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  • Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    L’ICOR appelle à une journée internationale de mobilisation pour soutenir le peuple du Venezuela contre les tentatives de coup d’Etat orchestrées par les impérialismes étrangers et la grande bourgeoisie réactionnaire.

    En tant qu’Unité Communiste de Lyon, membre de cette coordination, nous relayons cet appel :

    Dans le contexte de la 3ème Conférence régionale de l’ICOR Amérique, qui s’est tenue à Lima les 13 et 14 avril de cette année, il a été convenu ce qui suit :
    Nous serons actifs en solidarité avec le Venezuela et nous avons convenu que le 16 mai 2019 serait le jour commun des activités de chaque organisation de l’ICOR pour dénoncer l’agression et les menaces de guerre contre le peuple vénézuélien par le gouvernement impérialiste US.

    L’impérialisme US a fait tomber son masque et pris la tête de l’agression contre le Venezuela, avec l’intention de renverser le gouvernement légitime et constitutionnel de Nicolás Maduro.

    Depuis le 9 mars 2015, date à laquelle Barack Obama a signé le décret « extraterritorial » déclarant que le Venezuela constituait une « menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis en raison de la situation au Venezuela », des actions ont commencé afin de provoquer une crise au Venezuela. Il faut surtout mettre en relief le blocus économique et financier contre la Banque centrale du Venezuela. Cela a créé les conditions pour voler les réserves internationales en ordonnant aux fonctionnaires du Département d’État et du Département des finances des États-Unis de bloquer toutes les transactions commerciales et d’empêcher ainsi l’accès aux achats réguliers pour l’importation de denrées alimentaires, médicaments et autres biens de consommation nécessaires pour la population.

    Nous soulignons que la détérioration des conditions de vie du peuple vénézuélien est directement liée au blocus économique imposé comme mesure unilatérale par les États-Unis et soutenu par leurs alliés. Cette mesure a fait perdre au Venezuela quelque 114,302 milliards de dollars, et il faut mettre en avant le crime de l’appropriation illégale de la compagnie pétrolière vénézuélienne CITGO, basée aux États-Unis, et de ses actifs.  Ceci est souligné par le fait que EUROCLEAR retient des millions de dollars, que la Banque d’Angleterre retient également de l’argent et que les compagnies maritimes internationales et les ports imposent nombre d’obstacles opérationnels, augmentant le temps et le coût des frais pour empêcher ainsi l’accès aux biens de consommation. C’est de cette manière que fonctionne ce réseau d’actions visant à l’effondrement de l’économie vénézuélienne.

    D’un point de vue politique, l’impérialisme mise à créer des crises dans le pays en s’appuyant sur un député, Juan Guaidó, qui s’est autoproclamé président sur une place publique. Depuis cet acte, et grâce à sa reconnaissance par plusieurs pays, on a beaucoup essayé pour inciter le mécontentement dans les rues. Il y a eu des tentatives de faire craquer les Forces Armées Nationales Bolivariennes, d’introduire de force des camions transportant de la prétendue aide humanitaire à travers les frontières colombienne et brésilienne ; il y a eu trois attaques graves contre le système d’alimentation électrique, chaque fois provoquant une panne de courant, dont la première était la plus importante avec plus de cinq jours d’affilée. Néanmoins, tout acte de sabotage et d’ingérence a été réprimé par l’unité civilo-militaire, le peuple vénézuélien défendant sa souveraineté dans les rues.

    L’impérialisme US-américain est le principal ennemi du peuple vénézuélien, et comme le disent les porte-parole du régime Trump : « Les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés » ; les agressions vont donc continuer. De même, le peuple vénézuélien a déclaré la résistance active : défendre sa patrie, son droit à l’autodétermination, sa souveraineté, ses richesses naturelles, qui sont finalement le but de ceux qui se considèrent maîtres du monde ; ils veulent renverser le pouvoir politique, soumettre le peuple et enfin piller ses richesses.

    Nous, peuples du monde, faisons preuve de solidarité avec le peuple vénézuélien et sa résistance héroïque. Nous disons : PLUS D’AGGRESSIONS CONTRE LE VENEZUELA, PAS DE GUERRE et ARRÊTEZ LE BLOCUS. Nous appelons, pour jeudi 16 mai 2019, à la Grande Journée de solidarité avec le Venezuela et sa Révolution Bolivarienne, et demandons des activités publiques, des protestations, des vidéos, des manifestations et des activités sur les réseaux sociaux, parmi les hashtags : l

    #TrumpHandsOffVenezuela #TrumpManosFueraDeVenezuela #TrumpHorsduVenezuela

    #NoBlockadeOnVenezuela #NoAlBloqueoContraVenezuela #NonaublocusduVenezuela

    #ICORInSolidarityWithVenezuela #ICORSolidariaConVenezuela #ICORSolidaireavecleVenezuela

  • La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945 – Partie 2

    La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945 – Partie 2

    Une après guerre conflictuelle.

            Le nazisme s’est construit, comme pensée politique, autour d’une vision apocalyptique du monde. Les nationaux-socialistes concevaient leur lutte comme un combat sans merci pour la « survie de la race » et pour la « pureté du sang ». Leur imaginaire se mariait parfaitement avec une idée de légion des damnés, de Ragnarök ou de crépuscule des Dieux.

         La défaite a certainement causé un terrible choc, pourtant, à des Allemands endoctrinés à croire dans les promesses du Führer ou dans leur prétendue supériorité naturelle sur les autres races. Cependant, les 1 200 000 SS, les millions de membre du NSDAP, n’ont pas tous été passé par les armes ou jugés, loin de là. Leur acceptation de la victoire alliée et soviétique paraît invraisemblable. Il parait fou que les Werwölf, ces unités de sabotage, n’aient pas opéré sur les arrières des troupes alliées, qu’il n’y ait pas eu d’assassinats, d’attentats, de combats, dans les années qui suivirent la défaite. Pourtant, l’historiographie bourgeoise le clame. Le nazisme est présenté comme un cauchemar éveillé, donc les Allemands et Allemandes se réveillent dès le 9 mai 1945.

    Le passage du nazisme à la future République Démocratique Allemande ne s’est pas fait sans heurts. La dénazification fut poussée le plus possible, chose permise par l’existence de cadres formés en exil en URSS, prêts à assumer la réalité du pouvoir et de la direction de l’Etat. La Nationale Volksarmee est gérée par des anciens du comité Freies Deutschland, le comité des officiers anti-nazis, tandis que les membres survivants du KPD et du SPD forment le SED, parti central de la vie politique. Le discours vers les Allemands et Allemandes de l’est a été celui d’une réconciliation. En somme, les autorités d’occupation ont déclaré aux Allemands qu’ils avaient été trompés par le nazisme, que celui-ci avait commi des horreurs, mais que désormais ils étaient, en quelque sorte, absous de leurs fautes, pour participer à la construction du socialisme.

    Ce discours explique paradoxalement la montée de l’extrémisme de droite, aujourd’hui, dans les Landern de l’ex-RDA. N’ayant pas été confrontés à un devoir de mémoire, se sentant déliés de toute responsabilité dans le génocide et dans la guerre, les jeunes générations voient moins l’adhésion au néo-nazisme comme un tabou que leurs homologues de l’ouest.

                A l’ouest, la dénazification se produit faiblement. La question de la future Guerre Froide balaie toutes les appréhensions. Progressivement l’OSS, Office of Strategic Services, l’ancêtre de la CIA, recrute tout ceux qui peuvent lui fournir des informations. Au début, celles-ci concernent le fait de retrouver certains dignitaires nazis, certains membres haut placés de l’appareil d’Etat. Par la suite, la question de la présence des réseaux communistes se fait plus pressante, et les profils recherchés changent.

               Spécialistes de l’URSS, spécialistes de la lutte contre les partisans, enquêteurs… l’Ouest veut faire barrage aux communistes en racolant toutes les vermines génocidaires disponibles. C’est à cette époque que Klaus Barbie devient agent américain, travaillant sans relâche à constituer des réseaux d’officiers fiables -terme qui, en 1945, ne peut que glacer le sang.

               Reinhard Gehlen, officier de renseignement Allemand, spécialisé sur l’URSS, est en charge d’une mission importante : constituer les services de renseignement de la future RFA. Gehlen est un officier atypique. A sa décharge, il fut proche des officiers anti-nazis, notamment de Henning von Tresckow, un des chefs de la conspiration du 20 juillet 1944. Dans les faits, cela n’enlève rien à son nationalisme forcené et son anticommunisme viscéral. Ce n’est pas non plus un démocrate ou un libéral.

               Il est intéressant de noter qu’il fut un proche de Franz Halder. Halder avait été le chef d’Etat-major adjoint de la Heer, l’armée de terre entre 1938 et 1942, avant d’être éjecté de ce poste par Hitler. Après la guerre, Halder a travaillé pour le compte du service d’Histoire de l’Armée Américaine. Avec d’autres généraux « propres », il met au point une historiographie, qui, pour une fois, est celle des vaincus. Elle met en avant l’idée d’une Wehrmacht « propre », découplée de la SS et des crimes de guerres. Cela permet, dans les études historiques, de renvoyer dos à dos la RKKA et l’Armée Allemande et d’ouvrir une brèche permettant de mettre sur le même plan l’URSS et l’Allemagne Nazie, tout en célébrant des « héros » militaires, tels Stauffenberg. La thèse de la gémellité des totalitarismes, longtemps combattue par les historiens un tant soit peu sérieux est une thèse désormais enseignée dans le système scolaire français. Fin de parenthèse.

               En Allemagne, dès 1947, Gehlen joue la carte de l’alarmisme le plus total, en prétendant que l’URSS -sur laquelle il est la source principale de renseignement- prépare une guerre éclair. Il parvient ainsi à obtenir plus de 200 millions de dollars de subvention par l’OSS et la CIA. Cet argent, Gehlen va l’utiliser pour aider les nazis ukrainiens, fournissant des armes et des équipements à ces derniers.

               Là réside un fait tout bonnement hallucinant. La très large majorité du public ignore donc que la guerre s’est poursuivie jusqu’en 1956 dans certaines régions d’Europe orientale. Les Banderistes, ces ultra-nationalistes ukrainiens, ont continué ainsi le combat, avec l’appui de l’organisation Gehlen, puis du BND. Des agents étaient infiltrés pour commettre des assassinats, des sabotages, pour semer le chaos et organiser des groupes terroristes. Ce n’est que par un travail d’infiltration opéré par le KBG que ces réseaux clandestins ont pu être décapités et que le fasciste Stepan Bandera pu être liquidé, en 1959.

               Dans d’autres Etats, notamment dans les Démocraties Populaires, les groupes d’extrême-droite issu de la période fascistes ont opéré de la même manière. Profitant du moment de flottement lié à la déstalinisation, ces réseaux ont tenté de frapper en Hongrie, en 1956, entraînant l’intervention de l’Armée Soviétique. Les courageux et héroïques insurgés de Budapest étaient, pour une grande partie des cadres, des individus qui avaient marché au pas de l’oie quelques années plus tôt, et qui n’avaient jamais renié cet engagement.

               Fondamentalement, les enjeux de l’après-guerre sont tels que les Etats capitalistes, qui perdent pied un peu partout dans le monde, ont fait feu de tout bois. Nombre d’agents formés par les nazis, ou de nazis eux-mêmes, ont ainsi servi d’experts pour aider à la formation de services secrets terrifiants, pour faire passer des armes, pour entrainer des groupes paramilitaires ou terroristes.  Dans l’esprit des ex-SS, il s’agit de la poursuite de leur lutte première : lutter contre le bolchevisme. Malgré la mort du Führer, il n’existe fondamentalement, dans leur esprit, pas de rupture entre leur travail pendant la guerre et celui mené après. Les réseaux stay-behind de la CIA représentaient la poursuite du werwolf. Ce n’est nullement un hasard si des criminels notoires ne sont jugés qu’après le plus dur de la Guerre Froide passé. Ils sont désormais inutiles, bons à jeter.

               Dans une lettre écrite à son ami, le pilote nazi Hans-Ulrich Rudel, Klaus Barbie décrivit le drapeau à croix gammée flottant, à la suite du coup d’Etat de Banzer, en Bolivie. Pour lui, cela formait l’accomplissement de sa carrière. Il écrivit également qu’ils vieillissent, certes, mais qu’ils avaient chacun semé une petite graine qui donnera des fruits. Fruits criminels, fruits empoisonnés. Fruits qu’ont servi, dès la fin de la guerre, les puissance coloniales à ceux et celles qui voulaient se soustraire à leur ordre injuste.

  • La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945. Partie 1

    La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945. Partie 1

    La guerre ne s’est pas arrêtée en 1945.

    Partie 1

    Le 8 mai 1945 est à la fois une date splendide et une date trompeuse. Le jour de commémoration, en occident, de la victoire des forces coalisées contre celles de l’Axe en Europe est paradoxal.

    La victoire contre le nazisme est une victoire qu’il convient de célébrer. Elle est importante et ne doit pas tomber dans l’oubli. Le nazisme a massacré, massacré une quantité invraisemblable d’êtres humains.

    Massacré sous des prétextes racistes, sous des prétextes antisémites et sous des prétextes anticommunistes. 26.9 millions de citoyens et de citoyennes soviétiques ; 5.8 millions de polonais et de polonaises ; 1 million de Yougoslaves ; 5 950 400 Juifs et Juives.

    Tous assassinés dans un crime froid et innommable, fait au nom de la pureté de la race et de la croisade antibolchevique. Croisade à laquelle les collaborateurs de l’Europe entière ont participé, à laquelle les Etats croupions ont prêté main forte. Et, rappelons-le, tous n’étaient pas des membres de l’extrême-droite. La guerre d’anéantissement à entraîné dans son sillage des tenants de la gauche. Renégats de la SFIO ; renégats antisoviétiques.

    Se souvenir de Baby Yar, de Lidice, de Sobibor ou de Oradour est une chose importante. Importante car l’ogre génocidaire renaît sans cesse, dès que les tensions sociales, dès que les tensions inter-impérialistes se durcissent. Il est important de sans cesse se souvenir que certains, que certaines, parmi les plus vils et les plus avides des exploiteurs et des oppresseurs, sont toujours prêt à faire sortir de l’ombre des escadrons de la mort, dans le but de conserver ou d’accroître leur pouvoir -et leurs profits.

    Mais se souvenir, aussi, de Stalingrad, des Glières, des marais du Pripet, tout comme des cieux de l’Allemagne et des plages de Normandie, s’est se rappeler qu’il n’est pas si aisé d’enfermer les masses, de les écraser. Se rappeler de la résistance au sein même du camp de Buchenwald, c’est se souvenir du fait que, même dans l’abîme, les hommes -et les femmes- épris et éprises de liberté et de justice, ne se laissent pas passer sans mot dire dans le broyeur à os fasciste.

    Voilà pourquoi nous célébrons cette date comme un événement nécessaire.

    Mais cela doit-il occulter son caractère fondamentalement paradoxal ?

    Les Bastions de l’anticommunisme réinstallés.

    Paradoxal dans le sens où, avant même que les braises du fascisme soient consumées, des projets fébriles se sont mis en branle pour préparer les guerres suivantes.

    Les gouvernements occidentaux, qui, avant-guerre, avaient regardé d’un bon œil la montée de l’extrême-droite en Europe, n’avaient pas oublié le problème posé par l’existence de l’Etat prolétarien, par l’Etat soviétique.

    Ce qui différencie Neuville Chamberlain -grand « apaiseur » des années 30, admirateur secret des fascistes et des nazis- et Churchill -présenté comme son contraire- n’est pas une muraille de Chine. La seule différence est que Churchill était moins aveuglé par son anticommunisme et était plus à même de comprendre que la bête féroce, la bête hitlérienne, pourrait bien se retourner contre ceux qui l’avaient auparavant nourrie, pensant l’amadouer. Churchill, partisan de la méfiance, était prêt à faire bloc y compris avec sa bête noire de toujours pour protéger les intérêts de la couronne britannique et de sa bourgeoisie.

    Cependant, il n’a eu de cesse, causant par ailleurs une immense irritation chez ses alliés US, de pousser à ce que les opérations militaires visant à l’ouverture d’un second front aient lieu le plus possible là où les intérêts anglais résidaient : dans les Balkans. Le haut-commandement anglais, en effet, n’avait rien de plus empressé en tête, une fois que le sort des armes paraissait acquis, que de court-circuiter la progression de l’Armée Rouge, que de lui couper l’herbe sous le pied, que de tenter de réinstaller des gouvernements réactionnaires.

    Il fit deux tentatives. L’une fit long feu, en Pologne, où les anglais envoyèrent des agents au service du gouvernement nobiliaire et réactionnaire, dans le but d’occuper le pouvoir avant l’arrivée de la RKKA. Les caciques de l’anticommunisme en ont fait un prétendu exemple de la perfidie de l’Armée Rouge et de son haut commandement, en prétendant que l’URSS avait laissé l’insurrection de Varsovie, entre août et octobre 1944, se faire balayer.

    Il ne fait pas de doute que les soviétiques ne portaient pas dans leur cœur les agents de Bor. Cependant, ces derniers pensaient l’armée Allemande en déroute, et avaient sous-estimé les capacités de celle-ci à écraser les oppositions. L’Armée Rouge elle-même paya, devant Varsovie, un prix terriblement fort, à la suite de l’effort qui lui fut demandé pour aider le débarquement en Normandie. Faire un nouvel et colossal effort, avec des lignes de communication distendues, sans supériorité aérienne, pour soutenir des agents anticommunistes, voilà qui était trop demandé.

    La seconde, elle, fonctionna. Elle eut lieu en Grèce. Cet État était une obsession pour l’Angleterre et pour son gouvernement. Elle essaya, chaque fois que des débats avaient lieu sur la stratégie à suivre dans les campagnes alliées, d’imposer les Balkans comme théâtre d’opération. La logique sous-jacente était celle de pouvoir contrôler l’accès aux détroits, d’empêcher les futures Républiques Populaires d’avoir accès à l’Adriatique et l’Egée. Elle débarqua donc le 14 octobre 1944, entrant dans un pays quasiment vidé de ses occupants, trop pressés d’échapper à la tenaille formée par l’Armée Rouge et les partisans Albanais et Yougoslaves.

    Pour faire cela, il lui fallait remettre en place un gouvernement réactionnaire, à l’image de celui de Metaxas, avant-guerre, qu’on ne peut qualifier autrement que de fascisant. Seulement la résistance était majoritairement communiste, et l’ELAS était la force hégémonique. Seule, sans appui US, l’Angleterre débarqua donc en Grèce pour y ramener le roi Georges II. Chemin faisant, les soldats britanniques entreprirent méthodiquement d’écraser, en pleine guerre, les forces communistes.

    Déjà, la Guerre Froide se préparait, déjà certains esprits bellicistes entreprenaient des démarches pour qu’elle s’inscrive dans la continuité de la Seconde Guerre mondiale.

     

    -La Suite : Reinhard Gehlen, Klaus Barbie et Stepan Bandera contre l’URSS.

  • Hommage à Ernesto Che Guevara – partie III & Message à la tricontinentale (1967)

    Hommage à Ernesto Che Guevara – partie III & Message à la tricontinentale (1967)

    Hommage à Ernesto Che Guevara.

    Nous avons décidé, comme document accompagnant cette partie, de fournir le Message à la Tricontinentale, document particulièrement illustratif sur les positionnements politiques du Che et sur sa critique de la politique de coexistence pacifique défendue par l’URSS et par les partis révisionnistes. En espérant que cette lecture soit instructive.

    Partie III

    L’international à la vie, à la mort.

    Après la crises des missiles de Cuba, le Che poursuit ses voyages. Charismatique, orateur de talent, il est l’envoyé idéal pour nourrir les relations nouvelles que Cuba souhaite établir avec le reste du monde en lutte. Ainsi, en 1963 il est en Algérie, pour une visite de quatre jours qui, finalement, dure trois semaines. Là, il noue des liens, et entame un travail avec l’aile gauche du F.L.N., incarnée par Ben Barka.

    En 1964, il fait un discours à l’ONU dans lequel il explique la situation de Cuba et fustige la politique étrangère des USA. Il y revendiqué le fait d’avoir fusillé et fait fusillé des ennemis « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. »

    Par la suite, il reprend ses voyages. Chine -où il vient sans prévenir Fidel Castro, déclenchant son ire- Egypte, Algérie, Ghana, Guinée, Mali, Bénin, Congo, Corée du Nord… il traverse le tiers-monde. En chemin, il fait étape en France et en Irlande.

    Sa pensée politique évolue et se rapproche des conceptions chinoises. Pour la direction politique cubaine, un fossé se creuse. Dans son discours d’Alger, prononcé au début de 1965, le Che cible même l’URSS, en termes voilés certes, mais attaque ses manquements aux grands principes communistes. «  Les pays socialistes ont le devoir moral de liquider leur complicité tacite avec les pays exploiteurs de l’Ouest. Le fait que le commerce est actuellement réduit ne signifie rien. »

    Si le discours est reproduit dans les journaux cubains, la visite en Chine est passée, elle, sous silence. Elle formait, il faut le dire, un terrible crime de lèse-majesté envers l’URSS, laquelle le considère désormais comme un agent de la Chine. Lui même montre des singes d’adhésion progressive aux conceptions défendues par Mao Zedong, quant à la nature sociale-impérialiste de l’Union Soviétique.

    A Cuba, les tensions avec Castro et avec les représentants soviétiques sont fortes. Ernesto Guevara disparaît du devant de scène. Démoralisé par la situation, rongé par l’inaction et par le travail de bureau, brûlant de réaliser son affirmation, construire «  deux, trois, plein de Viêt-Nam « , Che part pour le Congo, pour tenter d’apporter un soutien militaire à la lutte contre l’impérialisme.

    Après 7 mois de combat contre les troupes de Mobutu, l’opération est un échec critique, les pertes sont lourdes tant en termes d’hommes que de prestige. Il passe près de deux ans dans la clandestinité, ne voulant pas rentrer à Cuba.

    Hésitant entre retourner combattre dans son pays et lutter en Bolivie contre le gouvernement fasciste, le Che finit ultimement par choisir de rejoindre les rangs de l’Armée de Libération Nationale de Bolivie. Là où il trouva la mort. C’est dans la jungle, en 1967, que le Che rédige son message à la tricontinentale. Ce message consacre une divergence de vue avec la direction soviétique et son ralliement net à la ligne de Mao Zedong.

    Pendant cet exil plus ou moins imposé, un des plans de Che Guevara, dont Ben Barka fut l’architecte principal, voit le jour. L’idée de la tricontinentale, ou Organización de Solidaridad de los Pueblos de África, Asia y América pour son nom complet, est relativement simple. Elle est conçue dans l’esprit d’une entraide technique, politique et militaire entre les différents états subissant l’impérialisme. Elle se caractérisa par ce slogan : « trois continents, une révolution. »

    S’inscrivant dans une idée de moyen terme entre Chine et URSS, cette conférence faite du 3 au 15 janvier 1966 définissait les objectifs suivants :

    ·         Lutter contre l’impérialisme et le colonialisme. Assurer l’émancipation des peuples dominés et opprimés.

    ·         Relier et unifier les mouvements de lutte, issus de la conférence de Bandung, et travailler en commun avec la Chine et l’URSS, malgré leur situation de rupture.

    ·         Rejoindre la lutte pour une révolution à l’échelle mondiale.

    ·         Lutter contre les régimes d’Apartheid.

    ·         Lutter contre la menace de l’arme nucléaire.

    Malgré une situation peu évidente, du fait des tensions internationales de l’époque, 82 Etats y participent.  Ben Barka, enlevé par la France, ne peut s’y rendre. En soi, la conférence est un succès, mais un succès éphémère. Pourtant, elle posait des bases saines, lesquelles méritaient d’être étudiées et diffusées, encore à l’heure actuelle.

    Comme tous les personnages importants de l’Histoire, bien des théories entourent de limbes la mort du Che. La tentation du complot, du règlement de compte, à longtemps circulé. Si le désaccord avec Fidel Castro et l’URSS était marqué, si la rupture était consommée -le Che fit, par ailleurs, un testament politique avant son départ de Cuba- il n’existe pas de preuve d’une complicité entre la CIA et les forces pro-soviétiques. Si Cuba ne fit rien pour aider Ernesto et sa poignée de guérilléros, l’île ne fit rien non plus pour envenimer les choses.

    D’une manière générale, les raisons de la défaite du Che et de ses troupes résident dans plusieurs choses : le climat politique n’était plus le même que 8 ans auparavant. Les USA sont extrêmement méfiants quant à la situation internationale. Le relatif laisser-faire rencontré face à Batista n’a plus court. L’opération est mal menée, avec des forces faibles et peu fiables. Surtout, la guérilla peine à obtenir le soutien des masses.

    Autre facteur, les conceptions militaires se sont nourries de l’expérience du Viêt-Nam et de la Guerre d’Algérie. Les dispositifs de COIN [Contre-insurrection] sont pleinement opérationnels. Le Che est tombé contre plus fort que lui.

    Les raisons de son exécution restent débattues. Toujours est-il qu’un procès public aurait été certainement nuisible, comme le fut le procès de Georges Dimitrov par les nazis à Leipzig, ou comme le fut, plus tardivement, la tentative de juger Honecker. Bien souvent, les tribunaux de la bourgeoisie se retournent contre elle.

    Toujours est-il que le 9 octobre 1967, à 13h10, Che Guevara mourait sous les balles. Selon Mario Terà, qui affirme être celui qui l’a tué, dans une interview de 1977 à Paris Match, ses derniers mots furent  « Soyez serein et visez bien ! Vous n’allez tuer qu’un homme ! »

    Ainsi mourrait un Homme.

    Mais, comme tous les martyrs, en l’assassinant, les criminels le rendirent immortel. Car les idées et l’héritage politique du Che ne mourut pas.