Étiquette : CGT

  • Communiqué de soutien à la CGT 5/9 après la dégradation de son local par les fascistes.

    Communiqué de soutien à la CGT 5/9 après la dégradation de son local par les fascistes.

    Communiqué de soutien à l’Union Locale CGT 5/9.

    Camarades,

    L’Unité Communiste de Lyon vous assure de son soutien face aux dégradations que vous avez pu subir de la part de militants de l’extrême-droite. Cette attaque s’inscrit dans la droite ligne d’un processus d’intimidation orchestré par ces militants réactionnaires, anti-syndicaux, anti-populaires. Ils veulent faire taire toute contestation sociale face à l’offensive du capitalisme contre les classes populaires, contre les travailleurs et les travailleuses.

    Mais, en s’en prenant à votre local, les fascistes, nous le savons, ne vous feront pas taire. Ils ne vous feront pas cesser la défense que vous assurez pour les travailleurs et les travailleuses, pour conserver et accroître les droits de ceux-ci et de celles-ci, indépendamment de leurs origines et de leur nationalité. Car la classe ouvrière est unique. Car les exploités n’ont qu’un seul ennemi, qui ne sera jamais les autres exploités, mais bien leurs exploiteurs, leurs bourreaux. Nous savons que sous la pression, dans l’histoire, la CGT à poursuivi sa lutte et sa mission. Ce ne sont pas des nostalgiques de Vichy qui vous feront taire.

    Les fascistes, en vérité, vous honorent. Leurs graffitis haineux sont autant de couronnes de fleurs qui vous sont adressées. Elles vous sont adressées car vous êtes le camp des exploités, du peuple, des masses. Elles vous sont adressées car les fascistes, quant à eux, travaillent pour l’autre camp, celui des bourgeois, celui des patrons, celui des exploiteurs et des exploiteurs. Au final, elles vous sont adressés car vous remplissez vos tâches, car vous êtes un des fers de lance de la défense des travailleurs.

    Ils ont beau se dire “Bastion Social”, ils ont beau se prétendre des amis de ceux et de celles qui souffrent, leurs actes les inscrivent comme des alliés objectifs du gouvernement, comme les amis de Macron, de Collomb, de Pénicaud. Leurs actes font d’eux, et d’elles, des petits soldats du capitalisme.

    Car c’est ainsi que l’extrême-droite à toujours agi.

    Camarades, l’Unité Communiste de Lyon vous salue et salue votre travail. Unitaires, portons ensemble l’étendard de l’antifascisme. Portons ensemble l’étendard de la riposte populaire à l’exploitation et à la misère. Portons ensemble l’étendard de la CGT !

  • Osons poser la question de la politique dans la grève !

    Osons poser la question de la politique dans la grève !

    Oser poser la question de la politique dans la grève.

                    L’offensive du patronat bat son plein. La bourgeoisie monopoliste, profitant du champ libre, frappe de toutes ses forces de larges parties de la population, des pans entiers de la société. Santé, chômage, retraites, éducation, SCNF, code du travail… En quelques mois, les exploiteurs et les exploiteuses tentent de reprendre l’équivalent de dizaines d’années de luttes.

                    Pourtant, les masses ne se laissent pas faire. Les syndicats -bien que la CFDT, dont le sens proverbial de la trahison s’illustre de nouveau- appellent à résister, à combattre. Les grèves sont suivies, les manifestations sont denses, les facultés sont bloquées.

                    Cependant, pour le moment, les liens entre les mobilisations demeurent ténus. Les luttes sont parallèles, se regardent mutuellement, se soutiennent mutuellement, mais demeurent des luttes. Elles comptent sur leurs forces séparées, sur leurs capacités de résistance, sur leurs capacités à durer dans le temps. Elles sont des fronts. Souvent, hélas, ces fronts sont battus les uns après les autres, dans le détail. Ils tombent les uns après les autres.

                    L’idée de répondre à ce problème de division ne date absolument pas d’hier. Elle est une thématique récurrente, constante, au travers des forces qui luttent. Il faut dire qu’elle est logique et répond à un besoin reconnu par tous. C’est de ce constat que sort l’idée de convergence des luttes, notamment popularisée par l’organisation trotskiste N.P.A. et par les interventions de son leader, Olivier Besancenot.

    Qu’est ce que la convergence des luttes ?

                    L’idée de la convergence des luttes est définie par Wikipédia de la manière suivante : La convergence des luttes est une démarche syndicale en usage dans le syndicalisme de lutte, mais aussi parfois dans le monde associatif militant, qui tend à faire converger dans un mouvement social commun des luttes différentes mais proches.

                    La convergence des luttes est donc une manière de tenter de faire marcher ensemble différent secteurs, de les coordonner, de les synchroniser. C’est une étape importante dans le fait de constituer un front unique contre la politique gouvernementale, mais il s’agit fondamentalement d’une étape insuffisante.

                    Nous défendons l’idée qu’un comité national de grève puisse émerger et représenter une instance de débat et de coordination des différents secteurs en lutte, que cela permette de concrétiser cette jonction. Mais, surtout, nous défendons le fait qu’il ne suffit pas d’adjoindre les revendications les unes aux autres, comme dans un empilement accidentel. Une unification des luttes, ce n’est pas une addition, c’est une synthèse.

                    La lutte heurte un plafond de verre. Celui du traitement économiste et sectoriel de questions qui dépassent ce cadre. Restant dans l’idée de revendications -légitimes au demeurant- concernant les conditions de travail, celles-ci forment une riposte au coup-par-coup, une contre-offensive limitée.

                    Les syndicats ont leurs limites. Ils sont des outils de défense des droits des travailleurs, et dans ce rôle, sont irremplaçables. Mais la question qui se pose, à l’heure actuelle, n’est plus celle de l’adjonction de revendications nouvelles, mais bien celle de leur synthèse.

                     leur synthèse est politique, elle ne peut être que politique.

                    C’est  là la tâche des communistes, d’apporter cette synthèse politique, laquelle est le fruit d’un travail demandant une réflexion théorique et idéologique préalable.

                     Les réformistes le font d’une manière mensongère, en orientant les voix des ouvriers vers leurs organisations, en surfant sur la colère des masses pour gagner en postes et en sièges.

                    Quant aux trotskistes, un simple coup d’œil sur leur programme politique permet de déterminer la fausseté de leur pratique. Ces programmes « politiques » sont des programmes de syndicats : hausse des salaires, baisse du temps de travail… Au lieu de faire progresser la conscience politique des masses, ces organisations la maintienne en arrière, la rabaisse au niveau le plus platement économiste de la lutte.

                    Dans la bouche des syndicats, parler de hausses de salaires, de réduction de temps de travail, de nationalisations, tout cela est logique et cohérent. Dans celles des organisations politiques, elles sont des reculs et des diversions.

                    Les organisations politiques posent la question en termes politiques, ou se muent en échecs. Lénine écrivait que « hors du pouvoir, tout est illusion. » Or, c’est bel et bien le rôle des organisations politiques d’expliquer, de défendre, l’idée que seule la question du pouvoir est à même de résoudre les problèmes de la société. De défendre que le front uni, le front unique des travailleurs, ne peut que se créer derrière une conception politique -même minimale- commune.

                    La bourgeoisie n’a qu’a attendre. Elle est patiente. Elle peut tenir le choc des grèves et des mouvements, comme l’a fait Thatcher. Tant que le mode opératoire et les mots d’ordre demeurent économistes, rien de mal ne peut se passer. Le pire scénario serait d’avoir une opposition politique sociale-démocrate. Elle serait un marchepied, un paillasson, tout comme l’ont été Mitterrand et Hollande.

                    Une grève générale pourrait faire reculer certaines attaques. Mais l’unité de volonté de la bourgeoisie semble être de fer. La bourgeoisie veut remporter cette bataille centrale, celle du contrat de travail, celle de pouvoir faire travailler les exploités avec un revolver sur la tempe. Même la plus grande des grèves générales demeure défensive. L’offensive est politique. L’offensive se fait derrière l’idée que c’est la conquête des outils du pouvoir qui permet la victoire.

                    C’est pour cela que la bourgeoisie exècre la politisation des luttes. Elle exècre le fait que les masses puissent mettre en doute la légitimité de son pouvoir et de son ordre. La politisation de la lutte et le renforcement des organisations politiques révolutionnaires, des organisations de masse, des fronts, l’avancée de la conscience politique sont tout autant de menaces pour elle.

                    C’est pour cette raison, justement, que les questions politiques doivent être développées.

                    Le mouvement du 5 mai, maladroitement, derrière une ambition opportuniste et électoraliste, pose néanmoins la question de la politique. La France Insoumise, en effet, veut sortir de la lutte économiste, mais bel et bien pour fédérer celles et ceux qui sont en colère dans les rangs de leur organisation, pour que ceux-ci et celles-ci votent Mélenchon et l’acclament comme le tribun de la plèbe qu’il rêve d’être.

                    La question politique est pourtant légitime, tout comme l’est la question du pouvoir. Le gouvernement est un gouvernement au service de la bourgeoisie. L’Etat est l’instrument de cette même bourgeoisie. l’Assemblée Nationale est une chambre d’enregistrement des désirs de cette classe sociale. Les élections n’existent que pour la légitimer.

                    La question politique se pose donc, sous une forme qui est hors des cadres établis, qui est hors des salons, des institutions. Elle est dans le fait de réclamer, pour les masses, une légitimité. Une légitimité politique, basée non pas sur la démocratie bourgeoise, sur les élections organisées par celle-ci, mais sur la démocratie populaire, sur les assemblées de lutte, sur les assemblées générales organisées par les masses populaires. Elle est le fait de réclamer, comme le disait Mao, une fraction du pouvoir réel.

                    L’Unité Communiste de Lyon défend depuis fin 2016 la notion d’opposition extra-parlementaire. Une opposition hors des lieux et des cadres de la bourgeoisie. Une opposition dont le but n’est pas de concurrencer sur son propre terrain les organisations de cette classe, mais bel et bien de se réclamer comme un noyau légitime.

                    Car, la vérité, la voilà : les masses populaires produisent l’intégralité des richesses de la Terre. Les travailleurs, les travailleuses, sont celles et ceux qui sont les forces créatrices du monde. La bourgeoisie les en spolie et les spolie également du pouvoir. Or, ceux et celles qui produisent doivent être ceux et celles qui dirigent !

                    Cette question est cruciale, au final, car elle est ce qui sépare deux conceptions de la lutte. Une vue comme restreinte au cadre bourgeois et parlementaire, comme une prière adressée au gouvernement, aux députés, pour qu’ils et qu’elles abandonnent leurs attaques. L’autre vu comme le fait que la légitimité du pouvoir bourgeois est remise en question, et que l’édification d’un pouvoir populaire est le point central des luttes.

                    Même si une défaite apparaît, elle ne sera pas une réelle défaite si les organisations révolutionnaires ressortent grandies, renforcées, légitimées par leur action dans les luttes. Si le drapeau rouge de la révolution est plus présent, plus fort, si les idées révolutionnaires font leur chemin, alors c’est la bourgeoisie qui aura subit une défaite stratégique.

                    Politisons les luttes ! Dénonçons le pouvoir de la bourgeoisie ! Défendons l’opposition extra-parlementaire !

  • Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie II  : le déficit syndical

    Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie II : le déficit syndical

    Le déficit syndical.

    Partie II

    La syndicalisation, au sein de l’Etat français, est une courbe en cloche. En constante augmentation au cours de la première moitié du XXe siècle, elle s’effondre peu à peu. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : En 1949, environ 42% des travailleurs et des travailleuses sont syndiquées. En 1958, le taux descend déjà à 24%. Les années 70 voient apparaître une certaine embellie : 27/28%, puis, à partir des années 80, c’est la lente descente en enfer. 1988 : 15% ; 1997: 10%. Aujourd’hui, selon les sources et les méthodes de calcul, le taux de syndicalisation serait entre 8 et 12%. Or, le taux de syndicalisation et la force des grèves peut se corréler : le nombre de journées individuelles non travaillées descend au même rythme que le nombre de syndiqués.

    Les causes sont multiples. Une certaine déception vis-à-vis de la CGT, un sentiment de trahison par la CFDT. Des attaques idéologiques, des pressions, des menaces envers les syndicalistes, envers les syndiqués… Le fait également que le syndicalisme ouvrier est touché par la liquidation d’une partie de l’industrie, par la fragmentation des usines, par les délocalisations et les sous-traitances. Les mobilisations coûtent cher, également, et avec la baisse des salaires réels, il est difficile, sans solidarité, sans appui, sans garantie de succès, d’exiger de la part de travailleurs de perdre une partie de leur salaire pour des promesses.

    Le fait également que la CGT, suivant la trajectoire d’une PCF qui se fourvoie, se perd, s’étouffe, s’étrangle, tandis qu’en son sein, des professionnels, des carriéristes se hissent vers des fonctions importantes, se taillent leur royaume personnel.

    Les raisons sont multiples, mais les conséquences sont dramatiques. Des syndicats plus faibles, cela entraîne une phénomène d’auto-intoxication. La faiblesse limite la possibilité d’exercer un travail efficace, d’être protecteur, d’être offensif. Cette crise de confiance fait que les positions modérées, de droite, sont renforcées et jouent la carte de la compromission avec le patronat. Il en ressort que le cycle se répète. Comment appeler à autre chose que des journées d’action perlées, qui démoralisent, qui affaiblissent, lorsque le sentiment général, dans les Etat-major des syndicats, est que personne ne suivra ?

    La CGT, à l’heure actuelle, est dans ce cas de figure. Elle est paralysée, d’une part, par la montée d’une couche carriériste en son sein. Elle est victime de ses contradictions internes. Une sourde lutte, mais néanmoins particulièrement acérée, s’est faite entre les Unions Locales et les Fédérations. Les une représentant la réalité concrète de la lutte des classes dans un secteur donné, les autres étant victimes d’une force d’organisation corporatiste, privilégiant la parole de l’aristocratie ouvrière, des syndicalistes de carrière, des droitiers.

    Dans le cadre du reflux du mouvement ouvrier, ces fédérations ont, relativement, gagné en poids, tout comme les positions qu’elles défendent. Le manque de confiance que peut avoir la CGT en ses propres forces fait, sur lequel surfe la ligne trade-unioniste des fédérations, est une des raisons qui fait que le syndicat peine à se mettre en branle. Quant aux autres organisations syndicales, elles semblent dans l’expectative. FO a joué sur les deux tableaux, sa direction se compromettant, tandis que sa base s’est mobilisée. Solidaire demeure en retrait, dans une lutte de concurrence contre la CGT. Dans ce cas de figure, malgré son apparence de syndicat « gauchiste », Solidaire apparaît comme jouant la carte de la modération. Quant à la CFDT, elle déchante de son expérience du « dialogue » avec le gouvernement, mais demeure extérieure à la mobilisation.

    La solidarité entre les différentes branches professionnelles est aussi critiquable. Il n’existe pas de mot d’ordre commun aux manifestations des fonctionnaires et du privé. Les deux ont mobilisé leurs forces et les ont faites défiler, mais séparément. Une manière de ne pas prendre en compte la gravité de la situation.

    Les outils comme Front Social, qui tentent de pouvoir suppléer à ce manque de confiance, sont souvent traités en persona non grata. Il existe une méfiance importante à leur encontre, méfiance nourrie par certaines thèses plus ou moins fausses.

    La croyance, entretenue par le PCF, que ces assemblées sont dirigées par la France Insoumise, que ce sont des instruments de liquidation du syndicalisme, que ce sont des groupes noyautés par des organisations politiques vicieuses… les rumeurs sont légion. Pourtant, la tâche de Front Social n’est pas contradictoire avec le rôle des syndicats. Elle est même complémentaire.

    Elle permet de mobiliser dans un rythme qui est le sien, de créer un climat de mobilisation, de jouer un rôle coordinateur et, qui sait ?, peut-être directeur dans la lutte. Elle joue un rôle essentiel pour que la mobilisation ne soit pas intoxiquée, écrasée. Elle est un outil qui manque cruellement.

    Nombreux, nombreuses sont celles et ceux qui ont en tête des souvenirs de mobilisations massives et constantes. Le CPE, en 2006, reste la référence du type. Mais de nombreux facteurs font que la situation n’est pas comparable.

    La situation morale n’était pas la même. Aujourd’hui, le sentiment général est empreint de fatalisme, est miné par plus de dix ans de défaites successives. L’entrain, la combativité, semble être au plus bas. Si des facteurs contingents entrent en ligne de compte, aussi triviaux que la météo, d’autres existent.

    Qu’on le veuille ou non, la social-démocratie avait mobilisé ses forces à outrance. Elle avait été, de facto, l’élément dirigeant de cette lutte. UNL / FIDL / UNEF et d’autres relais avaient pignon sur rue. Son but final: gagner les élections. Aujourd’hui, cette social-démocratie a les dents usées, est décrédibilisée et n’est que peu tolérée dans les rangs des manifestations. Cela ne signifie pas qu’elle soit morte, car cet espace politique devient désormais l’apanage de nouvelles forces, comme la France Insoumise.

    Mais surtout, le climat n’était pas le même. Aujourd’hui, le sentiment général est que, en dehors des journées de mobilisation, globalement, il ne se passe rien.

    Si le corps de bataille demeure la classe ouvrière, demeure les travailleurs, ceux qui peuvent causer un réel dégât aux revenus de la bourgeoisie, d’autres force jouent un rôle. La jeunesse, notamment, est particulièrement absente de cette mobilisation. La jeunesse est ce qui a créé un climat de mobilisation, d’agitation, un climat de combat, un climat de solidarité, également.

    Lycées et universités n’ont pas connu de perturbation autres que superficielles. Aujourd’hui, plus d’un mois après la première date de mobilisation de grande ampleur, aucune des universités de l’Etat français n’est en grève.

    La aussi, le syndicalisme de lutte a connu une terrible hémorragie. Celle-ci est due à plusieurs aspects concomitants : Une responsabilité des organisations politiques, un changement générationnel et un échec à transmettre l’expérience.

    Les organisations politiques ont une responsabilité écrasante. Si certains, certaines s’y sont investies avec sincérité, si des organisations ont lutté pour faire des syndicats étudiants de lutte des fronts efficaces, l’inverse est aussi vrai. Nombreuses sont celles qui ont agit avec opportunisme autour de cette question du syndicalisme étudiant de lutte.

    Les uns en ne prenant aucune part au syndicalisme étudiant, en en restant en retrait, sous divers arguments. L’un des plus frappants est basé sur une analyse ouvriériste, laquelle, dans un contexte étudiant, ne manque pas de sel. Cette manière quelque peu dissonante de vomir les étudiants « petit-bourgeois », tout en en faisant partie est quelque peu cocasse, mais elle est malheureusement révélatrice d’une visions idéologique déformée et tronquée, basée sur le folklore et le paraître.

    D’autres en attaquant même ce syndicalisme, sous des prétextes antiautoritaires. Affaiblissant, par là même, toute possibilité de lutte. Celle-ci est l’apanage d’une ultragauche liquidatrice, laquelle, par son radicalisme de façade, se marie particulièrement bien avec certaines marges de la petite bourgeoisie.

    D’autres encore en utilisant les organisations syndicales comme des marchepieds de leur organisation, en les considérant uniquement comme cela. En les utilisant au mépris de la démocratie interne, au mépris de la nécessité d’un front syndical, pour les laisser exsangues et épuisées. Tel est ce qui est arrivé à Solidaire Etudiant – SESL – durant ces dernières années, où une véritable guerre interne s’est livrée entre une faction liquidatrice et une faction syndicaliste.

    Bon nombre de membres d’organisations bourgeoises, dont le Parti de Gauche, se sont servi sans ménagement du syndicalisme étudiant comme faire valoir ou comme marchepied. A la mairie de Grenoble, l’adjoint au maire est ainsi un ancien membre de la FSE Lyon, laquelle est devenue par la suite membre de solidaire. Ces opportunistes se sont servi du travail des unes, des uns, et des autres pour progresser dans l’appareil de leur organisation et devenir ainsi des professionnels de la politique.

    Le résultat parle de lui-même aujourd’hui, avec des forces qui semblent, malheureusement, bien épuisées.

    De fait, l’opportunisme a joué en plein son rôle. Les « ténors » ont conservé le monopole de la maîtrise des ordres du jour des mobilisations. Quittant les universités, ils et elles ont laissé un désert. D’autant que l’expérience de celles et ceux qui avaient dirigé plusieurs mouvements, qui avaient fait tout le travail invisible de mobilisation, s’est perdue.

    Liquidé, le syndicalisme étudiant de lutte est revenu quinze ans en arrière.

    Dans le vide créé, les cortèges de tête sont nés. Dans un sens, ils sont le corps informel qui unit, pour le moment, la jeunesse radicale, un certains nombre d’organisations politique et antifascistes, et, de manière sans cesse croissante, un certain nombre de syndiqués.

    Les cortèges de tête représentent l’émergence d’une nouvelle composante dans les manifestations. Ce cortège possède une double nature. Il rassemble à ceux et celles qui se veulent incarner la radicalité politique, mais également ceux et celles qui se veulent incarner la radicalité de l’action.

    Ce cortèges sont issus de l’influence du mouvement autonome, lequel a rengainé, en partie, son discours sectaire pour s’orienter vers une politique d’unité « K-ways et chasubles » avec les syndicats. Ce fléchissement est une manifestation d’une realpolitik à laquelle les autonomes se conforment. Malgré leur fond anti-organisation, bon nombre se sont rendus compte de leur incapacité à pouvoir mobiliser, de leur besoin de l’existence d’autres forces politiques et syndicales. Certains ont avancé politiquement, ont réellement progressé dans leur analyse de la situation. D’autres, en revanche, sont plus opportunistes.

    Le but d’une partie de ces autonomes est d’avoir des cortèges qui les protègent lorsqu’ils font leurs actions. Seuls, ils seraient écrasés par la police et la bac. In fine, ne pouvant avancer sur leurs forces propres, du fait de leur sectarisme, ils finissent par vivre au dépend de ceux auxquels ils sont hostiles. Cela donne parfois, ironiquement, un discours presque droitier, prêt à toutes les concessions pour obtenir de la masse dans les manifestations, dans le but de pouvoir poursuivre leur mode d’action.

    Mais là, nous commençons à toucher du doigt un des problèmes fondamentaux de notre situation politique : la question de la victoire promise. Car, dans la mobilisation, le but fondamental est la victoire. Or, quelle victoire peut être obtenue ?

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    Le « PCF(mlm) » un « parti » contre les masses.

    Difficile de ne pas attaquer ces drôles, lorsque de telles positions ridicules sont proférées, salissant le drapeau rouge de la révolution, salissant le maoïsme, salissant le marxisme-léninisme, salissant l’intégralité et l’ensemble du mouvement révolutionnaire, l’ensemble de son héritage, l’ensemble de ses figures et de ses acteurs.

    Le « PCF(mlm) » a beau publier des communiqués sur le Président Gonzalo et sur la Guerre Populaire Prolongée, difficile de voir la moindre trace de combativité dans ses écrits. Les dix points de son programme feraient rougir de honte et de rage tout membre actif du mouvement communiste international, tant ils sont du domaine du ridicule. Mais la suite vaut le détour. Quant à sa Guerre Populaire Prolongée, le « PCF(mlm) » la transcrit de la manière suivante dans ses écrits : Soutenir la police, soutenir la bourgeoisie, soutenir Emmanuel Macron, mais attaquer les communistes et les syndicats.

    Difficile, là aussi, de ne pas citer leur dernière vomissure, derrière quels arguments la secte justifie sa non-participation aux manifestations du 12 septembre : « Il y a deux manières de voir les manifestations contre la réforme du code du travail qui ont eu lieu hier à l’appel de la CGT.

    Soit on y voit une expression d’un mouvement social de secteurs protégés au sein d’un pays capitaliste développé, porté par un syndicat recevant un financement très important de la part des institutions dont il est à considérer d’ailleurs comme une composante. Soit on y voit une expression de la lutte des classes.

    Il va de soi que c’est la première manière de voir les choses qui est juste, et il faut relever de la petite-bourgeoisie pour s’imaginer que la seconde interprétation puisse avoir un sens.(…) Et les travailleurs en général savent très bien que les syndicalistes sont des corrompus et des opportunistes, doublés d’un culture de beauf les rendant insupportables. Qui va se mettre en grève un mardi du côté des masses pour participer à un tel folklore totalement inutile ? (…) C’est une insulte à notre époque, aux défis de notre temps. De près comme de loin, il n’y a rien à sauver, c’est entièrement condamné par l’Histoire : c’est une preuve que face au réchauffement climatique, pour la défense de la Biosphère, pour l’instauration d’une économie planifiée, pour la relance de la culture et des valeurs de civilisation, il faut un travail de fond dans les masses, avec les masses, et non se mettre à la remorque des syndicats, des cogestionnaires, des manifestations ritualisées. »

    Derrière la phraséologie gauchiste, une nouvelle fois, point le droitisme. Puisque rien n’est à sauver maintenant, ne faisons rien ! Voilà le mot d’ordre de celles et ceux qui ont déserté la rue et les masses depuis belle lurette, si tant est qu’ils s’y soient jamais aventurés. Nous aurions pu écoper cent mouvements, cent luttes, que nous n’aurions jamais pu les rencontrer pour nous expliquer avec eux. La pureté n’est pas de ce monde, et les Matérialistes non plus.

    Un exemple même de raisonnement fallacieux. Puisque la solution n’est pas parfaite, ils la rejettent en bloc, ils l’écartent et refusent de mener la lutte de ligne. Ils replient leur drapeau et retournent « embrasser des flics. » Ils ne tracent aucune ligne de démarcation entre ce qui est « à améliorer » et ce qui est « à combattre. » Ils rejettent la CGT dans les rangs de l’ennemi. Gauchisme, toujours, prétexte à la ligne de droite : ne rien faire.

     Nous aurions pu leur rappeler cette citation de Mao : « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. »

    La culture du « il faut », la culture du « un jour » la culture de l’utopisme et du crachat facile. Si nous suivions leur ligne, il nous faudrait rentrer dans nos chaumières et attendre. Ne pas participer aux grèves, ne rien faire. Espérer qu’un messie naisse, espérer toujours et sans fin, comme dans n’importe quelle religion, comme dans n’importe quelle secte.

    L’Unité Communiste de Lyon est fière d’avoir dans ses rangs des militants et des militantes de la CGT. Elle est fier de savoir qu’ils mènent une lutte de ligne contre les tendances opportunistes et réformistes de ce syndicats. Elle est consciente que cet outil n’est pas parfait. Mais il existe. Et, contrairement à la « ligne de masse » liquidatrice du « PCF(mlm) », cet outil possède une action sur la société, une action sur les événements. Leur culture de « beauf », ciblée par le prétendu-parti leur sert d’argument massue.

    L’argument culturel sert ici de justification à tout et n’importe quoi. « Mais une telle alliance de la CGT et de l’ultra-gauche, des merguez et des kebabs, du pastis et de la cannette qui est lancée sur la police, est totalement hors-jeu historiquement. » Comment comprendre cette phrase ? Tout lecteur objectif ne peut que se demander si nous ne rentrons pas dans une performance littéraire plus qu’un texte militant. Au loin, point même une lueur de racisme, qui flamboie.

    Si les masses n’ont pas une pratique parfaite, si les organisations syndicales ont une direction droitière et bourgeoise, à qui peut-on en imputer la responsabilité, si ce n’est à notre faiblesse dans la lutte ? Si la CGT dévie, c’est au communistes de combattre cette déviation, non de se mettre en retrait et de cracher leur venin.

    Mais les masses, les travailleurs et les travailleuses, eux-mêmes, elles-mêmes, ne sont pas à la hauteur des désirs du « PCF(mlm). »

    Cette même ligne qui crache sur les ouvriers, les insulte, les injurie, sans vouloir prendre part aux organisations de masse de la classe ouvrière, en restant à l’orée des usines. Cette ligne leur a fait écrire ceci le 27 avril 2017 : « Les ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens n’ont pas été à la hauteur du mot d’ordre «¡No pasarán!»

    En acceptant hier la présence de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens, les ouvriers de cette usine qui va fermer ont été en-dessous de tout. Quelle honte ! » Belles et sages paroles. Est-ce là leur vision du maoïsme ? Est-ce là leur regard sur les masses ?

    Lorsque nous lisons leurs communiqués, comment ne peut pas penser au communiqué qui nous cible, et appliquer à eux-mêmes leur propre médecine : « Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. »

    Chaque position du « PCF(mlm) » est à l’avenant. Dès que l’opportunité de présenter une position répugnante se présente, ils s’en saisissent. Dès que quelque action que ce soit est faite, dès qu’un mouvement naît, il est immédiatement conspué par cette secte, car imparfait. Incapable de se saisir de la réalité, incapable de proposer quoique ce soit de correct, cette organisation agit comme le Renard dans la fable de la Fontaine, ne pouvant trouver à portée de main les fruits mûrs, qu’il envie : « Mais comme il n’y pouvait atteindre :

    « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. «  « 

    Voilà la base de leur aigreur contre notre organisation, voilà pourquoi, dans un même paragraphe, ils nous associent à Soral et Dieudonné. Rouges de honte d’être pris la main dans le sac de leur inconséquence, ils s’aigrissent et injurient leurs détracteurs.

    Voilà pourquoi nous avons donc eu l’honneur de leurs colonnes au travers d’un article sur la Corée du Nord.

    Parce que cette secte est un conglomérat qui essaie de justifier par sa peur panique du fascisme des positions réactionnaires. Elle traite la police comme un rempart pour défendre la République, alors qu’elle est l’outil premier de l’écrasement des masses. Elle traite les bourgeois comme des alliés dans un front uni, alors qu’ils sont les premiers bourreaux des exploités. Eux, trouvent grâce à leurs yeux.

    Mais en revanche, des ouvriers, des travailleurs, des exploités qui ne seraient pas assez révoltés, assez révolutionnaires, assez végan, assez straight edge. Comble du comble, ils n’auraient pas assez la culture prolétarienne pour être digne d’être dans le grand parti « PCF(mlm) ».

    Voilà pourquoi nous les avons cités. Nous maintenons ce choix. Eux nous ont répondu, avec leur coprolalie habituelle. Mais à frapper trop vite, le paladin de la pureté dérape et tombe.

    Dans leur attaque contre l’UCL, dans leur tentative de nous faire endosser la tunique de Nessus et de nous faire passer pour des réformistes, le « PCF(mlm) » échoue. Il échoue même à faire un communiqué correct sur la Corée !

  • Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Que chaque force politique ou syndicale ait une stratégie, cela va de soi. A l’exception de celles et ceux qui se complaisent dans le suivisme intégral -il y en a- il s’agit d’une des raisons fondamentale de l’existence des organisations et des groupes.

    Ces stratégies sont diverses et variées, elles reflètent les conceptions politiques et idéologiques de celles et ceux qui les mettent en pratique. Elles sont également diversement compatibles. Certaines se marient très bien avec d’autres, permettant la naissance d’alliances, d’autres, au contraire, sont antagoniques. Elles ne peuvent pas former de synthèse -même temporaire- et ne conduisent qu’à l’affrontement et l’anéantissement.

    Dans la situation actuelle, nous considérons qu’il existe une réelle urgence. L’offensive de la bourgeoisie, que nous avons détaillée dans notre brochure Le plan de la bourgeoisie, sera terrible. Elle concernera tous les aspects de la vie des travailleurs et des travailleuses, ainsi que des chômeurs, retraités et invalides. Ces attaques de fond sur les contrats de travail, sur le salaire, sur le niveau de vie, se traduira par une terrible vague de misère.

    Sous-estimer les ravages de cette offensive est grave. Certaines organisations ont tendance à le faire et à ne pas traiter la question de la lutte avec le sérieux nécessaire. Il s’agit d’une erreur. Mais lorsque certains tentent cyniquement de s’en servir comme d’un marchepied, quitte à causer sa faillite, une autre étape est franchie, celle de la trahison pure et simple.

    Que chaque organisation, que chaque courant politique essaie de faire triompher son point de vue au sein de la lutte, la cause est entendue. Là, encore, la cohérence règne. Le problème serait plutôt si le silence régnait au lieu du débat, et, surtout, du débat de fond. Mais les dirigeants des organisations et des mouvements qui sacrifient les luttes, en particulier les luttes aussi essentielles, pour se construire un petit promontoire, deviennent des ennemis de la lutte.

    Celle qui s’annonce est d’une importance qui dépasse la question des intérêts de telle ou telle clique de professionnels de la politique.

    Déjà, les vautours rodent.

    Force Ouvrière annonce clairement, sans ambages, son intention de trahir, en refusant toute unité le 12 septembre. Dernier coup de poignard en date, de la part d’un syndicat conçu comme fossoyeur des luttes, comme un fer de lance de l’anticommunisme.

    Le Parti Socialiste annonce sa volonté de rejoindre la lutte contre une loi qu’il a mise en œuvre lui même. Il tente de se recréer une virginité politique, après 5 ans passés à écraser les travailleurs et les travailleuses. Charognards parmi les charognards, ils attendent leur heure.

    Combien d’organisations syndicales et politiques vont jouer ce jeu de double face ? Nous l’ignorons.

    Toujours est-il qu’une légitime méfiance ne peut que résider en face de celles et ceux qui ne voient que leurs intérêts personnels au sein de la lutte.

    Il s’agit, malheureusement, de l’orientation que semble prendre la direction de  la France Insoumise, au travers du discours de Mélenchon, à Marseille.

    Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les militants et militantes qui s’engagent dans ce mouvement. Des militants et des militantes correctes, honnêtes, dévoués et sincères sont dans leur rangs, mais sa direction, quant à elle, est nettement plus sujette à caution. C’est ce que nous déplorons. La stratégie qui se met en œuvre est dangereuse, car elle n’engage pas seulement la personnalité et les désirs de la direction de la FI, dont nous n’avons que faire, mais elle a des répercutions sur la lutte sociale, sur l’unité et la force du mouvement de contestation. Elle agit comme un coin enfoncé dans le front contre les réformes de Macron, contre les attaques du patronat, contre l’abîme de misère qui nous contemple.

    Les batailles de chefs, les batailles de petites bureaucraties internes, pour des queues de cerises, ne nous intéressent guère en tant que tel, mais les répercutions qu’elles engendrent oui, car nous les payons. Les membres de l’appareil des organisations sont dans une tour d’ivoire. Ils ne sont pas les victimes des défaites. Les masses le sont, et, c’est là l’une des phrases emblématique du mouvement maoïste, nous devons « servir le peuple » et non « se servir du peuple. »

    Dans le cas de la FI, la stratégie que la direction prend est le reflet de l’origine politique de ses cadres. Au final, celle-ci est trustée par des professionnels de la politique, par des tribuns formés à la même école, partageant le même habitus de classe de membre de l’appareil d’Etat.

    Corbière et Mélenchon, pour ne citer qu’eux, ont tous les deux été formés à l’école du lambertisme, cette branche particulièrement chauvine et sectaire du trotskisme. L’un et l’autre ont été membres du PCI, dans lequel Lambert évoluait, et ont suivi sa voie, au travers de ses évolutions. Cela a laissé sa marque, a constitué leur fond politique. Celui-ci, mâtiné d’entrisme, de fractionnisme, d’avancées drapeau replié, ils ne l’ont pas renié un seul instant. Cette culture politique ne se marie pas particulièrement avec l’honnêteté politique, ni avec le fonctionnement démocratique au sein des organisations.

    La création de la FI, elle-même, est une parfaite illustration.

    Le Nouvel Observateur, dans un article intitulé La France insoumise : organisation cherche révolution ! met le doit sur cette ambigüité. Les chefs de la FI sont tous des dirigeants politiques issus du sérail, rompus à toutes les combines. Ce sont des professionnels. Ils entendent le rester, en formant, selon des méthodes éprouvées, une chape de plomb au sommet de l’organisation.

    Repousser la convention nationale, pour mettre fin au « blabla » dénigré par Jean-Luc Mélenchon, cela signifie reconduire, jusqu’aux calendes grecques, une direction qui dispose du contrôle absolu de l’ordre du jour et de l’appareil.

    Elle est une organisation prétendument horizontale, mais d’une opacité totale. Les procédés employés sont obscurs et indéchiffrables. Les comités de base, nommés groupes d’appui, le terme révèle leur nature non-décisionnaire, peuvent se réunir en convention, certes. Mais le pouvoir de ces conventions n’est défini nul par. Il demeure à la discrétion des dirigeants.

    La prise de décision est le fruit des groupes dirigeants uniquement, ou, lorsque cela va dans leur sens, du plébiscite. Dans la mesure où, si des décisions leur déplaisent, il reste la manne titanesque des 500 000 adhérents internet, prêts à faire fonctionner une démocratie du clic. La dizaine de milliers d’adhérents de terrain sont ainsi noyés par les invérifiables centaines de milliers de cyber-militants.

    D’autant que les plates-formes internet ressemblent à des listes de courses infinies, où chacun peut trouver ce qui lui plait. Mais la cohérence politique n’est pas au rendez-vous. Ni le démocratisme. A nos yeux, cette manière de fonctionner ôte toute parole aux militants et militantes de la FI. Ces plateformes sont censées être le reflet de la parole de la base, mais les positions de la FI sont pourtant des copies-carbones des ouvrages du chef, écrits longtemps en amont. Il est douteux de croire que spontanément, les positions de militants, majoritairement hostiles aux aventures militaires, s’alignent sur celles d’ouvrages aussi répugnants que l’ère du peuple et le hareng de Bismarck, lesquels sont véritables incarnations du social-chauvinisme agressif. Nous ne pouvons croire que les militants et militantes sincères s’alignent sur les positions d’individus comme Djorge Kumanovic, digne héritier des barbouzes de Mitterand et des réseaux Foccart. Et ce, tandis que retentit la Marseillaise, l’hymne de l’impérialisme français. Le maquillage à coups d’Internationale n’aura duré qu’un temps, l’heure est au chauvinisme le plus brutal, sur le dos des adhérents.

    Cette prétendue démocratie interne n’est qu’un prétexte à l’adhésion, au final. Elle n’est pas un débat, elle est un collier de chaines que doivent porter les militants et militantes de la FI.

    Car la démocratie au sein des organisations ne se nourrit pas de ces « plateformes. » Au mieux, cela se termine pas la mise en œuvre d’organisations criblées de fractions, sans unités, perdues par les affrontements entre cliques et entres chapelles. Au pire, celles-ci ne sont tout simplement pas écoutées, pas prises en compte. Elles ne sont pas plus démocratiques que la démocratie bourgeoise qu’elles prétendent remplacer ou améliorer.

    Cette direction n’a pas hésité à fonctionner en décrétant des positions, en imposant des choix correspondant aux désirs de celle-ci, dévoilant le fait que la démocratie n’est que de façade. Ainsi, au cours des élections, les militants de la FI et du PCF ont parfois œuvré en bonne intelligence. Localement, les comités de base ont choisi la voie de l’alliance par opposition à celle de l’affrontement. Cela ne correspondant pas à l’ordre du jour de la direction, celle-ci n’a pas hésité à court-circuiter des candidats que les comités de base avaient pourtant intronisés, en alliance avec d’autres forces.

    Pourquoi une telle attitude ?

    Cela car les dirigeants de la FI sont affamés de postes et de fauteuils.

    Mouvement sans bases d’appui, la FI n’a d’autre choix que de les prendre là où elle peut : sur le terrain de ses proches. Sa popularité, face au PCF moribond et face au PS marqué du sceau de l’infamie, le lui permet.

    D’autant qu’en 2012, le « combat des chefs » entre Mélenchon et Le Pen, a été un échec. Courageux mais pas téméraire, le chef s’est reporté sur une cible facile, où, au lieu d’avoir une bataille, il y aurait une victoire facile. Terne, mais efficace. Oublié le tonitruant discours du 14 mai 2012 sur les parachutés, sur les planqués. La bataille d’ensemble, le raz-de-marée a échoué, place à l’avancée, les dents serrées, en prenant les places des alliés de la veille.

    Ainsi, le choix de Marseille, où Jean-Luc Mélenchon fut parachuté, est illustratif.

    Cette stratégie de vampirisation de l’espace ne contribue pas à créer les bases d’une unité, même tactique, avec des forces qui ne cherchent qu’à s’imposer comme centre unique.

    Il est notable que la grosse tête de Mélenchon n’est pas une nouveauté. Celui-ci, ainsi, le 13 mai 2017, tweetait « Je rappelle aux antifascistes d’opérette que c’est moi qui ai gagné en justice le droit de qualifier Le Pen de « fasciste. » Les antifascistes sauront apprécier cette marque de respect. Mais tant que la portée des propos se limite à blesser les égos, tant qu’il s’agit de vantardise, les choses restent gérables.

    Mais lorsque la question s’étend à la lutte sociale, la tournure devient nettement plus aigre.

    Les discours de Jean-Luc Mélenchon, à la suite des législatives, entrent dans cette droite ligne. Se proclamant centre de l’opposition, déclarant ainsi le 18 juin 2017 « c’est notre groupe qui appellera le pays, le moment venu, à une résistance sociale. » La date et le contenu en disent plus qu’un long discours. La poignée de députés FI seraient le point d’encrage de la « résistance sociale », seuls contre tous. Qu’importe le vide de sens du terme, le résultat est là. Ni syndicats, ni partis opposés à la politique du gouvernement, ni rien. L’alpha et l’oméga, pour l’ »ex »-lambertiste, c’est son mouvement. Ni plus ni moins.

    Dans un effort de gymnastique mentale intense, ils réussissent même à revendiquer les abstentionnistes comme étant des alliés, comme faisant partie du même mouvement. Y compris lorsque ces mêmes abstentionnistes « dégageaient » l’ancien PS en même temps que les autres candidats. Or, la lutte terrible qui s’annonce se marie mal de cette politique autocentrée. Pourtant c’est bien cette voie que choisit le tribun.

    Lors du discours de clôture de leur université d’été, à Marseille, entre les 25 et 27 août, Mélenchon, avant que retentisse la Marseillaise, déclarait : « La vague dégagiste va reprendre et s’amplifier, elle a rendez-vous le 23 septembre. C’est le moment de venir, les gens, d’exprimer dans la démocratie de la rue, les leçons des élections que vous avez porté avec vos bulletins de vote et par l’abstention. » Manière particulièrement dérangeante de présenter les choses. En effet, la CGT et les organisations syndicales d’une manière générale, Front Social et la plupart des organisations politiques prennent comme date le 12 septembre. Jean-Luc Mélenchon décrète, quant à lui,  que le 23 septembre sera le point de départ de la lutte. Il s’agit d’une dangereuse manière de faire cavalier seul.

    Pour se placer au centre, les dirigeants de la FI se doivent de renier toute légitimité, voir toute existence aux autres forces. Cette conception sectaire, nous ne la connaissons que trop bien, hélas. A l’inverse, ce que ciblent d’ailleurs plusieurs communiqués, des comités locaux se sont emparés sans ménagement de cette date de lutte, pour en revendiquer la paternité, nous reviendrons dessus par la suite.

    Le 23 septembre n’est pas une date anodine. Elle est la « journée de la paix », journée impulsée et investie par la Némésis de la FI, le PCF. L’espoir de la direction de la FI, c’est d’apparaitre seul, tandis que ses concurrents sont occupés ailleurs.

    Ce comportement n’est pas seulement détestable, il est dangereux. Il est dangereux car il table sur la liquidation de toutes les organisations politiques et syndicales qui ne lui sont pas directement inféodées. Elle table sur le fait de tout broyer pour rester seul récipiendaire des lauriers de la victoire.
    Sauf que, sans mobilisation unitaire, sans sincérité, il n’existera pas de victoire.

    Les élucubrations marseillaises de JLM laissent un goût de cendre en bouche, un goût amer, entretenu par l’idée que la mobilisation sur la loi travail risque de se faire sur deux fronts : contre le gouvernement et contre les récupérateurs assoiffés de postes et de mairies.

    L’attitude de Jean Luc Mélenchon, en vérité, est celle d’un liquidateur, prêt à tout pour s’imposer, quitte à faire payer aux masses le prix le plus fort. En ce sens, il opère un juste retour auprès de ses sources d’origines, le trotskisme. Il ne désire rien plus que l’effondrement de la CGT, du PCF, de toutes les organisations qui sont sur le même créneau que lui. S’il ne se hisse que sur un champ de ruine, celui lui conviendra.

    Si il faut marcher seul, il le fera, car c’est là son gagne-pain, là sa carrière.

    Déjà, ses lieutenants ont manœuvré pour instiller la méfiance entre la CGT et Front Social. La CGT ressent comme une tentative de l’affaiblir la naissance de ce front. Comment la blâmer ? C’est bel et bien ce que les fidèles de Mélenchon ont à l’esprit en s’y investissant. La CGT apparaissant comme un bastion du PCF -ce qui n’est pas faux en soi- la direction de la FI impulse une ligne qui vise à ne pas marcher avec elle, voir même contre-elle, pour ne pas donner le moindre grain à moudre au PCF. Lorsqu’elle « marche » avec la CGT, la situation n’est pas forcément plus joyeuse. Ainsi, les Communistes Libertaires de la CGT – une émanation de Alternative Libertaire, se sont feint du communiqué suivant :

    Mélenchon piétine l’indépendance de la CGT

    samedi 26 août 2017

    La France Insoumise se prend maintenant pour la grenouille qui avale le bœuf !

    Nous avons pendant longtemps défendu pied à pied l’indépendance de la CGT vis-à-vis du PCF. Puis le délitement du PCF nous a conduits à défendre l’idée que l’indépendance vis-à-vis d’un parti ne veut pas dire apolitisme. Nous défendons l’idée que la CGT doit inscrire son activité dans une perspective de révolution sociale et dans le respect du pluralisme des sensibilités politiques qui partagent le mouvement le mouvement ouvrier.

    Alors quand les militants de Mélenchon veulent imposer leur calendrier et leur leadership sur le mouvement social et la CGT en entretenant une confusion complète (voir l’affiche ci-joint), nous sommes encore debout contre de telles pratiques !

    Une mise au point du Bureau confédéral devient nécessaire devant la multiplication de ces pratiques par des militants FI !

    L’affiche incriminée a de quoi, en effet, entraîner cette réaction épidermique. Entre le bleu-blanc-rouge, les portraits de Mélenchon, toute l’iconographie de la FI y passe. Cependant, le macaron de la CGT achève de créer un effet douteux  d’OPA hostile.

    Pourtant, hormis ces quelques agents, Front Social n’est pas un front visant à saper la CGT, mais au contraire, à permettre une dynamique unitaire, plus large, plus puissante. La nécessité de ce front est pourtant largement comprise.

    Dans les « cortèges de tête » de la lutte de 2016, même les mouvances autonomes, pourtant rarement pro-CGT, appelèrent au cortège de « K-ways noirs et chasubles rouges », manière de promouvoir une unité d’action large entre syndicats, forces politiques radicales et groupes variés.

    Nous ne doutons pas que ces idées puissent faire leur chemin dans la large majorité des esprits, au cours des débats et des discussions qui peuvent avoir lieu lors de la construction de ce mouvement. Nous ne doutons pas qu’une large majorité de militants et militantes FI s’y rallient et en sont convaincus.

    Mais nous redoutons que la direction liquidatrice de la FI l’emporte et poursuive ce jeu dangereux, nous redoutons qu’elle ne sabote purement et simplement le travail unitaire pour sacrifier la lutte sur l’autel de ses petits intérêts.

    Nous redoutons cela, car c’est ce qui transparait des messages de Mélenchon, ce qui transparait de ses discours, ce qui transparait de sa stratégie de lessivage de ses alliés.

    Nous pensons que cette lutte à un caractère hautement stratégique, et qu’elle ne peut être le théâtre de cette comédie ridicule.

    Nous pensons qu’une grande part des militantes et des militants de la FI feront le bon choix, le moment venu. Celui de la lutte sincère et unitaire. Mais nous espérons que cela leur ouvrira les yeux sur la direction de son mouvement, et qu’ils sauront en chasser les éléments opportunistes et carriéristes, dussent-ils en être les fondateurs et les animateurs principaux.

    Dans la lutte stratégique qui s’ouvre, il n’est possible de n’avoir qu’une seule stratégie : celle du combat sans esprit de recul, sans esprit de capitulation et de négociation.

    Ceux et celles qui luttent contre cette loi doivent ne former qu’un seul rang, une seule ligne de front. Cela n’éteint pas les divergences, les désaccords, les conflits, les hostilités en fonction des clivages politiques internes.

    Il s’agit d’un phénomène normal au sein d’une lutte. C’est ainsi également que la conscience politique évolue, dans le creuset des débats, dans la bataille d’idées, dans les échanges. Nous même ne cacherons pas notre idéologie ni notre drapeau, de même que nous invitons chacun des acteurs à faire de même.

    Mais ce qui ne se marie pas avec la lutte, c’est la cuisine secrète, les manigances, la mesquinerie et la fourberie, dont certains courants et certaines idéologies sont coutumières. Ceux-là n’ont pas leur place dans nos rangs. Ils n’ont de place qu’auprès des bourgeois et des exploiteurs, à quémander des miettes et des postes.

    La lutte commence ! Menons-là jusqu’au bout !

  • 12 Septembre – Mobilisation !

    12 Septembre – Mobilisation !

    -Avec les Syndicats – Avec Front Social – Avec les organisations combatives-

    -Toutes et tous dans la rue-

    Depuis son élection, Emmanuel Macron a été d’une efficacité redoutable pour plaire à ses maîtres : les exploiteurs. Son gouvernement mène la politique la plus réactionnaire, la plus antisociale, la plus anti-travailleurs depuis la Libération. Ses attaques débridées se muent en véritable Tsunami contre les droits des travailleurs et des travailleuses, tandis qu’il couvre de mille cadeaux ses commanditaires.

    L’offensive Macron, cela signifie la fin du Code du Travail. Désormais, l’employeur devient un seigneur absolu : horaires, salaires, contrats, plus rien n’a de valeur. Seule sa voix compte.

    La fin des possibilités de défense pour les travailleurs. Les Prudhommes, déjà affaiblis, sont dans l’impossibilité de pouvoir défendre les exploités. Si un patron commet un acte illégal, il n’a quasiment plus aucune chance d’être condamné.

    Contourner les syndicats : en imposant des référendums d’entreprises, véritables parodies de démocratie, mais vraies guillotines à droits sociaux.

    La fin des assurances chômage et maladie : désormais, le gouvernement et l’Etat peuvent utiliser les cotisations sur le salaire des travailleurs comme bon leur semble. Moins de médicaments pour les seniors, mais plus de bombes pour l’armée.

    La destruction des aides sociales, comme les APL, rendant la vie encore plus chère et la misère plus proche.

    La baisse majeure des budgets de l’enseignement national et supérieur : Désormais, pour étudier convenablement, il faudra passer par la caisse. Ce cadeau fait au privé et aux entreprises se paie cher pour les classes populaires.

    La baisse des budgets des collectivités locales : pour des crèches, des associations, des centres aérés, des activités locales associatives, il sera nécessaire de payer chaque fois plus.

    La guerre, la guerre, toujours la guerre ! Même si le budget de l’armée baisse, ses missions continuent et s’étendent. La guerre pour AREVA, la guerre pour TOTAL, la guerre pour BOUYGUES ou LAFARGE. La guerre pour les profits des bourgeois, payés par notre sang et nos deniers, pour maintenir la domination tricolore dans le monde.

    En colère ? Gare ! Le contrôle renforcé permis par l’Etat d’urgence et son intégration dans le droit commun permet de stopper préventivement les mobilisations, d’assigner à résidence les gêneurs, d’interdire les manifestations, de créer toutes sortes d’embûches pour nuire à toute volonté de défense des droits des classes populaires.

    Mais tout n’est pas noir dans son projet. Une poignée de bourgeois est ravie de savoir que ses impôts seront allégés, lorsqu’elle daigne les payer ! Les patrons seront ravis de plonger dans la misère leurs employés pour gonfler leurs profits !

    Macron c’est la dictature intégrale de la bourgeoisie sur les travailleurs.

    MOBILISONS-NOUS !

     Le 12 septembre, la CGT et les autres syndicats combatifs, ainsi que Front Social et de nombreuses organisations politiques appellent à se mobiliser massivement, à descendre dans la rue.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre cette mobilisation, à l’intensifier, à l’unifier le plus possible. Elle doit se montrer à la hauteur des enjeux.

    La mobilisation dans la rue est notre seule arme, il n’existe aucune réelle opposition institutionnelle. L’Assemblée, le Sénat, les institutions sont aux ordres des exploiteurs. Nous devons nous mobiliser en ne comptant que sur nos propres forces, tant contre ces réformes, mais également pour qu’existe une véritable opposition extra-parlementaire.

    Cette bataille est cruciale. Si les projets du gouvernement aboutissent, les répercussions seront terribles ! La baisse programmée des salaires entrainera une misère terrible. Précarité, absence d’aides sociales, absence de soins… Le programme de Macron est celui du passé, le retour des effrayants tableaux du XIXe siècle.

    La programme Kamikaze de Macron, c’est la recette de l’implosion sociale.

    Même pour les bourgeois, l’avenir n’est pas rose. Sans argent, qui consommera les productions des usines ? De moins en moins de personnes. La crise généralisée guette, le ralentissement économique et l’asphyxie menacent.

    Le programme de Macron, c’est la crise économique.

    Cette impasse, c’est l’impasse du capitalisme. C’est l’impasse de l’avidité, du comportement de charognard des exploiteurs. C’est une impasse sociale, une impasse politique.

    Les communistes ne veulent pas sauver le système capitaliste. Il a fait son temps.

    Seule une étape nouvelle, supérieure, ôtant le parasitisme d’une poignée de bourgeois inutiles, peut permettre à l’humanité d’avancer vers une société profitable pour tous.

    Une société où le chômage est aboli.

    Une société où les soins sont accessibles à tous et toutes.

    Une société où l’éducation est de qualité, où chacun peut poursuivre des études sans contraintes financières.

    Une société où ce n’est pas l’alimentation, le logement, les frais de transport qui captent la plus grande majorité du budget des ménages.

    Nous voulons bâtir cette société, la société communiste.

    L’Unité Communiste de Lyon se bat, au côté d’autres organisations et groupes, pour construire le Parti Communiste capable d’organiser les exploités et de construire le mouvement révolutionnaire, à même de balayer les exploiteurs et leurs valets.

    Avançons dans la lutte, pour la victoire ! Osons lutter – Osons vaincre !

    Rejoignez les militants de l’Unité Communiste de Lyon dans le cortège de Front Social !

  • Menace sur les APL

    Menace sur les APL

     

    Menace sur les APL: le gouvernement affame les plus précaires.

    L’idée ne date pas d’hier.  Après avoir germé durant le quinquennat précédent, l’idée de baisser les APL, pour in fine les supprimer, est désormais annoncée. Une nouvelle fois, la clique de bandits macronistes frappe, et frappe fort.

    Depuis quelques jours, cette opération occupe le devant de la scène. Elle commence par une baisse de 5€ par mois. Cette première baisse s’appliquera en octobre, par la suite, le gouvernement compte l’amplifier pour la doubler puis la tripler.

    5€ nous dit-on, ce n’est pas grand chose. Mais 5€, dans le budget resserré d’une personne étranglée par la pauvreté, cela n’a pas la même valeur que pour un bourgeois. Pour les uns, c’est un pourboire, pour d’autres, ce sont des choix cruciaux.

    Nombre de tweets et de publications dans les réseaux sociaux se sont empressés de fournir une illustration concrète de ce que signifie cette somme :


    Ce tweet de Merry Laballe, en date du 24 juillet 2017, illustre parfaitement l’attaque qui est faite aux précaires, aux personnes en difficulté, aux étudiants. En tout 20% des ménages bénéficient de ces aides, 20% de la population n’étant pas en mesure d’envisager sereinement l’avenir.

    Ce n’est pas un maigre droit que l’on retire à ces individus, même si pour certains ou certaines, qui ne connaissent pas le sens du labeur, pour qui la misère est une abstraction, cette liquidation n’a rien d’important. Comment, notamment, ne pas penser à la députée LREM Claire O’Petit, qui a ainsi expliqué que c’était « ou ça, ou on augmente les impôts »- impôts auxquels la bourgeoisie échappe- en enchainant avec : « Mais bon sang, allez voir ailleurs… Ça va messieurs dames. Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? »

    Passons sur le cynisme affiché de ces députés, lesquels ont le mérite, il est vrai, de dire ce qu’ils pensent sans langue de bois. Intéressons-nous à l’argumentaire.

    Le perpétuel couteau économique, placé sur la gorge du prolétariat est plus qu’évident ici : «ça, ou augmenter les impôts », menace permettant de séparer en deux  la population : les pauvres, profiteurs, opportunistes, toujours à l’affût de l’aide sociale ; la brave classe moyenne, écrasée par l’impôt, devant se saigner pour entretenir la plèbe oisive. Une manière d’exciter les uns contre les autres.

    En second lieu, nous retrouvons également cette déconnexion totale et intégrale de la part de la bourgeoisie de ce que signifient la vie et le travail des masses prolétariennes. 5€, ce n’est pas qu’un « tacos », pas qu’une « pinte », pas qu’un loisir. Pour certains, pour certaines, c’est le sacrifice d’un rare loisir, le sacrifice d’un peu de qualité de vie…Toute action impactant le budget d’un ménage modeste entraine une réaction sur sa qualité de vie, voire même sur sa possibilité à faire face aux dépenses courantes.

    Cette mesure est un marché de dupe. Son intérêt est double pour la bourgeoisie :

    Sous prétexte de faire des économies pour l’Etat, les APL, lesquelles « coutent en tout 18 Milliards d’euros par an au Budget de l’Etat » sont ciblées. Une baisse de 5 euros par mois et par ménage représenterait ainsi une économie mensuelle de 32,5 millions d’euros, soit 97,5 millions sur les trois derniers mois de l’année en cours.

    « Dépenser moins« , pour l’Etat, c’est une manière de réaliser un tour de passe-passe.

    C’est une manière de retirer une partie du salaire réel des travailleurs.

    En réduisant les dépenses de l’Etat, le gouvernement prétend ainsi réduire la ponction opérée par les impôts. Il se présente ainsi en porte étendard du pouvoir d’achat, en agent grandiose du retour des richesses usurpées.

    Or, l’impôt, qui finance les APL, tout comme les charges finançant les retraites, l’Assurance Maladie ou l’assurance chômage, redistribue cet argent. Certes la bourgeoisie y échappe, par milles manigances, mais dans son principe, ce système contribue à une redistribution moins injuste.

    Ce système contribue à une forme de salaire élargi, comprenant les bénéfices retirés de l’accès à ces droits sociaux et à ces services.

    Rendre l’argent aux contribuables, ne plus « ponctionner » les salaires, revient en fait à accroitre les inégalités. Pour une poignée d’euros en plus sur le salaire, fondés à être dépensés dans la consommation, la perte de salaire réelle est immense.

    De l’autre côté, les cadeaux se multiplient envers les riches, comme des annonces de réduction de l’ISF.

    Ce n’est qu’un début

    Les APL sont dans le collimateur des gouvernements depuis un certain temps, ainsi en juillet 2015, la commission des finances du Sénat déclarait : « Du point de vue de leur gestion, les aides se présentent par ailleurs comme une prestation coûteuse. Fondées sur un barème excessivement complexe, elles mettent en œuvre des règles d’abattement et de neutralisation visant à tenir compte des variations de revenus et d’activité des bénéficiaires, qui sont à l’origine d’un montant significatif d’indus : 43 % du total des indus identifiés en 2013 par les caisses prestataires, soit 1,57 Md€. Pour la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), qui en verse la quasi-totalité, elles représentent un coût de gestion que l’on peut estimer à environ 600 M€, soit 3,5 % de leur coût total. Ces prestations engendrent par ailleurs une fraude qui peut être estimée à environ 280 M€, soit 28 % du total des fraudes détectées par la CNAF… »

    Dans la bouche des bourgeois, « fraude » signifie « arrêt de mort », sauf lorsqu’elle est accompagnée du terme « fiscale. » Cette volonté de liquidation n’est pas toute neuve, mais elle n’est pas non plus isolée.

    Cette mesure, envisagée depuis longtemps par les cabinets de conseil et autres commissions ministérielles de la bourgeoisie, avait tardé jusqu’ici à être mise en place. En effet, en rognant sur la solvabilité des locataires, elle se heurte aux intérêts d’un secteur particulier du capitalisme français, mais néanmoins très importants : celui de la spéculation immobilière.

    Certes, il est vrai que les APL engraissent en partie l’inflation des loyers. Les propriétaires et les agences s’en servent pour se goinfrer d’argent public. Mais l’argument s’effondre, miné par l’hypocrisie d’un gouvernement intégralement à la solde de la bourgeoisie.

    Car, lorsque interpellé sur le sujet, le gouvernement a annoncé ne pas vouloir légiférer sur une limitation des loyers, pour ne pas pénaliser les propriétaires -qui vivent parfois en rentiers et en parasites, entretenant un parc de logements vides pour maintenir la spéculation immobilière.

    L’immobilier français est déjà à la peine depuis quelques années, et ses difficultés risquent d’être amplifiées par la baisse des dotations aux collectivités territoriales, qui assument en pratique une part essentielle des projets des promoteurs.

     S’attaquer aux APL, ce n’est pas anodin. C’est la mise en place, dans les années 70, des APL (en lieu et place de l’ancien système d’aide à la pierre) qui avait à l’époque ouvert la voie à la flambée de l’immobilier. Il est difficile de mesurer à l’avance les conséquences d’une mesure de ce type. La spéculation immobilière joue en effet un rôle absolument fondamental, ici comme dans tous les principaux pays capitalistes.

    En France, la seule bulle immobilière a tiré à bout de bras la « croissance » pendant des années. Un bien immobilier, c’est une garantie qui permet aux ménages, aux entreprises, aux Etats et aux banques d’emprunter, de s’endetter. Que la valeur de leur bien s’effondre, pour cause d’éclatement de la bulle immobilière, et ils n’auront plus de garantie, ils ne seront plus solvables, et risquent la faillite pure et simple. Et cette faillite peut engendrer des réactions en chaine, étant donné le fonctionnement instable du capitalisme financier.

    Aux Etats-Unis, c’est le retournement en 2006 du marché immobilier américain qui avait provoqué la crise des subprimes et avec elle la crise de 2008 qui avait déstabilisé le capitalisme mondial. Nous verrons prochainement si la rapacité aveugle des capitalistes français, et si la politique à courte vue des gouvernements à leurs ordres ne finira pas, en définie, par se retourner contre eux-mêmes.

    Elle s’inscrit également dans une volonté de supprimer les concessions accordées aux classes laborieuses. Elle s’inscrit dans l’offensive généralisée et débridée contre l’ensemble des conquêtes sociales.

    Elle forme l’un des fronts d’attaque, dans la bataille d’anéantissement que veut provoquer le gouvernement.

    La nécessité de la Lutte

    La récente réaction du gouvernement face aux réactions quant à sa réforme ne peut que nous encourager à poursuivre dans le sens de la lutte. En effet, furieux de son impopularité, Le président Macron aurait déclaré à ses troupes que la baisse des APL était d’une « Connerie sans nom ». Une réaction qui tranche avec l’attitude d’arrogance de ses sbires.

    Mais aucun projet ne se retire sans combat. Nous aurons à protéger nos droits de la même manière que nous les avons obtenus :

    Par la lutte.

    Macron a raison d’attaquer en été, quand les travailleurs, quand les travailleuses se reposent. Mais cet été est sous le signe de la préparation intense de la lutte.

    Front social a multiplié les initiatives pour mobiliser la population. La CGT et les syndicats combatifs se préparent.

    La lutte s’annonce, cruciale et sans répit.

    La contestation de pacotille, à l’Assemblée, ne suffira nullement. Au mieux, elle n’est qu’une tribune du refus. Bien souvent, elle tourne à la farce, à la bouffonnerie, incapable de briser le quatrième mur : le fait de déclarer que la démocratie bourgeoise est la dictature des capitalistes.

    Ce n’est que dans la rue, par l’occupation de lieu de travail, par la grève que nous réussirons à imposer un coup d’arrêt à ces réformes.

    Le 12 septembre, la CGT déclenchera les hostilités, nous devons rejoindre et investir nos forces dans le Front Unis contre le Gouvernement Macron et l’offensive bourgeoise !

    LUTTONS AUJOURD’HUI POUR NOUS DROITS.

    DEMAIN CONSTRUISONS NOTRE POUVOIR !