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  • Climat et « collapsologie », l’impasse d’une pseudoscience

    Climat et « collapsologie », l’impasse d’une pseudoscience

    Le rapport du GIEC tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation climatique et sur les dangers actuels. Nous avons communiqué à plusieurs reprises sur cette question, et nous ne souhaitons pas commenter ce rapport plus longtemps.

    Cependant, nous constatons deux choses : premièrement que les États, en tant qu’agents des intérêts coalisés de bourgeoisies, sont dans l’incapacité totale de pouvoir faire face à ces questions. Ainsi, les scénarios les plus sombres semblent les plus réalistes.

    Ce qui amène à la seconde chose : quelle réponse ? Nous défendons une conception qui est celle de l’écologie totale. (cf. article + podcast). Nous considérons qu’il s’agit de la position la plus adaptée et la plus juste. D’autres existent cependant.

    Ainsi, il existe une réponse nihiliste, basée sur l’idée d’un effondrement inéluctable de la société : la collapsologie.

    La collapsologie, cette pseudoscience de l’effondrement, table sur un cataclysme mondial, brutal, qui ramènerait l’humanité au stade de petites collectivités autonomes les unes des autres. Non seulement c’est improbable, mais est-ce souhaitable ?

    C’est improbable parce que les sociétés sont résilientes : elles sont capables de surmonter les obstacles, les épreuves, de s’y adapter, d’y réagir. Elles sont mobiles, malléables. Pendant la Guerre Civile Russe, par exemple, la presque totalité de la classe ouvrière et des fonctions industrielles a été absorbée par le conflit. Les ouvriers sont retournés vers les campagnes ou étaient mobilisés dans l’armée. La société a perdu en complexité et s’est recentrée sur des fonctions vivrières jusqu’à la fin de cette guerre. Ensuite, elle s’est progressivement re-complexifiée, respécialisée durant la NEP et durant le Grand Tournant de la collectivisation et de la planification. Cela n’a pas été une tâche aisée, mais cela illustre bien la capacité de reconstruction des sociétés, et même de transformation.

    Quand la crise écologique s’approfondira, il est sûr que des situations dramatiques auront lieu. Il est possible qu’elles aient des impacts brutaux sur l’ensemble du monde. Mais il est douteux d’imaginer l’ensemble des structures sociales se fragmenter. La désertification, la surchauffe, les crises toucheront d’abord les régions les plus pauvres ou celles qui possèdent le moins de moyen d’y faire face. Avant qu’elles ne menacent les cœurs battants des impérialismes, il existe bien des fosses communes à creuser.

    La croyance selon laquelle le monde est une mécanique fragile qui peut s’enrayer d’un seul coup a été infirmée par la capacité de réaction à la crise du COVID, dans laquelle, finalement, le rattrapage économique semble très rapide.

    Les capitalistes, les exploiteurs, trouveront d’autres manières d’investir, dans d’autres domaines. Même si la possibilité de dystopie existe, elle ne sera sûrement pas un retour à la nature. Elle se traduira par une baisse spectaculaire de niveau de vie pour certains, donc par une baisse toute aussi spectaculaire des droits politiques. Mais même l’épuisement des minerais précieux, s’il nous condamne à une impasse technologique, ne condamne pas le capitalisme.

    Serait ce positif ?

    Le retour à de petites communautés ayant peu d’échanges les unes avec les autres pose une série de problèmes importants. Elles entraînent forcément la disparition d’un grand nombre de fonctions complexes.

    Prenons la santé :

    Pour faire une IRM, par exemple, il faut non seulement des compétences techniques poussées, qui ne peuvent émerger que dans une spécialisation à outrance des ingénieurs chargés de la concevoir, des opérateurs et opératrices chargés de les utiliser et des médecins chargés d’inclure cet élément dans un protocole de soins. Cela demande donc une société complexe, capable de dégager des surplus alimentaires suffisants pour pouvoir permettre à des personnes de ne pas consacrer leur vie à des activités vivrières. Cela demande des échanges à longue distance pour rassembler les matières premières, les raffiner, les transformer en produits semi-finis et les assembler.

    C’est donc un modèle qui n’est pas compatible avec les petites communautés agricoles autonomes, lesquelles ne peuvent produire de surplus suffisant, faute de mécanisation, ni même ne peuvent se spécialiser dans un domaine ou un autre.

    Cela n’empêche d’ailleurs pas ces communautés, dans lesquelles règne des échanges marchands et une division en classe, de construite aussi les bases d’une renaissance du capitalisme.

    Cette petite production marchande n’abolit ni l’exploitation ni l’oppression. Soit elle végète dans une situation perpétuellement primitive, uniquement peuplée de paysans, mais sans production manufacturière, sans outils, sans artisans, sans médecins, sans spécialisation aucune, ou alors elle doit aller vers la complexification, donc se stratifier en société de classe. En société dans laquelle les rapports marchands existent, dans lesquels la possession de la terre existe, donc dans laquelle l’enrichissement aussi existe.

    Elle produit invariablement les mêmes effets : ceux d’une tendance à l’accumulation du capital, donc à la renaissance progressive des bases d’une société capitaliste. Elle amènerait donc, en ayant simplement « perdu 2000 ans » a revenir aux mêmes principes, aux mêmes maux qu’aujourd’hui.

    A l’inverse, le développement actuel, la socialisation du travail – le fait que les individus travaillent ensemble dans un découpage des tâches – créé la base du dépassement du capitalisme et du passage à un système dans lequel les moyens de production ne sont plus accaparés par une poignée, mais sont la propriété du peuple tout entier.

    C’est donc un choix de société : celui de revenir vers un passé mythifié, fantasmé, mais dans lequel il faut s’attendre à voir renaître des sociétés féodales, esclavagistes ou précapitalistes. Un passé dans lequel l’espérance de vie sera divisée par deux. Ou alors aller vers l’avenir.

    Nous sommes devant l’obstacle. Soit il faut le sauter, soit il faut renoncer. Arriver à un stade supérieur au capitalisme, à l’impérialisme, est pour nous la seule voie possible.

    La concentration, la captation des richesses, entre les mains avides de rapaces entrave le développement et l’avancée de l’humanité dans son ensemble. Les milliardaires se sont mis en tête de se lancer dans le tourisme spatial alors que des millions meurent encore de faim. C’est d’un goût douteux, mais c’est aussi une illustration de leur propre impuissance : la richesse de ces personnages, utilisée à des fins individuelles, leur permet de faire un saut de puce dans le grand vide. C’est bien faible comparé à ce que ces richesses pourraient produire comme avancées, employées avec intelligence.

    Eux-mêmes, d’ailleurs, sont limités par leur propre action délétère. Ils font des incursions dans des domaines qui leur plaisent ou dans lesquels ils veulent investir, mais ils entravent la marche générale de l’humanité : c’est-à-dire la capacité qu’a l’humanité d’avancer toute entière sur le chemin du progrès. En empêchant cela, ils s’empêchent aussi eux même d’en profiter. Ils mourront peut-être, ainsi, d’une maladie dont le traitement n’a pas été développé, car les budgets sont vampirisés par l’armée – pour défendre l’impérialisme contre des concurrents ou des gens qui veulent s’en libérer – ou par des soucis de rentabilité. Car l’humanité n’est pas qu’une abstraction, ça n’est pas qu’un concept : c’est aussi une réalité. Plus nous nous libérons de l’esclavage économique, plus nous pouvons nous consacrer à d’autres choses, plus utiles, plus profitables pour l’ensemble d’entre nous. C’est une nouvelle fois la liberté de tous qui est le marquer de la possibilité de liberté pour chacun et chacune.

    Faire des moyens de produire les richesses une propriété du peuple tout entier, ça n’est pas que faire un acte de justice sociale. C’est aussi ouvrir la voie à une nouvelle forme d’économie, qui soit, de fait une négation de l’économie actuelle. Une nouvelle économie qui, au lieu d’être une économie politique, devient une abolition de la politique : elle devient une gestion démocratique, collective, raisonnée des richesses planétaires, naturelles, culturelles et sociales. Elle devient non seulement une gestion des ressources naturelles renouvelables, mais surtout une préparation d’une étape nouvelle, inéluctable pour la survie de l’humanité : la capacité de quitter le berceau dont elle est issue et de trouver son destin dans l’univers entier.

    Notre ère est celle du choix. Soit l’humanité franchit le stade du capitalisme, de l’accaparation parasitaire, de la prédation, soit elle se condamne elle-même à vivre l’enfer.

    Les partisans de la collapsologie, les survivalistes, vivent dans l’attente d’un « Grand crépuscule ». Non seulement ils n’essaient pas d’agir dessus pour le stopper, mais ils l’espèrent, ils l’attendent de leurs vœux. Il y sont idéologiquement préparés, souvent avec des thèses ultra-réactionnaires à l’appui. Ce n’est pas une coïncidence si ces mouvements sont souvent peuplés de néo-nazis. Le Blut und Boden, le sang et la terre était une de leurs marottes. Ils rêvent d’une lutte à mort pour la survie, en pensant être ceux qui la gagneront.

    Mais pour reprendre un savoureux tweet par Turing Police traduit par nos soins : « Vous devez accepter le fait qu’en réalité, dans un monde post-apocalyptique, il y a 99 % de chances que vous mouriez de diarrhée après avoir bu de la mauvaise eau et que vous n’aurez jamais la chance de porter une armure de football et de fabriquer une machette avec du ruban adhésif et une lame de tondeuse à gazon ou autre. »

    Avancer sur ce chemin, c’est avancer sur celui de l’organisation, de la mobilisation, de la politisation. Avancer sur ce chemin, c’est passer de l’action individuelle, respectable, utile mais limitée, à l’action collective, politique, de masse. De passer à l’action sur la consommation à celle sur la production. À passer du vote pour des gestionnaires du capitalisme à la volonté d’exercer soi-même le pouvoir. Passer de luttes locales, nationales, à la dimension internationale de celle-ci : car il s’agit d’un unique système planétaire dont le bouleversement ne respecte pas les frontières.

  • Mauvais climat.

    Mauvais climat.

    Le temps est franchement mauvais en France et ailleurs. Ces nuages noirs sont à la fois physiques et métaphoriques.

    A Lyon, nous avons pu voir que les phénomènes extrêmes sont de plus en plus fréquents. Torrents de pluie, inondation et orage de grêle ont frappé la région. A Annonay, en Ardèche, une tornade a pu être observée en train de se former. Heureusement sans conséquence. Mais d’autres n’ont pas eu cette chance.

    En revanche, en République Tchèque, c’est même une tornade qui s’est formée, ravageant le village de Hrusky, causant 3 morts et 60 blessés. Des vents de 322 km/h ont été relevés. Le maire du village a ainsi déclaré : « C’est l’enfer sur terre ». D’autres phénomènes du même genre ont frappé le reste de l’Europe centrale. L’Europe découvre un climat de mousson inconnu habituellement.

    Beaucoup plus au sud, le glacier Thwaites suscite une inquiétude importante. Il est le rempart qui protège toute une partie de l’Antarctique du dégel. Ce monstre se détache progressivement sous l’influence de courants chauds, lesquels sapent les attaches qui le relient au fond marin. A lui seul, il pourrait représenter une hausse de 65cm du niveau des océans. Ces éléments épars sont l’expression d’un phénomène d’ampleur dont on ne peut ignorer l’existence. Le réchauffement climatique n’est plus une abstraction, il est une réalité visible, qui s’accélère.

    Le GIEC (Groupe Indépendant d’Étude sur le Climat) vient d’ailleurs de rendre un rapport à l’ONU. Ce rapport est terrifiant puisqu’il laisse entendre que les possibilités de survie de l’humanité sont en train d’être atteintes. Le rapport est laconique : « La vie sur Terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas. » Tous les compartiments de la vie sont atteints. Accès à l’eau douce, accès à l’alimentation, protection contre les chaleurs…Mais aussi pauvreté, faim, maladies… Le rapport se conclut ainsi : « Nous avons besoin d’une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement.« 

    Nous sommes donc, en plus de la pandémie toujours active, toujours capable de rebondir, face à des enjeux immenses, écrasants. Des enjeux qui sont centraux par rapport à notre avenir. Mais des enjeux qui, à l’heure actuelle, peine à trouver leur place. Il suffit pour cela de regarder la vie politique française, elle aussi saturée de nuages noirs.

    Entre deux tours.

    Quelles élections passionnent moins que les régionales ? Peut-être les européennes, et encore. Avec une abstention entre 65 et 85 %, beaucoup ont boudé l’offre politique faite pour le renouvellement des régions. Il faut dire qu’elles ont été peu médiatisées, que les enjeux sont méconnus, mais également que l’offre politique est massivement rejetée par les électeurs et électrices.

    Mais, cela n’empêche pas celles-ci d’avoir une certaine importance : elles les régions possèdent certaines prérogatives politiques et économiques locales. Elles sont aussi un moyen pour les partis d’engranger de l’argent et de posséder des voix en plus pour les sénatoriales. Pour nous, qui sommes dans une posture extra-parlementaire, elles sont une chambre d’écho des stratégies des organisations parlementaristes.

    Or, aujourd’hui, qu’observons nous ? Nous pouvons voir que l’implantation de l’extrême-droite reste relativement fragile, faute de relais locaux. Ce n’est pas négatif. En revanche, nous voyons aussi un climat politique particulièrement violent. Dans certains cas, on entend même des discours qu’on aurait cru remisés depuis la fin de la Guerre Froide. Ainsi, en Île de France, où la coalition PS-EELV-LFI pourrait l’emporter, bon nombre de personnalités sont montés au créneau. Des anciens PS, comme Manuel Valls ou Jean-Paul Huchon ont appelé à voter pour la candidate LR Valérie Pécresse pour empêcher la victoire de «gens irresponsables, irréfléchis et beaucoup trop idéologues». Pour l’ancien ministre de l’intérieur, revenu de l’extérieur, s’allier à Jean-Luc Mélenchon, lui-même ex-PS, est une « faute morale ».

    Pour Valls, cette liste est toxique car elle condense «les ambiguïtés, les compromissions de membres des listes de La France insoumise en Ile-de-France avec l’islamisme, par rapport à la lutte contre l’antisémitisme, au soutien aux policiers, sur la laïcité». Nous en sommes presque revenus à 1972 et la menace du totalitarisme lorsque Mitterrand était candidat de la gauche parlementaire coalisée. En revanche, Jean Sol, candidat de LR aux élections départementales, est prêt à travailler avec le RN. Cela ne choque plus. De toute manière, il devient difficile de discerner, dans l’application des politiques, la séparation entre droite classique et extrême.

    Cette médiocrité des discours, ces invectives paranoïdes, contribuent a alimenter un climat d’ensauvagement. Nous employons ce terme à dessein. Il fait partie désormais du vocabulaire d’un ministre de l’Intérieur sans vergogne. Dans sa bouche, il sert à montrer que la société est devenue plus violente, et qu’il faut la gérer par des expéditions punitives. A ses yeux, le RN est devenu mou, et il se fait fort de le remplacer. Et cela même si c’est le sentiment, et bien le sentiment, d’insécurité qui a augmenté, et non les violences.

    Nous, nous l’employons dans un autre sens, dans celui qu’employait Aimé Césaire.

    « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral […] il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. »

    Cet ensauvagement n’est pas celui de « classes dangereuses » qui se démènent et qui s’émeutent. Il est celui d’élites intellectuelles, de penseurs, de philosophes, de politiciens, chez qui l’idée d’une gestion militaire des choses fait son chemin. Il est dans l’acceptation d’une gestion par l’expédition punitive, par la police à la coloniale.

    Brutalité et violence.

    Faire la liste de toutes les violences d’État serait terriblement fastidieux. Nous ne prendrons que deux exemples : la rave de Redon et l’agression raciste de Dole.

    Concernant la première, nous ne partageons pas particulièrement les conceptions sur la « libération par la fête ». Nous comprenons le désir de liberté après cette période de confinement, mais nous ne pensons pas que ce mode opératoire permette d’en gagner de nouvelles. Et surtout de transformer la société, car certains organisateurs se comportent parfois avec des attitudes de boutiquiers. Mais la question n’est pas là.

    L’intervention des forces de l’ordre a été particulièrement brutale. Elle a dépassé largement le cadre permis par la loi. Au delà de ça, les gendarmes se sont livrés à des actions extra-légales, notamment la destruction, sous les yeux des caméras, du matériel de son. C’est une pratique illégale dont le but n’est pas d’assurer le maintien de l’ordre, mais bien de détruire, de manière très clausewitzienne, les capacités matérielles à morales de l’adversaire. Il en est de même dans certaines pratiques répressives, nous pensons aux antifascistes Lyonnais il y a quelques années, qui ont vu leur matériel militant et leurs bibliothèques détruites. Il s’agit là d’une méthode qui possède des caractéristiques terroristes.

    Dans le cas de l’agression raciste de Dole, nous avons une dimension supplémentaire qui est franchie. C’est la justice elle-même qui a mis en accusation un homme d’origine nord-Africaine sur lequel un individu a foncé en voiture, dans le but manifeste de le tuer. Il est désormais inculpé de dégradation volontaire sur la voiture de son agresseur. Décidément, un sale temps règne.

    Dans une dimension plus internationale, ces tensions et ces brutalités se retrouvent largement. Nous avons pu ainsi voir la marine russe tirer des coups de semonce sur des navires anglais au large de la Crimée. De même, l’armée française modifie progressivement sa doctrine pour intégrer à nouveau des opérations symétriques. Cela va de paire avec une militarisation de la société, dans laquelle le SNU (Service National Universel) joue un rôle central : il permet une reprise en douceur de la notion de conscription, tout en ayant une apparence civile.

    De bien piètres réponses.

    Quand nous voyons la hauteur des enjeux sociaux, écologiques, politiques, géopolitiques et la médiocrité des réponses fournies, une seule question vient à l’esprit : pourquoi ?

    Le capitalisme, l’impérialisme, la division de la société en classes et en intérêts contradictoires explique cela. Les capitalistes ne souhaitent pas la fin du monde, non. Mais ils sont incapable de sortir d’un dilemme terrible : le premier qui respectera les règles du jeu écologique et rationnel perdra une partie de sa rentabilité et sera dévoré par ceux qui n’ont pas fait ces choix. Même s’ils trouvent un terrain d’entente pour réaliser quelques menues avancées, la tentation de la tricherie, la tentation de la transgression sera écrasante. Respecter l’environnement et les êtres humains est une véritable suicide économique.

    La réponse ne peut venir que de quelque chose, d’une force politique, qui non seulement dépasse ces contradictions, mais est capable de se montrer l’émanation politique des intérêts profonds de la société dans son ensemble. Et ces intérêts sont simples : il s’agit d’avoir un avenir, premièrement. D’assurer la survie de l’humanité et de son environnement. D’assurer une vie saine, décente, à l’ensemble de ses membres. De permettre leur épanouissement individuel et collectif. D’assurer la possibilité enfin d’une amélioration continue des loisirs, de la culture, de la santé.

    Toute tentative de résoudre cela se heurte à des réticences, des oppositions, des égoïsmes. L’idée même d’une réponse qui implique l’intégralité de la population est taxée de totalitaire. Pourtant, face à des enjeux aussi immenses, aussi importants, aussi vitaux, il n’est pas possible de laisser le pouvoir être au main d’une poignée. Il mérite d’être remis entre les mains non seulement du plus grand nombre, mais surtout de ceux et de celles qui n’ont rien à gagner à l’exploitation, mais tout à son abolition : ceux et celles qui produisent les richesses, dont le labeur nourrir l’ensemble de la société. Une démocratie populaire, avec une souveraineté populaire absolue.

    C’est à cela que nous voulons travailler. C’est avec ces responsabilités en tête que nous avançons.

    C’est uniquement ainsi que ces lourds nuages noirs seront dispersés, et qu’un avenir rayonnant pourra apparaître.

  • Neige, séisme et inondations.

    Neige, séisme et inondations.

    Routes coupées, réseau électrique détruit, communications impossibles… Plusieurs centaines de milliers d’habitants et d’habitantes de la Drôme, de l’Ardèche et de la Loire ont passé un week-end à la bougie. En cause : des chutes de neige d’une brutalité exceptionnelle, qui ont provoqué la chute de milliers d’arbres, encore porteurs de leurs feuilles.

    L’addition se paie d’un mort, de plusieurs blessés graves, de foyers privés d’électricité… Elle s’alourdit également de dommages causés aux forêts et aux exploitations (maraîchères ou plantations) qui sont nombreuses dans les régions touchées. Celle-ci fait preuve de sa vulnérabilité face aux phénomènes climatiques extrêmes. De plus, les infrastructures ont tendance à être plus vulnérables. Ainsi, joindre un simple standard de mairie devient impossible avec une panne électrique.

    Cette chute de neige brusque et intense est illustrative du dérèglement climatique, souvent limité au simple réchauffement. Or, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le réchauffement climatique ne se traduit pas par une hausse linéaire des températures. Le gaz à effet de serre retient le rayonnement infrarouge dans l’atmosphère, augmentant l’énergie de l’ensemble. L’atmosphère, comme tout système, respecte une des lois fondamentale de la physique : la thermodynamique. Or, plus un système contient d’énergie, plus la tendance à l’entropie, au désordre, est importante.

    Appliquées à l’atmosphère, ces lois expliquent que le réchauffement climatique débouche sur une hausse des phénomènes extrêmes, y compris de froid. La chaleur plus importante entraîne des effets de pompe aspirante, qui draine les masses d’air humides ou froides, en provenance de l’océan ou des pôles. Cela peut permettre de voir l’apparition de phénomènes de refroidissement, alors que cette conséquence paraît plutôt contre-intuitive.

    En effet, le vortex polaire, qui fixe les masses d’air glacées, s’affaiblit graduellement avec le réchauffement climatique. Un vortex polaire faible, cela permet donc aux masses d’air froid de descendre plus au sud qu’habituellement, et de causer des ravages inhabituels.

    Ces dégâts importants sont une conséquence malheureuse des activités humaines.

    Le séisme qui a frappé la même région la semaine précédente, et qui a causé un mort, rentre aussi dans cette liste. Bien que les séismes soient généralement d’origine naturelle, l’analyse fournie par les sismographes a démontré de l’hypocentre (le point où le séisme s’est déclenché) était très proche de la surface. Or, ce type d’événement arrive généralement lorsqu’il est lié à l’activité humaine (creusement de carrières, galeries de mine, essais nucléaires sous-terrains).

    La société Lafarge, qui possède une carrière proche de l’épicentre, a été pointée du doigt comme possible responsable du déclenchement de ce séisme. Elle possède un site industriel historique dans le secteur, entre le Teil et Viviers. Ce site est équidistant (26 et 23 kilomètres) des centres nucléaires de Tricastin et de Cruas. Cette dernière centrale a été stoppée pour vérification à la suite du séisme. Cependant, dans l’une comme dans l’autre, les arrêts d’urgence ne se sont pas déclenchés. De voix s’élèvent, depuis, pour signaler l’inadéquation des sites nucléaires français en cas de séisme sérieux, risque sous-estimé.

    A Venise, la colère des éléments s’est traduite dans une ironie mordante. Alors que le conseil municipal, dominé par la Ligue du Nord, venait de rejeter une motion pour lutter contre le réchauffement climatique, la salle du conseil a été inondée. Certes, il est possible d’améliorer la prévention, la réaction ou la résilience face aux problèmes liés au réchauffement climatique. C’est une approche « réformiste » de la question. Mais la réponse profonde, celle qui permet de pouvoir juguler le problème, ne peut pas arriver sans rupture dans la société et dans le mode de production.

    L’hypothèse du développement durable, c’est-à-dire de réussir à entremêler le social, l’écologique et l’économiquement intéressant, se heurte à un écueil fondamental : la primauté du dernier sur tous les autres. En effet, dans une économie de marché, où la recherche de la rentabilité maximale est le but ultime, il n’est pas possible pour les capitalistes (et ce même à leur corps défendant !) de détourner des ressources pour prendre en considération des éléments aussi secondaires que le social ou l’écologique. A moins que ceux-ci ne puissent être des arguments de vente, mais avec les dérives qu’on peut connaître, comme l’affaire Volkswagen. Lorsque la science est contre elle, la bourgeoisie n’hésite pas à tricher avec les données.

    Les États peuvent créer des réglementations contraignantes, certes, mais ces réglementations se heurtent à la concurrence internationale. Celui qui régule le moins rafle les marchés. Lorsque des normes sont adoptées, notamment au niveau européen, elles le sont, car elles correspondent au mode de production de l’entreprise dominant le secteur, et sont un moyen d’écraser la concurrence.

    En réalité, il n’existe pas de miracle ou de quadrature de cercle. L’économie de marché est, par nature, incompatible avec le respect des hommes, des femmes, des animaux et de la nature en général. Il n’est pas possible de concilier les deux.

    Nous avons besoin, pour ne pas être emportés par les dégâts que nous causons, d’une prise en charge rapide et démocratique des questions écologistes. Cette prise en charge ne peut être faite que dans le cadre d’une économique libérée des impératifs de profits maximum et de rentabilité maximale.

    Or, nous ne votons pas sur la production. Celle-ci conditionne la consommation, nous l’impose. Changer cela demande de pouvoir maîtriser l’ensemble de l’économie. Cela ne peut être le fait que d’un pouvoir d’une nature différente de celle que nous connaissons actuellement. Un pouvoir démocratique, un pouvoir populaire, un pouvoir qui fait plier les capitalistes. Construire les outils de ce pouvoir, voilà une nécessité impérieuse.

  • Appel de l’ICOR à la lutte écologiste !

    Appel de l’ICOR à la lutte écologiste !

    20 et 27 septembre*- Grève mondiale pour le climat !

    * selon les pays, les jours peuvent varier.

    Sauvons l’environnement de l’économie de profit ! Résistance active !

    A l’initiative du mouvement de la jeunesse rebelle international Fridays for Future, les journées du 20 au 27 septembre vont être marquées par des protestations de masse retentissantes dans le monde entier. Les jeunes ont appelé à une semaine d’action pour la lutte pour la sauvegarde de l’environnement, parce que « … c’est une tâche pour toute l’humanité. (…) C’est pourquoi nous appelons tous les hommes [et les femmes] à participer à une grève mondiale pour le climat. ». La jeunesse prend ses responsabilités, le mouvement est passé à plus de 1,5 million et n’est pas qu’un feu de paille. Depuis des mois, la jeunesse est active dans la rue, dans plus de 100 pays, tous les vendredis.

    Les protestations des Fridays for Future sont justifiées : Canicules, sécheresses, inondations – aujourd’hui déjà, la crise climatique détruit la vie et les moyens d’existence de millions de personnes au plan mondial. Elle exacerbe les inégalités déjà existantes, viole des droits fondamentaux de l’Homme, génère des flux de réfugiés et contribue à aggraver les dangers de guerre. Si l’on n’arrive pas à arrêter le réchauffement de la planète radicalement et sur le champ, la menace de catastrophe climatique se concrétisera.

    Récemment, le glacier Okjökull a été « liquidé» en Islande. Un glacier qui a grandi pendant plus de 500 ans disparaît en seulement 50 ans. Il s’agit d’une illustration massive du changement climatique. Avec le déboisement de la forêt tropicale, le « poumon vert » et un grand réservoir de carbone de la terre sont détruits pour une longue durée. L’objectif capitaliste est d’arracher des profits maximaux pour les monopoles agricoles et commerciaux. 74 000 feux ravagent la région amazonienne et atteignent la Bolivie et le Pérou après le Brésil. 

    Le 20 septembre, non seulement les jeunes quitteront les écoles et se réuniront sur les places publiques, mais l’ensemble de la population est appelé à faire de cette journée une grande journée internationale de protestation : en plus des jeune, les ouvriers dans les usines, les syndicats, les organisations de femmes, les organisations environnementales, les partis et mouvements révolutionnaires, doivent se rejoindre. 

    Il va de soi que l’ICOR appelle ses 57 organisations membres sur les cinq continents à faire de cette journée une journée d’action à l’échelle mondiale. Cela fait partie de la construction d’un front de résistance international. Un front pour sauver l’environnement de l’économie de profit, pour la fraternisation du mouvement ouvrier et écologique, contre la division. Un front qui appuie la lutte pour l’emploi et les questions sociales, d’une part, et pour la protection de l’environnement naturel d’autre part.

    Depuis sa fondation, l’ICOR a mis en place une journée d’action annuelle pour l’environnement. 

    Le gaspillage de matières premières précieuses sape les fondements de la vie des générations futures. Démagogiquement, les bourgeoisie exigent que nous choisissons entre la protection de l’environnement naturel et nos emplois. Ils mettent en concurrence, par l’action des gouvernements qui leurs sont soumis, les possibilité économique de vie contre les possibilités environnementales. Nous n’acceptons plus cela ! Les criminels environnementaux qui siègent dans les conseils d’administration des cartels capitalistes sont tout autant responsables de la dégradation de l’environnement que des pénuries de logement, de la pauvreté de masse.  

    La lutte pour la protection de l’environnement naturel et nos revendications sociales sont inextricablement liées. 

    Cette année, la Conférence des Nations Unies sur le climat se tiendra au Chili du 2 au 13 décembre. L’ICOR participera au « Contre-sommet alternatif » et fera du 7 décembre la Journée de lutte pour l’environnement 2019

    Mais il importe que l’ICOR apparaisse déjà au mois de septembre au niveau international et puisse susciter le débat sur la solution stratégique de la question environnementale. Elle a pour ambition de contribuer à donner au mouvement de rébellion de la jeunesse une plus grande clarté de vue, une détermination et des perspectives révolutionnaires. Notre but est de restaurer l’unité et l’harmonie de l’humanité et de la nature par le changement de société. 

    Pour réussir ce changement, nous avons besoin de la lutte victorieuse pour la démocratie, la liberté et la révolution socialiste internationale. 

  • Crise écologique : solution politique.

    Crise écologique : solution politique.

    L’été 2019 a été un été de tous les records et de tous les dangers.

    Un record de 46.0 °C enregistré en France le 28 juin 2019 ; un mois de juillet 2019 considéré comme le mois le plus chaud jamais enregistré dans le monde ; des températures mortelles en Inde ou en Iran… A cela s’ajoute des records de formation d’algues vertes en Bretagne, de consommation d’énergie (59 715 mégawatts  le 24 juillet à 12h45 pour la France)…

    Records de fonte de la calotte polaire et des inlandsis, notamment en Alaska et au Groenland.

    Surtout, ce sont les invraisemblables incendies qui ont ravagé les grandes forêts, que celles-ci soient en Sibérie, en Afrique subsaharienne ou l’Amazonie.

    La situation empire. Aujourd’hui, plus personne ne peut porter un regard serein vers demain sans que ne se posent des questions brûlantes. L’enjeu écologique, les luttes sociales, les tensions géopolitiques forment une épée de Damoclès sur l’ensemble des espoirs d’avenir. La situation se dégrade avec une rapidité telle qu’elle en est parfaitement discernable en quelques étés.

    Il n’est plus possible de nier la réalité concrète et manifeste de cette question, qui n’impacte pas uniquement le confort de vie, mais commence à menacer la possibilité de celle-ci. Les origines en sont multiples, mais leur racine est commune : le système de production et de consommation. Celui-ci ruine progressivement les ressources naturelles, que ce soit dans l’exploitation minière ou de la biomasse. L’impact est flagrant. « Les humains représentent 60 millions de tonnes de carbone, le bétail pèse 100 millions de tonnes, les mammifères sauvages 7 millions de tonnes, les poissons 700 millions de tonnes, les oiseaux sauvages 2 millions de tonnes. » (Olivier Monod, 2018)

    98 % des mammifères sont soit des humaines soit des animaux d’élevage. Cette inconcevable déséquilibre produit logiquement un effet sur la capacité qu’a la Terre à se régénérer.

    Nous ne sommes pas égaux face à la pollution et à la destruction de l’environnement. Entre pays dominés et dominants, les flux de matière premières et de déchets décrivent l’inégalité des échanges. Les suds sont étouffés sous les déchets, se noient dans la pollution. De plus les infrastructures de ces pays ne sont pas capables de supporter les transformations liées au réchauffement climatique. La ville de Jakarta, en Indonésie, s’enfonce inexorablement dans la mer. Les institutions et les quartiers riches déménagent, tandis que les pauvres restent sur place.

    Dans les pays développés, malgré une certaine amélioration par rapport à l’époque du Grand Smog de Londres, qui a tué 12 000 personnes en 1952, les problèmes restent. Si les activités les plus polluantes ont été transférées ailleurs, il n’en demeure pas moins que l’exposition aux substances nocives n’en est pas moins le reflet des inégalités sociales. Les agriculteurs sont exposés aux pesticides, qui contiennent notamment des produits tératogènes (attaquant le patrimoine génétique), tandis que les quartiers populaires sont le plus souvent à l’est des villes, dans le flux d’air pollué. Ce n’est pas un hasard si les quartiers riches sont à l’ouest de Paris ou de Lyon.

    Pour beaucoup, enrayer cette spirale infernale passe par une modification des habitudes, des pratiques de consommation. C’est quelque chose de respectable. Nous regardons l’ensemble des initiatives personnelles qui peuvent être faites comme étant positives. Il est aisé de balayer d’un revers de la main le fait de limiter sa consommation de viande, de vouloir tendre vers le zéro déchet, de vouloir faire des économies d’énergies…Nous pensons qu’il faut, au contraire, encourager cet effort personnel, le rendre collectif. Il est positif à une petite échelle et il contribue à une prise de conscience.

    Mais la sphère individuelle est la face émergée d’un iceberg. La plus grande part de la pollution et de dévastation de l’environnement est issue du secteur de la production et du transport, secteur sur lequel les citoyens et citoyennes, même des États les plus démocratiques du monde, n’ont pas leur mot à dire. Même les élus, les députés, les sénateurs et sénatrices ne sont pas consultés sur les décisions les plus stratégiques de l’économie. Elles sont trop importantes pour être posées sous la forme de question. Elles rejoignent l’existence d’une sphère qui est celle du capitalisme monopolistique d’État. Elle est l’État profond, là où il n’existe pas de vote, pas d’élection. Les invasions du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Tchad ne sont pas des sujets qui sont soumis aux votes de députés. Elles sont trop importantes, trop stratégiques pour être discutées, même devant des laquais et des exécutants serviles des désirs des impérialistes. Les contrats des grandes entreprises de l’armement ou de l’industrie sont directement des affaires d’État.

    C’est ce que certains appellent l’intérêt de la France dans le monde, intérêt qui fait consensus au sein de l’ensemble des partis qui prétendent au pouvoir sous un régime capitaliste. Dans le fond, nous n’avons pas notre voix au chapitre pour exiger que les marchandises soient produites différemment. Nous n’avons pas de droit de regard sur l’eau que nous buvons, sur l’air que nous respirons, sur les produits néfastes que nous ingurgitons. Ils représentent des marchés trop précieux pour être discutés.

    Sans remise en cause du capitalisme, il n’est tout simplement pas possible d’obtenir une transformation radicale du mode de production et de consommation. Les capitalistes ne sont pas pour autant subjectivement des assoiffés de destruction. Cependant, ils voient bien que s’ils réduisent leur rentabilité pour quelque raison que ce soit, s’ils renoncent à ravager une forêt, s’ils perdent un marché, ils seront dépassés par d’autres et broyés. Car tel est le jeu du capitalisme et de la concurrence entre monopoles. Il faut donc brûler les forêts, éventrer les sols et assécher les marais, car « si ce n’est pas moi, ce sera mon voisin qui en profitera » et « après moi le déluge ».

    Cette spirale infernale rend objectivement les capitalistes rapaces, assassins et écocides.

    Les seules fois où des normes sont évoquées, elles ne le sont que dans la mesure où elles permettent à ces monopoles de conserver leurs marges et leurs marchés, voir de les agrandir en mettant à l’amende les entreprises ou les cartels les plus faibles. C’est le sens des normes européennes. Elles sont le produit des rapports de forces entre les cartels. D’ailleurs, elles ne s’appliquent qu’aux plus faibles, les entreprises françaises de l’agro-alimentaire rejetant celles sur les pesticides par exemple.

    Nous ne pouvons décemment pas faire confiance dans les dirigeants et dirigeantes pour régler cette question. Lorsqu’ils parlent d’écologie, comme l’a fait Macron, avec des trémolos dans la voix, c’est uniquement si cela leur sert de point d’appui pour avancer leur propre agenda. Ainsi, Macron s’en est pris à Bolsonaro uniquement dans un but de se faire valoir lui-même et de se démarquer du fasciste. Les attaques rendaient impossible pour le Brésil de pouvoir accepter l’aide extérieure sans être humilié d’une manière très colonialiste. Aide extérieure d’autant plus minable qu’elle se résumait à un pourboire. 20 millions de $, quand le musée des Confluences à Lyon, par exemple, en a coûté 380 000 000. Cette aumône ridicule illustre le mépris envers l’Amazonie et la biosphère de la part des grands dirigeants de ce monde.

    Conscients que la question est un enjeu important pour les élections, chaque camp se prépare à sortir son arsenal de mesurette, pour promettre un avenir plus vert, plus doux, plus écologiste. Ainsi, Édouard Philippe fait sa rentée à Roubaix sur le terme du zéro déchet. Mais cela reste de l’esbroufe, tout comme la montée de EELV, qui se couchera devant les libéraux dès le moment venu.

    Dans tous les cas, l’écologie bourgeoise et réactionnaire ne propose que deux voies :

    Celle d’un libéralisme vert, d’un greenwashing de l’économie capitaliste, dans le seul et uniquement but de lui donner un souffle nouveau et d’exploiter des ressources différentes. Au mieux, elle est un label publicitaire, au pire, elle est même une écologie impérialiste, déclenchant des guerres pour les terres rares, pour l’or bleu, pour les ressources.

    Celle d’une écologie fasciste, basée sur l’exigence de sacrifices pour les masses, sur le maintien de la misère et de l’arriération pour des régions entières du monde, pour les prolétaires et les sous-prolétaires, tandis que les bourgeois et les bourgeoises peuvent continuer à rouler dans l’opulence et la richesse.

    Nous avons besoin d’une écologie révolutionnaire.

    Les rapports établis par les scientifiques sont formels quant à la menace sur notre environnement, voire sur les possibilités pour l’espèce humaine d’habiter encore dans certaines des parties les plus chaudes de la planète. Les scientifiques sont unanimes, même s’ils ne le prononcent pas sous ces termes-là : L’économie de marché n’est pas compatible avec la survie de l’espèce humaine.

    Nous sommes confrontés à une situation dans laquelle, à terme, la dégradation de l’environnement conduit à la catastrophe. La démocratie, en régime capitaliste, ne permet que de moduler le temps qui nous sépare de cette situation, mais ne permet absolument pas de pouvoir éviter celle-ci. Quant aux dégâts sur les biotopes, ils sont d’ores et déjà, pour certains, irréversibles.

    Nous sommes au pied du mur. Si nous voulons même survivre en tant qu’espèce, nous devons prendre les choses en main en tant que classe sociale ! Face à la puissance des intérêts des grands monopoles capitalistes, nous avons besoin de nos propres institutions, populaires et démocratiques. La rentabilité est le critère premier, suprême, de la production. Celui-ci doit devenir le fait de fournir une réponse aux besoins matériels et culturels de l’Humanité, dans le respect des capacités de production et de régénération de la Terre. Pour réaliser cela, nous avons besoin du pouvoir. Nous avons besoin d’être organisés largement, politiquement.

    Seul le contrôle réel du pouvoir, par les masses populaires, contre l’ordre de la bourgeoisie et des exploiteurs peut permettre d’atteindre l’objectif de mettre en place une économie planifiée. Une économie qui élimine le concept de concurrence et de rentabilité.

    Une économie basée sur la réponse aux besoins.

    Une économie qui prend en compte des cycles naturels de la Terre.

    Une économie démocratique.

    Les régimes socialistes n’ont pas toujours su poser avec discernement la question de l’écologie, prisonniers qu’ils étaient entre des clés de compréhension primitives des écosystèmes et d’un impératif de tenir le rythme imposé par les agresseurs capitalistes.

    Cela n’enlève en rien le fait qu’ils ont été les premiers à poser la question de la biosphère et d’un développement harmonieux de l’économie par rapport à la nature. Celle-ci n’était plus considérée comme une marchandise, mais comme une source de richesses, dont la vie était la plus précieuse.

    En dépit des failles qu’on put connaître ces régimes pionniers ils forment la « voie étroite vers la survie ». Une véritable économie de guerre contre l’écocide et la dévastation de l’environnement.

    Soyons unitaires sur cette question en dépit de nos divergences :

    Il existe une quantité de questions sur la production industrielle, alimentaire, sur les perspectives pour l’ensemble de l’espèce humaine et de la planète. Les perceptions diffèrent en fonction des individus, des groupes politiques et sociaux, des idéologies. Nous ne pensons pas que notre organisation doit, de manière autoritaire, imposer un point de vue sur cette question, qui relève de la démocratie populaire.

    Ces questions sont importantes et ont droit de cité. Mais leur résolution, dans le cadre d’un débat démocratique, ne peut avoir lieu qu’uniquement dans le cadre de la démocratie populaire. Elle doit être construite.

    A l’heure actuelle, il n’existe pas de grand Parti révolutionnaire pouvant fédérer les forces qui veulent combattre le capitalisme et mobiliser les masses populaires. Ce Parti doit naître. Nous travaillons à cela, avec d’autres forces, ici comme à l’international.

    Cette lutte, vitale, est essentielle pour que l’Humanité ne soit pas balayée d’un revers de la main par l’histoire, qu’elle ne rentre pas dans la longue liste des espèces qu’elle a fait – de sa propre action – disparaître.

    Unifions nos forces, battons les exploiteurs, construisons la seule société écologiste : la société communiste.

  • Marche pour le climat anticapitaliste : tract commun.

    Marche pour le climat anticapitaliste : tract commun.

    L’Unité Communiste de Lyon est signataire de ce tract commun concernant la destruction du climat par l’exploitation capitaliste et ses conséquences. L’Unité Communiste de Lyon appelle à diffuser ce tract et à rejoindre les signataires, dans le but de faire émerger un véritable pôle écologiste et anticapitaliste à Lyon comme partout ailleurs.

    Nous considérons que, dans le cadre où la question écologiste va être instrumentalisée comme réclame publicitaire dans les élections, il est fondamental de marteler certains faits.

    Une approche uniquement moraliste de la question de l’écologie, la réduisant à une attitude individuelle n’est pas suffisante -bien qu’elle soit positive. Une très grande partie de la Planète n’a pas même le choix. Elle dépend d’une production à bas coût, polluante, destructrice, car elle est la seule à leur portée. Elle est la seule qui corresponde aux moyens qui leur autorise à avoir les salaires misérables versé par les exploiteurs.

    Nous voyons, derrière la question de l’écologie, la question de la manière dont la production est faite et dont les richesses sont accaparées. Et derrière la question de la production et du fait que celle-ci est dirigée uniquement vers la production de profits, se trouve la question de « comment changer cela ? »

    L’expérience électorale nous a montré ses limites. Et lorsque qu’on touche de trop près aux intérêts de l’agro-alimentaire, nous voyons les représailles. Se pose alors la question de l’exercice réel et démocratique du pouvoir, question à laquelle la seule réponse possible ne peut que être par un renversement de l’ordre établi -profond et révolutionnaire, et non par des réformes et des amendements.

  • Marche pour le climat : formons un cortège anticapitaliste !

    Marche pour le climat : formons un cortège anticapitaliste !

    Marche pour le climat : formons un cortège anticapitaliste !

    Le 16 mars, dans la continuité du mouvement de grève de la jeunesse le 15 mars, auront lieu partout en France des marches pour le climat. À cette occasion, nous appelons à la formation d’un cortège anticapitaliste.

    Pourquoi un tel cortège ?

    Car c’est le mode de production capitaliste qui détruit la planète. Certains voudraient nous faire croire que c’est chacun de nous, par notre consommation individuelle, qui sommes responsables de la destruction de l’environnement. C’est un non sens car, par définition, on ne peut consommer que ce qui a été produit, c’est donc la façon dont nous produisons qui doit changer. Dans le système capitaliste, les entreprises sont concurrentes entre elles, si elles veulent survivre, elles doivent faire du profit et donc produire le moins cher possible. Ainsi, leur priorité n’est pas de produire ce dont la population a besoin dans le strict respect de l’environnement mais bien de faire du profit, y compris si pour cela elles doivent détruire la planète.

    Même lorsque les États imposent des normes environnementales aux entreprises, elles se débrouillent pour ne pas les respecter comme l’a fait VolksWagen avec les moteurs truqués ou comme le font de très nombreuses entreprises qui délocalisent dans des pays où les normes environnementales sont moins contraignantes.

    Former un cortège anticapitaliste lors de cette marche pour le climat doit servir à rappeler que c’est bien le capitalisme qui est responsable de la destruction de l’environnement. Former un tel cortège doit servir à montrer aux capitalistes que nous ne sommes pas dupes et que nous avons bien compris que ce sont eux les responsables de la destruction de l’environnement. Former un tel cortège a également pour but de montrer que la question écologique est indissociable de la question sociale.

    Au delà de notre critique du système capitaliste, notre cortège doit proposer une alternative. Nous voulons un système dans lesquelles entreprises, usines et de manière générale les moyens de production appartiennent au peuple et sont gérés par celui-ci. Nous voulons produire pour servir les intérêts du peuple avec comme priorité le respect de la planète.

    Pour toutes ces raisons, rejoignez le cortège anticapitaliste à la marche pour le climat du 16 mars !

    Rendez-vous à 15h le samedi 16 mars à la Cour d’appel de Lyon pour manifester contre le système capitaliste qui détruit la planète !

    Organisations signataires de l’appel au 12 / 03 : Jeunes Révolutionnaires, Unité 2 Classe, CGA Lyon, Earth Resistance, Unité Communiste Lyon.

  • Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Une nouvelle fois, un appel international à marcher pour protester contre la destruction du climat et de l’environnement a été lancé. Ces appels font écho à l’urgence dans laquelle nous sommes. Malgré les promesses des politiciens, la dégradation de l’environnement et le dérèglement du climat se poursuivent toujours et s’intensifient.

    Les températures continuent de monter, du fait des rejets de gaz à effet de serre.

    La biodiversité, en particulier dans les océans, subit de plein fouet la pêche intensive, qui transforme les océans en désert.

    Des espaces immenses sont rasés pour être transformés en pâture pour l’élevage extensif, tandis que les sols et les eaux sont rendus toxiques par les déchets de l’industrie porcine.

    Des forêts sont détruites pour accéder aux richesses en sous-sol, ou pour faire place à des plantations commercialement porteuses….

    En moyenne 280kg de nourriture sont gaspillés par ans et par personnes en Europe, dont 190kg durant la production et la vente. Cela représente presque 1/3 de la production de nourriture. Cette surproduction est organisée par les capitalistes pour s’assurer que leurs produits sont bien en rayon dans les supermarchés… même si personne ne les achète.

    Car la nature est, en système capitaliste, une marchandise dont il faut tirer le plus de profit possible et le plus rapidement possible. Et pour cause ! Hésiter reviendrait à courir le risque de voir un concurrent s’emparer du dernier thon rouge, de la dernière goutte de pétrole, de la dernière parcelle de forêt vierge. L’importance des rendements des investissements et des taux de profit est telle qu’elle justifie tout. Elle justifie notamment les expéditions militaires de l’impérialisme, dans le but de prendre le contrôle des zones de ressources. Elle justifie la domination coloniale et néo-coloniale dans le but d’imposer un développement économique uniquement centré sur les intérêts de la métropole. Elle crée une division internationale du traitement des déchets, dans laquelle ce sont les pays les plus pauvres qui se retrouvent noyés sous les flux de produits toxiques.

    Les grands capitalistes s’en moquent. Ils ne subissent pas directement les méfaits de leurs affaires. Le plus souvent, ce sont les quartiers pauvres des villes qui sont dans les nuées de pollution, comme à Mumbai, où on estime que celle-ci fait perdre jusqu’à 10 ans d’espérance de vie.

    Ils sont en revanche prompts à s’en prendre au mode de vie des classes populaires, exigeant qu’elles se serrent la ceinture, qu’elles paient des taxes lourdes, pendant qu’eux peuvent continuer à mener un train de vie sans commune mesure.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a démontré l’hypocrisie des gouvernements capitalistes. Les « taxes carbone » ne sont en réalité qu’une pénalité imposée aux plus pauvres. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une manière de leur faire assumer les coûts d’une possible « transition écologique » sans toucher aux bénéfices des grands pollueurs.

    Les ressources renouvelables et les nouvelles technologies ne sont, pour les capitalistes, que de nouveaux marchés comme les autres, qui n’attirent les investissements que dans la mesure où ils peuvent rapporter gros. Greenwasher (maquiller d’écologie) est un argument commercial, rien de plus. Bien souvent, ces produits cachent des méthodes de production polluantes, car il est toujours plus rentable de ne pas respecter les règles que de les suivre !

    Ce n’est pas une fatalité ! Nous pouvons enrayer la catastrophe avant qu’il ne soit trop tard !

    Il existe un grand nombre de personnes, qui, individuellement, font des efforts immenses pour réduire leur impact personnel sur l’environnement. Ces efforts sont à saluer. Mais la seule possibilité qui permette de mettre fin au gaspillage des ressources, à leur surexploitation, à la destruction de l’environnement de manière globale, c’est par un changement radical d’économie. Aujourd’hui, le marché dicte sa loi. Le seul critère est la rentabilité des productions, au mépris de toute projection dans l’avenir.

    C’est autour des besoins que doit s’axer la production, non du profit !

    Nous avons besoin d’une nouvelle économie, d’une nouvelle politique, non pas avec les profiteurs, avec les capitalistes, mais bien contre eux ! L’attrait du gain, la rapacité, ne peuvent être négociés. Le capitalisme, basé sur la recherche du profit maximal, ne peut être le système économique qui permettra de surmonter le terrible obstacle que nous rencontrons.

    Nous avons besoin d’une économie organisée, planifiée, permettant de connaître les besoins matériels de la population et d’y répondre avec efficacité, économie et en éliminant le gaspillage. Des productions basées sur la durabilité, sur la possibilité de réparation, de recyclage, de réutilisation. Une production alimentaire basée sur les capacités de la Terre à produire et à se régénérer, non sur le fait d’extraire au plus vite, à marche forcée, la richesse du sol.

    Une lutte pour la recherche de nouvelles sources d’énergie qui ne dépendent pas des ressources fossiles, qui se détruisent pas l’environnement. Un urbanisme nouveau, capable de mettre fin à la fragmentation des écosystèmes et de résoudre les contradictions entre les villes et les campagnes. Une possibilité de débattre démocratiquement de ce qu’on produit et de comment cela est produit, pour mettre fin à la dictature des corporations de l’agro-alimentaire et à la division internationale de la production agricole.

    Nous savons que les exploiteurs et les exploiteuses, ceux qui font des fortunes sur le fait de saigner la terre et de la ravager, n’acceptent pas de renoncer à leurs fortunes et leurs trains de vie. Nous savons toute la puissance de ces firmes. Nous savons comment elles traitent ceux qui s’opposent à elles.

    Nous savons que pour cela, il nous faudra être forts et fortes, nombreux et nombreuses, organisés, ensemble. Nous savons que ce changement ne peut provenir des urnes, qui ne servent qu’à élire de nouveaux exécutants de l’ordre du jour de ces immenses conglomérats.

    Aujourd’hui en France, comme partout dans le monde, de plus en plus d’individus mettent en cause le régime dans lequel nous sommes. Pour sa soumission intégrale aux désirs des patrons. Pour le fait que les grands monopoles ont fusionné depuis longtemps avec l’État. Cette remise en cause est légitime et nécessaire !

    La Terre est bien assez riche pour nourrir dignement l’humanité entière. Assez riche pour offrir un avenir radieux. Mais celui-ci ne peut émerger que si la réalité du pouvoir est assurée par ceux et celles qui produisent ces richesses. Que si ce sont les travailleurs et les travailleuses de l’industrie, de l’agriculture, des services, qui définissent les besoins auxquels l’économie doit répondre, dans le respect de l’environnement.

    Ensemble, défendons l’environnement et le climat : abattons le capitalisme ! Construisons le socialisme !