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  • Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1956

    Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1956

    Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique

    1956

    La question du XXème congrès du PC(b)US est une question plus que centrale. Elle représente, en quelque sorte, un point de bascule, le point à partir duquel le camp socialiste se fissura, se fragmenta, et, pour finir, se scinda.

    Aujourd’hui, nous produisons deux textes, l’un de Neil Goold militant communiste irlandais; l’autre de Moni Guha, militant indien. Les deux sont intéressant à plus d’un titre, notamment du fait de leur précocité, puisqu’ils furent l’un et l’autre publiés en 1956.

    Nous reproduisons ici la préface qui présente les deux documents.

    Les thèses du Vingtième Congrès du PCUS en 1956 ont gagné l’appui non seulement d’un certain nombre de partis, qui plus tard s’en sont distancés eux-mêmes en partie. Le Parti Communiste de Chine, le Parti Communiste du Vietnam et le Parti des Travailleurs de Corée mais aussi le Parti du Travail d’Albanie, lequel a mené le combat contre les positions du PCUS de l’intérieur du Kremlin lui-même à la réunion des 81 Partis Communistes et Ouvriers en 1960. Par la suite, il a étendu cette lutte pour embrasser la gamme entière du révisionnisme moderne.

    Dans ce contexte les articles de Neil Goold et Moni Guha représentent un accomplissement substantiel. Encore plus car les deux critiques ont été publiées à la suite du Vingtième Congrès et furent mis sous presse avant la publication du ‘Rapport Secret’ de Khrouchtchev dans le ‘New York Times’ en juin 1956.

    L’article de Neil Goold est tirée du livret comprenant trois articles de sa main intitulés ‘Le vingtième Congrès et Après’, lequel fut réimprimé par la maintenant défunte organisation Communiste Britannique et Irlandaise en 1973. Neil Goold était un Irlandais qui a vécu et travaillé en Union soviétique de 1929 aux années 30 et qui a épousé une russe. Il devint un communiste et a soumis sa demande pour devenir membre du PCUS. On lui a suggéré qu’il devait retourner en Irlande et rejoindre le Parti communiste d’Irlande. Il était actif dans le PCI de 1937 à 1939, lorsqu’il fut interné dans le camp de concentration Curragh au début de la guerre. À sa sortie de prison il s’est opposé au CCPP, pour s’être audissous lui-même, sa direction n’étant pas préparée à mettre en œuvre une politique internationaliste d’appui pour le front uni contre le fascisme, après l’invasion par les nazis de l’URSS en 1941. Une telle politique serait allée à l’encontre de la politique de neutralité de Valera, qui était compatissante à l’idée d’une alliance avec l’Allemagne Nazie contre la Grande-Bretagne. Au début des années 1950 Neil Goold était actif dans la Connolly Association à Londres où il est entré en conflit avec l’opportunisme de C. D. Greaves. En avril, 1956 il a publié l’article publié ci-dessous. L’année suivante, ayant rétabli contact avec sa femme et son fils, il est retourné en Union soviétique.

    En 1956 le Parti communiste de l’Inde au Bengale Ouest a été divisé en deux sections, les Dangeites qui étaient les avocats de la Démocratie Nationale et un deuxième groupe qui a soutenu la conservation du programme de la Démocratie Populaire. Le rapport de Khrouchtchev a été accueilli par les partisans de Dange et fut opposé par les Anti-Dangeites. Face à une vague de ressentiment parmi les rangs, le CCPP a à la hâte organisé une réunion du Corps Général

    La direction des deux groupements a réduit la question du Vingtième Congrès à un simple question de soutien ou d’opposition à Staline. C’était Moni Guha, avec quelques camarades, qui ont protesté contre cette méthode de présentation de la question et trouve en ceci la signification politique et idéologique: ils ont argumenté que le point centrale de la charge était les principes et l’idéologie du Marxisme-Léninisme. Dangeite et anti-Dangeite ont fait front commun contre cette interprétation. ‘Un Comité pour la Défense du Marxisme-Léninisme et de Staline’ a été formé sur l’initiative de Moni Guha et un prospectus a été distribué parmi les communistes dans lequel il a été explicitement soutenu que ‘le 20ème Congrès est le Congrès du Révisionnisme et il doit être battu comme Lénine s’est battu contre la Seconde Internationale et la Sociale Démocratie’ (Cette ligne a été incorporée dans la Préface du livre ‘Vingtième Congrès et Staline‘). L’agitation avait un impact tel que la direction du CCPP a été contrainte d’organiser un forum ouvert. Mais ce forum fut publié dans ‘Parichaya’, un magazine littéraire qui était pratiquement contrôlé par le groupe Dangeite. Le premier article du forum ouvert a été écrit par Saroj Acharva, un intellectuel Marxiste renommé, défendant le Vingtième Congrès et diffamant ‘la méthode mécanique sans vie de Staline’. Le deuxième article, celui de Moni Guha dénonçait le 20ème Congrès comme le Congrès du Révisionnisme et soulignait le besoin primordial de le combattre. Le troisième article était de Abdul Momin, victime de la période Ranadive, ex-secrétaire-général du B.P. T U. C., ex-membre du Comité Provincial du CCPP et la figure légendaire de la Grève Carter Calcutta. Il doit être noté que les Camarades Moni Guha, Momin et Satya Gupta (un fonctionnaire de ‘Parichaya’) ont conjointement projeté le contenu de leurs articles. Après la publication de l’article de Abdul Momin, les dirigeants de ‘Parichaya’ ont brusquement fermé le forum ouvert sans accompagner cela d’une raison. Celle-ci étant probablement liée a l’influence de l’article Chinois, ‘Sur l’Expérience Historique de la Dictature du prolétariat’ qui a soutenu et développé les thèses de Khrouchtchev. Cependant, Camarade Satya Gupta fut capable de publier son histoire ‘la Conversation des Morts – Marx, Engels, Lénine et Staline’ sur le Vingtième Congrès. L’article de Moni Guha publié ci-dessous fait partie d’un plus long morceau publié en juillet 1956 au Bengali; il est réimprimé à partir de la traduction anglaise publiée dans le Proletarian Path, Vol. 1, No 4, juin 1994, pp. 40-46.

  • Sur l’objet de l’Économie Politique

    Sur l’objet de l’Économie Politique

    Sur l’objet de l’Économie Politique

    Comment s’effondre quelque chose d’aussi grandiose que l’Union Soviétique, le premier Etat prolétarien au monde ? Par un cataclysme, un matin de 1991 ? Ou par un long travail de sape, par l’infiltration, dans des fissures, d’agents rongeant peu à peu la structure, la pourrisant de l’intérieur.

    Certains, parfois d’une naïveté désarmante, ou d’un aveuglement sans faille, préfèrent la première solution. Elle est plus simple, elle permet de rejeter la faute sur Ielstine et Gorbatchev, sans jamais chercher plus loin. Elle permet de ne pas trop se poser de questions sur la politique soviétique, de coller à sa ligne comme à celle des partis qui lui étaient inféodés, y compris jusque dans les choix les plus douteux.

    Cette ligne là est empreinte du campisme, de la nostaligie, du folklore. Elle doit être barré aux communistes sincères, car elle est celle de la reproduction conforme, au mieux.

    L’interêt, aujourd’hui, de pouvoir étudier les documents et les analyses sur l’URSS est immense. Même si certaines questions, comme celles posées dans cette brochure, ne sont pas l’actualité même, elles ne doivent pas être écartées et négligées.

    Sur l’objet de l’économie politique est un texte particulièrement dense, particulièrement interessant, et qui fut difficile à rendre publiable, car la traduction d’origine était constéellée d’erreurs et de manques. Nous rendons cependant hommage au Dr. Adélard Paquin, décédé en 2013, qui a patiemment, dans la mesure de ses possibilité, traduit ces textes inédits en français.

    Notre projet de bibliothèque numérique avance à grand pas, et comportera l’ensemble des traductions disponibles faites par ce militant canadien, mais également, prochainement, certaines archives du mouvement communiste de l’Etat français.

  • La Signification Historique du Vingtième Congrès -1995- Victor Anpilov

    La Signification Historique du Vingtième Congrès -1995- Victor Anpilov

    La Signification Historique du Vingtième Congrès

    -1995-

    Victor Anpilov

    Dans l’optique de poursuivre notre publications de travaux difficilement disponible en français, nous publions aujourd’hui un article de V. Anpilov, rédigé en 1995, revenant sur l’oeuvre de destruction opérée par Khrouchtchev et Brejnev contre le socialisme. Ci-dessous, nous reproduisons la courte introduction de l’article, illustrative de son contenu. Bien que marqué par un point de vue enveriste, avec une relative gratuité, il n’en demeure pas moins un document à lire. 

    « Sur le 40ème anniversaire du Vingtième Congrès nous publions une analyse qui soutient que c’était un événement historique qui a été appelé à Établir la correspondance entre les nouvelles relations de production découlant de la destruction du mode socialiste de production entre 1953 et 1956 et la superstructure toujours ‘non reformée’. Dans cette perspective le congrès apparaît comme une partie intégrante d’un processus objectif ne dépendant pas de la volonté des acteurs sur la scène historique, ni du rôle subjectif joué par les Membres du Politburo ou du ‘Rapport Secret’ de Nikita Khrouchtchev. Le Vingtième Congrès a préparé le terrain pour le déplacement de Molotov, de Kaganovitch et de Shepilov de la direction du PCUS en 1957, éliminant ainsi la dernière résistance politique à la conversion des moyens de production dans l’industrie Soviétique en commodités et l’introduction du principe de rentabilité dans les entreprises en 1957-58. Dans les années après le Vingtième Congrès, le PCUS et le CPC ont voilé la signification réelle de l’événement. En faisant ainsi avec grand soin ils ont conjointement obscurci la nécessité de principe de la transition au communisme en URSS comme cela avait été décrit par Staline, la transition à la Dictature du prolétariat et la construction du socialisme dans la République populaire de Chine; pour la conservation de la dictature du prolétariat jusqu’à la victoire du communisme à l’échelle mondiale et la nécessité de l’abolition des classes sous le socialisme. L’analyse suivante a été présentée de la part du Comité International pour la Restauration de l’Union soviétique à une réunion tenue à Rome en juillet, 1995 par le groupe ‘Iniziativa Comunista’ à l’occasion de la publication de l’édition italienne du livre ‘Conversations en Prison’ par le Leader du Parti des Ouvriers Communistes russes, Victor Anpilov. »