Étiquette : chauvinisme

  • La Paix trahie.

    La Paix trahie.

    1918-2018

    Partie 3 – La paix trahie

    Le mouvement pacifiste possède une longue histoire. Il s’était particulièrement incarné, durant le milieu du XIXe siècle, par notamment le congrès des amis de la paix universelle, qui avait pour vocation de défendre la négociation et l’équilibre entre les nations. En dernière instance, sa mission était plus un contrefort de la Sainte-Alliance qu’une organisation progressiste.

    Bien que présidé par Victor Hugo, le congrès de 1849, par exemple, est marqué par un fond particulièrement réactionnaire et clérical. Ce qui est mis en avant, c’est la nécessité d’un paix harmonieuse et naturelle, telle que voulue par Dieu. Derrière ce pacifisme se cache l’idée qu’il serait possible que les puissants s’entendent pour exploiter le plus pacifiquement possible les masses, et se partager le monde par le dialogue et non pas l’affrontement.

    Le congrès condamne par ailleurs les guerres pour une raison particulièrement justifiée, nous reviendrons dessus à la fin de cette brochure : elles sont le ferment des révolutions. Les positions socialistes sont de plus en plus marginalisées. Elles vont, par ailleurs, en être exclues progressivement.

    Ce pacifisme réactionnaire va se retrouver de plus en plus marginalisé, tandis que naît, avec un élan irrésistible, une nouvelle ligne de défense de la paix entre les Nations, la ligne progressiste-révolutionnaire. Autour du mot d’ordre de « prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », un nouveau camp de la paix apparaît.

    Il s’incarne dans les diverses internationales, lesquelles mentionnent explicitement la nécessité de lutter en premier lieu contre sa propre bourgeoisie nationale et de pratiquer le défaitisme révolutionnaire : autrement dit, mettre la lutte des classes au premier plan, avant la lutte entre les nations, les Etats, des peuples.

    Au sein de l’Internationale Ouvrière, fondée en 1889, la ligne défendue est fondamentalement celle de ce défaitisme. Ainsi, au congrès de Copenhague, en 1910, le texte publié réaffirme que « les guerres ne sont actuellement causées que par le capitalisme et particulièrement par la concurrence économique internationale des Etats capitalistes sur le marché du monde… » ainsi que  » la chute du capitalisme signifie la paix universelle  « .

    Le 25 novembre 1912, à Bâle, le manifeste publié lors du congrès mentionne : « Le Congrès […] demande aux travailleurs de tous les pays d’opposer à l’impérialisme capitaliste la force de la solidarité internationale du prolétariat ; il avertit les classes dirigeantes de tous les pays de ne pas accroître encore, par des actions de guerre, la misère infligée aux masses par le mode de production capitaliste (…). Que les Gouvernements sachent bien que dans l’état actuel de l’Europe et dans la disposition d’esprit de la classe ouvrière, ils ne pourraient, sans péril pour eux-mêmes, déchaîner la guerre. »

    Mais entre ces belles paroles et la confrontation avec la réalité, un océan a surgi. Au sein de l’IO, de très puissantes tendances révisionnistes et opportunistes existaient. Ces positions s’étaient déjà exprimées autour de Bernstein (question coloniale), Jaurès (réformisme) ou Kautsky (question électorale, question du « super-impérialisme » et participation aux gouvernements). Mais l’épreuve de la guerre allait être le test final de la viabilité et de la solidité des positions de cette Internationale.

    Or, la confrontation avec la réalité fit tout bonnement voler en éclat la façade d’internationalisme de l’IO. Tournant casaque, les sociaux-démocrates sont passés des discours prêchant l’amitié entre les peuples à des discours chauvins, patriotiques, propres à soumettre les travailleurs des villes et des campagnes aux ordres de la bourgeoisie impérialiste. Le vernis s’est craquelé, l’heure était à l’union sacrée.

    En France, devant le cercueil de Jean Jaurès, Léon Jouhaux, dirigeant de la CGT, déclare ainsi :  « Jaurès a été notre réconfort dans notre action passionnée pour la paix. Ce n’est pas sa faute, ni la nôtre, si la paix n’a pas triomphé. Avant d’aller vers le grand massacre, au nom des travailleurs qui sont partis, au nom de ceux qui vont partir, dont je suis, je crie devant ce cercueil toute notre haine de l’impérialisme et du militarisme sauvage qui déchaînent l’horrible crime.

    Cette guerre, nous ne l’avons pas voulue, ceux qui l’ont déchaînée, despotes aux visées sanguinaires, aux rêves d’hégémonie criminelle, devront en payer le châtiment.

    Acculés à la lutte, nous nous levons pour repousser l’envahisseur, pour sauvegarder le patrimoine de la civilisation et d’idéologie généreuse que nous a légué l’histoire. Nous ne voulons pas que sombrent les quelques libertés si péniblement arrachées aux forces mauvaises. Notre volonté fut toujours d’agrandir les droits populaires, d’élargir le champ des libertés. C’est en harmonie avec cette volonté que nous répondons  » présent  » à l’ordre de mobilisation. »

    Guesde, dirigeant de la SFIO, fit de même.

    Jouhaux utilisa l’argument du fait que la France est une république et l’Allemagne un empire. Les Allemands utiliseront l’argument du colonialisme Français et de l’alliance avec la Russie tsariste. Dans les deux cas, ces arguments étaient fallacieux et ne servaient qu’à justifier la capitulation des opportunistes face à l’épreuve de force de la guerre.

    Lénine écrivait en 1915 : « Les vues de Guesde ont été exposées ces derniers temps de la façon peut-être la plus détaillée par le guesdiste Charles Dumas, dans sa plaquette intitulée : La paix que nous voulons. Ce « chef de cabinet de Jules Guesde », qui signe ainsi la page de titre de la brochure, « cite »naturellement les déclarations antérieures des socialistes faites dans un esprit patriotique (de même que le social-chauvin allemand David rapporte des déclarations analogues dans sa dernière brochure sur la défense de la patrie), mais il ne mentionne pas le manifeste de Bâle. Plékhanov passe également sous silence ce manifeste, en présentant avec une suffisance extraordinaire des platitudes chauvines. Kautsky est semblable à Plékhanov : citant le manifeste de Bâle, il en omet tous les passages révolutionnaires (c’est-à-dire tout son contenu essentiel !), probablement sous prétexte des interdits de la censure… La police et les autorités militaires, dont la censure interdit de parler de la lutte des classes et de la révolution, viennent « très opportunément » en aide à ceux qui ont trahi le socialisme. »

    Karl Kautsky inventa la thèse du « super impérialisme », application de la concentration capitaliste à l’échelle mondiale. Il avançait l’idée que, au final, la domination impérialiste totale mettrait d’une part fin aux guerres, mais qu’elle serait également la condition sine qua none du passage au socialisme. Cette négation du rebattage constant des cartes et de la nature pourrissante du stade du capitalisme monopoliste, qui rend la concurrence entre les bourgeoisies possibles, mais inévitable même, a servi d’argument fallacieux. En somme, soutenir son propre impérialisme serait la meilleure voie vers l’unification de la terre dans un seul marché, donc vers la révolution mondiale.

    Cette manœuvre s’est reproduite dans quasiment tous les pays belligérants. Chaque fois des arguments ont été avancés, fallacieux, pour justifier le fait de se plier à l’ordre de partir en guerre. Le chauvinisme, le sentiment de supériorité morale, le sentiment d’être moins infâme que ceux d’en face a servi à justifier les décisions qui signèrent la mort de la seconde internationale. En Russie, les mencheviks, autour de Plékhanov, inventent la thèse du « défensisme révolutionnaire », il s’agit dont de défendre le Tsar tout en croyant dur comme fer que la révolution naîtra de la victoire. En somme, il s’agit d’une trahison pure et simple.

    Les paroles internationalistes se sont envolées, ne laissant que la participation et le soutien -qu’il soit critique ou non, quelle importance !- à la guerre. Le conflit mondial a sonné le glas de cette position comme position révolutionnaire, l’a démasquée au monde entier, et en particulier aux masses, comme étant l’expression d’une trahison pure et simple, comme étant un appel à participer à la boucherie infâme. Autour de l’Union Sacrée, le mouvement socialiste s’est jeté dans les bras de sa bourgeoisie et à tout mis en œuvre pour que la guerre « se passe le mieux possible », brisant les luttes sociales, les grèves, les protestations…et se disqualifiant aux yeux de l’histoire comme une voie pour la libération des travailleurs.

    Cette disqualification n’a pas empêché l’hydre social-chauvin de renaître sans cesse. Aujourd’hui, toujours, il est plus que d’actualité. Un grand nombre d’organisations de gauche sociale-démocrate avance systématiquement des principes internationalistes, mais recule devant toute pratique concrète allant dans ce sens. En dernière instance, leur loyauté à l’impérialisme français est sans faille, et ils tentent de le justifier par touts les moyens, y compris les plus fallacieux. L’un des exemples est le fait que cela renforcerait les autres impérialismes ou que cela aurait un impact sur le niveau de vie des masses populaires. Même les organisations reconnaissant la lutte des classes et la nécessité de la mener mettent un genou à terre dès qu’il s’agit de questions internationales. Là, les classes n’existent plus, existe seul l’intérêt de la France, maquillé de couleurs spectaculaire, de civilisation et de lumières. La ligne sociale-chauvine reste ainsi particulièrement forte dans les Etats impérialistes.

    En revanche, cette décantation idéologique a permis l’affirmation indépendante de la ligne révolutionnaire et internationaliste. Le congrès de Zimmerwald, ainsi, fut l’un des actes de naissance d’un mouvement communiste nettoyé des failles portées par les chauvins et les réformistes. Lénine, dans son exil, s’était ainsi d’une manière sans cesse croissante affirmé comme l’un des piliers théorique de la lutte contre l’opportunisme et pour l’organisation internationale comme nationale des moyens de battre, dans la guerre, l’impérialisme, le capitalisme et, à terme, la guerre elle-même.

  • Vox populi, vox Dei ? Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Vox populi, vox Dei ? Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Vox populi, vox Dei ?

    Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Notre position sur la question du PCF ne souffre guère d’ambiguïté. Elle est intégralement expliquée au sein de la publication que nous avions effectuée, un an auparavant, dans Pour en finir avec le Mythe du PCF. Aujourd’hui, cet ouvrage est en rupture de stock, nous prévoyons ainsi d’en éditer une deuxième version, corrigée, enrichie, améliorée.

    Au sein de ce livre, nous avons voulu retracer les raisons de la dégénérescence idéologique du PCF, laquelle s’est manifestée, avec une gravité croissante, tant dans le choix de rendre les armes en 1945, d’accepter le programme social-chauvin des « nationalisations démocratiques », les positions sur l’Algérie, sur mai 1968… les exemples sont loin de manquer.

    D’une manière générale, le PCF s’est parfaitement glissé dans le lit de la ligne du PCUS après la déstalinisation. C’est au nom de la coexistence pacifique de Nikita Khrouchtchev que le PCF a combattu l’idée d’indépendance de l’Algérie, sous prétexte que celle-ci pourrait déclencher une guerre ouverte.

    Aujourd’hui, le Parti Communiste Français n’est plus que l’ombre de lui-même, tant idéologiquement qu’organisationellement. Cela s’illustre par les visées annexionistes du mouvement de la France Insoumise, lequel se verrait bien prendre la place du PCF et du PS dans de nombreux endroits.

    Cela ne signifie pas que nous logeons ses membres à la même enseigne. Nous comprenons, dans une certaine mesure, l’ardeur avec laquelle certains essaient de se battre en son sein. Comment les en blâmer ? Nous ne nions pas qu’il existe une sincère opposition à la ligne décidée par la direction du PCF, que celle-ci est constituée de militantes et de militants qui sont des camarades, dévoué à la lutte contre la bourgeoisie. Mais cette oppositions est enferrée dans un piège sans fin. Dans les rangs de celle-ci se retrouvent autant des personnes avec lesquelles nous sommes dans un relatif accord idéologique -considérant comme déterminant le XXème congrès du PCUS dans l’effondrement du camp socialiste. D’autres, en revanche, s’approchent plutôt d’une ligne  typiquement campiste ou révisionniste. Ils sont dans la négation de la restauration capitaliste qui suit la déstalinisation, dans une adhésion intégrale à la ligne brejnevienne, et ne comprennent les facteurs intérieurs qui expliquent l’échec de l’URSS.

    Avec les uns comme les autres, il nous paraît important de mener le débat, de poser scientifiquement les questions idéologiques, pour qu’elles soient tranchées et pour que chacun, chacune, avance.

    Mais quel que soit leur position idéologique, celle-ci est enchaînée par la maîtrise de l’appareil dont dispose la direction du PCF. Lors du dernier congrès, que nous avons abondamment commenté dans notre ouvrage, l’opposition s’est ainsi plainte que la direction avait avancé la date de dépôt des textes, dans le but de brusquer leur rédaction et de rendre impossible une discussion autour de leur contenu.

    A la fête de l’Humanité de 2016, le stand des oppositionnels de Saint-Quentin est ainsi attaqué par une escouade de gros-bras de la sécurité, de peur que les militants et militantes ne gênent une discussion prévue le lendemain. L’affaire bénéficie d’un écho remarquablement faible, de la part de victimes souffrant d’un syndrome de Stockholm, mais préférant demander, par voie de plainte, l’arbitrage de la justice bourgeoise. Hallucinant.

    Le prochain congrès se déroule d’ores et déjà sous les mêmes auspices, avec une volonté de ne pas avoir de débat idéologique au sein du PCF, uniquement une adhésion à des formules déjà déterminées, basées sur le réformisme le plus plat et le plus servile.

    Aujourd’hui, c’est une autre torpille que lance le PCF contre tout débat idéologique en son sein. Celle-ci est pourtant sous une forme, à priori, relativement innocente. Il s’agit d’un simple questionnaire adressé à 500 000 personnes.

    Pourtant, ce questionnaire porte en lui des germes ravageurs.

    Nous, qui nous retrouvons notamment dans l’héritage issu de l’expérience chinoise, n’avons pas de problème avec les enquêtes. Elles sont même nécessaires et incontournables pour comprendre la réalité sociale. Sans enquête, il ne peut y avoir qu’une compréhension livresque, morte, fétichisée de la réalité sociale, des aspirations des masses, de leur état d’esprit. Lorsque Mao explique la nécessité de l’enquête, celle-ci se fait dans le but de comprendre toute la dialectique interne de la société qu’il étudie.

    Le fait de mener l’enquête fait partie du travail militant, est un aspect essentiel, car il permet de se saisir des aspirations légitimes des masses, de les analyser, de les reformuler, d’en systématiser les aspects justes et de combattre les aspects erronés. Le tout permettant, non comme une chose séparée, mais bien dans le cadre de l’activité politique, de disposer de mots d’ordres justes et correspondants à l’état d’esprit des masses, mais également de permettre une progression politique de celles-ci.

    Dans le cas du présent questionnaire, la démarche n’est pas la même.

    « Vous voulez être entendus

    Comme nous, vous en avez assez de voir la parole populaire méprisée, ignorée, trahie.

    Le Parti communiste lance une grande consultation citoyenne dans le pays pour débloquer la situation. Pour avoir un grand débat public, faire émerger les exigences populaires, ouvrir des solutions face à la crise. Un grand débat pour donner votre avis sur la France, l’Europe, le monde.

    Nous avons tous un bout de la solution

    Vos exigences, exprimées et rassemblées doivent former un mandat populaire à rendre incontournable. Donc, à vous d’écrire la politique, à vous la parole !

    Prenez la parole !

    Le questionnaire, proposé 500 000 personnes dans le pays est un point de départ. Vos réponses seront synthétisées au niveau national et rendues publiques. »

    Si l’idée peut apparaître louable, elle est, pourtant, fondamentalement dangereuse.

    D’une part car la forme même du questionnaire rend toute analyse faussée. Elle n’apprend rien sur les désirs des masses. Que signifie le fait de cocher telle ou telle case ? La bourgeoisie et le prolétariat n’aspirent-ils pas à la prospérité et à la sécurité, ainsi qu’a la possibilité d’avoir moins de travail et plus de loisir ? Pourtant, derrière ces questions, le contenu de classe imprime une réalité différente.

    Quels sont les contenus des items suivants ?

    « Renforcer et transformer l’Education Nationale pour faire réussir tous les jeunes ? », qui peut se dire contre ? Mais cependant, cela signifie t-il une éducation privatisée, à l’exemple des friskols, ou une éducation de masse, ouverte à tous, laïque, critique et populaire ?

    « Je veux un meilleur salaire ? », « je veux des meilleurs conditions de travail », « je veux un emploi stable », « je veux un meilleur vivre-ensemble »… chacune de ces propositions peuvent être lues d’un point de vu bourgeois, libéral, droitier, ou peuvent être lues d’un point de vue populaire. Encore qu’il aurait pu être de bon ton, pour au moins sauvegarder les apparences, de parler de l’abolition du salariat.

    Chacun aspire le meilleur pour soi et ses proches, seulement cette aspiration se réalise, pour la bourgeoisie par l’écrasement, l’asservissement, l’aliénation des masses. Pour le prolétariat, cela passe, au contraire, par la lutte révolutionnaire et l’anéantissement de la bourgeoisie et de son ordre.

    Pourquoi ne pas demander, tant qu’a tomber dans la platitude, si la lutte contre la mort paraît une bonne ou une mauvaise chose ?

    Ce questionnaire ne cherche pas à stimuler la combativité des masses, ni à connaître les aspirations de celles-ci, il ne cherche qu’a superposer des conceptions déjà hégémoniques au sein du PCF sur les conceptions de celles-ci.

    Vox populi, vox Dei ? L’argument du désir des masses, du désir d’une population vidée de son contenu de classe, est un argument creux, démagogue. En faisant cela, le PCF se met à la remorque de conceptions qui peuvent être réactionnaires, sous prétexte qu’elles puissent être hégémoniques. Le rôle d’un Parti est de  stimuler, de diriger la lutte, de la faire progresser politiquement, non de devenir un porte-parole neutre de la population -comme si cela avait un sens- y compris des thèses fausses et erronées.

    Si 95% des sondés disent que le communisme est mauvais, le Parti Communiste – si tant est que ce terme ait encore un sens pour lui – doit-il se mettre à le clamer ? Ou, au contraire, devrait-il lutter contre ces idées fausses, en faisant, au sein des masses, d’une part la démonstration de la supériorité du système socialiste sur le capitalisme, et le fait, en pratique, que l’idéologie marxiste-léniniste est celle qui permet la libération des masses ? C’est ce que ferait un parti communiste. Un Parti Communiste est capable de déterminer la part juste des idées des masses, et les aspects faux. Il soutient les unes et lutte contre les autres.

    Admettons que le communisme soit majoritairement rejeté par le prolétariat. Les militants communistes peuvent, pour autant, s’appuyer sur la minorité la plus avancée, la moins touchée par les verbiages anticommunistes. Mais les militants et militantes doivent aussi, en s’appuyant sur le vécu des masses, sur leurs conditions de vie, sur l’exploitation et la domination qu’elles subissent, démontrer que la lutte contre la bourgeoisie et pour la révolution est la seule voie qui apporte une résolution. Même si cela demande de lutter, parfois de manière aigue, contre des conceptions fausses. Au faux vox populi, nous préférons le vox proletari.

    Un parti opportuniste, amorphe, démagogique comme le PCF, lui, ne cherche qu’a canaliser vers la réforme la colère des masse, où de s’appuyer sur elle pour avancer sont propre programme. Programme qui correspond aux intérêts de la classe qu’il sert réellement : la petite-bourgeoise et l’aristocratie ouvrière corrompue par l’impérialisme.

    Le « mandat populaire » est vide de contenu de classe.

    Comment serait-il crédible que ce questionnaire puisse être démocratique et valable ? Quel contrôle peut être effectué sur l’utilisation du contenu ? En supposant que les 500 000 personnes qui rempliraient ce questionnaires seraient, pour un part, constitués de mauvais esprits qui tenteraient d’envoyer le PCF dans une voie plus ridicule encore que celle qu’il prend actuellement, que ferait la direction des résultats ? Les adouberait-elle, ou les enterrerait-elles ?

    La citation attribuée à Staline -une parmi tant, non-sourcée- indique qu’il aurait déclaré, avec justesse, que l’important n’est pas tant le vote que celui qui le compte.

    Combien d’organisation, de mouvements, font le coup de la plate-forme internet pour permettre l’expression publique et populaire, prétendument, mais pour ensuite n’en tenir aucunement compte ? N’est-ce pas déjà le cas de la France Insoumise, voir même celui de La République En Marche, une façade de démocratie, mais un contrôle interne opaque et obscur.

    Le nouveau paradigme du mouvement, prenant le pas sur les partis, le permet pleinement. Un mouvement, pour reprendre la citation de Mélenchon n’est  «ni vertical, ni horizontal, il est gazeux, c’est-à-dire que les points se connectent de façon transversale: on peut avoir un bout de sommet, un bout de base, un bout de base qui devient un sommet…». Un parti, en revanche, fonctionne autour de statuts, de règles, de congrès, de conférences, d’assemblées générales, d’instances démocratiques et décisionnelles. Ces mêmes instances, déjà torpillées par le PCF, sont maintenant en passe d’être liquidées complètement.

    In fine ce questionnaire se prétend « exploratoire », mais il est manipulatoire. Il sert a faire adouber un programme déjà dessiné sur le fond, au sein du PCF. Ce programme électoral -à défaut de programme politique réel- tente d’utiliser la vox populi, la voix populaire, pour justifier un programme intégralement réformiste.

    A défaut de choix, ce questionnaire sert à préparer le terrain à un programme social démocrate de bas étage, dans le seul but de court-circuiter les adhérents qui s’accrochent à une idée révolutionnaire. Le prochain congrès du PCF sera dominé par cette voix du peuple que prétend incarner ce questionnaire. Il est déjà le texte de congrès. Il incarne déjà la ligne opportuniste, apolitique, économiste qui sera mise en oeuvre.

    Car là réside le drame. Combien de militants et de militantes sincères s’accrochent pour garder une « vieille maison » auquel ils et elles ont vouées -nous utilisons désormais l’accord de proximité- leurs vies ? Suffisamment pour que cela soit triste. Nous les comprenons, nous comprenons qu’ils et elles puissent vouloir renflouer le Titanic, puissent vouloir sauver ce qui fut, à une autre époque, le poing d’acier du prolétariat en lutte.

    Le PCF est irrécupérable. Sa structure n’est pas celle qui convient à un parti de type léniniste. Il n’est plus qu’un outil rouillé de conquête ou -plutôt- de conservation de quelques mairies, de quelques bastions. Il n’est pas un outil qui correspond à la tâche révolutionnaire, il n’est pas un parti révolutionnaire.

    Nous ne voulons pas, pour autant, construire nous-mêmes un mur de Berlin entre les militants et militantes PCF sincères et nous. Celles et ceux qui partagent le même fond idéologique sont dans la même bataille, livrent le même combat. Nous pensons qu’ils et elles ont tort sur cette question cruciale, et nous regrettons qu’ils soient les otages d’une direction, de cliques, qui se servent d’eux, les essorent, les mettent à leur service comme recruteurs « de gauche », pour maintenir en vie un zombie.

    Aujourd’hui, symbole de la déliquescence de ce zombie, Pierre Laurent compte supprimer la référence au communisme. Même au seuil de la mort, ce recul demeure grave. Même si le PCF ne l’a guère portée dignement, la destruction de cette référence idéologique demeure dans la droite ligne d’une tentative d’éliminer le communisme de la scène publique, de l’exterminer.

    A celles et ceux qui souhaitent répondre au questionnaire, nous ne pouvons que les inciter à le subvertir au maximum et à diffuser cette subversion. Celle-ci ne peut, à nos yeux, que passer par la mise sur la table, de la manière la plus massive et la plus large, d’un élément central, essentiel, incontournable de la définition politique du communisme : la dictature du prolétariat.

    Quelque soient les symboles, les noms, les termes employés dans les textes de congrès, ils n’ont pas de sens si ils ne forment pas le socle, la base, autour de laquelle tout s’agrège -cadres, structure, organisation, principes de direction.

    Nous ne pouvons qu’appeler les militants et militantes du PCF à acter que leur parti ne correspond plus à cela. Nous ne pouvons que les appeler à en faire le deuil et à avancer. Avancer vers la construction de l’outil qui manque aux masses, à l’heure actuelle : un parti léniniste, un parti pour battre la bourgeoisie, un parti pour construire le socialisme, capable de diriger l’action des masses vers la victoire.

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Une rue et des nazis.

    De l’autre côté de l’échiquier politique, le 23 septembre, Mélenchon a tenu son rassemblement. Dans un sens, il est un indéniable succès. Que ce soit 55 000 ou 150 000 personne ne change, au final, pas tant de choses. Mélenchon tente de faire enfler son aventure en solo pour en faire une vague qu’il souhaiterait déferlante.

    Souvent nous mentionnons Mélenchon et nous apportons une critique, parfois acerbe, sur les initiatives et le fond politique de l’affaire. De fait, lui et la France Insoumise sont devenus des acteurs incontournable du mouvement social et du mouvement politique de gauche. Les erreurs et les inconséquences qui peuvent émailler le parcours de cette force politique ne se paient pas de la même manière que les paroles en l’air de certains. Les dangers de l’aventure en solo de Mélenchon risquent d’avoir un impact terrible sur l’évolution de la mobilisation.

    Le sens politique de cette marche contre le « coup d’Etat social » fleure toujours bon la rhétorique populiste du peuple trahit par ses élites, usurpés par ses mauvais princes. Elle fleure bon la rhétorique d’ancien régime, où les masses doivent souhaiter qu’un bon prince arrive et prenne le contrôle des affaires.

    Nous ne sommes pas dans un équivalent des soviets de Petrograd, mais bien dans un mouvement chargé de porter au pouvoir l’homme providentiel. Un mouvement ne s’appuyant pas sur des bases solides, sur des appuis de long terme, sur une unité idéologique et une unité organisationnelle, mais bien sur un flux. Au final, Jean Luc Mélenchon fonctionne comme un cavalier de la steppe.

    Karl Von Clausewitz expliquait que ce type de fonctionnement impliquait, en français dans le texte, le fait de toujours fonctionne en vedette, c’est à dire de rester porté par le flux, toujours le maintenir croissant, sans quoi tout s’effondrera.

    Mélenchon en est conscient, et sait que le temps, au final, joue contre lui, joue en défaveur du manque de cohérence de son programme, de son caractère social-chauvin. Si il veut que sa vague se transforme en succès, il doit réaliser plusieurs tours de force.

    D’une part, maintenir un flou idéologique savamment orchestré autour de son programme. Le pire ennemi de son mouvement, c’est la décantation idéologique, c’est l’approfondissement politique, c’est le fait qu’éclosent des questions quant à l’impérialisme français, quant à la « place de la France dans le monde », quant au système politique et à la démocratie bourgeoise.

    De l’autre, pour se renforcer en valeur relative, il doit faire en sorte que les autres échouent et soient éclipsés par lui. Mélenchon ne peut pas phagocyter la CGT ou le PCF, ils doivent donc périr pour qu’il ne reste plus que lui, seul survivant de la bataille, au milieu des ruines. Il est gênant que l’unité ne fut pas au centre des discours, mais que ce ne fut qu’une ode à la France Insoumise.

    D’où un mythe qui se construit. Un mythe qui se construit à coup d’inventions, dont celle-ci, teintée de spontanéisme et d’hostilité aux organisations politiques.

    « C’est la rue qui a abattu les nazis »

    D’emblée la phrase est fausse. Elle est en contradiction avec la réalité de comment s’est construit le nazisme, sur quoi il s’est appuyé pour avancer et comment il fut terrassé.  Le nazisme s’est appuyé sur une compréhension de la psychologie des foules, de la démagogie et du populisme.

    Cependant, elle est cryptique. Jean-Luc Mélenchon parle t-il du vrai nazisme, ou parle t-il de la montée de l’extrême-droite au sein de l’Etat français ? La question reste en suspens.

    Sans aller jusqu’à dire que le nazisme est « issu de la rue », il s’est greffé sur la spontanéité des masses, laquelle peut tout à fait prendre des tournures réactionnaires, s’en est emparée pour la tourner vers les pogroms, les lynchages, vers tout ce qui était viscéral et haineux. C’est dans les rues, dans le chaos, que les SA saccageaient les magasins juifs, s’en prenaient aux communistes et aux syndicalistes.

    Cela est relié au fait que le nazisme s’est appuyé en partie sur les lumpenprolétaires, sur les chômeurs, les déclassés, les atomisés, les laissés pour compte.

    A l’inverse, le mouvement communiste et syndical allemand s’était construit dans les usines, dans les lieux de socialisation, dans les lieux de travail. Cela ne s’est pas construit autour de mouvements, mais de partis, d’organisations.

    Le fascisme et le nazisme ont été deux lames de couteau employés pour assassiner le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire. Le fascisme et le nazisme portaient l’anticommunisme comme fondement de leur pensée politique, tout en le maquillant d’un verbiage populaire, chargé de faire illusion.

    Quant à qui a abattu le nazisme, Mélenchon commet une erreur d’appréciation historique, et tente de créer un roman.

    Le premier vecteur de défaite du nazisme provient de la force de ses adversaires. En premier lieu celle de l’URSS, laquelle paya chèrement sa victoire au prix du sang. Les 24 millions de citoyens soviétiques tombés sous les balles, sous les obus, sous les coups et les privations méritaient un peu mieux que ce raccourci historique.

    Les alliés, Américains et Anglais, ont participé à l’effort de combat direct tout comme au front antifasciste international, au sein duquel ils soutinrent, non sans arrières pensées, l’URSS. La Bataille de Berlin fut une bataille de rue, mais elle ne fut pas une bataille de « la rue ».

    N’allons pas occulter les souffrances et le rôle des nations alliées, par plus que celui des pays qui ont cédé face à la puissance militaire nazie.

    L’autre pan est celui des résistances des différentes nations occupées et au sein des Etats agresseurs eux-mêmes. Cette résistance intérieure s’est manifestée sous diverses formes, mais elle est demeurée clandestine, secrète, camouflée. Elle est fort éloignée de la rue, car les droits démocratiques sont abolis, car les Gestapo veillent. Lorsque les insurrections éclosent, elles sont le fruit de travaux en amont, réalisés par des État-majors improvisés. Parfois, dans de rares cas, la rue se réveille, assoiffée de vengeance, sur les talons de l’occupant, s’en prenant aux arrières gardes, rejoignant les rangs des résistants de la 11ème heure.

    L’ironie de la chose est que le courant politique dont sortent Mélenchon et Corbière ne s’est pas particulièrement illustré par son résistantialisme durant l’occupation. A l’époque, les lambertistes optaient pour une stratégie d’entrisme dans la Résistance, dans le but d’y développer des mots d’ordre de fraternisation. L’action, notamment syndicale, fut limitée au fait d’organiser des grèves dans l’industrie de guerre des pays alliés et a applaudir la « révolution anti-bureaucratique ukrainienne », dont les figures de proue étaient Stepan Bandera et la Brigade SS Kaminsky. Peut mieux faire comme cohérence, que de se prétendre l’incarnation de l’antifascisme.

    Mais cet appel à la mobilisation spontanée des masses comme sanction de l’histoire n’est pas sans danger. Une nouvelle fois, en prétendant qu’il n’existe que lui, le mouvement et les masses, Mélenchon nie l’importance des organisations. Cette négation sert ses objectifs, est logique dans la poursuite de sa stratégie, mais revient à jouer avec le feu, à un moment où les organisations, notamment syndicales, sont le principal rempart contre les ordonnances.

    Quantité de militants et de militantes sincères ont suivi cette mobilisation, voyant dans celle-ci l’aube de quelque chose de nouveau, de quelque chose de grand, de quelque chose de fort, qui bouleverserait l’ordre social. Ce sont à ces individus que nous pensons, lorsque nous écrivons ces lignes.

    L’aventure Mélenchon est un projet qui peut séduire, qui peut rafler des suffrages, mais qui se heurte à des impasses, qui se heurte au fait que la question de l’Etat, la question de l’impérialisme et du capitalisme ne sont que traitées à moitié. Or, la moitié manquante est ce qui fait la distinction entre le succès et l’échec.

    Et cet échec, à quel prix sera-t-il payé ? Au prix de l’effondrement de toutes les lignes de défense des travailleurs ?

    Non, la rue n’a pas chassé les nazis. Non, la rue seule ne chassera pas les ordonnances. Non, la rue seule n’obtient pas de victoires tactiques et encore moins stratégiques. Organisées, les masses peuvent tout, elles sont la force créatrice de toutes les richesses, elles sont la force qui peut balayer des empires. Mais atomisées, les masses sont la proie des démagogues, des opportunistes et des populistes.

    Certains ont tenté d’intervenir au sein de cette démonstration de force, de se faire l’écho d’un rejet du social-chauvinisme et du réformisme de Mélenchon. Cette mobilisation, sous l’égide de l’ultragauche, partait d’une logique cohérente. Seulement, entre la stratégie et l’application, un océan existe. Et cet océan mérite d’être sondé.

  • Le Pen – Macron : le match des agents de la réaction. – Nouvelle brochure-

    Le Pen – Macron : le match des agents de la réaction. – Nouvelle brochure-

     

    Nous publions, à l’issue du débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, un compte rendu le plus exhaustif possible du débat et de ses implications idéologiques.

    L’intégralité de la brochure est disponible en cliquant sur l’image ou -avec les autres brochures- dans la rubrique « téléchargements ».

    Nous republions ici l’introduction et la conclusion de cette brochure, que nous ne pouvons qu’inviter à lire.

    18 millions de téléspectateurs, au sein de l’Etat français, ont suivi le débat tant attendu entre Emmanuel Macron – candidat de En Marche ! et Marine Le Pen, la candidate du Front National.

    Cette confrontation était grandement attendue, grandement scrutée, tant par les habitants de l’Etat français que par le reste du monde, tant elle devait illustrer la confrontation entre deux visions du monde, entre deux idéologies opposées.

    Devait, car, fondamentalement, il existe une racine commune entre les deux candidats, des bases communes, sur lesquelles nous allons revenir.

    Sans entretenir de faux suspens, la grande majorité des observateurs ont vu s’effondrer la candidate du Front National, incapable de pouvoir mener une réelle offensive idéologique, se cantonnant à des coups d’épées dans l’eau, dans un ad hominem constant. Cette tactique, pour des raisons sur lesquelles nous allons revenir, était une faillite complète.

    Dans ce paysage qui tendrait à décerner la couronne de laurier au candidat de En Marche, une voix dissonante, celle de l’OVNI du marxisme : Les Matérialistes. Tellement arc-boutés dans leur idée de soutenir Macron à tout prix, du fait qu’il faille faire rempart contre le fascisme lepéniste, que ces apprentis-analystes forcent le trait, déforment la réalité, pour faire de Mme Le Pen la perdante. De la part d’une organisation capable de soutenir les manifestations de policier au nom de l’esprit « Charlie » et de l’unité populaire, qu’attendre d’autre si ce n’est -pour  reprendre les mots de leur héraut- des « sauts de cabri » en l’air ?

    Pour les marxistes, il existe une matière à analyser qui s’est illustrée lors de ce débat. Donner Macron vainqueur ne signifie pas prendre partie pour lui. Analyser sa stratégie, lors de ce débat, comme cohérente, ne signifie pas l’aduler. Lui trouver une maîtrise dans les sujets qu’il a pu aborder ne signifie pas que nous soyons en accord avec ses conclusions. Seulement nous devons -impérativement- reconnaître les forces et les faiblesses des agents de la bourgeoisie – comme celles de nos alliés – et ne pas projeter de fantasmes sur eux.

     

    Conclusion : 

    Ce débat transcrit avec une certaine fidélité l’état et les attentes de la société actuelle.

    Marine Le Pen a joué la carte de la punchline en espérant que ce soit la seule chose qui reste dans la tête des téléspectateurs à l’issue du débat. Insinuations, coups de poker, bluffs… Les débats précédents, après tout, n’avaient laissé en mémoire que les piques de M. Mélenchon ou de M. Poutou.

    Invité sur le plateau de Quotidien, Jacques Attali, soutien d’Emmanuel Macron, avait caractérisé cette campagne comme une campagne de l’anecdote. Il s’agit d’un fait indéniable. La société de l’information, loin d’être une société de l’approfondissement, se traduit par une société de la phrase d’accroche, du slogan, de l’enseigne lumineuse en néon.

    Cette tendance, présente également dans notre camp, a rendu inaudible la propagande -au sens premier du terme, la démonstration d’une notion- pour ne conserver que l’agitation. Or, l’explication, l’explicitation, l’analyse demande du temps, demande de l’énergie. La bourgeoisie entretient sciemment les « remous de surface » pour camoufler les courants de fond. Les clashs par tweet, en 140 caractères, est un format qui avantage la rhétorique, non la théorie.

    La conflictualité qui existe entre deux stratégies de la bourgeoisie est révélatrice : l’Etat français est à la croisée des chemins. Fatigué, usé, tailladé par la concurrence -surtout asiatique- l’impérialisme français est dans un creux. Il doit porter son choix dans l’offensive ou dans la défensive. Ce sont, en dernière instance, les lignes défendues dans ce débat.

    Cette conflictualité est également révélatrice d’une césure au sein de la société. Les gouvernements successifs, le recul des conceptions politiques progressistes, l’abandon de la lutte idéologique ont légitimité, nourri et couvé les conceptions réactionnaires. Elles arrivent à maturité.

    La bourgeoisie a réussi son plus grand tour de passe-passe : orienter la colère populaire dans le cul-de-sac réactionnaire. Orienter dans son sens la rage populaire.

    Dans notre courte analyse Macron l’illusion, nous indiquions le fond de notre pensée. Le programme du FN est connu, il est clairement un programme fascisant, xénophobe et raciste. De ce point de vue ite missa est. La messe est dite.

    Celui de Macron n’amène pas vers un soleil radieux, vers des lendemains qui chantent.

    L’application de ce programme, de cette ubérisation de la société, entrainera une précarité plus grande, plus forte. Il débouchera immanquablement sur une misère plus intense et plus sordide, sur une paupérisation accrue des masses. Par son libéralisme, il facilitera la concentration du capital et la ruine des petites entreprises au profit d’entreprises à caractère monopolistique.

    Son discours impérial et agressif ne laisse rien supposer d’autre qu’une multiplication des d’interventions militaires, un accroissement des actes d’agression et d’ingérence commis à l’encontre d’autres nations, pour étendre la sphère de l’impérialisme français et ses tentacules.

    La massification de la concurrence internationale laisse supposer une diminution des salaires, des droits des travailleurs, pour que la bourgeoisie française puisse demeurer compétitive.

    Les législatives prochaines dévoileront la véritable nature politique des cinq prochaines années. Une assemblée en recomposition débouchera probablement sur un gouvernement de coalition. Avec qui ? La question est importante.

    Marine Le Pen se voit déjà en figure principale de l’opposition. Son plus cher désir est de voir le centre de gravité du débat se placer entre le libéralisme et le fascisme. L’opportunisme de Mme Le Pen, cependant, la pousse à hurler au vol lorsque le PS appliquait ses conceptions.

    Le danger est celui d’une synthèse entre les deux camps. S’ils ne peuvent s’entendre sur la stratégie de fond, le projet de société lepéniste peut très bien frayer son chemin jusqu’aux plus hautes sphères.

    Fondamentalement, les choix sont restreints. Entre deux courants de la réaction et du recul social, certains trouvent la possibilité de choisir. Dans un sens nous ne saurions les blâmer. Sans organisation communiste puissante, capable d’avoir une action sur la société, comment reprocher à celles et ceux qui ne voient d’autre planche de salut que le vote de céder ? Nous ne le pouvons pas.

    Nous devons, en revanche, comprendre que le premier acteur de notre faiblesse n’est pas la bourgeoisie. Elle mène sa politique, en fonction de ses intérêts. Nous ne pouvons reprocher à des anticommunistes ou des non-communistes de ne pas agir en communistes.

    Nous sommes les premiers acteurs de notre faiblesse. Nous sommes aussi ceux de notre reconstruction.

    La situation sociale n’est pas sur une voie d’amélioration, au contraire. La crise s’approfondit, bien qu’elle paraisse-en surface- cicatrisée. Nous bénéficions d’un sursis que nous devons mettre à profit impérativement pour forcir, gagner en unité, en efficacité, en influence.

    Pour que naisse un camp du peuple, pour que naisse un phare capable de guider les masses, leur colère légitime, leur désir de lutte, vers une issue positive, constructive, révolutionnaire.

    Nous ne devons pas nous relâcher en poursuivre le travail. Contre le jeu de la bourgeoisie, développons l’autonomie ! Construisons les bases de l’opposition extra-parlementaire. Unissons-nous et avançons sur la voie de la construction du Parti. Renforçons les unités communistes !

  • Guyane : le bal des impérialistes.

    Guyane : le bal des impérialistes.

    Nous retransmettons les revendications émises par le Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale le premier octobre 1997.

    Ces revendications sont toujours légitimes et nécessaires.

    Sans être une déclaration de guerre contre l’Etat colonisateur, elles représentent quelque chose d’infiniment supérieur à tous les discours de compradores, de clients, de l’impérialisme français. Elles posent la volonté d’une rupture entre la métropole et la cage de fer qu’elle tisse sur le sol Guyanais. 

    Nous saluons la lutte menée par les guyanais et guyanaises contre le dépeçage de leur pays, la spoliation de leur terre, l’exploitation, la misère.

    Nous soutenons leur mot d’ordre de lutte contre l’impérialisme français, contre l’occupation, tout comme nous saluons toutes volontés d’indépendance.

    Les Communistes ont pour tâche de lutter contre leur propre impérialisme, de briser ses serres.

    A l’heure où certains caractérisent la Guyane comme un bijou, comme la perle de l’impérialisme français, nous la caractérisons comme un espace d’où l’impérialisme français doit être chassé.

    Dans l’actualité, pourtant, c’est le carrousel des chauvins et des impérialistes:

    Benoît Hamon a ainsi dit qu’il était « le seul candidat à proposer de doter les Outre-mer d’un fonds pour l’égalité réelle de 2,5 milliards d’euros sur 5 ans ». Il a indiqué « maintenir la sur-rémunération des fonctionnaires ». Une manière de maintenir une élite coloniale bien disposée. Grassement payés, les fonctionnaires venus de la métropole ne risquent pas de remettre en cause leurs avantages.

    François Fillon, lequel a probablement d’autres chats à fouetter, s’est contenté d’un laconique trait sur une situation étant « la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande. »

    Marine Le Pen a éructé, comme à son habitude, des platitudes sans nom. « J’ai vu et j’ai compris que nos compatriotes de Guyane n’en peuvent plus, ils sont comme nous tous, ils n’en peuvent plus d’une immigration massive; de l’insécurité qu’elle génère, quand 50% des détenus en Guyane sont étrangers; que la Guyane soit devenue le département le plus criminogène de France; de la saturation des services publics et de ne plus avoir accès à des services de santé débordés. (…) Je nommerai un ministre d’Etat de l’Outre-mer et de la Mer qui, en Guyane, s’attellera à la lutte contre l’immigration, l’insécurité, au développement économique, au travail de désenclavement ».

    Au fin fond d’un système colonial pourrissant, Marine Le Pen réussit le tour de force de parler de l’immigration. Quelle ironie mordante, dans une région occupée et colonisée par un conquérant venu de l’autre côté de l’Atlantique, que de vomir la haine sur les habitants de l’autre côté du fleuve.

    Ce n’est nullement une surprise. Mais la palme de l’impérialiste le plus splendide revient sans conteste à Jean Luc Mélenchon, lequel, non seulement, trouve à s’exprimer de la manière la plus cocardière possible, mais, encore, réussit à flétrir l’impérialisme américain. Vendre notre impérialisme comme plus doux, plus humain, plus inspiré par les Lumières, quelle audace.

     « C’est à la Guyane française à laquelle nous adressons un immense salut de solidarité! La Guyane, c’est nos petits chéris, c’est la France en Amérique du sud, tel que, si j’étais élu, nous prendrions place non pas comme le fourgon de l’armée nord-américaine mais comme un partenaire direct avec les pays de l’Amérique latine, puisque la France est un pays d’Amérique latine! »

    Non seulement Jean Luc Mélenchon ne veut pas entendre parler d’indépendance, de décolonisation, mais il tente d’emballer l’impérialisme français dans un costume de velours. Voilà qu’il veut lancer les tentacules du 4ème exportateur d’armes mondial, de la 6 ème ou 9 ème puissance mondiale [selon la méthode de calcul], à l’assaut de l’Amérique Latine.

    Son bijou, sa perle, à porté d’autre noms avant : Indochine, Algérie…

     

    Nous savons quel genre de partenaires notre impérialisme a été.

    Nous sommes des occupants, non des partenaires.

    Quant à la réponse aux problèmes, selon lui, la voici : « Ce sont les questions que nous mettons à l’ordre du jour: la disparition de l’Etat qui a plongé la société dans le chaos, des richesses immenses que personne ne pense à utiliser d’une manière respectueuse de la nature. »

    Ni critique du capitalisme, ni de l’impérialisme. Et pour cause, sa base sociale se trouve dans la petite bourgeoisie et dans l’aristocratie ouvrière. Ceux-là même qui touchent les miettes de la domination coloniale et néocoloniale. « Sous la VIème République, l’impérialisme sera transfiguré, deviendra l’ami des peuples, son outil d’émancipation.  » Voilà, en somme, la teneur de ce discours.

    L’élection présidentielle démasque chacun des acteurs qui la compose comme des valets de la bourgeoisie, des grands monopoles économiques, de l’impérialisme.

    Rien à attendre de ce côté.

    Nous n’avons pas besoin d’un impérialisme plus beau, mais bien de sa défaite.

    Nous avons besoin d’une union rassemblant les forces révolutionnaires, progressistes, anti-impérialistes qui se battent au sein de et contre l’Etat Français.

    Nous devons battre le chauvinisme et le social -impérialisme.

    Halte à l’impérialisme français !

    Hors de Guyane ! Hors des colonies !

  • Le social-chauvinisme d’Alexis Corbière est une négation des crimes coloniaux.

    Reçu sur RTL, le 17 février 2017, le lieutenant de M. Mélenchon, Alexis Corbière s’en est violemment pris aux propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation. Interviewé, il a d’abord ciblé le « coup de com » d’un candidat en déplacement en Algérie, puis s’en est pris à sa piteuse rétractation :  « la colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes (…) La France a installé les droits de l’homme en Algérie. Simplement, elle a oublié de les lire. »

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    Nous avons déjà commenté ces propos et nous avions effleuré la réponse de la France Insoumise.

    Si Alexis Corbière a raison de souligner l’absence de constance de M. Macron, ses propos sont gravissimes.

    Gravissimes et révélateurs.

    Cette déclaration rejette sa clique dans les bras des agents de l’impérialisme français, de cette insupportable conglomérat cocardier et chauvin. Elle rejette définitivement ceux qui la soutiennent dans les rangs des partisans de l’histoire positive, du Lavisse, du Roman National.

    Qu’a-t-elle de si répugnante ?

    Sur les propos de Macron, le porte parole de Mélenchon a appliqué la méthode centriste traditionnelle : pour ménager deux positions antagoniques, l’organisation a jugé sur la forme sans jamais parler du fond. Corbière connaît son métier, il n’est pas issu des rangs trotskistes pour rien.

    La déclaration aurait, pourtant, pu être intéressante: « Je suis historien, je suis contre la colonisation évidemment.  » Mais la suite s’est enfoncée dans les ténèbres.

    « Quand on est chef d’État, il faut être un peu vertébré, notamment sur des sujets sensibles (…) Le crime contre l’humanité n’est pas un concept qui se manipule comme ça. Sur la question de la colonisation, donnons la parole avant tout aux historiens. »  Or, c’est ici que réside toute la fausseté.

    Les historiens ont déjà expliqué la colonisation, la guerre d’Algérie, d’Indochine, leurs millions de morts. Bien des chercheurs ont noirci des pages pour expliquer les sociétés coloniales. Ce sujet fût même une des question proposée, pendant un temps, au CAPES d’Histoire-Géographie. Non, monsieur « l’historien » Corbière, vos confrères n’ont pas chômé.

    Ils ont fait leur travail, c’est à dire donner les matériaux nécessaire pour porter un jugement. Un bon historien est avant tout un bon scientifique : il étudie les faits, il tente de leur donner une explication sensée et cohérente. Il n’est pas, en revanche, d’un point de vue primordial, un juge ou un militant.

    Les génocides commis par les Allemands n’ont pas été traité, en amont, par les historiens. Ils ont été jugés. C’est un procès qui a déterminé la qualification de crime contre l’humanité. C’est par cela qu’il a pu être dit que le régime nazi était coupable, et quels auteurs étaient responsables.

     Alexis Corbière aurait pu, sans grand risque, dire qu’un Nuremberg du colonialisme mériterait d’être tenu, pour juger de cela. Mais cela est déjà trop pour une organisation opportuniste.

    C’est également un acte militant de dire que des faits ont vocation à constituer un crime contre l’humanité. C’est un acte militant de considérés qu’ils ont vocation à être nommés « crime contre l’humanité. » C’est ce que, en tant qu’organisation politique, nous déclarons. Nous voulons ce Nuremberg du colonialisme.

    En agissant de la sorte, Alexis Corbière, bien que se vantant d’être un historien de formation – donc pourquoi ne prend-il pas la parole ?- réussit un triple saut périlleux au dessus du gouffre, sans chuter. Il a réussi à ne rien dire.

    Dire  » je suis contre la colonisation évidemment » tout en ne le qualifiant pas politiquement revient à dire « je suis contre le SIDA, contre la peste, contre la mort. »

    Nous trouvons cela honteux.

    Nous trouvons que c’est un signal clair, sur le fait que les sbires de Mélenchon sont incapables, aveuglés par leur chauvinisme, de regarder les crimes de l’Etat français en face.

    C’est un signal envoyé à tout ceux et toutes celles, qui, dans les ténèbres de l’oppression, luttent pour l’indépendance, pour être libre. C’est un signe que M. Mélenchon n’est pas prêt à renoncer, le moins du monde, à tout ce qui constitue la sphère coloniale et néocoloniale.

    Ce n’est d’ailleurs pas étonnant. Un de ces thèmes de campagne, l’économie de la mer, dépend en grande partie de l’immense Zone Economique Exclusive détenue par l’Etat Français. Zone dépendant beaucoup des « Confettis d’Empire », que l’impérialisme français tient d’une main de fer.

    Ne pas lutter contre l’impérialisme français, c’est être son garde flanc.

    C’est le créneau sur lequel se place M. Mélenchon, celui d’une petite bourgeoisie, d’une aristocratie ouvrière corrompue par l’impérialisme.

    C’est le camp d’une réaction à visage social.

    Ce camp est l’ennemi de la lutte révolutionnaire internationale. 

    Les communistes ne doivent pas céder aux sirènes du chauvinisme, fut-il maquillé de social. Notre rôle de militants n’est pas limité étroitement à un espace national, il est international, il est dirigé vers nos frères et sœurs de lutte. Nous sommes des maillons de la chaîne révolutionnaire. Notre première tâche est d’affaiblir, d’attaquer notre propre impérialisme, pour soulager la pression qu’il exerce.

    Ne pas reconnaître le caractère impérialiste de notre Etat ; ne pas reconnaître l’importance de lutter contre lui ; ne pas soutenir les luttes des régions dominées par lui ; ce n’est nullement être un agent du progrès et la lutte social. Au contraire, cela fait de nous des agents de la réaction et des laquais de notre impérialisme. Si nous accompagnons, si nous soutenons ses projets, nous nous faisons ces alliés.

    Notre delenda carthago doit être la destruction de notre propre impérialisme !

    A bas l’impérialisme français ! Défaite  pours ses tentacules !

  • A propos d’Oscar Temaru

    A propos d’Oscar Temaru

    Une fois n’est pas coutume, nous avons quelque chose à écrire de positif par rapport à un des candidats à la course à l’Elysée.

    Nous ne dérogeons pas de notre ligne, boycott et construction d’une opposition hors des fauteuils de l’assemblée. Pourtant, nous considérons que les déclarations de M. Oscar Temaru sont respectable et doivent être répercutées.

    (suite…)

  • Mélenchon, Entre l’absentéisme, la métapolitique et l’impérialisme.

    Cela fait déjà quelques années que les zélateurs de Mélenchon nous rebattent les oreilles des prétendus exploits de leur leader. Il serait, en somme, la réincarnation de tous les grands leaders révolutionnaires, leur synthèse la plus poussée. 
     

    Etrangement, ces adeptes du culte de Mélenchon copient certains de travers les plus déplaisants du personnage, dont une agressivité à outrance, camouflant mal un manque d'assurance idéologique. Car il existe des zones d'ombres terribles autour du personnage. 
    Nous souhaitons ouvrir un début d'explication avec ceux qui s'alignent sur ses déclarations, qui citent ses ouvrages comme un nouvel évangile. Un début d'explication qui, nous en sommes certains, nous sera bénéfique à tous et toutes.

    Par exemple, pourquoi existe-il si peu d'écho des déclarations de Mélenchon au Parlement Européen ? Parce qu'il n'y en a qu'une d'orale. Toutes les autres sont des notes écrites, griffonnées, et remises en séance pour faire gonfler les chiffres d'activité.

    Ainsi, le journal Le Monde écrivait le 16 avril 2014,
    "Jean-Luc Mélenchon siège dans plusieurs commissions. Il est notamment le 4e vice-président de la Commission des affaires étrangères de l’UE, qui n’est pas la plus marginale.

    Nous avons examiné l'intégralité des procès-verbaux de présence qui figurent sur le site de cette commission. Elle s'est réunie au total 33 fois en un an, à un rythme quasi hebdomadaire.

    M. Mélenchon n'a été présent à aucune de ces réunions. Il n' a donc tout simplement jamais siégé en commission durant l'année écoulée."
    "Mais comment M. Mélenchon peut-il être aussi actif durant les séances et avoir un si mauvais classements aux votes ? C’est très simple : grâce à l’article 170 du règlement du Parlement européen. Voici ce qu’il prévoit :

    « Lorsque la discussion générale est achevée, chaque député peut émettre, sur le vote final, une déclaration orale qui ne peut excéder une minute, ou une déclaration écrite de 200 mots au maximum, laquelle est reprise dans le compte rendu in extenso des séances. Lorsqu'une proposition d'acte législatif ou un rapport sont inscrits à l'ordre du jour du Parlement conformément à l'article 138, les députés peuvent donner des explications de vote par écrit, conformément au paragraphe 1.

    Les explications de vote, orales ou écrites, doivent avoir un lien direct avec le texte qui fait l'objet du vote. »

    En clair, chaque eurodéputé a la possibilité de déposer une déclaration écrite courte à propos des votes, expliquant sa position, et qui sera inscrite au procès-verbal de séance. Et les données du Parlement européen ne distinguent pas entre intervention orale et écrite."

    Voilà un regard sur l'activité de M. Mélenchon au Parlement. En place et lieu de faire amende honorable, notre ami nie et calomnie ceux qui le prenne en défaut.

    Plutôt que de tenter d'importer des "memes" maladroits tels que "can't stenpchon the Melenchon", reprise malhabile de "Can't stump the Trump", ses militants seraient plus avisés d'expliquer certains mystères dans les positions du candidat.

    Actuellement, nous préparons une critique de "l'ère du peuple", le dernier pamphlet de l'ancien membre de l'OCI [Organisation Communiste Internationaliste], ouvrage particulièrement illustratif sur les positions politiques sociale-chauvines de l'auteur.

    Les militants de JLM seraient ainsi bien avisés d'expliquer cette pratique particulièrement aigue du crétinisme parlementaire.

    Mais ils seraient aussi bien avisés d'expliquer certaines thèses curieuses de la part de leur leader, notamment ces positions plus qu'ambivalentes sur l'impérialisme français.

    Résultats de recherche d'images pour « l'ère du peuple »

    Ils et elles seraient ainsi bien avisés de nous expliquer certains passages de son ouvrage:

    "Dès lors, quel crève-coeur de voir la France rabougrie ! À cette heure notre République devrait se  dresser de toute la hauteur de son peuple sur la scène du monde. Elle ne devrait pas être enfermée dans la servile allégeance aux États-Unis d’Amérique et à leur dangereuse politique impériale. Elle ne devrait pas être cette pauvre chose ballottée par les événements, tenue en laisse par Mme Merkel." Voilà une France dominée et battue qui n'est pas conforme à la réalité de l'impérialisme français. Et encore, notre héros exige un sursaut de sa part !

    "Elle ne devrait pas vivre dans la gêne et sous le fouet d’une poignée de déclinistes payés pour la démoraliser et la faire douter d’elle. Au contraire elle devrait marcher aux avant-postes du nouvel âge de l’humanité qui se dessine sous nos yeux, être la cheville ouvrière d’une nouvelle alliance des peuples."  Cette nouvelle alliance des peuples, M. Mélenchon ne la voit que comme sous l'ombre du drapeau tricolore, sous la même bannière qui a ensanglanté l'Afrique et l'Asie, qui l'ensanglante toujours, qui l'étrangle, qui l'étouffe. Mais rien de cela ne transparait, n'est-ce-pas, puisque "la France" s'humilie et se soumet à l'OTAN et aux Allemands.

    Où sont les bases de l'OTAN dans l'Etat Français, M. Mélenchon ? Où sont les M1A1 américains ? Où sont les troupes d'occupation que vous pensez voir à chaque coin de rue ? Dassault, Nexter, Areva, Total, sont elles des firmes du complexe militaro-industriel US ?

    Certes il est écrit: " Et même qu’il partagerait les chars Leclerc avec une famille de capitalistes allemands ?" Une horreur sans commune mesure. Nous sacrifierions notre patrimoine militaire au profit d'autres Etats. La fusion de Rheinmetall-Borsig et de Nexter pourrait-elle inquiéter M. Mélenchon ? Pourtant, d'après lui ne serions nous pas déjà une pauvre nation dominée ?

    Les militants et militantes de M. Mélenchon pourraient ils expliquer ceci ?

    Autre exemple. En Europe. Récemment la réunification de l’Allemagne en 1990 lui a donné la première population. Sa prééminence s’exerce au profit de cette part de la population nantie mais vieillissante : c’est la clientèle essentielle du parti de Mme Merkel.

    Mais la démographie allemande est déclinante. D’ici peu les Français seront les plus nombreux.

     Une force.

     La servilité de François Hollande face à Mme Merkel, qui lui impose une politique de l’euro fort et de restriction de la dépense publique, n’empêchera pas l’heure de vérité d’arriver. La loi du nombre fera son œuvre. Comment pouvons nous interpréter cela ? Comment ne pas comprendre qu'il ne s'agit que de la thèse d'un individu hypnotisé par la phobie de l'Allemagne, qu'il insulte copieusement, comme quelqu'un d'obnubilé par la rivalité impérialiste, et qu'il ne traite pas en internationaliste, mais bien en social-chauvin, en agent et en promoteur de son propre impérialisme.

     

    Pourraient-ils, pourraient-elles expliquer les joies morbides de leur héraut, qui se gargarise de la grandeur impériale de la France -bien qu'il la nie-

    "Et avec 11 millions de kilomètres carrés, il dispose du deuxième territoire maritime du monde, juste derrière les États-Unis d’Amérique ! Cet espace représente plus de 16 fois notre territoire terrestre. La France continentale étale mille kilomètres de côtes. Mais 97 %  territoire maritime se situe dans les pays d’outre-mer si souvent regardés de haut ou délaissés par d’ignorants prétentieux.

    Je suis consterné par l’indifférence qui règne face au potentiel que cette situation contient. La France a le quarante et unième territoire terrestre du monde. Mais en l’additionnant à son espace maritime, notre pays est un géant. Le sixième du monde, juste derrière le Brésil mais devant la Chine ou l’Inde ! Ce territoire s’est encore accru de 10%   dans les années 2000 sans tirer un coup de fusil. Cela parce que notre pays a pu remettre à temps à l’ONU les preuves scientifiques de la continuité physique des nouveaux territoires maritimes connus avec ceux déjà attribués aux Français !

    Dès lors, sur cette nouvelle mappemonde, la France n’est pas la petite nation « occidentale » qu’a fait d’elle François Hollande en s’intégrant servilement aux politiques de l’empire nord-américain. C’est une puissance à vocation universaliste, présente sur les cinq continents dans leur contexte maritime. Mais la présidence actuelle ne connaît rien au sujet et ne s’y intéresse pas."

    "En ce sens c’est une « nation universaliste ». La France l’est d’une  façon très physique. Elle est présente sur les cinq continents. Sa plus longue frontière est avec le Brésil, ce que l’on oublie car on néglige l’existence de l’immense et magnifique Guyane française." -Et vive l'Empire !-

    Autant de questions auquel nous ne pouvons pas ne pas exiger de réponse. La question de l'impérialisme n'est pas qu'une question de principe, elle est un fossé entre le camp du peuple et son ennemi. Elle est un fossé insondable entre les serviteurs de la bourgeoisie et ceux du prolétariat.

    Chaque fois qu'on promet monts et merveilles aux habitants "de France", mais qu'on omet que cela provient de la surexploitation des néo-colonies, que cela provient du sang et de la guerre, on agit en social-chauvin.

    Chaque fois qu'on omet de parler de combattre cet impérialisme, on se comporte comme son valet de chambre. Chaque fois qu'on nie le caractère criminel et terroriste de l'occupation militaire que notre pays fait subir, on soutient ces opérations.

    Nous ne considérons pas Mélenchon comme étant dans notre camp. Si une partie des masses tend l'oreille à son discours social, cela n'est pas une mauvaise chose en soi, en effet. Mais nous ne sommes pas dans un environnement d'école, il ne s'agit pas d'avoir 10/20 en terme de niveau social pour être du bon coté. Etre un agent de l'impérialisme français, qu'on soit social comme M. Mélenchon, ou libéral, cela reste le fait d'agir pour la bourgeoisie française, pour son emprise criminelle sur le Monde. Avant de regarder outre-Rhin et outre-Atlantique, balayons devant notre porte !

    L'Impérialisme français est l'ennemi N°1 des masses de l'Etat Français. Il est son premier bourreau, et notre première cible.