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  • Épidémie de coronavirus : marqueur de la mondialisation des échanges, marqueur du racisme.

    Épidémie de coronavirus : marqueur de la mondialisation des échanges, marqueur du racisme.

    L’épidémie de coronavirus fait parler d’elle. Apparue en Chine à la toute fin de 2019, elle s’est maintenant répandue sur une partie de la planète. D’heure en heure, les étendues de la contamination sont mieux connues, tandis que le bilan s’alourdit. À l’heure où nous écrivons ces lignes 7 783 personnes sont infectées, 170 sont mortes et 133 sont guéries1. Autour de cette épidémie, un grand nombre de fantasmes orbitent, accompagnés par un grand nombre d’idées fausses sous-jacentes.

    La raison principale de la diffusion massive de ce virus est la mondialisation des échanges et l’intensification de ceux-ci. En abolissant les distances, elle fait de toute épidémie une pandémie possible. La mondialisation virale et bactérienne est une réalité qui ne peut être niée.

    Deuxième raison fondamentale : la question de la nature. La surexploitation des ressources naturelles et l’expansion incontrôlée des habitats humains créé davantage de zones de contact avec des réservoirs naturels de virus. Ainsi, le cas des épidémies de coronavirus a été le fait, successivement, du contact avec des dromadaires et des chauves-souris contaminées (pour l’épidémie arabe), de la civette (pour le SRAS).

    Aujourd’hui, le réservoir naturel est inconnu, mais il est plus que probable qu’il sera lié à la consommation de viande sauvage. Les mêmes schémas se sont retrouvés dans le développement des épidémies de VIH (par la consommation de viande de brousse) et de syphilis (pour des raisons mal définies encore). Le lieu d’apparition est important, car le marché de viandes sur pied est régulièrement un lieu de mise en contact de souches virales et bactériennes d’origines différentes. Or, ces mélanges peuvent devenir explosifs : le cas de la « grippe espagnole », qui a tué 30/50 millions de personnes, est ainsi le contact entre la grippe porcine et la grippe du poulet.

    La grande distinction est la rapidité de la diffusion, notamment, car la maladie se répand par les voies aériennes. Si elle est extrêmement médiatisée, la maladie est à relativiser : le taux de mortalité, de 3 % pour le moment, est très éloigné de celui du SRAS, avec 10/25 %. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle peste noire dans l’état actuel des choses. Ce qui inquiète est donc plus la perspective d’une épidémie mortelle que celle-ci. De plus, quoiqu’on puisse penser du gouvernement chinois, il a mis en œuvre des moyens immenses, qui servent d’ailleurs de démonstration de force, pour tenter d’enrayer la propagation de la maladie. Il en va de sa crédibilité en tant direction d’une puissance montante.

    Malgré cela, l’épidémie continue de nourrir des phénomènes très particuliers, y compris en France.

    Autre épidémie, parallèle à celle du virus, celle des théories conspirationnistes. En faire l’inventaire serait fastidieux, mais elles se résument à trois grandes catégories :

    1. Le virus n’existe pas, il sert de diversion pour que l’actualité sociale soit éclipsée.
    2. Le virus a été créé en laboratoire pour effrayer.
    3. Le virus existe, il est redoutable et il a été créé pour éliminer une partie de la population (souvent en mentionnant Bill Gates comme l’inventeur du procédé.)

    Le plus souvent, ces théories reposent sur des bases extrêmement faibles. Elles se limitent à des « comme par hasard ! », ou à des confusions grossières, notamment sur le fait que d’autres coronavirus existent, et que d’autres épidémies ont eu lieu. Nous rappelons à ces apprentis analystes que :

    1. L’utilisation de l’armement biologique / chimique sur une grande ampleur est un sport extrêmement dangereux. A tel point que même les conflits comme la Seconde Guerre mondiale n’ont vu qu’une utilisation anecdotique de celui-ci. Il se retourne régulièrement contre son utilisateur.
    2. L’intérêt pour les capitalistes d’éliminer une partie de la population n’est absolument pas évident. Il est d’ailleurs inexpliqué par les conspirationnistes.
    3. L’utilisation des événements pour détourner l’attention de certains problèmes est un classique. Mais il n’implique pas la création d’une diversion. La bourgeoisie est suffisamment intelligente pour saisir les opportunités et la balle au bond. C’est le même raisonnement chez les conspirationnistes, qui saisissent n’importe quel événement pour instiller leur poison.

    Cette épidémie n’a rien de particulièrement étonnant. Elle est même logique compte tenu des évolutions économiques et des échanges internationaux.

    Deuxième phénomène qui est apparu à la suite de cette épidémie : une expression xénophobe et raciste. Nous séparons les deux aspects, car ils recouvrent des réalités différentes.

    D’une part, une peur atavique, viscérale, devant toutes personne « asiatique », par crainte qu’elle soit porteuse du virus. Elle n’est pas théorisée et n’est pas accompagnée de jugements de valeur sur la personne. Cette peur est infondée, mais elle existe parfois de manière indépendante de la volonté de ceux qui la vivent.

    De l’autre, une théorisation, qui vise à cibler les « Asiatiques » (Le terme de sinophobie revient parfois, mais le plus souvent, l’incapacité de discerner les origines de la part de ceux qui la portent fait qu’il s’agirait plus d’une « asiatophobie ».), en justifiant avec des arguments essentialistes la peur, tout en les maquillant de science. Ainsi, il a fleuri des expressions telles que le « péril jaune », un peu partout dans les unes des journaux. Dans les commentaires sur la situation, à plusieurs reprises, ce sont les Chinois et les Chinoises qui ont été ciblés comme les responsables du développement de l’épidémie. Ce racisme latent s’était déjà exprimé à plusieurs reprises, notamment dans l’affaire du meurtre de Shaoyo Liu, en mars 2017.

    À ce moment-là, nous nous exprimions ainsi :

    Cette mort est révélatrice de nombreux aspects de la situation au sein de notre Etat, tout comme dans les relations internationales.

    « Premièrement, le traitement médiatique de l’affaire fut empreint d’un racisme terrifiant, inconcevable. Shaoyo Liu s’est retrouvé réduit à la formule “un chinois.” Bien souvent, les termes en restaient là. Il n’était ni M. Shaoyo Liu, 56 ans, ni un ressortissant chinois, ni quoique ce soit d’autre qu’un “chinois” 1/1 200 000 000ème d’un bloc interchangeable, anonyme, de titulaires d’une citoyenneté.

    Ce traitement méprisant fait écho aux manifestations d’un racisme latent dans la société française. Si celui-ci ne s’exprime pas ouvertement avec la même virulence que celui qui touche les communautés issues du monde Arabe, du Moyen-Orient ou d’Afrique Subsaharienne, il n’en existe pas moins.

    Une de ces racines se trouve dans le système colonial, qui a pillé la Chine, la Corée, les composantes de l’ex-Indochine, la Thaïlande, les Philippines…etc. Ce colonialisme a marqué au fer rouge de stéréotypes infamants les habitants de ces régions. Le mépris des peuples colonisés joue toujours, quand bien même les Français ont subi de terribles revers dans ces régions.

    L’exploitation et le tourisme sexuel ont forgé un autre aspect, un aspect de fantasme pervers et exotique envers les femmes, les hommes, les transgenres de ces pays. Cela se ressent dans les rapports sociaux pénibles et les projections de fantasmes que les personnes typées asiatiques peuvent endurer.

    [Quant au maoïsme, il est jugé parfois ainsi.] Nombre de nos détracteurs jouent sur ce regard méprisant pour le qualifier de “secte politique”, de “communisme de rizière.” C’est une belle manière de montrer son ignorance politique. Lorsque nous disons “léninisme”, nous voyons un regard qui n’est absolument pas le même que lorsque nous disons “maoïsme.” De même nous ne doutons pas qu’une certaine négation des apports de Mao ou de Ho Chi Minh provient également d’un dénigrement des idées issues d’ailleurs que de l’Europe. »

    Ce racisme, toujours présent, est le plus souvent considéré comme une lutte de deuxième ou de troisième ordre. Il est considéré comme acceptable, convenable. Pourtant la colère a éclaté à la suite du spectacle de Gad Elmaleh et de Kev Adams en avril 2018. Dans un sketch, ceux-ci se grimaient en chinois, dans un yellowface qui devrait être remisé à un autre temps. Elle a débouché sur une prise de conscience naissante. Aujourd’hui, c’est le #jenesuispasunvirus qui s’exprime. Nous espérons que ces mouvements pourront permettre de procéder à une meilleure prise de conscience de ce racisme souvent oublié.

    Nous avons bon espoir que celle épidémie, virale et raciste, puisse s’éteindre rapidement. Et que, pour poursuivre la métaphore, l’humanité en ressorte avec un système immunitaire renforcé. À la fois contre la xénophobie et le racisme, à la fois contre le conspirationnisme, mais également contre les pandémies émergentes.

    Or tant que le profit et ses logiques dominent, il n’est pas question de lutte sérieuse contre les maladies et pour la mise en place d’une réelle hygiène de vie. Une question se pose, terrible : celle de leur dégradation. En 2012, Marianne notait que 1/3 des Américains renonçaient à se soigner faute de moyens financiers. En France, en dépit d’une couverture santé jugée supérieure, le resultat est globalement le même. Le quotidien du médecin indiquait que « Un petit tiers des Français (30 %) a déjà renoncé à se faire soigner au cours des 12 derniers mois, en particulier les ouvriers (41 %) et les jeunes de moins de 35 ans (36 %). » Cette situation va tendre à s’aggraver avec les attaques sur la Sécurité Sociale. Le remplacement d’une caisse de cotisation par des mutuelles santé, ainsi que la destruction de l’hôpital public sont une menace lourde et croissante.

    Cette destruction, pour instaurer des logiques de rentabilité maximale, couplée au vieillissement de la population et à dégradation des conditions de vie et de travail, laissent un espace conséquent pour une catastrophe.

    De plus, la concentration toujours plus importante d’animaux d’élevage dans des lieux confinés chaque fois plus massifs, la monoculture, la destruction des barrières entre biotopes, créé un risque de pandémie toujours plus grand. La question n’est pas de savoir si elle aura lieu, mais bien quand.

    Il n’existe, hélas, pas de solution miracle ou de moyen-terme : si nous voulons mettre fin à ces menaces, cela demande plusieurs choses :

    • La fin de l’exploitation irraisonnée de la nature et la prudence quant à la mise au contact entre l’homme et des vecteurs possibles de maladie, en particulier dans le cadre de l’alimentation.
    • La fin des politiques de rentabilité dans le développement des traitements et dans les soins et la reconstruction d’une couverture hospitalière totale.
    • L’accès libre et gratuits au système de santé permettant d’anticiper les situations a risque épidémiologiquement.

    Comme tant de questions fondamentales, ces questions de santé ne peuvent être réglées que et uniquement par le fait que les masses populaires exercent la réalité du pouvoir. En économie, en politique, en santé, seule la révolution et la démocratie populaire peuvent faire sortir l’humanité de sa vulnérabilité.

    1 Il est possible de suivent en direct l’évolution de la situation ci : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

  • 70e anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine.

    70e anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine.

    L’anniversaire du 70e anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine est une date importante.

    Cet anniversaire possède un sens double. D’une part il est à célébrer, car il marquait une victoire révolutionnaire. Il est l’incarnation d’une victoire contre l’impérialisme, contre la réaction, pour la construction d’une société meilleure.

    De l’autre, il est également l’aboutissement d’un cheminement à étudier, celui de 22 ans de guerre civile chinoise, mais également le point de départ de la construction d’un nouveau monde, durant près de 30 ans. Cette lutte pour le pouvoir populaire, tout comme ce que ce pouvoir populaire a fait, forment une somme immense d’expérience, qui doit nous servir pour les combats de demain. Nous ne devons pas les oublier.

    Aujourd’hui, honorons les héros de la lutte révolutionnaire !

    La lutte pour la révolution en Chine a été une lutte sur de nombreux fronts. Contre les colonisateurs tout d’abord, qui s’étaient découpés l’Empire du Milieu en parts, se réservant des zones d’influence à coups de canonnières. Ces colonisateurs, s’ils n’avaient pas formellement pris possession du pays, détenaient la réalité du pouvoir, appuyés sur des seigneurs de la guerre à leur service. Ils réduisaient à l’état d’esclaves les masses populaires chinoises.

    Depuis la première République de Chine, proclamée en 1911 par le Dr. Sun Yat Sen, et la République Populaire de Chine, 38 ans de combats constants. Combats contre les impérialistes et leurs laquais seigneurs de la guerre, pour libérer la Chine. Combats contre la droite du Kuomintang, qui voulait faire de la Chine une dictature militaire et écraser la juste lutte populaire. Combats pour construire le Parti Communiste, seul à même de pouvoir réaliser les mots d’ordre de Sun : Les « Trois Principes du Peuple » : Démocratie, Socialisme et Nationalisme anti-impérialiste.

    Enfin, a partir de 1927, la longue guerre civile. Une guerre civile qui a transformé chacun des camps. Les Kuomins, de nationalistes anti-impérialistes, sont devenus les agents de facto des Japonais, puis des impérialistes américains, préférant lutter contre le PCC que de défendre les idéaux du Dr. Sun. Chang Kaï Check, le dictateur du Komintang, a ainsi donné la Mandchourie aux agresseurs japonais, en 1931.

    Cette guerre civile a transformé aussi le PCC. L’anabase de la Longue Marche, cette traversée de la Chine, en a changé l’encadrement. Les dirigeants d’avant, formés par le Komintern, sincères dans leur engagement, mais incapables de percevoir la réalité de la Chine, sont progressivement écartés. Dans les grottes de loess de Yennan, le PCC est devenu le parti de la victoire. Il s’est lié aux masses, principalement paysannes dans la région. La direction du PCC, dans laquelle Mao est devenu le personnage central, a partagé la vie des masses populaires, leur misère, mais également leurs aspirations à une vie meilleure. Cette liaison avec les masses, cette relation fusionnelle, la ligne de masse, est devenu le ferment de la victoire. La naît la conception de la Guerre Populaire Prolongée.

    Durant la longue guerre anti-japonaise, de 1937 à 1945, pendant laquelle entre 20 et 60 millions de Chinois perdent la vie le Kuomintang se montre incapable de défendre le pays. Il se marginalise, se coupe des masses populaires, devient intégralement dépendant des USA et des occidentaux. De plus, il ne respecte pas la trêve avec le PCC.

    À l’inverse, celui-ci perfectionne la guérilla, en liaison avec les masses, comme « un poisson dans l’eau ». Lorsque l’armée Showa évacue progressivement, le PCC est désormais en position de force. Lorsque la guerre civile reprend, dès 1946, la situation n’est plus celle d’avant-guerre. Les kuomins sont chassés, refoulés, et doivent évacuer à Formose, où ils bâtissent un régime de terreur.

    Le premier octobre 1949, Mao Zedong, a Beijing, proclame la République Populaire de Chine. Cette accession au pouvoir est faite à l’inverse du système bolchevique. En URSS, la proclamation du pouvoir est le préalable à sa conquête effective, par la Guerre civile. En Chine, c’est le contrôle territorial et l’administration du territoire qui est le préalable à la proclamation de la RPC.

    Elle est un choc pour le monde entier. Le pays le plus peuplé du monde est passé du côté de la révolution prolétarienne. Près de la moitié de la population mondiale est désormais sous le drapeau rouge. La réaction du monde « libre » sera d’ailleurs féroce : tenter à tout prix de contenir l’expansion du communisme, en instaurant un réseau de dictatures d’extrême-droite : Taïwan, Thaïlande, Vietnam-Sud, Corée du Sud… Ce cordon sanitaire justifie tout, y compris les massacres, comme en Indonésie, ou les guerres les plus brutales, comme celle de Corée.

    La construction du socialisme en Chine bénéficie de l’apport de l’URSS, qui, malgré ses plaies béantes, tente de faire son possible pour aider au décollage économique de son pays-frère. De même, contrairement à l’URSS, le PCC était déjà une organisation avec une solide expérience en termes d’administration des régions libérées. En dépit du caractère particulièrement primitif des forces productives, il paraît possible de passer rapidement à une économie planifiée et d’industrialiser le pays. La vie des masses change rapidement. Les femmes, horriblement opprimées, connaissent l’égalité. La situation de servage de facto des paysans est abolie. L’éducation entre dans les campagnes, avec les soins et la culture.

    Les biens de consommation étaient rares dans la Chine féodale. Ils se répandent progressivement, bien que l’abondance ne soit pas encore là. La Chine connaît la dernière famine de son histoire. Surtout, le paysan et la paysanne chinoise avant n’avaient pas d’espoir de connaître une vie meilleure. Ils peuvent désormais faire des études, quitter la campagne, espérer une vie meilleure, voir un autre destin. Des ouvriers et ouvrières, des paysans et des paysannes deviennent des élus, des cadres dirigeants.

    Seulement, tout ne fonctionne pas toujours comme prévu. Une conjonction de phénomènes négatifs impacte très fortement cette tentative de faire un « Grand bond en avant ». Sécheresse, rupture avec l’URSS, départ des ingénieurs soviétiques, surestimation des possibilités. En somme, l’effort demandé est simplement trop important et la base industrielle prévue n’est pas obtenue. Mais elle existe. Dans le même temps, les cent fleurs sont lancés, en 1957, pour permettre qu’une émulation socialiste, critique, puisse s’épanouir. De nombreux réactionnaires, théocrates, féodaux, tentent d’en profiter pour lancer attaque sur attaques contre le gouvernement socialiste. Ils sont réprimés, notamment, car le contexte de la période est particulièrement difficile.

    Durant cette période, en effet, un schisme se produit entre URSS et RPC. Souvent, il est mentionné que Staline et Mao ne s’entendaient pas. Cela n’est pas vrai. Les informations qu’avaient Staline sur la révolution chinoise provenaient d’agents et d’intermédiaires du PCC en poste à Moscou. Or, il s’agissait précisément de militants et de cadres que la direction du PCC jugeait trop peu fiables pour les maintenir sur le terrain. Ce biais a joué dans la perception de Staline de la Révolution. Il a reconnu d’ailleurs publiquement son erreur.

    La véritable raison de la discorde n’est pas dans la question du leadership entre URSS et Chine, mais elle est dans la déstalinisation. Le PCC était d’accord pour critiquer Staline, en 1956. Mais la manière dont cette critique a été faite, mettant tout le monde devant le fait accompli, et le fond de l’affaire, changer la ligne politique du PCUS, ont poussé à la rupture. Khrouchtchev, derrière la déstalinisation, préparait la satellisation de l’Europe de l’Est, l’intégration dans une hypocrite division internationale socialiste du travail. Surtout, il capitulait devant l’occident sur l’idée d’une révolution, jugeant que l’heure était venue pour un monde coupé en sphère d’influences.

    Le Parti du Travail d’Albanie et le PCC ont fait front contre le révisionnisme khrouchtchevien. Quand il est apparu que Moscou ne changerait pas de ligne, la rupture fut consommée. Deux camps socialistes, l’un révolutionnaire, l’autre révisionniste, sont apparus. Ceux qui rejetaient la capitulation, voulaient soutenir les mouvements révolutionnaires et libérer les pays dominés ont été chassés des Partis Communistes révisionnistes. Ils ont monté leurs propres organisations. Par moquerie, ils ont été appelés maoïstes. Le nom est resté.

    Les rapports avec l’URSS prennent une tournure parfois conflictuelle. Elle soutient l’Inde contre la Chine dans le conflit du début des années 1960, tout comme elle multiplie les accidents de frontière au nord. Cette tension continuelle pousse la Chine à, finalement, prendre une position équidistante internationalement, et à la juger sur le même plan que les USA.

    En Chine même, l’échec du Grand Bond en Avant fragilise la position de Mao dans le PCC. Une nouvelle équipe dirigeante, animée par Liu Shaoqi et Deng Xiaoping dirigent la Chine dans une espèce de NEP-bis. La bride est laissée aux cadres locaux du PCC, qui se comportent parfois en potentats locaux, se fondent des petits royaumes. La planification elle-même est en péril, tandis que les écarts sociaux se creusent. Une crise se profile.

    Celle-ci arrive à maturité en 1966. Un immense mouvement de masse, la Révolution Culturelle, créé une révolution dans la révolution. Partis des centres urbains, les Gardes Rouges, ouvriers, ouvrières, étudiants et étudiantes, s’en prennent aux cadres corrompus, aux révisionnistes, aux seigneurs locaux. Elle bouleverse l’ordre établi, cible le confucianisme, réactionnaire. Au mot d’ordre de « feu sur le commandement général », les Gardes Rouges soumettent à la critique et à l’autocritique tous les dirigeants. Liu Shaoqi est fusillé, Deng est envoyé en prison. Mao Zedong, Zhou Enlai, redeviennent les points focaux du régime. La réorganisation du Parti fait que l’Armée Populaire de Libération joue un rôle structurant. Seulement sa direction elle-même est tiraillée par la lutte des classes : Lin Piao est un relais des Soviétiques dans le pays, il représente une menace bonapartiste. Il s’enfuit vers l’URSS et est abattu en vol.

    La révolution culturelle connaît des soubresauts, mais finit par se calmer quelques années après. La Chine est cependant désorganisée et doit se reconstruire. La production a chuté du fait des troubles.

    L’influence de la Révolution Culturelle est immense et international. Elle marque les étudiants et les étudiantes de mai 1968 en France, tout bourgeois qu’ils pouvaient être. Elle marque le mouvement des droits civiques aux USA. Surtout la Chine est un symbole des pays dominés. Elle est le fer de lance de la libération des peuples colonisés. Elle attire. Intellectuels progressistes, militants et militantes révolutionnaires, travailleurs et travailleuses en lutte voient en elle un nouveau phare, surtout avec le pâlissement de l’URSS.

    La période est paradoxale, la Chine cherche à s’ouvrir et à quitter le cordon sanitaire qui a été dressé autour d’elle. Du fait de l’attitude de l’URSS, elle accepte les offres d’ouverture des USA, menant à la rencontre Mao-Nixon, grand choc international. Elle parvient cependant à rentrer à l’ONU et a prendre la place de Taïwan.

    En termes de politique intérieure, l’équipe dirigeante est vieillissante. Les nouveaux cadres sont souvent compétents, mais idéologiquement peu sûrs. La porte du révisionnisme est restée ouverte. Finalement, ceux qui ont gagné en influence ne sont pas les plus fervents militants, mais ceux qui ont été le plus capable de passer pour cela. Elle ne comprend pas le besoin de rigueur politique, d’une économie parfaitement maîtrisée, de la lutte idéologique.

    Le décès de Mao et de Zhou Enlaï, en 1976, cause une vacance de la direction. Celle-ci est occupée par des conciliateurs, des modérés, qui non seulement libèrent les inculpés de la Révolution Culturelle, mais leur ouvre la voie vers le pouvoir.

    Très rapidement, dès 1977, Deng Xiaoping revient sur le devant de la scène. Il met en place, sous le nom de « modernisation » une politique capitaliste. Surtout, il va semer une confusion terrible avec la « théorie des trois mondes ». Mao avait déjà employé cette formule, avec un contenu autre. Chez Deng, celle-ci justifie tout : alliances avec l’Afrique du Sud de l’Apartheid, travail avec la RFA…Etc. Tout ce qui peut affaiblir les « superpuissances » est jugé comme positif. Elle va contribuer à désorganiser le mouvement maoïste, qui ne voit pas forcément le changement d’équipe comme un point de non-retour. Certains, comme Hoxha, vont analyser cela téléologiquement. Seul allié de la Chine, il considère que si elle n’est pas parvenue au socialisme, c’est que sa direction a fait intégralement fausse route. Il la rejette en bloc, déniant toute qualité à Mao.

    Après Deng, la Chine se dirige irrémédiablement vers une économie de marché, une intégration dans les échanges inégaux de la mondialisation. S’il est indéniable qu’elle a développé économiquement le pays, il n’en demeure pas moins que la RPC n’est plus une puissance socialiste, mais qu’elle est capitaliste et impérialiste.

    En dépit des efforts faits par le PCC pour ne pas connaître le même sort que le PCUS, le révisionnisme a triomphé. Le PCC n’a pourtant pas lésiné sur les moyens pour essayer de contourner les difficultés. Maintien d’une démocratie interne vivante au sein du Parti, où les luttes de ligne étaient faites de manière ouverte, autour d’une culture de débat. Appel constant aux masses pour juger de la qualité de l’action du Parti et de ses membres. Le PCC mettait également au premier plan, au-dessus de l’importance du Parti même, la question de la lutte idéologique, primant sur la discipline du Parti. C’est là un des fondements de la Révolution Culturelle.

    Nous avons beaucoup à retenir de cet anniversaire.

    L’héritage de cette révolution est toujours vivant. Il doit le rester à plus d’un titre.

    D’une part comme la mémoire d’évènements, de succès, de réalisations faites par les masses populaires, sous la direction d’un Parti Communiste qui mérite ce qualificatif. La bourgeoisie essaie de nous enlever cette mémoire en la salissant, en répandant des calomnies sur son compte, en mentant à son sujet. Lorsque cette histoire ne présente plus d’intérêt, elle la fait oublier. Sur plus d’un thème, sur plus qu’une période, il existe un vide de connaissances, de savoir. Elle a été effacée. Nous avons un travail à réaliser pour lui redonner vie.

    Mais l’histoire ne suffit pas. Elle n’est qu’une chose morte si elle n’est pas reliée à la politique et à la lutte actuelle.

    Dans cet héritage, nous retrouvons des questions fondamentales, tant philosophique, sur la compréhension de la dialectique, du « un se divise en deux », que des aspects politiques ou pratiques. La stratégie de la Guerre Populaire Prolongée est ainsi un des apports, tranchant avec les théories insurrectionnelles. Elle pose la question de l’accession révolutionnaire au pouvoir comme le fruit d’un processus, non d’une seule épreuve de force. De même, la démocratie nouvelle est un élément fondamental pour l’alliance entre les classes populaires.

    Dans la pratique, l’enquête, la lutte de ligne, la ligne de masse, le débat franc et ouvert sont des principes qui préexistaient auparavant dans les écrits d’autres, mais que Mao et le PCC avaient systématisés.

    Dans le monde entier, toutes les organisations qui combattent pied à pied l’impérialisme et le capitalisme sont inspirées par l’exemple chinois. Ceux qui ont rejeté cet héritage ont généralement rejeté, en même temps, l’idée de la lutte révolutionnaire et du combat contre les forces capitalistes et impérialistes. Le drapeau rouge de la révolution, dans les pays dominés et exploités, s’est nourri de cette expérience.

    Dans les pays impérialistes même, cette influence se fait sentir, même si parfois, elle a servi à esquiver la question incontournable de Staline et de l’URSS. Aux USA comme en Allemagne, des organisations se sont montées, construites, et se sont démarquées du révisionnisme sous l’emblème du Marxisme-Léninisme-Maoïsme. En France l’omniprésence du PCF et l’échec du mouvement maoïste des années 1970-1980 ont limité sa diffusion. Mais celle-ci existe néanmoins. Nous même ne pouvons renier notre inspiration et notre intégration dans l’héritage de la Révolution chinoise.

    Pourquoi ne sommes-nous pas une organisation maoïste ?

    A lire sur notre site.

    L’UCL est une organisation qui a été fondée par des militants maoïstes. Dans un sens elle est une organisation maoïste, dans un autre sens elle ne l’est pas.

    Elle l’est dans son intégration du bilan de l’expérience du combat révolutionnaire en Chine. Elle l’est dans le sens où elle intègre la lutte de ligne au sein de l’organisation, la lutte de masse, la nécessité du combat révolutionnaire et d’une stratégie révolutionnaire.

    Elle l’est dans sa politique non sectaire d’unité, dans sa volonté de travailler conjointement, entre communistes, mais aussi auprès des masses populaires, dans les organisations de masse, dans les émanations de la résistance ouvrière. Elle est ce qui explique notamment notre investissement dans les Assemblées Générales de Gilets Jaunes, à Lyon.

    Elle ne l’est pas dans le sens où notre organisation n’a pas vocation à réunir uniquement et exclusivement sur la base du maoïsme, ni de faire l’unité sur cette base unique et étriquée. À nos yeux, le maoïsme est une forme particulièrement poussée de la compréhension du léninisme, du communisme, du matérialisme-dialectique. Le placer en préalable nécessaire pour adhérer à une organisation n’a pas de sens. Le but d’une organisation communiste, a fortiori d’un parti, est de permettre d’organiser l’avant-garde de la classe ouvrière et du prolétariat. Pour nous, l’adhésion a un parti politique est sur une base politique, celle de l’accord avec le programme, même minimal. Nous pensons que toute personne qui se revendique du communisme, qui veut travailler à construire un parti révolutionnaire, qui veut construire le socialisme et la démocratie populaire a sa place dans nos rangs. Le respect des principes de fonctionnement démocratique, la volonté de pratiquer le débat prolétarien, d’avancer idéologiquement et politiquement est la base. De plus, nous, jeunes militants, n’avons pas la prétention de dire que nous maîtrisons complètement ce qu’est le maoïsme, du moins suffisamment pour arbitrer qui, objectivement, l’est, et qui ne l’est pas. Nous pensons, de plus, qu’il ne suffit de clamer être maoïste pour l’être.

    En dernière instance, c’est la pratique qui fait le maoïsme, pas l’identité.

    Nous avons une confiance inébranlable dans le fait que les apports de la révolution chinoise sont positifs. Nous n’avons pas à redouter d’en faire la démonstration et de convaincre que le bilan de cette révolution peut servir d’exemple.

    Nous pensons que l’enseignement de la Chine démontre que les masses peuvent être organisées largement, participer au Parti Communiste et aux tâches les plus poussées de la révolution. Ce n’est pas le verrouillage qui garantit la « pureté idéologique » de l’organisation, mais la lutte de ligne interne. Or, ce n’est pas l’adhésion au concept de la lutte de ligne ou au concept de la ligne de masse qui fait le maoïste, mais sa pratique concrète, au sein des luttes. Le rejet du sectarisme, la capacité à comprendre le point de vue des masses populaires, des travailleurs et des travailleuses, à rallier les plus avancés, à isoler et faire isoler les positions les plus retardées.

    Pour le moment, personne n’a pu trouver de recette miracle contre la déviation opportuniste et le révisionnisme. Ni Hoxha, dont le régime ne survit pas à sa mort, ni Mao Zedong, ni aucune organisation qui s’en inspire. Il ne peut y avoir que des pistes de réflexion, des conseils, des pratiques qui ont permis de lutter contre celui-ci. Mais ni les organisations puristes et concentriques, ni les organisations souples et ouvertes n’ont réussi à trouver une solution miracle. Elle n’existe pas, surtout, elle n’est pas dans les verrous bureaucratiques.

    Nous pensons que seule la liaison constante, humble, avec les masses, peut permettre de lutter contre ces tendances à la présomption, à l’aventurisme ou, au contraire, au libéralisme.

    Nous pensons que si Mao ou n’importe quel autre grand dirigeant communiste était en vie actuellement, il jugerait avec sévérité le travail réalisé en France. Il nous conseillerait certainement de jeter le folklore par-dessus bord et de travailler vers les masses, de nous mettre à leur école, au lieu de superposer des conceptions mal maîtrisées, coupées de la réalité de la lutte des classes.

    Nous pensons qu’il faut nous rappeler que ce sont les masses populaires, les ouvriers et ouvrières, les prolétaires qui font la révolution en pratique, qui effectuent la transformation des rapports de production et des rapports sociaux. L’organisation est là pour servir le peuple, non fétichiser des grands dogmes. Les masses sont les véritables héros, écrivait Mao.

    Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes, nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d acquérir les connaissances même les plus élémentaires. «Préface et postface aux Enquêtes à la campagne» (Mars et avril 1941)

    C’est pour cela que nous invitons largement à travailler ensemble, conjointement, à l’élaboration du futur parti communiste révolutionnaire, synthèse des expériences du mouvement ouvrier, synthèse des expériences du mouvement révolutionnaire international. Nous voulons qu’il soit le creuset dans lequel le meilleur de ces expériences pourra servir à forger l’outil de la victoire.

  • ICOR : Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    ICOR : Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    Depuis mai, le personnel de Shenzhen Jiashi Technology/Chine luttent pour le droit de fondre un propre syndicat afin de pouvoir mener, de manière organisée, la résistance contre l’exploitation et l’oppression. Les ouvriers ne veulent pas accepter que le groupe impose au personnel des heures supplémentaires et des réductions de salaire comme mesures punitives arbitraires. Ils sont en train de construire un syndicat indépendant à l’intérieur de l’entreprise parce que la fédération syndicale proche du gouvernement leur a mis depuis des bâtons dans les roues.

    Actuellement, la direction et la police ont adopté une approche brutale et impitoyable. Les activistes sont battus, licenciés, jetés en prison – voire même kidnappés dans des endroits inconnus. Les membres de la famille et ceux qui les soutiennent sont également touchés par la répression.

    Mais les ouvriers de Jiashi ne se laissent pas intimider. Leur lutte rencontre de la solidarité dans le pays entier. Depuis un certain temps déjà, les dirigeant-e-s des luttes ont découvert et dénoncé les conditions de travail, ruinant la vie et la santé, dans les secteurs de la haute technologie et de l’automobile. Les sympathisants viennent à Shenzhen pour soutenir la lutte directement sur place, p. e. par des manifestations de protestation devant le commissariat de police local pour la libération des détenus. Mais dans d’autres villes de la Chine, il y a également des actions de solidarité. Avec des portraits de Mao Zedong, des vétérans de la Révolution culturelle rappellent une Chine où les ouvriers étaient les maîtres des usines et où l’homme était au centre.

    Apparemment, les dirigeants en Chine craignent le pouvoir organisé de façon indépendante du mouvement ouvrier en conjonction avec la pensée Mao Zedong et que la revendication de syndicats indépendants ne crée un précédent. Depuis des mois, une vague de grèves coordonnées à l’échelle supra-régionale prend de l’ampleur. C’est pourquoi les ouvriers de Jiashi représentent aussi beaucoup d’autres ouvriers !

    Au plan mondial se développe une vague de solidarité. Les ouvriers de Jiashi ne sont pas seuls ! Le besoin d’organisation ne peut pas être supprimé de façon permanente dans la classe ouvrière. Les activistes de Jiashi font connaître leur lutte sur Internet et demandent aussi un soutien international. Dans une vidéo particulièrement émouvante, plusieurs représentants chantent avec détermination l’« Internationale ».

    L’ICOR déclare son soutien à cette lutte intrépide et appelle toutes les organisations membres à organiser la solidarité. Des messages de solidarité peuvent être adressés à coordinationint@yahoo.co.uk pour l’envoi et la publication; l’état actuel peut être vu sous www.icor.info.

    Nous exigeons

    • la libération immédiate de tous les ouvriers, étudiants et autres sympathisants de la lutte des ouvriers de Jiashi !

    • Nous soutenons le droit à des syndicats indépendants !

    • Vive l’unité ouvrière internationale !

    Signataires (en date du 10/10.2018, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. RCP Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)

    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    3. SDP Social Democratic Party (Parti social-démocrate), Kenya

    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    9. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Marxist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste))

    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))

    11. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    12. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    13. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    14. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    15. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    16. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    17. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    18. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    19. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    20. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    21. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    22. PC/ML Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)

    23. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    24. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    25. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    26. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  • Solidarité avec les travailleurs de l’usine Jiashi – Shenzen !

    Solidarité avec les travailleurs de l’usine Jiashi – Shenzen !

    Les fondateurs de syndicats arrêtés et torturés en Chine demandent votre soutien !

    Par l’observatoire du travail en Chine, Jiashi, le 13 aout 2018.

    Chers amis,

    Nous sommes un groupe chinois d’extrême-gauche se concentrant principalement sur les mouvements des travailleurs en Chine continentale et nous sommes face à une situation dont nous devons vous informer. Plus de 30 travailleurs et étudiants, incluant des fondateurs de syndicats, les membres de leur famille et leurs soutiens sont détenus depuis le 27 juillet et nous vous envoyons se rapport à propos de leur lutte. Pourriez-vous, s’il vous plaît, le transmettre à vos médias et encourager vos amis à disséminer ces nouvelles ? Merci d’avance !

    Shenzhen Jiashi Technology Company Ltd, est une compagnie listée parmi celles qui imposent à leurs employés des heures supplémentaires, des amendes illégales, une demi-journée de repos par mois -où les employés sont forcés de faire du jogging avec leur patron. Elle ne paie pas les fonds d’aide au logement pour les employés et révèle des informations sur les syndicalistes aux autres entreprises pour pratiquer un blacklisting envers eux.

    [NdT : le système syndical chinois de la Chine révisionniste a opté pour une organisation syndicale à l’image de celle que défendait Trotski contre Lénine et Staline. Des syndicats qui sont directement sous la commande du Parti et, donc, de fait, de la bourgeoisie locale. Elles ont leurs ramification et leurs comités de districts, mais aussi de « rues »]

    En mai 2018, plusieurs représentants du personnel se sont rendus au siège du syndicat « officiel » du district avec une lettre commune de la part des travailleurs de Jiashi, se plaignant des pratiques illégales de l’entreprise et espérant qu’ils pourraient organiser leur propre section syndicale dans l’entreprise. Le vice-président de Fédération des Syndicats du District avait alors déclaré que les syndicats pourraient s’organiser par eux-mêmes. Le 7 juin 2018, ces employés ont alors soumis une demande pour organiser leur section syndicale à la Fédération du District et à ses sous-sections de rue. Les officiels ont déclarés que les représentants du personnel pourraient recruter par eux-mêmes leurs propres adhérents. Sous la direction du District, les représentants ont préparé un « questionnaire sur la volonté de rejoindre le syndicat de Jiashi » et 89 employés ont signé pour le rejoindre. Cependant, le 12 juillet 2018, le vice-président du District et quatre autres représentants officiels, conjointement avec le député-manager général et les managers du département ont blâmé le représentant du personnel Mi Jiuping. Le vice-président du District, qui avait approuvé la demande un mois auparavant, a soudain viré de bord et s’est montré hostile. Il a déclaré qu’il était illégal pour les travailleurs de Jihashi d’établir un syndicat.

    Le 16 juillet, Liu Penghua, un autre représentant des travailleurs, a été muté de manière délibérée dans un autre site, sans la moindre raison. Il y a été battu immédiatement par deux hommes non-identifiés, lesquels ont pu quitter par la suite le site sans la moindre intervention ! Les travailleurs ont appelé la police, laquelle a ignoré les blessures de Liu Penghua et lui ont, a la place, demandé de négocier avec l’entreprise. Liu Penghua a été détenu par la police pendant 12 heures, avec ses camarades l’attendant devant le poste de police et le soutenant.

    Le 18 juillet, le représentant Mi Jiuping a également été chargé d’une tâche étrange par l’usine. Le chef de section du syndicat, Xie, a demandé a Mi d’écrire une déclaration selon laquelle la tentative de création du syndicat n’était nullement en relation avec le District. Mi a refusé fermement. L’après-midi, Mi a reçu un ordre de transfert de son poste de travail, lequel prenait effet immédiatement. Alors que Mi avait exprimé son désaccord avec cette soudaine décision, l’usine ordonnait aux gardes de sécurité de le jeter en dehors de celle-ci. Un collègue, Yao a également été menacé et frappé par le superviseur, alors qu’il essayait d’aider Mi. Dans la soirée, Mi et Yao ont été illégalement renvoyés.

    Le 20 juillet, Mi Jiuping et Liu Penghua sont arrivés à l’usine à 7h40 du matin et ont voulu travailler normalement, mais ont été agressivement bloqués par les gardes de la sécurité et refoulés de l’usine. Aux alentours de 10h30, des officiers de police sont arrivés et ont frappé de nouveau Mi et Liu, tout en laissant les gardes, qui étaient les agresseurs, partir.

    Plus de 20 collègues travailleurs sont arrivés au commissariat pour réclamer leur libération et ont été traînés dans le poste de police par un groupe d’officiers lourdement armés, avant d’être passés à tabac et détenus pendant 24h.

    Le 26 juillet, plusieurs travailleurs ont été battus par les gardes de sécurité de l’usine une nouvelle fois. Ils ont été dépouillés de leurs téléphones portables, dans lesquels ils auraient pu enregistrer des preuves des actions illégales de la compagnie, selon les managers. A son arrivée, la police a averti les travailleurs qu’ils devaient obéir aux ordres, laissant les agresseurs impunis une nouvelle fois.

    Les fondateurs du syndicat et leurs soutiens arrêtés par la police !

    Le jour suivant, l’usine de Jiashi a interdit les représentants du personnel et les autre militant pour les libertés individuelles. Elle les ont remis au commissariat de police local. Leurs collègues de travail qui sont venu demander leur libération ont été arrêtés eux-aussi. Dans la soirée, la police s’est même introduite dans les maisons des représentants du personnel Liu Penghua et Guang Hengshu et se sont saisis de leurs familles. Un total de 30 personnes, incluant les fondateurs, les familles et les soutiens ont été placés en détention.

    A la date du 13 aout 2018, ils sont toujours détenus, ce qui a attiré l’attention du pays entier. Des individus de tous vents ont écrit des lettres ouvertes aux supérieurs du poste de police de Yanziling et au gouvernement de Shenzhen, exigeant le libération immédiate des détenus et une investigation sérieuse sur les activités illégales de la compagnie de Jiashi et de la police locale.

    Nous faisons appel à la solidarité internationale pour que les autorités locales les relâchent aussi tôt que possible. Mais également pour que les camarades et amis étrangers à qui la cause des travailleurs de Chine tiennent à cœur puissent savoir que les travailleurs Chinois, avec une conscience de classe toujours plus aiguisée, ne cesseront jamais leur combat !

    Longue vie à l’internationalisme !

    Salut rouge !

    Message de solidarité aux travailleurs militants à Jiashi Technologies à Shenzen et à leurs soutiens. – ICOR

    ICOR – Principale coordinatrice – 28 aout 2018

    Chers collègues,

    En tant que coordinatrice principale de l’organisation révolutionnaire mondiale ICOR (International Coordination of Revolutionnary Parties and Organizations), rassemblant plus de 50 organisations membres sur quatre continents, je vous assure un soutien intégral pour votre lutte néscessaire. La classe ouvrière doit avoir le droit de s’organiser indépendamment dans le but de déployer toute sa force. Cela inclut le droit de former des syndicats démocratiques autonomes, comme organisations de combat.

    Vous bénéficiez d’un soutien massif de la part des étudiants et des individus progressistes en Chine et dans le monde entier, qui défendent toujours les idéaux de Mao Zedong. Les travailleurs et tous les individus progressistes, révolutionnaires, du monde entier ont les yeux tournés vers vous. Ils voient dans votre lutte le courage et la détermination. Ils le voient avec respect et solidarité. Vous avez montré que vous ne vous laissez pas intimider par la répression de la part du management de votre compagnie, de l’appareil d’État et des représentants réactionnaires du syndicat officiel.

    Nous ferons tout notre possible pour que votre lutte soit connue et organiser la solidarité !

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Leur légalité et la notre.

                    La bourgeoisie joue une jeu hypocrite. Elle se targue de présenter un modèle neutre, équitable, juste et démocratique. Elle se targue de mettre en avant des valeurs universelles, de traiter d’une manière égale en poids chaque individu. « Les faits sont têtus » écrivait Lénine. Et les faits illustrent chaque jour l’étendue de ce mensonge. La société capitaliste est une implacable machinerie à inégalité et à discrimination. Non seulement elle les reproduit, dans l’école « républicaine », mais elle les accentue. Elle creuse le fossé immense entre le prolétariat et la bourgeoisie, elle le rend insondable. La captation sans cesse croissante des richesse, la spoliation toujours plus forte, tout ceci contribue à concrétiser la tendance à la paupérisation, non seulement relative, mais également absolue. La bourgeoisie est toujours plus riche, tandis que le prolétariat est s’appauvri, en particulier dans les pays dominés par l’impérialisme.

                    La bourgeoisie dit que le jeu fonctionne ainsi, que les courageux et les courageuses, les entreprenants et entreprenantes, sont récompensés. Elle clame que chacun reçoit son dû, que les dés ne sont pas pipés. Elle clame également que le prolétariat, si il parvient à gagner les élections, pourra faire le monde comme il le souhaite. En somme, elle se prétend fair play. Pourtant rien n’est plus faux.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Elle a conçu l’Etat bourgeois comme un outil au service de sa domination, au service de son ordre, au service de ses intérêts de classe. La loi est avec elle, la force est avec elle. Elle en détient le monopole, tout en prétendant que ce n’est pas le cas. Dans les faits, croire naïvement que la bourgeoisie peut se laisser retirer ses privilèges sans se lancer dans la guerre est une illusion terrible. La bourgeoisie se moque de la présomption d’innocence. Elle se moque de la rétroactivité des lois. Elle se moque des vices de procédure et des nullités. Elle applique intégralement l’adage du si vis pacem, para bellum pour défendre ses intérêts supérieurs de classe. L’Histoire illustre que le sang coule quand les masses se révoltent. Ceux et celles qui pensent que cet Etat se conquiert de l’intérieur, par la réforme, sont condamnés à échouer ou a trahir.

    Lénine écrivait : « Nous » disons donc à la bourgeoisie: Vous, exploiteurs et hypocrites, vous parlez de démocratie alors qu’à chaque pas vous dressez des milliers d’obstacles pour empêcher les classes opprimées de participer à la vie politique. Nous vous prenons au mot, et afin de préparer les masses à la révolution, pour vous renverser, vous autres exploiteurs, nous demandons, dans l’intérêt de ces masses, que votre démocratie bourgeoise soit élargie.

    Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

                    Nous ne sommes pas des hypocrites. Nous actons le fait que la lutte des classes est le moteur de l’histoire. Les institutions ne sont pas neutres, les lois, les systèmes de pouvoir non plus. Nous actons que l’Etat a un contenu de classe. Nous actons également que la bourgeoisie se rebellera, frappera, tuera. Notre légalité n’est pas une neutralité fausse, mais une légalité de lutte des classes aigüe. La légalité de la dictature du prolétariat est une légalité complexe. Elle n’est pas celle d’une forteresse coupée du monde, fonctionnant en autarcie complète, hors de tout danger, comme le présentent les « historiens » du Livre Noir. Elle est une légalité qui doit être adaptée à la situation de lutte des classes forte et accrue au sein de l’Etat prolétarien, mais également en situation de guerre avec l’impérialisme mondial et avec les bourgeoisies dans leur ensemble.

                    Les rapports ont parfois été pacifiques, parfois brutaux entre les Etats prolétariens et leurs bourgeoisies. Mais à chaque pas que franchit la construction et l’affirmation du socialisme, les différentes fractions de la bourgeoisie ont senti progressivement le sol se dérober sous leurs pieds. Leur rôle social, lié à leur maîtrise de certaines fonctions, de certaines expertises, de certains savoirs, s’est peu à peu effrité, avec l’élévation générale du degré de formation des masses. Contrairement à ce que pensaient une grande partie des marxistes, cela n’a pas contribué à assagir ces cliques, mais à les jeter, au contraire, dans la lutte à corps perdu.

                    L’histoire bourgeoise, là encore, triche. Elle représente les opposants au pouvoir socialiste comme des démocrates défendant les droits de l’Homme, comme de sympathiques individus ayant foi dans une voie meilleure, plus juste, plus humaine. Chez l’intégralité des forces anticommunistes, de « gauche », comme de droite, il réside un consensus sur cette question. Surfant sur la sympathie spontanée qu’il est possible d’avoir pour les opprimés, la bourgeoisie a réussi à faire passer des fascistes, des théocrates, des bourgeois pour des victimes innocentes. Il n’est pas rare de trouver des ouvrages d’extrême-droite sur l’URSS ou la Chine dans les librairies libertaires. Pourtant, c’est mal comprendre les buts que se fixaient ces opposants -restauration du tsarisme, du capitalisme, instauration du fascisme…- et les moyens qu’ils et qu’elles mettaient en œuvre :  assassinats et terrorisme.

                    Lorsque plusieurs personnages centraux de l’URSS étaient assassinés, empoisonnés, avaient des accidents étranges, quand des mines de charbon explosent ou que des barrages menacent de s’effondrer, quand les opposants font front avec les Japonais pour ravager la Chine, le temps n’est plus à la discussion.

                    Les Etats socialistes ont eu à faire face à cette véritable guerre secrète menée par la bourgeoisie et ses alliés et tout était à découvrir. Les partis communistes et les masses ont expérimenté différentes manières de faire, d’avancer pour résoudre ces conflits, pour mettre fin aux tentatives de restauration faites par les vieilles classes possédantes, tout comme en avançant pour saper les bases matérielles de l’apparition de nouvelles classes bourgeoises. Les « historiens » présentent cela comme une société en guerre ouverte et constante.

                    La vérité est que la bourgeoisie profite de chaque interstice pour pouvoir avancer ses pions et briser les tentatives du prolétariat pour se libérer de l’exploitation. Chaque relâchement, chaque ralentissement de la lutte a des conséquences terribles. Lorsque, en URSS, à l’approche de la guerre, le Parti Communiste a voulu tempérer la lutte des classes aigüe pour faire bloc contre la menaces fasciste, la bourgeoisie, les droitiers, les défaitistes, les liquidateurs ont saisi l’opportunité pour frapper. Djerzinski (1917-1926) et Menjinski (1926-1934) avaient, en tant que dirigeants de la sûreté, agi avec discernement et efficacité, leurs successeurs, choisis parmi les modérés, se sont avérés des dangers complets : Iadoga (1934-1936) et Iéjov (1936-1938) . Cette modération fut justement leur faiblesse la plus grande. Elle les a rendu vulnérables à deux maux terribles : la compromission et le traitement bureaucratique des questions. Les deux se sont rendus coupables de collusion avec certaines franges de la bourgeoisie, tandis que le dernier appliqua mécaniquement une répression imbécile, avec une politique de quotas. Ils le payèrent de leur vie l’un et l’autre.

                    A la suite de cette période, il y eu une oscillation dans l’autre sens, rendue nécessaire par l’intenable situation dans laquelle l’URSS s’était retrouvée, du fait des activités de ces agents doubles. Elle vit l’arrivée de Béria (1938-1953), lequel était un individu d’une fiabilité douteuse, mais étant l’opposé complet des précédents. Issu d’un milieu d’une pauvreté affreuse, aventurier détestant la bureaucratie -au début- il a été le fer de lance, avec Vychinski, d’une réponse radicale aux menaces intérieures. La militarisation progressive du NKVD, le commissariat du peuple aux affaires de l’intérieur, notamment avec la création du SMERSH sous la férule de Abakoumov, illustra une nouvelle dérive, laquelle joua un rôle dans l’arrivée au pouvoir de la droite du PC(b)US en 1956, devenant même un outil de répression contre les Léninistes.

                    Ayant observé cette situation, les proches de Mao ont essayé une voie autre, jouant principalement sur la mobilisation des masses contre les dérives et contre les abus qui pouvaient avoir lieu, se fiant à elles pour déceler et détruire les menaces intérieures. Cette voie a culminé avec la Grande Révolution Culturelle, laquelle devait balayer la poussière de l’ancien monde. Ce mouvement de masse représentait une autre expérimentation, avec des caractéristiques de démocratie jamais vues avant dans le traitement des questions politiques, avec une prise directe des masses populaires sur la question du pouvoir et de la direction politique. Seulement, cette expérimentation n’était pas parfaite non plus, et des faiblesses sont apparues : augmentation du pouvoir de l’armée, déstructuration du Parti Communiste Chinois, épuisement de l’énergie populaire sur le long terme… Si les jugements populaires et les Dazibaos ont été des avancées incontournable dans la démocratie au sein des masses, ils n’étaient pas parfaits non plus.

            Pourtant. Pourtant l’intégralité des systèmes socialistes ont misé sur le fait de réhabiliter, de réintégrer celles et ceux qui avaient pris le chemin de la lutte contre le socialisme. Hormis dans les moments de crise, où la justice d’exception s’est appliquée, le choix fut celui de laisser une possibilité de s’amender et de progresser, y compris aux vielles classes possédantes. Les régimes socialistes ne sont pas le régime nazi, où la seule porte de sortie est la mort. Nombre d’individus ayant commis des fautes ont purgé une peine, ont travaillé puis ont été libérés et ont réintégré la société. Le but de la répression est invariablement resté leur neutralisation, tandis que le but du système carcéral est resté invariablement la réhabilitation par un travail en commun, utile et productif. Mais pour la bourgeoisie, le fait de travailler de ses mains, d’être au service du peuple, de passer 6 mois dans une commune populaire, rien n’est plus insupportable.

                    Il n’existe pas de solution idéale. Nombre de courants politiques buttent sur cette question, préférant ne rien dire, ne rien faire, plutôt que de prendre le risque de faire quelque chose qui ne soit pas la perfection incarnée. Ils rejettent intégralement les expériences socialistes sur la base  de questions de principe, sans comprendre à quoi ils et elles seront confrontés lorsque la révolution sera autre chose qu’une idée.

                    Nous ne sommes pas aveuglés par les mensonges de la bourgeoisie. Sa démocratie est une démocratie confinée, qui maquille misérablement une dictature de classe, injuste, impitoyable, sanguinaire. Deux mondes se côtoient, l’un celui des exploiteurs, l’autre celui des exploités. Il n’existe nul consensus possible de l’un vers l’autre, nulle loi commune. Il n’existe que la lutte.

                    Gagner cette lutte passe par le fait d’acter que des justices d’exception, des justices de guerre sont inévitable. Mais que cette étape, ce chemin difficile, est la voie unique vers l’abolition des inégalités de classe, vers la réalisation d’une société dont la guerre aura été extirpée. Une société juste. Une société communiste.   

  • Hommage à Ernesto Che Guevara – Partie finale & Discours d’Alger (1965)

    Hommage à Ernesto Che Guevara – Partie finale & Discours d’Alger (1965)

    Hommage à Ernesto Che Guevara – Partie finale

    &

    Discours d’Alger (1965)

    Même si, chronologiquement parlant, le message à la tricontinentale est postérieur au discours d’Alger, nous avons choisi d’intégrer celui-ci à cette dernière partie. Le texte est un discours particulièrement illustratif, particulièrement enrichissant sur la pensée politique de Ernesto Che Guevara. 

     

    A la mort du Che, un curieux culte s’est développé. Des centaines de personnes sont venus voir son corps dans l’hôpital, où il est exposé.  Ainsi, l’attitude christique du corps, mêlé aux conceptions de la théologie de la libération, font que de nombreuses nonnes de l’hôpital coupent des mèches de cheveux, comme des reliques. Il se créé un culte fascinant, autour de légendes telles que  San Ernesto de La Higuera et El Cristo de Vallegrande, parlant d’un réveil de celui-ci, se relevant d’entre les morts.

    Ce curieux épilogue, faisant du Che un saint de certaines sectes catholiques, n’est pas sans évoquer ces curieuses icônes orthodoxes ou arméniennes, représentant Staline en saint auréolé.

    Si cela est révélateur d’une certaine perception du rôle de ces deux personnages, par une partie des masses, ces aspects nous intéressent moins que l’héritage idéologique et politique qu’ils peuvent laisser.

    Le Che a déclenché un engouement que nous avons déjà souligné en introduction de cet hommage. Il a illustré l’enthousiasme combatif, l’envie de combattre, l’abnégation, le don de soi. Ces qualités -très aisément intégrables à une imagerie chrétienne et romantique du martyr- ont fait et font toujours du Che un symbole de la jeunesse révoltée.

    Il reste l’image de l’homme d’action, l’image du vadrouilleur, de l’infatigable combattant  contre la misère. L’image, aussi, du médecin fidèle à son serment, qui, lorsque capturé, proposa de soigner les soldats blessés de l’ennemi. Celui qui écrivit, dans le Socialisme et l’Homme à Cuba « Tous les jours, il faut lutter pour que cet amour de l’humanité vivante se transforme en gestes concrets, en gestes qui servent d’exemple et qui mobilisent » .

    Mais la pensée politique du Che, qu’en est-il ?

    Trop souvent réduit à une imagerie, à un simple symbole, le Che a été victime de la foire d’empoigne qu’opèrent les opportunistes sur tout ce qu’ils peuvent capter, récupérer, intégrer à leur construction idéologique pourrie et instable. Une nouvelle fois, nous pensons aux anticommunistes, aux trotskistes, aux révisionnistes, chacun essayant de faire du Che « un d’entre eux. » Ironie de la chose, nul doute que Ernesto Guevara n’aurait pas hésité à en fusiller certains. Mais le flou bénéficie toujours à l’opportunisme.

    Or, le « guévarisme », si il est possible de parler ainsi, a été défini, notamment en collaboration avec le français Régis Debray, son compagnon de lutte en Bolivie, sous un concept : le foquisme. Ce foquisme est ce qui démarque, au final, la pensée guévariste du léninisme, idéologie pourtant à laquelle le Che se rattachait.

    Dans La guerre de guérilla, écrit en 1961, Che Guevara expose certaines bases de sa conception politico-militaire et se conception stratégique. Régis Debray, de son côté, synthétise son expérience dans Révolution dans la révolution en 1967. Il est difficile de faire, dans cet ouvrage, la part des choses entre ce qui est du domaine de la conception de Debray lui-même et ce qui provient du Che. Toujours est-il que des recoupements peuvent être faits.

    Contrairement à la thèse défendue par de nombreux anticommunistes, le Che ne s’est pas élevé contre un hypothétique Thermidor stalinien, mais s’inscrit dans la droite ligne de la pensée léniniste. Sa brouille avec l’URSS, qui sert souvent d’argument, est une brouille avec la ligne de l’URSS d’après 1956, sociale-impérialiste, restauratrice de l’économie de marché, liquidatrice de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat. Il lui est ainsi attribué la déclaration suivante : « Celui qui n’a pas lu les quatorze tomes des écrits de Staline ne peut pas se considérer comme tout à fait communiste. » (cité dans le N°720 du magazine Historia, 2006)

    Pourtant, il est hasardeux d’en faire un maoïste. Si sa pensée politique et sa compréhension de la situation internationale le rapproche de la Chine Populaire ; s’il ne fait nul doute que la Révolution Culturelle a certainement eu un écho favorable chez lui ; si la guérilla, comme pour Mao Zedong, est au centre de la question de la conquête du pouvoir, des différences inconciliables demeurent.

    La question du Parti forme cette barrière, et derrière elle, la question de la stratégie générale.

    Dans sa conception des choses, la guérilla armée est l’alpha de la lutte. Autour de focos, des foyers, la lutte armée est l’outil qui agrège les forces. Contrairement à l’expérience chinoise, qui s’est appuyée sur la paysannerie pauvre par nécessité et pour être loin des citadelles de l’impérialisme, tout en maintenant la classe ouvrière au centre de son projet, les focos basent leur stratégie sur les campagnes.

    La satisfaction des revendications de la paysannerie pauvre et des campagnes devient le stimulant principal de la lutte. Elle doit permettre à la guérilla de s’assurer un soutien, de développer des foyers [d’où son nom] de combat les plus nombreux possibles, pour forcer l’ennemi à se disperser. L’idée est de faire tâche d’huile et d’engranger des forces pour passer de la petite guérilla à la grande guérilla, puis de celle-ci à l’offensive victorieuse.

    Dans les faits, des failles terribles condamnaient l’expérience.

    La principale faiblesse de la pensée du Che est d’avoir sous-estimé la nécessité de l’organisation, du besoin du parti, de son rôle d’Etat-major de la classe ouvrière ainsi que des classes opprimées.

    D’une part car, dans le combat, le Parti Communiste ne fait pas que des tâches liées à la guerre contre les forces de l’impérialisme. Il mène un travail légal ou illégal, clandestin ou affiché, au travers de ses relais ou directement, dans le but de mobiliser et d’organiser les masses. Il mène une lutte sur plusieurs fronts. En se limitant au seul secteur de la guerre, les foquistes n’ont pas marché sur leurs deux jambes.

    D’autre part car le Parti Communiste est un roc, un bastion, une forteresse. Il est cette digue qui permet de résister au reflux du mouvement de masse, de survivre aux défaites, de tenir face à l’adversité. La guérilla du Che se basait sur un volontarisme certes louable, mais terriblement vulnérable. Lorsque, face aux difficultés, les soutiens se sont taris, les portes se sont fermées, les groupes guévaristes et foquistes se sont étiolés, se sont disloqués. Cette faiblesse ne s’est pas avérée trop criante dans la conduite des opérations, car, alors, les USA ne donnaient qu’un appui modéré au régime de Batista. Elle ne s’est pas avéré trop visible dans un cadre où le mouvement communiste international était au zénith. Après la déstalinisation, après la rupture sino-soviétique, dans un contexte où les USA imposaient une pression terrible sur l’Amérique du Sud, les chances de succès se sont avérés moindres et, pour finir, nulles.

    La question du Parti Communiste à Cuba s’est elle aussi montrée problématique, mais d’une manière peu visible. La construction du socialisme s’est émaillée de difficultés lorsque le Che géra le portefeuille de l’économie, difficultés reflétant les questions terribles et cruciales de « comment construire le socialisme dans une île en sous-développement » . Après son départ de ce poste, elle ne fut plus réellement posée. De fait, l’URSS dictait le développement économique de celle-ci, pour l’inclure dans la satellisation social-impérialiste.

    Il ne fait pas de doute que Che Guevara ait voulu développer le socialisme, il ne fait pas de doute quant à sa sincérité. Cette satellisation est ce qui signa l’arrêt de mort du développement plein et entier du socialisme à Cuba.

    Le Che s’est montré d’une hostilité complète envers les théories économiques de la direction Khrouchtchévienne et de ses successeurs Brejneviens, de même qu’envers leur politique de coexistence pacifique avec l’impérialisme et la bourgeoisie. Seulement, dans le schisme entre révisionnisme et léninisme, entre URSS, Chine et Albanie, Cuba avait-elle les moyens de choisir ? Encerclée, l’île dépendait de l’aide de l’Union Soviétique. Entre choisir celle-ci et se lancer aux côtés de la Chine, le pragmatisme avait primé.

    Toujours est-il que l’absence de véritable débat idéologique a précipité cette issue. Elle a permis aux lignes les plus droitières de triompher de manière quasiment systématique. Au final, le Che s’est retrouvé acculé au départ, car devenant gênant pour la direction du Parti Unifié de la Révolution Socialiste Cubaine (PURSC) fondé en 1962. Ce dernier ne prend le nom de PCC que lorsque les dès furent déjà joués. L’île resterait fidèle à Moscou.

    Malgré cela, Cuba a vécu et, malgré sa situation, Cuba présente une face de succès.

    Malgré ses échecs à la fin de sa vie, le Che est demeuré le symbole de la révolution cubaine, de la volonté de libération des peuples opprimés, et il a laissé derrière lui un héritage qui marque encore profondément la société de Cuba. Celui-ci disait que « la société doit devenir une grande école ». Une déclaration qui trouve encore aujourd’hui son application concrète, avec l’un des meilleurs systèmes éducatifs du monde. Le Che condamnait l’individualisme, chaque individu devant participer collectivement à la construction de la société socialiste. Il montrait lui même l’exemple par une vie sobre, et par sa participation hebdomadaire au travail volontaire dans les usines.

    Cet esprit existe encore aujourd’hui dans le cœur des cubains, dont le travail bénévole a permis de grandement limiter les dégâts laissés, récemment, par l’ouragan Irma. Un Hors de ses frontières, Cuba est le seul exportateur de médecins du monde, que le secrétaire général aux Nations Unies Ban Ki Moon décrivait ainsi : « ce sont toujours les premiers arrivés et ce sont les derniers à partir. Ils restent sur place après les crises. Cuba peut montrer au monde entier son système de santé, un modèle pour beaucoup de pays ».

    Aujourd’hui, nous rendons hommage à un homme qui, guidé par la théorie marxiste-léniniste, a voué sa vie à la cause révolutionnaire. Son altruisme, son courage, son sens du sacrifice et son désir de justice doivent être pour nous une source d’inspiration !

    Ernesto Che Guevara fait partie aujourd’hui du panthéon des martyrs de la révolution.

    Che Guevara reste aussi une icône, une icône qui contient une part de réussite, une part d’échecs et d’insuffisances.

    Il serait aisé de ne garder que les dernières par désir de pulvériser un « mythe » de plus. C’est là être faire preuve d’une bien piètre camaraderie et transformer la critique en entreprise de démolition.

    Ce n’est nullement notre vocation. Nous considérons qu’il est important de critiquer les insuffisances théoriques, politiques, pratiques et humaines, mais qu’il est tout aussi essentiel d’être capable de tirer des enseignements de ces expériences. Nous nous nourrissons autant des succès que des échecs de notre histoire et de notre mouvement.

    C’est en cela que les mythes doivent tomber, non pour démolir, mais bien pour dégager la vérité et les éléments pertinents d’une existence.

    Dans ce cadre, Che Guevara était un camarade. Il fut un soldat de le révolution prolétarienne. Ni un saint, ni un démon, mais bien juste un homme.

    Cet homme est mort sous les balles de l’ennemi.

    Mais l’œuvre, l’œuvre vit toujours et existera tant qu’elle sera étudiée. Elle n’appartient plus au Che seul, elle appartient à l’humanité.

    « Le présent est fait de lutte ; l’avenir nous appartient ».

  • Halte à la campagne de propagande de guerre contre la Corée du Nord.

    Halte à la campagne de propagande de guerre contre la Corée du Nord.

    Halte à la campagne de propagande de guerre contre la Corée du Nord.

    Quelle menace peut bien représenter la Corée du Nord pour la paix mondiale ? Il faudrait qu’elle soit pourtant immense pour justifier que chaque semaine, chaque jour, de nouveaux articles de presse, de nouveaux discours qui la ciblent comme l’ennemi à abattre.  Jours après jours les appels à attaquer ce pays se multiplient, tout comme nombre d’articles soulignant sa terrible dangerosité.

    Certes jours derniers, la Corée du Nord a notamment annoncé avoir procédé à un nouvel essai nucléaire, celui d’une bombe à hydrogène. Cet essaie entrainant une série de nouveaux appels à sanctions, notamment de la part du dirigeant US Donald Trump. Celui-ci, d’après les analystes de l’IRIS [Institut de Recherche et d’Initiative Stratégique] n’exclurait pas une utilisation de frappes « chirurgicales » et un recours à la force armée, option déjà envisagée à plusieurs reprises.

    Son dirigeant, son arsenal nucléaire, ses forces conventionnelles, ses hackers semblent autant d’épées de Damoclès au dessus d’un monde présenté comme en paix. Elle est régulièrement, dans les films (The interview) ; dans les jeux vidéos (Crysis) montrée comme un monstre agressif et criminel.

    Cette campagne pour attaquer la Corée du Nord serait, dans le fond, une croisade pour l’humanité, pour l’humanitaire, pour la démocratie, pour la paix et pour l’amour et la fraternité entre les peuples. Une croisade orchestrée au premier chef par des individus magnifiques, des paladins de la paix, tels Donald Trump et Emmanuel Macron.

    Et cela marche. Cela marche même particulièrement bien, puisque même des opposants virulents à ces cliques sont prêts à marcher en première ligne pour écraser -de nouveau- Pyongyang sous les bombes. Ils peignent d’ores et déjà Kim Jong-Un en nouvel Hitler et rêvent de le massacrer.

    Que les choses soient claires, il ne s’agit pas pour nous de porter aux nues le Juche, de clamer les grandeurs de la direction du Parti du Travail de Corée, ou encore de tresser des couronnes à son dirigeant. Ce n’est pas notre propos. Nous pensons que bien des éléments sont à critiquer sur la situation Nord Coréenne. Nous ne saurions pour autant en faire une critique point par point, car, une nouvelle fois, les éléments et la connaissance précises de la situation manquent.

    Par un paradoxe fascinant, la propagande contre la RPDC dispose d’une portée immense. Y compris dans les rangs des forces de gauche, parmi même un grand nombre de révolutionnaires déclarés. Celles et ceux qui, dans les déclarations des capitalistes, sont capables de voir ce qui relève de la propagande, ici, voient leur esprit si critique anesthésié quant le sujet vient à la Corée. Tout comme sur l’URSS, sur la Chine populaire ou sur l’Albanie, un deux poids deux mesures est fait. Ainsi, tout est cru, tant que cela frappe le pays.

    Les mensonges odieux sont ainsi repris et amplifiés. Les légendes sur la circulation de biographies racontant que Kim Il Sung savait composer des sonates à deux ans, le fait que les Coréens du nord croiraient dans des licornes ou dans des dragons… Toute logique s’efface quand les arguments anticommunistes apparaissent. Equipe de foot fusillées, exécutions au canon de 23mm, tout est permis, sans restriction.

    Cette propagande cherche à présenter la direction de la RPDC comme folle furieuse et inconséquente.

    Pyongyang rasée par les bombardiers US pendant la guerre de Corée.

    Sans soutenir positivement la Corée, nous ne doutons pas que les dirigeants de la Corée du Nord ne sont pas les enfants turbulents, les voyous, prêts à lancer leurs armes nucléaires pour assouvir une fictive volonté de domination mondiale. La guerre, le peuple coréen n’en connaît que trop bien le prix. Les dévastations de la guerre de Corée, fruit de la volonté de partition imposée par les USA, marque encore les esprits. Les bombardements, les armes bactériologiques, les viols commis par les troupes de l’ONU… 4 millions de morts en tout, causés uniquement pour faire barrage à la lame de fond révolutionnaire et anti-impérialiste, entre 1950 et 1953.

    Nul doute que le gouvernement nord-coréen n’est pas la seigneurie de la guerre qu’on nous présente. Nul doute que la politique de sanctuarisation du territoire, qui justifie l’arme atomique, répond à une menace, une pression extérieure. L’armée coréenne n’a pas la force de conquérir la péninsule. Elle n’est qu’une force de sauvegarde, donc le budget étrangle la population et entretient un pléthorique corps d’officiers.

    Un prix a payer pour ne pas être balayé, pour conserver une indépendance politique. Le régime Nord Coréen se débat dans une nasse qui lui a été très majoritairement imposée par un environnement extérieur hostile.

    Depuis les années 50 les pressions contre cet Etat pacifique n’ont pas cessé. La RPDC n’a de revendication territoriale qu’un fond marin, dont le tracé frontalier fut fait à son grand désavantage, elle ne mène pas d’invasion, de bombardements, d’annexion, n’occupe pas d’autres pays, ne pratique pas la politique de la sanction punitive contre les nations jugées turbulentes.

    Dans ce contexte, comment la blâmer de développer l’arme nucléaire ? Après tout, le monopole de la possession de cette arme par les « grands » est la garantie de leur dissuasion. Les « petits » devraient donc être vassalisés pour être protégés ? Est-ce là une leçon de justice, que de refuser les moyens de se protéger à l’agressé ?

    Pourtant, c’est précisément ce qui se déroule sous nos yeux. Et, pour s’être mal comportée, on inflige à sa population les carences, les embargos. On inflige le barrage à celles et ceux qui n’ont d’autres torts que de vouloir se protéger des menaces constantes.

    Certains arguent que les « libérer » du régime leur rendraient service. Que le régime est mauvais et néfaste. Bien que les sources de ces arguments soient partiales et -parfois- ridicules, là n’est, de toute manière, pas la question. Il n’est pas nécessaire d’être un amoureux du régime pour trouver curieux cette campagne. Il n’est pas nécessaire d’être un partisan du Juche pour flairer quelque chose de nauséabond dans cette affaire.

    Depuis quand, sous prétexte que le régime nous déplait, marchons-nous avec les fauteurs de guerre, avec les criminels, avec les éventreurs de villes et les violeurs ? Nous n’acceptons pas une seule bombe impérialiste.

    Combien d’abominables dictatures sanglantes et corrompues existent par delà le monde ? Combien d’entre-elles font passer la Corée du Nord pour un paradis ?

    Elles n’ont pas la faveur des médias un tant soit peu indépendants, elles sont parfois sermonnées par les dirigeants du « monde civilisé »… entre deux signatures de contrats. Elles ne souffrent d’aucunes menaces, d’aucune sanctions. Pourquoi cette incohérence ?

    Pourquoi un régime égalitaire comme la RPDC est il ciblé, tandis que les monarchies obscurantistes du Golfe vivent en paix, tandis les birmans génocident allègrement, avec la complicité du « prix nobel de la paix » Aung San Suu Kyi, soutenue par les agents impérialistes et notamment ceux de la firme Total?

    Les bonnes dictatures collaborent économiquement avec les impérialistes. Certes, certaines font tâche et les exactions commises sont parfois gênantes. Mais tant qu’elles livrent l’or noir, leurs ressources souterraines, tant qu’elles luttent contre les mouvements de libération nationale, elles sont des amies des différents blocs impérialistes. Gare à eux, cependant, de ne pas commettre l’outrecuidance de se croire indépendants !

    La Côte d’Ivroire de Gbagbo était un parangon de vertu pour la France, jusqu’à ce que son gouvernement se décide à signer des contrats avec les chinois. Même chose pour un Kadhafi, invité d’honneur de Sarkozy, à l’époque, par la suite éliminé après avoir ouvert Benghazi aux navires russes. Même chose encore concernant la famille Assad, amie de la France jusqu’à l’alignement sur l’orbite moscovite.

    L’avis sur ces régimes s’est radicalement mué en un temps record, lorsque les laquais n’ont plus aussi bien obéi. Or, l’un des reproches, si ce n’est le plus fondamental fait à la Corée du Nord, c’est bel et bien de laisser son marché intérieur hors de la mondialisation, hors des appétits sournois, c’est bel et bien d’être hors-jeu. Mais c’est bel et bien, et ce, malgré elle, le fait d’être aussi un pivot géopolitique.

    Car, que cherchent les USA à provoquer ainsi l’escalade ?

    1) Effrayer la Chine.

    Fondamentalement, la pression sur la Corée du Nord est une manière de s’attaquer à plus faible que soi, de faire une démonstration de force. Une démonstration de force dirigée indirectement contre la puissance montante de la région, contre le nouvel acteur incontournable : la Chine.

    Trump ne tarit pas d’éloges envers Poutine -pour le moment- mais ne manque pas d’invectiver l’Empire du milieu. Elle est de plus en plus perçue comme une menace stratégique pour la primauté des USA dans le Pacifique, d’autant que près de 90% du commerce mondial circulera dans cet océan d’ici quelques décennies.

    Or la Chine ne restera pas cloîtrée sur son territoire, elle cherche à s’étendre, à investir, à acheter, à vendre. Fatalement, se pose la question des lignes de communication et de leur sécurité. Fatalement se pose la question de la projection de force -à laquelle la Chine tente de répondre par ses commandes de porte-avions. Fatalement, se pose la question de la rivalité, dans un monde plein, entre USA et Chine.

    2) Discipliner la Corée du Sud.

    La chute du régime de Park Chung-Hye et l’élection de Moon Jae-In ne laissent pas les USA indifférents. Ces événements ont suscité très rapidement l’envoi de navires de guerre vers les eaux coréennes. Le passage d’un régime farouchement anti-RPDC à une ligne ouverte au dialogue est loin de faire les affaires des américains.

    La Corée est un des secteurs stratégiques dans la pensée géopolitique américaine. Elle est un des points à tenir coûte que coûte. Cela expliquât notamment l’engagement militaire de la guerre de Corée. Dans l’esprit US, la paix et la réunification de la Corée sont exclus. Ils donneraient naissance à une péninsule trop faible pour jouer un rôle géopolitique fort, entre les deux puissances : Japon et Chine. Dès lors, la Corée serait immanquablement intégrée dans une orbite.

    Celle du Japon est exclue, tant la colère et le ressentiment des coréens contre l’occupation japonaise est vivace. Tant les crimes et les massacres, jamais reconnus, marquent les mémoires.

    Une Corée unifiée deviendrait partie intégrante du dispositif chinois et ferait peser une insupportable menace sur le Japon.

    Bien que le régime de Moon Jae-In soit particulièrement intéressé par les ressources minières et la main d’œuvre de la Corée du Nord, bien qu’il s’agisse là d’appétits économiques voraces, cette volonté de paix est le reflet d’un sincère désire et d’un sentiment qui existe dans la population sud-coréenne. Elle est positive en ce sens là. l’affaiblissement de la chape de plomb dictatoriale délivre le pays.  Même les rumeurs des tabloïds pitoyables, inventant mensonges sur mensonges sur la RPDC ne suffisent pas à créer un sentiment belliqueux chez eux.

    La présence militaire US s’est renforcée, et les essais nucléaires coréens servent de justification à ce renforcement. Les USA, cependant, s’en servent pour maintenir une domination et une occupation sur la péninsule, dans le but de la rattacher de force à leur orbite géopolitique.

    3) Restaurer la domination dans le Pacifique

    Avec le relatif affaiblissement US, le Pacifique menace de ne plus valoir son nom. Le recul de l’influence étasunienne fait émerger des régimes qui ne s’alignent plus avec l’unique polarité possible dans la région depuis 1945.

    Le régime de Duterte, aux Philippines, à ainsi rompu un certains nombre d’accords commerciaux avec les USA, notamment sur le plan militaire. Pourtant, depuis sa conquête en 1898-1899 par les USA, prise aux Espagnols, les Philippines étaient vues comme un des flanc-garde de l’océan Pacifique, véritable oceanus nostrum des USA.

    Même la fidèle Taiwan montre parfois des oscillations inquiétantes, tandis que l’île est un verrou essentiel dans le dispositif de containement américain, toujours actif.

    Le Japon, lui aussi, réarme et se rééquipe. Il se rééquipe face à la montée de la Chine, pour épauler les USA. Mais cette montée en puissance contrôlée et appuyée n’est pas sans évoquer celle du Japon de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, lorsque l’Angleterre le soutint contre la Russie. Pourtant, cela n’a nullement empêché les deux alliés de se retrouver aux prises l’un contre l’autre, lorsque les circonstances changèrent.

    La montée en puissance, militairement, des différents acteurs facilite ces escalades, lesquelles peuvent parfois être aussi explosives qu’un baril de poudre.

    Les communistes n’applaudissent pas les bombardiers impérialistes.

    Dans ce contexte de montée des tensions, les doivent combattre la propagande de guerre impérialiste. Il n’existe nulle raison valable de porter la mort, de porter le feu sur la RPDC. Cette possible escalade doit être combattue. D’autant que si jamais l’Etat français s’invite dans l’affaire, cela ne sera nullement par humanisme, mais bien par un vorace appétit de marchés.

    Nous sommes pour la paix entre les peuples et entre les nations. Les invasions, les guerres de rapines, les annexions et les déstabilisations n’entraînent que mort de dévastation, pour le profit des grands capitalistes, payés pas le sang des masses.

    Nous sommes pour la révolution prolétarienne et la solidarité internationale. Nous sommes hostiles à toute action militaire contre le régime nord-coréen. Nous considérons que son opposition à l’ingérence étrangère et à l’impérialisme américain est juste.

    Même au sein des dictatures réactionnaires, et nous ne caractérisons pas la RPDC ainsi, la voie du changement ne peut passer qu’au travers de l’action des masses de ces mêmes états. Celles et ceux qui applaudissent les bombardements en prétextant que ceux-ci vont améliorer la situation apportent, de fait, un soutien aux agresseurs impérialistes.

    Même un opposant complet au régime de Kim Jong-Un se doit de comprendre cela.

    Les bombardements et les invasions n’apportent que le malheur, la misère et la domination impérialiste.

    Halte à l’escalade contre la République Populaire et Démocratique de Corée ! Halte au jeu dangereux des agresseurs.

    Paix entre les peuples ! Guerre entre les classes !

  • Réponse des communistes marxistes-léninistes-maoïstes aux auteurs du « Livre noir du communisme » – 2002

    Réponse des communistes marxistes-léninistes-maoïstes aux auteurs du « Livre noir du communisme » – 2002

    RÉPONSE

    DES COMMUNISTES MARXISTES-LÉNINISTES-MAOÏSTES

    AUX AUTEURS DU

    « LIVRE NOIR DU COMMUNISME »

     In REVUE THÉORIQUE n°1 – ORPCF -2002 –

    Le livre noir du communisme. Les thèses de ce livre, d’une scientificité plus que douteuse, sont partout. Accepté comme une parole d’évangile par tous les anticommunistes et par l’Education Nationale, ce pamphlet n’a de cesse de présenter une version tronquée, truquée, mensongère de l’URSS, de la Chine, de l’Albanie et des démocraties populaires.

    Cet ouvrage, honteux, a servi de fer de lance pour les anti-communistes, mais également pour certaines idéologies se présentant comme les tenants d’un communisme pur. Curieux liens, où il est aisé de trouver des écrits de Soljenytsine, de Boris Souvarov, de Robert Conquest dans les librairies « d’extrême-gauche .»

    Aujourd’hui, nous publions une réponse qui a été rédigée par l’Organisation pour la Reconstitution du Parti Communiste de France (O.R.P.C.F.) en 2002. Cette réponse forme un document que chaque communiste se doit de connaître, pour être en mesure de rejeter les arguments pourris développés au sein du « Livre Noir ».

    Les mensonges sur l’URSS et sur le communisme en général sont légion. Mais ils la recherche scientifique et la recherche de la vérité les balaient les uns après les autres.

    Cette lecture, de même que celle de Falsificateurs de l’histoire, déjà présente sur notre site, représentent deux contre-offensives pour restaurer la vérité.

  • Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nous profitons du calme relatif de l’été, avant que ne se déchaîne un mouvement terrible contre les ordonnances du gouvernement Macron, pour poursuivre notre travail de numérisation de brochures et de documents. En l’occurrence, nous produisons aujourd’hui celui-ci : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées, rédigé en 1963.

    Ce texte apparaît comme un des écrits fondamentaux concernant la période de la rupture sino-soviétique. Il est une dénonciation, par la Chine, de la déviation et de la falsification du marxisme opérée par Nikita Khrouchtchev ainsi que par la nouvelle direction du PCUS. Ceux-ci, sous prétexte de coexistence pacifique, ont érigé en dogme le fait de ne plus soutenir les mouvements révolutionnaires, le fait de marcher main dans la main avec les USA dans la reconnaissance de sphères d’influence, de dominions.

    Ce texte est d’autant plus important que cette politique funeste s’est payée cher. Elle s’est payée, notamment dans l’histoire de notre état, par le fait que le PCF n’a soutenu que mollement, avec mille louvoiement, les volontés d’indépendance algériennes.

    Cela demeure, avec le tout aussi nécessaire « d’où proviennent les divergences ?« , une lecture rapide mais essentielle.

  • Shaoyo Liu ; un décès qui en dit long.

    Shaoyo Liu ; un décès qui en dit long.

    Dimanche 26 mars 2017, dans le XIXe arrondissement de Paris, une intervention de la Brigade Anti Criminalité débouche sur un mort par balle. Shaoyo Liu, ressortissant chinois, 56 ans, père de famille, perd la vie, abattu par un des agents.

    Avant toute chose nous adressons aux proches, aux amis, à la famille de Shaoyo Liu, nos plus sincères condoléances.

    Pour ce qui est des circonstances du décès, l’entrée de la police dans l’apparemment est le dernier point sur lequel toutes les versions s’accordent. Ce point franchi, la version de ses filles, présentes sur les lieux, et celles des agents divergent fondamentalement.

    Les filles de Shaoyo Liu expliquent que leur père a été abattu de sang froid, alors qu’il préparait à manger. Elles estiment que l’intervention des forces de police fait suite à une dénonciation imaginaire et calomnieuse, venant de voisins hostiles.

    Les agents de police estiment avoir agi en légitime défense, attaqués à coup de ciseaux à poisson par la victime. Ils déclarent également avoir été appelés pour des heurts et des violences.

    L’une et l’autre des deux versions s’excluant mutuellement, il est clair que l’une ou l’autre est fausse. Cependant, sans complément d’information, adhérer l’une ou l’autre revient à un acte de foi.
    Notre organisation n’estime pas possible de remplacer une véritable enquête, et se méfie des actes de foi, de l’emporte-pièce. Cependant la longue liste de scandales liés aux crimes policiers tend à ne pas nous aiguiller vers une confiance quant aux déclarations des agents de la BAC. Ceux-ci sont d’ailleurs soigneusement sélectionnés, au sein des forces de police, pour des caractéristiques telles que l’agressivité et la brutalité.

    Indépendamment de ce que nous pourrions soupçonner comme racontars de la part d’agents assermentés, nous considérons qu’il n’est pas nécessaire d’agir par foi pour prendre des positions et tirer des conclusions de cet acte.

    Ce décès est tel un éclair dans une salle obscure. Il rend instantanément visible, sous des traits accentués par un clair-obscur, les contours et les détails de l’ensemble.

    Cette mort est révélatrice de nombreux aspects de la situation au sein de notre Etat, tout comme dans les relations internationales.

    Premièrement, le traitement médiatique de l’affaire fut empreint d’un racisme terrifiant, inconcevable. Shaoyo Liu s’est retrouvé réduit à la formule « un chinois. » Bien souvent, les termes en restaient là. Il n’était ni M. Shaoyo Liu, 56 ans, ni un ressortissant chinois, ni quoique ce soit d’autre qu’un « chinois » 1/1 200 000 000ème d’un bloc interchangeable, anonyme, de titulaires d’une citoyenneté.

    Ce traitement méprisant fait écho aux manifestations d’un racisme latent dans la société française. Si celui-ci ne s’exprime pas ouvertement avec la même virulence que celui qui touche les communautés issues du monde Arabe, du Moyen-Orient ou d’Afrique Subsaharienne, il n’en existe pas moins.

    Une de ces racines se trouve dans le système colonial, qui a pillé la Chine, la Corée, les composantes de l’ex Indochine, la Thaïlande, les Philippines…etc. Ce colonialisme a marqué au fer rouge de stéréotypes infâmants les habitants de ces régions. Le mépris des peuples colonisés joue toujours, quand bien même les français ont subit de terribles revers dans ces régions.

    L’exploitation et le tourisme sexuel ont forgé un autre aspect, un aspect de fantasme pervers et exotique envers les femmes, les hommes, les transgenres de ces pays. Cela se ressent dans les rapports sociaux pénibles et les projections de fantasmes que les personnes typées asiatiques peuvent endurer.

    Nous mêmes, qui nous revendiquons du maoïsme, découvrons ce regard étrange. Bien souvent, cette idéologie est dénigrée, ravalée au rang de folklore politique, mélangée aux cultures et religions d’Asie Orientale. Nombre de nos détracteurs jouent sur ce regard méprisant pour le qualifier de « secte politique », de « communisme de rizière. » C’est une belle manière de montrer son ignorance politique. Lorsque nous disons « léninisme », nous voyons un regard qui n’est absolument pas le même que lorsque nous disons « maoïsme. » De même nous ne doutons pas qu’une certaine négation des apports de Mao ou de Ho Chi Minh provient également d’un dénigrement des idées issues d’ailleurs que de l’Europe.

    Les immigrés issus de l’Asie subissent toujours ce poids du passé de domination, ils sont rudoyés, moqués, agressés. Le stéréotype de la famille chinoise sale, vivant dans des appartements bondés, à la vie rude. Les actes de violence entrepris à l’encontre de ressortissants et d’individus d’origine chinoise le 4 septembre 2016.

    Ce racisme se retrouve y compris dans les rapports entre les différentes composantes de l’immigration, où chacune des origines entretiennent un mépris de l’autre, y compris de la part du prolétariat « français », dans une mise en concurrence dont le plus grand bénéficiaire est le grand capital.

    Le second aspect, celui entre les lignes duquel on peut lire la vérité, est l’invraisemblable mépris de classe, raciste, dont est coutumière la police. Il est clair que ce mode opératoire, l’usage d’arme à feu, de la force létale, est étroitement corrélé au tissu social du lieu de l’opération. Une telle situation, place Vendôme, n’aurait jamais débouché sur l’ouverture du feu.

    Nous ne doutons pas non plus que la couleur de peau, l’origine ethnique, joue régulièrement dans la manière dont les actes de police se déroulent. Le racisme larvé se niche particulièrement dans les forces de police, où « l’humour de caserne / commissariat » n’est que la partie émergée d’un iceberg de xénophobie.

    La répression brutale des mobilisations pour dénoncer le racisme illustre ainsi cette violence étatique et ce mépris de la vie humaine. Elle illustre également ce vers quoi tend la répression bourgeoise.

    L’Etat d’urgence, la mise en place de nouvelles dispositions juridiques issues des mobilisations de policiers, tout ceci concourt dans le fait de faciliter la bavure. Il est notable que les prétendus progressistes qui se sont fait laquais  de la police ont joué, ici, un rôle particulièrement néfaste. La mobilisation de Force Ouvrière SGP Police contre l’équipement de caméras d’intervention ; leur volonté de ne pas « fliquer les flics », sont une des bases matérielles des crimes policiers. Les relais politiques -notamment Lutte Ouvrière, qui se présente sous le nom de la « candidature des communistes »- ont également fait pression pour défendre les intérêts particuliers des agents de la répression.

    L’impunité, l’absence de réaction de l’IGPN, l’absence de condamnation de la police, le poids de leur lobby, tout ceci envoie un signal très fort : il est possible de tuer sans être inquiété. Cette idée ne pouvait être hors de l’esprit des agents de la BAC, lorsque cette situation là s’est déroulée, ce soir de mars, où Shaoyo Liu est tombé. Tout au plus cela se serait terminé en blâme, ou en une condamnation inapplicable.

    Habituellement, un immigré tué n’entraîne que peu de grondements. Cependant, le Chine voit d’un très mauvais œil les mésaventures de ses ressortissants, qu’ils soient touristes ou membres de la diaspora.

    Des articles ont dénoncé ainsi le rôle que pourrait jouer la mafia, l’ambassade de Chine, les relais et les réseaux dans la mobilisation. Si l’Etat s’en est servi pour tenter de décrédibiliser la mobilisation, nous, répondons par un haussement d’épaules.

    Cela ne remet absolument pas en cause le fait que cette mobilisation illustre une réalité.

    Il est parfaitement logique que les pouvoirs politiques de la Chine usent de cette affaire. Cela n’en fait pas des saints pour autant, mais révèle les ambitions de l’Empire du Milieu. Le fait que nous nous revendiquions des écrits de Mao Zedong ne fait pas de nous des prochinois. En revanche, nous pouvons tisser des hypothèses.

    La Chine, malgré sa montée en puissance sur la scène internationale, souffre encore d’un déficit de relais, de sympathies, et d’un manque de leviers . La réaction de celle-ci est donc une manière de marquer le coup, de déclarer qu’elle protégera ses concitoyens. Elle l’use également pour se présenter du coté des opprimés, des victimes d’un occident barbare et colonial. C’est une manière de gagner en crédibilité et en sympathie. C’est également une manière de pouvoir exercer une pression diplomatique sur tel ou tel pays.

    Cette affaire est donc révélatrice d’un grand nombre d’aspects. Elle illustre également une dernière chose : la Police ne sera jamais du côté du peuple. Le Parti de Gauche, signataire de la manifestation contre les violences policières, appelle à une police républicaine et déontologique. Cette ligne est partagée par bien des organisations politiques se plaçant à la « gauche de la gauche. »

    A la « gauche de la gauche », certes, mais tout de même dans le camp du réformisme, de l’Etat bourgeois et de son ordre.

    Les communistes savent que l’Etat bourgeois possède une nature de classe, qu’il est un outil conçu, organisé, structuré, pour maintenir l’oppression, le pouvoir des bourgeois, l’exploitation.

    Les défenseurs de la Police sont les complices des assassins.

    Nous n’oublions pas le nom de Liu Shaoyo, pas plus que nous n’oublions celui de Medhi, d’Adama, de Wissam, d’Umut…

    Contre le pouvoir bourgeois, contre les tueurs de l’Etat, résistance et unité populaire !