettre à de nouveaux cadres issus des masses de naître, de se former, de s’exercer.

    Pour, in fine, qu’un darwinisme des idées, au sein de ce front, apparaisse et fasse émerger la ligne la plus juste, la plus révolutionnaire.

    Nous considérons que cette ligne est la ligne à suivre. A l’heure actuelle, la situation interne à l’Etat français et la situation internationale restent stables. Ce temps de respiration doit être employé au maximum pour permettre de poser les bases de l’arme offensive que sera ce lien entre toutes les organisations communistes ; de poser les bases du bouclier formé par le front uni entre les forces anticapitalistes et anti-impérialistes; de poursuivre et d’accroître l’influence de chacune des organisations communistes au sein de l’Etat français.

    L’exposé de la situation et de son évolution impose des mesures énergiques. Des mesures de lutte interne contre les tendances déviationnistes postmodernistes, relativistes, contre leur anticommunisme primaire. Contre l’influence du réformisme et de l’opportunisme petit-bourgeois. Contre le sectarisme dont sont souvent victimes les organisations, les cercles, les clans.

    Une nouvelle fois, les tâches du mouvement communiste sont immenses. Elles ne s’abaisseront jamais à son niveau actuel. Le mouvement communiste doit grandir, se battre, se montrer exigeant idéologiquement, politiquement, organisationnellement, envers lui-même.

    La lutte doit se mener sur chaque front. Sur chaque secteur. Mais elle doit surtout se mener pour faire émerger un saut qualitatif, lequel est une nécessité vitale pour que naisse un véritable parti communiste révolutionnaire ; pour que naisse une idéologie capable de synthétiser la somme de l’expérience du mouvement révolutionnaire et ouvrier.

  • Fin de partie – VIII – Nous payons cher.

    Fin de partie – VIII – Nous payons cher.

    Nous payons cher.

    Nous payons, aujourd’hui, chèrement, une lourde addition.

    Cette addition est le fruit d’un cumul d’erreurs, de manques étalés sur une longue période. Elle est le fruit maudit d’une conjonction de facteurs, de responsabilités, de failles, de déviations, d’abandons et de trahisons.

    Elle est ce qui explique la faiblesse des idées communistes, la faiblesse des organisations, des fronts, des luttes.

    Il existe, d’une part, des facteurs extérieurs, liés à la victoire de la contre-révolution en URSS, en Chine, en Albanie. Ces facteurs jouent un rôle considérable à l’échelle mondiale. Seulement ils n’expliquent pas tout.

    Il existe une responsabilité interne, intérieure, propre au mouvement communiste de l’Etat français. Une responsabilité que partage chaque militant ou militante communiste.

    S’en dédouaner, rejeter la faute sur la bourgeoisie, sur les fascistes, sur les trotskistes, sur les idées petites bourgeoises revient à pratiquer une politique de l’autruche. Nombreux sont ceux et celles qui pratiquent cela, avec un art consommé. Faire peser la faute sur des boucs-émissaires est une tendance qui existe. Elle doit être combattue.

    Les léninistes sont particulièrement bien placés pour comprendre l’inanité de cette position : ils subissent avec une régularité d’horloge les sempiternelles attaques des anarchistes et des trotskistes, les accusant d’avoir fait échouer leurs révolutions.

    Sur ce plan là, trotskistes, boukhariniens, anarchistes s’entendent à merveille. Accuser les autres forces, nier leur responsabilité et leur bilan.

    Cela, les communistes doivent le balayer. Mordre à cet hameçon reviendrait à s’aveugler.

    Comment reprocher à la bourgeoisie d’agir en fonction de ses intérêts ? La bourgeoisie agit dans son intérêt, dans un jeu qui lui est propre. Transgresser ses propres lois, agir en propagandiste anticommunistes, être aux aguets face à toute contestation, tout ceci est logique et cohérent.

    Comment reprocher à des forces politiques et idéologiques contraires d’agir en fonction de leur stratégie ? Impossible. Tout autant, cela n’a pas de sens de reprocher, fondamentalement, à des forces non-communistes de ne pas agir en communistes.

    L’application des conceptions politiques, pourtant, de peut être en négation de la loi fondamentale du darwinisme : la survie du plus adapté.

    Prenons l’exemple de Kronstadt. Indépendamment des causes de l’insurrection en tant que tel, le reproche des anarchistes est le suivant : « vous avez écrasé l’insurrection. » C’est un fait. L’insurrection, dirigé contre le pouvoir soviétique, a été écrasée par celui-ci. Le gouvernement soviétique agissait en fonction d’une logique qui lui était propre et à laquelle les insurgés étaient opposés. En cela, le conflit était inévitable.

    En revanche, si l’insurrection a échoué, cela est du fait de sa propre et intégrale responsabilité. Elle ne peut blâmer la force de l’ennemi. Sa faille première est sa propre faiblesse.

    Le premier reproche que devraient faire les anarchistes serait le suivant : « où notre stratégie fut-elle mauvaise ? » et non « l’ennemi s’est comporté en ennemi. » L’environnement politique, social, économique est quelque chose sur lequel il n’est possible que d’avoir une prise indirecte.

    Il est, certes, transformable par la dialectique, par l’action consciente, mais il n’en représente pas moins une toile de fond avec laquelle il est nécessaire de composer. Si une insurrection lancée à Lyon échoue car elle n’est pas soutenue, la raison principale n’est pas « les individus n’ont pas soutenu », elle est « nous avons échoué dans nos tâches de mobilisation, d’organisation, de structuration. »

    Lorsque les trotskistes accusent les « staliniens », ils nient le fait que leur ligne est pourrie. Lorsque les anarchistes accusent les communistes, ils oublient de s’accuser eux-mêmes de leurs fautes. A l’inverse, lorsque nous avons connu des échecs, nous avons, avec justesse, critiqué -en premier lieu- nos manques.

    Lorsque les révisionnistes font surgir la chute de l’URSS de derrière les fagots et qu’ils nient le long cheminement et le long pourrissement, ils agissent en parfaits imbéciles.

    Lorsque nous analysons 1991, nous y voyons la marque de 1956 et du XXe Congrès. Lorsque nous regardons ce congrès, nous n’y voyons pas la main seule de Nikita Khrouchtchev, mais bien l’aboutissement, une première étape, dans un processus de restauration du pouvoir de la bourgeoisie. Cette restauration n’est pas le fruit d’agents malins, de mauvais génies, elle est le fruit d’erreurs dans notre propre camp, chez nos camarades, chez ceux chez qui nous puisons nos sources.

    C’est l’analyse sans concession, l’autocritique sans pitié qui peut nous permettre d’avancer efficacement, plus solidement.

    Aujourd’hui, nos propres faiblesses pèsent pour beaucoup. Notre faiblesse en tant que force d’opposition à la bourgeoisie est le reflet de notre faiblesse en tant qu’organisations divisées, qui, elle-même est le reflet de notre faiblesse dans la manière dont nous traitons la question de l’unité et dont nous traitons les questions idéologiques.

    Qui, aujourd’hui, lit Marx ? Qui lit Engels ? Qui lit Lénine, Staline, Mao, Hoxha, Ho Chi-Minh, Dimitrov, Kaypakkaya, Gonzalo, Gramsci ?

    Personne ou presque.

    D’une part car les sources sont difficiles à trouver, qu’elles demandent de la recherche. D’autre part parce que quand des livres sont lus, ce ne sont pas des sources primaires mais des exégètes. « La pensée de Lénine » vue par tel ou tel auteur, « Comprendre Marx », par un sociologue universitaire, Trotski dépeignant Staline…

    Comment ne pas penser directement à cette citation de J. Staline, dans les Cinq Conversations avec des Économistes Soviétiques, (1941-1952).

    « Il est nécessaire que nos cadres aient une connaissance approfondie de la théorie économique Marxiste.

    La première vieille génération de Bolcheviks était très solide théoriquement. Nous avons appris le Capital par cœur, fait des tableaux synoptiques, tenu des discussions et évalué chacun notre compréhension. C’était notre force et cela nous a aidé beaucoup.

    La deuxième génération a été moins préparée. Ils étaient occupés par des questions pratiques et la construction. Ils ont étudié le Marxisme avec des livrets.

    La troisième génération a été élevée sur des articles satiriques et de presse. Ils n’ont aucune compréhension profonde. Ils doivent être pourvus avec une alimentation qui est facilement digestible. La majorité a été élevée non en étudiant Marx et Lénine mais avec des citations.

    Si la chose continue plus loin de cette façon les gens dégénéreront bientôt. »

    Cette lutte pour l’idéologie est une lutte que nous devons gagner pour remonter la pente. Sa perte est ce qui a fait accepter la dégénérescence du Parti Communiste, ce qui a permis de justifier l’intégralité des reculs idéologiques de celui-ci. Le plus souvent, les opportunistes se camouflèrent derrière une connaissance des textes supérieure, qu’ils camouflèrent en maîtrise idéologique, des arguments d’autorité, des démonstrations creuses.

    Cette perte de maîtrise idéologique se fait ressentir avec un mordant terrible. Elle explique la résurgence d’idées écrasées, battues, anéanties. Des conceptions, par ailleurs, non pas balyées par la violence physique, mais par la démonstration, par la dialectique, par l’expérience. Supprimer les traces de l’expérience a infligé une terrible amnésie au militants et militants, aux communistes et aux progressistes sincères.

    Elle a entraîné la renaissance des modes de pensée idéalistes et basées sur une analyse petite-bourgeoise de l’économie : l’anarchisme. La renaissance de ces conceptions et de ces méthodes d’analyse fait renaître toutes sortes de perversions de l’esprit telles que le post-modernisme.

    Elle a entrainé la renaissance et la survie des conceptions mencheviks, dont le trotskisme. Lequel se caractérise par une phraséologie de gauche mais un bloc systématique avec les positions sociale-démocrates, réformistes.

    Au sein des léninistes, elle a semé la confusion et le trouble. Cette privation idéologique explique l’attachement fétichiste des militants et des militantes à une structure -le PCF- plus qu’à une idéologie. La destruction de la verticalité léniniste : Théorie > idéologie > programme > structure > ligne se traduit par une inversion des priorités.

    Mettre la structure comme chapeau, comme sommet, de l’application de la théorie léniniste, est une fausseté terrible, qui condamnent ses tenants à l’inaction, à la soumission, à la lutte de tranchée dans des conditions telles que le succès est impossible. Le PCF, agissant comme une version miniature de l’Etat bourgeois, est régi par les mêmes règles : inamendable, impossible à conquérir, verrouillé, prêt à la violence et à l’exclusion. Prétendre le contraire reviendrait à avaliser les thèses réformistes ou trotskistes sur l’Etat.

    Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

    Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

    Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

    Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

    Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

    Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

    Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises.

  • Fin de Partie – V – « A la soupe aux voix frontistes ! »

    Fin de Partie – V – « A la soupe aux voix frontistes ! »

    A la soupe aux voix frontistes !

    Le bassin de drainage des voix frontistes s’est accru, les thèses défendues par le FN et l’extrême-droite ont commencé à former un vivier d’électeurs. En 1974, Jean-Marie Le Pen obtient 190 921 voix. En 1988 : 4 376 000 ; en 2002 : 4 807 000; 2012, après une décrue : 6 421 000. Lors de la dernière élection, 7 678 000.

    Cette quantité de voix attira logiquement les convoitises. Mais, le FN restait, encore à l’époque, dans l’imaginaire collectif, le parti des antigaullistes, de la droite de Vichy, des collaborationnistes. Cela formait un véritable fossé le mettant à l’écart des autres organisations.

    Si, en 1987, un chiraquien comme Michel Noir, à l’époque ministre, déclarait « Mieux vaut perdre les élections que perdre son âme » quant à d’éventuelles alliances avec le FN, il en est tout autre aujourd’hui.

    Charles Millon, en 1998, avait fait scandale en s’alliant avec le Front National. Scandale, certes, mais désormais, il existait un précédent auquel se référer. Le tabou était brisé.

    Bien qu’ ostracisé, bien que mis au ban de l’échiquier politique, le FN n’a pourtant jamais cessé d’exercer une influence sur les thèses défendues par les autres organisations. L’irruption, au second tour le 21 avril 2002, du FN a été un choc, un soufflet pour la social-démocratie, battue, humiliée. Inversement, cette vitalité en termes d’électeurs a aiguisé l’appétit d’opportunistes.

    Les électeurs FN sont passés de pestiférés à un groupe d’électeur dont il « faut comprendre la colère. » Seulement, en lieu et place de la compréhension, s’est glissé, en fraude, l’imitation de ce qui faisait le succès du Front National.

    Le combat idéologique s’est éclipsé. Il s’est mué en un mouvement de retro-ingénierie des pratiques et des thèses. Le mode d’expression, le style populiste de Le Pen père, a été intégré par des tribuns, à l’image de Mélenchon.

    Les idées, quant à elles, ont fait leur chemin, et pour capter les voix du front, les autres organisations les ont adoptées. Les positions sur l’immigration, sur une opposition entre la mondialisation et le protectionnisme se sont également faites un nid à gauche -à la place  de l’internationalisme et du socialisme.

    Le sécuritaire, dont l’un des maîtres fut le ministre de l’intérieur de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, est devenu un sujet central des élections. Cette question s’est transmise, comme un héritage, dominant les débats publics jusqu’à Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

    La question de l’identité nationale, portée par l’ex-PS Eric Besson, a été un tremplin fantastique. Non seulement, cette fois, pour le Front National, mais bien pour l’ensemble de la sphère fasciste. Poser cette question, de la part des membres d’un gouvernement, revenait à envisager d’apporter une caution à une thèse toxique.

    La rhétorique de l’Identité Nationale était, ainsi, de considérer qu’il existait un fondement immatériel, mental, identitaire, dans le fait d’être « français ». A l’inverse, qu’il existait donc des « français de papiers », véritable citoyens de seconde zone.

    L’idée fit long feu et ne déboucha jamais sur un rendu réel, validé, cautionné. Elle ne devait servir qu’à faire un effet d’annonce et ne pouvait obtenir le moindre aval scientifique. Le fait de faire tenir certains débats à Vichy a contribué à rendre intenable la situation.

    Comme dans l’art contemporain, la démarche compta plus que les résultats. Elle fut un adoubement pour le discours des Identitaires, dont la fondation était contemporaine de ces débats.

    Ces exemples sont illustratifs : au lieu de chercher à briser la rhétorique nationaliste, celle-ci s’est fait désirable, elle s’est faite réservoir qui était désirable de siphonner.

    Mais l’exemple le plus fascinant demeure sans conteste la question du rapport entre l’Etat français et l’international. La doxa traditionnelle était celle d’une gauche internationaliste, mettant en avant la solidarité entre les peuples, mettant en avant l’entraide et l’opposition à la guerre. Les thèses sociales-chauvines ne datent pas d’hier, mais leur caractère hégémonique s’est fait, à chaque pas, plus fort.

    Ainsi, le fait de ne plus présenter l’Etat français comme une puissance impérialiste mais comme un dominion de Merkel, des USA, de l’UE ou de l’OTAN, était un mot d’ordre commun au FN comme à la FI.

    Dans l’ère du peuple, Jean-Luc Mélenchon décrivait les choses ainsi : « Dès lors, quel crève-coeur de voir la France rabougrie ! À cette heure notre République devrait se  dresser de toute la hauteur de son peuple sur la scène du monde. Elle ne devrait pas être enfermée dans la servile allégeance aux États-Unis d’Amérique et à leur dangereuse politique impériale. Elle ne devrait pas être cette pauvre chose ballottée par les événements, tenue en laisse par Mme Merkel. »

     Claire illustration de la position sociale-chauvine du tribun. De même, les idées socialistes ont disparu, pour être remplacées par des conceptions protectionnistes, par une défense d’un retour -illusoire- à un capitalisme pré-impérialiste.

    La défense du protectionnisme comme système de relations économiques internationales est un des points de convergence idéologiques entre le Pen et le P.C.F. / F.I. . Présenté comme la réponse à la mondialisation, au capital apatride, aux spéculateurs, cette mesure vise à protéger l’Etat Français de la concurrence internationale. Elle vise à replier l’impérialisme français sur un pré-carré, à baser ses rapports sur des accords bilatéraux, imposés par l’impérialisme français, négociés au rapport de force, entre pseudo-partenaires.

     Or, il ne peut exister de « partenaires » sous le capitalisme.

     Ce raisonnement s’oppose au libéralisme porté en avant par les partis du centre, lesquels sont dans une optique offensive, quant aux accords commerciaux, quant au partage du marché mondial.

    Soyons honnêtes, en 2017, le libéralisme n’est qu’un mythe. La « concurrence libre et non faussée » n’a été qu’une phase minime du capitalisme, une étape dans son Big Bang. Occupés, tous les marchés se repartagent par la guerre, la négociation, les coups de force.

     Il ne s’agit pas, ici, de promouvoir l’un contre l’autre, il s’agit de rappeler que les deux sont faux : l’un est un maintien dans une situation d’exploitation, dans une situation de rapports inégaux dans la division internationale du travail ; l’autre revient au même, mais sur un espace plus restreint et entouré de barbelés.

    Les communistes ne défendent ni le libéralisme, ni le protectionnisme, ils défendent le socialisme. Entre ceux qui applaudissent l’état actuel de l’économie et ceux qui veulent tordre l’histoire dans le sens du passé, il n’existe pas de choix juste, seulement deux impasses.

    Dans l’esprit de la FI, dans les textes actuels du PCF tout comme dans les éructations de la famille Le Pen, la bourgeoisie n’existe pas. Les classes sociales n’existent plus. Il existe une « oligarchie financière », impalpable, intangible, probablement cosmopolite. Elle est l’ennemi désigné, elle est la cible des deux discours. Le capitalisme, l’exploitation patronale, les patrons et patronnes de l’Etat français, premiers bourreaux des classes populaires, sont niés.

    Tout au plus concède t’on que la finance est mauvaise, à l’inverse du capitalisme familial, paternaliste, du capitalisme Michelin, Schneider, patriote. Ce discours n’est pas seulement une impasse en terme d’analyse, il est dangereux. Il contribue à faire de l’ennemi de classe quelque chose qui flotte au dessus de la société comme un vautour. Il consiste à exciter la colère des masses pour la projeter dans des crevasses sans fond, dans des abysses dangereuses et toxiques.

    La perception de l’impérialisme français est partagée par les deux forces politiques qui occupent les ailes de l’échiquier: elle est celle d’une théorie des trois mondes renouvelée. Le Monde des grandes puissances est celui des USA et de l’Allemagne / Union Européenne. Elles seraient les puissances dominantes, les ennemis de la France, qui, elle, est pétrie de valeurs universelles et bienveillantes. Ces superpuissances la dominent la France, l’écrasent, l’exploitent, comme le décrit Mélenchon.

    Dans le Hareng de Bismarck, celui-ci présente nos voisins d’outre-Rhin comme des prussiens porteurs de casques à pointe, tenant en laisse un François Hollande soumis. Ce même Hollande que Mme Le Pen appelait « M. Merkel. »

    Pour les communistes, l’Union Européenne est bel et bien ce que Lénine décrivait dans du mot d’ordre des Etats-unis d’Europe, en 1915: « Certes, des ententes provisoires sont possibles entre capitalistes et entre puissances. En ce sens, les États-Unis d’Europe sont également possibles, comme une entente de capitalistes européens … dans quel but ? Dans le seul but d’étouffer en commun le socialisme en Europe, de protéger en commun les colonies accaparées contre le Japon et l’Amérique, extrêmement lésés dans l’actuel partage des colonies, et qui se sont renforcés au cours de ces cinquante dernières années infiniment plus vite que l’Europe monarchique, arriérée, laquelle déjà pourrit de vieillesse. » L’UE est une alliance temporaire de ce type, entre un impérialisme français et un impérialisme allemand, entre autres, l’un et l’autre trouvant chacun leurs débouchés, leurs clientèles, leurs dessins. L’un et l’autre sont alliés et concurrents en même temps, bien que le second aspect reste secondaire -à l’heure actuelle. La rengaine de la domination de sert qu’a tromper les masses.

    Même chose en ce qui concerne des USA, bien que nettement plus imposants. Les obsessions évoquant la Guerre Froide, le rejet de l’OTAN, ne maquillent que fort mal les choses. Nous n’avons pas de bases US, pas d’occupation militaire étrangère sur le sol de l’Etat français. A l’inverse, ce sont plutôt les troupes de l’Armée de Terre qui ont une certaine tendance à s’inviter pour un séjour de longue durée chez d’autre Etats.

    Ce sont nos avions, frappés de la cocardes bleu-blanc-rouge, frappent nos cibles, dont l’attaque est dictée par l’agenda de notre impérialisme. Dans la période récente, les USA, sous le mandat d’Obama, eurent même une certaine tendance à se placer à la traine des français, des israéliens ou des turcs, à les freiner, plus qu’à les exciter à la guerre.

    Les USA sont une puissance dominante, certes, mais de là à faire de l’Etat français une colonie ou dominion, c’est faire un triple saut périlleux en l’air.  Pourtant, ceci forme le noyau dur des thèses au sein des ouvrages signés de la main de Mélenchon.

    Toujours dans l’ère du peuple : « La France n’est pas la petite nation « occidentale » qu’a fait d’elle François Hollande en s’intégrant servilement aux politiques de l’empire nord-américain.« 

    Le deuxième monde de nos apprentis sorciers de la géopolitique est celui des puissances montantes. Pêle-mêle, ces idéologues y jettent la France, les BRICS, le Venezuela. Ce fourre-tout contient en somme tout ceux avec qui ils trouvent désirables de se lier. Mettre l’Etat français ; 6ème puissance mondiale, 4ème exportateur d’armes, grand impérialisme belliqueux, dans cette catégorie, c’est parvenir à faire un tour de passe-passe à rendre vert de jalousie les plus grands prestidigitateurs.

    Pourtant, le Pen et Mélenchon, comme d’autres avant eux, y parviennent.

    Leurs arguments ne sont pas du même son, ils sont mêmes antithétiques sur un grand nombre de points. Pourtant, ils appuient l’un comme l’autre l’impérialisme français, accompagnent sa volonté d’accroissement.

    D’un côté le message universaliste, le message des lumières, promu par la France Insoumise. Il s’agit de ces pamphlets peignant la France comme un phare de civilisation, comme l’avant-garde de l’humanisme.

    De l’autre l’appel à la néo-croisade des fascistes, dans l’esprit desquels ces Etats représentent le rempart contre la décadence, représentent le bastion de la pureté, de la virilité, d’une Eglise renaissante. En somme, les fascistes rêvent d’un retour à la Sainte Alliance.

    Quoi de commun entre ces deux messages ? Rien en apparence tout, dans le fond.

    Le discours de paix et d’amour de Jean-Luc Mélenchon n’est ni plus ni moins une copie conforme de celui des colonialistes de la IIIème République. Ce sont dans ces discours que le tribun, par ailleurs, puise son inspiration.

    Dans l’ère du peuple, de nouveaux :« Elle [La France] ne devrait pas vivre dans la gêne et sous le fouet d’une poignée de déclinistes payés pour la démoraliser et la faire douter d’elle. Au contraire elle devrait marcher aux avant-postes du nouvel âge de l’humanité qui se dessine sous nos yeux, être la cheville ouvrière d’une nouvelle alliance des peuples. »

    Le message de paix et d’universalité de l’Empire français s’est traduit pas les massacres, les viols, les villages brulés au napalm, les enfants pendus ou écrasés sous les chenilles des chars AMX. Ce message d’amour était à sens unique, tout comme l’est le capitalisme, tout comme l’est l’impérialisme.

    En ne remettant jamais en cause l’impérialisme français, en ne remettant jamais en cause le capitalisme, comment l’Etat français pourrait bien marcher aux avant-postes du nouvel âge de l’humanité qui se dessine sous nos yeux, être la cheville ouvrière d’une nouvelle alliance des peuples.

    Lorsque l’URSS fut proclamée championne de la liberté, ce fut le fruit de son action réelle, concrète, d’aide donnée aux peuples voulant se libérer, de positions prises sur les questions nationales ainsi que sur les questions coloniales. La destruction du capitalisme et de l’impérialisme ont été les points de départ de la possibilité de marcher aux avant-postes de la Liberté.

    In fine, qu’on choisisse l’un ou l’autre, les deux opposés trouvent leur compte : la France devient l’allié d’un nouvel axe impérialiste, avec lequel elle peut négocier un nouveau partage du monde. A son profit, ou plutôt celui de sa bourgeoisie, car cela forme le sens de « l’intérêt national ».

    Prôner l’affermissement de la place de la France dans le Monde ; célébrer ses possessions territoriales ; applaudir à l’agrandissement de sa Z.E.E.; la vouloir -dans son costume impérial- à la tête d’un nouvel ordre mondial ; qu’est-ce sinon servir la soupe aux fascistes ? Qu’est-ce, sinon, en toute connaissance de cause, donner une légitimité, un vernis de « gauche » à une politique impérialiste, chauvine, nationaliste ?

  • Nouvel ouvrage : La recherche de la vérité à propos de Staline – Youri Yémélianov [2005]

    Nouvel ouvrage : La recherche de la vérité à propos de Staline – Youri Yémélianov [2005]

    La lutte contre le révisionnisme idéologique et contre le révisionnisme historique sont indissociables.

    Les attaques formulées contre Joseph Staline, durant le XXe congrès du PCUS, ont servi de paravent à une transformation en profondeur des rapports de production au sein de l’Union Soviétique. Véritable opération-camouflage pour justifier un revirement dans l’économie, dans l’idéologie, dans la politique extérieure, cette rupture est à étudier au plus près.

    Cet ouvrage est intéressant et apporte un éclairage original  grâce à plusieurs aspects : d’une part car il attaque les accusations faites par Nikita Khrouchtchev contre Staline ; de l’autre parce qu’il mentionne une période charnière, celle du milieu des années 1930, en apportant un éclairage sur la réforme constitutionnelle de 1935.

    Qu’on soit d’accord ou non avec les conclusions de l’auteur, ces thèses méritent une certaine attention.

  • Nouvel ouvrage : Révolution et contre-révolution au XXe siècle – Georges Politzer – 1941

    Nouvel ouvrage : Révolution et contre-révolution au XXe siècle – Georges Politzer – 1941

    La question du fascisme  est sur toutes les lèvres. Cependant, la connaissance de son contenu idéologique reste -trop souvent- superficielle, parcellaire, basée sur des idées générales.

    Georges Politzer en fournit, depuis la gueule du loup, une analyse essentielle. Pour son grand malheur, ce philosophe communiste était bien placé pour le connaître, vivant dans l’Etat français occupé.

    Sa brochure, écrite vraisemblablement dès fin 1940, mais publiée en 1941 clandestinement, répond au discours de l’idéologue du IIIème Reich : Alfred Rosenberg. L’architecte de la pensée nazie voulait régler son compte aux idées de la Révolution Française, des Lumières, du socialisme scientifique. Au final, dévoilant son jeu, il révèle la vraie nature de son projet : un simple projet d’asservissement de l’humanité, maquillé en libération de « l’or par le sang. »

    Cette lecture est plus que nécessaire pour comprendre les bases théoriques du fascisme – nazi et, ainsi, entreprendre de le combattre idéologiquement parlant.

    Georges Politzer, fusillé au Mont Valérien le 23 mai 1942, ne vit pas le drapeau rouge de la révolution hissé sur le Reichstag, la tanière de la bête. Mais en l’assassinant, comme tant d’autres, les fascistes l’ont rendu immortel.

    A nos yeux, l’héritage de Georges Politzer, bien que membre du PCF, revient à ceux et celles qui poursuivent la ligne marxiste-léniniste. Cet héritage de saurait revenir à des révisionnistes et des falsificateurs, lesquels, au lieu de l’honorer, l’assassinent une fois de plus.

    Honorons sa mémoire et sa lutte -tandis que, dans deux semaines, cela fera 75 ans qu’il fut assassiné- en poursuivant son combat.

    Nous citons les dernières lignes de son ouvrage : 

    Et c’est ainsi que l’Union soviétique apparaît, dans tous les domaines, comme l’espoir des peuples. M. Rosenberg voudrait faire croire que l’obscurantisme règnera pendant des millénaires ! Mais à la vérité, il n’y a pas de puissance au monde qui puisse faire oublier la science et la raison, sauvegardées et protégées par l’Union soviétique qui crée la civilisation exempte de barbarie, la civilisation socialiste.

    Et comment voudrait-on faire croire aux peuples que la misère à laquelle ils sont voués est inscrite dans les lois de la nature et qu’ils doivent la subir avec résignation ? Ils voient bien que la misère ne règne que là où subsiste le capitalisme et qu’elle a disparu à tout jamais, comme les crises et le chômage, là où le capitalisme a été renversé.

    Sur la sixième partie du globe, où règne le socialisme construit sous la direction du parti de Lénine et de Staline, le renversement du capitalisme a donné aux peuples miséreux de l’ancienne Russie tsariste le bien-être croissant.

    Il est prouvé, pour la première fois dans l’histoire, par la vie concrète de 193 millions d’hommes, que le bonheur est bien de ce monde. Le pays qui a réalisé le socialisme et qui, grâce à cela, est devenu la puissance économique et militaire la plus forte, était un pays battu en 1 917.

    Demeuré capitaliste, il eût été dépecé par les impérialismes et réduit à l’état de pays vassal.

    Le renversement du capitalisme a rendu possible sa libération et son essor sans précédent.

    Il a permis en même temps de transformer l’ancienne Russie tsariste qui fut, selon la formule de Lénine, « une prison pour les peuples », en union fraternelle où les peuples égaux collaborent dans l’esprit de l’amitié stalinienne.

    L’exemple de l’Union soviétique nous montre ainsi que c’est en renversant le capitalisme dans notre pays que nous pourrons reconquérir la liberté et l’indépendance de la France ; que c’est l’émancipation sociale qui nous ouvrira la voie de la libération nationale.

    L’œuvre immense de la construction du socialisme fut accomplie sous la direction du continuateur génial de Lénine, sous la direction de Staline.

    C’est vers lui que se tournent les travailleurs exploités et les peuples opprimés du monde entier, parce qu’ils reconnaissent en lui le guide authentique de l’humanité en marche vers sa libération, celui qui dirige les peuples en s’appuyant sur la science du marxisme-léninisme qu’il a lui-même enrichie, et qui incarne, comme Lénine, le chef des peuples d’un type nouveau, unissant la connaissance des lois de l’histoire à une aptitude sans précédent à les appliquer, dirigeant les peuples en faisant appel à la raison et au dévouement à un idéal véridique ; aimé des masses immenses qui ont appris par leur expérience à voir en lui le pilote sûr de leurs destinées.

    La voie du Parti communiste français est la voie du grand Staline.

    C’est la voie de la victoire.

    La Révolution victorieuse d’Octobre 1917 a vengé l’héroïque Commune de Paris, noyée dans le sang par Thiers et les Versaillais qui avaient imploré et obtenu l’aide de Bismarck, en échange de quoi ils ont signé un lourd traité.

    Notre lutte est celle des Communards qui avaient uni indissolublement la cause de l’émancipation des travailleurs et celle de la liberté de la patrie.

    Cette lutte donnera à la France et au monde le pain, la liberté et la paix.